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internationalisme

Sommet de l'OTAN : Stop aux marchandages sur le dos du peuple Kurde

7 Juillet 2022, 09:01am

Publié par PCF Villepinte

Le sommet de l’OTAN qui vient de se tenir à Madrid suscite une immense indignation après les concessions indignes octroyées au régime turc lors de sordides chantages dont Ankara est coutumière. Chacun garde en mémoire les surenchères sur les migrants et le blocage des négociations sur l’acheminement du blé ukrainien en mer Noire.

Cette fois-ci, afin d’obtenir la levée du veto turc à l’entrée de la Suède et de la Finlande dans l’OTAN, R.T. Erdogan a obtenu l’engagement de Stockholm et d’Helsinki d’extrader des démocrates, notamment Kurdes, qualifiés de « terroristes ». Le tyran d’Ankara a pris l’habitude de qualifier de « terroristes » tous ceux qui rejettent sa violence despotique et ils demeurent des dirigeants européens pour entretenir cette fiction.

R.T. Erdogan s’est empressé de fournir des listes nominatives reflétant l’intense activité de surveillance des services secrets turcs en Europe qui n’hésitent pas à abattre sur notre continent des militants kurdes comme cela a été le cas en 2013 à Paris.

Cela témoigne du mépris de l’OTAN pour le droit des peuples et plus particulièrement pour les Kurdes qui ont été nos alliés dans la lutte contre l’Etat Islamique. L’arrogance des dirigeants turcs leur a permis par ailleurs d’obtenir de la part de la Suède et de la Finlande l’arrêt du soutien au PYD et à ses unités combattantes (YPG) que tous encensaient il y a peu pour leur courage et leur sacrifice contre les organisations djihadistes syriennes soutenues par le régime turc.

Mais à côté de ces renoncements officiels, il y a des redditions plus officieuses. A la suite de l’invasion par Ankara du nord de la Syrie, la Finlande et la Suède avaient décrété un embargo sur les ventes d’armes. Celui-ci a été levé. De plus, R.T. Erdogan fulmine face au refus américain de lui livrer des avions de combat (F16) afin de moderniser sa flotte vieillissante. Un entretien a eu lieu avec J. Biden dans lequel cette question a été évoquée.

A n’en pas douter, R.T. Erdogan se servira de cet armement pour accroître son influence régionale déstabilisatrice en Méditerranée orientale, à Chypre, en Grèce, en Libye, en Syrie, en Irak et dans le Haut-Karabagh.

Par ailleurs, depuis plusieurs semaines, R.T. Erdogan piétine d’impatience pour envahir les territoires kurdes du nord de la Syrie afin de mettre un terme à l’expérience de l’autonomie démocratique et d’annexer de nouveaux territoires. Après l’approbation de Moscou, R.T. Erdogan est venu négocier l’assentiment de l’OTAN pour une nouvelle intervention armée permettant à Ankara et à ses supplétifs djihadistes de prendre leur revanche sur les Kurdes. Alors que l’Europe a les yeux tournés vers l’Ukraine, R.T. Erdogan entend saisir cette opportunité pour commettre de nouveaux crimes dans le silence médiatique.

Erdogan tire à nouveau profit de la crise internationale et de l’invasion criminelle russe de l’Ukraine. Cependant, les dirigeants de l’OTAN, trop heureux de voir la Turquie voir conforter sa présence au sein du commandement militaire, qu’elle n’a d’ailleurs jamais quitté, sont prêts à tous les reniements.

Cette nouvelle ignominie de l’OTAN est un calcul à courte vue et aura de profondes répercussions source de souffrances pour les peuples. Le nord de la Syrie sera déstabilisé favorisant le retour de Daesh, des millions de personnes prendront la voie de l’exil alors qu’un régime de terreur turco-djihadiste s’imposera dans ces territoires. Le pouvoir turc saura en tirer tous les avantages en recyclant les combattants djihadistes actuellement détenus par les Forces Démocratiques Syriennes (FDS) dans de nouvelles opérations militaires provocatrices comme il l’a fait en Libye ou dans le Haut Karabagh où il entend finir sa sale besogne guerrière.

La France d’E. Macron reste dramatiquement silencieuse comme les autres capitales européennes. L’Union Européenne doit faire entendre sa voix pour s’opposer à toute velléité de nouvelles invasions turques.

Le Parti communiste français (PCF) condamne ces capitulations et exprime sa solidarité avec les forces démocratiques turques et du Nord de la Syrie. Il appelle à la mobilisation pour que cesse la loi des armes dans la région et pour le respect du droit des Kurdes à choisir et bâtir librement leur destin.

Pour cela, la France doit s’émanciper de ces marchandages de l’OTAN, qui prolonge partout les logiques de guerre éculées et condamner les réunions de clubs oligarchiques qui scellent l’existence d’un peuple admirable par son courage sur l’autel d’abjects intérêts.

 

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Les communistes aux côtés du peuple algérien à l'occasion du 60e anniversaire de l'indépendance

6 Juillet 2022, 07:51am

Publié par PCF Villepinte

INTERNATIONAL Publié le 05/07/2022 par PCF

L’Algérie fête aujourd’hui le 60ème anniversaire de son indépendance. Après plus d’un siècle d’occupation militaire, de dépossession des terres, d’un ordre juridique inégal et d’une société fondée sur l’exploitation et l’humiliation, le peuple algérien s’est engagé dans la lutte pour mettre un terme aux crimes de la colonisation. L’héroïsme et les sacrifices furent immenses.

Le Parti communiste français (PCF) s’honore d’avoir été avec Henri Alleg, Fernand Yveton ou Maurice Audin aux côtés du peuple algérien alors que les partisans de l’Algérie française commettaient des attentats et réprimaient les manifestations de solidarité. Ces partisans de l’OAS, recyclés dans le Rassemblement National, font encore entendre leurs voix revanchardes et nauséeuses à la tribune de l’Assemblée nationale.

Il y a trois ans, le peuple algérien a repris le chemin de la lutte pour l’indépendance dans un mouvement populaire pacifiste, créatif et radical. Il a rejeté un système et une caste politico-militaire prédatrice et corrompue, appelant de ses vœux un changement complet pour un État civil, une transition démocratique afin de mettre un terme aux inégalités, à la misère et à l’émigration comme seul horizon pour la jeunesse.

Seule la pandémie de Covid a pu y mettre un terme permettant aux autorités illégitimes de s’accrocher au pouvoir et d’entreprendre une reprise en main brutale. On ne compte plus les détentions arbitraires, les condamnations et les mauvais traitements.

Pour autant les braises ne sont pas éteintes car les problèmes fondamentaux de l’Algérie n’ont pas été résolus. Le Hirak demeure le contre-pouvoir, l’espoir, l’alternative porteuse de modernité, de liberté, de démocratie, de justice sociale et de paix.

Dans ces combats, les communistes seront toujours aux côtés du peuple algérien.

Parti communiste français
Paris, le 5 juillet 2022

 

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Rony Brauman : « Il y a aujourd’hui une espèce de course au crime majuscule »

27 Juin 2022, 09:02am

Publié par PCF Villepinte

Avec le retour de la guerre en Europe, Rony Brauman, l’ancien président de Médecins sans frontières, dénonce l’indignation sélective de la justice internationale qui relève les exactions en Ukraine mais reste silencieuse concernant d’autres conflits, comme en Palestine.

Vadim Kamenka Antoine Poncet L'Humanité

Samedi 25 Juin 2022

Cyril Zannettacci / Agence VU

Après quatre mois de guerre depuis son invasion par la Russie, le 24 février, l’Ukraine bénéficie d’un large soutien international. Ces réactions, indispensables, Rony Brauman s’en réjouit, mais il constate une différence de condamnations quand l’intégrité territoriale d’autres pays est atteinte. Le peu de réaction diplomatique et d’enquêtes face à l’occupation, la colonisation et aux violations du droit international par les autorités israéliennes vis-à-vis de la Palestine l’interpelle.

Quel est votre point de vue sur la guerre en Ukraine, qui a débuté il y a quatre mois?

En premier lieu, un sentiment de gâchis et de désespérance devant cette entreprise meurtrière, qui va se solder par des dizaines de milliers de morts. In fine, cette guerre sera gagnée par celui qui aura réussi à durer, le moins usé. De cette situation désastreuse, il n’y aura aucun vainqueur. Il y aura un «non-vaincu».

Lautre leçon immédiate, cest le fait quon retrouve une guerre interétatique entre deux États voisins. Un conflit ultraclassique qui sort des interventions militaires de type corps expéditionnaire, comme en Irak, en Libye, en Afghanistan ou ailleurs. Cela nous rappelle que ce type d’affrontement ne peut pas être considéré comme révolu. Et que d’autres formes peuvent potentiellement réapparaître aussi.

Ma troisième observation porte sur les répercussions inédites de ce conflit, avec les pénuries qui en découlent. Elles peuvent apparaître encore absorbables par les pays riches, avec toutefois de fortes disparités selon le niveau de revenu, comme on peut déjà le constater. Mais, dans l’ensemble, nos économies permettent d’amortir une partie des effets.

Pour un certain nombre de pays du monde, notamment en Afrique et au Proche-Orient, la situation est dramatique. L’interruption des livraisons de céréales – essentiellement de blé ukrainien et russe – amène à des conséquences extrêmement dures pour plusieurs États dépendants à 100 % de cette ressource pour l’alimentation de leur population. Il est encore très difficile d’en prévoir l’ampleur et les mécanismes de résilience collectifs.

Cette crise, sans précédent, s’explique par la mondialisation presque instantanée d’un conflit pourtant local. Son impact sur l’économie mondiale s’avère considérable, notamment pour la sécurité alimentaire quotidienne de la planète. Cela explique aussi pourquoi cette guerre en Ukraine tient une place particulière.

Ce conflit apparaît aussi à part en matière de droit international. Pourquoi?

Il s’agit d’une invasion caractérisée, d’une atteinte à la règle de droit qui fonde l’ordre international. Il est donc logique d’invoquer le droit international en réaction, comme cela a été le cas lors de l’invasion américaine de l’Irak en 2003. Je suis plus frappé par l’importance prise par les notions de droit humanitaire, à un moment où le droit est piétiné, comme toujours lors d’un conflit. Y a-t-il des crimes de guerre? Y a-t-il des crimes contre lhumanité? Y a-t-il des génocides? Les deux acteurs essayent d’instrumentaliser l’ensemble de ces termes, y compris celui de «génocide».

La description des faits, des violences, semble toujours rapportée à une qualification juridique, et l’on est invité, sous pression, à ratifier l’existence d’un génocide sous peine d’apparaître comme complaisant envers l’agresseur.

Cette espèce de course au crime majuscule est préoccupante, comme si les autres violences de masse ne pouvaient plus nous mobiliser ou nous révolter. On constate aussi que la justice internationale participe activement à la polarisation, par l’ampleur et la rapidité de son déploiement, en contraste avec d’autres situations où elle s’est montrée plus discrète.

Comme si les procureurs successifs de la Cour pénale internationale (CPI) semblaient être aux ordres des États-Unis. Je ne dis pas que les faits sur lesquels ils enquêtent sont des fabrications propagandistes. Bien au contraire, ils enquêtent sur des crimes extrêmement sérieux et graves.

Mais cet empressement et cette ampleur, avec 42 enquêteurs déployés, jettent à nouveau le doute sur la Cour pénale internationale, alors qu’elle fait preuve d’une prudence de chat en Israël-Palestine, en Afghanistan, en Irak, pour ne citer que des conflits dans lesquels les États-Unis sont directement impliqués. Cette justice-là est loin de l’idée que l’on se fait de la justice.

Ce sentiment d’être délaissé par la justice internationale peut-il expliquer qu’une partie importante des pays du Sud refuse de condamner la Russie, par volonté de ne pas s’aligner sur les pays occidentaux?

Dans la mesure où la Cour pénale internationale doit enquêter sur quatre types de crimes: crime dagression, crime de guerre, crime de génocide, crime contre lhumanité, il faut bien constater que lUkraine nest pas lunique endroit du monde où ce type de crime est commis.

J’ai en tête le conflit israélo-palestinien, où les crimes de l’occupant sont commis au quotidien. L’attaque israélienne lors des funérailles de Shireen Abu Akleh, la journaliste abattue le 11 mai lors d’un reportage à Jénine, est consternante et nous en dit long sur la situation. L’assassinat de cette journaliste et l’attaque de son enterrement illustrent une forme de «poutinisation» de la société et de la politique israéliennes.

Comme dailleurs lacharnement des Israéliens contre l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri, emprisonné à répétition sans aucune possibilité de se défendre, à l’instar d’Alexeï Navalny en Russie. Je souligne au passage l’inertie des autorités françaises face à la persécution du citoyen français qu’est Salah Hamouri. La mollesse des réactions internationales face à ces exactions n’est évidemment pas sans conséquences sur la crédibilité des discours démocratiques.

En politique étrangère, il a toujours été question des intérêts nationaux qui organisent et configurent nos réactions à des éléments internationaux. Mais il faut être capable d’accéder à une forme de dissociation entre les crimes qui mériteraient l’occupation massive du temps des relations internationales et ceux qui semblent inexistants.

Vous avez souhaité alerter sur la situation des Palestiniens dans une tribune publiée le 31 mai dans «le Monde». Est-ce une simple colère?

Dans ce texte, j’ai eu envie de comparer les deux actualités: Ukraine et Palestine. Deux entités nationales qui sont envahies, occupées et maltraitées. L’une suscite une forte réaction de boycott et de sanctions internationales extrêmement rapides et déterminées. Pour les Palestiniens, il n’existe aucune condamnation ni poursuite internationale.

Au contraire, ils subissent une criminalisation de toute forme de résistance digne, pacifique et citoyenne. La société civile qui tente par exemple d’organiser un mouvement de boycott (BDS) se retrouve poursuivie, et des personnalités comme Salah Hamouri, qui œuvrent à la défense des prisonniers palestiniens, sont arrêtées et incarcérées sans preuves. Ce contraste entre les deux situations m’apparaissait révoltant.

Sur le terrain, est-ce que les associations critiquent aussi ce manque d’investissement international?

Une partie des reproches vise la CPI. Ces critiques ne sont pas nouvelles. Depuis le début, nous avons été un certain nombre à nous montrer sceptiques vis-à-vis d’une telle structure. Ces dernières années, nous connaissons une satisfaction amère de constater une forme d’échec. Pour bien des ONG, elle incarne malgré tout l’espoir d’un ordre international décent.

Le fait que l’Europe se préoccupe davantage de la guerre en Ukraine que d’autres conflits ou violences de masse dans le monde me semble en revanche défendable. Je ne partage pas l’attente de restituer à l’Europe le rôle qu’elle a perdu de pacificateur mondial. Elle peut apparaître séduisante et sympathique, mais elle incarne une forme d’impérialisme libéral qu’illustrent les fiascos de Libye, d’Afghanistan ou des pays sahéliens.

Dans le cadre de résolution des conflits, le rôle des sociétés et gouvernements voisins me semble prépondérant, essentiel. Les interventions lointaines visant à l’installation d’un ordre politique nouveau sont vouées à l’échec, voire à l’aggravation des situations que l’on prétendait améliorer.

Les expériences passées le démontrent, de l’intervention soviétique en Afghanistan, dans les années 1980, à la Syrie, aujourd’hui, au sujet de laquelle on a entendu de multiples appels à l’intervention pour mettre fin au carnage. Une façon d’ignorer que ce pays souffrait déjà d’une multiplicité d’interventions et qu’une opération armée ne met généralement pas fin à une guerre. Voilà une illusion dont on aurait dû sortir depuis les échecs retentissants: Afghanistan, Irak, Libye, pour ne parler que des plus récents

Justement, sur ces interventions, faut-il armer toujours plus l’Ukraine, au risque de nous emmener dans un conflit nucléaire?

Il s’agit d’un jeu dangereux, mais la situation est extrêmement délicate. Car ne pas aider l’Ukraine, notamment militairement, c’est valider la prise du pays. Il est donc normal que l’Ukraine et son gouvernement réclament des armes à l’Europe. On peut aussi comprendre que l’Union européenne voisine ait réagi vigoureusement à cette invasion pour garantir la sécurité.

Néanmoins, il existe plusieurs formes d’aide militaire et différentes conceptions. Celle défendue par les États-Unis, la Pologne, la Lituanie, qui souhaitent battre la Russie et même l’écraser. Et celle qui vise à rééquilibrer le rapport des forces pour conduire à une solution politique, défendue notamment par l’Allemagne, l’Italie et la France, position qui m’apparaît beaucoup plus judicieuse.

Il faut donc fixer des limites de la part de l’Europe sur cette cobelligérance et ne pas souscrire à tous les appels de Volodymyr Zelensky, qui joue bien sûr son rôle. L’Ukraine mène une «guerre juste», selon les critères classiques de celle-ci, en se défendant contre une agression. Cela ne signifie pas pour autant que les buts de guerre de ce gouvernement doivent devenir l’objectif final de tous.

 

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ONU : "les tirs qui ont tué Shireen Abu Akleh provenaient des forces de sécurité israéliennes"

25 Juin 2022, 07:11am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité Gaël De Santis

Publié le Vendredi 24 Juin 2022

Un artiste peint sur un mur l'effigie de la journaliste défunte Shireen Abu Akleh à Gaza, le 12 mai 2022 AFP / MOHAMMED ABED

Les manœuvres israéliennes pour noyer le poisson n’y feront rien. L’enquête du Haut-commissariat de l’ONU aux droits de l’homme sur les circonstances de la mort de la journaliste d’Al Jazeera Shireen Abu Akleh le 11 mai près du camp de réfugiés de Jenine est claire. 

«Toutes les informations que nous avons recueillies -y compris de larmée israélienne et du procureur général palestinien- corroborent le fait que les tirs qui ont tué Mme Abu Akleh et blessé son collègue Ali Sammoudi provenaient des forces de sécurité israéliennes et non de tirs indiscriminés de palestiniens armés comme l’affirmaient initialement les autorités israéliennes», a déclaré vendredi à Genève la porte-parole de l’institution, Ravina Shamdasani. Selon cette dernière, il n’a été trouvé aucune information sur «une quelconque activité de Palestiniens armés à proximité des journalistes».

«La Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, continue d’exhorter les autorités israéliennes à ouvrir une enquête pénale sur le meurtre Mme Abu Akleh et sur tous les autres meurtres et blessures graves commis par les forces israéliennes en Cisjordanie et dans le cadre des opérations de maintien de l’ordre à Gaza», dit Ravina Shamdasani.

Car dans le contexte de guerre coloniale menée par Israël en Cisjordanie, ce sont pas moins de 58 Palestiniens qui ont été tués depuis le début de l’année, dont treize enfants, recense le haut-commissariat.

 

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Emprisonnement de Salah Hamouri – La répression israélienne se durcit

15 Juin 2022, 10:23am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 15/06/2022 par PCF

Salah Hamouri, avocat franco-palestinien et membre de l’association d’aide aux prisonniers politiques palestiniens, Addameer, est détenu illégalement par l’État Israélien. Sa détention administrative a été prolongée le 7 juin dernier pour trois mois supplémentaires. Il avait été arrêté et emprisonné le 7 mars 2022, sans qu’aucun motif ne lui soit adressé.

 

La détention administrative est un procédé illégal aux yeux du droit international, car elle permet d’arrêter sans motif et de prolonger une détention des années durant sans que le prisonnier n’ait droit à un procès ou même à connaître le motif de son arrestation.   

Salah Hamouri est la cible de l’acharnement du gouvernement israélien depuis près de 20 ans. Comme tant d’autres en Palestine, Salah Hamouri est visé parce qu’il s’engage pour la paix et le droit à l’autodétermination du peuple palestinien.

L’emprisonnement massif s’inscrit dans un contexte de recrudescence des violences à l’encontre du peuple palestinien et une volonté affichée du gouvernement de Bennett de multiplier les agressions et le non-respect des droits des Palestiniens.

Les événements survenus lors de la marche illégale aux drapeaux à Jérusalem-Est il y a près de 10 jours montrent une accélération de la colonisation et de l’occupation israéliennes. Des nationalistes israéliens en provenance de toutes les zones occupées ont défilé aux couleurs du drapeau israélien en scandant « morts aux Arabes » dans les rues de Jérusalem-Est, partie palestinienne de la ville.

Avant ladite marche, plus de 2 000 colons accompagnés d’un député israélien, protégés et soutenus par la police, sont même allés jusqu’à pénétrer dans l’enceinte de la mosquée Al Aqsa. Cet outrage délibéré est en violation d’un accord datant de 1967 sur l’interdiction des prières juives sur l’esplanade des mosquées. Le dimanche 5 juin, c’est la police elle-même qui a enfermé des fidèles palestiniens dans la mosquée et a procédé à de nombreuses arrestations.

Le Mouvement jeunes communistes de France dénonce avec force la responsabilité du gouvernement israélien dans l’augmentation des violences et des atteintes aux droits humains des Palestiniennes et des Palestiniens.

Le MJCF demande à la France d’agir pour la fin de la colonisation et de l’occupation israélienne, ainsi que la mise en place réelle de la résolution de l’ONU sur les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale de l’État de Palestine.

Le MJCF revendique le respect du droit international et la libération immédiate de Salah Hamouri, arrêté sans motif et détenu sans procès depuis le 7 mars 2022.

 

 

 

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Colombie : Gustavo Petro en tête au 1er tour de l’élection présidentielle

9 Juin 2022, 10:14am

Publié par PCF Villepinte

Le 29 mai 2022, le 1er tour de l’élection présidentielle en Colombie sera une date de nouveau écrite dans l’histoire de la Colombie. Gustavo Petro et Francia Marquez, les candidats du pacte historique, une grande coalition de gauche progressiste et écologique, sont arrivés en tête au 1er tour avec 40,31 % des voix.

Ils seront opposés au 2e tour, le 19 juin, au candidat indépendant, populiste, qui « penche » vers l’extrême droite que l’on appelle parfois le « Trump colombien », Rodolfo Hernandez, arrivé second avec 28,20 %. Ce 1er tour a été marqué par une défaite inédite de la « droite traditionnelle », le candidat soutenu par Ivan Duque n’est arrivé que troisième avec 23,87 %.

Ce résultat de Gustavo Petro, que le Parti communiste français salue, est une nouvelle victoire historique après l’avancée significative qu’avaient représentées les élections législatives de mars 2022. Gustavo Petro a fait toute sa campagne avec un slogan simple et fort : « pour la vie », axé sur la paix et la justice sociale.

Cette élection arrive dans un pays confronté depuis des années à des inégalités criantes, à la reprise des affrontements armés. Mais aussi après un dernier mandat du président Ivan Duque marqué par les violences, la corruption et de nombreux mouvements sociaux qui veulent la paix, la fin des inégalités, le respect des droits humains.

Une nouvelle fois, dans un pays d’Amérique latine, les élections cherchent à concrétiser le changement à la suite d’une explosion sociale en 2021 et cela malgré les répressions brutales du pouvoir en place. Des luttes syndicales, paysannes, féministes, étudiantes, autochtones, afro descendantes de jeunes, de lutte pour l’environnement cherchent une concrétisation politique an participant au débat électoral.

Le Parti communiste a suivi toute cette construction en apportant son soutien à toutes ces luttes, mais aussi en rencontrant des représentants du Parti communiste colombien, de Comunes, de Colombia humana, en participant à la rencontre du pacto historico à Paris avant l’élection présidentielle et en étant présent dans la mission d’observation des élections du PGE.

Le 2e tour de l’élection présidentielle, le 19 juin prochain, sera essentiel pour continuer à faire entendre la volonté de changement du peuple colombien, la volonté de paix et de justice sociale. Il faut maintenant concrétiser cet espoir avec la victoire de Gustavo Petro par une mobilisation importante pour ne pas laisser s’installer un nouveau millionnaire corrompu, populiste, d’extrême droite à la tête de la Colombie.

Le Parti communiste français apporte tout son soutien et sa solidarité au peuple colombien, aux forces de gauche, au pacte historique pour aboutir à ce changement indispensable à la vie des gens et à la véritable application du processus de paix de 2016.

Cécile Dumas
responsable adjointe du secteur International du PCF,
chargée des questions migratoires et de l’Amérique latine

 

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Crimes de guerre au Yémen. Dassault, MBDA et Thales accusés de «complicité»

3 Juin 2022, 08:26am

Publié par PCF Villepinte

Trois ONG, soutenues par Amnesty International, ont déposé plainte devant une juridiction française contre des entreprises d’armement accusées de «complicité de crimes de guerre». Les marchands de mort français pourraient être convoqués au prétoire.

Marc de Miramon L'Humanité

Publié le Vendredi 3 Juin 2022

«Les frappes aériennes de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont causé de terribles destructions au Yémen», explique le directeur de l’organisation yéménite Mwatana for Human Rights. Gérard Julien/AFP

 

C’est une guerre emblématique du cauchemar géopolitique qui vient. S’y entremêlent rivalités régionales et internationales, conflits politiques, tribaux et religieux locaux, et l’impitoyable lutte pour la captation des ressources fondamentales – en premier lieu l’eau et la nourriture –, dans un pays qui meurt littéralement de soif et de faim.

Officiellement commencée en 2014, dans la foulée du déclenchement des affrontements dans le Donbass entre l’armée ukrainienne et les forces séparatistes pro-Russes, la guerre au Yémen n’a pas bénéficié du même traitement médiatique que le conflit entre Kiev et Moscou. Seul le combat opiniâtre d’une poignée d’ONG et de parlementaires permet, à mille lieues des couloirs feutrés du Conseil de sécurité des Nations Unies, de faire émerger une exigence de paix et de fin à une spectaculaire logique d’impunité.

Une plainte au pénal devant le tribunal judiciaire de Paris

Trois d’entre elles, à savoir le Mwatana for Human Rights, le Centre européen pour les droits constitutionnels et les droits de l’homme (ECCHR) et l’association Sherpa, avec le soutien d’Amnesty International France, viennent de déposer plainte au pénal devant le tribunal judiciaire de Paris contre plusieurs entreprises d’armement françaises.

Parmi elles, Dassault Aviation, Thales Group et MBDA France, pointées pour leur éventuelle complicité dans les crimes de guerre et crimes contre l’humanité perpétrés au Yémen. Lesquels «auraient pu être commis du fait de leurs exportations darmes vers lArabie saoudite et les Émirats arabes unis», soit les deux pays piliers de la coalition sunnite, en guerre contre la rébellion houthie, elle-même soutenue par l’Iran chiite.

Plus de 8 milliards d’euros d'armes fournies par la France

Car, ce sont bien des avions français, dont des Mirage fournis et entretenus par Dassault, qui équipent l’essentiel de la flotte émiratie occupée à la destruction méthodique des ponts, des villes, du patrimoine architectural et des infrastructures civiles dans l’un des pays les plus pauvres au monde.

«Les frappes aériennes de la coalition dirigée par lArabie saoudite et les Émirats arabes unis ont causé de terribles destructions au Yémen. Des armes produites et exportées par des pays européens, en particulier par la France, ont pu permettre ces crimes. Sept ans après le début de cette guerre, les innombrables victimes yéménites méritent des enquêtes crédibles sur tous les auteurs de crime s à leur encontre, y compris ceux qui sont potentiellement complices. Nous espérons que les tribunaux français pourront jouer un rôle de manière à combler l’actuel vide vertigineux en matière de responsabilité au Yémen», explique Abdulrasheed Alfaqih, directeur de l’organisation yéménite Mwatana for Human Rights.

Environ 380000 morts depuis 2014

Il s’agit de prendre la mesure des destructions occasionnées dans ce pays peuplé d’un peu moins de 30 millions d’habitants, et qui constitue l’un des plus anciens berceaux de la civilisation au Moyen-Orient. Environ 380000 morts, essentiellement provoquées par les conséquences de la guerre (maladies, famines) sont à déplorer depuis 2014.

Si le conflit se poursuit jusqu’en 2030, prévient l’ONU, le chiffre risque de largement dépasser le million de personnes tuées, dont plus de 80% seraient des enfants de moins de 5 ans.

Coupé du monde, le Yémen subit un impitoyable embargo aérien comme maritime, et la malnutrition touche la quasi-totalité de la population. Par la grâce d’une médiation internationale, un cessez-le-feu a bien été décrété le 2 avril. Il vient d’être prolongé pour deux mois, ironie du calendrier, le jour de l’annonce officielle du dépôt de plainte visant les sociétés françaises.

Mais le temps presse. «Lorsque la trêve cessera, il ny aura plus personne pour surveiller ce qui se passe sur le terrain», s’inquiète Aymeric Elluin, responsable Plaidoyer «armes» à Amnesty International. Les organisations de défense des droits de l’homme n’ont pu documenter qu’une petite partie des crimes de guerre commis sur place, à l’instar des milliers de civils tués dans des bombardements aveugles visant les commerces, les mariages, les immeubles d’habitation comme les manifestations.

«Malgré les preuves accablantes montrant que, depuis 2015, la coalition a mené des frappes sans discrimination à lencontre de la population civile au Yémen, durant la période de 2015 à 2020, la France a fourni du matériel de guerre, des munitions et des services de maintenance d’une valeur dépassant les 8 milliards d’euros à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis», insiste Amnesty International. Alors que la guerre y faisait rage depuis plusieurs mois, le premier ministre français Manuel Valls s’était même bruyamment félicité, en octobre 2015, de la signature de près de 10 milliards d’euros de contrats avec Riyad, de l’aéronautique aux satellites en passant par le nucléaire.

Le précédent du cimentier Lafarge

Et si la plainte, en France, s’appuie sur la même base juridique que le rapport déposé, en 2019, devant la Cour pénale internationale – dont l’ouverture d’une enquête officielle se fait toujours attendre –, l’espoir de voir les tribunaux se saisir de ce dossier explosif demeure bien réel.

Le précédent Lafarge «montre que la justice peut avancer sur ces questions», veut croire Anna Kiefer, chargée de contentieux au sein de Sherpa. Le cimentier français a vu sa mise en examen pour «complicité de crime contre lhumanité» confirmée, le 18 mai dernier, par la cour d’appel de Paris.

Comme Lafarge avait décidé, au vu et au su des services spéciaux français, de maintenir ses activités industrielles en Syrie, malgré l’effondrement des structures étatiques et la montée en puissance de l’«État islamique», les marchands de mort français ont bien sûr bénéficié du soutien plein et entier d’un exécutif jamais embarrassé par sa lune de miel avec les pétromonarchies du Golfe.

Ces deux dernières années, Amnesty International avait battu campagne pour inviter Paris à davantage de transparence sur ses ventes d’armes, et à la mise en place d’un véritable contrôle parlementaire. Mais, en dépit d’une forte mobilisation de ­l’Assemblée et du Sénat, avec pas moins de six propositions d’enquêtes consacrées au Yémen, c’est bien devant la justice que pourraient se dévoiler les coulisses de la meurtrière et juteuse guerre menée au cœur de «lArabie heureuse».

 

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À Davos, les affaires sont les affaires

2 Juin 2022, 07:04am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 01/06/2022 par PCF

« La liberté est plus importante que le libre-échange. » Ces mots sont ceux de Jens Stoltenberg, secrétaire général de l'OTAN ; ils ont été prononcés le 24 mai 2022 au Forum économique mondial qui se réunit tous les ans à Davos. L'ancien premier ministre norvégien, peut-être inspiré par Emmanuel Macron, a aussitôt ajouté sous forme de mauvais plagiat : « et la protection de nos valeurs est plus importante que le profit. »

Il sera toutefois bien question de valeurs (sonnantes), et non de principes (politiques), car n'imaginons pas qu'il s'agisse d'une prise de conscience quant à la responsabilité des accords de libre-échange dans l'explosion des inégalités, des injustices et de la pauvreté mondiales, ni celle des firmes multi- et transnationales dans l'épuisement des ressources et le saccage des écosystèmes, pas plus que celle des grands États exportateurs d'armements dans de sales guerres.

Y en a-t-il seulement de propres ? ont l'habitude de répliquer les vendeurs d'armes pour se donner bonne conscience puisque d'aucuns, la France notamment, ont fait ces dernières années de bonnes affaires dans le domaine avec le régime russe. Pour corriger cette faute, il suffirait désormais de s'en remettre à « la morale dans les relations internationales », selon un ministre allemand. La morale (occidentale), courante en diplomatie, se traduit systématiquement en un « deux poids-deux mesures » dans lequel la politique perd toute noblesse : trop nombreux sont les peuples, au Moyen-Orient ou en Afrique, qui en font la cruelle et désespérante expérience.

À Davos donc, c'est au chevet de la guerre en Ukraine que tous les beaux esprits se sont penchés, sans pour autant en appeler à la paix et à l'arrêt immédiat des hostilités. Au contraire, la recherche d'une réponse diplomatique et politique au conflit est aujourd'hui qualifiée d'« illusoire » ; l'objectif d'arracher une victoire militaire sur la Russie s'étant imposée depuis plusieurs semaines sous l'impulsion de l'administration Biden et à la faveur de pays, comme la Pologne, nourrissant des ambitions de revanche sur la puissance russe.

L'invité d'honneur de cette nouvelle édition était en effet le président ukrainien Volodymyr Zelensky, intervenant par visioconférence depuis Kiev, pour exhorter les participants, dirigeants politiques économiques de premier plan, à prendre des sanctions « maximales » contre la Russie et à cesser avec elle toute relation commerciale.

Après avoir évoqué l'impact de la guerre sur les économies des pays dépendants du blé ukrainien - enjeu qui fait en réalité l'objet de tractations très discrètes entre Russes et Ukrainiens sous l'égide de l'ONU et de l'UE (Le Monde, 31 mai 2022) - et les risques de crise alimentaire dans le monde, V. Zelensky a aussi laissé entrevoir la récompense qu'un engagement armé actif ou, à défaut, un soutien militaire ou matériel plus nourri aux côtés de l'Ukraine pouvait laisser présager, dès à présent, en parts de marché dans la reconstruction des villes et infrastructures détruites par la guerre.

« Davos » s'est alors transformée en célébration du camp des « démocraties », animé comme un seul homme par les pays occidentaux, ligué contre l'autocratie russe, comme si ce camp « démocrate » ne comptait pas d'autocrates émérites lui-même.

La rhétorique éculée de cette prétendue nouvelle ère d'affrontement du « bien contre le mal », bloc contre bloc, habille d'un vernis idéologique fragile la préoccupation essentielle des « décideurs », puissances occidentales et consorts.

La guerre issue de l'invasion de l'Ukraine, sur ordre de Vladimir Poutine à l'origine pour des raisons géopolitiques, se mue, sous l'effet de son internationalisation par l'implication des puissances occidentales, en enjeu économique international. Car, pour elles, l'arbre russe cache la forêt chinoise. Depuis quelques années, le reproche adressé à la Chine était d'être devenue l'« usine du monde » et d'aspirer en devenir le « pôle d'excellence technologique » à brève échéance.

Depuis la crise sanitaire, il est devenu impératif pour les puissances occidentales de mettre en échec la Chine devenue « un marché cher, (où) la main-d’œuvre n'y est plus si bon marché » (El Mundo, 3 avril) et dont le président en personne prêchait les vertus du libre-échange, ici même à Davos, en 2017 en opposition frontale à un Donald Trump, chantre du protectionnisme.

Le déclenchement puis la prolongation de la guerre en Ukraine, que tous prédisaient « courte », sont venus aggraver de façon aigüe le problème. Car avec l'invasion de l'Ukraine par la Russie, outre le problème de la dépendance commerciale en matière de blé, pétrole ou gaz, s'est immédiatement posée la question pratique des sanctions économiques, compliquée par l'interpénétration des intérêts capitalistes occidentaux et russes ou ukrainiens (voir l'Humanité magazine n°799, 24-30 mars 2022).

La crise du capitalisme mondialisé, la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis puis la pandémie de Covid-19 avec la crise sanitaire mondiale qu'elle a engendrée « ont incité de nombreuses entreprises et de nombreux États à réexaminer les conséquences pour l'économie nationale de leurs dépendances commerciales », soulignait le Wall Street Journal, quelque deux mois avant la tenue du forum.

La question est celle d'une évolution de la mondialisation capitaliste qui permette aux pays occidentaux de reprendre le leadership international tenant compte, rappelle The Economist avec raison, que « les autocraties (sic) ne forment pas un bloc économique soudé, mais (qu') elles veulent toutes s'affranchir de l'influence occidentale, aussi bien pour les nouvelles technologies que pour les réserves monétaires. »

Les discours et discussions de Davos ont donc été consacrés au défi d'une « reconfiguration de la mondialisation » - capitaliste. Les alternatives sont déjà connues : il y a ceux pour s'en réjouir : « la mondialisation (comprenez bien : capitaliste) ne va pas disparaître, elle va être plus régionalisée » (El Mundo, 3 avril 2022) ; ceux pour alerter : « Le temps de la belle entente commerciale et du libre-échange sans cesse plus libre, y compris avec ses adversaires, apparaît de plus en plus comme une aberration » (Wall Street Journal, déjà cité).

Il y a aussi les apprentis dialecticiens. Ainsi The Economist, dans son édition du 19 mars, à ceux qui, « en Occident, (auraient) la tentation de privilégier les échanges avec les seuls alliés militaires, voire de défendre l'autosuffisance », il affirme : « Ce serait une erreur » et propose une solution plus simple : « En temps de guerre, la rupture des relations économiques a du sens. En temps de paix, l'objectif doit être de ne limiter les exportations vers les régimes illibéraux (sic) que pour les technologies les plus sensibles. » Autrement dit, renverser les rapports de dépendance énergétique, hautement stratégique, pour en devenir les maîtres absolus. Rien de bien révolutionnaire en soi - toute l'histoire du capitalisme en est tissée.
Ces débats, qui n'ont certes rien de nouveau, méritent néanmoins toute notre attention, d'abord pour les contradictions qu'ils mettent en lumière.

Affirmer, comme le fait un rédacteur d'El Mundo, que c'est avec la guerre en Ukraine que « la vision des années 1990 selon laquelle le libre-échange et la liberté iraient de pair » se serait « fracassée », c'est oublier bien vite les profondes interrogations soulevées sur le sens de nos sociétés avec la pandémie, la crise sanitaire et les mois de « nationalisme vaccinal » qui ont suivi.

C'est oublier les mouvements sociaux et politiques populaires d'Occupy Wall Street, des « printemps arabes » au mouvement récent au Chili qui vient d'enterrer la constitution héritée de Pinochet qui gravait le néolibéralisme dans le marbre au détriment des droits et libertés, précisément. Conquêtes sociales, droits, paix et démocratie constituent de plus en plus nettement la trame des mouvements populaires qui se lèvent dans différents contextes nationaux. La voix des peuples doit être entendue, elle doit s'imposer.

Les émeutes de la faim qui balaient le Sri Lanka et réprimées avec brutalité - dans une certaine indifférence des chancelleries occidentales - vont s'étendre en Asie, en Orient, en Afrique, en Amérique latine aussi peut-être. Qui peut prétendre sans cynisme que c'est la poursuite de la guerre en Ukraine, voire une victoire militaire de l'Ukraine ou de la Russie, qui résoudrait une crise alimentaire mondiale ? Personne évidemment.

Même l'éditorialiste du Figaro daté de ce 31 mai répond à la question « Ukraine : quelle voie de sortie ? » en soulignant que le « jour où Russes et Ukrainiens accepteront de parlementer sur des dossiers techniques d'intérêt commun (exportations céréalières, gazoducs, etc.) une lumière apparaitra au bout du tunnel. »

La mondialisation n'est pas née avec le XXe siècle, ni avec le capitalisme industriel. Elle est un processus géo-historique de très longue durée, de plus cinq cents ans, une « construction dynamique, instable et conflictuelle », et le fruit de rapports de force. Elle est un terrain de lutte que les forces du travail et de la création tentent d'investir depuis peu, depuis Marx.

Chaque avancée sociale ou politique conquise au cours des deux derniers siècles est le fruit du mouvement populaire, singulièrement du mouvement ouvrier et paysan, dans le monde entier. Et parce que « nul ne peut prétendre que la dictature du capitalisme international a été solidement et durablement installée sur la mondialisation », comme rappelait Bertrand Badie dans son essai Nous ne sommes plus seuls au monde, tout processus d'émancipation de la mondialisation de la domination capitaliste est et sera le fruit des mobilisations sociales et de société.

La proposition des communistes de la tenue d'une conférence paneuropéenne extraordinaire avec pour ordre du jour la fin des combats en Ukraine, la définition d'une solution politique et le projet d'un cadre commun de coopération et de sécurité collective prévenant tout nouveau conflit est ambitieuse. Elle demande beaucoup de volonté et de travail ; elle implique une grande exigence démocratique et du temps sans doute mais elle n'est ni impossible ni naïve. Il s'agit bien de partir des intérêts communs pour fonder les bases d'une paix durable, d'une fraternité et solidarité entre les peuples. Il s'agit non de décréter par de beaux discours l'avènement d'un jour neuf mais d'agir pour enclencher des processus concrets de transformation produisant au fur et à mesure leurs effets.

C'est en devenant une proposition majoritaire portée par le plus grand nombre qu'elle aura une chance de devenir la proposition de la France au plus haut niveau de l'État. Cet objectif est réaliste, il est même indispensable pour le peuple ukrainien en premier lieu.

Ce n'est pas de « Davos » mais de l'engagement des peuples, des forces du travail et de la création, des forces de paix, de leur rassemblement, que les perspectives de paix en Ukraine et de sécurité (humaine) globale renaîtront.

Lydia Samarbakhsh
responsable des Relations internationales du PCF

 

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Colombie:La gauche de Gustavo Petro aux portes du pouvoir

27 Mai 2022, 06:33am

Publié par PCF Villepinte

La droite, l’une des plus dures d’Amérique latine, a des sueurs froides: pour la première fois de leur histoire, les progressistes sont en capacité demporter la présidentielle du 29 mai.

Lina Sankari L'Humanité

Publié le Vendredi 27 Mai 2022

Rassemblement à Medellin des partisans du candidat de gauche.JOAQUIN SARMIENTO/AFP

 

C’est un clin d’œil de la ville de «l’éternel printemps» au basculement politique qui pourrait advenir, ce 29 mai, en Colombie, à la faveur de l’élection présidentielle où, pour la première fois de son histoire, la gauche est donnée favorite. Dans un quartier riche de Medellin, une femme en combinaison fluo balaye les rues d’un geste déterminé. Accolée à son chariot, une petite affiche des candidats de l’union, le Pacte historique, soutenu par le Parti communiste colombien et le Parti des communs (ex-Forces armées révolutionnaires de Colombie), et représenté par Gustavo Petro et sa colistière Francia Marquez.

Un habitant interpelle la jeune femme en plein travail, l’agresse même, pour s’insurger contre cet affront. Elle poursuit son labeur, l’ignorant ostensiblement. La vidéo a été relevée, en fin de campagne, par Gustavo Petro, qui y voit un signe de la «dignité» du peuple face au mépris de classe. L’ancien maire de Bogota (2012-2015) a souvent dit qu’il espérait rompre avec la confiscation du pouvoir par une élite raciste, nostalgique de l’ère coloniale et liée au crime organisé (lire page ci-contre). En Colombie, selon l’OCDE, il faut onze générations pour s’extirper de la pauvreté et 85% de la population estiment que le pays va dans la mauvaise direction.

Menaces de mort des paramilitaires

«Ce que nous avons proposé, c’est une unité nationale construite sur de nouvelles bases», résumait le candidat à la présidentielle lors de son dernier meeting à Bogota. Candidat pour la troisième fois à la fonction suprême, l’ex-guérillero Gustavo Petro était parvenu, en 2018, à se hisser au second tour avant de s’incliner face à l’ultradroite d’Ivan Duque, dont la victoire enterrait l’espoir d’une réconciliation nationale, malgré l’accord de paix de 2016 avec les Farc.

L’ascension du ticket de gauche donne des sueurs froides aux conservateurs. Comme cinq autres candidats avant eux, tués de sang-froid pour avoir défendu la justice et l’égalité, Gustavo Petro et Francia Marquez font face à des menaces de mort des paramilitaires. Jusqu’aux derniers instants de la campagne, personne n’excluait un coup d’État qui douche les espoirs de changement, confirmés par les législatives de mars. Il y a moins de trois mois, le Pacte historique s’est ainsi hissé au rang de première force politique au Sénat, balayant les partis traditionnels.

Les candidats de gauche sont portés par le mouvement social réprimé dans le sang en 2021. Comme d’autres organisations, la Fédération colombienne des travailleurs de l’éducation leur a apporté son soutien afin de faire de l’enseignement «un droit fondamental». Gustavo Petro a également reçu l’appui de 50 organisations indigènes, «lasses de cette longue nuit qui dure depuis cinq cents ans», selon la sénatrice Martha Peralta (Pacte historique).

Artistes, personnel soignant, défenseurs de l’environnement… le mouvement est inédit. La sortie du modèle extractiviste et la démocratisation des institutions font partie des priorités érigées par le Pacte historique. Le secteur minier «nest important ni en termes de recettes fiscales ni en termes demploi. Il pèse peu dans l’économie du pays. Mais il a bénéficié de nombreux avantages fiscaux», relève pour le Centre tricontinental Alvaro Pardo, directeur du centre d’études minières Colombia Punto Medio.

Ces dernières années, la population n’a pas manqué d’exprimer son opposition à ce modèle en organisant des consultations avant que la Cour constitutionnelle ne les rende illégales. Le Pacte historique propose, en outre, une réforme agraire qui permette de redistribuer les terres spoliées. En un demi-siècle de conflit armé, plus de 7 millions de paysans ont dû laisser leurs terres derrière eux ou en ont été expulsés.

Une campagne qui réactive la «peur du rouge»

Face à Gustavo Petro, le candidat conservateur Federico Gutierrez a mis l’accent sur l’insécurité pour son dernier meeting de campagne. En référence à l’extradition du narcotrafiquant Otoniel vers les États-Unis, qui avait provoqué le blocage par le Clan du Golfe de la moitié du pays, le candidat de droite joue les matamores: «Quand nous serons à la présidence, pour tout type de problème de ce genre, vous savez que je serai là, j’arrive en cinq minutes et l’on fera face en bombant le torse.»

 Sa campagne a réactivé la «peur du rouge», dernière carte en sa possession. Comptable du bilan du gouvernement sortant, massivement rejeté par les Colombiens, il bénéficie néanmoins, selon Yann Basset, docteur en sciences politiques de l’Institut des hautes études d’Amérique latine, du soutien de l’armée et d’ «une droite structurée et puissante», déterminée à empêcher le printemps.

 

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Ukraine. Mensonge de Washington : des archives de l'Otan classées secret-défense le prouvent

9 Mai 2022, 06:50am

Publié par PCF Villepinte

Un document, publié par Der Spiegel, souligne que des accords ont bel et bien été passés avec Moscou, dès 1991, pour ne pas élargir l’Alliance atlantique «au-delà de l’Elbe».

Bruno Odent .L'Humanité

Publié le Jeudi 24 Février 2022

Dans le cadre de l'Otan, l'arrivée de renforts de la Bundeswehr, en Lituanie, en réponse à la présence militaire de la Russie à la frontière ukrainienne. © Mindaugas Kulbis/Sipa

C’est écrit noir sur blanc. Comme le révèle Der Spiegel, un document émanant des Archives nationales britanniques confirme la thèse avancée par Moscou de l’existence d’un engagement de Washington et des puissances occidentales à ne pas étendre l’Alliance atlantique vers l’Est.

Ce texte, longtemps classé secret-­défense, a été remonté des profondeurs des Archives par le chercheur états-unien Joshua Shifrinson, professeur à l’université de Boston. Il fait état du procès-verbal d’une réunion des directeurs politiques des ministères des Affaires étrangères des États-Unis, de la Grande-Bretagne, de la France et de l’Allemagne, tenue à Bonn le 6 mars 1991. Le thème était « la sécurité en Europe centrale et orientale ».

GUERRE EN UKRAINE Suivez l'évolution de la situation, retrouvez nos analyses et décryptages.

Sans la moindre ambiguïté, les participants britanniques, états-uniens, français et allemands couchent sur le papier leur engagement à circonscrire l’Alliance atlantique au territoire de l’Allemagne unifiée, mais pas au-delà. Une telle expansion serait «inacceptable», est-il dit explicitement.

Position convenue avec Helmut Kohl

«Nous avons clairement indiqué, lors des pourparlers 2 plus 4 (rencontres diplomatiques alors convoquées pour organiser lunification allemande, avec la participation de la RFA et de la RDA, ainsi que des États-Unis, de l’URSS, du Royaume-Uni et de la France – NDLR), que nous n’étendons pas l’Otan au-delà de l’Elbe,» explique Jürgen Chrobog, le représentant de la RFA, avançant une position bien entendu convenue avec le chancelier de l’époque, Helmut Kohl. Et d’expliciter, cité par le journal: «Par conséquent, nous ne pouvons pas proposer à la Pologne et aux autres pays dadhérer à lOtan.»

Lancement d’un missile intercontinental Yars lors d’un essai russe, le 19 février 2022.

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Comme en attestent ces mêmes Archives, le représentant de Washington, Raymond Seitz, y exposait la position et les garanties fournies par son pays: «Nous avons clairement fait savoir à lUnion soviétique – dans les pourparlers 2 plus 4 et aussi dans dautres négociations – que nous n’avions pas l’intention de profiter du retrait des troupes soviétiques d’Europe de l’Est…» Et d’avaliser en toutes lettres un engagement à ne pas étendre l’Otan vers l’Est «que ce soit de manière formelle ou informelle».

À l’époque, il fut également convenu de renforcer la stabilité et la sécurité en Europe centrale et orientale par des accords bilatéraux et dans le cadre de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe. Une occasion historique était donnée d’étendre les prérogatives de cette organisation, destinée à surmonter le bellicisme de la guerre froide et issue de la politique de détente et d’ouverture à l’Est de l’ex-chancelier allemand Willy Brandt.

La présidente de la commission européenne, Ursula von der Leyen, et les États membres ont pris des mesures sans précédent : livraison d'armes à l'Ukraine, interdiction de médias russes...  © Gleb Garanich/Reuters

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Ce qui n’a pas résisté par la suite à la conception surarmée et impériale des États-Unis en guise de sécurité collective. En dépit de la disparition de l’organisation militaire adverse, le pacte de Varsovie, Washington a en effet, avec la complicité de la plupart des dirigeants occidentaux, entamé un forcing pour étendre l’Otan et impulser, de fait, une nouvelle course aux armements en exigeant que chacun des États membres participe à son financement à hauteur de 2% de son PIB.

Les États-Unis n’ont cessé de mentir

Ces révélations peuvent être corroborées par plusieurs autres documents ou témoignages de l’époque. Ainsi, le Monde diplomatique rapporte-t-il les propos de l’ex-secrétaire d’État, James Baker, en poste au moment des discussions préludes à la réunification allemande. Il assure alors à trois reprises à Moscou, dans des rencontres officielles avec des représentants des autres grandes puissances occidentales: «La juridiction militaire actuelle de lOtan ne s’étendra pas dun pouce vers lEst.»  (1)

Ces multiples preuves de l’engagement, qui était celui de Washington sur ce point, soulignent les responsabilités plus que partagées du président états-unien, Joe Biden, de son secrétaire d’État, Antony Blinken, et du secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, dans la montée actuelle des périls. Prolongeant une certaine diplomatie états-unienne, si tristement mise en scène par l’ex-secrétaire d’État, Colin Powell, quand il s’est agi de justifier l’invasion de l’Irak, les dirigeants états-uniens n’ont cessé en effet de mentir sur l’Otan, affirmant que l’Occident n’aurait offert à Moscou aucune garantie sur le futur périmètre de l’Alliance. Pour faire, par contre, référence en toute occasion à un «droit international inaliénable» de l’Ukraine à rallier le pacte militaire de son choix…

(1) «LOtan ne s’étendra pas d’un pouce vers l’Est», de Philippe Descamps, le Monde diplomatique (septembre 2018).

 

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