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Disparition. Axel Kahn, le courage, l’humanité et le combat jusqu’au bout

7 Juillet 2021, 07:26am

Publié par PCF Villepinte

Axel Kahn, le 5 avril 2016 à Bordeaux. Le médecin aura fait de sa vie une lutte au service des autres. © Constant Formé-Bècherat / Hans Lucas via AFP

Mercredi 7 Juillet 2021

L'Humanité Anna Musso

Le généticien, médecin humaniste et brillant essayiste est mort à l’âge de 76 ans, des suites d’un cancer incurable, qui s’était récemment aggravé. Retour sur son chemin de vie exemplaire, jusqu’à la fin.

Ce matin, le loup a desserré ses mâchoires. Axel Kahn, «Axel le loup», comme il signait ses derniers messages sur les réseaux sociaux, en référence au bouleversant poème d’Alfred de Vigny, s’en est allé à l’âge de 76 ans. Se sachant atteint d’un cancer incurable qui s’était récemment aggravé, le scientifique de renom, humaniste et engagé, avait choisi la compagnie de cet animal totem pour arpenter «  cette dernière phase de (son) itinéraire».

 « Tant que mes mâchoires pourront mordre le cancer, lui faire mal, protéger les personnes, elles ne se desserreront pas. Après ma mort, d’autres mordront avec plus de rage encore», postait-il le 11 mai, au moment où il annonçait le retrait prochain de ses fonctions de président de la Ligue contre le cancer.

Icon QuoteTouché par ses mots, son humilité, sa sincérité, je veux saluer l’humanisme d’Axel Kahn. Merci infiniment.  FABIEN ROUSSEL, SECRÉTAIRE NATIONAL DU PCF

Un homme exemplaire jusqu’au bout

Quinze jours plus tard, il publiait une bouleversante lettre d’adieu qui forçait l’admiration: «Je vais mourir, bientôt. Tout traitement à visée curative est désormais sans objet. Reste à raisonnablement atténuer les douleurs. Or, je suis comme jespérais être: dune totale sérénité. () Il a fallu pour cela que je réussisse à “faire mon devoir”, à assurer le coup, à dédramatiser ma disparition. (…) Alors, souriant et apaisé, je vous dis au revoir, amis.» Exemplaire jusqu’au bout, médiatisant son combat contre le cancer, le médecin aura même fait de sa fin de vie une lutte au service des autres malades.

Dès l’annonce de sa mort, une pluie d’hommages lui a été rendue, tant par les centaines de témoignages chaleureux des Français sur les réseaux sociaux que par de grands scientifiques et des responsables politiques. «Axel Kahn nous a accompagnés, challengés, critiqués, fait bouger et il était toujours disponible pour travailler avec les équipes de la Ligue contre le cancer pour préserver la prise en charge et le dépistage des cancers tout au long de la crise», a salué par exemple le directeur de l’agence régionale de santé d’Île-de-France, Aurélien Rousseau.

De son côté, Ian Brossat, porte-parole du PCF et maire adjoint de Paris en charge du logement, a rappelé: «Il y a six semaines, dans une lettre pleine de dignité, Axel Kahn expliquait son combat et nous disait au revoir. Il nous quitte pour de bon aujourd’hui, et c’est à notre tour de lui rendre hommage, à lui et à son intelligence lumineuse.»

Vulgarisateur lumineux, homme d’éthique et de devoir

Randonneur infatigable, travailleur acharné, l’homme de devoir et de transmission a rempli toutes ses missions, guidé par une profonde bienveillance et par l’amour d’autrui. Sans relâche, il a œuvré jusqu’au bout, en tant que président de la Ligue contre le cancer, une responsabilité qu’il assume de façon bénévole depuis sa nomination en juin 2019. Il a lutté inlassablement contre la pandémie du Covid, appelant à la solidarité internationale et à la coordination de la production de vaccins menée sous l’égide de l’OMS, pour les rendre accessibles à tous. 

Le médecin n’a pas économisé son énergie pour peser de tout son poids sur les choix politiques, dont ceux d’Emmanuel Macron de ne pas reconfiner le pays en début d’année. Il avait d’ailleurs accordé à un grand entretien, le 4 décembre dernier, dans lequel il critiquait certaines décisions gouvernementales et appelait à des mesures constructives de prévention et de vaccination pour tous.

Icon QuoteJ’ai besoin de l’autre pour être moi-même, et il a besoin de moi pour être lui”, Axel Kahn. Un grand médecin, un grand chercheur, un grand humaniste vient de nous quitter. Courageux et engagé, jusqu’à la fin.OLIVIER VÉRAN, MINISTRE DE LA SANTÉ

«Arrivé au bout du chemin», le généticien, l’essayiste, le vulgarisateur lumineux, l’amoureux de la nature, l’homme d’éthique et de devoir n’a jamais courbé l’échine. Jusqu’au bout, il a mené ses combats. Même «rattrapé par la patrouille» comme il l’écrivait avec humour… les Français l’ont suivi avec émotion, quand il bataillait sans relâche dans les médias, pour que les malades du cancer ne soient pas les grands oubliés de la pandémie . Qu’il soit hospitalisé ou lors de son ultime retour au foyer familial, il a continué à œuvrer pour la Ligue et pour les milliers d’inconnu·es confronté·es à une mort programmée par une maladie incurable.

Généticien et hématologue de renommée internationale

Benjamin d’une fratrie composée de Jean-François, l’aîné devenu journaliste, et d’Olivier le cadet chimiste, décédé en 1999, Axel Kahn est né le 5 septembre 1944 dans un petit village du sud de la Touraine, Le Petit-Pressigny. Il est élevé durant cinq ans par une nourrice avant de rejoindre ses parents à Paris. Entouré de brillants esprits, un père philosophe, un frère étudiant en histoire et un autre en chimie, Axel, le petit dernier, décide ne pas se mettre en concurrence avec ses aînés et choisit par élimination la médecine, «une science semi-molle».

Il démarre sa carrière de médecin comme interne des hôpitaux de Paris, avant d’obtenir, en 1974, un doctorat en médecine, avec une spécialité en hématologie, puis un doctorat ès sciences en 1976. Très vite, il délaisse la pratique de la médecine pour s’intéresser à la recherche scientifique.

Icon QuoteJe voudrais exprimer comme beaucoup ma profonde tristesse et ma reconnaissance pour l’exemple de compétence et d’humanité qu’il nous a donné. Sa fin de vie a été comme sa vie, digne, lucide et responsable. Merci.  JEAN LEONETTI, MAIRE LR ET MÉDECIN

Généticien et hématologue de renommée internationale, ses recherches portent notamment sur le cancer (hémopathies, hépatocarcinomes, cancers coliques), le contrôle des gènes, les maladies génétiques, la thérapie génique et la nutrition. Il publie près de 500 articles originaux dans des revues scientifiques internationales, ainsi qu’une trentaine d’ouvrages de vulgarisation scientifique et de réflexions éthiques et philosophiques, parmi lesquels Être humain, pleinement (Stock, 2016), Jean, un homme hors du temps (Stock, 2017), Chemins (Stock, 2018), l’Éthique dans tous ses états, en collaboration avec Denis Lafay (l’Aube, 2019), ou Et le bien dans tout ça? (Stock, 2021) .

De prestigieuses responsabilités dans le monde scientifique et académique

Et ce n’est pas tout. Axel Kahn a exercé de nombreuses et prestigieuses responsabilités dans le monde scientifique et académique: directeur de recherche à lInserm, directeur de lInstitut Cochin, membre du Comité consultatif national d’éthique, président de luniversité Paris-Descartes, président de la Ligue contre le cancer. Excellent vulgarisateur et pédagogue, il est connu du grand public pour ses engagements et ses prises de position sur des questions éthiques et philosophiques ayant trait à la médecine et aux biotechnologies, notamment contre le clonage thérapeutique et les OGM.

Un homme engagé à gauche

Homme de gauche, ancien intellectuel communiste, il a été vice-président d’honneur de la Société des amis de l’Humanité de 2003 à 2007. En 2013, il alerte à plusieurs reprises sur les difficultés financières de l’Humanité et publie dans nos colonnes son soutien: l’Humanité

En effet, c’est à l’âge de 16 ans, en 1962, en pleine guerre d’Algérie, que le lycéen parisien rejoint le Parti communiste. Alors qu’il était très croyant, il perd la foi. Un tournant dans sa vie. Pour un monde plus juste, il se tourne alors vers la politique et milite pendant six ou sept ans chez les étudiants, jusqu’à être élu au bureau national de l’Union des étudiants communistes. Jusqu’en 1977, il sera actif dans les rangs du Parti communiste français, avant de se rapprocher du Parti socialiste et de s’impliquer dans l’élection présidentielle aux côtés de Martine Aubry en 2012.

À partir de 2013, Axel Kahn se met à parcourir seul la France à pied. Des milliers de kilomètres, de montées et de descentes, des genoux douloureux, une épaule déboîtée. Un voyage vers les autres et soi-même. Marcher n’était pas une activité pour Axel Kahn, c’était une manière d’être. Il se définissait d’ailleurs comme un homme qui marche, un chemineau de la vie.

Dans son dernier ouvrage, Et le bien dans tout ça?, Axel Kahn prend à nouveau position sur les grands sujets d’actualité et évoque ses derniers instants avec son père Jean qui, avant de se donner la mort, lui avait laissé ces quelques mots: «Sois raisonnable et humain!» C’était en 1970. Dans son dernier essai, Axel le loup se demandait s’il avait bien suivi cette injonction. Exemplaire jusqu’au bout, il l’a suivie à la lettre. grand chercheur, un grand humaniste vient de nous quitter. Courageux et engagé, jusqu’à la fin.»

 

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Vers une augmentation du prix du gaz pour tous au 1er juillet !

30 Juin 2021, 11:28am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 29/06/2021 par PCF

Les prix du gaz en Europe ont dépassé les 30 € du mégawattheure sur le marché de gros, au plus haut depuis près de treize ans.

Les principales raisons évoquées sont la hausse des prix du gaz sur le marché mondial liée à la reprise économique qui dope la demande, le bas niveaux des stocks de gaz dont le remplissage a été lent au printemps à cause des températures en-dessous des normes saisonnières, des opérations de maintenance en mer du Nord qui entraînent une réduction des importations de gaz norvégien en Europe, une augmentation de la consommation de gaz pour la production d'électricité compte tenu de la hausse du prix des quotas d’émission de CO2 en Europe...

La France qui importe 99% du gaz va subir de plein fouet cette progression et cela aura des conséquences très concrètes sur la facture des consommateurs qui subiront une augmentation de près de 10 % au 1er juillet prochain. `

Depuis l’ouverture à la concurrence et la libéralisation du secteur de l’énergie, les prix d’électricité ou de gaz sont à la hausse en France mais également partout en Europe. Il y a quelques jours, le gouvernement espagnol a décidé de baisser de moitié le taux de TVA sur l’électricité de 21% à 10% tant que les prix sur le marché de gros resteront élevés. Cette mesure concerne environ 612 000 ménages.


Comme nous le revendiquons depuis longtemps, notre parti milite pour une application d’un % de TVA réduit à 5.5 % sur les factures de gaz et d’électricité pour l’ensemble des consommateurs. Le gouvernement français pourrait prendre appui sur son voisin et agir immédiatement pour réduire les dépenses incompressibles des ménages. Après plus d’un an et demi de pandémie sanitaire entrainant perte d’emploi et chômage partiel subis, cela serait une juste mesure sociale.

 

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Climat inflammable

24 Juin 2021, 05:56am

Publié par PCF Villepinte

Mercredi dernier, le président Macron déjeunait avec des patrons du CAC 40. Il y avait autour de la table Jean-Laurent Bonnafé (BNP Paribas), Laurent Burelle (Plastic Omnium, et président de l’Afep, l’association des grandes entreprises privées), Bernard Charlès (Dassault Systèmes), Xavier Huillard (Vinci), Florent Menegaux (Michelin), Benoît Potier (Air liquide), Patrick Pouyanné (Total Énergies), etc.

Peu d’infos ont filtré sur ces échanges mais on retiendra cette indiscrétion du Figaro Économie : « Emmanuel Macron a pu constater auprès de cet échantillon de sept spécimens que les dirigeants étaient inquiets d’un climat social inflammable - et pas uniquement en France. » C’est un peu les incendiaires qui crient « Au feu ! » 

Gérard Streiff

 

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Assurance-chômage : la réforme suspendue, l’exécutif désavoué

23 Juin 2021, 11:42am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité, Mercredi 23 Juin 2021

Stéphane GuérardCyprien Boganda

Pour la deuxième fois, le Conseil d’État, saisi par les syndicats, a asséné un coup d’arrêt au décret visant à réaliser 2,3 milliards d’euros d’économies sur le dos des chômeurs. Pour le pouvoir, le camouflet politique va être dur à encaisser.

La chasse aux pauvres menée par l’exécutif vient de subir un sérieux revers. Pour la deuxième fois en six mois, le Conseil d’État a porté un coup à la réforme de l’assurance-chômage imposée par décret gouvernemental du 26 juillet 2019. Saisie en référé par tous les syndicats (sauf la CFTC), la haute juridiction administrative a suspendu la mise en pratique prévue au 1er juillet des nouvelles conditions d’indemnisation des privés d’emploi.

 «Les incertitudes sur la situation économique ne permettent pas de mettre en place, à cette date, ces nouvelles règles qui sont censées favoriser la stabilité de l’emploi en rendant moins favorable l’indemnisation du chômage des salariés ayant alterné contrats courts et inactivité», explique-t-elle dans sa décision.

Si la juge ne remet pas en question le bien-fondé de la réorientation de l’assurance-chômage – l’instance pourra le faire à l’automne puisqu’elle a été saisie «sur le fond» par les syndicats , celle-ci envoie un signal clair que les organisations de salariés comme celles de chômeurs ne cessaient de clamer aux sourdes oreilles du pouvoir macronien: cette réforme est mauvaise car elle est idéologiquement hors des réalités.

Un outil de redistribution

Pilier de notre République sociale, l’assurance-chômage est cet outil de solidarité et de justice sociale qui permet d’absorber les accidents de parcours professionnel et complète ainsi les autres mécanismes de Sécurité sociale. Pour la Drees (services statistiques du ministère de la Santé), le régime contribue «de façon primordiale à la stabilisation du niveau de vie» des Français: à hauteur dun tiers pour les 20 % les plus modestes, de près de la moitié pour les 20 % suivants et encore un cinquième parmi les 20 % les plus aisés. Cest justement cet outil de redistribution auquel s’est attaqué le gouvernement.

Muriel Pénicaud, ministre du Travail de l’époque, expliquait que la réforme de l’assurance-chômage constituait le troisième temps de «laction pour lemploi», après la casse du Code du travail avec les ordonnances Macron de 2017 puis la privatisation par l’individualisation de la formation professionnelle (2018).

En clair, l’heure était venue d’accélérer le «retour à lemploi», bref de sattaquer à ces fainéants de chômeurs qui profitent du système. Résultat: changements de calcul tous azimuts afin de diminuer la durée d’indemnisation et les niveaux des allocations, le tout accompagné d’un renforcement du flicage des privés d’emploi. Et, pour donner le change, un système de bonus-malus afin d’inciter les entreprises à embaucher en CDI… en 2022. Le véritable objectif était ailleurs: «Avec cette réforme nous visons une baisse du nombre de chômeurs de 150000 à 250000 sur les trois ans à venir.

Loin dune approche comptable et dune logique de rabot, cette transformation de l’assurance-chômage nous permettra d’atteindre plus de 3,4 milliards d’économies de 2019 à 2021», dixit Édouard Philippe. Foin de rabot. L’heure est à la tronçonneuse.

Selon l’étude d’impact de l’Unédic, les territoires les plus touchés par le chômage devaient forcément payer le prix fort. Dans le Pas-de-Calais, les Bouches-du-Rhône, la Seine-Saint-Denis, le Rhône, la Haute-Garonne, la Gironde ou encore Paris, 25000 à 30000 personnes devaient être pénalisées par le changement de calcul des allocations. C’était même 50000 pour le Nord.

Si le premier couperet de la réforme (diminution de la durée d’indemnisation) est bien tombé au 1er novembre 2019, privant d’accès au chômage partiellement ou totalement 710000 personnes, les syndicats ont lutté pied à pied contre le second (diminution des allocations) dès que la crise sanitaire a frappé, afin d’éviter que cette réforme n’empire la situation sur le front du chômage. En décembre dernier: première saisine du Conseil d’État. Première gifle infligée au ministère du Travail, contraint de revoir ses règles de calcul, la première mouture violant le principe d’égalité entre indemnisés.

Le 30 mars dernier, Élisabeth Borne croit tenir la martingale avec un nouveau décret instaurant un «plancher» pour éviter les chutes vertigineuses d’indemnisation. Cela n’aurait pas empêché 1,15 million de personnes de voir leur allocation diminuer de 17 % en moyenne dès l’entrée en vigueur au 1er juillet prochain, selon une nouvelle étude de l’Unédic. C’est ce nouveau décret que le Conseil vient de retoquer. Deuxième gifle infligée au gouvernement. En attendant la troisième cet automne?

La bataille n’est pas finie

«Lhumiliation aurait pu être plus grande, analyse Mathieu Grégoire, sociologue, universitaire et spécialiste de la question du salariat. La juge ne se prononce pas sur les inégalités de traitement comme sur un certain nombre d’autres griefs faits par les syndicats. Elle a choisi celui qui lui semblait le plus adapté: celui des conditions de mise en œuvre de la réforme, qui, selon elle, ne sont pas réunies au 1er  juillet. Mais la bataille n’est pas finie. Il faut voir ce que le gouvernement va faire, en octobre ou novembre, quand le Conseil d’État se prononcera sur le fond. À six mois de la présidentielle, va-t-il risquer une nouvelle humiliation? Il faudrait quil laisse tomber sa réforme.»

Mais si Emmanuel Macron la soutient mordicus, c’est avant tout pour donner des gages. À Bruxelles tout d’abord, mais aussi (et surtout?) à son électorat. La réforme de lassurance-chômage constitue une monnaie d’échange. Pour toucher le plan de relance européen (40 milliards d’euros pour la France), les pays membres de l’UE doivent s’engager à poursuivre leurs réformes «structurelles» comprendre «austéritaires». Dans le courrier qu’il a envoyé à Bruxelles, fin avril, le gouvernement mentionne donc sa refonte de l’assurance-chômage, qui devrait permettre d’économiser 2,3 milliards d’euros par an en vitesse de croisière.

Mais au-delà de l’aspect comptable, c’est la présidentielle de 2022 qui est visée. «Dans le récit du quinquennat, cette réforme lui permet de montrer que, malgré la crise, il continue à réformer, ce qui a été un puissant levier de séduction pour des sympathisants LR-LRM», décryptait le sondeur Frédéric Dabi en avril dernier. Difficile de tenir si le gouvernement abandonne sur les dossiers de l’assurance-chômage et de la retraite… 

«Emmanuel Macron manifeste sa volonté profonde de changer la nature de notre protection sociale, en affaiblissant les droits collectifs pour la réduire à un simple filet de sécurité», analyse le député communiste Pierre Dharréville. Dès lors, la décision du Conseil d’État, «cest une sacrée victoire pour tous ceux qui se sont mobilisés, syndicats en tête, renchérit le député FI Adrien Quatennens. La bataille doit continuer jusqu’au retrait».

 

 

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Indre-et-Loire – Un parti en phase avec la société

30 Avril 2021, 07:01am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 28/04/2021 par PCF

Le 22 avril dernier, Fabien Roussel, notre secrétaire national, était reçu en Indre-et-Loire pour rencontrer les occupants du théâtre de Tours et échanger autour de la santé avec le personnel de la santé et du médico-social.

 

Placée sous le signe du contact direct, sans filtre, la première rencontre, attendue par celles et ceux qui occupent les lieux depuis le 12 mars était nécessaire dans un contexte où il devient primordial d’élargir et d’appuyer les soutiens pour que la mobilisation s’amplifie et soit entendue.

La réouverture des salles de spectacle est au cœur des débats et la colère est plus que jamais palpable. Les revendications dépassent le seul domaine culturel, la mobilisation s’élargissant à d’autres franges de la société avec en ligne de mire la réforme de l’assurance chômage.

Cette réforme fait converger les intermittents et les précaires hors intermittents. Le fil d’Ariane de la journée étant la rencontre avec celles et ceux qui luttent, la seconde rencontre fut centrée sur le personnel de santé et du médico-social. Témoignages poignants du quotidien du personnel qui est à la fois toujours passionné par leur métier et par l’humain et en même temps désabusé par des années de marchandisation de l’hôpital.

Nous ne parlons plus de santé à deux vitesses tant de personnes en sont exclues. Comme ce fut le cas de cette femme de 50 ans, atteinte de trisomie sous tutelle d’État touchée par la covid qui, faute de place en réanimation, a été sacrifiée pour laisser sa place à une autre personne jugée plus prioritaire. Ce n’est pas un accident mais bien les effets de 20 ans de saignée sur notre système de santé. On fait reposer le choix de vie (ou de mort) sur les épaules du personnel en leur faisant trier les malades. 

Des lits, des moyens et de la formation, leurs demandes trouvent une certaine alchimie avec les propositions du PCF qui s’appuient sur le tour de France des parlementaires communistes antérieur à la crise sanitaire. 

Incompréhension forte de la part des oublié·e·s du Ségur qui, même à travail égal, ne rentrent pas dans ce dispositif. 

Crainte également sur le devenir de leurs faibles compensations au vu des réformes qui s’annoncent et qui risquent de faire voler en éclats le fruit de leurs mobilisations en faveur de leurs maigres avantages professionnels.

La remise à plat des conventions collectives est vécue comme une profonde injustice et le risque d’un nivellement par le bas est une réalité.

Plus que jamais les demandes des syndicats, des associations doivent être entendues et font écho à nos propositions, et plus que jamais ils sont prêts à se battre pour que l’humain reprenne sa place dans ce système de santé qui n’a pour boussole que le résultat comptable. 

Le monde du travail compte sur les élus communistes pour que les exigences populaires trouvent une caisse de résonance à l’Assemblée.

Le programme des communistes est d’une incroyable modernité et ancré dans la société. Le final de la journée avec la jeunesse communiste d’Indre-et-Loire montre bien que nos mesures urgentes pour la jeunesse font écho avec leurs aspirations émancipatrices.

Un salaire pour les étudiants fait sens pour redonner toute sa place à la jeunesse et ne pas avoir la précarité comme mode de vie. Florilège de questions et d’échanges sur nos positions, sur la place de la jeunesse, mais avec communément cette envie et cette nécessité de proposer des alternatives à ce système capitaliste. 

Journée marathon certes, mais c’est bien cette perméabilité entre le PCF et le monde qui lutte qui nous met en phase avec notre société.

Fabien Lemettre secrétaire départemental PCF Indre-et-Loire

 

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Pourquoi 30 % de ceux qui ont droit à des aides sociales y renoncent

18 Avril 2021, 06:11am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité Jeudi 15 Avril 2021

Camille Bauer

Le Secours catholique publie, ce jeudi, un rapport pour comprendre pourquoi trop de personnes renoncent aux prestations auxquelles elles ont droit et quel est leur profil. L'association suggère aussi des pistes pour améliorer la situation.

On le sait, environ 30% de ceux qui ont droit à des prestations sociales y renoncent. «Mais si le phénomène est loin d’être marginal, il est encore insuffisamment pris en compte», dénonce le Secours catholique, dans une enquête rendue publique ce 15 avril.

Source d’économies pour l’État, ce renoncement s’avère souvent dramatique pour les personnes pour qui ces aides, malgré leur faiblesse, constituent le seul moyen de garder la tête hors de l’eau. Ainsi, «le niveau de vie médian de celles en situation de non-recours au RSA était de 200 euros, contre 648 euros pour les allocataires», souligne l’association.

Un nombre beaucoup plus important de potentiels bénéficiaires

S’il est massif et tend à augmenter, le non-recours ne concerne pas toutes les prestations de façon identique. Au-dessus de 30% pour le RSA, il touche un quart des personnes quand il sagit des allocations familiales. Son niveau est plus élevé pour la santé (plus de 40%) malgré la mise en place en 2019 dune complémentaire santé solidaire censée réduire le renoncement aux soins. «Je paye tout de ma poche, jai 900 euros. Le grand a des caries, ça fait 100 euros, je les sors», explique ainsi une mère interrogée par l’association.

Le chiffre de 30% ne permet pas non plus de comprendre la diversité des cas de non-recours. Ce pourcentage «ne se résume pas à la demande dentrée dans le système de protection sociale», souligne l’association. Le temps souvent très long entre la demande et l’obtention de la prestation est aussi une source de difficulté et d’incompréhension.

Les entretiens font surtout apparaître son caractère dynamique qui fait qu’en réalité il concerne un nombre beaucoup plus important de potentiels bénéficiaires. «Une majorité des personnes rencontrées a été concernée par le phénomène du non-recours, parfois dans des temps brefs, abandonnant temporairement leurs démarches ou étant confrontées à des ruptures de droits», explique l’enquête. Enfin, 10% des personnes accueillies par lassociation renoncent à toute prestation. Ce sont en majorité des hommes seuls ou des personnes vivant en habitat précaire.

Une simplification des démarches et une information indispensables

Comment expliquer ce renoncement? Le premier facteur est le manque de connaissance. Même si les personnes interrogées ont dans leur grande majorité entendu parler des prestations, elles ont souvent plus de difficulté à savoir «à qui ces dispositifs sadressent et selon quels critères, en particulier de ressources, ils sont attribués».

Autre obstacle, le nombre de démarches à entreprendre, de papiers à remplir, de justificatifs à fournir, d’autant plus complexes que les textes administratifs sont rédigés dans une langue alambiquée. «Ils emploient des mots de notaires très haut placés. Il faut me parler tout simple», confie ainsi un bénéficiaire. Enfin, «il existe aussi des formes de non-recours volontaires, du fait de la stigmatisation pesant sur les allocataires de minima sociaux, mais parfois aussi par souci de ne pas abuser».

Le Secours catholique suggère des pistes pour améliorer la situation. À commencer par la mise en place d’un objectif quantifié de politique publique. L’association insiste aussi sur la nécessaire simplification des démarches et sur l’importance d’une information et d’un accompagnement mieux ciblés sur les publics les plus fragiles. Enfin, elle encourage à fixer des objectifs contraignants aux organismes, pour que le non-­recours ne soit plus une variable d’économies budgétaires.

 

 

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Éthique et toc

14 Avril 2021, 07:52am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 14/04/2021 par PCF

Le capitalisme se moralise, c’est ce que nous chante une petite musique en vogue. Fini les rapaces, voici venu le temps des vertueux, celui de l’entreprise durable au service de tous. Info, intox ? La semaine dernière, la société Deliveroo a voulu entrer en Bourse (à Londres). Mais son action a fait flop. Pourquoi ? Parce que, dit la presse économique (Figaro Économie du 31 mars), les investisseurs redoutent que les livreurs changent de statut : « Davantage de protection sociale est synonyme d’une rentabilité moindre. » Bref, le capitalisme éthique, c’est comme la chasse au dahu, ça n’existe pas.

Gérard Streiff

 

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Évasion fiscale : le Conseil d’État donne raison aux communistes !

16 Janvier 2021, 10:40am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 14/01/2021 par PCF

https://d3n8a8pro7vhmx.cloudfront.net/pcf/pages/12634/attachments/original/1610634115/visuel-1562825_960_720.jpg?1610634115Depuis des mois, par voie d'amendement et dans une Proposition de loi que j'avais déposée au nom du groupe de la Gauche démocrate et républicaine, les députés communistes demandent la reconnaissance du statut juridique « d'établissement stable » pour les filiales françaises d'une société ayant son siège social dans un paradis fiscal.

Grâce à ce mécanisme d'évitement fiscal bien connu, les multinationales, en particulier celles du numérique, s'affranchissent de leurs obligations et privent les États de recettes très importantes. Au total, l'évasion fiscale coûte chaque année à la France entre 80 et 100 milliards par an, selon de nombreux experts.

Dans une décision récente, le Conseil d’État vient enfin d'établir cette qualification d'établissement stable, ce qui signifie tout simplement que ces filiales françaises doivent désormais se soumettre à l'impôt sur les bénéficies dans notre pays ! C'est une grande victoire pour tous ceux qui ont défendu cette position, en dépit de l'opposition systématique et résignée de la majorité parlementaire et du gouvernement, avec pour seul argument que cette notion était inapplicable. Forts de cette décision novatrice et audacieuse, qui ouvre la voie à une taxation plus juste des bénéfices des géants du numérique, nous redéposerons rapidement cette proposition à l'Assemblée comme nous le faisons depuis des années.


Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et député du Nord,

 

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La concurrence ne peut émanciper l’Europe des GAFAM

13 Janvier 2021, 09:05am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 13/01/2021 par PCF

https://d3n8a8pro7vhmx.cloudfront.net/pcf/pages/12629/attachments/original/1610522994/visuel-gafam.jpg?1610522994

En 2000, les institutions européennes avaient adopté la stratégie de Lisbonne dont l’objectif visait à faire de l’Union européenne (UE) « l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde, capable d’une croissance économique durable, accompagnée d’une amélioration quantitative et qualitative de l’emploi et d’une plus grande cohésion sociale » (sic) qui déboucha sur l’adoption la même année d’une directive sur l’économie numérique. À l’époque les GAFAM n’existaient pas ou étaient balbutiants.

Depuis lors l’UE, confiante dans les vertus intrinsèques de la concurrence libre et non faussée, n’a rien fait pour réaliser son objectif et est donc devenue une colonie numérique des GAFAM et un terminal des routes de la soie chinoises.

Aujourd’hui, après vingt ans de laisser-faire, deux commissaires européens, Margrethe Vestager (1) et Thierry Breton (2) prétendent rectifier le tir avec deux nouveaux règlements : le « Digital services act » (DSA) et le « Digital Markets act » (DMA).

Ces deux règlements prétendent comme les lois étatsuniennes à un caractère d’extra territorialité. À partir du moment où une entreprise, quel que soit son pays d’origine, déploierait des services numériques sur le territoire de l’UE, elle serait astreinte à respecter ces textes européens. Jusqu’à maintenant pour la législation européenne, il y avait une stricte distinction qu’entre deux catégories d’acteurs sur Internet : les éditeurs qui sont responsables de tous les contenus publiés et les hébergeurs qui ne sont contraints qu’à retirer promptement les contenus explicitement illicites.

Avec le DSA on distingue quatre types d’intermédiaires en plus des éditeurs : les fournisseurs d’accès (Orange, Free par exemple), les hébergeurs (Wordpress par exemple), les plateformes de plus de 45 millions d’utilisateurs en Europe (Facebook, Youtube, Twitter par exemple). Cette dernière catégorie qui vise spécifiquement les GAFAM sera tenue d’évaluer annuellement les risques qu’elle pose pour les droits fondamentaux et la sécurité de ses utilisateurs et d’informer les autorités compétentes sur les mesures prises pour les atténuer.

Si le DSA a intérêt de distinguer les grosses plateformes tels Facebook, Youtube et Twitter des autres et de rappeler l’interdiction de toute surveillance généralisée des contenus en ligne, il ne remet pas en cause le pouvoir exorbitant de censure qu’elles se sont arrogées avec souvent la complicité ou la démission des États membre de l’UE.

Le DSA et le DMA sont très faibles sur les obligations d’interopérabilité des plateformes. Or justement une interopérabilité forte permettrait aux internautes de ne plus être prisonniers d’une plateforme. En effet, aujourd’hui, lorsque que l’on a tout son réseau social sur une plateforme, la quitter pour une autre signifie se couper de ses relations en ne pouvant plus communiquer avec elles. Ainsi la Commission européenne se prive de ce qui pourrait être une arme fatale à la domination des GAFAM. Cependant, avec le DMA la Commission européenne se donner des pouvoirs d’enquête pour limiter les pratiques des grandes plateformes visant à rendre captifs de leurs services leurs utilisateurs.

À cette fin, le DMA veut interdire la mutualisation des données entre différentes applications d’une entreprise sans le consentement explicite de l’internaute. C’est-à-dire tout le contraire de ce qui se passe entre aujourd’hui sur Facebook et Wahtsapp, où les utilisateurs de ces services sont mis devant le fait accompli de devoir partager leurs données. Il entend interdire le blocage de l’accès à une plateforme à une entreprise qui ne serait pas inscrite sur cette plateforme ou qui offrirait des services concurrents à celle-ci. De même, le DMA exigerait une transparence sur les tarifs et les prestations publicitaires.

Le DMA vise essentiellement à limiter les abus de positions dominantes et de pratiques anticoncurrentiels des GAFAM par une amende pouvant théoriquement aller jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires. Par contre, le DMA comme le DSA sont presque muets sur le droit à auditer les algorithmes, probablement pour protéger le sacrosaint secret des affaires.

En étant accrochée, comme une moule sur son rocher, à son mantra de la concurrence libre et non faussée, la Commission européenne croit contenir le pouvoir des GAFAM en agitant très mollement le spectre de l’arme du démantèlement des monopoles.

Mais même cette faible ambition de régulation reste intolérable pour les GAFAM qui entendent tout faire pour torpiller le DMA et le DSA, y compris en faisant intervenir les États-Unis, comme le montre le document interne à Google intitulé « plan de sabotage du DSA en 60 jours ».

Tout ceci montre que la réponse au problème n’est pas de réguler à la marge par la concurrence les GAFAM ou même de démanteler leur position monopolistique alors qu’ils ont acquis un pouvoir supérieur à l’Union européenne et ses États membres. On ne peut non plus se limiter à construire des « Airbus » du numérique qui iraient faire concurrence aux GAFAM étatsuniens et aux BATX (3) chinois. Il ne s’agit pas non plus de copier ce qu’ont fait les États-Unis dans les années 70-90 et dont les startups n’ont été qu’un élément qui ne doit pas cacher le rôle décisif de l’industrie, des universités et le soutien massif de l’État.

La question doit être de bâtir en Europe et en France une société de l’information et de la connaissance répondant aux besoins de développement humain du continent et qui soit une alternative civilisationnelle à la vision du monde portée par les GAFAM. Une telle ambition politique et culturelle ne peut se réaliser que par la mobilisation, la participation et l’intervention citoyenne dans tous les secteurs de la société : éducation, recherche, culture, médias, services publics, industries, banques. Ce qui demande d’investir des moyens humains, matériels et financiers à la hauteur à ce qu’ont fait les États-Unis et la Chine, et de s’appuyer sur des outils comme les communautés de développement de logiciels et matériels libres, les réseaux de tiers lieux et bien sûr les structures de services publics, afin de construire un nouveau modèle de production. Pour cela, l’Europe et la France ont besoin de filières industrielles intégrées autour du numérique, des télécoms, des données et des contenus.

Réaliser cela serait un beau projet unificateur et collectif pour l’ensemble des peuples d’Europe. 

Yann Le Pollotec Membre du CN, responsable de la Commission révolution numérique

 1. Commissaire à la Concurrence.

2. Commissaire au marché intérieur, à l’industrie et au numérique.

3. Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi.

 

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Robert

25 Décembre 2020, 08:05am

Publié par PCF Villepinte

 

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