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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

art et cuture

Culture : à l'intérieur de l'Odéon occupé, avec des artistes excédés d'être sacrifiés

5 Mars 2021, 07:28am

Publié par PCF Villepinte

Jeudi 4 Mars 2021

Plusieurs milliers de professionnels du monde de la culture ont manifesté ce jeudi 4 mars partout en France, pour de nouveau crier leur ras-le-bol et exiger la réouverture des lieux culturels, un an après les premières mesures de fermeture.

Voir aussi : Manifestations. La culture exige des solutions d’urgence

Le rassemblement parisien s'est tenu place de la République, à la mi-journée avant de s'élancer vers 14h30, en direction de la Madeleine.

Année blanche

Concomitamment, une centaine de manifestants sont entrés dans le théâtre national de l'Odéon, qu'ils comptent "occuper toute la nuit". "Nous ne sortirons pas avant qu'un conseil national des professionnels du spectacle soit convoqué avec Roselyne Bachelot et Jean Castex", a annoncé Karine Huet, secrétaire générale adjointe du SNAM-CGT.

Le gouvernement, qui a fermé fin octobre les théâtres, musées et autres lieux culturels pour lutter contre l'épidémie de Covid-19, n'a donné aucune date de réouverture, attendant le résultat de plusieurs "concerts-tests".

L'année blanche, annoncée en mai 2020, qui correspond à la prolongation des droits d'indemnisation jusqu'au 31 août 2021 pour les intermittents arrivant en fin de droits entre le 1er mars 2020 et le 31 août 2021. Les professionnels de la culture exigent également sa prolongation jusqu'en août 2022.

 

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Disparition. Le triste point final de Joseph Ponthus

28 Février 2021, 06:49am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité Jeudi 25 Février 2021

En un seul magnifique roman, il s’était imposé comme une voix incontournable de la littérature française. L’attachant auteur d’À la ligne, feuillets d’usine, s’est éteint à 42 ans.

Sa stature longiligne lui faisait tutoyer les étoiles. Deux mètres, une barbe hirsute, des loupes en guise de lunettes, parfois une pipe au bec et un sourire chaleureux, constant et communicatif surplombaient jeans et marinière, costume préféré de ce Breton d’adoption. L’écrivain Joseph Ponthus est mort à 42 ans, des suites d’un cancer.

On le savait malade car, depuis son lit d’hôpital, il documentait avec humour et tendresse son combat sur les réseaux sociaux: «Puissent tumeurs et métastases crever le plus tôt possible et moi bien plus tard.» Ses béquilles poétiques (Georges Perros, Xavier Grall, Marc-Aurèle…), musicales (Barbara, Belle and Sebastian, Nina Simone ou les Wampas…), littéraires (Dumas, Leroy et les autres…), sa passion pour les cartes postales, son chien Pok Pok, mis en scène dans de délicieux haïkus canins et son épouse Krystel – à laquelle il avait dédié son splendide roman À la Ligne, feuillets d’usine – n’auront hélas pas suffi.

Écrite à la première personne, cette œuvre cultive le lyrisme d’un long poème en prose, décrit par l’auteur comme «un chant damour à la classe ouvrière». Il y raconte son parcours d’ancien éducateur de banlieue parisienne exilé dans la région lorientaise par amour.

Diplômé de lettres classiques, il découvre le travail à la chaîne pour échapper au chômage. «Tu as beau avoir lu Marx, mais, la première fois que tu rentres dans la machine, tu te prends le Capital dans la gueule», nous expliquait-il avec son sens aiguisé de la métaphore. Joseph Ponthus se retrouve donc intérimaire dans une conserverie de poisson, puis dans un abattoir. 

Un écrivain généreux

La précarisation de l’emploi, la souffrance au travail, les petits chefs, les odeurs imprégnées dans la peau, mais aussi la solidarité, la camaraderie et l’amour irradient ce livre, récompensé par le grand prix RTL-Lire et le prix Eugène-Dabit du roman populiste. De ses mots était né, en décembre 2020, un album, À la ligne, chansons d’usine, mis en musique par Michel Cloup, Julien Rufié et Pascal Bouaziz.  À la ligne restera donc l’unique roman d’un écrivain attachant et généreux qui avait encore beaucoup à offrir à la littérature et au monde.

littérature

 

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Victoires de la Musique. Les artistes dans la lumière, une ministre dans l’ombre des coulisses

14 Février 2021, 11:25am

Publié par PCF Villepinte

 

Samedi 13 Février 2021

Marie-José Sirach

Biolay, Yseult, Hervé, Pomme récompensés. Une Victoire pour honorer Jane Birkin… et des adresses à Roselyne Bachelot, restée en retrait.

Dans l’immense vaisseau de la Seine musicale qui trône sur l’île Seguin, la 36e cérémonie des Victoires de la musique s’est déroulée devant un parterre constitué de figurants-intermittents clairsemé en raison des mesures sanitaires. Curieusement, la cérémonie avait des allures de retrouvailles sincères, sensibles et dignes. L’émotion était palpable, lors de l’hommage épuré à Jane Birkin ou de la prestation époustouflante de d’Yseult qui, à maintes reprises, a transpercé les écrans des téléviseurs.

Lire aussi : Victoires de la Musique. Yseult, Camélia, Aya... et une compétition qui fait très mâle

On devinait la joie d’être là, tout simplement, de jouer entourés de musiciens, de danseurs, après des mois d’enfermement, coupés de la scène, de la rencontre du public, de ces bouffées d'adrénaline. Les artistes étaient là parce que c’est leur métier, leur raison de vivre, leur raison d’être. Les techniciens aussi qui, tout au long de la soirée, dans l’ombre, ont œuvré à la tenue de cette soirée particulière, changeant les décors en un tour de main, comme par magie. L’ambiance tranchait avec les précédentes éditions comme si, loin des mises en scène tapageuses, parfois racoleuses, la simplicité, la sincérité soudain avaient pris le dessus. 

Un appel au dialogue

Benjamin Biolay, sacré meilleur artiste masculin et récompensé pour son album Grand Prix, a évoqué le silence “le silence étourdissant” de la ministre. “On est des gens sereins, on ne fera pas n’importe quoi”, a-t-il déclaré.

Lire notre entretien : Benjamin Biolay : «Plus les années passent, moins jai de certitudes»

Briser ce silence, entendre ces milliers d’artistes et de techniciens qui, “depuis des semaines ne travaillent plus depuis que les spectacles sont interdits”, dit à son tour un musicien de l’orchestre des Victoires prenant la parole depuis la fosse. “Comment vivre, madame la ministre, quand nous n’avons plus de revenus ? Pourquoi refuser de prolonger l’année blanche pour les intermittents ? N’entendez-vous pas les milliers de manifestants ? Nous sommes prêts, nous avons répété mais qui nous paiera si le ministère refuse de financer les concerts dans les villes, les banlieues, les villages? Dialoguez avec les organisations des artistes, écoutez les artistes”. 

Culture en boîte

Roselyne Bachelot n’a pas quitté les coulisses. Quelques instants avant la cérémonie, elle était sur le plateau de France 5 et se réjouissait des dizaines de milliers de connexions internet sur le site de l’Opéra ou de tel ou tel musicien. C’est formidable, la culture en boîte, numérique, dématérialisée, chacun chez soi. Au même moment, à l’appel de la CGT-spectacle, les intermittents occupaient la Philharmonie. À Bordeaux, ils ont déroulé une banderole demandant sa démission...

Le palmarès des 36es Victoires de la musique

• Meilleure artiste féminine : Pomme

• Meilleur artiste masculin : Benjamin Biolay

• Album de l'année : Grand Prix, de Benjamin Biolay

• Chanson originale : Mais je t'aime, de Camille Lellouche et Grand Corps Malade (lire notre entretien)

• Création audiovisuelle : Nous, de Julien Doré

• Révélation féminine : Yseult

• Révélation masculine : Hervé

• Titre le plus streamé : Ne reviens pas, de Gradur feat Leuss l'Enfoiré

 

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Les méfaits d’une société sans contact

14 Février 2021, 11:22am

Publié par PCF Villepinte

https://www.humanite.fr/sites/default/files/styles/336x135/public/images/gafam_3_hd3mon_web.jpg?itok=diwyAyN0

L’Humanité Samedi 13 Février 2021

Julia Hamlaoui

Travail, cours, services publics, culture, relations, consommation... nos vies tout entières semblent être passées au régime sec du «sans contact». Un basculement vers le virtuel qui altère nos liens sociaux, accroît les inégalités et qui, sous la poussée des Gafam, pourrait bien s’inscrire dans la durée. Retour d’expérience, près d’un an après le premier confinement.

DOSSIER
Les méfaits d'une sociéte sans contact
«Lobjectif des Gafam est que nous passions notre existence entière connectés»
Services publics en ligne. Cet outil, censé rapprocher, isole et exclut

La menace d’un nouveau confinement «serré» ou «hybride» selon les énigmatiques formules du gouvernement plane au-dessus de nos têtes. Mais les conséquences de la pandémie sont, elles, bien concrètes sur nos relations sociales, dans toutes leurs dimensions. À l’instar de nos cartes bleues, c’est l’ensemble de la société qui depuis mars 2020 s’est mise à l’heure du «sans contact». Ce concept de «société sans contact», développé par François Saltiel, puise son origine dans les nouvelles technologies et l’immixtion toujours accrue des Gafam dans nos vies. Mais le Covid-19 a joué le rôle de catalyseur. Distanciation physique, masque, couvre-feu, confinement, télétravail… En un an, tout a radicalement changé dans une société où le numérique avait largement préparé le terrain.

Lire aussi : «Lobjectif des Gafam est que nous passions notre existence entière connectés»

Le «distanciel» a son lot de conséquences. Un groupe de chercheurs sy est penché, en étudiant de près le premier confinement, via une enquête, «La vie en confinement» (Vico), auprès de 16000 personnes. «On sest beaucoup focalisé sur les inégalités sociales, mais ce dont on s’aperçoit seulement maintenant – alors qu’on le voyait déjà très bien avec notre étude réalisée au printemps –, c’est que ce sont les jeunes et les étudiants qui ont le plus souffert», explique le sociologue Pierre Mercklé. «Ils ont perdu leur petit boulot et leurs études, mais aussi, ce qui fait leur identité sociale: leurs sociabilités intenses», complète le chercheur grenoblois. Une situation partagée par dautres tranches d’âge mais qui pour eux perdure avec d’autant plus de force qu’il leur est impossible de retourner à l’université....

 

 

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Musique. Arlo Parks, chanteuse sans frontière

7 Février 2021, 08:16am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité Vendredi 5 Février 2021

Michaël Mélinard

Déjà adulée, la poétesse anglaise aux ascendances nigériane, tchadienne et française signe Collapsed in Sunbeams, un premier album à la douce mélancolie.

À l’état civil, Arlo Parks se nomme Anaïs Oluwatoyin Estelle Marinho. Un patronyme qui témoigne de ses origines multiples. Moitié nigériane, la chanteuse a aussi des ascendances tchadienne et française par sa mère.

Icon GPSSoul, jazz, rock... Vous voici à un clic de toutes nos actualités musicales.

À 17 ans, elle est repérée par BBC Introducing, la pépinière de jeunes talents de la radio publique britannique. Avant même la sortie de son premier album, Collapsed in Sunbeams, qu’on pourrait traduire par «Effondrée dans les rayons de soleil», Arlo Parks était déjà précédée dune réputation élogieuse, portée par les succès de Cola, son premier single, en 2018, et de son EP Super Sad Generation («Génération super triste»), chéri entre autres par une jeunesse désabusée.

Elle compte déjà parmi ses fans les chanteuses Billie Eilish et Lily Allen ou l’ex-first lady Michelle Obama. Excusez du peu. Son disque suscitait donc beaucoup d’attentes.

Le résultat est largement à la hauteur des espérances et résonne déjà, alors qu’elle a à peine 20 ans, comme une confirmation. Celle du talent d’une jeune artiste passionnée de poésie, qui s’est précocement essayée à l’écriture.

https://www.qiota.com/assets/qiotasession.gif?ts=1612685645

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Les clubs sont à bout de souffle et se meurent à petit feu

5 Février 2021, 08:51am

Publié par PCF Villepinte

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Le Parti du cinéma

31 Janvier 2021, 07:43am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 27/01/2021 par PCF

 

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En décembre 2020, le Parti communiste français a célébré son centenaire. L’histoire de ce parti, qui a structuré la société française et qui a joué un rôle de premier plan dans la vie politique française du XXe siècle comporte un important volet cinématographique. Malgré sa grande richesse, celui-ci reste méconnu du grand public, voire même des communistes.

Le Parti du Cinéma*, écrit et réalisé par Pauline Gallinari et Maxime Grember, nous raconte cette épopée politique et cinématographique en s’attardant sur les films de ceux qui ont fait ce cinéma communiste, comme Jean Renoir, Jean-Paul Le Chanois, Louis Daquin ou encore Jacques Bidou. Leurs témoignages mettent en lumière le rapport innovant qu’a pu entretenir l’un des plus vieux partis de France avec l’image animée.

De sa création en 1920 jusqu’au début des années 1980, le PCF a développé une intense activité cinématographique, sans équivalent dans les autres formations politiques, en impulsant la production, la réalisation et la distribution de centaines de films pour diffuser et défendre ses idées. Unique dans le champ politique français du point de vue de son intérêt pour le cinéma, le PCF peut être considéré comme le Parti du cinéma.

Son histoire cinématographique se singularise par une vocation militante et propagandiste, où l’image est mise au service des mots d’ordre communistes, qui évoluent au gré des grands événements nationaux et internationaux du XXe siècle. Si ce dessein est constamment poursuivi, il se décline de multiples manières : au fil des décennies, les procédés techniques évoluent et les expérimentations formelles se diversifient.

Cette aventure a été rendue possible grâce à l’enthousiasme et l’engagement de militants et de passionnés de cinéma, le plus souvent professionnels, qui ont permis aux films d’être fabriqués et vus, en inventant des méthodes de production et de diffusion inédites, alternatives, pour contourner les obstacles.

Tout au long de la période, la censure a été l’un d’entre eux, imposant de créer et de développer des circuits de projections parallèles. Si cette censure a bien sûr été celle du secteur du cinéma, où les visas d’exploitation nécessaires à la diffusion en salle étaient refusés, elle a aussi existé en interne, au sein même du PCF, au motif d’un désaccord avec un réalisateur ou de nouveaux impératifs politiques liés aux évolutions de l’actualité.

Ces “communistes du cinéma” ont donné un visage à ce cinéma de Parti pendant plus d’un demi-siècle et l’ont incarné. Naviguant sans cesse entre le cinéma militant et le cinéma professionnel, ils ont établi des ponts avec l’ensemble de la profession, et se sont nourris de différentes expériences dans leurs carrières. Des studios de cinéma et de l’ORTF, des actualités cinématographiques Gaumont et Pathé, en passant par les collectifs de cinéma militant nés après mai 68, les interactions et les influences ont été particulièrement nombreuses, et toujours fécondes. µ

 

* Le Parti du cinéma, un documentaire de Pauline Gallinari et Maxime Grember, diffusé lundi 1er février 2021 à 20 h 30 sur LCP. Une coproduction La Générale de Production / Ciné-Archives / LCP - Assemblée nationale.

 

 

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Sons d’hiver, un festival pour « désaccorder les certitudes et raccorder les esprits »

24 Janvier 2021, 10:08am

Publié par PCF Villepinte

val-de-marne

Le 24 janvier, à 17 heures, Famoudou Don Moye donnera un concert exceptionnel, retransmis en direct sur la chaîne YouTube du Musée du Quai Branly. © Thierry de Lavau

Le 24 janvier, à 17 heures, Famoudou Don Moye donnera un concert exceptionnel, retransmis en direct sur la chaîne YouTube du Musée du Quai Branly. © Thierry de Lavau

L'Humanité Vendredi 22 Janvier 2021

Fara C.

Pour ses 30 ans, malgré la crise économique et sanitaire, l’événement musical du Val-de-Marne se réinvente avec maestria! Une édition à suivre dès le 22 janvier.

Le défricheur festival initié par le conseil départemental du Val-de-Marne aurait mérité en 2021 de fêter ses 30 ans avec tambours et trompettes. «Le silence a trop duré!», proteste Fabien Simon. Le directeur de Sons d’hiver a donc décidé, avec son équipe hypermotivée, de ne pas annuler cette édition, mais de la réinventer: sur le fil de limprovisation, avec cette même maestria magnanime qui habite les artistes conviés depuis trois décennies, cette expertise mise au service de lart, la citoyenneté, la solidarité.

Live, échanges et résidences

Ainsi, figure à l’affiche, le 24 janvier à 17 heures, Odyssey & Legacy, du batteur et compositeur afro-américain Famoudou Don Moye, avec le griot sénégalais Dudù Kouaté, le contrebassiste Darryl Hall, le polyinstrumentiste Simon Sieger et le violoncelliste sud-africain Abel Selaocoe. Cette création sera retransmise en direct (gratuitement) sur la chaîne YouTube du Musée du quai Branly (où elle se déroulera), ainsi que sur la plateforme Bandcamp de Sons d’hiver.

 

Il ne s’agit pas d’un énième live sur le Net, mais d’un concert enrichi, d’abord, d’un échange qu’aura l’historique rythmicien de l’Art Ensemble Of Chicago avec un ethnomusicologue au sujet de sa relation avec l’Afrique. Ensuite, les internautes l’accompagneront virtuellement dans sa visite du musée autour d’instruments ancestraux.

«Les artistes ont besoin de reprendre la parole, de dire en musique ce quils et elles ressentent de la situation et des contraintes imposées sans concertation par les autorités», souligne Fabien Simon. Sont maintenues les résidences d’artistes en des lieux partenaires. Leurs fruits seront accessibles aux mélomanes selon divers procédés.

Par exemple, le 28 janvier, à Ivry (au Théâtre Antoine-Vitez, sans autre public qu’un nombre limité de professionnels), le violoncelliste et compositeur Didier Petit présentera l’aboutissement de sa résidence (les Mondes d’ici), que France Musique enregistrera, puis diffusera le 21 février à 22 heures dans la précieuse émission d’Anne Montaron  À l’improvisteCarrefour de la création.

Didier Petit a monté «un ensemble intercontinental dici et maintenant, avec des musiciennes et des musiciens qui, pour des raisons diverses, ont décidé de venir sinstaller en France». Avec les Mondes d’ici, il rend hommage à l’inventivité de ces déraciné.e.s qui donnent chair et son à l’identité rhizome célébrée par Édouard Glissant.

Effusions soniques

Pour le bonheur de l’ouïe et de l’esprit, on écoutera et on offrira aux gens qu’on aime le disque anniversaire, We Have Something To Tell You!!! Des artistes essentiels et fidèles au festival ont enregistré des pièces inédites, conçues pour l’occasion. «Nous avons quelque chose à vous dire!!!», chantent, jouent, murmurent, éructent, gueulent – chacune et chacun à sa manière – le slameur Mike Ladd, les contrebassistes William Parker et Joëlle Léandre, la flûtiste Nicole Mitchell, les pianistes Bernard Lubat et Eve Risser, etc.

À travers leurs effusions soniques, on entend acoustique et électronique s’embrasser ou se télescoper. Soudain, le confinement cesse de nous grignoter de l’intérieur. Et, pour reprendre le titre du morceau improvisé d’Eve Risser, on salue Sons d’hiver, ses «œuvriers» et ses «œuvrières» qui contribuent à «désaccorder les certitudes, raccorder les esprits».

Sons d’hiver, à partir du 22 janvier, www.sonsdhiver.orgwww.francemusique.fr/emissions/carrefour-de-la-creation. We Have Something To Tell You!!!, digital (8 euros) ou vinyle (20 euros), sur www.sonsdhiver.bandcamp.com

sons d'hiver

 

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Musique. Les Pogues, ou l’histoire d’une ballade irlandaise énervée

23 Janvier 2021, 07:53am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité

Vendredi 22 Janvier 2021

Éric Serres

Leurs BBC Sessions 1984-1986 nous font revivre, en 23 titres, l’aventure d’un groupe qui fit de la folk celtique un tourbillon aux allures punk.

Écouter les Pogues, nos poseurs préférés, c’est un peu comme se balader sur les berges de la Liffey à Dublin, direction le quartier de Temple Bar. Une fois arrivé, de pub en pub – mais ils sont fermés en ce moment –, il faut laisser la musique s’échapper et s’écraser bruyamment sur les pavés humides de la petite rue toujours bondée. Une pinte de Smithwick’s ou de Guinness à la main, c’est au choix? Et pourquoi pas un Black Bushmills?

C’est aussi débarquer à Cork et regarder s’étaler ces langues d’herbe vertes comme l’Irlande doucement vers l’océan. Les Pogues sont tout cela sur ce The BBC Sessions 1984-1986. Cet album, sorti tout droit de Maida Vale, les studios londoniens de la radio de service public, est sans aucun doute une page d’histoire à ne pas manquer.

Le CD de 23 titres, dont sept inédits, capture le groupe aux meilleurs moments de sa carrière, passant du chahut «pubesque» initial de la période Red Roses For Me au développement dun son plus travaillé de Rum, Sodomy and the Lash et annonçant la transition électrique plus affirmée de If I Should Fall from Grace with God.

Mais revenons à ce qui a fait que tout cela a été possible pour les Pogues avec ces sessions BBC ou Peel. Bien avant que nos trublions anglo-­irlandais n’y passent, dans les années 1960, les maisons de disques, craignant que la diffusion des disques sur les ondes ne fasse chuter leurs ventes, avaient fait voter une loi imposant aux radios un quota maximal d’heures de diffusion. Face à ce diktat, les radios le contournent et enregistrent des séances en direct dans leurs studios.

C’est ainsi qu’en 1967 la première BBC Session est diffusée sur Radio 1. De 1967 à sa mort en 2004, c’est le DJ anglais John Peel qui animera, sans interruption, les John Peel Sessions. Le principe est simple: il invite un des artistes du moment à jouer quinze à vingt minutes en studio. Avec un flair légendaire, il révélera ainsi David Bowie, Joy Division, les Smiths ou encore Nirvana au début de leur carrière… Peel était l’incontournable pour les groupes émergents, dont les Pogues.

Alcool, sueur et mélancolie

Revenons cette fois-ci à nos moutons, loin d’être des anges, mais bien irlandais pour la plupart. N’est-ce pas, sir Shane MacGowan? Ce disque est un témoignage exceptionnel de lavènement de ce groupe folk punk. Et même si les versions proposées ne diffèrent pas vraiment de celles déjà connues, elles offrent la spontanéité et la fraîcheur du live. C’est plein de classiques. On y trouve des ballades émouvantes, sorties tout droit de la bouche édentée de Shane MacGowan (A Pair of Brown Eyes, The Auld Triangle). On y danse sur la sautillante Sally MacLennane. 

Mais on y retrouve aussi des chansons imprégnées d’alcool et de pubs, comme  Streams of Whiskey. D’autres penchent encore vers cette mélancolie toute celtique, lorsqu’il faut finalement rentrer chez soi, Dirty Old Town. Enfin, n’oublions pas cette odeur de sueur d’une journée de m… au boulot qui poursuit ce Poor Paddy on the Railway. Toute la première partie des enregistrements date de 1984, alors que le groupe s’appelle encore Pogue Mahone.

Pour rappel, nos trublions viennent tout juste de faire la première partie des Clash et de signer sur le label punk Stiff. Mais la fête ne dure qu’un temps. Dans les années 1990, Shane MacGowan fait dérailler le groupe.  Le documentaire Crock Of Gold, réalisé par Julien Temple, le montre plongeant dans la triste décadence implicite à cette fin d’histoire. En 1991, MacGowan quitte d’ailleurs le groupe et Joe Strummer le remplace un temps. Il y revient pourtant en 2001, et la famille reprend la route sans passer par la case studio: «Je suis retourné avec les Pogues et nous avons recommencé à nous détester», déclarait en 2015 l’édenté magnifique.

Reste que cette terre mouvementée d’Irlande sera toujours pleine de bonnes surprises. Qu’elles viennent du sud ou du nord de l’île, la musique y jaillit toujours. De Thin Lizzy aux Undertones, de Stiff Little Fingers aux Boomtown Rats en passant par U2, sans oublier Sinéad O’Connor, les Cranberries et aujourd’hui Fontaines DC, l’esprit du large fait de ce gros bout de rocher un vivier sans cesse renouvelé qui a la farouche envie de pousser la chanson jusqu’au bout de la nuit. 

musique

 

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​​​​​​​« Le Dernier Jour du jeûne », de Simon

17 Janvier 2021, 08:53am

Publié par PCF Villepinte

simon abkarian L’Humanité Samedi 16 Janvier 2021 Gérald Rossi

« Le Dernier Jour du jeûne », de Simon Abkarian, une « tragi-comédie de quartier » à l'interprétation formidable. © Antoine Agoudjian

 

Simon Abkarian : « Le théâtre est un poumon de la société»

Auteur, metteur en scène et acteur du «Dernier Jour du jeûne», drôle, grave et truculent spectacle – interrompu par le confinement mais capté par France Télévisions –, Simon Abkarian explique pourquoi les femmes et la parole sont au cœur de cette pièce.

Sur la scène du Théâtre des Amandiers à Nanterre, vous avez créé «le Dernier Jour du jeûne» en 2014. Une tournée a suivi et en 2020 vous avez décidé de la reprendre. Pourquoi?

SIMON ABKARIAN Parce qu’on ne l’avait pas assez jouée (rires)! Plus sérieusement, cela pose la question de la création dans le théâtre public subventionné, car souvent les spectacles ne restent pas longtemps à l’affiche. Cette fois, Ki m’aime me suive, qui avait assuré la production au Théâtre du Soleil en 2019, nous a fait cette proposition en partenariat avec le Théâtre de Paris. Malheureusement, nous n’avons pu donner que quatre représentations publiques.

C’est une pièce bouillonnante, drôle, un brin fantastique… Comment la définiriez-vous?

SIMON ABKARIAN Son sous-titre le dit: c’est une tragi-comédie de quartier. Proche du cinéma italien des années 1950-1960, quand le peuple avait encore son langage, sa noblesse. Quand dire le mot peuple n’était pas une grossièreté. Il avait sa mythologie, sa poésie, sa philosophie, sa manière d’être, de parler, de chanter, de se mouvoir, d’affronter la vie, de se confronter aux grandes idées politiques. Je parle du peuple dans ses belles dimensions, de l’époque où il avait encore ses cathédrales, c’est-à-dire ses usines, ses quartiers, un territoire que l’on peut ici situer quelque part autour du bassin méditerranéen.

Icon QuotePour moi, aujourd’hui, le moteur du monde n’est pas l’image, mais toujours le langage.

Vous avez fait le choix d’une langue colorée, disons provençale…

SIMON ABKARIAN C’est un choix assumé. Quand il y a un langage, il y a une pensée, et alors une vision qui s’anime. Le choix de la langue n’est pas fortuit. A contrario écoutons des discours politiques où il n’y a plus de langage au-delà des stéréotypes, parce qu’il n’y a plus d’idées, de vision. Par chance, beaucoup d’artistes ont encore une pensée. Mettre le verbe au centre de mon travail me permet d’exprimer des réflexions comme des souffrances, ou encore des inquiétudes.

https://www.qiota.com/assets/qiotasession.gif?ts=1610872691 C’est une pièce bouillonnante, drôle, un brin fantastique… Comment la définiriez-vous?

SIMON ABKARIAN Son sous-titre le dit: cest une tragi-comédie de quartier. Proche du cinéma italien des années 1950-1960, quand le peuple avait encore son langage, sa noblesse. Quand dire le mot peuple n’était pas une grossièreté. Il avait sa mythologie, sa poésie, sa philosophie, sa manière d’être, de parler, de chanter, de se mouvoir, d’affronter la vie, de se confronter aux grandes idées politiques. Je parle du peuple dans ses belles dimensions, de l’époque où il avait encore ses cathédrales, c’est-à-dire ses usines, ses quartiers, un territoire que l’on peut ici situer quelque part autour du bassin méditerranéen.

Icon QuotePour moi, aujourd’hui, le moteur du monde n’est pas l’image, mais toujours le langage.

Les échanges fleuris de ce «Dernier Jour du jeûne» déclenchent le rire, mais un drame se dessine aussi

SIMON ABKARIAN Des personnages terribles peuvent surgir, mais, attention, ils viennent de chez nous, ils ne sont pas tombés d’un arbre planté chez le voisin. Il faut voir cela en face pour l’assumer, le régler. Et pour le juger. Là-bas, c’est-à-dire dans certaines parties du monde, mais je n’en nomme aucune, la justice n’est pas encore bien construite, alors elle est rendue comme elle le peut. Mais aussi, parfois, quand la justice est mal rendue, quand on voit que dans la balance un puissant pèse beaucoup plus lourd qu’un homme ou qu’une femme ordinaire, ça peut faire revenir de vieux réflexes, donner des envies de faire sa justice. N’oublions jamais que nous venons de ce là-bas.

Icon QuoteN’importe quel pays qui oppresse la femme d’une manière vestimentaire ou sociale, voire parfois les deux, ce n’est pas mon idéal.

Pourquoi avoir donné un rôle prépondérant aux femmes?

SIMON ABKARIAN Parce qu’elles sont en droit de réclamer justice. Alors que c’est toujours l’engeance masculine qui permet ou pas, qui décide, c’est fatigant. Disons, pour faire vite, que n’importe quel pays qui oppresse la femme d’une manière vestimentaire ou sociale, voire parfois les deux, ce n’est pas mon idéal. C’est pour cela que le Moyen-Orient par exemple est boiteux et qu’il le restera un bout de temps, oubliant trop que la moitié de son organisme est le corps féminin.

Comment l’artiste que vous êtes vit cette période étrange avec théâtres fermés et couvre-feu?

SIMON ABKARIAN C’est très difficile, mais il y a des gens qui sont en plus grande difficulté que nous, alors je tempère ma douleur et ma tristesse. Au final je pense qu’il y aura un grand traumatisme. Voilà un an que nous sommes plus ou moins confinés. Concrètement cela signifie pour tous les artistes un spectacle de moins créé dans leur vie. Un spectacle qui n’existera jamais. C’est arithmétique.

Icon QuoteFaire résonner les mots d’un poète ou d’une poétesse, c’est émettre la juste fréquence du bonheur.

Vous affirmez, vous aussi, que le théâtre est essentiel?

SIMON ABKARIAN Ce n’est même pas la question. Le théâtre fait partie intégrante de la vie. C’est un poumon de la société. Il y a quelque chose de l’ordre de l’irréversible avec la présence des artistes dans la collectivité humaine. Sans nourriture de l’esprit on redevient des bêtes; alors il faut pouvoir continuer à se raconter des histoires, à chanter, à faire du bon théâtre, du beau cinéma, de la belle télévision. N’oublions pas qu’à l’époque des Grecs antiques c’était un devoir d’aller au théâtre. Faire résonner les mots d’un poète ou d’une poétesse, c’est émettre la juste fréquence du bonheur.

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Est-il exact que vous allez réaliser votre premier film en adaptant «le Dernier Jour du jeûne»?

SIMON ABKARIAN Oui et j’ai même trouvé une société de production, les Films du Poisson, une structure féminine d’ailleurs. La trame du film épouse celle de la pièce, mais il faut imaginer tout un quartier, le peupler; ce nest pas très difficile, je sais doù je pars. Et je me souviens que le personnage principal de mon quartier, c’était le verbe. Reste à trouver où je vais tourner, cela dépendra de l’état du monde.

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