Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

art et cuture

Trésor de banlieue à Gennevilliers

31 Octobre 2019, 07:43am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 29/10/2019 par PCF

Le 24 octobre, Hervé Di Rosa présentait son travail de rénovation de la fresque de la Jeunesse qu'il avait offert en 1996 à la JC pour son siège national.

Une exposition donne à voir les liens entre les artistes et les communes qui sont ou ont été dirigées par un·e maire communiste, d'hier et d'aujourd'hui. Des visites guidées sont possibles. Jusqu'au 30 novembre.

https://tresorsdebanlieues.com/exposition

Voir les commentaires

Ken Loach : « Plus besoin d’un patron pour exploiter les gens, la technologie s'en charge »

27 Octobre 2019, 07:24am

Publié par PCF Villepinte

Ken Loach : « Plus besoin d’un patron pour exploiter les gens, la technologie s'en charge »

Jeudi, 24 Octobre, 2019

Michaël Mélinard

Le nouveau film de Ken Loach, « Sorry We Missed You », aborde les ravages de l’ubérisation et de la soustraitance. L’occasion de rencontrer un cinéaste au regard toujours aussi acéré.

Entre une émission de télévision et la présentation d’une avant-première de son nouveau film, «Sorry We Missed You», avec des livreurs de Deliveroo, Ken Loach nous a, comme c’est devenu une habitude, accordé de son temps. Même lorsque, retardé par une manifestation, il se confond en excuses, le cinéaste britannique dégage une étonnante quiétude. Pourtant, à 83 ans, le double lauréat de la palme d’or n’a rien perdu de son regard acéré sur le combat quotidien de la classe ouvrière pour garder la tête hors de l’eau. Rencontre avec un cinéaste humble et généreux.

À la lueur de votre film, que vous inspire le slogan popularisé par Nicolas Sarkozy «Travailler plus pour gagner plus»?

C’est la propagande classique des patrons et des représentants politiques des grandes entreprises pour persuader les travailleurs de se laisser exploiter. Ils s’en servent pour convaincre les gens que le mouvement d’un travail sécurisé, avec une journée de 8 heures et 35 ou 40 heures par semaine, vers les emplois précaires est un progrès. Ils utilisent donc un langage. Ils affirment que le droit du travail n’est pas indispensable, qu’être son soi-disant patron est bien, avec des expressions comme «être maître de son destin». C’est absurde.

Mais ils essaient de faire progresser cette culture entrepreneuriale. Il faut être un vainqueur et pas un perdant. Leur discours est une escroquerie parce qu’ils savent que, pour qu’ils soient compétitifs, le travail doit être moins cher. Les autoentrepreneurs sont en concurrence avec les grosses entreprises pour fabriquer des biens ou offrir des services. Pour y parvenir, on doit exploiter davantage les travailleurs, les faire travailler plus en les payant moins. C’est inhérent au système. Ces gens mentent. Ils ne peuvent pas être assez stupides pour ne pas se rendre compte de leurs mensonges.

Uber a 10 ans. Comment toutes les compagnies de ce type parviennent-elles à profiter des travailleurs?

Elles utilisent juste les nouvelles technologies. Les grandes entreprises s’en sont emparées pour encourager l’exploitation. Ils contrôlent les chauffeurs livreurs, comme Ricky (le héros de «Sorry We Missed You» – NDLR), avec un appareil électronique qui indique où ils sont, ce qu’ils font, s’ils ont livré en temps et en heure chaque personne. Ils n’ont pas besoin d’un patron de la vieille école pour leur dire de travailler dur. L’appareil – son pouvoir de contrôle – fait le boulot à sa place. Ces nouvelles technologies devraient profiter à tout le monde. Mais elles ne sont pas utilisées dans ce but.

Abby, la femme de Ricky, est aide-soignante et travaille pour une agence sous-traitante. Dans quelle mesure cette précarisation du travail s’est-elle imposée dans le quotidien des Britanniques?

Il est habituel pour le personnel de santé, majoritairement employé par des agences. Les agences gagnent les contrats de sous-traitance parce qu’elles ne sont pas chères. Le gouvernement a réduit de 40 % à 50 % les fonds destinés aux municipalités dans ce domaine depuis 10 ans. Pour maintenir les services à la personne, celles-ci doivent trouver des agences vraiment peu onéreuses. Avant cela, ces travailleurs étaient directement employés par les municipalités avec un contrat de 8 heures par jour, cinq ou six jours par semaine et payés régulièrement. Aujourd’hui, les agences ne paient que lorsque les travailleurs sont dans les maisons des patients. Mais la plupart de ces femmes se déplacent avec les transports en commun. Elles passent une heure pour aller chez leur patient. Et elles ne sont payées que pour les 20 minutes qui leur sont allouées pour s’en occuper. Cela coûte moins cher aux municipalités. Mais le personnel de santé en pâtit.

Ces coupes gouvernementales ont des conséquences sur tout le secteur de la santé. Il n’est pas soutenu par le gouvernement, qui veut pousser les gens vers un modèle américain d’assurance privée. Depuis 10 ans, deux tiers des nouveaux emplois de ce secteur sont devenus précaires.

Que signifie la séquence où l’une des vieilles patientes d’Abby, une ancienne militante syndicale, lui montre des photos de ses années de luttes?

C’est à propos de la mémoire d’une période où les gens étaient forts. Ils avaient de bons boulots, les syndicats étaient puissants. C’est une manière de dire au public: «Vous avez eu cette force une fois, il faut la retrouver, redécouvrir cette puissance que vous aviez par le passé pour faire des changements.»

Oui, mais cette femme est incontinente, abandonnée par sa famille comme si cette frange de la gauche avait perdu la bataille des idées…

Elle a perdu la bataille des idées! Ce n’est pas surprenant. La droite contrôle les médias et les entreprises de communication. Le défi implicite est de retrouver ces idées, de se rappeler comme elles étaient fortes, les conquêtes qu’elles ont permises: le droit du travail, la journée de 8 heures, la semaine de 40 heures, les congés payés, les congés maladie. L’idée du capitalisme est très forte. Mais les structures du capitalisme sont très fragiles. Chaque semaine, une entreprise s’effondre, comme cette grande compagnie de voyages (Thomas Cook – NDLR). Le capitalisme impose son modèle très destructeur aux classes populaires, mais cette situation n’est pas figée.

Pourquoi alors est-ce si difficile de sortir de ce système?

Les dettes. Les gens s’endettent. C’est comme parier. Quand vous gagnez de l’argent, vous restez. Mais si vous avez un accident, et que vous vous endettez, vous devez continuer à travailler deux fois plus dur pour rembourser. Si vous avez un problème de santé, vous êtes comme Ricky emprisonné dans votre van. Quelqu’un nous a raconté une histoire très triste à ce propos. Celle de Don Lane, un cinquantenaire diabétique qui faisait des petits boulots. Il a pris sa journée pour aller à un rendez-vous à l’hôpital. Même s’il était soi-disant à son compte, la compagnie l’a sanctionné. À cause de ses difficultés financières, il n’est pas allé au rendez-vous suivant. Il s’est effondré au travail, victime d’une crise cardiaque à 53 ans. Sa femme, une charmante dame, se bat pour essayer d’obtenir des compensations de la compagnie.

La conscience et la fierté d’appartenir à la classe ouvrière semblent avoir disparu de ce film…

Abby et la vieille dame ont cette fierté.

Mais les enfants semblent moins les avoir…

Le système travaille contre cela, essaie de détruire ce sentiment d’appartenance. La propagande pour la culture entrepreneuriale est partout avec ces programmes télévisés creux, comme «The Apprentice» (une émission de téléréalité où un patron offre au vainqueur de l’argent pour monter sa propre entreprise, et dont Trump a présenté la version américaine – NDLR). La gauche doit se réaffirmer en réclamant des logements et des emplois sûrs et durables. C’est en commençant par ces demandes qu’on retrouvera de la fierté.

Que vous inspire le Brexit?

C’est un bazar sans nom provoqué par la droite, qui n’arrive pas à trouver d’issue. Il est né d’un conflit entre deux pans de la droite. Les entreprises veulent rester dans l’Union européenne pour le marché. L’extrême droite veut une économie dérégulée hors de l’Union européenne avec des bas salaires, peu de taxes, des investissements facilités, source d’immenses profits. Une bonne partie des gens ont voté en faveur du Brexit parce qu’ils étaient mécontents de la manière dont les choses se passaient. Ils ont rejeté la faute sur l’Europe.

C’est le chaos et j’ignore ce qu’il va se passer. Mais le grand problème de notre pays est d’abord le travail précaire, le démantèlement des services de santé, le problème du logement, l’état dramatique des transports publics, le manque d’investissements dans des régions comme le Nord-Est où nous avons tourné. Ces problèmes sont bien plus importants que le Brexit. Ils existent alors que nous sommes dans l’Union et existeront une fois que nous l’aurons quittée.

Entretien réalisé par Michaël Melinard

 

Voir les commentaires

Municipales : Des villes numériques pour l’humain

25 Octobre 2019, 07:28am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 22/10/2019 par PCF (extraits)

Les expressions de ville intelligente, de smart city, de ville numérique fleurissent avec la promesse de nombre de services censés faciliter la vie et rendre l’espace urbain plus interactif, plus participatif, plus mobile, plus écologique, et plus sûr.

Au-delà des belles promesses d’un avenir radieux, il y a une réalité : nous sommes et nous serons de plus en plus connecté·e·s et entouré·e·s de capteurs (objets du quotidien connectés, smartphones, véhicules connectés, géolocalisation, mobiliers urbains, caméras, puces RFID, implant corporel…) qui collectent en permanence des milliards de données sur notre vie et notre environnement.

L’enjeu est de savoir si les politiques publiques de demain seront élaborées et mises en œuvre par les habitant·e·s avec leurs élu·e·s, où si elles seront dictées par IBM, Cisco, Siemens, huawei et les grandes plateformes du capitalisme global.

Une politique communale de la donnée devient nécessaire. Il s’agit de considérer que l’ensemble des données recueillies par les différents services communaux et propres aux compétences de la commune, et par les différents capteurs urbains installés sur la voie publique et les bâtiments municipaux forme un Commun de la ville qui doit être placé sous gouvernance municipale.

Deux scénarios d'avenir

En matière de sûreté des personnes, deux scénarios d’avenir sont possibles : soit une ville sécuritaire où chacun est surveillé en permanence par divers capteurs et sera noté en fonction de son comportement, soit au contraire ces capteurs sont mis au service d’une conception solidaire de la ville, afin de protéger les personnes en situation de fragilité et d’isolement, et ainsi pouvoir anticiper sur les risques et dangers qu’elles courent, et afin aussi de rompre l’isolement par une mise en réseau de toutes et tous. Les plateformes sociales participatives peuvent jouer un rôle de médiateur afin d’établir des liens de confiance et de solidarités : garde et accompagnement à l’école d’enfants, récupération de courrier et de colis en absence, accompagnement pour des opérations ambulatoires, petits travaux, prêt de matériels…

L’objectif ne doit pas être de dématérialiser les services publics municipaux mais de bâtir des systèmes d’information qui fassent sens par rapport au projet de service public de la ville.

Le fait qu’une commune dispose d’une masse considérable de données permet d’avoir une vision globale de la ville, de ses évolutions et d’anticiper sur les besoins sociaux, sanitaires, culturels, écologiques, éducatifs, d’urbanisme et de mobilité. Mettre tous ces éléments à disposition de la population pour décider ensemble et simuler différents scénarios d’avenir de la ville devient un véritable acte de démocratie et d’écologie participative.

Nos concitoyens et concitoyennes n’ont pas besoin de ville technologiquement intelligente, mais de ville politiquement intelligente, où l’humain est la solution et non le problème. C’est ce à quoi œuvrent les communistes et leurs élu·e·s.

Yann Le Pollotec

Responsable national à la révolution numérique

 

Voir les commentaires

Alain Souchon - Âme Fifties [Face A]

29 Septembre 2019, 06:40am

Publié par PCF Villepinte

Voir les commentaires

COMMUN(S)

13 Septembre 2019, 08:28am

Publié par PCF Villepinte

Créance. Les idées ouvrent le chemin qui se fraie sous nos semelles. Le soleil va s’obstiner durant trois jours, à La ­Courneuve, enfonçant ses rayons, brèche après brèche, pavant la terre d’une fraternité à peine perdue de vue, d’une année l’autre, telle une route qui a depuis longtemps perdu tous ses secrets. Nous donnerons de la voix à chaque déplacement, pour soutenir l’existence de l’Humanité.
 
Quel meilleur lieu que la Fête? Chacun sait que le journal fondé par Jean Jaurès traverse l’une des crises financières les plus épouvantables de sa longue existence, et que, dans un mouvement spontané dont il convient d’apprécier l’ampleur avec gravité et enthousiasme, des centaines et des milliers de témoignages continuent d’affluer à la rédaction, avec une accélération notable ces derniers jours, due à la préparation de l’événement. Vous connaissez l’expression: nous sommes poussés dans le dos. Car cette épique aventure collective nommée l’Humanité ne nous est pas tombée du ciel.
 
Le bloc-noteur l’a déjà écrit: nous disposons d’une créance militante, la plus belle que nous puissions imaginer. Une certaine idée du partage collectif, partant du principe avéré que l’âme du journal, ses jolis emportements comme ses failles appartiennent à nos lecteurs et à tous ceux, innombrables, qui le soutiennent par le cœur et l’esprit. Personne ne s’en sort jamais seul. Les humains se sauvent ensemble ou pas du tout. Et nous ne sommes pas seuls!
 
Sacré. Par son attachement viscéral à «son» journal et ses envies d’en découdre pour le sauver, le peuple de la Fête le sait mieux que quiconque: notre histoire plus que centenaire, sans rentrer dans le détail de ses mécomptes (il y en a) et de ses merveilles (tant et tant), a dans son cœur un pacte avec la durée. Qualifions-la de temps-long. C’est rare, le temps-long. C’est même sacré. Il s’apparente à une vaste chaîne d’unions qui dépasse le passé et le présent. Ces mains tenues et solides constituent l’unité même de l’histoire de l’Humanité, ce « ­patrimoine national » qui est tout sauf un musée.
 
Pour s’en rendre compte, il suffit d’entrevoir l’inimaginable: que le journal de Jaurès puisse disparaître. Et imaginer – un instant, un instant seulement - la France dépourvue de ce bien commun, orpheline. Ce serait se taire, ne sachant plus répondre aux peines et aux alternatives du monde, cesser d’être le couteau bavard des plaies humaines. Dans ce journal aux multiples facettes qui extasient durant la Fête, le journalisme n’est pas un testament mais un acte de vie chaque jour ­recommencé, un cri de naissance perpétuel qui renvoie au cri de l’homme assassiné.
 
 

 

Voir les commentaires

FETE de l'HUMANITE

9 Septembre 2019, 13:53pm

Publié par PCF Villepinte

La fête de l'Humanité approche à grands pas et tout laisse à penser qu'elle sera une belle et grande fête populaire tant d'un point de vu des concerts que des débats avec de grandes personnalités nationales et internationales présentes.

La fédération PCF du 93 participe à faire de cette fête de l'Humanité un succès avec 3 moments forts sur son stand (avenue George Valbon):

rencontre_adp_fete_2019_v3-page-001.jpgSamedi 14 Septembre à 15h30 "Référundum ADP j'ai signé et toi?" avec Fabien Gay (Sénateur de Seine-Saint-Denis) et Daniel Bertone (Responsable CGT Air France). Pour plus d'information sur cette rencontre, clique ICI 

 

rencontre_libé_14_09_v7-page-001.jpg

Samedi 14 septembre à 17h30 "Rencontre pour la libération des enfants palestiniens emprisonnés en Israël" en présence de Pierre Barbancey (Grand reporter), Elias Sanbar (Ecrivain et délégué de la Palestine auprès de l'ONU) et Eyan Sivain (réalisateur et producteur Israêlien) Pour plus d'information sur cette rencontre, clique ICI

69467551_2429848127337847_2128406481307959296_o.jpg

 

Dimanche 15 Septembre à 12h30 une séance de dédicace autour du nouveau livre de Bernard Vasseur (Philosophe) "Communiste avec Marx". Pour plus d'information sur cette rencontre, clique ICI

 

En espérant t'y rencontrer 

Fraternellement

 

Voir les commentaires

Fête de l’Humanité.

8 Septembre 2019, 11:30am

Publié par PCF Villepinte

Fête de l'Humanité

 https://www.humanite.fr/sites/default/files/styles/1048x350/public/images/capture_decran_2019-09-06_a_20.40.38-01.jpeg?itok=u5G1Rwcs

Fête de l’Humanité. Aya Nakamura, Shaka Ponk, Eddy de Pretto, Kassav, Paul Kalkbrenner, Négresses Vertes, Marc Lavoine, Miossec, Didier Super...

Jeudi, 5 Septembre, 2019

La Fête de l’Humanité, ce n’est pas que la Grande Scène. Des dizaines d’artistes se produisent pendant les 3 jours de fête, qui couvrent une large part du spectre musical. Revue d’effectif.

Elle est le phénomène musical de l’année de l’année: Aya Nakamura déchaîne les foules partout où elle passe. Si celle qui cumule plus de 400 millions de vues sur son hit «Djadja» pouvait faire douter les plus sceptiques quant à sa prestation scénique, Aya Nakamura a prouvé le contraire! La chanteuse de pop urbaine va régaler la Grande Scène de La Courneuve et mettre le feu dès le vendredi (18h45). Aya Nakamura incarne presque à elle seule l’histoire de la Grande Scène et plus largement de la place de la musique à la Fête de l’Humanité: à la fois découverte et superstar, bête de scène et pourtant une proximité presque physique avec le public.

 

Voir les commentaires

Yann Moix, une jeunesse française

6 Septembre 2019, 08:12am

Publié par PCF Villepinte

https://1.bp.blogspot.com/-IHO77CNqlc4/XXEgp8F25TI/AAAAAAAAF6w/VYLGVTHdRKEX7YClTZQ0CIkfS9mQksQYgCLcBGAs/s1600/moix.jpg 

 

Nausée. L’affaire Yann Moix – surgie dans la torpeur de fin août comme un coup de semonce médiatico-culturel dont la France des Lettres a le secret – ne se limite pas à une guerre de tranchées familiale, ni à la question du repentir possible face à des «erreurs de jeunesse».

D’autant que l’intéressé maîtrise mal la cadence et la sincérité de ses mea culpa. À la suite des révélations de l’Express, n’oublions pas, en effet, qu’il lui avait déjà fallu s’y reprendre à deux fois avant d’avouer qu’il était bel et bien l’auteur non seulement de dessins, mais aussi de textes publiés dans un petit magazine étudiant, Ushoahia, à tendance négationniste et ouvertement antisémite.

Une petite semaine avant cette tempête, Grasset avait publié le nouveau livre de Yann Moix, Orléans, dans lequel il raconte en détail sa supposée enfance martyre, aussitôt niée par son père, puis surtout par son frère. En quelques jours à peine, l’écrivain venait de passer de candidat au futur Goncourt au statut, peu enviable, d’auteur de dessins et de textes antisémites dont la lecture donne la nausée. Car, venant d’un donneur de leçons de morale sur tout et n’importe quoi, nous sommes très loin de la «bande dessinée».

Après avoir menti et dissimulé ces abjections, tout autant que ses anciennes fréquentations – Frédéric Chatillon, Marc-Édouard Nabe, Alain Soral, Robert Faurisson –, voilà Yann Moix mis au jour sur des faits de jeunesse (certes) et contraint à une grande scène de repentance publique. Comme l’a écrit cette semaine l’écrivain Marc Weitzmann, «on est ainsi passé (…) du révisionnisme familial au révisionnisme tout court».

Le fond rance de ce pays, toujours recommencé. Auquel nous devons ajouter l’environnement germanopratin, favorable aux amitiés obscènes et faussement subversives dont Moix peut se revendiquer. Weitzmann précise: «C’est l’histoire d’un jeune provincial dont l’arrivisme et le goût pour l’abjection vont rencontrer un certain air du temps.» Ce qui le conduira à préfacer l’étrange livre de Paul-Éric Blanrue, le Monde contre soi. Anthologie des propos contre les juifs, le judaïsme et le sionisme (éd. Blanche), qui, «sous couvert de défense des juifs, n’est rien d’autre qu’une apologie complotiste de l’antisémitisme à la façon d’Édouard Drumont», comme l’a expliqué l’historienne Élisabeth Roudinesco dans une tribune donnée au Monde.

Dans cet ouvrage, Blanrue dresse la liste des vrais antisémites: Moïse, Isaïe, Spinoza, Lévi-Strauss, Clemenceau, Freud, Einstein, Stefan Zweig, Zola, Proust, Pierre Assouline, etc. «A-t-il regretté d’avoir rédigé cette préface? demande Élisabeth Roudinesco. Pas vraiment, même s’il affirme ne plus fréquenter Blanrue. Lequel dit le contraire. (…) Accuser les juifs d’être responsables de leur propre persécution, voilà un des thèmes majeurs du discours antisémite. Et ce n’est pas en se déclarant philosémite, lecteur du Talmud, amoureux du judaïsme et d’Israël, que l’on parvient à s’extirper de la boue antisémite.»

Arrangements. La surréaliste prestation de Moix chez Ruquier, dans On n’est pas couché, sur France 2, a comme parachevé un processus bien établi rive gauche: dénoncer à la marge le passé de l’auteur – qui a de nouveau eu tendance à minimiser sa participation à coups de petits arrangements avec la vérité – tout en assurant la promotion de son livre.

Une mécanique qui en dit long sur le fonctionnement d’un certain monde éditorial et journalistique, qui, en s’érigeant en arbitre d’une morale à géométrie variable par le spectacle et l’entre-soi, alimente le moulin à eau de la pire frange de l’extrême droite française. Elle éclaire aussi les compromissions d’un certain milieu littéraire, qui, au nom de l’esthétique, se dispense de penser politique et de «faire histoire».

Le bloc-noteur n’en revient toujours pas: certains, évoquant un «péché de jeunesse», sont même allés jusqu’à comparer Moix avec le grand résistant Daniel Cordier. Tout est donc possible. Même la bénédiction de Bernard-Henri Lévy, pourtant violemment visé par les caricatures et les textes du jeune Moix, mais mentor de longue date de ce dernier, qui lui a accordé son «pardon en raison d’un «changement de l’âme, une conversion intellectuelle». En somme, Yann Moix serait victime d’un complot de l’extrême droite. Ses anciens amis auraient profité de la sortie de son livre pour divulguer le secret de son passé antisémite. On croit rêver.

 

[BLOC-NOTES publié dans l'Humanité du 6 septembre 2019.]

Publié par Jean-Emmanuel Ducoin à

 

Voir les commentaires

MIOSSEC À LA FÊTE DE L'HUMANITÉ  : « CETTE CONSCIENCE TRANSMISE PAR MES PARENTS »

31 Août 2019, 06:40am

Publié par PCF Villepinte

Vendredi, 30 Août, 2019

Fête de l'Humanité 2019. Scène zebrock.

C’est le grand retour du chanteur brestois à la Fête de l’Humanité. Il y revisitera son dernier album, les Rescapés. L’artiste, lucide et émouvant, évoque son histoire personnelle et le constat qu’il dresse de notre société.

Écouter Miossec avec la proximité que permet la scène Zebrock, c’est un cadeau que nous offrent cette association (dévouée à l’accompagnement artistique et à la transmission), la Fête de l’Humanité et, bien sûr, Miossec. Le chanteur, auteur et compositeur brestois revisitera des titres de son dernier album, les Rescapés. Au refrain de la première chanson (Nous sommes), tandis que Miossec, bientôt rejoint par Jeanne Added, fredonne «Nous sommes les survivants / Nous sommes les rescapés», s’élève le chant doux et pénétrant d’un cor. Nulle complaisance, ni pleurnicherie, mais juste la lucidité qui habite le tendre Miossec et qui le fait danser sur le fil, avec une bouleversante fragilité.

Quel souvenir gardez-vous de votre concert de 1995?

Miossec Formidable. C’était à l’occasion de mon premier disque. Je m’y étais déjà rendu auparavant avec des copains, pour l’ambiance. Venant de Brest, j’avais visité le stand du Finistère. Puis, au stand du Lot-et-Garonne, on avait dégusté des mets inoubliables. À la Fête, il y a la musique, la bonne bouffe, les débats, les rencontres… Et un grand brassage. C’est ce qui la distingue des festivals officiels. La Fête de l’Humanité est un rassemblement qui a du sens.

Comment vous touche la synergie des solidarités qui s’opère à la Fête de l’Humanité?

Miossec Je me sens très concerné. Quand, jeune, j’ai travaillé à désamianter des bateaux dans une boîte sous-traitante, à l’arsenal de Brest, afin de payer mes études. Un boulot difficile. S’il n’y avait pas eu la CGT… Je veux dire que ce syndicat véhiculait une dimension de solidarité et a joué un rôle important dans l’avancée des droits sociaux. Mon père était militant cégétiste chez les pompiers professionnels. Il m’a transmis la notion de persévérance et de solidarité.

L’énergie musicale qu’épanche votre dernier disque, les Rescapés, ressemble à l’eau vive venant rafraîchir un visage soucieux…

Miossec J’avais envie de faire un album qui communique de l’énergie mais mon côté désespéré n’a pu s’empêcher de ressurgir. Le constat de la situation prévalant dans le monde me désespère, de même que la façon dont l’État se comporte envers les citoyens. La devise «Liberté Égalité Fraternité» est mise aux oubliettes. Quand on voit comment des forces de l’ordre répriment les manifestants, jusqu’à en éborgner un certain nombre, ça fait froid dans le dos. En réalité, la France est toujours aux mains d’un monarque, tout dépend d’une seule personne. C’est l’unique pays européen dans ce cas et qui, en plus, donne des leçons aux autres. Avec le mouvement des gilets jaunes, on a vu des gens se politiser, c’était émouvant. Ils se sont battus et, malgré le mépris de pas mal de médias, ont tenu le coup pendant des mois.

Enfant, vous avez connu, avec vos parents, des fins de mois difficiles?

Miossec Nous étions de condition modeste. Par exemple, je portais les vêtements de mon frère aîné. Mon père était pompier professionnel, et ma mère couturière. Mais ils ont toujours fait en sorte que la vie soit jolie. Nous partions en caravane à travers l’Europe. J’ai tôt découvert des cultures et des modes de vie différents. Ces voyages ont aiguisé en moi une curiosité et ont provoqué, non de la peur, mais une excitation positive devant la différence, devant celui ou celle qui ne nous ressemble pas.

Votre mère a été pupille de la nation…

Miossec Oui. À 18 ans, elle a dû bosser à l’arsenal de Brest. Encore une inconséquence de l’État français… Mon grand-père est mort pour la France, pendant la guerre, après le torpillage du bateau où il officiait. Il a été englouti par la mer. Le corps de son mari n’ayant pas été retrouvé , ma grand-mère n’a pas touché la pension et a dû prendre un emploi de femme de ménage. C’est ma mère qui a élevé son frère et sa sœur.

Est-ce du fait de votre histoire familiale  que le show-business ne vous a pas illusionné?

Miossec C’est la conscience que m’ont transmise mes parents au sujet des choses de la vie. Le tourbillon du showbiz ne m’intéresse pas. Je suis allé chanter mon disque précédent, Mammifères, dans de petits endroits, des guinguettes, des coopératives… Être en contact direct avec des gens simples, des personnes vraies, a été pour moi une source de joie profonde. C’est cette même simplicité, ce sens non pollué de la réalité, que je vais retrouver avec plaisir à la Fête de l’Humanité.

Vendredi 13 septembre à 21h45, scène Zebrock. CD les Rescapés (Columbia/Sony),www.christophemiossec.com

Entretien réalisé par Fara C.

 

 

Voir les commentaires

Uzeste, tours et détours, et quelques allers-retours

25 Août 2019, 09:44am

Publié par PCF Villepinte

Samedi, 24 Août, 2019

Marie-Josée Sirach

Les 42ème Hestajadas de las arts s’achèvent ce samedi.

Retour sur une semaine où l’art est en embuscade à chaque coin de rue. 

Uzeste, envoyée spéciale. Musique, tchatche, cinéma, théâtre, expos, syndicalisme, communalisme, improvisation, jazz, free, dans le désordre. Toujours. Un coup à la Réole et c’est un duo Portal / Lubat qui fait vibrer les écorces des arbres centenaires du parc du Château de Quat’sous; un coup à Escaude pour un Crépuscule incendiaire de derrière les fagots qui embrasera le ciel; un coup à Lucmau où le cercle de la Concorde connaît une fréquentation peu habituelle tandis que le public en goguette se révèle cinéphile (projection de “Au prochain printemps” de Luc Leclerc du Sablon) et jazzophile (duo-dual Henri Texier / François Corneloup); escale à Pompéjac où sous “les Ombelles” d’Yves Chaudouët on y danse pas très en rond au son des mots d’André Benedetto… 

Bernard Lubat : « Il est vital que les gens aprennent à lire l’inconnu.»

 

Voir les commentaires

<< < 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 > >>