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« Le logement : marqueur et vecteur des inégalités dans l’emploi ».

30 Janvier 2022, 11:07am

Publié par PCF Villepinte

 

Le logement est une préoccupation majeure des travailleurs. Des conditions de logement dépendent en effet les possibilités de maintien dans l’emploi, d’accès à la formation et à la mobilité professionnelle.

Le poids des loyers ou des remboursements d’emprunts pèsent de plus en plus lourd dans le budget des ménages.

L’accès à un logement locatif, public aussi bien que privé, est devenu particulièrement difficile pour les moins de 30 ans et les salariés en contrat précaire.

Quant à l’accès à la propriété, il est désormais un marqueur d’inégalités sociales indéniable en fonction de la situation dans l’emploi.

Enfin, on estime aujourd’hui à près de 4 millions le nombre de personnes en situation de mal-logement (surpeuplement, précarité énergétique, impayés de loyers ou de charges, sous-location sans bail, etc.) alors que bon nombre d’entre elles sont en situation d’emploi.

La prise en compte de ces problématiques est encore trop souvent laissée à la main des camarades mandatés chez les bailleurs sociaux ou dans les commissions des CSE.

En outre, les commissions d’information et d’aide au logement (CIAL) n’étant obligatoires que dans les entreprises de plus de 300 salariés, nombreux sont les salariés qui ne savent pas vers qui se tourner au sein de l’entreprise afin de résoudre leurs problèmes d’accès à un logement ou de maintien dans leur logement.

Enfin,  il faut reconnaître que les élus des CSE sont souvent démunis face à un sujet qui semble parfois très technique et où les types d’aides sont nombreux.

C’est dans ce contexte et afin d’apporter un éclairage précis à l’ensemble de nos syndicats, que le collectif confédéral « Logement » a élaboré un livret  intitulé « Le logement : marqueur et vecteur des inégalités dans l’emploi ».

Ce document permet de constater et de comprendre précisément les mécanismes d’exclusion du droit au logement qui se sont progressivement installés du fait notamment de la précarisation des conditions de travail et des décisions politiques favorisant les logiques libérales plutôt que celles sociales.

Ce document fait également le point sur les propositions de la CGT pour un droit au logement pour tous.

Bien plus qu'un simple éclairage sur la question du logement, ce livret doit ainsi permettre d'amplifier notre bataille revendicative et de faire le lien entre salaire, emploi et logement.

Le collectif confédéral « Logement » se tient à votre disposition afin de vous présenter ce document et d’en débattre avec vous. À cette fin, vous pouvez adresser un mail à : logement@cgt.fr.

Accéder au livret

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Livret Logement_1

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Inhumanité(s)

29 Janvier 2022, 13:35pm

Publié par PCF Villepinte

Est-ce ainsi que les vieux meurent ? 

Cash.

 Et nous traversons un paysage de limbes en nous rappelant Baudelaire: «La forme d’une ville change plus vite, hélas, que le cœur d’un mortel.» La semaine écoulée se résume donc d’une question riche en mots nus: est-ce ainsi que meurent les vieux?

Autant l’écrire en préambule, il serait pour le moins déplacé, sinon partial, de réduire les Fossoyeurs (Fayard) à la brutalité de son titre pourtant bien choisi. Depuis la publication des «bonnes feuilles» par le Monde, chacun se précipite sur l’ouvrage de Victor Castanet, une espèce de somme considérable qui dépasse, de loin, le simple brûlot accusateur.

L’enquête du journaliste indépendant sur le «business» des maisons de retraite privées va bien au-delà, comme en témoigne la vague d’émotion suscitée par son contenu, sans parler de la panique de tout ce secteur d’activité comme celle du gouvernement, sommé de réagir aussi vite que possible face au trouble de l’opinion publique.

À quelques encablures des élections, ce livre a le mérite de remettre le sujet – majeur – sur le devant de la scène. Car nous sortons bouleversés et broyés par la lecture de ces pages révoltantes et sordides qui narrent, dans le détail, le quotidien de nos aïeux, martyrisés, humiliés, abandonnés à leur solitude dans des conditions infâmes.

Mais pas de méprise. Les «fossoyeurs» dont il s’agit ne sont pas les employés exploités et autres petites mains de ce monde si particulier (auxiliaires de vie, soignants, etc.), mais bien les dirigeants (et leurs kapos) des grands groupes pour lesquels la fin de vie est devenue un filon lucratif, une machine à cash, un système à déshumaniser.

Privé. 

ne société qui traite ses vieux de la sorte n’est plus très digne de son organisation collective. Alors que salariés des Ehpad se battent depuis des années pour dénoncer leurs conditions de travail (sous-effectifs, surrégime) et ce à quoi ils sont soumis par leur hiérarchie, autant le dire, il n’a pas fallu attendre cette publication choc pour connaître la situation réelle.

Réduction des coûts et profits reste l’alpha et l’oméga de ce business financé en grande partie par l’État et sur lequel la pandémie a jeté une lumière crue. Sur les 7520 Ehpad, un quart appartient déjà au privé à but «commercial». Une loi les autorise d’ailleurs à bénéficier d’aides publiques. Les privatisations s’accélèrent et leur nombre ne cesse de croître, prenant le pas sur le secteur associatif.

Inutile de préciser qu’une totale opacité règne sur la distribution directe de deniers publics aux 1820 Ehpad en question. Des centaines de millions d’euros, pour des groupes qui s’engraissent: Orpea (visé par les Fossoyeurs), Korian, Colisée, le Noble Age, Domidep, DomusVi, etc. Le bloc-noteur ne citera que trois exemples scandaleux qui illustrent la mécanique en place. Le groupe Korian redistribue, chaque année, environ 50 millions d’euros à ses actionnaires, parmi lesquels le Crédit agricole, la BNP ou JPMorgan.

Orpea, le leader européen, possède comme premier actionnaire CPPIB, le plus gros fonds de pension canadien, mentionné dans l’enquête journalistique internationale «Paradise Papers» pour ses activités aux Bermudes. Quant à DomusVi, il émarge sur l’île de Jersey, dans un paradis fiscal!

Honte.

 Un ami du bloc-noteur, lui-même employé dans un Ehpad Orpea, raconte crûment: «De l’extérieur, les familles voient les lustres dans la salle de restaurant, mais, en vrai, quand on sert les belles assiettes, il n’y a rien à bouffer dedans, et dans les chambres, les patients vivent dans leurs excréments.» Et il résume: «Ce qui compte, ce n’est pas l’humain, c’est l’argent, rien que l’argent. J’ai honte…» La vie n’est qu’un souvenir, rehaussé ou hanté par nos combats. Eux-mêmes tissés de ce que le souvenir peut avoir d’impalpable, de flou… et surtout d’injuste.

[BLOC-NOTES publié dans l'Humanité du 29 janvier 2022.]

Publié par Jean-Emmanuel Ducoin

 

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167 %

27 Janvier 2022, 07:59am

Publié par PCF Villepinte

167 %

La Banque de France (via l’Observatoire des tarifs bancaires) constate que « les frais de tenue de compte », que les banques imposent à leurs clients, ont augmenté depuis 2012 de 167 % ! Alors même qu’elles enregistrent des profits record. Ainsi BNP Paribas a vu son bénéfice augmenter de 32 % au dernier trimestre 2021. Et son titre a déjà grimpé de 10 % depuis le 1er janvier. On comprend dans ces conditions que ces établissements aient besoin d’un petit coup de pouce. Il serait d’ailleurs question qu’ils augmentent (l’association CLVC dixit) de 2,5 % leurs tarifs en ce début d’année.

Gérard Streiff

 

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60 secondes pour rattraper l'actu de la semaine du 17 au 21 janvier

24 Janvier 2022, 09:35am

Publié par PCF Villepinte

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Le retour de la France des héritiers : ces pratiques qui bloquent l'ascenseur social

4 Janvier 2022, 14:04pm

Publié par PCF Villepinte


L 'Humanité Mardi 4 Janvier 2022

Stéphane Guérard

En France, les 10 % les plus riches s’accaparent 60 % du patrimoine total. Les niches fiscales liées aux héritages leur permettent de se transmettre ce grisbi de génération en génération. Des économistes et institutions appellent à une réforme de la fiscalité sur les successions.

Sortez vos capes, gants et hauts-de-forme ou vos robes à corset: la Belle Époque est de retour. Ce nest pas la mode vestimentaire du moment qui le suggère, mais les économistes comme les institutions qui scrutent les évolutions de notre société. Aujourd’hui comme au début du XXe siècle, la France appartient aux héritiers rentiers.

Voir aussi : Fiscalité. Le Covid donne la fièvre aux inégalités

Si le siècle dernier avait corrigé le tir, notamment grâce à l’ascenseur social des Trente Glorieuses, la fin des années 1970 a sonné le retour du patrimoine financier et immobilier comme facteur majeur de structuration de classe, bien plus que les revenus (salaires et revenus du travail).

Une monopolisation des richesses devenue par trop évidente

Ce patrimoine qui pèse de plus en plus lourd – de 300 % du revenu national en 1970, il en représentait 600 % en 2020 – a été progressivement capté par quelques-uns. «En France, les 10 % les plus riches possèdent 60 % du patrimoine total net», soulignait le Rapport 2022 sur les inégalités mondiales, publié en décembre par l’Observatoire des inégalités mondiales.

Cette monopolisation des richesses est devenue à ce point dérangeante que des institutions peu révolutionnaires comme l’OCDE, France Stratégie ou des économistes orthodoxes qui parlent à l’oreille de Macron, tels le prix Nobel Jean Tirole ou l’ex-directeur des études du FMI Olivier Blanchard, s’en inquiètent et appellent à une nouvelle fiscalité des successions et des héritages. Histoire de débloquer un ascenseur social coincé aux étages supérieurs.

1 % des héritiers reçoivent en moyenne 4,2 millions d’euros nets de droits

«Il devient indispensable davoir hérité pour accéder au sommet de la distribution des niveaux de vie», analyse Camille Landais, coauteur du rapport Repenser l’héritage, publié par le Conseil d’analyse économique (CAE) il y a quinze jours. De fait, quand la moitié des Français héritent de 70000 euros tout au long de leur vie (il sagit dune moyenne, nombre dentre eux nhériteront de rien du tout), moins de 10 % récupéreront plus de 500000 euros de patrimoine.

Quant au «top 1 % des héritiers, il recevra en moyenne plus de 4,2 millions deuros nets de droits. Et le top 0,1 %, environ 13 millions», souligne l’étude du CAE. Autrement dit, «le top 1 % des héritiers peut désormais obtenir, par une simple vie de rentier, un niveau de vie supérieur à celui obtenu par le top 1 % des ’’travailleurs’’». De quoi enterrer le mythe du «premier de cordée» et de la méritocratie.

Tigre de papier et niches fiscales

En ces temps de creusement des inégalités sociales, de renchérissement des dépenses du quotidien et d’aspiration des première ou deuxième lignes comme des premiers de corvée à des augmentations de salaires, l’opulence des rentiers relève du scandale alors que la transmission de ces fortunes n’est que faiblement taxée. Elles n’ont rapporté que 12,5 milliards d’euros en 2015, soit 0,56 % du PIB, alors que le flux total des transmissions patrimoniales annuelles pèse 15 % du PIB.

Voir aussi : Rémunérations. Les cinq bonnes raisons d’augmenter le Smic

Tout semble avoir été fait pour que l’administration fiscale ne s’intéresse pas au sujet. Celle-ci ne possède d’ailleurs pas de données fiables. D’autre part, comme l’explique Camille Landais, «nous pouvons avoir lillusion dune progressivité de la taxation des successions, mais c’est un tigre de papier. Dans la réalité, plus les patrimoines sont importants, mieux leurs titulaires connaissent les niches qui permettent d’échapper à leur imposition. Si bien que les plus gros transmetteurs ne sont taxés en moyenne qu’à hauteur de 10 %».

Les ficelles de l’optimisation

Parmi les niches fiscales, citons l’assurance-vie (17,5 milliards répartis entre 45000 bénéficiaires seulement); les pactes Dutreil, qui exonèrent à 50 % la transmission des biens professionnels représentant plus de 60 % du patrimoine des 0,001 % les plus fortunés; la donation en nue-propriété avec réserve dusufruit (2 à 3 milliards de manque à gagner pour le fisc); ou leffacement des plus-values latentes à la succession.

Nous vous conseillons aussi : «Lhéritage est aussi un facteur dinégalité entre femmes et hommes» : les explications de Céline Bessière

À ces mesures de sous-évaluation de l’assiette de la taxation des héritages s’ajoutent les autres ficelles de l’optimisation d’héritage. Par exemple, planifier rapporte gros: trois donations de 100000 euros au cours dune vie ajoutées à un héritage de 200000 au décès de chacun des deux parents coûtent moins cher en droits de succession quun héritage de 700000 euros versé dun coup au décès des ascendants.

Imposer à des taux croissants

Sur tous ces biais, les rapports précédemment cités appellent à revenir dessus. Avec un leitmotiv: assurer une réelle progressivité de la taxation des héritages fondée sur le bénéficiaire tout au long de sa vie. «Les transmissions dun montant total élevé pourraient être imposées à des taux croissants, tout en permettant aux nombreux parents de la classe moyenne de transmettre un patrimoine plus modeste à leurs enfants en franchise d’impôts», note la commission Tirole- Blanchard. Ce qui contribuerait à améliorer la mauvaise image de cette fiscalité, vue comme «une double imposition de l’épargne de parents qui ont “travaillé dur” et qui souhaitaient aider leurs enfants».

Fiscalité : Droits de succession : la gauche affiche sa volonté de réformer

Selon les scénarios proposés par le rapport du CAE, ces mesures dégageraient entre 9 et 19 milliards d’euros. Qu’en faire? De la baisse dimpôts indirects ou directs à la réduction de la dette publique, l’abondement des mécanismes de solidarité et d’égalité des chances jusqu’au financement d’un capital garanti de 120000 euros pour tous dès 18 ans, comme le proposait l’économiste Thomas Piketty, les projets ne manquent pas. Ils relèvent tous dun projet de société dont les candidats à l’élection présidentielle ont la possibilité de s’emparer.

 

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Rémunérations. Les cinq bonnes raisons d’augmenter le Smic

3 Janvier 2022, 08:51am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité Lundi 3 Janvier 2022

Cyprien Boganda

2022 commence par un renoncement: celui dun coup de pouce significatif au salaire minimum. La hausse ridicule de 0,9 % au 1er janvier, survenue dans un contexte de flambée des prix, relance le débat autour de la faiblesse des salaires.

Si la scène a des airs de déjà-vu, ce n’est pas un hasard: elle se répète inlassablement depuis 2012. Chaque année, entre novembre et décembre, un groupe d’«experts» nommés par le pouvoir mime un débat dont la conclusion est jouée d’avance: est-il souhaitable daugmenter le salaire minimum au-delà de ce que prévoient les mécanismes de revalorisation automatique (1)? Avant de répondre systématiquement par la négative. Le 1er janvier, le Smic a donc été revalorisé mécaniquement de 0,9 %, après un 2,2 % automatiques en octobre, pour atteindre 8,37 euros net de l’heure… soit quelque 1269 euros net par mois. Service minimum, donc, face à lenvolée des prix du quotidien. Les arguments en faveur d’une franche augmentation ne manquent pas.

1Une question de justice sociale

Emmanuel Macron se sera fait le champion des diagnostics jamais suivis d’effet. «Il faudra nous rappeler que notre pays, aujourdhui, tient tout entier sur des femmes et des hommes que nos économies reconnaissent et rémunèrent si mal!» lance-t-il le 13 avril 2020, en hommage aux travailleurs montés au front pendant le confinement. Huit mois plus tard, un rapport de France Stratégie sur les «seconde ligne» confirme ce constat.

Oui, ces professions sont surreprésentées chez les quelque 3,1 millions de salariés payés jusqu’à 1,05 Smic. Y figurent notamment 567000 aides à domicile et aides ménagères; 307000 caissières; 123000 agriculteurs et éleveurs; 1,3 million dagents d’entretien; 218000 agents de gardiennage et de sécurité… Depuis, le gouvernement a bien incité les branches professionnelles correspondantes à signer des accords visant à revaloriser les salaires, mais seule une poignée a joué le jeu (propreté, commerce de détail, sécurité…), en accordant de maigres augmentations vite rognées par l’inflation.

Comment peut-on féliciter des travailleurs, au nom du caractère «essentiel» de leur tâche, tout en leur refusant ensuite la rémunération qui leur permettrait den vivre décemment? Une augmentation du Smic serait bien le minimum La plupart des syndicats, CGT et FO en tête, en ont fait lune de leurs revendications.

2Pour réduire les inégalités hommes-femmes

Emmanuel Macron entendait faire de l’égalité entre les hommes et les femmes la «grande cause» de son quinquennat. La hausse du Smic, dont il ne veut pas entendre parler, constituerait pourtant un levier de choix. Dans une tribune parue en février 2021 dans Alternatives économiques, l’économiste Rachel Silvera rappelait quelques chiffres marquants: 59 % des salariés concernés par une hausse du Smic seraient des femmes, selon le ministère du Travail, alors quelles ne représentent que 44 % de lensemble des travailleurs du secteur privé. 13 % des femmes vivent avec le Smic, contre 5,5 % des hommes. Même à emploi similaire, la probabilité pour elles d’être rémunérées sur la base du salaire minimum est 1,7 fois supérieure à celle des hommes…

«Entre le niveau du Smic et les salaires dun grand nombre de femmes, le lien est étroit, conclut-elle. Augmenter les bas salaires et lutter contre la pauvreté des travailleurs les moins rémunérés en général, c’est réduire les écarts de salaires entre femmes et hommes. De la même façon, une politique d’égalité salariale entre les genres ne peut se limiter à assurer la présence d’une poignée de femmes au sommet de l’entreprise. Elle passe aussi par une revalorisation sonnante et trébuchante des métie rs les moins rémunérés.»

3Pour rendre plus attrayants des métiers désertés

Depuis des mois, les patrons se lamentent sur leurs difficultés de recrutement. Un problème réel: de plus en plus de salariés boudent les métiers dits en tension dans un grand nombre de secteurs aide à domicile, routiers, serveurs Faut-il s’étonner du fait qu’il s’agisse, bien souvent, de professions sous-payées? Dans une étude parue en octobre 2021, la Direction de lanimation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) identifie un problème dattractivité dans une trentaine de métiers, avant de rappeler cette évidence: «Si les actions damélioration de la formation (initiale comme continue) sont nécessaires pour résoudre les problèmes structurels de compétences, lapaisement des difficultés de recrutement pourrait donc aussi passer par lamélioration des conditions de travail et/ou la revalorisation des salaires dans certains métiers.»

4Parce que c’est viable économiquement…

«Augmenter le Smic détruirait des emplois!» martèlent les libéraux. Même si la question du lien entre «coût» du travail et volume d’emploi continue d’alimenter des débats passionnés entre économistes, l’argument tient de moins en moins. De nombreux pays ont fait le choix d’augmenter franchement leur salaire minimum au cours des trois dernières années (Espagne, Royaume-Uni, Pologne…), sans pour autant ruiner leur économie. Il y a deux ans, le gouvernement britannique a d’ailleurs demandé l’avis d’un des meilleurs spécialistes, Arindrajit Dube. Réponse de l’économiste américain: «Globalement, le corpus de recherche le plus récent aux États-Unis, au Royaume-Uni et dans d’autres pays développés met en évidence un effet très modéré du salaire minimum sur l’emploi, tandis qu’il augmente de manière significative le revenu des travailleurs faiblement rémunérés.»

Quant à l’autre peur des libéraux, celle d’un effondrement de notre «compétitivité» en raison dune hausse du Smic, elle est encore moins fondée. Dabord, parce que les travailleurs au salaire minimum sont surreprésentés dans des secteurs tels que lhôtellerie-restauration (38 % des effectifs) ou les services à la personne (56 %), par définition très peu exposés à la concurrence internationale. Ensuite, parce que les récentes hausses du Smic décidées à l’étranger (+25 % en Allemagne en 2022, par exemple) donnent du grain à moudre aux partisans d’une augmentation. «Largument de la perte de compétitivité seffondre si tout le monde augmente son salaire minimum, observe l’économiste Dominique Plihon. Or, en Europe et aux États-Unis, les hausses sont considérables.»

5… D’autant que ça soutient la demande

En règle générale, patronat et libéraux considèrent l’augmentation des salaires sous le seul angle de la hausse des coûts pour les entreprises. Mais, si on se place d’un point de vue macroéconomique, il faut tenir compte également des effets positifs d’une hausse du pouvoir d’achat: si la consommation augmente, les carnets de commandes des entreprises se remplissent, et elles embauchent davantage. Par ailleurs, les salariés les moins payés sont aussi ceux qui ont la propension marginale à consommer la plus forte: comme ils nont pas les moyens d’épargner, la quasi-totalité de leurs revenus sont dépensés.

Une étude de lInstitut national de la statistique et des études économiques (Insee), parue en septembre 2020, le confirme: en 2017, le taux d’épargne plafonnait à 2,7 % (du revenu disponible) chez les 20 % des ménages les moins riches, contre plus de 28 % pour les 20 % les plus fortunés. Enfin, la flambée des prix observée ces derniers mois risque de peser sur le pouvoir d’achat des Français. Pour mémoire, entre décembre 2020 et octobre 2021, les tarifs du gaz et des carburants ont grimpé de 41 % et 21 %. Selon l’Insee, le pouvoir d’achat des ménages pourrait être amputé au premier trimestre 2022 (-1 %).

(1) Le montant du Smic est revalorisé automatiquement chaque année à partir de deux indicateurs: inflation constatée pour les 20 % des ménages les plus modestes; moitié du gain de pouvoir dachat du salaire horaire moyen des ouvriers et employés.

Une petite hausse déjà mangée par l’augmentation des prix

À chaque 1er janvier son lot d’augmentations des prix. Celui de 2022 n’échappe pas à la règle avec des tarifs postaux qui flambent (+ 8 centimes pour l’Écopli et le timbre vert, + 15 centimes pour le rouge), un nouveau «forfait patient urgences» à lhôpital fixé à 19,61 euros remboursable par des complémentaires santé dont les cotisations s’élèvent elles aussi de + 7 à + 10 %. Sans compter la répercussion des augmentations des prix des matières premières dans les produits alimentaires, ni le rattrapage des tarifs réglementés de l’électricité et du gaz attendu à partir d’avril, après leur blocage en octobre… À gauche, plusieurs candidats militent donc pour une véritable hausse du Smic, dont Fabien Roussel (+ 20 %, à 1500 euros net) et Jean-Luc Mélenchon (1400 euros net).

 

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James Webb, le plus puissant télescope jamais conçu à la découverte des planètes

23 Décembre 2021, 16:09pm

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité Jeudi 23 Décembre 2021

Après une multitude de lancements reportés, James Webb, le télescope spatial le plus puissant, le plus grand et le plus cher jamais conçu par la Nasa et l’agence spatiale européenne et canadienne, devrait prendre son envol depuis Kourou en Guyane. Stéphane Mazevet, directeur de l’Observatoire de la Côte d’Azur nous explique de quelle manière, ce télescope qui a nécessité plus de 20 ans de travail, va révolutionner la recherche scientifique de l'Univers.

Que va apporter à la recherche scientifique ce télescope de dernière génération ?

Stéphane Mazevet Ce qui est intéressant avec le James Webb Space Telescope, c'est qu'on va pouvoir, pour la première fois, caractériser l’atmosphère de planètes qui sont dans la zone dite habitable.

Ainsi, une planète qui ressemble à la Terre, rocheuse et si elle a le bon goût d'avoir la bonne atmosphère avec de l'eau et du CO2 en bonne quantité, pour avoir la bonne température en surface, comprise entre 0 et 100°, on pourra la qualifier de planète habitable.

Quelles sont les équipes qui ont travaillé sur le développement de ce télescope spatial ?

Stéphane Mazevet Initialement, le James Webb Space Telescope (JWST) devait être lancé en 2007. C’était un programme pour faire des télescopes pas chers, qui devaient coûter 500 millions d’euros donc il va finir par être lancé en 2021, avec une facture à 10 milliards d'euros.

Ce sont des milliers d'équipes qui sont impliqués avec une centaine de pays qui ont travaillé sur différents aspects. C’est un programme porté principalement par la NASA et l’Agence spatiale européenne et canadienne. C’est vraiment un travail collectif à l’échelle planétaire et il y a plusieurs aspects technologiques que je trouve assez fascinant.

Quelle est la particularité du télescope James Webb ?

Stéphane Mazevet Il y a ce fameux miroir qui est caractéristique, couvert de feuilles d'or et qui ressemble à un nid d’abeilles avec ces multiples hexagones. Il y a également cette coiffe qui permet d'assurer une protection au rayonnement du soleil puisqu’il faut éviter d'avoir de la chaleur, qui peut déformer les miroirs. Le télescope en lui-même fait 22 mètres de long sur 10 mètres de large, la taille d’un terrain de tennis.

James Webb sera en orbite autour du soleil à 1,5 million de kilomètres de la Terre donc à cette distance, si on a des problèmes, contrairement à Hubble, où on avait pu envoyer la navette le réparer, là, ce ne sera pas possible. Il faut absolument qu'on réussisse à le manoeuvrer pour le positionner correctement afin de le rendre opérationnel. Il sera probablement prêt pour l'été prochain, donc voilà pourquoi ce challenge technologique représente une aventure aussi incroyable.

En fait, on n'avait jamais fait un instrument comme celui-ci. C’est à dire qu'il va être extrêmement précis, beaucoup plus précis que Hubble. La raison pour laquelle l'infrarouge est utilisée, c'est que cela permet deux choses. Il vous permet de voir plus loin, de voir des objets qui sont plus jeunes dans l'histoire de l’Univers, jusqu'à 13 milliards d'années puisque plus les objets sont loin, plus ils rougissent. C'est pour ça que vous avez besoin d’infrarouge pour voir beaucoup plus loin.

Que peut découvrir ce télescope géant ?

Stéphane Mazevet On espère découvrir la naissance des premières étoiles et des premières galaxies. C'est pour cette raison que cette technologie est aussi compliquée à mettre en œuvre.

Avoir un télescope qui travaille dans l'infrarouge pour vraiment voir beaucoup plus loin jusqu'au premier moment où il y a de la lumière qui est émise. L'infrarouge vous permet aussi de voir des objets qui sont enfouis dans la poussière.

On va pouvoir visionner à l'intérieur de ces nuages de poussière afin d'analyser la possible formation des étoiles que l'on ne voit pas puisqu'elles sont enfouies. Concernant les exoplanètes, on espère analyser leur formation au sein des disque de matière qui sont nés aux premiers instants, une fois que l'étoile s'est formée. On espère découvrir aussi la formation des tous premiers instants de naissance des planètes au sein des disques planétaires.

Quel est votre sentiment avant le lancement imminent de ce télescope ?

Stéphane Mazevet J'ai de l'appréhension parce que c'est vrai que c'est quand même le travail de toute une génération et si les choses ne marchaient pas, je pense que ça mettrait un coup d'arrêt pour ces grands projets dont on a besoin pour faire avancer notre connaissance. J'ai envie que ça réussisse parce que c'est une quête pour la connaissance et le savoir qui est utile. Il faut qu'elle continue, un échec viendrait retarder peut-être de plusieurs décennies le prochain télescope sur lequel on travaille, qui remplacera le JWST à l’horizon 2030 2040.

Ce télescope, il faut lui souhaiter une aussi belle carrière que Hubble qui était parti pour fonctionner 4 ou 5 ans, de mémoire, et il a révolutionné notre façon d’appréhender le monde. J’espère que le JWST aura la même carrière et le même impact sur l’ensemble de la communauté astronomie astrophysique.

 

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Droits des femmes et égalité entre femmes et hommes - CESE

22 Décembre 2021, 17:39pm

Publié par PCF Villepinte

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Citoyenneté. Le droit du sol, un acquis constitutif de notre République

16 Décembre 2021, 08:01am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité  Jeudi 16 Décembre 2021

Aurélien Soucheyre

Les attaques de l’extrême droite, suivie par une droite sans boussole, ne trompent pas: sen prendre à ce droit, cest sattaquer à la France républicaine, expliquent juristes et historiens, qui mettent en garde contre une déstabilisation dangereuse.

L’extrême droite répète souvent que «la terre ne ment pas». Et pourtant naître, et grandir, sur le sol de France ne suffit pas à ses yeux pour être français. Ainsi, Éric Zemmour veut «supprimer le droit du sol» et Marine Le Pen souhaite organiser un référendum sur «labrogation du droit du sol» en cas d’élection. À droite, Valérie Pécresse estime, pour sa part, qu’il faut «cesser le droit du sol automatique», et ajouter des conditions pour obtenir la nationalité française lorsque l’on naît en France. Il y en a pourtant déjà plusieurs.

«Je crois quil y a chez ces hommes et femmes politiques une grande méconnaissance du droit à la nationalité en France. Ils simaginent qu’il suffit de naître en France pour devenir automatiquement français. La loi est peut-être ainsi faite aux États-Unis, mais pas chez nous», mesure Fabienne Jault-Seseke.

La professeure de droit à l’université de Paris-Saclay (Versailles-Saint-Quentin) rappelle comment fonctionne notre droit du sol, l’idée générale étant que l’on est citoyen du pays où l’on voit le jour et où l’on est élevé. «Du point de vue du droit, cest plus élaboré. Lenfant né en France de parents étrangers nés à l’étranger devient français à ses 18 ans, à condition d’avoir résidé au moins cinq ans en France. Il peut le devenir dès 13 ans sur demande des parents», expose-t-elle.

Dès 1986, Jacques Chirac passe à l’attaque avant de renoncer

À ses yeux, cette règle est «révélatrice de notre conception à la française: lacquisition de la nationalité se fait parce que lon est né en France et que lon y a été intégré par son cursus scolaire, l’école étant obligatoire». La France dispose aussi du «double droit du sol» qui garantit à une personne née en France d’un parent étranger lui-même né en France de devenir français à la naissance.

Les autres voies d’accès étant le droit du sang (est français tout enfant dont au moins un parent est français), le mariage avec une personne française, et enfin la naturalisation. «Celle-ci est totalement discrétionnaire et peut être refusée même lorsque les conditions sont réunies», remarque Fabienne Jault-Seseke. La fin de l’automaticité du droit du sol pourrait donc déboucher sur son affaiblissement général et le non-respect de ce droit pour nombre de personnes.

«Le droit du sol tel quil a été institué en 1889 na même pas été changé sous Vichy. Cela fait partie des principes de la République», répond régulièrement Patrick Weil dès lors que ce droit est menacé. L’historien estime même que son abrogation entraînerait un grand désordre juridique pour 95 % des Français, puisque la plupart prouvent qu’ils sont français, quand ils ont à le faire, via le droit du sol. «Labolir remettrait totalement en cause l’équilibre de notre système. La nationalité par le sang est beaucoup plus difficile à prouver que celle par le sol», abonde et explique Fabienne Jault-Seseke.

Mais le fond de l’affaire n’est pas là pour l’extrême droite. «Notre droit du sol indique notre façon de concevoir la citoyenneté, et aussi notre façon de concevoir la France comme un pays d’accueil et d’immigration. Et c’est bien cela que visent la droite et son extrême, qui ciblent de plus en plus avec les mêmes mots l’immigration, fustigent l’entrée d’étrangers sur notre sol, veulent augmenter les expulsions et restreindre le regroupement familial», analyse la professeure de droit.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que la droite cherche à s’attaquer au droit du sol. Jacques Chirac, dès 1986, avait finalement renoncé devant les difficultés administratives et la prise de conscience que ce droit concerne bien tous les Français, et non uniquement les étrangers qui naissent sur notre territoire puis le deviennent.

Nicolas Sarkozy a lui aussi songé à supprimer son automaticité à 18 ans, en plus d’évoquer de possibles obstacles tels un casier judiciaire ou des parents en situation irrégulière. Multipliant les hésitations sur la question, l’ex-président a pourtant déclaré que le «droit du sol fait partie de nos traditions», et même que le droit du sang «ne peut pas être suffisant» au motif qu’il y aura toujours quelqu’un pour trouver qu’ «un sang nest pas suffisamment pur».

 «Voilà le danger. Une fois nest pas coutume, c’était un bon jour pour Sarkozy! Mais quil faille se référer à danciennes citations de ce personnage pour défendre le droit du sol est quand même la preuve de la dérive hallucinante de la droite. Il y a aujourdhui une zemmourisation de la droite. Il est pitoyable qu’un parti qui s’appelle “Les Républicains” veuille entamer l’un des fondements de notre République en revenant sur le droit du sol», s’indigne Ian Brossat.

Droit de vote

et régularisation en masse

Le directeur de campagne de Fabien Roussel à l’élection présidentielle défend énergiquement ce droit. «Il y va de la conception de la France. Elle ne se définit pas par une prétendue race ou par son sang, mais par un projet politique et par le respect des valeurs républicaines de liberté, d’égalité et de fraternité». Au sujet de la citoyenneté, le PCF, comme d’autres formations de gauche, est également favorable au droit de vote des résidents étrangers aux élections locales.

Enfin, il souhaite régulariser les travailleurs sans papiers. «Ils travaillent, cotisent, participent à notre économie et n’ont aucun droit, c’est absurde. La régularisation va dans leur intérêt, mais aussi dans celui de l’ensemble des travailleurs. Car maintenir les sans-papiers dans la clandestinité, c’est tirer tout le monde vers le bas, dans une logique de concurrence mortifère», insiste Ian Brossat.

Du nouveau depuis 2016 pour les fratries

Avant 2016, tout enfant né à l’étranger avant que ses parents n’arrivent en France rencontrait de grandes difficultés pour devenir français, même quand ses frères et sœurs nés ensuite sur notre sol accédaient sans problème à la nationalité. Ce n’est plus le cas grâce à l’instauration d’un droit du sol «dérivé», dès lors que lenfant vit en France depuis l’âge de 6 ans et y a suivi sa scolarité, s’il a un frère ou une sœur ayant acquis la nationalité française. Enfin, tout enfant né en France de parents inconnus ou dans l’impossibilité de lui transmettre leur nationalité est automatiquement français.

 

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15 Décembre 2021, 08:06am

Publié par PCF Villepinte

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