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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

politique

Le DEFI TRUMP

6 Février 2026, 18:16pm

Publié par PCF Villepinte

Rencontre organisée en partenariat avec le Parti communiste français

 

Lundi 16 février, 18h30-20h30

 

Espace Niemeyer, salle des conférences
2, place du colonel Fabien, Paris 19e

 

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Depuis son élection à la Maison Blanche, Donald Trump est en guerre contre le droit international : tout en brutalité assumée, il mêle les actes aux mots. Les partisans d'un monde régi par d'autres règles que celles de la force et de l'argent se trouvent mis au défi par cette offensive historique qui n'appelle aucune complaisance si nous voulons la tenir en échec.

Dans la suite de ses "Chroniques transatlantiques", la Fondation Gabriel Péri propose une rencontre pour comprendre les mécanismes à l'œuvre et penser l'alternative à y

opposer pour le droit, la paix, la démocratie et le co-développement. 

 

Introduction par Guillaume Roubaud-Quashie, président de la Fondation Gabriel Péri.

 

Première séquence : Le défi Trump

  • Charlotte Balavoine, administratrice de la Fondation Gabriel Péri
  • Vincent Ortiz, rédacteur en chef adjoint de Le Vent Se Lève
  • Anne-Cécile Robert, directrice adjointe du Monde diplomatique 
  • Christophe Ventura, directeur de recherche à l’IRIS
  • Despina Sinou, maitresse de conférences en droit public, Université Sorbonne Paris Nord.

 

Deuxième séquence: La riposte

  • Frédéric Boccara, économiste, membre du CESE
  • Vincent Boulet, responsable international du PCF
  • Daniel Durand, président de l’IDRP
  • Natacha Polony, journaliste et essayiste.

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Publié depuis Overblog

22 Janvier 2026, 12:32pm

Publié par PCF Villepinte

Le mandat de maire
Publié le 21 janvier 2026

Combien de fois ai-je lu ou écouté dire « Etre maire est le plus beau des mandats » et, dans le contexte de rejet des institutions, « Le maire reste l’élu le plus apprécié des citoyens »... Malheureusement, aujourd’hui, le message relayé est davantage celui de maires fatigués, usés par les charges de leur mandat et quelquefois découragés par les agressions dont ils ont été victimes, toujours montées en épingle.

Ce mandat, ou plutôt cette mission, je l’ai assuré pendant 27 ans dans mon petit village de 500 habitants. Être maire, c’est une présence de tous les instants, une charge mentale permanente, un quotidien grignoté par des soucis aux causes multiples. Mais aussi, et surtout, une vie faite de bouffées de satisfaction et même de grands moments de fierté. C’est tout cela le beau mandat de maire, qu’il soit maire des champs ou maire de ville. Parce qu’il n’existe pas de « grands » ou de « petits » maires !

Ce mandat, c’est sans doute ce qu’il nous reste de plus beau dans notre République où les champs de débris l’emportent si souvent sur les champs de semences. Mais pour que les semences prennent, encore faut-il bien sélectionner et doser les intrants et avoir conscience que l’investissement personnel et le dévouement ne seront jamais suffisants. Mon expérience de briscard, toujours élu municipal depuis 1977 et adjoint depuis mon départ de l’Assemblée, m’a imprégné de quelques exigences que je me permets de livrer dans ce papier… au risque d’être donneur de leçon.

Tout d’abord, même en campagne électorale, ne pas laisser croire que la réussite de l’action municipale tient aux seuls individus qui la conduisent. Il me semble indispensable de faire le lien en permanence avec les politiques nationales et les conséquences qu’elles ont sur la mise en œuvre des politiques locales. Comme on le dit, « faisons de la politique ». Tranquillement, sans en rajouter, mais pour imprégner les consciences et ne pas porter au final la responsabilité d’un bilan insuffisant.

La deuxième priorité, selon moi, c’est le travail d’équipe qui conditionne le bon déroulement du mandat. En premier lieu en mobilisant l’ensemble du conseil municipal dans le respect des possibilités de chacun, ce que nous négligeons parfois avec des conséquences sur la réussite du mandat. Faire équipe, faire du commun, c’est aussi impliquer la population sous des formes les plus diverses.

Enfin, je pense qu’il faut être attentif à ne pas se laisser avaler par une intercommunalité boulimique de pouvoir. Les communistes ont toujours été les défenseurs de la commune, pilier de notre République, et se sont opposés aux réformes institutionnelles qui l’ont dépouillée de multiples compétences. Aussi, la résistance au rouleau compresseur imposé par quelques barons de nos territoires est un combat à ne pas négliger, notamment quand les instances se mettent en place dans la précipitation en début de mandature.

Bonne chance à nos candidats dans cette période décisive pour le devenir de nos territoires.

André Chassaigne

 

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Nelly ROLAND RDV du 6 janvier 2026

16 Décembre 2025, 07:50am

Publié par PCF Villepinte

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Contre les idées du RN

31 Octobre 2025, 16:27pm

Publié par PCF Villepinte

 
Publié le 29 octobre 2025

J. Bardella a adressé récemment une « lettre aux entrepreneurs » où il explique aux patrons comment le Rassemblement national (RN) règlerait le problème du budget. C’est pas très compliqué, selon lui : Il faudrait « réduire la mauvaise dépense publique » de plus de 100 milliards d’euros (le même chiffre que François Fillon en 2016), un chiffrage sur cinq ans, dans la perspective où le RN arriverait à Matignon. (Les chiffres de contre-budget 2025 présentés jeudi dernier par ce parti s’inscrivent dans ce cadre).

Et par « mauvaise dépense publique », le RN veut dire notamment : économiser sur l’immigration, freiner l’aide aux pays en développement, « mettre fin au millefeuille administratif ainsi qu’au coût exorbitant de la bureaucratie d’État ».

Arrêtons-nous à cette dernière proposition car c’est la plus ambitieuse de son programme, 30 milliards d’euros. Réduire le rôle de l’État, cela veut dire « une baisse globale du nombre de fonctionnaires, notamment par le non-remplacement de certains départs à la retraite ». Jean-Philippe Tanguy, député RN de la Somme, devenu l’économiste-en-chef des nationalistes, ajoute : « Nous assumerons une rupture forte en matière de politiques publiques. La santé, l’éducation et les collectivités sont les trois grands pourvoyeurs d’emplois publics, donc trois sources de réorganisation majeures. »

C’est la première fois que le RN admet cette purge. Ce serait intéressant de savoir ce que ses électeurs en pensent. Rappelons pour mémoire qu’aux législatives du 7 juillet 2024 le RN réunissait 36 % des suffrages dans la fonction publique d’État, 39 % dans la fonction publique territoriale, et 41 % dans le versant hospitalier. Réduire le rôle de l’État, c’est aussi pour le RN supprimer deux échelons territoriaux, les régions et les communautés de communes, s’en prendre à la politique de formation professionnelle, d’apprentissage, aux subventions aux associations, à la politique du logement, sans oublier la privatisation de l’audiovisuel public.

Moins d’État et moins d’impôts… pour les patrons et les dominants: J. Bardella confirme la conversion du RN à l’orthodoxie libérale. « Nous proposons un choc fiscal positif par l’allègement massif des impôts de production afin de les réduire de 20 %, réalignant ainsi la France sur ses partenaires européens. » Pas question de revenir sur les baisses d’impôts aux entreprises opérées par Macron, pas question de toucher aux aides publiques aux entreprises, les désormais fameux 211 milliards d’euros.

Une orientation libérale donc, mais pas question non plus pour le RN d’effacer son affichage social. Il continue sans vergogne de promettre une baisse tous azimuts de la TVA et de prôner la retraite à 60 ans, même s’il se dit qu’ « en interne » cette proposition commence à être contestée.

Avec le RN, on touche pas aux gros et on prétend défendre les petits. Drôle de gymnastique qui est une constante des fachos français (Sous Vichy, les partis collabos se montraient défenseurs des travailleurs français). Marine le Pen résume bien ce mélange des genres en répétant ces derniers temps (à la différence de J. Bardella) que le RN n’est ni de droite ni de gauche. C’est juste : il est d’extrême-droite.

Gérard Streiff

Article publié dans CommunisteS, numéro 1060 du 29 octobre 2025.

Contre les idées du RN

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Fabien Roussel : « L’intervention des citoyens dans les jours qui viennent sera déterminante »

8 Septembre 2025, 11:30am

Publié par PCF Villepinte

En cette rentrée, alors que le gouvernement Bayrou est sur la sellette, le PCF exige des mesures d’urgence : augmentation du Smic à 2 000 euros brut, abrogation de la réforme des retraites, remise à plat des aides publiques aux entreprises, moratoire sur les licenciements, action pour la paix.

Redoutant la désignation d’un nouveau premier ministre dans la lignée des précédents, le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, invite à la mobilisation les 10 et 18 septembre. En cas de dissolution, il appelle toute la gauche à se rassembler pour faire émerger, dans les territoires, les candidatures les mieux placées pour battre l’extrême droite.

Entretien.

François Bayrou souhaite que le vote de confiance scelle un « constat » sur l’état des finances publiques. Quel est le vôtre ?

Le premier ministre porte le bilan de huit ans de politique en faveur du capital et des plus riches. Un bilan désastreux à l’origine de plusieurs records : 12 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté ; 17 % de salariés sont payés au Smic ; et les riches n’ont jamais été aussi riches.

Le gouvernement semble prêt à tomber. Que devrait demander la gauche ?

Nous devons obtenir un changement de politique dans un contexte particulier : un président qui défend les riches et une Assemblée nationale divisée en trois blocs. Après François Bayrou, il nous faut un premier ministre qui accepte de discuter avec la gauche et de résister au président de la République. Nous avons besoin d’un gouvernement de gauche qui remette en cause la politique de l’offre, relance l’activité par le pouvoir d’achat, l’investissement dans l’industrie, les services publics, l’emploi.

Si aucune discussion n’est possible car le président nomme quelqu’un de son camp, qui s’obstine à imposer 40 milliards d’euros d’économies, alors ce premier ministre subirait une nouvelle motion de censure. Il ne nous laissera malheureusement pas d’autre choix. Mais je le rappelle : ce que nous voulons avant tout c’est un changement de politique. Cela ne passe pas forcément par une dissolution, par de nouvelles élections. Cela passe par un esprit de responsabilité du président de la République, qui doit entendre que les Français n’en peuvent plus.

C’est pour cela que j’appelle les salariés à se mobiliser, à se faire entendre, à participer aux mouvements sociaux, le 10 septembre et surtout le 18 septembre à l’appel de l’intersyndicale. L’intervention de nos concitoyens dans les jours qui viennent sera déterminante. Il faut s’appuyer dessus.

Ce changement de politique est-il compatible avec une réduction des déficits ?

François Bayrou n’a que ces mots à la bouche. Je le prends au mot. Faisons des économies dans les dépenses publiques inutiles d’abord ! Par exemple, dans les 211 milliards d’euros d’aide aux entreprises donnés sans contrepartie. Il y a là quelques milliards qui peuvent être économisés. Réduire le déficit est donc possible. Cela passe aussi par l’augmentation des recettes en faisant contribuer le capital.

Mais l’objectif pour la France ne peut être la seule limitation du déficit. Nous voulons une dépense publique utile, avec un endettement qui permet de produire des richesses au lieu de faire des cadeaux au capital. C’est-à-dire qui permette d’investir, de réindustrialiser, de produire mais aussi d’embaucher dans nos hôpitaux, dans nos écoles.

Il y a besoin d’investir dans la transition écologique, dans de nouvelles centrales nucléaires, dans le transport, dans la construction de logements. Renouons avec la France des bâtisseurs, avec de bons salaires et du progrès social ! C’est comme cela que nous pourrons rembourser la dette.

Est-ce pour cela que vous proposez un plan d’investissement de 500 milliards d’euros sur cinq ans ?

On peut avoir une meilleure gestion de l’argent public et en même temps mobiliser beaucoup d’argent pour pouvoir investir dans ce dont nous avons besoin aujourd’hui. C’est pour cela que nous proposons un pacte d’avenir pour le climat, pour améliorer les services publics et pour une nouvelle industrialisation. Nous avons besoin d’un choc d’investissement.

D’autres pays, comme l’Allemagne, font ce choix. La France peut lever ces fonds, faire appel au pôle public bancaire porté par la Caisse des dépôts, à la BCE ou prendre en charge des intérêts bancaires pour prêter à taux 0 % sur la base de critères sociaux et environnementaux. Le problème ce n’est pas de trouver l’argent, c’est de savoir comment la France l’utilise pour le mettre au service de la nation, du climat, de la production, de la jeunesse.

Si un nouveau premier ministre était nommé et qu’il était censuré, que devrait-il se passer ?

Le pays serait bloqué et le président n’aurait d’autre choix que de dissoudre l’Assemblée nationale. Nous devons nous préparer à une nouvelle dissolution. Nous appelons donc, dès maintenant, à travailler à des candidatures de rassemblement de la gauche, de toute la gauche, construites département par département, au plus près des réalités locales et des combats qui s’y mènent, et en tenant compte des élections municipales.

L’objectif est à chaque fois de présenter la meilleure candidature, ancrée sur le terrain, pour empêcher la droite et l’extrême droite de gagner et pour gagner des députés de gauche. Nous devons y travailler tous ensemble et dès maintenant. C’est le sens de l’appel que je lance.

Tiraillée entre le PS et LFI, la gauche est-elle apte à gouverner ?

Si un premier ministre de gauche était nommé en proposant l’abrogation de la réforme des retraites et une hausse des salaires, quel député de gauche voterait contre ? Mais, aujourd’hui, il faut surtout s’attendre à la nomination d’un premier ministre issu du camp présidentiel. Alors préparons-nous à un nouveau bras de fer.

Y a-t-il des lignes rouges ?

Ce budget ne doit pas prendre un euro de plus dans les poches des salariés, des retraités. Et la réforme des retraites doit être abrogée.

La gauche ne dépasse pas depuis 2017 le tiers de l’électorat. Comment briser ce plafond de verre ?

Tant que les responsables des différentes forces de gauche ne s’attaqueront pas à ce plafond de verre, nous ne nous donnons pas la possibilité de diriger le pays avec une majorité suffisante. Aussi faut-il s’attaquer aux raisons pour lesquelles la gauche ne progresse pas. Pourquoi tant d’abstention ? Pourquoi une partie du monde ouvrier, de l’électorat populaire se réfugie dans un vote d’extrême droite ? Ils ne sont pas pour autant fascistes.

Beaucoup veulent vivre mieux, vivre en paix, être respectés. Mais tout est fait pour diviser le peuple, les salariés. La conscience de classe recule. Le monde du travail doit prendre conscience qu’uni, il peut gagner et que l’extrême droite est du côté du capital. La seule question de l’union des gauches ne permettra pas de conquérir le pouvoir.

Pourquoi cet électorat ne se tourne-t-il pas vers la gauche ?

D’abord parce qu’une partie de la gauche a déçu lorsqu’elle était au pouvoir. Ensuite parce que des propositions et paroles de responsables de gauche font peur, divisent ou ne sont pas crédibles pour répondre aux attentes et relever les défis d’une société qui a changé. Il faut avoir l’humilité de se remettre en cause et de travailler de grandes questions : une nouvelle industrialisation, le lien entre l’écologie et le social, la paix.

Ensuite, il y a des différences sur des sujets qui font débat dans la société, l’écologie, le travail, l’Union européenne, la guerre. Il faut savoir accepter ces différences à gauche. Les Français parlent beaucoup de l’économie de guerre. Au PCF, nous voulons en sortir. Nous ne partageons pas l’idée qu’il faille continuer à nourrir la guerre en Ukraine.

Jusqu’où ? Combien de temps encore ? Sur ces sujets, comme sur d’autres, il faut pousser le débat mais aussi accepter que la gauche n’est pas unicolore, n’est pas représentée par un seul responsable politique. En son sein, il y a des forces comme le PCF qui défendent le travail et la paix.

Le PCF a adopté, samedi, ses propositions pour renforcer la Sécurité sociale. En quoi est-elle un pilier d’avenir ?

Née en 1945, elle était inscrite dans le programme des Jours heureux. Elle a été mise en place par le gouvernement du général de Gaulle, à l’initiative du ministre communiste Ambroise Croizat. Les Français y sont attachés. Quatre-vingts ans après, le système financé par la cotisation des salariés et employeurs continue de fonctionner. Cette solidarité doit se poursuivre sinon l’assurance privée va prendre le pas.

Toutefois, il faut mieux prendre en compte les richesses créées aujourd’hui et les défis nouveaux (allongement de la durée de vie, dépendance). Cela nous invite à réfléchir à de nouvelles recettes. Nous proposons ainsi une nouvelle cotisation assise sur les revenus financiers.

La Sécurité sociale, est-ce du communisme ?

Avoir une carte Vitale, c’est un peu avoir une carte du Parti communiste français dans sa poche. La Sécurité sociale est à l’image de la société que nous proposons : faite de solidarité et d’une juste répartition des richesses. De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins.

 

 

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Politique

9 Décembre 2024, 08:36am

Publié par PCF Villepinte

Fabien Roussel :

« Nous appelons à un pacte social et républicain »

Reçu ce lundi à l’Élysée, le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, explique le « pacte social et républicain » auquel il appelle, le rôle que peut jouer le parti communiste à gauche et les conditions qu’il souhaite poser à Emmanuel Macron en vue d’un « dialogue pour trouver des solutions collectives républicaines et donner une stabilité au pays ».

Publié le 8 décembre 2024 L'Humanité Gaël De Santis

Fabien Roussel constate que « personne n’a la majorité absolue à l’Assemblée » et se dit prêt au « dialogue ».
© Julien Jaulin/hanslucas

Fabien Roussel doit être reçu, ce lundi, par Emmanuel Macron à l’Élysée, avec André Chassaigne et Cécile Cukierman. Ils y défendront notamment plusieurs mesures d’urgence sociale alors que le président doit nommer très vite un nouveau premier ministre.

Pourquoi fallait-il censurer le gouvernement de Michel Barnier ?

Ce budget était dangereux pour la France et risquait de faire entrer notre pays en récession, d’aggraver les difficultés de nos services publics, de nos communes, de nos associations et de nos concitoyens. Il n’apportait aucune réponse à la vie chère, dans l’Hexagone comme en outre-mer, ni aux centaines de milliers de salariés qui subissent des plans sociaux.

Qu’irez-vous dire à Emmanuel Macron, ce lundi ?

Qu’il est urgent de sortir la France de l’impasse et d’ouvrir des perspectives aux Français, aux élus, aux salariés, aux TPE et PME. L’inquiétude et la colère montent très fort dans le pays. Y répondre est de notre responsabilité collective.  Nous sommes prêts à engager un dialogue pour trouver des solutions collectives républicaines et donner une stabilité au pays.

Le président souhaite un « gouvernement d’intérêt général ». Qu’en pensez-vous ?

Nous appelons, nous, à un pacte social et républicain. Social d’abord, parce qu’il y a beaucoup de réponses à construire face à l’urgence sociale. Je pense aux salariés qui craignent pour leur emploi, aux services publics, à notre industrie, aux retraités, au pouvoir d’achat, à la facture d’électricité.

Les politiques sociales et la question de l’emploi sont au cœur des préoccupations. Un pacte républicain, ensuite, parce qu’il ne faut rien céder sur les valeurs de la République. Il ne faut plus laisser l’extrême droite dicter sa politique au futur gouvernement.

Croyez-vous qu’il soit possible d’arriver à un tel gouvernement, voire d’y participer ?

Il faudra construire des majorités texte par texte, mais aussi construire un accord de non-censure pour pouvoir avancer. Nous avons bien conscience que la gauche n’a pas de majorité absolue. Mais personne ne l’a.

Pour garantir un minimum de stabilité, il faut que les forces républicaines trouvent un chemin et les moyens de se mettre d’accord en faisant chacunun pas vers lautre.  Pour cette raison, nous avons fait une série de propositions que nous mettons sur la table pour discuter. Nous agirons et ferons nos choix en fonction du gouvernement qui sera nommé et des décisions qui seront prises.

Le premier ministre doit-il être de gauche ?

C’est préférable, mais, surtout, le premier ministre doit être capable de construire avec la gauche et d’obtenir un accord de non-censure au-delà de la gauche. Pour les communistes, ce qui compte, c’est qu’il soit respectueux du Parlement, des forces républicaines et surtout – pour nous, c’est essentiel – des électeurs et de ce qu’ils ont voté lors des dernières élections.

Posez-vous des conditions ?

Gabriel Attal et les macronistes ont fait preuve de beaucoup de sectarisme. Ils ont dit cet été que si un gouvernement du Nouveau Front populaire était nommé, comprenant la France insoumise, ils le censureraient automatiquement. Et quand les insoumis ont dit qu’ils ne seraient pas une force de blocage, qu’ils pourraient ne pas participer au gouvernement, la Macronie a maintenu la censure automatique de tout gouvernement de gauche.

Nous ne sommes pas sectaires comme eux. Nous, nous censurons en fonction de la politique menée. Nous jugerons sur pièces. Pour garantir un minimum de stabilité, chacun devra faire un pas vers l’autre. Il faut avoir une capacité de dialogue.

L’abrogation de la réforme des retraites, l’indexation des salaires et des retraites sur l’inflation, la protection de l’industrie, de nos services publics et de nos communes, la justice fiscale, le poids des banques sont des éléments essentiels pour nous. Nous les mettons en avant pour discuter. Nous appelons les autres forces, notamment les macronistes, les centristes, le groupe Liot, le Modem, à regarder ce qu’elles sont prêtes à faire sur ces sujets. La seule chose qui compte pour nous est la politique qui sera mise en œuvre, nous nous déterminerons en fonction de cela.

Y a-t-il un risque pour la gauche à apparaître dans la période comme un élément de blocage ?

Si le pays est bloqué aujourd’hui, c’est le fait du président de la République et des députés de son camp refusant tout dialogue et tout compromis. Ce sont eux qui ont dit censurer, quoi qu’il arrive. Face à cela, j’appelle la gauche à être la plus unie possible pour peser. Ensemble, nous comptons 193 députés. C’est une force, la première coalition de l’Assemblée nationale.

La FI souhaite appliquer strictement le programme du NFP. Le PS semble prêt à des compromis. Cela ne risque-t-il pas de désunir la gauche ?

Ce qui compte, c’est comment nous parvenons à l’union du peuple de France, à mettre en place un rapport de force favorable aux intérêts du peuple. Chaque force politique de gauche est autonome mais nous devons travailler à cette union du peuple de France.

Peut-être certaines forces de gauche accepteront-elles de gouverner avec des macronistes ; d’autres ne le feront pas, et certains refuseront tout dialogue, comme la FI. Mais cela ne doit pas nous empêcher de trouver des solutions à l’Assemblée pour défendre les intérêts du peuple.

Quel doit être le rôle des communistes ?

Le rôle du PCF se résume en trois mots : unir, unir, unir. Car tout est fait pour nous diviser, opposer les Français entre eux. Je pense aux salariés rencontrés ces derniers jours : ceux d‘Arcelor, des Fonderies de Bretagne, de Michelin. Les angoisses sont fortes, les colères immenses.

Nous devons trouver des réponses et des solutions urgentes à tous ceux qui se battent. Pour cette raison, j’appelle les communistes, les élus, les militants, à être très présents dans les luttes, sur le terrain, à l’écoute et en même temps à faire mesurer la gravité de la crise.

Emmanuel Macron doit-il démissionner ?

Sa démission n’est envisageable que si lui-même l’envisage. C’est une décision qui lui revient. Nous ne considérons pas que c’est la priorité du moment. Et nous pensons même que provoquer une présidentielle maintenant ne résoudrait en rien les problèmes, puisque nous resterions avec la même Assemblée et la même incapacité de gouverner, sauf à refaire des législatives dès septembre 2025.

La France rebasculerait dans une période électorale. Cela ne résoudrait rien aux problèmes de nos concitoyens et on risquerait un an de plus d’immobilisme et de fractures. On risque surtout de creuser encore davantage le fossé entre nos concitoyens et les responsables politiques. Créons plutôt toutes les conditions pour que le Parlement joue son rôle et que le pouvoir ne soit plus à l’Élysée.

Pour 2027, Marine Tondelier et Lucie Castets souhaitent une candidature commune de toute la gauche. Jean-Luc Mélenchon propose la même chose en cas d’élections anticipées, mais sans les communistes ou l’aile droite du PS. Quelle est votre perspective ?

Nous sommes dans un moment où les Français sont inquiets pour l’avenir du pays, pour leur pouvoir d’achat. Franchement, quand je vois des responsables politiques obnubilés par la question des présidentielles, je pense que ce n’est pas le meilleur message que nous pouvons renvoyer. Au PCF, nous aborderons le sujet le moment venu. Notre projet de société qui s’attaque au coût du capital et place la paix au cœur de nos relations internationales est d’actualité.

Nous avons, de plus, des personnalités qui ont émergé ces dernières années et une culture du rassemblement que d’autres n’ont pas. Nous avons aussi toute légitimité à incarner une candidature de gauche, de rassemblement, lors de futures échéances nationales. Abordons ce débat, le moment venu, avec cela en tête, sans complexe.

Quels sont les enjeux de la conférence nationale des communistes qui se tient samedi ?

Elle doit faire le bilan des dernières élections. Beaucoup de communistes sont déçus par l’alliance conclue lors des législatives. Mais tout le monde veut aussi que la gauche gagne en étant unie et rassemblée. Beaucoup de fédérations veulent construire des candidatures de rassemblement plus en prise avec les réalités locales.

Il ne s’agit pas de tirer un trait sur le NFP et l’union, mais au contraire de construire des candidatures beaucoup plus efficaces et en capacité de l’emporter.  Enfin, nous devons nous projeter, nourrir et réaffirmer le projet communiste en tenant compte de ce qui se passe. Jamais le capitalisme na été aussi violent, guerrier, impérialiste et, dans beaucoup de pays, il a fait le choix du nationalisme et de lextrême droite.

Nous devons mesurer combien il est un danger pour la planète, pour l’Europe, pour la France. Face à cela, il y a nécessité de réaffirmer le projet communiste, le besoin de communisme, ce chemin que nous voulons prendre en construisant un socialisme à la française.

 

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Politique

5 Décembre 2024, 09:06am

Publié par PCF Villepinte

Après la censure, amplifions la mobilisation sociale pour un changement de politique !

Le gouvernement de Michel Barnier vient d’être censuré.

C’est la conséquence logique du choix irresponsable du président de la République et du Premier ministre de porter un budget contre le monde du travail et les catégories populaires, budget qui poursuit une politique massivement rejetée par le pays pour continuer à servir les hauts revenus et les revenus du capital.

Les forces du Nouveau front populaire et l’ensemble des forces de gauche ont la responsabilité de contribuer à une alternative politique qui s'appuie sur les exigences qui grandissent dans le pays en travaillant à la construction des convergences nécessaires avec les salariés et leurs organisations syndicales, le monde associatif et l'ensemble des forces vives du pays.

Le PCF appelle les travailleurs et travailleuses, les étudiants, la jeunesse, les retraités, les élus locaux engagés pour le service public, à agir ensemble, à refuser la dictature des marchés financiers et à construire des rassemblements populaires et majoritaires pour gagner un changement de politique.

Il appelle à participer massivement aux prochaines journées d’action syndicales : dès demain, le 5 décembre aux côtés des agents publics, les 9 et 10 décembre avec les dockers, le 11 décembre avec les cheminots, le 12 décembre avec les salariés mobilisés pour l’emploi.

Ensemble, mobilisons-nous pour battre la politique mise en œuvre au sommet de l’État par les forces de droite et d’extrême droite et gagner la mise en place d’un gouvernement capable de construire des majorités sur la base des propositions que le Nouveau front populaire a défendu pendant les élections et capables de conjurer la crise économique, de répondre aux exigences populaires et de relever les défis sociaux, écologiques, économiques, politiques et internationaux qui sont devant nous.

Dès maintenant, le PCF appelle à la prise de mesures d’urgence, fortes et indispensables, répondant aux attentes de nos concitoyens et concitoyennes :

Abroger la réforme des retraites

Augmenter les salaires et les pensions, garantir l’égalité professionnelle femmes-hommes

Un plan de pré-recrutement dans les services publics (santé, éducation, transports, sécurité, justice…)

Un plan d’urgence pour l’emploi et le développement de l’industrie française et de l’agriculture

Baisser de 30% le coût de l’énergie, geler les loyers et relancer les politiques climatiques

Renouer avec une action diplomatique de la France pour la paix.

Face aux dégâts des politiques capitalistes, une seule issue s’impose : émanciper nos économies de leur dépendance envers les marchés financiers en imposant une autre utilisation de l’argent des banques et des banques centrales, au service du développement des capacités de tous les êtres humains, et non plus de la rentabilité du capital.

C’est le chemin que propose le Parti communiste français pour faire refluer la résignation et la division du monde du travail, combattre l’escroquerie de la politique du Rassemblement national, aboutir à la reconquête d’une majorité politique de transformation sociale et écologique.

Paris, le 4 décembre 2024.

Parti communiste français.

 

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ASSEMBLEE NATIONALE

2 Octobre 2024, 10:40am

Publié par PCF Villepinte

Le premier ministre Michel Barnier, lors de son discours de politique générale, le 1er octobre 2024 à l'Assemblée nationale : « Réduire les dépenses, c’est renoncer à l’argent magique, au tout-gratuit », a-t-il affirmé.
© Alain Jocard/AFP

Nous combattrons de toutes nos forces le choix de l’austérité !

Fabien Roussel.

Dans son discours de politique générale, le Premier ministre fait le choix de la poursuite de la politique du président de la République qui a échoué et a été massivement sanctionnée dans les urnes par les Françaises et les Français.

Une boussole est au cœur des annonces de Michel Barnier : mener une politique d’austérité confirmant que les deux tiers de la réduction du déficit public, plus de 20 milliards d’euros, seront assurés par la réduction des dépenses de l’Etat et des collectivités, affaiblissant ainsi les services publics de proximité et l’ensemble de notre économie. Il confirme ainsi un cap : servir le capital, au détriment du travail et de la réponse aux besoins des Français et des Françaises en métropole comme dans les Outre-Mer, des TPE-PME dont le nombre de faillites atteint un record, et des collectivités dont les ressources ne cessent d’être amputées.

Les salariés, leurs salaires et retraites, sont les grands absents de cette déclaration.

Des millions de salariés demandent de véritables hausses de salaire pour un travail qui paie, et ils obtiennent pour seule réponse une revalorisation minimale anticipée du Smic et les fausses recettes libérales que sont l’intéressement et la participation salariée.

Des millions de salariés demandent l’abrogation de la réforme des retraites, et celle-ci est rejetée par le Premier ministre qui confirme qu’aucun moyen supplémentaire ne sera dégagé au nom de « l’équilibre financier ».

Quant aux enseignants et soignants mobilisés au quotidien au service de nos concitoyennes et concitoyens, ils n’obtiennent rien d’autre qu’une vague promesse de renforts de bénévoles retraités !

Et aucune mesure n’est annoncée pour l’avenir de la jeunesse du pays, traitée sous le seul angle de la délinquance, celle-ci se voit stigmatisée et la justice des mineurs menacée de destruction.

En matière d’immigration, le Premier ministre cède à l’argumentaire du Rassemblement national, comme en témoigne notamment sa volonté de renforcer Frontex et ses pratiques contraires aux droits humains.

Pire, le Premier ministre décide d’aller plus loin dans l’austérité comme en témoignent les plafonds de dépenses prévus dans le cadre du budget 2025, en baisse de 10 milliards d’euros, touchant massivement le travail et l’emploi.

Au regard de ces choix, la surtaxe sur les grandes entreprises — qui n’est en fait qu’un retour, pour une petite minorité de grandes entreprises, sur certains cadeaux fiscaux accordé par Emmanuel Macron – vise à masquer cette nouvelle cure d’austérité. L’heure est à une remise à plat total de la politique d’exonérations et d’aides publiques aux entreprises, pour servir le progrès social et écologique.

Nous combattrons de toutes nos forces le choix de l’austérité. La France a besoin d’un nouveau mode de développement, éradiquant le chômage et  garantissant un emploi de qualité pour tous et toutes et la formation, davantage de dépenses orientées vers une nouvelle industrialisation sociale et écologique du pays et le développement des services publics. 

En matière de politique étrangère, la voix de la France ne sera pas plus forte avec Michel Barnier, alors même que la situation européenne et mondiale, les risques d’escalade en Ukraine et au Proche-Orient appellent plus que jamais une voix indépendante de la France et une diplomatie au service de la paix.

Aux côtés de nos parlementaires qui appellent à censurer ce gouvernement, le PCF salue les organisations syndicales qui ont organisé une première journée d'action interprofessionnelle. Il appelle à amplifier la mobilisation pour combattre la politique du gouvernement Barnier.

Paris, le 1er octobre 2024

Fabien Roussel,

Secrétaire national du PCF

 

 

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Motion de censure

23 Septembre 2024, 06:44am

Publié par PCF Villepinte

Si le PS a annoncé qu’il utiliserait ce levier à l’issue du discours de politique générale de Michel Barnier, la motion a peu de chance d’aboutir. Les cadres du Nouveau Front populaire espèrent en revanche que le gouvernement se casse les dents sur le budget.

Face à la nomination de Michel Garnier et la formation d’un nouveau gouvernement, la gauche organise sa riposte. Si la motion de censure a peu de chance d’aboutir, le gouvernement sera à l’épreuve sur la question du budget.
© Dimitar Dilkoff / AFP

Quatre-vingts jours d’attente, de tergiversations et de négation du verdict des urnes pour aboutir au gouvernement le plus conservateur depuis l’ère Sarkozy. Autant dire qu’à gauche, l’annonce des ministres du gouvernement Barnier, aux antipodes des espérances et des enjeux sociaux et écologiques portés par le Nouveau Front populaire (NFP), a provoqué consternation et sidération.

« Un gouvernement contre-nature et contre la nature… Qui aurait pu prédire ? » ironise, amère, Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes. « Ce n’est pas un nouveau gouvernement. C’est un remaniement. Ce n’est pas une cohabitation. C’est une collaboration », écrit de son côté le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel.

La gauche organise la riposte

Mais, trêve de lamentations, la gauche organise la riposte. Et pour cela elle dispose d’un atout de poids : sa position de force au Parlement. Le PS, sous l’égide de son chef de file Olivier Faure, a dès le lendemain de l’annonce du nouveau gouvernement annoncé que son groupe à l’Assemblée nationale allait déposer une motion de censure immédiatement après la déclaration de politique générale de Michel Barnier, le 1er octobre.

Mais le socialiste reconnaît auprès de l’Humanité « qu’il n’a aucune assurance qu’elle puisse aboutir, Marine Le Pen ayant donné suffisamment de gages à Emmanuel Macron pour laisser penser que son groupe ne suivrait pas ». Car s’il suffit que 58 parlementaires signent le projet de motion pour que celle-ci soit mise à l’ordre du jour de l’Assemblée, il faut qu’elle recueille la majorité absolue, soit 289 voix, pour aboutir. Un seuil bien supérieur aux 193 sièges du Nouveau Front populaire.

Le bras de fer du budget

« Je ne crois pas non plus à la première motion de censure », renchérit Éric Coquerel, député FI et président de la commission des Finances. Selon lui, il faut juste s’armer d’un peu de patience, et attendre – paradoxalement – le dépôt du très austéritaire projet de loi de finances. « Cette année, les amendements de gauche ont beaucoup de chance d’être adoptés en commission, mais Macron ne voudra jamais les voir dans le projet de loi final », anticipe le député de Seine-Saint-Denis.

Le nouveau premier ministre pourrait donc, comme ses prédécesseurs, user pour la troisième année consécutive du 49.3, auquel cas les députés auront 24 heures pour censurer le gouvernement. Et cette fois-ci, la gauche pourrait tordre le bras à une partie des 126 élus du RN, et les pousser à voter la censure.

En position de force dans ce contrat léonin noué avec la Macronie, le parti de Marine Le Pen fait en effet du chantage sur les lignes rouges à ne pas franchir dans l’adoption du budget, et sur les propositions à adopter, telles que la baisse de la TVA à 5,5 % sur les énergies. « S’ils s’abstiennent, ils donneront la preuve que le RN ne suit en rien une ligne sociale et se satisfait d’une politique économique néolibérale », conclut Éric Coquerel.

 

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Republique

7 Septembre 2024, 13:33pm

Publié par PCF Villepinte

De la dissolution aux suites de la nomination à Matignon : la longue apnée de la démocratie française

Depuis le mois de juin, la démocratie ne s’est pas noyée mais elle a sévèrement bu la tasse. La faute à un Emmanuel Macron qui, comme jamais dans l’histoire de la Ve République, refuse de reconnaître le choix des urnes et fait tout pour conserver le pouvoir.

L'Humanité Publié le 5 septembre 2024 

Aurélien Soucheyre

Emmanuel Macron sur le plateau de France 2, le 23 juillet 2024.
© Ludovic MARIN / AFP

Il n’y a pas meilleure saison que l’été pour enfoncer sous l’eau la tête de la démocratie. Notre société est ainsi faite : après une année de rude labeur, les citoyens qui ont les moyens de partir en vacances aspirent à s’évader, se reposer, se dépayser. La période estivale était déjà connue pour les coups bas et les décrets que les gouvernements signent en catimini.

Mais cet été, Emmanuel Macron est allé beaucoup plus loin. Comment peut-il seulement encore prétendre gouverner en ce mois de septembre alors qu’il a perdu les législatives du 7 juillet, remportées par le Nouveau Front populaire (NFP) ? La crise démocratique est telle que ce scandale absolu prend des airs de normalité. Il faut dire que le crime est presque parfait, malgré quelques couacs du côté de l’Élysée.

D’abord, Emmanuel Macron a décidé de dissoudre l’Assemblée nationale au soir même d’un score historique obtenu par l’extrême droite lors des élections européennes du 9 juin. Un choix dangereux et un cadeau pour l’extrême droite qu’il est censé combattre. Un choix aussi inattendu que solitaire. Le président, avant de dissoudre, est tenu de consulter le premier ministre et les présidents des deux chambres.

Ils raconteront eux-mêmes avoir été « informés » mais pas « consultés ». Par ce geste fou, incompris jusque dans sa majorité d’alors, le pari du président était le suivant : « Si vous voulez sauver la démocratie, votez pour moi. »

La stratégie de l’autruche

Le président espérait effrayer le pays avec un Rassemblement national en pleine dynamique et prendre la gauche de vitesse en jouant sur sa division. Manque de pot (pour lui), face au danger de l’extrême droite, le NFP est né et a déjoué tous les pronostics, obtenant le plus important contingent de députés au Palais Bourbon.

La logique institutionnelle aurait alors été de nommer la gauche à Matignon. Mais l’hôte de l’Élysée, totalement hors de contrôle, s’est une fois de plus servi des institutions non pas pour protéger la démocratie, mais pour conserver son pouvoir personnel.

Ce qui tient du mini-coup d’État démarre le soir même du résultat des législatives. D’abord, Emmanuel Macron choisit la stratégie de l’autruche. Il ne dit rien, ne se livre à aucune déclaration concernant une élection qu’il vient de perdre. Il se cache. Et puis, le 10 juillet, plutôt que de choisir une de ces allocutions télévisées qu’il prise pourtant, le chef de l’État envoie une « lettre » aux Français publiée dans la presse quotidienne régionale, comme si l’événement ne nécessitait rien de plus qu’un petit mot.

Dans son courrier, le président franchit l’étape deux de sa stratégie : nier le résultat des urnes. « Personne ne l’a emporté », ose-t-il écrire. Certes, le NFP n’a pas obtenu de majorité absolue, mais il est indiscutablement arrivé en tête avec 193 députés quand l’ancienne majorité n’en obtient que 166. En 2022, alors qu’il bénéficiait d’une majorité relative, Emmanuel Macron avait nommé Élisabeth Borne à Matignon. Pourquoi ce qui valait alors ne vaudrait-il plus ?

Estimant qu’aucune force politique « n’obtient seule une majorité suffisante » pour diriger le pays, le président appelle à « bâtir une majorité solide, nécessairement plurielle », et s’approprie peu à peu cette mission. C’était pourtant à la gauche, depuis Matignon, de constituer un gouvernement.

Mais Emmanuel Macron profite alors des difficultés du NFP à s’entendre sur un nom pour avancer ses pions. Le 8 juillet, il avait déjà refusé la démission de son premier ministre Gabriel Attal au motif qu’il lui faudrait « assurer la stabilité du pays ». Un argument qui reviendra ensuite comme une litanie.

Quelques jours plus tard, le 16 juillet, le président accepte finalement cette démission… tout en maintenant ses ministres démissionnaires en poste au sein d’un gouvernement intérimaire. La manœuvre permet à dix-sept ministres de devenir députés, tout en restant ministres. La confusion des genres est totale dans le cadre de la Ve République.

Et ces 17 députés-ministres vont d’ailleurs voter, le 18 juillet, lors de l’élection de la présidence de l’Assemblée nationale ! Grâce à cette manœuvre, la macroniste Yaël Braun-Pivet est réélue avec 220 voix, contre 207 pour André Chassaigne, le candidat communiste désigné par le NFP, soit seulement… 13 voix.

Un gouvernement démissionnaire impossible à déloger

Mais cette entourloupe ne visait pas qu’à empêcher la gauche d’accéder au perchoir. Emmanuel Macron, passé maître dans l’art d’explorer à son seul profit les zones d’ombre de la Constitution, vient de trouver un trou béant : non seulement un gouvernement démissionnaire n’a pas de durée maximale légale, et peut donc être maintenu des années, mais il est en plus impossible pour les députés de voter une motion de censure visant à le faire tomber !

Peut-on trouver plus antidémocratique, dans le seul but de garder la main ? Comment les Français, certes divisés en plusieurs blocs politiques, pourraient-ils accepter pareille forfaiture et irrespect du résultat des urnes ?

Le président a une réponse toute trouvée : celle de la « stabilité ». Le 23 juillet, Emmanuel Macron retrouve le chemin des plateaux télévisés et annonce sur France 2 qu’il ne nommera aucun nouveau premier ministre d’ici à la fin des Jeux Olympiques de Paris, qui se sont déroulés du 26 juillet au 11 août. Les organisations du NFP ont pourtant annoncé peu avant s’être mises d’accord sur le nom de Lucie Castets pour Matignon. Le président fait la sourde oreille.

Les macronistes répètent tous en chœur qu’il serait irresponsable de changer de gouvernement et de ministre de l’Intérieur alors que la France accueille le monde et doit assurer la sécurité de l’événement. L’argument n’est pas dénué de sens, mais alors, pourquoi Emmanuel Macron n’a-t-il pas convoqué des élections législatives en septembre, une fois les épreuves terminées ? Ce qui aurait de plus permis une campagne démocratique sereine, alors que celle de juin et juillet s’est déroulée dans l’urgence…

Macron exclut la nomination de Lucie Castets

La France, qui avait déjà glissé dans la torpeur de l’été, va alors se passionner pour les Jeux Olympiques de Paris et vivre au rythme des exploits sportifs des athlètes internationaux et des médailles décrochées par les tricolores. Quelle belle fête ! Et quel dommage que, pendant ce temps, Emmanuel Macron en ait profité pour creuser toujours plus un fossé entre le vote des Français et leur représentant à Matignon.

Durant toute cette période, Lucie Castets, choisie pour être nommée à Matignon par le NFP, n’a pas ménagé ses efforts, se rendant partout dans le pays pour défendre les réformes qu’elle entend mener, pour rappeler que c’est à elle de constituer un gouvernement, et souligner qu’elle est prête à dialoguer texte par texte avec les députés qui ne siègent pas à gauche, consciente qu’elle ne dispose pas de majorité absolue.

Le 11 août, les JO se terminent. Mais Emmanuel Macron prend tout son temps et utilise une fois de plus les failles de la Constitution concernant la nomination d’un premier ministre pour ne rien faire, aucun délai ne le contraignant à agir. Sa pratique des institutions est telle que pour se prémunir contre de si machiavéliques personnages, les constitutions de demain devront peut-être envisager le moindre cas de figure, quitte à être encore plus longues et fastidieuses à lire que la garantie d’une machine à laver…

Sentant que la rentrée politique et sociale de septembre approche, le président, toujours enfermé dans son déni démocratique, reprend finalement l’initiative en convoquant une litanie de personnages à l’Élysée. Le 26 août, après avoir reçu les dirigeants du NFP, il annonce qu’il exclut la nomination de Lucie Castets, « au nom de la stabilité institutionnelle », estimant que la gauche se ferait censurer par l’Assemblée nationale.

Le non-respect de la démocratie

En résumé, le président qui nie le vote des Français lors des législatives sait déjà comment voteront les députés demain. Il sort de plus totalement de son rôle : si c’est à lui de nommer Lucie Castets à Matignon, il ne peut en aucun cas présumer des choix du Parlement pour empêcher la gauche de gouverner.

C’est à l’Assemblée, souveraine, et à elle seule, de se prononcer devant les projets de réformes du NFP. Pourquoi Emmanuel Macron s’y refuse-t-il ? Qu’a-t-il à craindre s’il est persuadé de l’échec du NFP ? La réalité, c’est que le président a peur que la gauche ne réussisse.

Ce qu’il a voulu empêcher, c’est que Lucie Castets et le NFP bénéficient tout au long de l’été du pouvoir politique et médiatique lié à la formation d’un gouvernement, ce qui leur aurait permis de promouvoir des réformes fondamentales en y associant les citoyens, en plus de les négocier au Parlement. Inimaginable pour Emmanuel Macron et ses soutiens patronaux.

Le chef de l’État a d’ailleurs fini par le reconnaître, fin août. « Si je la nomme, elle ou un représentant du NFP, ils abrogeront la réforme des retraites, ils augmenteront le Smic à 1 600 euros, les marchés financiers paniqueront et la France plongera », confie-t-il à un proche. Mais si le président dit craindre une crise économique liée à l’action de la gauche, c’est qu’il avoue donc qu’elle est en situation de gouverner !

Au final, Emmanuel Macron n’aura pas respecté les institutions et la démocratie parce qu’à ses yeux la gauche n’a pas gagné, alors que si ; parce qu’il y avait les JO, alors qu’ils sont terminés ; et enfin parce que le NFP serait tout à la fois incapable de gouverner mais capable de mener à bien des réformes… Allez comprendre. Reste que le comportement du président, gravissime et inédit dans toute l’histoire de la Ve République, constitue donc un double déni démocratique.

Non seulement le président refuse de reconnaître le résultat des élections et de nommer la force qui y est arrivée en tête, mais il le fait en plus en assumant une discrimination politique, au motif que le programme du NFP ne lui convient pas.

Il s’était pourtant engagé, pendant la campagne des législatives, à nommer Jordan Bardella à Matignon en cas de majorité relative obtenue par le RN. Sauf que c’est la gauche qui l’a emporté. Lucie Castets n’étant toujours pas nommée, Emmanuel Macron la considérerait-il plus dangereuse que l’extrême droite ?

Du front républicain à l’alliance avec le RN

Au lieu d’avoir un gouvernement de gauche tempéré par le bloc centriste, Emmanuel Macron rêve de se maintenir au pouvoir avec un bloc de droite tenu par son extrême. Car quel gouvernement peut-il espérer monter si ce n’est une équipe qui ne tiendrait que parce que le RN se refuse à la censurer ? S’il barre l’accès de la gauche au pouvoir, c’est qu’il préfère obtenir un accord tacite avec Marine Le Pen.

De ce point de vue, au cours de l’été, la France est passée d’un vote de barrage de la gauche et du centre contre le RN, à des tractations parlementaires entre Emmanuel Macron et l’extrême droite contre la gauche… « S’il n’a pas l’appui du RN (fût-ce par abstention), aucun gouvernement ne tiendra face à une motion de censure de la gauche », note d’ailleurs Jean-Luc Mélenchon, pour qui « la crise ne fait donc que commencer ».

Et la nomination de Michel Barnier, l’ex-commissaire européenn issu d’un parti, Les Républicains, qui a perdu les élections législatives, n’est que la consécration de cette stratégie.

 « Michel Barnier semble répondre au moins au premier critère que nous avions réclamé, c’est-à-dire, quelqu’un qui soit respectueux des différentes forces politiques et capable de pouvoir s’adresser au Rassemblement national, qui est le premier groupe de l’Assemblée nationale », s’est réjouie Marine Le Pen dans la foulée de la décision présidentielle, jeudi 5 septembre, quand le président de son parti Jordan Bardella a promis de « juger sur pièces ». Excluant de fait une « censure automatique » du gouvernement Barnier.

Le NFP, bien sûr, n’a pas dit son dernier mot. Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, fustige un « vol du vote » et prépare la rentrée sociale. Insoumis et communistes appellent à manifester massivement le 7 septembre et le 1er octobre. Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, interpelle Emmanuel Macron afin qu’il « accepte le changement » et souligne qu’il appartient à toutes les forces politiques, syndicales, associatives et citoyennes de faire front pour ne pas voir la démocratie confisquée.

La bataille, alors que sonne la rentrée, est loin d’être terminée. Selon les sondages, 49 % des Français soutiennent d’une part le projet de destitution d’Emmanuel Macron, quand 51 % attendent la démission du chef de l’État d’après une autre étude. Le président, s’il se cache derrière des institutions qu’il maltraite, est en réalité en position de faiblesse.

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