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internationalisme

Immigration : Lettre ouverte de Fabien Roussel à Emmanuel Macron

27 Septembre 2019, 07:41am

Publié par PCF Villepinte

"Monsieur le Président, vous voulez parler immigration ? Eh bien parlons-en !

Pour la deuxième fois en moins d'un an, vous voulez imposer le thème de l'immigration dans l'actualité. À six mois des élections, c'est une vieille ficelle ! Après le vote tout récent de la loi « Asile et Immigration », c'est même de l'acharnement !

Vous voulez parler immigration ? Eh bien parlons-en !

Le sujet mérite mieux que d'être instrumentalisé pour diviser les citoyens, pour imposer votre duo avec l'extrême droite et au final pour flétrir notre République.

Parlons de ces familles qui quittent des pays dont les richesses sont pillées, dont les États sont placés sous tutelle de banques internationales et de dictateurs corrompus, dont les infrastructures publiques ont été bradées à des multinationales ! Parlons des coopérations à développer, qui permettraient à chaque peuple de retrouver sa souveraineté sur ses ressources et son économie.

Parlons de la taxe sur les transactions financières que vous avez refusé d'élargir pour ne pas heurter le monde de la finance, nous privant de deux milliards d'euros destinés à ces pays.

Parlons des 5 milliards d'euros que représente la contribution des migrants à la création de richesses dans notre pays, quand l'Aide médicale d'État, que vous voulez remettre en cause, ne coûte que 900 millions.

Parlons de celles et ceux qui fuient tous ces conflits dans lesquels nous portons une part de responsabilité, dont l'OTAN a été l'acteur ces dernières années : l'Afghanistan, la Libye, la Syrie, le Yémen. Comment peut-on laisser mourir en Méditerranée des hommes, des femmes, des enfants qui fuient le chaos, les bombes, parfois nos bombes ?

Parlons des migrations à venir, que causeront le dérèglement climatique et son lot de catastrophes naturelles. Si nous n'agissons pas fortement, ces migrations vont se multiplier, jetant sur les routes des familles qui auront tout perdu. L'Union européenne est parmi les 3 principaux pollueurs de la planète, et nous devrions nous exonérer de toute responsabilité ?

Parlons donc des moyens à développer en urgence pour que l'Europe tienne ses engagements en faveur du climat.

Parlons de ces travailleurs sans papiers que de très grandes entreprises exploitent sans vergogne en les contraignant à la clandestinité. Quand allez-vous les régulariser ?

Parlons des travailleurs que vous livrez à la concurrence avec vos traités européens, qui sont soumis  au dumping social opposant les salarié-e-s de toute l'Union Européenne, dumping que votre directive « travailleurs détachés » n'a en rien remis en cause... Nous voulons les mêmes droits pour tous !

« Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits », affirme la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen. Alors, pourquoi aujourd'hui, dans un pays qui en a tous les moyens, ne pas reconnaître le droit de vote des étrangers résidant et payant leurs impôts en France ?

Non, de tout cela vous ne voulez pas débattre car vous préférez que la nation s'écharpe sur l'Aide médicale d'État et sur les allocations sociales, ou qu'elle se préoccupe seulement de distinguer les migrants selon qu'ils fuient la guerre, une catastrophe naturelle ou la misère ?

Vous voulez que nous débattions pour savoir si 28 pays et 500 millions d'Européens sont en capacité d'accueillir quelques dizaines de milliers d'êtres humains, quelque 3% de migrants à travers le monde, risquant leur vie sur un bateau en Méditerranée ? Les pays du pourtour méditerranéen peuvent-il s'exempter du droit maritime et du droit international ?

Monsieur le Président, l'ennemi ne vient pas en bateau. Il vient en jet privé et il se moque des frontières. La pression n'est pas migratoire, elle vient de la finance. Si des entreprises délocalisent, ça n'a jamais été à cause d'un immigré. C'est à cause d'un capital avide de profits qui ronge comme un cancer notre économie, nos emplois, nos droits.

Tous ces hommes et toutes ces femmes que vous stigmatisez sont nos frères et nos sœurs. Nous ne faisons pas de distinctions entre eux. Nous réclamons des droits pour tous, condition d'un accueil réussi. Le droit à la dignité humaine, dans un monde de justice et de paix, dans une France humaniste et universaliste.

Pour ouvrir vraiment un débat sérieux et porter des solutions de progrès, je vous adresse ce jour le manifeste « Pour une France hospitalière et fraternelle, une Europe solidaire », qu'a récemment rendu public le Parti communiste français."


Paris, le 25 septembre 2019

Fabien Roussel,
Secrétaire national du PCF, député du Nord

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G7 : les hypocrites

28 Août 2019, 08:39am

Publié par PCF Villepinte

 

Publié le 28/08/2019 par PCF

Que retenir de ce G7 avant la prochaine édition, dans un an, à Miami, quelques semaines avant la présidentielle américaine ? Ça promet...

Une première pensée pour les habitants de Biarritz, mais aussi de Bayonne et d’Anglet, plus largement ceux de la côte basque, de l’intérieur des terres (avec le déplacement des « premières dames » - j’ai cette expression en horreur - pour aller découvrir le piment, la pelote basque), qui ont vécu ces journées sécurisées. Bunkérisées. Je croyais bien connaître ma région. Connaissez-vous la route de la côte, la Corniche, qui va de Saint-Jean-de-Luz à Hendaye ? Ou encore le petit Bayonne, les bords de la Nive ? Les images d’une ville vidée de ses habitants et des personnes qui viennent découvrir ce territoire m’ont saisi. Sidéré. On éprouve alors une sorte de vertige, de malaise. Comment cela est-il réalisable ?

Je comprends bien évidemment les mesures de sécurité, mais nous atteignons un stade ultime où ces plages désertées, ces places publiques nettoyées en disent long sur l’isolement des puissants, incapables de répondre aux défis et aux besoins de la période.

De très nombreux journalistes n’ont pas pu exercer leur métier. Nasse policière pour les empêcher de filmer la manière dont les forces de l’ordre ont mis la pression sur les organisateurs et les participants du contre-sommet. Du matériel confisqué. Des intimidations. Des journalistes étrangers en ont été profondément choqués : « Nous sommes bien en France ? ». Idem pour des observateurs pacifiques, ceux d’Amnesty France, de la LDH. Une commission d’enquête sur la manière dont le pouvoir se comporte quand des opposants à la politique macronienne s’expriment devient une nécessité démocratique. Et quid des suites judiciaires ? Est-il toujours possible de contester la politique actuelle en ayant la garantie de droits démocratiques consubstantiels d’un État de droit ?

Le thème principal de ce G7 était la lutte contre les inégalités. La puissance invitante, qui est le plus gros payeur de dividendes en Europe, avait proposé d’en finir avec une déclaration commune. Donc, ce groupe des 7, principaux acteurs des inégalités et de leur folle progression dans leur pays et à l’échelle du monde, s’en tire à bon compte. C’est aussi le cas sur les enjeux climatiques. Malgré l’affichage sur le Mercosur et la forêt amazonienne, le libre-échangisme est le grand gagnant de ce sommet avec un Donald Trump à l’offensive avec le Japon et Boris Johnson. Ces 7 hypocrites, avec Emmanuel Macron en chef d’orchestre, ont joué une pièce bien mal ficelée dont on connaît l’épilogue : le capitalisme et son incapacité à régler les défis sociaux et environnementaux. Tiens, il n’a quasiment pas été question du ralentissement de l’économie mondiale, des risques de récession. La taxe Gafa, déjà réduite à un pistolet à eau, va très certainement, via sa traduction à l’échelle de l’OCDE, être de nouveau rabotée. Qu’à cela ne tienne, diront les plus optimistes, ce G7 propose de réduire la vitesse des porte-conteneurs maritimes. Quelle audace !

Le Président avait l’objectif de profiter de l’affaiblissement politique des Européens autour de la table (Angela Merkel avec un pays au bord de la récession, l’Italien sur le départ, le Britannique qui ne dispose que d’une seule voix de majorité à Westminster). Les échanges avec Poutine à Brégançon puis l’arrivée surprise du ministre iranien des Affaires étrangères ont fait le buzz. Et après ? Le macronisme diplomatique est d’abord une communication, puis très vite une illusion et enfin une désillusion. La vérité est que la France a considérablement perdu sa capacité à porter, à l’échelle du monde, une vision, et donc à se faire entendre. Trump a quitté Biarritz sans rien lâcher. Le national-libéralisme n’a pas connu de défaite à Biarritz. Bien au contraire.

Sur le plan intérieur, nous sommes face à plusieurs rendez-vous très importants. Avec la réforme de l’assurance-chômage et celle des retraites. Le gouvernement est déterminé, tout en redoutant un nouvel embrasement social. Sur les retraites, il propose donc une nouvelle « concertation », une consultation citoyenne avec un calendrier renvoyant la patate chaude après les municipales. La situation dans les services des urgences, et au sein de l’hôpital en général, est explosive. Les 70 millions d’Agnès Buzyn, qui doit faire de nouvelles annonces en septembre, ont été vécu comme une véritable provocation. La colère est aussi dans les rangs des pompiers, des forces de l’ordre, des agriculteurs après le vote du CETA, des salariés menacés de licenciements. L’examen du budget 2020, avec la sphère sociale de nouveau dans le viseur, va se faire dans un contexte économique mondial extrêmement préoccupant. La rentrée parlementaire va traiter de la PMA et de la politique migratoire, le CETA arrive au Sénat en octobre. Les municipales sont dans toutes les têtes.

E. Macron et sa majorité veulent consolider un socle électoral à 25 %, avec un baromètre de bonne opinion à 1/3. Le pari est que cela peut assurer un nouveau mandat en 2022 à condition de continuer à faire la promotion de l’extrême droite française, tout en scénarisant un affrontement avec le chef d’État d’extrême droite brésilien. Hypocrisie. Ce pari repose aussi sur l’absence d’alternative crédible dans le champ des vrais progressistes, de la gauche, des forces politiques, sociales, associatives, qui veulent stopper Macron avant un nouveau séisme politique de très forte magnitude. Notre pays dispose de ressources considérables. L’égalité reste une passion française. Oui, mais rien n’est vraiment possible sans un espoir. L’utilité du PCF est d‘y travailler à partir des travaux de notre université d’été et en assurant la réussite de la prochaine Fête de l’Huma.

Olivier Dartigolles, membre du CEN. 

 

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LA FRANCE DOIT CONDAMNER LA DESTRUCTION DE DIZAINES de LOGEMENTS PALESTINIENS

25 Juillet 2019, 10:19am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 23/07/2019 par PCF

LA FRANCE DOIT CONDAMNER LA DESTRUCTION DE DIZAINES de LOGEMENTS PALESTINIENS PAR L'ARMEE ISRAELIENNE AUJOURD'HUI à JÉRUSALEM-EST (PCF)

La colonisation de la Cisjordanie par les autorités israéliennes s'accélère depuis la décision des États-unis de transférer leur ambassade à Jérusalem et d'encourager l'occupation israélienne des territoires palestiniens afin d'annihiler toute chance de paix juste et durable.

Benjamin Netanyahu s'est engouffré dans cette nouvelle violation de la légalité internationale et a ordonné la destruction de dix immeubles dans le quartier de Sour Baher à Jérusalem-Est, un territoire censé être sous le contrôle de l'Autorité palestinienne. 350 personnes sont chassées de leur maison dans le silence puisque les observateurs et les journalistes sont tenus à l'écart par d'importants dispositifs militaires. Refusant de délivrer des permis  de construire aux Palestiniens qui ne peuvent plus se loger, Israël organise leur éviction de leurs terres. Ces démolitions devraient au total concerner 100 bâtiments.

Les autorités françaises ont le devoir de s'élever contre ce nouvel acte de violence coloniale perpétré depuis ce matin à Sour Baher, et reprendre l'initiative pour mettre un coup d'arrêt à l'occupation.

D'autant que pendant que les familles palestiniennes sont mises à la rue, une délégation de parlementaires français parade à Jérusalem-Est à l'invitation d'une association d'extrême droite, Elad, engagée dans la colonisation israélienne de la ville. Ces parlementaires foulent aux pieds la position française et les résolutions internationales. C'est indigne !

Le PCF condamne ces violences et démolitions par l'armée israélienne, la colonisation illégale de la Cisjordanie et de Jérusalem Est, et les souffrances imposées aux populations gazaouies par le blocus de la Bande de Gaza.

Tandis que Washington dénie, en dépit de toutes les résolutions internationales, aux Palestiniens le droit de disposer de leur propre Etat, la France et les pays de l'Union européenne restent inertes. La France et l'UE ne doivent pas se laisser entraîner dans cet engrenage voué à l'échec.
C'est le parti d'une paix juste et durable qu'il faut faire entendre ; cela passe par la suspension de tout accord bilatéral avec Israël tant que les droits humains des Palestiniens seront bafoués, et cela passe par la reconnaissance officielle de l'État de Palestine par la France.

 

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Commandement militaire : Macron à la course aux armements et à la « guerre des étoiles »

16 Juillet 2019, 07:16am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 15/07/2019 par PCF

Ce 13 juillet, le discours aux armées du Président de la République a marqué un nouvel infléchissement guerrier et atlantiste de la politique militaire française.

Officiellement, la création en septembre prochain d’un « Grand commandement de l’espace », le renouvellement du parc des satellites français, ou le lancement du nouveau sous-marin nucléaire d’attaque s’inscrivent dans la perspective d’une future défense européenne. En pratique, celle-ci n’est que l’alibi d’une adaptation sans cesse plus poussée d’Emmanuel Macron à la course aux armements et à la « guerre des étoiles » initiées par Donald Trump.

La présence, le 14 juillet, au côté du chef de l’État, du secrétaire général de l’Otan, la nomination à la tête de la direction des affaires politiques et de sécurité du ministère des Affaires étrangères d’une figure du néo-conservatisme à la française, les postures belliqueuses adoptées récemment à l’égard de la Russie ou de l’Iran, vont toutes dans ce sens.

 De même, l’annonce de la constitution d’un commandement militaire dédié à l’espace ne fait qu’emboîter le pas à l’administration nord-américaine. Elle remet en cause le Traité international de l’espace, pourtant signé par la France et les États-Unis, lequel en son article 4 prohibe la mise en orbite d’armes nucléaires ou de destruction massive. À l’inverse, les annonces présidentielles s’inspirent de l’armée de l’espace chère à la Maison Blanche et elles aboutissent à laisser libre cours au Space Act de 2015, qui autorise les entreprises américaines à s’emparer des ressources de l’espace.

 Non seulement la doctrine militaire de Monsieur Macron va amputer les finances publiques de 37 milliards d’euros rien que pour la modernisation de l’arme nucléaire (inscrits dans la loi de programmation militaire 2019-2025), alors que l’austérité saigne déjà à blanc les services publics et le pouvoir d’achat des Français. Mais elle entraîne notre pays dans la folle stratégie de tensions internationales mise en œuvre par Trump.

 La France doit plutôt recouvrer son indépendance et se faire porteuse de propositions de paix. Ce qui implique qu’elle se désengage de l’Alliance atlantique, qu’elle agisse en défense du droit international, qu'elle signe et ratifie le Traité international d'interdiction des armes nucléaires (TIAN), pour le respect de tous les traités internationaux aujourd’hui violés par les États-Unis.

 

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La solidarité internationale, l'indéfectible espoir des Palestiniens

19 Avril 2019, 07:20am

Publié par PCF Villepinte

La solidarité internationale, l'indéfectible espoir des Palestiniens

Le 9 avril avaient lieu les élections législatives israéliennes. Le résultat est sans appel, la droite et l’extrême droite ont raflé 80 % des suffrages et Netanyahou va organiser un gouvernement en s’alliant avec les plus extrêmes. Il a d’ailleurs annoncé la couleur: l’annexion pure et simple de toutes les colonies en Cisjordanie occupée et l’accaparement de la zone C. C’est un État d’apartheid qu’il entend institutionnaliser avec le vote de la loi État-nation et comme c’est déjà le cas en Cisjordanie occupée.

https://d3n8a8pro7vhmx.cloudfront.net/pcf/pages/10156/attachments/original/1555489687/visuel_rencontrecaucampdeBalata.jpg?1555489687

Pierre Laurent, sénateur et président du Conseil national du PCF, et Mathilde Caroly, responsable du collectif Pour une paix juste et durable du PCF, ont participé quelques jours plus tôt à une délégation d’une quarantaine d’élus organisée par l'AJPF (Association pour le jumelage des camps palestiniens avec des villes françaises).

En Israël, ils ont rencontré Dov Khenin, encore député communiste de la Joint List, qui fait partie de ceux qui en Israël se battent encore pour « un État de tous ses citoyens ».

visuel_rencontrecaucampdeBalata.jpgEn Palestine, leurs différentes rencontres leur ont permis de constater la dégradation de la situation des Palestiniens, la violence à laquelle ils sont continuellement confrontés. A Deisheih, ils ont rendu hommage à la mémoire d’un jeune secouriste assassiné quelques jours plus tôt par l’armée israélienne. Le jour de leur départ, ils apprenaient qu’un nouvel assassinat avait été commis au camp de Qalandia où ils avaient été reçus.

BassamSahli-PierreLaurent.jpgBassem Sahli, secrétaire général du Parti du peuple palestinien (PPP), Nabil Chaat, ancien ministre, Walid Assaf, ministre, Mustapha Barghouti, tous nous ont alertés sur les dangers qui peuvent conduire au désespoir.

Les Palestiniens, qui se sentent chaque jour un peu plus abandonnés par les gouvernements, mettent tous leurs espoirs dans la solidarité internationale de la société civile.

Le PCF poursuit son engagement dans la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) initiée par la société civile palestinienne en insistant sur le volet sanctions qui pourrait se concrétiser par une large campagne sur l’embargo des armes pour que la France cesse d’être complice de l’armement du colonialisme.

Netanyahou, soutenu par Trump, manifeste clairement, en bafouant le droit international, son refus de la justice et de la paix. Le PCF appelle donc Emmanuel Macron et son gouvernement à ne plus se contenter de mots et à affirmer enfin leur volonté de soutenir une paix juste et durable respectant les droits nationaux du peuple palestinien en reconnaissant l’État de Palestine maintenant.

L'Europe a aussi son rôle à jouer. Le PCF continue à exiger que l’accord d’association Union européenne-Israël soit suspendu tant que la politique israélienne ne sera pas conforme au droit international.

Mathilde Caroly
membre de la commission des relations internationales du PCF
responsable du Collectif pour une paix juste et durable
entre Palestiniens et Israéliens du PCF

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Une première victoire pour le peuple algérien (Fabien Roussel)

12 Mars 2019, 10:08am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 12/03/2019 par PCF

 

Le peuple algérien qui se soulève pacifiquement, dans la dignité et l'unité, vient de remporter une première victoire exceptionnelle.

 

Sous la pression de la rue, A. Bouteflika annonce le retrait de sa candidature, la convocation d'une conférence nationale et le report des élections présidentielles. Les jeunes, les femmes et toute la société algérienne parviennent à déjouer le scénario du chaos, de la peur et des menaces. Ils ont fait voler en éclat l'immobilisme politique et institutionnel. Ils clament leur colère face à la crise économique et sociale, la corruption, le clientélisme et le pillage des richesses au profit d'affairistes liés au pouvoir.


Avec une maturité impressionnante, ils portent des revendications sociales et politiques ambitieuses en exigeant un changement radical, le démentelement du régime et du système et une transition démocratique. Cette expérience et cette capacité d'innovation sera utile face à ceux qui voudraient dévoyer ce processus de transition.

Le PCF exprime sa solidarité totale avec les Algériens et Algériennes qui, en Algérie et en France, se mobilisent pour la justice et le progrès social, la démocratie et la dignité.
C'est une première victoire pour les algérien-ne-s et c'est la preuve qu'un peuple debout, uni et déterminé arrive toujours à se faire entendre.

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord

 

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Venezuela. Le scénario du coup d’État était presque trop parfait

25 Janvier 2019, 08:16am

Publié par PCF Villepinte

 

Vendredi, 25 Janvier, 2019

L'Humanité Cathy Dos Santos

Le président de l’Assemblée nationale veut s’arroger le pouvoir exécutif avec l’accord des États-Unis et des gouvernements de droite du continent. L’armée réitère son soutien au président socialiste Nicolas Maduro. Le pire n’est pas à exclure.

Comment un illustre inconnu de la scène internationale peut-il jouir d’une telle reconnaissance mondiale, quelques instants seulement après s’être autoproclamé président du Venezuela ? Les historiens et politologues pourront plancher des heures durant sur les événements qui se déroulent dans la puissance pétrolière, en argumentant, s’il le faut, qu’un coup d’État suppose un recours à la violence.

Ils seront alors bien en peine d’expliquer les soubresauts que connaît l’Amérique latine depuis les putschs au Honduras, au Paraguay, au Brésil et désormais au Venezuela. Quant au scénario du pire, il n’est pas à exclure après cette journée du 23 janvier où le président de l’Assemblée nationale, Juan Guaido, s’est auto-investi chef de l’État « en exercice » de la manière la plus illégale.

Personne ne peut croire que l’opposition de droite, pourtant morcelée, puisse s’adjuger le pouvoir d’un claquement de doigts sans le soutien de Washington ? Certes, elle manifestait ce jour-là en masse, tout comme les dizaines de milliers de partisans du président socialiste Nicolas Maduro, à l’occasion de l’anniversaire de la chute de la dictature de Perez Jimenez en 1958. Le tempo parle de lui-même.

Quatre petites minutes seulement après les déclarations de Juan Guaido annonçant la constitution d’un gouvernement intérimaire, les États-Unis s’empressaient de le désigner comme le président « légitime ». Trois minutes plus tard, c’était au tour de Luis Almagro, le secrétaire général de l’Organisation des États Américains – organisme créé sur mesure pour défendre les intérêts de la puissance états-unienne dans la région –, d’apporter sa bénédiction.

On rappellera ici que l’Uruguayen a été exclu de sa formation politique, le Front large (centre gauche), en raison de ses attaques répétées contre la souveraineté vénézuélienne. Puis, Mike Pompeo, le secrétaire d’État, et Donald Trump en personne ont donné le ton en exigeant de Nicolas Maduro qu’il abandonne son siège au nom de la « démocratie ».

Les lignes rouges ont été franchies

Dans une Amérique latine, portée désormais par une vague réactionnaire, les exécutifs de droite – Brésil, Chili, Argentine, Paraguay, Équateur, Guatemala – se sont aussitôt alignés. À vrai dire, sans grande surprise. Quant à l’Union européenne, le président du Conseil, Donald Tusk, a plaidé pour que « toute l’Europe» soit unie «  en soutien aux forces démocratiques». « Contrairement à Maduro, l’Assemblée parlementaire y compris Juan Guaido ont un mandat démocratique des citoyens vénézuéliens », a-t-il tweeté. Bruxelles emboîte ainsi le pas à la déclaration de guerre prononcée le 4 janvier par le groupe de Lima (Argentine, Brésil, Canada, Chili, Colombie, Costa Rica, Guatemala, Honduras, Mexique, Panama, Paraguay, Pérou), qui, réuni dans la capitale péruvienne, a annoncé qu’il ne reconnaîtra pas le nouveau mandat de Nicolas Maduro dont l’investiture a eu lieu le 10 janvier.

 Cette structure à laquelle n’appartiennent pas les États-Unis, mais qui y participaient par vidéoconférence, a accordé sa « pleine reconnaissance à l’Assemblée nationale élue, le 6 décembre 2015 ». Impressionnant hasard du calendrier, Juan Guaido était investi le lendemain président de l’Assemblée nationale, majoritairement dominée par la Mesa unidad democratica (MUD), une coalition hétéroclite de partis de droite qui a explosé en vol en raison de divisions internes sur la stratégie à adopter pour déloger le Parti socialiste uni du Venezuela (Psuv) du pouvoir.

 Qu’importe si ce parlement a été déclaré en outrage en mars 2017 pour avoir outrepassé les pouvoirs judiciaires et électoraux qui lui sommaient de procéder à de nouveaux scrutins à la suite de l’élection frauduleuse de trois députés. Fort de la déclaration du groupe de Lima, qui a exigé de Nicolas Maduro qu’il « transfère le pouvoir exécutif à l’Assemblée nationale », Juan Guaido a demandé à l’armée de se ranger de son côté, allant désormais jusqu’à offrir une amnistie à d’éventuels rebelles.

Depuis Paris, Emmanuel Macron y est allé de son couplet. « Après l’élection illégitime de Nicolas Maduro en mai 2018, l’Europe soutient la restauration de la démocratie », a-t-il tweeté en espagnol et en français. On peine à croire que le Quai d’Orsay ne soit pas au fait des événements depuis 2017, à la suite des violences meurtrières initiées par la MUD. Ce triste épisode avait ouvert la voie à un processus de dialogue entre l’opposition et l’exécutif chaviste afin de trouver une solution pacifique à la crise politique et économique. Plus de 150 réunions officielles et secrètes ont eu lieu. Grâce à la médiation du président dominicain, Danilo Medina, et de l’ex-premier ministre espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, un pré-accord incluant une élection présidentielle a été trouvé en décembre 2017.

Tout était fin prêt pour la signature, jusqu’à ce que Julio Borges, l’ancien président de droite de l’Assemblée nationale, fasse marche arrière sur pression du secrétaire d’État américain (limogé depuis), Rex Tillerson, qui entreprenait une tournée en Amérique latine. L’ancien chargé d’affaires de l’ambassade des États-Unis à Caracas, Todd Robinson, a, quant à lui, exigé d’Henry Ramos Allup, l’un des pré-candidats de la droite à l’élection présidentielle du 20 mai 2018, de ne pas se présenter afin d’en discréditer l’issue.

En dépit de ces injonctions, trois formations de l’opposition ont concouru au scrutin, au cours duquel 46,07 % des électeurs se sont prononcés. Cette faible participation – qui n’est pas étrangère non plus à l’exaspération populaire consécutive à une économie en lambeaux et à une hyperinflation horrifiante – justifie-t-elle pour autant de renverser Nicolas Maduro, qui a obtenu plus de 60 % des voix, soit 30,45 % des inscrits? Les chancelleries devraient y réfléchir à deux fois. Car, pour mémoire, le très droitier président chilien, Sebastian Piñera, a été élu avec 26,5 % des inscrits; son voisin argentin Mauricio Macri, avec 26,8 %, et le chef de la Maison-Blanche avec 27,20 %. Quant à Emmanuel Macron, ses 18,19 % du premier tour ne lui permettent guère de fanfaronner.

Si on excepte quelques déclarations de bonne intention de l’ONU, la diplomatie semble se prendre les pieds dans la stratégie interventionniste de Washington. Depuis 1999, date de l’accession d’Hugo Chavez au pouvoir, elle a multiplié les entreprises de déstabilisation au Venezuela, pays aux insondables richesses naturelles. Mercredi, les lignes rouges ont été franchies. Le président élu Nicolas Maduro a ordonné aux diplomates états-uniens de quitter le sol vénézuélien. En vain, « les États-Unis ne reconnaissent pas le régime de Maduro (...) (Ils) ne considèrent pas que l’ancien président Nicolas Maduro a l’autorité légale pour rompre les relations diplomatiques », a rétorqué le département d’État qui entend gérer leurs relations « par le biais du gouvernement du président par intérim Guaido ».

« Jamais nous ne trahirons la volonté du peuple. Nous ratifions notre absolue loyauté à la Constitution et à notre commandant en chef, Nicolas Maduro! » a assuré le commandant général de l’armée bolivarienne, Jesus Suarez Chourio.

Outre la Chine ou encore la Russie, le dirigeant socialiste a reçu le soutien régional de la Bolivie, du Nicaragua, de Cuba, de l’Uruguay, ainsi que du Mexique qui avait déjà refusé de signer la déclaration commune du groupe de Lima au nom de la non-ingérence dans les affaires internes d’un pays tiers. « La dualité de pouvoirs, intentionnelle et, il va sans dire, bien méditée (...) est un chemin direct au chaos et à la destruction des ciments de l’État vénézuélien », a déclaré Moscou, en condamnant « ceux qui poussent la société à l’abîme d’un conflit sanglant ».

Depuis Davos, Patrick Pouyanné, le patron du géant pétrolier français Total, présent depuis un demi-siècle sur le territoire vénézuélien, a, quant à lui, estimé que les événements à l’œuvre étaient « probablement une très bonne nouvelle pour le peuple vénézuélien », sous couvert d’évoquer la « sécurité de (son) personnel (...) le difficile accès à l’eau, à l’électricité »...

Cathy Dos Santos

Le pcf et la fi dénoncent un putsch

Le PCF a dénoncé, jeudi, le soutien «scandaleux» d’Emmanuel Macron à la «tentative de coup d’État» que représente l’autoproclamation du président de l’Assemblée nationale du Venezuela, Juan Guaido, comme «président en exercice par intérim». De son côté, le chef de file de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a fustigé sur Twitter la prise de position d’Emmanuel Macron. « Pas en notre nom! Car, pour Macron, une élection démocratique est “illégitime” et un coup d’État d’extrême droite soutenu par Trump et Bolsonaro “restaure la démocratie”. C’est trop!» Dans un tweet écrit en français et en espagnol, le président français avait en effet encouragé une Europe «soutenant la restauration de la démocratie» et salué «le courage des centaines de milliers de Vénézuéliens qui marchent pour leur liberté».

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Inégalités. Racket historique des milliardaires sur la richesse mondiale

22 Janvier 2019, 08:27am

Publié par PCF Villepinte

 

Mardi, 22 Janvier, 2019

L’Humanité, Pierric Marissal

 

C’est à l’occasion du forum économique mondial de Davos qu’Oxfam publie chaque année son rapport sur les disparités. Il montre une concentration inédite d’argent dans les mains de quelques-uns, mais aussi l’échec des moyens de redistribution.

Les 26 plus gros milliardaires possédaient en 2018 autant que 3,8 milliards personnes, la plus pauvre moitié de l’humanité. Il en fallait 42 en 2017, 61 en 2016… Le tableau des inégalités que révèle l’ONG Oxfam en se basant sur les données du Crédit Suisse est chaque année plus dramatique que la précédente. La richesse se concentre d’autant plus que le nombre d’ultra-riches ne cesse d’augmenter. En 2009, au cœur de la crise, ils étaient 793 milliardaires dans le monde, leur fortune cumulée atteignait 2833 milliards de dollars, soit un peu plus que le PIB de la France. En 2018, il y a 2208 ultra-riches pour un pactole dépassant les 9000 milliards de dollars.

C’est le PDG d’Amazon, Jeff Bezos, qui en 2018 a vu sa fortune exploser le plus. Avec une hausse de 39 milliards de dollars sur un an, il atteint les 112 milliards, ce qui fait de lui l’homme le plus riche du monde. «1 % seulement de sa fortune équivaut au budget total de la santé de l’Éthiopie, un pays de 105 millions d’habitants», pointe le rapport d’Oxfam. Sans surprise, les patrons des géants du Web et des télécommunications, américains mais aussi chinois, figurent en bonne place dans ce palmarès actualisé par Forbes. Deux Français sont dans le lot des 26 plus riches, Bernard Arnault, en quatrième position, talonné par le PDG de Facebook, et Françoise Bettencourt Meyers, héritière de l’empire L’Oréal. Dans l’Hexagone, 8 milliardaires possèdent à eux seuls autant que les 30 % des moins riches. Le rapport entre la rémunération totale des patrons de Carrefour, Sodexo et Renault et la moyenne de la rémunération des salariés était en 2017 respectivement de 251, 225 et 206 a de son côté calculé Attac.

Alors que la fortune des milliardaires s’accroît chaque jour de 2,5 milliards de dollars, près de la moitié de l’humanité – 3,4 milliards de personnes – vit toujours dans la misère, avec moins de 5 euros par jour, ce qui correspond au nouveau seuil d’extrême pauvreté défini par la Banque mondiale. «Tandis que les milliardaires ont vu leur fortune augmenter de 12 % l’an dernier, la richesse de la moitié la plus pauvre de la population du monde a chuté de 11 %», assure Oxfam.

Depuis 2013, les progrès réalisés dans la lutte contre la pauvreté extrême ont drastiquement freiné. Elle a même augmenté dans certaines régions, comme l’Afrique subsaharienne. Sur ces 40 dernières années, les 50 % de l’humanité les plus pauvres n’ont capté que 12 % de la richesse créée, alors que les 1 % les plus riches en ont pris plus du quart. «Les pays inégalitaires sur le plan économique sont également ceux où les inégalités entre les femmes et les hommes sont les plus fortes», dénonce aussi Oxfam, qui veut montrer que «ces inégalités ont un coût humain dramatique». À l’échelle mondiale, les femmes gagnent 23 % de moins que les hommes et les hommes possèdent 50 % de plus de la richesse totale que les femmes. En Inde, l’espérance de vie d’une femme de basse caste est amputée de 15 années comparée à celle d’une femme de plus haute caste. Même constat en Europe, l’espérance de vie dans les quartiers les plus pauvres de Londres est inférieure de 6 ans à celle des quartiers les plus huppés de la capitale britannique.

262millions d’enfants sont toujours privés d’accès à l’école

Les données issues de 137 pays en développement révèlent qu’un enfant d’une famille pauvre a en moyenne deux fois plus de risques de mourir avant son cinquième anniversaire qu’un enfant d’une famille riche. Dans les pays à bas revenus et à revenus intermédiaires, Oxfam estime que 3,6 millions de décès peuvent être attribués chaque année au manque d’accès aux soins médicaux. De même, 262 millions d’enfants sont toujours privés d’accès à l’école. Pourtant, une simple taxe de 0,5 % sur la fortune des plus riches permettrait de scolariser ces enfants et de garantir l’accès aux soins pour tous selon l’ONG.

Les services publics sont donc au cœur de la lutte contre la réduction des inégalités, ­assure Oxfam, et leur sauvegarde comme leur amélio­ration, relèvent de choix politiques. «Une étude récente réalisée dans 13 pays en développement a montré que les ­dépenses consacrées à l’éducation et à la santé représentaient 69 % de la réduction totale des inégalités», assure l’ONG.

Les super-riches dissimulent des milliards aux autorités fiscales

L’impôt, au cœur du financement de ces services publics et plus largement des mécanismes de redistribution, ne remplit plus son rôle. Oxfam a calculé que dans plusieurs pays, comme la Grande-Bretagne ou le Brésil, il pèse proportionnellement bien plus sur les 10 % les plus pauvres que sur les 10 % les plus riches. D’autant que la tendance générale observée est de baisser les impôts sur les sociétés et sur la fortune. Ce dernier ne représente plus que 4 % des revenus fiscaux mondiaux et 11 % pour la taxation des bénéfices des entreprises.

À l’inverse, les impôts sur les salaires atteignent 22 % des recettes et 39 % pour les taxes de type TVA, les plus injustes car non progressives. Dans certains pays, les taux d’imposition des personnes les plus riches sont à leur niveau le plus bas depuis un siècle. En Amérique latine, par exemple, le taux d’imposition effectif des 10 % des revenus les plus élevés n’est que de 4,8 %. Sans compter que les super-riches à travers le monde ont dissimulé 7600 milliards de dollars aux autorités fiscales, selon l’économiste Gabriel Zucman, qui a participé au rapport d’Oxfam et auteur de la Richesse cachée des nations.

 

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Effie Achtsioglou. « Nous essayons de créer un État social, quelque chose qui n’a jamais existé ici »

20 Janvier 2019, 10:14am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité Jeudi, 17 Janvier, 2019

A 34 ans, Effie Achtsioglou, la ministre du Travail, de la Solidarité et de la Sécurité sociale, remarquée pour son bilan, est une étoile montante de la scène politique grecque. Fin janvier, elle doit signer le décret mettant en place la première hausse du salaire minimum en Grèce depuis dix ans. Entretien.

A 34 ans, Effie Achtsioglou, la ministre du Travail, de la Solidarité et de la Sécurité sociale, remarquée pour son bilan, est une étoile montante de la scène politique grecque. Fin janvier, elle doit signer le décret mettant en place la première hausse du salaire minimum en Grèce depuis dix ans. Entretien.

Quatre ans après l’arrivée de Syriza au pouvoir, et après beaucoup de péripéties, vous vous apprêtez à mettre en vigueur la première hausse des salaires dans le pays depuis le début de la crise…

Augmenter les revenus des travailleurs a toujours été une de nos priorités politiques principales. Cette hausse du salaire minimum vient quelques mois à peine après le rétablissement des conventions collectives que nous avons mis en place l’été dernier, dès la fin du mémorandum.

De combien sera la hausse du salaire minimum?

Elle sera comprise entre 5 % et 10 %, nous n’avons pas encore finalisé les détails. En même temps on va abolir le salaire « sous-minimum » pour les jeunes de moins de 25 ans mis en place en 2012 (510 euros brut contre 586 euros pour le salaire minimum. Cela concerne environ 7 % des travailleurs – NDLR). Pour eux la hausse sera bien plus conséquente, aux alentours de 20 %.

Outre la hausse du salaire minimum, toute une série de mesures d’aide aux plus démunis ont été mises en place…

C’est une continuation logique des mesures que nous avions prises dès notre arrivée au pouvoir pour résorber la crise humanitaire. Avec la fin du mémorandum, nous avons désormais bien plus de moyens. Notre budget pour la solidarité sociale est progressivement passé de 700 millions en 2015 à 3 milliards aujourd’hui. 700000 citoyens touchent aujourd’hui l’« allocation sociale de solidarité », que nous avons mise en place sur des critères de revenus et de patrimoine personnel. De plus, tant en 2017 qu’en 2018, nous avons à la fin de l’année redistribué l’excédent que les comptes de l’État ont dégagé. Par ailleurs une allocation d’aide au logement permet non seulement à ceux qui paient un loyer de faire face à leurs obligations, mais aussi à ceux qui ont contracté un prêt pour acheter un premier logement de pouvoir le rembourser. Nous avons aussi créé un programme pour trouver des logements pour les sans-abri et les aider, par la suite, à se réinsérer dans la société. Pour faire face à la pauvreté des enfants on finance les repas scolaires et on ouvre de nouvelles crèches à travers le pays. On espère que, petit à petit, les classes moyennes pourront aussi en profiter. Nous essayons de créer un État social, quelque chose qui n’a jamais réellement existé en Grèce, même avant la crise.

Pourtant, vous êtes toujours derrière le parti de droite Nouvelle Démocratie dans les sondages.

Les sondages aujourd’hui sont plus un outil politique pour créer la réalité qu’un outil scientifique pour mesurer l’opinion. Cependant, il est vrai qu’il faut du temps pour que la société comprenne que, réellement, le plus dur est derrière nous. Le premier semestre de 2019 sera très important pour que le peuple comprenne que désormais ses revenus commencent à augmenter et que l’austérité est derrière nous.

Pensez-vous que, en cas de victoire de la droite lors des législatives, qui doivent avoir lieu en octobre 2019, l’État social que vous êtes en train de créer risque d’être remis en question?

C’est le moins qu’on puisse dire. M. Mitsotakis (président de Nouvelle Démocratie – NDLR) le dit clairement dans ses discours. Il est sur une ligne quasiment identique à celle du FMI. Qui plus est, le député Kostas Karagounis (responsable de la question des retraites au sein Nouvelle Démocratie – NDLR) a même ouvertement parlé de mettre en place un système de retraites calqué sur celui d’Augusto Pinochet!

Comment voyez-vous aujourd’hui la situation politique en Europe et la montée de l’extrême droite?

Cela fait presque quinze ans que les forces politiques dominantes en Europe font les autruches devant tous les signes avant-coureurs du phénomène pour éviter de se remettre en question et de revoir leurs choix politiques. Quand, en 2005, tant le peuple français que le peuple hollandais ont tous les deux rejeté par référendum le projet de Constitution européenne, on aurait déjà dû se poser beaucoup de questions. C’est là deux pays qui ont participé à la construction européenne dès le début! Il n’en a rien été. Et soudain aujourd’hui tout le monde au sein des puissances politiques traditionnelles est choqué de voir que l’extrême droite pourrait bien remporter les élections européennes de mai 2019. Heureusement, en Grèce, cette frustration populaire s’est surtout exprimée en faveur de la gauche. Mais nous sommes malheureusement l’exception.

Entretien réalisé par P. K.

 

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États-Unis. Élections de mi-mandat, la défaite cuisante de Trump

4 Décembre 2018, 11:05am

Publié par PCF Villepinte

Mardi, 4 Décembre, 2018

L’Humanité Christophe Deroubaix

Après des semaines de lent et fastidieux dépouillement, il apparaît clairement que les candidats démocrates ont remporté une victoire franche et nette face au parti du président. L’écart en voix se monte à plus de huit millions.

 

C’est bien une «vague bleue» (de la couleur du Parti démocrate) qui a jailli des urnes des États-Unis le 6 novembre dernier lors des midterms, ces élections législatives qui interviennent à la moitié de chaque mandat présidentiel. Les commentaires à chaud – réalisés sur la base de décomptes partiels – faisaient souvent état d’une victoire en demi-teinte du parti d’opposition. En creux, Trump aurait réussi à limiter les dégâts. Les résultats définitifs font apparaître une réalité plus tranchée: une défaite claire des républicains dans le cadre d’une très forte mobilisation électorale.

La première donnée concerne en effet la participation (voir graphique ci-dessous). Elle a été historique pour un tel type d’élection. Près de 50 % des citoyens en âge de voter se sont déplacés (1). Il faut remonter à… 1914 pour trouver un taux plus élevé. Lors des dernières midterms, en 2014, il s’était élevé à 36 %. La figure centrale de Trump a incontestablement servi de facteur de mobilisation… dans les deux camps. Mais de manière différenciée. Ce qui n’était pas forcément apparu aussi clairement lors des premiers jours.

 

La victoire démocrate revêt, elle aussi, une dimension rare. Selon le site spécialisé FiveThirtyEight, les candidats du parti de l’âne ont recueilli 50,7 % des suffrages, contre 42 % à ceux du parti de l’éléphant. «Un tel différentiel, en science politique, on appelle cela un landslide, un raz de marée», analyse Mark Kesselman, professeur honoraire de science politique à l’université Columbia de New York. ..

 

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