Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

retraites

Exclusif : les cadres plébiscitent la retraite à 60 ans

23 Novembre 2021, 08:26am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité Mardi 23 Novembre 2021

Stéphane Guérard

Le retour à 60 ans et la revalorisation des pensions font désormais partie des aspirations des personnels encadrants, selon l’étude que commente pour nous Sophie Binet, cosecrétaire générale de l'Ugict-CGT.

La retraite à 60 ans chevillée au cœur des cadres. L’affirmation n’allait pas de soi, ces dernières années. C’est pourtant ce que révèle l’étude annuelle sur leurs opinions et attentes, menée par l’Ugict-CGT. 

Comment expliquez-vous que 50 % des personnels encadrants interrogés se rallient à la revendication d’un départ à 60 ans, contre 36 % de contre et 14 % qui ne se prononcent pas?

SOPHIE BINET C’est la première fois que cette demande est majoritaire. Il s’agit d’une rupture dictée par la réalité. Au fur et à mesure des réformes successives, l’horizon des 60 ans s’est éloigné pour les cadres, qui partent en moyenne vers 64 ans. La majorité d’entre eux affirment désormais que ce n’est plus une fatalité, ­notamment les 50-60 ans qui savent qu’ils retrouveront difficilement du travail s’ils perdent le leur. Près de la moitié d’entre eux ne sont d’ailleurs plus en emploi lorsqu’ils font valoir leurs droits.

79 % des cadres demandent une pension au moins égale à 75 % de leur dernier salaire. D’où vient pareil consensus?

SOPHIE BINET Cette appréciation est ultramajoritaire car le montant moyen de la retraite complémentaire des cadres (Agirc) a diminué de 18 % en dix ans. Le dernier accord Agirc-Arrco signé par la CFDT et la CFTC est d’ailleurs en contradiction avec cette demande. Cet accord est scandaleux car il déconnecte la revalorisation des pensions de l’inflation. Et, comme une double peine, il revient sur les règles d’achat de points retraite, dont le montant aurait dû baisser, ce que n’a pas voulu le patronat. Nous allons déposer des recours en justice contre cet accord.

Seuls 48 % des sondés sont d’accord pour faire financer en partie ce retour aux 60 ans par une augmentation des cotisations patronales. Est-ce une déception?

SOPHIE BINET Ce chiffre est moins net car les personnes ne se prononçant pas sur le sujet sont nombreuses (24 %). C’est logique car les mécanismes de financement sont moins connus des plus jeunes. Mais les contre ne sont que 28 %. Cela dénote une lucidité des cadres sur les marges de manœuvre: jusqu’à présent, ce levier n’était pas jugé crédible. Il le devient. Cest un des bougés liés à la crise sanitaire. Les cadres ont constaté le retour des super-profits, des distributions de dividendes et des augmentations de salaires des grands patrons. Et les aspirations changent, ­notamment chez les jeunes qui n’entendent plus travailler jusqu’à un âge avancé.

À quoi va servir ce sondage?

SOPHIE BINET C’est un vrai point d’appui pour les mobilisations à venir. Les cadres sont au cœur de la réforme des retraites voulue par le patronat ou Emmanuel Macron. Aucun d’entre eux ne dira qu’il est contre l’actuel système par répartition. Mais leur objectif est de diminuer le montant des pensions en obligeant les gens à partir plus tard, tout en poussant les cadres à épargner de leur côté afin de créer un marché de la retraite par capitalisation au profit des fonds de pension et assureurs. Les cadres ne sont pas dupes. Voilà pourquoi nous allons lancer une grande campagne sur nos alternatives. Il faut faire évoluer le système actuel pour mettre notamment fin aux inégalités de niveau de pension entre femmes et hommes, et revenir sur les réformes successives qui ont porté un sévère coup aux jeunes en augmentant leur durée de cotisation. Il faut prendre en compte leurs années d’études. 

 

Voir les commentaires

Solidarité. Les retraités reprennent la rue

28 Septembre 2021, 09:14am

Publié par PCF Villepinte

 

L'Humanité Mardi 28 Septembre 2021

Stéphane Guérard

Piqué au vif par les annonces en trompe-l’œil de Jean Castex sur l’autonomie et le grand âge, le groupe des neuf syndicats et associations de retraités appelle à une journée de mobilisation, vendredi 1er octobre.

Ingrats, les seniors? Jean Castex aura sans doute un pincement au cœur, ce vendredi 1er octobre, au vu des mobilisations de retraités qui se dérouleront dans à peu près tous les départements, à l’appel du «groupe des neuf» organisations syndicales (CGT, FO, CFE-CGC, FSU, Solidaires et Fonction publique retraités) et associatives (LSR et Ensemble & solidaires).

Le premier ministre n’a pourtant pas ménagé ses annonces, ces derniers jours, pour faire oublier l’enterrement de la loi grand âge, promise depuis le début du quinquennat et censée donner corps au «cinquième pilier de la Sécurité sociale» consacré aux enjeux de la dépendance. Quatre cents millions d’euros prévus dans le projet de loi de finances de la Sécurité sociale 2022 en faveur de l’aide aux personnes âgées? Des financements «sanctuarisés» pour la création de 10000 postes de soignants dans les Ehpad dici cinq ans? Marylène Cahouet renvoie le gouvernement dans son camp: «Les personnes âgées ont payé un lourd tribut à la crise sanitaire. L’abandon de cette loi constitue un reniement budgétaire scandaleux.»

Un sentiment de mépris du gouvernement

La porte-parole du secteur retraités de la FSU a fait les comptes: «Le rapport Libault de 2018 prévoyait 6 milliards deuros en 2024 pour faire face aux besoins du grand âge. On en est loin avec ces 400 millions. Quant aux 10000 postes en Ehpad dici cinq ans, cest 1,4 poste par établissement. Ce reniement est hautement symbolique de la place laissée à 20 % de la population.» De fait, le secteur de l’aide à la personne chiffre à 300000 le nombre de postes à pourvoir d’ici cinq ans pour faire face aux besoins.

Le sentiment de mépris du gouvernement à l’égard des plus de 60 ans ne se limite pas, pour les organisations appelant à la mobilisation, à cette question de l’autonomie. «On essaye d’opposer les actifs et les retraités. Mais cette cloison n’existe pas. Nous ne sommes pas en dehors de la vie, soutient Nelly Di Giovanni, d’Ensemble & Solidaires. Les retraités ont souvent des enfants étudiants dont il faut payer les études ou le logement, des petits-enfants sans crèche ni cantine dont il faut s’occuper. Ils ont aussi des parents qui sont en Ehpad. Tous ces gens manquent parfois de force physique et de ressources mentales pour aller manifester. Mais c’est eux que l’on défend, vendredi.»

Face à l’inflation de 1,6 % cette année, les salariés retraités du public comme du privé n’ont vu leur pension de base revalorisée que de 0,4 % et les retraites complémentaires du privé augmenter d’un petit pour cent. Le compte n’y est donc pas, surtout en période de flambée des factures de l’énergie et de l’alimentation. Les revendications sont donc simples: indexation des retraites sur l’évolution du salaire moyen, interdiction de pensions en dessous du Smic et attribution simplifiée des pensions de réversion.

La prise en compte des retraités ne s’arrête pas au porte-monnaie. L’accès à la citoyenneté passe par des services publics efficients. «Heureusement quon les a eus, les hôpitaux publics et lassurance-maladie, pour faire face à la cr ise sanitaire. Mais dans les métropoles, autant que dans la ruralité, il est de plus en plus compliqué d’accéder aux services publics», souligne Marc Bastide, de la CGT. «Sans personnel dans les bureaux de poste, cest compliqué. Nous avons besoin de services publics de proximité pour assurer l’égalité de traitement sur tout le territoire», reprend le syndicaliste. Le «groupe des neuf» appelle donc le gouvernement à mettre fin aux mesures d’économies sur lhôpital public, à y créer au contraire 100000 postes et à favoriser l’installation de centres de santé publics dans tous les territoires.

Tout cela a un coût. Syndicats et associations ne le nient pas. Ils renvoient la question à un choix de société. «Le gouvernement dit quil augmente les salaires. Mais il le fait en diminuant les cotisations sociales. Nous avons affaire à une réorientation des financements pour briser les services publics comme la Sécurité sociale», souligne Marc Bastide. Les mobilisations de vendredi sonnent comme une première escarmouche avant la grande bataille pour la défense du système de solidarité par répartition, lors de la campagne de la présidentielle.

retraités

Voir les commentaires

Un second projet de réforme des retraites, paramétrique, électoraliste et explosif

8 Juillet 2021, 10:03am

Publié par PCF Villepinte


NVO  1 juillet 2021 | 

 

Pour des raisons électoralistes à dix mois de la présidentielle, Emmanuel Macron tente une nouvelle réforme des retraites. Estampillée «de droite», contestée par tous les syndicats, elle repose sur le recul de l'âge de départ à la retraite et pourrait être explosive, car inutile et injuste.

 

Et c'est reparti! Un nouveau projet de réforme des retraites se profile à l'agenda du gouvernement, estampillé de droite. Exit, les textes de loi instaurant un système de retraite universel par points votés début mars 2020 et remisés en raison de la crise sanitaire. Cette réforme systémique ne pourra pas «être reprise en l'état» d'ici la fin du quinquennat, car elle est «trop ambitieuse, extrêmement complexe, (…) porteuse d'inquiétude» avait expliqué Emmanuel Macron lors de sa visite dans le Lot, début juin.

Mais il avait aussi annoncé des «décisions difficiles» en même temps que des gestes en faveur des «petites retraites». Nous y sommes. Les incertitudes quant aux conditions de sortie de la crise sanitaire ne sont pourtant pas plus favorables à une nouvelle réforme des retraites qu'à celle de l'assurance chômage, recalée pour l'heure par le Conseil d'État après avoir fait l'unanimité des organisations syndicales contre elle.

Qu'à cela ne tienne. Si un tel projet peut encore voir le jour d'ici à la fin du quinquennat, il ne sera vraisemblablement mis en œuvre qu'après le scrutin présidentiel d'avril prochain, ce qui en fait donc d'abord un argument électoral. Car en s'attaquant aux retraites le déjà candidat Macron espère couper l'herbe sous le pied des Républicains, relativement requinqués par leurs résultats aux élections régionales.

Séduire à droite avec une réforme paramétrique

Si le chef de l'État doit s'exprimer avant le 14 juillet sur les dix mois restants de sa présidence, son ministre de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire, pose les premiers jalons concernant ce très explosif projet de réforme des retraites.

Ce mardi 29 juin, sur la chaîne CNews, il s'est ainsi dit favorable à ce que le gouvernement repousse l'âge de départ à la retraite. Le quotidien Les Échos avance un recul de l'âge légal de départ à la retraite à 64 ans, certains observateurs affirmant que ce serait à partir de la génération née en 1961.

Autrement dit, alors que le pays n'est même pas encore sorti de la crise sanitaire inédite due à la pandémie de Covid, que les conséquences de la mise sous cloche de l'économie pendant plus d'un an sont encore palpables, l'exécutif n'a d'autre priorité que de séduire l'électeur de droite, toujours très sensible aux signaux de «sérieux budgétaire».

D'ores et déjà, Bruno Le Maire affiche sa volonté de faire faire des économies à l'État (sur le dos des Français) pour enclencher rapidement une trajectoire de redressement des finances publiques. Grand classique, l'opération commence par les retraites, identifiées comme l'un des postes les plus dispendieux. Sur le sujet, d'autres chevaux de bataille traditionnels pourraient ressurgir : la suppression des régimes spéciaux ou encore la nécessité de remettre les Français au travail, au motif que leurs voisins européens travailleraient plus longtemps qu'eux ou que l'espérance de vie augmente.

Des arguments frappés au coin du bon sens claironnent leurs tenants, qui passent sous silence l'injustice d'un tel projet pour les personnes qui ont commencé à travailler très jeunes ou occupent des emplois pénibles. «C'est l'intérêt des Français et l'intérêt de la France que tout le monde, globalement, que notre pays, travaille davantage», a ainsi poursuivi Bruno Le Maire sur CNews, comme si l'emploi courait les rues et qu'il ignorait que plus de 6 millions de personnes sont inscrites à Pôle Emploi.

S'il a concédé qu'«il n'y a que le président de la République qui peut évaluer» le calendrier d'une telle réforme, «moi, mon expérience, c'est qu'on n'a jamais intérêt en politique à remettre à demain ce qu'on peut faire aujourd'hui.», a-t-il tout de même ajouté.

Les syndicats sont vent debout contre le recul de l'âge de départ à la retraite et pour 75 % des Français la relance économique est la priorité avant la présidentielle de 2022

Chasser sur les terres de la droite est une chose. Envisager d'engager une réforme des retraites, sans débat politique, quelques mois avant l'élection présidentielle en est une autre. L'idée est rejetée par 55 % des Français (sondage OpinionWay pour Les Échos et Radio Classique) et provoque la levée de boucliers des organisations syndicales.

«J'en ai marre qu'on fasse de ce sujet, comme de celui de l'Assurance chômage, un objet électoraliste déconnecté du réel» a résumé, excédé, Yves Veyrier, le secrétaire général de FO. Sur RMC, lundi 7 juin, Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT a quant lui estimé que «ce serait une erreur de la part du président de la République de remettre ça sur la table (…) Il y a d'autres problématiques plus urgentes, les questions d'emploi, les questions de salaires, la question de la jeunesse. Ça, il faudrait s'en occuper rapidement». Laurent Berger (CFDT) ou François Hommeril (CFE-CGC) ne disent pas autre chose.

Tous sont excédés au plus haut point par le scénario d'une réforme paramétrique au moment où ils veulent inscrire la question de l'emploi à l'ordre du jour de la prochaine conférence sociale (manque de visibilité et risque de défaillances pour de nombreuses entreprises, explosion de la précarité, etc.) 75 % des personnes sondées par OpinionWay jugent d'ailleurs que la relance économique est prioritaire d'ici à l'élection présidentielle d'avril 2022, contre 32 % (surtout LREM et LR) qui se positionnent en faveur d'une réforme des retraites.

«Les retraites sont un sujet d'inquiétude, note l'institut de sondage, mais elles ne sont pas prioritaires.» Reste que la retraite à points avait jeté des centaines de milliers de manifestants dans les rues jusqu'en 2020. Même groggy suite à la crise sanitaire, les Français ne sont certainement pas prêts à se laisser imposer le report de l'âge de départ à la retraite avec lequel Emmanuel Macron entend clôturer son quinquennat.

Une multitude de scénarios sont sur la table gouvernementale pour réformer les retraites, mais tous relèvent l'âge de départ à la retraite

Depuis plusieurs mois, Laurent Pietraszewski, le monsieur retraite du gouvernement, planche sur divers scénarios : accélération de la réforme Touraine qui porte doucement la durée de cotisation à 43 annuités en 2032 et rapporterait un demi-milliard par an d'ici à 2025; suppression des régimes spéciaux dont l'avantage serait plus politique que financier puisque seuls les nouveaux entrants seraient concernés comme à la SNCF; relèvement de l'âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans à des rythmes plus ou moins rapides, sachant que plus il est effréné (par paliers de 6 mois par an par exemple, en commençant par les personnes nées en 1961 qui partiraient à 62 ans et 6 mois), plus il permet de faire des économies importantes.

La Cour des comptes et les économistes Olivier Blanchard et Jean Tirole ont également apporté leur écot à la réflexion. Dans leur rapport «Une stratégie de finances publiques pour la sortie de crise» remis le 15 juin, les magistrats financiers préconisent eux aussi, outre le renforcement de la croissance, de relever l'âge de la retraite, élément clé, selon eux, de la baisse des dépenses publiques. Rien de neuf.

Quant aux deux éminents économistes, auteurs d'un rapport sur les grands défis économiques, remis à Emmanuel macron le 23 juin, ils verraient bien une relance de la réforme par points couplée à un relèvement de l'âge moyen de départ à la retraite, «en renforçant les incitations à travailler au-delà de l'âge minimum de départ». De plus, ils exhortent le gouvernement à «aller vite». Sur ce point, ils pourraient être suivis. Voulant prendre de vitesse les opposants au projet, les partisans d'une réforme rapide et coûte que coûte, tels que Bruno Le Maire, pressent le Président de la République d'introduire un report de l'âge légal de départ à la retraite à 64 ans dans le prochain projet de loi de finances de la sécurité sociale (PLFSS).

Le COR n'est pas alarmiste : si le déficit des régimes de retraites est de 13 milliards d'euros en 2020, ce n'est que conjoncturel

Paradoxalement, les constats recueillis par l'exécutif sont tous plus alarmistes les uns que les autres, alors que les analyses du Conseil d'orientation des retraites ne le sont pas. Et pour cause, le déficit de 13 milliards affiché en 2020 par les régimes de retraites — qui devrait passer sous la barre des 10 milliards d'euros en 2020 — résulte de cotisations non perçues pendant la crise sanitaire : le chômage partiel n'entraîne pas de cotisations, des retards de paiement, liés aux reports, vont forcément être rattrapés et des emplois ont été perdus engendrant des pertes de cotisations. Concrètement : l'activité a chuté de 8 % en 2020 ce qui a mécaniquement provoqué une chute des recettes en cotisations alors que les dépenses (versement des pensions de retraites) sont restées stables.

Or, sauf à penser que la crise sanitaire est structurelle et non pas conjoncturelle, l'activité va repartir et venir peu à peu renflouer le déficit. Rien donc qui puisse valablement justifier autant de fébrilité autour des retraites et d'une réforme, in fine inutile.

Cela d'autant moins que le relèvement de l'âge de départ à la retraite n'a jamais été le paramètre pertinent pour réduire la dépense publique : les mesures d'âge font bien baisser le déficit des retraites, mais comme elles créent du chômage (les emplois ne se libèrent pas) elles font augmenter celui de l'assurance chômage. Mauvais calcul quand le financement des retraites nécessite une relance de l'activité capable de créer des emplois correctement rémunérés.

De tous les grands pays, la France a en effet le plus faible taux d'emploi des jeunes et des séniors dû à un déficit en matière de formation, notamment tout au long de la vie. Autant de problèmes bien français qui pourraient être réglés si les pouvoirs publics y portaient au moins autant d'attention qu'à la réduction de la dépense publique. Las! Investir dans l'intérêt général étant de moins en moins leur fort, il est attendu de chacun qu'il se prenne en charge.

C'est en quelque sorte ce qui se produit avec le projet de réforme qui est dans les tuyaux puisqu'en fait si l'exécutif s'acharne à trouver de l'argent du côté des retraites (et donc des actifs), c'est surtout pour financer d'autres dispositifs comme ceux qui pourraient concerner le grand âge ou encore la revalorisation des petites pensions. Ou comment déshabiller Paul pour habiller Jacques. Un autre grand classique.

Suivez la NVO sur Facebook • Twitter • Instagram

 

Voir les commentaires

CGT Retraites: Le retour des régressions?

6 Juillet 2021, 07:33am

Publié par PCF Villepinte

Voilà le retour des annonces gouvernementales avec, en tête, les déclarations d’Emmanuel Macron sur la question des retraites. La crise sanitaire terminée ou pas, il anticipe pourtant sur les économies qu’il voudrait faire sur le dos des actifs et des retraités.

Ainsi, si sa réforme à points version 2020 paraît définitivement hors-jeu, la question de l’équilibre financier du système donc de nouvelles régressions réapparaît et le président de la République prépare le terrain pour les annonces qu’il envisage durant l’été.

Au menu, il pourrait être question d’augmenter la durée d’années de travail, notamment par une hausse de la durée de cotisation pour bénéficier d’une retraite à taux plein et le report de l’âge réel voire légal de départ en retraite à 64 ans.

Ainsi, l’accélération de la précédente réforme Touraine exigeant 43 années de cotisations en 2032 pourrait être faite par le gouvernement actuel à travers un simple ajout dans le PLFSS (Projet de loi de financement de la Sécurité Sociale) dès fin juillet et entériné fin octobre 2021.

Il est même question d’attaquer à nouveau spécifiquement aussi les régimes spéciaux.

Parallèlement, le patronat ouvre une négociation au pas de charge sur la retraite complémentaire des salariés du privé, avec l’ambition sans nul doute d’imposer de nouvelles régressions pour les retraités actuels comme pour les actifs.

Pourtant, le récent rapport de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DRESS)  atteste  qu’un Français sur deux est parti en retraite avec des trimestres de décote !

Plus d’un Français sur deux n’est plus en emploi à 60 ans, soit au chômage ou en invalidité.

Les travailleurs se sont mobilisés, en 2019 et 2020, pour faire échec au projet de réforme systémique voulue par le président de la République. Très majoritairement, ils avaient compris que les seuls objectifs du passage aux points étaient d’accélérer les baisses de pensions, de faire disparaître les spécificités professionnelles et les acquis sociaux, rendant la retraite de plus en plus lointaine.

La CGT agit  avec eux depuis des années pour la défense et l’amélioration du système de retraite par répartition et par annuité solidaire.

Ce dernier a démontré, malgré les attaques qu’il subit depuis 1993, sa solidité et sa fiabilité sur le long terme.

La CGT a porté, dans le débat public, de nombreuses propositions en ce sens, accompagnant celles-ci de mesures de financement crédibles visant à consolider et pérenniser notre  protection sociale.
Propositions qu’elle va remettre au centre du débat public immédiatement.
Ces mesures doit être assises sur la production des richesses des travailleurs et travailleuses et constituent un véritable choix de société. 

Elles permettraient notamment de rétablir le droit au départ dès 60 ans et de généraliser de nouveaux droits à tous les salariés, notamment par des dispositifs de départ anticipé pour celles et ceux qui ont des métiers pénibles.

Pour la CGT, les annonces gouvernementales démontrent, une nouvelle fois, le peu de cas qui est fait des exigences des citoyens majoritairement opposés au projet de régression sociale ; ce qui a été démontré par les mobilisations sociales professionnelles et interprofessionnelles massives l’an dernier.

L’urgence, en 2021, est bien de plus et mieux protéger la population et, pour cela, d’arrêter l’inflation des exonérations sociales qui affaiblissent la sécurité sociale et de refonder son financement à partir du salaire socialisé.

L’urgence est de conditionner les dispositifs d’aides aux entreprises, particulièrement celles qui continuent de verser des dividendes même en période de crise sanitaire. Il est indiscutable que les mesures tels le crédit impôt recherche ou la transformation du CICE en allégements de cotisations sont mises à l’index pour leur inefficacité.

Le président de la République entend, encore une fois, s’en prendre aux travailleurs et travailleuses de ce pays plutôt qu’à la finance et aux places boursières.

La CGT avec le monde du travail ne le laissera pas faire et prépare la mobilisation nécessaire pour s’opposer à de nouveaux mauvais coups et porter l’exigence d’un système de retraite solidaire par répartition avec de nouveaux droits.

 

Voir les commentaires

La retraite à 64 ans, une mesure inutile, injuste et impopulaire

5 Juillet 2021, 07:44am

Publié par PCF Villepinte

Lundi 5 Juillet 2021

L'Humanité Cyprien Boganda

Emmanuel Macron n’aurait pas renoncé à allonger la durée de la vie professionnelle, malgré l’absence de justification économique. 

EXPLICATIONS

À ce niveau-là, ce n’est plus de l’ardeur mais de l’acharnement. Malgré l’opposition des syndicats et de l’opinion publique; malgré la crise sociale qui menace toujours; malgré les réticences de plusieurs députés de la majorité, la réforme des retraites pourrait faire son grand retour avant la présidentielle. C’est ce qu’affirment certains médias, à la suite des Échos du 28 juin.

DOSSIER Tous nos articles sur la réforme des retraites

Difficile de savoir s’il s’agit d’un énième ballon d’essai ou d’une intention ferme et définitive, mais Emmanuel Macron, qui doit recevoir les syndicats et le patronat ce mardi, hésiterait entre plusieurs scénarios. Première option, un recul de l’âge légal de départ, de 62 ans aujourd’hui à 64 ans. Seraient concernées la génération née en 1961 (qui partirait à 62 ans et demi), puis celles de 1962 (63 ans), 1963 (63 ans et demi) et, enfin, celle de 1964 (64 ans). Gain financier espéré: 14 milliards deuros dès 2026.

Autre option, l’accélération du calendrier de la réforme Touraine de 2014, qui porte progressivement la durée de cotisation pour une retraite à taux plein de 41 annuités et trois trimestres aujourd’hui à 43 annuités en 2032.

Dans tous les cas, c’est bien un allongement de la durée du travail qui serait programmé.

1. Une réforme inutile

Depuis des années, la justification d’un tel recul tient en une phrase: «il faut sauver un régime au bord de limplosion.» Problème: largument ne tient pas la route et c’est le Conseil d’orientation des retraites (COR) lui-même qui le dit, dans son rapport annuel de juin: «Malgré le contexte de la crise sanitaire et le vieillissement progressif de la population, les évolutions de la part des dépenses de retraite dans le PIB resteraient sur une trajectoire maîtrisée à l’horizon 2070.» En effet, le vieillissement de la population serait compensé par la baisse programmée du niveau des pensions rapportée aux revenus d’activité: en clair, ces dernières augmenteraient moins vite que les salaires, du fait des réformes précédentes (indexation des pensions sur les prix et non plus sur les salaires à partir de 1987, hausse de la CSG, etc.).

Résultat logique, le poids économique des retraites dans le PIB diminuerait, passant de 14,7% lan dernier à 13,7% environ dici à 2030, et jusqu’à 11,3% seulement en 2070 (fourchette basse de lestimation) ou 13% (fourchette haute). Autrement dit, même si le déficit du régime sest creusé sous le choc de la crise actuelle, ce trou d’air n’est que temporaire.

2. Une réforme injuste

L’allongement de la durée d’activité entraîne toujours des effets pervers. Il renforce tout d’abord les inégalités liées à l’espérance de vie: les ouvriers vivant en moyenne six ans de moins que les cadres (l’écart est de trois ans chez les femmes), ils profiteront moins de leur retraite.

Par ailleurs, lorsqu’on allonge la durée d’activité, on prend le risque d’augmenter la précarité des seniors, met en garde l’économiste Michaël Zemmour: «Il semble que le gouvernement veuille reculer l’âge légal à un rythme très brutal: six mois de plus par an, cest inédit à ma connaissance. Or, quand on déplace l’âge légal, cela a pour effet daccroître la précarité des personnes âgées. En effet, la moitié des personnes qui prennent leur retraite ne sont plus dans lemploi à ce moment-là, soit parce qu’elles ont perdu leur poste, soit pour des raisons de santé. Elles peuvent alors se retrouver au chômage, au RSA ou en situation d’inactivité, etc.»

La réforme Fillon de 2010 (augmentation de deux ans de l’âge d’ouverture des droits, à raison de quatre puis cinq mois par an entre les générations 1951 et 1955) s’est bien traduite par une augmentation du chômage des seniors. Selon l’Insee, la probabilité de se retrouver sans emploi à 60 ans s’est accrue de 7 points pour les hommes (à 0,11%) et de 6 points pour les femmes (à 0,10%) à lissue de la réforme.

«Le gouvernement veut concentrer ses économies sur les personnes qui se retrouvent aujourdhui aux portes de la retraite, souligne Michaël Zemmour. Ce sont des personnes qui, pour certaines, sont à deux ans du départ et qui seraient condamnées à patienter six mois de plus, alors même qu’elles ont déjà des projets.»

3. Une réforme impopulaire

Pour l’exécutif, la bataille de l’opinion est (très) loin d’être gagnée: 66% des Français se disent toujours opposés à un recul de l’âge de départ à la retraite, dont 72% des 50-64 ans, selon un récent sondage BVA pour Orange et RTL. Quant à lensemble des syndicats, ils continuent de tirer à boulets rouges sur une réforme dici à la fin du quinquennat. «Ce serait une erreur de la part du président de la République, estimait Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, début juin, sur RMC. Il y a d’autres problématiques plus urgentes, les questions d’emploi, de salaire, la question de la jeunesse.» Avant de conclure: «Reculer l’âge de la retraite, cotiser plus de trimestres le résultat est le même, ils veulent nous faire travailler plus longtemps. Donc, il faut rester mobilisés.»

Même son de cloche du côté des autres organisations syndicales. «Nous ne resterons pas larme au pied, prévient Michel Beaugas, secrétaire confédéral de FO. Si le gouvernement décide de persister, nous appellerons à la manifestation sans hésiter.»

 

Voir les commentaires

Retraites – Pour une réforme digne des « jours heureux »

18 Juin 2021, 06:15am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 16/06/2021 par PCF

Le 10 juin dernier, lors d’une conférence de presse sur la question des retraites, Fabien Roussel a proposé de rétablir l’âge de départ à 60 ans ; cette proposition de réforme est possible, a-t-il montré, en taxant les revenus financiers et en s’attaquant au problème du chômage.

Quelques premières remarques sur cet enjeu qui va occuper une large place dans le débat de la campagne de la présidentielle. Nous reviendrons sur la question du financement de cette réforme.

Le gouvernement rejoue la petite musique, ou plutôt la fanfare désormais, d’une réforme absolument indispensable et qui n’aurait d’autre issue que d’augmenter l’âge de départ à la retraite des Français, et donc, très concrètement, faire travailler plus longtemps.

L’approche du gouvernement est exclusivement budgétaire et financière : le système de retraite est déficitaire, d’environ 18 milliards d’euros par an, et ne serait pas à l’équilibre avant le milieu des années 2030. On se souvient notamment d’une étude de l’Institut Montaigne, à l’hiver 2020, qui glosait sur le caractère structurellement déficitaire et dangereux du système actuel de retraites, repris par les toutes les figures du gouvernement et de LREM.

1. L’impératif budgétaire est à nuancer

Il y a un véritable matraquage politique et patronal sur le déséquilibre de notre système de retraites. Or, dès 2020, le Conseil d’Orientation des Retraites (COR) nuançait : le système de retraites n’est pas menacé, et le déficit serait de l’ordre de 0,3 % du PIB maximum à l’horizon 2025. C’est un niveau qui n’a rien d’alarmant.

Les dernières études du COR vont plus loin : Les dépenses de retraites ont été revues à la baisse. Les pensions représentaient 14 % du PIB avant la crise, les études indiquent qu’elles sont aujourd’hui autour de 13,7 %. La nuance (- 0,3) est importante, d’autant que les trajectoires indiquent que la part des retraites dans le PIB continuera de baisser dans les années à venir.

Trois facteurs font diminuer la dépense, et donc le déficit :

La surmortalité liée au Covid : 2020 a connu un pic de décès (+9 %), diminuant mécaniquement le nombre de pensions versées. Cela a un impact direct sur l’espérance de vie : l’espérance de vie à 60 ans a baissé en 2020, de 8 mois pour les hommes, de 6 mois pour les femmes.

L’espérance de vie à moyen terme, au-delà même des effets du Covid : le scénario a été revu par l’INSEE au regard des évolutions démographiques depuis 2014. L’augmentation de l’espérance de vie est moindre que prévue.

Les perspectives de croissance du PIB ont été revues à la hausse pour 2022 (+4 %), 2023 (+2,3 %) et 2024 (+1,6 %).

2. Repousser l’âge de la retraite est un crime social

Contrairement à un argument rabâché partout : on ne vit pas plus longtemps en bonne santé. L’âge de 64 ans est particulièrement pervers : il est au-delà de l’espérance de vie en bonne santé pour les hommes (62 ans ; pour les femmes c’est 64 ans).

Et les inégalités sociales sont immenses : il y a 10 ans d’écart d’espérance de vie en bonne santé entre un ouvrier (59 ans) et un cadre (69 ans). Quel est le message du gouvernement vis-à-vis des ouvriers ? Vous ne toucherez pas votre retraite, et vous mourrez au boulot.

Certains se voudraient optimistes. Les faits sont pourtant inquiétants en matière d’espérance de vie : en 2015, pour la première fois depuis 40 ans, l’espérance de vie en bonne santé a baissé. Sur les quinze dernières années, elle stagne. L’argument de dire « on vit plus longtemps donc on travaille plus longtemps » est profondément malhonnête. La crise du Covid a encore dégradé les chiffres de l’espérance de vie : il semble encore moins opportun de s’attaquer à ce sujet.

Tout n’est pas parfait dans notre système de retraites, mais le modèle par répartition a une vertu, qui n’a certes aucune valeur chez Macron et les financiers qui l’entourent, mais qui est importante : nous avons en France le taux de pauvreté parmi les retraités le plus faible d’Europe.

On compte ainsi 8 % de retraités pauvres en France : c’est déjà trop, assurément. Un point de comparaison : en Suède, qui applique un système de retraites par points, il est plus de deux fois supérieur (16 %). Et il n’a fait qu’augmenter depuis 2001 et l’instauration du régime par points.

3. Reporter l’âge de la retraite ou augmenter la durée du chômage ?

Enfin, il faut rappeler la réalité de ce qu’est le monde du travail pour les personnes concernées : le chômage généralisé pour les seniors.

Le chômage des seniors explose dans notre pays : en 10 ans, c’est + 180 %. Au-dessus de 50 ans, on compte un million de chômeurs.

Plus inquiétant encore : seulement 32 % des actifs de plus de 60 ans ont un emploi, c’est nettement moins que la moyenne européenne (46 %). La France est à la remorque en Europe, avec la Grèce ou la Roumanie.

Ce n’est pas l’âge de départ en retraite que l’on repousse, c’est la durée du chômage qu’on augmente.

 

Voir les commentaires

Retraites. Fabien Roussel propose une réforme « juste »

11 Juin 2021, 21:30pm

Publié par PCF Villepinte

Vendredi 11 Juin 2021

L'Humanité Diego Chauvet

Le secrétaire national du PCF estime que rétablir l’âge de départ à 60 ans est possible en taxant les revenus financiers et en s’attaquant au problème du chômage.

Le secrétaire national du PCF et candidat à l’élection présidentielle, Fabien Roussel, propose aux Français une réforme des retraites digne des «jours heureux». En conférence de presse jeudi 10 juin, le dirigeant communiste a proposé un projet dont la philosophie est à l’exact opposé de celui d’Emmanuel Macron. «À peine sortons-nous de la pandémie que certains disent quils devront prendre des mesures impopulaires. Moi je veux prendre des mesures populaires. Ça fait quarante ans quil ny en a pas eu. Et lun delles, c’est le droit pour chacun de pouvoir partir en retraite à 60 ans», a expliqué le député du Nord.

Il y a une semaine, le président de la République avait replacé la question de la réforme des retraites, suspendue depuis le début de la pandémie, dans le débat public. S’il a déclaré qu’elle ne pouvait être «reprise en l’état», il a néanmoins donné mission aux membres de sa majorité de faire passer des messages et tester les réactions. Entre autres, il serait question d’un recul de l’âge de départ en retraite. Travailler plus longtemps donc, pour cotiser plus longtemps. Les arguments du pouvoir sont, comme d’habitude, comptables: selon le Conseil dorientation des retraites, le déficit du système par répartition s’élève à 13 milliards deuros en 2020 et 10 milliards en 2021.

Des mesures chiffrées pour une véritable conquête sociale

Le secrétaire national du PCF estime qu’il faut le financer davantage, mais ne pas chercher des économies en prolongeant les années de travail des salariés. «Lespérance de vie en bonne santé pour un ouvrier, a-t-il rappelé le 10 juin, c’est 59 ans. Pour un cadre, elle est de 69 ans. Dix années d’écart, c’est beaucoup.» Fabien Roussel a également considéré que rallonger l’âge de départ et les années de cotisation revient à condamner les salariés à travailler jusqu’au seuil de leur vie. «À lopposé dune réforme dure, je propose des mesures populaires, a-t-il martelé: le droit de partir à 60 ans, avec une bonne pension, après 37,5 années de cotisations, avec un taux de remplacement de 75 %, basé sur le salaire des six derniers mois dans le public et des dix dernières années dans le privé.»

Cette réforme aura évidemment un coût, et le candidat communiste à la présidentielle a expliqué comment il compte la financer. «Les revenus financiers en France se sont élevés à 330 milliards d’euros l’an dernier. Je propose d’instaurer une cotisation de 10,4 % sur ces revenus, qui permettrait de rapporter 30 à 40 milliards d’euros supplémentaires dans nos caisses de retraite.» Fabien Roussel a également souligné le rôle du chômage dans le déficit du système de retraites: «Avec un million demplois supplémentaires, ce sont 7 milliards deuros de cotisations supplémentaires qui rentrent.» Enfin, avec l’égalité salariale entre hommes et femmes, il serait possible de récupérer encore 5,5 milliards de cotisations. En outre, rétablir la retraite à 60 ans après 37,5 années de cotisations permettrait selon lui de «laisser la place aux jeunes», qui, au lieu de rester au chômage, trouveraient du travail et cotiseraient eux aussi.

S’il inscrit cette proposition de réforme dans le sillage de sa campagne sur les «jours heureux», le député entend démontrer quil ne sagit pas que dun slogan, et que cette nouvelle conquête sociale peut être financée. Le contexte particulier dans lequel il a formulé cette proposition de réforme des retraites, deux jours après la publication d’une violente vidéo de l’extrême droite et l’agression contre le président de la République, a aussi été souligné. «Des jours violents je n’en veux pas, des jours heureux, oui, a insisté Fabien Roussel.  Je souhaite que la présidentielle ne se déroule pas dans un tel climat, et que chaque candidat puisse venir débattre de son programme.»

 

Voir les commentaires

Retraites. Malgré un déficit revu à la baisse, la réforme menace de nouveau

9 Juin 2021, 06:19am

Publié par PCF Villepinte

Manifestation contre la réforme des retraites le 9 janvier 2020 à Paris. Nicolas Cleuet/Hans Lucas

L'Humanité Mercredi 9 Juin 2021

Marion d'Allard

Le Conseil d’orientation des retraites établit à 13 milliards d’euros pour 2020 le déficit, lié à la crise, du système de retraites. L’occasion pour le gouvernement de réactualiser sa réforme, malgré l’opposition des syndicats.

Le Conseil d’orientation des retraites (COR) a donc à nouveau raturé sa copie. Alors que ses propres projections tablaient sur un déficit de près de 30 milliards d’euros – rabaissé ensuite à 25,4 milliards –, pour l’année 2020, le «trou» creusé par la crise sanitaire dans les caisses de retraite s’établit in fine à 13 milliards d’euros. Dans son rapport, le COR évalue par ailleurs les «besoins de financements» du système entre 7 et 10 milliards deuros par an (0,3 à 0,4 % du PIB), dès 2021, avec un retour à l’équilibre prévu, «dans le meilleur des cas», à horizon 2030.

Cette rectification drastique de ces prévisions, le COR l’attribue en partie à une «contraction moins forte que prévu» de l’économie française. Mais elle est surtout le signe que «nous avons vécu et nous vivons toujours une période de très grande incertitude dont il faut absolument se garder de tirer des conclusions qui seraient forcément hâtives», met en garde Michaël Zemmour. Pour l’économiste, spécialiste de la protection sociale, il n’est d’ailleurs nullement besoin de combler ce déficit immédiat. Car «la seule question qui concerne lavenir des retraites, cest l’équilibre entre les dépenses et les recettes à moyen et long terme. Une donnée pour linstant impossible à évaluer car il faudrait savoir dans quel état se trouvera l’économie française en 2025», poursuit le spécialiste. D’ailleurs, «le déficit projeté par le COR est très conventionnel. Il ny a pas une seule caisse de retraite en déséquilibre et le déficit calculé dépend en réalité de la volonté – ou pas – de l’État de mettre de l’argent dans le système», rappelle Michaël Zemmour.

Un problème majeur d’équité entre générations

Pourtant, c’est bien la petite musique d’un retour de la réforme des retraites qui se joue en haut lieu, justifié, entre autres, par le creusement du déficit. Et si Emmanuel Macron a enterré l’idée de remettre sur la table son projet «en l’état» et a abandonné la mise en place d’un système de retraites par points, Bruno Le Maire a bel et bien fait du dossier des retraites sa «priorité». Olivier Véran, quant à lui, a déclaré qu’une réforme demeurait une «nécessité absolue». Sans compter la dimension systémique de la réforme, suspendue en mars 2020 au début de la crise sanitaire et à l’issue d’un mouvement social historique, reste donc les mesures paramétriques: recul de l’âge légal de départ et allongement de la durée de cotisation en tête. Des mesures sur lesquelles le gouvernement se pencherait sérieusement. « La première mauvaise idée serait de décider maintenant alors qu’on ne sait rien de la situation d’après-crise», insiste Michaël Zemmour. Pour le reste, poursuit l’économiste, «  on est sans doute, conjoncturellement, au pire moment pour reculer l’âge légal de départ. Car, en décalant l’âge de la retraite, on augmente à court terme le taux de chômage en maintenant plus de gens sur le marché du travail. C’est ce qu’affirment les anciens rapports du COR et, même, les prévisions de Bercy». Quant à l’allongement de la durée de cotisation, l’économiste y voit un problème majeur d’équité entre générations. Car si «pour les réformes précédentes le discours consistait à faire valoir laugmentation de l’espérance de vie pour justifier l’allongement de la vie professionnelle, on a mangé tous les gains d’espérance de vie», affirme l’économiste. Ce qui signifie que «si, aujourdhui, on décale l’âge de départ ou la durée de cotisation, on va réduire le temps de retraite».

Quel que soit le scénario qu’il retiendra, Emmanuel Macron – qui a affirmé devoir prendre des décisions «difficiles» sur ce dossier explosif – trouvera les syndicats en travers de sa route. Y compris la CFDT, qui soutenait le principe d’un système par points, mais qui a fait d’une réforme uniquement paramétrique sa ligne rouge. Le 12 octobre 2020, l’ensemble des organisations avaient d’ailleurs signé un courrier unitaire à l’adresse du chef de l’État, lui enjoignant de «ne pas remettre à l’ordre du jour le sujet des retraites». Reste à voir de quel côté va pencher l’exécutif. La conférence sociale, qui doit s’ouvrir en juillet, sera probablement l’occasion d’annonces gouvernementales.

 

Voir les commentaires

UTILE ?

7 Juin 2021, 12:25pm

Publié par PCF Villepinte

Lundi 7 Juin 2021

L'Humanité Cyprien Caddeo

Depuis le Lot, Emmanuel Macron a assuré vouloir reprendre le train intensif des réformes avant la fin de son mandat. Parmi elles, les retraites.

Emmanuel Macron est passé maître dans l’art d’annoncer les annonces, et son «tour de France» estival n’échappe pas à la règle. Le président de la République s’est encore livré à cet exercice, lors d’un déplacement à Martel, dans le Lot, le 4 juin. À la presse, il a promis que la dernière année de son quinquennat sera  «une année utile», durant laquelle il aura «des décisions difficiles» à prendre et où il ne sera pas question de «lever le crayon»: «Je ne peux pas gérer l’été en pente douce.» Comprendre: le chef de l’État réenfile son costume de grand réfor­mateur et «modernisateur» de la France, sur la base duquel il a été élu en 2017.

Les retraites : «la mère de toutes les réformes»

Et parmi les projets présidentiels, demeure toujours «la mère de toutes les réformes», selon les propres mots du chef de l’État: les retraites. Si rien de concret na été avancé, le chef de l’État a cependant rouvert la porte à une nouvelle loi sur la question, dans une formule revisitée. «Je ne pense pas que la réforme qui était initialement envisagée puisse être reprise en l’état», a-t-il précisé. «Elle était très ambitieuse, extrêmement complexe et, du coup, porteuse d’inquiétude», a-t-il poursuivi, renvoyant donc les manifestations d’opposants à la réforme, qui ont parfois réuni jusqu’à 1,8 million de personnes (selon la CGT) dans tout le pays, à un simple problème d’affect et de pédagogie.

Faut-il comprendre que le système à points est enterré? Quon sachemine vers un projet plus classique (et moins «complexe») de recul de l’âge légal de départ à la retraite? Que les petites pensions seront revalorisées en contrepartie, comme le suggérait récemment un rapport parlementaire? «Rien nest exclu», se contente pour l’instant de répondre le chef de l’État.

De fait, reprendre le texte là où il avait stoppé son chemin législatif, en mars 2020, du fait de l’irruption du Covid-19, n’a pas grand sens. Passé en force à l’Assemblée nationale par un recours à l’article 49-3, le projet de loi n’avait jamais eu le temps d’être examiné au Sénat. Quant à la conférence de financement qui devait réfléchir à une alternative au controversé «âge pivot», elle est de toute façon caduque. Elle devait se terminer fin avril 2020, mais avait été interrompue en cours de travaux par le confinement.

Pour autant, et malgré le risque de redé­clencher un vaste mouvement social en parallèle de la campagne présidentielle, le président ne renonce pas au sujet explosif des retraites. Certains dans son camp poussent plus que d’autres à ce qu’une réforme soit mise en œuvre. Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, juge la réforme des retraites toujours «prioritaire», tandis que François Bayrou, haut commissaire au plan et président du Modem, l’estime «inéluctable»

À cela s’ajoute le noyau dur de l’électorat macroniste, qui souhaite la réforme. En remettant le sujet sur la table, tout en faisant mine de ne rien avoir décidé, Emmanuel Macron est de toute façon déjà en campagne pour sa réélection, tout en assurant qu’il «est trop tôt» pour se prononcer officiellement sur sa candidature. Le président mise – sans doute un peu vite d’ailleurs, compte tenu des incertitudes persistantes sur les variants – sur une amélioration continue de la situation sanitaire, pour remettre en œuvre un agenda accéléré de réformes.

Un rapport sur le futur économique de la France, copiloté par Olivier Blanchard et Jean Tirole, devrait d’ailleurs alimenter cet agenda, avec en ligne de mire la relance et l’endettement.

Stratégiquement, Emmanuel Macron a tout intérêt à caler quelques réformes avant l’échéance de son bail élyséen. L’immobilisme et le conservatisme sont incompatibles avec ce que veut vendre la Macronie à ses électeurs.

Après une année dédiée à la fois à la gestion de crise pandémique et à un méchant coup de barre à droite sur le sécu­ritaire (lois sur les «séparatismes» et la «sécurité globale»), le président de la République doit donner à nouveau la sensation de se mettre en mouvement. Après tout, cest avec cette promesse d’être perpétuellement «En marche» quil a été en partie élu.

réforme des retraites

 

Voir les commentaires

RETRAITES

30 Janvier 2021, 13:50pm

Publié par PCF Villepinte

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 > >>