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travail

Réalité du travail :

7 Février 2023, 07:42am

Publié par PCF Villepinte

 Pourquoi travailler plus longtemps

n'est pas possible ?

 

PUBLIÉ LE 2 FÉV. 2023

Les salariés ne peuvent pas travailler plus longtemps. Chômage élevé chez les seniors, inégalité de traitement pour les femmes, mauvaise prise en compte de la situation de handicap, pénibilité du travail… Beaucoup de travailleurs ne sont pas en capacité de travailler plus longtemps.

Travailler plus longtemps, pour apporter plus de recettes, n’est pas une solution réaliste.

Aujourd’hui, à 60 ans, seul un actif sur deux est encore en activité, l’autre moitié se répartissant entre chômage et invalidité.

Entre refus d’embaucher des salariés après 50 ans et plans de départ volontaires des plus anciens considérés trop coûteux pour les entreprises, le chômage sévit sauvagement chez les seniors.

”Ce report de l’âge de départ à la retraite, c’est la double peine ! Tout le monde prend deux ans ferme !” résume Catherine Perret, secrétaire confédérale de la CGT en charge des retraites.
 “L’augmentation du nombre d’annuité entraînera un allongement du sas de précarité et une baisse massive du nombre de travailleur.euse.s en capacité d’atteindre une carrière complète, avec des répercussions sur le niveau des pensions.”

En effet, l’articulation avec la réforme de l’assurance-chômage qui entraîne une baisse des allocations ou une suppression du nombre de mois indemnisés va pousser certains seniors vers le RSA. Et se dessine aujourd'hui un RSA de mise au travail forcé des travailleur.euse.s avec la réduction à un strict minimum de leurs droits de protection sociale. 

Le gouvernement appelle à la création d’un index sénior.

Une mesure qui a déjà démontré son inefficacité pour l’égalité Hommes/Femmes au travail.
Chaque fois que l’on repousse la durée de cotisation, on la rend moins atteignable pour les femmes et creuse le fossé des inégalités entre les femmes et les hommes. Actuellement, les femmes gagnent en moyenne 15,8% de moins que les hommes.

La retraite moyenne des femmes est inférieure de près de 40% à celle des hommes.

Même en prenant en compte les pensions de réversion et de majoration pour enfants, la retraite moyenne des femmes reste inférieure de 25,2% à celle des hommes.

Reporter l’âge de départ à la retraite n’offrira pas non plus une meilleure embauche des travailleurs handicapé.e.s.

Les conditions pour partir en retraite anticipée pour handicap pourraient s’assouplir, mais le handicap doit être justifié pour toute la durée d’assurance. Seul 15% des handicap sont de naissance ou depuis l’enfance.

17% des situations de handicap ont pour origine un accident du travail ou une maladie professionnelle.

La reconnaissance administrative du handicap arrive souvent tard dans la carrière des travailleur.euse.s, limitant leur accès au dispositif de retraite anticipé.

Tout le monde travaillera plus longtemps, même les carrières longues.

L’étude d’impact évalue à +8 mois la durée supplémentaire passée au travail pour les salariés ayant commencé à travailler jeunes, et entrant dans le dispositif des carrières longues !
Pourtant, ceux qui ont commencé à travailler tôt sont souvent ceux qui ont les métiers les plus pénibles et usants, donc les plus abimés par le travail.

L’exposition dans le cadre du travail à des conditions difficiles (bruit, froid, etc.) comme à la répétition fréquente de certains gestes ou postures peuvent entraîner une invalidité.

Pour une aide-soignante par exemple, porter et laver des personnes malades ou âgées n’a pas les mêmes conséquences sur le corps à 40 et à 63 ans. Plus les années passent, plus le corps est exposé.

Reculer l’âge de la retraite, sans une prise en compte sérieuse de la pénibilité, c’est garantir une augmentation des invalidités.

Les propositions de la  CGT pour pérenniser le système de retraite par répartition :

Départ en retraite à 60 ans pour toutes et tous (hors départs anticipés pour les métiers pénibles)

Accroitre les recettes provenant des cotisations sociales basées sur le travail

Instauration d’une cotisation pour les retraites sur les dividendes nets

Hausse des salaires de 5% dans le privé et de 5% du point d’indice dans la fonction publique libérerait respectivement 9 Mds et 1,25 Mds € pour la branche retraite.

Réduction du temps de travail à 32 heures hebdomadaires revendiquée par la Cgt, entrainerait la création de 1,7 million d’emplois dans le privé générant 13,6 Mds € de cotisations retraites.

Soumettre à cotisations les revenus qui en sont exemptés tels l’intéressement, la participation, l’épargne salariale ou l’épargne retraite, fournirait encore 3 Mds de plus

Augmentation de 2 points de cotisation retraite, pour les employeurs comme pour les salariés, de pair avec une augmentation des salaires, représenterait 30 Mds € de recettes supplémentaires par an. 

Revenir au calcul sur les 10 meilleures années pour le privé

Conserver le calcul sur les 6 derniers mois pour le public étant donnée la trajectoire de leur rémunération

Prise en compte des années d’études

Concernant la pénibilité ; prise en compte des situations réelles de travail et reconnaissance de toutes les formes de pénibilité par grands corps de métier

Taux de remplacement minimum de 75%. Dans tous les cas, pas de pension inférieure au SMIC CGT (2000€) quel que soit le régime de retraite.

Cela inclut également les agriculteurs et pose la question de la juste rémunération de leur travail

L’intersyndicale appelle à de nouvelles journées interprofessionnelles le mardi 7 février et le samedi 11 février pour dire non au recul à 64 ans et à l’allongement de la durée de cotisation. 

 

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Assurance chômage 

12 Janvier 2023, 11:12am

Publié par PCF Villepinte

Un recul en trompe-l’œil!

Le Mouvement jeunes communistes de France prend acte de la décision du gouvernement de revenir sur l’une des dispositions de son projet de décret sur la réforme de l’assurance chômage.

Le 23 décembre 2022, le ministre du Travail, Olivier Dussopt, a annoncé une nouvelle réduction de la durée d’indemnité de l’assurance chômage de 40 % dans l’éventualité où le chômage passerait sous la barre des 6 %.

Cette annonce a, à juste titre, suscité l’indignation des syndicats et plus généralement, du monde du travail.

Le 3 janvier 2023, avant même la reprise des négociations, le gouvernement annonce renoncer à cette nouvelle disposition.

Si ce renoncement est une bonne nouvelle, nous ne sommes pas dupes sur la stratégie du gouvernement. En lâchant du lest sur un ajout de dernière minute, le gouvernement donne l’air de négocier, sans renoncer à la principale mesure de ce projet de décret : une baisse de 25 % de la durée d’indemnisation pour un chômage à moins de 9 %, ce qui correspond à la situation actuelle.

Le gouvernement espère ainsi prévenir la contestation dans les entreprises et les services de l’État, et inciter certains syndicats à signer.

En minimisant la situation de sous-emploi en France, le projet de décret propose concrètement de faire baisser, dès aujourd’hui, le montant des indemnités pour lesquelles les travailleuses et travailleurs cotisent chaque mois.

Cette réforme de l’assurance chômage représenterait un deuxième coup asséné à cette dernière, après la réforme de 2019 qui a notamment durci les conditions d’accès à l’indemnisation et en a baissé le montant. Une troisième attaque est d’ores et déjà annoncée.

En conséquence, cette réforme renforce la précarité de tous les travailleurs et de toutes les travailleuses, et notamment de la jeunesse, pour qui il est de plus en plus difficile de trouver un emploi décent et stable.

Cette réforme pousse les travailleuses et les travailleurs à accepter n’importe quel emploi, quelles que soient les conditions et la rémunération, au risque de subir davantage encore la misère. Elle renforce en outre le pouvoir du patron sur les salariés et travailleurs en recherche d’emploi.

Le MJCF combat fermement sur le terrain, aux côtés des organisations syndicales, cette réforme de l’assurance chômage, ainsi que la réforme des retraites annoncées en ce début d’année 2023.

Mathieu Dubois

 

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 « Le travail ne paie pas assez en France, seul le capital paie. »

6 Décembre 2022, 15:11pm

Publié par PCF Villepinte

Travail à bas prix

L'Humanité 2 Décembre 2022

Sébastien Crépel

 

On ne peut qu’être d’accord avec cette phrase de Michel-Édouard Leclerc: «Le travail ne paie pas assez en France, seul le capital paie.» Le grand patron des hypermarchés du même nom sait de quoi il parle: ses magasins en sont un parfait exemple.

Derrière celui qui se présente comme le chevalier blanc du pouvoir dachat des Français, se cache une immense fortune bâtie sur un empire et ses employés. Pour ces derniers, la politique des prix bas toute l’année a un revers moins reluisant: celui des bas salaires toute lannée, voire toute la carrière.

Salaires, conditions de travail : l'envers du système Leclerc

Caissières payées au ras du Smic avec vingt ans d’ancienneté, employés à bout de souffle, risques psychosociaux… Le quotidien n’est pas rose pour ceux qui vivent de l’intérieur le «mouvement E. Leclerc», où lobjectif de rentabilité est masqué par une idéologie pseudo-philanthropique visant à faire croire au consommateur – et in fine au salarié – que la défense de ses intérêts passe par la guerre des prix entre mastodontes de la distribution.

En bout de chaîne, les petits producteurs et les employés paient les pots cassés de cette compétition pour rafler les parts de marché et gonfler les profits – ce qui reste la raison d’être de ces enseignes.

Dans l’univers Leclerc, les primes aléatoires en fonction des résultats des magasins ont remplacé les hausses de salaires. La grève prévue ce vendredi a le mérite de rappeler que le pouvoir d’achat n’est pas soluble dans les politiques commerciales des firmes ni dans les primes au bon vouloir des patrons.

Il paraît que faire droit aux revendications salariales entretiendrait l’inflation en créant une boucle «prix-salaires», mais préfère-t-on vivre dans un pays de bas salaires? Malgré tous les «efforts» des Leclerc et autres, la réalité est que les prix senvolent, sans que les salaires augmentent. Un rééquilibrage simpose. Cette inflation-là qui pourrait être contenue par un blocage ciblé des prix – serait à tout prendre préférable à celle d’aujourd’hui, car elle serait nourrie par un plus juste partage des richesses et non par la guerre et les spéculations.

 

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Démocratie sociale

5 Décembre 2022, 07:57am

Publié par PCF Villepinte

Plus aucun garde-fou contre les ordonnances Travail de Macron

CGT

PUBLIÉ LE 4 DÉC. 2022

Sans doute parce qu’il a osé livrer un bilan peu reluisant des « ordonnances Macron » qui ont réformé en profondeur le droit du travail en 2017, le comité d’évaluation est rayé de la carte !

 

Difficile de faire le bilan de la démocratie sociale en entreprise cinq ans après les ordonnances Travail de 2017 si la seule instance de suivi et dévaluation est supprimée…

Les cinq « ordonnances Macron » publiées en septembre 2017 1, au début du premier quinquennat Macron, ont imposé la fusion des instances représentatives du personnel : CHSCT, comité d’entreprise et délégué du personnel, dans une instance unique, le comité social et économique (CSE). 

Dès le départ, la CGT avait dénoncé les effets délétères de ces textes qui ont ouvert la voie à une individualisation de la négociation en entreprise, éloigné les élus des salariés, baissé les heures de délégation, et affaiblit le rôle des syndicats. 

Pour mesurer les effets de de cette réforme en profondeur du droit du travail rédigée sous la plume du Medef, il avait été décidé de créer un Comité d’évaluation. Placé l’égide de France Stratégie, organisme de prospective économique rattaché à Matignon, il a vécu !  

Un an après avoir livré un bilan peu reluisant des « ordonnances Macron » jugeant que le dialogue social en entreprise n’était pas plus efficace, voire dégradé, depuis leur mise en place en septembre 2017, ce comité d’évaluation disparait. Olivier Dussopt, l’actuel ministre du Travail, a décidé de le supprimer. Une manière d’étouffer la moindre controverse.

Santé et sécurité au travail, parent pauvre de la démocratie sociale

Contrairement au CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) auparavant obligatoire dans les entreprises de plus de 50 salariés, la CSSCT (commission santé, sécurité et conditions de travail) qu’il l’a remplacé, n’est obligatoire que dans les entreprises de plus de 300 salariés. 

Résultat, 75 % des salariés étaient couverts par un CHSCT en 2017 contre 46 % aujourd’hui par une CSSCT. Les questions santé et sécurité au travail sont reléguées en fin de réunion CSE. La crise du Covid a confirmé l’impact négatif des ordonnances Macron. 

La CGT appelle le gouvernement à abroger les ordonnances Travail et demande la mise en place de la commission CSSCT dans toutes les entreprises de plus de 50 salariés.

Recul de la démocratie sociale

« Ce recul catastrophique de la démocratie sociale pour les salariés ne peut plus durer !, dénonce Angeline Barth, secrétaire confédérale CGT, chargée de la négociation collective et de la démocratie sociale. Il faut revenir sur les ordonnances Macron, la loi Travail et l’inversion de la hiérarchie des normes », insiste-t-elle. 

Le texte fondateur et protecteur des salariés, c’est le code du travail, la CGT propose même un « code du travail du 21ème siècle ». 

Dans l’attente de l’abrogation des ordonnances Macron, des mesures d’urgence doivent être mises en place » :

accorder aux suppléants les mêmes droits qu’aux titulaires et leur permettre de participer aux réunions du CSE,

rendre obligatoire la mise en place de représentants de proximité par établissement avec un crédit d’heures équivalent aux membres du CSE,

une commission santé, sécurité et conditions de travail à partir de 50 salariés, avec des prérogatives élargies, et plus d’heures de délégation,

des CSE par établissement distincts dès 50 salariés avec une augmentation du nombre d’élus et des heures de délégation,

la fin de la possibilité d’accords dérogatoires et des référendums patronaux,

la suppression des Accords de performance collective et des ruptures conventionnelles collectives qui sont à durée illimitée, sans motif économique, sans contreparties, en deçà même de ce qui est prévu dans un PSE.

  

1 Les 5 « ordonnances Macron »
Ordonnance relative au renforcement de la négociation collective.
Ordonnances relative à la nouvelle organisation du dialogue social et économique dans l’entreprise et favorisant l’exercice et la valorisation des responsabilités syndicales.
Ordonnance relative à la prévisibilité et la sécurisation des relations de travail.
Ordonnance portant diverses mesures relatives au cadre de la négociation collective.
Ordonnance relative relative à la prévention et à la prise en compte des effets de l'exposition à certains facteurs de risques professionnels et au compte professionnel de préventio

 

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La chasse aux chômeurs, le "bon sens" médiatique

26 Novembre 2022, 07:55am

Publié par PCF Villepinte

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Soumettre

22 Novembre 2022, 08:38am

Publié par PCF Villepinte

Réforme de l’assurance-chômage

 

Maurice Ulrich L'Humanité

Mardi 22 Novembre 2022

 

Derrière le terme trompeur de «réforme» de lassurance-chômage, il y a une philosophie honteuse et une logique destructrice. Une philosophie honteuse parce quelle se garde bien de savouer quelle consiste à faire des salariées et salariés des variables d’ajustement des politiques économiques dominantes. Une logique destructrice parce qu’il s’agit de s’attaquer, concrètement et idéologiquement, aux bases de ce qui a été une conquête sociale majeure face à l’emprise du capital.

«Le travailleur libre qui se rend sur le marché libre pour y vendre sa peau, écrivait Marx, doit s’attendre à être tanné.» Tanné, exploité, licencié, au gré des choix d’investissement, des promesses de rentabilité pour les actionnaires, des licenciements boursiers…

L’économie capitaliste ignore le bien public. Face à cela, l’assurance-chômage n’est pas une grâce que fait l’État aux travailleurs sans emploi. Elle est un partage, une mise en commun. Comme la Sécurité sociale, elle est une conquête de la solidarité dans le monde du travail. C’est aussi cela que le gouvernement veut saper.

Le message est clair. Il n’y a qu’à traverser la rue pour trouver du travail au lieu de s’installer dans le confort que procurent les indemnités. C’est un procès, une stigmatisation et un chantage. Et peu importe si les emplois non pourvus dont on nous rebat les oreilles ne sont que 300000 au regard des 3,2 millions de chômeurs de catégorie A. À eux, quand on nous dit que la situation économique est favorable, de la traverser, cette rue, aux conditions des employeurs, et de s’en dire bien heureux. Comme s’il s’agissait, en économie, de la pluie et du beau temps.

La régression qui est en jeu est une ­violence contre les précaires, les plus modestes, elle vise à soumettre le monde du travail et la façon dont elle a été validée et ­anticipée vise à soumettre la ­représentation nationale et la démo­cratie.

La ­réforme a été votée avec, pour le coup, l’appui sans surprise des «Républicains», avant même que son contenu soit présenté au patronat, qui ne saurait s’en fâcher, et aux syndicats appelés au mieux à discuter des modalités de sa mise en œuvre. C’est un coup de force, du moins une tentative.

 

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Découvrir le sixième Numéro d'Agir, à destination des entreprises et lieux de travail.  

18 Novembre 2022, 08:09am

Publié par PCF Villepinte

Agir n°6 -

Ce n’est pas aux travailleurs de payer la crise 

Découvrir le sixième Numéro d'Agir, à destination des entreprises et lieux de travail.

 Généraliste sur la question du travail et des salaires, il est aussi utile au travail militant avec quelques repères chiffrés en page 4.


📁 Télécharger le numéro 6.

🔗 Voir les précédents numéros et tous les travaux de la commission.

 

 

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L’ubérisation de la société -

6 Octobre 2022, 06:54am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 05/10/2022 par PCF

  L’ère du capitalisme de plateforme

Alimentation, transports, aides à domicile… de nombreux domaines économiques sont ciblés par l’ubérisation. En moins d’une décennie, les applis ont envahi nos vies, faisant de la politique du « clic » et de l’instantanéité la nouvelle norme. Derrière ces nouveaux modes de consommations, c’est un véritable capitalisme de plateforme qui a pris place avec des plateformes numériques de travail qui façonnent non seulement beaucoup de nos activités au quotidien, le monde du travail mais aussi notre modèle de société.

 Pascal Savoldelli, sénateur communiste du Val-de-Marne,rappelle que si les avantages de ce modèle semblent nombreux, il est important de s’interroger sur la façon dont notre société pourrait en subir les conséquences et pousse à réfléchir aux alternatives à ce capitalisme qui tend à nous vendre l’actualisation de ses formes de domination, d’exploitation et d’aliénation comme de nouveaux espaces de liberté.

L’aboutissement d’un rêve néo-libéral

En s’affranchissant des règles de concurrences et des règles sociales et fiscales, c’est une véritable offensive pour un acte fondateur qui s’opère avec l’ubérisation. Uber, Deliveroo, Docadom et consorts, avec la complicité de différents gouvernements, ont réussi à disrupter le marché avec succès en rendant leurs nouveaux standards de qualité de services et d’orientation client incontournables.

D’une part, les entreprises traditionnelles n’ont d’autres choix que de s’aligner sur ce modèle pour survivre. De l’autre, c’est le retour du travail à la tâche et du tâcheron enfermé dans la précarité. Ce même forçat qui devrait remercier ces multinationales d’être enfermé dans la boite noire de l’algorithme. Affectant le statut de l’emploi, les conditions de travail, le rapport à l’espace et au temps de travail, c’est une véritable casse du salariat et de ses protections qu’entraine la plateformisation de la société.

Une nécessaire organisation collective

L’une des premières stratégies pour lutter contre l’ubérisation repose sur l’organisation collective. Le travail ubérisé est par essence une forme d’emploi qui se veut rendre les mobilisations improbables. Cependant, entre actions collectives pour requalifier l’activité de ceux qui offrent leur service en emploi salarié, création de « mutuelle de travail associé » et mise en place de plateforme coopérative de communs numériques, l’uberisation doit constituer un terrain de lutte de classe sans merci.

Si les algorithmes nous enferment dans une bulle, il ne tient qu’à nous de nous ouvrir à nouveau au rassemblement. L’ubérisation relève bien évidemment d’une lutte syndicale qu’il convient d’adapter et d’organiser pour répondre aux nouveaux défis que pose le monde du travail numérique et l’ubérisation. Il ne tient qu’à nous de reconstruire un service commun qui porterait une institution de la valeur pour le travail des communes contre la seule qui existe à ce jour, celle du capital.

Pour un nouveau modèle de société

Ce qu’on appelait la “question sociale” doit opérer un retour en force dans nos réflexions. Remettant complètement en question le modèle économique traditionnel, le modèle du salariat et de l’emploi et, encore pire, le caractère interventionniste de notre État, l’ubérisation rappelle qu’il est urgent de penser la société que nous voulons, puis d’agir pour la construire.

C’est dans cette volonté d’impulser une nouvelle orientation politique que, dans le prolongement de sa proposition de loi sur la requalification en statut salarial, Pascal Savoldelli a, pour le groupe CRCE, récemment légiféré sur le rôle des algorithmes et leur seuil d’interférence à l’autonomie des travailleurs.

Car pourquoi faudrait-il adouber l’uberisation de l’économie sans en interroger l’idéologie et les effets délétères à long terme ? Ce monde-là n’est pas une fatalité. Le chantier est immense et à engager d’urgence. À penser sur le temps long, il est politique au sens premier du terme.

Héléna Laouisset-Royer

Collaboratrice du sénateur communiste Pascal Savoldelli  

 

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TRAVAIL

27 Septembre 2022, 11:45am

Publié par PCF Villepinte

À quoi sert le travail? Prendre «le parti du travail» face au capital, «valeur» de gauche ou de droite? En cette rentrée sociale, la controverse, initiée par Fabien Roussel lors de la Fête de lHumanité, fait rage sur le fond.

 

Pierre Chaillan L'Humanité

Mardi 27 Septembre 2022

Vecteur de reconnaissance des êtres humains, le travail est prisonnier du capitalisme. Aujourd’hui, il s’agit de sortir de cette société du profit.

DANIEL BACHET Professeur émérite à l’université d’Évry-Paris-Saclay

Le travail engage la reconnaissance sociale et psychique, ainsi que le développement des facultés humaines de tous les individus qui contribuent à la production et à la circulation des richesses (biens et services) et des connaissances. Cela concerne aussi bien les fonctionnaires, les salariés du privé, que les travailleurs indépendants dans tous les secteurs de la vie économique.

Au sein du capitalisme, le travail est souvent mutilé et atomisé car il se trouve prisonnier des rouages de l’accumulation. À l’exception d’un certain nombre de Scop et de quelques rares entreprises fonctionnant sur un registre démocratique et non court-termiste, il est difficile de le soustraire à la logique productiviste afin que le travailleur devienne attentif aux effets concrets et utiles de son action sur le monde.

De plus, l’organisation du travail est soumise aux changements permanents des systèmes de management et de ses modes sous les nouvelles contraintes de la financiarisation et de la numérisation des activités. Les mondes du travail sont conduits à suivre passivement des scénarios normalisés et se voient dépossédés d’une approche globale qui aurait pu leur permettre de maîtriser l’ensemble des missions qui leur ont été confiées.

Retrouver l’autonomie et la capacité de décider et d’agir dans le travail suppose, certes, de changer la manière dont celui-ci est organisé et reconnu. De nombreuses études ont montré que l’autonomie dans le travail était la condition nécessaire d’une capacité forte de délibération dans le domaine politique.

«lorganisation du travail est soumise aux changements permanents des systèmes de management et de ses modes sous les nouvelles contraintes de la financiarisation et de la numérisation des activités.»

Mais l’émancipation individuelle et collective que nombre d’entre nous appelons de nos vœux ne se réduit pas à l’organisation du travail au sens strict. Pour se libérer des chaînes de l’organisation du travail capitaliste, il faut changer au moins radicalement les finalités de deux institutions cardinales: les entreprises et les banques, tout comme la comptabilité classique et dominante dans laquelle sont repliés les rapports sociaux fondamentaux du capitalisme (rapport salarial, rapport monétaire et financier, rapports de propriété, etc.).

Ainsi, l’une des manières décisives de remettre en cause le processus d’accumulation et d’en bloquer la reproduction passe par le dépassement du rapport capital-travail qui est le cœur du capitalisme. À cette fin, il est nécessaire, en priorité, de refonder l’entreprise (autre finalité et façon de produire), les outils comptables (façon alternative d’apprécier l’activité productive et de décider), les banques (contrôle public de la monnaie et modalités de financement) et les droits issus de la propriété, c’est-à-dire l’organisation des pouvoirs.

Le projet est bien sûr de sortir de la propriété lucrative orientée profit ou rentabilité financière en vue d’assurer la maîtrise du travail par les producteurs associés au sein d’unités institutionnelles qui conçoivent, produisent et vendent les biens et/ou les services.

Subordonné aux intérêts capitalistes et de destruction, un processus de démocratisation et d’écologisation du travail doit être engagé en urgence.

ALEXIS CUKIER Philosophe

Le travail sert à répondre aux besoins humains, en produisant des biens, des services et des savoirs utiles, en régulant les cycles de reproduction de la nature, en reproduisant ou transformant les rapports sociaux. Mais il est aussi, dans nos sociétés capitalistes, subordonné aux intérêts et fantasmes de ceux qui le possèdent et à l’accumulation de leurs profits.

C’est dans cette contradiction que se jouent les drames de la perte de sens du travail, de la dégradation de sa qualité, de la souffrance des travailleurs et travailleuses, ainsi que la confrontation entre les logiques écocides et écologistes du travail.

À l’heure où le régime capitaliste du travail nous a fait basculer dans l’anthropocène – ce nouvel âge de la Terre dans lequel l’espèce humaine est devenue une force géologique majeure – et sa série de destructions et de malheurs, nous ne pouvons plus éviter cette alternative: le travail peut rester oligarchique et servir la logique de laccélération des catastrophes et de la guerre pour sy adapter au détriment des autres, ou bien devenir démocratique et servir la logique de la révolution écologique et sociale pour atténuer les catastrophes et conjurer les désastres.

«LE TRAVAIL PEUT RESTER OLIGARCHIQUE ET SERVIR LA LOGIQUE DE LACCÉLÉRATION DES CATASTROPHES ET DE LA GUERRE, OU BIEN DEVENIR DÉMOCRATIQUE ET SERVIR LA LOGIQUE DE LA RÉVOLUTION ÉCOLOGIQUE ET SOCIALE POUR ATTÉNUER LES CATASTROPHES ET CONJURER LES DÉSASTRES.»

D’un point de vue écologique, à quoi sert le travail? Depuis lapparition des sociétés de classe, le travail a toujours servi l’une ou l’autre de ces logiques: l’écorégulation pour les besoins de la majorité ou la destruction de la nature pour les intérêts de quelques-uns.

Mais la domination du travail par le capital (qui a intégré les dominations patriarcale et coloniale, le travail marchand, le travail gratuit et le travail forcé fonctionnant de concert) a provoqué un basculement et imposé aux travailleurs et travailleuses de s’adapter – aux maladies chroniques, aux sols, à l’air et aux eaux pollués, aux températures plus élevées. Et, bientôt – dans quelques décennies, ou plus probablement quelques années –, de nouveaux basculements vont avoir lieu, suscitant d’immenses besoins de travail de soin, d’enquête et de réparation.

Il faut espérer que s’ouvrira aussi la potentialité de ruptures politiques permettant qu’on passe résolument à l’atténuation des catastrophes, et que s’enclenche une révolution écologiste du travail, pour que tous les travaux servent la satisfaction des besoins qu’on aura démocratiquement estimé prioritaires, pour les décarboner et les dépolluer, et les rendre inoffensifs et bénéfiques pour la santé des travailleurs et travailleuses, pour la vie et la santé des humains et des non-humains. À quoi devra alors servir le travail?

Il est urgent que les luttes populaires, syndicales, habitantes – écologistes, féministes, antiracistes – élaborent et imposent ensemble la réponse anticapitaliste d’un processus de démocratisation et d’écologisation du travail, pour mettre le travail au service de la nécessaire révolution écologique et sociale.

[Les publications de la revue TAF, dont le hors-série Travail. Pourquoi Marx avait raison, sont à retrouver sur travailleraufutur.fr.

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Travail. La polémique se transforme en débat de fond

16 Septembre 2022, 09:15am

Publié par PCF Villepinte

GAUCHE Les propos du secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, ont déclenché une avalanche de critiques, y compris dans son camp, qui lui reprochent de faire le jeu de la droite. Lui assume ses propos et souhaite que le débat soit poussé jusqu'au bout. 

Julia Hamlaoui L'Humanité 16 Septembre 2022

« Il y a ceux qui défendent le droit à la paresse. Il y a ceux qui défendent l’idée de mettre le RSA à 1 000 euros », a déclaré le député du Nord sur Franceinfo, mercredi.

Radio France

De déclarations en tribunes, la polémique autour du «travail» qui a démarré à la Fête de l’Humanité ne cesse de rebondir. Tout a commencé par un déjeuner de presse vendredi 9 septembre. «La gauche doit défendre le travail et ne pas être la gauche des allocations et minima sociaux», affirme alors le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, entraînant une pluie de critiques venues des autres formations de gauche.

Après avoir multiplié les mises au point pendant le week-end, en expliquant notamment que, loin de s’en prendre aux allocataires, il s’agit d’assigner à la gauche l’objectif d’ «éradiquer le chômage et la pauvreté», le communiste est remonté au créneau sur Franceinfo mercredi matin. «Il y a ceux qui défendent le droit à la paresse. Il y a ceux qui défendent lidée de mettre le RSA à 1000 euros.

Je défends, moi, l’idée que nous devons nous projeter dans une société qui garantisse à tous un vrai emploi», explique le député du Nord. Relancé plus tard par la journaliste, il précise que c’est au «plan philosophique» qu’il est en désaccord avec l’idée du «droit à la paresse», que le gendre de Marx, Paul Lafargue, avait défendu dans un célèbre essai en 1880.

Plus terre à terre, après ces phrases chocs – qui ont pour le communiste l’avantage de concentrer la couverture médiatique sur ses déclarations –, beaucoup lui reprochent de mettre en opposition travailleurs et privés d’emploi, de renvoyer par ces formules les allocataires du RSA à l’image de fainéants.

 «Le problème, ce n’est pas ce qu’il dit sur la lutte contre le chômage mais de reprendre l’expression très connotée des “allocs” et d’en faire quelque chose de péjoratif. C’est de s’inscrire dans un discours que la droite a toujours tenu pour expliquer que ceux qui en bénéficient sont des profiteurs. C’est ça qu’on entend», a ainsi objecté le psychanalyste soutien de la FI Gérard Miller, sur France 5 mercredi soir. L’écologiste Sandrine Rousseau pousse plus loin: «La valeur travail, a-t-elle tranché jeudi matin, c’est quand même une valeur de droite.»

Le revenu universel dans le viseur

La Macronie, d’ailleurs, ne manque pas de s’engouffrer dans le débat: «Je fais partie dun gouvernement et dune majorité qui défendent la valeur travail. Je considère que si on veut pouvoir redistribuer les richesses, il faut en produire et que le travail, cest au cœur de notre société», déroule le ministre Gabriel Attal, membre d’un exécutif qui entend s’en prendre simultanément aux bénéficiaires de l’assurance-chômage, dont il veut réduire les droits, et du RSA, auxquels il veut imposer 15 à 20 heures d’activité par semaine.

Le secrétaire national du PCF se défend de jouer ce jeu et riposte à ceux de ses partenaires qui le critiquent: «I ls ont renoncé à la grande ambition qui devrait rassembler la gauche: celle d’éradiquer le chômage. Si lesclavagisme revenait demain, ils négocieraient avec le Medef le poids des chaînes. Pas moi. Car le chômage tue, il bousille des vies», oppose-t-il dans une tribune au Monde, mercredi, tout en affirmant qu’ «à titre transitoire, les salariés ont besoin de protections, daccompagnement» et qu’il sera «à leur côté pour dénoncer toutes les attaques du gouvernement contre eux».

Et c’est au revenu universel, ou à ses dérivés, qu’il s’en prend. Un vieux débat à gauche, réactivé par Benoît Hamon lors de la présidentielle de 2017 et que les écologistes ont également âprement défendu. Au risque de permettre au patronat de s’exonérer du versement d’une partie des salaires, estiment notamment ses détracteurs à gauche.

Face à cette proposition, les alternatives ne manquent pas, de la sécurité emploi-formation du PCF à la sécurité sociale professionnelle de la CGT, en passant par le salaire à vie de Bernard Friot ou encore la garantie d’emploi défendue par la FI. Si les débats sont parfois vifs entre les tenants de ces différentes positions, en particulier sur le dépassement du marché du travail, elles ont en commun l’objectif de sortir les travailleurs de la pression du chômage, à l’opposé d’une droite qui fait du travail une valeur en soi pour mieux remettre en cause les droits sociaux chèrement acquis.

Mais autour des déclarations de Fabien Roussel se joue aussi un autre débat: celui du rapport de la gauche aux classes populaires. «Ma circonscription fait partie de celles où Marine Le Pen a fait plus de 50 % au premier tour de la présidentielle. (Pour être élu), il a fallu que j’entende… Il y a des discours (à gauche) qui ne passent pas» auprès des électeurs, estime le député du Nord, qui pointe «les Français (qui) nous parlent dassistanat en nous disant que (eux) travaillent»

Un «diagnostic» que François Ruffin dit partager mais sans défendre le même «horizon»: sur «les travailleurs des campagnes», «sur l’“assistanat, lui ne répare pas la fracture, il ne cherche pas à la dépasser, il lapprouve, la valide», estime-t-il en parlant de Fabien Roussel, dans un texte posté sur Facebook mercredi. Le porte-parole du PCF, Ian Brossat, l’assure en contrepoint de son côté: poser le débat sur ce «qui fait qu’à catégorie sociale équivalente dans la circonscription de Fabien Roussel à la présidentielle, ça votait RN, et que chez moi, à Paris (18e – NDLR), ça votait Mélenchon (…), ce n’est pas opposer la France périphérique à la France des quartiers populaires, mais (s’interroger sur) comment on réussit à construire des combats communs entre les deux» .

 

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