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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

art et cuture

NOUS VIVONS UN MOMENT HISTORIQUE

2 Février 2020, 09:52am

Publié par PCF Villepinte

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La mémoire : une bataille politique pour le centenaire du PCF

1 Février 2020, 10:22am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 29/01/2020 par PCF

Il suffit d’avoir dans sa vie fait un seul porte-à-porte – un vrai, avec une bouche et des oreilles, pas une récitation répétée sans écouter son interlocuteur –, parlé politique avec quelqu’un qui n’est pas un proche, pour mesurer combien la politique n’est pas réductible à un programme – aussi réelle soit l’importance d’un programme. La politique, c’est affaire de sens, de repères, de symboles, de mémoire.

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De ce point de vue, le centenaire du PCF est l’occasion d’animer cette bataille. Je prendrai trois exemples.

1) L’image du Parti communiste est bien sûr liée à celle de l’Union soviétique, elle-même réduite à deux traits dominants : inefficacité économique et écologique ; insoutenable répression dans un climat liberticide. Si la réalité des expériences socialistes fut assurément plus complexe, nous restons souvent sommés de nous expliquer quant à « notre soutien indéfectible » à ce « camp de l’Est » qui n’eut pas que ces deux caractéristiques mais qui, hélas, en grande partie, les eut aussi. De ce point de vue, il ne s’agit pas de nier l’évidence : le communisme en France, d’Octobre à 1991, fut fortement marqué par ce qui se tentait à l’Est. Cela a même, longtemps, été un indubitable gage de crédibilité : nous ne pouvions être taxés de doux rêveurs comme Clemenceau moquant les discours de Jaurès car tous les verbes en étaient au futur. Pour autant, les relations PCF-PCUS ne peuvent être ramenées à ce « soutien indéfectible » et permanent. Et de cela, qui a encore la mémoire au-delà des rangs communistes ? Qui sait la condamnation, sous Thorez, des publications antisémites parues en Ukraine soviétique ? Non pas une condamnation secrète mais, dans le journal communiste français en langue yiddish La Presse nouvelle repris dans ce qui était ensuite l’organe central du PCF. Qui sait que c’est Aragon et Elsa Triolet qui permettent la traduction et la publication en France du premier livre de Soljenitsyne ? Qui a lu l’incroyable article « Pour l’amour de l’avenir » que la romancière consacre audit livre en première page des Lettres françaises en 1962 ? Qui sait ce que furent les relations PCF-PCUS après le terrible été pragois 1968 et dans les années qui suivirent ? Quel écart entre l’histoire du PCF sur ce chapitre et la mémoire dominante !

2) La Résistance. Pour le coup, l’horrible ampleur de la répression anticommuniste et la si large place que prirent les communistes dans la Résistance rendent encore difficile aujourd’hui d’effacer le PCF. Et pourtant, ce n’est pas faute d’essayer. Côté pile, la scandaleuse opération de François Hollande en 2015 : le Président de la République décide alors de rendre hommage à la Résistance et fait entrer quatre figures au Panthéon. Parmi celles-ci, aucun communiste ! Les rouges sont gommés de la photographie... Côté face, non pas la gomme mais le crachat : l’omniprésent Jean-Michel Aphatie se répand depuis plusieurs mois sur le thème « il faut débaptiser les rues Maurice-Thorez » et semble regretter qu’on n’ait pas fusillé le « déserteur » de 1939. Superbement ignorant de l’histoire, le journaliste – que n’étouffe pourtant pas l’humilité – rejoint ainsi son confrère de RMC et l’impayable Michel Onfray dans la délirante récitation selon laquelle le Parti communiste n’a pas vraiment résisté, etc., etc. Bref, deuxième cas de figure : une mémoire qui demeure, mais qui subit bien des assauts, ce qui, sans forte réplique, laisserait forcément des traces.

3) La question coloniale. Dans notre pays si intimement marqué par cette expérience, qui sait aujourd’hui le rôle tenu par les communistes ? Qui sait qu’au lieu même où est aujourd’hui érigé le magnifique siège national du PCF, se tint en 1931 la contre-exposition coloniale vantant l’art de ces peuples dont certain locataire de l’Elysée disait encore dernièrement qu’ils n’étaient pas encore entrés dans l’Histoire... ? Surréalistes et communistes menaient alors cette bataille dans une solitude radicale. A l’heure où un racisme putride souffle son haleine mauvaise sur notre pays, ne serait-il pas utile que cette connaissance historique croisse dans notre peuple ?

Il ne s’agit pas de substituer à une légende noire une légende dorée, mais la mémoire aussi est, pour une part, un combat de classe. Bien malheureux l’homme ou la femme politique qui ne saisit pas l’importance politique de cet enjeu.

J’ai développé ici cette seule dimension mémorielle, mais il va de soi que le centenaire ne s’y réduit nullement. Alors qu’un sondage vient de dire un doute majoritaire quant au caractère positif du capitalisme, la question de la perspective communiste présente sera bien sûr au cœur de cette année de débats, de rencontres, de fêtes, de politique.

Guillaume Roubaud-Quashie,

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Retrouver du sens

29 Janvier 2020, 07:37am

Publié par PCF Villepinte

Nous en appelons à la culture


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Dans cette période, le développement de la culture, des arts, de la création et de l’éducation populaire demeure marqué, quand ce n’est pas entravé, par les logiques de marchandisation, d’uniformisation, de précarisation, de dominations.
La politique menée par ce gouvernement, qui relègue la culture en toile de fond, bien souvent limitée dans le débat public aux enjeux - certes à considérer - du patrimoine.

Le ministère de la Culture semble se complaire dans une certaine transparence, ce qui ne signifie pas qu’il n’alimente pas le dévoiement que nous critiquons. Mais cette réalité témoigne d’une caractéristique assez emblématique du pouvoir macronien ; il semble n’avoir pas besoin de la culture puisqu’il n’a pas besoin de sens. Il puise dans la technocratie libérale l’essentiel de son inspiration et se satisfait du culte de la vénalité comme horizon ; cela suffit aux premiers de cordée.
C’est en cela qu’on pourrait évoquer quelque chose comme une vulgarité éclairée. Cette vulgarité, celle d’une politique qui confond les fins et les moyens, celle d’un discours qui se paye de mots pour mieux les dévitaliser porte atteinte au sens, celle d’une idéologie de la réussite individuelle, défait mécaniquement les dynamiques du commun, abîme les liens, fragmente, fracture, divise.

Mais la mécanique ne lui suffit pas. Il lui faut aller plus loin et c’est pour cela que le pouvoir, aidé de forces réactionnaires toujours vivaces, s’est employé avec force à alimenter l’affrontement identitaire dans un mélange explosif, depuis la loi dite « asile et immigration », en passant par le débat insupportable sur les mamans accompagnatrices portant un foulard, l’amalgame entre antisémitisme et critique de l’État d’Israël, le rabotage de l’Aide médicale d’État... Ce bain ambiant est un poison pour notre société. Et plus encore parce qu’elle en est affectée, tout cela appelle une vitalité culturelle renouvelée et décuplée.
C’est la question posée par Culture en force, le livre tiré de la Convention nationale du PCF, qui a connu un premier succès et qui demeure un outil précieux dans la période dans la durée.

 Plusieurs initiatives se sont tenues depuis septembre pour engager et amplifier le débat autour du livre. Il s’agit de le diffuser auprès de toutes celles et tous ceux qui s’intéressent aux enjeux de la culture pour nouer le lien et contribuer ensemble à faire grandir un mouvement pour mettre la culture au cœur des enjeux politiques.

Retraite
Nous savons aussi que toutes et tous, professions du spectacle, salariés de l’économie culturelle, auteurs, artistes, s’inquiètent, comme tout un chacun de leurs droits à la retraite. Le système de calcul actuel est défavorable pour les intermittents, compte tenu des périodes de chômage et des parcours décousus, mais le système du gouvernement le sera plus encore.

 Les personnels de l’Opéra national de Paris (1 811 pensionnés en 2018) et le personnel de la Comédie française (340 pensionnés en 2018) ne sont pas placés sous le régime général. La mobilisation des premiers est forte et s’est rendue fortement visible. Ils ont sans doute été considérés comme quantité négligeable par les promoteurs de la réforme. Reste également la situation particulière des auteurs.
De nombreuses personnalités du monde de la culture se sont exprimées dans le débat, notamment dans l’Humanité. En effet, la bataille amorcée sur les retraites est un enjeu de société central, où les dimensions culturelles ne sont pas absentes, notamment du point de vue du sens de l’existence, de la place du travail et des temps de la vie. La logique d’individualisation de la réforme faisant de chacune et de chacun l’auto-entrepreneur de sa vie contribue également à dessiner un projet de société.

Pierre Dharréville PCF.

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Classe(s)

24 Janvier 2020, 07:17am

Publié par PCF Villepinte

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Le XXIe siècle sera celui de la lutte des classes, selon Emmanuel Todd.

Lutte. Une France plus homogène que nous ne l’imaginons… mais au bord de l’explosion sociale. Le démographe Emmanuel Todd, célèbre pour sa posture de prospectiviste, nous revient. Et il cogne.

En parcourant avec attention "les Luttes de classes en France au XXIe siècle", publié aux éditions du Seuil, nous passons par tous les sentiments bruts et analytiques: énervement (parfois), amusement (souvent), contentement (toujours) en tant que nourriture de l’esprit qui offre – à ceux qui acceptent l’expérimentation intellectuelle et une part de spéculatif – de quoi mûrir notre réflexion en additionnant les grilles de lecture.

Toujours en guerre contre l’euro (cet «échec absolu», cause de tous les maux de l’économie française), Emmanuel Todd puise dans les grandes références marxistes et s’appuie sur une relecture de livres du grand Karl, singulièrement "les Luttes de classes en France" (1850) et "le 18 Brumaire de Louis Bonaparte" (1852). L’essayiste en vient donc, tout naturellement, à rédiger ces mots comme un résumé de son opus: «La lutte des classes est notre identité. Beaucoup plus que la chasse aux Arabes ou aux homosexuels.»

En préambule, il écrit: «Parmi les acteurs de nos nouvelles luttes de classes du XXIe siècle, nous n’allons pas trouver seulement le capitalisme mondialisé, des financiers aux dents longues, mais aussi des petits-bourgeois, très nombreux, des policiers, des enseignants et surtout l’État profond (celui des énarques, des technocrates et des oligarques – NDLR), dont nous observerons la montée régulière et menaçante. Nous décrirons des classes sans conscience et aussi des classes en grand état de fausse conscience.» Et il persiste et signe: «La lutte des classes, c’est la France. Marx a certes étendu le concept à l’échelle planétaire, mais il ne faisait aucun doute pour lui que le lieu de naissance des luttes de classes modernes, c’était la France.» 

Reconstruction. Dans le détail, et pour la bonne compréhension, Emmanuel Todd distingue désormais «quatre nouvelles classes sociales». Au sommet: ce qu’il appelle «l’aristocratie stato-financière», le fameux 1% du haut de l’échelle qui, selon lui, «se fait piétiner par les Allemands et les Américains, et se venge sur les Français», tout en étant les grands gagnants du capitalisme globalisé.

Au milieu: la «petite-­bourgeoisie» des cadres et professions intellectuelles supérieures, «fière de sa pratique des musées» qui se pense «winneuse et a porté Macron au pouvoir». Toujours au milieu: ce qu’il nomme la «majorité atomisée», réunissant 50% de la population et qui rassemble «les agriculteurs, les employés qualifiés, les artisans, les professions intermédiaires».

Enfin, tout en bas, «le prolétariat, ouvriers et employés non qualifiés», soit 30%, les seuls «capables de comprendre que le libre-échange et l’euro sont une catastrophe», sachant qu’ils ont «ce défaut de souvent se passer les nerfs sur les immigrés».

Et voilà. Alors, Emmanuel Todd sombre-t-il dans la caricature quand il affirme que, au milieu de tout cela, Mac Macron «réactive sans cesse la lutte des classes par son mépris typiquement petit-bourgeois du peuple»? Ou encore quand il estime que «les classes supérieures manifestent un sadisme social envers les classes populaires»? Voire quand il assène que «l’objectif des énarques incompétents et violents qui nous dirigent n’est plus vraiment d’améliorer la situation mais de gérer la baisse de niveau de vie»?

L’essentiel est bien là et il le clame: «Le cycle annonce le retour de la lutte des classes. Nous sortons du sociétal et des valeurs identitaires pour retrouver le socio-économique.» Certains se moqueront, mais Todd voit dans cette séquence «le début d’une reconstruction morale du pays» et dans «le saccage des magasins des beaux quartiers» un combat pour «chasser les marchands du temple». Nous n’avons pas fini d’en parler…

[BLOC-NOTES publié dans l'Humanité du 24 janvier 2020.]

Publié par Jean-Emmanuel Ducoin

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Faut pas déconner, on nous prend pour des cons dès qu'on n'est né!

19 Janvier 2020, 08:50am

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Bonne année 2020

7 Janvier 2020, 11:00am

Publié par PCF Villepinte

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Gérard Noiriel : « Le peuple français est engagé dans un processus de résistance »

24 Décembre 2019, 07:25am

Publié par PCF Villepinte

« Résister se conjugue au présent »

Lucie Aubrac

L'Humanité Jeudi, 12 Décembre, 2019

Jérome Skalsi

Alors que le mouvement contre la réforme des retraites bat son plein, l’historien Gérard Noiriel analyse pour l’«HD» le retour des mobilisations sociales, gilets jaunes et syndicales.

Le mouvement social semble agréger à lui une colère sociale très large. Ne devrait-on pas plutôt parler d’un approfondissement de la résistance sociale?

Oui, bien sûr, le mot de résistance est plus politique et met l’accent – c’est l’objet de mon «Histoire populaire de la France» – sur les relations de pouvoir. La résistance, c’est quand on subit une domination et qu’on s’y oppose. Le mot colère peut aussi être entendu en ce sens, mais il peut être compris dans un sens psychologique qui ne me semble pas, en effet, adéquat à la situation. Fondamentalement, la colère, c’est un sentiment individuel. Évidemment, on peut l’étendre au collectif, mais je pense qu’en l’occurrence le mot résistance est plus juste.

Aujourd’hui, le peuple français est engagé dans un processus de résistance face à une offensive néolibérale comme on n’en a pas connu dans le passé, même avec Sarkozy. Cela explique la multitude des mécontentements au-delà de la question des retraites. Cette résistance, on la rencontre d’ailleurs dans d’autres pays, au Chili par exemple, où j’étais il y a quinze jours. C’est symptomatique d’un certain essoufflement du libéralisme.

Même s’il faut être prudent et ne pas trop généraliser ni trop projeter de choses sur l’avenir, j’ai quand même l’impression que le libéralisme triomphant qui s’était installé à partir des années 1980 avec Reagan, Thatcher et la social-démocratie européenne a du plomb dans l’aile aujourd’hui. On l’a vu même en Allemagne avec ce qui vient de se passer dans le SPD. Un peu partout, il y a des formes de résistance qui se développent. Le problème est de savoir comment elles peuvent se coaguler pour renverser les gouvernements en place.

Ce libéralisme avait déjà pris du plomb dans l’aile au moment du déclenchement de la crise financière en 2008-2009. On avait même assisté à une repentance des élites économiques et politiques soudain reconverties à l’interventionnisme d’État. Le macronisme est-il une revanche de cette humiliation historique?

Cette espèce de découverte du rôle de l’État chez les grands capitalistes était liée au fait qu’ils avaient besoin de l’État pour renflouer les caisses des banques, de manière assez cynique. Cela s’est fait au détriment des peuples et notamment des classes les plus modestes. La question de la logique du macronisme, c’est aussi la question de l’intégration européenne telle qu’elle est décrite dans le film de Costa-Gavras «Adults in the Room», qui montre, de façon assez saisissante, comment la puissance et le pouvoir de bureaucrates dominés par l’Allemagne a imposé son libéralisme, même au détriment de sa propre population. Il y a des contraintes qui pèsent sur l’action. C’est aussi le rôle du chercheur, du sociologue ou de l’historien de montrer ces contraintes.

Le risque serait de trop personnaliser les choses. J’ai gardé de ma formation marxiste l’idée des rapports de forces. C’est la question du rapport de forces et de sa construction qui est posée aujourd’hui. Emmanuel Macron a profité d’un certain délitement de la gauche et des luttes sociales. Ce qui est intéressant avec les gilets jaunes, c’est de voir comment pouvaient se recomposer, malgré tout, des formes de lutte.

L’espoir qu’on peut avoir dans le mouvement actuel, c’est la capacité de faire le lien entre des traditions de lutte différentes puisque la grande grève que nous vivons aujourd’hui – et c’est vraiment le rôle majeur des syndicats que de coordonner l’action et de montrer qu’ils sont toujours présents et capables de peser sur la réalité et la société pour s’opposer aux mesures qui sont prises – rend sensible la possibilité d’un élargissement du front social avec une intégration des nouvelles formes de résistance qui ont pu se mettre en place.

On a vu, pendant le mouvement des gilets jaunes, les syndicats venir au contact – notamment la CGT – et essayer de créer des passerelles. La reprise de l’initiative par le mouvement syndical et les gilets rouges signifie-t-elle qu’une nouvelle étape de la résistance sociale est en train de se franchir?

Quand on aspire à voir nos sociétés évoluer dans le bon sens, c’est ce qu’on peut espérer en tout cas: «Il faut allier le pessimisme de l’intelligence à l’optimisme de la volonté», comme l’écrivait Antonio Gramsci. Ce qu’on a vu, au bout d’un an du mouvement des gilets jaunes, c’est aussi les limites de ce type d’action. Il ne suffit pas de défiler les samedis après-midi dans les rues de Paris et puis dire non à la récupération. Il faut aussi être capable de structurer un mouvement pour être efficace contre ceux qui ont le pouvoir. Un certain nombre de gilets jaunes l’ont compris par leur propre expérience de la lutte, et c’est peut-être un élément qui peut permettre de tisser des liens avec les structures du mouvement ouvrier, disons, traditionnel.

D’un autre côté, au sein du syndicalisme, il y a pu avoir une prise de conscience que les problèmes qui étaient posés par les gilets jaunes correspondaient aussi à des questions réelles au sein des classes populaires et impliquaient aussi des formes de renouveau dans les modes de lutte. Le moyen qui reste aujourd’hui le plus efficace pour contrer le capitalisme, c’est d’intervenir dans les lieux où il fait son profit, c’est-à-dire dans les entreprises, comme le montre le mouvement actuel en mettant en avant la grève.

Est-il possible, dans les conditions actuelles de paupérisation de la population, de maintenir une pression dans les entreprises et notamment dans les transports? Ne faudrait-il pas imaginer aussi de nouvelles formes de solidarité de la part de ceux qui ne peuvent pas faire la grève, mais qui soutiennent ceux qui la font?

Un autre point qui me semble important, c’est de voir que les formes de résistance populaire s’adaptent aux mutations du capitalisme, mais que cela ne se fait jamais du jour au lendemain. Il me semble que nous sommes actuellement dans une phase de gestation et de recomposition un peu comme ce qui s’est passé à la fin du XIX e siècle quand l’ancien mouvement ouvrier des artisans des villes a été marginalisé par le mouvement ouvrier ancré dans la grande industrie. Aujourd’hui, il y a une phase d’interrogation, de doute et des nouveaux clivages qui me font penser à ce processus de transition et de gestation. En tout cas, quelle que soit l’issue de ce mouvement, il est certain que nous sommes entrés dans une période qui va être marquée par un fort développement des mouvements sociaux, non seulement en France, mais partout dans le monde.

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Foule sentimentale

15 Décembre 2019, 09:27am

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Utile

8 Décembre 2019, 08:33am

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Les Misérables : " Un film percutant et déstabilisant "

26 Novembre 2019, 10:18am

Publié par PCF Villepinte

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