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syndicalisme

Les discriminations syndicales enfin incontestées

23 Septembre 2019, 09:28am

Publié par PCF Villepinte

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Publié le 20 sep 2019

Temps de lecture : 2 min.

Les discriminations syndicales sont une réalité historique dans notre pays mais, jusqu'à présent, les pouvoirs publics refusaient d'en reconnaître l'ampleur – voire niaient cette réalité.

« Alors qu’en France, le droit de grève et la liberté syndicale sont garantis constitutionnellement, l’engagement syndical s’accompagne souvent d’une stigmatisation. Il peut être perçu par l’employeur comme incompatible avec la performance économique de l’entreprise, ses objectifs à court terme ou sa valeur concurrentielle. Ainsi, les pratiques antisyndicales, parmi lesquelles les discriminations, ne sont pas un phénomène isolé, tant dans le secteur privé que Public »

C'est par ce rappel que commence le rapport du défenseur des droits et de l'OIT (Organisation internationale du travail) consacré au baromètre de la perception des discriminations dans l'emploi.

Ainsi, plusieurs chiffres viennent étayer ce que les syndicalistes dénoncent depuis de nombreuses années :

  • 46 % des personnes interrogées estiment avoir été discriminées de fait de leur activité syndicale ;
  • 67 % des syndiqués perçoivent leur engagement comme un risque professionnel ;
  • 4 fois sur 10 ceux ayant tenté de faire cesser une situation discriminante liée à l'activité syndicale estiment avoir fait l'objet de mesures de rétorsion.

Ces chiffres prouvent que les discriminations syndicales en France ne sont pas des situations isolées, qu'elles résultent d'une négation de la légitimité du fait de l'engagement syndical par une partie du patronat, qui met en place des stratégies antisyndicales afin de dissuader les salariés de se syndiquer et de s'organiser ainsi collectivement.

Baromètre discriminations syndicales

Baromètre discriminations syndicales

En effet, ces discriminations subies par les syndiqués  et la crainte des conséquences que cela pourrait engendrer sur l'emploi, les conditions de travail et la rémunération sont la première cause de non syndicalisation chez les salariés.

Selon le baromètre des discriminations syndicales  Selon le baromètre des discriminations syndicales

Depuis de nombreuse années, la CGT porte des propositions concrètes pour lutter contre la répression et la discrimination syndicale avec, notamment, la création d'un outil permettant de les démonter de manière indiscutable. Ce dernier a même été cité en référence dans les conclusions du baromètre. Le défenseur des droits va même plus loin en préconisant son application dans les contentieux, car il juge l'outil de la CGT comme la seule méthode fiable pour lutter contre les discriminations.

Selon le baromètre des discriminations syndicales Selon le baromètre des discriminations syndicales

Maintenant que des chiffres officiels viennent confirmer l'ampleur des discriminations syndicales, dénoncées depuis toujours par la CGT, les pouvoirs publics ne peuvent plus ignorer la situation. La liberté syndicale est un droit garanti par la Constitution et le gouvernement à le devoir de préserver cette liberté.

La CGT continuera toujours d'agir pour lutter contre la répression et la discrimination syndicale et pour permettre l'exercice des libertés syndicales nécessaires aux conquêtes sociales.

Lire le rapport du baromètre des discriminations syndicales

 

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La CGT en congrès

15 Mai 2019, 07:19am

Publié par PCF Villepinte

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CGT Agissons : urgence, salaires, emplois et justice sociale

21 Novembre 2018, 17:40pm

Publié par PCF Villepinte

Déclaration de la Commission exécutive confédérale CGT

PUBLIÉE LE 20 NOV 2018

 

Des salariés actifs et retraités, des citoyens expriment une colère légitime pour avoir les moyens de vivre dignement, pour plus de justice sociale. Cette colère, la CGT la comprend et la porte au quotidien depuis plusieurs mois et au travers de nombreuses journées d’action et de grèves.

Alors que la France est en 2017 le 5e pays producteur de richesses dans le monde, le chômage, le travail précaire s’accroissent et plongent dans le désarroi de plus en plus de familles, de citoyens. La préoccupation d’une partie grandissante de la population est de boucler les fins de mois. Ça ne peut plus durer. Une société qui n’offre pas de perspectives à ceux qui produisent les richesses par leur travail, ni à la jeunesse pas plus qu’aux retraités, est une société sans avenir.

Le gouvernement joue avec le feu en banalisant les revendications, en ignorant les organisations syndicales. Pire, le président de la république, ses ministres sont régulièrement méprisants vis-à-vis des citoyens au travers de « petites phrases ». Cette politique lui revient en boomerang en plein visage. La responsabilité du gouvernement est énorme. Le surnom de président des riches est bien justifié. À force de tirer sur la ficelle, les premiers de cordée seront bien seuls au sommet.

Il y a donc urgence à répondre aux attentes sociales comme :

L’augmentation du SMIC à 1800 euros avec répercussion sur l’ensemble des grilles de salaires mais aussi des pensions et des minima sociaux ;

La prise en charge des transports par les employeurs ;

Une TVA à 5,5% pour les produits de première nécessité, notamment le gaz et l’électricité ;

Une fiscalité juste, tenant compte des revenus, avec en premier lieu le rétablissement de l’impôt sur la fortune.

Ces revendications sont urgentes et légitimes.

Le gouvernement instrumentalise les enjeux environnementaux, alors que rien ne se fera si on ne prend pas en compte le lien unissant cause sociale et cause écologique. Nous refusons cette nouvelle division orchestrée par l’Élysée entre les citoyens qui seraient responsables en matière environnementale et les autres. Nous refusons de mêler nos voix avec ceux, comme le Patronat, qui font volontairement l’amalgame entre taxes et cotisations sociales.

Dans cette période de clair-obscur où peuvent surgir les monstres, la CGT appelle les citoyens à ne pas laisser dévoyer leur colère par ceux distillant des idées xénophobes, racistes, homophobes. C’est bien tous ensemble que nous pourrons infléchir la politique du Président des riches. Par ses initiatives, sa volonté de rassemblement et d’unité, la CGT est au service des salariés, des citoyens pour un monde de progrès et de justice sociale. Elle prendra toutes les initiatives dans la période pour permettre à ceux qui luttent de s’organiser afin de gagner sur leurs justes revendications.

Le 1er décembre, la CGT appelle tous les citoyens, les salariés actifs et retraités à se joindre aux manifestations des privés d’emploi pour exiger des réponses immédiates et précises de la part du gouvernement et du patronat

Montreuil, le 20 novembre 2018

 

 

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Comptes d'apothicaire ?

29 Mars 2013, 17:24pm

Publié par PCF Villepinte

 

 

 

Représentativité syndicale : cinq sur cinq
 

 

 

Le Haut conseil du dialogue social (HCDS) a annoncé ce matin les résultats de la mesure d’audience de la représentativité syndicale. La CGT, la CFDT, FO, la CFE-CGT et la CFTC restent représentatifs. La CGT conforte sa place de premier syndicat.

Elles étaient cinq, elles restent cinq. La CGT, la CFDT, FO, la CFE-CGC et la CFTC restent les cinq organisations syndicales représentatives, c'est-à-dire autorisées à s’assoir à la table des négociations et à signer des accords sociaux pour le privé.

Ce matin, à l’issue d’une réunion du Haut conseil du dialogue social (HCDS), sous l’égide de Yannick Moreau, présidente des séances et de Jean-Denis Combrexelle, directeur général du Travail,  les résultats de la mesure d’audience de la représentativité syndicale ont été annoncés. Et si beaucoup y voyaient la fin de la représentativité de la CFTC et une limitation de celle de la CFE-CGC, les résultats de la mesure d’audience ont infirmé les pronostiques. La CGT confirme sa position de premier syndicat avec 26,77% des suffrages exprimés, suivi par la CFDT à 26%, FO à 15,94%, la CFE-CGC à 9,43% (18,4% chez les cadres) et la CFTC à 9,30% (l’UNSA totalise 4,5% des suffrages et Solidaire 3,47%). Pour être représentative, une organisation syndicale doit afficher un score d’au moins 8% des suffrages exprimés lors des élections professionnelles, des élections dans les très petites entreprises (TPE) et des élections aux chambres départementales d’agricultures. En parallèle, pour être considérée comme représentative, une organisation syndicale doit remplir un certain nombre de conditions supplémentaires. Ainsi, le respect des valeurs républicaines, l’indépendance, la transparence financière, l’ancienneté de deux ans, l’influence (activité et expérience) et les effectifs d’adhérents et cotisations sont également pris en compte.

"l’accord est majoritaire, c’est mathématique"

En ce qui concerne les accords nationaux interprofessionnels, le « poids relatif » de chaque organisation syndicale est calculé sur les seuls votes en faveur des syndicats dépassant la barre des 8% de suffrages exprimés. Selon ces calculs, la CGT totalise 30,62% des voix, la CFDT 29,74%, FO 18,23% la CFE-CGC 10,78% et la CFTC 10,63%. Pour être validé, un accord national interprofessionnel doit être paraphé par une ou plusieurs organisations syndicales représentant au moins 30% des suffrages et ne doit pas être refusé par des organisations syndicales représentant 50% ou plus des suffrages. En clair, la CGT, avec 30,62% des voix est en capacité de signer, seule, un accord national. En ce qui concerne l’accord national interprofessionnel (ANI) signé le 11 janvier dernier par la CFDT, la CFE-CGC et la CFTC et refusé par la CGT et FO, à eux trois, les syndicats signataires totalisent une représentativité de 51,15%. « Les trois syndicats pèsent plus de 50%, l’accord est majoritaire, c’est mathématique », a sobrement commenté Philippe Detrez, conseiller confédéral de la CGT.

Pour les accords de branches, sont représentatifs les syndicats ayant obtenu plus de 8% des suffrages mais également les syndicats de la branche concernée affiliés à une des cinq organisations syndicales représentatives. Selon Jean-Denis Combrexelle, sur quelques 750 branche professionnelles, « l’Unsa serait ainsi représentative dans 97 branches et Solidaires dans 54 ».

« Ces résultats sont issus d’un processus long et complexe de 5 ans », a commenté Yannick Moreau, ajoutant qu’ils « confortent les syndicats dans leur rôle au sein du dialogue social en France ».

Voulue par la droite en 2008, la réforme de la représentativité avait pour but de légitimer les syndicats par des résultats d’élections et non par un arrêté ministériel datant de 1945 et 1966, comme c’était le cas jusqu’ici. « C’est un jour important, historique même » a déclaré la présidente des séances du HCDS. Mais le travail n’est pas terminé. Le haut conseil au dialogue social « ne rend pas d’arbitrages, a précisé Yannick Moreau, il donne un avis et c’est au ministre (du travail-ndlr) que revient la décision finale prise par arrêtés ». Les résultats pouvant, entre temps, être contestés par les organisations syndicales. Les arrêtés de représentativités devraient être publiés « aux alentours des mois de mai au niveau national interprofessionnel et juin au niveau des branches » a confirmé Jean-Denis Combrexelle.

 

S’ils sont validés par arrêtés ministériel, les résultats

de la mesure d’audience et donc la représentativité des syndicats telle qu’elle en ressort sera valide pour une durée de quatre années, jusqu’en 2017.

Marion d’Allard

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Le 50ème congrès de la CGT s’adresse aux salariés

27 Mars 2013, 08:22am

Publié par PCF Villepinte

Tous ensemble pour le progrès social
50e Congrès CGT – Toulouse 18-22 mars 2013

Cette adresse aux salarié-e-s a été adoptée par les délégué-e-s des syndicats CGT au 50e Congrès de la CGT à Toulouse le 22 mars 2013.

Les syndicats de la Confédération Générale du Travail, réunis en congrès à Toulouse, s’adressent à vous. Au quotidien, nos conditions de vie et de travail se dégradent.

En France, en Europe et dans le monde, la crise et ses conséquences sont d’une violence insupportable.

Les politiques d’austérité mises en œuvre par les gouvernements nourrissent la crise et plongent les peuples dans la misère, réduisent les droits sociaux, s’attaquent aux libertés fondamentales, généralisent l’insécurité sociale.

Les travailleur-se-s et les peuples sont mis en concurrence. Ces politiques alimentent le cercle vicieux de la crise et renforcent le désespoir. La désignation de boucs-émissaires alimente les peurs et les replis identitaires. La CGT poursuivra résolument son combat contre le racisme et la xénophobie.

Cette crise n’est pas pour tous : Les actionnaires continuent à engranger le profit et l’argent facile.

La crise, celle du capitalisme, est d’abord le fruit d’une dévalorisation du travail.

L’issue progressiste à la crise exige une autre répartition des richesses, la reconnaissance, la revalorisation du travail.

Le patronat a déclaré la guerre au monde du travail. Il profite de la crise qu’il a provoquée et impose des régressions sans précédent : dégradation des conditions de travail, flexibilité accrue, précarisation de l’emploi, suppressions d’emploi, baisse des rémunérations, répression syndicale...

La CGT condamne avec force toutes les formes de répressions, de discriminations, de remise en cause du droit de grève et de l’exercice du droit syndical.

La CGT réclame l’amnistie de tou-te-s les syndicalistes et des défenseurs des droits injustement condamnés, dans le cadre de leur activité syndicale.

La CGT exprime sa solidarité avec tous les salarié-e-s d’ores et déjà engagé-e-s dans les luttes et appelle l’ensemble du monde du travail à se mobiliser pour le progrès social.

Pour sortir de la crise, exigeons une autre répartition des richesses pour le travail, le plein emploi, l’augmentation des salaires, un système de protection sociale solidaire.

Pour sortir de la crise, imposons le maintien et le développement des activités et de l’emploi industriel, la reconquête des politiques publiques, des services et de l’emploi publics. Pour sortir de la crise, gagnons un statut du travail salarié et une sécurité sociale professionnelle avec un socle de droits attachés à la personne, transférables et garantis collectivement. Pour sortir de la crise, construisons un autre modèle économique, social, humain et écologique.

Ensemble, élevons le rapport de forces pour rompre avec les politiques libérales.

Nous sommes résolus à créer les conditions de l’unité du monde du travail, des femmes comme des hommes, des jeunes comme des retraité-e-s, des ouvrier-ère-s comme des cadres, des salarié(e)s précaires, des migrants, des privés d’emploi.

Pour que ça change vraiment, la CGT est disponible pour construire avec vous, votre syndicat, les mobilisations pour le renforcement des solidarités, un syndicalisme de lutte, de conquête, de transformation et de progrès social.

La CGT réaffirme sa volonté de travailler à un syndicalisme rassemblé pour favoriser les convergences d’actions dans la durée, du niveau local, au plus près des lieux de travail jusqu’à l’international.

Elle décide de faire du 1er mai, journée internationale du travail, une journée de lutte et de manifestations. A l’échelle européenne, la CGT poursuivra la construction du processus de mobilisations en convergence avec tous les salarié-e-s.

Au plan national, la CGT appelle les salarié-e-s à se mobiliser : pour la reconquête de la Sécurité sociale et la garantie de son financement solidaire fondé sur le travail ;

Pour une réforme ambitieuse du système de retraite par répartition, avec un âge d’ouverture des droits dès 60 ans, la prise en compte de la pénibilité, un niveau de pension d’au moins 75 % du salaire, au moment où le gouvernement annonce l’ouverture d’une concertation sur une nouvelle réforme dès la fin de ce printemps.

Dans l’immédiat, il faut empêcher la transposition dans la loi de l’accord minoritaire, faussement nommé « Sécurisation de l’emploi », qui dynamite quarante ans de droit du travail en France.
Moins de droits pour les salarié-e-s, plus de liberté de licencier pour les employeurs : c’est non ! Disons le tous ensemble.

Pour que ça change vraiment, dès maintenant, toutes et tous dans l’action, en grève et en manifestions lors d’une journée nationale le mardi 9 avril 2013.

La crise c’est eux. La solution c’est nous. TOUS ENSEMBLE !

 


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Congrès CGT en direct:

22 Mars 2013, 12:27pm

Publié par PCF Villepinte

Thierry Lepaon lors de son discours d'ouverture du 50ème congrès de la CGT lundi

Social-Eco - le 22 Mars 2013

 

 Bernard Thibault passe la main à Thierry Lepaon

 

 

Toulouse, envoyé spécial. La dernière journée du 50ème congrès de la CGT en direct. Lors de son discours de clôture du congrès et de départ de la tête de la confédération, Bernard Thibault a appelé la CGT à se rassembler derrière son successeur officiellement élu ce vendredi, Thierry Lepaon.

12 heures 30.

"Ouf, c'est dur", lâche Bernard Thibault avant de prendre la parole pour le discours de clôture du congrès. Auparavant, le désormais ancien secrétaire général de la CGT avait été applaudi par l'ensemble des congressistes après la projection d'un film dans lequel, notamment, le coiffeur Franck Provost lui a dit "Bernard, je vous attends!".

Après avoir déposé le ballon de rugby dédicacé par tous les joueurs du Stade toulousain en main, Bernard Thibault a remercié les délégués pour avoir approuvé "à plus de 87% le rapport d'activité (...). Pour une direction syndicale que d'aucuns considèrent comme coupée de sa base, avouez que ce n'est pas si mal". Il a salué ses proches et ses collaborateurs, avant de délivrer un dernier message pour l'avenir:

--> Liberté syndicale: "Il n'est pas normal qu'en France, pays des droits de l'homme, les salariés soient la seule catégorie de citoyens à qui l'on conteste la liberté fondamentale de se syndiquer", affirme-t-il avant d'appeler les parlementaires à "voter rapidement une loi d'amnistie pour les militants syndicaux".

--> syndicalisation: "Au moment où d'autres peuvent s'interroger sur le nombre d'adhérents qu'ils sont susceptibles de perdre", sourit Bernard Thibault en référence aux conséquences de l'accord de flexi-sécurité de l'emploi signé par le Medef, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC, l'ex-leader de la confédération apelle "à ouvrir en grand les portes de la CGT. (...) C'est consolider son caractère de classe en étant un syndicat de masse.

Bernard Thibault a conclu par une pirouette, annonçant avoir fondé une amicale des anciens secrétaires généraux de la CGT avec Georges Séguy et Louis Viannet, présents dans la salle.

 

  • Midi. Thierry Lepaon salue Bernard Thibault

"Au nom de tous ceux qui vont reprendre le flambeau, oui, je te dis, cher Bernard, avec émotion et avec gratitude, la CGT te doit ce qu'elle est devenue aujourd'hui, utile, influente, reconnue et donc pleine de promesse pour l'avenir", lance notamment Thierry Lepaon à son désormais prédécesseur, après qu'un dessin projeté explique: Thibault, Lepaon, la CGT  change de coiffeur!

--> A lire notre portrait de Bernanrd Thibault: la locomotive du syndicalisme

Après quatorze années passées à la tête de la CGT, Bernard Thibault passe le flambeau à Thierry Lepaon jeudi. Occasion de revenir sur le parcours d’un cheminot qui a pris très tôt le train des responsabilités et a su, à petite ou grande vitesse selon les défis, conforter la place dominante de la CGT dans le paysage syndical. Lire la suite...

 

  • 11 heures 35. Thierry Lepaon pour un "syndicalisme renforcé"

Dans ce discours, Thierry Lepaon réaffirme son souci de rassemblement à l'heure où le projet de loi sur l'ANI divise les organisations syndicales: "Nous voulons mobiliser les salariés sur des valeurs communes à partir de ce qui nous rassemble, le travail." Ses cibles contre lesquelles la CGT va se battre, selon lui: "la flexibilité", l'"insécurité sociale", "le coût exorbitant du capital". Il propose contre cela "le droit suspensif aux licenciements, ou le droit pour les salariés de porposer un projet de reprise de l'entreprise lorsque celle-ci est en difficulté".

Comme son prédécesseur, Thierry Lepaon appelle à "développer une politique ambitieuse de syndicalisation", notamment en direction des jeunes.

En conclusion de ses objectifs, le nouveau secrétaire général de la CGt reprend le thème du rassemblement avec les autres organisations syndicales. "Notre congrès a confirmé notre stratégie du syndicalisme rassemblé. C'est un chemin qui a toujours été difficile, mais ce n'est pas parce que c'est difficile qu'il faut y renoncer.  face à la déterminatiob du patronat, les seules forces de la CGT ne sufiront pas pour que les salariés soient entendues."

Thierry Lepaon salue ensuite les élus sortants des organes de direction de la confédération. A ce sujet, il tient à "remercier" Nadine Prigent et Michèle Gay, qui quittent le Bureau confédéral. Bernard Thibault avait proposé Nadine Prigent pour lui succéder à la tête de la CGT.

 

  • 11 heures 30. Présentation des nouveaux élus

Les directions de la CGT sont présentées aux congressistes: la Commission exécutive confédérale et le bureau confédéral.


  • 11 heures 25. Résolution d'actualité adoptée


  • 11 heures 20. "Pour le retrait de l'ANI"

Agnès Naton reprend la parole au sujet du projet de loi de transposition de l'ANI. "Il y a aucune ambiguité entre nous. La CGT a décidé d'une journée nationale de mobilisation pour obtenir le retrait du projet de loi. En clair, en net, c'est pour le retrait de ce projet de loi. Ceci étant, j'attire votre attention sur l'urgence de notre responsabilité: c'est de convaincre le monde du travail de s'engager dès maintenant dans ce processus de mobilisation et d'action pour empêcher la transposition de l'accord dans la loi et pour le retrait."

  • 11 heures 15. l'ANI, point d'achoppement

Lors du débat sur la résolution d'actualité,un délégué CGT de Renault Sandouville se demande comment combattre l'accord de flexibilité/sécurisation de l'emploi avec d'autres syndicats quand certains de ceux-ci signent des accords de compétitivité-emploi. Un autre délégué cheminot affirme qu'il ne manifestera pas le 1er mai au coté d'autres organisations qui ont signé cet accord national interprofessionnel. 

-->A lire à ce sujet: Débat ouvert sur l'unité syndicale


  • 10 heures 45. Défilé du 1er mai et journée nationale d'action en avril

Agnès Naton, secrétaire confédérale de la CGT, chargée des questions de précarité, pauvreté, exclusion, présente la résolution d'actualité. Elle réaffirme

  1. "l'invitation" de la CGT à "faire du 1er mai une journée de lutte et de manifestation". La veille, lors d'un point presse, Thierry Lepaon avait expliqué: "On peut envisager un 1er mai dynamique et unitaire. Il y a un point de désaccord (avec la CFDT sur l’ANI, ndlr), mais il y a beaucoup de sujets d’accord"
  2. l'organisation d'une journée nationale d'action contre la réforme du marché du travail, ors de la première quinzaine d'avril. Initialement prévue entre le 2 et le 5 avril, cette journée devrait se tenir un peu plus tard, afin de répondre à la difficulté rencontrée par certains syndicats composant la CGT pour déposer un préavis de grève dans les délais légalement requis.
  3. les revendications de la CGT en vue de l'ouverture de nouvelles négociations sur le financement des retraites ("ouverture des droits dès 60 ans, prise en compte de la pénibilité", souligne Agnès Naton)
  4. la volonté de la CGT d'"empêcher la transposition dans la loi de l'accord national interprofessionnel, ou accord de sécurisation/flexibilisation de l'emploi signé par le Medef, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC, qui "dynamite le droit du travail en France".

 

  • 10 heures. Thierry Lepaon élu

Thierry Lepaon succède à Bernard Thibault qui a dirigé le premier syndicat français pendant 14 ans. L'annonce de l'élection du sixième secrétaire général de la CGT depuis la dernière scission de 1947 a été effectuée ce vendredi matin sous les yeux de ses prédécesseurs Georges Séguy, Louis Viannet, sous les yeux aussi de Bernard Thibault, secrétaire général sortant qui doit prononcer le discours de cloture ce midi. 

M. Lepaon qui présidait le groupe CGT au Conseil économique, social et environnemental (Cese), s'était fait connaître dans la lutte pour la défense des salariés de Moulinex début 2000. Il a été aussi secrétaire général du comité régional CGT de Normandie.

  • A lire notre portrait:

Thierry Lepaon, "le rassemblement, c'est notre seule force à nous"

À dix-sept ans, 
il décroche un premier poste de soudeur. 
À cinquante-trois ans, ayant connu plusieurs fois les affres 
du licenciement, Thierry Lepaon se retrouve à la tête 
de la CGT, avec pour mission de souder ceux qui luttent. Parcours...

S.G.

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50° congrès de la CGT

20 Mars 2013, 08:02am

Publié par PCF Villepinte

Social-Eco - le 19 Mars 2013
 Le modèle coopératif est au 50ème congrès de la CGT
 

 

Toulouse, envoyé spécial. De plus en plus d’entreprises en lutte envisagent de se constituer en Scop pour s’affranchir du diktat des actionnaires et des logiques purement financières. Plusieurs coopératives sont présentes sur le congrès de la confédération, dont l’imprimerie Hélio-Corbeil. Son patron, responsable CGT, est venu apporter son expérience au congrès de la Confédération.

Les syndiqués CGT de Pilpa comme de Fralib, également présents au congrès, portent depuis un certain temps ce projet de coopérative. Ce sont des sites parfaitement viables, si on enlève la pression des actionnaires. Plus récemment, ce sont les salariés de Goodyear qui souhaitent se constituer en Scop. La CGT du site d’Amiens Nord porte depuis fin février un projet de reprise de l’usine sous forme de coopérative et qui permettrait de sauvegarder les quelques 1200 emplois. L’idée séduit, se pose de plus en plus en résistance concrète à la logique néolibérale.

« On se rend compte de la porté sociétale et syndicale de la coopérative »

L’imprimerie Helio-Corbeil, rachetée en février 2011 par ses employés, en est un bel exemple. L’entreprise avait été placée en redressement judiciaire et a pu être sauvée sous la forme de coopérative pérenne. C’est l’ancien délégué CGT du site Bruno Arasa qui a pris la tête de la nouvelle structure. Il explique : « Hélio-Corbeil a décidé de venir exposer au congrès confédéral, en premier lieu parce que le projet coopératif de reprise de l’entreprise par les salariés a été fortement porté par le syndicat CGT. C’était au début une réponse conjoncturelle, c'est-à-dire soit ça soit le chômage, et puis maintenant que ça fait un an et demi qu’on est une coopérative, on se rend compte petit à petit de la porté sociétale et syndicale que ce modèle coopératif porte. A savoir des questions simples mais profondes, comme est-ce qu’on peut avoir une vraie démocratie sans démocratie dans l’économie, c'est-à-dire en entreprise. Et autour de ça la question de l’appropriation de l’outil de production par les salariés. »

Quant aux salariés de la coopérative, Sylvain, cadre au sein du service client chez Hélio-Corbeil explique tout simplement : « Ce qui a vraiment changé, c’est qu’avant, on avait beau se décarcasser au travail, il y avait un gars quelque part au Québec [ndlr : avant la reprise en coopérative, Hélio faisait partie d’un groupe Québécois] qui pouvait virer comme ça 50 personnes et vous avec. Aujourd’hui, on a notre destin en main ».

"L’effet Highlander" détruit le tissu industriel français

Bruno Arasa porte un vrai message positif qui fait du bien à entendre, y compris dans ce congrès confédéral combattif certes, mais éprouvé par les très nombreux plans sociaux. Economiquement parlant, Hélio-Corbeil va bien mieux, et les clients ont suivi. «Pas parce qu’ils adhèrent au projet de coopérative. Mais nos clients ont fait mourir le tissu industriel français. J’appelle ça l’effet Highlander, il ne peut en rester qu’un.  Malgré que ce soit la CGT qui porte ce projet,  et qui soit pratiquement aux manettes, parce que j’étais le délégué syndical, force et de constater qu’ils avaient besoin de nous, parce qu’après avoir fait crever tout le monde autour, et bien ils étaient bien content qu’il y ait encore quelques salariés qui aient envie de se battre pour sauver leur emploi et qui leur assurent la prestation dont ils ont besoin ».

  • Bruno Arasa en vidéo

Pierric Marissal

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Evénement. 50ème congrès de la CGT

18 Mars 2013, 12:09pm

Publié par PCF Villepinte

Près d’un Français sur deux a une bonne opinion de la CGT

 

 

Selon un sondage Ifop-l’Humanité, c’est parmi les jeunes de 18-34 ans que le syndicat obtient le plus d’opinions positives.

Toulouse, 
envoyée spéciale. À la question unique : « Avez-vous une très bonne opinion, une assez bonne opinion, une assez mauvaise opinion ou une très mauvaise opinion de la CGT ? », 45 % des 1 005 personnes interrogées par l’institut de sondage Ifop en fin de semaine dernière ont déclaré avoir une bonne opinion de l’organisation syndicale.

Par rapport aux précédents sondages, ces résultats montrent une inflexion des opinions favorables. Le « score reste toutefois relativement élevé », analyse Jérôme Fourquet, directeur du département opinions de l’Ifop, étant donné que « les précédents sondages réalisés en 2005 en 2006 faisaient suite à de grands mouvements sociaux (le référendum européen et le CPE), couronnés de succès ». En 2006, ils étaient 51 % à déclarer avoir une bonne opinion de la CGT. Dans un contexte de tensions sociales, cette évolution témoigne du fait que la violente campagne anti-CGT lancée il y a quelques semaines n’est pas sans impact sur l’opinion. À la suite d’autres, un dossier paru la semaine dernière dans Valeurs actuelles qualifiait les syndicalistes de « professionnels de la casse », d’« opposants stériles » qui « ruinent l’économie (…) et minent le dialogue social ».

En parallèle, note Jérôme Fourquet, « la baisse d’opinions favorables est particulièrement importante chez les électeurs socialistes. En 2006, ils étaient 72 %, aujourd’hui, ils ne sont plus que 61 % ». Une chute de 11 points dont on peut attribuer l’origine à l’opposition de la CGT aux politiques austéritaires du gouvernement de gauche au pouvoir. Dans le détail, le sondage montre que 50 % des salariés ont une bonne opinion de la CGT – 54 % pour le secteur public et 48 % pour le privé. Les femmes sont plus nombreuses (49 %) à en avoir une bonne opinion que les hommes (40 %). Enfin, les 18-34 ans sont plus de 60 % à apprécier la CGT, signe d’un rajeunissement potentiel des forces syndicales.

  • A lire aussi:

L'Humanité spéciale congrès de la CGT

Marion d’Allard

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CGT

17 Mars 2013, 18:29pm

Publié par PCF Villepinte

 - le 17 Mars 2013

 

 

Table ronde : Le syndicalisme peut-il changer les choses ?

 

 

Le 50e Congrès de la CGT se tient à partir de demain lundi à Toulouse jusqu'au 22 mars. Alors que la confédération est montrée du doigt par les bien-pensants néolibéraux, l'organisation syndicale s'est vue portée à la première place dans les petites entreprises lors des récentes élections professionnelles.

Après la signature, le 11 janvier dernier, de l'accord national interprofessionnel (ANI) sur la sécurisation de l'emploi, très favorable au grand patronat et au Medef, par les organisations syndicales minoritaires, le syndicalisme est interrogé... En pleine crise financière et devant les seules politiques d'austérité, les plans de licenciement, les fermetures de sites de production se multiplient. Les salariés subissent la pression toujours grandissante de la mise en concurrence, de la flexibilité dans l'emploi et de la baisse de leurs rémunérations. Quel rôle pour le syndicalisme dans cette situation de crise ? De quelles propositions, capacités et leviers dispose-t-il pour arracher des avancées dans ce contexte de régression ?

TABLE RONDE AVEC : Gérard Aschieri, syndicaliste, membre du conseil scientifique FSU. Maryse Dumas, syndicaliste, représentante CGT au Conseil économique, social et environnemental. Didier Le RESTE, militant politique et syndical, animateur du Front des luttes. Michel Vakaloulis, philosophe et sociologue, maître de conférences à l'université Paris-VIII.

Selon vous, le mouvement syndical a-t-il suffisamment pris en compte les fortes transformations du travail des dernières années ?

Maryse Dumas. Jamais assez bien sûr, mais en partie malgré tout. Les syndiqués sont des salariés qui amènent naturellement dans le syndicat les préoccupations qui naissent dans le travail. Deux obstacles cependant à une réelle prise en compte : d’abord l’importance du problème de l’emploi, en quantité et en qualité, qui, depuis des années, prend le pas sur toutes les autres préoccupations ?; ensuite, la trop faible implantation syndicale, avec des trous béants dans des secteurs professionnels entiers, notamment dans le privé. Le syndicalisme est présent dans un plus grand nombre d’entreprises mais avec, à chaque implantation, des collectifs syndiqués plus réduits. Cela handicape ses capacités à appréhender les évolutions du travail, notamment pour les non-syndiqués, qui sont les plus nombreux, ne l’oublions pas. De plus, les différentes organisations syndicales n’ont ni les mêmes propositions ni les mêmes pratiques. C’est pourquoi organiser la confrontation entre les salariés et avec les syndiqués sur les problématiques de leur travail est absolument nécessaire. Non seulement il ne faut rien craindre du débat mais il est la condition pour l’implication du plus grand nombre. L’action syndicale y trouvera des forces et des raisons nouvelles de confiance et de dynamique revendicative sur tous les sujets, y compris les salaires et l’emploi.

Gérard Aschieri. Mon expérience est surtout celle des services publics, et je pense qu’il y a des conceptions et des démarches diverses au sein du syndicalisme. Je me garderai donc de toute réponse trop tranchée. Cela dit, il me semble que les transformations du travail sont aujourd’hui une préoccupation de mieux en mieux prise en compte par le mouvement syndical, avec de multiples initiatives pour y réfléchir, former les militants et intervenir sur ces sujets. Il y a sans doute des progrès à faire mais on est en bonne voie. En revanche, je me demande si les modes d’organisation et les structures des syndicats se sont bien adaptés à ce nouveau contexte. C’est peut-être là qu’il y a le plus besoin d’évolution pour avoir des organisations efficaces face au développement de la précarité, à la sous-traitance, au nouveau management, rassembler non seulement les salariés dans les entreprises et les services mais aussi tous ceux qui y passent brièvement ou sont cantonnés à la périphérie, et pouvoir intervenir sur la réalité du travail.

Didier Le Reste. Sous l’impulsion des politiques de droite, la gestion de plus en plus libérale des entreprises, qu’elles soient du public ou du privé, a globalement conduit, ces dernières années, le mouvement syndical à se focaliser plus sur l’emploi que sur le travail, son contenu, son sens et sa finalité. Il y a même eu confusion entre travail, emploi et employabilité. Au nom de l’excellence, de la performance individuelle, de la concurrence exacerbée, de la rentabilité financière, les logiques managériales ont organisé ce que les sociologues appellent la mise en « précarité subjective » des salariés. De fait, il y a de plus en plus de souffrance au travail provoquant des suicides, et l’on a vu, pour la première fois lors des manifestations contre la réforme des retraites en 2010, des banderoles affichant ? : « Métro, boulot, tombeau ! » En règle générale, les salariés aiment leur travail mais ce qu’on leur impose de faire vide celui-ci de son sens. Ce n’est pas le travail en tant que tel qui est source de souffrance mais ce que l’emploi en fait. Le mal travail coûte chaque année quatre points de PIB à notre économie (80 milliards d’euros). Il y a urgence à réinvestir dans la « centralité » du travail, à placer celui-ci au cœur d’une véritable dynamique d’émancipation.

Michel Vakaloulis. La perception syndicale des transformations du travail salarié est sans doute très précoce et s’exprime de manière solennelle dans les rapports introductifs aux congrès confédéraux dès les années 1970. Mais l’analyse des méthodes patronales de « modernisation », qui finissent par faire exploser l’ancienne configuration des rapports de classes, n’imprime pas immédiatement sa marque chez les militants de base. Lorsqu’il s’agit de passer du constat aux actes, la peur de bousculer les situations acquises, aussi bien dans les structures de l’organisation que dans l’entreprise, repousse à plus tard l’expérimentation du renouveau syndical. Acteur du changement social, le syndicalisme est à son tour pris en défaut par la force corrosive du capitalisme libéral. Le mouvement syndical a certainement « bougé » dans les années de crise, mais à quel rythme, à quel prix et dans quelle direction ? Il demeure combatif, mais ses réserves militantes s’amenuisent. Dans les faits, il peine à passer de la « stratégie du bouclier » (déjouer les « mauvais coups ») à un « syndicalisme de conquête ». L’intervention dans le fonctionnement global et les critères de gestion de l’entreprise n’est partagée que par une minorité de syndicalistes. Quant à la composition socioprofessionnelle du militantisme, elle correspond de moins en moins à la diversité du salariat marqué par la tertiarisation et la féminisation de l’emploi, l’arrivée massive des jeunes diplômés, la montée des cadres et des professions intellectuelles. Cette inadéquation fragilise le syndicalisme. Elle se manifeste notamment dans la difficile prise en compte des problèmes posés par ces nouvelles catégories ? : la précarisation, le rapport travail/hors travail, la quête de reconnaissance et la valorisation des compétences individuelles.

Justement, on décrit souvent un rapport des forces très défavorable aux salariés. Dans le contexte de crise et de pression austéritaire, l’action revendicative et le mouvement syndical sont-ils en capacité de résister, et surtout d’arracher des conquêtes sociales ?

Gérard Aschieri. Si l’on regarde ce qui s’est passé ces dernières années, on peut se dire qu’au mieux l’action syndicale a permis de résister de façon partielle, et que, plus le temps passe et plus la crise s’approfondit, plus le syndicalisme en est réduit à se contenter de limiter les reculs. On est bien loin de véritables conquêtes sociales ! Tout se passe comme si la crise qui a montré les impasses du système néolibéral et les catastrophes qu’il génère servait d’argument pour accentuer encore plus cette politique et faire sauter les dernières protections des salariés. Pourtant le syndicalisme, en France et dans le monde, a souvent conservé la confiance des salariés et une incontestable capacité de mobilisation de masse. Mais le problème me semble être qu’il n’est pas encore en capacité de rendre crédibles de véritables alternatives aux politiques néolibérales. C’est sans doute ce qui a manqué en 2010. Pour cela, il me semble indispensable non seulement de mener des luttes mais aussi d’être capable de faire un vrai travail d’éducation populaire, de débat politique de masse au meilleur sens du terme, et de le faire en liaison avec d’autres types de forces, qu’elles soient associatives ou politiques. Autant je crois indispensable de préserver jalousement l’indépendance syndicale, autant je pense que celle-ci ne doit pas signifier ignorer les autres mais implique de travailler avec d’autres dans le respect absolu des spécificités de chacun. Le syndicalisme a la responsabilité de défendre les salariés ? : de ce point de vue, il n’y a pas de petite bataille ou de petits acquis. Il est indispensable d’obtenir et d’acter des résultats même partiels. Mais si le syndicalisme se contente d’agir dans les marges que lui laisse le système néolibéral et s’il ne se bat pas aussi pour transformer le système, il risque d’être enfermé dans ces marges qui ne feront que rétrécir.

Maryse Dumas. Disons qu’ils doivent s’organiser avec l’ambition de gagner. Parler propositions, revendications, avenir est le meilleur moyen d’affronter l’offensive antisociale en donnant corps à des alternatives. La seule opposition, même nécessaire, à des réformes nocives atteint vite des limites si elle ne s’appuie pas sur l’exigence de mesures alternatives. Le grand problème actuel est le sentiment grandissant d’impuissance, celui d’avoir tout essayé, des luttes aux bulletins de vote, sans parvenir à enrayer le rouleau compresseur. Or, la confiance peut être restaurée sur des revendications qui paraissent plus à portée de main, qu’elles se posent au quotidien ou sur les lieux de travail et de vie. D’où l’importance de ne surtout pas délaisser, et même d’investir en termes offensifs et dynamiques, tous les sujets d’actions concrètes et de faire la preuve sur ce terrain-là de l’efficacité de l’action collective et syndicale. Pas pour abandonner les luttes sur des enjeux plus globaux, au contraire, pour leur donner plus de force. Nouveau statut du travail salarié, plein-emploi solidaire, développement humain durable, développement industriel, nouvelles réponses de service public, la CGT avance des propositions ambitieuses et transformatrices. Elles méritent de prendre corps dans une multiplicité de revendications quotidiennes et d’initiatives d’actions et d’unité d’actions. Faute de quoi, le rapport de forces global continuera de se détériorer. À l’occasion du centenaire de la CGT, Jean-Pierre Chabrol disait : « Avec la CGT, la vie aurait pu être meilleure, sans la CGT, elle aurait été pire. » Travaillons à ce que les salariés, demain, puissent ajouter que, grâce à leur intervention et à leur adhésion à la CGT, leur vie a changé.

Michel Vakaloulis. Malgré ses tâches non remplies et sa faible vision stratégique, le syndicalisme est toujours capable de marquer des points. Son rôle n’a pas fondamentalement changé, même si l’étendue de ses missions et ses modes d’intervention sont à repenser. Sa légitimité est de partir des contenus professionnels pour donner des réponses concrètes aux problèmes des travailleurs, en les intégrant dans une dynamique collective. Quels moyens se donner pour réaliser cet objectif ? D’abord, il faut s’appuyer sur l’existant afin de mettre en perspective des solidarités élémentaires de classe. Les aspirations positives des précarisés à une transformation de leur situation représentent un boulevard pour l’action syndicale de sécurisation professionnelle. Ensuite, il faut conquérir une distance réflexive par rapport aux difficultés actuelles. Les salariés attendent des militants non pas des messages prédigérés, mais des éléments d’intelligibilité et d’optimisme permettant de nourrir leur propre opinion et d’améliorer leur condition. Enfin, le militantisme ne se vit plus actuellement comme un « destin » ou une « vocation », mais sur le registre de l’accomplissement de soi et du respect de l’autonomie personnelle. Ce qui oblige à revisiter la question de la démocratie syndicale.

Didier Le Reste. Un rapport de forces ne se décrète pas à coups de slogans ou d’incantations. Il se construit autour d’objectifs revendicatifs portés par une démarche démocratique. Il est d’autant plus efficace qu’il s’appuie sur l’unité des syndicats. Malheureusement, comme on le voit avec l’accord interprofessionnel dit à tort de « sécurisation de l’emploi », porteur de lourdes régressions sociales, le pôle syndical réformiste qui a signé avec le Medef passe de plus en plus du compromis à la compromission. Cela divise et affaiblit la capacité du monde du travail à se défendre et à peser favorablement sur les stratégies patronales et gouvernementales. Cela dit, en France, inversement au faible taux de syndicalisation, demeurent de fortes potentialités de mobilisation, comme on le voit en ce moment avec les nombreuses luttes sociales qu?il convient de saluer et de soutenir. Le syndicalisme tire pour une part sa légitimité dans le mouvement social mais, aussi indispensables soient les luttes du monde du travail, elles ont leurs limites. Sur les enjeux de société entre autres, elles trouvent leur pleine efficacité lorsqu’elles se conjuguent avec la bataille politique.

Face à la finance et à la place croissante des actionnaires, la question des nationalisations, de la reprise en coopérative ou du droit de veto a ressurgi comme alternative au massacre industriel et à l’hémorragie des suppressions d’emplois. Une articulation avec le politique est-elle à rechercher afin de rendre possible ces nouvelles formes d’« appropriation sociale et démocratique » ?

Michel Vakaloulis. La politique dominante ne marche qu’au rapport de forces. Elle a renoncé à changer le monde, elle ne fait que l’enfoncer dans la crise. Pour reconstruire le projet démocratique qui est en panne, il faut s’attaquer aux dispositifs de dépossession qui cloisonnent la vie politique et déroutent la participation des citoyens. En revanche, l’idée directrice du mouvement syndical est la possibilité de changer le cours des choses en faisant de la question sociale une priorité politique. D’où la rencontre inévitable avec le politique?: le syndicalisme a un intérêt vital à la réhabilitation de l’action publique. Or, on ne saurait bâtir l’indépendance syndicale sur les ruines de la crédibilité partisane. Ni mettre en perspective la démarche syndicale dans un paysage politique marqué par la dépression des projets alternatifs.

Maryse Dumas. Ces propositions ne valent pas seulement pour des entreprises en difficulté. Il faut créer les conditions d’un nouveau type de développement, respectueux des femmes et des hommes qui travaillent ainsi que des préoccupations environnementales, et se donner les moyens de contester au libéralisme sa domination. Une part du discrédit politique s’explique par la suprématie du pouvoir économique et financier sur le pouvoir politique. Rendre aux citoyens les moyens d’une force d’intervention dans l’économie pour conduire de grands projets industriels, sociaux et de recherche et innovation fera progresser l’intérêt pour la vie démocratique. C’est en ces termes que je pense l’articulation avec « le politique ». Tout appelle à une force syndicale indépendante du pouvoir et des partis politiques, à la fois constructive et critique, et surtout capable de mobiliser au-delà des choix partisans. Tous les engagements politiques sont présents dans la CGT, même si c’est à des degrés divers, et la plus grande partie des syndiqués n’adhèrent à aucun. Restreindre l’action de la CGT à une alliance avec le Front de gauche, cela pourrait peut-être faire plaisir à certains, en fonction de leurs propres sympathies, mais ce serait désastreux pour le rapport de forces global et la capacité de la CGT à unir et à rassembler pour des alternatives réelles et durables. L’offensive médiatique visant à accréditer l’idée d’une CGT réduite à une colonne vertébrale Front de gauche me paraît très parlante à cet égard !

Gérard Aschieri. Bien sûr, il est important de se battre pour ces pouvoirs nouveaux et pour des gestions plus démocratiques où les salariés puissent intervenir sur les choix stratégiques et pas seulement sur leurs conséquences. D’ailleurs, cela vaut aussi pour les services publics où se pose la question de modes de gestion permettant l’intervention aussi bien des agents que des usagers. Ce sont autant de conditions non seulement pour lutter contre les délocalisations et le chômage mais pour agir sur le contenu même du travail. Et c’est bien sûr la responsabilité du législateur de le permettre. Les organisations syndicales ont donc à travailler avec les politiques pour élaborer ces dispositifs : comme je l’ai déjà dit, la condition est simplement le respect de la spécificité de chacun et le refus de l’instrumentalisation (du syndicalisme par le politique mais aussi l’inverse). Mais je pense que ce travail peut porter plus largement sur des sujets d’une autre ampleur.

Didier Le Reste. Avec un taux de chômage dépassant les 10?%, un montant de dividendes versés aux actionnaires supérieur à celui de l’investissement productif, il y a urgence à étendre les droits et à doter les salariés et leurs représentants de réels pouvoirs aux fins d’intervenir sur les choix de gestion et de peser sur la stratégie des entreprises. Face au pillage d’activités stratégiques portant l’enjeu de la souveraineté du pays, on reparle à juste titre de nationalisations. Il convient de concevoir celles-ci dans une nouvelle approche, celle de « l’appropriation sociale » allant au-delà du seul aspect de la propriété publique. C’est là un élément déterminant dans la maîtrise économique et la transformation de la société. Cela suppose bien une interaction entre le mouvement syndical et le courant politique de transformation.

Cela exige-t-il de nouveaux dispositifs législatifs ? Et lesquels en priorité ?

Gérard Aschieri. Je pense qu’il y a plusieurs urgences : la première me semble être de permettre l’intervention des organisations syndicales en amont des choix stratégiques des entreprises. Il faut également mettre au plus vite en œuvre les nouvelles règles de représentativité, et les faire valoir non seulement en matière de négociations et d’accords mais aussi de gestion de notre protection sociale. L’on peut aussi évoquer une nouvelle législation sur les Scop qui facilite la reprise d’entreprises par les salariés.

Michel Vakaloulis. Il est important de conquérir de nouveaux droits, notamment sur le front de la lutte contre les précarisations, encore faut-il réinvestir et étendre les droits existants. Par exemple, les potentialités d’intervention sur la marche de l’entreprise sont insuffisamment explorées et exploitées par les élus dans les instances représentatives du personnel. À quelques exceptions audacieuses près, la jonction avec le militantisme de proximité n’opère guère. Mais cette jonction est plus que nécessaire pour l’emporter sur les difficultés du présent et retrouver un élan conquérant.

Didier Le Reste. À l’instar de la loi sur l’amnistie sociale, saluons le travail réalisé ces derniers temps par les parlementaires du Front de gauche, le mouvement syndical et des juristes, débouchant sur une proposition de loi visant à interdire les licenciements boursiers et les suppressions d’emplois abusives. L’idée est d’aller plus loin pour traduire dans la loi l’obtention d’un droit de veto suspensif attribué aux comités d’entreprise et aux délégués du personnel, un droit de préemption pour les salariés en cas de cession de leur entreprise.

Entretiens croisés réalisés par Pierre Chaillan

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Ce mercredi dans l'Humanité :

27 Février 2013, 09:57am

Publié par PCF Villepinte

 

 

L'amnistie sociale cherche grâce au Sénat

 

 

À l’occasion de leur niche parlementaire, les sénateurs communistes soutiennent une proposition de loi d’amnistie sociale. Mais les obstacles à son adoption s’avèrent plus nombreux qu’on aurait pu s’y attendre de la part d’une majorité et d’un gouvernement de gauche. Pour Cédric Liechti, secrétaire général de la CGT énergie Paris : "On voit bien une volonté de démenteler et d'anéantir le syndicat".

« On est huit dirigeants du syndicat à avoir été mis en examen après avoir manifesté, en 2009, pendant deux jours avec 200 salariés pour exiger la réembauche d’une collègue licenciée. On est mis en examen pour atteinte à la liberté de travail, violence, coupure sur l’outil de travail. On risque trois ans de prison ferme, 45 000 euros d’amende chacun et la déchéance des droits civiques, ce qui nous empêcherait de voter, mais aussi de nous présenter à des élections de représentants du personnel. Parmi les huit, il y a des retraités, des quadras et des quinquas, et des jeunes militants pressentis pour reprendre la suite. On voit bien une volonté de démanteler et d’anéantir le syndicat CGT énergie à Paris qui lutte pour la renationalisation des entreprises, à l’heure où les tarifs de l’électricité augmentent. Cela a un impact sur les jeunes militants qui veulent prendre des mandats et des responsabilités : quand ils voient ce qu’on peut prendre pour un rassemblement de deux jours pour une salariée injustement licenciée, ça en fait réfléchir plus d’un. »

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