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politique

POLITIQUE

5 Juillet 2010, 05:39am

Publié par PCF Villepinte

le PCF s'adresse aux forces de gauche et au mouvement populaire et propose la construction d'un Pacte d'union populaire pour le changement

 

« Il est urgent de donner une perspective à la colère et aux attentes qui s’expriment à travers la construction d’un projet de transformation sociale pour sortir de la crise » et de donner corps à « une majorité de changement ».

Tel est le fondement des choix opérés par les délégués du 35ème Congrès du PCF, pour répondre au défi lancé à toutes les forces de gauche pour ouvrir une alternative à Sarkozy et au capitalisme. Un congrès à l’occasion duquel ils ont par ailleurs élu un nouveau secrétaire national, Pierre Laurent.

« Notre engagement communiste pour l’émancipation humaine est plus nécessaire que jamais », réaffirme la résolution, dans le fil du 34e Congrès de décembre 2008. Les délégués ont par ailleurs confirmé leur choix de la « forme parti », tout en confortant la nécessité d’une « transformation » du PCF.

Nous mettons ici en ligne la résolution adoptée par le congrès ainsi que le discours de clôture de Pierre Laurent.

PDF - 109.7 ko

Résolution du 35ème congrès

PDF - 113.4 ko

Discours de Pierre Laurent

 



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Les affaitres sont les affaires

4 Juillet 2010, 18:46pm

Publié par PCF Villepinte

Bettencourt, le beurre et l’argent du beurre

 

La révélation du remboursement de 30 millions d’euros par l’État à Liliane Bettencourt relance le débat sur la légitimité du bouclier fiscal. Éric Woerth persiste à nier un quelconque « conflit d’intérêts ».

La saga de l’été ? Liliane Bettencourt aurait touché, au titre du bouclier fiscal, 30 millions d’euros en mars 2008, selon le site d’informations Mediapart. Ce nouveau rebondissement resserre encore l’étau autour d’Éric Woerth, ministre du Budget au moment des faits. Le remboursement a été effectué après que Liliane Bettencourt a « sollicité par courrier l’administration fiscale » dans une lettre adressée « entre la fin du mois de janvier et le début du mois de février 2008 ». Trente millions d’euros d’étrennes, quelques semaines seulement après que l’héritière de L’Oréal a invité à dîner le ministre dans son hôtel particulier. Hier, une question tournait en boucle : était-il au courant de cette fabuleuse ristourne ?

Selon Bercy, qui produit une instruction interne aux services fiscaux, « l’aval du ministre de tutelle n’est pas requis, tant pour le calcul que pour le virement et quel que soit (son) montant ». Traduction de Vincent Drezet, secrétaire général du Syndicat national unifié des impôts : « C’est le directeur départemental (des services fiscaux -NLDR) qui est compétent, sans limitation de montant. » Légalement, les services ont « bien fait leur travail », selon le syndicaliste. Mais « ce bouclier fiscal est illégitime : il bénéficie à ceux qui ont le patrimoine le plus élevé ». Autre question soulevée, le contrôle régulier des grandes fortunes.

 

de nouvelles révélations

Pour les dossiers dits « à fort enjeu » (plus de 3 millions d’euros de patrimoine et 220 000 euros de revenus annuels), il existe une procédure de contrôle interne, sur pièces, tous les trois ans. Mais le contrôle dit externe, sur place, ne concernerait, selon Vincent Drezet, que 4 000 contribuables par an…

Hier, de nouvelles révélations sont venues alimenter les soupçons sur les liens entre le ministre, à la fois responsable de la bonne tenue du budget de l’État et trésorier de l’UMP, son épouse et une contribuable présumée fraudeuse, par ailleurs donatrice audit parti. La première confirme le « conflit d’intérêts ». La Tribune de Genève cite un banquier suisse qui confie que Florence Woerth « était vue très souvent dans le “family office” (la banque privée – NDLR) de la milliardaire française ». Selon lui, « Éric Woerth ne pouvait ignorer que sa femme se trouvait très régulièrement à Genève ». Lui-même y a collecté des fonds auprès des « plus grandes fortunes françaises exilées en Suisse romande, en mars 2007, poursuit le journal. Il ne cherchait pas alors à savoir si les chèques qu’on lui remettait étaient prélevés sur des comptes suisses non déclarés au fisc français. » La deuxième révélation pourrait avoir des répercussions sur tout le monde politique. La comptable de Liliane Bettencourt jusqu’en 2008 « avait un accréditif auprès d’une banque pour retirer (...) 50 000 euros par semaine », selon son avocat, interrogé sur RMC. Elle notait « précisément (à qui) était remis » cet argent, qui pourrait avoir été distribué à des hommes ou des partis politiques. Bientôt de nouveaux épisodes de la saga.

Manon Ferrandi et Grégory Marin

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Politique -

4 Juillet 2010, 18:43pm

Publié par PCF Villepinte

  on 4 Juillet, 2010

 

Christian Blanc et Alain Joyandet démissionnent du gouvernement

 

 

Christian Blanc, secrétaire d'Etat au Grand Paris, a présenté dimanche sa démission du gouvernement, qui a été acceptée, a annoncé l'Elysée dans un communiqué.

«Les secrétaires d'Etat Alain Joyandet et Christian Blanc ont présenté leur démission du gouvernement. Le président de la République et le Premier ministre ont accepté ces démissions», précise le communiqué de la présidence de la République.

«Les fonctions d'Alain Joyandet seront exercées par Bernard Kouchner», ministre des Affaires étrangères, «et celles de Christian Blanc par Michel Mercier», ministre de l'Espace rural.

Le Canard enchaîné avait dénoncé l'achat, par le ministère, de cigares pour la somme de 12.000 euros au cours des dix derniers mois.

Christian Blanc avait assuré avoir remboursé la somme correspondant à sa consommation personnelle: «au maximum deux par jour!», a-t-il dit, et pas une moyenne de «cinq ou six» comme on l'a laissé entendre

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Politique -

2 Juillet 2010, 11:34am

Publié par PCF Villepinte

 

 

Remaniement ministériel :
Sarkozy veut faire oublier les scandales

Après toutes les affaires qui mettent en cause les membres du gouvernement Fillon ces derniers jours, le Chef de l’Etat a très sérieusement évoqué un remaniement ministériel pour octobre. Et pour ne pas faire les choses à moitié il faudra aussi s’attendre à une réorganisation du parti de la majorité. Si l’on pouvait déjà reprocher à ses ministres des frais de voyage exorbitants, des logements suspects ou l’octroi de petits plaisirs personnels, c’est l’affaire « Bettencourt-Woerth » qui a poussé le président dans ses derniers retranchements. Les spéculations vont bon train quant à l’attribution des portefeuilles tant convoités. Cela pourrait bien expliquer les divisions récentes et chaque jour plus fortes dans le camp de l’UMP. On peut déjà prévoir certains changements à venir. Petit état des lieux.

 

Lors de son discours aux parlementaires, mercredi dernier, le président Sarkozy a été plutôt explicite. Traduisez les critiques concernant les « avions », les « hôtels » ou les « cigares »  par les personnalités politiques que sont Alain Joyandet, Fadela Amara, Christian Estrosi ou encore Christian Blanc. Autant que les scandales ce sont les « comportements » qui sont à fustiger.  En cette période de crise profonde le gouvernement ne parvient décidemment pas à montrer le bon exemple. De plus, si le président s’enfonce dans les sondages avec 26% d’opinions favorables, le renvoi de certaines personnalités de son gouvernement ne devrait pas le faire ressusciter aux yeux des Français. Par ailleurs l’identité des entrants est beaucoup plus floue d’autant plus que Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée, a aujourd’hui annoncé un gouvernement à l’avenir « plus resserré ». Alain Juppé pourrait par exemple faire son retour dans quatre mois. L’Elysée a été fragilisé par les erreurs à répétition des membres de la majorité et il sera maintenant difficile de reprendre la main pour regagner en crédibilité. Avec cette annonce prématurée de remaniement ministériel le pouvoir  vise à enrayer le mécontentement croissant des Français. Qu’adviendra-t-il alors de Rama Yade, secrétaire d’Etat aux Sports, désavouée par sa propre famille politique ? En effet sa popularité, affaiblie dernièrement, reste importante. Il s’agit bien ici de stratégie politique. Le nouveau gouvernement d’octobre sera certainement  le dernier avant la ligne droite qui mène aux présidentielles de 2012.

Une partie des Français se sentent trahis par leurs dirigeants actuels et les erreurs à répétition pourraient s’avérer fatales pour l’UMP. Face aux critiques de l’opposition et aux preuves toujours plus accablantes dans l’affaire Bettencourt-Woerth, Nicolas Sarkozy espère retrouver un peu d’air avec la perspective d’un nouveau gouvernement. Ironie de l’actualité cette méthode est devenue une manie pour  chaque président désavouée par sa base citoyenne.  Le président de la Fédération Française de Football, Jean-Pierre Escalettes, avait annoncé le successeur de R. Domenech avant l’échéance du mondial. On a vu le résultat. Sarkozy adopte donc la même stratégie pour calmer les mécontents. Ce dernier préfère aussi attendre d’avoir réglé la question des retraites pour effectuer ses changements. Pendant ce temps, la double fonction d’Eric Woerth, ministre du travail  et trésorier de l’UMP, vivement contestée par la gauche et le PCF, risque de persister. Mais pour la droite une démission n’est pas envisageable et c’est la promesse d’un remaniement ministériel qui doit éttouffer l’affaire.

Reste à savoir dans quel état sera le gouvernement après l’épreuve des retraites. Celui-ci  risque de se retrouver affaibli par le déficit de confiance qui lui est accordé. Car si on peut anticiper dès aujourd’hui le remaniement ministériel à venir les prévisions ne peuvent effacer la réalité sociale actuelle.

Matthieu Windey

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Front de Gauche

11 Juin 2010, 06:12am

Publié par PCF Villepinte

 Le Front de gauche veut s'engager dans une nouvelle dynamique

fdggg.jpgLa rencontre entre les dirigeants du PCF, du PG et de la Gauche unitaire s’est conclue sur d’importantes décisions et une volonté de continuer ensemble .

Au terme d’une rencontre de deux heures, mercredi en fin d’après-midi au siège du Parti de gauche, les dirigeants de trois composantes fondatrices du Front de gauche ont confirmé devant la presse leur volonté non seulement de continuer ensemble, mais de développer leur engagement commun dans la lutte contre l’offensive libérale qui provoque « tant de souffrances sociales », selon les mots de Marie-George Buffet.

Les trois délégations , conduites respectivement par Marie-George Buffet (PCF), Jean-Luc Mélenchon (PG) et Christian Picquet (Gauche unitaire) sont convenues d’élaborer dans le cadre d’un grand débat public de plusieurs mois un « programme partagé » dont le projet sera rendu public dans ses grandes lignes au cours du grand rassemblement politique qu’est la fête de l’Humanité à la mi-septembre.

C’est Marie-George Buffet qui a présenté les résultats d’une rencontre que chacun a qualifiée de fructueuse. Le Front de gauche, qui a déjà passé les épreuves de deux consultations électorales ( les élections européennes de juin 2009 et les régionales de mars 2010) est désormais une composante de la vie politique française. Le comité de liaison qui existe déjà est appelé à intervenir davantage afin d’impulser des campagnes communes dans le cadre de la résistance à la politique de Nicolas Sarkozy. Les communistes peuvent être satisfaits que leur volonté ait été partagée de voir le Front s’élargir à des forces sociales, des responsables syndicaux, des intellectuels , qui deviendront des partenaires de plein droit. Mais le Front n’a pas vocation à devenir un parti politique. Il n’y aura donc pas d’adhésions directes, mais les hommes et les femmes qui veulent s’engager sans adhérer à l’un des partis composant le Front pourront faire partie d’une structure regroupant « les partisans du Front de gauche. »

Les nuages qui avaient projeté un peu d’ombre sur les relations entre le PG et ses partenaires se sont dissipés « La température était un peu montée » convenait hier Jean-Luc Mélenchon, « mais nous sommes repartis » ajoutait-il, soulignant « la gravité du moment » qui exige d’« être à la hauteur ». Le président du PG n’a pas hésité à parler, à propos du nouvel engagement du Front de gauche, d’un « événement historique ».

Christian Picquet, porte-parole de la Gauche unitaire, a lui aussi invité à mesurer le progrès que constitue le Front de gauche qui « réunit des militants et des formations de traditions différentes qui dans le passé se sont parfois durement affrontées. « En toute responsabilité, nos trois composantes ont fermement décidé de poursuivre l’espoir du Front de gauche » s’est félicité l’ancien dirigeant de la LCR.

Alors dans ce contexte, les débats et les crispations autour des candidatures et notamment à la présidentielle ne doivent pas prévaloir sur la résistance. « On n’attend pas 20212, c’est maintenant qu’il stopper Sarkozy », a expliqué Marie-George Buffet en annonçant que le Front de gauche allait engager des actions communes pour la défense des retraites, sur l’école, les dépenses publiques, la paix… Une nouvelle réunion des leaders du Front de gauche se tiendra après la journée de mobilisation syndicale du 24 juin.

Jean-Paul Piérot

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Tribune.

6 Juin 2010, 06:45am

Publié par PCF Villepinte

Comment le PS peut-il être de nouveau entendu par l’électorat populaire  ?
  ps.jpgCinq responsables du PS appellent dans l’Humanité à "rompre clairement avec les schémas de la pensée néolibérale". "Une gauche moderne ne peut être une gauche d’accompagnement d’un système en pleine dérive", écrivent-ils.

« On ne règle pas un problème avec
le système de pensée qui l’a engendré. » ALBERT EINSTEIN

Par Stéphane Delpeyrat, Pouria Amirshahi, Marianne Louis, Charlotte Brun, secrétaires nationaux du PS, 
Pascal Cherki, membre du bureau national du PS.

"Depuis l’automne 2008, l’économie mondiale se trouve plongée dans une crise économique et financière majeure. Par l’ampleur des masses financières en jeu, par son étendue, par l’incapacité des États à affirmer une autorité durable, cette crise globale prend le chemin d’une crise totale si nous ne mettons pas un terme à l’indépendance de la sphère financière vis-à-vis de l’économie réelle.

L’impasse financière grecque et la mise en cause de l’euro mettent en évidence cette impuissance politique.

Face à ce désordre systémique, toute décision suscite immédiatement d’autres inquiétudes, d’autres réactions en chaîne qu’il faut ensuite s’efforcer de corriger par des mesures généralement contradictoires. De ce cercle vicieux, il sera bien difficile de sortir si les gouvernements persistent à s’en remettre aux vertus économiques du néolibéralisme. En 1989, l’effondrement du bloc soviétique assoit la domination du libéralisme, consacré quelques années plus tôt par l’arrivée au pouvoir de Ronald Reagan et Margaret Thatcher.

L’apparente simplicité de cette pensée, qualifiée de « bon sens » lui a conféré une redoutable efficacité. Nous en connaissons les grands principes  : la primauté du privé sur le public, de l’individuel sur le collectif, la réduction de toute pensée en calcul économique (« l’Homo economicus »), l’affirmation des vertus de la concurrence et du libre-échange dans tous les domaines, la supériorité de la régulation privée (par les marchés) sur la régulation publique (par les États), l’affirmation que la réduction des dépenses publiques et des prélèvements obligatoires est facteur de croissance, que la flexibilité et la précarité sont créatrices d’emplois, etc. Pensée totalisante qui réduit toute activité humaine à un calcul économique — rentable/pas rentable —, et transforme toute chose en marché  : la politique, l’éducation, la culture, la santé, le vivant… Rien n’échappe à ce raisonnement qui transforme la vie en calcul mathématique et financier soumis à la double loi d’airain de l’offre et de la demande et de la rentabilité. Sa mise en pratique a engendré privatisations, dérégulation, déréglementation, libre-échange, réduction d’impôts des entreprises et des cotisations sociales, déréglementation généralisée des marchés financiers. Même des sociaux-démocrates ont cédé au chant de ces sirènes qui ont généralisé le système à l’échelle planétaire via l’OMC, le FMI, et même parfois l’Europe.

« Les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après-demain », assénaient les libéraux. Résultat  : chômage de masse, déclin industriel, concurrence exacerbée entre nations et entre individus, explosion des inégalités… et surrémunération du capital. Cette période néolibérale aura en outre généré un affaiblissement des États, endettés par le jeu de la socialisation des pertes et de la privatisation de profits, ainsi que la crise d’un système financier incapable, comme c’était prévisible, de s’autoréguler. Enfin elle aura donné lieu à une crise environnementale et démocratique profonde. Conscients de cette situation, écœurés par l’impuissance du politique à transformer réellement leur vie quotidienne, les citoyens se replient dans l’abstention, la protestation ou se tournent parfois vers l’extrême droite. Pour le plus grand bonheur des néolibéraux, dont le rêve ultime est de substituer à la démocratie une « gouvernance » censitaire aux mains des experts et des marchés.

Face à cet état de fait, une gauche « moderne » ne peut être une gauche d’accompagnement d’un système en pleine dérive. Les Français n’attendent pas cela de nous, ils nous l’ont signifié lors des trois dernières élections présidentielles. Nous ne parviendrons à rompre clairement avec ces schémas de pensée qu’à condition de renouer avec notre propre « logiciel »  ; mais un logiciel libre et libéré de l’empreinte néolibérale. Il faut opposer à la pensée néolibérale une autre cohérence  : l’émancipation des hommes et des femmes de toutes les formes d’aliénation, l’égalité comme pilier du pacte républicain, la liberté et la raison pour guides, la primauté de l’intérêt public sur les intérêts privés, des objectifs démocratiquement élaborés, la régulation publique face aux désordres des marchés, la légitimité principale du suffrage universel face à toute autre forme de « gouvernance » fondée sur une pseudo-expertise ou sur l’argent… Ces orientations ne sont pas des incantations  : elles s’incarnent dans la modernisation de nos services publics, dans l’appropriation publique des biens essentiels à notre développement, l’encadrement beaucoup plus strict des écarts de salaires, une fiscalité de justice, le réarmement des politiques publiques… et la proposition d’un nouveau projet partagé avec les socialistes du monde entier. En France, surtout, elles peuvent constituer un socle de discussions prometteur avec toutes les forces de gauche. En un mot, elles permettent de relancer un cercle politique vertueux. C’est dans cette perspective que les socialistes s’attellent à la rédaction de leur projet pour 2012  ; c’est à cette condition qu’ils seront de nouveau entendus par l’électorat populaire et pourront redevenir majoritaires".

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Congrès

5 Juin 2010, 05:37am

Publié par PCF Villepinte

Le PCF remet ses choix en discussion
humniteEn préparation du congrès du 18 au 20 juin prochain, les communistes sont invités à débattre de l’avenir du Front de gauche avec, dans la ligne de mire, les élections de 2012.

Dans leur document d’orientation, les communistes voulaient, lors de leur dernier congrès tenu du 11 au 14 décembre 2008, « rassembler une majorité pour battre Sarkozy » et « trouver une issue de progrès social et humain à la crise du capitalisme ». Un « processus  » impliquant des « rendezvous  », parmi lesquels « un congrès d’initiatives et d’actions  » à « mi-parcours ». C’est ce « congrès d’étape » qui est convoqué du 18 au 20 juin, à la Défense. Ce 35e Congrès n’a pas pour tâche de redéfinir les orientations définies au précédent congrès, mais d’« évaluer le chemin parcouru pour décider de franchir de nouvelles étapes » notamment dans l’objectif de construire un très ample « front progressiste et citoyen ». Cette démarche s’est traduite par la constitution du Front de gauche (PCF, Parti de gauche et Gauche unitaire) aux élections européennes de juin 2009 (6,45 % des voix) puis, élargi à de nouvelles composantes, aux régionales de mars dernier dans 17 régions sur 22 (6,95 % des voix). C’est de l’avenir de cette expérience qu’il sera question en particulier lors du congrès.

« Nous sommes parvenus à réinstaller dans le paysage un nouveau chemin d’espoir à gauche, estime l’un des documents soumis au débat des communistes, et consacré à la « poursuite » des choix du 34e Congrès. C’est un acquis précieux et prometteur qui valide à cette étape notre choix de congrès. » Mais sa mise en oeuvre suscite « des débats » et des « contradictions » dans la perspective des élections de 2012 entre partenaires du Front de gauche et qui exigent de « pousser l’évaluation » pour les « dépasser » et engager « une nouvelle phase », dit le texte.

PRÉSIDENTIELLE-LÉGISLATIVES, LE DOUBLE ENJEU

Il ne s’agit de faire du Front de gauche ni « un cartel  » ni un « nouveau parti », mais une « démarche politique citoyenne et politique ouverte » : « C’est le double enjeu des élections présidentielle et législatives de 2012 : nous voulons battre Sarkozy en créant les conditions, pour l’après-Sarkozy, d’une nouvelle ère politique, sociale et démocratique. Cela ne se fera pas sans créer les conditions d’une intervention populaire et d’une majorité de changement à gauche », poursuit le document. Plusieurs questions sont posées aux communistes : « Comment faire émerger les grands repères d’un projet populaire réellement transformateur  ? » ; « comment créer les espaces d’engagement des acteurs du mouvement sociaux et citoyens dans le Front de gauche ? » ; « comment permettre aux milieux populaires de s’approprier le Front de gauche ? »

Pour éviter le « piège » de la « bipolarisation », le document propose de travailler en priorité au « rassemblement maximal sur un projet partagé, […] la désignation d’une candidature à l’élection présidentielle (devant) s’appuyer sur ce processus et non le précéder ». Le texte se prononce pour un débat « sans tabou » dès maintenant, mais propose de trancher le nom de la candidature au « congrès de 2011 ». Il s’agit de préparer « les élections présidentielle et législatives en revalorisant ces dernières, pour faire dominer dans le débat la construction d’un projet et d’une majorité de changement », insiste le document. SÉBASTIEN CRÉPEL

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Législatives en Grande-Bretagne

3 Mai 2010, 12:23pm

Publié par PCF Villepinte

Une semaine en Grande-Bretagne


À quatre jours des législatives, plongée dans la crise sociale britannique.
Premier volet de notre enquête avec le reportage de notre envoyé spécial dans le quartier d’East End, à Londres

Dans l’ombre de la City, ce quartier populaire subit de plein fouet les effets de la crise économique. Accroissement du temps partiel, baisse du plein-emploi : la lutte contre la précarisation est au quotidien.

Londres, envoyé spécial

La vieille et opulente City et les tours modernes de Canary Wharf masquent l’East End. Ce monde de l’ombre marquée par les migrations successives (la plus récente étant celle des Bangladais) ne se livre pas facilement. Du passé, il a gardé l’histoire âpre des tisserands, des tailleurs, des dockers et du début du mouvement syndical. Mais aussi de Spitalfields à Whitechapel, il a longtemps traîné une réputation de soufre, Jack the Ripper (Jack l’Éventreur) y a sévi.

Aujourd’hui East End, bouillonnant d’activités de services, de petites entreprises, et sans grâce, est aussi un territoire de précarité et de pauvreté. À peine dix-huit ans, Mark Lucas entame son énième job, le dernier en date, poseur de parquet pour un salaire horaire minimum de 4,85 livres (1 livre égale 1,15 euro). À sa grande honte il confie avoir dû recourir à un prêteur sur gage à Barking, à qui il a temporairement cédé une montre, contre 50 livres, afin de pouvoir prendre les transports et honorer sa première semaine de contrat. « Si mes parents le savaient, ils me tueraient, mais je ne voulais rien leur demander  », dit-il. Ce n’est pas faute d’avoir démarché auprès de Job Centre Plus (agence pour l’emploi) où il était inscrit après trois semaines d’inactivité : « Ils n’ont rien voulu savoir, ils m’ont répondu que je ne n’aurai rien, ils n’incitent pas vraiment les gens à travailler. » Seule consolation pour Mark, il s’est empressé avec son premier salaire de racheter sa montre, y laissant au passage une dizaine de livres supplémentaires à l’usurier.

En Angleterre, le salarié a le « droit » de travailler autant qu’il veut notamment par le biais de l’opt-out

Des histoires semblables sont légion, de Brick Lane à Bethnal Green and Bow, où les portes d’une vie un peu meilleure se referment les unes après les autres faute de solvabilité. Le travail temporaire forme une armée de salariés exploités. Comme Sadie Taylor, une jeune mère de deux enfants, contractuelle dans un centre d’appels pour les télécommunications. Elle raconte son univers quotidien, un salaire moitié moins que celui d’un salarié permanent, congés amputés, absence de cotisations retraite, ni congés de maladie, ni congés de maternité. « C’est une véritable discrimination. J’ai dû arracher des horaires aménagés pour les enfants quand ils sont octroyés automatiquement, aux autres, déclare Sadie. Vous êtes piétiné. Les organismes de crédit ne vous accordent pas de prêt parce que vous êtes “temporaire”. J’essaie de positiver pour les enfants. Mais que c’est démotivant ! »

En Angleterre, le salarié a le « droit » de travailler autant qu’il veut notamment par le biais de l’optout (refuser de), une disposition lui permettant de lever l’obligation des 48 heures hebdomadaires légales. Une aubaine pour les patrons. Cet instrument favorise la flexibilité tous azimuts de l’économie, constitue pour les syndicats des TUC (Trades Union Congress) un « terrible abus » au détriment des travailleurs. C’est un véritable chantage à l’emploi. Pour ceux qui en ont un. Car nombre de Britanniques ont quitté le circuit, et parfois depuis longtemps. C’est la face cachée du new deal monté au pinacle de la réussite économique des années Blair. La bonne performance britannique résultait aussi alors des efforts déployés par le gouvernement pour évincer le maximum de personnes des statistiques du chômage, aujourd’hui plus de 2,5 millions. Elles ne prennent toujours pas en compte les 2,5 millions d’adultes sortis des chiffres considérés comme inaptes au travail.

L’année 2009 a été particulièrement difficile pour la famille d’Andy et Gala Wallace et leurs trois enfants. Ils ont été frappés de plein fouet par les retombées de la crise financière quand, il y a quatorze mois, Andy a perdu son emploi de conseiller hypothécaire auprès d’une banque. Depuis Andy, trente-neuf ans, suit une reconversion pour devenir chauffeur de taxi. Julie occupe un poste à mi-temps dans un supermarché, et l’ordinaire du couple est amélioré grâce à la garde d’enfants à domicile, non loin de l’école de Bethnal Green. Selon l’institut de recherche Resolution Foundation, 14 millions de Britanniques, dont le salaire annuel brut est compris entre 13 500 et 25 800 livres, sont considérés comme des travailleurs pauvres. Ils ont soit perdu leur emploi ou se sont vu imposer une réduction de leur temps de travail en raison de la récession. Ils n’ont pas d’épargne et ont du mal à joindre les deux bouts. Pour Sophia Parker, directrice de la fondation, « ces gens sont oubliés, ils sont victimes du système et en grande difficulté financière ». Elle ajoute qu’ils sont trop riches pour être admissibles aux prestations de l’État mais qu’ils n’ont aucune possibilité de se retourner. Résultat : « Ils luttent pour conserver leur indépendance économique. » « Je ne peux pas dire que c’est facile, nous confie Andy. Nous recevons les allocations familiales et le crédit d’impôt, le cinquième seulement du revenu mensuel. Mais je n’ai pas de dette et aucune carte de crédit. Nous avons fait une croix sur nos vacances. J’ai également arrêté de payer mes cotisations retraite. » Sa seule planche de salut, désormais, faire le taxi.

Les droits liés au travail sont essentiels pour surmonter la pauvreté

À l’opposé de East End, au nordouest de Londres, dans le quartier de College Park où se mélangent ouvriers et classes moyennes, et de multiples communautés, Daniel Blaszkiewicz attend patiemment sur son canapé que son employeur, un sous-traitant pour le métro de Londres, daigne lui confirmer par téléphone le renouvellement de son contrat pour le week-end du 1er Mai. Daniel est ingénieur en sécurité dans le métro, originaire de Gdansk. « Pour rien au monde » il ne souhaite repartir, le travail le week-end, 200 livres par jour, lui rapporte autant qu’une semaine pleine, en tout cas beaucoup plus qu’en Pologne. « De temps à autre je passe un autre contrat avec une société d’affichage en tant que colleur pour arrondir les fins de mois et payer la maison. » Anna, sa femme, est lady cleaner, femme de ménage à domicile.

L’affaire a failli se gâter pour Daniel et ses 200 collègues quand sa compagnie privée, intervenant pour le compte du tub, a décidé de réduire de 11 % le salaire contractuel et de supprimer des emplois. Si les négociations ne sont toujours pas achevées, la majorité des salariés a signifié tout net son refus de telles propositions et dans un même élan, la majorité d’entre eux a adhéré au syndicat RMT. « Pour se défendre », ajoute Daniel, amusé. Il voit poindre cependant avec anxiété l’après-élection, l’austérité, et un mauvais coup de sa compagnie pour mener à terme ses projets contre eux. Tout au long des treize années de pouvoir travailliste les politiques sociales et d’emploi ont consisté à rendre les Britanniques, salariés ou chômeurs, personnellement responsables de leur sort, la compétitivité à outrance rognant toujours plus sur les garanties sociales. Dans ce contexte les trades union, en association avec une multitude d’associations, d’ONG et organisations confessionnelles, ont posé publiquement la question sociale en termes de citoyenneté et de dignité, en lançant une grande campagne « Fair Jobs », des emplois justes. Selon l’une des animatrices de cette coalition, Frances O’Grady des TUC, « les droits liés au travail sont essentiels pour surmonter la pauvreté ». La proposition est la définition d’un statut de l’emploi pour assurer les protections sociales fondamentales. Car les Daniel, Sandy et des millions d’autres ont trop la hantise du lendemain.

BERNARD DURAUD


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politique

30 Avril 2010, 13:28pm

Publié par PCF Villepinte

Les socialistes esquissent leur France d’après
Réuni en conseil national, mardi dernier, le Parti socialiste a adopté à l’unanimité son « modèle économique ». 

Dépassant les débats entre « réalistes  » et « laxistes », ils placent le modèle productif au centre de leur projet.

 

Pour la première fois depuis longtemps, ils parlent au futur. Après des années passées en thérapie de groupe, les socialistes ont digéré leurs échecs électoraux et tentent désormais de dessiner un projet. « En 2002 comme en 2007, nos défaites à l’élection présidentielle puis aux législatives n’ont pas eu pour cause une insuffisance de mesures  ; en revanche, il nous manquait sans doute une architecture. Il faut une vision de la société et c’est à cela que nous travaillons aujourd’hui », lançait, mardi, Martine Aubry à ses troupes réunies en conseil national afin d’adopter le document portant sur le « nouveau modèle économique, social et écologique », piloté par Pierre Moscovici. Ce texte sur lequel les militants devront se prononcer le 20 mai prochain pose d’abord le constat de « l’effondrement d’un système ». À la lecture du document raisonnent d’ailleurs les mots de Jospin à l’adresse des salariés de Michelin  : « L’État ne peut pas tout », aujourd’hui le PS semble avoir pris le contre-pied en préconisant un changement de modèle. « Il n’y a pas d’un côté le nouveau modèle dont chacun rêve, mais que nous n’aurions pas les moyens de construire, et de l’autre les contraintes de la réalité à gérer au mieux », annonce ainsi le préambule.

Attachement au modèle productif

L’une des propositions les plus emblématiques de ce travail réside dans l’idée de créer un pôle public d’investissement industriel, « décliné territorialement sous forme de fonds régionaux d’investissement, adossé à la Caisse des dépôts et consignations, à la Banque de France, à la Banque postale et à Oséo » et crédité en partie par le crédit impôt recherche. C’est une manière de marquer leur attachement au modèle productif. L’accent est porté sur la conditionnalité des aides publiques à des contreparties sociales et environnementales. Par ailleurs, les socialistes disent vouloir augmenter « le coût des licenciements économiques dans les entreprises florissantes », « instaurer une obligation de remboursement préalable des aides publiques reçues moins de cinq ans » avant toute procédure ou fermeture de sites. Enfin, sur ce chapitre, il est également question de donner plus de droits aux salariés. Dans le cadre d’une entreprise comme Molex, où la direction entrave volontairement sa pérennité, les salariés pourraient « saisir le tribunal de grande instance ». Plus loin, il est question d’un « compte formation » mis à la disposition de chaque Français et d’une extension de l’assurance chômage financée par une majoration des cotisations sociales des entreprises « employant un quota trop élevé de travailleurs précaires et par une révision des exonérations de cotisations sociales sur les bas salaires ». Dans cette perspective, il est par ailleurs fait référence à la nécessité de revoir la répartition des richesses entre le capital et le travail. Ainsi, disent-ils, dans les entreprises où la puissance publique possède des parts, les salaires devraient être « compris dans une échelle de l’ordre de 1 à 20 » tout en étendant la présence des salariés dans les conseils de surveillance et en améliorant leur information sur la situation et les politiques de leurs sociétés.

la finance au service de l’économie réelle

Autre point important du texte  : remettre la finance au service de l’économie réelle en favorisant les investissements à long terme. De même, le PS entend durcir certains ratios imposés aux banques, limiter les bonus. Enfin, la « révolution fiscale » prônée par le PS s’engage dans le sens d’un « seul impôt progressif prélevé à la source » qui verrait la CSG et l’impôt sur le revenu fusionner, la suppression des niches fiscales et l’augmentation de la fiscalité sur le patrimoine. Loin d’être programmatique, ce texte servira néanmoins de socle à un PS remis au travail.

Lina Sankari

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Corse

23 Avril 2010, 18:06pm

Publié par PCF Villepinte

 

Enquête:

 Les Corses veulent tourner la page

Après-régionales. Dans un paysage marqué par le clanisme et les petits arrangements entre amis, l’opinion publique insulaire a, à sa façon, réhabilité la politique en choisissant une gauche mieux ancrée incarnée par la figure emblématique de Dominique Bucchini, nouveau président de l’Assemblée territoriale.

Envoyé spécial.

« Vous avez imaginé un nouveau printemps  ! » Les mots de Léo Micheli, grande figure de la résistance en Corse, sonnaient juste. Ce soir-là, à Borgo (Haute-Corse), les acteurs de la victoire de la gauche aux régionales, plus précisément ceux qui avaient fait le choix de défendre la liste conduite par Dominique Bucchini (PCF) dans un contexte de fortes divisions, à gauche comme à droite, étaient invités à fêter leur campagne. Et tout particulièrement l’élection de leur tête de liste à la présidence de l’Assemblée territoriale.

Les quelque 400 personnes (on refusera du monde) venues partager la paella ne cachaient pas leur joie. Quelque chose d’inédit se passe en ce moment en Corse. Bien au-delà de la seule éviction du pouvoir régional d’une droite toute-puissante depuis un quart de siècle. Une Corse qui veut croire en « une démocratie apaisée », selon les termes de Dominique Bucchini lors de son élection, après des années de magouilles politiciennes rythmées par les bombes et souvent les assassinats, comme si les unes et les autres participaient d’un même couvercle asphyxiant les aspirations d’un peuple. Qui ne demande qu’à vivre. Dans la dignité et le respect. Et l’a dit, en l’exprimant à première vue de façon contradictoire, à l’occasion de ces régionales. Lesquelles, ici, ont un sens politique spécifique dans la mesure où le pouvoir régional, institutionnellement et pragmatiquement, concentre un intérêt d’autant plus vif que Paris semble loin, condescendant, et sourd aux battements des coeurs insulaires. Au point que des extrémistes nationalistes ont cru pouvoir y assassiner un préfet. Au point aussi que l’Élysée y a vu souvent un terrain d’expérimentation politique, le dernier élément en date étant la modification du mode de scrutin, sur demande de l’UMP régionale, anticommuniste à tendance pétainiste, et avec l’appui du PRG corse, à moins d’un an des élections. Le but étant de marginaliser une partie de la gauche au mépris de la pluralité et de favoriser une gouvernance de recomposition consensuelle sous le seul signe « du mieux-disant électoral », comme le souligne Michel Stefani, secrétaire fédéral de Haute-Corse et secrétaire du comité régional PCF.

Le seul pôle inoxydable de gauche

Le tout alors que circulaient des rumeurs, non vraiment démenties par l’intéressé, donnant ministrable par Fillon Paul Giacobbi (PRG). Paul Giacobbi fera in fine le choix de la gauche. Jusqu’à devenir le président de l’exécutif de l’Assemblée : le scénario initial a échoué.

Qu’est-ce qui a bien pu faire capoter cette tentative de perte de repères ? À gauche, les choses semblaient bien mal engagées. Elles se traduiront d’ailleurs par la présence de quatre listes au premier tour. Avant d’en arriver là, en août 2010, une opération « Convergences à gauche » sous la houlette d’Émile Zuccarelli (PRG) avait pour ambition d’additionner des personnalités en faisant fi de leurs engagements partidaires sous couvert d’une union à tout prix sans contenu et s’exonérant de démarche politique claire. Jusqu’à isoler le PCF. Des arrière- pensées législatives mineront le calcul. C’est pourtant l’opinion publique qui forcera le destin en refusant la perpétuation de ces habitudes politiciennes posées comme sport régional par ceux qui s’y complaisent. Peut-être est-ce à ce moment-là que les regards se sont portés sur la liste Bucchini. Figure emblématique d’une gauche précisément sans complaisance envers aussi bien la violence nationaliste que les petits arrangements entre amis, l’homme est un point de repères stables sur l’échiquier politique dans une Corse où la résistance, notamment communiste, reste une valeur constructive.

Au cours de la dernière mandature, les élus régionaux ont constitué le seul pôle inoxydable de gauche sur tous les dossiers. Ceux des luttes contre la cherté de la vie, les bas salaires, la précarité de l’emploi, la casse du service public, la volonté d’améliorer la couverture sanitaire, l’exigence de construire des logements sociaux pour faire reculer la pression spéculative et les dérives affairistes et mafieuses. Ou aussi, plus globalisant, celui du Padduc (aménagement du territoire et projet de société), nettement inspiré par les canons ultralibéraux européens. Un projet alternatif à celui élaboré par la droite sera largement popularisé dès mars 2009, et utilisé comme un véritable projet pour la gauche à l’occasion de quelque vingt-deux rencontres microrégionales au mois d’octobre, alors que les partenaires à gauche se débattaient dans une mélasse peu ragoûtante. Cela aboutira au retrait du texte, la droite le soumettant de fait à une approbation électorale de ses candidats.

une gauche rassemblée au second tour

Dans la foulée, des états généraux de la gauche ont été tenus, quelque 300 initiatives avec les candidats et Dominique Bucchini ont été assurées en cinq mois, au prix d’innombrables kilomètres à travers les deux départements. « Cette expérience a mis en évidence la possibilité de susciter une dynamique populaire sur des objectifs précis, note Michel Stefani, dès lors qu’à gauche s’engage une action commune conforme aux attentes sociales et démocratiques », puisque le PCF n’avait pas déserté l’initiative « Convergences à gauche », mais en mettant l’accent sur le contenu de l’alternative et en proposant d’organiser une rencontre des partis de gauche afin d’y voir plus clair sur les intentions et les objectifs de chaque formation. Pour Dominique Bucchini, il s’agissait de donner un coup d’arrêt à la politique de la droite en Corse et de faire en sorte que l’Assemblée ne soit plus le relais du gouvernement Fillon-Sarkozy. La question n’étant pas de se différencier pour se différencier. « Ce débat n’était pas un obstacle ni un drame, dans la mesure où, de manière responsable, nous proposions clairement que la gauche se rassemble au second tour », explique Michel Stefani. D’autant que des gens venus d’horizons politiques différents à gauche ont alors été sensibles à cette approche visant à réellement changer dès 2010, et Dominique Bucchini étant le premier à se positionner et à ne rien cacher de son attitude au second tour.

René Amoretti est de ceux-là. Militant PS depuis dix ans, enseignant, il constate que « le PS en Corse est phagocyté par les Radicaux de gauche en perdition ». Il a vu dans l’attitude du PCF avec le Front de gauche « un espace politique, une vision à gauche, des idées antilibérales ». « Avec le libre-échange, on va dans le mur ». Aujourd’hui, il a bien l’intention de faire vivre cet espace et envisage avec quelques autres de se structurer au sein de celui-ci « pour exister collectivement ». Roland Orève a un autre parcours. Fonctionnaire, il s’est jusque-là surtout engagé dans l’humanitaire et le sport de haut niveau. Désormais, il est décidé : « Je vais prendre mon droit de parole. » Depuis trente ans, il a tout observé en Corse. Son constat : « Pas de changement.  » Cette fois, il a participé à la campagne de « la seule liste de gauche anticapitaliste, avec l’image médiatique de Dominique Bucchini qui inspire le respect ». Il avoue : « Il était naturel que je regarde cet espoir à gauche, avec un PCF dans ses plus beaux fondements. » S’il ne cache pas avoir ressenti des craintes au second tour où l’on a transigé avec ceux qu’on a beaucoup critiqués, il remarque : « Nous avons désormais en Corse une gouvernance qui tire vers la gauche. » Mais il observe : « La jeunesse n’est pas ici. » Selon lui, « les nationalistes ont pris la place des communistes dans les quartiers ».

Car le score des nationalistes « modérés », conduits par le tandem Simeoni-Angelini, est aussi le deuxième constat à l’issue du scrutin régional. Et une partie de la jeunesse n’y est pas pour rien. Pierre, vingt et un ans, étudiant en droit, est amer. « Autour de moi, tous les jeunes ont voté pour eux. Impossible de discuter.  » Maria, vingt-quatre ans : « Il y a un enthousiasme que je partage pour les nationalistes non violents. Et pourtant, je sais bien qu’ils n’ont aucun discours social. » Pierre : « Ils influencent une jeunesse non politisée. Leur discours est populiste, démagogique. Ils ont promis d’augmenter les bourses des étudiants de 200 %. Ils apparaissent, eux aussi, comme porteurs de nouveauté dans le paysage clanique, y compris pour de moins jeunes qui ont voté communiste ou socialiste dans le passé. Pourtant, ils n’ont pas clairement dit non à la droite. Il prend garde de ne pas les associer aux durs de Corsica Libera, conduit par Talamoni. « Eux, ne condamnent pas la violence. » Sans plus de nuance, il les associe « au vote Front national sur le continent ». Stéphane, la quarantaine, voit dans le score des modérés « plein de choses qui ont fonctionné : la jeunesse, le look, le niveau de crédibilité du discours, le refus de la violence, même si Simeoni est plus ambiguë sur ce sujet ». Ce qui a séduit, analyse-t-il, c’est le ni gauche ni droite : « Ils sont peut-être de gauche, peut-être de droite. Ainsi qu’un côté écolo. » Le tout sur la base d’un constat : la faillite des clans.

Or, estime Stéphane, ici, « rien ne peut se faire sans les nationalistes. Le fait nationaliste a accompagné toute la vie politique de ceux qui, aujourd’hui, sont des quarantenaires, même si les gens ne sont pas dupes et savent qu’ils sont la bourgeoisie de demain. Des gens de droite écoeurés par la droite ont voté pour eux. C’est le 1981 de la Corse ». Dans le même temps, Stéphane fait un parallèle avec le vote Bucchini : « Une aspiration à tout changer, à bousculer, droit dans ses bottes, valeur sûre. »

« C’est dingue ce qui se passe », lance Stéphane. Vote nationalistes modérés, vote Bucchini ? Une même aspiration à des pratiques nouvelles ? Et une condamnation de la droite ? Si l’analyse est juste, la gauche ou les nationalistes sont désormais au pied du mur. Avec une responsabilité toute particulière pour la seconde. Dominique Bucchini : « Que le mouvement populaire irrigue la société corse et remonte jusqu’à la présidence de l’Assemblée et on vivra mieux dans une Corse toujours plus ouverte.

DOMINIQUE BÈGLES

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