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jeunesses

Réformes des retraites.

19 Janvier 2023, 10:12am

Publié par PCF Villepinte

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Léon Deffontaines, l’atout jeunesse du PCF

30 Décembre 2022, 08:55am

Publié par PCF Villepinte

 l’atout jeunesse du PCF

« Amiens, c’est une ville qui me prend aux tripes, une terre qui m’a façonné politiquement.» © Julien Jaulin/Hans Lucas

 

Veste de costume et chaussures de ville impeccables, Léon Deffontaines soigne la présentation lorsqu’il reçoit dans son bureau à Colonel-Fabien, dans le 19e arrondissement parisien. Un lieu à l’architecture grandiose – signé Oscar Niemeyer quil connaît comme sa poche puisque, malgré ses 26 printemps, il compte déjà pas mal dannées de militantisme derrière lui.

Depuis la campagne présidentielle, le jeune homme fait même partie des têtes émergentes de l’équipe de Fabien Roussel, sollicité lors de la présidentielle par le secrétaire national du PCF après près de dix ans sur le pont. D’une famille catholique, issue du monde paysan, c’est en 2013 que, lycéen, il adhère au Mouvement des jeunes communistes de France (MJCF).

Il y débarque avec ses bagages, puis ses galères de travailleur-étudiant – dont ses 30 heures par semaine chez Subway. «La JC, cest une très belle rencontre, le premier espace de liberté où ma voix a compté en tant que jeune.»

 

 

Mobilisé de plain-pied contre les réformes de François Hollande, il devient vite secrétaire fédéral des Jeunes communistes de la Somme, avant d’adhérer au PCF en 2016. Après quelques années, il intègre la coordination nationale du MJCF, et finit par en devenir le secrétaire général. «Jai hérité d’une organisation très divisée, affaiblie», se souvient Léon Deffontaines alors que le mouvement est notamment bousculé par des affaires de violences sexistes et sexuelles.

 «Mon projet, c’était de rassembler.» Pendant son mandat, il lance des campagnes sur l’éducation, dénonce la réforme Parcoursup, celle du bac ou encore des lycées professionnels. «Cest un sujet essentiel et qui touche tout le monde, surtout les classes populaires qui subissent de plein fouet les inégalités scolaires», argumente-t-il, tout en rappelant que l’accès à l’emploi des jeunes fait également partie des priorités du MJCF.

Ferrailleur et gros bosseur

Depuis peu, Léon Deffontaines enfile aussi un autre costume, celui de porte-parole de Fabien Roussel. Un rôle qu’il assume déjà pendant la campagne. Avant la présidentielle, le jeune communiste plaidait pour une candidature de son parti. Une fois la course engagée, il s’y lance avec entrain. Débats électriques sur la manifestation policière devant l’Assemblée, la viande, Charlie Hebdo, les barbecues, le nucléaire…

Le jeune homme enchaîne les plateaux de télévision pour défendre son candidat, son programme. «Léon a appris à ferrailler contre les pires réacs», commente Ian Brossat, directeur de campagne du candidat PCF. « Il n’a pas peur des débats, d’aller à l’affrontement. En même temps, c’est un gros bosseur qui travaille avant d’aller dans une émission. Car il part du principe que la politique, c’est quelque chose de sérieux.» 

Le sort des jeunes n’en reste pas moins au cœur de ses préoccupations. Léon Deffontaines plaide pour la création d’un revenu étudiant, la gratuité du permis de conduire ou l’ouverture du RSA aux moins de 25 ans. Des mesures qui trouvent un certain écho. «À la rencontre des Jours heureux à Poitiers, la proposition sur la gratuité du permis de conduire a beaucoup fait parler d’elle, on sentait un réel enthousiasme», raconte- t-il, le sourire aux lèvres.

«Pendant la présidentielle, nous avons semé beaucoup de graines autour desquelles la gauche doit se reconstruire», assure-t-il, désormais, se disant «très fier» du chemin parcouru pendant cette campagne aux côtés de Fabien Roussel. Au mois de juin, il passera la main à la tête du MJCF. La suite? Léon Deffontaines limagine loin de Paris, près de sa commune natale: Amiens. «Cest une ville qui me prend aux tripes, une terre qui ma façonné politiquement. À l’époque, jai beaucoup suivi la lutte menée par les ouvriers de l’usine Goodyear.»

Désormais, il envisage de se présenter aux élections municipales de 2026 pour contribuer à ravir cette ville, anciennement communiste, à la droite. «Amiens devrait être à gauche, cest une ville où la gauche na pas été à la hauteur, mais nous pouvons changer le rapport de forces», estime-t-il. Il plaide pour une «gauche populaire» qui défendrait «le mode de vie des classes populaires» avec l’objectif d’ «améliorer leur quotidien».

En attendant, il a publié aux éditions le Temps des cerises un livre intitulé Pour que jeunesse se fasse!, sorte de plaidoyer en faveur de l’émancipation des jeunes. Avec un objectif ambitieux: «Ce livre veut être un plan de bataille. Je veux montrer que nous pouvons transformer radicalement la société et la vie des jeunes, en partant de leurs préoccupations et en gagnant des combats, dès maintenant.»

 

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JEUNESSES

28 Novembre 2022, 10:18am

Publié par PCF Villepinte

Les jeunes,

moteurs de l’engagement citoyen

Lutte contre les discriminations, droits des femmes, préservation de l’environnement et de la biodiversité: ces thématiques mobilisent les 18-34 ans bien plus que leurs aînés. Les jeunes sont ainsi près d’un sur deux à agir au sein d’organisations collectives porteuses de ces valeurs.

L'Humanité Samedi 26 Novembre 2022

Eugénie Barbezat

Les jeunes se mobilisent davantage que leurs ainés en particulier sur les questions environnementales.

AFP

Selon le baromètre de l’engagement citoyen et solidaire publié le 25 novembre, la crise sanitaire a impacté négativement les pratiques associatives des Français (ils sont 52 % à avoir une activité collective contre 59 % en 2018). Mais ce sondage Opinionway pour la plate-forme d’accompagnement des associations, HelloAsso, montre surtout que si les seniors ont réduit leurs activités, l’engagement associatif des jeunes a fait un bond.

 «Leur degré d’engagement est plus fort que leurs aînés dans presque toutes les catégories testées», précise l’étude qui indique que 81 % des 18-24 ans et 69 % des 25-34 ans ont au moins un engagement collectif, alors que ce n’est le cas que pour 52 % de l’ensemble de la population.

Les différences générationnelles sont particulièrement prononcées concernant la lutte contre les discriminations avec 39 % des 18-24 ans qui se disent actuellement investis sur la lutte contre le racisme, contre seulement 3 % de leurs aînés.

Aussi, près d’un jeune sur deux est mobilisé pour la défense des droits des femmes et des personnes LGBTQI +  contre à peine 5 % des seniors. Des données qui illustrent la motivation des jeunes générations à mettre leurs sujets de prédilection sur le devant de la scène, notamment d’égalité́ et de lutte contre les discriminations, mais aussi bien sûr de changement climatique.

Génération engagée

Le baromètre de l’engagement citoyen et solidaire, confirme la prise de conscience des défis environnementaux (changement climatique et protection de la biodiversité) chez les jeunes, sur-représentés dans l’engagement pour l’environnement avec 27 % des 18-24 ans et 44 % des 25-34 ans investis contre 15 % pour l’ensemble des Français.

Fait notable, le souhait d’engagement sur les causes environnementales arrive aussi largement en tête parmi les classes populaires. «Cette dynamique est autant une bonne nouvelle qu’un défi pour les associations et les pouvoirs publics, estime Léa Thomassin, présidente et fondatrice de HelloAsso. L’appétence des plus jeunes pour l’action collective contredit le discours ambiant d’une génération désintéressée ou repliée sur soi.

Il ne s’agit pas seulement d’une “Génération Climat” mais d’une “Génération engagée”. Ce fort souhait d’engagement doit stimuler les acteurs de l’intérêt général, associations, fondations et institutions, pour offrir aux jeunes des formats et des modes d’actions en ligne avec leurs attentes.»

 Une gageure pour les pouvoirs publics, puisque le baromètre confirme aussi la désaffection (voire la défiance) des Français, et particulièrement de plus jeunes, vis-à-vis de la politique traditionnelle, l’item «parti politique» arrivant bon dernier de toutes les thématiques testées.

 

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Étudiants salariés :

27 Novembre 2022, 08:47am

Publié par PCF Villepinte

 la vie au strict minimum de

Jordan, Wiam, Célestine et Paul

En France, 50% d'étudiants sont obligés de travailler. Un cumul trop souvent un facteur d’échec et d’abandon. À Besançon, dans le Doubs, nous avons rencontré des étudiants salariés. Ils racontent leur quotidien, mais aussi le syndicat qu'ils ont monté, car, en première ligne de la flexibilisation du marché du travail, «la plupart des étudiants ne connaissent rien à leurs droits.» TÉMOIGNAGES.

L’Humanité Rosa Moussaoui

Samedi 26 Novembre 2022

Jordan, Wiam, Célestine et Paul témoignent de leurs galères quotidiennes. © Laurent Cheviet

Avec ses hautes fenêtres en arcades, la galerie qui conduit à la bibliothèque universitaire donne des airs de cloître à l’UFR de sciences du langage, de l’homme et de la société. Paul, 24 ans, sweat lilas, lunettes dorées, yeux clairs et cernés de fatigue, y étudie l’anglais depuis l’an dernier. Il met un point d’honneur à ne rater aucun cours, à passer ses soirées libres à réviser.

Il lui faut pour cela étirer les journées: Paul est caissier chez Carrefour, il y travaille 16 heures par semaine, dont le dimanche matin. Cest plus que les cours une douzaine dheures par semaine, mais sans compter le travail à la BU , souvent de 16 heures jusqu’à la fermeture, à 19h45. «Jessaie de faire le maximum. Ça demande une certaine organisation. La fatigue, ça dépend de mon sommeil, je suis un peu insomniaque, sourit-il. J’aimerais bien être étudiant à plein temps, mais une bourse pour mon échelon, c’est 150 euros par mois, et de toute façon mon dossier n’a jamais abouti. Avec 150 euros par mois, tu ne vis pas. Je loge encore chez ma mère. Elle aussi est caissière. Je l’aide financièrement: je lui donne 200 euros par mois pour le loyer.» À la caisse, plaisante-t-il, il se trouve dans une position privilégiée pour scruter l’envolée des prix: «Les clients te le font bien sentir.»

Dans ce contexte économique difficile, il n’a pas pris un jour de repos cet été: «Je voulais bosser, mettre des sous de côté, j’étais volontaire pour les heures supplémentaires. Jai bossé 30 heures par semaine pour 1200 euros, cest raisonnablement payé. Maintenant jai un peu d’économies: en cas dextrême urgence, je peux taper dedans.»

Il y a bien le dos en vrac, les pieds endoloris, les horaires décalés, les tâches répétitives, mais il ne rate plus de cours, bénéficie d’une mutuelle, s’estime «traité correctement».

 Mieux, en tout cas, que dans son précédent petit boulot. Paul était auparavant livreur en scooter électrique chez Domino’s Pizza. Dangereux les soirs de pluie, pénible par temps froid. Avec son superviseur, il y avait de la tension.

Surtout, le planning ne faisait pas coïncider disponibilité et rémunération. «Quand j’étais censé commencer à 18 heures, je ne pointais pas à mon arrivée. Si la première commande arrivait une heure plus tard, je n’étais payé qu’à partir de 19 heures. On te faisait attendre sans te payer», raconte-t-il. C’est là, sur le conseil d’un ami, qu’il a pris contact avec la CGT, avant de rejoindre le syndicat formé dans le Doubs par des étudiants salariés, voilà quelques années. «Jy ai trouvé laide dont javais besoin, et des réponses à mes questions», dit-il.

Précarisation, répression, essoufflement

L’organisation compte aujourd’hui une quarantaine de membres, dispose d’élus dans les instances universitaires, travaille en articulation avec les syndicats actifs sur les lieux de travail, se bat pour la gratuité des transports en commun ou des protections périodiques, se démène pour faire respecter les aménagements prévus pour les étudiants salariés, comme la dispense de contrôle continu.

«Quand on est venus taper à la porte de la CGT, on a trouvé des oreilles attentives», sourit Wiam Bama, 25 ans, étudiante en master de sociologie, qui anime aujourd’hui cette structure. «On essaye de sadresser à ceux que le syndicalisme ne touche pas dhabitude, expose- t-elle. Les syndicats étudiants se sont un peu écroulés ces dernières années, en partie parce qu’ils ont occulté cette question du salariat étudiant. Et puis, les militants potentiels sont précarisés, la répression violente des mouvements sociaux depuis la loi travail a aussi contribué à cet essoufflement.»

Dans les locaux de l’union départementale CGT qu’abrite une bâtisse ocre de la vieille ville joliment rénovée, cette jeune femme aux cheveux châtains, les yeux noirs, maquillage discret, se tient droite, le verbe sûr, les convictions bien ancrées. «Jai toujours travaillé, depuis la terminale, pendant les vacances scolaires, puis en continu lorsque je suis devenue étudiante. Je navais pas le choix. Mon père est chauffeur de bus, ma mère femme de ménage», confie-t-elle.

Wiam a enchaîné les petits boulots: des ménages, de laccompagnement aux étudiants en situation de handicap au service de santé de luniversité, de la surveillance au musée Courbet à Ornans. Complètement autonome, elle travaille aujourd’hui comme assistante des élus de gauche à la municipalité de Besançon. Son engagement syndical s’est forgé dans le mouvement contre la loi travail: «On sentait que le gouvernement sattaquait à quelque chose de sacré: le Code du travail, qui nous permet de défendre nos droits en tant que salariés», se souvient-elle.

Lutter pour instaurer un revenu étudiant

En première ligne de la flexibilisation du marché du travail, les étudiants salariés – un étudiant sur deux en France – forment un précariat vulnérable, malléable, peu défendu, exposé à toutes les inconduites patronales. «La plupart des étudiants ne connaissent rien à leurs droits, certains ne savent même pas que l’établissement d’un contrat de travail est une obligation légale, témoigne Wiam. Cela fait des étudiants des salariés très fragiles. Pendant leurs études et même après, car ils intériorisent des pratiques illégales. Ça fabrique des salariés très dociles.»

Sur le versant universitaire, le cumul entre études et travail est trop souvent, assure-t-elle, facteur d’échec, de découragement, d’abandon: «Le temps passé au travail fait chuter les résultats. Tu te sens nul, tu as honte, tu finis par lâcher. Cest un engrenage: tu timpliques dans le travail salarié pour sortir de langoisse des factures prélevées, tu finis la semaine sur les rotules et les plus démunis lâchent, parfois dès la première année. Et leur départ ouvre la voie à une gentrification de l’université.»

Dans l’imaginaire collectif, le salariat étudiant est longtemps resté associé au job d’été pour se payer des vacances, se faire de l’argent de poche. Une vision que la pandémie de Covid et les confinements successifs ont fait voler en éclats quand la France a, tardivement, découvert l’ampleur du désastre social qu’a représenté, pour des centaines de milliers d’étudiants, la perte d’un emploi, d’une rémunération de survie.

Besançon, avec l’appui de l’union départementale, le syndicat des étudiants salariés CGT a organisé très tôt une collecte syndicale pour financer une distribution de produits de première nécessité, denrées alimentaires et packs d’hygiène, pour «attirer l’attention sur la condition d’extrême précarité et d’isolement des étudiants, alerter sur l’indifférence politique à leur sort». Après le déconfinement, la revendication d’une gratuité complète des transports a été combattue par les élus de droite de l’agglomération. La bataille a toutefois permis d’obtenir le demi-tarif.

Interpellée, la région Franche-Comté a fini, de son côté, par verser une aide ponctuelle aux étudiants salariés ayant perdu leur emploi. Insuffisant, jugent les jeunes syndicalistes, qui fixent l’horizon d’un «revenu étudiant sur la base de 1000 euros par mois pour se loger, se nourrir, étudier». «Ce nest pas une revendication hors-sol puisque ça existe déjà pour les étudiants de l’École normale supérieure», plaide Wiam.

Jordan, 30 ans, aujourd’hui professeur stagiaire de lettres, histoire-géographie en lycée professionnel, a réussi le CAPLP, l’an dernier, après deux tentatives infructueuses au Capes. Un tel revenu étudiant lui aurait changé la vie. «Jai passé le concours dinfirmier à 19 ans. À 22 ans, jai repris mes études car lhistoire me passionnait. Je travaillais à côté en tant qu’infirmier, raconte-t-il. Pendant les trois ans de préparation du concours, j’étais assistant d’éducation en internat la nuit dans la semaine, payé trois heures alors que j’étais mobilisé huit heures, et je travaillais ponctuellement à côté en maison de retraite. L’an dernier, j’y ai bossé tout l’été avant le concours.»

Une vie austère exigeant une organisation au millimètre, sans sortie, où les moments de décompression sont rares. «Une vie au strict minimum», observe-t-il. Impossible alors pour lui de compter sur un soutien financier familial: son père, postier, est décédé; sa mère, assistante de vie, est handicapée après une chute au travail en faisant le ménage.

 Socialement et politiquement isolés

Célestine, 22 ans, étudiante en troisième année de sociologie, reçoit, elle, avec un certain embarras, l’aide modeste de ses parents. «Je ne veux pas être une charge pour eux. À la retraite, ils nont pas de grands moyens, s’excuse-t-elle. Si je n’avais pas d’activité salariée, je ne pourrais pas faire face de toute façon, surtout en ce moment alors que tout augmente.» Avec un loyer de 458 euros une fois les APL retranchées, son budget est serré. Elle cumule chaque semaine 18h30 de travail comme assistante dans un lycée professionnel et 22 heures de cours. «Quand je suis en cours, je pense au travail ; à la fac, je ne suis jamais pleinement concentrée», soupire-t-elle.

Cette étudiante aussi s’est syndiquée à la CGT, tout comme Jordan. Ils y ont trouvé «une écoute sur des préoccupations quotidiennes», la possibilité d’épauler d’autres personnes à leur tour pour «défendre leurs droits, tout en ayant une voix qui peut compter».

Adjoint (PCF) au maire de Besançon en charge des quartiers populaires, Hasni Alem admet avoir été bousculé, pendant le confinement, par le sort de cette population nombreuse mais socialement et politiquement isolée, «invisible, qui passe sous les radars de la municipalité».

Lui-même, jusqu’à l’an dernier, est passé d’un boulot étudiant à l’autre – agent d’entretien, caissier, mécanicien – avant de devenir professeur, l’an dernier. «La solution la plus simple serait de considérer qu’étudier est un travail qui mérite quon y consacre du temps, de l’énergie, sans vivre dans l’angoisse permanente du lendemain, tranche-t-il. Cela implique un revenu. Il est possible de le financer en taxant les riches. Tout ce qui peut permettre aux enfants des classes populaires de faire des études en toute tranquillité d’esprit est bon à prendre.»

Sous les arcades de la faculté des lettres, rue Megevand, dans le vieux centre, Wiam est prise à partie par un petit brun à la démarche rigide, au ton goguenard: «Alors, la CGT?» Un militant de la Cocarde étudiante, groupe d’extrême droite très actif à Besançon, qui a fait campagne pendant l’élection présidentielle pour Éric Zemmour. La jeune femme ne se démonte pas, le fait taire d’un mot et d’un regard. «Défendre les droits des étudiants, fait-elle remarquer, cest une façon, aussi, de ne pas les abandonner à ces idées morbides.»

 

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JEUNESSES

27 Novembre 2022, 08:35am

Publié par PCF Villepinte

 «La jeunesse est plurielle et diverse»

À rebours des analyses simplistes qui évoquent le «vote des jeunes» comme un ensemble homogène, la jeunesse apparaît comme un électorat aussi divisé que les autres tranches d’âge (quand elle vote) mais qui se distingue par ses priorités. Entretien avec le sociologue Laurent Lardeux, chercheur à l’INJEP.

L’Humanité Cyprien Caddeo

Vendredi 25 Novembre 2022

Le vote des jeunes à l'élection présidentielle 2022 s'est réparti entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Emmanuel Macron ne fait que 13 % chez les 18-24 ans et 16 % chez les 25-34 ans. © Philippe Huguen/AFP

Une jeunesse plurielle et aussi polarisée que ses aînés, mais qui ne vote pas pour les mêmes raisons que les plus âgés. Voilà ce qui ressort de l’enquête Youngelect 2022, cordonnée par les chercheurs Vincent Tiberj, Amaïa Courty, et l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP).

Un des slogans de la présidentielle 2022, côté majorité sortante, était «Macron, président des jeunes». À la lumière de votre enquête, on en est bien loin

LAURENT LARDEUX

Sociologue

Emmanuel Macron obtient ses meilleurs scores chez les plus de 65 ans. Il ne fait que 13 % chez les 18-24 ans et 16 % chez les 25-34 ans. On a parlé à raison de tripartition des votes, à la présidentielle, entre trois candidats - Emmanuel Macron, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon - ayant capté à eux trois 75 % des voix. On ne peut pas vraiment parler de tripartition, en revanche, quand on prend le vote des moins de 35 ans, on observe plutôt une bipolarisation du vote autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon (38 % chez les 18-24 ans, 30 % chez les 25-34 ans) et de Marine Le Pen (28 % chez les 18-24 ans, 33 % chez les 25-34 %). Les jeunes qui ont voté pour le président de la République sont un électorat très marqué socialement, plutôt avantagés socialement ou scolairement.

Comment expliquer cette bipolarisation?

Il faut d’abord garder à l’esprit que le vote ne veut pas dire la même chose selon la génération à laquelle on appartient. Notre enquête montre que les jeunes voient le vote davantage comme un droit que comme un devoir, alors que c’est l’inverse chez les plus de 65 ans. Cela a un effet sur leur rapport aux urnes et leur mobilisation électorale. Les jeunes peuvent aussi adopter d’autres modalités que le vote pour marquer leur opposition aux politiques menées, comme les marches, les pétitions ou les actions de désobéissance civile. Le taux d’abstention (22 % des 25-34 ans n’ont voté à aucun des deux tours de la présidentielle) montre cet éloignement, voire cette défiance vis-à-vis de la politique institutionnelle. Parmi ceux qui votent, elle s’incarne comme un vote plus «contestataire» vis-à-vis du pouvoir en place, soit dans le vote FI soit dans le vote RN. Le rapport de force et les dynamiques de vote utile ont ensuite renforcé cette bipolarité.

Est-ce une vraie rupture générationnelle?

Je parlerais davantage de renouvellement. Dans l’histoire, les jeunes ont rarement voté comme leurs aînés, les premiers étant plus souvent tournés vers des valeurs progressistes, les seconds sur des valeurs plus conservatrices. Ce n’est donc pas un fait nouveau. En revanche, il y a un renouvellement des valeurs, des oppositions sur les priorités électorales - les droits des immigrés, l’écologie, la tolérance vis-à-vis des minorités de genres -, et des attitudes face aux urnes qui peuvent créer d’importants clivages entre générations, mais aussi entre jeunes, d’où la bipolarité évoquée précédemment.

Justement, votre enquête met l’accent sur le rôle prépondérant de ces valeurs culturelles dans le vote. Avec une jeunesse progressiste, mais aussi une autre jeunesse qui s’inscrit en réaction à ces valeurs-là…

Dans notre enquête, le politiste Vincent Tiberj détermine deux systèmes de valeurs structurants du vote. Il y a les valeurs socio-économiques, d’abord: est-ce que les interrogés sont plutôt favorables à un État redistributif ou libéral? Pensent-ils quil y a trop ou pas assez de fonctionnaires? Ensuite il y a les valeurs culturelles, quon identifie à partir dune batterie de questions sur limmigration, les minorités sexuelles, le genre, lautorité.

En croisant ces deux grands axes de clivage, on se rend compte que les valeurs culturelles influencent plus fortement le vote des jeunes que chez leurs aînés. C’est particulièrement frappant dans l’électorat jeune de Marine Le Pen, quasi unidimensionnel dans son rapport à une société conservatrice, hostile à l’immigration. La question socio-économique est secondaire dans la détermination de leur vote.

Chez les deux autres principaux candidats, on observe davantage une combinaison des deux systèmes de valeurs: Emmanuel Macron séduit les «libéraux libertaires», qui affichent des valeurs progressistes et soutiennent l’économie de marché. Jean-Luc Mélenchon séduit des électeurs favorables à la redistribution, mais qui sont aussi progressistes et priorisent donc les questions écologistes, antiracistes, etc. Les électeurs opposés à l’économie de marché mais qui affichent des valeurs conservatrices ont fait défaut au candidat insoumis, au profit de Marine Le Pen notamment.

Le «vote des jeunes» est-il un bloc homogène, dun point de vue social?

Non, notre enquête montre au contraire que la jeunesse est plurielle et diverse: les variations de participation sont très liées au niveau de diplôme ou à la situation sociale. Parmi les moins de 34 ans, 80 % des Bac + 2 déclarent avoir voté aux deux tours de la présidentielle. On tombe à 60 % pour ceux qui ont un niveau de diplôme inférieur au Bac. Il y a, comme dans les autres tranches d’âge, un sous-vote des jeunes les plus précaires, parfois aggravé par le phénomène de mal inscription sur les listes électorales.

Quel est le profil sociologique des jeunes qui ont voté Mélenchon ou Le Pen?

L’électorat jeune de Marine Le Pen est socialement assez homogène et est quasiment le négatif de celui d’Emmanuel Macron. Il cumule des situations de relégation géographique, de précarité et de faible niveau de diplôme. C’est un électorat qui a pu se sentir méprisé, une corde sur laquelle Marine Le Pen a beaucoup joué. L’électorat de Jean-Luc Mélenchon est le plus diversifié des trois, avec des scores importants à la fois chez les plus diplômés et chez des niveaux inférieurs au Bac, à la fois chez des jeunes plutôt bien lotis socio-économiquement et chez la jeunesse précaire, celle issue de l’immigration d’ascendance africaine mais pas uniquement. Le candidat insoumis a quelque part réussi, concernant le vote des jeunes, l’équation entre fin du monde et fin du mois en réunissant des jeunes préoccupés par ces deux enjeux.

Le vote des jeunes est un éternel casse-tête pour les partis politiques, qui se demandent toujours comment toucher cet électorat. Quel conseil pourriez-vous leur donner?

Je ne pense pas avoir la solution magique (rires)! Pendant la présidentielle, les grands thèmes de la campagne ont été d’ordre socio-économique - la retraite, l’assurance-chômage, le RSA - ou très axés sur la sécurité et l’immigration. Même si ça peut paraître parfois contre-intuitif, ce sont des questions qui intéressent davantage les électeurs de plus de 65 ans que ceux de moins de 35 ans.

Les partis politiques peuvent toujours investir les réseaux sociaux, moderniser leur communication, s’ils ne parlent pas des sujets qui intéressent la jeunesse, ça risque surtout de les desservir.

Enfin, il y a sans doute des progrès à faire au niveau de l’institution scolaire. Elle transmet des compétences très classiques sur le fonctionnement de la démocratie. C’est nécessaire mais insuffisant. L’école reste frileuse à organiser des débats, à faire vivre la politique et les sujets qui intéressent la jeunesse en son sein. Alors même qu’on a des jeunes qui s’engagent de plus en plus tôt, dès 14-15 ans parfois, sur la question climat par exemple.

Enfin, il y a aussi le souhait affirmé de cette jeunesse de participer plus directement aux décisions en réduisant la distance entre les élus et les citoyens, avec des attentes fortes pour une démocratie renouvelée et la création de nouveaux espaces de participation, de négociation, d’implication où elle pourrait intervenir plus directement dans le champ politique.

Les jeunes, moteurs de l’engagement citoyen

Lutte contre les discriminations, droits des femmes, préservation de l’environnement et de la biodiversité: ces thématiques mobilisent les 18-34 ans bien plus que leurs aînés. Les jeunes sont ainsi près dun sur deux à agir au sein dorganisations collectives porteuses de ces valeurs.

 

Selon le baromètre de l’engagement citoyen et solidaire publié le 25 novembre, la crise sanitaire a impacté négativement les pratiques associatives des Français (ils sont 52 % à avoir une activité collective contre 59 % en 2018). Mais ce sondage Opinionway pour la plate-forme d’accompagnement des associations, HelloAsso, montre surtout que si les seniors ont réduit leurs activités, l’engagement associatif des jeunes a fait un bond. «Leur degré dengagement est plus fort que leurs aînés dans presque toutes les catégories testées», précise l’étude qui indique que 81 % des 18-24 ans et 69 % des 25-34 ans ont au moins un engagement collectif, alors que ce n’est le cas que pour 52 % de l’ensemble de la population.

Les différences générationnelles sont particulièrement prononcées concernant la lutte contre les discriminations avec 39 % des 18-24 ans qui se disent actuellement investis sur la lutte contre le racisme, contre seulement 3 % de leurs aînés. Aussi, près d’un jeune sur deux est mobilisé pour la défense des droits des femmes et des personnes LGBTQI +  contre à peine 5 % des seniors. Des données qui illustrent la motivation des jeunes générations à mettre leurs sujets de prédilection sur le devant de la scène, notamment d’égalité́ et de lutte contre les discriminations, mais aussi bien sûr de changement climatique.

Génération engagée

Le baromètre de l’engagement citoyen et solidaire, confirme la prise de conscience des défis environnementaux (changement climatique et protection de la biodiversité) chez les jeunes, sur-représentés dans l’engagement pour l’environnement avec 27 % des 18-24 ans et 44 % des 25-34 ans investis contre 15 % pour l’ensemble des Français.

Fait notable, le souhait d’engagement sur les causes environnementales arrive aussi largement en tête parmi les classes populaires. «Cette dynamique est autant une bonne nouvelle qu’un défi pour les associations et les pouvoirs publics, estime Léa Thomassin, présidente et fondatrice de HelloAsso. L’appétence des plus jeunes pour l’action collective contredit le discours ambiant d’une génération désintéressée ou repliée sur soi. Il ne s’agit pas seulement d’une “Génération Climat” mais d’une “Génération engagée”.

Ce fort souhait d’engagement doit stimuler les acteurs de l’intérêt général, associations, fondations et institutions, pour offrir aux jeunes des formats et des modes d’actions en ligne avec leurs attentes.» Une gageure pour les pouvoirs publics, puisque le baromètre confirme aussi la désaffection (voire la défiance) des Français, et particulièrement de plus jeunes, vis-à-vis de la politique traditionnelle, l’item «parti politique» arrivant bon dernier de toutes les thématiques testées.

Eugénie Barbezat

 

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10 novembre : les jeunes se mobilisent !

28 Octobre 2022, 10:03am

Publié par PCF Villepinte

10 novembre : les jeunes se mobilisent!

Après le succès des journées de grève du 29 septembre et du 18 octobre, les salariés sont mobilisés dans de nombreuses entreprises pour des augmentations de salaire. Les jeunes ont rejoint le mouvement dans la rue et devant leurs lieux d’études pour faire entendre leur droit à l’avenir. La colère est forte contre la sélection, contre Parcoursup, contre la réforme du bac professionnel et la dégradation de nos conditions d’études.

Le MJCF soutient les mobilisations collectives des salariés et des jeunes sur les entreprises et les lieux d’études. Le gouvernement souhaite faire passer en force ses politiques libérales et néfastes pour le pays en recourant au 49-3 ? Répondons par la force du nombre.

Nous n’avons jamais produit autant de richesses dans notre pays, mais celles-ci n’ont jamais été aussi peu réparties. Cette année, les grandes entreprises ont réalisé un bénéfice de plus de 73 milliards d’euros, un chiffre en augmentation de 53 % par rapport à 2019! Au lieu de tirer les salaires vers le bas et de subventionner les entreprises avec plus de 150 milliards deuros dargent public par an, il faut indexer l’ensemble des salaires sur l’inflation. Rien que l’augmentation du Smic profiterait immédiatement à plus d’1 jeune sur 4.

La mobilisation des lycéennes et lycéens contre la réforme du baccalauréat professionnel et contre Parcoursup raisonne avec ces revendications. La baisse des qualifications des bacs professionnels, la sélection, l’hyperspécialisation ont pour conséquence une insertion plus précaire sur le marché du travail.

Le MJCF appelle les jeunes à poursuivre la mobilisation devant leurs lieux d’étude et de travail, aux côtés des syndicats pour obtenir des hausses de salaires dans tous les secteurs et une hausse du Smic.

Le MJCF appelle les jeunes à se joindre aux mobilisations pour retirer la réforme du bac professionnel.

Le MJCF appelle les jeunes à manifester les 27 octobre et 10 novembre pour les salaires et notre avenir!

Léon Deffontaines

Secrétaire général du MJCF

 

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Léon Deffontaines a débattu avec la secrétaire d’État à la Jeunesse

17 Septembre 2022, 07:33am

Publié par PCF Villepinte

Samedi 10 septembre, Sarah El Haïry venait apporter la contradiction au secrétaire général du MJCF à la Fête de l’Humanité.

Alors que Léon Deffontaines présentait son livre Pour que jeunesse se fasse  !, la secrétaire d’État a insisté demblée sur la diversité des jeunesses. S’ils tombent d’accord sur ce point, ils n’ont pas les mêmes raisons.

Là où le MJCF montre l’antagonisme de classes dans la jeunesse, Sarah El Haïry semble nier la réalité commune d’entrée précaire dans la vie active et les droits sociaux au rabais en raison de l’âge ; elle semble justifier une politique jeunesse faite de dispositifs ciblés bancals et refuser l’exigence de droits collectifs.

Dès le constat, deux visions se sont opposées : pour le gouvernement, des mesures d’urgence suffisaient à pallier la situation des jeunes pendant la crise sanitaire, là où le MJCF affirme que le parcours de vie des jeunes était semé d’embûches depuis bien longtemps; dun côté la jeunesse est un problème à régler, de lautre elle est vue comme la solution aux défis sociaux.

Sur les solutions, Sarah El Haïry semblait s’en remettre à la solidarité associative, comme si elle n’était pas membre du gouvernement, quand Léon Deffontaines défendait des changements profonds de société : fin des contrats précaires et des dispositifs spécifiques, égalité des droits, revenu étudiant… La secrétaire d’État a osé justifier l’exclusion des moins de 25 ans du droit au RSA, en arguant que le contrat d’engagement jeunes offre davantage de droits, alors qu’il préfigure le RSA conditionné au travail.

Sur l’engagement politique des jeunes, Sarah El Haïry faisait la promotion du Service national universel, alors que le secrétaire général du MJCF dénonçait la répression des mobilisations des jeunes sous Macron. Le SNU est-il un outil pour la mixité ? Léon en doute fortement quand l’Éducation nationale n’arrive pas à remplir ce rôle, qu’elle est mise à mal et que l’accès à des études supérieures est entravé.

Finalement, le débat a eu le mérite d’être de très bonne tenue et d’éclairer les combats à venir !

Amado Lebaube

 

 

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« Pour que jeunesse se fasse », un livre pour mener « le combat qui s’annonce »

8 Septembre 2022, 06:36am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 07/09/2022 par PCF

Le Secrétaire général du MJCF, Léon Deffontaines sort en cette rentrée son premier ouvrage. Un ouvrage utile pour comprendre et débattre des conséquences du capitalisme sur la jeunesse. 

Parole à la jeunesse

Léon Deffontaines ne parle pas seul dans ce livre. La parole est en effet donnée à des dizaines de jeunes rencontrés tout au long de son mandat de secrétaire général. 

L’ouvrage s’ouvre sur 3 portraits de 3 jeunes dont les parcours ont été frappés de plein fouet par la précarité engendrée par le capitalisme : Sarah, étudiante en droit dont les rêves de devenir avocate se sont heurtés à la difficulté à combiner étude et travail ; Maxime, menuisier en Picardie, enchaînant les emplois précaires ; ou encore Thomas, étudiant lillois victime de Parcoursup. 

L’ouverture du livre sur de tels témoignages démontre l’ambition de Léon Deffontaines : « À travers ces trois portraits, je veux raconter l’histoire de cette jeunesse d’aujourd’hui pleine d’envies, qui aspire au changement, mais qui est bloquée par une organisation de la société incapable de voir plus loin que la rentabilité immédiate, et qui sacrifie l’avenir des jeunes sur l’autel du profit. »

Une analyse des problématiques de la jeunesse…

À travers ces portraits, Léon Deffontaines s’attèle à démonter méthodiquement les rouages d’un système incapable de répondre aux aspirations des jeunes. Le système éducatif, « inégalitaire, qui favorise les enfants des milieux les plus aisés », est analysé sous l’angle de la crise sanitaire et des récentes réformes mises en place par Emmanuel Macron : sélection, orientation genrée, classes surchargées… rien n’est oublié.

Il en est de même pour les problématiques du travail, qui « met en concurrence les générations » selon l’auteur, et dans lequel les jeunes sont dans les situations les plus précaires. L’auteur décrypte aussi les mécanismes du « Contrat d’engagement jeune », tout récemment mis en place par le gouvernement. 

L’analyse ne se résume pas aux questions d’emploi et d’éducation. Le logement, les transports, l’accès à la culture et au sport sont autant de sujets faisant eux aussi l’objet d’un décryptage. 

… et des solutions !

L’ouvrage ne se contente bien sûr pas de lister les difficultés rencontrées par les jeunes aujourd’hui. Comme le dit Léon Deffontaines:  «Ce livre se veut être un plan de bataille [] Je veux montrer que nous pouvons transformer radicalement la société et la vie des jeunes, en partant de leurs préoccupations, et en gagnant des combats dès maintenant. »

Des revendications concrètes sont mises en avant, certaines à conquérir dès demain, comme l’ouverture de nouvelles places à l’université, la suppression de Parcoursup, la création de chèques cultures ou l’augmentation du Smic, d’autres montrant l’ampleur du combat qui attend le Mouvement jeunes communistes de France et plus largement les communistes.

Ainsi, de la création d’un grand service public de l’orientation à la généralisation du CDI en passant par des prérecrutements dans les secteurs clés de l’économie, le livre démontre la nécessité d’un renversement radical du capitalisme.

Pas de sujets tabous 

Au-delà de ces questions, Léon Deffontaines n’hésite pas à aborder des sujets qui font débat à gauche afin d’alimenter la discussion. Sur des questions comme l’énergie, qui valent aux communistes de se démarquer franchement à gauche, Léon Deffontaines assume, critiquant « les libéraux qui veulent céder au marché notre énergie », mais aussi « certains écologistes qui veulent nous contraindre à la “sobriété” à cause de leur refus du nucléaire ». 

Originaux aussi sont les propos sur l’accès au sport et à la diffusion des grands évènements sportifs. Alors qu’il existe un débat à gauche sur le boycott de la coupe du monde de football au Qatar ou l’organisation des JO à Paris en 2024, Léon Deffontaines plaide pour ne pas « opposer sport amateur et professionnel ».

Un appel à l’engagement 

Comme pour rappeler sa volonté de faire avancer toute la gauche, le livre se conclut par une « Lettre à un jeune de ma génération » appelant la jeunesse à s’engager pour conquérir de nouveaux droits et pour en finir avec le capitalisme : “Engageons-nous ensemble dans une organisation à l’image de la jeunesse. Le Mouvement jeunes communistes de France est l’organisation la plus à même de répondre à cette exigence. »

Léo Garcia

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Exemplaires à prix militants disponibles auprès du MJCF

mouvementjeunescommunistes@gmail.com

 

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La CGT a un plan pour les jeunes

8 Juin 2022, 06:47am

Publié par PCF Villepinte

PUBLIÉ LE 7 JUIN 2022

Parce que près de la moitié des moins de 26 ans vivent sous le seuil de pauvreté en France, qu’un tiers renoncent à se soigner faute d’argent, que l’accès à un emploi décent est un parcours du jeune combattant, la CGT publie un plan pour la jeunesse en 10 objectifs.

La CGT présente son plan pour la jeunesse, et l’adresse au nouveau gouvernement conduit par Élisabeth Borne.

 « La jeunesse a été l’oubliée des préoccupations des gouvernements d’Édouard Philippe et de Jean Castex, décrit Nawel Benchlikha, copilote du collectif Jeunes à la CGT.  Cessons de penser que la crise sanitaire, les confinements et les cours à distance ont créé la précarité de la jeunesse, ils n'ont fait qu'empirer la situation et l’ont rendue visible avec les longues files d’attente devant les points de distribution alimentaires, les retours contraints chez les parents, le décrochage scolaire », poursuit la syndicaliste qui a fait du porte-à-porte dans les territoires pour entendre les attentes des jeunes.

Le collectif a écouté aussi les revendications des syndicats étudiants.

21% des jeunes vivaient sous le seuil de la pauvreté avant le Covid

La fragilité sociale et économique des moins de 26 ans était palpable bien avant 2019. En 2016 déjà, près de 21% des élèves et étudiants vivaient sous le seuil de pauvreté (Insee déc. 2018).

Pour maintenir la tête au-dessus de l’eau, 46 % d’entre eux travaillaient pendant leurs études. Le tiers des étudiants avaient renoncé à des soins ou examens médicaux par manque d’argent, selon l’Observatoire national de la vie étudiante (août 2018).

L’accès à un emploi décent, le parcours du combattant

Les jeunes servent de variables d’ajustement, cumulent les emplois précaires, de courte durée et faiblement rémunérés. Ils sont en moyenne deux fois plus touchés par le chômage que l’ensemble de la population. 

Comment se loger dans ces conditions financières ? Le prix d’un loyer dans les grandes villes universitaires est exorbitant.

Le plan « 1 jeune, 1 solution » lancé par l’exécutif en 2020 (10 Mds€ investis) « aurait favorisé un déplacement de l'emploi des jeunes vers des CDD longs et des CDI, sans conduire à une hausse globale de leur taux d'emploi », pointe la Cour des comptes dans un rapport de février 2022 qui pointe une « insuffisante prise en compte des besoins et des capacités des territoires », la demande d'emploi locale des jeunes étant très différente d'une région à l'autre.  

Une partie des jeunes a délaissé le salariat au profit de l’ubérisation pour tenter d’être financièrement autonomes. Ils n’ont gagné ni en autonomie ni en reconnaissance sociale, et ont lourdement perdu sur le plan de la protection sociale. Oubliés le droit à la formation, au chômage ou à la retraite !

Le plan Jeunes de la CGT

La jeunesse est jetée en pâture à la violence de la société capitaliste et des inégalités sociales. Elle n’est plus ce temps de répit pour forger ses propres expériences et se choisir un chemin dans la vie. 

Face à ce constat glaçant, la CGT présente son plan pour la jeunesse qui se décline en 10 objectifs : 

Droit à l’éducation, la formation initiale, l’orientation de qualité et de proximité pour tous.

Une allocation d’autonomie modulable pour garantir des conditions dignes d’existence, d’études et d’entrée dans la vie active.

Des garanties d’autonomie pour les 850 000 jeunes ni en emploi, ni en études, ni en formation. 

Favoriser la transmission des connaissances et des savoir-faire dans l’entreprise en CDI et avec un tutorat, pour favoriser l’insertion des jeunes dans l’entreprise.

Un véritable statut du stagiaire trop souvent assimilé par le patronat à une main- d’œuvre corvéable à merci et peu coûteuse.

Encadrer la formation professionnelle et l’apprentissage

Lutter contre la discrimination à l’embauche.

Garantir l’accès à un logement digne, durable et abordable.

Garantir un égal accès à la mobilité, cruciale pour l’accès à l’emploi.

Garantir des indemnités pour les jeunes demandeurs d’emploi : l’enchaînement de contrats courts et précaires oblige à revoir leurs conditions d’accès à l’assurance chômage.

Lire le plan CGT pour la jeunesse

 

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Les nouveaux médias, les jeunes et la politique

12 Mai 2022, 05:54am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 11/05/2022 par PCF

41% des 18/24 ans ne se sont pas déplacés pour voter au premier tour de la présidentielle. Pour autant cela signifie-t-il que les jeunes se désintéressent de la politique ?

Les 18-24 ans sont 76 % à s’informer sur les réseaux sociaux. Qu’y recherchent-ils ? Pourquoi les politiques investissent-ils désormais ces réseaux appelés Twitch, Tik Tok, Brut, Snapchat, Clubhouse ? Il faut-être présent dans ces médias qui forment les esprits à travers des jeux qui peuvent passer des messages politiques.

En visant la jeunesse et leurs réseaux sociaux, les politiques peuvent faire coup double, s’adresser à eux pour avoir leur vote mais aussi pour montrer qu’ils sont sensibles aux jeunes.

En 2020, TikTok, plateforme lancée en 2016 par le groupe chinois ByteDance, est devenue l’application la plus téléchargée au monde, 850 millions d’utilisateurs mensuels. Diffusion de vidéos courtes, rythmées, musicales, humoristiques, effets spéciaux faciles à utiliser.

Pour LREM, le recours à des stars du web fait désormais système. Dès l’été 2019, Attal, secrétaire d’État à la jeunesse, avait noué des partenariats avec plusieurs comptes pour faire la promotion du Service national universel, un compte suivi par 8 millions d’abonnés. Sur un autre site, un clip sur les gestes barrières réalisé à la demande de Macron, avait totalisé 11 millions de vues en 3 jours.

Depuis l’automne 2020, Attal, se prête chaque dimanche à l’exercice avec des influenceurs qui comptent 1 million d’abonnés.

Attal, a lancé le 24 février 2021 sur Twitch, en streaming (le streaming permet la lecture d’un flux audio ou video, au fur et à mesure qu’il est diffusé), une émission mensuelle d’échanges durant une heure, intitulée Sans Filtre. Il débriefe les conseils des ministres sans journalistes et sans contradicteurs.

Après les manifestations contre le pass sanitaire, Macron, s’adressait aux jeunes par vidéo sur Instagram et Tik Tok, répondant directement aux questions.    Un million de vues en une après-midi, 49 millions cinq jours plus tard.

Le service public audiovisuel s’y est mis depuis mars 2021 sur Twitch, où chacun peut diffuser ses vidéos. Hollande invité du journaliste de France info, Samuel Etienne, avait totalisé 650 milles replay, pour un échange de 2 h 30 avec les seules questions du chat. Depuis, après certaines émissions, comme le 20 h de France2, l’internaute peut continuer la discussion avec l’invité.

Un des derniers nés de ces réseaux, Discord, logiciel gratuit de messagerie instantanée, permet d’échanger à l’écrit, à l’oral, de partager des documents, d’organiser des visioconférences et des formations grâce au partage d’écran. Tout cela en accès depuis un navigateur, un smartphone ou un ordinateur. Discord a été utilisé par l’équipe de campagne de Fabien Rousssel et par les militants. J’ai pu constater son efficacité.

On verra dans les mois et années à venir ce que dira de ces réseaux l’Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique) qui depuis le 1er janvier a remplacé le CSA.

L’influence de ces réseaux inquiète au plus haut niveau des États. Fin 2019, Trump avait tenté d’interdire Tik Tok, l’accusant d’espionner pour le compte de Pékin. Biden a demandé à son administration d’enquêter sur les risques de ces applications détenues par des puissances étrangères. Le 29 mai 2021, la Commission européenne lançait une action à l’encontre du réseau, accusé de recourir à des publicités ciblant les enfants.

Quels bénéfices pour les politiques ?

Pas de contradictoire, ils parlent directement aux internautes. Leurs interventions sont reprises dans les journaux télévisés. Ces réseaux sont perçus comme moins agressifs qu’un échange avec un journaliste, avec un public bienveillant, moins politisé. C’est la réactivation du mythe de la démocratie directe.

De plus, si vous vous inscrivez en premier sur une plateforme émergente, votre communauté sera la première à s’y implanter et à fédérer.

Mais ce que vous gagnez en proximité, en chalandise, vous le perdez en sacralité, en autorité reconnue, avec une gadgétisation du langage politique.

Ces réseaux sont en tout cas devenus des caisses de résonance stratégique dont les politiques peuvent difficilement se passer, car une campagne se joue aussi sur ces réseaux.

Jean-François Téaldi 

 

Retrouvez la Vidéo de cette table ronde-débat organisée à Nice par Les Amis de la liberté, mon exposé complet, les témoignages de 4 JC utilisateurs et le débat avec la salle) : les-nouveaux-medias-les-jeunes-et-la-politique : 

https://amisdelaliberte.fr/index.php/video-2022/2022-04-07-les-nouveaux-medias-les-jeunes-et-la-politique

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