Les communistes de villepinte vous invitent à utiliser ce blog comme point de rencontre et d'échanges concernant la situation politique ,économique ,sociale et environnementale du local à l'international.
Dans son dernier épisode, L’Avant-Garde Plus propose une plongée saisissante au cœur de la résistance cubaine face à l’impérialisme américain. Aux côtés d’Ernesto Gonzalez de la Torre, responsable aux Affaires politiques de l’ambassade de Cuba en France, et de Babette, responsable internationale de la Jeunesse Communiste (JC), l’émission décrypte les ravages d’un blocus économique et financier qui dure depuis plus de soixante ans.
Loin d’être un concept abstrait, ce blocus constitue aujourd’hui une véritable « punition collective » : une politique délibérément génocidaire visant à asphyxier le peuple cubain. Ernesto rappelle que plus de 240 mesures coercitives ont été prises sous la première administration Trump — une politique de sanctions maintenue par Biden, et récemment aggravée par un décret de janvier 2026 instaurant un blocus pétrolier implacable. Les conséquences humanitaires sont dramatiques : paralysie de la production agricole, transports à l’arrêt, et un système de santé sous très haute tension, avec près de 100 000 Cubains en attente d’une intervention chirurgicale faute de matériel.
Ce qui indigne particulièrement, c’est l’extraterritorialité de ces sanctions. Les États-Unis s’arrogent le droit de punir tout pays ou toute entreprise osant commercer avec l’Île. Les banques françaises, soumises au droit américain, en paient le prix fort — à l’image de la colossale amende de 8,9 milliards de dollars infligée à BNP Paribas. Face à cette ingérence inacceptable, Babette dénonce le silence « criminel » et la « vassalité choisie » d’un gouvernement français qui s’aligne sur les priorités de l’OTAN et refuse d’activer les instruments de protection européens face aux diktats de Washington.
Pourtant, face à cette politique de la faim, la riposte s’organise. Cuba accélère massivement sa transition vers l’énergie photovoltaïque pour briser sa dépendance aux hydrocarbures, tandis que l’aide internationale s’avère vitale : arrivée d’un pétrolier russe, aide humanitaire mexicaine, et surtout une mobilisation de la société civile française d’une ampleur historique. Près de 40 villes se sont récemment levées contre le blocus lors d’un week-end de mobilisation nationale. Les Jeunes Communistes et le PCF ont activement participé à de vastes campagnes ayant permis l’envoi d’un avion-cargo chargé de 25 mètres cubes de matériel d’urgence, en écho à une flottille internationale qui a acheminé 40 tonnes d’équipements médicaux et de denrées alimentaires.
Pour la JC, défendre Cuba n’est pas une lointaine action caritative : c’est un combat direct pour la souveraineté populaire et contre la casse sociale imposée par le capitalisme. L’île des Caraïbes incarne toujours l’espoir d’un modèle de société alternatif, plaçant l’humain, la santé et l’éducation gratuite en son centre.
Un épisode à ne pas manquer — disponible dès maintenant sur toutes vos plateformes d’écoute et sur notre chaîne YouTube.
le Traité de non-prolifération nucléaire en danger
Depuis le 27 avril et jusqu'au 22 mai se tient à New York la XIe Conférence d'examen du TNP, dans un contexte encore plus difficile que lors des deux conférences précédentes qui, en 2015 et 2022, avaient échoué à produire un document final.
Le TNP entré en vigueur en 1970 et regroupant 191 pays, est aujourd'hui en grand danger du fait des cinq puissances nucléaires officielles qui n'ont jamais entamé de processus véritable de désarmement nucléaire conformément à l'article VI du Traité. Il est à craindre que 56 ans plus tard, les Etats qui ont renoncé volontairement à se doter de l'arme nucléaire jusqu'à présent s'estiment victimes d'un marché de dupes, avec tous les dangers de prolifération que cela comporte.
Face à cette menace existentielle pour l'avenir même de l'humanité et de la planète, la réponse des puissances nucléaires, l'augmentation de leur arsenal, va totalement à l'encontre de l'esprit même du TNP. La France de Macron n'est malheureusement pas en reste dans cette fuite en avant lourde de menaces : en développant un nouveau concept de « dissuasion avancée » qui signifie l'européanisation de l'arme nucléaire française et en décrétant la fin de la transparence sur le nombre des armes nucléaires, Emmanuel Macron participe à la course aux armements et contribue à la prolifération nucléaire.
Pour le PCF, c'est une tout autre attitude que devrait adopter la France lors de cette conférence d'examen du TNP : elle devrait s'appliquer à revitaliser le TNP en proposant des mesures concrètes pour appliquer les engagements pris en 2010 et des calendriers pour avancer sur la voie du désarmement global. Elle pourrait également envoyer un signe positif en annonçant sa participation comme observateur aux futures réunions des Etat-parties au Traité sur l'interdiction des armes nucléaires (TIAN), répondant ainsi aux attentes des états signataires qui considèrent que le TIAN permet de compléter le TNP en fournissant un instrument juridique contraignant, conforme à l'article VI du TNP, qui renforce les régimes actuels de désarmement et de non-prolifération nucléaires.
Le PCF appelle à ce que la France rompe avec la politique de renoncement et d'effacement diplomatique au profit d'actions diplomatiques indépendantes pour la paix, le désarmement et la défense du droit international. Le PCF se tient aux côtés des forces de paix, des gouvernements progressistes et des représentants de la société civile – dont notamment le Mouvement de la Paix et ICAN-France – présents à New-York pour faire avancer la cause du désarmement nucléaire global.
Il y a 25 ans, le 10 mai 2001, la République française franchissait une étape historique en reconnaissant officiellement, par la loi, le 10 mai comme Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions. Cette loi, portée par Christiane Taubira, était l’aboutissement d’un long combat pour que la France reconnaisse l’esclavage comme un crime contre l’humanité, et s’engage sur le chemin de la vérité, de la justice et des réparations.
Aujourd’hui, 25 ans après cette avancée, le Parti communiste français tient à saluer cette loi comme une victoire de la mémoire et de la dignité. Mais il tient aussi à rappeler que cette reconnaissance reste incomplète tant que les inégalités sociales structurelles issues de l’esclavage et de la colonisation persistent, tant que le racisme et les inégalités sociales perdurent et tant que l’État français refuse d’assumer pleinement ses responsabilités historiques et financières.
Alors que depuis 25 ans de très nombreuses initiatives locales, portées par des associations, des collectivités et des institutions, ont permis de mieux porter cette mémoire, ces avancées sont aujourd’hui menacées, voire remises en cause, par des politiques et discours qui privilégient l’oubli, la division et le déni. Des forces, en particulier les forces d'extrême droite, tentent de réécrire cette histoire, osant présenter la colonisation comme un « bienfait » ou minimisant ses crimes.
En outre, force est de constater que les réparations promises sont bien souvent restées lettre morte : la France, qui a tiré des siècles de profits colossaux de l’esclavage et de la colonisation, n’a toujours pas engagé de véritable politique de réparations et n'a pas engagé de véritable politique d'égalité republicaine pour les territoires ultramarins. Et partout sur le territoire de fortes discriminations persistent pour les personnes issues de l’immigration postcoloniale à l’embauche, au logement et dans l’accès aux services publics.
Pour la mémoire, la justice et les réparations, 25 ans après la loi du 10 mai 2001, le PCF exige :
La reconnaissance pleine et entière des responsabilités de l’État et des entreprises et l'ouverture de leurs archives pour établir la vérité sur l’ampleur des profits tirés de l’esclavage.
Un plan de réparations financières et symboliques, incluant un fonds dédié au développement des territoires ultramarins et à la lutte contre les discriminations.
Un enseignement approfondi de l’histoire de l’esclavage et de la colonisation, des résistances des esclaves, des liens entre esclavage, colonialisme et capitalisme, ainsi que leurs conséquences sociales aujourd’hui.
Appliquer strictement les lois contre le racisme et les discriminations, avec des sanctions réellement dissuasives contre les employeurs, les propriétaires, les élus, les institutions qui s’en rendent coupables.
Soutenir financièrement les associations, collectivités, institutions qui luttent contre le racisme et pour la mémoire, en leur donnant les moyens de leurs actions.
Organiser des événements nationaux chaque année, avec la participation des associations, des historiens et des artistes.
Le PCF, héritier des luttes anticoloniales et des combats pour la justice sociale, continuera d'agir avec détermination dans la lutte pour la mémoire de l’esclavage qui n’est pas un combat du passé. C’est un combat d’aujourd’hui, parce que les inégalités qu’il a engendrées sont toujours là.
Parmi les luttes à poursuivre, 201 ans après la rançon réclamée par la France à la jeune nation haïtien qui avait obtenu son indépendance par le soulèvement des hommes et des femmes mis en esclavage, le Président de la République après avoir mis en place une commission avec l’État haïtien pour faire la lumière sur cette rançon doit maintenant aller au bout de la démarche pour une réparation et restitution.
La lutte pour la mémoire de l'esclavage est un combat pour la dignité de millions de nos concitoyens et concitoyennes qui subissent encore le poids de cette histoire.
Les affrontements impérialistes actuels sont nourris par la crise du capitalisme mondialisé et la concurrence pour les ressources, l’énergie, les technologies. Les réelles causes des guerres actuelles sont économiques et géostratégiques. Face à la crise économique et à la remise en cause de certaines dominations, les grandes puissances privilégient de plus en plus les politiques de force et la militarisation. Les communistes portent une autre voie, celle du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, de la coopération et de la paix.
L’administration Trump, avec le concours du pouvoir d’extrême droite de Netanyahou, a plongé le Moyen-Orient dans le chaos, au prix d’innombrables victimes civiles en Iran ou au Liban. Et le peuple palestinien continue de se voir nier ses droits nationaux et fondamentaux par la guerre et la colonisation organisées par le gouvernement israélien. Au bilan humain terrible de cette politique impérialiste, s’ajoute l’impact mondial sur les hydrocarbures et les matières premières de cette guerre qui provoque un choc énergétique, industriel et agricole amplifiant la crise systémique du capitalisme.
Le PCF sonne l’alerte : une crise économique dévastatrice grandit et les mesures actuellement prises par le gouvernement ne la résoudront pas d’autant plus qu’il poursuit ses attaques contre nos conquis sociaux, comme en témoigne sa volonté de remise en cause du 1er mai comme jour férié, chômé et rémunéré pour tous et toutes, et prend des mesures qui amplifient les inégalités. Il est urgent de se mobiliser et de changer de politique !
La vie quotidienne de très nombreux ménages se voit d’ores et déjà durement impactée. Alors que l’inflation a atteint 2,2% sur un an au mois d’avril et que les prix de l’énergie ont augmenté de plus de 14%, le pouvoir d’achat, déjà en berne, des salarié·es, des retraité·es, des privé·es d’emploi, est en train de chuter dramatiquement. De plus, à l’heure où les prix des denrées agricoles pourraient flamber, de lourds enjeux pèsent sur notre souveraineté alimentaire compte tenu de la totale dépendance de notre agriculture aux énergies fossiles. Nos concitoyennes et concitoyens, nos services publics, nos collectivités territoriales et les petites et moyennes entreprises sont directement menacés par une guerre qui, chacun le voit bien, n’apportera aux peuples du monde ni le bien-être, ni la paix, ni la démocratie.
Ce n’est pourtant pas la crise pour tout le monde. La France est devenue la championne au sein de l’Union européenne des dividendes versés aux actionnaires.
Comme toujours en pareil cas, les menées spéculatives emplissent les poches d’actionnaires déjà gavés par la spéculation. Au premier rang de ces profiteurs de guerre, se situe l’industrie pétrolière. TotalEnergies vient ainsi de réaliser 6 milliards de bénéfices sur le premier trimestre 2026. Le groupe avait déjà engrangé 65 milliards de bénéfices en quatre ans.
Le Parti communiste français n’a cessé de le dire : ce n’est pas aux peuples, à la jeunesse, au monde du travail, aux familles, aux dirigeant·es des TPE et PME, aux agriculteurs·trices et aux artisans de payer les dividendes des groupes. Le capital doit mettre la main à la poche.
Une autre politique est possible.
La France doit agir pour la paix en portant l’exigence de cessez-le-feu durables, un cadre de sécurité collective dans la région et par conséquent organiser sa sortie de l’OTAN qui doit être dissoute car elle constitue une menace grandissante pour les peuples du monde. Et le gouvernement doit prendre des mesures d’urgences pour protéger nos concitoyennes et concitoyens de la crise.
Plus fondamentalement, la course actuelle à l’augmentation des budgets militaires doit être stoppée, les travailleurs et travailleuses doivent prendre la main sur l’appareil productif du pays et les dépenses humaines, sociales et écologiques du pays doivent être développées.
L’énergie, le pétrole, l’électricité, le gaz ne doivent pas être des objets de spéculation. Notre pays a besoin de bâtir, de produire et d’innover pour répondre aux besoins sociaux et relever les défis écologiques. Tout doit être mis en œuvre pour permettre à chacune et chacun de vivre décemment, tout en planifiant le développement économique par un autre mode de production, en engageant une nouvelle industrialisation de ses territoires, et en accélérant la transition écologique et la sortie des énergies fossiles, du pétrole et du gaz, comme le propose notre Plan Climat Empreinte 2050. Le plan d'électrification proposé par le gouvernement est totalement insuffisant, puisqu'il ne propose aucun moyen supplémentaire. C’est possible par une autre utilisation de l’argent et de nouveaux pouvoirs d’intervention des salarié·es et des citoyen·nes.
Le PCF appelle donc les travailleurs et travailleuses à se mobiliser en urgence pour que des mesures exceptionnelles soient prises par le gouvernement face à cette crise et pour gagner un changement radical de politique.
Nos propositions :
Bloquer les prix à de l’essence et du gazole à 1,50 euro le litre et taxer les bénéfices de l’industrie pétrolière, notamment dans le raffinage. Annuler l’augmentation des certificats d’économies d’énergie, qui représentent au total jusqu’à seize centimes sur le litre et utiliser une partie des réserves stratégiques afin de faire baisser les prix et d’empêcher les pénuries. A long terme, les communistes portent l’ambition d’une autre formation des prix et d’un dépassement du marché des biens et des services qui ne vise qu’à satisfaire les besoins solvables.
Bloquer le prix du gazole non routier à 1€ le litre avec un plafond à 12 000 litres pour favoriser les petites et moyennes exploitations. A long terme, les communistes défendent l’électrification des usages et une sortie progressive des engrais azotés grâce à une transformation agroécologique au service de notre souveraineté alimentaire.
Baisser les factures d’électricité de 25 à 30% en baissant la TVA et en sortant du marché européen de l’énergie. L’Espagne et le Portugal ont négocié le fait de pouvoir moduler leurs tarifs. C’est un premier pas. Nous demandons que la France s’affranchisse du carcan néolibéral imposé par l’Union européenne.
Augmentation immédiate des salaires, des pensions et allocations. Augmenter immédiatement le smic de 5% pour atteindre (et aller vers 2200 euros brut) et l’ensemble des premiers niveaux de rémunération des grilles salariales ainsi que les retraites, indexer les salaires et les pensions sur les prix ; augmenter immédiatement le traitement des fonctionnaires de 10%, dégeler le point d’indice (et aller vers 30% d’augmentation).
Mettre en place un moratoire sur les licenciements et créer un fonds de 500 milliards d’euros pour une nouvelle industrialisation sociale et écologique du pays et les services publics. Ce fonds alimenté par des avances à bas taux du pôle public bancaire existant permettrait : un développement de l’emploi et de la formation pour développer les filières stratégiques avec les nationalisations nécessaires ; la reprise et le développement de l'exploitation directe des matières premières en France ; un développement des infrastructures publiques et des services publics.
Créer un grand pôle public de l’énergie, réintégrant les entreprises productrices et distributrices d’électricité, de gaz, EDF et Engie, et de pétrole. Nationaliser à cet effet TotalEnergies.
Mettre en place un réel mix énergétique décarboné, reposant à la fois sur l’accélération du programme nucléaire, grâce à la mise en service de 20 réacteurs EPR 12 et de douze petits réacteurs modulaires d’ici 2050, et sur la relance des énergies renouvelables.
Engager au moins 10 milliards d'euros par an, en s'appuyant sur une autre utilisation de l'argent, pour un plan de leasing social pour 500 000 véhicules par an pour les catégories populaires et moyennes, et de soutien à l'achat de véhicules électriques neufs à moins de 10 000 euros et une augmentation du budget de l'ANAH pour engager la rénovation d'ampleur de 700 000 logements par an, en priorité en lien avec le changement d'énergies de chauffage de logements utilisant le fioul et le gaz.
Annuler l’augmentation de 36 milliards d’euros des dépenses militaires décidée par le gouvernement français pour satisfaire les exigences de Donald Trump envers les pays européens. Ces dépenses doivent être réorientées vers la réponse aux besoins sociaux et écologiques, notamment par une nouvelle industrialisation et le développement des services publics.
Arrêter la distribution de 200 milliards d'euros d’aides publiques annuelles visant à nourrir les profits. Les aides publiques doivent être versées sous le contrôle des salariés et sur critères stricts en matière d’emploi, de salaire et d’égalité professionnelle femmes-hommes, d’accessibilité universelle, de formation, de relocalisation, de transition écologique. Elles doivent être restituées en cas de non-respect des engagements.
Décider un moratoire sur le pacte de stabilité qui, au nom d’un désendettement décrété prioritaire et de la baisse des déficits, interdit les investissements d’avenir, bride la production de richesses par les capacités humaines, et creuse au final la dette.
Engager trois négociations internationales : une négociation avec les pays européens pour un fonds européen solidaire ; une négociation de la France et de l’UE avec les pays du Sud global pour des traités de maîtrise des échanges et investissements internationaux pour le développement de l’emploi et des biens communs en lieu et place des accords de libre-échange actuels ; une négociation internationale pour une conférence mondiale de financement des dettes et des biens communs pour aller vers la sortie du système dollar et une monnaie commune mondiale.
À une année de l’élection présidentielle, le rapport de la Commission parlementaire sur l’audiovisuel public, dirigée à charge par le député ciottiste Charles Alloncle (UDR), vient à point nommé donner des armes à l’extrême droite pour tenter d’abattre le service public en vue d’une reprise en main idéologique.
Le rapport de la Commission d’enquête sur « la neutralité, le financement et le fonctionnement de l’audiovisuel public » a été voté par 12 voix contre 10 et huit abstentions, avec la complicité du président de la Commission Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), le parti d’Édouard Philippe, ancien premier ministre et désormais candidat à la présidentielle.
Suite aux 63 auditions durant les six mois d’enquête qu’a duré cette Commission initiée par Éric Ciotti, ancien LR, devenu l’homme lige du Rassemblement national (RN), il en est ressorti quelque 80 préconisations du député de l’Hérault visant à inoculer le poison de la dérégulation au sein du service public accusé de tous les maux et in fine à liquider le triptyque républicain « informer, cultiver divertir », hérité du Conseil national de la Résistance (CNR).
Un rapport qui ne peut que sourire au président du RN Jordan Bardella qui, sur X, a affirmé toute honte bue « en démocratie le peuple français a le droit d’être informé avec transparence sur l’usage qui est fait de son argent ». Satisfaction aussi pour la fachosphère et en premier lieu pour l’ultralibéral milliardaire Vincent Bolloré qui, devant la Commission, n’a eu de cesse de clouer au pilori les médias publics et leur financement.
Les révélations du Monde sur les pressions du groupe Lagardère, contrôlé par l’ « ogre » Bolloré, sur la Commission afin de stigmatiser les médias publics et leurs salariés et ainsi conforter l’opération de déstabilisation de la télévision et de la radio publiques, but implicite du rapport Alloncle. « Que faut-il de plus pour prouver l’ingérence dans cette commission d’enquête des ennemis jurés de l’audiovisuel public ? », dénoncent les syndicats CGT de l’audiovisuel public.
Pour aller au bout de sa mission, le rapporteur propose sans ambages de pratiquer une véritable saignée à la hache afin de réduire d’un quart (1 milliard d’euros) le budget de l’AVP grâce à l’arme de la fusion : France 2 et France 5, France Info et France 24, France 3 et les radios locales du réseau ICI de Radio France, l’INA et la BNF, etc.
Et cerise sur le gâteau de ce mille feuilles, vénéneux, le rapporteur préconise que les dirigeants du service public soient nommés par l’Élysée, préfigurant une reprise en main politique et idéologique - sinon une privatisation qui ne dit pas son nom. Des options gravissimes dans une société polarisée comme l’est l’Hexagone, alors que le service public de l’audiovisuel - accessible à tous et plébiscité par les Français - constitue un rempart face aux chaines d’opinion comme CNews. Ce média de la galaxie Bolloré foule aux pieds le pluralisme d’opinion, se comportant en porte-voix de la droite extrême qui rêve de conquérir le pouvoir en instrumentalisant radio et télévision.
« L’extrême droite a mené un travail de sape minutieux de la confiance que les Français·es ont dans leur audiovisuel public : il s’agit d’une véritable guerre culturelle à laquelle nous devons faire face », accuse la CGT de l’audiovisuel dans son communiqué stigmatisant la droite extrême qui « a marqué un point précieux dans sa bataille idéologique contre le service public, à un an de l’élection présidentielle, avec le concours de parlementaires. »
Ce coup de tonnerre dans le PAF ne survient pas dans un ciel médiatique serein. De l’AFP, à la presse régionale, en passant par la presse magazine - dont le groupe Prisma, propriété de Bolloré -, les plans sociaux tombent comme à Gravelotte, entrainant des centaines de suppressions d’emplois de journalistes, et autant de coups portés à l’information, donc à la démocratie. Les chercheurs ont montré que le recul en région de la couverture médiatique profite à l’abstention dans les périodes électorales et à la progression du RN. Sans oublier le secteur de l’édition où le milliardaire ultraconservateur breton a opéré un coup de force chez Grasset en débarquant manu militari l’éditeur Olivier Nora. Et ainsi imprimer la marque d’un trumpisme à la française, comme il l’a fait chez Fayard, privilégiant la diffusion des ouvrages des Bardella, Sarkozy ou De Villiers.
Face à ce maccarthysme rampant, les communistes se doivent de relever le défi et de rassembler les forces pour contrer cette bataille idéologique que veulent imposer les droites extrêmes. Cela doit passer par la défense du service public, en inscrivant dans la Constitution un droit à l’information et à l’existence d’un Audiovisuel public comme faisant partie de l’intérêt général. Garantir son financement suite aux coups de rabot des macronistes (-160 millions) et de l’enterrement de la redevance décidé par l’Élysée. Et devant l’impéritie de l’Arcom, il est grand temps d’appeler à la suspension de CNews, une chaîne d’opinion de la fachosphère. Comme il est urgent de légiférer pour mettre un terme aux concentrations des médias.
Patrick Kamenka
Article publié dans CommunisteS, numéro 1085 du 6 mai 2026.
Avec le nom qui est le sien, impossible pour la Fondation Gabriel-Péri de faire l’impasse sur le Front populaire, ses ambitions et ses espoirs, ses réussites et ses échecs.
Une exposition à la disposition des organisations
Dans la suite de ce qu’elle avait réalisé pour le centenaire du PCF ou le 80e anniversaire de la Sécurité sociale, la Fondation Gabriel-Péri a réalisé une exposition composée de grands panneaux destinés à rappeler la riche histoire du Front populaire. Mêlant images d’archives et textes d’aujourd’hui, elle permet de présenter au plus grand nombre ces quelques années si décisives de notre histoire. Cette exposition peut être commandée auprès de la Fondation qui vous enverra les fichiers en haute définition pour un tirage au format de votre choix.
L’exposition sera présentée sur les grilles du siège national du PCF à l’occasion des célébrations du Front populaire, le 9 mai prochain.
Comme les précédentes ou encore celle consacrée aux FTP-MOI, elle est également disponible dans un format enrichi, en ligne, permettant d’explorer davantage ce moment fondamental.
Une série de rencontres, à l’image de celle du 21 mai, à Chaillot, Théâtre national de la danse
Au plus près de la recherche en train de se faire, la Fondation Gabriel-Péri organise avec plusieurs laboratoires de recherche universitaires un séminaire d’histoire du communisme.
Pour cette année 2025-2026, le thème est les Fronts populaires. Plusieurs séances se sont tenues jusqu’ici. Elles sont disponibles en ligne, sur le site de la Fondation. Au-delà, a été impulsé un cycle de trois journées d’étude pour éclairer trois aspects importants : la première a eu lieu à Aubervilliers, autour des Fronts populaires hors d’Europe ; la seconde s’est tenue à la Maison des métallos (avec l’IHS-CGT) autour du mouvement social ; la troisième aura lieu le jeudi 21 mai (9 h-17h30) à Chaillot (dans le cadre d’un partenariat avec le Théâtre national de la danse et la Maison Elsa Triolet-Aragon). Elle portera sur les enjeux culturels, de Renoir à Capa en passant par Malraux, Vaillant-Couturier, Aragon ou Fernand Léger ainsi que ce fourmillement formidable d’initiatives culturelles prises dans tout le pays et dans tous les domaines.
Dans un registre plus ludique, le jeu de la Fondation, Cocoquiz, se met en mai à l’heure du Front populaire, pour entrer autrement dans cette dynamique sociale et politique.
Dans la France de 2026, ce 90e anniversaire est une occasion, précieuse et importante, de redécouvrir le Front populaire et de le faire découvrir largement. Pour mieux comprendre cette époque révolue et, qui sait, mieux affronter l’époque présente.
Guillaume Roubaud-Quashie
Article publié dans CommunisteS, numéro 1084 du 29 avril 2026.
le Gouvernement cale sur le financement et poursuit l’ouverture à la concurrence
Projet de loi-cadre relatif au développement des transports
Publié le 29 avril 2026 à 11:37 Mise à jour le 30 avril 2026
Les mobilités sont centrales pour notre pays et ses habitants. Le projet de loi-cadre devait être ambitieux, c’est une occasion manquée.
Je salue la mémoire de Pierre Lefebvre, sénateur communiste du Nord qui a siégé de 1997 à 2001 au Sénat. Cheminot, il était un défenseur acharné du service public du rail.
Tuons dans l’œuf l’idée qu’il y aurait des parlementaires responsables qui soutiendraient le texte et les autres. Nous avons abordé toute la complexité du sujet, notamment en matière de billettique. Nous pouvons avoir des visions opposées ; pour autant nous soutenons l’instauration d’une loi de financement pluriannuel des mobilités, en réponse au sous-investissement chronique. Nous avons voté l’article 1er sans réserve, alors que le Conseil d’orientation des infrastructures (COI) chiffre les besoins d’investissement à 220 milliards d’euros sur dix ans. Nous regrettons l’absence de calendrier précis pour l’examen d’une loi de programmation, qui risque d’être percuté par l’élection présidentielle.
Côté recettes, n’apparaissent que le fléchage des recettes des autoroutes et l’indexation des tarifs sur l’inflation. Nous proposons la mobilisation d’une fraction plus importante de taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE), la majoration des taxes de séjour, une participation des grands logisticiens et une meilleure modulation du versement mobilité, bien loin de l’article 12, qui permet aux AOM d’indexer leurs tarifs sur l’inflation. Nous connaissons les difficultés budgétaires et défendons la libre administration des collectivités, mais les usagers ne doivent pas supporter seuls la note. C’est une injustice et un frein à l’usage des transports collectifs.
La gratuité n’est pas de l’idéologie mais une réalité dans plusieurs collectivités. En atteste un article de La Voix du Nord vantant la gratuité des transports à Dunkerque, où la fréquentation des transports collectifs a triplé. Certes, la gratuité a un coût, mais elle permet aussi de lutter contre le réchauffement climatique, d’améliorer le pouvoir d’achat et de lutter contre l’isolement.
Toute politique doit prévoir un financement et un cadre d’organisation robustes, or ce texte ne prévoit pas de financement immédiat. Certaines mesures sont une conséquence directe du démantèlement du service public des transports et de l’ouverture à la concurrence, comme l’obligation faite à SNCF Connect d’ouvrir sa plateforme de vente de billets aux concurrents, alors que la SNCF reste le seul investisseur du fonds de concours : c’est la double peine.
Nous pourrions évoquer l’ouverture à de nouveaux partenariats publics privés, dont le danger de dette cachée est relevé par la Cour des comptes, qui les estime bien plus coûteux sur le long terme.
Nous regrettons l’absence d’ambition pour le fret ferroviaire, fluvial et maritime, ainsi que le peu de place accordée aux outre-mer.
Le Cese et les syndicats ont émis des réserves sur ce texte. Nous espérons que la navette parlementaire lui donnera plus de souffle, en l’expurgeant des mauvaises mesures.
Parce que ce texte n’est pas à la hauteur des enjeux, qu’il ouvre la porte à de nouvelles formes de concurrence et ne règle pas le problème de financement des transports, notre groupe ne le votera pas.
En marge de la Journée internationale de lutte pour les droits des travailleuses et des travailleurs, Sophie Binet dénonce les attaques contre le 1er mai et l’inaction de l’exécutif dans la transposition de la directive européenne sur l’égalité salariale. Quatre-vingt-dix ans après la victoire du Front populaire, la secrétaire générale de la CGT fustige les rapprochements entre le patronat et le RN.
Un 1er-Mai inédit dans un contexte pas moins inédit. Ce vendredi, les numéros un de la CFDT, de la CGT, de FO, de l’Unsa, de Solidaires et de la FSU sont attendus en tête du cortège parisien, alors que la Journée internationale de lutte pour les droits des travailleuses et des travailleurs est dans le viseur des libéraux.
À l’issue du Conseil des ministres, le 29 avril, Jean-Pierre Farandou a confirmé un projet de loi visant à clarifier le cadre juridique du travail des salariés des boulangeries et des fleuristes. L’ensemble des confédérations syndicales s’y opposent et dénoncent une première brèche visant à détricoter cette journée historique du mouvement social. Plus de 300 rassemblements sont prévus dans l’Hexagone.
Ce 1er-Mai 2026 sera-t-il le dernier obligatoirement chômé et payé ?
Sophie Binet Secrétaire générale de la CGT
Grâce à la mobilisation, nous avons fait échouer la tentative honteuse de Gabriel Attal, de Bruno Retailleau et de Jordan Bardella de nous voler le 1er-Mai. Je veux dédier cette édition à Maria Blondeau, ouvrière, l’une des 11 victimes du massacre de Fourmies, assassinée le 1er mai 1891. Grâce à l’unité syndicale et politique, nous avons réussi à sauvegarder cent quarante ans d’histoire ouvrière. Non, tout ne s’achète pas. Le 1er-Mai n’est pas une journée à « fort potentiel commercial ».
Sébastien Lecornu, pourtant, promet un projet de loi qui permette aux boulangeries et fleuristes artisanaux d’ouvrir en cas d’accord de branche…
Nous sommes passés de plusieurs millions de salariés pénalisés avec des ouvertures tous azimuts de commerces de proximité à un texte qui concernerait 200 000 salariés au maximum. C’est toujours trop. La CGT reste opposée à ce texte. Nous nous battrons pour conserver le 1er-Mai férié et chômé, comme c’est le cas depuis 1947, à l’exception des services publics vitaux et des industries ne pouvant interrompre leurs productions. Pas question que ce projet de loi rouvre la boîte de Pandore. Si on autorise le travail des salariés de commerces de proximité se posera la question des transports, puis celle de la garde des enfants. Et ainsi de suite.
Conséquence de la guerre en Iran, 6 milliards d’économies sont sur la table. Les choix austéritaires sont-ils une fatalité ?
L’austérité n’est pas une fatalité. Que le gouvernement commence par regarder du côté des 211 milliards d’euros d’aides publiques versés sans condition aux entreprises. Grâce à la mobilisation de la CGT et au rapport sénatorial, le gouvernement a forcé France Stratégie à lancer une mission de concertation. Dès la première réunion, le patronat était seul à défendre cette politique du chèque en blanc, alors que les abus sont manifestes.
Cette manne financière serait plus utile dans les services publics, la protection sociale, ou pour financer la relocalisation et la transition écologique de nos industries. Dans le même temps, les budgets militaires augmentent. On ferme des lits d’hôpitaux pour construire des canons.
Le conflit au Moyen-Orient est parti pour durer. La politique des aides ciblées peut-elle suffire ?
Le gouvernement fait l’autruche, en espérant que la crise énergétique passe. Or, l’Agence internationale de l’énergie affirme que la crise est pire que le choc pétrolier de 1973. Il est maintenant indispensable de prendre des mesures fortes, sans quoi notre économie pourrait ne pas s’en relever. Les conséquences sont d’ores et déjà catastrophiques pour le monde du travail : des millions de personnes sont obligées de choisir entre faire le plein et remplir le frigo, et le patronat en profite pour amplifier les licenciements.
J’ai adressé en ce sens un courrier, mercredi, au premier ministre. Nos priorités sont la hausse des salaires, du point d’indice et des minima sociaux. À cela s’ajoute le blocage des prix du carburant. Une mesure qui ne coûte rien aux finances publiques. Elle avait été mise en place durant la guerre du Golfe, sans pénurie à la clé. Il faut empêcher les profiteurs de guerre de se gaver. Tirons les leçons de l’invasion de l’Ukraine en 2022 : TotalEnergies a réalisé 20 milliards d’euros de profits, les prix à la pompe ne sont pas redescendus et les salaires n’ont pas retrouvé leur niveau d’avant crise.
Le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, est-il un bon interlocuteur ?
Oui, c’est un changement salutaire par rapport à son prédécesseur. Mais nous avons besoin d’une vraie stratégie industrielle. Il faut pour cela organiser des assises de l’industrie. Cela fait deux ans que la CGT alerte sur la multiplication des plans de licenciements. Aucune réponse n’a été apportée par les cinq gouvernements qui se sont succédé. Un exemple concret : la France importe 50 % de son diesel raffiné car la moitié des raffineries ont fermé en dix ans.
On laisse aujourd’hui se dérouler des catastrophes similaires dans l’automobile, la chimie, le papier, le verre, etc. Nous réclamons un moratoire sur les licenciements pour protéger notre outil industriel, le temps de trouver des solutions alternatives. Comme c’est le cas à Fibre Excellence, dernière usine à produire de la pâte à papier : l’État doit protéger le site jusqu’à ce qu’un repreneur se manifeste. Nationaliser ne doit plus être un gros mot. C’est d’ailleurs un impératif à Arcelor pour empêcher Mittal de démanteler nos hauts fourneaux.
Ce 1er-Mai est aussi marqué par la suppression de la cérémonie en hommage aux 42 mineurs morts le 27 décembre 1974 à Liévin par le nouveau maire RN. Qu’est-ce que ce choix traduit ?
Les masques tombent. Nous avons la confirmation que l’extrême droite est le pire ennemi des travailleurs. Elle n’a honte de rien. Les mineurs ont mené une grève héroïque en 1941. Ils ont reconstruit le pays à la Libération. Leurs corps ont payé un lourd tribut. C’était un des métiers les plus accidentogènes et les anciens mineurs encore en vie additionnent les maladies professionnelles, à commencer par la silicose. C’est leur cracher à la figure et piétiner leur héritage, mais ce n’est pas étonnant de la part des héritiers du fascisme.
L’édile rétorque que les syndicats n’ont de cesse de s’opposer au RN…
Cela démontre que leur problème est l’indépendance syndicale. C’est pourtant un fondement de notre démocratie et un principe majeur du droit international du travail. Oui, les syndicats doivent pouvoir critiquer un parti, un gouvernement, un patron. C’est une de nos libertés constitutionnelles. Le RN confirme qu’il est un adversaire de la démocratie et un allié fidèle du capital. L’extrême droite a d’ailleurs voté avec « Les Républicains » et les macronistes pour tenter de nous voler le 1er-Mai.
En 1936, le 1er-Mai, plusieurs grèves reconductibles sont lancées. Cet élan contribuera à la victoire du Front populaire le 3 mai et aux accords de Matignon. Quatre-vingt-dix ans plus tard, quelles leçons en tire la CGT ?
D’abord les ingrédients pour gagner : l’unité et la mobilisation. Les conquêtes sociales ont toujours été arrachées par la lutte. Penser qu’on peut battre l’extrême droite seulement avec un grand discours sur les valeurs républicaines est un leurre. En 1936, nous n’avons pas eu Hitler mais le Front populaire parce que la gauche était unie et porteuse d’une alternative sociale.
Aujourd’hui, nous avons besoin de perspectives de rupture avec cette longue nuit macroniste. La gauche doit redevenir le parti de la classe du travail. 1936, c’est avant tout la bataille pour les congés payés, c’est-à-dire le temps libéré. Être payé sans travailler semblait inaccessible, une hérésie pour les patrons. La conquête du temps libéré et rémunéré a été une immense émancipation. Notre horizon n’est pas de travailler toujours plus, pour consommer plus, et polluer plus. Au contraire, le progrès technologique doit permettre la réduction du temps de travail sans perte de salaire.
La menace de l’extrême droite est-elle comparable à celle de 1936 ?
Elle est tout aussi dangereuse. Aujourd’hui, elle contrôle la première puissance mondiale, les Gafam, de nombreux médias, une partie de l’IA et du capital, et s’organise à l’échelle mondiale. Les guerres se multiplient et nos institutions internationales sont fragilisées. Quels points communs entre Poutine, Trump et Netanyahou ? Ils sont d’extrême droite, bombardent des civils et démantèlent le droit international pour le remplacer par la loi du plus fort, ou plutôt du plus riche. Le RN n’a jamais renié les positions négationnistes et antisémites de ses fondateurs. La CGT ne renverra jamais dos à dos l’extrême droite avec un quelconque autre parti.
À la différence des patrons ?
Ils semblent développer leurs relations avec le RN. C’est une rupture majeure depuis 1945, l’acte final de la normalisation de l’extrême droite. C’est très grave. Le Medef fait primer ses intérêts économiques sur l’impératif démocratique et prend ainsi la lourde responsabilité de permettre au RN d’arriver au pouvoir par les urnes, ce qui serait inédit en France. Rien n’est écrit d’avance, nous l’avons montré en 2024. La CGT, elle, prendra toujours ses responsabilités pour être au rendez-vous de l’histoire.
Chaque année, à l’approche du 1er Mai, la même offensive revient. Cette année plus fort que d’habitude, la droite et le patronat tentent de supprimer le seul jour férié obligatoirement chômé de l’année. Pour ce faire, rien de plus simple pour eux : instrumentaliser la « liberté de travailler ». Derrière ce discours, il faut remettre les choses à l’endroit.
On nous explique que des salariés seraient « volontaires » pour travailler le 1er Mai. Évidemment qu’il y en a. Pourquoi ? Parce que les salaires sont trop bas. Parce que finir le mois est devenu un défi. Parce que beaucoup n’ont pas d’autre choix que de saisir chaque heure supplémentaire pour boucler leur budget. La vraie question n’est donc pas de savoir s’il faut permettre de travailler plus un jour férié, mais pourquoi travailler autant ne suffit plus à vivre dignement.
C’est là qu’il faut être clair : on n’améliore pas le pouvoir d’achat en faisant reculer les droits des travailleurs. On l’améliore en augmentant les salaires et en sécurisant l’emploi. La question du salaire et du temps de travail est au cœur de l’affrontement social. Quand le rapport de force est favorable aux travailleurs, les salaires augmentent et le temps de travail diminue. Quand il bascule du côté du patronat, c’est l’inverse. Rien de nouveau sous le soleil : c’est une réalité historique.
On l’a déjà entendu, ce discours. Quand il a fallu interdire le travail des enfants, certains expliquaient déjà que les familles étaient « volontaires ». En réalité, elles étaient contraintes par la misère. Aujourd’hui, c’est la même logique qui est à l’œuvre.
Quant au « volontariat », il faut arrêter l’hypocrisie. Dans le monde du travail, il n’existe pas de relation égalitaire entre un salarié et son employeur. Le lien de subordination est inscrit dans le contrat lui-même. Quand on est en CDD et qu’on espère un CDI, quand on attend une augmentation, quand on craint un licenciement, peut-on vraiment parler de libre choix ? Non. Il s’agit d’une contrainte déguisée.
Le 1er Mai n’est pas un jour comme les autres. C’est une conquête, arrachée par les luttes. C’est une journée pour se rassembler, pour revendiquer, pour rappeler que les droits sociaux ne tombent jamais du ciel.
Face à ceux qui veulent banaliser cette date, il faut au contraire en réaffirmer le sens : celui de la dignité, de la solidarité, et du combat pour la dignité au travail.
Assan Lakehoul
Article publié dans CommunisteS, numéro 1084 du 29 avril 2026.
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Article publié dans CommunisteS, numéro 1083 du 22 avril 2026.