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art et cuture

​​​​​​​L’été des festivals… et après ?

1 Juillet 2020, 08:56am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 01/07/2020 par PCF

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L’été des festivals… et après ?

Le 28 avril, Édouard Philippe annonçait l’interdiction des rassemblements de plus de 5 000 personnes jusqu’à la mi-juillet. Le Festival d’Avignon, celui d’Aix-en-Provence, le Printemps des comédiens, Solidays, Rock en Seine, Les Nuits de Fourvière, le Printemps de Bourges, Hellfest, la quasi-totalité des festivals de l’été 2020 est annulée. Quelques-uns ont pu se maintenir au prix d’une programmation réduite et en se « réinventant ». Des événements ont été repensés, déplacés en extérieur, des mesures sanitaires drastiques et de « distanciation » ont été prises. Mais le compte n’y est pas.

Les difficultés rencontrées par les festivals pendant la crise du Covid ont révélé les contradictions de la vie culturelle française, entre un modèle vu prioritairement sous un angle économique et touristique, et les attentes des politiques culturelles et la dimension structurante des festivals sur les territoires. L’offre de festivals est proliférante en France, signe de la richesse de sa création artistique, mais dans une grande dépendance des équipes artistiques à ce « marché » de l’événementiel, dépendance qui s’avère contradictoire avec la « permanence artistique » nécessaire aux équipes comme au développement culturel des territoires. Les festivals sont pris dans des enjeux de communication territoriale liés au tourisme, au commerce local, à l’emploi saisonnier et n’échappent pas à l’instrumentalisation économique et politique de la culture.

Leur impact sur l’économie des communes est clair : on considère qu’un euro investi dans un festival procure à son territoire d’accueil des retombées économiques pouvant aller jusqu’à 5 euros. Une étude de l’IRMA de 2016 portant sur 8 festivals de musique des Pays-de-Loire indiquait que pour un total de subventions de l’ordre de 2,1 M€, les retombées directes sur les territoires s’élevaient à plus de 9 M€. Autre festival de cette région, le fameux Hellfest, bien connu des amateurs de métal et autres « musiques extrêmes », engendre quant à lui plus de 20 M€ de retombées économiques, sans commune mesure avec les modestes subventions qu’il reçoit.

Le Festival d’Avignon a dû annuler sa 74e édition, et son « off » aurait pu cette année rassembler plus de 1 500 spectacles. Si la plupart des « grandes » productions nationales et internationales ne sont pour l’essentiel que différées, il n’en est pas de même pour les centaines de créations du Festival Off, pour lesquelles Avignon constitue un « marché du spectacle » qui conditionne souvent la vie économique des compagnies pour une ou deux saisons. Ce sont des centaines de spectacles qui ne verront pas le jour. Notons que la direction du Festival vient d’annoncer du 23 au 31 octobre 2020 la tenue de la « Semaine d’art en Avignon », clin d’œil au nom donné en 1947 par Jean Vilar à ce qui allait devenir le Festival d’Avignon. 7 spectacles pour 35 représentations, des débats, des rencontres… Belle initiative, mais qui ne suffira pas à juguler l’hémorragie des productions annulées et reportées, et il est hautement improbable qu’un « off » puisse y trouver place.

Lors de sa visio-conférence du 6 mai dernier, Emmanuel Macron, tout en livrant son étonnante vision du déconfinement du monde de la culture, a égrené diverses mesures financières et sociales de soutien à la culture, dont celle – bien venue – de la prolongation au 31 août 2021 des droits aux intermittents (pour lesquels les décrets se font attendre, ce qui n’est pas pour rassurer). Invitant les artistes à « se réinventer », le Président constate doctement qu’il faudra « collectivement s’adapter »… et alors qu’Avignon prend la décision d’annuler, dans la foulée est décidée l’ouverture du Puy du Fou !

Au-delà de la question des festivals d’été, il est clair qu’il relève de la responsabilité de la puissance publique de mettre en place un plan d’urgence en faveur des activités artistiques et culturelles dans leur globalité. C’est ce que demandent l’ensemble des organisations professionnelles. Ces urgences, clairement identifiées, passent notamment par un accompagnement renforcé aux équipes artistiques du spectacle vivant, de l’audiovisuel et du cinéma afin de compenser non seulement les pertes de recettes mais aussi les surcoûts occasionnés par les mesures sanitaires indispensables. Ce plan devra en premier lieu accompagner la reprise de l’activité artistique : commandes publiques, résidences de création, aides à la création, soutien aux tournages… C’est l’avenir de la création ainsi que celui du service public de la culture qui sont en jeu aujourd’hui.

Et bien évidemment, au-delà de ce « plan d’urgence », c’est toute la politique culturelle de l’État et de l’ensemble des pouvoirs publics qui est à remettre sur le métier. Après la bien venue « Convention citoyenne pour le Climat », n’est-il pas temps de lancer la « Convention citoyenne pour la Culture » ? 

Nous pourrions la nommer « États généraux de la culture »… 

Jean-Jacques Barey, Mirabelle Rousseau

 

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La VOD de la semaine : The myth of the American sleepover

19 Juin 2020, 09:03am

Publié par PCF Villepinte

L'HumanitéVendredi, 19 Juin, 2020

Vincent Ostria

Pourquoi y a-t'il des teen movies aux États-Unis, mais pas vraiment en Europe ? Tout simplement parce que le cinéma américain, reflet de sa société, est archi-codifié. Avec une flopée de genres et de sous-genres. 

The myth of the American sleepover, titre de ce premier film inédit en salle de David Robert Mitchell, remarqué comme un des plus intrigants nouveaux auteurs yankees avec It follows et Under the Silver Lake, se réfère à un rituel de l'adolescence américaine, le « sleepover », traduit en français par “soirée pyjama”. Quelque chose de bon enfant, malgré un peu d'alcool et de batifolage.

C'est une telle nuit que décrit essentiellement ce film, qui n'a rien de frivole ni de crado. On est loin d’ American Pie. Étonnant de classe et de dignité, ce film ne détaille pas outre mesure ses intrigues psychologiques. L'intérêt du cinéaste se situe ailleurs : principalement dans le filmage d'un écheveau de déambulations et de rencontres au cœur de la nuit dans la banlieue résidentielle de Detroit. Mitchell met en scène la folle grâce de ces ados avec une caméra  fluide qui prélude aux horreurs et mystères de ses films suivants. On suit divers personnages allant de fête en fête, errant dans la nuit, se baignant, explorant des tunnels.

Tout semble en place en place pour un film d'horreur type « Halloween »,  ou pour un thriller — on pense parfois à un étrange film noir adolescent, Brick, de Rian Johnson, où un lycéen mène une sombre enquête dans son école. Ici même une séance de spiritisme se solde par un quiproquo sentimental. D’ailleurs les intrigues amoureuses ne sont jamais abouties. Sur ce plan, le film s'avère d'une grande subtilité. Voir le cas de Rob, garçon plutôt réservé, qui passe une partie de la nuit à chercher une jolie blonde aperçue au supermarché. Lorsqu'il la trouve enfin, il remarque qu’elle a sur le bras deux numéros de téléphone inscrits au stylo. Trop de prétendants ! Cela suffit à faire fuir Rob, qui se rabattra sur une fille moins populaire. Non seulement on ne couche pas, mais il n'est pas si simple d'embrasser.

Ces hésitations, cette délicatesse des uns et des autres,  singularisent  ce premier film incompris par certains critiques. Comme celui de The Observer, Rex Reed,  qui avait écrit : “Ce jeune réalisateur [...] n'a jamais réalisé de fiction et ne montre aucune aptitude dans ce domaine”. On ne pouvait pas mieux se planter. Reed a loupé un des réalisateurs les plus prometteurs de Hollywood, qui démontrait que les faux-semblants et la mélancolie avaient aussi leur place dans l’univers pop et fruité des teenagers.

 

 

The myth of the American sleepover de David Robert Mitchell. États-Unis, 2010, 1 h 33.

A voir en VOD sur universcine.com

 

 

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Le feu d'Elsa Triolet : à la découverte d’une célèbre inconnue

13 Juin 2020, 09:56am

Publié par PCF Villepinte

 

Vendredi, 12 Juin, 2020

Maurice Ulrich

Cinquante ans après sa mort, survenue le 16 juin 1970, l’Humanité rend hommage à une femme exceptionnelle. Louis Aragon, l’un des plus grands poètes du XXe siècle, l’a aimée. Elle fut renvoyée au rang de muse, effacée derrière la figure écrasante de son époux. Mais qui se cachait derrière les Yeux d’Elsa? Qui fut l’écrivaine, auteure dune œuvre considérable, née en Russie, première femme à obtenir le prix Goncourt? Qui fut la résistante, qui fut cette grande intellectuelle de laprès-guerre? Un hors-série de 124 pages, une centaine de photographies, des manuscrits d’Elsa Triolet, des documents exclusifs.

« Je suis la muse et la malédiction du poète. Je suis belle et je suis repoussante. On me bourre de pensées et de sentiments comme une poupée de son, sans que j’y sois pour quelque chose». Il y a dans ces mots-là comme une insurrection. C’est par eux que Marie-Thérèse Eychart, éditrice d’Elsa Triolet et de Louis Aragon, ouvre la biographie de la romancière qui parcourt le hors-série exceptionnel de 124 pages que l’Humanité publie, et qui lui est entièrement consacré. Et, bien sûr, dans ces quelques mots empreints de lucidité douloureuse, d’humour et d’ironie, elle ne pouvait oublier cela: « Jai des yeux qui sont ceux dElsa.»

Erik Orsenna, membre de l’Académie française et président de la maison Elsa Triolet-Aragon, le moulin de Saint-­Arnoult-en-Yvelines, n’y va pas par quatre chemins dans ce même numéro. « Imaginez Elsa sans ses yeux », écrit-il, et « plongez-vous dans ses livres ». Aragon en a-t-il trop fait? Ce nest pas le problème, quand bien même il refusera sur le tard d’être enfermé dans cet éternel personnage du fou d’amour qu’il avait lui-même créé.

Deux blessés qui vont devenir une légende

On est loin, dans ce numéro, de la presse people, mais il est bon de le savoir. Le couple qui s’était formé à leur première rencontre en novembre 1928 à la Coupole, à Paris, n’était pas fait de deux pigeons de l’année. Elsa avait été amoureuse dans sa jeunesse du grand poète Maïakovski que lui avait «piqué» sa propre sœur, Lily. Elle avait été mariée à André Triolet pendant deux ans, elle sortait d’une histoire avec Marcel Duchamp. Aragon venait d’être quitté par la riche, fantasque et très séduisante Nancy Cunard aux bracelets d’ivoire. Ce sont deux blessés qui vont devenir une légende de l’histoire littéraire et intellectuelle, du communisme, de la Résistance… Ils ne burent pas toujours de l’eau de rose. Dans les années 1960, Elsa lui écrit une lettre très dure: « Ma peine te dérange, il ne faut pas que j’aie mal juste quand tu as tant à faire (…). Même ma mort, c’est à toi que cela arriverait. »

Il fallut qu’elle se batte, pour écrire, pour être reconnue comme une romancière, non sans réserves chez certains critiques, tant elle était considérée comme la muse d’Aragon, dans son ombre, tant on avait du mal à dissocier son talent de l’histoire et de son parcours. Elle a dû batailler, disions-nous. D’abord avec la langue. Maxime Gorki l’avait encouragée à écrire, en russe puisqu’elle était russe. Mais à quoi bon, quand on a quitté la Russie depuis des années et qu’on vit en France. Il lui fallut changer de langue, comme d’autres grandes plumes. Ce n’est pas la plus mauvaise des épreuves quand on voit le résultat.

Une forme de « réalisme sans illusions »

Quand le prix Goncourt 1944 lui est attribué à la Libération, en 1945, pour Le premier accroc coûte deux cents francs (c’était le message de Radio Londres annonçant le débarquement en Provence), elle est la première femme à l’obtenir mais certains y voient pour le milieu intellectuel et littéraire le prix à payer pour être tranquilles avec la Résistance.

Il suffit d’ouvrir un de ses livres pour comprendre immédiatement qu’il n’en est rien. Elsa Triolet a une écriture sobre, directe, une forme de « réalisme sans illusions », comme l’écrit Olivier Barbarant dans l’article qu’il consacre à sa trilogie l’Âge de nylon, ouverte sur le monde moderne et ses illusions… Elle ne répugne pas à une part de fantastique, comme dans le Cheval roux (1972), mais toujours avec un regard aigu porté sur le monde et ses conflits, ici l’apocalypse nucléaire.

« Un homme honnête est celui qui ne vole pas, une femme honnête est celle qui n ’a pas d’amant, un homme galant est un homme poli et complimenteur avec les femmes dans le seul but de leur être agréable, une femme galante est une femme vénale. »
Elsa Triolet, dans les Lettres françaises en mars 1948

On connaît peu aussi, alors qu’elle ne se clame pas féministe, un texte remarquable paru dans les Lettres françaises en mars 1948, intitulé «La Dignité des femmes»: « En français l’humanité se compose d’hommes, bien qu’une partie de ces hommes soient des femmes », et, plus loin, cette charge: « Un homme honnête est celui qui ne vole pas, une femme honnête est celle qui n ’a pas d’amant, un homme galant est un homme poli et complimenteur avec les femmes dans le seul but de leur être agréable, une femme galante est une femme vénale »Le Deuxième Sexe, de Simone de Beauvoir, paraît dans cette même période.

Sortir Elsa Triolet d’un livre d’images

 

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Pierre Perret - Les confinis

10 Juin 2020, 06:36am

Publié par PCF Villepinte

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La sélection Stéphane Grappelli

7 Juin 2020, 09:20am

Publié par PCF Villepinte

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Monsieur le ministre, à quand un plan de sauvetage pour la culture ?

29 Mai 2020, 07:28am

Publié par PCF Villepinte

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NOTRE SÉLECTION DE LA SEMAINE : LE SPECTACLE CONTINUE DANS VOTRE SALON !

18 Mai 2020, 09:15am

Publié par PCF Villepinte

 

L'Humanité Dimanche, 17 Mai, 2020

Gérald Rossi

Les salles de spectacle n’ouvrent pas encore leurs portes au public. Sur la Toile, des artistes et des théâtres offrent gratuitement de jolies surprises.

Les portes de certains théâtres vont grincer, s’entrouvrir furtivement dans les prochains jours, pour laisser filer dans les coulisses quelques acteurs, techniciens et metteurs en scène qui vont tenter de renouer les fils de la création brutalement cassés voilà deux mois. Le public, lui, qui cet été pourra çà et là peut-être assister à de maigres festivals maintenus en plein air, devra patienter pour retrouver le spectacle vivant sans écran interposé.

Au théâtre ce soir...

Si certains lieux ont décidé, après plusieurs semaines de présence virtuelle, de cesser leurs diffusions sur la Toile, d’autres ont annoncé poursuivre l’aventure. La Comédie-Française est de ceux-là, qui ce lundi à 20h30 propose le Mariage de Figarode Beaumarchais, dans la mise en scène de Christophe Rauck, avant d’enchaîner le lendemain avec Figaro divorced’Ödön von Horvath, mis en scène par Jacques Lassalle. Les deux spectacles mis ainsi en résonance ont été captés en février et octobre 2008.

Pareillement fidèle au poste, l’Odéon poursuit son opération «Théâtre et canapé», avec une affiche renouvelée, des lectures, des entretiens, des spectacles. L’occasion de découvrir et Rien de moimis en scène en 2011 et 2014 par Stéphane Braunschweig qui, depuis plusieurs années, s’attache à faire connaître l’univers mystérieux de cet auteur norvégien qu’est Arne Lygre. La vie de ses contemporains est chez lui découpée au scalpel afin d’en montrer les zones les plus intimes, les plus fragiles, quand tout un univers bascule.

D’autres découvertes sont possibles, par exemple avec le Théâtre 13 ou les Bouffes du Nord, pour n’en citer que deux. Le théâtre Paris-Villette propose, lui, comme une transition, une petite fiction fantastique: , texte de François Chaffin, avec Céline Liger et Ulysse Chaffin. À savourer. Ailleurs, la comédienne Kelly Rivière, que l’on a pu applaudir à Avignon l’été dernier dans An Irish Story, a tourné avec David Jungman quatre épisodes confinés délirants et drôles autour d’une petite famille au temps incertain de la pandémie.

Autre style avec la Maison de Balzac, à Paris. Son directeur, Yves Gagneux, présente l’exposition «La Comédie humaine, Balzac par Eduardo Arroyo» avec une jolie vidéo sur un site qui lève le voile sur de nombreux musées de la capitale. Le Concert de la loge invite à plusieurs concerts classiques avec le quatuor Cambini et le Concert spirituel ainsi que de superbes solistes, comme les sopranos Sandrine Piau et Karina Gauvin. Et pour terminer ce voyage, pourquoi ne pas faire une halte en Suisse? Avec le Théâtre Vidy de Lausanne, Stefan Kaegi propose «une petite chorégraphie à réaliser soi-même, pour faire de son appartement un théâtre». Une séance en neuf mouvements, pour garder le rythme.

musées

internet

théâtre

opéra

spectacle vivant

 

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Les révolutions de Miles Davis, trompettiste visionnaire. Fara C.

16 Mai 2020, 07:50am

Publié par PCF Villepinte

 
Miles Davis, génie du souffle et du silence © Don Hunstein/Sony Music Archives
Miles Davis, génie du souffle et du silence © Don Hunstein/Sony Music Archives
Vendredi, 15 Mai, 2020
Les révolutions de Miles Davis, trompettiste visionnaire
L'Humanité Fara C.

Avec un documentaire consacré à l’un des plus grands musiciens de jazz, Miles Davis, Birth of the Cool, et la sortie de la bande originale, on arpente un parcours d’exception, aux côtés de Hancock, Santana, Gréco…

 

En ce mois de mai, Miles Davis aurait eu 94 ans. On boira à sa mémoire jusqu’à l’ivresse, grâce au documentaire de Stanley Nelson  Miles Davis, Birth of the Cool et à l’album de la bande originale, intitulé Music From and Inspired by Birth of the Cool.

 

Un flamboyant bouquet de témoignages (Juliette Gréco, Quincy Jones, Wayne Shorter, Gil Evans, Carlos Santana, Herbie Hancock, etc.) apporte un éclairage sur le légendaire trompettiste, sans en altérer le mystère. Émotion d’écouter les mots du batteur Jimmy Cobb, dernier survivant du chef-d’œuvre Kind of Blue (1959), ou encore d’entendre un héritier de Miles, le trompettiste Wallace Roney, récemment emporté, à l’âge de 59 ans, par le coronavirus. Quatorze brefs extraits de ces entretiens ponctuent l’opus de la B.O., qui contient autant de plages musicales.

Un rendez-vous avec l’Histoire
 

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Redépartementalisation(s)

15 Mai 2020, 08:47am

Publié par PCF Villepinte

https://1.bp.blogspot.com/-BNlvSMWxNsg/Xr07ar4H5FI/AAAAAAAAGHE/NO--IBLqIOQ78v0zFnn2lNpNvNNf1UtkACLcBGAsYHQ/s1600/index.jpg https://1.bp.blogspot.com/-BNlvSMWxNsg/Xr07ar4H5FI/AAAAAAAAGHE/NO--IBLqIOQ78v0zFnn2lNpNvNNf1UtkACLcBGAsYHQ/s1600/index.jpg

Eloge de la Révolution... 

 

Carte.

 Puisque le cœur politique possède aussi sa géographie, la réapparition de l’Histoire, avec un grand H, surgit parfois d’où on ne l’attendait pas. Nous constatons, alors, que nous avancions dans l’oublié, l’inexploré ou le dédaigné, quand bien même l’homme en partance soulève la poussière et laisse son empreinte d’argile, creusée de mille fatigues.

Effaçons le remords de nos âmes anciennes et prenons au positif l’un des aspects inattendus de la crise sanitaire toujours en cours: voici le retour des départements et du couple préfet-maire! «Un univers que l’on croyait à jamais englouti a ressuscité», comme l’a écrit une chroniqueuse du quotidien le Monde (tout arrive), quand nous avons découvert sur nos écrans de télévision les cartes indiquant, département par département, l’intensité de l’épidémie de Covid-19.

 Admettons-le, cette cartographie a déclenché un réflexe d’une francité insolente mêlée d’une nostalgie historique autant que géographique. Soudain, cette France redessinait les contours surannés d’un Hexagone de salle de classe, comme une invitation à réciter ce que nos enfants n’apprennent plus: 01 Ain, 02 Aisne, 03 Allier… Ce que la chroniqueuse du Monde résumait finalement d’une formule qu’elle aurait pu nous emprunter: «Déconfinement, ce qu’on doit à la Révolution.» Vous ne rêvez pas…

 Égalité.

 Un peu de mémoire. Si la «nécessité fait loi», selon la célèbre expression proverbiale, et si nous assistons à une sorte de redépartementalisation de la France jacobine, n’oublions pas que ceux qui s’en félicitent désormais sont les mêmes qui, depuis plus d’une décennie, nous annonçaient avec réjouissance la disparition programmée desdits départements, pris en étau entre les régions conquérantes dopées par le modèle libéral européen et les intercommunalités et autres mégalopoles créées à marche forcée.

Rappelons à ce propos que les derniers projets de décentralisation fomentés par Nicoléon, Normal Ier et Mac Macron devaient ni plus ni moins les rayer de la carte. Et là, par la grâce d’un virus sournois, ils redeviennent le point nodal du déconfinement, le territoire à partir duquel réussira ou non la sortie de cette épouvante sanitaire. Cette fois, nous lisons dans le Monde: «À ce stade, un premier hommage doit être rendu à la Révolution française, car c’est elle qui, le 26 février 1790, décida de créer les départements, en lieu et place de la trentaine de généralités qui, sous l’Ancien Régime, servaient à administrer le pays par l’entremise d’intendants impopulaires, agents zélés de l’absolutisme royal.»

L’idée révolutionnaire partait d’un principe d’égalité territoriale absolue: les départements avaient été découpés pour que tout administré puisse se rendre au chef-lieu en une journée au maximum. D’où cette constatation que nous partageons pleinement: «Que, trois siècles plus tard, le pouvoir central en revienne aux sources post-révolutionnaires de l’organisation géographique française en dit long sur l’inventivité de l’époque ou… la faiblesse d’aujourd’hui.»

Espérons que cette mise à l’épreuve des préfectures, bras armés de l’État, et accessoirement du couple préfets-maires, ne soit pas le dernier avatar d’un échec programmé pour de mauvaises raisons, justifiant prochainement de nouveaux magouillages institutionnels. Mac Macron entendait supprimer au moins le quart des départements existants d’ici à 2022, ceux, dans un premier temps, qui jouxtent certaines métropoles (Bouches-du-Rhône, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, etc.), avec, au passage, le sacrifice de 120.000 agents publics, dont 70.000 dans la fonction publique territoriale, sans parler des quelque 10 milliards d’économie pour les collectivités.

C’était avant. Depuis, ces mêmes collectivités sont en première ligne pour rendre solidaire cet État-monarque qui voulait leur faire la peau…

 

[BLOC-NOTES publié dans l'Humanité du 15 mai 2020.]

Publié par Jean-Emmanuel Ducoin 

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Toku European All Stars - Official Teaser Toku Une des plus belles voix du jazz vocal nippon arrive en France

10 Mai 2020, 08:42am

Publié par PCF Villepinte

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