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democratie

Et maintenant, le fichage des opinions...

7 Décembre 2020, 12:02pm

Publié par PCF Villepinte

Dictature «légale»

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Une question tragique se pose désormais. Le gouvernement est-il un ennemi de nos libertés publiques? Après les lois sur la sécurité globale et sur le «séparatisme», le ministère de l’Intérieur vient d’utiliser l’un de ces procédés qui nous rappellent quelques heures sombres de notre histoire. L’affaire est passée totalement inaperçue, vendredi 4 décembre, comme si tout avait été mis en œuvre pour qu’un nouveau joug s’abatte sur nous loin des regards, perdu dans le flux des annonces du Journal officiel. Trois décrets viennent d’apparaître, imposés sans débat. Ils aggravent considérablement les capacités de flicage des citoyens.

 

Attention danger! Sous couvert de lutte antiterroriste, ces décrets autorisent dorénavant de ficher les personnes en fonction de leurs opinions politiques, de leurs convictions philosophiques et religieuses ou de leur appartenance syndicale. Jusque-là, les activités politiques, religieuses ou syndicales pouvaient être fichées. Maintenant, les seules «opinions» suffisent pour alimenter les officines de la police. En clair, les services pourront recueillir des informations sur l’opinion des personnes surveillées, leurs pseudonymes ou des données de santé, le tout pour des finalités si élargies qu’elles dépassent largement le cadre de la sécurité publique. Être suspect pour certains actes était une chose; le devenir pour ce que nous pensons en est une autre. Que devient dès lors la liberté de conscience, pilier de notre République laïque?

 

Sarkozy en avait rêvé, en 2008, avec son fichier de police Edvige. Macron et Darmanin le réalisent, en plus liberticide! Ainsi la dérive sécuritaire du pouvoir actuel semble ne plus avoir de bornes. Mais quentendent-ils donc faire des nouveaux fichés? Que risquons-nous, dans cette préfiguration dun futur aliénant? Car, par extension, ces fichiers ouvrent la voie à la possibilité du pire. Imaginez, en effet, que ces dispositifs soient au service d’extrémistes plus identifiables encore. N’importe qui se retrouverait fiché, traqué, au cœur d’une dictature «légale»…

 

[EDITORIAL publié dans l'Humanité du 8 décembre.]

Publié par Jean-Emmanuel Ducoin 

 

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#StopLoiGlobale. La liberté de manifester est en danger

7 Décembre 2020, 12:00pm

Publié par PCF Villepinte

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Retirer le projet dit de « sécurité globale » et garantir le droit à la sécurité avec une Police nationale de proximité.

1 Décembre 2020, 10:05am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 30/11/2020 par PCF

Retirer le projet dit de « sécurité globale » et garantir le droit à la sécurité avec une Police nationale de proximité.

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Alors que l’opposition au projet dit de « Sécurité globale » trouve un très large écho dans le pays et que l’insupportable violence policière qui s’est abattue sur Michel Zecler provoque une lame de fond d’indignation et de colère, le président de la République et le gouvernement, confrontés à une véritable crise politique, ne peuvent se contenter de déclarations. Aujourd’hui, seul le retrait pur et simple du texte dit de « sécurité globale » est en mesure de répondre à la situation et à un climat particulièrement préoccupant et dangereux.

 

Avec l’article 24 de ce projet de loi, Michel Zecler, dont les images du tabassage n’auraient pu être diffusées, serait très certainement poursuivi pour « rébellion » ou « violence à l’égard de fonctionnaires dépositaires de l’autorité publique ». Ce jour, en milieu d’après-midi, la majorité parlementaire a décidé de suspendre l’article 24, ce qui constitue une première victoire pour le mouvement populaire et un premier recul pour le pouvoir. C’est l’ensemble du texte qui doit désormais être rejeté, au regard des atteintes graves qu’il porte en matière de liberté d’informer et de savoir, de liberté d’expression, de liberté de manifester, de processus de privatisation des missions de sécurité, alors qu’une politique publique ambitieuse est plus que jamais nécessaire.

 

La France n’est plus elle-même, son image à l’étranger est profondément abîmée avec une telle surenchère autoritaire, les dérives liberticides, la loi de l’arbitraire. D’autres textes (nouveau Schéma national du maintien de l’ordre, Livre blanc sur la sécurité intérieure, projet de loi « confortant les principes républicains » – en particulier concernant ce dernier, nous nous opposons à ce que son article 25 soit l'occasion de reprendre les dispositions de l’article 24 sur la « sécurité globale ») dessinent un horizon lourd de menaces pour notre Etat de droit.


Le droit à la sécurité pour toutes et tous est un impératif démocratique, une garantie essentielle pour les droits humains. Il y a donc urgence à procéder à une refondation pour une police respectueuse des valeurs républicaines, au service et proche des citoyens. Alors qu’Emmanuel Macron et les membres du gouvernement se refusent toujours à parler de « violences policières », qui ont dramatiquement marqué la répression des mouvements sociaux et populaires des dernières années, il faut agir pour y mettre fin, ne plus accepter les provocations du ministre de l’Intérieur et du préfet de Police de Paris. L’IGPN doit être remplacée par un contrôle démocratique.


Il y a urgence à reconstruire le lien de confiance entre police et citoyens par la création d’une véritable police nationale de proximité, répondant aux attentes et aux besoins des populations, comme le propose une proposition de loi déposée en septembre 2017 par le groupe Communiste, républicain, citoyen et écologiste au Sénat. La formation initiale, trop courte, et la formation continue, qui doit être élargie à plus de bénéficiaires, sont à rebâtir. Les brutalités et les violences policières, le racisme et toutes les formes de discriminations, les manquements à la déontologie et à une indispensable exemplarité, portent un très lourd préjudice à notre pacte républicain.


Le PCF apporte son soutien aux fonctionnaires de police qui, dans des conditions difficiles, avec une dégradation continue de leurs conditions de travail au cours des dernières années, face à une pression de plus en plus dure, au nom de la politique du chiffre et d’une politique de répression, maintiennent une action respectueuse de nos principes républicains en assurant des missions de sécurité et de tranquillité publiques.


Une Police nationale de proximité, proche des citoyens, eux-mêmes associés à ces enjeux, travaillant avec les différents partenaires à l’échelle des territoires, avec les moyens dont elle n’a jamais bénéficié à ce jour, sera l’une des priorités du PCF qui présentera, dans les prochains jours, un plan d’action pour une politique progressiste de sécurité.

 

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10 ans après les révélations de WikiLeaks : lanceurs d’alerte, la démocratie au combat

30 Novembre 2020, 08:20am

Publié par PCF Villepinte

L’Humanité Samedi 28 Novembre 2020

Vadim Kamenka

Il y a 10 ans, ils faisaient une entrée en scène fracassante en rendant publics une masse de données économiques et politiques inavouables. Malgré les services rendus, depuis la répression s’accroît sur les lanceurs d’alerte. Le secret des affaires et les violations des droits prospèrent.

Plus de 250000 câbles diplomatiques! Ce 28 novembre 2010, les radios, les chaînes de télévision ne cessent de répéter ce chiffre. WikiLeaks et son fondateur, Julian Assange, débarquent dans l’univers médiatique en piratant SIPRNet, le réseau privé du département d’État américain. L’Australien s’est associé à plusieurs journaux pour les diffuser au compte-gouttes afin de rendre compte des échanges de diplomates américains. Cette fuite massive nous permet de découvrir les manigances des ambassades au Moyen-Orient, les jeux oligarchiques en Afrique et brise le vernis autour de la politique étrangère de Barack Obama. La colère de Washington se comprend à travers la réaction de la secrétaire d’État Hillary Clinton, qui s’est insurgée contre «une attaque contre les intérêts diplomatiques américains» et «la communauté internationale»…

Des armes contre les abus de pouvoir

Ces divulgations marquent un tournant. Pour le journaliste Nicky Hager, qui avait révélé l’ampleur de l’espionnage américain à travers le réseau Échelon (1), «WikiLeaks a ancré dans lopinion publique lidée que faire fuiter sur la Toile des documents confidentiels constituait un moyen redoutable de contrer les excès et les abus du pouvoir (), d’ouvrir un espace à l’action démocratique». La possibilité de recueillir un certain nombre de données et de documents grâce aux nouvelles technologies favorise les révélations dans lintérêt général. Les lanceurs dalerte (lire le portrait de certains d'entre eux plus bas) s’imposent sur le devant de la scène: Chelsea Manning (documents militaires), Edward Snowden (système d’espionnage américain), Hervé Falciani (SwissLeaks), Antoine Deltour (LuxLeaks), l’anonyme John Doe (Panama Papers), Stéphanie Gibaud (affaire UBS), Irène Frachon (Mediator), Li Wenliang (Covid-19)…

Un courage qui peut coûter cher

Mais la contre-attaque s’organise rapidement. Larry Goldbetter, qui dirige le syndicat des auteurs et journalistes aux États-Unis, rappelle que «ladministration Obama-Biden a poursuivi plus de journalistes accusés davoir fait fuiter des informations sur la sécurité du pays que tous les autres présidents américains réunis». Les gouvernements, emmenés par les États-Unis, vont sortir un certain nombre de législations pour éviter que ce mouvement ne fasse tache d’huile, et pour que les censures perdurent. Les restrictions sont renforcées pour les fonctionnaires (devoir de réserve), les services de sécurité (police, militaires…) et le milieu des affaires (clause contractuelle). Le vote en 2016 d’une directive européenne renforçant le secret des affaires l’illustre, tout comme l’état d’urgence qui favorise les attaques aux droits, notamment syndicaux. Ces procédures d’intimidation se multiplient. Si le courage des lanceurs d’alerte est mis en avant, le prix de leur engagement est lourd, jusqu’à la prison. Des premiers pas ont été faits vers une meilleure protection, comme, en France, la création de la Maison des lanceurs d’alerte. Reste le combat pour une législation qui les défende réellement.

Lire aussi : Blandine Sillard : «Le droit oblige le lanceur dalerte à se jeter dans la gueule du loup»

(1) « Espionnage électronique, quinze ans d’inertie», le Monde diplomatique, septembre 2013.

 

LE PISTOLET TOUJOURS SUR LA TEMPE
Ils ont émergé pendant la crise. Révélant les violations de l'intérêt général dont ils étaient témoins, ces citoyens, pour beaucoup des salariés, se retrouvent aujourd'hui en exil, en prison, au chômage ou au placard.


Edward Snowden : "Ils ont hacké les libertés fondamentales"
Laura Pfeiffer : Les délits patronaux et la justice de classe
Rui Pinto : Foot offshore : un gros tir dans la lucarne européenne
Julian Assange : Crimes de guerre, secrets des traités de libre-échange
Antoine Deltour : Les petits arrangements du Grand-Duché
Stéphanie Gibaud : Le système d'évasion fiscale de la banque UBS

 

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Violences policières : lettre ouverte d’Anouk Grinberg au gouvernement

29 Novembre 2020, 07:25am

Publié par PCF Villepinte

l'Humanité   Dimanche 29 Novembre 2020

« La nuit, pendant qu’on dort, le gouvernement fait passer des lois qui nous retirent l’oxygène de nos pensées, de nos libertés. » Comme le rappelle la comédienne et écrivaine : « Nous avons besoin de vérité », pas d’impunité.

Messieurs du gouvernement, qui voudriez empêcher la vérité de circuler, on est des millions à avoir voté Macron, pas parce qu’on l’aimait, mais parce qu’il promettait de fabriquer, avec nous, une société un peu humaine. En tout cas plus humaine que le fascisme qui nous menaçait.

Et voilà qu’en quelques petites années au pouvoir, il se croit «Dieu le papa» et nous infantilise, nous divise, frappe les faibles, frappe les forts. Jour après jour, il creuse le lit dun fascisme débutant au prétexte de nous protéger les uns les autres et les uns des autres. La nuit, pendant quon dort, le gouvernement fait passer des lois qui nous retirent l’oxygène de nos pensées, de nos libertés.

Lire aussi : Des gilets jaunes à la loi sécurité globale : depuis 2017, Macron tout schuss sur la pente autoritaire

Voilà maintenant qu’il est interdit de filmer les policiers qui agissent en bêtes, en meute.

La violence a maintenant une solide coéquipière: limpunité, le droit d’enfreindre le droit.

Messieurs du gouvernement, qui voudriez empêcher la vérité de circuler, ce ne sont pas les messagers des mauvaises nouvelles qui font les mauvaises nouvelles, c’est vous, dans l’exercice du pouvoir.

Débrouillez-vous pour qu’il n’y ait plus d’horreurs à filmer. Les journalistes seraient heureux de filmer l’humanité. Nos yeux sont faits pour voir. On n’est pas vos enfants. Le monde n’est pas à vous, vous le servez. On veut savoir ce que vous lui faites. Nous avons besoin de vérité autant que de manger.

La vérité du monde, c’est dur, mais le mensonge ou le déni sont toujours pires.

On veut être conscient pour être humain, pour rester reliés les uns aux autres. Alexandre Benalla, s’il n’y avait pas eu de caméras pour filmer sa sauvagerie sous un casque de policier, il serait peut-être toujours là à déchaîner périodiquement sa violence sur les gens.

L’homme qui meurt étouffé sous le genou du policier, s’il n’y avait pas eu d’image, ce serait juste un méchant homme qui meurt dans le caniveau.

Avec les images, on a vu des policiers torturer tranquillement un innocent et torturer l’humanité entière à travers cet homme seul. Car oui, nous sommes reliés.

Retrouvez tous nos articles sur la proposition de loi relative à la sécurité globale.

Les policiers qui tabassent les exilés, les gens désespérés, les journalistes, agissent sous les ordres d’un ministre de l’Intérieur qui n’a plus aucune maîtrise de son intérieur, entièrement consumé par la folie du pouvoir. Et au-dessus de lui, dans le noir, Macron, le si jeune Macron, si séducteur il y a deux ans, lui confie ses instincts les plus bas et se dit «ce nest pas moi, cest lui».

Mais quelle merde le pouvoir, quel gâchis! Ça pourrait être si beau de faire un monde.

Voir aussi : Édition. Le fil d’Anouk pour sortir les fous du labyrinthe

 

 

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Sécurité globale / Marche des libertés : Le préfet Lallement doit lever l'interdiction partielle et garantir le droit à manifester (PCF)

27 Novembre 2020, 09:54am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 26/11/2020 par PCF

La proposition de loi sur la "sécurité globale" suscite une opposition de plus en plus large, en France, en Europe et dans le monde.

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Des dizaines de milliers de personnes ont déjà manifesté avec nous contre ce projet dans tout le pays ces derniers jours, en particulier mardi 17 et samedi 21 novembre. Avant-hier à l'Assemblée nationale, si le texte a été adopté en première lecture, cette adoption a vu l'opposition de 104 parlementaires qui ont voté contre, dont l'ensemble des députés communistes du groupe GDR.

La Défenseure des droits, autorité indépendante, a souligné dans son avis du 5 novembre que cette loi contient d'immenses risques d'atteintes au droit au respect de la vie privée, d'obstacles au contrôle des forces de sécurité, de non-respect du principe de légalité des délits et des peines et d'atteintes aux libertés d'information et de communication, d'atteintes aux principes constitutionnels d'égalité devant la loi, de nécessité des peines, de proportionnalité et d'individualisation des peines.

En particulier, si l'article 24 était en application, combien de cas de violences policières auraient été passés sous silence ? Le refus du gouvernement de se mobiliser contre les violences d'une minorité d'agents porte atteinte à l'ensemble des forces de l'ordre. Hier soir encore, un producteur de musique s'est fait littéralement tabasser par trois policiers. Pendant de longues minutes, il a subit coups et insultes racistes. Un tel acharnement est indigne d'une police républicaine.

Trois rapporteurs spéciaux de l'Onu ont clairement indiqué, dans leur rapport du 12 novembre, craindre que « l'adoption et l'application de cette proposition de loi puissent entraîner des atteintes importantes aux droits de l'homme et aux libertés fondamentales ».

Aussi, de nombreux syndicats et associations ont appelé à manifester une nouvelle fois à Paris et partout en France, ce samedi.

Dans ce contexte, l'interdiction partielle de la Marche des Libertés prévue à Paris est scandaleuse.

Alors que les organisateurs ont appelé les participant.e.s à respecter les gestes barrières, la distanciation physique et le port obligatoire du masque, cette interdiction prend prétexte de la situation sanitaire et du risque terroriste pour porter une nouvelle atteinte au droit constitutionnel de manifester, garanti par l'article 10 de la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen.

Pour le PCF, cette décision du préfet de Police de Paris participe d'une surenchère autoritaire inacceptable. Le préfet Lallement doit lever l'interdiction partielle et garantir, comme sa fonction lui en fait devoir, le droit de manifester.

La doctrine du maintien de l'ordre doit en outre être profondément révisée pour mettre un terme à des pratiques qui, loin de garantir l'ordre public, participent d'une stratégie de la tension qui encourage les violences, met en danger la sécurité des manifestant.e.s, et creuse le fossé entre les citoyen.ne.s et la Police.

 

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Il n'y a pas besoin de jouer au Cluedo pour savoir qui est le responsable de ces crimes industriels

26 Novembre 2020, 11:17am

Publié par PCF Villepinte

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Élections départementales et régionales : La démocratie doit être respectée

25 Novembre 2020, 10:23am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 25/11/2020 par PCF

Élections départementales et régionales : La démocratie doit être respectée

Au regard de l’expérience chaotique de l’organisation des élections municipales et au regain de la pandémie de la Covid-19, face aussi à l’hostilité de la majorité des forces politiques du pays, le gouvernement a été contraint à revenir sur son intention initiale de tenir coûte que coûte les élections départementales et régionales au mois de mars. Le Premier ministre a donc dû confier à Jean-Louis Debré un rapport de mission portant sur « Quelle date et quelle organisation pour les élections régionales et départementales ».

 

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Jean-Louis Debré, après avoir consulté toutes les forces politiques, les présidents de groupes parlementaires, des constitutionnalistes et le Conseil scientifique, a émis neuf recommandations à la fois sur la tenue du scrutin mais aussi sur le déroulement de la campagne. En ne limitant pas sa mission et ses recommandations à la tenue du scrutin et insistant sur la nécessité démocratique que toutes les forces politiques soient mises en situation de mener une campagne effective, le rapport rejoint la préoccupation du PCF que ces élections, en respectant drastiquement les mesures sanitaires nécessaires, se déroulent dans des conditions où toutes les électrices et tous les électeurs puissent exprimer leurs choix politiques en toute connaissance de cause.

 

Certains prêchent pour des campagnes exclusivement digitales. Une telle proposition fait l’impasse sur les profondes fractures numériques qui traversent notre société. Si le numérique est une boîte à outils incontournable pour démultiplier les contacts et susciter de l’engagement, il ne peut se substituer aux contacts humains. Au contraire, la raison d’être de l’usage du numérique dans les campagnes électorales est in fine de déboucher sur du contact humain et de l’engagement in vivo. Ces conditions démocratiques, qui passent en particulier par la possibilité de faire pleinement campagne auprès de la population, n’ont pas été réunies lors des dernières législatives partielles qui ont été marquées par des taux d’abstentions record même pour ce type d’élection. Il s’agit d’une question politique qui ne peut être seulement résolue par des dispositions techniques.

 

Le rapport Debré somme le gouvernement d’annoncer la date des scrutins début décembre pour mettre fin à l’incertitude qui nuit au processus démocratique. Il suggère la date de fin juin 2021 et demande la validation de cette date par une loi par le Parlement, celui-ci étant de plus informé par le Conseil scientifique de la situation sanitaire avant la tenue effective du scrutin. Juin constitue en effet la moins mauvaise fenêtre de tir compte tenu de la saisonnalité du virus et de l’arrivée potentielle d’un vaccin. Cela ouvrirait l’espérance d’avoir au moins deux mois de campagne dans un cadre où il serait possible d’organiser des réunions publiques, des points de rencontre et du porte-à-porte.

 

Mars poserait un grave problème à la fois sanitaire avec le risque d’une 3e vague et démocratique, car comment faire campagne lorsqu’on incite chacun à avoir une vie sociale minimaliste. Septembre-octobre implique un risque de collision avec une possible nouvelle vague de la Covid et le début de la campagne de la présidentielle. 2022 serait un déni de démocratie qui conformerait les mécanismes de la toxique inversion de calendrier entre présidentielle et législatives. Il est positif que le rapport Debré recommande que le Parlement joue un rôle central dans la prise d’une décision qui est in fine politique.

 

Le rapport propose aussi de majorer le plafond des dépenses de campagnes dans la même proportion de ce qui a été fait pour les municipales, de réduire les délais de remboursement et de doubler le format des professions de foi. Ces propositions constructrices vont rencontrer une hostilité farouche de Bercy qu’il faudra combattre. Rappelons que les comptes de campagne sont ouverts depuis septembre 2020 et que les règles de communication institutionnelle en période électorale sont effectives depuis cette date.

 

Le rapport, sans trancher et en appelant à la prudence, introduit l’éventualité pour le législateur de rendre possible de sponsoriser des publications sur les réseaux sociaux, d’acheter des prestations de référencement ou de ciblage. Cette question doit en effet être discutée avec esprit d’ouverture, car d’assimiler ce type de prestation à de la publicité électorale audiovisuelle Internet n’est pas une télé améliorée ! Car d’assimiler ce type de prestation à de la publicité électorale audiovisuelle revient à considérer Internet comme une télé améliorée !

 

Le rapport, sans faire de préconisations précises, évoque aussi un meilleurs accès des candidats à « l’expression par voie audiovisuelle » (TV, radio). Il faut s’appuyer sur les pistes évoquées pour réclamer le retour à l’égalité de traitement des forces politiques représentées au Parlement, ainsi que plus de temps d’antenne compte tenu des circonstances.

 

Il est aussi prévu de permettre l’inscription électorale jusqu’au 6e vendredi précédent le 1er tour, de maintenir la possibilité qu’un électeur soit mandataire de 2 procurations, et permettre aux personnes présentant des facteurs de vulnérabilité à la Covid-19 de demander aux autorités compétentes de se déplacer pour établir les procurations. Tout cela va dans le bon sens, même si cela ne règle pas le problème politique de fond de l’abstention massive, en particulier sur les quartiers populaires.

 

Le rapport ouvre aussi le débat sur le vote par correspondance et le vote par Internet. Cette recommandation ne peut tenir lieu de réponse au problème politique de l’augmentation spectaculaire de l’abstention dont la cause est loin de se réduire à la pandémie. Ces types de vote doivent être absolument récusés, car ils ne garantissent pas le contrôle populaire de la sincérité du vote. Pire, ils risqueraient d’ouvrir un boulevard aux pratiques mafieuses d’achat de voix qui sévissent déjà dans nos banlieues. De plus, dans le cas de vote par correspondance dans un scrutin à deux tours, vu la casse du service public postal et le recours à des prestataires privés peu scrupuleux pour la mise sous pli, rien n’assure que les votes arrivent en temps et en heure.

 

 Déjà, depuis plusieurs années les électeurs reçoivent des plis électoraux incomplets où il manque des professions de foi et des bulletins de vote. Rappelons que le vote par Interne prévu pour les Français expatriés à l’étranger lors des élections de 2017, a été annulé en raison des risques de piratage informatique. Notons que c’est en 1974 que le vote par correspondance a été interdit en raison des très nombreux cas de fraudes constatés.

 

Il faut exploiter les contenus positifs du rapport Debré et les débats qu’il ouvre afin qu’on ne vole pas en 2021 aux Françaises et aux Français les élections départementales et régionales. Plus que jamais notre pays a besoin de débats politiques de fond, d’interventions populaires et citoyennes. C’est pourquoi le PCF réaffirme que les élections départementales et régionales doivent se dérouler à la fois dans un contexte de sécurité sanitaire maximum et sans rien en rabattre sur la démocratie.

 

Yann Le Pollotec, membre du CN, secteur Élections.

 

 

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Loi sécurité globale : Pourquoi le projet est jugé liberticide

22 Novembre 2020, 09:03am

Publié par PCF Villepinte

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Manifestations à Paris et en régions contre la loi "sécurité globale"

19 Novembre 2020, 11:01am

Publié par PCF Villepinte

17 novembre 2020 | Mise à jour le 17 novembre 2020

Par Frédéric Dayan et AFP | Photo(s) : Bapoushoo

Rassemblement pour la liberté de la presse et de toutes les libertés à Rennes le 17 novembre 2020.

Des milliers de manifestants ont protesté mardi 17 novembre dans plusieurs villes et à Paris contre les violences policières et le texte sur la « sécurité globale » qui prévoit notamment de réprimer pénalement l’usage « malveillant » d’images des forces de l’ordre.

A Paris plusieurs centaines de personnes s’étaient rassemblées en milieu d’après-midi à l’appel notamment de syndicats de journalistes (dont le SNJ-CGT) et associations de défense des droits de l’homme pour protester contre la proposition de loi « sécurité globale » qui empêcherait  les journalistes et citoyens de filmer les forces de l’ordre durant les manifestations.

Le rassemblement vise l’article 24 de cette proposition de loi portée par LREM et son allié Agir, dont l’examen démarrait mardi.

Cet article controversé prévoit de pénaliser d’un an de prison et 45.000 euros d’amende la diffusion de « l’image du visage ou tout autre élément d’identification » d’un policier ou d’un gendarme en intervention, lorsque celle-ci a pour but de porter « atteinte à son intégrité physique ou psychique » .

Les syndicats de journalistes qui appelaient à ce rassemblement au côté de la Ligue des droits de l’homme, d’Amnesty International et d’autres organisations comme Reporters sans frontières, estiment qu’elle revient de fait à interdire aux journalistes et aux citoyens de filmer les policiers en action et empêcherait, par exemple, de documenter les violences policières.

À Rennes, 300 à 400 personnes se sont rassemblées dans la matinée. À Lyon, 700 personnes ont participé vers 18H00 à un rassemblement devant la préfecture tandis qu’était publiée une étude sur le devenir des plaintes visant les forces de l’ordre, intitulée « La fabrique de l’oubli ». Réalisée par le « Comité de liaison contre les violences policières » regroupant collectifs de victimes, syndicats et partis politiques, elle souligne l’importance des vidéos dans les enquêtes. À Toulouse, 1.300 manifestants selon la préfecture, dont de nombreux Gilets jaunes venus pour les deux ans du mouvement, se sont rassemblés dans le centre.

À Bordeaux, 700 à 800 personnes, dont des Gilets jaunes, se sont rassemblées en soirée près du palais de justice.

À Marseille, la manifestation a réuni plusieurs centaines de personnes qui ont applaudi la diffusion d’images du documentaire de David Dufresne « Un pays qui se tient sage », dénonçant les violences policières.

À Grenoble, 400 personnes rassemblées contre les violences policières ont été rejointes par une retraite aux flambeaux d’une centaine de Gilets jaunes.

https://www.qiota.com/assets/qiotasession.gif?ts=1605783527

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