Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

retraites

Que le Premier ministre en prenne bonne note, notre exigence du retrait de la réforme n'est pas provisoire !

13 Janvier 2020, 08:39am

Publié par PCF Villepinte

PCF 11 01 2020

Le Premier Ministre a annoncé dans un courrier aux syndicats son intention de "retirer provisoirement" l'âge pivot du projet de loi. 

C'est un premier recul ! Après plus d'un mois de grèves et de manifestations massives, le gouvernement est en difficulté face à un mouvement social toujours majoritaire dans le pays.

Que le Premier ministre en prenne bonne note, notre exigence du retrait de la réforme n'est pas provisoire. 

En effet, cette annonce ne règle en rien le fond du problème. Alors que la part des retraités va augmenter dans les années qui viennent, le gouvernement veut limiter les dépenses pour les retraites à 14% du PIB. Il refuse d'élargir l'assiette des cotisations en mettant à contribution les revenus financiers des entreprises. Il ne veut pas non plus remettre en cause la politique d'exonération des cotisations sociales dont bénéficient les entreprises. Il prépare donc en réalité une baisse des pensions pour les futurs retraités. 

Le projet de loi doit désormais être entièrement retiré et de vraies négociations doivent s'ouvrir sans préalable.

 

Voir les commentaires

Retraites: Un choix de société

8 Janvier 2020, 09:35am

Publié par PCF Villepinte

 

Voir les commentaires

La mobilisation continue !

8 Janvier 2020, 08:02am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 08/01/2020 par PCF

La mobilisation continue !

https://d3n8a8pro7vhmx.cloudfront.net/pcf/pages/11220/attachments/original/1578468707/visuel-retraites_%286%29.jpg?1578468707Cela fait maintenant plus de trente jours que les grèves et mobilisations contre le projet de réforme du gouvernement ont débuté. La grève s’est inscrite sur le temps long, paralysant toute une partie de l’économie depuis près d’un mois. Le gouvernement avait probablement misé sur les vacances et les fêtes de fin d’année pour mettre fin à la mobilisation contre le projet de réforme des retraites.

La période des fêtes étant souvent peu propice à la mobilisation et les différentes perturbations auraient dû permettre de mettre à dos une bonne partie de l’opinion publique à l’encontre des grévistes. Alors que nous rentrons dans la sixième semaine de mobilisation, nous pouvons faire le constat que cela n’a pas eu l’effet escompté. Le taux de grévistes reste encore très haut, et les derniers sondages d’opinion montrent qu’une majorité de Français, particulièrement de jeunes, soutiennent la mobilisation.

Alors que cela fait maintenant plus d’un mois que la mobilisation est lancée, le gouvernement continue de jouer sur les divisions. Il a beau dire que cette réforme est là pour assurer aux nouvelles générations d’avoir le droit à une retraite, il n’en est rien. Plus c’est gros plus ça passe. Alors que le gouvernement est en train de détruire le système de retraites hérité du Conseil national de la Résistance, il annonce en même temps que cela permettra de préserver le droit au repos pour les générations futures.

Il est où le droit au repos pour les nouvelles générations dans le nouveau système ? En plus de repousser le départ à 64 ans, le gouvernement a annoncé que seules les nouvelles générations (nées après 1975) connaîtront le système par points. Ainsi, au lieu de calculer les pensions sur les 25 meilleures années, l’ensemble de la carrière sera considéré, dont les débuts de carrière à temps partiel et mal payés.

Sans parler de la valeur du point qui sera réévaluée tous les ans, avec pour limite que l’ensemble des dépenses ne dépasse pas 14 % du PIB. Quoi que dise le gouvernement, en plus d’un départ tardif à la retraite, cette réforme ne pourra entraîner qu’une diminution du montant des pensions. Même Georges Orwell n’a pas été aussi loin dans son novlangue. Au même moment où le gouvernement dit préserver le droit au repos pour les jeunes d’aujourd’hui, il le détruit.

Les jeunes ne sont pas dupes et se mobilisent

Les jeunes ont très bien compris qu’ils allaient être les grands perdants de la réforme. Pendant la première quinzaine de décembre, ils se sont mobilisés contre le projet de réforme aux côtés des syndicats. Pendant les vacances, les jeunes communistes ont continué de se mobiliser aux côtés des grévistes. Dans de nombreuses fédérations, le Mouvement jeunes communistes a participé aux différentes manifestations, actions de blocages, piquets de grèves, assemblées générales... Dans certaines fédérations, le MJCF a même initié des actions pour financer les caisses de grèves.

Dès la rentrée de janvier, les jeunes se mobilisent. Dans les universités, où malgré les grèves dans les secteurs de transports de nombreuses universités ont décidé de maintenir les partiels de début d’année. C’est notamment le cas pour les universités parisiennes, où certaines universités n’hésitent pas à proposer des solutions plus folles les unes que les autres. Mention spéciale pour l’université de Nanterre, où la présidence a été jusqu’à proposer aux étudiants de dormir dans des gymnases pour pouvoir se rendre aux examens le lendemain. Les étudiants se sont mobilisés dès lundi 6 janvier dans un certain nombre d’universités pour bloquer leur lieu d’enseignement afin de décaler les partiels. Dans les lycées aussi, où les jeunes communistes sont présents dès les premières heures de la rentrée pour informer les lycéens de cette réforme et les mobiliser pour les prochaines dates de manifestation.

Cette semaine est déterminante pour la lutte contre le projet de réforme. Partout en France les jeunes communistes se mobilisent et vont continuer de mobiliser et organiser les jeunes pour être le plus nombreux possible dans les rues le 9 et le 11 janvier pour arracher la victoire.

Léon Deffontaines, secrétaire général du MJCF.

 

Voir les commentaires

Qu'est ce que cela veut dire, une carrière complète ?

7 Janvier 2020, 14:22pm

Publié par PCF Villepinte

Voir les commentaires

Carte des mobilisations en Publié le France 6 janvier 2020

7 Janvier 2020, 11:09am

Publié par PCF Villepinte

 

 

Temps de lecture : 1 min.
Des manifestations partout dans le pays… tous les lieux et horaires visibles en un clic !
Une carte de France des mobilisations

Pour prendre la mesure de ce qui ce qui se prépare dans le pays, des luttes, manifestations, rassemblements… La CGT a mis en place une carte des mobilisations enrichie par l'ensemble des organisations syndicales qui la compose.

Après le 5 décembre, le 10 décembre : un moment décisif

Alors que l’appel à manifester et à faire gréve du jeudi 5 décembre été suivi massivement, la date du 10 décembre s’affirme toujours plus comme un rendez-vous incontournable pour des millions de salarié·e·s et pour que celles et ceux qui ne sont pas inscrit·e·s puissent trouver le lieu où ils pourront manifester, la CGT vous propose cet outil permettant de collecter et de rendre visible en temps réel les rendez-vous que les organisations syndicales ont prévu, souvent de façon unitaire, sur l’ensemble du territoire.

 

Carte des mobilisations en France
Accéder à la carte ici

 

Voir les commentaires

Niveau de vie. Par points ou non, la réforme n’épargne personne

27 Décembre 2019, 11:06am

Publié par PCF Villepinte

Vendredi, 27 Décembre, 2019

L'Humanité Pierric Marissal

Si le passage à la retraite à points frapperait les plus jeunes, les autres seraient aussi touchés par le projet du gouvernement. Ce dernier exige de réaliser 30 milliards d’euros d’économies d’ici à 2030, qui se concentreront sur les personnes nées entre 1960 et 1975.

Vous pensiez être épargné par la réforme des retraites, car le passage au système à points ne vous concerne pas? C’était sans compter la mise en place de l’âge pivot, la solution privilégiée par l’exécutif pour couper dans les dépenses. Parmi les grands enfumages du gouvernement, affirmer que les personnes nées avant 1975 ne seront pas concernées peut tenir la palme. Le premier ministre a ainsi affirmé sa volonté de mettre en place des «mesures d’équilibre» avant la généralisation du système à points (en 2037), lesquelles toucheront les personnes nées entre 1960 et 1975. En se basant sur les prévisions du Conseil d’orientation des retraites (COR), il entend réaliser 30 milliards d’économies à l’horizon 2030 à leurs dépens.

 

 

Voir les commentaires

Déclaration commune : Une réforme des retraites, oui mais pas celle-là!

23 Décembre 2019, 07:52am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 20/12/2019 par PCF

Déclaration commune : Une réforme des retraites, oui mais pas celle-là!

Ensemble, Europe Écologie Les Verts, Gauche Démocratique et Sociale, Gauche Républicaine et socialiste, GénérationS, Les Radicaux De Gauche, Parti Communiste Français, Parti Socialiste, Pour une Écologie Populaire, Place Publique, République et socialisme, Union des démocrates et Écologistes

 

Le Premier Ministre s’est exprimé mais rien ne change.

Le Premier Ministre assure qu’il n’y a pas d’autres choix que de travailler plus longtemps pour améliorer notre système de retraite. Nous lui répondons le contraire : Il y a d’autres choix.

Notre pays vit une crise sociale majeure. La colère des français-es contre la réforme des retraites du gouvernement est à la mesure des deux ans et demi de régression sociale, de mauvais coups portés contre la grande majorité de nos concitoyen-nes, contre nos services publics et  devant l’absence de politiques permettant de répondre à l’urgence sociale et climatique.

Nous, forces politiques issues de la gauche et de l’écologie, condamnons la méthode et le fond de cette réforme des retraites confirmés par le Premier Ministre qui va aggraver la situation des retraité-es et futurs retraité-es de notre pays. Nous demandons que le gouvernement engage de véritables négociations, sans imposer une réforme dont il ne sait pas lui même simuler les conséquences. Nous demandons que s’ouvre un vrai débat qui mette en balance toutes les propositions pour améliorer le système de retraite actuel sans régression sociale.

Le dépôt du projet de loi constituerait un passage en force alors même qu’il n’est soutenu que par le MEDEF et le parti présidentiel. Il doit être retiré pour apaiser la situation, renouer les fils du dialogue et sortir de la situation de blocage du pays. 

Nous partageons ensemble le même diagnostic : le système de retraite actuel n’est pas déficitaire comme l’affirme le gouvernement et ne le deviendra que si les choix budgétaires injustes faits par ce gouvernement n’étaient pas corrigés. Aucune raison budgétaire ou démographique n’impose d’exiger des Français un sacrifice sur leur pension pour sauver notre système de retraite.

Quand les hôpitaux, l’éducation, les forces de l’ordre, la justice, demandent plus de moyens, quand la population réclame plus de services et de répondre l’urgence écologique et climatique, nous devons sans délai changer de cap. 

Nous dénonçons la méthode du gouvernement qui communique sur un supposé “dialogue” mais “en même temps” renvoie aux partenaires sociaux le devoir de trouver des mesures d’économie en un temps record, là où le débat demande du temps et alors qu’aucune urgence n’existe. Mais la méthode est rodée, c’est celle déjà imposée avec l’assurance chômage et qui conduit à la précarisation d’un million sept cent mille chômeurs. 

A l’écoute des besoins de la population, nous voulons offrir aux françaises et aux français des pensions permettant de vivre dignement, supprimer les insupportables inégalités existant entre les femmes et les hommes et une meilleure prise en compte de la pénibilité, des carrières longues ou hachées. Nous voulons garantir aux plus jeunes un haut niveau de protection sociale, dans une France solidaire entre les générations et sans dette écologique.

Toute personne a droit à une retraite en bonne santé et cet objectif doit être le fil rouge de la réforme à venir. Ce projet doit assurer à toutes et tous des conditions de vie digne et une insertion sociale tout au long de la vie.

Ensemble, nous proposons d’améliorer le système de retraite solidaire par répartition sans pour autant augmenter l’âge de départ en retraite ou allonger la durée de cotisations. Des solutions alternatives, progressistes, existent qui permettent d’élargir l’assiette de financement de notre système de retraite et de créer plus d’emplois pour plus de justice sociale.

 

Voir les commentaires

Après les annonces d’Édouard Philippe, la mobilisation grandit

19 Décembre 2019, 09:49am

Publié par PCF Villepinte

17 décembre 2019 | Mise à jour le 17 décembre 2019
NVO CGT Par | Photo(s) : Bapoushoo

 Mise à jour le 17 décembre 2019

Par Isabelle Avran | Photo(s) : Bapoushoo

Manifestation contre la réforme des retraites, Paris 17 décembre 2019

Après presque deux semaines de mobilisation unitaire, les grèves se développent contre la réforme des retraites du gouvernement et la troisième journée de mobilisation a été un succès avec 1,8 million de manifestants. A la veille des fêtes, la balle est dans le camp du gouvernement.

De nouveau, des centaines de milliers de salariés de tous les secteurs, retraités, lycéens, étudiants ou privé d'emploi ont participé dans tout le pays à des défilés contre la réforme des retraites voulue par le gouvernement, dont 350.000 à Paris.  « C'est un franc succès, il y a plus de manifestants, plus de manifestations, plus de grévistes » que lors des précédentes journées interprofessionnelles, s'est félicité Philippe Martinez secrétaire général de la CGT qui annonçait en fin de journée 1,8 million de manifestants partout en France.
Toujours unitaire, l’intersyndicale CGT, FO, CFE-CGC, Solidaires, FSU-UNL, UNEF, MNL avait appelé à cette nouvelle journée interprofessionnelle après celles des 5 et 10 décembre derniers et près de deux semaines de mobilisation pour le retrait du projet. De son côté, la Cfdt s'est jointe aux cortèges de même que la CFTC et l’Unsa ; mais, notamment à Paris, elles n'ont pas participé à la tête du cortège, refusant de défiler aux côtés de l'intersyndicale.
La confédération de Laurent Berger, qui rejette comme la CFTC et l'Unsa, le principe d'un âge pivot de départ à 64 ans, continue en effet d'être favorable à un système de retraites par points. Un système qui pourtant pénaliserait tous les salariés, rendant notamment le montant de leurs pensions totalement aléatoire, les obligeant à travailler plus pour gagner moins, et amenant vers la capitalisation pour ceux qui le pourraient au détriment de la solidarité. Une perspective qui permettrait aux assurances privées de s'ouvrir un grand marché.

Grèves dans de nombreux secteurs

Dans de très nombreux secteurs, une multitude d'assemblées générales ont permis aux salariés de voter la reconduite de la grève. Ainsi dans les raffineries (sept sites sur huit), dans la santé, l'Éducation nationale, l'Energie, le commerce et la grande distribution, chez les cheminots ou à la Ratp, dans de nombreux services publics et entreprises…
Avocats, magistrats, internes des hôpitaux étaient eux aussi mobilisés. A Paris, après des mois de mobilisation partout en France pour la défense de l'hôpital, une manifestation a eu lieu en fin de matinée sur le thème « sauver l’hôpital », nombre de blouses blanches ayant ensuite rejoint le cortège pour la défense de notre système de retraites.
De même que les routiers qui réclament également de meilleures conditions de travail et une revalorisation de leurs salaires.

Les salariés des métiers de la mer entendent eux aussi défendre leur statut spécifique, d'autant plus que les marins peuvent travailler 14 heures par jour, 84 heures par semaine. La plupart des ports devaient être bloqués dès ce 17 décembre. Comme d'autres, les marins défendent leur régime particulier quand le gouvernement veut supprimer les régimes spéciaux au prétexte d'égalité, alors qu'il n'existe pas d'égalité des conditions de travail ni d'espérance de vie des salariés et que la prétendue équité sociale vise à tirer tous les droits vers le bas.

Édouard Philippe toujours droit ans ses bottes

« Ma détermination, celle du gouvernement, celle de l’ensemble de la majorité est totale », a fanfaronné le Premier ministre lors de la séance de questions au gouvernement ce même 17 décembre.

Fragilisé par la démission de Jean-Paul Delevoye contraint de reconnaître treize « omissions » dans ses déclarations de mandat (dont deux rémunérées et dont une comme administrateur dans un institut de formation de l’assurance, l’Ifpass), le Premier ministre qui a répété comme ses ministres les éléments de langage officiel sur la « bonne foi » de celui qui n'a pas respecté la Constitution, se veut encore droit dans ses bottes.

Plusieurs élus de sa majorité tentent pourtant de diviser le mouvement, en annonçant qu'il faudrait peut-être revenir sur le principe d'un âge pivot de départ en retraite à 64 ans. Pour l'instant, Édouard Philippe ne veut pas en entendre parler.

Chantage gouvernemental aux fêtes de Noël

Ayant présenté les grande lignes de sa réforme le 11 décembre, Édouard Philippe espère quelques jours plus tard pouvoir réclamer une trêve de la mobilisation à l'occasion des fête de fin d'année. La ficelle est un peu grosse. Même si Laurent Berger a lui aussi affirmé sur France Info le 16 décembre qu'« il faut une trêve à Noël ».

Or, non seulement près du tiers des citoyens soutient toujours la mobilisation, mais selon un sondage Ifop réalisé le 13 décembre pour Le Figaro , les Français attribuent la responsabilité la poursuite de la grève pendant les fêtes de Noël davantage au gouvernement (46%) qu'aux syndicats (35%).
La solution est simple : le retrait de la réforme et une vraie négociation pour un projet de progrès ambitieux permettant, comme le demande la CGT, d'améliorer « le meilleur système au monde » avec un départ en retraite à soixante ans et un taux de remplacement à 75% des derniers salaires, pour lequel la confédération a formulé des propositions financières concrètes.

Une intersyndicale doit se retrouver pour envisager la suite du mouvement. Fébrile, le gouvernement a annoncé ouvrir des concertations mercredi à Matignon, où Édouard Philippe recevra les organisations syndicales et patronales en bilatérales, avant une multilatérale jeudi. La balle est dans son camp.

 

Voir les commentaires

BlackRock. Un géant américain de la finance à l’assaut des retraites des Français

17 Décembre 2019, 08:18am

Publié par PCF Villepinte

Mercredi, 11 Décembre, 2019

Sébastien Crépel

Fonds de pension.  Le gigantesque gestionnaire d’actifs BlackRock lorgne l’épargne hexagonale, qu’il voudrait transformer en retraite par capitalisation. Il attend que la loi Pacte votée au printemps et la réforme Delevoye lui ouvrent les portes de ce marché.

Pas la peine de chercher le nom de BlackRock dans l’agenda des concertations ministérielles sur les retraites: il ne figure nulle part. Cela n’empêche pas ce mastodonte de la Bourse américaine, présent dans le capital des plus grandes entreprises françaises et gérant l’épargne de millions de salariés à travers le monde, de s’intéresser de très près à la réforme des retraites, en dispensant ses «recommandations» au gouvernement et au président de la République. En juin 2019, soit quelques jours avant la remise du rapport de Jean-Paul Delevoye sur le projet de «régime universel», le fonds d’investissement a détaillé, dans un document d’une quinzaine de pages, tout le profit qu’il espère tirer d’une réforme des retraites qui fasse une large place à la capitalisation, en s’appuyant notamment sur la loi Pacte votée au printemps sous l’impulsion de Bruno Le Maire.

Le document intégral : « Loi Pacte: Le bon plan Retraite » (sic)

Cette loi trop peu connue du grand public a préparé le terrain, en créant les conditions d’une montée en puissance des produits d’épargne retraite dans les années qui viennent. La réforme Delevoye vient en quelque sorte en complément de celle-ci, les recommandations de BlackRock éclairant de manière saisissante le contexte d’offensives tous azimuts de l’univers de l’assurance privée dans lequel elle s’inscrit. Une opération facilitée par l’accession à l’Élysée d’Emmanuel Macron, qui cultive ses relations avec le PDG de BlackRock, Larry Fink.

Pour le fonds américain, l’Hexagone représente un marché essentiel: «Les Français se distinguent au niveau mondial par un taux d’épargne élevé, 14 % de leur revenu disponible chaque année», relève BlackRock. Cela représente un pactole accumulé, tous patrimoines confondus, de 13125 milliards d’euros en 2016, dont 5400 milliards d’actifs financiers. En Europe, seuls les Allemands épargnent davantage. BlackRock voudrait mettre la main sur cette montagne d’actifs, mais il doit pour cela éliminer un obstacle de taille: la méfiance historique des Français pour les produits financiers, et en particulier pour les retraites par fonds de pension, jugées peu sûres. 63 % d’entre eux estiment les placements en actions trop risqués, selon le baromètre de l’Autorité des marchés financiers. «Les différentes crises financières ont ancré dans les esprits que les marchés financiers sont d’abord des sources de risque avant d’être des sources de performance», se désole BlackRock. Et les 15 ans de réformes précédentes des retraites ont échoué à ouvrir le marché tant espéré.

Le «pilier» de la capitalisation est déjà au cœur de la réforme

Le fonds attend donc du gouvernement qu’il l’aide à vaincre cette aversion en réformant profondément les mécanismes d’épargne retraite. Ce qu’a commencé à faire la loi Pacte, «en permettant à l’épargnant de bénéficier d’un allègement fiscal» et d’une «gestion pilotée» de son plan d’épargne retraite, un outil programmé pour augmenter la part des investissements à risque, type actions en Bourse, pour les épargnants les plus jeunes. Pour BlackRock, au moment où les autorités s’apprêtent à réformer les «piliers 1 et 2» de la retraite (les régimes de base et complémentaires), il est urgent d’ «intégrer le pilier 3 dans leur périmètre de réflexion» (la capitalisation) en «unifiant les différents volets de la réforme des retraites».

De fait, le «pilier» de la capitalisation est déjà au cœur de la réforme, même si le haut-commissaire aux retraites – dont les liens avec le monde de l’assurance viennent d’être mis au jour – s’en défend. Son projet de régime universel est un «système de répartition par cotisation couvrant un maximum d’actifs», plaide-t-il, puisqu’ils cotiseront pour leur retraite sur une assiette de salaire allant jusqu’à 10000 euros par mois. Soit quasiment l’intégralité des actifs… mais pas tous. C’est toute la subtilité. Pour rappel, jusqu’alors, les retraites complémentaires par répartition Agirc-Arrco permettaient de cotiser jusqu’à 27000 euros de salaire mensuel. C’est donc un espace supplémentaire pour la capitalisation qui vient de s’ouvrir pour les plus aisés, au bénéfice des assureurs. Cela est d’ailleurs écrit en toutes lettres dans le rapport de Jean-Paul Delevoye: «Les employeurs et les salariés qui le souhaiteront pourront compléter le niveau de retraite par la mise en place de dispositifs collectifs d’épargne retraite.»

C’est cet avantage que veut pousser BlackRock, en dispensant une quinzaine de recommandations au gouvernement. Le but, vendre des produits d’épargne aux plus riches, mais, au-delà, le document propose par exemple une «contribution automatique» de 5 % des salaires à des plans d’épargne d’entreprise, complétée d’un «dispositif d’augmentation automatique» en cas de hausse des rémunérations… Il va jusqu’à envisager un «crédit d’impôt» de 1000 euros par an «accessible aux ménages non imposables», ce qui «constituerait une forme d’abondement public» pour «démocratiser largement le modèle au-delà des seuls ménages ayant un intérêt fiscal à se constituer une épargne retraite». Ou comment financer sur fonds publics le chiffre d’affaires des assureurs en fourguant des produits d’épargne aux plus pauvres.

Sébastien Crépel

Voir les commentaires

Inégalités. Les femmes, un alibi de la réforme qui perd des points

16 Décembre 2019, 09:55am

Publié par PCF Villepinte

L’Humanité, 16 décembre 2019

Le gouvernement affirme qu’elles seront les gagnantes de son nouveau régime. Les premiers détails montrent au contraire des régressions, alors que leurs pensions sont en moyenne déjà 25 % moins élevées que celles des hommes.

Qui se souvient que les femmes avaient ouvert la séquence des mobilisations de 1995 par une grande manifestation le 25 novembre de la même année? Peut-être Édouard Philippe qui, mercredi dernier, osait affirmer au Conseil économique, social et environnemental (Cese) que celles-ci «seront les grandes gagnantes du système universel» par points qu’il présentait. Une rhétorique féministe utilisée à dessein par le premier ministre pour contrecarrer le potentiel révolutionnaire des femmes? Ou plus simplement, comme d’autres avant lui, pour cacher sous un joli vocabulaire des attaques à l’inverse particulièrement violentes contre celles-ci. Car, en raison de carrières hachées, des inégalités de salaires et d’emplois qui se répercutent sur les pensions, le nouveau système individualisé que veut nous imposer le gouvernement ne sera pas «plus juste pour les femmes». Bien au contraire.

«J’ai 62 ans, j’aurais voulu partir à la retraite mais j’ai dû prolonger car je n’ai pas toutes mes annuités.» Yolande Scarponi est contrôleuse des finances à Marseille (Bouches-du-Rhône). Sa carrière, elle l’a commencée en 1978 dans l’administration, comme «auxiliaire»: une vacation au contrat renouvelé tous les mois. Au bout de quatre ans, la syndicaliste aujourd’hui élue CGT au syndicat des finances publiques a enfin été titularisée, en catégorie D. Une classification au plus bas de la grille qui n’existe plus dans la fonction publique. Depuis, elle a gravi les échelons, marche à marche, et atteint la catégorie B. «Si l’on ne recule pas encore l’âge de partir et qu’on calcule ma pension sur les six derniers mois, ça amènera du beurre dans ma retraite. Mais ce sera la cata s’il fallait remonter sur toute ma carrière.»

Car l’intention affichée par le gouvernement est de fusionner tous les régimes. Chaque salarié du privé ou agent du public sera amené dans le futur à cotiser non plus un nombre précis de trimestres, mais un maximum de points, à cumuler tout au long de la vie. Or le joli parcours professionnel de Yolande a légèrement été interrompu, comme beaucoup de femmes, par deux maternités. «Pendant un an, je n’ai pas travaillé pour élever ma première fille. Je n’ai jamais pu bénéficier de crèche pour mes enfants. Mon mari avait des horaires impossibles et je gagnais moins que lui. Donc j’ai dû m’arrêter un an, puis j’ai repris à 80 % pour m’en occuper les mercredis.» Un «choix» totalement commandé par l’absence de mode de garde adapté – le gouvernement ne prévoit pas par ailleurs de développer le service public de la petite enfance – et par le sacrifice de carrière de la femme par rapport à l’homme.

Un système qui accroît grandement les injustices

Si la carrière interrompue des mères affecte leur promotion et leur salaire, et donc le niveau de leur pension, elle a aussi des conséquences sur le prolongement de leur parcours professionnel. Le système actuel majorait la durée d’assurance-vieillesse de la femme à chaque naissance d’un enfant. Mais le gouvernement propose de supprimer cela. En échange, un taux de majoration de la pension pourra être attribué indifféremment à l’homme ou à la femme. Contrairement au discours présenté, cela pourra grandement accroître les inégalités. Car, si le père gagne plus, le couple risque de décider, par pur calcul mathématique, de réserver cette majoration à l’homme. En 2019, les Françaises perçoivent déjà une pension un quart inférieure à celle des hommes. Et demain…

«Je travaillais à temps partiel comme professeur d’italien dans des cours privés, raconte Blandine, 79 ans. À mon deuxième enfant, j’ai arrêté de travailler. Puis le troisième est arrivé. Plus tard, j’ai repris des études à la chambre de commerce italienne. Mais le seul travail que j’ai trouvé, par une amie, a été la vente d’abonnements par téléphone. Pendant dix ans, j’ai été rémunérée uniquement à la commission. Mon mari a été muté dans le sud de la France. J’ai dû tout arrêter.» À sa retraite, elle reçoit 280 euros. Aujourd’hui, cette veuve vit avec 1300 euros grâce à la pension de réversion de son époux, qu’elle a soigné «gratuitement» pendant dix ans avant qu’il ne meure d’un cancer. Et si elle avait divorcé? Si son mari s’était remarié? À la mort de son ex-conjoint, une part de la pension de réversion lui aurait été versée. Demain, «grâce» à la réforme, elle n’aurait droit à rien.

Le droit à la séparation, le droit à l’autonomie ne seraient réservés qu’aux femmes en âge de travailler ou personnellement riches? Non, il n’est pas «plus juste pour les femmes», le nouveau système. En juin dernier, préparant le projet actuel, le gouvernement planchait sur la suppression de cette ressource. Une levée de boucliers l’a empêché d’aller plus loin. 4,4 millions de cheveux blancs dépendent de cette pension de réversion, 90 % sont des femmes. Parmi elles, 96 % ne perçoivent aucune pension propre.

Des nouvelles mesures qui tuent le régime de solidarité

À 56 ans, Muriel a multiplié les emplois et les contrats précaires: monteuse sous le régime intermittent, en CDD dans une société informatique, puis salariée dans une union locale syndicale. «En tant que monteuse de documentaires militants, j’ai réalisé beaucoup de travail gratuit. On se voyait comme des artistes! Je ne réalisais pas que je ne cotisais pas…» Après un bilan de compétences, elle change de voie, travaille dans l’informatique, obtient un master 2 en développement territorial. «Passé 50 ans, c’est devenu très difficile de trouver un travail. À la rigueur comme auxiliaire de vie, ou du ménage en intérim. Mais du travail structuré qui paie, tout en étant épanouissant, tu ne le trouves plus. Et, avec la nouvelle réforme du chômage, tu réfléchis avant d’accepter quelques jours de boulot, car ça peut baisser durement tes indemnités. Mais, avec la retraite par points, chaque emploi compte pour ta pension. On va finir par se marcher sur la tête.»

En comptabilisant ses 25 meilleures années, elle aurait pu toucher une mini-pension complétée par le minimum vieillesse. Mais là, si toute la carrière est prise en compte… il ne lui restera plus grand-chose. Pourtant, Muriel a apporté beaucoup à la société, elle a défendu des causes, milité bénévolement pour le droit des travailleurs sans papiers, des chômeurs, des salariés. Mais, dans l’esprit mesquin et comptable de cette réforme, fini le régime de solidarité qui permettait de corriger ou de compenser les inégalités de carrière.

Et que dire des caissières de supermarché, aides-soignantes, professionnelles des métiers pénibles qui n’arriveront pas à atteindre l’âge pivot pour partir et subiront une décote? Malades, inactives, au chômage ou en invalidité, la moitié seulement des personnes du privé sont encore en emploi au moment de liquider leur retraite. «J’ai déjà dû prolonger après 60 ans, se souvient Yolande Scarponi. Ça a été dévastateur pour mon moral.» La fonctionnaire se demande comment ses cadettes vont pouvoir tenir: «À 55 ans, on nous dit que nous sommes trop vieilles pour faire l’accueil et maintenant on va nous demander de travailler jusqu’à 70 ans! Dans l’administration fiscale, nous sommes en constante restructuration, les entrepreneurs contrôlés, pris à la gorge, sont agressifs. Des collègues ont déclenché du jour au lendemain des crises cardiaques, des burn-out… Nous, les femmes, sommes deux fois plus touchées car, en plus, à la maison, nous portons la majorité des charges, physiques, mentales. Même si je suis féministe et que je me bats tous les jours contre ça…»

Pour reprendre les paroles du célèbre Hymne des femmes, si elles sont «sans passé, les femmes», cette réforme leur prépare un chemin sans avenir et sans retraite. «Grandes gagnantes», vraiment, les femmes?

Kareen Janselme

 

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 > >>