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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

art et cuture

Souffle(s) Jean-Luc Godard et « nous ».

16 Septembre 2022, 09:22am

Publié par PCF Villepinte

 

Jean-Emmanuel Ducoin "La roue tourne"

Vendredi 16 Septembre 2022

Impensé Trop en dire – ou pas assez.

Il eût été commode pour le bloc-noteur, en cette semaine si particulière d’après Fête de l’Humanité, d’évoquer en mode «incarné» la richesse des moments partagés comme autant de joies profondes et despérances collectives. Sauf que, à peine les jours d’allégresse vécus, le monde de la culture – et de la politique – accusa l’un de ces deuils qui affaissent la volonté mais rehaussent nos consciences.

Jean-Luc Godard est mort: la phrase en elle-même, par son absurdité symbolique, contresigne l’impensé et dispense d’y croire vraiment. Le cinéaste en personne, à la question «Quelle est votre ambition dans la vie?», répondait: «Devenir immortel et mourir.» Pas donné à tout le monde.

Dès lors, que peut-on encore «écrire» sur l’insurgé du cinéma au génie subversif qui n’ait été déjà suggéré ou verbalisé depuis quelques jours? Attention, sil y a danger à parler des morts qui comptent aux yeux du plus grand nombre, il y a un danger tout aussi sérieux à parler de son propre rapport avec eux en offrant l’hommage en forme de témoignage personnel, toujours un peu réappropriant et qui risque toujours de céder à cette façon indécente de dire «nous», ou pire «moi».

Conscience

 L’oraison funèbre est un genre guetté de tous côtés par la mauvaise foi, l’aveuglement, et, bien sûr, la dénégation. Quand il ne s’agit pas de sombrer dans le pathos, qui ne peut être tempéré que par l’éventuel refus de parler de son rapport au disparu en faisant abstraction de toute différence et de tout conflit, de toute admi­­ration.

Comme pour se prémunir, et pourquoi pas l’appliquer à Godard pour en saisir le sens profond, voici ce qu’écrivit et lut Jacques Derrida aux obsèques de Louis Althusser: «Ce qui prend fin, ce que Louis emporte avec lui, ce nest pas seulement ceci ou cela, que nous aurions partagé à un moment ou à un autre, ici ou là, c’est le monde même, une certaine origine du monde, la sienne sans doute mais celle aussi du monde dans lequel j’ai vécu, nous avons vécu une histoire unique.» 

La disparition de Jean-Luc Godard, à l’instar des morts exceptionnels qui ont accompagné nos vies, emporte avec elle quelque chose qui s’arrache à la plus profonde conscience collective. La perte suscitée par l’un des plus grands cinéastes de tous les temps, avec ces secousses inouïes d’images et de sons que son œuvre réactive dans la mémoire de ses contemporains, avec une amplitude internationale incomparable, et une influence qu’aucun autre cinéaste français n’a jamais atteinte.

Romantique et révolutionnaire, moderne et classique, le réalisateur fut l’un des rares qui repoussèrent les limites esthétiques et narratives du 7e art. Créateur génial, provocateur et autodestructeur, adulé et honni, Godard apparaît comme celui qui entretenait le mieux ce feu sacré de la révolution permanente… poussant l’exigence jusqu’à imposer – à lui-même et aux autres – une rupture non moins permanente. Du grand art. Sans compromission.

Pensée

 Homme sans vraie descendance cinématographique ni véritables héritiers, Godard eut pourtant une influence essentielle, unique dans l’histoire du genre. On en voudra au bloc-noteur de cette tautologie ronflante, mais il n’est pas exagéré de prétendre qu’un seul film lui aura suffi pour se hisser à cette hauteur, À bout de souffle. Un avant, un après. Et une date, 1960, qui situe précisément le coup de tonnerre et la fulgurance du génie en plein surgissement imprévisible.

Le choc absolu.

Godard disait de ces temps immémoriaux de la nouvelle vague: «Nous étions des clichés ambulants, mais nous avions découvert un continent, où tous les gestes de la vie trouvaient leur place.» Un jour, il déclara dans le Monde: «Le cinéma, ce nest pas une reproduction de la réalité, cest un oubli de la réalité. Mais si on enregistre cet oubli, on peut alors se souvenir et peut-être parvenir au réel. C’est Blanchot qui a dit: Ce beau souvenir quest l­oubli.» L’artiste total de «la» pensée.

 

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Ainsi prêchait Zarathoustra

15 Septembre 2022, 08:37am

Publié par PCF Villepinte

Essai Le grand spécialiste des religions Michael Stausberg publie un ouvrage de référence sur le zoroastrisme en revenant aux grands textes perses.

L'Humanité Jeudi 15 Septembre 2022

Stéphane Floccari

Leemage via AFP

ZARATHOUSTRA ET SA RELIGION, DE MICHAEL STAUSBERG, ÉDITIONS LES BELLES LETTRES, 164 PAGES, 19 EUROS

Il suffit d’entendre prononcer son nom venu d’ailleurs pour penser à celui qui, près de nous, en fit le porte-­parole de son projet philosophique et s’engagea dans la plus féroce lutte jamais menée contre la morale. Comme si, sous Zarathoustra le Perse, depuis toujours pointait Nietzsche, un Allemand filant au Sud, pour y écrire, en 1883, «un livre pour tous et pour personne».

Comme si, malgré ses avertissements inactuels, on pouvait écrire l’Histoire en marchant comme des écrevisses, à rebours du chemin escarpé qu’il dessina sur les collines de Portofino pour proclamer la mort de Dieu. Comme si une parole humaine, trop humaine, ne nous parvenait que par la ventriloquie de celui qui s’en fait l’écho et la parodie pour briser le temps des hommes en un avant et un après.

Zarathoustra est pourtant, avec Jésus, Socrate, Confucius et quelques autres, un membre éminent du gotha des plus grands influenceurs de tous les temps, passés et à venir. En inventant l’opposition du Bien et du Mal, que Nietzsche fissura à coups de marteau et finit par faire exploser à grand renfort de dynamite par la main de son Surhomme, Zarathoustra posa les jalons des jugements de valeur les plus profondément ancrés dans nos consciences malheureuses, marquées au fer par ce qui «doit» ou non se faire, se dire, se penser, se perpétuer, etc.

C’est ce que rappelle avec beaucoup de clarté et de précision le grand spécialiste des sciences religieuses Michael Stausberg, qui enseigne à l’université de Bergen, en Norvège. Auteur d’une somme monumentale de plus de 1500 pages sur lhistoire de la religion, celle des communautés zoroastriennes actuelles dans les différentes parties du monde et les pratiques rituelles souvent méconnues qui les accompagnent, Stausberg éclaire d’un jour nouveau une religion très ancienne.

Ce faisant, il renouvelle les études parues en langue française sur la question, dont les plus sérieuses sont déjà relativement anciennes, notamment celles de Jean Varenne, Zarathushtra, qui remonte aux années 1960, et de Paul du Breuil, le Zoroastrisme, parue en 1982.

Comme toujours, l’innovation scientifique suppose une rupture dans la méthode et un changement de paradigme. Jusqu’à présent, tout reposait sur un comparatisme indo-européen largement dépendant du védisme pour établir une série de conjectures sur le zoroastrisme. Or, la démarche de Stausberg consiste à revenir aux textes iraniens avestiques et moyen perses, pour jeter un œil averti à l’intérieur des communautés liées au culte zoroastrien.

On y gagne une précieuse compréhension, documents écrits à l’appui, du culte d’Ahura Mazda (« Maître Sage» ou «Maître de Sagesse»), dieu créateur et ordonnateur dont les rois de lancienne Perse gravirent le nom sacré sur leurs tablettes.

Mais le plus fascinant dans cet ouvrage – qui se lit comme on écouterait une conférence aussi savante qu’agréablement formulée –, c’est de voir que, de Vancouver à Auckland en passant par Miami, Téhéran et Bombay, des femmes et des hommes ont formé des réseaux transcontinentaux pour penser à leur manière les questions du corps, de la mort, de la pureté, du sexe et de la morale.

 

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Un génie subversif

14 Septembre 2022, 07:25am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité Jean-Pierre Léonardini

Mercredi 14 Septembre 2022

«Quest-ce que lart, Jean-Luc Godard?» rimait Aragon à la une des Lettres françaises, le 9 septembre 1965, pour la sortie de Pierrot le Fou. Godard n’a jamais répondu qu’en brouillant sans cesse les codes, comme on dit. Il a autopsié le cinématographe, pour voir et montrer ce qu’il avait dans le ventre.

De cette opération, un autre art du film est né, infiniment libre, coupant, monté cut, semblable à l’improvisation du jazzman ou à Picasso réinventant la peinture après l’avoir déconstruite. Truffaut, avant leur brouille, disait: «Godard a pulvérisé le système, il a fichu la pagaille dans le cinéma…» À bout de souffle a tout changé.

Il n’a jamais dérogé à sa règle d’«organisateur conscient du film», en maîtrisant tous les postes, de l’écriture à limage, au son, à la musique et au sens toujours surprenant, fertile dans la culture du paradoxe, ce synonyme poli de la contradiction. En lui, le poète visuel se double d’un théoricien averti, d’un dialecticien aussi surprenant que Brecht, par exemple.

En témoignent ses Histoire(s) du cinéma (1988-1998) éditées par Gallimard. Subjuguant son monde, il a été adoré et haï. Les maoïstes français n’aimaient pas la Chinoise ; les juifs américains le jugeaient antisémite parce qu’il prenait fait et cause pour les Palestiniens… Il faisait face à toute polémique de la même voix inimitable, étrangement grave, un peu suisse, semée de blancs dans le discours avec un rien d’insolence pince-sans-rire.

Nous traitons par ailleurs de son œuvre entier, fait de films phares et, à un moment donné, d’interventions d’agit-prop gauchistes. Rien à jeter, il faut tout prendre chez un artiste de cette trempe qui a su filmer avec une telle intensité les affres de l’amour et les vertiges politiques de la société de son temps.

La Suisse n’est pas que le pays des coucous et du chocolat au lait. Elle produit, de temps en temps, un Marat et un Godard. À l’ère du streaming et des blockbusters, l’effacement du génie subversif de Godard nous signale que le septième art du XXe siècle a définitivement mis la clé sous la porte.

 

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En direct de la Fête de l'Humanité

10 Septembre 2022, 06:43am

Publié par PCF Villepinte

 

Une nuit de fête... et ça continue

L'ESSENTIEL

Rendez-vous politique de toute la gauche, point de convergence des luttes socialescarrefour multiculturel, le premier jour de la Fête de l'Humanité a tenu toutes ses promesses.

Retrouvez ici en vidéo le débat "Fâchés pas fachos ? Ou vote d’adhésion aux idées du RN ?", avec Pierre Wadlow, docteur en sciences politiques, Bruno Nottin, responsable du PCF, François Ruffin, député Nupes/FI, Louise Gaxie, de la fondation Gabriel Peri, Violaine Girard, sociologue et Marine Tondelier, élue Europe Écologie Les Verts.

Retrouvez ici en vidéo le débat "Les Youtubeurs, nouveaux messagers de l’éducation populaire ?", avec Benjamin Patinaud de la chaîne Bolchegeek et Ludo d’Osons Causer. Et cette belle nouvelle qu'ils ont annoncé : ils vont chacun réalisé chaque mois une chronique vidéo pour l'Humanité, Bolchegeek dès le 18 septembre, et Osons causer dès le 2 octobre.

Retrouvez aussi l'inauguration de la Fête en vidéo et le discours de Fabien Gay, directeur de l'Humanité.

ET DEMAIN ?

Des débats à suivre en direct sur Humanité.fr

11 heures : les entretiens de la Rédaction avec Jean-Luc Mélenchon,

15 heures : le face à face Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, et Roland Lescure, ministre chargé de l’industrie

16 heures : « La gauche est-elle prête à concquérir le pouvoir ? » avec Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, Julien Bayou, secrétaire national d’EELV, Olivier Faure, premier secrétaire du PS et Mathilde Panot, présidente du groupe des députés FI.

Les moments forts

Les concerts de Sexion d'Assaut, Ziak, Danakil, Sniper, Selah Sue et bien d'autres !

Le meeting politique sur la Grande scène Angela Davis

La soirée climat à l'Agora

Le nouveau spectacle décapant de Guillaume Meurice, où il incarne un candidat à la présidentielle 2027.

Les débats sur l'Ukraine et la toute prochaine présidentielle au Brésil.

La remise du prix Bulles d'Humanité

Et toutes les rencontres, anecdotes et coulisses racontées par nos journalistes !

Retrouvez ici tout au long de ce week-end des 9, 10 et 11 septembre toute l'actualité de la Fête de l'Humanité.

 

 

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BD. Cet été, bullez avec l’humanité ! #4

30 Juillet 2022, 07:03am

Publié par PCF Villepinte

Vingt bandes dessinées sur la ligne de départ, huit finalistes à l’arrivée. Le jury du prix de la BD citoyenne Bulles d’Humanité s’est arraché les cheveux pour trouver un successeur à « Révolution »« les Deux Vies de Pénélope » et « Fourmies, la Rouge », lauréats des trois premières éditions.

Le vainqueur 2022 de ce prix, remis en partenariat avec le Comité des travaux historiques et scientifiques, sera annoncé lors de la Fête de l’Humanité. Pour patienter, notre magazine consacre ses pages estivales aux huit albums encore en lice. Cette semaine,«Faut faire le million» fait entendre le cri de rage dun banlieusard quinquagénaire. Avec son ironie amère, Gilles Rochier est au sommet de son art.

Samedi 30 Juillet 2022

L'Humanité Lucie Servin

Faut faire le million, Gilles Rochier, 6 pieds sous terre, 96 pages, 18 euros.

Gilles Rochier en a marre. Tout l’énerve. Autour de la cinquantaine, il a passé l’âge de zoner dehors pour retrouver ses potes sur le même banc et entendre les mêmes vannes lancées pour conjurer la merde et le désespoir. Alors il part, il marche toujours plus loin pour ne plus voir personne et essayer de comprendre ce nouveau besoin de solitude qui le saisit au mitan de sa vie: ce drôle de goût, «un mélange de trouille et denvie den découdre, entre violence et fuite».

Depuis vingt ans maintenant, l’artiste se raconte en BD, lui, ses copains, son quartier, cette banlieue qu’il n’a jamais quittée. Des premiers fanzines à «Ta mère la pute», lalbum qui la fait connaître, et jusqu’à aujourdhui, cet autodidacte a trouvé dans les livres une porte de sortie où sublimer son ironie.

Le trait est âpre, dur, fragile aussi, comme une ligne tracée sur une corde raide, vacillante, qui penche toujours du mauvais côté du périph, mais à laquelle il s’accroche vaille que vaille. Sauf que rien ne va plus. Le corps s’use. Ras le bol, fatigue et lassitude: les angoisses prennent le dessus. À lheure du bilan dune existence passée à être honnête, responsable, «bon fils, bon père, bon républicain», il constate: «On sest bien fait baiser.»

Lexpression na rien de vulgaire. La franchise détonne, au contraire, dans cette capacité singulière à parler du vécu, à dire le lot des faibles, le quotidien des perdants qui ­regardent Paris brûler pendant une manifestation de gilets jaunes, des spectateurs cloués au bitume, exilés en haut d’une tour de béton. Comme eux, Gilles subit. Sa résistance s’exprime dans cette lucidité cinglante avec laquelle il observe cette réalité morose, monochrome, bleu-gris mélancolie.

Son style inimitable dit mieux que personne la banlieue fantasmée par les atermoiements misérabilistes des uns ou les frissons sensationnalistes des autres. Au fil des cases, du vrai, du banal, du terrible, de l’humour aussi. Il y a ceux qui font la manche, le mec en costard dans le métro, le toqué qui déclame devant la caméra de surveillance, celui qui pète les plombs, la sœur de son pote battue par son mari, les tarés qui rêvent de braquages, la foule des paumés, naufragés, radicalisés. Et puis l’électrochoc, un cadavre retrouvé dans une poubelle. C’est David, un ancien camarade d’école. En compilant ces instantanés de la folie ordinaire, Gilles n’épargne personne et surtout pas lui-même.

Découvrez en avant-première les planches de la BD, « René.e aux bois dormants », dans le N°816 de l'Humanité magazine

Coincé, il devient hargneux. Il disjoncte et fouille avec autodérision au-delà du malaise, aux racines d’une société du tout pour le fric. Triomphe du paraître, faillite de l’être. L’argent qui manque cimente les rêves de gagner au Loto. La dignité s’achète avec une paire de baskets. Le constat fait mal.  «Faut faire le million» témoigne de vies à crédit et donne rendez-vous au cimetière. Chaque planche bat la mesure de la colère, crie laveu dune impuissance où percent aussi, malgré le marasme et le dégoût, la confidence d’un humanisme sincère, la fraternité qui reste comme unique richesse.


PRIX DE LA BD CITOYENNE,  LES HUITS FINALISTES DE LA SÉLECTION 2022

« Une Révolte tunisienne », Aymen Mbarek, Seif Eddine Nechi, traduction Marianne Babut, Alifbata, 224 pages

« Des Vivants », Raphaël Meltz, Louise Moaty, Simon Roussin, Éditions 2024, 260 pages

« René.e aux bois dormants », Elen Usdin, Sarbacane, 272 pages

« Faut faire le million », Gilles Rochier, 6 pieds sous terre, 96 pages

« # J’accuse...!» de Jean Dytar, Delcourt, 312 pages

« Le Poids des héros », David Sala, Casterman, 176 pages

« Michel, la fin les moyens, tout ça », Pierre Maurel, L’employé du moi, 80 pages

« Le Roi des vagabonds », Patrick Spät, Bea Davies, Dargaud/Seuil, 160 pages

 

 

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Jacques Brel - "Pourquoi ont-ils tué Jaurès?" - 1977

29 Juillet 2022, 09:59am

Publié par PCF Villepinte

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Voix vives, ballades poétiques à Sète

27 Juillet 2022, 07:57am

Publié par PCF Villepinte

Le Festival Voix Vives, de Méditerranée en Méditerranée, revient cette année à Sète pour un grand rendez-vous poétique en accès gratuit.

Publié le Mardi 26 Juillet 2022

L'Humanité Emma Neige

 À Sète, du 22 au 30 juillet, rues, places, jardins, port et bateaux,... invitent les visiteurs à la découverte de la poésie méditerranéenne contemporaine.

Du 22 au 30 juillet 2022, plus de 80 poètes contemporains se rejoignent dans la ville de George Brassens et Paul Valéry pour célébrer la beauté des mots et la mise en commun des histoires dans un cadre idyllique. Conteurs, musiciens ou comédiens, ils investissent la «Venise du Languedoc» pendant neuf jours. Une invitation à la découverte de la poésie méditerranéenne contemporaine et de limaginaire poétique et littéraire des territoires de la Grande Bleue. Les rues, places, jardins, ports et bateaux de Sète accueillent les visiteurs de 10 heures à minuit.

Un voyage à travers les cultures des quatre Méditerranées

Le Festival invite en résidence, pendant toute sa durée, des poètes venus de toutes les rives de notre mer commune et d’ailleurs. Un voyage à travers les cultures des quatre Méditerranées: africaine, latine, balkanique et orientale. À leurs côtés, sont réunis des poètes issus dune «cinquième Méditerranée», celle que lHistoire a exportée dans le monde, vers lAmérique du Sud, lAmérique Centrale, l’Afrique de l’Ouest et la Francophonie. Les messages délivrés s’imprègnent d’une identité propre aux territoires des poètes. Échanges d’expériences, de différences et d’histoires rythment les rues et les places où les poètes se répondent, s’écoutent et dialoguent. D’une passion commune pour leur art éclôt un échange culturel bienveillant.

La diversité proposée par le festival retrace les différentes tendances de la poésie contemporaine méditerranéenne. Une scène libre est également à disposition pour toute personne souhaitant s’inscrire. Voix vives ouvre ainsi ses portes à tous, initiés ou non, à la poésie, et des ateliers d’écriture et d’art plastique mêlent les générations. L’évènement est également le premier festival à avoir fait sa place à la langue des signes, organisant, chaque jour, des rencontres poétiques en direction des publics sourds. Les textes des poètes invités sont traduits grâce à la collaboration des associations Arts Résonances et Des’L.

Lectures intimistes en voiles latines ou barques à rames

Devant la mairie de Sète, sur la Place Léon Blum renommée Place du livre pour l’occasion, le Marché de la poésie réunit plus de 100 éditeurs. Lieu d’échanges et de rencontres avec les poètes et les visiteurs, il accueille chaque jour de nombreuses manifestations poétiques et musicales. En journée, les publics peuvent écouter des lectures en bateaux. Lectures intimistes en voiles latines ou barques à rames, le choix est libre. Enfin, 11 concerts et spectacles nocturnes au Théâtre de la Mer et au Jardin du Château d’eau s’ajoutent à la programmation. Ainsi, le chanteur espagnol Paco Ibáñez offrira un hommage à “su maestro” et ami George Brassens le samedi soir. C’est un évènement inclusif, intergénérationnel et gratuit, tourné vers le partage des cultures de la Mare Nostrum que nous propose le Festival Voix vives, grâce à la collaboration des artistes, et l’implication des associations sétoises.

Retrouvez la programmation en détail sur le site https://www.voixvivesmediterranee.com.

 

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Gauvain Sers: « Être invisible, c’est ce qu’il y a de pire dans la vie »

9 Juillet 2022, 08:56am

Publié par PCF Villepinte

ENTRETIEN 

Le chanteur, portraitiste adoubé par Renaud, susurre des mots tendres et vrais qui racontent la France des humbles et des «oubliés». Auteur dun troisième album sorti cet hiver, «Ta place dans ce monde», il sera à la Fête de lHumanité en septembre. Rencontre avec un artiste des villes et des champs.

Clément Garcia L’Humanité

Publié le Samedi 9 Juillet 2022

 

Nous sommes attablés dans un café du Paris popu lorsqu’une femme intervient: «Gauvain, cest bien vous? Jaime bien ce que vous faites, je trouve les paroles de votre dernière chanson intéressantes.» Sil le fallait, preuve est faite que « les Oubliés », devenue lhymne des invisibles, a tapé dans le mille. «Vous navez pas pris de position politique?» ajoute la flâneuse. «Pas directement, je préfère le faire en chansons.» Percée du RN, espoir à gauche, retour du Parlement, tout y passe. «Cest drôle. Drôle et touchant, sans filtre et tellement sincère», relève, amusé, Gauvain Sers. Le chanteur a lhabitude des sollicitations. Ils ne sont pas si nombreux à chanter les humeurs du pays. Formé à l’école des cafés de chansonniers des Renaud, Allain Leprest ou Anne Sylvestre, l’auteur-compositeur-interprète originaire de la Creuse fera son grand retour à la Fête de l’Humanité, en septembre.

On a parlé, concernant «Ta place dans ce monde», dun album de confinement. Celui-ci nest pas introspectif, mais plutôt tourné vers le monde extérieur.

Ça a été un petit moment de repli, mais je n’en ai pas forcément parlé dans mes chansons. Parler des autres, c’est un bon moyen de chercher «sa place dans le monde». J’évoque des personnages qui aspirent à des choses très différentes, mais se posent tous la question de leur utilité sur cette planète. Cest un peu la colonne vertébrale de lalbum. Il y a aussi des chansons plus personnelles, les plus difficiles à faire sortir parce qu’un peu impudiques.

Votre plus grand succès reste la chanson « les Oubliés » qui évoque, à travers une école menacée, l’abandon de la France rurale. Comment va cette France aujourd’hui?

J’y retourne souvent, notamment grâce aux tournées, et je ne suis pas sûr qu’elle aille très bien. Le résultat des législatives le rappelle. C’est dans ces endroits reculés qu’il y a tous ces votes extrémistes. Je n’en veux même pas aux gens. Je crois que ce n’est pas eux qu’il faut fustiger, mais plutôt une succession de décisions qui a amené à ce vote de désespoir. Il y a un sentiment d’abandon assez récurrent chez beaucoup de gens très différents, c’est pour ça que la chanson a résonné en eux. D’ailleurs, je reçois presque tous les jours des messages pour venir chanter « les Oubliés » dans des écoles. Je crois qu’être invisible, c’est ce qu’il y a de pire dans la vie. Mieux vaut carrément être détesté.

Dans votre dernier album, «les Oubliés» sont partout, à l’hôpital, derrière les caisses, mais aussi dans les VTC.

Le monde moderne produit ce genre de métiers avec des conditions déplorables et un salaire de misère, avec des sans-papiers dont on profite, sans couverture. J’aimais bien l’idée de la galerie de portraits de personnes qui ont été sur le devant de la scène pendant cette période-là.

Vous chantez également le racisme de manière directe. C’est assez rare dans la chanson française.

C’est un thème qui m’a toujours préoccupé. On se demande comment ça peut encore exister au XXIe siècle. Avec « Sentiment étrange », j’avais envie de faire un état des lieux par rapport à « Lily » (chanson de Pierre Perret – NDLR): quest-ce qui a changé en bien et qu’est-ce qu’il reste à faire pour qu’on ait les mêmes droits à la naissance? Je voulais aussi évoquer le racisme ordinaire, la petite blague à la machine à café. Il y a encore des gens qui meurent du racisme et on observe la montée de mouvements fascistes en Europe. Il faut continuer à faire des chansons pour lutter contre ça.

Mais vous persistez, comme le dit votre personnage, à voir «le verre à moitié plein».

Oui, parce que je crois que les chansons sont aussi faites pour donner de l’espoir, de l’élan, du baume au cœur. Cette envie que la pièce retombe de temps en temps du bon côté est en partie due au confinement. C’est aussi dans ma nature, malgré tout, d’être optimiste. Et il y a parfois des raisons de l’être. Je persiste à penser que l’humain est bon à la naissance.

Après trois albums, vous vous autorisez désormais à chanter vos débuts, notamment dans « Elle était là ».

En cinq ans, il s’est passé beaucoup de choses dans le monde. La crise sanitaire mondiale, le retour de la guerre en Europe, les États-Unis qui reviennent sur une loi cinquantenaire… Dans ma petite vie aussi. J’essaie de raconter tout ça. C’est une chanson égocentrée mais, en même temps, une manière de rendre hommage à la personne sans qui je n’aurais pas eu les épaules pour me lancer là-dedans. C’est très important pour moi d’expliquer la manière dont j’ai commencé. Les gens ont parfois l’impression qu’il suffit d’arriver sur une émission de télé pour que ça marche.

D’ailleurs, vous devez surtout votre succès à un public fidèle.

Ce sont surtout les premières parties de Renaud qui en ont été le fer de lance. On était deux à la guitare dans une formule très intime, sans grandiloquence. Juste cinq chansons. Le public a tout de suite attendu la suite. Et quand le premier album est arrivé, il a été au rendez-vous. Je suis content d’avoir démarré par la scène. Il y a beaucoup d’artistes qui démarrent par un télé-crochet ou autre chose dans le genre. Je ne me sentais pas légitime pour faire un truc de chanteur à voix ou d’interprète. J’avais plutôt envie de raconter des histoires, et ça passe par la scène, les petits cafés. Le Zénith avec Renaud a été possible parce que j’ai appris à gérer la scène. Commencer par là, ça permet aussi de fidéliser le public. Et, sur scène, on ne peut pas tricher. Si tu n’es pas sincère, les gens le sentent tout de suite.

Dans vos chansons, vous évoquez beaucoup la manière dont vient l’inspiration. Pourquoi ce besoin?

Bonne question… C’est une manière de se mettre en scène, le côté arroseur arrosé aussi. Dans « La France des gens qui passent », je me mets dans le champ. Je ne sais pas d’où ça vient. Dans la famille d’artistes à laquelle je me rattache, il y a des chansons où tu braques la caméra et, en même temps, tu prends un selfie. Quand je finis une chanson, j’ai l’impression que je n’arriverai plus jamais à en écrire une autre, comme si elle m’avait pris une part de moi. Il n’y a pas de recettes pour écrire une chanson. Parfois, elle tombe et il faut être au bon endroit pour ne pas la laisser passer, sinon, une heure après, je ne sais plus quoi dire… Quand je sens que je galère, ça ne fait pas une bonne chanson. Alors que, par exemple, «les Oubliés», jai dû l’écrire en à peine deux heures.

Vous allez vous produire à la Fête de l’Humanité en septembre. Quel est votre rapport à cet événement?

Ça a été un de mes plus beaux souvenirs de scène, face au stand du Nord qui fait pas mal de bruits (rires). C’est une région que j’adore, où on joue très souvent, que j’ai chantée aussi. J’ai beaucoup d’admiration pour cette fête qui rassemble des gens à un prix dérisoire. Il y a là-bas une humanité, comme son nom l’indique, qui n’existe nulle part ailleurs. Cette année, ce sera le grand retour, j’ai vraiment hâte d’y jouer. Je n’ai pas l’habitude de changer mes chansons en fonction des festivals, mais, là, je vais essayer d’appuyer sur l’engagement.


Gauvain Sers sera à la Fête de l’Humanité le dimanche 11 septembre à 19 heures sur la scène Joséphine-Baker.

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Les Wampas Manu Chao Le Clip Video

3 Juillet 2022, 08:05am

Publié par PCF Villepinte

 

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Fête de l’Huma : pour reconstruire un espoir à gauche

3 Juillet 2022, 07:54am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 29/06/2022 par PCF

On a coutume de dire que la Fête de l’Humanité marque la rentrée politique et qu’elle représente un enjeu en termes de mobilisations politiques et sociales. Cette année c’est puissance 10.

À l’issue des présidentielle et législatives nous vivons une situation tout à fait inédite qui va nécessiter que s’ouvre un débat profond dans le pays pour qu’elle se traduise par la construction d’une véritable alternative politique de gauche aux politiques libérales menées depuis des décennies.

Certes, nous n’avons pas réussi à faire élire une majorité de gauche à l’Assemblée nationale, mais la gauche sort renforcée de ce scrutin. C’est également le cas pour notre groupe. Et pour l’heure, le Président Macron n’a pas de majorité pour gouverner.

C’est un point d’appui extrêmement précieux pour résister aux politiques de régression sociale que le gouvernement entend poursuivre, c’est un point d’appui pour combattre le Rassemblement national et pour impulser débats et mobilisations populaires indispensables pour que cette situation se traduise par des ambitions majoritaires de transformation sociale.

Nous avons en tant que parti communiste un rôle déterminant à jouer pour que de cette situation renaisse l’espoir d’une véritable transformation du quotidien pour nos concitoyens, pour que s’ouvre les perspectives de changements profonds de la société répondant aux enjeux sociaux, environnementaux, démocratiques auxquels est confrontée notre société.

La construction de ce nouvel espoir à gauche va représenter un enjeu central pour combattre les idées du RN qui, dans la situation de désespérance que subit notre peuple depuis des années, occupe une place toujours plus importante et très inquiétante pour l’avenir.

Dans ce contexte, la Fête de l’Humanité prendra une importance toute particulière.    Premier événement politique de la rentrée 2022, elle doit être loccasion dinviter syndicalistes, progressistes, citoyens qui sinterrogent sur lavenir de notre société à venir débattre de cette alternative à construire.   

Cette édition de la Fête sera bien sûre festive et de grande qualité artistique, mais elle sera de toute évidence une édition très politique où peut se jouer, pour une part, l’avenir de notre pays.

Question de la retraite à 60 ans, de l’augmentation des salaires et des pensions, de l’hôpital public qui est à l’agonie… Ce sont autant d’occasions de débattre, d’agir, de construire des majorités d’idées et d’inviter à ce que ces batailles trouvent une prolongation politique à la Fête. 

Plus que jamais, la Fête de l’Huma 2022 peut devenir le lieu de la reconstruction d’un espoir à gauche qui fait tant défaut dans notre pays depuis des années. 

Nathalie Simonnet, membre de l’exécutif national

Amadou Deme, membre du conseil national

Co-animateurs de la diffusion du bon de soutien

 

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