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Tarnac : quel rôle a vraiment joué le mystérieux espion anglais ?

7 Novembre 2012, 12:52pm

Publié par PCF Villepinte

Camille Polloni | Journaliste Rue89
 

Capture d’écran d’une interview de Mark Kennedy

 

 

Les dix personnes mises en examen dans l’affaire de Tarnac demandent à la justice de clarifier le rôle joué par un policier infiltré anglais, Mark Kennedy, dans la procédure engagée contre eux depuis 2008.

Les rencontres entre cet agent britannique et les jeunes de Tarnac, avant leur arrestation pour des sabotages SNCF, semblent avoir nourri l’accusation. Elles constituent l’une des énigmes de l’affaire.

L’avocat William Bourdon, qui défend Julien Coupat et ses co-inculpés, vient de déposer une demande d’acte sur le bureau de la juge d’instruction Jeanne Duye. Il l’invite à verser au dossier la totalité des notes de renseignement concernant ses clients. Selon le document que Rue89 a consulté :

« Un certain nombre d’informations ou d’allégations présentes tout au long de la procédure émanent de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), du fait de renseignements fournis par un policier “infiltré” anglais, monsieur Mark Kennedy. [...]

Il s’agit ici de démontrer que des éléments ont été délibérément dissimulés durant la procédure. »

« Un dossier à double fond »

La défense dénonce « un dossier à double fond », dans lequel le renseignement se serait substitué aux preuves judiciaires. Un argument déjà avancé par William Bourdon dans un autre dossier, celui des Français de Guantanamo. L’avocat parle de « recyclage » du renseignement dans la procédure judiciaire :

« Il y a une dérive des services de renseignement qui privilégient une recherche “underground” de la preuve, et non sa manifestation loyale.

L’utilisation de personnages comme Mark Kennedy est en soi une source de péril. Il ne peuvent qu’être dans la surenchère, et les services tendent une oreille complaisante à ces informations vues comme providentielles, même si elles peuvent être manipulées parce que produites hors de tout cadre judiciaire. »

William Bourdon « n’exclut pas l’audition de policiers de la DCRI ou de Mark Kennedy lui-même ». Le document, quant à lui, accuse le juge d’instruction en charge de l’affaire jusqu’en avril, Thierry Fragnoli, d’avoir caché des éléments utiles à ses clients.

De Scotland Yard à la Corrèze

Infiltré pendant sept ans au sein de la gauche radicale anglaise et européenne, le policier Mark Kennedy, qui se faisait appeler Mark Stone, a été démasqué par ses « camarades » en janvier 2011.

 

Le quotidien anglais The Guardian a publié des dizaines d’articles sur ses activités en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Islande, en Irlande, etc. De nombreuses enquêtes disciplinaires et parlementaires ont été lancées.

 

Dans son pays d’origine, le débat s’est focalisé sur les relations intimes qu’il a entretenues avec des militantes (qui le prenaient pour un des leurs). Ailleurs en Europe, c’est son franchissement aisé des frontières, son rôle d’agent provocateur et les délits qu’il a commis un peu partout qui posent problème. En France, pour l’instant, les passages avérés de Mark Kennedy sur le territoire n’ont eu aucune traduction juridique ni impact politique.

A plusieurs reprises dans le dossier de Tarnac, les policiers accusent les mis en examen, sans préciser l’origine de leurs informations. Elles émanent « des Renseignements généraux », « de la DCRI » ou d’un « renseignement anonyme ».

Les avocats estiment que ces informations constituent des violations des droits de la défense, puisqu’ils ne peuvent pas « en contester la source, l’origine et le contenu ».

Et selon eux, une grande partie de ces informations non-sourcées proviennent du policier infiltré anglais Mark Kennedy, que les mis en examen ont croisé à plusieurs reprises :

  • en février 2007 à Varsovie, en Pologne, lors d’une réunion de préparation du contre-sommet du G8 ;

 

  • en janvier 2008 à New York, le policier a rencontré Julien Coupat et Yldune Lévy ;

 

  • à l’été 2008, à Tarnac.

Le nom de Mark Kennedy n’apparaît nulle part dans le dossier, mais chacune de ces rencontres apparemment fortuites a trouvé un écho dans un rapport de la DCRI (rendu public par Mediapart). Il y est surtout question des voyages hors de France des jeunes de Tarnac et de leurs relations avec des activistes étrangers, sans allusion à d’éventuels délits. Les avocats écrivent :

« On s’étonnera que la totalité des éléments et informations censés accabler les mis en examen figurant dans le rapport de la DCRI relèvent de l’international. [...]

Aucun élément ne figure donc sur l’activité politique des mis en cause sur le territoire français. Ces derniers ne s’en cachent pourtant pas, loin s’en faut, et ont pour la plupart eu une activité politique et publique fort prolixe dans les mouvements sociaux de ces dernières années. »

En creux dans la procédure

Plus étrange, les observations de Mark Kennedy auraient même abreuvé la procédure judiciaire dès le début : en avril 2008, quand les policiers de la Sous-direction antiterroriste (SDAT) demandent l’ouverture d’une enquête préliminaire sur Julien Coupat et Yldune Lévy, ils s’appuient sur leur voyage à New York, déjà mentionné dans le rapport de la DCRI, pour établir l’existence d’une « structure clandestine anarcho-autonome ».

Présent à New York, Mark Kennedy surveillait des activistes américains en contact avec les Français de Tarnac. Pour le compte de qui ? Le FBI ? L’Angleterre ? Ce n’est pas clair. Quand le juge d’instruction Thierry Fragnoli demande des précisions aux autorités américaines sur cette rencontre, celles-ci renvoient la balle aux services britanniques. Qui écrivent :

« Les services de police du Royaume-Uni sont en mesure de déclarer que des informations sont disponibles attestant que Julien Coupat a assisté à une réunion à New York, USA, entre les 12 et 13 janvier 2008. [...]

La source de ces informations confidentielles ne sera jamais divulguée et aucun rapport formel ne sera communiqué. C’est sur cette base que ces informations confidentielles sont fournies au Ministère Public français. »

Le signataire de cette note au magistrat français est le chef de la National domestic extremism unit (NDEU), nouveau nom donné au service de police qui employait Mark Kennedy.

Le policier anglais, qui a voyagé dans 22 pays pour surveiller des activistes d’extrême gauche, a aussi donné des informations à des agents des Renseignements généraux et de la DST, selon plusieurs témoignages.

« X-UK »

Dans son livre « Tarnac, magasin général », paru en avril, le journaliste David Dufresne s’interroge sur le rôle de Mark Kennedy, qu’il appelle « X-UK ».

« Au fil du temps, mes calepins s’étaient noircis d’un X-UK, au gré des détails, tous invérifiables et tous disparates – en apparence –, que m’avaient distillés les enquêteurs. X-UK, ça voulait dire “source anglaise inconnue”. Souvent y était accolée une date, tout aussi mystérieuse : 2012. Ce X-UK était la quintessence de ce qu’on appelle le renseignement. Rien n’est plus volatil que le renseignement. [...]

Ses informations sur les déplacements à l’étranger de tel ou tel habitant du Goutailloux [la ferme de Tarnac] étaient l’un des socles des certitudes des policiers français – et leur talon d’Achille. Les prétendues ramifications internationales du “groupe Coupat”, c’était X-UK pour une bonne part. [...]

Les avocats se tenaient prêts : si le rôle de Kennedy était aussi prépondérant que ce que les on-dit prétendaient, c’était toute la légalité de la procédure qui pouvait voler en éclat. L’infiltré partage avec le repenti cette même faiblesse : si la police peut recueillir toutes les infos qu’elle souhaite, elle ne peut pas les produire toutes en justice. La “judiciarisation” du renseignement a ses limites. »

Les prémonitions du journaliste se sont révélées exactes, la défense s’appuyant désormais sur ce facteur britannique pour enfoncer un coin supplémentaire dans l’enquête, déjà mise à mal depuis quatre ans.

Une séquence favorable à la défense

Après avoir contesté le procès-verbal de filature de Julien Coupat tout au long de l’instruction et déposé trois plaintes contre la police fin 2011 (pour faux et usage de faux, subornation de témoins et écoutes illégales), les avocats des mis en examen ouvrent un nouveau front avec cette dernière demande d’actes.

« Le contexte est aujourd’hui plus serein, les interlocuteurs ne sont plus les mêmes », commente William Bourdon :

« Il est temps que cette arborescence de manœuvres déloyales, articulées les unes aux autres, soit prise pour ce qu’elle est : un gigantesque stratagème contre nos clients, le contournement de l’action judiciaire au nom de la lutte contre le terrorisme. »

La demande d’acte intervient dans une séquence déjà favorable à la défense. Fin octobre, un relevé bancaire d’Yldune Levy montre un retrait de 40 euros effectué avec sa carte bleue dans un distributeur automatique de billets à Paris, la nuit des sabotages. Alors que la jeune femme, selon les policiers, se trouvait en Seine-et-Marne.

Quelques jours plus tard, la chambre de l’instruction de Versailles ordonne l’audition des dix-huit policiers qui ont participé à la filature. Ils devront justifier de leur présence sur les lieux dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008.

 
MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato

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Présidentielles américaines : Trois questions pour comprendre le scrutin du 6 novembre

4 Novembre 2012, 08:20am

Publié par PCF Villepinte

© Swanksalot / FlickR

 

 

 

Chronique des présidentielles américaines, par Christophe Deroubaix. Pourquoi les Américains n’élisent-ils pas directement leur président, pourquoi les Américains votent-ils un mardi et pourquoi un président ne peut-il pas exercer plus de deux mandats ? Trois originalités des éléctions présidentielles américaines expliquées.

  • Pourquoi les Américains n’élisent-ils pas directement leur président ?

Il faut le rappeler : les électeurs votent, dans le cadre de leur Etat, pour des grands électeurs (dont le nombre varie en fonction du poids démographique, de 3 pour le Wyoming à 55 pour la Californie, cette année) qui constituent le collège électoral. Il est paradoxal que la première démocratie de l’ère moderne ait choisi de ne pas respecter le principe de base « Un homme, une voix ». Les pères fondateurs ont, avec ce système, voulu empêcher, dans une construction institutionnelle qu’ils ont voulu fédérale, qu’un des treize Etats ne puisse dominer les autres par sa puissance démographique. Imaginons que la Virginie pèse le tiers de la population du pays : le vote des Virginiens risquerait de faire la décision. Voilà l’intention de départ d’une République qui s’est construite contre la tyrannie de la monarchie britannique et qui voulait, à tout prix, éviter toute nouvelle tyrannie, y compris « interne ». Une intention qui se transforme en « pondération » du vote populaire ; altération de l’idéal démocratique. On peut très bien devenir président des Etats-Unis sans qu’une majorité d’Américains aient voté pour vous… Cela s’est produit à quatre reprises dans l’Histoire : en 1824, John Quincy Adams entre à la Maison Blanche alors que c’est Andrew Jackson qui est majoritaire en voix. Idem en 1876 et en 1888 avec l’élection des républicains Rutherford Hayes et Benjamin Harrison (contre le président démocrate sortant Grover Cleveland). Dernier exemple en date, le plus célèbre : W. Bush en 2000. Si l’on transformait les derniers sondages en résultats définitifs, nous aurions là un cinquième cas: Barack est devancé en voix mais garde une majorité de grands électeurs…

  • Pourquoi les Américains votent-ils un mardi ?

Pour être précis, les citoyens des Etats-Unis votent le mardi qui suit le premier lundi de novembre. La tradition a été établie en 1845. Pourquoi novembre ? Le mois le moins gênant dans une société alors agricole et rurale. Les moissons sont terminées et le temps est supposé être suffisamment clément pour permettre de voyager, sans encombres, vers le bureau de vote le plus proche. Pour les électeurs ruraux les plus éloignés, ce voyage pouvait prendre une nuit complète à dos de cheval. Organiser le scrutin un lundi les aurait obligé à partir un dimanche… journée réservée à l’Eglise. Ce fut donc un mardi. Mais le Congrès voulait également s’assurer que l’élection ne tomberait jamais un 1er novembre, la Fête de Tous les Saints. Ce serait donc le mardi après le premier lundi de novembre. Tous les critères qui ont présidé à ce choix ont, depuis, perdu toute leur validité. Un certain nombre d’organisations militent pour un changement de jour, arguant qu’organiser un scrutin le mardi complique la tâche des salariés. Sans succès. Le système américain à qui l’on attribue souvent la qualité de la mobilité s’avère aussi englué dans la reproduction aveugle de traditions.

  • Pourquoi un président ne peut-il pas exercer plus de deux mandats?

Cette limitation a d’abord été un usage. Le premier président des Etats-Unis, Georges Washington, a gouverné pendant deux mandats de quatre ans (1788-1796) puis a cédé la place, soucieux de ne pas reproduire des comportements de type monarchique, dans un jeune pays qui venait justement de créer une République contre la monarchie britannique. Durant 116 ans, cette pratique a fait office de règle. Le premier à ne pas la respecter fut Theodore Roosevelt, président de 1900 à 1908 et de nouveau candidat (défait) en 1912. Mais le premier à réussir fut un autre Roosevelt - Franklin Delano - qui, au terme de ses deux mandats, se représenta et l’emporta en 1940, alors que la guerre avait été déclarée sur le continent européen, et, en 1944, en plein conflit mondial. Circonstances exceptionnelles, plaida-t-il. En 1951, afin d’éviter de laisser la question à la libre interprétation du Président sortant, le Congrès adopta le 22e amendement interdisant la sollicitation d’un troisième mandat. Quoi qu’il arrive, il s’agit donc de la dernière bataille de Barack Obama.

Christophe Deroubaix

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L'engagement d'accorder le droit de vote et d’éligibilité des étrangers dés 2014 doit être tenu

29 Octobre 2012, 19:24pm

Publié par PCF Villepinte

Communiqué de Catherine PEYGE, Maire de BOBIGNY

La porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, vient de remettre en cause la possibilité d’instaurer le droit de vote et d’éligibilité des étrangers dés 2014.

Cette déclaration va à l’encontre de l’engagement de la majorité de proposer une loi en ce sens dés le premier semestre 2013.

S’il venait à se confirmer, un tel report serait un véritable recul et une déception pour celles et ceux, nombreuses et nombreux à Bobigny, dont le vote en mai dernier exprimait également l’exigence d’un progrès démocratique.

Engagement présidentiel, le droit de vote des étrangers est une exigence absolue.

 

 

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Présidentielle 2012: l'UMP a versé 800.000 euros pour le retrait de Christine Boutin

5 Octobre 2012, 06:46am

Publié par PCF Villepinte

Christine Boutin

 

 

Christine Boutin explique ce jeudi attendre les derniers versements des 800.000 euros que l'UMP lui avait promis contre son désistement au profit de Nicolas Sarkozy dans la course à l'Elysée.

"Tout candidat à l'élection présidentielle au premier tour touche de l'Etat 800.000 euros. A partir du moment où je me suis alliée à Nicolas Sarkozy, je lui ai demandé de porter mes idées, et naturellement (..) que l'UMP se substitue à l'Etat sur le montant de ces 800.000 euros, parce que je l'avais intégré dans mon budget de campagne", a-t-elle expliqué jeudi sur Europe 1.

La législation sur le remboursement des frais de campagne prévoit en effet un dédommagement de 800.000 euros pour les candidats effectifs du premier tour de l'élection présidentielle qui ont obtenu moins de 5% des suffrages exprimés.

Pas achetée mais dédommagée

Démentant avoir été "achetée", la présidente du Parti chrétien-démocrate (PCD) déclare dans l'hebdomadaire Valeurs actuelles, paru jeudi, qu'elle doit encore toucher trois chèques de 60.000 euros chacun d'ici à la fin du mois de novembre. "Après avoir touché ces trois chèques, l'UMP me devra encore 120.000 euros, dette que (François) Fillon devra honorer s'il est élu président du mouvement", explique-t-elle. Le parti avait déjà versé 500.000 euros sur les 800.000 euros promis. "J'ai malheureusement dû me battre pour commencer à en voir la couleur", dit-elle.

Le trésorier de l'UMP au courant de rien. Dominique Dord, s'est dit "surpris" ce jeudi des affirmations de Christine Boutin (PCD). "Je tombe des nues et j'ai d'ailleurs demandé à Christine Boutin de me transmettre la copie d'une lettre, une convention ou un engagement pouvant justifier une telle somme. Moi, je n'ai pas de trace de cela."

Christine Boutin avait annoncé le 13 février dernier le retrait de sa candidature et son ralliement à Nicolas Sarkozy. "La campagne était engagée depuis le mois d'octobre et je peux vous dire que mes fournisseurs sont bien contents de pouvoir être payés et il a fallu que j'avance. Cet argent, je ne le touche pas personnellement bien sûr, c'est le Parti chrétien-démocrate, et c'est dans le cadre d'un échéancier tout à fait normal. (...) Ce n'est pas pour le retrait de ma candidature". "Une campagne ça coûte cher", a t-elle souligné.

Christine Boutin, qui soutient Jean-François Copé pour la présidence de l'UMP face à François Fillon, assure que son ralliement est étranger à cet accord financier. "Je suis blessée que l'on ait pu imaginer une seule seconde que j'étais 'achetable'", déclare-t-elle dans Valeurs actuelles.

  • A lire aussi:

Hervé Morin et Christine Boutin rentre au bercail sarkozyste

Tous nos articles sur la présidentielle 2012

S.G.

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Pierre Laurent : «Ne pas faire de la publication de ces caricatures un drame qui n’en est pas un»

21 Septembre 2012, 06:25am

Publié par PCF Villepinte

Médias - le 20 Septembre 2012

Caricatures de Charlie Hebdo

 

Après la publication mercredi de nouvelles caricatures de Mahomet par l’hebdomadaire satirique Charlie hebdo, retrouvez les réactions à la publication de ces dessins. Une idée se dégage : la question fondamentale de la liberté de la presse dans son rapport à la laïcité ne cadre pas forcément avec les clivages politiques traditionnels droite/gauche.

  • Le coprésident du Parti de Gauche, Jean-Luc Mélenchon a défendu sur Europe 1 le «droit de caricaturer», mais aussi celui de «manifester» à condition que cela se fasse «dans le respect de la loi».  «Beaucoup de musulmans considèrent que Dieu ne se soucie pas de ce qu’il y a dans "Charlie Hebdo". Il n’en a cure. Et d’autres pensent que si», a dit Jean-Luc Mélenchon. Ces derniers «ont le droit de faire connaître leur point de vue et de manifester leur mécontentement, du moment que tout le monde pratique son droit, le droit de moquerie, le droit de caricaturer et le droit de manifester (...) dans le respect de la loi», a-t-il ajouté. «Ils se sont toujours moqués de tout, de tout le monde, sans aucune précaution... Ils sont dans leur droit, nous sommes un pays de liberté», a poursuivi Jean-Luc Mélenchon en parlant de Charlie Hebdo. Toutefois, a-t-il ajouté aussitôt, «il est vrai que le dessin offense la foi et les convictions (...) de certains de nos concitoyens de religion musulmane». Le dirigeant du Front de gauche s’est interrogé d’autre part sur les mesures de précaution prises par le gouvernement dans une vingtaine de pays musulmans. «Pourquoi croire a priori que les musulmans du monde entier seraient anti-Français parce que trois dessins sont parus dans un journal? (...) Ils pensent que les musulmans ne sont pas capables de faire la part des choses?», s’est-il interrogé.
  • Pierre Laurent interrogé mercredi sur la publication de caricatures de Mahomet par Charlie Hebdo, a observé que le délit de blasphème n’existe pas en France. Interrogé par RFI, le secrétaire national du PCF a commenté : «Charlie Hebdo fait partie d’une certaine tradition. A ce que je sache, le délit de blasphème n’existe pas dans notre pays. Après, il y a des gens qui aiment et des gens qui n’aiment pas "Charlie Hebdo"». «Il n’y a en France qu’une dizaine de salafistes. Il ne faut pas exagérer la situation et ne pas faire de la publication de ces caricatures un drame qui n’en est pas un», a-t-il recommandé.
  • Le ministre de l’Education nationale Vincent Peillon a affirmé jeudi sur France Culture que la liberté d’expression était un principe «intangible». La liberté d’expression «a été très importante pour notre civilisation», «c’est comme ça qu’on a fait la démocratie, il faut la préserver», a-t-il déclaré. «C’est intangible, on ne peut pas transiger avec ça», car sinon, c’est «le premier pas vers l’autoritarisme», a-t-il estimé. «Il faut qu’il y ait dans une société démocratique quelques personnes qui n’aient pas à se préoccuper des conséquences» de l’usage de la liberté d’expression, a ajouté le ministre. Ce journal, «on n’est pas obligé de le lire, de l’acheter», a-t-il fait valoir. Ensuite, c’est la responsabilité du Premier ministre et du ministre des Affaires étrangères «de protéger la vie d’un certain nombre de Français», a-t-il ajouté.

  • Le président du Nouveau Centre, Hervé Morin a estimé mercredi normal que Charlie Hebdo puisse publier des caricatures à partir du moment où elles ne contreviennent pas à la loi, car «la liberté de la presse existe pour tout le monde». «La liberté de la presse existe pour tout le monde et concerne tout le monde. Et, dès lors que l’on reste dans le cadre des lois et des règlements, la presse a le droit de publier des caricatures», a estimé l’ancien ministre de la Défense lors d’un point presse. «Soit ces caricatures dépassent le cadre légal et dans ce cas-là, on doit faire en sorte que Charlie Hebdo respecte les lois de la République. Mais, à ma connaissance, ce n’est pas le cas. Dans ce cas, il n’y a aucune raison que Charlie Hebdo ne puisse pas publier ce qu’il entend publier», a-t-il insisté.
  •  De son côté, François Fillon, candidat à la présidence de l’UMP, ancien Premier ministre, a estimé sur Canal + : «Je suis pour la liberté d’expression totale (...) Ce qui est en train de se passer avec cette espèce d’intolérance qui monte dans une grande partie du monde et qui est instrumentalisée par des extrémistes (...), c’est une sorte de régression par rapport à l'état de la civilisation». «Je défends Charlie Hebdo, je défends la liberté d’expression et je pense qu’on ne doit pas céder un pouce de terrain dans ce domaine-là», a-t-il encore dit.
  • Le président de l’Union des démocrates et indépendants Jean-Louis Borloo a estimé que «la liberté d’expression doit être soutenue», même sur des sujets «qui peuvent blesser», après la diffusion par Charlie Hebdo de nouvelles caricatures de Mahomet. «Evidemment, la liberté d’expression doit être soutenue, même si par ailleurs ce sont des sujets qui peuvent blesser, qui sont difficiles, qui sont délicats», a-t-il déclaré sur I-Télé. «En tout état de cause, il faut soutenir la liberté d’expression, il n’y a pas de doute» et «c’est à ceux qui s’expriment d’apprécier», a-t-il ajouté. Interrogé de nouveau pour savoir ce qu’il pensait de ces caricatures, il a répondu: «Je n’ai pas à commenter, parce que par nature ça ne se discute pas».
  • Bruno Le Roux président des députés socialistes, lors des journées parlementaires PS de Dijon  a également été interrogé : «Il y a un certain nombre de propos qui ne peuvent être tenus, ne doivent pas être tenus parce qu’ils sont réprimés par la loi. Ce n’est pas le cas du blasphème, car le blasphème n’existe plus depuis longtemps dans notre pays et la laïcité fait obstacle au retour du blasphème». «Après, il y a une responsabilité de directeur de publication, de citoyen, à savoir juger du moment, mais là-dessus je ne veux pas entrer» dans ce débat.
  • Pascal-Eric Lalmy, secrétaire national du PRG chargé de la laïcité : «La liberté d’expression n’est pas négociable. La République est laïque, elle garantit la liberté de culte mais ne se soumet pas aux exigences religieuses. Les Radicaux de gauche rappellent que le délit de blasphème n’existe pas en France et les religions ne peuvent pas exiger de la société d'échapper à la critique ou à la caricature. On ne peut accepter ni censure, ni auto-censure dans une démocratie et le gouvernement a le devoir de protéger, sans réserve, les libertés publiques».
  • L'ancienne ministre Rama Yade, présidente de la commission d’investiture de l’Union des démocrates et indépendantes (UDI), elle a déclaré sur I-Télé que si la liberté de la presse est un «droit inébranlable, là je pense que c’est la une de trop. On sent que ça a été fait dans un objectif de provocation, dans un contexte particulièrement dur dans le monde aujourd’hui, avec ces manifestations musulmanes un peu partout dans le monde (contre le film antiislam)». «Le moment choisi est tel qu’on ne peut pas s’empêcher de dire que c’est peut-être à des fins des provocation. Charlie Hebdo n’a pas besoin de ça pour être apprécié et pour incarner la liberté de la presse», a-t-elle encore estimé.
  • Daniel Cohn Bendit : «quand on est sur une poudrière, on a le droit de réfléchir trente secondes si on prend son allumette et on l’allume». Il a qualifié jeudi de «cons» et de «masos» les responsables de Charlie Hebdo. «J’ai toujours compris la provocation : c’est taper sur ceux qui ont le pouvoir», a argumenté Daniel Cohn-Bendit. «Autant que je sache, ce ne sont pas les salafistes et les crétins dans le monde musulman qui ont le pouvoir». Pour lui, «tout intégriste est con : que ce soit l’intégrisme chrétien, juif, laïc ou musulman». Pour l’eurodéputé, les dirigeants de Charlie Hebdo sont aussi «masos. Ils doivent aimer se faire mal. Ils se disent: "On va frapper, comme ça on va avoir la police, on va avoir peur, ça va nous faire jouir"». «Il ne faut pas me dire qu’il n’y pas de limites dans la provocation. Ce n’est pas vrai. Il y a des limites dans la provocation quand on parle par exemple de l’Holocauste», selon Cohn-Bendit. «Quand on est sur une poudrière, on a le droit de réfléchir trente secondes si on prend son allumette et on l’allume»
  • Le NPA a renouvelé jeudi, en termes beaucoup plus vifs, ses critiques contre Charlie Hebdo, jugeant que l’hebdomadaire «participe à l’imbécillité réactionnaire du choc des civilisations». «"Charlie Hebdo" a atteint son objectif : faire parler de lui, mais, ce faisant, il participe à cette agitation démagogique, politique des tensions et de diversion à laquelle les médias se complaisent à donner la plus grande publicité». «A sa manière, "Charlie Hebdo" participe à l’imbécillité réactionnaire du "choc des civilisations"», dénonce le parti trotskiste, qui y voit «plus qu’une maladresse». Mercredi, Olivier Besancenot avait jugé cette publication «pas appropriée».

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Vote des résidents étrangers : « annuler sans attendre cette anomalie démocratique »

18 Septembre 2012, 06:21am

Publié par PCF Villepinte

 

 

 Vote des résidents étrangers : « annuler sans attendre cette anomalie démocratique »

 

 

Alors que le 8 décembre dernier, la majorité de gauche au Sénat s'était prononcée en faveur du droit de vote des résidents étrangers non communautaires et malgré l'engagement ferme du candidat Hollande sur son exécution, Manuel Valls pourtant ministre du gouvernement de gauche, tente de faire machine arrière.

Voilà plus de 30 ans que cette promesse faite par la gauche attend d'être tenue. 30 ans durant lesquels le PCF et ses élu-e-s se sont battu-e-s pour annuler cette anomalie démocratique.

Ils sont 5 millions à vivre, travailler, et payer leurs impôts en France. 5 millions qui attendent qu'enfin un gouvernement de gauche leur accorde ce droit légitime qui leur permettrait d'avoir un droit de regard sur les grands choix de société et la façon dont leurs impôts sont utilisés.

 

Manuel Valls, en décrétant dans le Monde daté de demain, que le droit de vote des résidents étrangers n'est pas « une revendication forte dans la société française », contredit le peuple français pourtant favorable à 70% à ce droit.

 

Le PCF exige que cette question soit mise sans attendre à l'ordre du jour du calendrier parlementaire. Il exige qu'il soit mis fin à cette discrimination injuste.

 

 

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Règle d'or / pacte budgétaire européen : François Hollande doit consulter les français par referendum

11 Août 2012, 06:37am

Publié par PCF Villepinte

Règle d'or / pacte budgétaire européen : François Hollande doit consulter les français par referendum

Règle d'or / pacte budgétaire européen : François Hollande doit consulter les français par referendum

En donnant son feu vert à l'inscription de la règle d'or dans le droit français, le Conseil constitutionnel ouvre la porte à une ratification parlementaire du pacte budgétaire européen.
Cette décision ne change rien au problème de fond démocratique posé par cette ratification.

Je demande une nouvelle fois solennellement à François Hollande de consulter les Français par référendum sur cette question fondamentale pour l'avenir du pays et cela pour au moins deux raisons.
La première : la renégociation du pacte à laquelle il s'était engagé n'a pas été obtenue. C'est donc aux Français, qui ont élu François Hollande pour remettre en cause le pacte Sarkozy/Merkel, de se prononcer sur son éventuelle ratification.
La seconde : ce pacte prévoit un objectif de réduction de dépenses publiques plus drastique encore que Maastricht et la RGPP réunis. La France enfilerait un insupportable corset de fer.
Il s'agit de faire payer toutes les crises des marchés financiers par de l'austérité imposée aux salariés.
Maastricht a été une première et grave erreur en  sanctuarisant le pouvoir des marchés financiers. La ratification du pacte budgétaire serait une deuxième grave erreur qui se paierait chère très longtemps.
Le chemin d'une autre Europe doit être emprunté au plus vite. Pour sortir de la crise il faut sortir de l'austérité. La priorité doit être donnée à l'investissement public, social et écologique.
Le rôle de la Banque Centrale européenne doit être changé et mis au service de cet objectif. Le contrôle public sur les banques doit être reconstruit et une banque publique européenne doit être créée.

J'appelle toutes les forces disponibles à gauche, dans le monde syndical et associatif à se rassembler et à agir en commun pour refuser la ratification parlementaire envisagé par le gouvernement pour la fin septembre.
Le PCF avec le Front de gauche prendra toutes les initiatives  en ce sens. La fête de l'Humanité doit être un rendez-vous majeur de cette mobilisation.

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Attaques contre Taubira : Copé pris en flagrant délit de racisme et de misogynie

23 Mai 2012, 21:51pm

Publié par PCF Villepinte

Attaques contre Taubira : Copé pris en flagrant délit de racisme et de misogynie
Hier, Jean-François Copé a appelé les électeurs du FN à voter pour les candidats de l’UMP aux législatives. Car « quand on vote Front national, on a la gauche qui passe » et « on a Taubira ».

Nicolas Sarkozy n’est plus président de la République, mais le recours à un bouc émissaire demeure bien ancré à l’UMP. En articulant sur la Garde des Sceaux sa parade nuptiale en direction de l’électorat de Marine Le Pen, la droite française montre son vrai visage. Elle est prise en flagrant délit de racisme et de misogynie. Chacun a bien compris que la droite cible Christiane Taubira à dessein. L'UMP est décidément prête à toutes les bassesses pour ramener au bercail l'électorat du FN.
Gageons que les électeurs sanctionneront à nouveau cette stratégie aussi consternante que méprisable.

Ian Brossat, Parti communiste français,

 

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Belgique : les étrangers votent depuis 2004, et plus personne n’en parle

20 Mai 2012, 11:19am

Publié par PCF Villepinte

Spectre 11/05/2012 à 16h33
 

Il y a huit ans, les Belges adoptaient une proposition similaire à celle de Hollande sur le vote des étrangers. Aujourd’hui, le danger communautaire semble loin.

 


Des affiches pour des candidats à Molenbeek, commune de Bruxelles, le 5 octobre 2006 (Yves Herman/Reuters)

(De Bruxelles) Joël, 43 ans, est belge. Chez lui, depuis 2004, tout ressortissant étranger établi légalement sur le territoire national depuis cinq ans minimum a le droit de voter aux élections locales. Une mesure qui ressemble à s’y méprendre à la proposition [PDF] actuelle de François Hollande, battue en brèche par la droite qui agite le spectre islamiste et communautaire.

Le débat français lui rappelle des souvenirs :

« C’est quand même drôle votre débat, en France, sur le droit de vote des étrangers. Ça me rappelle les conneries qu’on a pu dire, moi le premier, à l’époque où ça nous est arrivé. »

Joël, qui se définit comme un « libéral non encarté », était plutôt hostile à la loi votée en Belgique en 2004 :

« Je me disais que pour régler la question de l’intégration, il valait mieux naturaliser ceux qui demandaient à devenir belges plutôt que d’octroyer le droit de vote à des personnes étrangères non désireuses de s’intégrer... En fait, j’avais peur d’une déferlante du vote communautaire. »

Influence quasi nulle

Huit ans après, le quadra a un peu changé d’avis :

« J’ai bien vu que cela n’a rien modifié en politique. L’influence du vote des étrangers est quasi nulle, car ils ne représentent qu’un tout petit nombre de personnes. C’est même assez drôle : aujourd’hui, les politiques se cassent la tête pour attirer cet électorat, en vain ! »

Pour l’instant, la Belgique n’a connu qu’un seul scrutin municipal depuis l’adoption de la loi sur le vote des étrangers. En 2006. Et les chiffres de participation ont relégué illico le péril islamiste aux orties. Sur 108 000 électeurs potentiels étrangers hors UE, seuls 6 439 se sont inscrits sur les listes électorales, soit 15,7%. Pour le prochain scrutin, prévu en octobre 2012, seuls 4,7% sont pour l’instant inscrits...

Un vote qui désintègre le communautarisme

Pierre Verjans, politologue à l’université de Liège, confirme :

« La mobilisation de ces électeurs est très faible. Les campagnes de sensibilisation menées ont été assez molles, la Belgique n’ayant pas l’habitude de devoir motiver les électeurs à s’inscrire sur les listes. Chez nous, le vote est obligatoire, les Belges sont donc automatiquement inscrits. »

Quant à la façon de voter de ces étrangers, « elle désintègre la tendance à la communautarisation, car les personnes d’origine étrangère tentent de prendre pied dans les partis nationaux pour influencer la politique communale, au lieu de se refermer sur leur communauté ».

Alors qu’en France, on continue de discutailler et de fantasmer, ici, les autorités en ont fini des débats houleux et sont entrés dans une toute autre phase : trouver les moyens de mobiliser cet électorat local. Pour 2012, les régions lancent des campagnes de mobilisation et certaines communes commencent déjà à distribuer des manuels de vote pour les étrangers.

Tremblez Français !

Pourtant, quand France Télévisions vient faire un reportage sur le sujet en Belgique, le 8 mai dernier, histoire d’en prendre bonne note pour le cas français, c’est un royaume plein de foulards et de candidats « de couleur » qu’elle expose... devant les yeux éberlués de pas mal de Belges de tous bords.

Reportage de France Télévisions

Dans ce reportage, on apprend donc que « le vote des étrangers a permis de faire siéger deux adjoints au maire d’origine marocaine » ou encore qu’il a « modifié l’ensemble de la société belge... à tel point que c’est à Bruxelles, il y a trois ans, que la première députée voilée d’Europe a prêté serment devant le parlement régional ».

Tremblez, Français, bientôt, le vote des étrangers fera entrer les foulards dans votre Hémicycle !

Face aux fantasmes télévisuels, la réalité est pourtant bien différente. Rappelons déjà que les étrangers ont le droit de vote aux élections locales uniquement. Les électeurs d’un député – et donc d’une députée voilée – sont donc belges. Sans compter que les étrangers n’ont aucun droit à l’éligibilité. Le journaliste assimile allègrement deux sujets distincts : le vote des étrangers aux élections locales et l’influence du vote communautaire en Belgique, qui concerne des Belges d’origine étrangère et non des « étrangers »...

« On se trompe de débat »

Vincent de Wolf, pourtant chef du groupe libéral (MR) au parlement bruxellois et bourgmestre (maire) d’une commune de Bruxelles, remet les pendules à l’heure :

« On se trompe de débat. La communautarisation du vote existe chez nous, mais elle est directement liée à un système spécifique à notre pays qui fait débat : le vote plural. Chaque électeur peut porter sa voix sur autant de candidats de son choix dans une même liste, ce qui peut mener à une surreprésentation de certains élus et pousser les partis à porter des candidats issus de communautés ciblées ».

Régulièrement, les Belges s’enflamment sur cette question, comme lors de l’affaire Emir Kir, élu socialiste bruxellois d’origine turque, accusé d’avoir voulu ménager un électorat communautaire en tenant un discours flou sur le génocide arménien.

Mais aujourd’hui, ce débat sur l’intégration et le communautarisme politique n’a pas grand-chose à voir avec le vote des étrangers, dont plus personne – hormis les partis extrémistes – ne parle.

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Nuance(s): quand le lepénisme occupe toutes les têtes...

28 Avril 2012, 06:03am

Publié par PCF Villepinte

Qui sont vraiment les électeurs du Front national? Et pourquoi oublie-t-on le beau score de Jean-Luc Mélenchon?

Coupable. Percluse de servilité nihiliste, la sous-France est ressortie des urnes dans le fracas d’une mobilisation lepéniste préoccupante. Curieuse soirée électorale, n’est-ce pas. Comme si l’épaisseur de la couche bleu marine devait voiler l’ampleur du ciel rouge et son horizon. Pour absurde et injuste que soit ce raisonnement, puisque, tout de même, quelque trois millions de personnes en plus par rapport à 2007 ont choisi 
un bulletin Front de gauche et les clefs du futur, tenons-nous en, un instant, au retour du phénomène d’extrême droite. Car comment effacer des esprits et de la vie de nos concitoyens les scores obtenus par la famille Le Pen, qui, additionnés à ceux de Nicoléon, constituent un socle ultra-droitier et néo-pétainiste très considérable ? Le bloc-noteur, pessimiste en diable, plaide ici doublement coupable. Primo : d’avoir souvent joué (ce n’est pas un jeu) les oiseaux de mauvais augure en affirmant que l’épouvantable atomisation sociale actuelle pouvait produire le meilleur (un front du peuple) comme le pire (une réaction fascisante et xénophobe), le pire étant une éventualité sérieuse, au moins à court terme... Secundo : d’avoir cru, au passage 
de l’hiver, à la faveur d’une campagne du Front de gauche 
en tout point admirable, au reflux assez inexorable du vote 
en faveur de fifille-nous-voilà… Que les choses soient claires. Se sentir «coupable» n’est ici qu’une formule de style. Car la réalité de ce que nous pensons se situe en effet au milieu de ces deux plaider-coupable… Nuançons donc.
D’abord, une question : l’ampleur du score de Le Pen doit-il nous mettre dans un état de sidération? Réponse radicale: non! Osons même préciser: sans l’affaire Mohamed Merah, sans doute aurait-il été moins haut; mais sans l’ardeur au combat de Jean-Luc Mélenchon, sans doute aurait-il été plus haut… Sauf bien sûr si l’on considère que les 6,5 millions de Français qui ont préféré le Fhaine sont tous devenus d’irascibles racistes et xénophobes, ce qui, nous le savons, n’est pas le cas, même si nous sommes incapables de quantifier scientifiquement la réelle proportion d’adhésion aux idées lepénistes parmi les bataillons d’excités du bulletin.
Pétainisme. Les commentateurs présentent le vote FN comme un «vote de colère», rarement comme un vote de nature idéologique. Permettez-nous d’en douter. Certes, nous ne pensons pas que tous ces électeurs sont voués ad vitam aeternam à l’obscurantisme. Peut-être comprendront-ils un jour qu’ils sont victimes du syndrome de Stockholm: ils s’identifient beaucoup à leurs bourreaux potentiels. Néanmoins, rien ne permet de dire que ceux qui ont rallié ce camp l’ont fait «par défaut». Pour comprendre, référons-nous aux plus récentes enquêtes, datant de l’automne 2011, qui montraient que l’adhésion aux «idées» du FN dans l’opinion publique n’a jamais été aussi élevée, environ 30%. Notons, en complément, que le rejet catégorique de ces mêmes «idées» n’a jamais été aussi faible: environ 35%. Tous les indicateurs (sondages+urnes) le signalent donc: depuis qu’elle a pris la succession de droit divin du paternel, fifille-nous-voilà a, hélas, offert à l’extrême droite le changement d’allure (vitesse et blondeur) qu’elle souhaitait. Au point où vont les choses, est-il faux de prétendre que des millions de Français ayant voté Le Pen se réclament ouvertement du racisme, de la xénophobie, du rejet de la différence, de l’exclusion? Les spectres de la vieille France hantent encore notre histoire. Le nier s’apparente à un déni.
Social. Partant du principe assez élémentaire que c’est 
le réel que nous devons changer, ne négligeons pas ses spécificités comme ses nuances. Rien n’est vain ni définitif. Évoquons donc tous les aspects (tous !) de la réalité. Car depuis dimanche, comme par miracle, le résultat du Front de gauche (près de 4 millions de voix !) est régulièrement passé sous silence, quand il ne s’agit pas de le transformer en «échec». L’aveuglement des uns n’a d’égal que le calcul politique des autres. Un but préside à ce concert médiacratique: mettre les thèmes d’extrême droite au centre du jeu, pour continuer 
de nous éloigner des vrais sujets, l’égalité, le partage des richesses, les salaires, la formation, etc. En somme, détourner la colère qu’éprouvent nos concitoyens vers d’autres cibles, le voisin de palier, l’héritier de l’immigration, le professeur, l’épicier arabe, la femme de ménage un peu trop noire… Allez, une conviction contre l’horreur. Pour le lettré ayant lustré ses fonds de culottes sur les bancs de la République et usé ses yeux dans les livres des Illustres, mais aussi et surtout pour l’ouvrier martelé par les coups du capitalisme, le Front de gauche est la seule forme politique d’à-venir, en tant qu’elle place la question sociale au centre de tout son projet. Plus sûr moyen de ramener à la République tous ceux qui ont tourné le dos, sans le savoir, à leurs propres intérêts.
[BLOC-NOTES publié dans l'Humanité du 27 avril 2012.]
 

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