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democratie

Le Conseil constitutionnel rappelle que la liberté d’expression est une liberté fondamentale

30 Juin 2020, 09:12am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 24/06/2020 par PCF

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Dans une décision du 18 juin, le Conseil constitutionnel a censuré la proposition de loi Avia, présentée par la députée LREM, qui était censée « mettre fin à la haine en ligne ».

Les membres du Conseil ont déclaré non-conforme à la Constitution l’article 1er du texte, qui détaillait la manière dont les plateformes doivent retirer les contenus illégaux.

 

En effet, si le Conseil réaffirme que la Constitution permet au législateur de réprimer les abus de la liberté d’expression, il souligne que cette atteinte doit se faire de manière adaptée, nécessaire et proportionnée aux objectifs poursuivis.

Une obligation que ne respectait pas la loi Avia, dans la mesure où les contenus haineux devaient être identifiés et retirés par les plateformes dans un délai d’une heure, laissant la détermination du caractère illicite des contenus en cause soumise à la seule appréciation de l’administration.

Certaines dispositions du texte pouvaient, par ailleurs, inciter les opérateurs de plateformes en ligne, à retirer les contenus qui leur sont signalés, dans un délai particulièrement bref, ne permettant pas la saisine d’un juge.

Le PCF se félicite de cette décision, qui censure à la hache cette proposition de loi liberticide et rétablit la liberté d’expression, ainsi que le droit à un recours effectif.

Cette décision sanctionne la majorité parlementaire qui, malgré la dénonciation, depuis un an, par les associations, les syndicats, d’un texte dangereux et inutile, a fait le choix de maintenir un texte attentatoire aux droits fondamentaux.

Après l’état d’urgence sanitaire et les violations du droit de manifester sanctionnées par le Conseil d’État, le gouvernement démontre sa volonté de bâillonner le mouvement social.

Le PCF, qui s’est opposé à toutes ces législations, salue cette décision qui est une grande victoire pour les libertés.

Annie Cyferman, avocate.

 

 

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Violences policières : l'impunité doit cesser

12 Juin 2020, 08:43am

Publié par PCF Villepinte

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Le 93 intéresse la finance américaine

1 Juin 2020, 08:21am

Publié par PCF Villepinte

L'ultra-libéral Institut Montaigne a commandé un rapport sur le département à une enquêtrice du Boston Consulting Group, avec le concours de la banque JP Morgan. Une insulte pour les acteurs locaux. 

Leur dessein est bien résumé dans cette phrase du rapport : « Comment mieux s’organiser et utiliser au mieux les atouts du territoire ». La Seine-Saint-Denis fait de longue date l’objet d’une offensive de la part de cette banque, épaulée par l’ambassade des Etats-Unis en France, et JP Morgan investit depuis plusieurs années des dizaines de millions de dollars dans le département, même si les habitants n’en voient jamais la couleur. L’intention n’est autre que de chercher à court-circuiter l’action de l’Etat et des collectivités locales. Le rapport s’inscrit en effet à l’encontre des conclusions de la mission parlementaire qui avait reconnu dans son Rapport d’information (publié fin mai 2018) « l’inégalité républicaine » dont était victime le "93" tout en pointant des sous effectifs injustifiables en matière de services publics comparés aux départements voisins et à missions égales.

Le rapport de l’Institut Montaigne n’est rien d’autre qu’une attaque en règle contre les « politiques publiques » dont les rênes devraient être données au secteur privé. Selon ses auteurs, la Seine Saint Denis serait « l’un des départements qui a reçu les plus grandes preuves d’amour de l’Etat » ! Ils prônent une politique ciblée sur les « minorités » appelées à se former aux Etats-Unis pour y apprendre les règles de la finance et du « community organizing » (organisation communautaire), au nom d’une « stratégie d'engagement vers les minorités » qu’avaient révélé les câbles diplomatiques publiés par Wikileaks.

Cela fait déjà plusieurs années que l’ambassade américaine s’intéresse aux banlieues françaises. Appelez ça de la diplomatie d’influence ou su "soft power", l’objectif reste le même : promouvoir les intérêts de Washington et du système économique défendu – et souvent imposé – par ce pays.

Le rapport insulte élus et acteurs locaux (et notamment ceux de l’économie sociale et solidaire) soupçonnés de ne pas bien gérer les deniers publics et de laisser se développer la pauvreté. Ainsi, le rapport se permet de demander aux élus locaux de cesser de critiquer les institutions nationales : « beaucoup de communes peuvent chercher à mettre l’Etat en difficulté ou en accusation, créant un climat continu de tension ». Evidemment, les maires communistes ou progressistes gênent bien du monde ! Les choses seraient bien plus simples avec des élus dociles se pliant volontiers aux injonctions d’un Etat lui-même au service de la finance.

Les contrats de ville sont critiqués pour être remplacés par des financements de projets individuels et y faire flamber la spéculation immobilière. Ainsi, on préfère éloigner les pauvres plutôt que de lutter contre la pauvreté ! Les appels d’offres disparaîtraient et avec eux le tissu des PME au profit de « consortiums ». Et puis, viendrait ensuite la généralisation des programmes « public-privés », antichambres de la privatisation générale des services municipaux.

Ils n’hésitent pas à recommander d’« aligner les rémunérations sur les objectifs » : après la tarification à l’acte dans les hôpitaux, il faudrait passer au « management de l’action sociale ». A la trappe le statut de la fonction publique territoriale !

Alors que les enseignants de la Seine-Saint-Denis protestent depuis des années contre le manque de moyens alloués à leurs écoles, cette question est tout bonnement évacuée du rapport : « Dans le domaine de l’éducation, il apparaît ainsi que la problématique n’est pas d’abord (…) une problématique de moyens mais de gestion efficiente des ressources humaines ». Des crèches jusque aux universités, en passant évidemment pas les services de santé, tout doit être privatisé selon l’Institut Montaigne. 

A la veille du second tour des élections municipales les salariés, les jeunes, les retraités, les employés communaux et tous ceux qui ont eu à souffrir de l’actuelle pandémie, doivent être informés de ce qui se trame dans les laboratoires du capital et y trouver des raisons supplémentaires de ne pas se priver de leurs municipalités progressistes.

Ajoutons que depuis des années, les libéraux nord-américains dépensent de grandes sommes d’argent pour former des militants, affublés du qualificatif de « progressistes », chargés de déboulonner les élus de gauche du département, en commençant par les maires communistes. Le département est en effet considéré à « fort potentiel » du fait de sa jeunesse et d’équipements souvent issu du « communisme municipal ». Et la vingtaine de milliards d’euros qui vont y être investis dans les quinze années à venir (projet d’aménagement du Grand Paris, liaison ferroviaire Charles de Gaulle Express, terminal 4 de l’aéroport CDG, Jeux olympiques…) font saliver du côté de l’empire de l’oncle Sam qui aimerait bien transformer le département en colonie dans laquelle on remplacerait le RSA par des « jobs » sous payé à l’américaine.

La Seine Saint-Denis serait ainsi vouée à devenir le « département test » d’un développement effréné des technologies numériques. Un développement des activités liées au secteur tertiaire qui tirerait un trait sur le réseau de PME et le développement industriel dont ce département aura particulièrement eu à subir la brusque disparation.

  Une stratégie du choc numérique

 Disculper l’Etat, présenter les acteurs locaux comme les coupables de la situation du département et le secteur privé comme le chevalier blanc qui viendrait à la rescousse, c’était prévisible de la part d’un think-tank chantre des thèses néo-libérales et financé par les géants du CAC 40. Mais au-delà de tout ça, le réel enjeu de ce rapport est de faire de la Seine-Saint-Denis un « territoire d’expérimentation numérique » en profitant de sa situation d’abandon qui en ferait « un bon laboratoire pour des disruptions ». Entre les lignes, c’est bien d’une "stratégie du choc numérique" dont il s’agit. Car en prétendant pouvoir résoudre les problèmes de chômage et d’insertion sociale grâce à des algorithmes, ces adeptes du solutionnisme technologique et apôtres de l’ "idéologie californienne" voudraient nous vendre l’idée d’une "ville intelligente" qui ferait la part belle aux grandes sociétés de l’économie numérique. Ainsi, les GAFAM seraient mieux à même de gérer les questions sociales que les acteurs publics locaux ? C’est bien ce que pensent l’Institut Montaigne, qui aimerait nous pousser vers une société aux allures de dystopie orwellienne.

Et si certaines recommandations peuvent prêter à rire (utilisation des réseaux sociaux, avec le soutien d'influenceurs, pour rentrer en contact avec des jeunes qui ne fréquentent plus les institutions publiques) d’autres beaucoup moins comme la vidéosurveillance intelligente généralisée pour lutter contre l’insécurité ou encore les décisions administratives assistées par des logiciels. Et que penser de l’utilisation d’outils prédictifs pur lutter contre la fraude, ou encore du traçage des déplacements des personnes en situation irrégulière.

Les algorithmes devraient remplacer les assistantes sociales ? Les écrans devraient remplacer les professeurs ? Que doit-on penser des auteurs de ce rapport qui, pour pallier au manque de médecins de proximité proposent – au lieu tout simplement de créer plus de postes de médecins – de développer l’« utilisation de la e-santé (santé numérique) pour limiter les recours inutiles aux urgences » !

Partant de faux postulats (les acteurs locaux ne connaîtraient pas la situation réelle du terrain), le rapport propose des solutions dangereuses et à l’opposé des vrais besoins, qui sont avant tout humains. Mais non : eux n’ont que les robots pour horizon, et derrière des termes qui se veulent innocents comme « croisement de fichiers (…) pour mieux comprendre les parcours individuels (…) dans une logique de « Social Data Hub », c’est bien les Google, Amazon et autres Microsoft qui se frottent les mains. Les données personnelles ne sont-elles pas "l’or du 21ème siècle" ?

Ils voudraient nous faire croire à un mythe : "big data" et intelligence artificielle permettraient grâce aux données collectées et traitées « de réaliser des analyses pour comprendre des phénomènes, anticiper des événements et ainsi mener des actions concrètes »… mieux que des humains.

Pourtant, ces projets de société misant sur le tout-numérique sont dénoncés depuis déjà plusieurs années. Il ne s’agit donc pas d’avoir ici un discours "anti-technologique", mais bien de tirer la sonnette d’alarme car ce qui est en jeux est extrêmement grave. Les auteurs de ce rapport ne sont pas "apprentis sorciers" qui ne seraient pas conscients de ce qu’ils proposent, car nous savons vers où mènent ces idées.

Vers une société complètement ubérisée dans laquelle le travail précaire serait la norme et où notre jeunesse populaire auto-entrepreneuse finirait endettée et esclave des compagnies de la Silicon Valley. Derrière un jargon branché (à renforts d’anglicismes), les habitants de la Seine-Saint-Denis pourraient se retrouver être les cobayes d’une fausse utopie urbaine au service des géants du web. Déjà dans d’autres parties du globe, Google essaye de devenir la plateforme qui gérera les services municipaux du futur. Le département du 93 doit-il devenir la porte d’entrée de ces projets en France ?

 Avec des dispositifs donnant toujours plus de pouvoir aux acteurs privés, les habitants perdraient petit à petit leur statut de citoyen pour ne devenir que de simples usagers, des clients, voire des produits. Au risque de se transformer à la longue en simples chiffres, du data, perdant toute leur humanité.

Il est temps de se demander quelle ville voulons-nous pour demain. Des espaces gérés par des entreprises, dont l’unique but sera forcément la recherche de profits ? Ou des pouvoirs locaux élus démocratiquement, attentifs aux besoins des habitants et dotés des moyens nécessaires pour parvenir à remplir leur fonction de services publics ? S’il est au moins une leçon que nous pouvons d’ores et déjà tirer de la crise sanitaire causée par le Covid-19, c’est bien que le "monde d’après" commence dès aujourd’hui, avec plus de services publics et plus d’humanité.

Il convient d’être plus attentif à ce genre de rapport qui préfigure les grands projets du capital. A la lecture de celui-ci on comprend mieux pourquoi on s’agite tant pour faire tomber les maires communistes, y compris dans d’improbables alliances, comme à Aubervilliers (ville de Seine-Saint-Denis) où certains n’hésitent pas à salir le drapeau de la gauche et de la République pour construire un projet politique qui donnera de la force à la droite et à l’extrême droite, et au bout du compte à ce capital nord-américain juste à la veille des Jeux olympiques. Il convient d’appeler les populations à la vigilance avant qu’il ne soit trop tard. La politique n’est pas affaire d’affect ou de communauté, elle n’est pas un jeu. C’est de l’avenir des jeunes générations dont nous parlons ici. Le second tour des élections municipales doit être pensé à l’aune de ces enjeux: il s’agit de choisir des maires et des élus qui veilleront à protéger les habitants des visées de la finance internationale. 

Patrick Le Hyaric

 

 

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Démocratie(s)

1 Mars 2020, 08:49am

Publié par PCF Villepinte

 https://1.bp.blogspot.com/-DtwuTqsn3Eo/XlfbC9gdAsI/AAAAAAAAGDE/jHiMxwFRyoEWYMp6D4bdxS2ip1DsqQmUQCLcBGAsYHQ/s320/1200px-Place_de_la_R%25C3%25A9publique_-_%25C3%2589galit%25C3%25A9.jpg

L’égalité, c’est la République.

La seule démocratie se moque de l'égalité.

 

 

 

 

 

Mépris.

La violence démocratique du gouvernement – comme si Mac Macron épousait jusque dans le détail les manières thatchériennes – appelle un examen de conscience politique d’autant plus impérieux qu’il révèle la forme autoritaire de l’exercice du pouvoir. Prenons bien la mesure du moment qui est le nôtre; et des conséquences sur la vie publique en devenir.

Après le mépris absolu de la contestation sociale – qui a pris l’ampleur d’une bataille de civilisation afin de sauvegarder l’à-venir de nos retraites –, le comportement de l’exécutif visant désormais à annihiler le combat parlementaire a quelque chose de mortifère. Les artisans de cette destruction démocratique en règle ne prennent pas la mesure du mal cumulatif qu’ils imposent au pays et qui enclenchera immanquablement une réaction en chaîne aussi inédite qu’imprévisible.

Qui n’a pas compris la richesse historique du mouvement social en cours, comme sa diversité exemplaire, n’a rien compris en vérité à la lame de fond qui secoue les tréfonds de la société. On ne dira jamais assez la puissance symbolique des arrêts de travail des «roulants», les jets des robes d’avocats, des blouses de médecin, des cartables de profs, des outils des artisans d’art du Mobilier national, sans parler des danseuses de Garnier, de l’orchestre de l’Opéra, du chœur de Radio France, etc.

Tout cela pour quoi? Frédéric Lordon l’expliquait récemment: «Ce sont des merveilles de la politique contre le management des forcenés. Ici les forcenés ne sont pas ceux qui sont managés mais ceux qui managent, lesquels par ailleurs pensent que les ''forcenés '', les '' fous''», comme tout le reste, sont à manager. De la politique quasi-anthropologique, où l’on voit, par différence, l’essence des forcenés qui managent et, à leur propos, surgir la question vertigineuse: mais qui sont ces gens? Qu’est-ce que c’est que cette humanité-là?» Oui, de la même manière qu’elle pourrait dire qu’elle n’est pas à vendre, la société aujourd’hui dit qu’elle n’est pas à manager. 

Désordre.

Mais revenons au sujet essentiel, quand nous (re)découvrons toutes les conditions de possibilité cachées de la démocratie, sans lesquelles, rappelle Frédéric Lordon, il n’y a que « la-démocratie » dépourvue du sens de «la décence». Une question hante donc le bloc-noteur, celle qui commande à tous les débats du jour l’identité d’une République, par quoi notre pays fait, en Europe et dans le monde, exception.

Qui que nous soyons, nous payons tous collectivement, et par un indéniable désordre mental, la confusion intellectuelle entre l’idée de République issue de la Révolution française, et l’idée de démocratie, telle que la modèle l’histoire anglo-saxonne. Nous les croyons synonymes, nous les mélangeons, les fusionnons sans discernement, commettant l’erreur de ne pas les distinguer. La société libérale et consumériste n’est pourtant qu’une figure parmi d’autres de la démocratie, mais elle s’avère si dominante et communicative qu’on la croit obligatoire, y compris dans les pays où la démocratie a pris d’autres visages.

Le conflit pour les retraites en est emblématique. Quand tout ce qui a pu être dit, puis crié, puis hurlé ne rencontre que le silence abruti de la caste supérieure, qui s’étonnera que les moyens changent, tôt ou tard? N’oublions jamais que la République aime l’égalité. Or, l’égalité sociale ne figure pas au programme de la démocratie, par laquelle on parle d’autant plus haut et fort des libertés publiques et individuelles qu’on veut surmonter l’embarras suscité par les inégalités économiques.

Sous le terme d’«égalité», le démocrate se contentera toujours de l’égalité juridique devant la loi; le Républicain, lui, y ajoute obligatoirement l’équité des conditions matérielles et une vision pour les générations futures, sans lesquelles le pacte civique devient, à ses yeux, un faux-semblant léonin. Dans ce contexte, la trompeuse morale politique du «courage des réformes» n’a qu’une définition, empruntée aux self-services d’outre-Atlantique: violenter le plus grand nombre comme indice de valeur personnelle. En somme, le contraire de la République – qui ne dissocie jamais l’homme du citoyen… 

[BLOC-NOTES publié dans l'Humanité du 28 février 2020.]

Publié par Jean-Emmanuel Ducoin 

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Le gouvernement dégaine le 49.3 sur les retraites


1 Mars 2020, 08:39am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité Samedi, 29 Février, 2020

Lionel Venturini, Aurélien Soucheyre et Julia Hamlaoui

Le premier ministre Edouard Philippe a sorti l’arme ultime pour faire passer en force la réforme des retraites, ce samedi 29 février. Les députés ont désormais 24 heures pour déposer une motion de censure du gouvernement s’ils veulent empêcher l’adoption de la réforme. 

La réforme des retraites est décidemment l’opération la plus antisociale et la plus antidémocratique de toute l’histoire de la Ve République. Le premier ministre, Édouard Philippe, s’est rendu ce samedi 29 février à l’Assemblée nationale pour brandir devant les députés l’article 49.3 de la Constitution, afin de faire adopter le projet de réforme des retraites sans vote.

« Après en avoir obtenu l’autorisation du conseil des ministres le 29 février, j’ai décidé d’engager la responsabilité du gouvernement sur le projet de loi instituant un système universel de retraite. Non pour mettre fin aux débats mais pour mettre fin à cet épisode de non-débat », a-t-il lancé dans l’Hémicycle, clôturant l’examen du texte.

Les députés ont à présent 24 heures pour déposer une motion de censure, qui doit être signée par un dixième d’entre eux pour pouvoir être soumise au vote de la représentation nationale dans les 48 heures suivantes.

Les députés PCF, FI et PS ont déjà annoncé qu’ils entendaient déposer une telle motion en cas de recours au 49.3. « Je sais qu'il n'y aucune difficulté avec les autres groupes de gauche pour le dépôt d'une motion de censure, et nous aurons bien évidemment des échanges avec les autres députés », a déclaré André Chassaigne. Le président PCF du groupe GDR a accueilli la décision du premier ministre avec « beaucoup de colère ». « C’est un acte grave.  Les justifications avancées sont absolument scandaleuses », ajoute-t-il. « Je fonce à l’Assemblée. Sur place mes collègues tiennent la tranchée », a également fait savoir le député FI Jean-Luc Mélenchon. Les élus LR envisagent eux aussi de déposer une motion de censure. Enfin, le député Matthieu Orphelin, qui a quitté le groupe LaREM à l’Assemblée, s’est indigné de la décision du gouvernement à travers un communiqué intitulé « Quelle erreur ! ».

La réforme des retraites, dénoncée depuis des mois par l’ensemble des syndicats, combattue à travers une mobilisation sociale historique qui a réunie de très nombreuses professions, est également critiquée par le Medef lui-même, et repoussée par l’opinion publique. Elle a même été étrillée par le Conseil d’Etat, qui dénonce une entreprise lacunaire et insincère. Selon les dernières enquêtes d’opinion, les Français sont défavorables à 72% à tout recours au 49.3 concernant cette réforme. Près de 69% de nos concitoyens sont d’ailleurs favorables à un référendum afin de se prononcer eux-mêmes pour ou contre son adoption. Et 56 % d’entre eux disent vouloir voter contre.

Le texte est examiné en séance à l’Assemblée nationale depuis le 17 février. L’opposition a déposé plus de 41 000 amendements afin de le combattre et de pousser le gouvernement et la majorité à dévoiler la véritable nature de leur réforme rétrograde. Les montants des futures pensions de retraite et les âges de départ qui seront retenus dans le cadre du système à points défendu par l’exécutif n’ont toujours pas été précisés. Tout indique que l’âge de départ sera sans cesse repoussé de générations en générations et que les pensions diminueront pour la grande majorité des Français. Le texte prévoit même une baisse des pensions en cas de baisse du produit intérieur brut.

Le gouvernement a présenté une réforme composée de 29 ordonnances, invitant les députés à lui laisser les mains libres pour faire ce qu’il veut des retraites des Français. En plus de soumettre un texte à trous, en appelant les députés à renoncer à leur rôle d’écriture de la loi, il utilise aujourd’hui le 49-3 pour les empêcher de voter sur l’adoption texte, à travers un coup de force inouï, aussi bien à l’Assemblée nationale qu’en dehors du Parlement.  « C’est un acte antidémocratique pour faire adopter une loi fondamentale qui touche tous les salariés, toutes les générations pour les 50 ans à venir. LaREM, c’est du brutal ! », s’est alarmé Fabien Roussel. Le secrétaire national du PCF vilipende dans son message le recours au 49-3, « arme nucléaire pour tuer un débat parlementaire ».
 De son côté, l'UD CGT Paris a appelé à un rassemblement immédiat devant l'Assemblée nationale, place de la Concorde.


Ce coup de force, quelque soit le résultat à venir, laissera des traces. François Hollande et Manuel Valls ne s’étaient jamais remis du recours au 49.3 pour imposer la loi El Khomri. La Macronie semble en tout cas prête à tout pour détruire notre modèle social solidaire et imposer la règle du chacun pour soit et la domination des plus riches sur les plus modestes

 

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Macron a peur du débat avec le peuple

6 Février 2020, 14:25pm

Publié par PCF Villepinte

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Philippe Martinez : « Du mépris à l’encontre de la démocratie sociale »

27 Janvier 2020, 16:31pm

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité Lundi,

27 Janvier, 2020

Stéphane Guérard

Retraites.  Nouvelle journée d’action interprofessionnelle mercredi, conférence sur le financement jeudi, arrivée du projet de loi à l’Assemblée vendredi. Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, fait le point sur les mobilisations, pour l’Humanité, à l’orée d’une semaine charnière.

Quelle est votre appréciation des manifestations de vendredi?

Philippe Martinez Contrairement à ce qu’essaie de faire croire le gouvernement, la mobilisation est bel et bien présente. Non, l’histoire des retraites n’est pas terminée. Après autant de semaines de grèves reconductibles, les taux de grévistes à la SNCF et à la RATP ont été importants. J’ai vu beaucoup de jeunes dans la manifestation parisienne, venant de lycées et de facs. Et la mobilisation ne se cantonne pas aux cortèges. De multiples initiatives sont prises, très créatives, comme les retraites au flambeau jeudi soir dernier, les concerts et spectacles gratuits de l’Opéra de Paris, les jets de robes des avocats, de livres scolaires des enseignants… C’est ça, l’originalité de cette mobilisation historique: un mouvement social de cette ampleur, c’est festif! On ne pourra pas nous reprocher d’être des dinosaures!

Côté face, les procédures disciplinaires s’accumulent à l’encontre des grévistes.

Philippe Martinez Ça, c’est une spécificité du vieux monde! Quand on n’arrive pas à convaincre avec des arguments, ce qui est le cas aujourd’hui, on sort la matraque dans la rue et le bâton dans les entreprises. Après la publication du rapport du Défenseur des droits mettant en lumière les difficultés d’être syndiqué et d’exercer des responsabilités de représentant syndical dans les entreprises, le gouvernement avait expliqué qu’il allait agir contre cette situation anormale. C’était il y a six mois. Aujourd’hui, il s’en occupe, mais d’une autre façon. C’est pour cela que je parle de mépris. Mais plus le gouvernement vitupère contre les grévistes, plus il tente d’opposer les citoyens entre eux, et plus la détermination est tenace en faveur du retrait total de cette réforme. Quand on apprend une nouvelle fois par la presse qu’une réunion qualifiée d’importante par le gouvernement est organisée jeudi (la conférence sur le financement du régime des retraites – NDLR), c’est bien du mépris à l’encontre de la démocratie sociale. Quand la députée La REM désignée rapporteuse du projet de loi va consacrer dix minutes, je dis bien dix minutes, à chaque organisation syndicale pour donner son avis sur un projet dont on discute depuis deux ans, sans résultat apparent de ces discussions, c’est aussi du mépris...

 

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Mobilisons-nous pour défendre les libertés publiques

22 Janvier 2020, 08:10am

Publié par PCF Villepinte

 

Déclaration du Parti communiste français, Paris, le 20 janvier 2020

 

En butte à un mouvement social puissant contre la casse des droits sociaux et que soutient une large majorité de l'opinion, le gouvernement cherche à rétablir la légitimité de sa politique en usant de la force. Il tente d'intimider celles et ceux qui le contestent, de faire taire les aspirations à la justice sociale et écologique, de s'imposer à la société par son autoritarisme.

Des manifestants durement réprimés ; des forces de l'ordre équipées d'armes interdites dans la plupart des pays européens et engagées dans une stratégie d'affrontements et de répression, au prix de très nombreux blessés ; des syndicalistes menacés de sanctions ou poursuivis devant les tribunaux pour avoir exercé leurs mandats de défense des droits des travailleurs ; un journaliste placé en garde à vue pour avoir simplement révélé la présence du président de la République à une représentation théâtrale ; une justice dont l'indépendance est de plus en plus bafouée ; un livreur mort à la suite de son interpellation musclée par des policiers : les libertés publiques sont aujourd'hui gravement mises en cause.

 Le climat de violence ainsi créé accélère une régression démocratique lourde de danger pour l'avenir de la France.

 Ce sont les principes mêmes de la République qui sont ici mis en question. 

Il est urgent de dire stop. De défendre une conception républicaine, celle d'une police de service public, protégeant les citoyens et leurs libertés. D'oeuvrer à l'indépendance retrouvée de la justice, garantie des droits de chacune et chacun. D'agir en faveur de la liberté de la presse et du pluralisme de l'information, de les protéger d'un pouvoir dangereux. De défendre les libertés syndicales, conquête essentielle pour la défense des droits des salariés face aux inégalités et aux politiques patronales.

Le Parti communiste français appelle toutes les forces attachées à la démocratie et aux grandes conquêtes sociales dans ce pays, les organisations syndicales, les associations et les organisations non gouvernementales, les forces de gauche et écologistes, les citoyennes et les citoyens à se mobiliser massivement autour de ces objectifs.

 

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Triangulation(s)

8 Novembre 2019, 16:23pm

Publié par PCF Villepinte

Triangulation(s)

https://1.bp.blogspot.com/-fXAp-Q9Qk0o/XcRKS_x9XeI/AAAAAAAAF-I/dnQtnM1J9Y4AVDQQSnD5SR7p70jXxSWUwCLcBGAsYHQ/s320/5c92d55a2400003500c70338.jpeg 

La stratégie mortifère de Mac Macron…

 

Dupe.

«Le chef de l’État se trouve embarqué dans la dramatisation et la polarisation», pouvions-nous lire cette semaine dans une chronique du quotidien le Monde, qui, comme nous, s’inquiète du face-à-face déjà programmé – et imposé dans l’espace public – entre le prince-président et Fifille-la-voilà. Notez bien les mots utilisés: «Le chef de l’État se trouve embarqué»…

Comme s’il convenait de créditer l’idée selon laquelle Mac Macron ne serait pas entièrement responsable de son jeu de dupes qui consiste, depuis de nombreuses semaines, à choisir l’immigration comme thème principal du moment, donnant des signes – et plus que des signes – à l’électorat ultradroitier. Symboliquement, le plus emblématique restera le fameux «tête-à-tête» accordé au torchon idéologique Valeurs actuelles, dont la ligne éditoriale n’a d’autre visée que de rapprocher la droite et l’extrême droite, par tous les moyens, même les plus indignes.

Comment Mac Macron, en toute conscience, a-t-il pu accepter un entretien avec cet organe de presse, sinon à des fins d’une perversité que l’Histoire jugera un jour? Dans de nombreux cercles républicains, bien au-delà du spectre de la gauche, ­l’affaire ne passe pas et continue d’émouvoir.

D’autant que la parole présidentielle, sans être sacrée, était censée s’exprimer sur trois sujets présentés comme «essentiels»: l’immigration, le communautarisme et le voile. Des questions sur lesquelles l’hôte de l’Élysée a parfaitement le droit d’intervenir, cela va sans dire. Mais, dans le cas présent, l’«émetteur» est aussi important que le «récepteur». Inutile d’imaginer que l’interviewé ne savait pas ce qu’il faisait et à qui il s’adressait. Aucune excuse, donc. Cette entorse grave à l’esprit de la République par celui qui la représente résonnera longtemps comme une forfaiture.

Albert Camus écrivait: «Un journal libre se mesure autant à ce qu’il dit qu’à ce qu’il ne dit pas.» Le bloc-noteur ajoutera: un homme digne se mesure autant à ce qu’il dit qu’à ce qu’il ne dit pas, et à qui il le dit!

Extrême.

Triangulation:

voilà la stratégie mortifère de Mac Macron. Mais pas n’importe laquelle. En science ­politique, la triangulation désigne le fait pour une personnalité politique de présenter son idéologie comme étant «au-dessus et entre» la droite et la gauche de l’échiquier politique.

Dans le cas qui nous occupe, l’objectif est double.

Primo: en vue de 2022, Mac Macron a définitivement choisi sa martingale, elle s’appelle Fifille-la-voilà, quitte à ­brosser dans le sens du poil tous les poujados-nationalistes et leur dresser un tapis rouge.

Secundo: une partie de l’électorat «stratégique» de second tour se situe du côté de ­l’électorat de feu François Fillon, dont une partie a depuis rallié ­LaREM, alors que l’autre hésite de moins en moins à basculer dans l’extrême droite ou ses variantes.

Depuis la rentrée, Mac Macron les drague ouvertement, quitte à établir des dispositifs anti-immigrés odieux – quotas, délai de carence pour l’accès aux soins, etc. Nicoléon en avait rêvé, Mac Macron le réalise: son «immigration choisie» singe les thèses migratoires prônées par la droite extrême. Du coup, même le Monde s’interroge: «Le jeu n’est cependant pas sans risque, car, sous couvert de les combattre, la triangulation ainsi opérée peut, au contraire, aboutir à les valoriser.»

Résultat? Fifille-la-voilà et ses affidés n’ont même plus besoin de parler, d’autres portent à leur place leurs thématiques identitaires. Le bloc-noteur n’ira pas jusqu’à théoriser la formule d’un de ses amis écrivains: «Dans le paysage médiatico-idéologique, en pleine saturation, c’est Marine Macron et Emmanuel Le Pen.»

 

[BLOC-NOTES publié dans l'Humanité du 8 novembre 2019.]

Publié par Jean-Emmanuel Ducoin

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Entretien avec Ian Brossat, nouveau président de l’Association Nationale des Elus Communistes et Républicains.

9 Octobre 2019, 15:30pm

Publié par PCF Villepinte

 

Publié le 09/10/2019 par PCF

Sur la base de valeurs communes, partagées par des milliers d’élu·e·s communistes ou non, que constituent l’attachement au rôle de la fonction d’élu·e dans notre République, l’engagement de porter l’urgence d’un nouveau développement humain et écologique, de favoriser l’intervention citoyenne et l’affirmation de l’attachement à la commune comme lieu de proximité, de vie démocratique et d’innovations, de porter l’exigence de l’égalité femmes-hommes au cœur des transformations sociétales, cette structure nouvelle entend mettre en œuvre des outils et moyens politiques, techniques, humains et financiers à la hauteur de ses ambitions et des enjeux. Il s’agit de partager réflexions et expériences pour mieux agir, de former, d’innover et de faire entendre une voix d’élu·e·s, singulière et (im)pertinente, utile aux habitant·e·s.

Trois questions à Ian Brossat

Tu as pris la tête de l’Association des élus communistes et républicains. Quel est le rôle de cette association ?

L’ANECR regroupe environ 6 700 élus, dont plus de 600 maires. Elle a un double rôle : aider les élus de la famille communiste à élaborer et défendre des positions communes sur les sujets d’actualité. Et mener un certain nombre de combats pour obtenir des avancées concrètes, comme on l’a vu avec l’exemple des arrêtés anti-glyphosate pris par des municipalités à direction PCF et par le département du Val-de-Marne.

Quel est ton projet à la tête de l’association ?

Il faut renforcer les liens qui existent dans ce réseau formidable de femmes et d’hommes engagés pour leur territoire. En ce qui me concerne, je ferai un déplacement tous les quinze jours à la rencontre de nos élus, et une rencontre annuelle avec l’ensemble des maires communistes de France.

Comment aborder les élections municipales ?

Que l’on soit dans l’opposition ou dans une majorité, les élus communistes et républicains sont à pied d’œuvre tous les jours pour faire de leur commune un bouclier social. Face à l’offensive macroniste, nous devons faire élire partout des femmes et des hommes qui défendront les services publics locaux. Nous avons de beaux combats à mener et à faire essaimer, en matière de santé avec le développement des centres de santé, de logement avec celui du logement social, ou encore de transport avec l’extension de la gratuité qui allie ambition sociale et ambition écologique. Pour renforcer nos positions et gagner en influence, nous souhaitons promouvoir les rassemblements les plus larges possibles sur les contenus les plus ambitieux possibles. La gauche doit se saisir de ces municipales pour montrer qu’elle est utile aux populations.

Entretien recueilli par Laurence Patrice.

 

 

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