La répression syndicale atteint un niveau inédit en France
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Alors que la répression syndicale atteint un niveau inédit en France, la mise en examen, en décembre dernier, de la Secrétaire générale de la CGT a marqué un nouveau seuil.
🚨 Cette procédure vise à faire taire
Si les tentatives d’intimidation contre le mouvement syndical ne sont pas nouvelles, viser directement la dirigeante de l’une des principales organisations syndicales du pays constitue une attaque d’une gravité sans précédent. Cette procédure, initiée par un lobby patronal financé par l’extrême droite, vise à faire taire toute organisation syndicale qui dénonce les pratiques patronales et défend les droits des travailleurs et travailleuses.
Au-delà de la personne de la secrétaire générale de la CGT, avec cette plainte, c’est l’ensemble des libertés syndicales qui sont visées. Or ces libertés sont fondamentales : elles constituent l’un des piliers du fonctionnement démocratique et de l’État de droit.
Chercher à en entraver l’exercice constitue une atteinte grave à un droit essentiel, le droit syndical, protecteur de l’ensemble du monde du travail. Au-delà de cette affaire, la CGT alerte sur une tendance inquiétante : c’est la cinquième procédure judiciaire contre un·e membre du bureau confédéral de la CGT en deux ans. Sur le terrain, des centaines de militants et militantes font face à une répression de plus en plus décomplexée sur leurs lieux de travail et dans leurs pratiques syndicales. Pour la CGT,
cette stratégie d’intimidation vise à réduire au silence toutes celles et ceux qui défendent l’intérêt général et les travailleurs et travailleuses.
C’est dans ce contexte que la CGT lance sa campagne nationale de défense des libertés syndicales à l’occasion d’un grand meeting organisé à la Bourse nationale du travail. Le choix de ce lieu historique, symbole des luttes sociales, en dit long sur la gravité du moment que nous traversons et l’urgence de la mobilisation.
La situation actuelle ne relève en rien de l’exceptionnel. Elle est le fruit des politiques menées depuis presque une décennie d’attaques des libertés syndicales, des restrictions et des diminutions des prérogatives des représentant·es des salarié·es
dans les entreprises, et d’attaques contre le droit du travail avec la mise en place des ordonnances Macron.
Les ordonnances Macron : un tournant pour la démocratie sociale
Les ordonnances Macron, mises en place à l’automne 2017, constituent un tournant démocratique. En fusionnant les instances représentatives du personnel et en renforçant les accords d’entreprise au détriment de la hiérarchie des normes, elles ont profondément déstructuré les équilibres de la démocratie sociale dans l’entreprise. En supprimant certaines instances de prévention des risques professionnels, elles ont aussi accru les risques d’accidents du travail. Enfin, en plafonnant les indemnités prud'homales, elles ont facilité les licenciements.
Ces réformes ont contribué à l’affaiblissement de la démocratie sociale en entreprise, en restreignant les capacités de protection collective des salarié·es, en accentuant la pression sur les représentant·es syndicaux, en affaiblissant les moyens alloués aux élu·es, leurs possibilités de recours et en remettant en cause leur légitimité.
Les ordonnances travail ne sont que le début d’un processus de restriction des libertés, enclenché par la suite sous les quinquennats Macron :
- tentative de restriction du droit de grève,
- réquisitions ou sanctions contre les grévistes,
- répression des manifestations, intimidation et chantage à l’emploi.
En parallèle des restrictions induites par le pouvoir politique, d’autres formes de répression sont mises à l'œuvre par le patronat dans les entreprises mais aussi dans les administrations et les services publics.
Rappelons par exemple qu’en 2023, en plein mouvement contre la réforme des retraites, la note de la Direction Générale du Travail (DGT), à la demande du ministre du travail de l’époque, indiquait l’autorisation administrative des licenciements pour faits de grève de salarié·es protégé·es du fait de leur mandat syndical ou de leur représentation du personnel (note révélée par L’Humanité - 23 mars 2023).
Une montée en puissance de la judiciarisation des procédures et des tentatives d’intimidation
Le recours systématique aux procédures judiciaires est devenu l’outil principal d’intimidation des syndicalistes. Là où le débat social et démocratique devrait primer, les procédures-baillons sont devenues l'outil privilégié de celles et ceux qui défendent les intérêts du capital et du patronat aux dépens des travailleurs et travailleuses.
Dépôts de plainte, mises en examen pour diffamation, convocations policières, sanctions disciplinaires et licenciements ciblant des militant·es syndicaux·ales sont devenus la norme.
Des centaines de militant·es ont été inquiété·es, voire harcelé·es ou réprimé·es, chaque jour dans le cadre de leur activité syndicale. Pour la CGT, cette stratégie vise à dissuader l’engagement syndical, à épuiser les équipes syndicales, les représentant·es du personnel par des batailles juridiques longues, coûteuses, et à intimider pour empêcher toute contestation de terrain.
En ciblant des dirigeant·es nationaux·ales, le signal envoyé est clair : personne n’est à l’abri de représailles pour son engagement. Cela participe à un glissement dangereux qui renvoie le conflit social et démocratique non plus à une expression légitime, mais à un trouble de l’ordre public, voire à des infractions. Parallèlement, la répression des droits démocratiques fondamentaux comme la grève et les manifestations s’intensifie.
Les sanctions, retenues sur salaire, interventions policières violentes et disproportionnées (nasses, gardes à vue, violences..) se banalisent.
Le mouvement social contre la réforme des retraites en est une illustration claire. Le conflit social n’est plus accepté, il est dissuadé et réprimé. L’usage de la force comme mode de gestion des mobilisations devient acceptable, et largement relayé par les forces de droite et d'extrême droite dominante, notamment par la participation des
médias aux mains des milliardaires.
Une répression syndicale inscrite dans l’histoire sociale
La répression syndicale n’est pas nouvelle dans l’histoire sociale de notre pays. Le mouvement ouvrier s’est souvent construit contre les forces patronales en proximité des pouvoirs de police et politiques. Les libertés syndicales ont toujours été conquises de haute lutte.
Pour autant, le niveau de violence et de récurrence des attaques de notre époque contre les syndicalistes sont inédits. Il ne s’agit plus de répressions ponctuelles, mais du développement d’un système articulant des réformes législatives, des restrictions dans les entreprises, un recours multiplié à la justice, et à l’usage de la force. La répression se déploie dans un cadre accepté par l’État, à l’opposé de son rôle initial d’État de droit .
Restriction des libertés : un terrain préparé pour l’extrême droite
En France comme ailleurs, la montée de l’extrême droite s’accompagne toujours d’un même mouvement : la remise en cause progressive des libertés fondamentales. La concentration des médias entre les mains de quelques milliardaires favorise la banalisation de discours réactionnaires, tandis que des propositions visant à restreindre le droit de grève, le droit de manifester ou les droits des personnes les plus précaires s’installent dans le débat public. Ces offensives successives repoussent les limites de l’État de droit et fragilisent les principes démocratiques.
Cette dynamique n’est ni nouvelle ni isolée.
Partout en Europe et dans le monde, l’arrivée au pouvoir de gouvernements d’extrême droite ou autoritaires se traduit par des attaques systématiques contre les syndicats, les juges, les médias indépendants et la société civile. Répression des mobilisations sociales, criminalisation de l’action militante, surveillance des organisations : les exemples internationaux montrent une constante.
C’est pour alerter sur cette dérive et affirmer la nécessité de défendre les libertés syndicales et démocratiques que la CGT organise ce meeting national, conçu comme un temps de mobilisation, de prises de parole et de résistance collective face aux menaces qui pèsent sur l’État de droit.
Défendre les libertés syndicales, défendre toutes les libertés
Face aux offensives répressives du patronat en France, à la menace d’arrivée au pouvoir de l’extrême-droite, consciente du continuum d’atteintes aux libertés qui s’installe à travers le monde : la CGT se mobilise. La mise en examen de sa Secrétaire générale est une alerte. Cette tentative d’intimidation vise l’ensemble des travailleurs et des travailleuses dans le pays. Dans cette accélération de l’Histoire, la CGT est solidement debout pour défendre les libertés syndicales et, avec, la liberté d’expression, d'opposition et de contestation et lance aujourd’hui la riposte.
Pour la première fois, la CGT fait le choix de rendre publique une liste des 1000 syndicalistes inquiété.es en France, pour des faits directement liés à leur engagement syndical. Cette liste, totalement inédite par son ampleur, documente une répression trop souvent banalisée et invisibilisée : la criminalisation massive de l’action syndicale dans les entreprises mais aussi dans l’exercice des droits constitutionnels que sont les grèves et les manifestations.
Derrière ces chiffres, ce sont des militants et militantes, convoqué·es au commissariat, poursuivi·es pour diffamation, sanctionné·es, licencié·es ou menacés pour avoir exercé leurs droits. En publiant cette liste, c’est le caractère systémique de la répression qui est ici ciblé. C’est dénoncer la stratégie assumée visant à faire taire les syndicalistes par la peur, l’isolement, ou la contrainte.
Parallèlement, les attaques contre les bourses du travail se sont multipliées dans plusieurs villes, avec des projets de fermeture, de désengagement financier ou de remise en cause de leur existence-même. Ces lieux ne sont pas de simples bâtiments administratifs : ce sont des espaces historiques d’organisation collective, de solidarité, de formation syndicale, et d’accès aux droits pour des milliers de salarié·es, privé·es d’emploi, précaires ou isolé·es. S’en prendre aux bourses du travail c’est chercher à affaiblir matériellement et symboliquement le syndicalisme, et renier le droit aux travailleurs d’avoir des lieux qui leur sont propres.
Ces offensives traduisent une volonté politique claire, notamment dans les mairies dirigées par la droite ou l'extrême droite : désarmer le monde du travail, non seulement dans les entreprises mais aussi dans leur lieu d’organisation et de résistance.
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