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Michel Serres : "Mon expérience d’enseignant m’a montré la victoire des femmes"

29 Décembre 2012, 07:58am

Publié par PCF Villepinte

Culture - le 16 Novembre 2012

l'Humanité des débats. L'entretien

 

 

Professeur à Stanford University (États-Unis), membre de l’Académie française, Michel Serres est un des rares philosophes contemporains à proposer une vision du monde qui associe les sciences et la culture. Auteur de nombreux essais philosophiques et d’histoire des sciences, dont le dernier, Petite Poucette (éditions le Pommier), vient de faire couler beaucoup d’encre…

Si l’on vous dit que beaucoup 
de personnes vous ont parfois confondu avec Lucien Sève, 
est-ce que cela vous vexe ?

Michel Serres. Non, mais je n’ai jamais été marxiste et je vais vous expliquer pourquoi. J’étais à l’École normale supérieure à l’époque d’Althusser. Je sortais moi-même d’une prépa sciences, et non pas lettres. Or, les marxistes, à cette époque-là, soutenaient en science des thèses impossibles. Une sorte de déterminisme absolu (basé sur la physique quantique), et du coup « le principe d’incertitude », soutenu par Werner Heisenberg (physicien), était hors la loi… Je me suis longtemps opposé à Althusser sur des questions scientifiques, pas politiques.

Pourquoi appelez-vous « Petite Poucette », cette génération née avec un téléphone 
mobile dans les mains ?

Michel Serres. C’est parce qu’elle est très habile avec ses pouces pour écrire des textos, et parce que c’est plutôt une fille entre un et trente-deux ans… Ce n’est pas la génération née « avec » le numérique, elle vit « dans » les nouvelles technologies. La population qui est extérieure à ce phénomène, comme moi, elle travaille « avec » ces techniques. Eux vivent « dans ». Il y a là une différence de vision qui, à mon avis, va changer la face du monde. Il peut naître une nouvelle démocratie. Les voies du virtuel sont ouvertes.

Pourquoi «Petite Poucette» au féminin ?

Michel Serres. J’enseigne depuis maintenant un demi-siècle et mon expérience d’enseignant m’a montré la victoire des femmes. Elles sont plus travailleuses. Elles ont plus à montrer, prouver, dans une société qui n’est pas pour elles. Du coup, elles travaillent mieux, sont plus appliquées. Voilà pourquoi, j’ai mis Poucet au féminin. Je suis féministe, du point de vue de la lutte des sexes. Elles prennent une place extraordinaire.

À rebours d’une idée reçue, selon laquelle 
les jeunes sont illettrés et qu’Internet 
nous tire vers le bas, vous expliquez que, 
au contraire, nous n’avons jamais autant vécu avec les mots, l’écrit, les messages publicitaires ou politiques et que le savoir est enfin 
à la portée de toutes les mains…

Michel Serres. La révolution numérique, qui date de trente ans environ, est la troisième révolution : il y a eu la première, avant Jésus-Christ, lorsque l’oralité est passée à l’écrit. Tout a changé à partir de là, en politique, comme en économie (on peut faire des chèques, par exemple), et la littérature est née (la poésie). Puis il y a l’imprimerie, à l’époque de Montaigne (avoir une tête bien faite plutôt que bien pleine). Nous sommes à la troisième où tout change. Les historiens, comme Karl Marx, donnent beaucoup d’importance aux révolutions techniques « dures »… Les techniques industrielles. Mais cette fois-ci, c’est autre chose, on peut parler de techniques « douces ». Mais elles ont réinventé beaucoup de choses.

Que répondez-vous à ceux qui accusent Internet de favoriser le nivellement par le bas (Marc Lévy = Gustave Flaubert) et la paranoïa, voire de favoriser la théorie du complot, 
par le biais de documents falsifiés, tronqués…

Michel Serres. Je réponds qu’à l’époque de Gutenberg, déjà, il y avait autant de porno que de bibles ! Et de mauvais textes. Cette mise à égalité, elle a déjà eu lieu. Dans les bibliothèques et les médiathèques, les livres sont placés par ordre alphabétique, pas par ordre d’importance. Il faut un professeur pour expliquer la différence entre Lévy et Flaubert. Et qui sont les imposteurs… Les mauvais faiseurs.

Il existe de nouveaux modes d’action, 
de lutte, d’engagement politique. Desquels vous sentez-vous le plus proche : les Indignés, les Anonymous, les «pirates», les faucheurs d’OGM, ou Greenpeace ? Autrement dit, pensez-vous toujours que les organisations politiques 
et syndicales sont un peu dépassées ?

Michel Serres. Je crois que oui, à moyen ou long terme. Je suis philosophe. Il y a deux sortes de philosophes : l’engagé, au sens sartrien, qui va jusqu’à prendre sa carte au Parti. Et qui milite en suivant les directives du Parti, qu’il se trompe ou pas… Et il y a le philosophe qui cherche à savoir qu’est-ce que c’est que le contemporain ? Mon engagement à moi est d’étudier le contemporain. En 1960, j’ai annoncé que la société de demain serait dirigée par Hermès et non pas par Prométhée. Et je me suis fait vider par Althusser à cause de ça… Je disais que la communication serait plus importante que la production.

La société du spectacle, évoquée 
par Guy Debord…

Michel Serres. Et qui avait raison ? J’étais sur ce front-là depuis longtemps, puisque j’étais épistémologue (l’étude des sciences – NDLR). Ça n’empêche pas d’utiliser l’intuition, n’est-ce pas…

Quelle est la devise de Petite Poucette ?

Michel Serres. Elle a appris le sens réel du mot « maintenant ». Main tenant… Tenant en main le monde. Son téléphone mobile en main, avec son pouce, elle a un ordinateur, donc accès aux médias, à des lieux, via GPS, et Internet, des chansons, des images, Wikipédia, Google, Facebook, Twitter, etc. Elle a quasiment accès à tous les lieux et tous les « hommes » du monde entier. Il existe un calcul : le « théorème du petit monde », qui pose la question suivante à quelqu’un pris au hasard, dans la rue : en combien d’appels peut-il joindre un autre quidam, à San Francisco, par exemple ? C’était en sept appels avant les grands connecteurs comme Facebook. Aujourd’hui, c’est en quatre appels… Petite Poucette lambda peut joindre n’importe qui dans le monde en quatre tentatives. C’est extraordinaire.

Beaucoup de petites filles, de l’âge de votre Petite Poucette, ont du mal à se concentrer 
au collège… N’est-ce pas à cause du téléphone mobile et d’Internet ?

Michel Serres. La déconcentration vient de la télévision. Les messages publicitaires ont été imposés exprès pour déconcentrer les gens, afin qu’ils consomment, achètent les produits présentés. Ces images passent vite. On a calculé qu’actuellement, lorsqu’on pose une question à quelqu’un à la télévision, la durée moyenne de réponse est de dix secondes. Par conséquent, les gens ne se souviennent pas de ce que j’ai dit à la télé.

À part votre fameux : «Je suis pauvre et je vous emmerde !», qui est passé en boucle au zapping. C’était sur le plateau de Ce soir ou jamais, animé par Frédéric Taddeï, sur France 3.

Michel Serres. Oui, ça, on l’a retenu ! (Il rigole – NDLR.) Mais la télé est faite pour supprimer l’attention et faire de l’argent. D’autre part, Petite Poucette – votre fille – peut faire trois choses en même temps. C’est une performance nouvelle mais elle peut le faire. C’est une intelligence supérieure. Ne confondons pas « faire trois choses en même temps » et « perte de concentration ». Quand on regarde la télé, on est en position « passager », avachi sur le canapé. Devant l’ordinateur, on est en position conducteur, assis et attentif. La première position est passive, l’autre active. Ne confondons pas les médias de papa (voire de pépé) et les nouvelles technologies : Petite Poucette est née « avec », n’oubliez pas. Observez un enfant d’un an devant un ordinateur ou un téléphone mobile…

Et le problème de l’addiction ? Facebook 
et Twitter sont addictifs, comme les SMS. On voit des adolescents, et des adultes, marcher dans la rue comme des automates, des zombies hypnotisés, ou des couples, des amis, 
qui textotent au lieu de se parler à table…

Michel Serres. Ça me rappelle ma grand-mère, qui me disait : « Michel ! Tu es toujours plongé dans tes livres… » J’étais drogué à mes livres. À chaque nouvelle révolution, il y a des nouveaux modes de comportement. On peut être addict à bien d’autres choses. C’est un vieux problème. Pas celui des nouvelles technologies.

Aux «réactionnaires» qui répètent 
«c’était mieux avant…», vous répondez : 150 millions de morts !

Michel Serres. Je les surnomme les vieux grognons. Il n’est pas prouvé que les révolutions du « printemps arabe » sont arrivées grâce aux nouvelles technologies mais elles ont eu une influence évidente. Ce sont les jeunes, les Petites Poucettes, qui ont donné l’impulsion en diffusant les images des violences et autres massacres, comme en Syrie actuellement. Ces nouvelles technologies ont été créées dans un monde qui n’était pas celui qu’il est devenu. Il y a donc un décalage. Petite Poucette est l’héroïne du monde contemporain.

Vous vous dites fils d’Hiroshima…

Michel Serres. Oui, car ma question, plus jeune, était : jusqu’où la science peut-elle aller ? Déontologiquement… Il fallait créer une éthique des sciences. C’est moi qui l’ai fondée. Aujourd’hui, il y a des comités d’éthique partout. Les meilleures innovations tiennent toujours compte du passé et de la tradition. Petite Poucette n’est que la résultante des deux premières révolutions citées plus haut.

Vous êtes pour le métissage et la multitude. Et vous dites que les jeunes ne sont pas apolitiques mais politisés différemment, à leur façon…

Michel Serres. Depuis trente ans, il y a un nouvel amphithéâtre mondial. Un amphi mélangé. N’oubliez pas que j’enseigne à la Sorbonne également. Sont arrivés à mes cours, non plus des Français seulement, mais des Allemands, des Américains et aussi des gens d’Europe de l’Est et de l’Afrique du Nord, etc. Tout à coup, mon amphi français est devenu multiculturel. Même chose à Stanford, aux États-Unis, avec un métissage plutôt du côté de l’Asie. J’ai assisté à des mélanges. C’est ce qui se passe sur Internet et dans le monde.

Comment voyez-vous le monde actuel ?

Michel Serres. Tel qu’il est… Fou et merveilleux. La vraie révolution, c’est le célèbre tableau de Michel-Ange sur la création du monde (le doigt de Dieu s’approchant de celui de l’homme – NDLR). Ce nouveau monde arrive par les doigts… de Petite Poucette, mais aussi par le codage – c’est d’ailleurs la couverture de mon livre.

On a l’impression que le monde moderne accélère de manière exponentielle, 
de plus en plus vite…

Michel Serres. Comme des marées, il y a des hauts et des bas. La marée des trentenaires pousse la génération d’avant : ils envahissent toutes les couches de la société, avec leur nouvelle manière d’appréhender le monde. Ils sont dans le marché du travail et les DRH ont du mal à les comprendre. Mais ce n’est pas une lutte de générations, c’est une rupture historique. Les nouvelles vagues qui vont arriver ont « main tenant en main le monde ». Qui pouvait dire ça autrefois ? Le richissime. L’empereur, l’homme de pouvoir. Or, maintenant, il y a 3 milliards 750 millions de Petites Poucettes qui sentent tenir en main ce monde.

N’oublions pas la grande partie de l’humanité qui n’a pas encore accès à l’eau…

Michel Serres. Bien sûr, mais les enfants de Calcutta apprennent à lire sur ordinateur ! La science, c’est ce que papa apprend à Petite Poucette. La technologie, c’est ce que Petite Poucette apprend à son papa.

Votre livre a eu un succès d’estime 
et fait grincer pas mal de dents…

Michel Serres. Oui, les vieux ronchons, comme je les appelle, sont inquiets. Ils ont peur parce qu’ils ne comprennent pas ce qui se passe.

Sur quoi travaillez-vous actuellement ?

Michel Serres. À une sorte de suite à Petite Poucette. Vous savez, les cordonniers font toujours des chaussures…

Le philosophe des sciences. Né le 1er septembre 1930 à Agen (Lot-et-Garonne), 
fils de marinier, Michel Serres entre à l’École navale 
de Brest en 1949, puis l’École normale de la rue d’Ulm en 1952, où il obtient l’agrégation de philosophie, 
en 1955. En 1968, il obtient un doctorat de lettres. 
Il fréquente le philosophe Michel Foucault, qui enseigne comme lui à Clermont-Ferrand, puis part enseigner 
aux États-Unis (Stanford), tout en enseignant 
à la Sorbonne. Il est l’auteur de nombreux essais philosophiques, dont Temps des crises (éditions 
du Pommier) et Musique (idem), largement salués 
par la presse. Ses chroniques sur France-Info sont très écoutées et il fait le bonheur des plateaux de télévision quand on l’invite pour ses talents de pédagogue
et de vulgarisateur de la philosophie.

  • En vidéo : "Je suis pauvre et je vous emmerde". Michel Serres à Ce soir ou jamais, sur France 3, le 3 avril 2012

 

Entretien réalisé par 
Guillaume Chérel

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Fin de vie : le rapport Sicard en intégralité

19 Décembre 2012, 10:21am

Publié par PCF Villepinte

Le professeur Didier Sicard remet son rapport sur la fin de vie à François Hollande

Société - le 18 Décembre 2012

 

Documents à télécharger : Le rapport Sicard sur la fin de vie -

 

 

 

Après cinq mois de réflexion et une dizaine de débats citoyens, le professeur Didier Sicard, ancien président du Comité national consultatif d'éthique, a remis son rapport sur la fin de vie à François Hollande.

Les conclusions du rapport

Tous les échanges avec les personnes rencontrées, les nombreux témoignages, les déplacements dans la France entière et à l’étranger, les rencontres, les auditions, mettent au jour une réelle inquiétude sur les conditions préoccupantes, trop souvent occultées, de la fin de vie en France et l’impasse des réponses posturales.

La commission rappelle deux observations centrales :

  • l’application insuffisante depuis 13 ans de la loi visant à garantir l’accès aux soins palliatifs, depuis 10 ans de la loi relative aux droits des malades (loi Kouchner), et l’enfin depuis 7 ans de la loi Leonetti.
  • le caractère particulièrement dramatique des inégalités au moment de la fin de vie.

Après ses recommandations largement développées, la commission souligne avec force :

  • avant tout, l’impératif du respect de la parole du malade et de son autonomie.
  • le développement absolument nécessaire d’une culture palliative et l’abolition de la frontière entre soin curatif et soin palliatif.
  • l’impératif de décisions collégiales.
  • l’exigence d’appliquer résolument les lois actuelles plutôt que d’en imaginer sans cesse de nouvelles.
  • l’utopie de résoudre par une loi la grande complexité des situations de fin de vie35.
  • e danger de franchir la barrière d’un interdit.

Si le législateur prenait la responsabilité d’une dépénalisation d’une assistance au suicide, deux points majeurs doivent être ici affirmés avec netteté :

  • la garantie stricte de la liberté de choix en témoignant de l’autonomie de la personne.
  • l’impératif d’impliquer au premier chef la responsabilité de l’Etat et la responsabilité de la médecine.

De même, si le législateur prenait la responsabilité d’une dépénalisation de l’euthanasie, la commission entend mettre en garde sur l’importance
symbolique du changement de cet interdit car :

  • l’euthanasie engage profondément l’idée qu’une société se fait du rôle et des valeurs de la médecine.
  • tout déplacement d’un interdit crée nécessairement de nouvelles situations limites, suscitant une demande indéfinie de nouvelles lois.
  • toute médecine comporte sa part d’action aux confins de la vie sans qu’il soit nécessaire de légiférer à tout coup.

La commission souhaite remercier le Président de la République d’avoir ouvert un tel espace de réflexion, dont on pressent l’importance pour l’avenir.
La commission entend à l’issue de son travail souligner qu’il serait illusoire de penser que l’avenir de l’humanité se résume à l’affirmation sans limite
d’une liberté individuelle, en oubliant que la personne humaine ne vit et ne s’invente que reliée à autrui et dépendante d’autrui. Un véritable
accompagnement de fin de vie ne prend son sens que dans le cadre d’une  société solidaire qui ne se substitue pas à la personne mais lui témoigne
écoute et respect au terme de son existence.

>>> Le rapport en intégralité, à consulter ci-dessous :

Documents à télécharger:
Le rapport Sicard sur la fin de vie
Le rapport Sicard sur la fin de

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Mariage pour tous :"A bas l’hypocrisie, légalisez nos familles !"

16 Décembre 2012, 08:20am

Publié par PCF Villepinte

A Lorient, photo et vidéos de Joseph Korda

Société - le 15 Décembre 2012

 

 

 

 

Samedi après-midi, à la veille du grand défilé parisien pour appeler à l’adoption d’une loi sur le mariage pour les couples de même sexe, des milliers de manifestants se sont retrouvés à Marseille, Lyon, Orléans, mais aussi à Brest, Angers ou, comme ici, à Lorient (Morbihan).

Ils étaient près de 300 à affronter la pluie derrière une banderole unitaire « Liberté d’aimer, égalité des droits, fraternité sans homophobie ». Dans le cortège, marqué par la présence de nombreux jeunes, les manifestants défilaient en leur nom propre ou sous les couleurs du PCF, de la JC, d’Europe Ecologie, du Parti Socialiste, du MJS et de l’Union Démocratique Bretonne. « A bas l’hypocrisie, légalisez nos familles ! », scandaient également des enfants de couples homosexuels présents dans le défilé. La manifestation s'est achevée sur le parvis de l'hôtel de ville par une prise de parole des organisateurs. 

  • Témoignage d'Aurore, jeune communiste de Lorient (56), Pacsée et venue soutenir le mariage our tous les couples de même sexe.

Ils étaient aussi 7000 à Marseille, 8000 à Lyon, 3000 à Montpellier, 4000 à Nantes. D'autres rassemblements de moindre ampleur ont eu lieu à Lille (de 700 à 1000), Grenoble, avec près de 2000 personnes, ils étaient aussi près de1000 à Metz, Dijon, Orléans ou Brest. La manifestation aura lieu dimanche à Toulouse, comme à Paris. Départ du cortège à 14 heures, place de la Bastille. Outre l'inter LGBT, le Front de gauche, le NPA, le PS et plusieurs syndicats (FSU, Solidaires, CGT, Syndicat de la magistrature) seront de la partie.

Joseph Korda, à Lorient

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On ne combat pas la misère en maintenant des millions de personnes sous le seuil de pauvreté

11 Décembre 2012, 22:24pm

Publié par PCF Villepinte

  On ne combat pas la misère en maintenant des millions de personnes sous le seuil de pauvreté

 

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a annoncé mardi plusieurs mesures de lutte contre la pauvreté. Il faut se féliciter de la volonté affichée par le gouvernement de vouloir combattre ce fléau qu'est la pauvreté qui touche maintenant 1 Français sur 8. Cela marque une rupture attendue avec la droite pour qui, les plus pauvres, étaient considérés avec cruauté comme des assistés.

 

Reste que la volonté affichée ne sert pas à grand chose si les moyens ne sont pas aux rendez-vous. Et hélas, il est à craindre que ce soit le cas. Annoncer l'augmentation de 10% en 5 ans ce n'est jamais qu'un retour au montant du RMI, équivalent à un demi SMIC lors de sa création. Cela ne met pas plus de beurre dans les épinards ! Une réelle rupture aurait été de se fixer comme objectif d'augmenter le cumul des minima sociaux au dessus du seuil de pauvreté, soit 950 euros par mois. On ne combat pas la misère en maintenant des millions de personnes sous le seuil de pauvreté.

 

Le contrat d'insertion destiné aux jeunes non qualifiés pour bénéficier d'un RSA laisse un goût amère. Une fois encore, il est demandé plus aux jeunes pour qu'ils bénéficient ce qu'ont, de plein droit, les plus de 25 ans. C'est regrettable et infantilisant. Les travaux annoncés sur le sur-endettement ou l'"amélioration conséquente des aides aux familles mono-parentales" peuvent être positifs si le gouvernement consent à desserrer l'étreinte d'une austérité qui fait plonger le pays. Il ne sert à rien de faire des économies sur le dos de la solidarité. Plus les difficultés sociales sont traitées en amont, moins elles coûtent chères en terme de santé, d'école, ou d'emploi. La générosité rapporte plus qu'elle ne coûte !

 

Enfin, un autre grand chantier reste toujours devant nous : celui de mettre fin à la méfiance des usagers et des allocataires à l'égard des services sociaux ou de la Caisse d'allocation familiale qui ont été instrumentalisés dans le cadre d'une politique de contrôle social et non d'accompagnement social. Il en est grand temps.

 

 

le 11 décembre 2012

 

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Communiqué du Front de gauche sur le mariage pour toutes et tous

26 Novembre 2012, 13:08pm

Publié par PCF Villepinte

 

 

Communiqué du Front de gauche sur le mariage pour toutes et tous
Le Front de Gauche réaffirme son exigence absolue d’égalité des droits et ce, quelle que soit l’orientation sexuelle ou l’identité de genre des personnes. Celle-ci passe par la possibilité pour tous les couples de se marier, d’adopter des enfants ou de garantir à leurs enfants déjà présents la filiation avec l’ensemble de leurs parents.

Il s’inquiète des limites déjà manifestes dans le projet de loi dit du mariage pour tous, notamment concernant la non ouverture de la procréation médicalement assistée pour les couples de femmes, la non reconnaissance de la parenté conjointe hors mariage (y compris dans le cadre du PACS) ou le refus de faire évoluer la présomption de paternité en présomption de parenté adaptée à l’exigence d’égalité des droits étendue aux couples de personnes de même sexe.

Il condamne le recul de François Hollande, avant une nouvelle volte-face, sur la "clause de conscience" qui ouvrait la possibilité pour les maires de refuser des mariages entre deux personnes de même sexe dans leur commune. Une telle attitude ne peut que conforter les préjugés et renforcer le camp des opposants au mariage pour tous. Il s'agit en outre d'une entorse grave à l'égalité républicaine sur tout le territoire.

En revanche, la droite, main dans la main avec l'extrême droite, les forces de la réaction, au premier rang desquelles les secteurs ultras de l'Eglise catholique, s’organisent pour faire échec au projet de loi gouvernemental.

Le Front de Gauche dénonce avec force les agressions physiques perpétrées par des intégristes catholiques le dimanche 18 novembre contre des militantes féministes, des journalistes. Pas question de se laisser intimider !

Le Front de Gauche soutient les mobilisations en préparation le 16 décembre prochain pour défendre le droit au mariage pour toutes et tous, à l’initiative de collectifs et d’associations lgbti et féministes, et de toutes les forces associatives, syndicales et politiques attachées à l’égalité des droits et la lutte contre les discriminations.

 

 

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Regards week-end

25 Novembre 2012, 09:23am

Publié par PCF Villepinte

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Ce dimanche : journée de mobilisation contre les violences faites aux femmes

25 Novembre 2012, 09:09am

Publié par PCF Villepinte

Société -  le 24 Novembre 2012

 

 

Associations et partis politiques se mobilisent ce dimanche 25 novembre, à l'occasion de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Le rendez-vous est pris en début d'après midi, place de la Bastille.

 

 

Le ministère des Droits des femmes rappelle qu'en 2010-2011, 200 000 femmes entre 18 et 75 ans ont été victimes de violences sexuelles hors ménage et près de 600 000 ont été victimes de violences au sein même de leur ménage.
Le Front de gauche avance lui ces chiffres : 1 590 000 femmes sont victimes de violences conjugales, chaque année 7 500 plaintes pour viols sont déposées ce qui représenterait 10% des viols réellement commis, pour seulement  2% de condamnations… 8% des agressions sexuelles et 25 % de gestes déplacées sont subis sur le lieu de travail et d’études. En France, 30 000  femmes sont excisées ou exposées à l’excision chaque année.

Outre ces chiffres effrayants qu'il faut rappeler, la mobilisation de dimanche a également comme but de proposer une loi cadre élaborée par les féministes. Ce texte propose :

  • Des  campagnes  d’information  et  de  sensibilisation permanentes  et  la  mise  en  place  d’une  véritable éducation non sexiste à tous les stades de l’éducation nationale.
  • Une formation spécifique et obligatoire en matière de prévention et de prise en charge des violences faites aux femmes pour tout-es les professionnel-les concerné-es.
  • L’application  réelle  et  concrète  de  l’ordonnance  de protection et son élargissement à toutes les femmes victimes de violence.
  • L’abandon de l’emploi de la médiation pénale dans toute affaire de violences conjugales.
  • La délivrance ou le renouvellement dans les plus brefs délais du titre de séjour pour les femmes étrangères victimes de violences conjugales.
  • Le statut de réfugié pour toute femme demandant l’asile parce  que  victime  de  violences  sexistes, sexuelles  ou lesbophobes.
  • Une  véritable  politique  abolitionniste  cohérente  et globale,  avec  l’abrogation  du  délit  de racolage  et  la responsabilisation des clients.
  • Une réelle politique de logements prioritaires pour les femmes en danger.
  • Le  passage  à  10  ans  du  délai  de  prescription  pour  les agressions sexuelles.
  • La mise en place d’un Observatoire national des violences qui étudie, impulse, évalue les politiques menées.

Le rendez-vous est à 14h30 place de la Bastille.
Les Val-de-Marnais sont invités également à participer à l’initiative de rassemblement de la course la Mirabal, ce dimanche 25 novembre à 9h au parc du Tremblay à Champigny

Premiers signataires : Collectif national pour les Droits des Femmes ;CADAC; PCF ; LOCs - Lesbiennes Of Color ; APEL-Égalité ; Groupe Nanas du Mantois ; Encore féministes ! ; Les Chiennes de garde ; les éFRONT-é-es ; FSU ; "Femmes Libres" Radio Libertaire ; Femmes solidaires ; Gauche anticapitaliste ; Association droits des femmes XXè, Collectif XXè/Tenon ; Coordination Lesbienne en France, ANEF ; Parti de Gauche ; Syndicat des ministères des affaires sociales et du travail SMAST - CGT ; Initiative Féministe pour une autre Europe France ; RAJFIRE ; Association Contre le Bizutage ; Osez le féminisme ! ; UNEF ; Femmes en résistance ; Uni(e)s -vers-elles ; Feminisme Enjeux Théâtre de l’Opprimé ; Du côté des femmes 95, MJCF ; UEC ; Coordination française pour le Lobby européen des Femmes ; FIT, une femme, un toit ; Collectif de Pratiques et de Réflexions Féministes "Ruptures", Réseau Féministe "Ruptures,Le Monde à Travers un Regard, CRIFIP, Collectif les moutons noirs, Mouvement Jeunes Femmes, Fédération Nationale Solidarité Femmes, Marche mondiale des femmes ; CATW Europe ; International Impunity Zero ; Gauche unitaire ; ZéRoMaChO ; Femmes pour le Dire Femmes pour Agir ; Collectif "Fier-e-s & Révolutionnaires"-P.C.F ; Ligue des Femmes Iraniennes pour la Démocratie-LFID ; L’égalité, c’est pas sorcier ; Collectif contre l’impunité des viols au Rwanda, UFs d’Actit, Zine pour les Femmes Kurdes ; Association Femmes Intercultures ; Front de Gauche ; Femmes Égalité ; Mouvement du Nid ; ATTAC ; Association Nationale des Sages-Femmes Orthogénistes ; Fédération Sud Santé Sociaux ; Mouvement des Jeunes Socialistes ; Quarante ans de mouvement ; Elu-e-s contre les violences faites aux femmes, Maison des femmes de Montreuil ; Femmes Migrantes Debout ? ATF ; CGT ; Collectif féministe contre le Viol ; Association Bi’Cause ; Fondation Copernic ; Collectif Féminin Masculin Vitry ; Union syndicale Solidaires ; ATMF PARIS75 ; Agir contre le chômage ; LMDE ; Atalante Vidéo ; Lesbiennées de Nancy ; Stop précarité ;

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Mariage homo, les réacs pas à la noce!

9 Novembre 2012, 19:47pm

Publié par PCF Villepinte

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Mariage pour tous « Serge Dassault, prix de l'homophobe du jour »

8 Novembre 2012, 07:21am

Publié par PCF Villepinte

 
 
 
 Mariage pour tous « Serge Dassault, prix de l'homophobe du jour »

 

Le mariage pour tous présenté ce jour en conseil des ministres marque une étape importante pour l'égalité et l'émancipation de toutes les personnes quelle que soit leur orientation sexuelle.
Ce progrès largement attendu dans la société française et pour lequel bon nombre de combats politiques ont été menés, ne passe toujours pas chez certains. Le prix de l'homophobe du jour revient donc au sénateur Serge Dassault tout nouveau spécialiste de l'histoire antique et pour qui la fin de l'empire grec a pour origine l'homosexualité.

Quand on pense aux bêtises proférées par ce patron de presse détenteur d'un quotidien national, ajouté au fait que comme élu de la république, il détient un mandat parlementaire lui permettant de voter les lois, il y a de quoi s'inquiéter pour la qualité du débat démocratique en France.

N'en déplaise aux réactionnaires de tous poils qui ne cessent de déverser leur haine à l'image de Serge Dassault, le mariage pour tous se fera ! Et le plus tôt sera le mieux.

 

 

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Nouveau suicide à la Poste : les syndicats appellent le gouvernement à intervenir

3 Novembre 2012, 08:11am

Publié par PCF Villepinte

 

Social-Eco - le 2 Novembre 2012

 

 

 

"Mais bon, ça y est, le problème est réglé." Ce sont les derniers mots du postier qui s’est suicidé, mercredi après-midi, par pendaison, sur son lieu de travail, à La Fère (Aisne). Une heure environ avant de se donner la mort, l’homme avait envoyé à sa hiérarchie un courrier électronique avec, comme objet, un seul mot : « Adieu ».

Selon ce document qu’Europe1 publie sur son site internet, le guichetier ne supportait plus le manque de « reconnaissance » au travail. « Rien, rien du tout. Pas de bouée pour celui qui se noie à cause des décisions d’une hiérarchie aveugle, juste quelques coups de bâtons pour l’éloigner davantage du bord », a-t-il dénoncé. Le qualifiant de simple « façade », l’agent a également mis en cause « SoutienPostier », un dispositif d’alerte mis en place, en début d’année, par la direction du groupe après plusieurs suicides à la Poste.

Alors qu’un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), consacré à ce nouveau drame, était toujours en cours ce vendredi matin à Beauvais, les organisations syndicales ne manquent pas de réagir. Pour Bernard Dupin, administrateur CGT du groupe la Poste, « il y a urgence, il faut sortir de ce processus destructeur ». « On ne peut plus se contenter des paroles, des déclarations de bonnes intentions de la direction du groupe, constate-t-il. On ne peut pas non plus tolérer le silence radio de notre ministère de tutelle : cela fait six mois qu’un nouveau cycle politique a été ouvert dans le pays, et le gouvernement reste sourd et muet, alors que l’Etat actionnaire ne manque pas de moyens pour intervenir ! »

Pour le syndicaliste CGT, les causes d’un « épuisement physique et psychique » qui frappent les postiers er qui peuvent conduire à des drames comme celui de la Fère sont connues et identifiées. « C’est la politique menée depuis des années à la tête du groupe, celle qui a conduit à supprimer près de 90.000 emplois depuis l’arrivée de notre PDG, Jean-Paul Bailly, en 2002, à vendre le patrimoine, à passer à un management agressif, à se calquer sur les exigences de rentabilité et à faire la course aux dividendes, fustige encore Bernard Dupin. Comme si nous n’étions pas différent d’un service marchand, comme si notre mission n’était pas d’abord le service rendu au public ! Pour la CGT, le nœud du problème tient là, il faut rompre avec cette politique et, je le répète, nous attendons maintenant que le gouvernement prenne ses responsabilités. »

Dans un communiqué, SUD-PTT relève le fait que ce nouveau suicide « sʼest déroulé dans un des sites pilotes en expérimentation suite aux annonces du président de La Poste après le suicide de deux cadres en début dʼannée et qui servent de vitrine à la "nouvelle ère Bailly" ». « Le verdict est clair et sans appel, estime le syndicat. La direction en place a échoué puisque les mesures quʼelle a proposées et qui devaient selon elle résoudre la crise sociale ne règlent rien. De la même façon, la mission de la médiatrice de la vie au travail ne porte pas ses fruits : sur tous les cas que nous avons remontés, très peu ont été réglés et certains postiers n'ont jamais été contactés par les services de la médiatrice. »
Considérant que ce nouveau suicide souligne l’échec de la direction actuelle du groupe La Poste, SUD-PTT « pose la question de la démission de Jean-Paul Bailly » et indique : « C’est au gouvernement dʼy répondre. Il doit tirer toutes les conséquences de ce nouveau drame. »

Pour l’heure, du côté du gouvernement justement, Fleur Pellerin, ministre déléguée chargée de l’Economie numérique, et Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, ont simplement fait savoir qu’ils avaient appelé la famille du guichetier pour présenter leurs condoléances. « L'inspection du travail participe au CHSCT de La Poste, qui se réunit aujourd'hui à Beauvais, indiquent-ils tout de même dans leur communiqué. Dans le cadre de ses compétences, elle procède à une enquête permettant d'apporter toutes les informations nécessaires sur les circonstances de ce drame. »

Pas sûr que cette première réaction à chaud suffise à calmer la révolte des postiers face au terrible drame de La Fère.

Thomas Lemahieu

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