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syndicalisme

Déclaration de Bernard THIBAULT

27 Janvier 2011, 17:25pm

Publié par PCF Villepinte

b thibaultUn article de presse de ce matin, déjà fortement repris par d’autres médias, affirme que j’ai l’intention de "jeter l’éponge" à la fin de l’année en quittant les responsabilités que m’ont confiées les organisations de la CGT.

Je démens très clairement cette information.

Les "éléments" d’explication mis en avant pour tenter de crédibiliser cette annonce m’obligent à en dire davantage. En aucun cas la CGT n’est en prise à des conflits internes tels qu’ils déstabiliseraient sa direction nationale.

Ce fantasme, relayé depuis plusieurs semaines, cherche à déstabiliser la CGT après avoir constaté la part prise par ses militants dans l’exceptionnelle mobilisation sur les retraites. Malheureusement pour nos détracteurs, la CGT se renforce et c’est le président de la République qui sort un peu plus affaibli encore du bras de fer qu’il a imposé aux salariés.

Loin d’être déboussolée, je constate chaque jour au contraire une CGT offensive, lucide sur ses responsabilités et consciente des défis à relever par le mouvement syndical. Comme de nombreux militants, au-delà des difficultés inhérentes au combat syndical, j’éprouve une réelle fierté à militer a la CGT. Rien qui donnerait envie de partir.

Puisque ces sujets sont mis sur la place publique, je précise que je ne rencontre aucune difficulté particulière sur le plan familial et que mon bilan de santé se résume aujourd’hui à une sinusite ennuyeuse. Pour l’avenir de la CGT et de sa direction, nous procéderons le moment venu - et ce n’est pas encore le cas - selon nos procédures habituelles, dans un cadre collectif et selon les procédures statutaires.

J’invite les organisations de la CGT, ses militants à ne pas se laisser détourner de notre principal objectif : créer partout les meilleures conditions pour la prise en compte des revendications des salariés.

Je suis pour ma part pleinement investi en ce sens. J’aurai l’occasion de le réaffirmer devant le Comité confédéral national de la CGT qui se réunit comme prévu les 3 et 4 février.

Montreuil, le 27 janvier 2011

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La CGT n'ira pas aux voeux présidentiels

5 Janvier 2011, 15:59pm

Publié par PCF Villepinte

rrerrLa CGT n'assistera pas aux voeux de Nicolas Sarkozy aux partenaires sociaux jeudi pour dénoncer son intransigeance lors de la réforme des retraites. C'est la première fois que le plus important syndicat français décline l'invitation aux voeux présidentiels, a précisé la CGT.

Face à la mobilisation sur les retraites, "ce fut l'intransigeance du côté du président de la République et le dédain à l'égard des positions syndicales", écrit-elle mercredi dans un communiqué. "Sans nul doute l'encouragement au 'dialogue social' et la nécessité de 'syndicats forts' seront classiquement présents dans les voeux présidentiels", poursuit-elle. "La CGT refuse d'apporter son concours à ce simulacre, elle décide par conséquent de décliner l'invitation de la présidence."

Au lieu d'attaquer les 35 heures comme l'ont fait des responsables politiques de droite comme de gauche ces derniers jours, la CGT juge nécessaire de revoir les politiques d'emploi, de conditions de travail et du temps de travail et les exonérations de cotisations dont bénéficient les entreprises.

"La CGT dénonce avec la plus grande fermeté cette offensive visant une fois encore à culpabiliser les salariés", poursuit le communiqué, appelant "à résister à toute velléité d'aggravation des conditions de vie et de travail qu'entraînerait la remise en cause des 35 heures dans le public comme dans le privé".

Malgré des semaines de grèves et manifestations qui ont rassemblé au total des millions de personnes en France, la réforme qui repousse progressivement l'âge légal de la retraite de 60 à 62 ans a été promulguée en novembre.

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l'Humanité des débats. Syndicalisme

15 Novembre 2010, 22:59pm

Publié par PCF Villepinte

« Les syndicats ont fait la preuve de leur solidarité et de leur efficacité »

23 septembre manif 012-copie-1Par Robert Castel, sociologue, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales.

Syndicalisme: le retour en force ?

Comment appréciez-vous l’action des syndicats dans le mouvement pour la défense des retraites ?

Robert Castel. Globalement, les syndicats ont fait preuve d’un remarquable esprit de responsabilité et de solidarité entre eux. À l’exception, peut-être, de Force ouvrière. C’est une banalité de dire que l’un des gros problèmes du syndicalisme français est sa division. Mais, en l’occurrence, dans le mouvement sur les retraites, il y a eu une unité d’action. Et ce n’est jamais gagné d’avance. Il est d’autant plus difficile de maintenir l’unité que le mouvement s’arrête ou, disons, marque un point d’arrêt. C’est une période délicate. Il est donc normal qu’il y ait des tensions. Mais globalement, ce qui ressort, c’est que les syndicats ont fait la preuve de leur solidarité, de leur efficacité et de leur sens des responsabilités.

 

Peut-on dire que le mouvement des retraites a apporté un démenti aux discours sur le déficit de représentativité des syndicats ?

Robert Castel. En un sens, oui. D’ailleurs, il y a un paradoxe, qui ne concerne pas seulement le mouvement des retraites. En effet, le pourcentage de syndiqués en France se situe en dessous de 10 %. Et pourtant, même pour les gens qui ne sont pas syndiqués, et qui sont donc, malheureusement, la majorité, le syndicalisme continue à représenter quelque chose, et même, plus précisément, représente le principal outil d’organisation pour défendre les intérêts des travailleurs. Cela s’explique par l’histoire du syndicalisme dans notre pays. L’établissement de droits sociaux a été non pas exclusivement, mais dans une large mesure, le fruit de l’action des syndicats. Par exemple, la réduction du temps de travail a été portée par les syndicats dès le début du XXe siècle. Et cela a bénéficié à toute la population. Il y a à cet égard une mémoire de l’opinion.

 

La succession de journées d’action est-elle une méthode pertinente ?

Robert Castel. L’élaboration d’une stratégie syndicale, c’est le travail des syndicats. Je ne me permettrais pas de porter des jugements à ce sujet. En tout cas, il faut remarquer que cette méthode d’action ne date pas d’hier. C’est donc qu’elle permet d’obtenir quelque chose. Ne serait-ce que pour ce qui est de la bataille d’opinion, dans le cas du mouvement des retraites. Certes, la loi est passée. Mais cela va laisser des traces qui ne sont pas à l’avantage du gouvernement. Ce qu’on peut dire, c’est que le choix de journées d’action successives n’a pas fait la démonstration du fait qu’il serait inapproprié, c’est plutôt le contraire. D’autres formes de mobilisation étaient-elles possibles ? Pouvait-on s’orienter vers une action de type grève générale, grève illimitée ? Je ne suis pas le mieux à même de répondre, mais il me semble en tout cas que l’opinion publique n’allait pas dans ce sens, pas plus que les stratégies des organisations syndicales, à l’exception d’une seule, Force ouvrière, qui cherchait peut-être un peu la surenchère. Quoi qu’il en soit, je ne crois pas qu’on puisse tirer de tout ce qui s’est passé un bilan négatif, ni quant à la représentativité des syndicats, ni quant aux formes d’action ou de mobilisation des syndicats.

 

Si le taux de syndicalisation était plus fort en France, peut-on supposer que le gouvernement aurait reculé ? Y aurait-il davantage de chances que le gouvernement écoute les syndicats ?

Robert Castel. C’est vraisemblable, dans la mesure où les échanges entre gouvernement et syndicats sont tout de même des rapports de forces. Forcément, plus les syndicats représentent de salariés, moins le rapport de forces sera en leur défaveur. Cela dit, je crois que l’enjeu se situe aussi en amont. Il est dommage, en effet, qu’il ne puisse y avoir en France de discussion paritaire, comme c’est le cas dans certains pays. Y compris sur la question des retraites. Prenez par exemple la réforme suédoise. Elle a été mise en œuvre après une dizaine d’années de négociations durant lesquelles les syndicats de salariés ont été fortement impliqués. Évidemment, c’était plus facile, dans la mesure où les syndicats représentent en Suède une majorité de la population active. Donc, effectivement, on peut se dire que la situation en France pourrait être autre. En tout cas, étant donné que c’est actuellement une situation qui n’est pas a priori favorable au mouvement syndical et à la véritable négociation collective, je pense que les syndicats s’en sont plutôt bien tiré.

 

Si la gauche revenait au pouvoir, devrait-elle coproduire les réformes avec les syndicats ? Faut-il repenser l’articulation entre syndicats et action politique ?

Robert Castel. Dans le cadre d’une politique de gauche, cela me paraît tout à fait évident. Parce que, effectivement, cette réforme qui vient de passer n’a pas résolu les problèmes de fond du financement des retraites. Une véritable réforme en profondeur du régime des retraites reste nécessaire. Il est évident, et en particulier si la gauche revient au pouvoir, qu’il faudrait reprendre le chantier, dans le cadre de véritables discussions paritaires dans lesquelles les syndicats auraient effectivement toute leur place, ce qui n’a absolument pas été le cas dans la préparation de l’actuelle loi.

 

Le discours syndical est-il poussé aujourd’hui à une certaine politisation ? Si oui, est-ce positif pour le syndicalisme ?

Robert Castel. Il ne faut pas se faire d’illusions. Il y a toujours eu une relation, même si elle n’a pas souvent été mise au premier plan, entre le registre syndical et le registre politique. Cela ne signifie pas nécessairement l’inféodation d’un syndicat à un parti politique, ce qui est évidemment très mauvais. Mais il est certain que si les syndicats défendent une politique en faveur des salariés, ils penchent ce faisant d’un côté du champ politique, en l’occurrence la gauche, pour dire les choses simplement. Bien sûr, je parle ici des syndicats ouvriers. Le Medef, à l’inverse, est un syndicat dont les liens avec la droite sont clairs. En tout cas, il n’est pas mauvais en soi qu’il y ait des relations entre une posture syndicale et une posture politique, cela me paraît même être dans la nature des choses, de surcroît dans le contexte sociopolitique actuel. À condition, bien sûr, qu’il ne s’agisse pas d’une inféodation à un parti.

Robert Castel est notamment l’auteur de la Montée des incertitudes : travail, protections, statut de l’individu. Éditions du Seuil, 2009.

Entretien réalisé par L. E.

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Retraites : entretien avec Bernard Thibault

21 Juillet 2010, 18:34pm

Publié par PCF Villepinte

 Le secrétaire général de la CGT estime que le gouvernement sera contraint de bouger. Il se montre confiant dans la mobilisation du 7 septembre pour «bousculer» la réforme.
L’examen de la réforme commence à l’Assemblée nationale. La façon dont 
il s’engage permettra-t-elle 
un vrai débat ?

Bernard Thibault. La forme retenue est dans la droite ligne de ce qu’on a connu depuis le début du processus de la «réforme» des retraites : une concertation mais pas de négociation, la présentation d’un projet le 20 juin, quelques jours avant les congés d’été, un Conseil des ministres un 13 juillet, en plein congés, et une commission des Affaires sociales à huis clos. C’est le signe d’une difficulté pour le gouvernement à assumer les choix qu’il va défendre en septembre.

 

Vous n’avez pas l’espoir que 
la commission présente un projet 
un peu modifié ?

Bernard Thibault. Ça ne semble pas être l’orientation politique retenue à ce stade. La consigne semble donnée par l’Élysée de ne pas engager les choses sérieuses dès maintenant. Ça ne veut pas dire qu’on ne soit pas à la merci 
de manœuvres. Mais, d’après moi, le gouvernement, très conscient 
du climat social qui entourera 
le débat parlementaire 
de septembre, attend le dernier moment pour savoir s’il doit bouger et sur quoi.

 

Mais Éric Woerth et Nicolas 
Sarkozy répètent qu’il peut 
y avoir des changements sur 
la pénibilité, les carrières longues, les polypensionnés. Vous les rencontrez, est-ce que vous percevez des évolutions ?

Bernard Thibault. Non ! Aujourd’hui, il n’y a absolument aucun mouvement particulier sur quelque paragraphe que ce soit du texte, y compris ceux énoncés par le président de la République. Ça relève à mon avis du besoin de communication politique parce que le projet du pouvoir est largement rejeté. En même temps, je l’interprète comme des points marqués sur le caractère injuste de cette réforme et le fait que le gouvernement ne pourra pas présenter son texte en totalité 
dans sa version actuelle. 
Je ne sais pas sur quoi il sera contraint de bouger mais 
la mobilisation l’oblige déjà 
à communiquer sur des évolutions possibles. Mais il y a loin 
de la coupe aux lèvres et on ne va pas laisser de faux espoirs sur 
la seule base de la communication gouvernementale.

 

Vous remettez donc en cause l’ensemble de la réforme…

Bernard Thibault. Oui, parce que 
ce n’est pas une réforme des retraites mais un plan d’économie sur les futures retraites à verser. Et il n’y a pas de débat réel 
sur les différentes options. Nous sommes par exemple les premiers à considérer qu’il faut améliorer le taux de remplacement et donc débattre de l’évolution des droits actuels. Nous considérons 
que la précarité génère une baisse des pensions et nous aimerions débattre de cette question. 
Ce débat nous est refusé. Ce plan d’économie sur le dos des salariés consiste à verser les retraites plus tard, c’est pourquoi on joue 
sur l’âge légal de départ, et à partir de là tout en découle. C’est cette approche qu’il faut absolument bousculer.

 

Le débat refusé, ça veut dire 
que c’est plié ?

Bernard Thibault. Absolument pas ! Ce qui me rend confiant, c’est l’immense succès de la journée de mobilisation du 24 juin. Une mobilisation exceptionnelle 
si on considère le calendrier. 
Ceux qui étaient mobilisés 
le 24 juin le resteront début septembre. Et ça continue 
puisque nous en sommes 
à 580 000 signatures sur la pétition 
de la CGT. Le rendez-vous 
du 7 septembre est connu, c’est devenu un sujet de conversation 
et je pense que le gouvernement sera une nouvelle fois surpris.

 

Mais le président de la République assure que, quel que soit le nombre de manifestants, ça ne changera rien.

Bernard Thibault. C’est une posture qui n’est pas très originale. 
J’ai entendu ça à plusieurs reprises sous différents gouvernements. Cela vise à dissuader de manifester mais c’est surtout le signe d’une grande fébrilité.

Entretien réalisé 
par Olivier Mayer

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Congrès CFDT 2010

7 Juin 2010, 21:11pm

Publié par PCF Villepinte

 

La CFDT attendue sur les retraites

rrerrLe 47e congrès 
de la CFDT s’ouvre 
à Tours (Indre-et-Loire). Entre le premier projet de résolution et celui présenté au congrès, les militants ont fait réintégrer la revendication du maintien de l’âge légal de départ en retraite à 60 ans.

La crise a bouleversé la donne économique et sociale. Elle a aussi fait évoluer les positionnements syndicaux. La CFDT ouvre aujourd’hui son 47e congrès à Tours, en inscrivant sa réflexion dans la « continuité ». Le syndicat reste toujours à la recherche de compromis, mais la priorité donnée à « la réduction des inégalités » fait ­bouger le curseur sur ce qui est ou non à ses yeux « acceptable ». En 2003, la CFDT avait jugé la réforme Fillon des retraites, basée sur un allongement de la durée de cotisation, « acceptable ». Elle s’affiche aujourd’hui en « opposition frontale » avec la réforme en cours. « En décalant l’âge de départ, le gouvernement accroît les inégalités vis-à-vis des carrières longues, de la pénibilité et des carrières précaires », a assuré samedi dans un entretien à Ouest France François Chérèque, secrétaire ­général de la confédération, qui sera réélu vendredi pour un dernier mandat.

La CFDT se sait attendue au tournant sur une question qui lui a fait perdre, après 2003, entre 80 000 et 100 000 adhérents. Et ce d’autant plus que, parmi les « contreparties » négociées en échange de sa signature, certaines n’ont jamais vu le jour. Si le dispositif carrières longues a favorisé le départ en retraite de salariés ayant commencé à travailler jeunes, celui sur la prise en compte de la pénibilité du travail pour obtenir des départs anticipés n’est toujours pas en place. Dans ce contexte, les militants ont déjà remporté une bataille  : rajouter, dans le ­projet de résolution amendé, une ­revendication qui ne figurait pas dans le premier texte  : le maintien de l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans. Trois autres débats, cette fois sur des amendements non intégrés, sont attendus. Plusieurs syndicats proposent de supprimer un paragraphe sur les « conditions » de l’augmentation de la durée de cotisation. D’autres refusent de discuter des « contreparties » qui permettraient « d’unifier les régimes » (privé et public). Enfin, les 1 500 délégués vont se pencher sur le financement des retraites, certains proposant de taxer plus franchement les revenus financiers du capital.

Paule Masson

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Un syndicalisme plus combatif que jamais

6 Février 2010, 22:08pm

Publié par PCF Villepinte


fsu.jpgLe congrès de la FSU s’est achevé, hier, à Lille, par l’élection de sa nouvelle secrétaire générale, Bernadette Groison, qui remplace Gérard Aschieri. Selon le syndicat enseignant, des solutions alternatives aux projets gouvernementaux sont possibles et crédibles pour les retraites, l’école et les services publics.

Lille, envoyé spécial. Le marathon du congrès de la FSU s’est terminé, hier matin, par l’adoption du texte revendicatif et l’élection sans surprise de la nouvelle secrétaire générale, Bernadette Groison. Une élection acquise à une très large majorité du « parlement » de la Fédération syndicale unitaire, le Comité délibératif fédéral national (CDFN) : 125 voix contre 5. Á l’issue de cinq longues journées d’une discussion hachée par des procédures démocratiques de vote très contraignantes, la FSU peut se targuer d’avoir progressé dans la définition de ses objectifs, de ses propositions, tout en maintenant son unité. L’ensemble des textes a été adopté par des majorités allant de 80 à 90 % des congressistes.

Très attendue, parce que des points de vue différents s’étaient fait jour sur la question, la discussion sur la formation des enseignants a permis de dégager une position commune et claire approuvée par 80 % des délégués (voir l’Humanité d’hier). Le gouvernement, qui avait misé sur une division du corps enseignant pour faire passer une réforme régressive, pourrait bien se retrouver face à un véritable front. « Sur la formation des maîtres comme sur la retraite, le congrès nous donne la pêche », affirme Denis, des Yvelines, enseignant dans le primaire. Une seule proposition a dû être repoussée, l’adhésion à la Confédération européenne des syndicats, le congrès estimant qu’elle n’avait pas été suffisamment débattue. La décision sera prise d’ici à la fin 2010, après consultation de l’ensemble des syndiqués.

Première organisation dans la fonction publique, la FSU a décidé de prendre sa part dans l’évolution nécessaire du paysage syndical français. Elle affirme « ne pas se satisfaire de la division et de l’émiettement syndicaux » et entend « contribuer activement à construire un nouvel outil syndical » en y associant les syndiqués et les salariés. « Ni fusion ni absorption », la FSU s’attache à ses valeurs d’un syndicalisme « de lutte et de transformation sociale progressiste, à vocation majoritaire », à ses conceptions d’un syndicalisme démocratique. Le congrès a décidé de poursuivre et d’amplifier les initiatives communes menées avec la CGT d’un côté, Solidaires de l’autre, qu’il considère comme « des pistes positives ». Il marque sa volonté de « les ouvrir à toutes les organisations qui le souhaitent ». « La FSU a franchi un cap, estime Dominique, professeur d’éducation physique dans les Alpes-Maritimes. J’en suis à mon 5e congrès, c’est celui de la maturité. »

« Nous avons installé la FSU dans le paysage syndical, nous avons fait la démonstration de notre capacité à mobiliser contre tous les mauvais coups, je crois que, maintenant, nous devons faire de la FSU, une force de propositions incontournable et indispensable pour les personnels », a assuré Bernadette Groison en conclusion du congrès. Pour ses réformes de l’école, de la retraite, ou pour les coups qu’il entend porter à la fonction publique, le président de la République aura à se confronter à un syndicalisme combatif et porteur de propositions alternatives.

Olivier Mayer

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Le congrès de la FSU

5 Février 2010, 21:43pm

Publié par PCF Villepinte

Un syndicalisme plus combatif que jamais

Le congrès de la FSU s’est achevé, hier, à Lille, par l’élection de sa nouvelle secrétaire générale, Bernadette Groison, qui remplace Gérard Aschieri. Selon le syndicat enseignant, des solutions alternatives aux projets gouvernementaux sont possibles et crédibles pour les retraites, l’école et les services publics.

Lille, envoyé spécial. Le marathon du congrès de la FSU s’est terminé, hier matin, par l’adoption du texte revendicatif et l’élection sans surprise de la nouvelle secrétaire générale, Bernadette Groison. Une élection acquise à une très large majorité du « parlement » de la Fédération syndicale unitaire, le Comité délibératif fédéral national (CDFN) : 125 voix contre 5. Á l’issue de cinq longues journées d’une discussion hachée par des procédures démocratiques de vote très contraignantes, la FSU peut se targuer d’avoir progressé dans la définition de ses objectifs, de ses propositions, tout en maintenant son unité. L’ensemble des textes a été adopté par des majorités allant de 80 à 90 % des congressistes.

Très attendue, parce que des points de vue différents s’étaient fait jour sur la question, la discussion sur la formation des enseignants a permis de dégager une position commune et claire approuvée par 80 % des délégués (voir l’Humanité d’hier). Le gouvernement, qui avait misé sur une division du corps enseignant pour faire passer une réforme régressive, pourrait bien se retrouver face à un véritable front. « Sur la formation des maîtres comme sur la retraite, le congrès nous donne la pêche », affirme Denis, des Yvelines, enseignant dans le primaire. Une seule proposition a dû être repoussée, l’adhésion à la Confédération européenne des syndicats, le congrès estimant qu’elle n’avait pas été suffisamment débattue. La décision sera prise d’ici à la fin 2010, après consultation de l’ensemble des syndiqués.

Première organisation dans la fonction publique, la FSU a décidé de prendre sa part dans l’évolution nécessaire du paysage syndical français. Elle affirme « ne pas se satisfaire de la division et de l’émiettement syndicaux » et entend « contribuer activement à construire un nouvel outil syndical » en y associant les syndiqués et les salariés. « Ni fusion ni absorption », la FSU s’attache à ses valeurs d’un syndicalisme « de lutte et de transformation sociale progressiste, à vocation majoritaire », à ses conceptions d’un syndicalisme démocratique. Le congrès a décidé de poursuivre et d’amplifier les initiatives communes menées avec la CGT d’un côté, Solidaires de l’autre, qu’il considère comme « des pistes positives ». Il marque sa volonté de « les ouvrir à toutes les organisations qui le souhaitent ». « La FSU a franchi un cap, estime Dominique, professeur d’éducation physique dans les Alpes-Maritimes. J’en suis à mon 5e congrès, c’est celui de la maturité. »

« Nous avons installé la FSU dans le paysage syndical, nous avons fait la démonstration de notre capacité à mobiliser contre tous les mauvais coups, je crois que, maintenant, nous devons faire de la FSU, une force de propositions incontournable et indispensable pour les personnels », a assuré Bernadette Groison en conclusion du congrès. Pour ses réformes de l’école, de la retraite, ou pour les coups qu’il entend porter à la fonction publique, le président de la République aura à se confronter à un syndicalisme combatif et porteur de propositions alternatives.

Olivier Mayer


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Résolution d’actualité du 49ème congrès confédéral

16 Décembre 2009, 12:52pm

Publié par Daniel JUNKER

Publié le mercredi 16 décembre 2009 
 cgt-49-.pngcgt-49.jpg 
« L’espoir et l’ambition de jours 
  meilleurs dès maintenant »

 vers le site du 49e congrès

Les délégués des syndicats CGT réunis en congrès confédéral font le choix de porter de manière offensive les ambitions des salariés : celles de l’égalité et de la parité, de la paix, de la jeunesse, de la démocratie, de l’efficacité, de l’unité, de la solidarité et des conquêtes sociales.

La souffrance des salariés actifs et retraités avec ou sans papiers, privés d’emploi est le symptôme d’un travail malade, d’une démocratie amputée, d’une citoyenneté qui reste aux portes des entreprises.

Les exigences de profit et d’accumulation financière détournent le travail de sa vocation à être utile socialement pour répondre aux besoins sociaux et humains.

Les syndicats CGT décident de s’engager immédiatement, durablement et solidairement, dans une campagne revendicative de grande ampleur pour les salaires et le pouvoir d’achat, l’emploi et les retraites.

La politique voulue par le patronat et orchestrée par le gouvernement fait payer une addition particulièrement élevée aux salariés et à la population. Elle préserve un système inefficace et injuste qui cultive la concurrence et la division entre salariés et entre générations. La moitié des dividendes versée aux actionnaires suffirait à dégager 120 milliards d’euros pour les investissements, l’emploi, les salaires, l’égalité entre les femmes et les hommes, la retraite, les minima sociaux et la protection sociale.

La sortie de crise passe nécessairement par la revalorisation du travail. Le système financier doit être mobilisé au service de l’emploi et de la formation. C’est pourquoi, la CGT, agit pour conquérir la sécurité sociale professionnelle et un nouveau statut du travail salarié.

Il faut construire une dynamique unitaire dans les entreprises, les professions et les territoires pour un rapport de forces pérenne et favorable aux salariés, aux retraités et aux privés d’emploi. Il faut agir en faveur d’une nouvelle conception de la démocratie par l’intervention des salariés et des citoyens sur les choix politiques et de gestion afin de les tourner vers la satisfaction des besoins humains et fondamentaux. Cela exige une véritable démocratie sociale. Nous condamnons la répression et la criminalisation de l’activité syndicale, la discrimination.

Agir ensemble dès aujourd’hui sur les lieux de travail appelle à la mobilisation et au déploiement de tous les syndiqués dans la solidarité interprofessionnelle et intergénérationnelle. Les délégués des syndicats au 49ème Congrès de la CGT donnent aussi rendez-vous au monde du travail le 24 mars 2010 pour une grande journée de mobilisation et d’action à l’appel de la Confédération européenne des Syndicats qui portera haut et fort, en France et en Europe, notre volonté de changement.

Cette journée de mobilisation sera un moment de « tous ensemble » dans la campagne pour l’emploi, les salaires, et la retraite. Sans attendre cette date le congrès appelle à un développement de la mobilisation et des actions.

Le congrès de la CGT décide d’engager une campagne nationale pour promouvoir la place, les missions et le développement du service public afin de mieux répondre aux besoins sociaux de toutes et tous.

La révision générale des politiques publiques, la réforme des collectivités territoriales, la loi « Hôpital Patients Santé Territoires », la déréglementation, les privatisations, visent à réduire les dépenses utiles pour les salariés, les familles et à livrer les activités de service public au secteur marchand. Cette politique nuit aux services publics nécessaires, à l’aménagement du territoire et au développement économique.

Cette campagne nourrit et nourrira celle pour une véritable politique industrielle et d’emplois. Elle vise des réponses concrètes et efficaces pour les milliers de salariés qui ont perdu leur emploi et pour celles et ceux qui travaillent mais qui n’arrivent pas à en vivre. Au regard de la crise, il y a urgence à obtenir des réformes structurelles.

Cette résolution de la CGT et de ses syndicats concrétise leur engagement pour l’émancipation des salariés, la revalorisation du travail, le développement humain durable.

Travaillons ensemble, dès maintenant, à donner confiance à tous les salariés actifs et retraités, privés d’emplois, sur leurs capacités à construire avec la CGT, dans l’unité et le rassemblement le plus large possible, une force de résistance et de conquête sociale qui porte l’espoir et l’ambition de jours meilleurs.

Nantes, le 11 décembre 2009

 

Le congrès appelle les salariés à renforcer la CGT, la rejoindre et construire ensemble cette ambition :
la CGT, sa force c’est vous

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Enquête. CGT à l'occasion du 49°congrès

4 Décembre 2009, 18:42pm

Publié par Daniel JUNKER

CGT. « On ne naît pas syndicaliste »
La chercheuse Françoise Piolet a étudié pendant trois ans les structures et pratiques au sein de la CGT, en regard des objectifs affichés au précédent congrès.

Françoise Piotet est professeur de sociologie à l’université de Paris-I et auteur de la CGT et la recomposition syndicale (PUF, 2009).

Pourquoi l’objectif d’une syndicalisation massive est-il essentiel pour la CGT  ?

Françoise Piotet. La première raison évoquée régulièrement par Bernard Thibault est que la citoyenneté et l’émancipation des salariés passent par l’adhésion à un syndicat. Deuxièmement, le syndicalisme français a toujours été un syndicalisme de militants plus que d’adhérents. Mais il y a un moment où le nombre de militants ne garantit plus le renouvellement. La transmission de l’expertise n’est plus assurée. Cela touche le syndicalisme dans son ensemble. La troisième raison tient à la transformation du salariat qui est de plus en plus éduqué, travaille dans des établissements de plus en plus petits avec une atomisation des lieux de production. La proposition de la CGT de constituer des bases syndicales interprofessionnelles et des syndicats de site est bonne, mais il y a loin de l’idée à sa réalisation.

Pourquoi la CGT n’y arrive-t-elle pas  ?

Françoise Piotet. Je réponds avec prudence et sur la base de ce que nous avons rencontré dans notre étude et qui n’est pas forcément à généraliser. Il y a l’ostracisme patronal. Mais en plus les militants de la CGT se refusent pour la plupart à faire du prosélytisme. Il y a une sorte de code d’honneur  : le syndicat est au service de tous les salariés, on ne monnaye pas ses services pour faire des adhérents. Par contre, on repère parmi les salariés ceux qui sont capables de s’opposer au patron, de ne pas vivre le rapport de subordination comme une exploitation.

Qui adhère à la CGT  ?

Françoise Piotet. Plus qu’une idéologie, ceux qui adhèrent à la CGT ont une culture en commun, des parcours engagés. L’adhésion est très dépendante de la qualité du militant de l’entreprise. S’il y a un bon militant CGT, les gens adhèrent à la CGT, s’il y a un bon CFDT, les mêmes adhéreront à la CFDT. Enfin dernière raison  : à un moment donné, il y a une injustice qui devient inacceptable et déclenche l’adhésion. On ne naît pas syndicaliste, on le devient. Ce qui semble important, c’est la qualité de la représentation, c’est-à-dire la capacité de défendre les salariés contre les patrons et la capacité d’avoir une vision alternative, des projets.

Comment la CGT peut-elle surmonter les obstacles à la syndicalisation  ?

Françoise Piotet. Ce n’est pas aux chercheurs à dire ce que doivent faire les syndicalistes. Contrairement aux clichés, la CGT n’est pas un instrument, c’est une anarchie plus ou moins organisée. Chacun fait ce qu’il veut. C’est sa force parce que ça donne une très grande proximité et il n’y a pas de scission comme à la CFDT où la ligne descend du haut en bas et est appliquée. Mais c’est une faiblesse quand il s’agit de modifier les structures, par exemple. Problème supplémentaire  : la plupart des structures interprofessionnelles (unions locales et unions départementales) sont dirigées par des syndiqués du public. Or toutes les réformes structurelles et les efforts de syndicalisation engagés par la CGT, ça concerne le privé.

Entretien réalisé par O.M.

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