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internationalisme

Contradictions

18 Juin 2021, 06:21am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 16/06/2021 par PCF

Le dernier rapport commun de l’OIT (Organisation internationale du travail) et de l’UNICEF montre que, pour la première fois depuis vingt ans, le nombre d’enfants au travail dans le monde recommence à augmenter. En 2020, ils sont 160 millions à être forcés de travailler, 8 millions de plus qu’en 2016. Et « la pandémie devrait exacerber cette tendance ». Soit un enfant sur dix dans le monde. La moitié de ces enfants sont âgés de 5 à 11 ans. Et le nombre d’entre eux qui font un travail dangereux ou empêchant la scolarisation augmente aussi. Ces statistiques font à peine une brève dans la presse conforme, toute occupée à nous abreuver des derniers chiffres des profits du CAC 40.

Gérard Streiff

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Diplomatie. La Chine et la Russie, ennemis stratégiques du « monde libre »

16 Juin 2021, 06:53am

Publié par PCF Villepinte

Joe Biden et Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’Otan, lors du sommet organisé à Bruxelles, lundi. Stéphanie Lecocq/Pool/AFP

L'Humanité Mercredi 16 Juin 2021

Marc de Miramon

L’Otan désigne l’Empire du milieu comme la principale menace «systémique», alors que le président états-unien Joe Biden doit rencontrer, ce mercredi, Vladimir Poutine, ex-épouvantail de lAlliance atlantique.

Les relations russo-américaines «sont actuellement dans l’impasse, la situation est proche d’être critique. Il faut faire quelque chose», affirmait Iouri Ouchakov, proche conseiller pour les Affaires étrangères de Vladimir Poutine, à quelques heures de la rencontre prévue ce mercredi entre le président russe et son homologue états-unien, Joe Biden. Censé clore un déplacement d’une semaine en Europe du démocrate fraîchement élu à la Maison- Blanche, ce sommet à Genève mobilise une logistique, un protocole et des mesures de sécurité hors normes, supérieures à la visite du pape François en 2018.

Des propos ressurgis de la guerre froide

Accompagné de son ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, et de Iouri Ouchakov, Vladimir Poutine doit aborder les questions liées à la stabilité stratégique, à la sécurité informationnelle, à la guerre contre la cybercriminalité, au climat, à l’Arctique et aux multiples conflits régionaux (Syrie, Libye, Iran, Afghanistan, Ukraine, Corée du Nord), autant de théâtres sensibles dans lesquels la Russie joue aujourd’hui un rôle de premier plan, après son relatif effacement observé dans le sillage de la chute du mur de Berlin et l’effondrement de l’Union soviétique.

«Ce serait une grande réussite si les ambassadeurs retournaient au travail», considère encore Iouri Ouchakov, alors que les diplomates en chef, russe comme américain, ont été rappelés cette année dans leur pays respectif, sur fond de sanctions et d’escalade verbale entre les deux principales puissances nucléaires du globe. Pour se démarquer de Donald Trump, accusé aux États-Unis de «faiblesse» vis-à-vis de Vladimir Poutine, Joe Biden sest effectivement illustré par des propos ressurgis de la guerre froide, qualifiant notamment à la télévision états-unienne le président russe de «tueur», ajoutant qu’on verrait «bientôt le prix quil va payer».

Mais les priorités nationales des États-Unis, en termes de stratégie pour conserver leur statut d’hyperpuissance, ont officiellement évolué. C’est à l’aune de cet impératif qu’il s’agit d’analyser le volumineux communiqué conjoint du sommet de l’Otan tenu à Bruxelles lundi, lequel consacre la Chine comme un «défi systémique» pour l’ordre mondial et la sécurité d’une Alliance atlantique plus que jamais dominée par Washington. Dans le sillage de l’élection de Joe Biden, son administration avait déjà fait passer aux 30 pays membres le message que le «bras armé des démocraties» devait mettre sur un pied d’égalité les menaces chinoise et russe.

Fidèle à sa propagande, l’Otan se gargarise de constituer l’organisation de sécurité collective «la plus solide et la plus réussie de lhistoire», garantissant «la sécurité du territoire de nos pays et celle de leurs citoyens, au nombre dun milliard, ainsi que notre liberté et les valeurs que nous partageons, parmi lesquelles la liberté individuelle, les droits de la personne, la démocratie et l’État de droit». Peu importe la dérive autoritaire, voire dictatoriale, de la Turquie de Recep Tayyip Erdogan, pilier de l’Otan, avec qui le président Emmanuel Macron a eu un entretien bilatéral «apaisé», ce sont toujours «les actions agressives de la Russie (qui) constituent une menace pour la sécurité euro atlantique», sans oublier le «terrorisme sous toutes ses formes» et, bien sûr, la tentation hégémonique perçue chez le principal concurrent chinois. Pékin «accroît rapidement son arsenal nucléaire, se dotant d’un plus grand nombre d’ogives et de vecteurs sophistiqués pour établir une triade nucléaire. Elle fait preuve d’opacité dans la mise en œuvre de la modernisation de son appareil militaire et dans celle de sa stratégie de fusion militaro-civile publiquement déclarée. (…) L’influence croissante et les politiques internationales de la Chine peuvent présenter des défis auxquels nous devons répondre ensemble, en tant qu’Alliance», prévient l’Otan.

Les Européens entraînés dans une logique de confrontation

Priées de s’aligner sur l’agenda de Joe Biden, l’Allemagne et la France ont cependant tenu à nuancer ce communiqué bruyant comme les roulements de tambours d’une guerre programmée de longue date, même si personne n’en connaît encore les modalités: la chancelière Angela Merkel a invité à ne pas renoncer à une position «équilibrée» à l’égard de la Chine, et le président français, Emmanuel Macron, a appelé l’Otan à ne pas se détourner de ses missions essentielles en «confondant les objectifs» et à ne pas «biaiser» la relation avec le géant asiatique. Voilà donc les pays européens entraînés dans une logique de confrontation plutôt que de coopération, à l’heure où la Chine est accusée d’accentuer son avance technologique en matière d’intelligence artificielle – elle est leader mondial en termes de dépôts de brevets depuis 2019 – pour asseoir son modèle autoritaire, voire l’exporter à l’extérieur de ses frontières.

«La stratégie des Américains demeure toujours la même», décrypte un attaché militaire en poste à Bruxelles: «La menace russe est incontournable pour vendre du matériel militaire dans les pays de lest de lEurope. Couplée au péril représenté par la Chine, elle permet à Washington de justifier un budget militaire complètement boursouflé», lequel dépasse les 700 milliards de dollars, soit le triple de celui évalué de la désormais première menace mondiale «systémique».

L’acte II d’un conflit en germe depuis 1999

«Le Pentagone utilise la Chine comme une excuse pour ses nouveaux budgets énormes», pointait déjà, le 18 mars, l’influent chroniqueur Fareed Zakaria dans les colonnes du Washington Post. Mais, au-delà de l’instrumentalisation conjoncturelle du lobby militaro-industriel, les stratèges états-uniens anticipent, depuis le milieu des années 1990, la montée en gamme de Pékin comme adversaire économique et militaire numéro 1, et prophétisent un affrontement inéluctable, à l’horizon 2020. Nous y sommes. Et même si les deux grandes puissances ont su mettre en sourdine leur conflit latent, au bénéfice de la croissance économique chinoise comme de celle des multinationales occidentales, alléchées par un marché gigantesque, ses bas salaires et ses juteuses délocalisations, le début de cette «nouvelle guerre froide» remonte à loin.

Si l’apparition du terme «rival systémique» date en réalité du 12 mars 2019, dans un document de la Commission européenne, la Chine a tenu à manifester sa colère par le biais de sa mission auprès de lUnion européenne, relayée par le site dinformation d’État Pengpai, et à rappeler ce qu’elle considère comme le deuxième acte du conflit en germe qui menace d’entraîner le Vieux Continent dans un affrontement aux conséquences incalculables. Soit «la tragédie historique du bombardement de lambassade de Chine en Yougoslavie» par l’Otan, en 1999.

Dans la nuit du 6 au 7 mai, des bombardiers furtifs B-2, arrivés tout droit des États-Unis, avaient pilonné la représentation diplomatique chinoise à Belgrade, prétextant une «erreur de cartes et de ciblage» pour justifier cette «tragique erreur». Personne, et en premier lieu les officiels chinois, n’avait cru à la thèse de la bavure, au moment où Pékin s’opposait avec vigueur à la «balkanisation» en cours de lex-Yougoslavie pilotée par lOtan, et dénonçait limplication de la CIA dans les tentatives sécessionnistes du Tibet et du Xinjiang, théâtre de la répression de la minorité musulmane ouïghoure. Souterraine, menée dans l’ombre par les barbouzes et les services secrets, la guerre États-Unis-Chine éclate aujourd’hui au grand jour. Prisonniers de l’Alliance, les pays européens se voient désormais sommés de choisir leur camp.

otan

 

 

 

 

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Sommet de l’OTAN : Mobilisés pour la paix et contre l’escalade infernale

16 Juin 2021, 06:43am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 15/06/2021 par PCF

La France, l’Europe, vont-elles se laisser enrôler par les États-Unis dans le dispositif d’affrontement avec la Chine ? C’est tout l’enjeu de la parole de la France lors des sommets du G7 et de l’OTAN.

Derrière les postures morales "Défendre les valeurs", énoncées à la Conférence de presse de l’Élysée jeudi 10 juin, se profile la réalité d’un alignement dans le camp belliciste que Joe Biden est venu réunir en Europe, comme il l'a fait en Asie du Sud-Est.

Tous les commentateurs le soulignent : En Europe, nous assistons "au retour du chef", et le contenu de la tournée de Joe Biden sur le vieux continent le souligne. Au nom des « droits humains », en oubliant un peu vite l’indéfectible soutien à l’Arabie Saoudite, aux Émirats, Turquie, Israël, et à tant de régimes violents et corrompus d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie, les USA exigent de leurs alliés européens la participation à une "alliance mondiale des démocraties" face aux régimes autoritaires chinois, et accessoirement russe.

Nous avons la démonstration qu’avec la fin de l’ère Trump et de ses outrances, le climat international est loin de s’améliorer sous la présidence Biden. "Les États-Unis doivent conduire le monde", affirme Antony Bliken, le nouveau secrétaire d'État, hier conseiller des géants de l'armement, co-auteur avec la tête pensante des néoconservateurs d'un manifeste prônant le recours à la force pour conserver la prééminence des intérêts américains.

L’Amérique n’accepte pas un monde pacifique, un monde sans hégémonie, à l’heure où la Chine devient progressivement une puissance mondiale concurrente. Les USA s’inscrivent au contraire dans une logique d’affrontement, économique, technologique, militaire, pour conserver la suprématie mondiale. Ils entendent y entraîner les Européens.

Joe Biden défend avant tout les intérêts des trois piliers du capitalisme américain qui surdéterminent, au gré des changements de majorité, la politique étrangère du pays, à savoir le complexe militaro-industriel, source de la course aux armements, les majors pétroliers et gaziers, les gigantesques entreprises du GAFA et de l’Internet et des industries lucratives de l’image, imposant un nouveau colonialisme numérique.

Le volet militaire de cette stratégie dont l’OTAN est le bras armé, c’est trente ans d’agressivité au centre Europe, entraînant la montée du nationalisme russe face aux humiliations et aux actes d’hostilité et d’encerclement, la déstabilisation des pays du Proche et du Moyen-Orient, le bilan catastrophique de la guerre d’Afghanistan.

Partout, des guerres d’agression. La course aux armements, quantitative et technologique, a repris : le budget américain de la Défense, en augmentation chaque année, représente 35 % des dépenses mondiales et trois fois celui de la Chine. Les pays de l’Alliance concentrent l’essentiel des dépenses d’armement dans le monde, ainsi que des ventes d’armes. La France n’est pas en reste, contribuant ainsi à la détérioration des conditions de sa propre sécurité.

Le Parti communiste français n’accepte pas de voir notre pays, intégré dans une alliance belliciste, déjà partenaire, comme le rappelle le président Macron, de nombreuses expéditions militaires américaines, de laisser la France entraînée sur la pente d’un affrontement qui peut conduire à la guerre.

Certes, le président français prône en parole "l'autonomie stratégique" de l'Europe, comme il parle de la levée des brevets des vaccins anti-Covid, ou d'une fiscalité nouvelle pour les grands groupes internationaux qui échappent à l'impôt. Mais quant aux actes, c'est une autre chanson. La France s'aligne sur les positions les plus rétrogrades : intégration dans l'OTAN et participation aux coalitions montées par les USA, offre de dernière minute de vaccins aux pays du Sud pour contrer la lever des brevets et protéger les superprofits des actionnaires des laboratoires, poudre aux yeux d'une faible taxation des GAFA.

Au-delà de la prolongation du traité de limitation des armements stratégiques Start, la militarisation de l'espace, du cyberespace, les menaces de militarisation de l'Arctique, la mise en service de nouveaux systèmes d'armes de toute sorte, font peser de graves dangers sur le maintien de la paix, sur la sécurité de la France.

Loin des mirages d'une "Europe de la défense" en réalité supplétive des USA, l'intérêt de tous les pays européens, Russie comprise, serait de construire un cadre commun de sécurité collective afin d'apaiser les tensions en Europe orientale, tout en refusant de participer aux croisades successives lancées par les Américains.

Le Parti communiste français appelle à substituer à la logique de guerre une logique de paix, de coopération, de la construction sur chaque continent d’un cadre de sécurité collective, pour une planète solidaire.

Tant de défis, sanitaires, alimentaires, écologiques sont à relever. Ils exigent pour cela d’y associer les peuples et les États dans la diversité de leurs régimes, d'y mobiliser les formidables dépenses consacrées à la course aux armements.

La France doit quitter l’intégration militaire dans l’OTAN, alliance qu’hier le président Macron déclarait en état de mort cérébrale, et qu’aujourd’hui il appelle à une clarification stratégique. Il vient pourtant de recevoir des félicitations pour avoir rejoint au printemps son « axe indopacifique », conduisant des gesticulations aéronavales, ouvertement hostiles à la Chine.

Notre diplomatie doit enfin cesser de dresser de multiples obstacles à l'engagement d'un processus de désarmement nucléaire multilatéral.

Répondre à l'urgence d'un renversement de perspectives en ce domaine correspondrait à l'attente des peuples de voir levée l'épée de Damoclès d'un conflit nucléaire. L'initiative serait à porter au crédit de la France dans le monde.

Parallèlement en Europe, l’intérêt de la France serait de nouer hors OTAN des relations nouvelles de sécurité avec les pays voisins, à réorienter la politique africaine au service du développement. Il serait également nécessaire de déployer la même énergie à soutenir l’industrie nationale, au lieu de perdre le contrôle d’entreprises essentielles, de délocaliser à tout-va, qu’à soutenir des industries d’armement d’un format devenu excessif.

Le Parti communiste français regrette que les questions de sécurité, enjeux vitaux pour le pays, ne fassent l’objet ni d’un grand débat parlementaire, ni d’un débat dans le pays.

Une fois encore, c’est le fait du prince. Interventions extérieures, participation à des coalitions sans principes, à des guerres sans fin sans aucun contrôle parlementaire, en tenant le peuple à l'écart de ce qui concerne pourtant l'avenir commun.

Un déni de démocratie que nous dénonçons, auquel on doit mettre fin.

Nicolas Devers-Dreyfus
commission Défense nationale-Paix

 

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Vote d’espoir au Pérou

10 Juin 2021, 06:27am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 09/06/2021 par PCF

 (Fabien Roussel)

L’élection de Pedro Castillo à la présidence de la République du Pérou est une réjouissante nouvelle, lui qui a été qualifié de «mendiant assis sur un tas d’or». Le Pérou a subi trop longtemps des dictatures sanglantes, la corruption généralisée des classes dirigeantes, la violence, la pauvreté, l’analphabétisme, le pillage de ses richesses minières par les multinationales.

La fille de l’ancien dictateur Fujimori, (en prison pour crime contre l’humanité), candidate de la droite, elle-même menacée de poursuites judiciaires, est battue par un enseignant, fils de paysans analphabètes, qui a fait d’un crayon géant son «drapeau» de campagne et qui ne veut «plus de pauvres dans ce pays riche !». Tout un programme bien compris dans les campagnes méprisées et ces villages indiens interdits d’eau potable, d’assainissement, de routes, d’hôpitaux, d’écoles.

La candidate de la droite, à bonne école avec son dictateur de père, qui avait promis de respecter le verdict des urnes, conteste maintenant les résultats. On peut craindre désormais un scénario  «  à la bolivienne », le refus de l’issue électorale, les menaces, le chantage, une possible intervention de l’armée, de l’organisation des Etats américains, de la CIA. D’autant que la victoire de Pedro Castillo, après le retour de la démocratie en Bolivie, est perçue dans l’ensemble du continent latino-américain comme un vent d’espoir.

 Il faudra courage et détermination à Pedro Castillo pour ouvrir les voix du progrès social, de la démocratie et de la liberté au Pérou. Il lui faudra surtout la mobilisation de toutes celles et ceux qui ont voté pour lui. En effet, il devra affronter les hauts gradés militaires prêts à la sédition. Il lui faudra affronter les multinationales qui, malgré leurs profits records, ne reversent que des miettes au pays tout en saccageant l’environnement. Il lui faudra surtout déjouer les sales coups de Washington.

 Je veux dire à Pedro Castillo: vous pouvez compter sur le soutien, la solidarité et l’amitié des communistes français dans votre action contre l’analphabétisme, l’injustice, la violence, pour la dignité et la liberté.

 

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Levée immédiate du blocus de Cuba : Une urgence pour le peuple cubain, une urgence pour les peuples du monde

10 Juin 2021, 06:25am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 09/06/2021 par PCF

Cela fera 59 ans cette année que Cuba fait face à un blocus imposé par les États-Unis. Un blocus illégal et inhumain, qui a causé de terribles souffrances à l’ensemble du peuple cubain dans le but de le contraindre à renoncer au modèle de société qu’il s’est choisi avec la Révolution de 1959.

Malgré ce blocus, le peuple cubain a réussi à édifier un système social solidaire et performant au service de la satisfaction des besoins humains, tant dans l'île que dans le monde.

Depuis 1962, on estime à 2 milliards de femmes et d'hommes à travers le monde le nombre de celles et ceux ayant bénéficié de l'action des médecins et personnels soignants cubains. Des dizaines de milliers de praticien·ne·s ont été formé·e·s.

Au plus fort de la pandémie de Covid-19, tout en assurant la préservation de la population, ce sont près de 2 000 personnels médicaux cubains qui sont intervenus dans une trentaine de pays, dont l'Italie, Andorre et la France, dans l'île de la Martinique.

Doté d'une expertise reconnue en biotechnologie parmi les secteurs innovants de son économie, Cuba a notamment développé le premier vaccin contre le méningocoque B dans les années 1980 pour immuniser sa propre population mais aussi vacciner de nombreuses populations du Brésil, du Venezuela, d'Argentine ou encore du Pérou.

Aujourd'hui, dans cette lutte mondiale contre le coronavirus, Cuba est en train de mettre au point ses propres vaccins, dont un est entré dans sa phase de test III. Au moment où les États les plus développés se disputent les doses des grandes firmes pharmaceutiques qui, elles, engrangent des profits faramineux, Cuba propose un bien commun mondial particulièrement destiné à soutenir la lutte contre la pandémie dans les pays du Sud. Et voilà que, tandis que le monde affronte une crise économique, sanitaire et sociale inédite par son ampleur, les grandes puissances ne sont pas totalement engagées pour que les États-Unis lèvent enfin le blocus contre Cuba. C'est tout simplement criminel.

La levée immédiate du blocus de Cuba est aujourd'hui non seulement une urgence pour le peuple cubain mais aussi une urgence pour tous les peuples du monde, et c'est possible par un très large mouvement de solidarité internationale en perspective de la présentation d'une nouvelle résolution contre le blocus de Cuba à l'Assemblée générale de l'ONU le 23 juin prochain.

 

INITIATIVE:

La levée immédiate du blocus :
une urgence pour le peuple cubain, une urgence pour les peuples du monde

vendredi 18 juin à 17 heures

En présence de M. l’Ambassadeur de Cuba en France, grande table ronde en visio pour la levée immédiate du blocus.

Ainsi que :

François-Michel Lambert, président du groupe d’amitié France-Cuba à l’Assemblée nationale ;

Jean Mendelson, ancien ambassadeur de la France à Cuba (2010-2015) ;

Francis Carole, conseiller exécutif de la collectivité territoriale de Martinique chargé du social et de la santé ;

Christophe Prudhomme, médecin urgentiste en Île-de-France, syndicaliste (par vidéo) ;

Patrick Le Hyaric, ancien député européen, directeur de l’Humanité.

Quatre intervenants cubains seront également présents : un représentant de l’Institut cubain d’amitié avec les peuples (ICAP), un autre de BioCubaFarma, un médecin cubain, et un dirigeant du Parti communiste de Cuba.

La table ronde sera animée par Rosa Moussaoui, journaliste à l’Humanité chargée de l’Amérique latine.

 

 

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Les questions migratoires : Combattre le retour des fantasmes et des manipulations

2 Juin 2021, 06:45am

Publié par PCF Villepinte

INTERNATIONAL COMMUNISTES

 Publié le 01/06/2021 par PCF

À un an des élections présidentielle et législatives, les questions migratoires reviennent comme un thème dominant de débat médiatique, ou plutôt comme un thème dont le traitement est dominé par les amalgames et mensonges en particulier de l’extrême droite.

Pour combattre les idées d’extrême droite, il faut d’abord combattre les idées fausses et dénoncer les manipulations. Par exemple, les scènes dramatiques de Ceuta d’il y a quelques jours ne sont pas des questions migratoires mais des manipulations politiques du Maroc qui veut « punir » tous les pays qui tentent de s’opposer à son emprise sur le Sahara occidental et appuient l'action diplomatique du Front Polisario. Il est particulièrement inadmissible de « jouer » avec la vie des gens et en particulier de mineurs pour des raisons diplomatiques. Cette attitude doit être dénoncée et les réfugiés doivent être accueillis dignement en leur laissant la possibilité de choisir leur vie, leur lieu d’installation.

D’autres idées fausses sont à combattre. Au cours des 30 dernières années, il y a eu 21 lois en France sur les politiques migratoires. Toutes ont permis de complexifier, durcir et réduire les droits des étrangers. En Europe, au cours des dix dernières années, de multiples décisions ont durci les contrôles aux frontières et cela avec l’aide de la numérisation, du fichage et de ses lobbyistes.

Donc, laisser dire que les frontières ne sont pas assez contrôlées est une faute politique. Les frontières extérieures de l’Union européenne n’ont jamais été aussi contrôlées, et d’ailleurs cette fermeture des frontières est responsable de milliers de morts dans la Méditerranée. En revanche, il serait temps de mettre en cause la gestion de Frontex qui bénéficie d’un budget de plus en plus important de l’Union européenne, aux alentours de 550 millions d’euros, mais qui est aussi soupçonné de refouler des migrants en faisant fi du droit international et des lois de Dublin qui interdisent de refouler des migrants sans un dépôt de demande d’asile.

Au sujet de l’emploi, cassons l’idée fausse aussi que « les immigrés prendraient le travail des Français ». Pour cela, regardons les chiffres de 2019 : le taux de chômage des « non immigrés » est de 7,8 % de la population active et de 13,6 % dans la population immigrée d’après l’INSEE. Alors il serait plus juste de dire que le chômage touche en particulier la population immigrée.

Une immense majorité de réfugiés vivent dans les pays en voie de développement frontaliers à leurs pays d'origine. Les demandes d’asile pour l’année 2020 n'ont été qu'au nombre de 81 000, pour seulement 11 000 acceptées ; et l'on parle de « laxisme » !

La contribution des migrants à l’économie de leur pays est supérieure aux fonds de développement versés par les pays riches. La baisse drastique de ce financement, à cause de la pandémie qui, elle-même, a fortement réduit les mouvements de population, constitue un sérieux problème et peut avoir de graves conséquences sociales.

Alors, oui, reste une crise de l’accueil des réfugiés, une aggravation de raisonnements xénophobes, une manipulation de l’opinion publique, une banalisation des idées d’extrême droite qu’il faut combattre avec des arguments de vérité, de respect des droits humains, d’ouverture au monde, des perspectives de gauche, et la volonté d’amplifier l'exigence de nouvelles politiques, justes et décentes, comme celle de l’ouverture de voies légales et sécurisées de migrations.

Le droit à la mobilité n’est pas un problème mais une liberté fondamentale qu’il faut sécuriser.

Cécile Dumas
responsable adjointe du secteur international du PCF
chargée des enjeux migratoires

 

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Défaite historique de la droite au Chili

26 Mai 2021, 16:32pm

Publié par PCF Villepinte

INTERNATIONAL Publié le 26/05/2021 par PCF

Le processus électoral, entamé le 25 octobre 2020 avec le référendum qui avait massivement adopté le processus de réécriture de la Constitution par une assemblée constituante s’est poursuivi au Chili les 15 et 16 mai 2021.

Durant ce week-end, les Chiliens étaient appelés à voter pour leurs représentants à l’Assemblée constituante mais aussi pour l’élection des conseillers municipaux, des maires et des gouverneurs de région, pour la première fois élus au suffrage universel direct. Il faut se rappeler que ce processus électoral avait été obtenu après des mois et des mois de manifestations et de mobilisations sociales fin 2019.

La première « leçon » de ces scrutins des 15 et 16 mai est la défaite de la droite. En effet, malgré le rassemblement de tous les mouvements de droite et d’extrême droite, des ultra-libéraux aux nostalgiques de la dictature, « Chile Vamos » ne disposera pas du tiers bloquant à l’Assemblée constituante et ne disposera donc d’aucune possibilité de rejeter seul quelconque article de la nouvelle Constitution.

La deuxième « leçon » est l’avancée spectaculaire des femmes en politique avec une assemblée constituante totalement paritaire où les femmes ont été plébiscitées. D’ailleurs 11 femmes élues ont été obligées de céder leur place à des hommes pour permettre la parité de l’Assemblée. Cette obligation de parité avait été obtenue de longue lutte de la part des organisations féministes et étudiantes très présentes dans les mouvements sociaux.

La troisième « leçon » est la victoire des « indépendants », ces différentes coalitions qui rejetaient les partis politiques mais pour une grande majorité, issues des mouvements sociaux, de la mobilisation citoyenne de 2019. Des coalitions que beaucoup d’observateurs s’accordent à décrire comme des coalitions majoritairement de gauche mais qui refusent d’entrer dans les partis politiques existants.

La quatrième « leçon » est l’importante progression de l’influence du Parti communiste chilien avec sa participation dans la coalition « aprueba dignidad » avec le Frente Amplio (front large) et la CUT (une organisation syndicale). Coalition qui aura 28 sièges à la constituante et qui représente 18 % des voix. Un score qui les place première coalition de gauche devant la liste aprueba constituée des sociaux-libéraux et de la démocratie-chrétienne.

Cette assemblée constituante a maintenant au moins 9 mois de travail pour changer le Chili et en finir avec la Constitution de Pinochet. Ces élections marquent déjà un profond changement, la représentation directe du mouvement social, de la « société civile » organisée, des peuples indigènes, des représentants des partis politiques, d’organisations syndicales, et tout cela bouleversé par le rajeunissement et la féminisation des représentants.

La progression du Parti communiste chilien a été marquée par la réélection, avec plus de 64 % des voix, de Daniel Jadue comme maire de Recoleta, et l’incroyable victoire de Iraci Hassler, jeune femme militante communiste et féministe, nouvelle maire de Santiago, la capitale du Chili de près de 5 millions d’habitants.

Ce week-end marque inévitablement un virage vers la construction d’un nouveau Chili et une défaite historique de la droite. Ce long processus électoral va se poursuivre avec l’élection présidentielle le 21 novembre 2021.

Cécile Dumas
responsable adjointe du secteur international du PCF

 

 

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Proche-orient. « Macron doit reconnaître la Palestine »

24 Mai 2021, 06:35am

Publié par PCF Villepinte

Samedi 22 Mai 2021

L'Humanité Vadim Kamenka

À Lille, Paris, Dunkerque, Nice, Strasbourg, des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées en soutien aux Palestiniens. Ils réclament désormais la que la France reconnaisse l’État de Palestine après 11 jours de bombardements meurtriers dans la bande de Gaza et un cessez-le-feu entré en vigueur, vendredi.

Malgré la grêle qui s’est abattue sur la place de la République, à Paris, la solidarité pour le peuple palestinien n’a pas faibli. Près de 1000 personnes ont tenu à exiger la paix au Proche-Orient, samedi aux alentours de 15 heures. Le cessez-le-feu obtenu dans la nuit de jeudi à vendredi, après onze jours de bombardements israéliens incessants sur la bande Gaza, ne règle en rien le problème. 

«Que peut-on attendre dun gouvernement israélien qui n’applique aucune des résolutions internationales prises par le Conseil de sécurité des Nations Unies. Que peut-on attendre d’un premier ministre Netanyahou qui prône la guerre permanente pour rester au pouvoir, qui multiplie les actions criminelles et qui applique une politique d’apartheid et de colonisation des territoires occupés? Rien.

Pire, des ratonnades menées par lextrême droite ont éclaté en plein cœur de Jérusalem et dans plusieurs villes israéliennes. La France doit donc agir et reconnaître l’État de Palestine dans ses frontières de 1967», réclame Pascal Torre, responsable-adjoint du secteur international du PCF devant la foule massée devant la statue de Léopold Morice.

La semaine passée, plusieurs rassemblements avaient été interdits en France, à Paris et à Nice notamment. Cette fois, les mobilisations ont pu se tenir sous une massive surveillance des services de sécurité dans la capitale. «Cest invraisemblable que, en France, on ne puisse se rassembler afin dexprimer notre solidarité pour un peuple qui souffre et voit ses enfants mourir sous les bombes (66 morts sur 248 victimes et 12 dont 1 enfant côté israélien, NDLR). Le cessez-le-feu est une bonne chose. Mais nous devons continuer à les soutenir», estime Isabelle, la quarantaine.

Entre les nombreux «Palestine vivra. Palestine vaincra» et «Nous sommes tous des enfants de Gaza», le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, était également présent pour saluer le courage du peuple palestinien «qui sest soulevé pour sa dignité» et contre «les expulsions arbitraires des quartiers de Jérusalem» et les «humiliations quotidiennes».

 «Nous soutenons le peuple palestinien, qui est entré dans un élan de résistance dans tout le territoire de la Palestine avec notamment une grève historique menée par des Arabes israéliens, Palestiniens de Jérusalem-est et de Cisjordanie, pour dénoncer l’occupation israélienne. Que fait la communauté internationale?

Que font les grandes puissances alors que le gouvernement israélien, une fois encore, méprise et viole le droit international. Nous luttons pour l’instauration d’une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens qui passe par la reconnaissance de l’État de Palestine. Finis les belles paroles, la France doit passer aux actes».

À Nice, à Strasbourg, à Reims, Lille, Dunkerque, plusieurs dizaines milliers de personnes se sont mobilisés. «Cela démontre que les citoyens français souhaitent la paix et que notre président devrait enfin simpliquer», note Thomas, présent au rassemblement dans la capitale.

Pour le président de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS): «Cette lutte concerne toutes les personnes attachées aux valeurs de justice, de dignité et de droit.» Aux côtés de la sénatrice écologiste Esther Benbassa, du mouvement Boycott Désinvestissement Sanctions (BDS), le député Eric Coquerel de la France Insoumise, présent sur la place de la République, a évoqué avoir «honte dun gouvernement qui ne sait plus mettre les mots sur justes sur la colonisation menée par le gouvernement Israélien sur les Palestiniens.

Et surtout qui met sur un pied d’égalité un peuple colonisateur et un peuple colonisé. Un oppresseur et un oppressé. La France doit agir et nous exigeons qu’elle appelle à des sanctions internationales contre le gouvernement israélien à l’ONU et devant l’Union européenne qui viole le droit international».

À l’étranger, des nombreuses manifestations ont également eu lieu en Grande-Bretagne, aux États-Unis, au Canada. Ce même jour, à Gaza, la vie reprenait timidement. Les commerces commençaient à rouvrir, tandis que l’aide humanitaire s’organisait. La reconstruction de l’enclave palestinienne, ravagée par 11 jours de conflit débutait.

Le président des États-Unis, Joe Biden, a d’ailleurs affirmé vendredi son intention de mettre en place une aide financière «majeure» avec l’aide de la communauté internationale pour «reconstruire Gaza».

 

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Israël-Gaza : un cessez-le-feu, mais la paix toujours hypothéquée

22 Mai 2021, 08:46am

Publié par PCF Villepinte

Photo Mohammed ABED/AFP

L'Humanité

Vendredi 21 Mai 2021

Gaël De Santis

Les Palestiniens ont célébré, dans la nuit de jeudi à vendredi, le cessez-le-feu avec Israël, après dix jours d’affrontement meurtriers.

Le soulagement. À l’annonce d’un cessez-le-feu, après dix jours de bombardements israéliens incessants , les Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza sont sortis dans les rues pour célébrer l’événement. Les attaques israéliennes ont fait 232 victimes, dont 65 enfants, côté palestinien. Douze Israéliens ont été tués, dont un enfant, suite à des tirs de roquettes depuis l’enclave palestinienne, effectués principalement par le Hamas et le Djihad islamique, après la répression à Jérusalem-est.

Des airs de fête de la victoire

Dans la bande de Gaza, sous le joug d’un blocus israélo-égyptien depuis quinze ans et qui a payé le prix lourd avec de nombreux bombardements israéliens ces derniers jours, les scènes de liesse prenaient des airs de fête de la victoire. Khalil al-Hayya, numéro 2 du mouvement islamiste Hamas, a employé le terme. «Ceci est leuphorie de la victoire», a-t-il lancé à la foule.

Chose rare, pendant le conflit, les roquettes ont atteint la ville de Tel-Aviv, considérée comme la capitale d’Israël par la plupart des États. En Cisjordanie aussi, gérée par l’Autorité palestinienne, et où les colonies mitent le territoire palestinien, pendant dix jours, les heurts ont été récurrents, et directs, avec l’armée d’occupation, faisant une vingtaine de victimes, côté palestinien.

Placer sur un même plan occupant et occupé

Le cessez-le-feu a débuté à deux heures du matin, ce vendredi, après dix jours d’atermoiements des Occidentaux qui n’ont eu de cesse de placer sur un même plan occupant et occupé, renvoyant gouvernement israélien et combattants palestiniens dos à dos. Timidement, après plus d’une semaine de combats, Paris a envisagé jeudi une résolution du Conseil de sécurité de l’Organisation des nations unies appelant à un cessez-le-feu, mais a été éconduit par l’administration de Joe Biden.

Celle-ci avait demandé la veille au premier ministre israélien Benyamin Netanyahou de réduire les opérations militaires, avant d’aller vers un cessez-le-feu, laissant donc les mains libres à l’armée d’occupation d’atteindre ses cibles militaires.

Le rôle déterminant de l’Égypte

L’Égypte dirigée par le maréchal Abdel Fattah Al-Sissi a été déterminante pour la conclusion du cessez-le-feu, faisant la médiation entre le Hamas et Tel-Aviv. Joe Biden lui a exprimé sa «sincère reconnaissance». Ce dernier faisait mine, jeudi avant l’arrêt des attaques, de vouloir avancer vers la paix, estimant que le cessez-le-feu était une «opportunité». Restera à voir les paramètres de cette paix, alors que Joe Biden a d’ores et déjà assuré son allié de la «continuation de laide militaire» des États-Unis.  

 

 

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Turquie : Le putsch permanent contre la démocratie

27 Avril 2021, 15:22pm

Publié par PCF Villepinte

INTERNATIONAL COMMUNISTES Publié le 27/04/2021 par PCF

Le procès Kobane

Le 26 avril 2021 s’est ouvert à Ankara le procès de 108 dirigeants du Parti démocratique des peuples (HDP). Le régime de R.T. Erdogan leur reproche d’avoir organisé, en octobre 2014, des manifestations de soutien aux combattants kurdes qui opposaient une résistance farouche à l’offensive de l’État Islamique dans la ville symbole et martyre de Kobane.
Celles-ci faisaient écho aux inquiétudes de l’opinion publique mondiale qui exprimait, dans un même mouvement, sa solidarité à l’égard de l’héroïsme de ces femmes et de ces hommes face à l’obscurantisme.

Cette mobilisation d’ampleur s’est réalisée dans un contexte périlleux car nul n’ignorait alors la complicité de l’État turc avec Daesh. La répression fut terrible puisque 37 personnes trouvèrent la mort dans les différents rassemblements au travers du pays.

Ce sont donc des parlementaires comme Selahattin Demirtas, dont la Cour européenne des droits de l’Homme vient d’exiger la libération immédiate, Figen Yüksekdag ou Pervin Buldan, mais aussi des maires révoqués, des dirigeants locaux, qui sont aujourd’hui poursuivis pour s’être tenus debout, dans la dignité, pour défendre la liberté. Ils sont sous la menace de centaines d’années de prison.

« Le HDP est aux avant-postes pour promouvoir les valeurs humanistes qui sont les nôtres. »

Le Parti démocratique des peuples est aux avant-postes pour promouvoir les valeurs humanistes qui sont les nôtres. C’est d’ailleurs la seule formation turque qui s’est félicitée, dans un contexte d’hystérie ultra-nationaliste, de la reconnaissance du génocide arménien par les États-Unis. Nous sommes indéfectiblement à leurs côtés pour défendre l’universalisme des droits humains au moment où la Turquie vient de se retirer de la convention d’Istanbul, premier instrument juridique au monde pour prévenir et combattre les violences contre les femmes.

Alors que les menaces régionales perdurent, que Daesh se restructure en Irak ou en Syrie et mène chaque jour de nouvelles opérations, les communistes condamnent sans réserve ce nouveau procès politique qui vise à broyer toutes les formes d’opposition et à supprimer toute expression du dissensus politique. Cette parodie de justice doit être annulée et tous les prisonniers politiques libérés, notamment Abdullah Ocalan.

La procédure d’interdiction du HDP

Chaque jour, la Turquie de R.T. Erdogan s’enfonce dans la destruction de la démocratie. Elle vient aussi d’engager une procédure de dissolution du Parti démocratique des peuples.
Après plusieurs semaines de violentes attaques conjointes de la part des islamo-conservateurs de l’AKP et des fascistes du MHP, le procureur de la Cour de cassation a rédigé et remis à la Cour constitutionnelle un dossier demandant l’interdiction du HDP, troisième force parlementaire du pays.

Cette nouvelle offensive de R.T. Erdogan contre l’expression de la volonté populaire s’inscrit dans l’impitoyable répression qui frappe cette formation. Plus d’une dizaine de parlementaires croupissent en prison, 60 maires ont été révoqués, et ces derniers jours près de 800 militants ont été arrêtés.

Des procédures se focalisent contre les parlementaires Berdane Oztürk, Cerhan Isik, Sezai Temelli, Tayip Temel, Murat Sarisac. Ils ne sont pas les seuls. La députée d’Agri Dilan Dirayet Tasdemir fait l’objet de poursuites, tandis que le défenseur des droits humains Omer Faruk Gergertioglu vient d’être condamné à deux ans et demi de prison.

Le dépôt de ce dossier d’interdiction du HDP vise plusieurs objectifs : la levée de l’immunité parlementaire de tous les députés du HDP, puis l’organisation d’un procès afin d’obtenir leur destitution et leur condamnation pour « terrorisme ». L’étirement de la procédure devrait permettre à R.T. Erdogan de ne pas s’exposer à des scrutins partiels avant la consultation de 2023 et de se maintenir au pouvoir, d’autant que la crise économique et sanitaire provoque un profond mécontentement dans le pays.

L’AKP cherche aussi par le truchement d’une réforme constitutionnelle (art.14) à interdire à vie les activités des cadres et élus du HDP en prohibant la reconstitution du parti sous une autre appellation. 687 dirigeants et militants sont cités dans cet acte. À cela s’ajoute l’interruption du soutien financier au HDP et la saisie de tous ses biens. Il s’agit donc d’un véritable putsch contre la démocratie !

Pendant ce temps, E. Macron tente de renouer des liens avec le tyran d’Ankara, tandis que l’Union européenne joue les bons offices, au prix de quelques humiliations, afin de s’assurer que les migrants seront toujours contenus derrière la frontière turque. Ces dirigeants qui ne manquent jamais une occasion de faire des leçons de morale à la terre entière sont totalement silencieux face aux piétinements des droits humains par la Turquie de R.T. Erdogan.

Le cynisme atteint son paroxysme avec les procédures d’intimidations, les arrestations et les menaces d’extradition qui pèsent sur les Kurdes qui vivent sur notre territoire, qui s’engagent pour la paix et la liberté et qui subissent, comme la communauté arménienne, les attaques et les violences des « Loups gris ».

Les communistes sont indéfectiblement aux côtés des démocrates de Turquie et notamment des Kurdes. Stop Erdogan !

Pascal Torre
responsable-adjoint du secteur international du PCF
chargé du Maghreb et du Moyen-Orient

 

 

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