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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

art et cuture

Marianne Cohn, « Je trahirai demain », 1943.

26 Novembre 2021, 08:51am

Publié par PCF Villepinte

« Je trahirai demain »

Je trahirai demain pas aujourd’hui.
Aujourd’hui, arrachez-moi les ongles,
Je ne trahirai pas.

Vous ne savez pas le bout de mon courage.
Moi je sais.
Vous êtes cinq mains dures avec des bagues.
Vous avez aux pieds des chaussures
Avec des clous.

Je trahirai demain, pas aujourd’hui,
Demain.
Il me faut la nuit pour me résoudre,
Il ne faut pas moins d’une nuit
Pour renier, pour abjurer, pour trahir.

Pour renier mes amis,
Pour abjurer le pain et le vin,
Pour trahir la vie,
Pour mourir.

Je trahirai demain, pas aujourd’hui.
La lime est sous le carreau,
La lime n’est pas pour le barreau,
La lime n’est pas pour le bourreau,
La lime est pour mon poignet.

Aujourd’hui je n’ai rien à dire,
Je trahirai demain.

Marianne Cohn, « Je trahirai demain », 1943.

 

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Explosions

24 Novembre 2021, 09:16am

Publié par PCF Villepinte

Winston Perez

Silence
On n’entend pas le vent, on n’entend pas la pluie.
Le cours du fleuve avance au ralentit.
Il n’y aucun souffle, aucune vie.
Silence.
Huis clos dans l’atmosphère…
Nuages blancs,

Vertige.

Silence.

Soudain un point fixe à l’horizon

Silence.

Le vide.

Puis,

Explosions.

Winston Perez, 2008

 

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MAGIE BLANCHE

23 Novembre 2021, 08:38am

Publié par PCF Villepinte

 

Ces serpents qui jaillissent hors de cette serviette

Ce sont quatre foulards que jeta ce sorcier

Si vous saviez amis ce que vaut sa

Science vous ririez abattus par trop de scepticisme

Tonnez canons de cuivre! sur la corde tirez!
Tracez cercles de feu, fusées, pissat d'étoiles!
Travaillez par dur labeur douces colombes qui tombez
Tendres et blanches neiges hors du filet attrape

Dans tous les gobelets sont liquides ou dés
Dés mépris du calcul liqueur chimie de3 diables
Déroute de la vue des cinq sens dérision

Dans la poche profonde se cache sa défense
Travailleur syndiqué en frac
Noël des jours d'étrenne
Ce savant qui déçoit artiste qui se sauve

Raymond Queneau

 

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Les mains d'or

22 Novembre 2021, 09:53am

Publié par PCF Villepinte

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Ô jeunesse Robert DESNOS

19 Novembre 2021, 08:02am

Publié par PCF Villepinte

Robert DESNOS

Recueil : "Destinée arbitraire"

Ô jeunesse voici que les noces s’achèvent
Les convives s’en vont des tables du banquet
Les nappes sont tachées de vin et le parquet
Est blanchi par les pas des danseurs et des rêves

Une vague a roulé des roses sur la grève
quelque amant malheureux jeta du haut du quai
Dans la mer en pleurant reliques et bouquets
Et les rois ont mangé la galette et la fève

Midi flambant fait pressentir le crépuscule
Le cimetière est plein d’amis qui se bousculent
que leur sommeil soit calme et leur mort sans rigueur

Mais tant qu’il restera du vin dans les bouteilles
qu’on emplisse mon verre et bouchant mes oreilles
J’écouterai monter l’océan dans mon cœur.

 

Robert Desnos (4 juillet 1900 - 8 juin 1945) était un poète, écrivain et journaliste français. Influencé notamment par Nerval et Baudelaire, il écrit principalement des textes poétiques, même lorsqu'il se trouvait dans le camp de concentration. Ses sujets principaux incluaient surtout l'amour. Paul Éluard disait de lui: 'De tous les poètes que je connaissais, Desnos était le plus immédiat, le plus libre; il était un poète qui n'a jamais quitté son inspiration; il pouvait parler, comme un poète peut à peine écrire. Il était le plus courageux de tous'.

 

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Quand les boueux sont en grève... C’est les ordures qui protestent. Jacques Prévert

17 Novembre 2021, 10:48am

Publié par PCF Villepinte

 

Renault au boulot

On ne peut pas crier

on ne peut pas tomber plus bas.

Renault au boulot !

Misérable slogan hurlé sur les Champs-Élysées

en toute sécurité.

Renault au boulot !

La France aux Français !

Cris tricolores

cris de peur bleue

de terreur blanche

de honte rouge refoulée.

Renault au boulot !

ouvriers à la chaîne

chômeurs au malheur comme chiens à la niche

mineurs à la misère

gueules noires au grisou

paysans n’importe où !

Et nous entre nous

chez nous

chez eux

chez vous.

Jacques Prévert, 31 mai 1968

 

 

 

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Poème de Voltaire : Ce qu’il faut pour être heureux

16 Novembre 2021, 11:16am

Publié par PCF Villepinte

Il faut penser ; sans quoi l’homme devient,
Malgré son âme, un vrai cheval de somme.
Il faut aimer ; c’est ce qui nous soutient ;
Sans rien aimer il est triste d’être homme.

Il faut avoir douce société,
Des gens savants, instruits, sans suffisance,
Et de plaisirs grande variété,
Sans quoi les jours sont plus longs qu’on ne pense.

Il faut avoir un ami, qu’en tout temps,
Pour son bonheur, on écoute, on consulte,
Qui puisse rendre à notre âme en tumulte,
Les maux moins vifs et les plaisirs plus grands.

Il faut, le soir, un souper délectable
Où l’on soit libre, où l’on goûte à propos,
Les mets exquis, les bons vins, les bons mots
Et sans être ivre, il faut sortir de table.

 

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JEUNESSES

15 Novembre 2021, 16:45pm

Publié par PCF Villepinte

 

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L'hymne de nos campagnes

14 Novembre 2021, 08:08am

Publié par PCF Villepinte

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JAURES

12 Novembre 2021, 11:15am

Publié par PCF Villepinte

Ils étaient usés à quinze ans
Ils finissaient en débutant
Les douze mois s'appelaient décembre
Quelle vie ont eu nos grand-parents
Entre l'absinthe et les grand-messes
Ils étaient vieux avant que d'être
Quinze heures par jour le corps en laisse
Laissent au visage un teint de cendres
Oui notre Monsieur, oui notre bon Maître

 

Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?
Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?

 

On n'peut pas dire qu'ils furent esclaves
De là à dire qu'ils ont vécu
Lorsque l'on part aussi vaincus
C'est dur de sortir de l'enclave
Et pourtant l'espoir fleurissait
Dans les rêves qui montaient aux yeux
Des quelques ceux qui refusaient
De ramper jusqu'à la vieillesse
Oui not'bon Maître, oui not'Monsieur

 

Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?
Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?

 

Si par malheur ils survivaient
C'était pour partir à la guerre
C'était pour finir à la guerre
Aux ordres de quelque sabreur
Qui exigeait du bout des lèvres
Qu'ils aillent ouvrir au champ d'horreur
Leurs vingt ans qui n'avaient pu naître
Et ils mouraient à pleine peur
Tout miséreux oui not'bon Maître
Couverts de prèles oui not'Monsieur (*)

 

Demandez-vous belle jeunesse
Le temps de l'ombre d'un souv'nir
Le temps de souffle d'un soupir

 

Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?
Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?

«Jaurès» par Jacques Brel

 

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