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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Poète Vos Papiers par Léo Ferre

28 Octobre 2021, 11:46am

Publié par PCF Villepinte

Bipède volupteur de lyre
Epoux châtré de Polymnie
Vérolé de lune à confire
Grand-Duc bouillon des librairies
Maroufle à pendre à l'hexamètre
Voyou décliné chez les Grecs
Albatros à chaîne et à guêtres
Cigale qui claque du bec

Poète, vos papiers !
Poète, vos papiers !

J'ai bu du Waterman et j'ai bouffé Littré
Et je repousse du goulot de la syntaxe
A faire se pâmer les précieux à l'arrêt
La phrase m'a poussé au ventre comme un axe


J'ai fait un bail de trois six neuf aux adjectifs
Qui viennent se dorer le mou à ma lanterne
Et j'ai joué au casino les subjonctifs
La chemise à Claudel et les cons dits " modernes "

Syndiqué de la solitude
Museau qui dévore du couic
Sédentaire des longitudes
Phosphaté des dieux chair à flic
Colis en souffrance à la veine
Remords de la Légion d'honneur
Tumeur de la fonction urbaine
Don Quichotte du crève-coeur

Poète, vos papiers !
Poète, Papier !

 

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Lutte des travailleurs sans papiers

28 Octobre 2021, 11:33am

Publié par PCF Villepinte

 

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Projet de loi de financement de la sécurité sociale 2022

28 Octobre 2021, 07:24am

Publié par PCF Villepinte

Intervention de Pierre Dharéville (PCF) à l'assemblée nationale

Publié le 26 octobre 2021

Le meilleur budget de tous les temps, de toute la terre, de tout le monde connu et inconnu, de tout l’univers visible et invisible. C’est la campagne de marketing qui accompagne ce vote.
Je comprends qu’il vous faille des mécanismes de protection psychologique pour assumer le bilan d’un quinquennat désastreux en matière de santé et de protection sociale. Et encore, vous n’êtes pas allés au bout de votre projet.

Donc en arrivant devant le radar de l’élection, vous levez un peu le pied. Il faut le reconnaître : vous ne demandez pas à l’hôpital de faire des économies cette année, contrairement aux quatre années précédentes. La vérité, c’est que vous n’avez pas le choix, mais que cela ne répare rien dans un système en crise profonde. Les plans sont toujours sur la table, avec une trajectoire prévisionnelle qui confirme la tendance sur la durée.

Deuxième aspect : nous votons une loi de financement – c’est son nom – dans laquelle on ne cherche pas à financer la sécurité sociale ; ce n’est pas le but. Le jeu, c’est justement de ne pas financer, de ne pas aller chercher l’argent disponible. La cotisation est l’exception, l’exonération est la règle. Résultat : c’est toujours les mêmes qui paient et vous nous présentez un budget en déséquilibre, après nous avoir donné des leçons sur les dettes publique et sociale. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR.)
Il n’y a pas de doute, vous reviendrez dès que possible nous expliquer qu’il faut faire des économies, raboter nos droits et poursuivre le démantèlement de la sécurité sociale et du système de retraite. D’ailleurs, pensez-vous qu’on ne vous a pas vu, dans le compartiment d’à côté, démantibuler obstinément l’assurance chômage ?

La branche autonomie demeure sans recettes nouvelles et se révèle être un patchwork fait de récup’ arrachée aux autres branches. Changement de modèle pour le financement de la santé tout au long de la vie, mais la réforme de l’autonomie, avec ses transformations indispensables, son nécessaire grand service public et sa protection sociale solidaire augmentée, attendra encore.

Par ailleurs, vous ne semblez pas engager de mouvement suffisant face à la pénurie de médecins et de soignants. Votre stratégie face à l’intérim est mal maîtrisée et fait des dégâts collatéraux, mais nos propositions n’ont pas pu être examinées. Les besoins augmentent, les déserts médicaux s’étendent et les solutions que vous proposez relèvent du simple glissement de tâches. En somme, vous dérégulez sans par ailleurs réguler, sauf pour limiter l’accès direct aux professionnels spécialisés – je pense aux psychologues – et sans reconnaître les métiers comme ils le méritent – je pense aux sage-femmes. Je ne parlerai pas des mesures toujours imparfaites du Ségur saison 2 qui font encore des oubliés, ni des mesures encore insuffisantes pour les auxiliaires de vie scolaire.

Si elles ne fondent pas un changement de cap, il y a bien quelques mesures positives : l’amélioration opportune du congé de proche aidant, la contraception gratuite jusqu’à 25 ans ou les mesures en faveur des artistes auteurs et autrices. Mais c’est un peu la braderie, la dernière démarque avant travaux. Histoire d’envoyer quelques signaux apaisants, vous en avez ajouté encore un peu par des amendements gouvernementaux de raccroc que notre assemblée n’a pas pu véritablement appréhender. En réalité, c’est un peu comme si vous aviez des remords, des choses à vous faire pardonner.

Mais tout cela est sous contrôle : vous n’avez accepté que des amendements venus de la majorité, nous rappelant à nous, pauvres pêcheurs, qui refusons de le reconnaître, que vous êtes tellement parfaits.

Ce débat a été escamoté. Le Parlement regarde passer le train affrété par le Gouvernement. C’est la logique des choses : la veille du début de l’examen du PLFSS, nous nous étions déjà vu imposer un état d’urgence sanitaire prolongé et augmenté jusqu’en juillet 2022. Bilan de la semaine : le soin de l’humain – celui qui ne se quantifie pas dans les algorithmes, les plans d’efficience, les dotations à la qualité, les mesures d’ordre public, de contrôle, de surveillance – demeure en arrière-plan.

Loin de toute ambition sociale, le marché demeure votre horizon – on l’a vérifié pour les EHPAD, ou encore pour le médicament : toujours pas de pôle public en vue car l’excellence serait ailleurs – et la transparence aussi, de même que les dividendes. Vous n’allez pas au bout des modifications nécessaires dans la fixation des prix. La crise devrait nous amener à repenser en profondeur l’organisation de notre système de santé et de protection sociale, elle devrait nous amener à remettre en cause les choix qui, depuis des décennies, ont particulièrement abîmé la sécurité sociale, l’hôpital public et la solidarité. Vous vous êtes perdus dans votre rêverie, parce que le réel vous a rattrapé et vous a agrippé par le collet. Il n’entre pas dans vos cases, nous non plus : nous voterons contre le budget de la sécurité sociale.

 

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Le temps perdu

27 Octobre 2021, 09:56am

Publié par PCF Villepinte

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Devant la porte de l’usine

le travailleur soudain s’arrête

le beau temps l’a tiré par la veste

et comme il se retourne

et regarde le soleil

tout rouge tout rond

souriant dans son ciel de plomb

il cligne de l’œil

familièrement

Dis donc camarade Soleil

tu ne trouves pas

que c’est plutôt con

de donner une journée pareille

à un patron ?

 

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Communiqué PCF 93: H&M - Un drame évité, il faut entendre les salariés

27 Octobre 2021, 09:40am

Publié par PCF Villepinte

Les salariés de H&M en grève depuis le 7 octobre 2021 pour dénoncer la fermeture de l'entrepôt du Bourget en Seine-Saint-Denis

Aujourd’hui, un salarié, délégué syndical, de l’entreprise H&M située au Bourget a tenté de mettre fin à ses jours en s’immolant par le feu, sur les lieux du piquet de grève qui dure depuis maintenant 3 semaines. L’intervention in extremis de ses collègues a permis de lui sauver la vie. Hospitalisé, il va faire l’objet de toutes les attentions, de la solidarité, de tous ses amis, proches et collègues.

Les communistes de Seine-Saint-Denis se joignent à cet élan de solidarité et de soutien.

 Ce n’est pas un « fait divers » mais un terrible révélateur de l’inhumanité de notre société. Dans quel monde, dans quel pays vivons-nous pour que de tels drames se produisent ?

 Les salarié-e-s d’H&M luttent pour leurs emplois et leur dignité avec courage. Depuis le début du conflit, ils et elles font l’objet du plus profond mépris de la Direction de l’entreprise. Ils ne demandent pas la lune. Juste de pouvoir travailler dans une entreprise qui fait des bénéfices, qui s’enrichit sur leur dos depuis des décennies, et qui dans l’unique soucis de rentabilité financière décide de jeter à la rue 150 salarié-e-s, C’est insupportable !

Ce monde capitaliste détruit les hommes et les femmes et les pousse à commettre des gestes désespérés. Ce système inhumain est à rebours de l’histoire et fait reculer notre civilisation. L’avenir et l’espoir sont à rechercher dans une société qui respectent les hommes et les femmes, où le travail est utile au bien commun et place l’épanouissement humain au cœur des politiques économiques et sociales.

 Inlassablement, les communistes travaillent à construire une société plus juste, plus humaine, pour que de tels drames n’aient plus lieu.

Pantin, le 26 octobre 2021

 

 

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Revenus. « Même avec deux salaires, c’est difficile »

27 Octobre 2021, 09:15am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité Diego Chauvet

Mercredi 27 Octobre 2021

Emmanuel Macron a beau se proclamer président du pouvoir d’achat, sur le rond-point de Dieppe, où des gilets jaunes sont de retour, on est très loin de partager cet avis. Malgré les quelques mesures arrachées depuis trois ans, leur quotidien s’est encore dégradé. REPORTAGE.

«Trois ans après? Cest encore pire!» Depuis le premier confinement, en mars 2020, le rond-point «Eurochannel» à Neuville-lès-Dieppe (Seine-Maritime) navait plus vu de gilets jaunes. Avec l’envolée des prix des produits de première nécessité – gaz, électricité, carburants, alimentation… la liste n’en finit pas de s’allonger –, ils sont de retour.

Moins nombreux qu’il y a trois ans, bien sûr. Mais deux jours après l’intervention de Jean Castex au JT de TF1, jeudi 21 octobre, et l’annonce du «chèque inflation» pour ceux gagnant moins de 2000euros net, ils sont une dizaine à sinstaller sur le rond-point au petit matin. Une trentaine, à lapproche de midi. À en juger par les coups de Klaxon des automobilistes et des camions qui passent devant leur table, le premier ministre n’a pas convaincu avec ses 100 euros d’indemnité «classe moyenne».

«On ma enlevé 20 euros sur mon APL ce mois-ci»

«Ce nest pas ce quil nous a promis qui va changer quoi que ce soit», regrette Myriam, qui a enfilé son gilet jaune pour la première fois le 17 novembre 2018. «Jai regardé mon compte CAF, on ma enlevé 20 euros sur mon APL ce mois-ci», ajoute cette ouvrière au chômage. «Si on les écoute, le pouvoir dachat a augmenté depuis 2017. Mais pas pour nous en tout cas, uniquement pour les plus riches», renchérit Jérôme, lui aussi l’un des «anciens» du mouvement.

Installés sur le carrefour, sans le bloquer, ces gilets jaunes tentent de raviver la flamme. «On a lancé des appels. Mais les gens ont peur. Ils n’ont plus d’argent pour payer les amendes. Et des amendes à 135 euros et des gardes à vue, on s’en est tous mangé plusieurs!»

Chômage, précarité, CDD non renouvelés…

En trois ans, la plupart ont vu leur situation se dégrader: chômage, précarité, CDD non renouvelés… Parmi eux, celui qui ramène un Smic à la fin du mois est probablement le plus «riche».

C’est le cas de Gilbert, fraîchement retraité. Après trente-neuf ans de vie d’ouvrier chez Alpine, il gagne 1200 euros par mois. Cette perte de revenu loblige à travailler au black pour des entreprises spécialisées dans les espaces verts. «Même avec deux salaires, à la fin du mois c’est difficile», raconte-t-il, dénonçant «laumône» de l’augmentation du Smic au mois d’octobre, strictement limitée à l’inflation. Myriam, ouvrière qui cumulait les CDD, pointe au chômage depuis que sa voiture est en panne: «Je nai pas assez dargent pour la réparer, donc on ne me renouvelle pas mes contrats.»

Ouvrier agricole, Alain est au Smic. «Je fais 80 kilomètres par jour pour aller travailler», explique-t-il. Les 100 euros de Jean Castex ne lui suffiront pas. Après vingt-deux années comme salariée de la Halle aux chaussures, Sandrine s’est retrouvée sans emploi à la fermeture de l’enseigne. «Depuis, j’ai passé un CAP petite enfance et je vais devenir assistante maternelle.» Elle vit seule avec un fils de 15 ans, et revendique avoir fait tous les ronds-points de Dieppe.

Lire aussi : Pouvoir d’achat. Après les 100 euros de Castex, le PCF appelle à redoubler de mobilisation

La précarité qui s’invite dans le quotidien, Jérôme aussi la connaît bien. Charcutier de formation, il a fait «un peu tous les boulots». Son dernier, c’était agent d’entretien, pendant sept ans, payés 1000 euros parce quil ne faisait que 32 heures par semaine. «Jai demandé un changement de poste pour raisons de santé. On me la refusé, et jai dû partir.» Il pointe au chômage depuis le mois de mars.

Les mesurettes ne changent rien

Puis, il y a Amandine, mère isolée de 31 ans et assistante à domicile. Elle ramène 830 euros par mois. Elle a aussi fait tous les ronds-points, à Dieppe, mais aussi à Rouen, Amiens, Lille… Une publication sur Facebook lui a valu une garde à vue durant laquelle les policiers l’ont surnommée «la Crevette», puis une comparution immédiate: une condamnation à 500 euros damende pour outrage et 35 heures de travail dintérêt général. «Si je ne les effectue pas, cest deux mois de prison», précise-t-elle.

À l’instar d’Amandine, la ténacité caractérise ces gilets jaunes dieppois qui, du 17 novembre 2018 jusqu’au premier confinement en mars 2020, ont occupé sans discontinuer le rond-point «Eurochannel» 24 heures sur 24. La préfecture et la police nont pourtant pas ménagé leurs efforts. «Ils sont venus démolir nos cabanes 17 fois, sourit Jérôme. À chaque fois, on les a reconstruites. Pour les jours froids, on avait même réussi à construire une cheminée avec des bidons.» Les mesurettes prises par Emmanuel Macron, face à l’ampleur du mouvement, n’ont rien changé. «Un gros coup de Trafalgar», commente Alain, l’ouvrier agricole: «Des personnes âgées sont toujours obligées de baisser le chauffage en hiver.»

«On veut le RIC, et des réformes sociales, des vraies»

À l’approche de la présidentielle, tous se méfient de la politique, et rejettent l’action syndicale traditionnelle. Sur le rond-point «Eurochannel», cest «ni Le Pen, ni Zemmour, ni Macron»«Et ni les autres, dailleurs», ajoutent-ils. «On est des gilets jaunes, détaille l’un d’eux. On veut le RIC (référendum d'initiative citoyenne - NDLR), et des réformes sociales, des vraies. Il n’y a qu’un candidat gilet jaune qui peut le faire. Les autres sont tous compromis par le système, ils veulent juste des places dans un gouvernement.»

Malgré cette défiance, ils sont quelques-uns à lâcher momentanément leur rond-point ce samedi-là pour se rendre à un rassemblement devant la sous-préfecture de Dieppe à l’appel du PCF, pour le pouvoir d’achat.

Sur place, le secrétaire de l’union locale CGT, qui compte 1800 syndiqués, Mathias Dupuis, évoque des relations parfois compliquées avec certains gilets jaunes et souligne que «l’éloignement de la politique est aussi préjudiciable pour les syndicats».

«Votre combat est le nôtre, rappelle également aux gilets jaunes le député communiste Sébastien Jumel. Mais il va falloir trouver un prolongement politique à cette colère spontanée et parfois désordonnée.» ​​​​​​​Myriam et quelques-uns de ses camarades de lutte lui ont donné leur voix localement, «mais au niveau national, je voudrais un candidat gilet jaune». Trois ans après, le débouché politique de ce mouvement inédit est toujours aussi incertain.

C

 

 

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Petites pensions. Comment l’Élysée balade les retraités

25 Octobre 2021, 14:45pm

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité Samedi 23 Octobre 2021

Cyprien Boganda

«La pension minimale à 1000 euros» sonnait comme une avancée pour les 5 millions de retraités concernés. Mais à qui sadresse vraiment la promesse de Macron? à ceux qui ont assez cotisé! La précision est importante car, dès lors, la mesure a tout dune arnaque et vient encore aggraver les inégalités. 

Le troisième âge, ça fait rêver. Dans les publicités, du moins, qui regorgent de sexagénaires épanouis et rayonnants de santé, enchantés de démarrer une nouvelle vie. La réalité, malheureusement, ne colle pas toujours à cette vision idyllique. La France compte environ 15,5 millions de retraités. Près d’un tiers d’entre eux (31 %, pour être précis) vivent avec une pension mensuelle brute inférieure à 1000 euros, soit quelque 4,8 millions de personnes. Ces chiffres sont tirés d’un rapport de deux députés centristes, publié en mai 2021.

Lire aussi : Solidarité. Les retraités reprennent la rue

Les femmes surreprésentées

Leur document rappelle, si besoin était, que les femmes représentent une écrasante majorité de ces retraités sans le sou. «52 % des femmes perçoivent une retraite de droit direct modeste, alors qu’ils ne sont que 20 % parmi les hommes, écrivent-ils. Cette disparité s’explique en grande partie par deux facteurs principaux souvent liés à la maternité: les longues périodes sans activités et celles travaillées en temps partiel. Le chômage, l’inaptitude et l’entrée tardive sur le marché du travail sont d’autres facteurs déterminants. Les assurés non salariés et les exploitants agricoles sont également surreprésentés parmi les retraités modestes. Ainsi, on note qu’en moyenne les pensions les plus faibles sont versées aux retraités affiliés à la mutualité sociale agricole (MSA) et à la Sécurité sociale des indépendants (SSI).»

La proposition pourrait ne concerner que les nouveaux retraités. Soit entre 50 000 et 70 000 personnes seulement. On est très loin du compte !

Cette réalité est connue depuis longtemps. Pourtant, aucun gouvernement ne s’y est véritablement attaqué, si ce n’est à coups d’expédients: le pouvoir actuel a par exemple revalorisé lAspa (allocation de solidarité aux personnes âgées) dès le début du quinquennat, pour la porter à 903 euros. Il s’agit d’une prestation mensuelle accordée aux retraités avec de faibles ressources, versée par les différentes caisses de retraite (Carsat, MSA…), dont le montant dépend de la situation familiale des retraités. La revaloriser n’est évidemment pas une mauvaise chose en soi, mais cela reste très insuffisant.

D’ailleurs les deux députés le soulignent eux-mêmes, dans leur rapport: «Il ne semble pas équitable quune pension issue dune carrière complète soit inférieure à un minimum social. Il n’est pas juste de renvoyer systématiquement vers ce dispositif de solidarité des personnes qui à l’issue d’une vie de travail dépendent d’une pension à l’évidence trop faible. Il est ici aussi question de dignité et de valeur accordée au travail. Enfin, il n’est pas sain de laisser un système de retraite dépendre de dispositifs financés par le budget général de l’État pour compenser ses manquements et des contextes socio-démographiques et économiques moins favorables.»

Les députés auraient pu rajouter qu’il existe un autre effet pervers à une (unique) revalorisation de l’Aspa: cette allocation est remboursable. Autrement dit, les héritiers dun proche décédé se voient souvent obligés de rembourser la somme perçue par ce dernier, ce qui peut ajouter des difficultés financières à la douleur du deuil…

Dynamiter notre régime

En 2019, Emmanuel Macron s’est engagé à en finir avec les demi-mesures. Il a promis qu’à l’avenir, aucun retraité avec une carrière complète ne pourra toucher moins de 1000 euros de pension. À l’époque, il sagit surtout de faire passer la pilule d’une réforme systémique visant à dynamiter notre régime par répartition. Depuis, l’Élysée jure que la promesse n’a pas été abandonnée, mais qu’il étudie encore les détails d’une telle proposition.

Le problème, c’est que, même si elle venait à voir le jour, la mesure laisserait des millions de personnes au bord de la route. En effet, l’écrasante majorité (près de 70 %) des retraités touchant moins de 1000 euros par mois ont une carrière incomplète ou hachée, pour plusieurs raisons: entrée tardive sur le marché du travail, arrêt précoce lié à la maladie, période de chômage ou dinactivité pour garde denfants. Tous ces travailleurs seraient donc exclus du dispositif.

Autre restriction, la proposition Macron pourrait ne s’appliquer qu’aux nouveaux retraités. Dans ce cas-là, quelques dizaines de milliers de personnes seulement seraient concernées tous les ans (entre 50000 et 70000). Bref, on serait très loin du compte!

Ce n’est pas tout. En se concentrant exclusivement sur les salariés avec une carrière complète, le président de la République cherche surtout à nous inciter… à bosser plus longtemps. Emmanuel Macron a d’ailleurs remis le sujet sur la table le 12 octobre, lors de la présentation en grande pompe de son nouveau plan d’investissement (France 2030), en affirmant que nous allons devoir «travailler plus et produire plus»: «Quand lon se compare, nous sommes un pays qui travaille moins que les autres. Nous avons une quantité de travail alloué qui nest pas au bon niveau, à la fois dans le cycle de vie et en horaires cumulés.»

Pour Régis Mezzasalma, conseiller confédéral de la CGT spécialiste des retraites, le président de la République tape (volontairement) à côté: «Emmanuel Macron, lorsquil nous parle de revalorisation des petites retraites, ne s’intéresse qu’aux conséquences, non aux causes du problème. La retraite est toujours le reflet d’une carrière. Si les gens touchent des pensions aussi faibles, c’est qu’ils ont été maintenus dans des emplois à bas salaires! Et avec la politique qu’il mène, le président de la République ne fait qu’accentuer le phénomène. En effet, l’une de ses mesures fiscales a été de sanctuariser les baisses de cotisations jusqu’à 1,6 Smic. Autrement dit, les patrons sont incités à ne pas augmenter leurs salariés au-delà de ce plafond, au risque de perdre l’avantage des exonérations.»

Pour le syndicaliste, il n’est pas question de s’interdire de revaloriser les pensions de retraite, bien au contraire. Mais il ne «suffira» pas de corriger les effets dévastateurs de carrières hachées et mal payées: il faut attaquer le problème à la racine. Et donc reposer la question des hausses de salaires.

 

 

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Pouvoir d’achat : les communistes se mobilisent partout en France pour interpeller l’Etat

25 Octobre 2021, 14:40pm

Publié par PCF Villepinte

Face à l'urgence sociale, accélérée par la flambée des prix de produits de première nécessité (particulièrement ceux du gaz, de l'électricité, des carburants) et à l'appel de Fabien Roussel, candidat à l'élection présidentielle, les communistes se mobilisent partout dans le pays pour interpeller l'État et exiger des mesures immédiates en faveur du pouvoir d'achat.

De premiers rassemblements ont eu lieu dans toute la France devant les préfectures et sous-préfectures (Le Havre, Cherbourg, Nevers, Clermont-Ferrand,...) pour exiger :

  • la baisse immédiate de 50 centimes du prix des carburants en agissant sur les différentes taxes;
  • la baisse de 30 % des taxes sur le gaz et l'électricité 
  • l'augmentation des salaires, pensions et minima sociaux.

 Ces exigences répondent à une urgence : les familles et les salarié-es n'en peuvent plus et les quelques chèques arrachés au gouvernement ne suffisent pas à répondre à la situation réelle de millions de françaises et de français.

De nouveaux rassemblements auront lieu le week-end prochain et les suivants (Bordeaux,  Marseille, Créteil, Moulins, Thouars…).

 Fabien Roussel, lui, sera présent ce lundi à 10h devant la Préfecture de Lille.

 Les communistes sont déterminés à rassembler le plus largement pour que ces propositions soient entendues et mises en œuvre tout de suite par le gouvernement, jusqu'à lors plus prompt à faire d'immenses cadeaux fiscaux aux plus riches et aux grandes multinationales qu'à satisfaire les attentes populaires.

Plus durablement, c'est à une nouvelle politique qu'il va falloir s'atteler, qui permette à chacun de vivre dignement de son travail, aux jeunes d'accéder à des emplois stables, aux populations de disposer partout de services publics de qualité, au pays de se doter, de nouveau, d'une industrie assurant notre souveraineté et répondant aux besoins de la société.

Elle implique de réorienter radicalement les richesses vers la satisfaction des besoins des femmes, des hommes, des jeunes plutôt que de toujours gaver les plus riches et les marchés financiers, et de confier de vrais pouvoirs de décision aux citoyens et au monde du travail.

 Ce sont les axes de cette politique et les propositions immédiates que présentera Fabien Roussel, candidat à l'élection présidentielle, lors du grand rassemblement organisé le 21 novembre prochain Place Stalingrad à Paris (19e) à partir de 13h.

 

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de la force de l'amour Paul Eluard

24 Octobre 2021, 07:47am

Publié par PCF Villepinte

 

Entre tous mes tourments entre la mort et moi
Entre mon désespoir et la raison de vivre
Il y a l'injustice et ce malheur des hommes
Que je ne peux admettre il y a ma colère

Il y a les maquis couleur de sang d'Espagne
Il y a les maquis couleur du ciel de Grèce
Le pain le sang le ciel et le droit à l'espoir
Pour tous les innocents qui haïssent le mal

La lumière toujours est tout près de s'éteindre
La vie toujours s'apprête à devenir fumier
Mais le printemps renaît qui n'en a pas fini
Un bourgeon sort du noir et la chaleur s'installe

Et la chaleur aura raison des égoïstes
Leurs sens atrophiés n'y résisteront pas
J'entends le feu parler en riant de tiédeur
J'entends un homme dire qu'il n'a pas souffert

Toi qui fus de ma chair la conscience sensible
Toi que j'aime à jamais toi qui m'as inventé
Tu ne supportais pas l'oppression ni l'injure
Tu chantais en rêvant le bonheur sur la terre

Tu rêvais d'être libre et je te continue.

 

 

 

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Reconnaissance(s)

24 Octobre 2021, 07:37am

Publié par PCF Villepinte

Reconnaître les crimes d’État…

Demi-pas. Le travail de mémoire est parfois un choc, un enjeu hautement politique en tant que devoir d’Histoire qui permet de tisser des récits au présent, de construire de nouveaux consensus – non sans réveiller quelques clivages bien rances. Depuis le début de son quinquennat, Mac Macron s’attelle à un exercice à haut risque, avec des hauts et des bas, celui de prendre plus ou moins à bras-le-corps le dossier le plus complexe de notre récit national précontemporain: la guerre d’Algérie. Après avoir déclaré que la colonisation était un «crime contre l’humanité», il n’a pas hésité, par plusieurs gestes forts, à s’émanciper de ses prédécesseurs. Ainsi nous n’oublierons jamais l’émotion de ses paroles concernant Maurice Audin, reconnaissant – enfin – le martyre du mathématicien communiste comme un crime d’État. Et si nous ne négligeons pas ses propos concernant le massacre du 17 octobre 1961, par lesquels il déclare que «les crimes commis cette nuit-là sous l’autorité de Maurice Papon» sont «inexcusables pour la République», allant beaucoup plus loin que ceux de Normal Ier, est-ce cependant suffisant? Un demi-pas mémoriel, en vérité. Car cette répression policière ne relevait en rien d’une «bavure», mais résultait d’une véritable «terreur d’État» instaurée par le système de répression postérieure à la Seconde Guerre mondiale que le préfet Maurice Papon, aux mains pleines de sang des juifs, construisit à partir de son arrivée dans la capitale, en 1958. Des agissements perpétrés sous la responsabilité du gouvernement de Debré et du général de Gaulle. Bref, une page obscure qui connaîtra un prolongement au métro Charonne, dans la séquence finale vers l’indépendance de l’Algérie.

Vérité. De tous les crimes de la guerre d’Algérie, dont il est impossible d’établir une «échelle» dans l’infamie, le massacre du 17 octobre demeure à l’évidence l’un des plus signifiants, l’un des plus honteux, marquant pour toujours la trace du colonialisme et du racisme qui continue de hanter nos consciences. Il est une constance historique: la République sabaisse dans la dissimulation et se grandit dans la vérité. D’où l’exigence des condamnations et, si nécessaire, d’une reconnaissance officielle. Non pour répéter le vague récit d’un passé douloureux, mais bien pour assumer un acte de mémoire au présent, indispensable pour l’à-venir, sachant que l’oubli ou toutes les formes de négationnisme structurent les logiques de revanche et participent à la production et à la reproduction des discriminations.

Héritage. Dès lors, doit-on s’étonner qu’une grande partie des responsables de droite, coalisés aux nationalistes de tout poil, évoquent à n’en plus finir les «repentances à répétition», que cela «multiplie les provocations anti-France» et qu’il y aurait une espèce de «criminalisation de notre histoire». On croit rêver. Tourner une page, comme le fit jadis l’Allemagne en reconnaissant sans équivoque ni subterfuge l’horreur du nazisme, est le ferment public du sentiment intime du repentir, celui qui ouvre l’espace à la réconciliation mémorielle. En France comme ailleurs, l’Histoire reste un héritage commun qui ne saurait s’affranchir de l’expérience ou de l’exigence de la pensée. En l’espèce, l’idée d’héritage implique non seulement réaffirmation mais aussi injonction, avec, à chaque instant, dans un contexte différent, un filtrage, un choix, une stratégie. Les héritiers ne sont pas seulement des individus qui reçoivent, mais ce sont des personnes qui choisissent et qui s’essaient à décider. L’héritage historique, avec ses pages sombres, ne se mesure pas par la passivité. La responsabilité politique commence par la mémoire ou la réception «active» et «critique» dun legs qui se souviendra de nous-mêmes si nous procédons à sa négation. Reconnaître les crimes dun pays comme la France nest pas labaisser – mais la grandir.

[BLOC-NOTES publié dans l'Humanité du 22 octobre 2021.]

Publié par Jean-Emmanuel Ducoin 

 

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