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democratie

Affaire Mila : les auteurs des menaces doivent être poursuivis et condamnés

19 Novembre 2020, 09:46am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 18/11/2020 par PCF

Depuis janvier dernier, une adolescente de 16 ans, Mila, est menacée de mort et de viol, après la diffusion d'une vidéo dans laquelle elle avait critiqué l'Islam. Depuis quelques jours, elle subit à nouveau une campagne sexiste et homophobe d'une rare violence. Rappelons qu'elle a dû être déscolarisée et mise sous protection policière depuis presque un an. Ces menaces sont insupportables, et elles sont sévèrement condamnées par la loi.

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Critiquer une religion n'est pas un délit en France depuis la loi du 9 juillet 1881, seules les injures et menaces contre des personnes en raison de leurs opinions ou croyances pouvant faire l'objet de poursuites.

Nous condamnons fermement cette campagne de harcèlement orchestrée visant une adolescente de 16 ans, son caractère homophobe et sexiste, ainsi que les menaces de mort qui font écho, parfois explicitement, à l'assassinat de Samuel Paty.

Nous demandons instamment aux pouvoirs publics de prendre toutes les disposions pour identifier au plus tôt et déférer devant la justice les auteurs des menaces contre la jeune Mila. Il est intolérable qu'une lycéenne voie ses jours mis en danger et sa scolarité gravement affectée par les agissements de quelques fanatiques islamistes prétendant parler au nom de nos compatriotes musulmans, lesquels n'aspirent pourtant qu'à vivre leur foi dans le respect des lois de la communauté nationale.

Nous appelons également les associations démocratiques, organisations syndicales, partis progressistes à continuer de se mobiliser, comme ils l'ont fait à la suite de l'assassinat de Samuel Paty par un terroriste islamiste, en défense de la République et de ses principes fondateurs.

 

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"Sécurité globale"

17 Novembre 2020, 07:04am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 16/11/2020 par PCF

Le PCF appelle à la mobilisation de la nation pour construire de vraies solutions d'avenir

La proposition de loi sur la « sécurité globale », présenté par le groupe LREM, sera discutée le 17 novembre dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. Pour le Parti communiste français, la sécurité est un droit fondamental et l'une des conditions essentielles de l'exercice des libertés individuelles et collectives. Ce droit est indissociable de la réalisation d'une République sociale et démocratique. Cette proposition de loi, comme le futur « Livre blanc de la sécurité intérieure », doit donc faire l'objet d'un débat démocratique exigeant. Soutenu par le gouvernement, qui n'a pas déposé de projet de loi, s'affranchissant ainsi d'une étude d'impact et de l'avis du Conseil d'Etat, cette proposition de loi soulève de légitimes inquiétudes sur de nombreuses dispositions. 

Le PCF demande le retrait de l'article 24 qui menace directement la liberté d'information et de communication pour lutter contre les violences policières. La protection des policiers et des gendarmes est une absolue nécessité. Ils accomplissent des missions essentielles pour la protection des biens et des personnes. Nos parlementaires ne cessent de demander un renforcement en termes de recrutement, de formation, de matériels, pour permettre aux forces intérieures de sécurité publique d'accomplir leur travail dans de meilleures conditions. Le cadre législatif actuel permet de punir les abus et les menaces visant les agents des forces de l'ordre. Le caractère public de leur travail garantit son caractère démocratique.

Le gouvernement fait fausse route alors qu'il devrait exprimer avec force l'exigence d'une police républicaine exemplaire. Le PCF soutient les mobilisations des associations et des syndicats, en très grand nombre, qui dénoncent à la fois l'article 24 et d'autres dispositions ce texte qui, une nouvelle fois, cible le droit constitutionnel de manifester et de participer en toute tranquillité à des mouvements sociaux.

 Il y a urgence à redévelopper une police républicaine, au service de la tranquillité de toutes et tous, respectueuse des droits et libertés, soumise à un contrôle démocratique indépendant.

 Le PCF dénonce aussi la volonté de la majorité de privatiser la sécurité de nos concitoyens. Plus que jamais, dans un contexte de menaces terroristes, de crise sanitaire inédite, de crise sociale aggravée, l'Etat de droit doit être conforté. En la matière, cette proposition de loi franchit une nouvelle étape dans une gestion autoritaire et ouverte au privé. Avec la proposition d'un élargissement des missions des polices municipales et des entreprises privées de sécurité, au nom d'un « continuum de sécurité », ce texte encourage un désengagement de l'Etat sur ses missions régaliennes de sécurité sur l'ensemble du territoire de la République.

 Si des coopérations en matière de sécurité avec différents acteurs sont nécessaires, elles doivent se faire dans un cadre strictement limité et encadré, sous le contrôle de l'Etat qui doit conserver un rôle essentiel.

Ce texte passe donc à côté de l'essentiel : une ambition nouvelle, avec les moyens de sa réalisation, pour une politique publique de sécurité et de tranquillité publique pour toutes et tous. Cette politique est indissociable du renforcement des services publics, de mesures fortes d'égalité sociale et d'une véritable politique de prévention, avec l'ensemble des partenaires. N'oublions pas que ce sont les territoires les plus en difficulté et les populations les plus fragiles qui sont les plus exposés à l'insécurité et à la délinquance du quotidien. Là encore, la proposition de loi « sécurité globale » manque ce rendez-vous pourtant décisif.

Le PCF appelle à la mobilisation de la nation pour débattre de ces enjeux et construire de vraies solutions d'avenir. Nous présenterons des propositions précises dans les prochaines semaines dans le cadre du débat sur le « Livre blanc de la sécurité intérieure ».

 

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La lettre de P Le Hyaric

25 Octobre 2020, 09:20am

Publié par PCF Villepinte

 

Bonjour à chacune et chacun,

 

Mercredi soir, la Nation a rendu un hommage déchirant à Samuel Paty dans la cour de La Sorbonne au travers d'une cérémonie solennelle. En ce lieu, le président de la République lui a remis à titre posthume les insignes de la Légion d’honneur, avant de prononcer un discours salué par l’ensemble des groupes républicains du Parlement.

 

La Sorbonne est un symbole lumineux qui s’oppose à la laideur et à la froideur haineuse du fondamentalisme islamiste qui a frappé un enseignant chez nous, comme il frappe des milliers de personnes à travers le monde.


Symbole du savoir et de la connaissance, l’une des premières universités au monde après celles érigées par les musulmans au Caire, à Fès ou à Bagdad, la Sorbonne incarne nos désirs d’émancipation, à l’opposé des simplismes obscurantistes, de la bêtise, de la négation des connaissances qui ont poussé à la décapitation d’un passeur de savoirs. L’assassin lui a ôté la tête comme pour signifier la haine de ce qui pense.

 

A cet obscurantisme, ont été opposés en ce lieu le droit et le devoir à l’éducation, le primat de la connaissance, le désir de culture et le besoin de s’élever, le respect de l’autre pour faire monde ensemble. Tout ce que rejette ce terrorisme islamiste qui rêve d’éteindre ces lumières pour soumettre les hommes et les femmes à d’autres lois que celles qu’ils décident ensemble, par la dispute démocratique et le débat public. Autant de choses dont nous avons besoin pour instaurer le rapport de force nécessaire à la construction d’un grand projet émancipateur et d’égalité entre tous les citoyens.

 

Citoyens actifs par-delà nos croyances, participant à faire vivre une République dégagée du carcan capitaliste, qui porte enfin la liberté, l’égalité, la fraternité ; une République où chacune et chacun grandit sans cesse de l’apport de l’autre, de l’esprit critique, du questionnement, dans le cadre d’une Nation indivisible que bâtit au fil du temps chacun de ses membres sans distinction d’origine, de croyance, de religion, de philosophie.

 

Une Nation débarrassée des oukases d’instances internationales ou européennes qui peu à peu lui ôtent toute souveraineté et fragilisent la citoyenneté. Phénomènes encore amplifiés par l’alignement sur l’impérialisme américain et l’Otan. Une nation, donc, qui ne serait ni soumise aux choix guerriers au Moyen-Orient, ni aux alliances mercantiles avec les théocraties pour leur vendre des armes. Une France qui enfin reconnaitrait aux Palestiniens le droit à un Etat au côté de celui d’Israël.


Or, c’est cette orientation que détruisent les présidents de la République depuis au moins trois mandats. Non seulement par une politique étrangère scélérate qui ôte à la France son rôle de promoteur de paix, mais aussi par une politique de destruction méthodique de toutes les institutions sociales, promouvant l’austérité et la concurrence de tous contre tous.

 

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Les données françaises de santé et Microsoft - Saison 2 : Le petit marquis  d’O contraint à battre en retraite

22 Octobre 2020, 06:50am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 21/10/2020 par PCF

Rappel de la saison précédente traitée dans le numéro 825 du 2 septembre 2020 de CommunisteS :    En janvier 2016, la ministre de la Santé pré-macronienne Marisol Touraine fait voter une loi sur la création dun « système national des données santé », prélude à une marchandisation de ces données.

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En juillet 2019, sous l’impulsion de Cédric O et Agnès Buzyn avec la loi de juillet 2019, le « système national » devient une « plateforme » dénommée en bon français « health data hub ». Sa mise en œuvre est confiée à Jean Aubert dont les « liens intérêts » (sic) avec Iqvia, le plus gros marchand de données de santé aux États-Unis, sont explicites (1). Hors de toute règle de marché public et profitant de l’état d’urgence sanitaire, Cédric O impose Microsoft comme maître-d’œuvre de la plateforme des données de santé de 67 millions de Français, c’est-à-dire l’hébergement mais aussi les outils logiciels d’analyse et de traitement des données. Cédric O justifie son choix en faveur de Microsoft en arguant mensongèrement que les Français ne savaient pas faire. Rappelons qu’après le retrait des États-Unis la fondation Bill Gates est devenue avec la Chine le principal bailleur de fonds de l’OMS.

La fin de la 1re saison est marquée par les réserves de la CNIL et de ANSI (2), les protestations des professionnels de santé et des acteurs du logiciel libre, réunis dans des collectifs comme InterHop, et la fureur des entreprises informatiques françaises après les propos humiliants du petit marquis O.

La saison 2 commence par une saisine en juin 2020 du Conseil d’État par le collectif Santénathon (3), regroupant des acteurs français du logiciel libre et de l’« open data », des organisations de soignants, UFMICT-CGT et l’UGICT-CGT, pour bloquer la décision du gouvernement au nom du droit à la protection de la vie privée.

Le 16 juillet, la Cour de justice de l’Union européenne entre en scène en cassant l’accord sur les données personnelles entre les États-Unis et la Commission européenne, en considérant qu’il ne protégeait pas assez les citoyens européens face à l’extra territorialité des lois étatsuniennes.

En s’appuyant sur la décision de la Cour de justice européenne, Santénathon opère une seconde saisine du Conseil d’État le 16 septembre.

Le 8 octobre, dans un mémoire (4) adressé au Conseil d’État, la CNIL confirme les éléments motivant la saisine. Cet avis de la CNIL a obligé le gouvernement à prendre en urgence un arrêté le 9 octobre, précisant « qu’aucun transfert de données à caractère personnel ne peut être réalisé en dehors de l’Union européenne ». (5)

Mais malgré cette manœuvre de dernière heure, le 14 octobre le Conseil d’État reconnait que l’accord entre l’État français et Microsoft permet au gouvernement des États-Unis d’accéder aux données de santé des Français. Si le Conseil d’État s’est pour l’instant refusé à arrêter totalement le projet, il a demandé au « Health Data Hub » et à Microsoft de conclure encore de nouveaux avenants à leurs contrats, et de prendre encore des précautions supplémentaires, sous le contrôle de la CNIL. Il a indiqué être dans l’attente d’une solution qui permettra d’éliminer tout risque d’accès aux données personnelles par les agences gouvernementales des États-Unis, autorités américaines, renvoyant notamment à un appel d’offre en direction d’un prestataire français ou européen.

Cette situation a contraint Cédric O à manger son chapeau devant les sénateurs en déclarant : « Nous travaillons avec Olivier Véran (…) au transfert du Health Data Hub sur des plateformes françaises ou européennes. »

Cependant, comme pour l’instant le transfert de données vers Microsoft n’est pas stoppé et comme l’on connaît le peu de crédibilité que l’on peut accorder à la parole gouvernementale, le collectif Santénathon entend ne pas lâcher l’affaire en la portant maintenant sur le fond auprès du Conseil d’État afin d’enterrer définitivement l’accord avec Microsoft.

Pour sa part, le PCF propose la création d’un service public des données de santé associant expertises des soignants, organismes de recherche publics et entreprises nationales, assis sur une renaissance industrielle de notre pays, et participant à la construction d’une souveraineté numérique de la France dans le cadre de coopérations européenne et internationale. Il mettra cette proposition en débat le 23 novembre dans un Webinaire sur l’avenir des données de santé dans le cadre des lundis des États généraux de la révolution numérique qu’il organise.

Yann Le Pollotec, responsable de la commission Révolution numérique et informationnelle

1. https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/12/24/donnees-de-sante-conflit-d-interets-au-c-ur-de-la-nouvelle-plate-forme_6023918_3244.html

2. Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information.

3. https://www.santenathon.org/

4. https://cnll.fr/documents/35/OBSERVATIONS_DE_LA_CNIL_8_OCTOBRE_2020.pdf

5. https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000042413782

 Document vidéo pour aller plus loin :  https://video.ploud.fr/videos/watch/13964678-d65f-4fe7-9806-ef071441a477

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PCF - Parti communiste français 10 k abonnés "La mort de Samuel Paty nous oblige" André Chassaigne

22 Octobre 2020, 06:42am

Publié par PCF Villepinte

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La Lettre du 18 octobre 2020 patrick-le-hyaric

18 Octobre 2020, 10:11am

Publié par PCF Villepinte

 

 

Bonjour à chacune et chacun,

 

Rien, strictement rien, absolument rien ne saurait justifier la mise à mort d’un Homme. Un homme qui plus est enseignant, éducateur, passeur d’Histoire et de Géographie, deux matières indispensables pour éclairer le monde et s’éclairer soi-même. L’assassinat d’un enseignant à la sortie de son collège parce qu’il y explique l’Histoire et y défend la liberté d’expression est une victoire de la haine fascisante. Tuer un enseignant c’est tuer le projet d’ouvrir les enfants au monde, et tuer la possibilité de bâtir le leur dès demain.

 

La douleur est immense et le chagrin sans fond face à cet acte ignoble. Les mots manquent quand les questions s’accumulent dans nos têtes. Elles se résument à quelques adverbes : qui, comment, pourquoi ? On peine à aller plus loin, subjugués par l’atrocité du crime et la stupidité du mobile. Nos pensées sont toutes dirigées vers les proches de ce professeur, sa famille, les enseignants et les parents d’élèves de ce collège, à l’ensemble du corps enseignant et à tous les fonctionnaires d’une Education nationale frappée au cœur.

 

Les caricatures de Mahomet font désormais partie de notre histoire. En leur nom et contre la liberté de dessiner et de penser, des assassins fanatiques ont décimé la rédaction de Charlie-Hebdo et cherché à répandre la terreur, en France comme ailleurs. Elles doivent pouvoir être montrées, non pour ce qu’elles expriment, mais comme document nécessaire à la compréhension des temps présents. Cette mise à distance est la condition absolue d’une société fondée sur la raison.

 

La loi du Talion n’a pas sa place dans une société démocratique régie par l’État de droit. Au « œil pour œil, dent pour dent » et à la vengeance, le progrès humain a substitué la justice et l’art du débat. C’est un acquis à valeur universelle sur lequel s’appuient toutes les forces de progrès à travers le monde, en butte face à la dictature ou au fanatisme, et parfois face aux deux. C’est le remède contre le lent mais décidé glissement obscurantiste des sociétés.

 

La transmission du savoir, tâche des plus nobles confiée aux corps enseignant, doit être absolument sanctifiée et l’éducation nationale renforcée, protégée et aidée dans ses missions dont celle, fondamentale, de forger l’esprit critique et civique des futurs citoyens, quelles que soient leurs croyances ou origines. C’est une évidence qu’il convient de rappeler.

 

Pour l’heure, l’enquête se dirige vers un Tchétchène né à Moscou en 2002. Cette barbarie ne semble donc pas concerner des français de confession musulmane qu’il faudra protéger des récupérations racistes qui n’ont déjà pas manqué de surgir.

 

Cet abject assassinat appelle au combat pour renforcer considérablement les fondements d’une République sociale, laïque et démocratique fidèle à ses principes de liberté, d’égalité et de fraternité, à retrouver dans la société la force du débat civilisé. C’est la condition pour recoudre l’unité de la nation. Cette tâche, ardue mais essentielle, est la condition indépassable d’une sécularisation apaisée pour dépasser, ensemble et solidairement, ces terribles épreuves. 

 

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Zemmour, honte de CNews, honte de la France.

9 Octobre 2020, 07:34am

Publié par PCF Villepinte

Haine(s)

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Loi. 

Tout est affaire de regard et d’écoute. Ceux à qui il reste des yeux pour voir et des oreilles pour entendre se passent très bien de caméras de surveillance et d’instances de moralité. Spectacle bestial, quand un homme danse sur le fumier, tandis que sa pensée en roue libre tend des crocs de boucher. Ainsi, l’ignoble Éric Zemmour revendique sa posture d’authentique factieux d’extrême droite, pour qui les postures fascistes deviennent première nature. Vous connaissez la formule: délinquant et multirécidiviste. Les qualificatifs qu’il emploie dans presque tous ces discours s’appliquent désormais à lui-même.

Déjà condamné en 2019 à 3.000 euros d’amende pour des propos anti-musulmans, le spécialiste de la France brune écopait, le 25 septembre dernier, de 10.000 euros d’amende pour injure et provocation à la haine raciale. En cause, les paroles tenues lors de son discours fleuve sur l’immigration et les musulmans, en septembre 2019, au cours d’une convention de la droite – qui avait tout de l’extrême droite. Sa dernière diatribe sur les mineurs étrangers, «tous voleurs, assassins et violeurs», déclenche – dieu merci – condamnations morales et plaintes à tout va. Et pour cause. Dans l’affaire présente, comme dans beaucoup d’autres, il n’est pas question de «liberté d’expression», comme l’explique Fifille-là-voilà en soutenant son parangon, mais de propos racistes qui tombent sous le coup de la loi…

CNews. 

C’est que notre expert en haine ordinaire a depuis trouvé une place de choix sur la chaîne de Vincent Bolloré, CNews, où tous les soirs il a table ouverte comme «chroniqueur». Dans l’émission Face à l’info, présentée par l’icône de la mollesse Christine Kelly, l’odieux Zemmour détaille l’intégralité de ses obsessions ultradroitières et xénophobes sans que quiconque ne s’y oppose vraiment.

Plus grave, il se trouve que l’émission durant laquelle il insulta les mineurs étrangers – et bafoua la République – n’était pas en direct, ce qui signifie que la responsabilité de CNews dans cette diffusion in extenso apparaît évidente, dans la mesure où la direction aurait très bien pu couper les passages les plus odieux. Depuis, la Société des rédacteurs de CNews a heureusement publié un communiqué pour se désolidariser non pas du polémiste, mais des propos du polémiste.

Faute de réaction de la part des dirigeants de la chaîne et du Figaro (où Zemmour poursuit sa collaboration), le parquet de Paris a ouvert une enquête pour «provocation à la haine raciale» et pour «injures à caractère raciste». Sans parler de la cascade de plaintes qui émanent des départements, tuteurs légaux de ces mineurs non accompagnés qui dépendent de l’aide sociale à l’enfance: Loire-Atlantique, Gers, Haute-Garonne, Landes, Pyrénées-Orientales, Gironde, Métropole de Lyon, etc. Sans nul doute, l’homme sera de nouveau condamné. Beaucoup pensent qu’il s’agira d’une sorte de coup de grâce et que nous ne verrons plus le sinistre personnage à l’antenne. En est-on sûr pour autant?

Drumont.

 Le bloc-noteur l’a déjà écrit ici même: n’est-il pas étonnant que quelques bonnes âmes, réveillées sans doute d’un sommeil profond ou guéries d’une surdité coupable, trouvent aujourd’hui inadmissible ce qui l’était déjà, et depuis si longtemps? Comme si la «France des idées», peuplée de naïfs et de candides, découvrait seulement en octobre 2020 les agissements et les mots de ce Drumont contemporain.

On croit rêver. Car l’histrion Zemmour reste cohérent et décline à souhait, sans varier, toutes les grandes thèses identitaires qu’il ressasse dans ses livres – il suffit de les avoir lus pour le savoir. Souvenons-nous qu’il tenta de réhabiliter Vichy et le rôle de Pétain. Et n’oublions pas qu’il osa déclarer, lors de cette fameuse convention de la droite: «Le nazisme est parfois un peu raide et intolérant, mais de là à le comparer avec l’islam…» Raide et intolérant… la honte de la France.

À cette même réunion, Paul-­Marie Coûteaux, essayiste et ancien haut fonctionnaire, avait dit pour sa part: «Le nazisme est la modernité totale.» Une idée, en passant. Si d’aventure CNews conservait l’individu fascisant nommé Zemmour, le CSA ne pourrait-il pas suspendre sine die l’émission en question, voire carrément la chaîne?

[BLOC-NOTES publié dans l'Humanité du 9 octobre 2020.]

Publié par Jean-Emmanuel Ducoin

 

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Le peloton, la France… et la République du Tour

5 Septembre 2020, 07:29am

Publié par PCF Villepinte

 

par Jean-Emmanuel Ducoin 

 

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Dans la septième étape, entre Millau et Lavaur (168 km), victoire du Belge Wout Van Aert. En ce jour anniversaire de la naissance de la IIIe République, petit rappel historique de ce que le Tour doit à la République. Et vice versa.

Lavaur (Tarn), envoyé spécial.

Pourtant inventeur d’une singulière métronomie de lieux, de dates et de preuves légendaires, le Tour semblait en dehors de l’Histoire, ce 4 septembre – fait plutôt rare. Curieuse impression de petite trahison, que le chronicoeur refusa d’accepter. Par un jour de très fortes chaleurs, entre Millau et Lavaur (168 km), mangeant du regard – à bâbord du véhicule de l’Humanité – le parc naturel des Grands Causses puis celui du Haut-Languedoc, au cœur de paysages sublimes et revigorants, nous traquions du regard les drapeaux tricolores dressés par les spectateurs. Que les couleurs nationales arborent villes et villages au passage des héros de Septembre n’a rien d’inhabituel, évidemment. Mais celles-ci avaient aujourd’hui une valeur particulière, bien que peu de personnes connaissent la référence au 4 septembre 1870, il y a précisément 150 ans: l'avènement de la IIIe République et la fin du second Empire, deux jours après la bataille de Sedan et la capitulation de l'empereur Napoléon III, alias «Napoléon le petit», selon Victor Hugo.

Si le chef de l’Etat s’est fendu d’un discours au Panthéon le matin même, le patron du Tour, s’il avait un peu de Lettres et d’esprit, aurait certainement pris la parole au départ de l’étape pour dire quelques mots et expliquer ce que le Tour doit à la République… et vice versa. Qu’on ne s’y trompe pas. Si le Tour continue de nous troubler et de nous préoccuper en grand, ce n’est pas uniquement parce qu’il reste sans doute la plus ordinaire des aventures de l’extrême. Non, c’est aussi et surtout parce qu’il nous parle alternativement d’un pays proche – la France – et d’un monde lointain – l’idée républicaine universelle. Prenons bien la mesure. Si le Tour ne nous racontait que des histoires de sports et de sportifs, sa légende mythologique, qui a traversé bien plus d’un siècle et hanté bien des cerveaux humains les plus brillants, n’aurait pas atteint de semblables sommets. Et nous ne serions pas sur ses routes, cette année encore, à nous lamenter sur son sort, sur ce qu’il est devenu, ou sur la fin supposée et possible de son caractère légendaire. Surtout, le chronicoeur n’aurait pas lâché une larme, à Castres, au kilomètre 125, en passant à quelques mètres du Centre national et musée Jean Jaurès, antre magnifique qui retrace le parcours de l’immense homme politique, du philosophe, du tribun d’exception et du journaliste et fondateur de l’Humanité.

En traversant Castres, justement, à quarante bornes de l’arrivée, le peloton n’en était plus un depuis longtemps. Sous l’impulsion de l’équipe Bora du Slovaque Peter Sagan, engagé dans la bataille du classement à points, le gros de la troupe avait explosé dès la première côte, celle de Luzençon (troisième cat., km 9), et de nombreux sprinters, dont le maillot vert Sam Bennett, furent définitivement piégés. Pas d’incidence sur le sort de la victoire finale. Aucun des (vrais) favoris ne tomba dans le traquenard, ni dans la trappe d’une mémorable bordure, qui, dans un final très venteux vers Lavaur, scinda le groupe de tête en plusieurs morceaux. Principales victimes de ce train infernal: Pogacar, Landa, Porte et Carapaz. Après avoir signalé que le gain de l’étape revint au Belge Wout Van Aert (sa deuxième) et le paletot vert - évidemment - à Sagan, il était temps de s’installer de nouveau dans les pas de l’Histoire.

Le chronicoeur l’a déjà écrit (1), mais détaillons brièvement cette curieuse alchimie française. Si l’idée d’organiser un tour cycliste reliant Paris à Paris via les principales villes de France répond, en 1903, pour le journal l’Auto, à des impératifs commerciaux (relancer les ventes du quotidien), sa création concrète, replacée dans le contexte de l’époque, répond à une triple ambition: patriotique, morale et pédagogique. En faisant connaître la France aux Français et en suscitant partout l’émulation, de l’énergie et de la volonté, le Tour va contribuer à une sorte de «nationalisation» de la société française, lui conférant une image d’unité : une unification par le sol. Un sol-mémoire de la nation. Difficile d’imaginer de nos jours à quel point cette épreuve, au début du XXe siècle, contribua à sa manière à enseigner la France aux Français et à raffermir le sentiment d’appartenance collective au cœur d’un terreau politique où s’aiguisent les luttes sociales et où l’on croise quelques personnages haut en couleurs, Emile Combes, Jules Guesde et bien sûr Jean Jaurès, qui pense sérieusement à créer un journal.

Héritier d’une espèce de tradition des Compagnons, imprégné d’une culture patriotique inculquée par l’école républicaine, mais aussi d’essence barrésienne (son fondateur Henri Desgrange), le Tour, rapidement, imprègne la mémoire collective de générations entières qui, elles-mêmes, par la suite, en transmettrons l’essentiel aux générations futures, jusqu’à ce que la France offre au Tour l’une de ses plus belles conquêtes sociales: les congés payés. Depuis, le grand livre-mémoire du Tour se feuillette à distance et en songes, mélange de mélancolies et de joies, et devient l’une des pâtes indispensables à la fermentation des familles du XXe siècle. Cette généalogie, à la fois pieuse et ouvrière, parvient donc jusqu’à nous. Ce «nous», organiquement amoureux du Tour. Et pour cause: le Tour devint une institution, une République dans la République, au moins trois semaines par an durant lesquelles même De Gaulle cessait d’être l’unique héros national. Cela porte un nom : la République du Tour!

Les coureurs savent-ils que l’envoûtement diabolique de la Grande Boucle a, en apparence, quelque chose d’inexplicable? Car tout nous ramène aux hommes et à la France dans toute leur exception – à condition d’accepter qu’il y eut, dans l’idée même de l’édification de la France, une exception, et mieux encore, une exception républicaine. L’ordre épique, la géographie homérique, tout dans l’aventure du Tour conduit au mythe total, donc ambigu: tout à la fois un mythe d’expression et un mythe de projection. Réaliste et utopique. Et par dessus tout, un mythe populaire comme il y en a peu.

Samedi et dimanche, les deux étapes pyrénéennes détermineront peut-être du sort de la Grande Boucle 2020. Par ce beau week-end de septembre, nous guetterons la présence du Peuple. Et ce qu’il subsiste de la République Tour, quand elle s’élève vers les cimes et tutoie l’Histoire.

(1) Lire: Tour de France, une belle histoire, de Jean-Emmanuel Ducoin, éditions Michel de Maule (2008).

[ARTICLE publié sur Humanite.fr, 4 septembre 2020.]

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Collectivités territoriales

30 Juillet 2020, 08:21am

Publié par PCF Villepinte

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Le 13 juillet à Matignon, le premier ministre, Jean Castex, et Jacqueline Gourault, la ministre de la Cohésion territoriale, en visioconférence avec les acteurs du projet de loi organique sur le droit à la « différenciation ». Raphaël Lafargue /Abaca

L’Humanité, 30 juillet 2020

Chaque collectivité serait en mesure d’exercer des compétences spécifiques, selon le projet de loi présenté mercredi en Conseil des ministres. Le gouvernement prône une logique ultralibérale, nuisible aux territoires les plus fragiles.

C’est au beau milieu de l’été que le gouvernement a décidé de dévoiler une réforme systémique. Le projet de loi organique sur le droit à la «différenciation», présenté mercredi en Conseil des ministres, est un véritable chamboule-tout pour les collectivités locales, déjà mises à rude épreuve par le coronavirus. En réponse, le gouvernement a lancé un gigantesque chantier: lassouplissement du principe dexpérimentation. Autrement dit, les collectivités pourront exercer une même compétence de façon différente de leurs voisines. «Il sagit tout simplement de mieux adapter les politiques publiques aux réalités du territoire», a fait valoir Jacqueline Gourault, la ministre des Relations avec les collectivités, en charge du dossier. En réalité, ce projet ultralibéral marque une étape décisive dans l’émiettement territorial.

Le droit à la différenciation présente des risques majeurs. Officiellement, le but est de donner aux collectivités locales «plus de libertés et de responsabilités», avec la possibilité «dadapter laction publique aux réalités locales». Comme l’explique Benjamin Morel, maître de conférences en droit public (voir entretien p. 4), «l’égalité de chacun devant la loi ne sera plus acquise, puisque la loi sera susceptible d’être modulée à la frontière de chaque commune». Une rupture fondamentale qui ouvre «la porte aux régionalismes, aux inégalités territoriales (), au dumping social et environnemental, et transformera la République en une République 2.0 à géométrie variable», lancent les sénateurs communistes, dénonçant une «évolution fédéraliste de (notre) République».

En dépit des dangers pour la cohésion du pays, Jacqueline Gourault veut inciter les collectivités à déroger davantage aux règles communes. Jusqu’à présent, celles-ci peuvent conduire leurs propres politiques publiques sur certains sujets, pour un objet et une durée limités. Une partie de ces verrous vont sauter: les mesures prises pourront être poursuivies sans limite de temps. Et une simple délibération sera suffisante pour conduire une politique publique spécifique, quand il fallait auparavant une autorisation par décret.

Plus largement, cette possibilité de fixer ses propres règles pourrait favoriser la mise en concurrence entre les territoires. Aux collectivités les plus aisées d’élargir le champ de leurs compétences aux dépens des autres territoires. Car, si une intercommunalité ou une région veut exercer une nouvelle politique publique, elle doit en avoir les moyens. Alors que la crise sociale liée au coronavirus bat son plein, ce projet de loi creuserait encore les inégalités territoriales et sociales. Loin de répondre aux inquiétudes, Jacqueline Gourault a annoncé que les collectivités qui le souhaitent pourront piloter les questions de logement, de mobilité, la transition écologique ou la cohésion sociale. «Tout nest pas envisageable pour autant, a-t-elle nuancé. Il y a le régalien, bien sûr. La crise a aussi montré qu’il n’est pas opportun de décentraliser l’emploi.»

Ces annonces vont dans le sens des propositions du Sénat et de Territoires unis, regroupement composé de l’Association des maires de France (AMF), l’Assemblée des départements de France (ADF) et Régions de France, toutes instances dominées par la droite, qui plaident pour «plus de libertés locales pour plus d’efficacit黫Les départements sont, par exemple, prêts à gérer complètement la médecine scolaire ou les Ehpad, a développé, dans les Échos, Dominique Bussereau, le président (divers droite) du conseil départemental de la Charente-Maritime et de l’ADF. Ils pourraient aussi aller plus loin dans les politiques culturelles et sportives, sans pour autant piquer des compétences aux régions et aux intercommunalités.» Autant de sujets à soumettre aux discussions de la Conférence nationale des territoires, prévue en septembre. Un projet de loi devrait découler de ces échanges, avant d’être présenté en 2021.

Le droit à la différenciation est la pierre angulaire d’un projet de «décentralisation» plus vaste. Le gouvernement compte bientôt défendre sa loi dite 3D (décentralisation, déconcentration, différenciation), visant à donner une marge de manœuvre encore plus grande aux collectivités. Ces dernières pourront, par exemple, gérer «la formation des chômeurs entre les régions et Pôle emploi»«favoriser des expérimentations autour du grand âge», ou piloter le RSA, a indiqué aux Échos la ministre Jacqueline Gourault, encourageant les élus à aller plus loin: «Place à limagination des élus!» En juin, lors de son allocution télévisée, Emmanuel Macron a fixé le cap: «Lorganisation de l’État et de notre action doit profondément changer. Tout ne peut pas être décidé si souvent à Paris.» Dans un discours inspiré du Medef, le président de la République a appelé à «libérer la créativité et l’énergie du terrain». Sans le dire, il concocte un projet destiné à achever la fracture territoriale à l’œuvre depuis des années, au détriment des citoyens.

Lola Ruscio

Vers un report des régionales après la présidentielle

Emmanuel Macron a proposé, en contrepartie de son «nouvel acte de décentralisation», le report en 2022, après le scrutin présidentiel, des élections régionales prévues normalement lan prochain. Officiellement, il a évoqué la nécessité de mettre sur les rails rapidement la nouvelle organisation territoriale. Cette hypothèse a aussitôt provoqué l’ire des présidents de région, dont Xavier Bertrand, le président (ex-LR) du conseil régional des Hauts-de-France, pour qui le président de la République «na pas envie de se prendre une raclée à un an de la présidentielle parce que ça ferait mauvais genre». Le député communiste des Bouches-du-Rhône Pierre Dharréville sest élevé contre un projet de calendrier visant à «tout mettre à la remorque de la présidentielle».

 

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MUNICIPALES

3 Juillet 2020, 07:35am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 01/07/2020 par PCF

Premiers éléments d’analyse d’un second tour singulier

Le deuxième tour de ces municipales, outre les circonstances particulières qui ont présidé à son déroulement et à celui de la campagne d’entre deux tours, a été presque une nouvelle élection à part entière dans un contexte politique et social différent de celui de mars.

Nous sommes passés d’un 1er tour ayant lieu en pleines luttes sociales sur les retraites, à un 2e tour se déroulant dans une période anxiogène d’explosion du chômage et de demande de protection, qu’elle soit sanitaire, environnementale ou sociale.

Contrairement aux autres municipales, les listes arrivées en tête au premier tour n’ont pas toujours pu bénéficier de la force d’entraînement nécessaire à des rassemblements de second tour. C’est pourquoi, par rapport à 2014, les triangulaires, les quadrangulaires, voire les pentagulaires se sont multipliées. Avec certes des inégalités.

L’abstention, comme au premier tour, a explosé, atteignant des nouveaux records tous types d’élections confondus. Certes, il existe des raisons conjoncturelles dues au Covid-19 pour expliquer ce niveau inédit d’abstention, mais ce conjoncturel s’inscrit dans un mouvement de hausse tendancielle et structurelle de l’abstention. La partie la plus populaire de l’électorat, et pas seulement elle, se reconnait de moins en moins dans le système institutionnel, ce qui pose un problème majeur, en particulier aux ambitions de notre parti pour notre pays.

Dans le cadre de cette forte abstention, les Verts, avec des listes de rassemblement large de gauche où généralement notre parti est bien présent, réussissent une percée dans les métropoles et les grandes villes. Ce qui doit inciter le PCF à approfondir notre travail déjà engagé de critique de l’écologie politique.

Pour LREM ces élections sont un échec et un désaveu ; ils ne doivent leurs rares victoires qu’en cas de maires sortants bien implantés et ayant scrupuleusement camouflé leur nouvelle étiquette politique.

Le PS, après l’effondrement de 2014, maintient globalement son influence souvent sous l’étiquette divers gauche, avec quelques conquêtes, en particulier sur les autres forces de gauche, et quelques pertes historiques comme Bondy, Poitiers ou Lorient.

La droite conserve globalement ses gains de 2014 mais connait des défaites sévères dans nombre de grandes villes comme Marseille et Bordeaux.

Le RN et l’extrême droite voient leur nombre de conseillers municipaux se restreindre ; mais à l’exception de Mantes-la-Ville qu’il perd, le RN se renforce dans les villes qu’il avait gagnées en 2014 et il gagne une ville de 100 000 habitants avec Perpignan.

Pour sa part, le PCF, après de bons résultats au premier tour, connait un second tour plus clair-obscur avec la perte cruelle de certaines municipalités communistes importantes et pour certaines historiques. Certaines de ces pertes sont souvent liées à des situations de division à gauche et dans les majorités sortantes. À l’inverse, avec la conquête ou la reconquête de Corbeil, Bobigny, Noisy-le-Sec, Villejuif, il montre sa capacité à prendre des grosses villes tenues par une droite clientéliste. De plus, il gagne de nombreuses villes moyennes dans nombre de départements de province, élargissant ainsi sa base géographique. Et dans le sillage de rassemblements de gauche et écologique, il entre dans la majorité de nombre de conseils municipaux ou de métropoles de grandes villes.

Ces gains comme ces pertes appellent un travail important d’analyse qui prenne en compte les situations particulières comme les questions générales auxquelles nous sommes confrontés. Nous reviendrons dans nos prochaines éditions sur ce travail nécessaire.

Yann Le Pollotec, adjoint au secteur Élections.

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