Les communistes de villepinte vous invitent à utiliser ce blog comme point de rencontre et d'échanges concernant la situation politique ,économique ,sociale et environnementale du local à l'international.
1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.
1/8 mars 1936 (9)
L’unité syndicale
Deux informations dominent la semaine
Le congrès de réunification de la CGT se tient du 2 au 6 mars à Toulouse. 1 709 délégués, représentant 3 834 syndicats. Ils confirment leur adhésion au programme du Front populaire et leur attachement aux principes de la lutte des classes. On peut lire dans la résolution finale : « Le congrès déclare avec la plus grande fermeté qu’il ne suffit pas d’énoncer devant le peuple des revendications et des aspirations qui lui sont chères ; il faut sous peine de déceptions cruelles et graves les faire passer dans la réalité. » Ses effectifs vont passer dans l’année de 750 000 à 4 millions d’adhérents. Ont été élus à l’unanimité membres du Bureau confédéral : Jouhaux, Frachon, Racamond, Belin, Bothereau, Bouyer, Dupont.
« La classe ouvrière a maintenant en main une arme que les jours qui viennent vont rendre encore plus forte et mieux trempée », commente Paul Vaillant-Couturier qui ajoute : « Nous, communistes, n’avons jamais considéré pour notre part le Front populaire comme une simple et banale formation électorale ni, pour employer une expression chère aux réactionnaires et aux fascistes, comme un cartel tripartite. C’est beaucoup plus et beaucoup mieux à nos yeux. C’est une étape vers la libération définitive des travailleurs de France. C’est un rassemblement qui doit constituer, après comme avant les élections, une force durable de contrôle et d’action ayant, par ses comités, des ramifications dans les entreprises et jusque dans les moindres bourgades du pays. »
La seconde information qui domine la semaine est alarmante: Hitler, en réponse provocatrice au traité franco-soviétique juste signé, décide le 7 mars de réoccuper militairement la Rhénanie. La région était démilitarisée depuis la signature du traité de Versailles. Interdiction était faite à l’Allemagne d’établir des places fortes et de déplacer des troupes dans une zone de 50 kilomètres à l’est du Rhin. Les accords de Locarno (1925) renforçaient ces dispositions et toute violation serait considérée comme une agression allemande. Or Hitler réinstalle la Wehrmacht en Rhénanie. C’est dans cette région que se concentrent les industries de guerre allemandes. Et la France (comme la Grande-Bretagne) laissera faire. Comme elle laissera faire l’invasion de l’Autriche puis des Sudètes tchécoslovaques (traité de Munich). « La paix en danger », titre l’Humanité sur toute sa Une. Un appel du PCF déclare que « Hitler veut la guerre. (…) Face aux puissances de mort qui nous menacent, toutes les forces de vie doivent se rassembler. »
C’est avec beaucoup d’émotion que j’ai appris la disparition de Leila Shahid, grande figure et militante du mouvement national palestinien, et actrice centrale et incontournable du mouvement de solidarité avec la lutte du peuple palestinien pour ses droits nationaux.
Engagée auprès de l’OLP dès les années 1970, elle a contribué à faire connaître l’horreur des massacres de Sabra et Chatila commis par les forces phalangistes libanaises agissant sous protection des troupes israéliennes d’Ariel Sharon.
De 1994 à 2005, elle est déléguée générale de Palestine en France, où son action laisse une trace durable. Elle s’est imposée comme une interlocutrice déterminée et sérieuse auprès de la diplomatie française dans les années au cours desquelles l’espoir ouvert par les Accords d’Oslo ont laissé peu à peu place à la désillusion du fait de l’inaction des diplomaties occidentales.
Elle fut toujours soucieuse d’entretenir des relations étroites avec le mouvement de solidarité avec le peuple palestinien, permettant aux mobilisations d’acquérir alors une influence inégalée dans la société française. De même, elle sut maintenir le lien de solidarité avec les Israéliens engagés pour une paix juste et durable, et replacer la lutte nationale du peuple palestinien dans la longue histoire de la lutte des peuples, de tous les peuples, pour choisir leur libre destin, face aux entreprises coloniales et impérialistes.
De Jean Genet à Mahmoud Darwich, elle a toujours accordé une grande importance au rôle que l’art et la poésie peuvent jouer comme catalyseur d’indignation, de mobilisation et d’action.
Tout au long de ce combat, toujours inachevé, elle a lutté et travaillé avec le Parti Communiste Français pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens. Les communistes français ont toujours pu compter sur son analyse, sa disponibilité et sa détermination pour faire avancer la cause des droits nationaux du peuple palestinien.
Pour tout cela, chère Leila, nous honorons ta mémoire.
Une note du Haut-commissariat au plan publiée le 12 février montre que la pauvreté dans l’enfance est le facteur explicatif principal des mauvaises conditions de vie à l’âge adulte, surtout pour les femmes, malgré de meilleurs diplômes.
Si la pauvreté s’hérite, il est encore bien plus difficile pour les filles que pour les garçons d’en sortir. C’est une des conclusions d’une étude intitulée « La pauvreté en héritage » rendue publique le 12 février par le Haut-commissariat au plan. Premier paradoxe identifié à travers l’observation d’une cohorte de 1 800 adolescents entre 2007 et 2023, soit de leur entrée au collège à leurs 27 ans : « Le diplôme semble moins protéger les femmes, même les plus diplômées » résume Clément Peruyero rédacteur de la note et doctorant au Département Société et Politiques sociales de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
Bien que plus souvent doté d’un niveau supérieur au Bac que les hommes, toutes origines sociales confondues, les femmes sont plus souvent exclues ou à la marge du marché du travail. Elles sont ainsi plus nombreuses à être des NEET (ni en emploi ni en étude), et cela est d’autant plus vrai qu’elles sont issues de milieux frappés par la pauvreté. Ainsi, parmi les personnes venues de la pauvreté extrême, les femmes sont 10 % de plus que les hommes à être NEET.
Meilleurs diplômes mais salaires plus bas
L’éloignement de l’emploi n’est pas le seul indicateur de ce que l’étude appelle la « surpénalité » des femmes ayant grandi dans la pauvreté. Le niveau de rémunération aussi est affecté. Ainsi « les femmes pauvres à l’adolescence se trouvent plus souvent dans les 20 % de salaires les plus faibles (30 %, contre 24 % chez les hommes pauvres à l’adolescence) » observe le Haut-commissariat au plan.
Cette inégalité ne vient pas du niveau de diplôme, pourtant le facteur le plus discriminant pour expliquer la persévérance de la pauvreté d’une génération à l’autre, homme et femmes partageant un même risque de sortir avec un niveau inférieur au Bac quand ils viennent de milieux marqués par la pauvreté.
« C’est donc à l’entrée dans la vie adulte que les écarts se creusent : d’abord via l’éloignement du marché du travail, puis en termes de niveau de salaire pour celles occupant un emploi » , précise la note.
L’effet discriminant de la grossesse
Comment expliquer ce plus grand déterminisme chez les femmes malgré leurs bons résultats scolaires ? « Il y a deux facteurs. D’abord, elles sont vraiment pénalisées par l’arrivée des enfants et cela est encore plus significatif pour les femmes les moins diplômées. Ensuite, leur mobilité sociale en cours de carrière est beaucoup moins forte que celle des hommes. Il y a une forme de rattrapage sur le marché du travail pour les hommes les moins diplômés, que nous n’observons pas chez les femmes » explique Clément Peruyero.
Pire, facteur handicapant pour les femmes, la parentalité a l’effet inverse chez les hommes. Elle pourrait en effet, suggère la note, « créer une incitation forcée à l’emploi chez les hommes (chute du salaire de réserve), même en cas de contrats précaires et/ou d’horaires atypiques. L’effet breadwinner (pourvoyeur de ressources) demeure important, notamment dans les milieux populaires où l’homme reste institué comme le garant financier du foyer ». Autant de données qui éclairent différemment le débat actuel sur la baisse de natalité.
Le bonheur est peut-être dans le local ! Non pas comme refuge étriqué, mais comme front avancé face à un capitalisme qui fracture les vies et organise méthodiquement la guerre ici et ailleurs. À cette logique mortifère nous opposons une autre architecture : une alliance objective des syndicats, du monde associatif et des élus locaux, une relation dialectique, capable de résister et surtout de construire l’avenir.
Le vendredi 6 février, la CGT a présenté une série de propositions à destination des candidates et candidats aux élections locales. Des propositions claires, offensives, pour cimenter un bloc progressiste face aux réactionnaires et à l’extrême droite. Pour construire un pouvoir local au service de l’intérêt général !
Avec au cœur le développement des services publics, la rénovation énergétique des logements comme urgences sociales et écologiques ou encore la reprise en main des « biens communs » comme l’eau et l’énergie. Mais aussi une volonté de renforcer l’accès à la culture et au sport comme espace de fraternité et de sororité, en s’appuyant sur les associations locales. Elles sont au cœur de l’engagement citoyen et des forces vives de notre démocratie.
Le monde associatif encaisse des coupes budgétaires d’une violence inédite. Il représente pourtant en France 10 % des emplois privés non délocalisables. Et, dans un pays qui marche sur la tête, 43 % des collectivités ont baissé leurs subventions aux associations sportives, au lendemain des jeux Olympiques de Paris 2024, sous l’effet de l’étau qui pèse sur leurs finances locales.
Et cela au moment même où l’engouement olympique a provoqué une hausse des inscriptions dans les clubs de 20 à 30 %. Ce monde associatif est en mouvement et a répondu présent par une mobilisation historique, le 11 octobre dernier, avec 350 rassemblements dans tout le pays.
Le 30 janvier, lors de l’événement Droit de cité, organisé par le Mouvement associatif, j’ai rappelé une évidence trop souvent oubliée : les relations humaines sont le premier facteur de santé publique et les associations sont le ciment de la vie locale. Face aux forces libérales et d’extrême droite, il faut anticiper les nouvelles alliances et nouvelles relations qui permettront aux forces de progrès d’inventer l’alternative au service de l’émancipation humaine.
S’inspirant du modèle existant pour lutter contre les violences conjugales, ce changement correspond à une préconisation de la Ciivise qui évalue à 160 000 le nombre d’enfants victimes de violences sexuelles chaque année.
Il était grand temps. Enfin, un enfant en danger au sein de sa famille pourra être protégé de façon urgente. Ce 29 janvier, l’Assemblée nationale a, par son vote à l’unanimité (35 votants pour contre 0), transformé le « placement provisoire », en vigueur actuellement pour les enfants, en ordonnance de « protection provisoire ».
Un changement prévu par l’article 4 de la proposition de loi « relative au droit de l’enfant » qui permettra désormais au juge d’interdire immédiatement à un parent mis en cause d’entrer en contact avec son enfant, de paraître dans certains lieux (domicile, école, lieux d’activités, etc.) et d’attribuer la jouissance du logement familiale au parent protecteur. Si le parent violent ne respecte pas ces interdits, il s’exposera à une sanction judiciaire allant jusqu’à trois ans d’emprisonnement.
Porté par Perrine Goulet (Les Démocrates), ce texte a été présenté avec modestie par la députée de la Nièvre ; il pose pourtant des avancées significatives attendues de longue date par les défenseurs des enfants.
« Avec cette PPL je ne prétends pas résoudre l’ensemble des difficultés du système de protection de l’enfance » a-t-elle introduit en séance. Par contre, je suis réellement convaincue que cette proposition de loi contient des ajustements ciblés extrêmement positifs. Surtout avec l’ordonnance de protection immédiate pour les enfants on pourra leur dire et faire notre cette maxime : ‘je t’entends, je te crois et je te protège’».
160 000 enfants victimes de violences sexuelles chaque année
S’inspirant du modèle existant pour lutter contre les violences conjugales, ce changement correspond à une préconisation de la Ciivise (Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants), qui évalue à 160 000 le nombre d’enfants victimes de violences sexuelles chaque année.
L’ordonnance de protection provisoire part d’un constat : aujourd’hui, « un enfant qui porte plainte contre un parent pour inceste reste souvent obligé d’aller chez lui le week-end et pendant les vacances », observe Solène Podevin-Favre, présidente de l’association Face à l’Inceste, auprès de l’AFP. « Ce n’est que si des poursuites sont engagées contre son parent, au terme de l’enquête qui dure en moyenne trois à cinq ans, que les droits de visite et d’hébergement sont suspendus », explique-t-elle.
Un seul juge pour l’enfant
Désormais, avec ce nouvel outil, quand le procureur sera saisi pour des faits de violences familiales, il devra statuer dans les 72 heures pour placer l’enfant sous protection. Il aura une semaine pour saisir le juge compétent, qui disposera à son tour de 15 jours pour décider du maintien ou de la suspension de la mesure. L’enfant devra donner son consentement pour revoir son parent violent.
Autre avancée significative et saluée par la justice pour mineurs : le texte clarifie la répartition des compétences entre le juge des enfants et le juge aux affaires familiales (JAF). La justice doit aussi être à hauteur d’enfants. Par le vote de cette PPL, la compétence de fixer les droits de visite et d’hébergement des mineurs reviendra au juge des enfants quand cette décision était prise par le JAF, dont le rôle est d’arbitrer dans les litiges entre parents.
Les contrôles administratifs de l’ASE renforcés
L’autre volet de cette PPL vise à améliorer le système de l’Aide sociale à l’enfance (ASE), sans attendre le projet de loi dédié à la Protection de l’Enfance que le gouvernement finalise. Il s’agit de répondre à l’urgence face au constat des graves manquements du système de protection de l’enfance éclaboussé par de nombreux scandales.
Il prévoit notamment le renforcement des contrôles administratifs des établissements de l’ASE. Fixé à une fréquence d’un contrôle tous les trois ans et tous les deux pour les pouponnières qui accueille des enfants jusqu’à l’âge de 3 ans. Autre interdit introduit par la PPL : le placement d’enfants mineurs à l’hôtel. Il prévoit aussi la fermeture et l’interdiction à terme de tous les centres de protection de l’enfance privés à but lucratif.
Devant les députés, Charlotte Parmentier-Lecocq, la ministre déléguée chargée des Personnes handicapées, a affirmé l’« engagement du gouvernement à prendre ses responsabilités ». Un projet de loi sur la protection de l’enfance devrait être présenté et soumis à l’examen de l’Assemblée au printemps 2026.
Doit-on interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans et les smartphones au lycée ? C’est ce que vont déterminer les députés ce lundi. Oui, répond Yves Marry, du collectif Attention, qui alerte sur la surexposition des adolescents aux écrans.
« Les smartphones sont des objets qui peuvent devenir dangereux. Il s’agit de protéger les plus vulnérables face à des objets puissamment addictifs », atteste Yves Marry.
Haro sur les écrans. Ce lundi, l’Assemblée nationale étudie une proposition de loi (PPL), portée par Ensemble pour la République mais transpartisane, ayant pour but de « protéger les mineurs des risques auxquels les expose l’utilisation des réseaux sociaux ». À la demande d’Emmanuel Macron, elle sera examinée en procédure accélérée, afin d’être appliquée dès la rentrée prochaine en cas d’adoption.
Interdiction d’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, couvre-feu numérique pour les 15-18 ans, renforcement de la formation des élèves aux ressources numériques, interdiction des smartphones dans les lycées publics et création d’un délit de négligence pour les parents, cette PPL manie prévention et interdiction.
Le gouvernement, qui travaillait à un projet de loi, soutiendra finalement ce texte porté par la députée Renaissance Laure Miller et examiné à l’initiative de Gabriel Attal. Le texte fait cependant l’objet d’une motion de rejet déposée par La France insoumise. Parallèlement, au Sénat, une PPL centriste prône une interdiction totale de numérique jusqu’à 13 ans, ainsi qu’une autorisation parentale obligatoire pour que les 13-16 ans puissent s’inscrire sur les réseaux sociaux.
Pour le collectif d’associations Attention, qui alerte depuis 2020 sur les effets de la surexposition des enfants aux écrans, cette inflation législative a la vertu de répondre aux problèmes de santé publique que pose l’utilisation sans filtre et addictive des outils numériques.
Ce samedi, il a lancé un appel aux candidats aux municipales à signer la charte « Plus d’humains, moins d’écrans », lors des quatrièmes assises de l’Attention à Paris. Yves Marry, cofondateur de l’association de prévention Lève les yeux et co-initiateur de cette charte, en explique la démarche.
Le législateur et les pouvoirs publics sont-ils en train de changer de point de vue sur le numérique ?
Yves Marry
Cofondateur de l’association Lève les yeux
On assiste à une bascule. Le rapport rendu par la commission Enfants et écrans à Emmanuel Macron en avril 2024 acte une prise de conscience au plus haut niveau des impacts délétères des écrans sur la santé des jeunes, sur leur éducation, sur la cohésion sociale. Les partis commencent à se saisir du sujet. Notre discours critique est de plus en plus entendu. On s’en félicite.
La prévention passe-t-elle forcément par l’interdiction ?
Nous vivons avec de très nombreuses interdictions au quotidien : il faut un permis pour détenir une arme, la vitesse sur route est limitée, il est interdit de fumer dans les lieux publics. L’interdiction n’est pas un gros mot non plus. C’est ce qui permet de faire société. Il faut aussi, évidemment, apprendre, éduquer à l’utilisation de ces outils numériques. C’est le sens de notre action associative.
Mais il est absurde d’opposer prévention et interdiction. C’est ce que tentent les géants du numérique avec leurs éléments de langage.
Ce n’est pas parce qu’on interdit de rouler à plus de 130 kilomètres-heure que l’on n’apprend pas à conduire une voiture. Il faut prendre en compte l’explosion des usages chez les adolescents, qui conduit à une montée en flèche des statistiques du mal-être et des suicides, du cyberharcèlement, de la pédopornographie en ligne. Il faut prendre en compte les conséquences sanitaires et éducatives : les impacts sur le sommeil, sur la scolarité, les difficultés de mémoire, d’apprentissage, le retard accumulé dans les apprentissages…
Les smartphones sont des objets qui peuvent devenir dangereux. Un enfant qui va seul sur Internet a la quasi-certitude d’être exposé à des contenus traumatisants et mis en lien avec des personnes potentiellement malveillantes. Il s’agit de protéger les plus vulnérables face à des objets puissamment addictifs.
Pourquoi choisir 15 ans comme âge pivot d’utilisation ?
Certains parlent de 18 ans, d’autres 16 ans. Quinze ans semble faire consensus car c’est l’âge d’entrée au lycée. Cela nous va bien, même si 16 ans serait plus pertinent car les jeunes arrivent à une plus grande maturité et disposent d’une meilleure capacité de contrôle de leurs émotions et décisions. Le débat démocratique permettra de trancher.
Quel est le positionnement de l’Éducation nationale par rapport à l’interdiction des écrans ?
L’Éducation nationale a longtemps été derrière l’industrie numérique, en encourageant le déploiement des écrans et des solutions numériques dans les classes et en dehors du temps scolaire. Elle continue dans la même dynamique avec l’intelligence artificielle. À l’Élysée et dans d’autres ministères, le dogme du tout-numérique est remis en question. Côté enseignants, les syndicats viennent de s’opposer à l’interdiction des smartphones dans les lycées.
Nous comprenons leur demande de moyens supplémentaires : l’interdiction ne peut reposer que sur la bonne volonté du personnel. Mais être contre par principe nous étonne. De nombreuses études démontrent la baisse d’attention et de concentration des élèves et, à l’inverse, un apaisement dans les établissements qui ont franchi le pas.
Enlever les écrans ne revient-il pas à rater les progrès techniques ?
Tout progrès poussé par des industriels dans le seul but de faire du profit n’est pas forcément bon à prendre pour nos sociétés. On gagnerait à plus de discernement et à se poser la question de ce que l’on veut faire avec la technologie : nous rend-elle plus humains ?
Vous lancez une charte pour les municipales. Les maires ont-ils des moyens d’agir ?
À l’échelon européen comme national, la force des lobbies est si grande que les décideurs ont bien du mal à prendre des mesures efficaces au-delà des discours. En revanche, localement, on voit déjà des élus prendre des mesures courageuses et utiles. Les maires peuvent soutenir les actions de prévention comme Bordeaux avec son défi Dix jours sans écran. La mairie de Marseille, son conseil municipal des jeunes, en partenariat avec Lève les yeux, a mené une campagne d’affichage conçue par et pour des jeunes afin de les encourager à réduire leurs usages des écrans.
Des communes s’engagent pour réduire la place des écrans dans les écoles maternelles, primaires et dans les centres de Protection maternelle et infantile (PMI). Les maires ont le pouvoir de refuser le déploiement de tablettes voulu par l’État ou les régions.
L’an dernier, entre janvier et mai, les actes antimusulmans ont augmenté de 75 % par rapport à l’année 2024, selon le ministère de l’Intérieur. Deux tiers des agissements islamophobes sont des atteintes à la personne. Et 66 % des musulmans ont fait l’objet de comportements racistes au cours des cinq dernières années, d’après un sondage Ifop paru en septembre.
Mais une autre étude de l’institut a davantage retenu l’attention des chaînes de télévision, notamment d’extrême droite. L’état des lieux du rapport à l’islam et à l’islamisme des musulmans de France observe « un processus de réislamisation, structurée autour de normes religieuses rigoristes ». Quatre associations du culte musulman ont porté plainte contre X.
Elles mettent en doute la méthodologie, également contestée par plusieurs médias. Un discours qui oppose lois françaises et règles religieuses, comme si elles ne pouvaient pas s’articuler les unes avec les autres, pour un citoyen croyant. Or ce n’est pas soit l’un, soit l’autre, explique Jean-François Bayart, professeur de sociologie à l’Institut des hautes études internationales et du développement, à Genève.
Un rapport décrié
Il s’insurge contre l’essentialisation des musulmans, perçus par une partie de la classe politique comme « incapables de comprendre la République ou la laïcité ».« Au fond, affirme-t-il, le message qui leur est adressé reste qu’ils ne peuvent devenir républicains qu’en sortant de l’islam. » C’est-à-dire qu’ils « cessent de jouir des libertés religieuses dont disposent par exemple les chrétiens et les juifs » en France. C’est contraire à la loi de 1905, garantissant le libre exercice du culte. Dès 2015, la politiste Nadia Marzouki, chargée de recherche au CNRS, estimait que « le débat public repose encore largement sur une conception caricaturale du rapport que les musulmans entretiendraient au dogme, à la norme et à l’autorité ».
Rien n’a changé, jusqu’au plus haut sommet de l’État. En mai 2025, Bruno Retailleau, alors ministre de l’Intérieur, se voit remettre un rapport sur les Frères musulmans et l’islam politique en France. Emmanuel Macron prévoit un conseil de défense en urgence pour demander au gouvernement des propositions, mais celui-ci ne débouche sur aucune mesure.
Loin d’être aussi choc qu’il prétend l’être, le rapport dresse des constats peu surprenants et peu alarmants. Par exemple, les lieux de culte liés à la mouvance frériste ne représentent que 7 % des 2 800 lieux du culte musulman. Nicolas Cadène, ancien rapporteur de l’Observatoire de la laïcité, signale « une méthodologie peu rigoureuse, des évidences, des amalgames et du simplisme ».
Une présence depuis des siècles
La mise à l’écart des citoyens musulmans se construit sur une ignorance historique. Les historiens attestent pourtant une présence musulmane en France dès l’époque médiévale, peu après la naissance de l’islam, en 622. En 2016, des archéologues ont trouvé trois sépultures musulmanes de soldats berbères à Nîmes, orientées vers La Mecque.
Par ailleurs, « on a complètement occulté le lien d’échanges, à la fois commercial et culturel, entre l’Orient et l’Occident à la période médiévale », explique Jean-François Bayart. De telle sorte que « le rôle culturel de l’islam, notamment dans la transmission de l’héritage de l’Antiquité », a été oublié. À la place, la perception de cette religion se fait à travers « le prisme historique déformant des croisades ».
L’exclusion est d’autant plus grande avec la permanence du discours sur les racines judéo-chrétiennes de la France. Un mythe excluant et « une obscénité effrayante » pour Jean-François Bayart, qui rappelle, soit dit en passant, que le christianisme est une religion née en Orient. De même, il insiste dans un article publié sur son blog de Mediapart sur le fait que « l’islam, qu’il soit « de » France ou « en » France, n’existe pas ».
Et d’ajouter : « Il n’est que des musulmans, dont les pratiques sociales sont plurielles et contradictoires, et qui sont en interaction mutuelle généralisée avec le reste de la société, par l’école, le travail, le syndicalisme, la santé publique, le sport, le marché, la consommation, la politique. » Bref, qui appartiennent à la république.
De fondation celtique, nichée au cœur de la verdoyante Vallée de la Risle, dans l’Eure, en Normandie, Brionne est une bourgade de 4 185 habitants située à 140 km de Paris et 45 km de Rouen et d’Honfleur. Avec plus de 150 commerçants, artisans, industriels et professions libérales, des moyennes surfaces mais aussi des commerces de proximité, un marché dominical bien achalandé et très prisé, Brionne joue pleinement son rôle de chef-lieu de canton.
Administrée depuis 1995 par un maire communiste, Brionne est une petite ville populaire qui offre un cadre de vie champêtre (labellisée 3 fleurs). On peut y pratiquer de nombreuses activités sportives dans ses deux gymnases et ses salles de sport, dont un dojo, ou de loisirs au sein de sa base nautique réputée de 22 hectares : voile, embarcations à pédales, canoë-kayak, baignade, mini-golf, pêche, pétanque, parcours de santé, tir à l’arc, terrain multisports, tennis couvert, départs de circuits pédestres.
La municipalité soutient les familles en rendant les services jeunesse et scolaire plus accessibles et équitables (cantine à 1 €, tarification adaptée, aides scolaires, transports gratuits de la maternelle au lycée). Elle développe l’accueil de la petite enfance (projets culturels, environnementaux et musicaux à la micro-crèche et à la toute petite section), propose une restauration saine et durable avec le dispositif « Cantines d’excellence », lutte contre le gaspillage et favorise l’éducation à l’écologie. Une offre périscolaire riche, des actions pour les ados, un guichet famille unique et des événements fédérateurs comme « La rue aux enfants » renforcent l’égalité, la participation des enfants et la qualité de vie familiale.
En partenariat avec les associations caritatives locales, la Ville agit en commune solidaire et inclusive en accompagnant les familles, les jeunes, les seniors et les personnes fragilisées à travers des aides au quotidien, des actions pour le bien vieillir et de lutte contre l’isolement. Elle soutient l’insertion professionnelle grâce à des dispositifs de mobilité. L’accès à la culture, au sport et à la santé est renforcé grâce au ticket « jeunes » et au programme Ma Commune, Ma Santé.
Brionne propose une offre culturelle riche, diverse et accessible à tous. Tout au long de l’année, s’appuyant sur son centre socio-culturel Le Repère et sa médiathèque Louise-Michel, une vingtaine d’initiatives culturelles et de nombreuses animations associatives rythment la vie locale : concerts, spectacles, festivals et événements festifs. Dans un esprit populaire et convivial, la culture à Brionne est un véritable levier du vivre-ensemble et d’émancipation collective.
Enfin, la ville de Brionne mène une politique d’urbanisme qui intègre les enjeux écologiques à l’ensemble de l’action communale. Elle modernise les services et les équipements (rénovation thermique des écoles, éclairage public LED et extinction nocturne), tout en menant un travail au long cours de requalification des espaces urbains et des friches industrielles du centre-ville. La commune soutient un habitat et une mobilité plus durables avec de nouveaux logements, projette un pôle multimodal autour de la gare et des liaisons piétonnes végétalisées. La nature est au cœur de notre action à travers la végétalisation du cimetière, les jardins familiaux, le Land’Art, la préservation de la biodiversité, la restauration de la continuité écologique de la Risle, le tourisme vert ou encore l’éco-pâturage.
Voilà quelques marqueurs de notre action municipale à Brionne, une commune où il fait bon vivre, à la fois fière de ses racines et de son patrimoine historique, et qui se projette dans l’avenir en imaginant, avec la participation active des habitants, une nouvelle manière d’habiter le territoire encore plus solidaire et respectueuse de l’environnement.
Valéry Beuriot
Maire de Brionne
Article publié dans CommunisteS, numéro 1068 du 7 janvier 2026.
Emmanuel Macron est multiple. Il y a celui qui dirige et fragilise le pays depuis 2017, par ses politiques antisociales et son mépris des revendications populaires, et celui qui prend l’antenne chaque 31 décembre pour présenter ses vœux « d’unité », de « force » et « d’espérance ». Ce mercredi, depuis le palais de l’Élysée, le président de la République s’est ainsi adressé aux Français pour se projeter sur l’année à venir et bien au-delà. « Regardons loin, regardons devant », a-t-il martelé, flattant ce qui constitue selon lui l’esprit français : le désir de « paix », la quête de « liberté », et l’attention portée à « l’humain ».« Je nous souhaite de résister à l’air du temps tout car nous sommes français », a-t-il déclaré, l’air grave. Mais encore ?
Un bilan avant l’heure
Lors de son allocution, le chef de l’État s’est arrêté sur chacun des piliers qui participe à la bonne marche de la nation, selon lui. Saluant « les forces de sécurité », les « bénévoles », les « travailleurs », les « soignants », « en première ligne face aux difficultés pour apporter secours et fraternité », Emmanuel Macron a rappelé leur rôle essentiel : « Ainsi va le destin des nations qui tiennent grâce au dévouement de leurs concitoyens. Grâce à vous, nous tenons. Fort de nos institutions, nos services publics ». Oubliant au passage que c’est autant d’acteurs mis à l’os par les budgets austéritaires successifs proposés et votés par son propre camp.
Dans la même veine, le président a osé souligner les maires, « de tous les combats, de toutes les crises, à mes côtés et à votre service ». Eux qui se plaignent pourtant, là encore, des différentes coupes appliquées et prévues pour les collectivités qu’ils dirigent : un nouvel effort de 8 milliards d’euros est réclamé aux collectivités pour 2026, soit trois à quatre fois plus qu’en 2025.
Qu’importe, voyant la fin de son mandat qui approche, mentionnant lui-même la prochaine élection présidentielle qu’il espère la plus « sereine possible », le chef de l’État tient à se congratuler lui-même. Un bilan avant l’heure en somme. N’en doutez pas, si le pays tient malgré les difficultés, c’est grâce à l’action du gouvernement pour notre « recherche »,« excellence académique ». Et si le continent européen résiste face au « retour des empires », c’est du fait de nos « initiatives diplomatiques pour la paix, le climat et nos océans ».
Mais à l’en croire, le meilleur est à venir. Se disant conscient de la « solitude croissante » qui touche les citoyens français, des effets de la « baisse de la natalité », des difficultés causées par la baisse du pouvoir d’achat, Emmanuel Macron a promis des « réponses » face à ces « urgences » : « se doter d’un budget, agir pour les agriculteurs, renforcer notre économie en simplifiant les règles pour nos entrepreneurs et nos agriculteurs, mener sans relâche la lutte contre le trafic de drogue, poursuivre la formation de nos enseignants, mettre en œuvre une décentralisation concrète et radicale et répondre aux aspirations légitimes de la Corse et de plusieurs territoires d’outre-mer ».
Le service national et le retour du sujet de la fin de vie annoncés
Dans cet élan, le président a annoncé « les premiers pas du service national pour l’engagement de nos jeunes », promis de protéger « nos enfants et nos adolescents des réseaux sociaux et des écrans » et d’aller « au bout du travail législatif sur la question de la fin de vie dans la dignité à la fin de l’année, quand le moment sera venu ». Sur ce dernier point, ce travail était pourtant proche d’aboutir en 2024. Jusqu’à ce que la dissolution de l’Assemblée nationale prononcée par Emmanuel Macron ne réduise à néant l’ensemble des travaux parlementaires menés.
Des contradictions, entre les paroles et les actes présidentiels, qui pourraient mener à la désespérance. « Ne renonçons pas ! Ne renonçons pas à être une nation plus solidaire, plus fraternelle », a cependant demandé le chef de l’État à ses concitoyens. Cela passera par tourner la page du macronisme. Cela, aucun Emmanuel Macron ne l’a dit, ni le dirigeant, ni l’animateur de réveillon. Peut-être l’année prochaine ?