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politique

Continuons d’agir pour les Jours heureux !

22 Mai 2022, 06:52am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 18/05/2022 par PCF

 

Alors qu’Emmanuel Macron vient de nommer Élisabeth Borne au poste de Premier ministre, l’heure est plus que jamais à résister à la politique du pouvoir et à continuer d’agir pour les Jours heureux dans le prolongement de l’élection présidentielle et de notre campagne avec Fabien Roussel.


Les élections législatives seront décisives pour empêcher le Président de la République de s’appuyer sur l’Assemblée pour voter ses réformes de régression sociale, tel le report de l’âge de la retraite à 65 ans, et pour faire reculer le Rassemblement national.


Surtout, en faisant le choix du rassemblement des forces de gauche et écologiques avec la Nouvelle union populaire écologique et sociale (NUPES), nous nous sommes donné les meilleures chances de faire élire de nombreux députés de gauche à l’Assemblée, et parmi eux davantage de députés communistes et, nous l’espérons, conquérir une majorité pour obtenir de grandes avancées.


C’est essentiel, car nous avons fait la démonstration, par exemple avec la revalorisation des petites retraites agricoles, à quel point nos députés ont été utiles lors du précédent quinquennat.


L’enjeu c’est bien que nos député·e·s sortant·e·s et le plus grand nombre de candidats que nous présentons, cinquante-quatre dans le pays, soient demain élu·e·s à l’Assemblée nationale pour porter l'augmentation des salaires, du Smic à 1 500 euros net (1 923 euros brut) et des pensions, le blocage et la baisse des prix, la retraite à 60 ans à taux plein, l’égalité salariale femmes-hommes, et tant d’autres mesures tant attendues par le monde du travail et de la création.


Nous savons bien sûr qu’il ne suffira pas de remporter une élection pour gagner les conquêtes sociales que nous voulons. Réussir ces changements impliquera un puissant mouvement social, populaire, qui doit se construire dès maintenant partout en France. Notre implication dans les luttes est donc décisive. Cela impliquera aussi de s’attaquer réellement à la finance, de prendre le pouvoir au capital par la nationalisation de banques et d’entreprises stratégiques et la création de nouveaux pouvoirs d’intervention des salarié·e·s.


C’est l’exigence que nous portons, lucide sur les atouts de notre rassemblement comme sur les obstacles au changement, ambitieuse et pleinement communiste dans l’union pour répondre aux immenses attentes populaires qui s’expriment !

 

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Fabien Roussel écrit à la nouvelle Première ministre, Elisabeth Borne

20 Mai 2022, 11:18am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 19/05/2022 par PCF

Fabien Roussel écrit à la nouvelle Première ministre, Elisabeth Borne

HOTEL MATIGNON
Madame Elisabeth BORNE – Première ministre
57, rue de Varenne
75007 Paris.

Paris, le 18 mai 2022

Madame la Première ministre,

Je tiens tout d'abord à vous féliciter pour votre nomination au poste de Première ministre.

Votre prise de responsabilité s'inscrit dans une feuille de route définie par le chef de l'État, dans un contexte de crise extrêmement grave, à l'échelle internationale comme dans notre pays.

Je souhaite vous alerter sur une question essentielle, qui appelle de votre part des décisions qui ne peuvent attendre encore des semaines, à savoir le pouvoir d'achat des Français.

Celui-ci est aujourd'hui largement entamé par l'explosion des prix, ceux de l'énergie et des carburants, ceux de la plupart des produits de première nécessité. Nos concitoyens en souffrent énormément, particulièrement les plus fragiles comme les retraités ou les familles monoparentales.

L'inflation atteint des niveaux inconnus depuis plusieurs décennies, qui pourrait persister pendant de nombreux mois, si ce n'est des années.

Or, jusqu'à présent, les réponses apportées par le précédent gouvernement se sont révélées insuffisantes, tant pour le montant des aides accordées par l'État que par le nombre de familles concernées.

Les prix de l'énergie sont plafonnés à un niveau excessif, ceux des carburants flambent encore.
Les chèques attribués à un nombre limité de ménages relèvent de l'anecdotique au regard des coûts que doivent supporter les familles pour répondre aux besoins les plus élémentaires.

L'envolée des recours aux prêts sur gages traduit à cet égard une situation de détresse insupportable dans la sixième puissance économique mondiale.

J'ajoute que les PME, déjà fragilisées par la crise sanitaire, subissent également cette explosion des prix, ainsi que les collectivités territoriales dont les budgets sont sous tension, avec des conséquences sur le niveau des services rendus aux populations.

Les annonces relatives à la suppression de la redevance audiovisuelle, outre les menaces que cette mesure fait planer sur le service public de l'audiovisuel, la trop faible revalorisation du SMIC, qui entretient l'austérité salariale, et l'absence d'un véritable rattrapage sur le point d'indice des fonctionnaires ne sont pas à la hauteur des attentes de nos concitoyens.

Cette atteinte au pouvoir d’achat est un frein au retour d'une croissance saine, susceptible de créer et de sécuriser des emplois, d'en finir avec les bas salaires et de renforcer nos ressources fiscales, pour financer des services publics de haut niveau.

Dans le même temps, les grands groupes industriels et financiers affichent pour la plupart des résultats financiers historiques, tant pour leurs bénéfices que pour les dividendes distribués.

C'est à cette contradiction que la politique gouvernementale devrait s'attaquer avec deux objectifs immédiats.

D'abord augmenter massivement tous les salaires, dont le SMIC, les pensions de retraite et les minima sociaux.

Ensuite, agir sur tous les prix en baissant sensiblement la TVA sur l'énergie, les carburants et les produits alimentaires. Cette action suppose d'une part de refonder la politique fiscale du pays, et d'autre part, au plan international, de s'attaquer enfin à tous les mécanismes spéculatifs, à l'image de ceux sur le cours des productions agricoles. C'est une question de justice fiscale à laquelle nos concitoyens sont particulièrement attachés en ces temps difficiles.

Ces mesures ne peuvent donc pas attendre le 19 juin et l'installation de la prochaine Assemblée nationale. Des millions de Français souffrent depuis de longs mois et c'est dès maintenant que des décisions radicales doivent être prises.

Je tiens également à vous exprimer mon opposition ferme au projet de réforme des retraites que le Président de la République vous demande de négocier avec les partenaires sociaux, si vous disposiez d'une majorité à l'Assemblée nationale.
Les organisations syndicales ont déjà fait connaître leur refus d'un recul de l'âge de départ à la retraite à 65 ans.  Je me félicite de l'unanimité qui se dessine pour s'opposer à cette réforme antisociale.

Elle serait injuste pour les millions de travailleurs qui aspirent à disposer d'un droit à la retraite en bonne santé. Cette réforme serait également illégitime car il est possible de financer un départ à la retraite pour toutes et tous à 60 ans, et non à 65 ans, avec des pensions dignes, en faisant cotiser le capital financier à un juste niveau et en créant massivement des emplois, dans les services publics comme dans l'industrie où les besoins sont immenses.

Je suis évidemment mobilisé pour qu'une majorité de gauche et écologiste à l'Assemblée permette, après le 19 juin, l'examen d'une véritable réforme des retraites, avec le retour à l'âge de départ à 60 ans et des pensions au minimum équivalentes au montant du SMIC.

En vous remerciant de l'attention portée et à la présente et dans l'attente de votre réponse, je vous prie de croire, Madame la première ministre, en l’assurance de ma haute considération. 

 

Fabien Roussel
Secrétaire national du PCF
Député du Nord

 

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Fête de l’Huma du Bas-Rhin

19 Mai 2022, 06:54am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 18/05/2022 par PCF

La Fédération du Bas-Rhin a organisé sa Fête de l’Humanité 67, déclinaison locale du grand rendez-vous national. Au cœur du Neuhof, un quartier populaire de Strasbourg, ce sont près de 500 personnes qui ont participé à cette fête populaire et politique.

Comme sa grande sœur nationale, la Fête de l’Humanité du Bas-Rhin a fait alterner les moments de détente, de convivialité, de camaraderie avec des temps de réflexions, de débat et d’engagements. Une journée parfaite dont on ressort convaincu qu’un autre monde est bel et bien possible.


Cette année, la Fête a été particulièrement marquée par le contexte national. Elle qui n’avait pas pu se tenir pendant deux ans à cause de la pandémie, a marqué le retour à la normalité festive autour de concerts de groupes locaux comme Las Baklavas, Two Magnets, ou encore Nouffissa Kabou Quartet.


Mais surtout, cette journée aura été placée sous le signe de la Nouvelle union populaire, écologique et sociale, la NUPES. La Fête de l’Humanité du Bas-Rhin aura en effet été la première démonstration de force unitaire de l’Union des gauches et de l’écologie dans notre région. Parmi les allées et les stands, les militant·e·s communistes, écologistes, socialistes et insoumis se sont rencontrés et ont échangé chaleureusement dans un esprit combatif. Les candidat·e·s des trois circonscriptions de Strasbourg étaient présent·e·s, ainsi que des élu·e·s. Cette unité s’est matérialisée dans une table ronde commune autour de la NUPES et de son potentiel d’être un nouveau front de lutte à la hauteur des enjeux du 21e siècle.


Les divergences politiques n’ont pas disparu, mais cette table ronde de la NUPES a mis en relief nos convergences sur nos valeurs et nos constats. Dans une France où la précarité explose et sur une planète où le climat se détériore à une vitesse folle, nous nous devions d’agir et de nous unir. Et c’est à la Fête de l’Humanité, à Strasbourg, que la déclinaison locale de cette union s’est incarnée.


Tous les débats n’ont pas tourné autour des élections législatives, loin s’en faut. La première table ronde de la journée s’est organisée autour de la question de l’utilité des élu·e·s de gauche dans les municipalités, et des possibilités qu’ils ont de faire progresser la lutte contre la pauvreté et la précarité dans un contexte d’austérité imposée par l’État sur les subventions publiques. Puis Stéphanie Roza est venue donner une conférence sur le rapport de la gauche à l’universalisme des Lumières, et Cédric Lepage a donné une conférence gesticulée sur les nouvelles technologies et leur utilisation par le capitalisme.


Enfin, Éliane Assassi, sénatrice communiste qui a mis en lumière le scandale MacKinsey, a conclu les événements politiques de la journée par un meeting endiablé, en démontrant de nouveau l’utilité des élu·e·s communistes.


Le stand des amis de l’Huma, placé à l’entrée de la fête, n’aura pas cessé de voir passer des curieuses et des curieux, et la fête aura bien rempli son premier objectif : populariser le seul quotidien de gauche au service du monde du travail.

 

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Borne à Matignon : l’ « ouverture à gauche » version Macron

17 Mai 2022, 07:08am

Publié par PCF Villepinte

Trois semaines après la réélection du chef de l’État, Jean Castex quitte enfin Matignon et laisse son bureau à Élisabeth Borne. Deuxième femme au poste de premier ministre, l’ex-préfète est surtout celle qui a porté la réforme de la SNCF et de l’assurance-chômage.

Cyprien Caddeo L'humanité

Publié le Mardi 17 Mai 2022

 

Il devait démissionner «dans les jours qui suivaient» la victoire d’Emmanuel Macron. Pourtant, Jean Castex a prolongé de trois semaines ses fonctions de premier ministre, jusqu’à ce lundi 16 mai, date à laquelle le chef de l’État a officiellement accepté sa lettre de démission.

La faute à un bouclage de casting gouvernemental plus compliqué que prévu pour le président de la République? Cette période de flottement, avec sa valse des supputations et sa liste de «premiers ministrables» décortiquée jusqu’à indigestion sur les plateaux de télévision, touche en tout cas à sa fin. Le nouveau navire gouvernemental a désormais pour capitaine Élisabeth Borne, jusqu’ici ministre du Travail. Soit une des personnalités dont le nom avait très tôt circulé, dès le lendemain de la réélection d’Emmanuel Macron.

La passation de pouvoirs a eu lieu sur le perron de Matignon, en début de soirée. À 61 ans, cette ancienne proche du PS – jamais encartée – est seulement la deuxième femme à occuper le poste de premier ministre, depuis la socialiste Édith Cresson, nommée il y a trente ans et restée en poste… dix mois. Le reste du gouvernement pourrait être dévoilé ce mardi 17 mai, par Alexis Kohler, secrétaire général de l’Élysée. Le nouvel exécutif devrait être resserré autour de douze à seize ministres, et pourrait voir disparaître la fonction de secrétaire d’État.

Élisabeth Borne est supposée incarner une légère inclinaison à gauche

Après deux chefs de gouvernement issus des «Républicains», Édouard Philippe et Jean Castex, Élisabeth Borne est supposée incarner une légère inclinaison à gauche. « Tout changer pour ne rien changer», note pourtant, réaliste, le patron de LR Christian Jacob.

Lors de la passation de pouvoir, la première ministre s’est d’ailleurs engagée à poursuivre l’action du gouvernement «en faveur du pouvoir d’achat». L’ancienne préfète coche toutes les cases du «en même temps» macronien tout en s’inscrivant dans la continuité du premier quinquennat, dont elle a été une des exécutantes. «Ce nest pas un signal positif, juge le politologue Luc Rouban. Macron s’était positionné sur l’idée de “renouveau”. Au final, il prend quelqu’un de son équipe précédente avec un profil de technocrate, proche de celui de Castex. Elle ne risque pas non plus de lui faire de l’ombre.»

Contrairement à d’éventuelles «prises de guerre» évoquées, comme la chiraquienne Catherine Vautrin, elle a lavantage de convenir autant aux macronistes transfuges de la social-démocratie quaux marcheurs issus de la droite. Venue de la gauche, elle est membre de Territoires de progrès, le microparti des ministres Jean-Yves Le Drian et Olivier Dussopt, censé structurer l’aile «gauche» des marcheurs. Mais Élisabeth Borne est surtout une sociale-libérale.

Passée successivement aux Transports, à la Transition écologique et solidaire puis au Travail, elle a porté l’ouverture à la concurrence de la SNCF, puis la réforme de l’assurance- chômage, qui a rogné sur les indemnités de plus d’un million de chômeurs, au prétexte d’une incitation forte à retourner vers l’emploi. Enfin, puisque la première ministre devrait hériter du portefeuille de la «planification écologique», selon la promesse de campagne d’Emmanuel Macron, il fallait trouver un profil – un peu – vert. Cela tombe bien, Élisabeth Borne a été directrice de cabinet de Ségolène Royal lorsque celle-ci était ministre de l’Écologie, entre 2014 et 2015.

En réalité, ce n’est pas grand-chose. « Son bilan, c’est la double condamnation de la France pour inaction climatique », réagit Julien Bayou (EELV). Élisabeth Borne est par ailleurs, à l’heure où nous écrivons ces lignes, toujours candidate aux législatives, dans la 6e circonscription du Calvados. Celle qui n’a encore jamais été élue y a été parachutée par En marche dans l’espoir de prendre la suite du député LaREM Alain Tourret, qui, malade, ne rempile pas. Une «circo» plutôt centriste, a priori facile à gagner pour la Macronie: il faut dire quune défaite de la première ministre quelques semaines seulement après sa nomination serait un violent camouflet pour le parti présidentiel.

Son adversaire de la gauche rassemblée (Nupes), Noé Gauchard, tire une première salve: «Élisabeth Borne a un bilan désastreux à tous égards. Au ministère du Travail, elle a lutté contre les chômeurs plutôt que contre le chômage. Il est aussi ironique que Mme Borne prétende représenter une Assemblée dont elle n’a jamais respecté le caractère démocratique…» Bref, et sans surprise, cette nomination n’a rien d’une révolution sous le soleil macronien.

 « Macron a trouvé sa M me Thatcher. La technocratie au service de l’argent roi », résume Fabien Roussel (PCF). Le chef de l’État avait pourtant assuré, au soir de sa victoire, être conscient de devoir en partie sa réélection au barrage de la gauche: «Ce vote moblige, je suis dépositaire de leur sens du devoir», avait-il déclaré depuis le Champ-de-Mars, à Paris. Le CV de sa nouvelle première ministre témoigne que ce vote ne l’a pas obligé bien longtemps…

La retraite à 65 ans ou la réforme des conditions du RSA comme feuille de route

Et Jean Castex dans tout ça? Le désormais ex-premier ministre quitte lhôtel de Matignon par la même petite lucarne que celle par laquelle il était entré. Il ne sera pas candidat aux législatives. L’élu de Prades (Pyrénées-Orientales) naura jamais su se départir de son image de technocrate inconnu du grand public, nommé là pour jouer les caudataires de la politique décidée par le chef de l’État, et lui seul. Ni de la triste étiquette de monsieur Déconfinement puis Reconfinement, animateur des innombrables et pas toujours très compréhensibles conférences de presse sur l’évolution des règles sanitaires.

Jean Castex aura surtout été un premier ministre de crise. «Je sais que, pour beaucoup de Français, je resterai associé à cela», concède d’ailleurs l’intéressé auprès du  Parisien. Avec pour feuille de route le recul de l’âge de départ à la retraite à 65 ans ou encore la réforme des conditions du RSA, sa successeure, Élisabeth Borne, marquera davantage les esprits, sans doute pour le pire. Et à condition, bien sûr, que les résultats des législatives ne conduisent pas, dans un mois, ce nouveau gouvernement vers une fin prématurée. «Cest un CDD de mission dintérim», raille d’ailleurs Jean-Luc Mélenchon. L’insoumis espère succéder à Élisabeth Borne en cas de victoire de la gauche, le 19 juin prochain.

 

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NUPES. Julien Bayou : « Tout l’enjeu est d’additionner les électorats de gauche »

16 Mai 2022, 11:05am

Publié par PCF Villepinte

Chaque lundi, l’Humanité ouvre ses colonnes à un responsable politique de l’un des partis qui composent la Nupes. Cette semaine, Julien Bayou, secrétaire national d’EELV, pour qui le programme de rupture de la coalition «peut changer la vie des gens».

Emilio Meslet L'Humanité

Publié le Dimanche 15 Mai 2022

Le secrétaire national EELV, Julien Bayou, est candidat aux législatives dans la 5e circonscription de Paris.© Pierrot Patrice/ABACA

Secrétaire national d’EELV et candidat de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) aux législatives, à Paris, Julien Bayou revient sur l’accord historique entre les formations de gauche. Grâce aux spécificités de chacun censées pouvoir s’exprimer pendant la campagne, la Nupes peut, selon lui, espérer conquérir une majorité à l’Assemblée pour appliquer le projet commun qui doit être dévoilé cette semaine.

Plusieurs sondages donnent la Nupes largement en tête des intentions de vote. De quoi cela est-il le signe?

C’est extrêmement encourageant. Après le second tour de la présidentielle, nous avons voulu tirer les leçons de 2017 pour ne pas reproduire les mêmes erreurs. À l’époque, nous nous étions condamnés à l’impuissance. Il y avait certes des députés de gauche qui avaient été élus, mais trop peu nombreux pour peser. Cette nouvelle coalition, avec son programme ambitieux, est en mesure d’aller chercher la majorité absolue ou relative à l’Assemblée.

C’est essentiel car on ne peut pas subir cinq années de casse sociale en plus, et parce que le Giec dit que, concernant le climat, il ne reste plus que quelques années pour agir. Nos députés peuvent changer la vie des gens. La majorité surprise de la gauche plurielle, de 1997 à 2002, avait obtenu des avancées concrètes: les 35 heures, le Pacs, la CMU, le logement social Notre majorité augmentera les salaires, rétablira les services publics, agira vraiment pour l’égalité salariale femmes-hommes et pour le climat.

Pourquoi cette union impossible en 2017 est-elle devenue possible en 2022?

Entre-temps, nous avons vu Emmanuel Macron au pouvoir. Aujourd’hui, la menace, c’est la retraite à 65 ans, les conditionnalités au RSA et la fin de l’indépendance des médias publics. Il était nécessaire de s’organiser pour ne pas lui laisser les mains libres.

La Nupes répond à une aspiration du peuple de gauche. Comment faire vivre ce rassemblement?

Jusqu’ici, les sympathisants étaient résignés, désemparés, voire en colère. Aujourd’hui, ils sont enthousiastes. Ça faisait longtemps qu’on ne m’avait pas arrêté dans la rue pour me dire : «Bravo et merci !» Lorsque je fais des déplacements, je vois que l’accord national prend forme au niveau local, avec des écologistes, des communistes, des insoumis et des socialistes qui s’organisent pour faire campagne. Cette coalition permet de faire revenir à la politique des personnes qui s’en tenaient éloignées.

Comment la Nupes fonctionne-t-elle pour permettre à la fois une campagne cohérente et la possibilité d’exprimer ses spécificités pour chaque formation?

Tous les lundis matin, il y a une coordination au niveau national, avec les différents partis. Cette semaine est consacrée au dépôt des candidatures. Ensuite viendra le temps d’une très courte campagne. Tout l’enjeu est d’additionner les électorats. Pour cette raison, la bannière commune n’est pas l’effacement des cultures et des priorités de chacun. Nous, écologistes, parlerons plus du climat. Nous avons intérêt à cultiver nos singularités dans une campagne commune. Mais il nous faut faire entendre des candidatures, selon les profils, à l’échelle nationale: Rachel Kéké, pilier de la mobilisation des femmes de chambre de l’Ibis Batignolles, n’est candidate que dans une circonscription, mais nous devons la mettre en avant pour qu’elle parle à tout le pays.

La coalition de gauche propose un projet de rupture, ce que n’a pas fait votre candidat Yannick Jadot pendant la présidentielle. Est-ce un meilleur choix pour conquérir le pouvoir?

Yannick Jadot ne voulait pas alimenter les fractures du pays. Une fois Emmanuel Macron réélu, il y a évidemment une envie de rupture. Celui qui brusque le pays ou qui n’a pas agi pour le climat, c’est lui. Évidemment qu’il faut rompre avec cette orientation néolibérale. Yannick Jadot le proposait, mais il le disait peut-être d’une autre manière.

Même si tous les partis ont accepté que la désobéissance aux traités européens figure au programme de la Nupes, les écologistes ne veulent pas la même Europe que les insoumis ou les communistes…

En 2005, le camp du progrès s’est fracturé sur le référendum: ceux qui avaient voté oui navaient pas voté pour les orientations de cette Union européenne et ceux qui avaient voté non navaient pas voté pour la sortie de lEurope. Nous voulons la réorienter. Et je ne crois pas que Jean-Luc Mélenchon soit pour un Frexit. Lors des discussions, nous avons pu nous rendre compte que nous ne sommes pas les caricatures souvent décrites. Certes, nous ne votons pas ensemble sur de nombreux points.

Oui, chez EELV, nous sommes fédéralistes, nous pensons que le Parlement européen doit avoir l’initiative des lois européennes, et nous voulons une Europe plus forte sur le climat, l’accueil des réfugiés et l’évasion fiscale. Mais, s’il s’agit d’en faire un outil de paix, de prospérité, de justice sociale et d’action pour le climat, nous nous retrouvons. Tous les dogmes austéritaires ont volé en éclats avec la pandémie. Alors, la question est de savoir s’il faut revenir aux 3 % de PIB déficit au maximum, ou s’il est possible d’envisager une Europe différente.

Après les législatives, la coalition a-t-elle vocation à durer quel que soit le résultat?

Nous sommes concentrés sur le scrutin. Il est trop tôt pour dire qu’elle en sera la suite, tout dépendra de la manière dont les différents partenaires se comporteront. Pour nous, ce n’est pas un accord ponctuel. S’il y a des convergences à approfondir, les écologistes seront là. S’il y a des désaccords insurmontables, nous les constaterons.

À titre personnel, vous êtes candidat dans la 5 e circonscription de Paris. Qu’allez-vous mettre en avant pour battre la candidate macroniste?

Je veux d’abord parler du climat via la lutte contre la pollution et via le logement. La majorité précédente a combattu l’encadrement des loyers quand nous voulons faire du logement social et que les préfets puissent appliquer les sanctions contre les communes qui n’appliquent pas la loi Solidarité,Renouvèlement Urbain (SRU). Je considère que le logement est le premier des droits, nécessaire pour exercer tous les autres. Cette circonscription est aussi une terre d’accueil et de transit qui a vu passer toutes les vagues de migration. Il y a donc un enjeu à abroger le seul bilan, particulièrement abject, de ma concurrente Élise Fajgeles: la loi asile et immigration, qui a autorisé denfermer un enfant pendant 90 jours.

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Législatives. La Nupes déchaîne les attaques

15 Mai 2022, 08:51am

Publié par PCF Villepinte

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La gauche fait peur, et c’est bon signe

13 Mai 2022, 06:01am

Publié par PCF Villepinte

Législatives Les macronistes, l’extrême droite et jusqu’aux dissidents du PS dénoncent la nouvelle union de manière caricaturale. La preuve que la dynamique électorale se situe bien à gauche, et que ses adversaires sont fébriles.

Florent LE DU L'Humanité

Publié le Vendredi 13 Mai 2022

L’accord à gauche? Cest, au choix: «Des anciens laïcards et des nouveaux islamistes, des nageuses en burkini et des zadistes en poncho», pour Éric Zemmour. La «banqueroute» assurée, pour Christophe Castaner. «Une véritable pétaudière, une sorte de salmigondis idéologique», pour le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand. Une «union dextrême gauche et antirépublicaine» à laquelle il faut faire «barrage», pour Jordan Bardella.

Certains signes ne trompent pas. Quand la gauche essuie une pluie d’attaques agressives et farfelues, c’est qu’elle peut conquérir le pouvoir. Depuis que le PCF, EELV et le PS se sont alliés à la France insoumise autour de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes), le festival des «paniques morales» et darguments caricaturaux bat son plein. «Attendez-vous à ce que ce soit compliqué. Pourquoi? Parce quils ont peur», prévenait Jean-Luc Mélenchon le 1er Mai. Même l’hebdomadaire de droite le Point titre ainsi son dernier numéro: «Mélenchon, lautre Le Pen», dans lespoir de renverser le barrage républicain contre la gauche.

De la droite à son extrême droite en passant par les dissidents «socialistes», tous ont adopté la stratégie de la diabolisation de la gauche. Avec comme objectif final de maintenir leur positionau pouvoir, comme principaux opposants ou comme tenants de partis historiques. Réunissant ses candidats, le 10 mai, Emmanuel Macron les a prévenus que la bataille, cette fois, se jouerait ainsi contre l’ «extrême gauche», qui serait «unie sur une seule chose, la décroissance».

Pour lui, la retraite à 60 ans, le Smic à 1400 euros, lallocation dautonomie pour les jeunes, le blocage des prix, la justice fiscale (qui finance en partie les précédentes mesures) ne constitueraient même pas des avancées sociales, au motif qu’ « il n’y a pas de projet de progrès social qui se fait sur le déficit: ce serait sur le dos de nos enfants»! La prétendue infaisabilité ou le coût du projet de la Nupes sont mis en avant à longueur de plateaux pour alerter sur «  la folie du programme de Jean-Luc Mélenchon», comme le qualifie le patron des députés LaREM, Christophe Castaner (lui-même ancien membre du PS) .

La lutte contre les inégalités sociales serait «dangereuse»

C’est pourtant d’abord une question de choix politiques et économiques, que la droite, macronienne ou non, tente ainsi de restreindre. « Quand toute la gauche était de gauche, ces mesures étaient classiques, pas extrémistes, rappelle Vincent Tiberj, sociologue et professeur à Sciences-Po Bordeaux. Le programme de la Nupes s’insère dans une tradition économique différente et veut remettre en scène un choix de politique économique, ce que le PS avait fini par abandonner.

Emmanuel Macron considère que l’économie de marché délimite le champ de la raison.» Donc, que toute proposition de plus grande redistribution ou de lutte contre les inégalités sociales serait «dangereuse» ou «ne pourrait pas être tenue», comme l’a souligné la députée LaREM Aurore Bergé .

De telles attaques rappellent la campagne présidentielle de 2017, mais pas celle d’avril dernier. «Les macronistes navaient pas dinquiétude concernant Mélenchon à la présidentielle, observe l’historien Damon Mayaffre, spécialiste de l’analyse du discours politique. Pas d’inquiétude, donc pas de nécessité d’agiter le chiffon rouge comme c’est le cas maintenant.» Mais, en se déchaînant sur la Nupes, ses adversaires valident le constat que la dynamique de campagne se trouve désormais à gauche, ce qui commence à faire stresser la Macronie

Car, la traditionnelle démobilisation des électeurs entre la présidentielle et les législatives (- 25 points en 2017) pourrait être moindre chez les électeurs de la Nupes galvanisés par le rassemblement, ce qui réduit aussi le risque d’élimination de la gauche dès le premier tour dans plusieurs circonscriptions. Or, en 2017, dans 231 d’entre elles, des candidats LaREM l’avaient emporté au second tour face à un concurrent LR, RN ou divers droite. Ce pourrait être une autre paire de manches face à un candidat de gauche, notamment si un «Tout sauf Macron» s’applique .

La droite macronienne, qui a tout fait pendant cinq ans pour désigner Marine Le Pen comme son adversaire, grince donc des dents. «Cest beaucoup plus simple den appeler à la République face à l’extrême droite, que de parler inégalités sociales, redistribution et de leur bilan en la matière», estime Vincent Tiberj. «Aujourdhui, Emmanuel Macron doit réviser sa stratégie. Envoyer quelques signaux, sinon à la gauche, du moins aux réfractaires du PS, mais aussi, en même temps, se livrer à une diabolisation de la gauche», abonde le sociologue Éric Fassin. La présentation du «paquet» de mesures en faveur du pouvoir dachat, prévue «à l’été», pourrait ainsi être avancée à lavant-premier tour des législatives.

Dans le même temps, ses candidats, comme Manuel Valls ou Aurore Bergé, considèrent que la Nupes est «antirépublicaine». Le chef de l’État l’a même qualifiée de «communautariste». «Cest dans la continuité du premier mandat de Macron, avec des ministres qui parlaient dislamo-gauchisme, de wokisme, analyse Damon Mayaffre. La difficulté des macronistes à répondre à la gauche sur le fonds économique et social les encourage à agiter ces paniques morales, à montrer que ces adversaires sont tous ou presque antirépublicains. C’est stratégique mais aussi idéologique. Il y a une vraie rupture et une peur sociale des dominants autour des mesures de la Nupes.»

Dans cette entreprise de caricature éhontée d’une «gauche bolchevique mangeuse denfants», certains grands médias nationaux et intellectuels osent tout. Le Figaro redoute «le soleil bolivarien sur une piscine municipale envahie de burkinis». Pour Alain Finkielkraut, «Jean-Luc Mélenchon mise sur le grand remplacement pour accéder au pouvoir», tandis que Valeurs actuelles titre sur «La menace islamo-gauchiste».

Anathèmes et attaques grotesques pour ne pas débattre du fond des propositions

Car, l’extrême droite n’est pas en reste. S’il a renoncé à viser Matignon, considérant que «la logique des institutions» veut que le président ait la majorité, le Rassemblement national compte bien rester l’opposant principal d’Emmanuel Macron. Et en matière d’insultes caricaturales, il sait faire.

Son président Jordan Bardella voit dans la Nupes une « ZAD de toutes les idéologies les plus dangereuses pour notre pays, les communautaristes et les islamo-gauchistes», quand Marine Le Pen évoque «lopposition qui va défendre le burkini à la piscine, veut ouvrir les prisons, régulariser les clandestins, désarmer la police». Là encore, un moyen de ne pas débattre sur le fond. Car, la dynamique de la gauche crée une autre alternative que celle de l’extrême droite au macronisme, notamment sur le pouvoir d’achat. Le programme social de la gauche, désormais discuté, dévoile par ricochet l’imposture de Marine Le Pen.

En quelques jours, la gauche aura donc considérablement perturbé ses adversaires. Avant même la signature de l’accord, des socialistes s’indignaient déjà de ce rassemblement. Dans le sillage de François Hollande, les éléphants socialistes ont dénoncé à travers cet accord une «reddition». «Le PS a perdu son âme, il sest soldé pour pas cher», a ainsi déclaré Julien Dray, qui tance un pacte «électoraliste». «Cest risible, répond l’eurodéputée FI Manon Aubry. Cet accord se base sur des idées et plus de 300 propositions, issues de discussions très poussées», qui devraient être annoncées ce week-end.

Le programme, justement, semble un peu trop à gauche pour des gens qui revendiquent l’étiquette sans en épouser les idées. L’ex-dirigeant du PS Jean-Christophe Cambadélis porte sur ce projet une analyse tout en mesure dans l’Opinion: «On se retrouverait dans la situation de la Corée du Nord.»

 Dans le camp «écolo», des critiques fusent aussi de la part de personnalités ayant renoncé aux préceptes de la gauche depuis longtemps, comme Daniel Cohn-Bendit ou plus surprenant José Bové. Ces deux-là ont cosigné une tribune dans le Monde critiquant la signature de l’accord par EELV qui aurait ainsi «sacrifié lessentiel: le principe démocratique et luniversalité». «Cela nous raconte surtout la clarification dans ces partis, avec des détracteurs de laccord qui se situent en fait du côté de l’économie de marché», estime Vincent Tiberj.

Du centre, de droite ou d’extrême droite, les détracteurs de la Nupes vont devoir se positionner sur le fond, sur les propositions de la gauche. D’autant que sa dynamique pourrait permettre d’imposer un agenda politique et des thèmes longtemps mis au second plan face à l’insécurité et l’immigration.

 

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Législatives - Communiqué de la fédération de la Seine Saint Denis du Parti Communiste Français

9 Mai 2022, 09:21am

Publié par PCF Villepinte

Les communistes de la Seine-Saint-Denis ont désigné par leurs votes les candidats et candidates que le PCF, conformément à l’accord national de la Nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale, présentera dans les deuxième et quatrième circonscriptions du département.

Après un processus démocratique interne, les communistes de Saint-Denis, Pierrefitte, Villetaneuse et de Dugny, La Courneuve, Le Blanc-Mesnil, Stains présenteront à l’élection législative Stéphane PEU (titulaire) et Farid AÏD (suppléant) dans la 1ère circonscription et Soumya BOUROUAHA (titulaire) et Marie-George BUFFET (suppléante) dans la quatrième.

 

Stéphane PEU et Soumya BOUROUAHA porteront au sein de l’Assemblée Nationale les espoirs et les fortes attentes des habitants et habitantes de ces villes populaires en matière d’égalité, de dignité et de justice sociale.

 

Dans les autres circonscriptions du département les militants et militantes communistes mettront toutes leurs forces pour assurer l’élection ou la réélection des candidats et candidates de la Nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale (NUPES) conduite par Jean-Luc MELENCHON.

Le Parti Communiste retire ses candidates et candidats pressentis dans ces circonscriptions pour respecter l’accord national des forces de gauche.

 

Désormais, tous nos efforts se porteront pour élire à l’Assemblée Nationale Nadège ABOMANGOLI ; Clémentine AUTAIN ; Soumya BOUROUAHA ; Eric COQUEREL ; Alexis CORBIERE ; Raquel GARRIDO ; Bastien LACHAUD ; Stéphane PEU ; Thomas PORTES, Aurélie TROUVÉ;  et les deux candidat-e-s de la NUPES restant à désigner.

 

Les forces de gauche rassemblées peuvent obtenir une majorité à l’Assemblée Nationale et constituer un rempart face à la Droite et l’extrême droite. Tout doit être fait pour y parvenir.

 

PANTIN le 09 mai 2022

 

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Législatives. La gauche se donne rendez-vous avec l’histoire

8 Mai 2022, 09:19am

Publié par PCF Villepinte

La nouvelle alliance baptisée Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes) a présenté les axes de son programme et plusieurs de ses candidats à Aubervilliers ce samedi. Dans une ambiance joyeuse et déterminée, elle a affirmé son objectif: conquérir le pouvoir lors des législatives de juin.

L'Humanité Benjamin König Aurélien Soucheyre

 le Samedi 7 Mai 2022

La convention pour la nouvelle Union populaire, Aubervilliers, le 7 mai 2022. © Samir Maouche

Une foule compacte et heureuse, des sourires, un air de retrouvailles et un esprit résolument conquérant: il flottait comme un parfum de rendez-vous historique aux Dock Pullman, à Aubervilliers, pour le lancement de la campagne de la Nouvelle union populaire, écologique et sociale (Nupes) pour les législatives. Le public, fervent, entonne à plein poumons «On va gagner!» - le leitmotiv de l’après-midi -, lorsque Marine Tondelier, l’opposante historique du Rassemblement national à Hénin-Beaumont et candidate (EELV) de la Nupes, prend la parole avec l’eurodéputée FI Manon Aubry, co-animatrice de la «première convention» de ce rassemblement historique de la gauche.

Le V de la victoire

«Dans la salle il y a des insoumis, des communistes, des socialistes, des écologistes, tous ensemble!» lance l’insoumis Manuel Bompard lorsqu’il débute son discours. La cheville ouvrière des négociations de l’accord ne cache pas son contentement devant cette convergence «malgré nos différences, nos histoires respectives, face à lurgence, pour construire un avenir en commun.» Et de rappeler que «32 % des votes ont suffi à Emmanuel Macron pour sassurer une majorité absolue en 2017. 32 %? Chiche!» sourit-il, désignant l’objectif d’une «vague despoir qui se lève». Une vague symbolisée par le logo, dévoilé par Marine Tondelier: le V «qui en grec se dit «Nu», rappelle l’écologiste. «Non pas que nous nayons plus rien à cacher entre nous», plaisante-t-elle, mais pour «le Nu de la Nupes et le V de la victoire».

Lorsqu’Olivier Faure s’avance vers le pupitre, très applaudi et visiblement ému, le premier secrétaire du PS saisit la portée du moment. Il vient parler de la clarification qui s’est opérée chez les socialistes et revient sur la loi El Khomri de 2016. «Il est où le progrès lorsque l’on prive les salariés de droits qu’ils ont conquis durement?» dénonce-t-il. Avec humour, il parle des avertissements qu’on lui a lancés: «On ma dit que vous étiez des sauvages» ironise-t-il.  «Mais qui sont les vrais sauvages dans ce pays? Ce sont celles et ceux qui font tout pour que ceux qui exploitent la planète et les gens restent en place.» Celui qui a eu le courage d’arrimer à nouveau le PS à une gauche de transformation résume l’espoir nouveau que lève la Nupes: «Pour une fois, ne votez pas contre, mais votez pour ce que vous croyez!»

«Nos adversaires sentent que nous pouvons gagner»

Cette joie de voir l’union réalisée est au cœur des discours de nombreux dirigeants: «Nous revoilà!» sourit Julien Bayou, le secrétaire national d’EELV, qui insiste: «Si cette union suscite autant de critiques, cest que nos adversaires sentent que nous pouvons gagner». «Les communistes sont heureux d’être là!» lance lui aussi Fabien Roussel. Une satisfaction de voir enfin ce rassemblement qui traverse aussi les militants présents. Sofia regarde les visages des dirigeants qui se succèdent à la tribune, unis, et lâche: «Cest tellement beau! Si on mavait dit ça il y a deux semaines Tant de gens qui ont tant en commun et arrêtent de se diviser pour enfin gagner. Je suis émue!» Même son de cloche pour Damien, qui ne cache pas sa joie: «Je suis hyper content. À lintérieur de moi ça chauffe! Je me bats pour le rassemblement à gauche et jattends ça depuis tellement longtemps… C’est historique et c’est jouissif! On peut gagner, chasser Macron et changer la vie», s’enthousiasme-t-il.

De ce rassemblement, le secrétaire national du PCF en parle comme un «événement important pour des réformes de progrès à portée de main». Le SMIC à 1400 euros net «avec des cotisations pour financer la Sécu», le revenu étudiant dès septembre et «la retraite à 60 ans, enfin, ainsi que le rétablissement des CHSCT et lentrée des salariés dans les CE et les CA», liste-t-il. Un programme ambitieux qui nécessite aussi une mobilisation populaire, rappelle Aurélie Trouvé, l’ex-porte parole d’Attac et candidate FI en Seine-Saint-Denis: «Nous avons besoin des mouvements sociaux.»

La présidente du groupe insoumis à l’Assemblée, Mathilde Panot, cible d’abord celles et ceux qui se sont livrés à des attaques outrancières, voire infamantes, contre l’accord à gauche: François Bayrou, Eric Woerth et Jordan Bardella, ou bien Le Figaro, dont un éditorial dépeint la Nupes comme un «soleil bolivarien sur une piscine municipale envahie de burkinis». Puis elle évoque ce qui anime positivement la gauche: «Oui, nous sommes de fervents partisans de limplication populaire, partout et tout le temps, dans la République!» Et alors qu’Adrien Quatennens - qui s’insurge notamment «contre la retraite à 65 ans, injuste, cruelle et inefficace» - parle de l’union comme d’un «signal puissant dans tout le pays», Fabien Roussel met l’accent sur la possibilité de «refonder une République sociale, démocratique et laïque, et que la France parle de paix».

Urgences sociales, démocratiques, écologiques

La convention est aussi l’occasion de la présentation de plusieurs candidats, venus de toute la France, issus de tous les métiers et partis politiques, militants syndicaux ou associatifs. À l’instar de Rachel Kéké, candidate insoumise dans le Val-de-Marne, qui a mené la lutte de 22 mois des femmes de chambre d’Ibis: «Sans nous, il ny a pas de France!» harangue-t-elle, devant un public qui lui réserve une ovation. Puis Jérôme Guedj, socialiste candidat dans l’Essonne, n’oublie pas de remercier et faire applaudir tous les candidats qui se désistent pour permettre le rassemblement opéré. Au total, une vingtaine de candidats qui parlent chacun de leur expérience selon trois thèmes centraux: les urgences sociales, démocratiques et écologiques cette question irriguant l’ensemble des interventions. L’école est également au centre des préoccupations, notamment avec Bruno Nottin, candidat PCF face au ministre Jean-Michel Blanquer, appelle à refonder le service national de l’éducation plutôt qu’à le détruire pour mieux le marchandiser. Il fait huer le ministre de l’Éducation nationale et ajoute: «Notre force, cest lunion, elle décuple notre pouvoir.»

Les orateurs n’oublient pas, outre le chef de l’État, de décocher quelques flèches à l’opposant préféré de ce dernier: lextrême droite. «Face à elle, nous répondons: respect, dignité, égalité», martèle Fabien Roussel, qui rend hommage, comme d’autres, à Marine Tondelier, qui subit au quotidien la violence du clan Le Pen à Hénin-Beaumont. Au pupitre, Jean-Luc Mélenchon manie l’ironie: «Le FN, cest un vote qui ne sert absolument à rien: quand ils sont élus députés, ils ne viennent pas.» C’est le dirigeant insoumis qui clôture la convention, avec un discours placé sous le signe de l’Histoire: «Il ny a pas de hasard, il ny a que des rendez-vous», a-t-il débuté, citant Paul Eluard. Puis il rend hommage aux «plus de 1500 candidats qui se sont retirés pour une cause plus grande que (leur) personne». Mais également à tous les candidats de gauche à la présidentielle: «Personne dans notre famille na été en dessous de la tâche qui lui avait été confiée», mesure-t-il, avant de réaffirmer qu’i l «faut jeter la rancune à la rivière», car la Nupes est une «nouvelle façon de faire lhistoire».

Une nouvelle page

Précisément, c’est ce moment historique sur lequel s’est attardé le discours de celui que l’accord à gauche a désigné comme premier ministre en cas de victoire: «La Nupes, cest la gauche qui sunit, mais cest une nouvelle page. Il va falloir, travailler, créer, expliquer () Et ça se fera pas la discussion et la fraternité», poursuit-il, ajoutant que «notre problème nest pas la compétition, mais l’émulation» avec un objectif à portée de main: remporter les législatives, et gouverner le pays. Comme à son habitude, il ponctue son propos de traits dhumour: «On sest bien fait à LaREM, alors pourquoi pas à la Nupes?» Jean-Luc Mélenchon rappelle surtout le sens profond du combat de la gauche, face à un «capitalisme de notre époque incapable de se corriger car il profite des turpitudes quil provoque». Sans oublier la guerre, dédiant «au peuple ukrainien notre ferveur daujourdhui». Et de finir par une citation de Victor Hugo: «Tenir bon, tenir tête, voilà lexemple dont les peuples ont besoin.» Après avoir entonné une Marseillaise à pleins poumons, le public se retrouve devant l’entrée, puis repart gonflé à bloc. Pour beaucoup vers l’arrêt de métro voisin. Son nom: Front populaire.

 

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Législatives : en quoi le rassemblement de la gauche est-il historique ?

7 Mai 2022, 06:31am

Publié par PCF Villepinte

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