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crise

CGT Vaccination: Convaincre et donner les moyens plutôt que de contraindre

13 Juillet 2021, 06:32am

Publié par PCF Villepinte

Alors que le variant Delta se propage rapidement en France faisant craindre une 4ème vague, le gouvernement lance le débat sur l’obligation de vacciner les soignants. Pour la CGT, il ne fait aucun doute que la vaccination du plus grand nombre est essentielle pour sortir de cette pandémie. Elle estime, cependant, qu’il est primordial de convaincre les soignants plutôt que de les contraindre au risque de stigmatiser une profession pourtant déjà bien éprouvée.

Difficile de convaincre pour un gouvernement dont la stratégie tout au long de cette crise est apparue comme un perpétuel cafouillage... Cachant mal qu’il est plus soucieux de maintenir « quoi qu’il nous en coûte » ses choix économiques et sociaux. Pas étonnant alors que la crise de confiance qui le frappe soit plus forte parmi le personnel soignant.

Alors que l’hôpital public et son personnel étaient érigés en exemple pour leur rôle essentiel, l’austérité budgétaire continue de s’appliquer méthodiquement avec son cortège de fermetures de lits, de structures et pour le personnel une intensification du travail, rappels sur leurs jours de congés, affectations faites parfois du jour au lendemain…

Difficile dans ces conditions de donner un sens à cette vaccination quand les autres pans de la politique sanitaire sont abandonnés. En effet, comment par exemple respecter les protocoles, les gestes barrières dans l’urgence permanente et sans nouveaux personnels ?

Le gouvernement pointe du doigt les personnels soignants, mais le problème est plus général... Le manque de confiance dans les institutions touche l’ensemble de la population.

A la CGT, nous pensons que l’un des éléments qui entretient cette défiance est le manque de transparence dans les rapports entretenus entre le secteur pharmaceutique et les acteurs de la santé publique.

Pour la CGT, une bonne façon de clarifier cette relation serait la « levée des brevets sur les vaccins contre le Covid-19 » et de mettre en place un pôle public de santé.

Pour la CGT, la priorité pour redonner confiance aux soignants c’est de sortir d’une autre crise, celle que traverse notre système de santé, en lui redonnant les moyens de fonctionner tant du côté de la politique vaccinale que du côté de la politique d’embauche.

  

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Il y a urgence ! Le billet du Dr Christophe Prudhomme. Abstention

22 Juin 2021, 16:09pm

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité

Mardi 22 Juin 2021

Christophe Prudhomme

Christophe Prudhomme est médecin au Samu 93. Il publie, chaque semaine, une chronique dans nos colonnes.

En médecine, l’abstention thérapeutique est la cessation ou la non-initiation d’un traitement dans trois situations: lorsque celui-ci est refusé par un patient; quil nest pas dans lintérêt du patient, ou quil correspond pour le patient à un fardeau disproportionné par rapport au but visé. Le décès du patient peut être une conséquence de ce choix; cependant, contrairement à leuthanasie, le décès n’est pas l’objectif poursuivi.

Au regard de l’abstention massive qui a caractérisé les dernières élections régionales et départementales, il est intéressant de rechercher les analogies entre ces deux situations.

Lire aussi : Premier tour des régionales et des départementales : un rendez-vous manqué avec la démocratie

Lorsque le patient refuse un traitement, il faut un choix délibéré en ayant analysé sa situation et pesé le pour et le contre de l’action. En ce qui concerne le domaine politique, il en va de même dans la grande majorité des cas: ne pas se déplacer pour aller voter résulte bien dun choix réfléchi, même de manière inconsciente, car le citoyen ne voit pas quel bénéfice pourrait lui apporter son geste.

La question de l’intérêt peut être abordée dans les deux acceptions du terme. Dans le sens de la curiosité ou de l’attrait, nous ne pouvons que faire le constat que le débat politique actuel intéresse peu et que la confiance dans les femmes et les hommes politiques est aujourd’hui au plus bas. Quand il s’agit de l’intérêt qui constitue un avantage, qui apporte quelque chose, là aussi, l’électeur ne voit pas quel bénéfice il peut tirer de son acte, alors il s’en abstient.

Lire aussi : Élections. Céline Braconnier : « Nous basculons dans une démocratie de l’abstention »

Le troisième terme est encore plus intéressant. Il s’agit de la disproportion entre l’investissement que nécessite l’action d’exercer son droit de vote et l’objectif visé qui est que cela change quelque chose au quotidien du citoyen et réponde à ses souhaits et aspirations. Car il ne s’agit pas simplement de mettre un bulletin dans l’urne, mais bien de suivre et de s’intéresser à la vie de la cité et à ceux qui l’organisent, ce qui signifie du temps et un engagement.

Le plus important semble, enfin, la conséquence de ce choix. La question qui se pose aujourd’hui est de savoir s’il n’est pas le chemin qui mène à la mort de notre démocratie parlementaire façon Ve République.

Retrouvez son précédent billet, « Confinement ? », et l’ensemble de ses chroniques.

 

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Exploités et oubliés

9 Juin 2021, 06:10am

Publié par PCF Villepinte

Les travailleurs de «deuxième ligne» attendent toujours la concrétisation de la promesse faite dès le printemps 2020 par l’exécutif. 

Longtemps, ils furent les «invisibles» de la crise pandémique. Les voilà déjà les «oubliés» de l’après… On les appelle les «deuxièmes lignes», ces salariés précaires, mal payés et sans perspective de carrière. Qu’ils soient agents d’entretien, caissiers, magasiniers, aides à domicile, boulangers, maraîchers, ouvriers de l’agroalimentaire ou du bâtiment…, ils n’espèrent rien du «système» qui les broie, les exploite et les maintient ad vitam aeternam dans leur condition de fragilité – au travail comme dans la vie. Particulièrement ­exposés au risque de contamination par le Covid, à cause duquel ils ont payé un lourd tribut, ces 4,6 millions d’employés ont continué à travailler lors des différents confinements. Pour le bien de tous…

Si les soignants, en «première ligne», ont bénéficié d’un train de mesures – très insuffisantes – dans le cadre du Ségur de la santé l’été dernier, ces travailleurs de «deuxième ligne» attendent toujours la concrétisation de la promesse faite dès le printemps 2020 par l’exécutif. Il était question de «prendre mieux en compte» leurs revendications. Et depuis? Rien. Une étude du ministère du Travail a récemment dressé le portrait de ces sacrifiés – singulièrement les femmes. Les salariés des 17 métiers dits de la «deuxième ligne» identifiés ont tous en commun des conditions d’emploi «nettement moins favorables que celles de la moyenne des salariés du privé». Chiffres éloquents: leurs rémunérations sont ainsi inférieures à celles de l’ensemble des salariés d’environ 30%, tirées vers le bas par la trappe aux bas salaires, inférieurs à 1.246 euros net, ce que perçoivent 20% d'entre eux… terrifiante réalité.

Non seulement ces exploités des temps modernes sont exclus par le patronat et le gouvernement de toute possibilité de négociations concernant d’éventuelles revalorisations salariales, mais ils restent soumis aux temps partiels, aux conditions de labeur infernales et aux horaires atypiques qui détruisent les existences familiales. La lutte victorieuse des femmes de chambre de l’hôtel Ibis Batignolles, après vingt-deux mois de mobilisation, devrait nous inciter à une réflexion ­collective, en tant qu’exemple d’action. Et, plus globalement, à la structuration d’une riposte populaire de grande ampleur. 

[EDITORIAL publié dans l'Humanité du 2 juin 2021.]

Publié par Jean-Emmanuel Ducoin

 

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Il y a urgence ! Le billet du Dr Christophe Prudhomme. Recalé.e.s

9 Juin 2021, 06:06am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité Mardi 8 Juin 2021

Christophe Prudhomme

Christophe Prudhomme est médecin au Samu 93. Il publie, chaque semaine, une chronique dans nos colonnes.

Alors que nous manquons cruellement d’infirmier.e.s dans les hôpitaux, et plus particulièrement à l’AP-HP, plusieurs dizaines de salarié.e.s, en grande majorité des aides-soignant.e.s qui ont réussi l’épreuve de sélection, avec des notes allant de 13 à 20 pour poursuivre des études d’infirmier.e, sont recalé.e.s au motif de crédits insuffisants. Ce mécanisme, appelé promotion professionnelle, est un atout majeur pour les hôpitaux publics puisqu’il s’agit de former du personnel déjà en exercice qui pourra être affecté dès la fin de la formation sur les postes vacants.

Que des raisons financières soient évoquées par le directeur général de l’AP-HP, Martin Hirsch, est proprement scandaleux, car lui-même s’est répandu sur les ondes depuis plus d’un an pour expliquer qu’il aimerait bien ouvrir des lits supplémentaires pour prendre en charge les malades atteints du Covid-19, mais que c’était impossible, faute de personnels disponibles. Quel Ponce Pilate!

Aujourd’hui, alors qu’il est justement possible de former ces professionnel.le.s, il ne s’en donne pas les moyens et explique aux personnes concernées qu’elles doivent se payer elles-mêmes leurs études, si elles souhaitent les poursuivre. Mais comment imaginer qu’un.e aide-soignant.e qui gagne 1500 euros par mois va pouvoir vivre en arrêtant son travail et en payant ses études pendant trois ans?

La CGT, avec les agent.e.s concerné.e.s, se bat pour obtenir ce financement. Mais, au-delà de cette affaire qui montre bien la duplicité du gouvernement et de ses relais à la tête des hôpitaux, il est urgent de former massivement des professionnels de santé, en leur donnant les moyens de suivre leurs études dans les meilleures conditions.

Nous proposons ainsi de généraliser les contrats de formation qui permettent de payer les étudiant.e.s au Smic pendant leurs études, contre un engagement à servir un certain nombre d’années dans un établissement désigné où des emplois sont disponibles.

Retrouvez son précédent billet, « Enfants », et l’ensemble de ses chroniques.

 

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Vaccins : quand l’UE arrêtera-t-elle de se soumettre aux lobbies pharmaceutiques ?

7 Juin 2021, 12:23pm

Publié par PCF Villepinte

La Commission Européenne a annoncé aujourd'ui qu’elle ne soutiendrait pas la proposition de plus de 100 pays dont les États-Unis, qui demandent la levée des brevets sur les vaccins contre le Covid 19. La raison officielle ? « La Commission (...) n’est pas convaincue que cela constituerait dans l’immédiat la meilleure réponse pour atteindre l’objectif d’une distribution large et en temps voulu des vaccins dont le monde a un besoin urgent ».

Il y a urgence, c’est un fait. En bloquant envers et contre tout cette proposition portée de façon majoritaire depuis des mois au sein de l’OMC, la Commission Européenne ne fait que se soumettre une fois de plus aux desideratas des entreprises pharmaceutiques. Le 31 mai dernier, un rapport de Corporate Europe dévoilait que les géants pharmaceutiques dépensent chaque année au moins 36 millions d’euros dans le lobbying au sein de l’Union Européenne pour imposer leur vision en matière de politique sanitaire. Force est de constater qu’ils ont réussi et que l’UE est aujourd’hui leur serviteur le plus zélé !

Cette attitude est d’autant plus criminelle lorsque que l’on sait que les pays les plus pauvres ont reçu jusqu'à présent moins de 1% de doses administrées ! Cette pandémie a déjà fait 3,5 millions de morts au niveau planétaire. Combien en faudra-t-il encore avant de faire passer les vies humaines avant le profit ?

La levée des brevets est un préalable pour opérer à un transfert technologique massif et mutualiser la production afin que chaque pays dispose de doses nécessaires à la vaccination de sa population. A l’inverse, l'UE propose uniquement de faire de la charité en offrant au compte-goutte les doses.

C’est tout le contraire qu’il faut faire. Le PCF demande pour cela de sortir les vaccins et médicaments des griffes des entreprises pharmaceutiques et de les mettre sous maitrise publique. L’argent public qui a été investi dans la recherche et l’achat de vaccins (à des prix d’ailleurs de plus en plus exorbitants), doit aujourd’hui servir à avoir la maîtrise de la production et de la distribution de vaccins à l’échelle européenne et mondiale.

C’est dans ce sens que nous proposons une nouvelle coopération de type « airbus », sous contrôle public, entre les états européens. Au-delà, c’est toute l’industrie pharmaceutique qu’il faut mettre au pas en créant un pôle public du médicament. C’est la lutte que nous menons en Europe, à travers la campagne "Pas de Profit sur la Pandémie".

 C’est la bataille que nous continuerons à mener dans les prochains mois afin de reprendre notre souveraineté face aux Big pharmas. Face à une pandémie mondiale, nous ne nous en sortirons que par une réponse globale !

Ni nationalisme vaccinal, ni soumission aux multinationales, l’accès aux soins et aux médicaments doit être un droit universel et non pas une source de profit pour les actionnaires !


Parti communiste français,

 

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Vaccins. Sans débat, sur les brevets, Bruxelles s’enferre

7 Juin 2021, 12:17pm

Publié par PCF Villepinte

Lundi 7 Juin 2021

L'Humanité Thomas Lemahieu

À la veille d’une réunion cruciale à l’OMC, l’Union européenne dévoile une feuille de route qui écarte la suspension des règles de propriété intellectuelle. Le tout sans en avoir jamais discuté en toute transparence…

Les pions tombent les uns après les autres. Encore quelques jours, et l’Union européenne risque de finir seule dans le camp des adversaires de toute levée des brevets pharmaceutiques durant la pandémie de Covid-19… Jusqu’ici, après que l’Inde et l’Afrique du Sud ont, à l’automne dernier, formulé cette demande à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et que les deux promoteurs ont rapidement été rejoints par des dizaines de pays du Sud soucieux d’écarter le danger d’un «apartheid vaccinal» planétaire, Bruxelles était restée plutôt avare de commentaires sur ses prises de position réelles dans cette instance.

Le représentant européen se contentait, comme ses homologues américain, britannique, japonais ou suisse, de louvoyer en reformulant sans cesse les mêmes interrogations, à des fins purement dilatoires. Avec la volte-face des États-Unis qui, depuis début mai, se montrent ouverts à une dérogation temporaire en matière de droits de propriété intellectuelle sur les vaccins, et la kyrielle d’autres acteurs qui exécutent la même acrobatie – derniers en date, le Brésil et la fondation Bill Gates qui, après l’avoir combattue, approuvent une levée partielle des brevets –, l’Europe est désormais contrainte de sortir du bois…

C’est une première, mais elle doit servir à enfermer le monde dans l’impasse. Tandis que Boris Johnson, l’un des derniers alliés de Bruxelles en la matière, pourrait chercher à se repositionner en bienfaiteur de l’humanité lors de la réunion du G7 dans les Cornouailles (Royaume-Uni), à la fin de cette semaine, les institutions européennes viennent, au nom des Vingt-Sept, de publier, à la veille d’une réunion du Conseil dédiée à ces questions à l’OMC les 8 et 9 juin, leur feuille de route sur les «réponses commerciales durgence face à la pandémie». Dans un communiqué séparé, la Commission se déclare explicitement «pas convaincue» que la levée des brevets «constituerait dans limmédiat la meilleure réponse pour atteindre lobjectif dune distribution large et en temps voulu des vaccins dont le monde a un besoin urgent».

Des arguments grotesques

Sans plus chanter sur tous les tons les louanges de la propriété intellectuelle comme indispensable levier pour «récompenser les innovateurs», les dirigeants européens reprennent sans vergogne un discours soufflé par les lobbyistes de Big Pharma: pour vaincre la pandémie, le cadre actuel conviendrait tout à fait.

Selon lUE, il faut, avant tout, combattre la limitation des exportations sur les vaccins et leurs composants, donner un peu plus d’argent public – après les dizaines de milliards, au total, déjà avancés depuis le printemps 2020 – pour le développement des capacités de production des grandes multinationales, organiser la charité en transférant les doses en surnombre dans les pays les plus riches vers les plus pauvres et, au pire, utiliser le mécanisme des licences obligatoires prévues dans le traité de l’OMC afin de permettre à un État de prendre les commandes en cas de situation d’urgence et d’échec des pourparlers avec les multinationales.

En clair, l’Union européenne s’accroche à des arguments démentis dans les chiffres et les faits depuis des mois. «Tout ce que raconte lEurope dans sa communication, cest vraiment du vent», condamne un diplomate africain à l’OMC. Les activistes du monde entier ne sont pas moins sévères.

 «LUnion européenne pense que ce serait mieux que Big Pharma partage volontairement ses savoir-faire, note Nick Dearden, un des animateurs du réseau britannique Global Justice. Mais nous avons déjà essayé ça et cela nous conduit à l’apartheid vaccinal que nous connaissons. Quel est le plan pour le partage? LUE nen met aucun sur la table Juste, on demande gentiment?»

D’un point de vue pratique, le projet européen ressemble donc à une énième diversion grossière, voire à un affront au reste du monde, mais, sur le plan démocratique, il a également de quoi faire scandale au sein de l’UE. Depuis quelques semaines, les voix en faveur d’une dérogation temporaire sur les brevets pour les vaccins, les traitements et toutes les technologies utiles contre le Covid-19 se multiplient.

Par exemple, le gouvernement espagnol s’est officiellement prononcé pour et la majorité du Parlement italien a voté une motion dans le même sens. Mais au sein des instances européennes, alors que, sur le sujet, Emmanuel Macron a dit tout et son contraire pour noyer le poisson (lire notre édition du 11 mai), c’est manifestement Angela Merkel qui impose ses vues: dès le revirement de ladministration Biden, la chancelière allemande s’était opposée frontalement à toute levée des brevets au nom de la «protection de linnovation».

Stratégie industrielle allemande

Pour Berlin, c’est une manière de défendre directement les monopoles des deux champions allemands BioNTech et CureVac, très bien positionnés sur le marché qu’on imagine extrêmement juteux de l’ARN messager, avec de possibles développements sur d’autres vaccins ou des traitements contre le cancer, les maladies auto-immunes, etc.

Et pour Bruxelles, répétant à l’envi que l’UE est le «premier producteur de vaccins au monde», c’est plus globalement une approche de défense de ce secteur industriel, en dépit des urgences vitales liées à la pandémie sur toute la planète.

Or, selon des révélations publiées vendredi dernier par le Corporate Europe Observatory (CEO) – en même temps que la feuille de route fixant désormais la position de l’UE à l’OMC –, la position de Bruxelles sur la levée des brevets a été décidée en coulisses par des hauts fonctionnaires européens, sans aucune transparence sur les modalités de délibération politique.

«Comme sil sagissait dune question étroitement administrative», s’étranglent les chercheurs activistes spécialisés dans la traque des conflits d’intérêts dans la capitale européenne. Le CEO s’appuie sur une note, rédigée par un officiel allemand et rendant compte d’une réunion, le 20 mai dernier, du comité de la politique commerciale, un appendice du Conseil où les États échangent leurs vues avec la Commission.

Quelques jours à peine après la dernière rencontre, le 17 mai, entre le lobby européen des industriels du médicament et le cabinet de Valdis Dombrovskis, le vice-président de l’exécutif européen chargé du commerce, et donc de l’OMC (lire notre édition du 2 juin), les échanges à Bruxelles n’ont pas été rapportés dans un quelconque communiqué ou devant la presse, mais ils se sont bel et bien tenus. «En cas de décalage entre ce que les ministres disent en public et ce quils avancent au sein du Conseil européen, le secret peut s’avérer bien utile pour camoufler des scènes désagréables», note le CEO.

Dans ce contexte, alors que ses représentants s’apprêtent à couvrir de honte l’UE à l’OMC face au reste du monde qui réclame l’égalité dans l’accès aux vaccins, le Parlement européen a une chance, cette semaine, de faire entendre un autre son de cloche. Au cours de sa session plénière, un nouveau vote sur la levée des brevets doit se tenir en bonne et due forme, mercredi.

Après deux ballons d’essai à travers des amendements présentés par le groupe de la Gauche dans deux débats différents, l’un sur le passeport vaccinal et l’autre sur la lutte contre le sida, rejeté pour le premier et approuvé de justesse pour le second, les positions politiques en Europe – celles des conservateurs allemands, mais aussi celles des macronistes ou de l’extrême droite qui ont systématiquement défendu les profits de Big Pharma et fait obstacle à la levée des brevets – vont tout d’un coup se trouver sous les feux des projecteurs. Et c’est heureux, derrière les beaux discours, l’égoïsme vaccinal a un visage aujourd’hui: celui des dirigeants européens.

Une technologie trop précieuse pour être prêtée

Selon Ellen’t Hoen, militante pour l’accès aux médicaments, la protection des secrets de l’ARN messager et, du coup, de ses promesses mirifiques pour la santé, «est sans doute la véritable raison pour laquelle les industries pharmaceutiques refusent de partager la propriété intellectuelle de leurs vaccins». Avant que Joe Biden ne change de position, le lobby américain avait tenté de convaincre son administration en utilisant directement un argument pour le moins cynique: lARN messager ne doit pas être «offert» à la Chine ou à la Russie, alors quil pourra servir demain à bien dautres choses

 

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Catastrophe(s)

5 Juin 2021, 06:29am

Publié par PCF Villepinte

Quand Cnews banalise l’extrême droite…

Fachos.

 Face au mauvais usage – prévisible – des catastrophes intellectuelles en cours, il nous est permis, parfois, de mettre la main dans le cambouis médiatique en tant qu’exemple de toutes les dérives par lesquelles nous ne reconnaissons plus vraiment la France.

Êtes-vous dévoreur (attentif et vigilant) des chaînes d’information en continu? Tel un mécanicien attaché à démonter les moteurs idéologiques de la «transmission» (cette durée cumulative qu’on appelle la «culture du débat», et la «culture» tout court, d’ailleurs), le bloc-noteur revient à son idée-force obsédante: certains médias sont-ils devenus des déversoirs de fachos en continu? Poser la question, c’est déjà y répondre.

Le péril resta longtemps diffus; il est désormais aussi massif que brutal, et il menace l’équilibre démocratique de notre chère République. Nous avons donc vu fleurir ces dernières années, sur les plateaux de ces chaînes, des «chroniqueurs» capables de débattre sans fioriture du coronavirus, de l’insécurité, des black-blocs, des gilets jaunes, de la laïcité, de l’islam, de l’immigration, des valeurs chrétiennes de l’Europe, des repas dans les cantines scolaires, de la «guerre civile» à venir, et même de la présidentielle américaine, etc.

Par méchanceté d’usage, mais sans aucun esprit de supériorité, nous les nommons les «toutologues», car nous sommes bien placés pour savoir qu’on ne s’improvise pas sur tout et n’importe quoi, même en bûchant dur comme fer. Il se trouve que, parmi ces «éditocrates» de fortune et autres «consultants» à petite vue, ce sont les conservateurs aux idéologies nauséabondes qui ont pris l’essentiel des places. Le mouvement débute sur BFMTV, puis sur LCI. Avant de gagner (le bon verbe) l’intégralité de la programmation de Cnews. Un peu comme si Minute et Valeurs actuelles réunis avaient investi massivement dans une seule et unique chaîne…

Nausée.

 Que dire des Éric Zemmour, Pascal Praud, Jean-Claude Dassier, Gilles-William Goldnadel, Gabrielle Cluzel (rédactrice en chef du blog facho «Boulevard Voltaire»), Élisabeth Lévy, Ivan Rioufol et consorts? Résumons la situation d’une simple phrase: Cnews banalise ­lextrême droite, comme le fit naguère Fox News, aux États-Unis.

Et que peut-on entendre, entre la poire et le fromage, dans ces «discussions» de comptoir qui font pâlir de jalousie les adeptes les plus acharnés du genre? L’hebdomadaire Politis s’était amusé à un recensement pris à la volée, voilà quelques semaines. À propos des mineurs étrangers isolés: «Ils sont voleurs, ils sont assassins, ils sont violeurs, c’est tout ce qu’ils sont. Tous, tous, tous!» Puis: «Moi, quand je vais dans la rue, si je vois des jeunes filles avec des crop tops, ça me déconcentre.»

 Ou encore: «D’abord, y a cette supercherie de l’islamophobie, alors je vais vous dire un truc, l’islamophobie, c’est un droit.» Et nous passons sur les pires inepties et/ou autres crapuleries susceptibles de condamnations, comme en fut coupable le multirécidiviste Zemmour… Oui, la fachosphère s’exprime dorénavant en tranquillité et en toute impunité sur des ondes «officielles». La nausée.

Fox News. L’affaire a pris une tournure dramatique depuis septembre 2020, date à partir de laquelle nous avons franchi – passivement – des crans supplémentaires dans l’extrême droitisation. Et elle s’accélère dangereusement, quels que soient les sujets abordés, puisque tout est prétexte à déverser sa haine.

Attention, danger! Le stade de la plaisanterie comme de la simple indignation est largement dépassé. Prenons la mesure: avec sa parole prétendument décomplexée, ses clashs et ses commentaires à l’emporte-pièce, CNews ne cesse de gagner du terrain. Depuis mi-mai, la chaîne de Vincent Bolloré dépasse l’audience de BFM, «propulsée» précisément par ses pires émissions.

Encore une fois, la trajectoire nous rappelle celle de Fox News, quand Rupert Murdoch eut l’ambition de créer un «CNN de droite». Avec ce que l’on sait comme conséquence: mettre «en culture» le futur électorat de Donald Trump. Une machine infernale qui attise la catastrophe, mélange de misère journalistique et de propagande… 

[BLOC-NOTES publié dans l'Humanité du 4 juin 2021.]

Publié par Jean-Emmanuel Ducoin 

 

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Un vaccin pour tous les humains, par le Dr Michel Limousin, animateur du Comité français de soutien à l’ICE

3 Juin 2021, 06:50am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 02/06/2021 par PCF

On avait eu l’incurie et les mensonges sur les masques au début de l’épidémie. On a eu le manque de personnels dans les hôpitaux et de lits de réanimation pour accueillir les patients. On a eu l’absence de dépistage faute de tests, l’insuffisance d’analyse génomique des virus faute d’appareils de séquençage. On a eu la pénurie de médicaments pour soulager les personnes en train de mourir étouffées lors de la première vague.

On a eu l’interdiction de transporter les pensionnaires des Ehpad dans les hôpitaux lorsqu’ils étaient atteints par la Covid-19 pour ne pas « embouteiller ». On a eu les cafouillages des administrations centrales du ministère de la Santé et des ARS faute de personnels préparés aux situations de crises sanitaires. On a eu les confinements trop tardifs et trop vite annulés. On n’a eu aucune mesure sérieuse d’isolement des personnes contaminées lorsqu’il était encore judicieux de le faire.

On a laissé les frontières sans contrôle sanitaire lorsqu’il était encore possible de freiner l’épidémie. On a eu des promesses non tenues pour l’ouverture de lits de réanimation. Aucune aide financière sérieuse pour les hôpitaux publics. Une prise en compte de très bas niveaux en matière de maladies professionnelles pour les personnels contaminés. On a eu des campagnes très ambigües et suspicieuses à la télévision pour encourager à la vaccination qui ont plus freiné que motivé les gens à se faire vacciner. Des débats sans fin pour critiquer de façon superficielle la politique gouvernementale sans jamais aller au fond des choses.

On a eu des promesses de transformer les vaccins en bien commun de l’humanité, mais aucune mesure concrète de levée des brevets ou de réquisition pour produire les vaccins. Macron avait repris cette notion de bien commun pour l’humanité mais a fait marche arrière avec ses collègues européens dès que l’idée a pris de l’ampleur. Il préfère que les vaccins soient « donnés » aux pays pauvres plutôt qu’organiser une production de masse efficace.

Mais jamais n’a été posée la question des responsabilités, en particulier celles des décisions politiques antérieures à la crise sanitaire : Qui a fermé les lits hospitaliers ? Qui a supprimé en 2016 l’établissement public de gestion des crises sanitaires au ministère de la Santé ? Qui a détruit et non renouvelé les stocks de masques ? Qui a laissé s’installer une politique de pénurie de médicaments ? Qui n’a pas fait les recrutements nécessaires en personnel hospitalier ? Qui a organisé la pénurie de médecins avec un numerus clausus insensé ? Qui laisse les fruits de la recherche publique être privatisés ? Qui laisse les grands laboratoires pharmaceutiques spéculer sur le prix des vaccins en régulant la pénurie ?

Et maintenant les vaccins ! On pense que vacciner l’Afrique n’est pas une priorité. Que 28 tonnes de matériel envoyé de France par avion pour 1,3 milliard d’habitants en Inde, c’est efficace. On pense que négocier des contrats secrets avec l’industrie pharmaceutique est légitime et démocratique. Les profits de Big Pharma explosent, ce serait normal. Les milliardaires français ont doublé leur fortune pendant la crise et sont devenus les plus riches d’Europe. Et les chômeurs vont voir leurs droits réduits dès juillet.

Le moment du bilan sanitaire et politique arrive.

Mais ne perdons pas de vue l’urgence du moment : continuons à nous battre pour que les mesures qui permettront à tous les humains d’être vaccinés soient prises. Nous avons lancé dès l’été dernier une pétition européenne dite « Pas de profit sur la pandémie » dans le cadre des initiatives citoyennes européennes (ICE).

Cette démarche prévue par les traités européens, si elle rassemble un million de signatures dans les 27 pays européens d’ici mai 2022, obligera les institutions européennes à examiner nos propositions dont la principale est la levée des brevets sur les vaccins. Nous avons déjà rassemblé plus de 202 000 signatures et 350 organisations soutiennent cette pétition. Une large coalition à travers l’Europe de syndicats, d’ONG, de partis, de militantes et de militants, d’associations et d’experts de la santé participe à cette initiative citoyenne européenne.

Le PCF est très engagé dans ce regroupement. L’objectif est de prendre les mesures nécessaires qui garantissent un accès équitable aux vaccins et autres traitements, et évitent à tout prix qu’ils deviennent sources de profits indécents pour le secteur pharmaceutique.

Il n’y aura pas de sortie de la pandémie tant que l’ensemble des humains ne sera pas vacciné. C’est pourquoi nous vous invitons à signer massivement cette pétition. Ne nous dispersons pas.

Signons sur  https://noprofitonpandemic.eu/fr/

 

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Des riches toujours plus riches et des pauvres toujours plus pauvres

28 Mai 2021, 13:37pm

Publié par PCF Villepinte

 

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Coronavirus. Dans les écoles, une rentrée comme si de rien n'était ?

26 Avril 2021, 09:49am

Publié par PCF Villepinte

Le fameux protocole sanitaire mis en place dans les écoles, que la plupart des enseignants ont rebaptisé le « protocole si possible », n’a pratiquement pas été modifié. © M. Tirler/H. Lucas/AFP

L'Humanité Lundi 26 Avril 2021

Olivier Chartrain

Vaccination, tests, ventilation: la reprise des cours a lieu ce lundi dans le premier degré sans que, sur aucun de ces points, des avancées significatives se soient produites. Linquiétude reste donc de mise. Le point sur la situation et les interrogations des enseignants et parents d'élèves.

De la maternelle au CM2, en ce 26 avril, c’est la reprise pour les 6,6 millions d’élèves du premier degré, après deux semaines d’interruption. On pourrait presque dire trois, tant celle du 6 au 9 avril, déjà amputée du lundi de Pâques, n’a guère permis que soient mises en place de vraies démarches de travail à distance. Surtout, ils sont nombreux, parmi les enseignants mais aussi les parents d’élèves, à s’inquiéter des conditions de cette rentrée et à se demander à quoi aura servi l’interruption.

Voir aussi : L’autotest, une nouvelle arme contre le Covid-19 ?

L’état d’esprit des professeurs? Bertrand Mesure, enseignant spécialisé et cosecrétaire départemental du SNUipp-FSU (premier syndicat du primaire) dans les Yvelines, le résume sans doute assez bien avec, au passage, un joli lapsus: «On a dix ou onze semaines de classe dici les vacances d’été, on va y aller et serrer les dents. Beaucoup de collègues sont désabusés, mais tous veulent retrouver leurs enfants (sic). On a vu les dégâts du confinement l’an dernier. Surtout en éducation prioritaire et plus encore chez les plus petits.»

«Une réouverture vers le virus»

De fait, ni la situation sanitaire actuelle ni les mesures censées protéger enfants et personnels du virus ne semblent rassurer. Le premier ministre, Jean Castex, peut bien décréter, comme il l’a fait lors de la conférence de presse du 22 avril, que «le pic de la troisième vague est derrière nous», les chiffres ne lui donnent pas vraiment raison.

 

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