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crise

La guerre en Ukraine a bon dos

22 Mai 2022, 06:59am

Publié par PCF Villepinte

Cathy Dos Santos L'Humanité

Publié le Samedi 21 Mai 2022

La guerre ravage l’Ukraine depuis le 24 février. Le constat est désolant: exil, morts, destruction. Par linvasion de son voisin au mépris du droit international, la Russie a offert aux gouvernements qui s’étaient jusqualors tenus en retrait de la folle course aux armements et de l’Otan un prétexte inespéré pour revoir leur politique. Un mot à propos de l’Otan: Vladimir Poutine refusait de voir grandir linfluence de cet organisme à ses portes avec ladhésion de lUkraine.

Depuis le début du conflit, il en est devenu un des meilleurs alliés puisque la Finlande et la Suède, pays neutres jusqu’alors, ont décidé de rejoindre l’Alliance atlantique, renforçant ainsi sa présence militaire sur 1300 kilomètres de frontières. Autre exemple : l’Allemagne. Dès le 27 février, le chancelier actait «un changement d’époque» pour enterrer la posture antimilitariste allemande. Malgré de vives oppositions, Olaf Scholz a promis de porter les dépenses consacrées à la défense à 2 % du PIB.

L’ancien président des États-Unis Donald Trump a dû jubiler, lui qui, en 2017, exhortait ses partenaires européens de l’Alliance atlantique à porter justement à ce niveau les fonds affectés à leur arsenal militaire. Avec un budget de 56 milliards de dollars annuels, Berlin fait pâle figure à côté de Washington, qui a engagé l’an passé dans les armes la bagatelle de 801 milliards de dollars.

Les États-Unis figurent sur la première marche du podium mondial des dépenses militaires, loin devant l’Europe, l’Asie-Pacifique et la Chine. Les chiffres sont éloquents: les sommes allouées à larmement ont atteint le montant vertigineux de 2113 milliards de dollars en 2021, selon lInstitut international de recherche sur la paix de Stockholm.

Jamais il n’y avait eu un tel emballement mortifère. La disparition de l’URSS et du bloc de l’Est n’a pas entraîné de désescalade. Bien au contraire. Les investissements dans les technologies et équipements sophistiqués sont chaque jour plus extravagants. Les grandes puissances et les royaumes pétroliers s’enferment dans une logique belliqueuse; ils se projettent dans un monde qui serait menacé, selon eux, par des conflits dune amplitude inédite. Pour y parer, ils ont pour seule réponse la guerre. Au point de préférer investir dans la mort plutôt que dans la santé, l’éducation, la transition écologique.

Cette dangereuse fuite en avant fait les affaires des industriels de l’armement. Depuis le début du conflit en Ukraine, les principaux groupes français, Thales et Dassault, ont vu leurs actions en Bourse s’envoler. Aux États-Unis, l’administration de Joe Biden n’en finit plus de faire des chèques et de livrer des armes à Kiev. Le complexe militaro-industriel, l’un des principaux piliers du capitalisme nord-américain, ne s’est jamais si bien porté.

Après s’être insolemment enrichis ces dernières années en invoquant la prétendue menace chinoise, les Lockheed Martin, Raytheon, General Dynamics et autre Northrop Grumman vont voir leurs commandes gonfler à la faveur du déstockage des armes envoyées à Kiev et du réarmement allemand. Qu’il semble loin ce 17 janvier 1961, lorsque le président Eisenhower mettait en garde ses concitoyens contre «toute influence injustifiée, quelle ait ou non été sollicitée, exercée par le complexe militaro-industriel».

Le capital fait feu de tout bois. Devant ce cynisme, il est impératif de revenir à la raison et de redessiner une architecture de relations internationales apaisées, pacifiées. Ce n’est pas faire preuve d’angélisme ni de manichéisme que d’affirmer ces principes. Les forces de frappe, les armes de dissuasion peuvent faire exploser mille fois la planète. Une seule suffirait à anéantir l’humanité.

 

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Stratégies

18 Mai 2022, 09:54am

Publié par PCF Villepinte

Stéphane Sahuc L'Humanité

Publié le Mercredi 18 Mai 2022

Des agents en combinaisons blanches intégrales, masqués, pulvérisateur de solution de décontamination en main, arpentent les rues. Des quartiers sont hermétiquement bouclés et ravitaillés uniquement en produits de première nécessité. Et la colère qui grandit. Ces images font le tour du monde. Au total, des millions de Chinois sont strictement confinés depuis des semaines. Cette stratégie «zéro Covid» impulsée par le pouvoir chinois depuis l’apparition du virus a porté ses fruits dans un premier temps. Mais la vague Omicron, plus contagieuse et contre laquelle le vaccin chinois est moins efficace, fragilise sa légitimité. Certes, l’université Fudan de Shanghai explique que, sans cela, la Chine pourrait compter, en six mois, 112 millions de cas et 1,55 million de morts. Mais d’autres épidémiologistes réfutent ce scénario. La faiblesse de la couverture vaccinale chez les plus de 60 ans, à peine 60 %, est ainsi pointée du doigt comme un échec de la politique voulue directement par Xi Jinping.

Si l’impact sanitaire est contesté, l’effet économique de la stratégie «zéro Covid» est, lui, bien mesurable. Au point que la promesse du «rêve chinois» sur laquelle repose le contrat social depuis laccession aux responsabilités de Xi Jinping commence à être mise en cause. Car derrière la critique de la stratégie sanitaire pointe la critique politique, et donc la critique de Xi Jinping lui-même. Les luttes d’influence au sein du Parti communiste chinois (PCC) crispent un peu plus la situation à quelques mois du 20e congrès du parti, qui doit déboucher sur une réorganisation «constitutionnelle» de la direction centrale du PCC.

Pour Xi Jinping, l’autoritarisme sanitaire permet aussi d’affermir son pouvoir, même si l’enjeu reste de rétablir le pays sur la trajectoire de l’augmentation constante du niveau de vie. Si sa stratégie fonctionne, il se présentera devant le congrès avec une économie certes convalescente, mais un bilan sanitaire bien meilleur que celui des États-Unis, qui ont franchi la barre du million de morts, contre officiellement quelques milliers en Chine.

 

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INFLATION

17 Mai 2022, 06:59am

Publié par PCF Villepinte

CGT PUBLIÉ LE 16 MAI 2022

Alors que l’inflation s’installe en France (+4, 8 % en un an selon l’Insee), les profits n’ont jamais été aussi importants pour les entreprises du CAC 40, preuve que l’inflation est un puissant révélateur du conflit entre le capital et le travail.

Les prix augmentent, les marges des entreprises explosent mais les salaires et les investissements ne suivent pas, et la perte du pouvoir d’achat s’accentue.

En l’absence de redistribution, c’est le travail qui paie le prix de l’inflation. 

L’inflation – une hausse générale et durable du niveau des prix – est manifeste sur bon nombre de produits au cours des 12 derniers mois : combustibles liquides + 84 % ; gaz naturel + 41,3 %, services d’aides à domicile + 16 %, poissons frais +15,6 %, transports des passagers en train + 13,8 %, pâtes + 10,8 %.

Mesurée grâce à l’Indice des prix à la consommation (IPC) établi sur un panier de plusieurs centaines de produits, elle sert de référence à l’indexation du SMIC, du point d’indice, des pensions de retraite.

Mais l’IPC n’est pas un indice du coût de la vie :  l’inflation n’a pas le même impact en fonction des revenus, et ses conséquences sont plus dramatiques pour les petits budgets que pour les hauts salaires. Lorsque l’inflation augmente, la perte du pouvoir d’achat est plus importante en bas de l’échelle des salaires.

« Aujourd’hui, le décalage entre le taux de l’inflation annoncé et le ressenti se creuse » constate Mathieu Cocq, économiste CGT. 

Création d’un indice du coût de la vie

C’est pourquoi la CGT se bat pour la création d’un indice du coût de la vie, qui en prenant en compte d’autres indicateurs (logement, tabac, qualité des produits…), donnerait un meilleur reflet de la réalité des travailleurs, et constituerait la nouvelle référence pour l’indexation.

L’inflation est liée en grande partie au coût de l’énergie : la guerre en Ukraine qui limite les importations de gaz russe, les pays producteurs de pétrole qui n'augmentent pas la production.

Mais les chaines d’approvisionnement au ralenti, les tensions géopolitiques qui limitent l’approvisionnement en matières premières ou en produits, se répercutent aussi sur toutes les chaines de valeur et concourent à son augmentation.

Pour lutter contre l’inflation, la CGT revendique : 

la hausse du SMIC à 2 000 euros brut, 

 la revalorisation de salaires au-dessus de l’inflation,

 le retour à l’échelle mobile des salaires, avec répercussion immédiate de l’inflation dans l’ensemble des branches,

 le blocage du prix de l’énergie et des biens de première nécessité, 

 la réindustrialisation du pays, la création de Pôles publics (énergie, transport, médicaments), pour rester maitres des réponses à apporter à tous nos besoins. 

 

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CHRONIQUE Indispensable conférence paneuropéenne de sécurité

2 Avril 2022, 07:40am

Publié par PCF Villepinte

 Francis Wurtz L'Humanité

Publié le Samedi 2 Avril 2022

Francis Wurtz

 

Tout laisse à penser que nous sommes à un moment-charnière de la guerre que mène l’armée russe contre l’Ukraine. Certains observateurs craignent le basculement dans un conflit encore plus ravageur, nous rapprochant toujours plus d’un engrenage incontrôlable. D’autres veulent croire, malgré tout, à de possibles chances de compromis entre agresseurs et agressés.

N’est-ce pas le moment ou jamais – par exemple pour la présidence française du Conseil européen – de tenter une médiation en lançant une grande initiative diplomatique ?

Celle-ci pourrait consister à proposer officiellement –parallèlement à l’établissement d’un cessez-le-feu en Ukraine – au président ukrainien et au président russe, puis, en cas d’acceptation de leur part, à tous les États du continent, quelque soit leur orientation politique, de se réunir ensemble dans le cadre d’une conférence paneuropéenne de sécurité ayant pour mission de mettre à plat tous les différends à l’origine des tensions et des confrontations, et, depuis peu, même d’une guerre, en vue d’aboutir à un règlement global mutuellement acceptable. Les négociations dureraient tout le temps nécessaire, mais tant qu’on discute, les armes se taisent. En cas d’accord, un traité pourrait être signé sous l’égide de l’ONU. 

Rappelons, une fois de plus, à ce propos, un fait majeur, malheureusement trop peu connu : le 6 juin 2008, le président russe d’alors, Dmitri Medvedev, proposa, depuis Berlin, la signature d’un tel traité paneuropéen « juridiquement contraignant  ».

Ce pacte – pouvait-on alors lire dans « le Monde » (17-7-2008), citant M. Medvedev – « pourrait parvenir à une résolution générale des questions de sécurité et de contrôle d’armements en Europe (…) L’atlantisme a vécu, nous devons (donc) parler d’unité au sein de tout l’espace euro-atlantique, de Vancouver à Vladivostok ». Et le quotidien de préciser : 

« Nicolas Sarkozy a déclaré que si Moscou propose “un arc de sécurité de Vancouver à Vladivostok, ça mérite d’être étudié”, mais… reconnut la journaliste, « aucun dirigeant occidental n’a formellement donné suite aux idées de M. Medvedev ». 

L’explication de cette désinvolture, on la trouva dans cette autre citation de M. Medvedev rapportée, elle, par la chaîne France 24 (27-9-2008) : « Le président russe a averti qu’un élargissement de l’Otan vers l’Est “saperait” les relations de Moscou avec les autres pays européens, de manière radicale » et « pour longtemps ». Stopper l’extension de l’Otan était, en effet, le prix à payer pour cet « arc de sécurité ». Or, pour nombre de dirigeants occidentaux, il n’était pas question de « donner à la Russie un droit de veto sur les décisions de l’Otan ». 

Évidemment, rien de tout cela ne peut tenir lieu, quatorze ans plus tard, d’une quelconque excuse à Poutine, unique responsable de son agression armée contre l’Ukraine !

L’évocation de cette occasion manquée en 2008 vise, en revanche, à tirer les leçons du passé pour prendre les bonnes décisions aujourd’hui : je reste convaincu qu’une initiative, même tardive, en faveur d’une conférence paneuropéenne de sécurité servirait la cause la plus précieuse : la paix. 

 

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Zéro ?

22 Mars 2022, 08:19am

Publié par PCF Villepinte

LE BILLET DE MAURICE ULRICH Publié le Mardi 22 Mars 2022

On a eu le sentiment, lundi matin, d’entendre un léger tremblement dans la voix de Léa Salamé sur France Inter, qui recevait Fabien Roussel. Alors que les Échos titraient sur les profits record du CAC 40, avec 160 milliards d’euros cumulés, le candidat communiste venait de proposer le blocage, à 100 %, du versement des dividendes pour les groupes concernés. 

«100 % des dividendes, dit alors Léa Salamé, ça veut dire zéro pour les actionnaires?» Nombre d’auditeurs durent alors penser aux malheureux injustement spoliés par une mesure radicale et qui semblait inédite. Léa Salamé aurait pu se souvenir que la Banque centrale européenne, qui n’est pas dirigée par Fabien Roussel, a pour un temps imposé aux banques européennes le gel du versement des dividendes en période de crise sanitaire.

Que ces mêmes banques ont renoué depuis avec des rendements pour leurs actionnaires de l’ordre de 6 %… Ou bien indiquer aux auditeurs que l’OCDE, face au Covid et à la guerre, appelle à taxer les superprofits des géants de l’énergie. Zéro!

 

 

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Le CAC 40 n’oublie jamais de profiter d’une bonne crise

22 Mars 2022, 08:09am

Publié par PCF Villepinte

L’année fiscale se clôt et les entreprises ont publié leurs résultats record, annonçant des distributions de dividendes tout aussi exceptionnelles en 2022.

L'Humanité Publié le Lundi 21 Mars 2022 Pierric Marissal

@ une «Les Echos» 21 mars 2022

Il n’y a pas de quoi se réjouir. Le journal les Échos a compilé, lundi, les 38 résultats cumulés disponibles des multinationales du CAC 40. Les bénéfices enregistrés en 2021 atteignent un montant record de 160 milliards d’euros, qualifié d’«historique» ou encore d’«exceptionnel» par le quotidien financier. Des qualificatifs élogieux que ne partage pas Maxime Combes. «Le précédent record de profits comparable était en 2007, juste avant l’éclatement de la crise financière. Ce n’est pas vraiment de bon augure», insiste l’économiste de l’Observatoire des multinationales.

 Nombreuses aides publiques touchées par ces multinationales

Dans l’ensemble, ces grands groupes font valoir le rattrapage de l’activité de 2020, ralentie par la pandémie, pour expliquer leurs résultats indécents. Dans les faits, ces multinationales n’ont pas souffert du Covid, à quelques exceptions près, comme Renault, qui était mal en point avant, ou Airbus.

 «Au contraire, ces entreprises sont restées fidèles à leurs principes: ne jamais oublier de profiter dune bonne crise en sabrant dans leurs coûts et dans leurs effectifs», assure Maxime Combes. Ainsi les seules entreprises du CAC 40 se sont saisies du prétexte du Covid pour supprimer 60000 emplois dans le monde, dont près de 30000 en France.

La sous-traitance a aussi été saignée: toutes les fonderies françaises des constructeurs automobiles sont par exemple menacées. «Le gouvernement affirme que les profits de 2021 sont les emplois de 2022. Ce nest pas vrai! Les suppressions demploi de 2020 sont les profits de 2021 et seront les dividendes de 2022», corrige l’économiste, qui n’oublie pas non plus de regretter les nombreuses aides publiques massivement touchées par ces multinationales, alors qu’elles n’en avaient pas besoin.

 « Avec la guerre en Ukraine, les cours s’envolent »

Cette logique dure encore aujourd’hui. Air Liquide – 2,6 milliards de bénéfices – touche 200 millions d’euros de subvention pour installer une usine près de Rouen. Total – 14,2 milliards de profits – reçoit une aide publique pour une «gigafactory» de batteries Sans oublier le crédit impôt recherche dont profitent proportionnellement plus les sociétés du CAC 40, ni les rachats de titres de dettes de ces entreprises par la Banque centrale européenne. «Et ce nest pas fini, car, avec la guerre en Ukraine, les énergéticiens voient les cours senvoler, leurs profits aussi», renchérit Maxime Combes.

 « La question d’une taxation exceptionnelle de ces bénéfices »

Pour 2021, Vivendi, détenu par Vincent Bolloré, affiche les plus gros profits, avec 24,7 milliards d’euros: des revenus exceptionnels liés à la vente dUniversal. Derrière, TotalEnergies, habitué des premières places qui lui aussi bat son record de 2007, devance Stellantis, ArcelorMittal et LVMH, entre 13 et 14 milliards de bénéfices chacun. La BNP et Axa s’approchent des 10 milliards. Sanofi fait un peu pâle figure avec «seulement» 6,2 milliards, loin des 12,3 accumulés en 2020 au cœur de l’épidémie.

«En ces temps de calamités, il faut poser la question dune taxation exceptionnelle de ces bénéfices, conclut Maxime Combes. La pandémie n’est pas finie. L’hôpital est au plus mal. On n’a toujours pas de purificateur d’air dans les écoles. Il y a une guerre et des réfugiés qu’il faut accueillir. Sans parler d’une transition énergétique à mener à bien… Et ces entreprises se permettent de cumuler 160 milliards de bénéfices en contribuant si peu à l’effort collectif. »

 

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ACTU L’Ukraine se transforme en vitrine pour les marchands d’armes

21 Mars 2022, 08:00am

Publié par PCF Villepinte

Défense Depuis vendredi, la Russie emploie des missiles hypersoniques. Une façon de vanter son avance technologique en la matière. Certains matériels fournis par des pays de l’Otan prennent également la lumière à l’occasion du conflit. En Bourse, les industriels du secteur cartonnent.

L'Humanité Publié le Lundi 21 Mars 2022 Gaël De Santis

Cette image fournie par le ministère de la Défense russe montre un missile de croisière hypersonique Kinzhal chargé sous un chasseur MiG-31K lors de l’exercice Grom-2022. Ministère russe de la Défense / AFP

AFP

Le ministère russe de la Défense a annoncé avoir utilisé des missiles hypersoniques de type Kinzhal. Testée en 2018, cette classe d’engins – pour laquelle Moscou dispose d’une avance technologique – est employée pour la première fois dans des conditions réelles.

Vendredi, un hangar souterrain où étaient entreposées des armes dans l’ouest de l’Ukraine a été détruit. Dimanche, le ministère a annoncé qu’un entrepôt de carburant a été pulvérisé près de Mykolaïv, dans le sud-ouest du pays. Il s’agirait de «la principale source dapprovisionnement en carburant des véhicules blindés ukrainiens».

Tiré depuis un chasseur Mig, le missile Kinzhal, long de 8 mètres et pouvant porter une charge (y compris nucléaire) de 480 kg, peut être propulsé à une vitesse de 6000 km/h, soit cinq fois celle du son. Il peut atteindre des cibles à 1000, voire 2000 km de son lieu de lancement. Difficilement interceptable, il pose un problème à Kiev.

Les États-Unis entendent lui procurer des systèmes de défense antiaérienne de longue portée. Mais les soldats ukrainiens ne sont pas formés aux systèmes américains Patriot, mais aux systèmes russes, S-300. Aussi, les pays de l’Est, notamment la Slovaquie, pourraient donner les leurs à l’Ukraine, à mesure que ceux en leur possession seront remplacés par l’équipement états-unien. «Malheureusement, l’Ukraine est devenue un terrain d’essai pour tout l’arsenal russe de missiles», s’est plaint le porte-parole ukrainien des forces aériennes, Iouri Ignat, sur le site Ukraïnska Pravda.

Kiev n’est pas en reste et utilise aussi des armes récentes. Une partie des difficultés de l’avancée russe s’explique par une bonne utilisation des armes antichars portables. Parmi celles-ci, outre le Javelin américain, on trouve le NLAW, moins lourd que le premier. Touchant sa cible à 800 mètres, il est conçu par le suédois Saab et est fabriqué à Belfast par Thales Air Defence.

Londres en a fourni des centaines à l’Ukraine. Ce conflit est l’occasion pour les fabricants de faire connaître leurs produits, mais aussi de promouvoir une «culture de guerre» favorable aux ventes d’armes. Ainsi, la presse britannique regorge d’articles disant que les Ukrainiens crient «God Save the Queen!» (Dieu sauve la reine) en lançant leurs missiles. Un hommage au pays donateur.

Plusieurs matériels font l’objet d’une sorte de culte sur les réseaux sociaux. Le ministère ukrainien de la Défense célèbre même le drone turc Bayraktar avec une chanson, traduite cette semaine en anglais. Le véhicule autonome peut rester une journée dans les airs. S’il n’empêche pas la maîtrise du ciel par la Russie, il effectue des missions de surveillance et a pu, grâce aux missiles transportés, cibler des colonnes de chars et des véhicules russes.

Il permet, qui plus est, de diffuser les images d’explosion sur les réseaux sociaux. L’an dernier, ce drone, aujourd’hui symbole de lutte contre l’envahisseur, avait été utilisé par l’Azerbaïdjan pour attaquer l’Arménie au Haut-Karabakh.

Cette guerre fait les affaires des marchands d’armes. En un mois, l’action des français Thales et Dassault a augmenté de 35 % et 16,4 %, celle du suédois Saab, de 61 %, celle du britannique BAE Systems, de 22 %, et celle de l’italien Leonardo, de 36 %.

 

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L’Alliance atlantique donne des signes de vie

18 Mars 2022, 09:29am

Publié par PCF Villepinte

L’Humanité Publié le Vendredi 18 Mars 2022 Gaël De Santis

 La guerre de Vladimir Poutine en Ukraine secoue une Otan qui se cherchait, depuis la chute de l’URSS, une motivation pour exister et redevenir «attractive». Si la coalition militaire ne sengage pas officiellement sur le terrain, les alliés soutiennent Kiev de diverses manières.

L’autocrate Vladimir Poutine semble avoir réveillé l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan). Pourtant, en 2019, Emmanuel Macron déplorait dans un entretien au magazine The Economist «la mort cérébrale de lOtan». La première coalition militaire au monde était alors tirée à hue et à dia.

 «Vous navez aucune coordination de la décision stratégique des États-Unis avec les partenaires de lOtan et nous assistons à une agression par un autre partenaire de lOtan, la Turquie, dans une zone où nos intérêts sont en jeu, sans coordination», décrivait-il. D’un côté, l’hôte de l’Élysée déplorait que les États-Unis de Donald Trump fassent jouer le principe «lAmérique dabord». On apprendra même plus tard de la part de son conseiller à la sécurité, John Bolton, que le président républicain envisageait… que son pays quitte l’Otan s’il était réélu!

Trump n’était pas seul en cause: depuis le mandat de Barack Obama, lEurope nest plus une priorité pour Washington, qui a opéré un «pivot asiatique» rassemblant ses alliés contre la Chine. De l’autre, la Turquie pilonnait les Kurdes syriens, alliés des Occidentaux dans la lutte contre les djihadistes de l’«État islamique». Parallèlement, en Europe, sachant ne plus trop pouvoir compter sur le grand frère américain, certains pays poussaient pour l’Europe de la défense. L’Otan se cherchait.

Au menu du sommet de juin à Madrid, la coalition devra définir son nouveau concept stratégique qui recense les menaces de sécurité. Les travaux devaient porter sur les menaces «non conventionnelles» (le terrorisme,...). La guerre de haute intensité va y retrouver une bonne place suite à linvasion de lUkraine par la Russie, qui a déjà fait plusieurs milliers de victimes civiles et militaires.

 

1. Une Otan qui se renforce

Même si l’offensive russe empêche durablement l’Ukraine de rejoindre l’Otan, Poutine ne remplit pas l’un de ses principaux objectifs: affaiblir lAlliance atlantique. Des pays longtemps neutres tels que la Suède et la Finlande envisagent aujourdhui une adhésion. À Helsinki, la perspective atlantiste, portée par des personnalités telles que l’ancien premier ministre conservateur Alexander Stubb, progresse.

Selon les sondages, la volonté d’adhésion est même passée de 19 % en 2017 à 53 % aujourd’hui. Une initiative citoyenne a recueilli 50000 signatures, et elle va contraindre les parlementaires finlandais à débattre de la question. La première ministre sociale-démocrate Sanna Marin a dit quadopter une décision prendrait du temps. Mais dores et déjà, Helsinki n’est plus neutre et envoie des armes à Kiev.

Partout en Europe, le vœu de Donald Trump, à savoir que chaque État de l’Alliance consacre 2 % de son PIB à la défense, est en passe d’être atteint: lAllemagne, le Danemark annoncent des hausses vertigineuses des budgets consacrés à leur armée. Autant de dizaines de milliards d’euros d’achats d’armements qui abonderont les caisses du conglomérat militaro-industriel états-unien. L’intervention poutinienne va également freiner le retrait des troupes US du Vieux Continent amorcé avec Donald Trump.

De plus, en réponse à l’agression russe, des bataillons s’installent sur le flanc oriental de l’Alliance; parmi eux, 700 soldats français vont être stationnés près de la frontière ukrainienne et russe en Roumanie et en Estonie. Un revers pour Poutine, qui exigeait encore en décembre 2021 l’interdiction de stationner, pour les troupes de l’Otan, dans les pays ayant adhéré après 1997.

 

2. Des alliés actifs sur le terrain ukrainien

Cette guerre conduit la coalition à s’activer sur le terrain ukrainien. Avant même l’invasion, des instructeurs occidentaux formaient les éléments de l’armée ukrainienne. Cela explique en partie la résistance de cette dernière face à l’offensive de Poutine. Ces formateurs étrangers seraient officiellement partis fin février. Depuis le début du conflit, divers pays européens livrent des armes, aidant l’Ukraine à faire face aux chars et à l’aviation russe. Ces fournitures s’accélèrent.

Mercredi, tout en refusant une confrontation directe, Joe Biden, le président des États-Unis, a annoncé 800 millions de dollars (720 millions d’euros) d’équipements supplémentaires. Ceux-ci prendraient la forme de vingt millions de munitions, 7000 armes légères, 9000 systèmes antichars, 800 systèmes antiaériens, ainsi que d’une centaine de drones. Cette aide permet aux Ukrainiens de résister sur le long terme à la très lente avancée russe.

Le 1er mars, sur MNSBC, l’ancienne cheffe de la diplomatie américaine Hillary Clinton proférait: «Rappelez-vous, les Russes ont envahi l’Afghanistan en 1980. (…) Cela n’a pas bien fini.» L’invasion de ce pays d’Asie centrale est l’une des causes de la chute de l’URSS. «Les Américains pourraient être tentés de transformer lUkraine en Afghanistan bis pour la Russie», confiait le 10 mars dans nos colonnes l’historien Andreï Gratchev. Une telle stratégie permettrait aux États-Unis d’affaiblir à petit feu le régime russe sans engager ses soldats. Cela conduirait Moscou à envoyer davantage de conscrits.

D’autres pays de l’Alliance jouent le rôle de boutefeu et misent sur une atlantisation du conflit. Une délégation des premiers ministres tchèque, polonais et slovène a demandé «une mission de paix de lOtan», mardi à Kiev. «Il nest pas question de déployer des troupes de lOtan, ni des avions en Ukraine», a rétorqué le secrétaire de l’Alliance, Jens Stoltenberg, qui, comme le président Biden, cherche à éviter une confrontation directe avec la Russie, une puissance nucléaire.

 

3. Quel rôle dans l’après-conflit?

Le nouveau mandat de Joe Biden est marqué par une volonté de souder le «monde libre» et de ressusciter une logique de blocs. Les 9 décembre 2021, la Maison-Blanche a convoqué un «sommet des démocraties» pour unir ses alliés contre son rival chinois. Le vote contre l’intervention russe à l’ONU, avec plusieurs puissances (Chine, Inde) et de nombreux pays du Sud (en Afrique notamment) qui s’abstiennent, illustre une logique d’affrontement.

Les Occidentaux prônent un isolement quasi total de Moscou. En déconnectant la Russie des marchés financiers en lui coupant l’accès aux transactions bancaires via le système de paiement Swift, ils renforcent l’idée de deux blocs bien distincts au nom de la lutte pour la démocratie. C’était cette dernière qui, depuis 1949, légitimait l’existence de l’Otan. Celle-ci reste un instrument des logiques impériales et guerrières des États-Unis et de leurs alliés européens.

Pour rappel, en intervenant sans respecter les Nations unies en Libye en 2011, l’Otan a plongé toute l’Afrique de l’Ouest dans une guerre qui est encore loin d’être finie.

 

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Comment 2 ans de Covid ont bouleversé nos vies

16 Mars 2022, 10:06am

Publié par PCF Villepinte

Six à dix-huit millions de morts sur la planète: deux ans après le début de la pandémie, ce bilan vertigineux ne résume pas à lui seul la secousse opérée sur nos sociétés. Relations sociales, travail, inégalités le Covid a tout chamboulé. 

Publié le Mardi 15 Mars 2022

L'Humanité Eugénie BarbezatKareen JanselmeLoan NguyenMarie ToulgoatNadège Dubessay

 

«Jusqualors, l’épidémie était peut-être pour certains une idée lointaine, elle est devenue une réalité immédiate, pressante.» Le 16 mars 2020, le visage fermé, Emmanuel Macron évoquait sentencieusement, dans une très longue allocution télévisuelle, le virus lointain venu de Chine qui avait infecté la planète, notre Grand-Est, les Hauts-de-France, l’Île-de-France… Le président annonçait enfin ce que beaucoup avaient présumé, réagissant en remplissant les parcs et les jardins le week-end précédent: la France allait être mise sous cloche pour la première fois de son histoire.

«Nous sommes en guerre !» avait-il tonné, sidérant toute une population sommée de rester cloîtrée chez elle, exception faite pour ses courses et aller au travail. Toute manifestation était interdite, toute sortie conditionnée à une autorisation signée, toute réforme suspendue. Deux ans plus tard et deux confinements plus loin, la France se démasque. Mais le bilan est lourd et continue de peser. Officiellement, sur les 6 millions de morts dans le monde, la France se hisse au 12e rang des pays les plus touchés par le coronavirus avec plus de 140000 victimes. Pour The Lancet, ce solde morbide serait à multiplier par trois.

Après avoir applaudi autrefois les soignants aux fenêtres, la population réalise aujourd’hui les économies imposées à l’hôpital, le tri des patients non covidés dont les cancers et autres maladies graves n’ont pas été traités, les lits que l’on continue à fermer malgré des hospitalisations tendues, et les indicateurs de souffrance psychique chez les 11-17 ans en augmentation flagrante depuis 2021 et qui ne descendent plus.

Premiers et premières de corvée, travailleurs de deuxième ligne, métiers invisibles sont enfin apparus dans le débat public. Mais rien n’est venu corriger les inégalités sociales. Celles-ci ont explosé, faisant se cumuler les critères de discrimination. Les personnes les plus défavorisées sur le plan social ont un risque plus élevé d’infection par le SARS-CoV-2 et de développer des formes graves de Covid. Dans les quartiers les plus défavorisés des villes, dans les habitations collectives ou surpeuplées, le risque d’infection est doublé. Les banques alimentaires restent sursollicitées par rapport à l’avant-crise.

Deux ans plus tard, nos relations sociales évoluent au ralenti, et les entreprises ont dû revoir leur organisation. Contraints un temps au télétravail, les salariés y ont pris goût et exigent désormais plus de souplesse. De leur côté, les entreprises ont évalué les avantages économiques qu’elles pouvaient en tirer. Mais chacun appréhende encore un modèle en construction.

Le confinement, la vaccination rendue obligatoire pour exercer certains métiers et le passe vaccinal ont contraint les mouvements et attaqué les libertés fondamentales. Les retrouverons-nous toutes, le 31 juillet, date annoncée pour la fin de l’état d’urgence sanitaire? Il faudra y veiller.

 

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Fin du port du masque : un calendrier plus électoral que sanitaire

14 Mars 2022, 13:17pm

Publié par PCF Villepinte

Covid-19 La reprise épidémique constatée ces derniers jours n’a pas incité le gouvernement, en pleine campagne présidentielle, à revoir sa décision de lever nombre de restrictions sanitaires à partir de ce lundi, quitte à aggraver la situation.

Loan Nguyen  L'Humanité Publié le lundi 14 Mars 2022

À partir de ce lundi 14 mars, le masque ne sera imposé que dans les transports collectifs et les établissements de santé. Fred Scheiber/sipa

La guerre en Ukraine occupe depuis plusieurs semaines les esprits et les colonnes des journaux partout en Europe, reléguant au second plan l’épidémie de coronavirus, qui continue pourtant de sévir en divers endroits dans le monde. À moins d’un mois de l’élection présidentielle, Emmanuel Macron a pourtant décidé d’annoncer la levée quasi totale des mesures de restrictions sanitaires pesant sur les Français depuis de nombreux mois.

À partir de ce lundi 14 mars, le passe vaccinal ne sera plus exigé dans les lieux où il était requis jusque-là. Seul le passe sanitaire restera obligatoire pour accéder aux hôpitaux, maisons de retraite et établissements pour personnes handicapées. Le port du masque, quant à lui, ne sera imposé que dans les transports collectifs et les établissements de santé.

Un soulagement pour la plupart des Français, soumis à deux ans de restrictions sanitaires et sociales, qui espèrent laisser une bonne fois pour toutes le virus derrière eux. Si la baisse du nombre de décès, des hospitalisations et du taux d’occupation des services de réanimation semble leur donner raison, certains experts alertent néanmoins sur une dynamique de reprise épidémique qui pointe ces derniers jours.

L’effet combiné du retour des enfants à l’école et de la circulation désormais majoritaire du sous-variant BA.2, plus contagieux que la forme initiale d’Omicron, explique en partie la reprise épidémique. On en a observé les prémices ces derniers jours, avec 74818 nouveaux cas constatés jeudi, contre 60225 une semaine plus tôt.

«Mais cela ne suffit pas à expliquer ce rebond. Le facteur qui semble critique, cest le changement de comportement des Français, avec une baisse de vigilance sur les gestes barrières et une augmentation du nombre de contacts», expliquaient les experts de Santé publique France, vendredi, appelant à la «responsabilité individuelle» en termes de respect des gestes barrières malgré la levée des restrictions sanitaires.

De quoi causer un léger embarras, y compris dans l’état-major macroniste, tiraillé entre l’envie de séduire les électeurs et la réalité des chiffres. Pour tenter de juguler les critiques sur la pertinence de ce calendrier, le premier ministre, Jean Castex, a annoncé, ce samedi, l’ouverture «dès à présent (de) la quatrième dose aux plus de 80 ans» dans les colonnes du Parisien, tandis que le ministre de la Santé, Olivier Véran, s’est dit «extrêmement vigilant» face au rebond épidémique.

L’Institut Pasteur se veut rassurant

La veille, l’Institut Pasteur avait d’ailleurs mis à jour ses dernières modélisations, notant que cette reprise épidémique anticipée avait lieu plus tôt que ce que l’organisme avait prévu. D’après ses dernières données, le taux d’incidence est resté supérieur à 500 cas pour 100000 habitants dans la majorité des régions la semaine du 28 février au 6 mars et a fortement augmenté en Martinique, où il atteint quasiment les 3800, soit une multiplication par 5 en une semaine.

Mais lInstitut Pasteur se veut rassurant: explorant plusieurs scénarios où, à partir du 14 mars, les taux de transmission deviennent entre 50 % et 130 % supérieurs aux niveaux de janvier-février, le centre de recherche estime que le nombre de contaminations restera inférieur au pic de janvier dans tous les cas.

Des données encourageantes pour certains experts. «À court terme, on peut espérer en avoir fini avec le Covid parce quon observe que le printemps et l’été sont des périodes favorables à la décroissance de la circulation du virus», estime Pascal Crépey, enseignant-chercheur en épidémiologie, qui pointe néanmoins qu’un «retour à lautomne» est prévisible. 

«Ce nest pas raisonnable de lever ces mesures maintenant», juge en revanche Dominique Costagliola, épidémiologiste, qui regrette que l’annonce même de la date du 14 mars ait été faite «indépendamment de toute référence à un indicateur sanitaire». «Si lon voulait prendre des mesures sur la levée des masques, il aurait fallu travailler sur des dispositifs à court et moyen terme pour améliorer la qualité de lair intérieur», insiste-t-elle, pointant à la fois la nécessité de généraliser les capteurs de CO2 mais également de créer des normes d’aération dans les nouveaux bâtiments. «Là, on condamne les personnes fragiles, qui ne sont pas immunisées malgré la vaccination, à lisolement.»

#OuiAuMasque et #JeGarderaiLeMasque

«On ressent une inquiétude chez nos adhérents», confirme Pierre Foucaud, président de Vaincre la mucoviscidose, qui déplore l’accès toujours restreint des malades aux traitements par anticorps monoclonaux préventifs. «Il y a certes de moins en moins d’hospitalisations et de décès, mais on a l’impression de faire face à un déni collectif alors que plusieurs dizaines de personnes continuent de mourir chaque jour du Covid et que ces personnes-là sont des personnes vulnérables», précise-t-il, estimant que les décisions gouvernementales poussent les patients atteints de mucoviscidose à l’ «autoconfinement».

Même son de cloche du côté de France Rein, qui accompagne les malades souffrant d’insuffisance rénale. «On comprend que la levée des restrictions sanitaires soit une bonne chose pour la majorité des gens, mais il va falloir appeler au civisme de chacun», souligne Cécile Vandevivère, présidente de l’association. Sur les réseaux sociaux notamment, des appels de citoyens à garder le masque dans les lieux clos par solidarité pour les personnes immunodéprimées circulent depuis plusieurs semaines sous les mots-dièse #OuiAuMasque et #JeGarderaiLeMasque.

«Quest-ce quon va faire des 300000 personnes immunodéprimées? On les enferme?» tempête Jérôme Marty, médecin généraliste et président de l’Union française des médecins libéraux, qui estime qu’ignorer l’impact de la levée des mesures sanitaires constitue un pari dangereux. Mais, au-delà de l’impact pour les personnes fragiles, le praticien s’inquiète de l’invisibilisation des patients atteints de Covid longs. «Depuis un mois et demi, les Covid longs représentent 15 % à 20 % de ma patientèle. Certains sen sortent avec uniquement de la fatigue mais dautres gardent des séquelles neurologiques sept mois après et même au-delà.»

Contaminations le monde n’est pas sorti d’affaire

Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a rappelé, le 9 mars, que la pandémie de Covid-19 était «loin d’être terminée» et «ne sera finie nulle part si elle nest pas finie partout». LOMS relève une forte croissance dans le Pacifique occidental.  Au niveau mondial, le nombre de décès a baissé de 8 %.  Dimanche, la Chine faisait état du triplement du nombre quotidien de contaminations par rapport à la veille et procédait au confinement ou au semi-confinement des villes de Shenzhen, Jilin, Changchun et Yanji. En Europe, les autorités allemandes indiquent également que le pays se trouve dans une «situation critique», malgré limpression partagée dans la population, selon laquelle la pandémie serait «maîtrisée».

 

 

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