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republique

Michel Barbier, un maire qui swingue

15 Septembre 2022, 08:43am

Publié par PCF Villepinte

Saxophone en main, il débarque à la Fête de l’Humanité avec son groupe de jazz. Édile PCF d’Eu, il est un de ces élus ruraux qui se battent pour préserver et dynamiser leur commune.

L'Humanité Jeudi 15 Septembre 2022

Florian Grenon

 

Quand on a proposé à Michel Barbier de jouer à la Fête de l’Humanité, il n’a pas hésité. «Cest un peu un rêve», explique le saxophoniste de jazz, également maire communiste, depuis 2020, d’Eu, en Seine-Maritime.

 «Cest un Parisien qui nous a entendus jouer dans notre commune et qui nous a proposé de venir», explique tout sourire l’élu mélomane, qui s’est produit sur le stand du PCF de Paris avec ses compères du groupe les Lombrics bleus, le batteur, Walter Boucher, Valentin et Jean René Martel, pianiste et trompettiste, le bassiste Arnaud Dujeancourt et le guitariste Johanny Giet. Il faut dire qu’avec la Fête, l’histoire d’amour est ancienne. Sa première, il s’en souvient encore, c’était en 1985. Et depuis, il n’en a raté aucune.

Si elle est placée sous le signe de la musique, la présence de l’élu à la Fête, ortho­phoniste dans le civil, est en parfaite cohérence avec son engagement politique. Entré au Parti communiste au début des années 2000, Michel Barbier est tombé dans la marmite dès l’enfance. Son grand-oncle Alfred Golliard, ancien préfet du Jura (1934-1940), a tenu tête au gouvernement de Vichy et est entré dans la Résistance en 1942. La mémoire de cet illustre aïeul arrêté, déporté puis assassiné dans les chambres à gaz du château d’Hartheim, en Autriche, s’est transmise dans la famille de génération en génération.

Ancien responsable syndical orthophoniste

C’est donc tout naturellement que Michel Barbier est entré en politique. Après avoir exercé dans les années 1990 des responsabilités au sein du syndicat professionnel des orthophonistes, il décide de se mettre au service de sa ville. En 2008, il rentre dans l’équipe de la maire socialiste comme adjoint à la culture.

Bouté hors de son poste par le retour de la droite, il revient en force en 2020 en unissant la gauche municipale sous sa bannière. Son score explose. Il est élu au second tour avec 49 % des voix, devenant le premier maire communiste de la ville. Le voilà désormais locataire du château où siège la mairie de la petite ville normande. En son temps, Louis-Philippe y invitait ses ministres.

II s’étonne encore d’avoir été élu . «Je nai pas cherché à être maire, cest venu naturellement», sourit l’édile. Sa recette: «Faire de la politique de proximité.» Dans une petite ville de 7800 habitants,  «on est proche des gens, cest très différent de l’échelle nationale ou des grandes villes», insiste-t-il. Son adjoint Sébastien Godeman appuie: «Tout le monde aime Michel, quelle que soit l’opinion politique.» D’ailleurs, cela explique que dans cette ville «traditionaliste», selon les dires de son ami , «l’étiquette communiste nempêche pas les gens de voter pour nous».

Le volontarisme de l’équipe municipale se heurte aux restrictions budgétaires. «Quand on est élu et quon a des convictions, cest frustrant davoir un budget restreint, on a peu de marge de manœuvre», explique Michel Barbier. Eu fait partie de ces villes chargées d’histoire qui doivent retrouver du souffle pour continuer à exister mais qui sont contraintes par manque d’argent.

La commune détient le troisième patrimoine de Seine-Maritime, avec de nombreux bâtiments classés. «Cest une ville très originale, on a le musée Louis-Philippe et deux théâtres pour les 7800 habitants», se félicite le maire. Mais, faute de moyens, «certaines propriétés sont en péril, se désole le communiste . On a un patrimoine qui se détériore et qu’il faut préserver. Il faut que l’État nous aide».

Comme si cela ne suffisait pas, la municipalité est confrontée à l’augmentation du prix de l’énergie, qui met ses comptes dans le rouge. Michel Barbier peine à boucler le budget. «Il y a des dépenses incompressibles», rappelle-t-il. Malgré tout, lui et ses équipes se démènent au quotidien pour dynamiser leur territoire.

Confrontés au manque de médecins après plusieurs départs récents à la retraite, ils ont mis en place une bourse d’aide pour les étudiants en médecine en échange de leur engagement à s’installer à Eu. Michel Barbier a également réussi, avec l’aide de la communauté de communes, à conserver l’hôpital de proximité de la ville et son service d’urgences.

Comme presque toutes les communes rurales, Eu est confrontée au vieillissement de sa population. Pour y remédier, Michel Barbier a mis en place «un conseil municipal de jeunes» sur lequel il compte beaucoup . Il met aussi un point d’honneur à partager le pouvoir avec ses adjoints, auxquels il donne beaucoup de liberté et de prérogatives . Et de conclure: «Je dis souvent: on est maire, et pas: je suis maire.»

 

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La patrie des Droits de l'homme face au RN...

2 Juillet 2022, 07:35am

Publié par PCF Villepinte

Apologie(s)

 

Civilisation.

 Quelque chose d’anormal dans un océan de «normalité» aussi écœurant qu’inquiétant. Depuis le second tour des législatives, tellement de digues ont sauté avec l’extrême droite que nous ne savons plus bien si la fameuse «banalisation» s’arrêtera – ou non – aux portes d’une certaine idée de la République, qui n’est pourtant pas négociable.

Après des jours et des jours d’atermoiements et de batailles parlementaires surréalistes, le bloc-noteur a sur le cœur une forme de ressentiment, sinon d’incompréhension. Dieu merci, nous ne sommes pas les seuls à nous interroger avec gravité.

Cette semaine, sous la plume de Françoise Fressoz, le journal le Monde expliquait ainsi clairement: «Le 21 avril 2002, la qualification surprise de Jean-Marie Le Pen pour le second tour de l’élection présidentielle avait créé l’effroi, suscité de puissantes manifestations et poussé les autres formations politiques à faire front pour défendre la République. Le 19 juin 2022, l’entrée surprise de 89 députés du RN à l’Assemblée nationale n’a pas provoqué le même sursaut.» 

Vingt-deux ans plus tard, en effet, une sorte de désolation mâtinée de résignation semble s’être emparée de la patrie des Droits de l’homme. Impossible de le passer sous silence, d’en rester là passivement. Régis Debray, qui n’a jamais manqué au combat, l’a souvent répété: «La pire faute en politique consiste à laisser en état ce qui doit disparaître alors même qu’on s’attache à détruire ce dont la permanence est la raison d’être et la marque d’une civilisation.»

Institutions.

 Jadis, de la gauche à la droite, l’affaire était entendue: le front républicain reposait sur l’idée indiscutable qu’il convenait de tenir aux marges de la République un parti qui, historiquement, l’a toujours menacée. Nous avons souvent alerté sur le danger majeur de «lhabitus» en tant que genre, même en politique.

Fifille-la-voilà a bien mené sa barque, jusqu’à apparaître «notabilisée». Doù la sidération devant la dernière séquence électorale. Jusqu’à présent, le lepénisme ressemblait à un problème ponctuel surgissant tous les cinq ans, mais que, collectivement, nous mettions plus ou moins sous le tapis – pas le bloc-noteur – tant la menace demeurait diffuse, improbable.

Cette fois, elle est bien là, nichée dans l’épicentre des institutions républicaines. L’habitude vient de se transformer en catastrophe. Le Monde le souligne justement: le RN dispose désormais «de 10 millions d’euros de financement public chaque année», de «la possibilité de recruter en masse des collaborateurs» et de «la certitude de peser dans un jeu parlementaire redevenu très ouvert».

L’incapacité de Mac Macron II à définir un projet qu’il annonçait «progressiste», porteur d’espoir pour nombre de citoyens qui se sentent relégués, a accéléré le processus de crise démocratique, quand il n’a pas lui-même déroulé le tapis rouge en cabossant tous les principes.

Crimes. 

Témoin de cette désagrégation, le discours inaugural de la session parlementaire, qui, par tradition, échoie toujours au doyen des députés. Par le hasard de l’âge et de la dernière élection, l’homme s’appelait José Gonzalez, élu RN de 79 ans. Et là, ce ne fut pas un simple dérapage de service auquel nous assistâmes: nous vîmes les vrais visages de l’extrême droite, ceux qui vont peupler le Parlement durant cinq longues années.

Sans scrupule, le nostalgique de la colonisation profita du Perchoir pour évoquer la mémoire des pieds-noirs à la fin de la guerre d’Algérie, puis, en marge de ce discours scandaleux, il ajouta: «Venez avec moi en Algérie, je vais vous trouver beaucoup d’Algériens qui vont vous dire “Quand est-ce que vous revenez, vous, les Français?’”»

 Plus grave encore, alors qu’on lui demandait si la France avait commis des «crimes contre l’humanité» en Algérie, le représentant de l’extrême droite répondit: «Non, et certainement pas des crimes de guerre», avant d’affirmer qu’il n’était pas là «pour juger si l’OAS a commis des crimes ou pas».

Vous ne rêvez pas. Cette scène se déroula le jour de l’intronisation de la première femme au Perchoir. Depuis, l’odieux José Gonzalez a bien sûr reçu les félicitations de Jean-Marie Le Pen. Ça s’est passé en France, en 2022, dans le haut lieu de la représentation nationale…

[BLOC-NOTES publié dans l'Humanité du 1er juillet 2022.]

Publié par Jean-Emmanuel Ducoin

 

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Macron a-t-il le monopole de la République ?

1 Juillet 2022, 07:38am

Publié par PCF Villepinte

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Digue(s)

24 Juin 2022, 07:08am

Publié par PCF Villepinte

Désastre

Gaullistes, chiraquiens, séguinistes, transfuges du pseudo-socialisme vers les ors du pouvoir, macronistes sincères de la première heure, bref, républicains de droite comme de gauche: réveillez-vous, ils sont devenus fous!

Cette semaine, pour des raisons quaucune raison de l’éthique politique nexpliquera ­jamais, la dernière marche de la normalisation de lextrême droite a été allégrement franchie – piétinant au passage tous les principes qui furent, jadis, communs aux femmes et aux hommes de bonne volonté citoyenne.

Actons donc la terrible réalité: la digue républicaine nexiste plus. Ni sur le terrain, du côté des électeurs; ni dans les appareils de certains partis, jusqu’au sommet de l’État. Soyons honnêtes, jamais le bloc-noteur n’aurait imaginé devoir écrire semblable phrase un jour. Seulement voilà, à la faveur d’une élection sens dessus dessous, les faits sont têtus. Et le désastre moral considérable…

La main tendue des macronistes aux lepénistes est un ­révélateur si puissant et affreux qu’elle ne se résume, hélas, pas au sentiment de peur panique qui gagne Mac Macron II en personne. Non, ce «moment» tragique pour notre démocratie symbolise, en une séquence courte de notre Histoire, la logique qui prévaut ­depuis trop longtemps.

Mensonges

Mac Macron II reste bel et bien l’homme du chaos permanent. Ce chaos durable dont il entrevoit lui-même les effets en cascade. Nous ne soulignerons jamais assez sa responsabilité dans l’essor du Rassemblement national (RN) depuis cinq ans. C’était son assurance-vie pour la réélection. Le prince-président a également joué avec le RN comme on joue avec le pire des feux, celui qu’on ne devrait jamais allumer: poussant la gauche à voter pour lui au second tour de la présidentielle afin de barrer la route à Fifille-la-voilà, mais refusant quelques semaines plus tard, aux législatives, d’appeler à voter pour la gauche unie quand celle-ci était en balance avec le RN.

À force de jeter la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) et l’extrême droite dans le même sac, le monarque élu, capable de tous les mensonges, a contribué à brouiller les lignes sans imaginer que cela pourrait se retourner, aussi, contre lui. Le résultat est connu. Alors que la Nupes a réuni plus de 6 millions de voix, contre seulement 3 millions au RN, les candidats d’extrême droite ont pourtant remporté 55 % des duels avec la gauche. Au passage, notons qu’il n’aura manqué au total que 16000 voix dans le pays, entre les diverses circonscriptions, pour que la Nupes obtienne une majorité relative devant les macronistes. Effrayante mise en abîme.

République

Nous y voilà, à ce point de non-retour à la fois symbolique et concret. Puisque le pouvoir ne peut gouverner faute de LR, et pour ne pas dépendre du seul bon vouloir de la droite, la Macronie cherche du côté du Rassemblement national des accointances utiles. Après avoir siphonné durant cinq ans une grande partie de la gauche libérale, Mac Macron II a allumé l’autre étage de la fusée, vampirisant toute candidature à droite, ultra-droitisant tous ses choix, et, bien sûr, choisissant son adversaire, Fifille-la-voilà, quitte à lui baliser la voie, lui dresser un pont-levis.

Au hasard d’un faux mouvement électoral, et désormais sans majorité absolue, les masques de la Macronie tombent. Ces beaux donneurs de leçons viennent de prouver qu’ils préfèrent les candidats du Rassemblement national quand l’occasion s’en présente. Cela ne vous rappelle rien? «Plutôt Hitler que le Front populaire», disaient certains de leurs aïeux durant l’étrange défaite. Le roi sans tête a perdu dans la ­bataille l’esprit de la France, celle des Lumières et de la grande Révolution. Rien d’étonnant en vérité. Sauf que, cette fois, la démocratie se trouve en péril, sinon la République elle-même.

 

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Soutien aux diplomates et agents du ministère des Affaires étrangères en grève

4 Juin 2022, 09:25am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 03/06/2022 par PCF

Le Parti communiste français (PCF) exprime son plein soutien aux diplomates et agents du ministère des Affaires étrangères en grève ce jeudi 2 juin 2022 contre la suppression autoritaire du corps diplomatique issue de la réforme de la haute fonction publique, décrétée par Emmanuel Macron en avril 2021.

 

Cette décision brutale vient après plusieurs vagues de coupes budgétaires qui ont déjà « réduit à l'os » les capacités du quai d'Orsay et des postes.

Cette orientation a entraîné une refonte dommageable du réseau diplomatique français portant atteinte aux conditions de travail de tous les agents du ministère, titulaires comme contractuels, à l'accès à leurs droits et services consulaires de nos compatriotes Français de l'étranger et a affaibli le rayonnement tant politique que culturel de notre pays.

Dans de nombreuses régions du monde, tous font chaque jour l'expérience pénible des insuffisances politiques créées, des difficultés matérielles générées pour les agents dans l'accomplissement de leur mission et de la rupture d'égalité devant la République pour les citoyens expatriés – tout cela, malgré les grandes compétences, et souvent le dévouement, des personnels du ministère des Affaires étrangères dans l'exercice de leurs fonctions.

Dans toutes les situations qu'ils et elles ont pu rencontrer comme dans le cadre de la coopération décentralisée, le PCF et ses parlementaires et élu-e-s peuvent témoigner des qualités professionnels et humaines des agents du ministère, que ce soit à Paris ou en poste.

Sur le fond, le choix fait par le président et ses gouvernements prolonge une orientation politique qui ne grandit pas la France, qui affecte son indépendance et ne contribue pas à faire de notre pays l'acteur majeur d'une politique internationale de sécurité humaine collective qu'il devrait être.

Les heures sombres que traverse notre continent depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie mais aussi les conséquences nationales et mondiales de la pandémie et de la crise sanitaire de ces deux dernières années qui sont venues s'ajouter à un contexte international marqué par l'explosion des inégalités et de la pauvreté et une crise climatique sans précédent...

tout, absolument tout, impose à la France, membre permanente du Conseil de sécurité de l'ONU et membre fondatrice de l'Union européenne, de changer de paradigme de politique internationale.

Pour construire les cadres communs de coopération, paix, solidarité et sécurité collective garantissant la sécurité sanitaire, alimentaire et climatique, nous aurons besoin de plus de représentations françaises et de plus de diplomates français-es en prise avec les réalités et les actrices et acteurs politiques et sociaux des 194 pays du monde pour contribuer à la redéfinir et à la mettre en oeuvre.

 

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Vent de révolte aux Affaires étrangères

2 Juin 2022, 07:10am

Publié par PCF Villepinte

Branle-bas de combat au Quai d’Orsay, où, ce 2 juin, l’ensemble des syndicats proteste contre un décret signant la disparition du corps diplomatique en pleine guerre en Ukraine.

Rosa Moussaoui L'Humanité

Publié le Jeudi 2 Juin 2022

Florent Bardos/ABACAPRESS.COM

Bardos Florent/ABACA

«Une épopée», celle d’une «consécration». À l’automne 2017, l’écrivain et journaliste Patrick Besson dédiait à Emmanuel Macron, dans le sillage de sa victoire à l’élection présidentielle, un livre hagiographique: Un personnage de roman. L’auteur lui-même a fini par reconnaître que cette prose de cour avait quelque chose de «boiteux»; il y rapportait surtout ses bavardages avec le couple Macron.

Quelques mois plus tard, le 3 août 2018, paraît un décret permettant au gouvernement de désigner à sa discrétion les titulaires de 22 postes de consuls auparavant dévolus au personnel sous statut des agents diplomatiques et consulaires. Un décret taillé sur mesure pour Besson, qui se voyait offrir le poste prestigieux de Los Angeles.

L’intéressé eut beau invoquer un illustre prédécesseur, Romain Gary – diplomate de métier, lui –, la décision provoqua un tollé. Saisi par plusieurs syndicats du Quai d’Orsay ulcérés par une «réforme au service dintérêts particuliers», le Conseil d’État annula finalement ce texte.

La haute juridiction laissait toutefois au gouvernement la latitude de nommer la personnalité de son choix au poste de consul général de Jérusalem, «eu égard notamment aux spécificités du contexte local et au rôle quil est conduit à jouer dans les relations entre le gouvernement français et lAutorité palestinienne». Un poste politiquement équivalent à celui d’ambassadeur. Besson voit s’évanouir ses rêves hollywoodiens; larrêt blesse lorgueil de Macron.

Peut-être est-ce dans ces brumes qu’il faut rechercher les origines de la décision solitaire du 17 avril de «mettre en extinction» deux corps historiques de la diplomatie française: les ministres plénipotentiaires et les conseillers

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Le Pen et Zemmour, brun bonnet et bonnet brun

19 Avril 2022, 10:21am

Publié par PCF Villepinte

Devant le Medef, le 21 février. © Éric Piermont/AFP

Extrême droite Malgré la concurrence, les similitudes programmatiques et idéologiques des deux candidats sont frappantes. Au sein des états-majors, on met en avant ces points communs, appelant à un «gouvernement dunion nationale».

Publié le

Mardi 19 Avril 2022

Benjamin König

 

Si, à gauche, certains électeurs se triturent les neurones pour décider de leur vote au second tour de l’élection présidentielle, ils sont nombreux à l’autre bout de l’échiquier politique à ne pas se poser de questions. L’extrême droite serre les rangs, que ses électeurs aient déposé un bulletin Le Pen, Dupont-Aignan ou Zemmour le 10 avril, tant leurs convergences politique et idéologique relève de l’évidence. «Je ne me tromperai pas dadversaire, jappelle mes électeurs à voter pour Marine Le Pen», lançait ainsi l’ex-chroniqueur du Figaro, quelques minutes à peine après les résultats du premier tour. Quand bien même la candidate RN fait mine de vouloir le tenir à distance, ce soutien immédiat, selon Bruno Cautrès, politologue au Cevipof et chercheur au CNRS, n’est «pas une surprise, on pouvait sy attendre très largement».

Adoucir la communication

Si la campagne a été marquée par cette concurrence nouvelle à l’extrême droite, rythmée par l’inimitié personnelle entre les deux prétendants et quelques ralliements qualifiés de «trahisons» – une tradition chez les nationalistes –, de nombreux cadres ont assuré le lien entre les deux tenants du «camp national», comme Marine Le Pen le nomme. Pour le RN, cette opération séduction vise à contrebalancer les attaques visant Éric Zemmour, mais également Marion Maréchal, très populaire à droite, de LR au RN.

Si elle est élue, Marine Le Pen veut un «gouvernement dunion nationale», un «rassemblement large de tous les patriotes», même si l’entrée au gouvernement de sa nièce ou de l’idéologue pétainiste «nest pas une possibilité». Toute à son souci d’adoucir sa communication, la candidate du RN entend éloigner leur image sulfureuse tout en donnant des gages à cet électorat.

D’autant que la présence du candidat de Reconquête! a permis d’élargir la base électorale de lextrême droite: «Non seulement elle a augmenté son résultat de deux points par rapport à 2017, fait observer Bruno Cautrès , mais en plus elle dispose désormais de réserves de voix.» Pour le philosophe du langage Raphaël Llorca, Le Pen et Zemmour sont «les deux faces dune même pièce». Les deux se «renforcent mutuellement» et «portent un même combat».

Rassembler le camp nationaliste

Depuis le début de l’entre-deux-tours, les amabilités pleuvent entre les deux camps: «La campagne de Zemmour fut une campagne courageuse», roucoule dans le Point Philippe Olivier, le beau-frère et conseiller spécial de Marine Le Pen. Quant au président du RN, Jordan Bardella, il a tenu à féliciter le candidat de Reconquête!, dans un entretien paru dans le Figaro du week-end pascal, pour «son choix cohérent et courageux», ajoutant qu’à partir «du moment où lon considère que lenjeu de cette élection est de sauver la France, il ny a pas dautre choix que de voter Marine Le Pen».

De l’autre côté, à Reconquête!, on presse la candidate de rassembler le camp nationaliste, à l’instar de Nicolas Bay, transfuge passé récemment du RN – où il avait passé plus de trente ans – à Zemmour: «À elle maintenant de prendre ses responsabilités, de montrer quelle a la volonté et la capacité à rassembler.» Tous espèrent une union dans la perspective d’un gouvernement, mais également pour les législatives.

Marion Maréchal estime que cela «ne doit passer que par un dialogue avec la gauche populaire souverainiste (qui en réalité n’existe pas, malgré les invites du RN – NDLR) . Cela doit passer aussi par des alliés, des coalitions et des alliances à droite».

Des reports de voix très élevés

Ces appels du pied, qui s’inscrivent dans le cadre «dune convergence très claire au sein de leurs électorats», selon Bruno Cautrès, visent à asseoir ce socle de votants. Selon une enquête de l’Ifop publiée le 15 avril, les reports de voix sont très élevés: 81 % des électeurs d’Éric Zemmour ont lintention de voter pour Marine Le Pen, de même que 27 % de ceux de Valérie Pécresse.

Ce dimanche, les militants du RN ont notamment ciblé Versailles (Yvelines) pour une opération de distribution de tracts sur le marché. Dans cette ville très bourgeoise, Emmanuel Macron est arrivé largement en tête (33 %), devant Éric Zemmour qui y a réalisé 18,48 % (7,1 % au niveau national), et Valérie Pécresse (14,04 %, contre 4,8 % sur l’ensemble du territoire).

Ces mains tendues entre les deux clans de l’extrême droite et une partie de LR témoignent de la volonté de gouverner ensemble: «Je veux dire aux partisans d’Éric Zemmour, des “Républicains” ou d’autres qu’au-delà de nos divergences, (…) je pense que le temps est venu de faire un bout de chemin ensemble», assure Jordan Bardella dans son entretien au quotidien des droites.

« Une vision du monde compatible »

Le 2 avril, une tribune cosignée par Bruno Gollnisch (RN), Paul-Marie Coûteaux, vieux routier de l’extrême droite souverainiste rallié à Zemmour, et Sébastien Meurant, sénateur ex-LR lui aussi récent soutien de l’ex-chroniqueur, invitait à l’union dans un «appel solennel». Les auteurs y écrivent que «les programmes de ces candidats, et les aspirations de leurs électeurs, sont moins opposés que ceux des gauches entre elles, et quil devrait être possible de saccorder sur dix urgences».

Parmi elles, on retrouve les antiennes habituelles: «restaurer lindépendance nationale», «protéger la ruralité», et surtout «inverser le courant de limmigration». Plus récemment, le sénateur ex-RN de Marseille Stéphane Ravier, également rallié à Zemmour, a rappelé que, «pour gouverner, il faut savoir rassembler», ajoutant qu’il voterait «sans hésitation pour Marine Le Pen».

Selon l’historien de l’extrême droite Nicolas Lebourg, chercheur au Cepel de Montpellier, ce qui lie fondamentalement les deux partis ce sont «la critique de limmigration et dune société multiculturelle et multiethnique» ainsi qu’une «vision des rapports internationaux sous langle ultrasouverainiste». Pour lui, nul doute que «ce moteur du vote en leur faveur est bien là pour le second tour, et s’il existait des différences entre les deux candidats – Éric Zemmour voulant expulser les immigrés sans travail au bout de six mois, Marine Le Pen au bout d’un an –, il y a clairement une vision du monde compatible».

Immigration, civilisation, sécurité…

Lors de d’une des émissions Face à Baba, en décembre, à laquelle Cyril Hanouna avait convié pour la énième fois Éric Zemmour, la journaliste identitaire Charlotte d’Ornellas listait, face à l’invité, ces convergences: «La limitation des aides sociales aux Français seulement», une façon pudique de parler de la préférence nationale; «limmigration, un sujet qui vous tient à cœur et qui est évidemment un marqueur de Marine Le Pen»; ou bien encore la dénonciation des traités internationaux signés par la France.

Le candidat de Reconquête!, présenté comme «un concurrent» mais «pas un adversaire», acquiesçait: «Je suis daccord avec elle sur le fait que le droit national doit primer sur le droit international et européen», ainsi que sur les mesures de «lutte contre limmigration».

La préférence nationale, la fin du regroupement familial, le droit du sang en matière de nationalité ou la réforme restrictive du droit d’asile figurent dans les deux programmes. «Toutes les mesures concernant limmigration, je les mettrai dans un référendum», proposait Éric Zemmour.

Un projet ouvertement réactionnaire

Exactement le même que celui érigé par Marine Le Pen en premier acte politique en cas d’élection. Au-delà de ce thème, les similarités sont légion dans de nombreux domaines: présomption de légitime défense pour les policiers et gendarmes, marginalisation des syndicats de salariés, suppression de l’aide médicale d’État, lutte contre la «bureaucratie», remise en cause de la liberté de la presse et privatisation de l’audiovisuel public, mise au pas de l’éducation pour imposer une école «de transmission des valeurs () de la civilisation française», précise notamment le programme de Marine Le Pen.

En matière économique, leurs programmes sont également proches en réalité: suppression à hauteur de 30 milliards deuros des impôts de production payés par les entreprises, exonération de cotisations patronales, baisse de la fiscalité sur les successions et les donations. «Je nai pas la même méthode», déclarait lors de sa campagne Éric Zemmour. Mais bien la même passion, commune à toute l’histoire de l’extrême droite française, celle que représente Marine Le Pen malgré son positionnement grotesque de «candidate du peuple»: un projet ouvertement réactionnaire, sans précédent depuis Vichy.

Fraude : Le Pen dans la tourmente

L’affaire tombe entre les deux tours, embarrassante pour Marine Le Pen: un rapport de lOffice européen de lutte antifraude (Olaf) estime que la candidate devrait rembourser personnellement 136993 euros au Parlement européen, qui lui réclamait déjà 339000 euros dans l’affaire de ses assistants parlementaires. Selon le rapport de 116 pages révélé le 16 avril par Mediapart, il s’agit, parmi d’autres exemples, de 23100 euros dobjets promotionnels (sacs, stylos, porte-clés) «qui semblent avoir été achetés pour le congrès du FN à Lyon» en 2014, ou encore de 4107 euros de bouteilles de Beaujolais pour le même événement. Pour son père, Jean-Marie Le Pen, les sommes incriminées atteindraient 303545 euros. LOlaf liste également les délits susceptibles d’être reprochés à la candidate du RN: «escroquerie», «faux», «abus de confiance», et «détournement de fonds publics».

 

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Réponse au courrier de la France insoumise A l'attention de la France insoumise

19 Avril 2022, 10:14am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 16/04/2022 par PCF

Cher·e·s camarades,

Nous avons bien reçu votre courrier transmis hier et nous vous en remercions.

Nous le recevons comme une réponse positive à l'appel de Fabien Roussel pour une rencontre entre nos formations politiques.

 

A l’issue du premier tour de l’élection présidentielle, jamais l’extrême droite n’avait totalisé autant de voix sous la Ve République, ce qui lui permet à nouveau de se qualifier pour le second tour. Jamais depuis 20 ans, autant de nos concitoyennes et concitoyens ne se sont abstenus à une élection présidentielle.

L’heure est grave.

Dans cette situation, la priorité pour les communistes est de battre Marine Le Pen dans les urnes, dimanche 24 avril.

C’est pourquoi nous appelons à prendre des initiatives, partout dans le pays, pour révéler et combattre le projet de l’extrême droite et de ses forces organisées. Nos milliers d’élu·e·s, parlementaires, maires, conseillères et conseillers régionaux, départementaux et municipaux sont pleinement mobilisés en ce sens, en lien avec nos forces militantes présentes sur l’ensemble du territoire.

Et c’est pourquoi, dimanche 24 avril prochain, fidèles à notre histoire, nous utiliserons et nous appelons à utiliser le seul bulletin de vote à notre disposition pour battre Marine Le Pen dans les urnes.

Nous le ferons sans aucune concession à Emmanuel Macron, premier responsable de cette situation, dont nous avons été tout au long du quinquennat et dont nous resterons les adversaires résolus.

Dans cette situation très difficile pour le pays, il y a un motif d’espoir.

La gauche progresse de 4,27 points par rapport au scrutin de 2017 et obtient près de 32 %. Cela doit d'abord à la progression de 652 569 voix de Jean-Luc Mélenchon, qui avec l'Union populaire obtient 7 712 520 voix et aussi au résultat de notre candidat, Fabien Roussel, qui recueille 802 422 voix en portant le projet d’une France des Jours heureux. Ces candidatures, avec leurs atouts respectifs, ont donc permis de renforcer la dynamique de toute la gauche.

Après avoir porté à cette élection présidentielle nos ambitions pour la France, la spécificité de nos projets, il s'agit désormais de continuer à élargir nos capacités de rassemblement respectives, dans le respect de nos objectifs et pratiques politiques, tout en travaillant les convergences indispensables à des avancées concrètes pour les Françaises et les Français.

Toutes les forces de gauche font face à une responsabilité historique et doivent agir ensemble : en se rassemblant, dans le respect de leurs résultats aux échéances électorales et de leurs spécificités, elles peuvent battre la droite de Macron, l'extrême droite et faire élire le plus grand nombre possible de député·e·s de gauche, en visant l’obtention d’une majorité de gauche à l’Assemblée nationale, en juin prochain.

Cette ambition est essentielle pour être en capacité de mener les combats sociaux et démocratiques dans le prochain quinquennat, avec les millions de citoyennes et citoyens qui sont prêts à s’y engager avec nous.

Nous sommes prêts à discuter de vos propositions et nous en avons également à vous soumettre, en visant une base, d’accord partagé sur l’ensemble des questions, qui ouvre un espoir nouveau pour la gauche, et pour la France.

Dans l’attente de notre rencontre,

Cordialement,

Le comité exécutif national du PCF

 

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Communiqué

29 Mars 2022, 20:36pm

Publié par PCF Villepinte

 

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Candidat fantôme

14 Mars 2022, 13:22pm

Publié par PCF Villepinte

Jean-Emmanuel Ducoin   L'humanité Publié le lundi 14 Mars 2022

Il n’est certes pas responsable de la crise géopolitique, encore moins de cette sale guerre déclenchée par le maître du Kremlin qui menace les équilibres du monde par le fer et le feu, les morts et les destructions… Nous ne reprocherons pas à Emmanuel Macron de s’occuper des hautes affaires internationales, dans un moment d’horreur et de tensions inouïes. Néanmoins, quoi que nous en pensions, chacun peut constater froidement qu’il profite de cette situation extrême, d’une manière si évidente et assumée qu’elle finit par s’apparenter à une forme de cynisme politique.

Ces mots sont-ils exagérés, alors que les premiers pas du président sortant comme candidat confirment tout ce que nous redoutions? Lhôte de l’Élysée est là; mais le candidat, lui, ressemble à un fantôme dont on parle, mais qui fuit obstinément toute confrontation, le moindre véritable débat, comme si la posture jupitérienne allait jusqu’à l’évitement de la démocratie. En refusant de descendre dans l’arène politique nationale, Emmanuel Macron rabaisse encore la posture de l’«homme d’État», égratignant au passage le grand rendez-vous républicain qui nous attend le 10 avril.

Imaginez un peu: dans quatre semaines jour pour jour, nous connaîtrons les deux finalistes pour la fonction suprême, la campagne du second tour s’engagera. Et d’ici là, avançant masqué et s’adossant à la communication ciselée d’une mise en scène dramatisée, il y a tout lieu de penser qu’Emmanuel Macron laissera filer le calendrier à son plus grand profit – comme semblent le signifier les derniers sondages. En vérité, pourquoi sortirait-il de cette ambiguïté, lui qui, durant cinq ans, a surjoué la verticalité et l’exercice solitaire du pouvoir absolu, caricaturant à l’excès toutes les perversités de la Ve République?

Attention toutefois. À force de se voir et de susciter une forme d’indignation, cette stratégie du statu quo peut très vite se retourner… ou, hélas, se révéler mortifère à l’heure des grands choix. En toute dignité, un président ne devrait pas agir ainsi. Sauf à porter la responsabilité historique d’atomiser un peu plus la vie publique, la démocratie et la haute idée que nous nous faisons de la représentation nationale…

 

 

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