Fabien Gay répond à Némésis après les révélations de l'Huma
Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte
Les communistes de villepinte vous invitent à utiliser ce blog comme point de rencontre et d'échanges concernant la situation politique ,économique ,sociale et environnementale du local à l'international.
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La soirée consacrée au « Défi Trump : Faire Face » organisée par la Fondation Gabriel Péri et le PCF le lundi 16 février a permis de réunir autour de deux tables rondes chercheurs, responsables de revues et politiques.
La première table ronde a fourni l'occasion d’affiner le constat de la nature du pouvoir à laquelle les peuples ont désormais à faire. Au-delà du personnage Trump, se développe une politique cohérente de réaction aux évolutions mondiales qui échappent en grande partie désormais au capitalisme et à l’impérialisme étatsuniens. C’est ce qu’ont développé les intervenants (Charlotte Balavoine, administratrice de la Fondation Gabriel Péri ; Vincent Ortiz, rédacteur en chef adjoint de Le Vent Se Lève ; Anne-Cécile Robert, directrice adjointe du Monde diplomatique ; Despina Sinou, maitresse de conférences à l’Université Sorbonne Paris Nord et membre de l’Institut Nicos Poulantzas ; Christophe Ventura, directeur de recherche à l’IRIS). Le focus porté par chacun des intervenants a permis de développer les différents aspects de la contre-offensive trumpiste : contre le droit international et l’ONU, contre la souveraineté des peuples de l’Amérique Latine et Caraïbes, contre Cuba, ou par l’utilisation de l’outil des sanctions.
La seconde table ronde, composée de Frédéric Boccara, économiste, membre du CESE ; Vincent Boulet, responsable international du PCF ; Daniel Durand, président de l’Institut de Documentation et de Recherche sur la Paix (IDRP) et de Natacha Polony, directrice de la revue l’Audace!, portait sur les alternatives possibles. On pourrait les résumer en disant qu’il est temps de renouer avec la dialectique jaurésienne : la souveraineté démocratique des nations, y compris dans les domaines industriels, commerciaux, militaires, comme levier pour construire de nouvelles coopérations mutuellement bénéfiques dans les intérêts des peuples. Cela impose de livrer des batailles politiques concrètes : pour la sortie et le démantèlement de l’OTAN, pour la rupture avec les traités européens qui organisent la désindustrialisation du continent et sa soumission aux intérêts étatsuniens, pour une nouvelle construction européenne, fondée sur les principes d’Helsinki et sur une union de peuples libres, souverains et associés, pour le soutien aux initiatives de dédollarisation dans la perspective d’une monnaie commune mondiale de compte.
La rencontre a permis de faire une démonstration : il existe un espace intellectuel et politique pour reprendre en main la question de la souveraineté, dans tous les domaines, comme outil pour de nouvelles coopérations internationales. Cet espace porte une exigence : celle de développer une riposte qui soit à la hauteur du moment de basculement historique mondial, qui est en train d’emmener les peuples à la catastrophe. Mais des alternatives existent, au niveau international, en Europe même, pour faire émerger un autre ordre du monde de peuples et de nations libres et solidaires. Le rapport de force à établir se situe à un niveau très élevé. Mais l'histoire a montré que les peuples et que les forces du mouvement ouvrier (dans leur diversité) et les forces démocratiques peuvent être à la hauteur.
Article publié dans CommunisteS, numéro 1074 du 18 février 2026.
« Je suis resté debout », Georges Ibrahim Abdallah se confie après sa libération
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Georges Ibrahim Abdallah a accordé un entretien exclusif à l’Humanité, dans son village de Kobayat, qu’il vient de retrouver. Il revient sur ces quarante ans de prison en France et réaffirme son engagement de militant révolutionnaire en faveur de la Palestine.
Kobayat (Liban), envoyé spécial.
Georges Ibrahim Abdallah a un sourire éclatant. À 74 ans, il est fatigué, mais heureux d’avoir enfin retrouvé sa famille et son pays après plus de quarante ans passés dans une prison française. L’homme est debout politiquement. Il n’a pas été brisé. Il nous a reçus en exclusivité.
Georges Ibrahim Abdallah, vous êtes enfin libre après quarante ans d’emprisonnement en France. Comment vous sentez-vous ?
Je suis submergé par toute cette chaleur humaine et cette chaleur de lutte qui m’entourent en ce moment. La situation au Liban m’apparaît moins mauvaise, si l’on peut dire, que ce que je pensais. J’ai immédiatement senti une force vive du pays, qui n’a pas disparu.
Elle laisse espérer une continuation de la lutte et de la résistance. Surtout, je crois que la « somalisation » ou la « balkanisation » du Liban est écartée.
Qu’avez-vous ressenti à votre arrivée ici, au Liban, dans votre famille ?
Il est difficile de décrire mon émotion. J’ai été agréablement surpris. Les différentes forces politiques libanaises étaient présentes. Mais, surtout, il y a eu des scènes incroyables. Des hommes, des femmes, et des jeunes que je n’ai jamais vus sont entrés dans l’avion pour m’embrasser. J’ai immédiatement retrouvé le Liban.
Ça m’a fait vraiment chaud au cœur. Quand je suis sorti de l’avion, l’accueil a été stupéfiant : le commandant en chef des forces de sécurité m’a pris dans ses bras, des policiers m’ont aidé à descendre l’escalier. Ils ont tout fait pour me protéger au cas où quelqu’un se serait infiltré dans la foule. L’ambiance était indescriptible. C’est une scène inoubliable pour le militant que je suis.
Comment avez-vous vécu ces quatre décennies passées en prison ?
Durant toutes ces années, je me suis inscrit dans la dynamique des luttes qui se déroulaient à l’extérieur. J’ai eu la chance d’être en relation avec des hommes et des femmes solidaires de ma situation, qui se sont battus pour que je sorte de prison. Ils sont parvenus à inscrire ce combat dans celui de la libération de la Palestine et contre le génocide à Gaza.
C’est grâce à cela que je peux m’exprimer en tant que militant et pas seulement en tant que prisonnier. Autrement dit, je suis un militant qui lutte dans une condition particulière, celle de l’enfermement. J’étais donc le même homme, mais dans un environnement différent. Aujourd’hui, ces conditions ont encore changé puisque je ne suis plus en prison.
Je suis un militant depuis ma prime jeunesse. Il y a un continuum existentiel qui a commencé à l’adolescence et s’est poursuivi jusqu’à aujourd’hui. On trouve beaucoup de militants. Certains sont en vie, d’autres sont morts. Mais ils m’habitent. L’ensemble de ces camarades sont des nuances d’un tableau, en quelque sorte, de mon berceau familial jusqu’à maintenant. Ce continuum est une dynamique qui me permet de m’inscrire, après la prison, dans la lutte, avec la même ferveur qu’auparavant. C’est là que s’est construit ce rapport avec les hommes et les femmes qui constituent mon cadre global existentiel.
Aujourd’hui, comme hier, je ne suis pas un militant qui se sacrifie. Je ne me sacrifiais pas en prison, je me réalisais. Quand on est dans l’enfermement, les conditions de lutte – qui sont aussi une forme de réalisation de soi – sont un peu plus compliquées. C’est grâce à ces milliers d’hommes et de femmes qui m’ont accompagné que je suis ce que je suis aujourd’hui. Je crois que je suis resté debout et je le resterai grâce à ce continuum.
Comment vous teniez-vous informé de ce qui se passait à l’extérieur ?
Ces camarades que je viens d’évoquer m’assuraient tout, des visites jusqu’au courrier qui n’était pas un courrier normal. Pendant trente-cinq ans, j’ai reçu cinq dossiers par semaine consacrés au monde arabe et à la Palestine. Chacun faisait de 80 à 90 pages et contenait des analyses percutantes qui me permettaient d’être au courant de la situation au Liban, en Palestine ou au niveau international. Je faisais alors des déclarations qui s’inscrivaient dans la mobilisation des camarades contre la fascisation des sociétés, pour la Palestine et, jusqu’au 25 juillet, pour ma libération. Je considère que c’était ma tâche.
C’est dans cette dynamique globale que je me sens dans mon élément en tant que militant qui, encore une fois, lutte dans des conditions particulières. C’est la grande différence avec le prisonnier qui se sacrifie. Ce dernier ne peut pas tenir tout ce temps. Ce n’est possible qu’en tant que prisonnier politique révolutionnaire qui continue de résister.
Quel regard portez-vous sur la justice française qui vous a maintenu enfermé aussi longtemps ?
La bourgeoisie française et sa justice ne sont pas différentes des autres justices de n’importe quel autre pays. Face à un militant révolutionnaire, soit elles parviennent à le mettre à genoux, soit elles le maintiennent en prison. Elles ne le libèrent que lorsque le rapport de force change. C’est-à-dire lorsque la bourgeoisie se rend compte que le coût de la détention du militant commence à être plus élevé que les potentiels dégâts que pourrait provoquer sa libération. Les visites au parloir des députés communistes et insoumis ont aussi aidé à changer le rapport de force.
Quand il s’agit des intérêts de l’État, la séquence judiciaire n’est en réalité qu’une couverture, qu’un cérémonial. Les raisons de la libération du prisonnier se trouvent ailleurs. Ce n’est pas une spécificité française.
Bien sûr, il y a eu des pressions américaines. Mais la question essentielle est le rapport à la lutte. Preuve en est l’attitude du procureur qui se pourvoit en cassation après la décision de me libérer. Son appel n’est pas suspensif. Autrement dit, il le fait pour la forme, pour dire aux Américains qu’il suit le dossier jusqu’au bout.
Mais il sait qu’une fois que je suis ici, au Liban, il ne peut plus rien faire. Cela montre aussi que certains juges ont de la personnalité. Cela aurait pu se passer autrement. La magistrate qui a émis le premier jugement a été on ne peut plus claire. Elle a dit en substance : « Abdallah perturbe l’ordre public en prison, beaucoup plus que s’il était dehors, c’est pour ça que j’ordonne sa libération. » Cela met un terme au cérémonial judiciaire. C’est aussi simple que ça.
Comment poursuivez-vous votre combat pour la Palestine ?
La résistance en Palestine doit s’intensifier. Il est honteux du point de vue de l’Histoire que les Arabes restent spectateurs face à la souffrance du peuple à Gaza. Greta Thunberg, originaire de Suède, a pris un bateau pour briser le blocus imposé par les Israéliens à Gaza, pour essayer de livrer de la nourriture.
Et il y a 80 millions d’Égyptiens qui ne peuvent pas s’approcher de la frontière parce qu’on leur a interdit. Au Liban, il faut continuer à lutter contre l’ennemi et à être solidaires de la résistance. Dans les circonstances difficiles que traverse le pays, nous devons rester unis.
Craignez-vous pour votre vie ?
Notre peuple est assassiné chaque jour. Quotidiennement, il y a plus d’une centaine de martyrs en Palestine. Ma vie ne vaut pas plus que celle des enfants de Gaza qui meurent de faim et sous les bombes israéliennes.
Que dites-vous aux jeunes de 20 ans aujourd’hui ?
Qu’ils doivent s’impliquer dans les luttes, surtout s’ils sont en France. Le processus de fascisation est en cours. Ce n’est pas une petite affaire. Il s’insinue partout y compris dans les lois. Si la jeunesse refuse d’aller voter, c’est parce qu’elle est dégoûtée de ces dirigeants politiques. Si la jeunesse, les prolétaires, les masses populaires, les déclassés, les précaires ne s’organisent pas, la fascisation va devenir la norme.
On le voit avec Retailleau et avec Darmanin, ex-ministre de l’Intérieur devenu ministre de la Justice. Il veut construire des super-prisons. Il veut recréer les quartiers de haute sécurité (QHS). C’est le signe de ce que ces gens sont prêts à faire. Voilà les perspectives de la bourgeoisie. C’est très dangereux. Quand on constate ce type d’attaques, ce n’est pas en faisant des courbettes qu’on fera face.
Aujourd’hui, en France, l’État abandonne toutes ses prérogatives, qu’il s’agisse de la sécurité, de l’éducation, de l’écologie… La fascisation va poser des problèmes à celles et ceux qui luttent car elle finira par envahir tous les aspects de la vie et à tous les niveaux. Les communes ont leur propre police, qui elle-même aura ses propres milices, qu’on appelle les vigilants. Ceux-là vont surveiller les étrangers.
La tâche de la jeunesse est d’avoir le courage de l’affronter. Dans ce contexte, votre journal, l’Humanité, doit rester fidèle à son histoire, être le porte-parole des masses populaires, de ceux et celles qui luttent.
Municipales 2026 Une opportunité : construire ensemble des alternatives locales progressistes et une perspective nationale populaire et sociale. 200 chef·fes de file désigné·es par le PCF. Services publics Écologie juste Démocratie vivante
Rejoignez la dynamique
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Publié le 29 mai 2025
Il y a 20 ans, le peuple français refusait, à plus de 54%, le Traité constitutionnel européen, c’est-à-dire une conception libérale et austéritaire de l’Union Européenne. Il déjouait ainsi tous les pronostics, ceux de la plupart des médias, ceux des classes dominantes, qui tenaient le « oui » pour acquis.
Mais les citoyens français se sont emparés de la question posée et ont imposé un débat démocratique d’une rare qualité. Il revient aux tenants du « non » de gauche d’avoir été, dans l’unité, les aiguillons de cette mobilisation citoyenne, pour avoir décortiqué le texte, et organisé des milliers de débats à travers le pays.
Souvent, le hors série de l’Humanité, analysant le texte article par article, servait de véritable manuel pour mener ces débats. Ce fut la naissance d’un espoir non seulement pour la France, mais pour toute l’Europe. Quelques jours après le « non » français, les Néerlandais s’exprimaient dans le même sens.
On connait la suite. Les classes dirigeantes ont immédiatement réagi, preuve que cette question de la nature de la construction européenne est une question de classe. Sous l’impulsion d’Angela Merkel et de Nicolas Sarkozy, un véritable hold-up démocratique fut organisé, en imposant le traité de Lisbonne, dernier traité européen en date, qui reprend l’essentiel des dispositions du texte rejeté en 2005.
En conséquence de ce déni démocratique, l’Union européenne est allée de crise en crise : crise de l’euro, imposition aux peuples d’une austérité renforcée, écrasement du peuple et de la gauche grecques, crise du Brexit… L’écrasement de la gauche par les classes dirigeantes européennes, et des exigences portées par le non de gauche, est un des facteurs de la crise démocratique en Europe.
Cela a fait le lit de l’extrême-droite, aujourd’hui au pouvoir dans sept pays membres de l’UE. A l’image de Giorgia Meloni, l’extrême-droite est loin de remettre en cause les dogmes libéraux des traités. Elle les utilise pour faire appliquer par l’Union Européenne sa propre politique.
Aujourd’hui, l’Union Européenne, et les traités qui l’encadrent, sont toujours aussi libéraux et de plus en plus militaristes. Les liens de dépendance à l’OTAN sont plus étroits. La désindustrialisation est plus forte. L’UE libérale est incapable structurellement de répondre à Trump et à sa politique, et à la crise économique, sociale et démocratique en Europe.
Tout cela montre les exigences portées par le « non » de gauche sont toujours d’actualité. La remise en cause des traités européens libéraux et des règles budgétaires austéritaires est nécessaire.
Porter à l’échelle européenne l’exigence de mettre en chantier une Europe des peuples et des nations souverains et solidaires, permettrait de répondre aux exigences des peuples : en alignant par le haut les salaires, les retraites, la protection sociale pour lutter contre le dumping social, en luttant contre les paradis fiscaux pour mettre fin au dumping fiscal, en utilisant la création monétaire de la BCE pour les services publics, une nouvelle industrialisation et le climat.
Se désengager de la tutelle américaine et de l’OTAN, pour mettre en chantier un espace de sécurité collective à l’échelle continentale permettrait de sortir des logiques de guerre.
Le « non » montre enfin que la recherche de convergences sociales et politiques, en France et en Europe, sur un contenu social et démocratique exigeant, capable de construire des majorités populaires, est possible.
Avec ses alliés européens, les partis communistes, la gauche européenne, le PCF porte ces exigences d’actualité.
Paris, le 29 mai 2025
Parti communiste français.
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© Robyn Stevens Brody/SPUS/ABACAPRESS.COM
À peine arrivé au pouvoir, Donald Trump multiplie les attaques pour censurer la science. L'ampleur des projets qui ne seront plus financés par le gouvernement américain témoignent d'une offensive historique et gravissime.
Le "département de l'efficacité gouvernementale" (DOGE) dirigé par Elon Musk organise une purge systématique des services publics fédéraux, et particulièrement des organismes de recherche et l'agence météorologique américaine (NOAA) dont la page web ne mentionne plus le CO2. Récemment, Trump et Musk ont contraint la NASA à rompre son soutien technique au 7ème rapport d'évaluation du GIEC, ce qui compromet gravement la préparation dudit rapport. Kate Calvin, la scientifique en chef de la NASA, coprésidente du groupe III du GIEC (en charge de l'atténuation du changement climatique), n'a pas été autorisée à se rendre à la dernière séance plénière du GIEC en Chine.
Ce véritable blitzkrieg contre la science vise au-delà à casser le thermomètre pour continuer d'ignorer les alertes scientifiques sur la dégradation du climat, de l'environnement et des inégalités. Les mots très forts de Valérie Masson-Delmotte sur France Inter sont bien choisis, les Etats-Unis sont "dans un moment orwellien". Cette censure venant de responsables politiques qui s'autoproclament "champions de la liberté d'expression" poursuit un objectif très clair : le pouvoir capitaliste américain toujours plus prédateur et illibéral, cherche à effacer toute vérité qui dérangeait ses intérêts. C'est pourquoi les sciences les plus critiques du système capitaliste, de l'étude des conséquences de l'exploitation de l'homme et de la planète et des dominations, sont les premières attaquées. Et au-delà c'est la recherche et la connaissance scientifique elles-mêmes qui sont visées.
Face à l'obscurantisme de l'extrême droite américaine, le PCF exprime son soutien et sa solidarité à la communauté scientifique à l'occasion de la journée de mobilisation "Stand up for Science" organisée partout en France et aux initiatives prises par les scientifiques pour riposter à cette politique.
Poursuivons la mobilisation face à cette menace sans précédent depuis la seconde guerre mondiale qui pèse sur la liberté académique, non seulement aux États-Unis, mais aussi en France. Les attaques aux Etats-Unis auront des conséquences pour toute l'humanité. Et l'océan atlantique ne nous protège pas des attaques de la droite et de l'extrême droite française et européenne qui n'hésitent pas à s'inspirer de ses homologues américains.
Les attaques que subissent actuellement l'office français de la biodiversité (OFB) et l'ADEME sont assez révélatrices du péril qui pèse sur nos institutions scientifiques et nos services publics. L'objectif est le même en France qu'aux Etats-Unis : démanteler les contre-pouvoirs du capital. Le PCF restera vigilant et mobilisé pour que ces attaques n'atteignent jamais leur objectif en France.
Paris, le 7 mars
Parti communiste français.
Pour un gouvernement
du Nouveau Front populaire
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PCF, le 09 juillet 2024
Au lendemain du second tour, une réalité s’impose : le Nouveau Front populaire est arrivé en tête du scrutin avec près de 200 sièges et a déjoué le scénario d’une majorité absolue du Rassemblement national à l’Assemblée.
Il appartient donc dès à présent au président de la République d’en tirer les conséquences et de respecter le choix et les attentes fortes de changement exprimées par notre peuple.
Ce 7 juillet, les Français et les Françaises ont manifesté par leur vote leur attente de salaires dignes, d’emplois de qualité, de services publics reconstruits, de protection dans tous les aspects de la vie quotidienne.
Cela ne peut se traduire par un gouvernement issu des forces battues lors de ce scrutin. La nomination renouvelée de Gabriel Attal à Matignon est un mépris du vote des Français·es. Tout comme le serait tout gouvernement de coalition guidé par les orientations politiques du camp présidentiel et de la droite.
Emmanuel Macron doit cesser les artifices qui masquent son échec. Il doit sans délai permettre la constitution d’un gouvernement du Nouveau front populaire.
Le PCF appelle les millions d’électrices et d’électeurs qui ont contribué au sursaut républicain du 7 juillet, les forces vives de la nation, les organisations syndicales et le mouvement associatif, les acteurs du monde de la culture et de la création, la jeunesse, à agir partout dans le pays pour construire cet espoir.
Le PCF prendra toute sa part à cette dynamique, seule à même de faire reculer l’extrême droite, d’apaiser le pays et d’ouvrir un chemin d’avenir pour la France.
Pour y contribuer, dans le prolongement du groupe de la Gauche démocrate et républicaine, nous sommes prêts à former un groupe comme dans le précédent mandat avec sa culture de travail parlementaire.
Dès aujourd’hui et tout l’été, le PCF se déploiera dans le pays pour construire l’alternative avec nos concitoyen·nes. L’intervention populaire sera plus que jamais nécessaire pour combattre l’extrême droite dont la progression dans le pays nécessite une riposte d’ampleur contre les idées xénophobes, racistes et antisémites et l’imposture sociale du Rassemblement national ainsi que pour imposer les changements que le pays attend, à commencer par l’abrogation de la réforme des retraites.
Paris, le 8 juillet 2024.
Parti communiste français.
L’apologie de terrorisme
est le bâillon de la liberté
PUBLIÉ LE 16 MAI. 2024
À l'initiative de Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, et de Patrick Baudouin, président de la Ligue des droits de l'Homme, 150 citoyen·nes s'alarment de l'utilisation de l’apologie de terrorisme pour bâillonner l'expression des protestations sociales, démocratiques et écologiques. Parmi les signataires, Étienne Balibar, Rony Brauman, Alain Damasio, Philippe Descola, Cécile Duflot, Didier Fassin, Antoine Garapon, Cédric Herrou, Nancy Huston, Eva Joly, Henri Leclerc et Elias Sanbar. (Tribune à retrouver sur le site Mediapart).
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« Apologie du terrorisme » : l’expression fait florès. À la fois couteau suisse et épée de Damoclès, elle sert à tout et menace de s’abattre sur la tête de tout un chacun.
En son nom, on a, dans la dernière période, stigmatisé et réprimé le mouvement écologiste.
En son nom, des responsables syndicaux ont été inquiétés, poursuivis, condamnés à des peines allant jusqu’à l’emprisonnement. En son nom, une élue nationale, présidente de son groupe parlementaire, se voit convoquée à la police pour être entendue.
En son nom on tente d’instrumentaliser la justice pour en faire le lieu de règlement de débats politiques.
En son nom, on interdit des manifestations, on annule des conférences, on tente d’étouffer la liberté de parole de personnalités engagées dans la vie publique du pays, on vise à criminaliser les voix qui, semble-il, dérangent ; on instaure une véritable police de la pensée.
« L’apologie de terrorisme » semble bien concerner tout le monde, et ce constat nous inquiète.
C’est une question trop grave pour être dévoyée. Comme celles et ceux contre qui cette expression est utilisée, nous partageons la conviction que la transition écologique ne se fera qu’au prix d’une rupture avec les groupes d’intérêts arc-boutés sur les vieux modes de production et de consommation.
Comme eux, nous jugeons que les politiques publiques, dures aux faibles et faibles aux forts, légitiment la protestation sociale. Comme eux, face aux crimes et aux massacres commis au Moyen-Orient nous pensons que la violence entraine malheureusement la violence et que la vengeance se paye de toujours plus de sang.
Comme eux, nous organisons la solidarité avec les populations civiles et réclamons l’application du droit international humanitaire, seule voie permettant d’échapper à cette spirale de violence mortifère.
Nous aussi sommes engagés dans cette fameuse « apologie du terrorisme » dont on les menace, et plaidons coupables. C’est pourquoi nous demandons à être entendu·e·s, toutes et tous par la police.
→ Signer cette pétition en ligne sur change.org
Lire la Tribune sur le site Mediapart
Pourquoi ces liaisons dangereuses?
Les propos tenus par le directeur général de la police nationale en début de semaine, que refuse de condamner l’exécutif, relancent le débat sur les réponses à apporter au malaise dans la profession, loin des outrances très droitières d’une partie de ses syndicats.
L’Humanité Mardi 25 juillet 2023
Marceau TaburetAlexandra ChaignonCamille Bauer
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Le directeur général de la police, Frédéric Veau, (à gauche) a estimé qu'« avant un éventuel procès, un policier n’a pas sa place en prison ». Ici, avec son ministre de tutelle, Gérald Darmanin, qui, lui, garde le silence total sur le sujet. © AFP
Une interview en forme de coup de pression. Pour le directeur général de la police nationale (DGPN), Frédéric Veaux, un policier ne doit pas dormir en prison dans l’attente de son procès, « même s’il a commis une faute grave ». Une façon explicite de demander la libération de l’agent de la BAC détenu après des faits de violences policières commis à Marseille.
Des propos d’une extrême gravité qui ont suscité l’indignation et la colère de tous ceux qui, attachés à l’État de droit, considèrent qu’un policier est un justiciable comme un autre et que la police ne saurait exercer quelque pression que ce soit à l’endroit de l’institution judiciaire.
Des élus de gauche, le Syndicat de la magistrature, l’ancien procureur de la République François Molins se sont notamment élevés contre ce qu’ils considèrent être une dérive claire. Les principaux syndicats de policiers ont, de leur côté, applaudi la prise de position de leur chef.
Rappelons que les fonctionnaires concernés par l’affaire initiale, à Marseille, ont été applaudis par leurs collègues à la sortie de leur garde à vue. Plusieurs centaines d’entre eux se sont même mis en arrêt maladie pour montrer leur opposition aux décisions prises par la justice. Une initiative qui n’a pas déplu à Frédéric Veaux, qui dit « comprendre l’émotion et même la colère ».
En Macronie, surtout ne pas critiquer la police
Le pouvoir a-t-il peur de la police ? Depuis dimanche, le malaise est palpable en Macronie. Il n’y a qu’à écouter le député Renaissance Mathieu Lefèvre nous dire que « le président est dans le camp des policiers qui font un métier extraordinaire » ou le ministre Olivier Dussopt appeler à « ne pas faire le procès de la police » pour comprendre que la crainte de se mettre à dos la profession est réelle au sein de la majorité.
Ainsi, lundi midi à la télévision, Emmanuel Macron a expliqué que, « dans notre pays, les policiers servent la bonne application de la loi » , avant de reconnaître du bout des lèvres que « nul n’est au-dessus » de celle-ci. Des propos repris quasiment mot pour mot mardi par la première ministre, lors d’un déplacement au Havre.
Pour le sociologue Paul Rocher, cette tendance du gouvernement à ne pas vouloir se montrer trop critique à l’égard des agents en uniforme s’explique assez facilement. « L’État fonctionne soit par le consentement volontaire des masses, soit par la force. Or le néolibéralisme ne peut obtenir le consentement de tous puisque c’est une redistribution des richesses à l’envers, où une minorité d’ultrariches prend à la majorité. Cela ne peut passer que par le recours à la force, une gestion policière et autoritaire de la contestation », analyse-t-il.
Le parallèle avec la position de fermeté adoptée par François Mitterrand en 1983, quand un début de fronde commençait à naître dans les rangs de la police, est saisissant : le socialiste avait fini par limoger le directeur de la police. Aujourd’hui, un exécutif sans relais dans le pays, sans majorité à l’Assemblée, et confronté à une forte opposition sociale ne peut se permettre de se mettre ainsi sa police à dos.
Les syndicats font-ils la loi à Beauvau ?
C’est à se demander qui tient le manche du bâton. Si l’exécutif n’a pas désavoué la prise de position des deux hauts fonctionnaires pourtant sous ses ordres, comme il n’avait d’ailleurs pas réagi au tract incendiaire publié début juillet par les syndicats Alliance et Unsa police, c’est aussi en raison de la puissance des syndicats de police.
Élus par 70 à 80 % de leurs pairs, ils jouissent d’une légitimité qui rend crédible leurs menaces. Ils se vantent ainsi de pouvoir mettre « 1 000, 2 000, 10 000 flics dans la rue » , alors que les policiers n’ont pas le droit de grève.
Le taux de syndicalisation flirte avec les mêmes pourcentages, en raison du rôle des syndicats au sein du comité social d’administration ministériel, auquel ils siègent et où se décident les avancements de carrière comme les sanctions. Ils adoptent des positions d’autant plus radicales qu’ils se battent entre eux pour représenter la base, depuis l’éclatement au milieu des années 1990 de la Fédération autonome des syndicats de police, qui jouait le rôle de syndicat unique. Cette concurrence, alimentée aussi par l’émergence périodique de mouvement de protestation hors syndicats et souvent instrumentalisés par l’extrême droite, radicalise leurs positions.
Pour autant, la défense des collègues et les attaques contre la justice ne sont pas une nouveauté. Ce qui change, c’est la réponse du pouvoir. « Aujourd’hui, je pense que le gouvernement a peur. On le voit, l’équilibre du rapport de force est très précaire. Les syndicats de police ont le pouvoir qu’on leur donne et celui-ci dépend de la solidité du gouvernement », rappelle le politologue Sebastian Roché, dans Télérama.
Un ministre de l’Intérieur aux abonnés absents
Où est Gérald Darmanin ? Sur la photo du nouveau gouvernement publiée par Élisabeth Borne lundi, son absence a été remarquée par de nombreux internautes. Où est Gérald Darmanin quand il s’agit de défendre l’État de droit, réaffirmer la séparation des pouvoirs et fermer la porte à la création d’un régime d’exception dont bénéficieraient les policiers, exempts de séjourner en prison dans l’attente de leur procès, comme le propose Frédéric Veaux ?
Il brille, là encore, par son absence. Sa dernière expression publique remonte au 21 juin. Le ministre de l’Intérieur participe au voyage en Océanie jusqu’à vendredi aux côtés du président. Le décalage horaire et les 17 000 kilomètres qui le séparent de la métropole l’empêchent peut-être de prendre la parole…
Pourtant, selon le Parisien, son directeur de cabinet a bien relu et validé l’interview de Frédéric Veaux avant publication. Sans juger bon d’en avertir ni Matignon ni l’Élysée. Le patron de la DGPN rejoint par le préfet de police peuvent donc dénoncer un prétendu acharnement judiciaire contre leurs agents sans que Gérald Darmanin n’y trouve rien à redire. Le député écologiste Benjamin Lucas demande sa démission, expliquant que « la place Beauvau a besoin d’un ministre de l’Intérieur, pas d’un laquais d’Alliance ».
Derrière la fronde, un malaise plus profond
Et si le problème était plus profond ? Le mouvement de protestation, qui essaime sur tout le territoire, dépasse le sujet de la détention provisoire du policier marseillais. Il révèle aussi les difficultés auxquelles sont confrontés les agents pour exercer leurs missions. Manque de moyens, de personnels, politiques du chiffre, missions recentrées sur le seul « maintien de l’ordre »…
En juin, des centaines de policiers ont ainsi manifesté, de Champigny-sur-Marne à Roubaix, pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail, qui mène, entre autres, à l’empilement des dossiers. Et c’est sans compter le racisme, la violence, internes ou externes à l’institution.
Ceux qui en parlent sont malheureusement souvent mis au ban de l’institution, après avoir voulu les dénoncer. Fabien Bilheran, ex-officier de police judiciaire, et Agnès Naudin, capitaine de police et porte-parole de la FSU intérieur (tous deux auteurs d’un livre, Police : la loi de l’omerta), peuvent ainsi en témoigner . Et la réforme de la police judiciaire, qui risque de se traduire par une réduction de moyens et une dilution des compétences, n’améliorera en rien le malaise grandissant dans les rangs.
Quel avenir pour la commune
et le maire en France ?
Après plusieurs réformes territoriales successives, les motifs d’inquiétude sont nombreux pour les municipalités. Le Sénat a créé une mission sur cet enjeu qui doit achever ses travaux à l’été 2023.
L'Humanité Mardi 13 juin 2023
Le premier espace d’expression de la démocratie et du service public est confronté à une double confrontation due à l’État et à la métropolisation.
Créée par la Révolution française, la commune est un rempart face à un sentiment d’abandon croissant et au risque de délitement de la République.
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PHILIPPE LAURENT
Maire UDI de Sceaux (Hauts-de-Seine), vice-président de l’Association des maires de France
Vérité parfois oubliée, le maire est un héritage de la Révolution française. C’est en effet l’Assemblée constituante qui, en 1789, crée les municipalités et désigne les communes nouvellement instaurées comme la première division administrative du pays.
Prenons-en toute la mesure : depuis que la République existe, la commune représente donc la cellule démocratique première, au plus près de la vie des citoyens et – on l’oublie trop souvent, y compris au plus haut niveau – le maire est aussi le représentant de l’État.
La commune est donc le socle de notre vie démocratique. Elle incarne la proximité et la gestion des affaires locales, elle est partout présente dans notre vie quotidienne. À cet égard, le maire constitue, plus que tout autre échelon de responsabilité, un pilier de notre édifice républicain et l’une des conditions de sa résilience.
La gestion de la crise sanitaire aura permis de le rappeler de la plus éclairante manière. Qui peut contester que, sans l’agilité et l’intelligence du terrain, incarnées au premier chef par les maires, sans le concours décisif de ces derniers, l’État, ultra-centralisé, aurait su et pu faire face à la pandémie de la même façon ?
En outre, alors même que la demande de services publics de proximité, de participation citoyenne, d’horizontalité n’a jamais été aussi affirmée, ceux qui en sont les principaux vecteurs n’ont jamais été aussi maltraités. D’abord – et c’est naturellement très inquiétant – par un nombre croissant de Français, comme le montre l’augmentation de la violence envers les élus.
Ensuite, par le pouvoir central lui-même, qui semble trop souvent considérer les maires comme de simples sous-traitants de l’action publique que lui seul serait capable de définir. Car, si la République voit son organisation décentralisée selon les textes, la décision, elle, reste bien d’abord étatique.
L’avenir de la commune réside donc, en premier lieu, dans la nécessaire confiance que doit manifester l’administration centrale envers les élus locaux et l’action collective. L’avenir de la commune en France réside également dans sa capacité à se réinventer, à s’adapter aux nouveaux enjeux et à répondre aux attentes des citoyens.
Les questions relatives aux transitions, au logement, à l’éducation et à la culture, aux nouvelles formes de solidarité… tout cela nécessite des réformes structurelles, des investissements ambitieux et une véritable volonté politique. Face à la complexité du monde actuel et au besoin de sécurité, cela peut nécessiter également une forme de mutualisation des moyens, à l’impérative condition qu’elle repose sur un volontariat.
Dans le contexte de défiance généralisée qui caractérise notre époque, le fait communal est le rempart face à un sentiment d’abandon croissant et au risque de délitement de la République. Il revient aux responsables politiques de veiller à le préserver, à le développer et à le rendre plus juste et efficace.