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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

1er Mai

30 Avril 2026, 06:40am

Publié par PCF Villepinte

Sophie Binet : égalité des salaires, 1er mai…
« Encore une fois, le gouvernement capitule
devant le Medef »

« Tout ne s’achète pas. Le 1er-Mai n’est pas une journée à ''fort potentiel commercial''», martèle Sophie Binet.
© Ayoub Benkarroum pour l'Humanité

 

En marge de la Journée internationale de lutte pour les droits des travailleuses et des travailleurs, Sophie Binet dénonce les attaques contre le 1er mai et l’inaction de l’exécutif dans la transposition de la directive européenne sur l’égalité salariale. Quatre-vingt-dix ans après la victoire du Front populaire, la secrétaire générale de la CGT fustige les rapprochements entre le patronat et le RN.

 

Un 1er-Mai inédit dans un contexte pas moins inédit. Ce vendredi, les numéros un de la CFDT, de la CGT, de FO, de l’Unsa, de Solidaires et de la FSU sont attendus en tête du cortège parisien, alors que la Journée internationale de lutte pour les droits des travailleuses et des travailleurs est dans le viseur des libéraux.

À l’issue du Conseil des ministres, le 29 avril, Jean-Pierre Farandou a confirmé un projet de loi visant à clarifier le cadre juridique du travail des salariés des boulangeries et des fleuristes. L’ensemble des confédérations syndicales s’y opposent et dénoncent une première brèche visant à détricoter cette journée historique du mouvement social. Plus de 300 rassemblements sont prévus dans l’Hexagone.

Ce 1er-Mai 2026 sera-t-il le dernier obligatoirement chômé et payé ?

Sophie Binet Secrétaire générale de la CGT

Grâce à la mobilisation, nous avons fait échouer la tentative honteuse de Gabriel Attal, de Bruno Retailleau et de Jordan Bardella de nous voler le 1er-Mai. Je veux dédier cette édition à Maria Blondeau, ouvrière, l’une des 11 victimes du massacre de Fourmies, assassinée le 1er mai 1891. Grâce à l’unité syndicale et politique, nous avons réussi à sauvegarder cent quarante ans d’histoire ouvrière. Non, tout ne s’achète pas. Le 1er-Mai n’est pas une journée à « fort potentiel commercial ».

Sébastien Lecornu, pourtant, promet un projet de loi qui permette aux boulangeries et fleuristes artisanaux d’ouvrir en cas d’accord de branche…

Nous sommes passés de plusieurs millions de salariés pénalisés avec des ouvertures tous azimuts de commerces de proximité à un texte qui concernerait 200 000 salariés au maximum. C’est toujours trop. La CGT reste opposée à ce texte. Nous nous battrons pour conserver le 1er-Mai férié et chômé, comme c’est le cas depuis 1947, à l’exception des services publics vitaux et des industries ne pouvant interrompre leurs productions. Pas question que ce projet de loi rouvre la boîte de Pandore. Si on autorise le travail des salariés de commerces de proximité se posera la question des transports, puis celle de la garde des enfants. Et ainsi de suite.

Conséquence de la guerre en Iran, 6 milliards d’économies sont sur la table. Les choix austéritaires sont-ils une fatalité ?

L’austérité n’est pas une fatalité. Que le gouvernement commence par regarder du côté des 211 milliards d’euros d’aides publiques versés sans condition aux entreprises. Grâce à la mobilisation de la CGT et au rapport sénatorial, le gouvernement a forcé France Stratégie à lancer une mission de concertation. Dès la première réunion, le patronat était seul à défendre cette politique du chèque en blanc, alors que les abus sont manifestes.

Cette manne financière serait plus utile dans les services publics, la protection sociale, ou pour financer la relocalisation et la transition écologique de nos industries. Dans le même temps, les budgets militaires augmentent. On ferme des lits d’hôpitaux pour construire des canons.

Le conflit au Moyen-Orient est parti pour durer. La politique des aides ciblées peut-elle suffire ?

Le gouvernement fait l’autruche, en espérant que la crise énergétique passe. Or, l’Agence internationale de l’énergie affirme que la crise est pire que le choc pétrolier de 1973. Il est maintenant indispensable de prendre des mesures fortes, sans quoi notre économie pourrait ne pas s’en relever. Les conséquences sont d’ores et déjà catastrophiques pour le monde du travail : des millions de personnes sont obligées de choisir entre faire le plein et remplir le frigo, et le patronat en profite pour amplifier les licenciements.

J’ai adressé en ce sens un courrier, mercredi, au premier ministre. Nos priorités sont la hausse des salaires, du point d’indice et des minima sociaux. À cela s’ajoute le blocage des prix du carburant. Une mesure qui ne coûte rien aux finances publiques. Elle avait été mise en place durant la guerre du Golfe, sans pénurie à la clé. Il faut empêcher les profiteurs de guerre de se gaver. Tirons les leçons de l’invasion de l’Ukraine en 2022 : TotalEnergies a réalisé 20 milliards d’euros de profits, les prix à la pompe ne sont pas redescendus et les salaires n’ont pas retrouvé leur niveau d’avant crise.

Le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, est-il un bon interlocuteur ?

Oui, c’est un changement salutaire par rapport à son prédécesseur. Mais nous avons besoin d’une vraie stratégie industrielle. Il faut pour cela organiser des assises de l’industrie. Cela fait deux ans que la CGT alerte sur la multiplication des plans de licenciements. Aucune réponse n’a été apportée par les cinq gouvernements qui se sont succédé. Un exemple concret : la France importe 50 % de son diesel raffiné car la moitié des raffineries ont fermé en dix ans.

On laisse aujourd’hui se dérouler des catastrophes similaires dans l’automobile, la chimie, le papier, le verre, etc. Nous réclamons un moratoire sur les licenciements pour protéger notre outil industriel, le temps de trouver des solutions alternatives. Comme c’est le cas à Fibre Excellence, dernière usine à produire de la pâte à papier : l’État doit protéger le site jusqu’à ce qu’un repreneur se manifeste. Nationaliser ne doit plus être un gros mot. C’est d’ailleurs un impératif à Arcelor pour empêcher Mittal de démanteler nos hauts fourneaux.

Ce 1er-Mai est aussi marqué par la suppression de la cérémonie en hommage aux 42 mineurs morts le 27 décembre 1974 à Liévin par le nouveau maire RN. Qu’est-ce que ce choix traduit ?

Les masques tombent. Nous avons la confirmation que l’extrême droite est le pire ennemi des travailleurs. Elle n’a honte de rien. Les mineurs ont mené une grève héroïque en 1941. Ils ont reconstruit le pays à la Libération. Leurs corps ont payé un lourd tribut. C’était un des métiers les plus accidentogènes et les anciens mineurs encore en vie additionnent les maladies professionnelles, à commencer par la silicose. C’est leur cracher à la figure et piétiner leur héritage, mais ce n’est pas étonnant de la part des héritiers du fascisme.

L’édile rétorque que les syndicats n’ont de cesse de s’opposer au RN…

Cela démontre que leur problème est l’indépendance syndicale. C’est pourtant un fondement de notre démocratie et un principe majeur du droit international du travail. Oui, les syndicats doivent pouvoir critiquer un parti, un gouvernement, un patron. C’est une de nos libertés constitutionnelles. Le RN confirme qu’il est un adversaire de la démocratie et un allié fidèle du capital. L’extrême droite a d’ailleurs voté avec « Les Républicains » et les macronistes pour tenter de nous voler le 1er-Mai.

En 1936, le 1er-Mai, plusieurs grèves reconductibles sont lancées. Cet élan contribuera à la victoire du Front populaire le 3 mai et aux accords de Matignon. Quatre-vingt-dix ans plus tard, quelles leçons en tire la CGT ?

D’abord les ingrédients pour gagner : l’unité et la mobilisation. Les conquêtes sociales ont toujours été arrachées par la lutte. Penser qu’on peut battre l’extrême droite seulement avec un grand discours sur les valeurs républicaines est un leurre. En 1936, nous n’avons pas eu Hitler mais le Front populaire parce que la gauche était unie et porteuse d’une alternative sociale.

Aujourd’hui, nous avons besoin de perspectives de rupture avec cette longue nuit macroniste. La gauche doit redevenir le parti de la classe du travail. 1936, c’est avant tout la bataille pour les congés payés, c’est-à-dire le temps libéré. Être payé sans travailler semblait inaccessible, une hérésie pour les patrons. La conquête du temps libéré et rémunéré a été une immense émancipation. Notre horizon n’est pas de travailler toujours plus, pour consommer plus, et polluer plus. Au contraire, le progrès technologique doit permettre la réduction du temps de travail sans perte de salaire.

La menace de l’extrême droite est-elle comparable à celle de 1936 ?

Elle est tout aussi dangereuse. Aujourd’hui, elle contrôle la première puissance mondiale, les Gafam, de nombreux médias, une partie de l’IA et du capital, et s’organise à l’échelle mondiale. Les guerres se multiplient et nos institutions internationales sont fragilisées. Quels points communs entre Poutine, Trump et Netanyahou ? Ils sont d’extrême droite, bombardent des civils et démantèlent le droit international pour le remplacer par la loi du plus fort, ou plutôt du plus riche. Le RN n’a jamais renié les positions négationnistes et antisémites de ses fondateurs. La CGT ne renverra jamais dos à dos l’extrême droite avec un quelconque autre parti.

À la différence des patrons ?

Ils semblent développer leurs relations avec le RN. C’est une rupture majeure depuis 1945, l’acte final de la normalisation de l’extrême droite. C’est très grave. Le Medef fait primer ses intérêts économiques sur l’impératif démocratique et prend ainsi la lourde responsabilité de permettre au RN d’arriver au pouvoir par les urnes, ce qui serait inédit en France. Rien n’est écrit d’avance, nous l’avons montré en 2024. La CGT, elle, prendra toujours ses responsabilités pour être au rendez-vous de l’histoire.

 

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1ER MAI

29 Avril 2026, 12:18pm

Publié par PCF Villepinte

Travailler le 1er Mai :
la réponse de Karl Marx

Chaque année, à l’approche du 1er Mai, la même offensive revient. Cette année plus fort que d’habitude, la droite et le patronat tentent de supprimer le seul jour férié obligatoirement chômé de l’année. Pour ce faire, rien de plus simple pour eux : instrumentaliser la « liberté de travailler ». Derrière ce discours, il faut remettre les choses à l’endroit.

On nous explique que des salariés seraient « volontaires » pour travailler le 1er Mai. Évidemment qu’il y en a. Pourquoi ? Parce que les salaires sont trop bas. Parce que finir le mois est devenu un défi. Parce que beaucoup n’ont pas d’autre choix que de saisir chaque heure supplémentaire pour boucler leur budget. La vraie question n’est donc pas de savoir s’il faut permettre de travailler plus un jour férié, mais pourquoi travailler autant ne suffit plus à vivre dignement.

C’est là qu’il faut être clair : on n’améliore pas le pouvoir d’achat en faisant reculer les droits des travailleurs. On l’améliore en augmentant les salaires et en sécurisant l’emploi. La question du salaire et du temps de travail est au cœur de l’affrontement social. Quand le rapport de force est favorable aux travailleurs, les salaires augmentent et le temps de travail diminue. Quand il bascule du côté du patronat, c’est l’inverse. Rien de nouveau sous le soleil : c’est une réalité historique.

On l’a déjà entendu, ce discours. Quand il a fallu interdire le travail des enfants, certains expliquaient déjà que les familles étaient « volontaires ». En réalité, elles étaient contraintes par la misère. Aujourd’hui, c’est la même logique qui est à l’œuvre.

Quant au « volontariat », il faut arrêter l’hypocrisie. Dans le monde du travail, il n’existe pas de relation égalitaire entre un salarié et son employeur. Le lien de subordination est inscrit dans le contrat lui-même. Quand on est en CDD et qu’on espère un CDI, quand on attend une augmentation, quand on craint un licenciement, peut-on vraiment parler de libre choix ? Non. Il s’agit d’une contrainte déguisée.

Le 1er Mai n’est pas un jour comme les autres. C’est une conquête, arrachée par les luttes. C’est une journée pour se rassembler, pour revendiquer, pour rappeler que les droits sociaux ne tombent jamais du ciel.

Face à ceux qui veulent banaliser cette date, il faut au contraire en réaffirmer le sens : celui de la dignité, de la solidarité, et du combat pour la dignité au travail.

Assan Lakehoul

Article publié dans CommunisteS, numéro 1084 du 29 avril 2026.

 

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Jeunesses

23 Avril 2026, 09:15am

Publié par PCF Villepinte

Dans L’Avant-Garde Plus,
la jeunesse face à Parcoursup
Publié le 22 avril 2026

Dans le dernier épisode de L’Avant-Garde Plus, partez à la rencontre de Rosa et Maël, deux jeunes militants communistes qui luttent avec détermination contre la sélection imposée par Parcoursup. Cette vidéo plonge au cœur de l’angoisse que vivent les lycéens face à cette plateforme. Ces derniers dénoncent avec force la sélection sociale, géographique et genrée qu’elle génère.

Face à des équipes éducatives débordées et à un accompagnement largement insuffisant, Rosa et Maël ont décidé de ne pas rester inactifs. Ils témoignent de leur mobilisation concrète pour organiser la riposte. Maël raconte notamment la création d’un cahier de doléances, véritable outil de recueil de la parole lycéenne qui a rassemblé plus d’une centaine de témoignages poignants. Ce travail méticuleux a trouvé un écho inespéré lors de l’audition inédite de Maël devant la Cour des comptes, une occasion unique de porter la voix des élèves et de défendre l’accès à un enseignement supérieur public de qualité pour tous.

Ne manquez pas cette émission essentielle pour saisir les réalités concrètes que traverse les lycéennes et lycéens, et comprendre l’importance cruciale de s’organiser collectivement pour son émancipation.

Retrouvez l'émission ci-dessous :

Article publié dans CommunisteS, numéro 1083 du 22 avril 2026.

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Les luttes en Europe

23 Avril 2026, 09:11am

Publié par PCF Villepinte

Après son congrès
 à quoi doit répondre le PGE ?

Le congrès du PGE qui s’est tenu à Bruxelles le week-end dernier a permis au PCF de porter ses exigences de contenu et de tenir des rencontres bilatérales, comme l’article d’Hélène Bidard le développe.

Concernant les enjeux de fond, c’est-à-dire la manière dont le PGE pourrait être un outil pour mettre en commun les luttes, les exigences et les initiatives des partis membres pour la paix et contre l’austérité en Europe, ce congrès laisse beaucoup de questions ouvertes. Les questions posées lors de la préparation du congrès le restent à son issue.

Pour le PCF comme pour d’autres organisations membres, le congrès initie surtout une phase transitoire qui devra aboutir lors de l’assemblée générale de 2027. Le congrès et les interventions des délégués de nombreux partis affirment nettement un profil pour la paix et la sécurité collective en Europe. Il faut donc maintenant le décliner concrètement. 

Deux points particulièrement importants doivent être travaillés dans l’année qui vient si l’on veut un PGE utile pour les luttes convergentes des partis membres.

  • Construire une action commune en Europe pour la paix et contre la militarisation de l’économie. Le PGE est le seul parti européen à s’emparer de la question de la lutte pour la paix et la sécurité collective ainsi que de la lutte contre la militarisation de l’économie. Mais cela demeure assez peu visible et peu en lien avec les partis membres. Or, le véritable atout du PGE réside dans ses partis membres. Le PCF a porté lors de ce congrès l’exigence que le PGE s’empare de l’exigence de la paix en devenant un espace de mise en commun des élaborations et des actions pour la paix des différents partis membres. Des points d’appui peuvent être utilisés, comme les prises de position du gouvernement espagnol auquel participent le Parti communiste et la Gauche Unie d’Espagne.
  • Construire un parti de partis transparent et démocratique. Pour cela il convient de poser la question des modalités de fonctionnement du PGE. Il existe une tendance à la centralisation et à la fédéralisation du parti, faisant écho avec une certaine tentation fédéraliste de la construction européenne. Le PCF, avec d’autres organisations, défend une conception d’un parti de partis pleinement souverains mettant en commun leur expérience, leur positionnement, leur analyse pour faire naître du commun en Europe et pour élaborer des actions et campagnes communes. Ce débat existe depuis longtemps dans le PGE mais il tend à s’approfondir.

Le PGE est à un tournant de son histoire. Porté lors des années 2010 par l’essor des luttes anti-austérité en Europe, il a été confronté depuis à plusieurs échecs et à plusieurs crises provoquées par les reculs de ces luttes. Il s’agissait ici du premier congrès après le départ des organisations populistes et de la gauche verte nordique. Une nouvelle page de l’histoire d’un PGE refondé doit s’écrire dès maintenant. Soit il est en mesure de répondre à ces deux enjeux, soit sa crise va se poursuivre et se renforcer.

L’ampleur des défis et des menaces historiques qui pèsent sur les peuples d’Europe, avec la menace de guerre, le renforcement de la domination de l’OTAN et de l’atlantisme sur une UE dont la construction est fondamentalement capitaliste, la menace de l’extrême droite, rend une organisation de gauche en Europe portant une vision transformatrice sociale, économique, démocratique, pour la paix, plus nécessaire que jamais. Mais cela suppose qu’elle soit à la hauteur.

Vincent Boulet
Responsable du secteur international

Article publié dans CommunisteS, numéro 1083 du 22 avril 2026.

 

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Les temps sont aux vents mauvais.

21 Avril 2026, 10:04am

Publié par PCF Villepinte

« Il faut que la gauche revienne enfin de
ses vacances ! Ça fait plus de 20 ans de
renoncement », s’insurge Christiane Taubira

« Il faut combattre les racistes sans répit », martèle l’ancienne garde des Sceaux.
© Come SITTLER/REA

L’ancienne garde des Sceaux sous la présidence de François Hollande, régulièrement confrontée aux injures racistes, se penche sur les symptômes d’une époque rongée par la haine. Elle appelle la gauche à la mobilisation pour éviter « l’hypothèse catastrophique » d’un pouvoir d’extrême droite.

 

Les temps sont aux vents mauvais. Partout, d’antennes en plateaux, sur les réseaux sociaux, la parole raciste se déchaîne, déferle, touche toutes les personnes issues de l’immigration que ciblent l’extrême droite et ses relais médiatiques. Ancienne garde des Sceaux à la parole rare, Christiane Taubira s’exprime dans les colonnes de l’Humanité pour juger l’époque, ses dérives, ses concepts. Elle propose un chemin, non sans bousculer la gauche. « Rien ne changera tant que la gauche ne redeviendra pas plurielle et solidaire », estime-t-elle. Entretien.

Comment avez-vous vécu la vague de racisme qui s’est abattue sur des maires, noirs ou d’origine maghrébine, comme celui de Saint-Denis, Bally Bagayoko, qui a été comparé à un « grand singe » ?

En l’occurrence, je fais d’abord une analyse politique. Des maires inattendus. En face : des commentateurs effarés et désemparés. Tout ça est hors schéma. Oblige à sortir de la routine. Ils n’ont pas vu venir ! Une élite des banlieues, française, qui vit là depuis longtemps, a fait des études brillantes et est souvent sous-employée ; ou a connu des parcours atypiques de réussite… Voilà que cette élite monte à l’assaut du pouvoir. Et y parvient. Non du fait du prince, mais par la volonté populaire. Par le processus démocratique, imparable. C’est d’une beauté vertigineuse pour la France.

Malgré, malgré, malgré – les embûches au quotidien, les inégalités flagrantes, les exclusions systémiques, les préjugés ambiants, le manque de modèles (et pour cause !) –, malgré un environnement fréquemment agressif et dissuasif, il est donc possible, en France, d’être élu maire, cette fonction élective généralement reconnue comme la plus belle au service des citoyens et citoyennes. Et tout cela dans la joie. À Saint-Denis, dans cette ville vivante et vibrante, tous ces gens se mêlent et s’emmêlent à la fête. Comble de l’élégance, ce peuple électeur est de toutes les couleurs. C’est d’une beauté éblouissante.

Quant à l’obsession du singe, du zoo, il serait aisé de démontrer que les racistes, depuis des générations, n’ont aucune imagination. Pas étonnant : ils restent bloqués sur un vieux fantasme pluriséculaire, cette supercherie criminelle et meurtrière de hiérarchie des « races ». Mais Frantz Fanon est allé plus loin, en explicitant la fonction de ce « langage zoologique » que le colon utilise pour se préserver, lui, et conserver sa domination et ses privilèges, dont il voit de plus en plus clairement combien, à titre de mérite individuel, ils sont injustifiés.

Ce vocabulaire démontre surtout une profonde insécurité psychoaffective chez ceux qui se sont installés derrière le rempart de leur couleur de peau comme source de leur valeur personnelle. Cela vaut pour ceux qui pépient et vocifèrent dans l’espace public et médiatique, autant que pour les défouleurs anonymes sur les réseaux sociaux. Ce sont les mêmes faiblesses dans différents registres.

Lorsque vous étiez ministre, vous avez eu vous-même à subir un racisme constant. Pourquoi n’a-t-on pas progressé depuis ?

Je n’ai pas subi : j’ai été confrontée à. Il faut qu’il soit bien clair que notre premier mouvement, notre premier rempart, consiste à ne pas donner prise, émotionnellement, aux insultes, injures ou menaces racistes. Et que celles-ci doivent immédiatement relever de ce qu’elles appellent : un traitement judiciaire. Dans mon cas, j’avais des choses plus importantes et plus urgentes à faire que de courir judiciairement après ces crétins, cravatés ou pas. Cependant, des associations, notamment, SOS Racisme, ont fait le job de saisir la justice. Avec succès, au moins une ou deux fois.

J’étais exposée dans l’espace public, ce qui, inévitablement aiguillonne, attise les tentations. J’étais à la tête d’un ministère régalien, haut placée dans la hiérarchie gouvernementale, ferme et offensive sur mes convictions, cela faisait beaucoup pour les racistes compulsifs, comme cette élue locale dont je me souviens très vaguement, ou d’autres racistes à col amidonné, tel le patron de ce journal torchon que la justice a condamné.

De nombreuses personnes sont confrontées au quotidien au racisme à bas bruit. Il importe de rappeler qu’il existe une procédure d’action de groupe. Elle n’est pas très simple ni très fluide, mais je pense que, si elle est mobilisée, grâce à des plaignants et des cabinets d’avocats, elle évoluera en souplesse et performance. Car il faut bien se rendre compte que l’une des conséquences, intentionnelle ou non, des agressions racistes consiste à démoraliser et paralyser. Et même sans cette procédure collective, il est possible, et souhaitable, de saisir la justice.

Les personnes exposées à ces agressions racistes devraient être soutenues et protégées par les institutions. Or, ces institutions semblent, en l’occurrence, soit hébétées, soit inégalement volontaristes. Et ce n’est pas faute de savoir car les rapports de la Défenseure des droits établissent avec une grande rigueur, et un grand courage dans l’ambiance actuelle, les situations structurelles de comportements racistes. La constance et la réactivité institutionnelles, si elles avaient lieu, contribueraient sérieusement à changer l’ambiance.

Quant à savoir pourquoi « on » n’aurait pas progressé… D’abord, il ne faut pas inclure dans ce « on » qui que ce soit d’autre que les racistes eux-mêmes. Chaque raciste est responsable et comptable de ses propos et de ses actes. Et doit en répondre. Je ne crois pas qu’il faille envisager un « progrès ». Ce n’est pas un champ pour le darwinisme. Les racistes ne sont pas une espèce. Il s’agit de citoyens qui se situent au-dessus d’autres et qui enfreignent ouvertement la loi. Il faut les combattre sans répit.

La France est-elle un pays raciste ?

Si la France se proclamait officiellement et constitutionnellement « pays des Gaulois » ou « puissance caucasienne » ou « nation judéo-chrétienne » ou que sais-je d’aussi absurde, elle serait à coup sûr un pays raciste. Et ses lois organiseraient la différenciation des droits et libertés. Ce n’est pas le cas. La Révolution française a proclamé la nation civique – pas ethnique – et, lors de toutes les guerres, l’armée ou la Résistance ont enrôlé et bénéficié de l’engagement, du support et des sacrifices de personnes de toutes apparences et appartenances. En les reconnaissant et les honorant parfois.

La France est une République séculière, qui se proclame indivisible, laïque, démocratique et sociale, dont la Constitution ajoute qu’elle assure « l’égalité devant la loi de tous les citoyens, sans distinction d’origine, de race ou de religion ».

Il demeure que la France est une ancienne puissance coloniale, impériale et impérialiste, qu’elle a participé à la traite et à l’esclavage, et que, parmi ses élites d’alors, d’éminents esprits ont contribué à l’énoncé de cette immense fumisterie de doctrines racialistes et racistes. Ce que nous entendons encore, dans les injures et commentaires infâmes et immondes qui prospèrent sur certains médias, c’est davantage que les traces de cette époque.

Ce sont les pets d’une idéologie vile et avilissante, turpide, structurée d’ailleurs par le fascisme, et dont les propagateurs, peureux et nostalgiques, sont obsédés par les différences et les apparences, obnubilés par l’exclusion, tenaillés par la peur d’un monde qui leur ressemble de moins en moins. Ils sont déjà vaincus, et le pressentent.

Nous avons pu observer le rôle des médias, particulièrement ceux du groupe Bolloré, dans la propagation du racisme. Faut-il fermer CNews ?

Mes élans ne sont pas portés sur l’interdit, plutôt sur l’impérieuse urgence de la bataille idéologique, politique et culturelle et sur la nécessaire confrontation. Pour l’instant, elles n’ont pas lieu à bonne hauteur. Ceci dit, il convient de caractériser ce qui advient de façon flagrante, sans retenue, sans pudeur, et sans réel contredit sur ce média. Dans une démocratie et un État de droit, puisque la France prétend encore l’être (plus ou moins chaotiquement), je ne sais sur quel principe peuvent reposer une telle permissivité et une telle impunité. L’État ne fait rien pour neutraliser ces ennemis de la démocratie et de la République.

Au contraire, les aides publiques (nos impôts !) accordées à cette presse se poursuivent, de même que les exonérations fiscales. Au-delà de ce racisme sans bride, nous pouvons nous interroger sur la pusillanimité et l’irrésolution qui caractérisent les décisions ou non-décisions de l’Arcom. Ce qui, d’ailleurs, ne la préserve de rien, comme en attestent les élucubrations et divagations du rapporteur de la commission parlementaire. Pourtant, nous disposons des instruments intellectuels pour comprendre ce qui se passe et quels en sont les enjeux. Qu’il s’agisse des travaux fort sérieux de Julia Cagé sur la concentration médiatique et l’information comme bien public. Ou des recherches très documentées et des analyses très argumentées de l’historien Johann Chapoutot.

Je n’aurais vraiment aucun état d’âme si j’apprenais la fermeture de CNews. Sauf que ce serait si peu de chose. Car c’est un empire tentaculaire (et totalitaire) que bâtissent les propriétaires de ces lieux. Ils ne sont pas au service de l’extrême droite. Ils sont au leadership de l’extrême droite. À les regarder manœuvrer, nous percevons bien les stratégies par lesquelles ils échafaudent, maçonnent, édifient une citadelle sémantique pour charpenter un raisonnement sommaire. Et composer un évangile. Pas seulement sur CNews. Dans d’autres médias, dans l’édition, la formation. Ils servent l’émergence d’un fascisme offensif sur les hardes d’une démocratie qui ne se défend plus.

Fermer CNews ne les fera pas taire. Aller débattre sur leur terrain et de leurs sujets me paraît ne pas suffire. Il faut une contre-offensive idéologique et politique. Sans manquer d’interroger l’inaction de nos gouvernants, si accommodants, inactifs face aux scandaleuses concentrations économiques et financières, alors qu’ils sont sans pitié contre les pauvres et les chômeurs. Par une gouvernance antisociale indécente. Nous savons à quoi aboutissent ces processus et complaisances. Relisons l’Ordre du jour, d’Éric Vuillard. D’autant que nous avons sous les yeux, dans le monde, l’exemple de ces gouvernements autoritaires déjà advenus, qui manipulent leur peuple tout en l’écrasant par des politiques ultralibérales.

Dans le débat public, nous assistons à une inversion complète des valeurs : la gauche serait raciste quand droite et extrême droite seraient les nouveaux antiracistes. Que s’est-il passé pour en arriver là ?

Entourloupe ! Ce n’est pas l’absurde de Camus, c’est la folie de Caligula. L’urgence : comment en sortir ? Que la gauche revienne enfin de ses vacances ! Ça fait plus de vingt ans de renoncement, mêlé de désarroi… Rien ne changera substantiellement tant que la gauche ne redeviendra pas plurielle et solidaire, offensive, fidèle à son histoire, inventive sur l’avenir.

« Le racisme policé des « gens instruits » est plus cynique. »

À l’heure d’une recrudescence des discours identitaires et racistes, quels sont les leviers pour prolonger l’esprit de la loi Taubira, dont nous célébrerons, en mai, les 25 ans, qui reconnaît la traite et l’esclavage comme crimes contre l’humanité ?

Sur cette thématique – et votre question suggère, à bon droit, le lien matriciel entre cette période historique et les multiples expressions du racisme –, nous avons assisté récemment au vote d’abstention de la France à l’ONU. Une position misérable. Qui affaiblit la crédibilité et l’autorité de cette nation encore prestigieuse (malgré les manquements de ses gouvernants). Nous aurions tort de croire que le sujet était consensuel en 2001 (en dépit des votes à l’unanimité dans les deux Chambres du Parlement).

La contre-offensive réactionnaire s’était manifestée lourdement par cet article 4 de la loi de 2005, qui prescrivait l’enseignement du « rôle positif » de la colonisation. Le racisme et les préjugés travaillent la société française en profondeur. Il reste des miasmes des zoos humains, de ces dépouilles humaines qu’il semble si difficile aujourd’hui encore de restituer à leurs terres d’origine, de « Y’a bon Banania », de Bamboula, des fables sur le cannibalisme, etc. Le déclassement social et individuel nourrit la rancœur. Le racisme policé des « gens instruits » est plus cynique. En contre-offensive, il faudrait mobiliser l’éducation, la culture, les arts, les sciences. Et réenchanter politiquement le destin commun.

Dans Paroles de liberté, en 2014, vous vous demandiez : « Pourquoi est-il devenu si facile de moquer et de haïr ? » Avez-vous trouvé la réponse ?

Il serait possible d’énoncer une palette de réponses. L’heure est désormais à la vigueur des ripostes, à la combativité sans concession. Les dégâts sont trop importants. Et, surtout, il n’est pas acceptable que des enfants et des adolescents continuent de faire les mêmes expériences que leurs arrière-grands-parents.

« Le concept de « racisés » détient une désastreuse pertinence. »

Que pensez-vous du concept de « racisé » ?

Philosophiquement, le concept est problématique. Comme, d’ailleurs toute épithète qui se réfère à la « race ». La race n’existe pas biologiquement, mais elle est socialement opératoire. Ainsi, sociologiquement, ce concept détient une désastreuse pertinence : des citoyens et citoyennes sont ouvertement ou sournoisement assignés à leur apparence physique qui devient la seule référence quant à leurs compétences déniées (aptitudes, qualifications…) ou supposées (sport, cuisine, performances sexuelles…), à leur légitimité dans des lieux et responsabilités, leur loyauté vis-à-vis de la nation, leur civilité institutionnelle, etc. Et nous le voyons encore, y compris leur appartenance même à l’espèce humaine.

D’ici à un an, l’extrême droite pourrait arriver à l’Élysée, d’où elle pourrait mettre à bas les contre-pouvoirs et développer une politique raciste et xénophobe. Face à ce péril, comment jugez-vous l’attitude des forces de gauche ?

Je ne me résous pas à la fatalité de cette hypothèse catastrophique. Posons que les contre-pouvoirs sont déjà bien fragilisés. Nous ne sommes pas encore perdus, mais pas tirés d’affaire non plus. Alors, la gauche… Déjà, qu’elle retrouve son idéal et son propre discours, qui ne sont manifestement plus arrimés à son expérience de luttes pour la justice sociale ; à sa pratique du pouvoir pour l’intérêt général et l’émancipation individuelle ; ses politiques publiques d’égalité, de solidarité, de cohésion ; sa consolidation des services publics, etc. Ce lien n’était pas encore rompu sous les années Jospin.

Depuis, la gauche a largement renoncé à elle-même. Ayant mal anticipé les bouleversements de la société postindustrielle, elle n’a pas vu venir la dispersion et le rétrécissement de sa base sociale. Elle n’a su ni prévoir ni contrecarrer la financiarisation de pans entiers de cette économie mondialisée, habile à échapper au cadre national et aux règles de justice sociale et fiscale ; prompte aussi à exiger des solidarités financières nationales sous chantage d’emplois. Sursaut de lucidité : la gauche a déclaré que la finance était l’ennemi.

Peu de temps après, sous prétexte de politique de l’offre, elle a soumis une part importante de l’appareil d’État aux choix discrétionnaires du monde économique ; de même qu’elle a transféré des budgets de recherche-développement à l’arbitraire de décisions entrepreneuriales. Il lui faudrait renouer avec son identité politique et sa base sociale.

 

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Démocratie

20 Avril 2026, 06:47am

Publié par PCF Villepinte

 

Publié le 17 avril 2026

La décision de Monsieur Bolloré d’écarter Olivier Nora de la direction des éditions Grasset a pour but de réorienter radicalement la politique éditoriale de cette institution emblématique dans le paysage éditorial français. Monsieur Bolloré ne supporte aucune résistance dans les entreprises qu’il s’approprie, au mépris des savoir-faire, de l’histoire, des collectifs humains qui les font vivre.

Cet acte d’autorité est un nouveau coup de semonce adressé à l’ensemble de son empire : il est prêt à détruire la réputation d’une maison, sa place, sa raison d'être. Ce que Vincent Bolloré a fait dans le monde des médias, il le poursuit avec la même brutalité dans le monde de l’édition. Il met sa puissance financière au service d’une vision politique profondément réactionnaire et de ses amis d’extrême droite. Il reconfigure l’espace de l’information et de la création pour reconfigurer les imaginaires.

En nombre, les auteurs et autrices de la maison Grasset ont manifesté plus que leur inquiétude, leur refus radical devant cette décision qui porte atteinte à leurs œuvres et à leurs projets : ils ne veulent pas être associés à l’entreprise de Monsieur Bolloré, ils ne veulent pas être sa propriété.

Nous leur apportons tout notre soutien. Nous appelons à prendre la mesure de la gravité de cette offensive et à voter des lois contre la concentration des moyens d’information, d’édition, de distribution ou de production culturelle, à prendre des dispositions pour protéger les institutions culturelles et médiatiques qui concourent à la santé démocratique de notre pays.

Nous appelons à déployer des politiques puissantes face à ces entreprises de dévoiement et de destruction. Monsieur Bolloré mène la bataille culturelle. Il veut promouvoir les auteurs qui lui conviennent, les commentateurs qui lui conviennent, pour façonner le peuple qui lui convient.

La République doit être au rendez-vous. Nous appelons à faire grandir le large front populaire pour la culture et la liberté qui a commencé à se constituer avec les Nouveaux Etats généraux de la culture.

Le 17 avril 2026,
Pierre Dharréville, responsable de la commission culture du PCF
Fabien Roussel, secrétaire national du PCF 

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"Misons sur les transports collectifs face au changement climatique"

17 Avril 2026, 09:23am

Publié par PCF Villepinte

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Campagne nationale du PCF : « Un million d’oliviers pour la paix en Palestine »

15 Avril 2026, 13:15pm

Publié par PCF Villepinte

45 500 € collectés,
10 271 oliviers déjà plantés !

Le PCF réaffirme sa solidarité historique avec le peuple palestinien dans sa lutte de libération nationale. Face à une stratégie d’anéantissement, nous opposons une solidarité internationale concrète et une bataille politique fondée sur le droit international, c’est-à-dire la solution politique à deux États. L’enracinement à la terre demeure, plus que jamais, le cœur de la résistance, contre la spoliation.

Grâce à la mobilisation de nos fédérations, 45 500 € ont été collectés, permettant la plantation de 10 271 oliviers. Chaque plant est un acte de résistance face à l’occupation militaire et à la colonisation de peuplement israélienne.

Un succès de solidarité internationale utile et concret

Lancée par la fédération du Val-de-Marne et entérinée par le Conseil national du 17 mai 2025, cette initiative marque une étape clé de l’action des communistes aux côtés des Palestiniens.

En coordination avec l’OLP, le ministère de l’Agriculture et les coopératives agricoles, l’Association des agronomes arabes (AAA) a sélectionné, via des pépiniéristes locaux, des plants de qualité (80 à 120 cm). En décembre 2025, ces 10 271 arbres été mis en terre sur hectares, répartis dans zones ées (Ramallah, Naplouse, Hébron, Tulkarem, Bethléem et Jérusalem), à distance des colonies pour garantir leur préservation.

Ce projet soutient directement 366 familles d’agriculteurs. Chaque don de 10 € constitue un acte politique en faveur de la souveraineté alimentaire et de la production d’huile – pilier économique de la Palestine - tout en protégeant les terres contre l’occupant.

78 ans de nettoyage ethnique : la terre, comme enjeu de résistance

Depuis la Nakba de 1948, marquée par l’expulsion forcée de 800 000 Palestiniens, et depuis l’occupation de 1967, les gouvernements israéliens s’attaquent à l’accès à la terre, à l’eau et à la nourriture. Cela a été considérablement renforcé par la politique suprémaciste de Benyamin Netanyahou. En Cisjordanie comme à Gaza, l’arme alimentaire est devenue un outil de guerre.

  • Depuis 1967 : Plus d’un million d’oliviers ont été détruits par l’armée et les colons.
  • Depuis octobre 2023 : 50 000 arbres supplémentaires ont été arrachés.
  • Impact économique : L’olivier génère 40 % des revenus pour 80 000 producteurs. Sa destruction menace la sécurité alimentaire et provoque un véritable écocide (érosion des sols).

Cette stratégie de dépossession vise à empêcher l’émergence d’un État viable et souverain. Lors de la récolte d’octobre 2025, l’ONU a recensé 225 attaques de colons, faisant 171 victimes. Sous la terreur de ces milices protégées par Netanyahou, plus de 20 % de la production n’a pu être récoltée.

Dans le contexte de génocide à Gaza et d’intensification de la répression en Cisjordanie occupée (annexion complète des territoires, 900 checks points, 10 000 prisonniers politiques dont torture, déplacements forcés, assassinats…), la campagne du PCF prend tout son sens politique face aux 750 000 colons surarmés.

Peine de mort pour les Palestiniens, la volonté d’assassiner tout un peuple !

Alors que Netanyahu et Trump propagent le chaos au Moyen-Orient en toute impunité et illégalité, le gouvernement suprémaciste d’extrême droite israélien franchit un nouveau cap pour liquider la question palestinienne.

L’offensive est législative. Le 30 mars, la Knesset a instauré la peine de mort pour les seuls Palestiniens, en marquant un tournant historique. Pour Ofer Cassif et Aida Tuma, députés communistes israéliens : « La Nakba continue. Israël légitime et justifie désormais le génocide, l’apartheid et le nettoyage ethnique. La loi sert le fascisme et le renforce.»

Amplifions notre solidarité internationale !

Alors que la France se rend complice de crimes de guerre par ses ventes d’armes à Israel, les communistes disent NON à la proposition de loi Yadan ! En faisant l’amalgame entre antisionisme et antisémitisme, ce texte dénoncé par l’ONU criminalise toute critique d’Israël en menaçant le mouvement de solidarité, comme le souligne le communiqué du PCF paru le 8 avril dernier : La loi Yadan doit être retirée

Face à l’urgence et à l’invisibilisation des souffrances du peuple palestinien, nous renforçons la campagne des oliviers avec un nouvel objectif de 000 €. Dans ses remerciements à Fabien Roussel, Issa Elshateh (vice-président de l’AAA) souligne que face à l’annexion des terres, cette campagne est « vitale pour la survie, la dignité et l’indépendance économique des Palestiniens ».

L’engagement du PCF est total : pas de paix sans justice, ni sans sanctions contre les crimes d’Israël. Nous exigeons le respect du droit international, la pleine souveraineté de la Palestine et le droit à l’autodétermination du peuple palestinien.

Christine Hernandez
coordinatrice de la campagne nationale PCF « Un million d’oliviers »

Contact pour lancement de campagne dans les fédérations :
06 08 67 72 75 | crismig@live.fr

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1er mai

14 Avril 2026, 07:16am

Publié par PCF Villepinte

Communiqué de presse

 

La mobilisation paye :

le 1er mai est et restera férié,

chômé et payé !

 

Ce lundi 13 avril, la CGT et les organisations syndicales ont obtenu que le gouvernement ne passe pas en force sur le 1er mai et ne convoque pas la commission mixte paritaire, indispensable pour valider la proposition de loi.

La loi ne sera donc pas modifiée demain et le 1er mai restera un jour, férié, obligatoirement chômé et rémunéré où seuls de rares secteurs qui, en raison de la nature de leur activité ne peuvent interrompre le travail sont autorisés à faire travailler les salarié·es.

La proposition de loi de Gabriel Attal soutenue par la droite et l'extrême droite, et dénoncée par l’ensemble des syndicats, reposait sur un tissu de mensonges :

• Elle aurait favorisé les grands groupes, aux dépens du petit commerce indépendant de proximité et des artisans, qui peuvent déjà ouvrir le 1er mai ;

• Elle ne se serait pas limitée aux boulangeries et aux fleuristes, mais aurait concerné tout le secteur du commerce, de la culture et de l’agroalimentaire ;

• Elle ne prévoyait pas le fait d'être réellement payé double (200% pour la journée travaillée), et n'aurait pas garanti le fait d'être volontaire face au pouvoir patronal.

Alors que les macronistes voulaient faire du 1er mai une "journée à fort potentiel commercial", le rapport de force a payé. La CGT remercie les dizaines de milliers de personnes qui se sont mobilisées pour interpeller les député·es et signer la pétition ou manifester.

Ils nous ont déjà volé 2 ans de vie avec leur réforme inique des retraites, ont tenté en vain de nous supprimer 2 jours fériés, nous ne les laisserons pas nous voler le 1er mai !

La CGT appelle les travailleuses et les travailleurs à manifester massivement ce 1er mai. C’est NOTRE journée, c’est le jour où se faire entendre pour exiger des augmentations de salaire et des mesures contre la vie chère. C’est le jour où, depuis 140 ans, tous les travailleurs et travailleuses du monde manifestent ensemble pour défendre la paix juste et durable et le progrès social.

 

Montreuil, le 13 avril 2026

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"La stratégie du chaos et de la terre brûlée n'a jamais apporté la paix"

11 Avril 2026, 06:50am

Publié par PCF Villepinte

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