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Journée nationale de la Résistance - 27 mai

21 Mai 2021, 14:21pm

Publié par PCF Villepinte

Journée nationale de la Résistance - 27 mai

Journée nationale de la Résistance : le 27/05/2021

Le 19 juillet 2013, l'Assemblée nationale a adopté, à l'unanimité, une proposition de loi émanant du Sénat instaurant le 27 mai comme Journée nationale de la Résistance. Cette journée, dont la date a été choisie en référence à la première réunion du Conseil national de la Résistance (CNR) le 27 mai 1943, fournit l'occasion d'une réflexion sur les valeurs de la Résistance et celles portées par le programme du CNR.

La première Journée nationale de la Résistance se tient le 27 mai 2014. Cet évènement revêt une importance d'autant plus symbolique qu'il s'inscrit dans le cadre du 70e anniversaire des combats de la Résistance, des débarquements, de la libération de la France et de la victoire sur la barbarie nazie

Photo d'illustration : Déplacement de François Hollande au Lycée Buffon le 27 mai 2013 - Présidence de la République

Le 27 mai 2013, à l'occasion des 70 ans de la création du Conseil national de la Résistance, le président de la République a échangé avec des élèves du lycée Buffon, à Paris, haut lieu de la Résistance (cinq de ses élèves de cet établissement ont été fusillés par les nazis le 8 février 1943), en présence de plusieurs anciens résistants.

Des résistances à la Résistance

Photo d'illustration : Affiche ayant suivi l'appel du 18 juin 1940 du général de Gaulle (Source : Fondation charles de Gaulle)

Les mouvements de résistance à l'occupation nazie en France firent leur apparition de manière progressive et dispersée dès l'été 1940. A la suite de l'appel lancé, le 18 juin, par le Général de Gaulle sur les ondes de la BBC, des civils et militaires ont rejoint l'Angleterre, formant, autour de ce dernier, la "France libre". Plusieurs territoires coloniaux d'Afrique, d'Asie et d'Océanie se rallièrent à leur tour dans les mois qui suivirent.

Sur le territoire français métropolitain, partiellement puis entièrement occupé par l'armée allemande (octobre 1942), les mouvements de résistance, qui voyaient leurs effectifs croitre avec le temps (dureté de l'occupation allemande, rejet de la politique de Vichy, rupture du pacte germano-soviétique, refus du Service du travail obligatoire...), demeuraient très isolés et leur action souffrait cruellement d'un manque de coordination.

De son côté, la France libre avait besoin d'une reconnaissance officielle des mouvements de résistance afin d'asseoir sa légitimité vis à vis des Alliés.

Dans ce contexte, Jean Moulin, préfet de la IIIe République révoqué par le Régime de Vichy, reçut du Général de Gaulle, au début de l'année 1942, la mission de rallier et d'unir les principaux mouvements de résistance afin de créer une véritable armée secrète œuvrant sur le territoire occupé par l'ennemi, sous une même autorité. 

La création du Conseil national de la Résistance (CNR)

Photo d'illustration : Jean Moulin en 1939 (Source : Musée Jean Moulin - Musée du général Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris)

La première réunion du Conseil national de la Résistance (CNR) s'est déroulée le 27 mai 1943 dans l'appartement mis à disposition par René Corbin, un proche de Jean Moulin, au premier étage du n°48 de la rue du Four, au cœur de Paris occupé.

A cette occasion, furent réunis, pour la première fois dans un même lieu, autour de Jean Moulin, représentant le général de Gaulle, les représentants des huit principaux mouvements de résistance français ("Ceux de la Libération", "Ceux de la Résistance", "Combat", "Libération-Nord", "Libération-Sud", "l'Organisation civile et militaire", "Franc-Tireur" et "le Front national de la Résistance") ainsi que des principaux partis politiques ("l'Alliance démocratique", "la Fédération républicaine", "le Parti communiste", "le Parti radical", "le Parti démocrate populaire", et "la Section française de l'internationale ouvrière") et syndicats ("la Confédération française des travailleurs chrétiens", "la Confédération générale du travail") existant avant la guerre.

Ensemble, ils allaient œuvrer à coordonner l'action de la Résistance et même, dans la perspective de la libération du territoire national, à préparer la refondation de la République.

L'évolution du CNR

Photo d'illustration : Le Conseil national de la résistance en septembre 1944 à Paris (Source : MRN)

Moins d'un mois plus tard, Jean Moulin fut arrêté par la Gestapo à Caluire-et-Cuire, près de Lyon. Torturé, il mourut de ses blessures, quelques jours après, sur le chemin de l'Allemagne, sans avoir parlé (voir l'hommage solennel rendu à Jean Moulin, par André Malraux, lors de la cérémonie du transfert de ses cendres au Panthéon sur le site de l'INA).

Jean Moulin fut remplacé, en tant que président du CNR, par Georges Bidault (auquel succéda Louis Saillant en septembre 1944), Émile Bollaert (puis, après son arrestation par les Allemands en février 1944, Alexandre Parodi) assurant de son coté les fonctions de représentant du général de Gaulle au sein de ce conseil.

Le 15 mars 1944, après plusieurs mois de négociations, a été adopté, à l'unanimité, le programme du CNR. Il appelle à l'intensification de la lutte contre l'occupant et ses collaborateurs français, organisant l'insurrection armée, mais il jette également les bases d'une République nouvelle, profondément démocratisée, s'appuyant sur "un ordre social plus juste".

L'héritage du CNR après la guerre

Photo d'illustration : Couverture d'une des éditions du programme du Conseil de la Résistance (Source : Musée de la Résistance Nationale)

À la Libération, le programme visionnaire élaboré par le CNR conduisit à la mise en œuvre de réformes économiques, sociales et politiques donnant la priorité à l'accès à l'éducation pour tous et posant les bases d'un modèle social qui est aujourd'hui le nôtre (ex : création de la Sécurité sociale par l'ordonnance du 4 octobre 1945).

Il inspira également la rédaction du préambule de la Constitution de la IVe République, qui fait partie des textes fondamentaux de notre droit actuel ("bloc de constitutionnalité").

La Journée nationale de la Résistance, à laquelle les collèges et les lycées sont invités à s'associer, fournit l'occasion d'une réflexion sur les valeurs de la Résistance et celles portées par le programme du CNR, tel le courage, la défense de la République, le souci constant de la justice, de la solidarité, de la tolérance et du respect d'autrui.

Cet évènement revêt une importance d'autant plus symbolique qu'il s'inscrit dans le cadre du 70e anniversaire des combats de la Résistance, des débarquements, de la libération de la France et de la victoire sur la barbarie nazie.

 

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Aux camarades du IX° Place Clichy

5 Mai 2021, 16:52pm

Publié par PCF Villepinte

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Claire Hédon : « Vivre en Ehpad, ce n’est pas avoir moins de droits »

5 Mai 2021, 07:03am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité Mercredi 5 Mai 2021

Alexandre Fache

Le dernier rapport de la Défenseure des droits dénonce des atteintes récurrentes à la dignité des personnes âgées, renforcées par la crise sanitaire. ENTRETIEN.

La France est l’un des pays européens qui compte le plus de personnes de 75 ans et plus en Ehpad (près de 9 %). Or, le dernier rapport de la Défenseure des droits met au jour des phénomènes de maltraitance, aggravés par la crise sanitaire.

Quelles sont les principales atteintes aux droits des personnes âgées que vous pointez dans ce rapport?

CLAIRE HÉDON D’abord, nous voulions rappeler que les personnes qui vivent en Ehpad ont les mêmes droits que le reste de la population. Or, la crise sanitaire a mis en exergue des atteintes, qui existaient avant le Covid, mais ont pu être aggravées par l’épidémie. Atteintes au respect de la dignité des personnes, à la protection contre la maltraitance, à la liberté d’aller et venir, au respect de la vie privée, au maintien des liens familiaux…

Nous avons analysé 900 réclamations reçues en six ans, dont 200 depuis le début de la crise sanitaire. Concrètement, il s’agit de situations où, pour pallier le manque de personnel, des couches ont été mises systématiquement à des résidents; des horaires de lever et de coucher fixés en fonction de la seule disponibilité du personnel; des aliments hachés, alors que ce n’était pas indispensable; des douches données seulement une fois par semaine ­Autant datteintes liées à la vulnérabilité des personnes.

Sur ces 900 réclamations, 80 % concernaient les Ehpad. Y a-t-il un problème avec le modèle de ces établissements ou leur fonctionnement?

CLAIRE HÉDON On ne conteste pas le besoin de ce type de structures. La question, c’est comment elles fonctionnent. Or, les droits et libertés des résidents sont devenus une variable d’ajustement face au manque de personnel. D’où la préconisation centrale que nous formulons, au sein de nos 64 recommandations: fixer un ratio minimum de 8 effectifs à temps plein pour 10 résidents. Aujourd’hui, en France, on est à 6,2. Le Danemark est à 10, l’Allemagne à 12. Demander 8 ne nous semble pas déraisonnable, c’est même le ­minimum vital. Il faut aussi revaloriser les métiers de l’accompagnement, et rendre obligatoire la formation des personnels à la bientraitance.

La liberté d’aller et venir a particulièrement souffert lors de cette crise sanitaire…

CLAIRE HÉDON Évidemment, des ­restrictions pouvaient se justifier. Mais seulement de manière temporaire, exceptionnelle et proportionnée. Or, il existe encore des Ehpad, où les résidents sont vaccinés, qui empêchent ces derniers de sortir en famille, ou réduisent les visites à une heure par semaine. Là, ce n’est pas proportionné.

Ce ratio minimal de 8 encadrants pour 10 résidents est-il réaliste, alors que ces établissements sont déjà très coûteux pour les familles?

CLAIRE HÉDON Déjà, il n’y a pas de ­corrélation entre le coût d’une place en Ehpad et le nombre de personnels mis à disposition. La question est de savoir quelles priorités on se donne. Oui, les personnes en Ehpad ont les mêmes droits que nous! Il faut que nous changions de regard sur les personnes âgées, tous, collectivement. Et réfléchissions à linvestissement que cela induit.

Vous avancez 64 recommandations, c’est énorme. Cela montre en creux que les dysfonctionnements sont massifs…

CLAIRE HÉDON Ils sont importants, mais, attention, il y a aussi des Ehpad qui marchent bien. D’ailleurs, nos recommandations s’adressent d’abord au ministère de la Santé, aux ARS, aux conseils départementaux… C’est une question de société. La fin de vie doit être mieux accompagnée, via le développement des soins palliatifs au sein même des Ehpad. 

 

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Manifestation. « Une ambiance de lynchage » : ce qui s’est passé le 1er Mai

5 Mai 2021, 06:57am

Publié par PCF Villepinte

Camionnettes détériorées, militants insultés et frappés... Le déchaînement de violence, place de la Nation, a fait une vingtaine de blessés dans les rangs de la CGT. Pierrick Villette

L'Humanité Mercredi 5 Mai 2021

Cyprien Boganda Marion d'Allard Florent LE DUE milio Meslet

Samedi, les militants de la CGT ont été violemment pris à partie en fin de mobilisation parisienne, place de la Nation. Ces attaques inédites interrogent sur la doctrine de maintien de l’ordre du gouvernement.

Des syndicalistes roués de coups, des camions attaqués au marteau, le tout dans un concert d’insultes… De mémoire de militants, même les plus chevronnés, on n’avait jamais assisté à un tel déchaînement de violence, émanant du cortège lui-même. Ce qui s’est passé le 1er Mai à Paris, en fin de manifestation, laissera probablement des séquelles.

1. Comment se sont déroulés les faits?

Lorsque les premiers camions syndicaux font leur entrée place de la Nation, vers 18 heures, chacun s’autorise à souffler: «On était heureux davoir mené la manif à son terme, ce qui n’a pas toujours été le cas récemment», résume Patrick (1), membre du service d’ordre de la CGT et vieux briscard des manifestations. Le répit est de courte durée. 

«En arrivant sur la place, on a très vite perçu une ambiance de lynchage, assure Karl Ghazi, de la CGT commerce. Des gens étaient massés sur le terre-plein central, un mélange de gilets jaunes et de cagoulés vêtus de noir. On a essuyé des bordées d’injures antisyndicales. On a senti que ça allait dégénérer.»

Les cris de «CGT collabo» fusent d’un peu partout. «Les camionnettes de la CGT une petite dizaine ont commencé à traverser la place, raconte Patrick. C’est à ce moment qu’on se fait entourer, insulter. Et puis ça a tourné à la bataille rangée: des pavés pleuvaient de partout, les gars en face cassaient les vitres de nos camions à coups de marteaux, on recevait des bouteilles remplies de produits corrosifs dans la figure Entre ceux qui hurlaient et ceux qui étaient vraiment là pour cogner, je dirais qu’il y avait bien 150 assaillants.»

Dans l’affaire, l’attitude de la police interroge. En principe, la sortie du cortège était prévue boulevard du Trône (à l’est de la place), afin de gagner plus facilement le cours de Vincennes: cest là qu’étaient stationnés les bus chargés damener et de récupérer les manifestants.

Visiblement, la préfecture a décidé de changer lissue au dernier moment: «Je lai appris de la bouche de lofficier de liaison de la DOPC (Direction de l’ordre public et de la circulation) , alors même que les pierres pleuvaient autour de moi, explique Jean-Luc Hacquart, de la CGT Île-de-France. L’avenue du Trône était fermée par des barrières cadenassées.»

«Les CRS étaient planqués de l’autre côté des barrières, déplore Patrick. Nous, on ne pouvait pas rebrousser chemin, car cela revenait à aller droit sur nos assaillants. On avait l’impression d’être au centre d’une nasse, un peu comme un ring.» Bilan, selon la CGT: 21 militants blessés, dont quatre hospitalisés.

2. Qui a attaqué la CGT?

«Ce sont des gens du cortège de tête qui nous ont attaqués», affirme Karl Ghazi, secrétaire de la CGT commerce Paris. Mais le «cortège de tête» est bien loin d’être un tout homogène, rendant difficile une lecture claire des motivations des agresseurs. Une constante malgré tout: «Ce sont des manifestants qui défilent devant le cortège dit officiel pour marquer soit leur défiance vis-à-vis des organisateurs, soit leur volonté de manifester en toute autonomie», explique Isabelle Sommier, chercheuse au Centre européen de sociologie et de science politique.

Depuis 2016, le cortège de tête n’est plus seulement composé des milieux de l’ultra­gauche anticapitaliste. Patrick, de la CGT, l’a observé lors du 1er Mai: «Il y avait des autonomes, quon a lhabitude de croiser en manif, quelques gilets jaunes, selon moi proches de la droite lepéniste, mais aussi des gens un peu plus âgés et prêts au combat de rue, quon ne voit pas en général.

Pour moi, ce sont clairement des ultranationalistes.» Et Isabelle Sommier de confirmer: «Depuis quelques mois sagrègent des individus qui se revendiquent ou non des gilets jaunes, et qui sont dans lorbite des mouvances complotistes, anti-masques, antivax, plutôt politisés à l’extrême droite.» «Face à nous, il y avait une population assez variée: on n’était pas dans une manifestation de fachos», nuance Pierrick, également à la CGT, qui a vu «une femme de moins de 30 ans» taguer le mot «collabo» sur un camion du syndicat.

Plusieurs témoignages rapportent des insultes sexistes, homophobes et racistes qu’ils imputent à l’extrême droite. Divers individus provenant de l’ultragauche, des gilets jaunes, ou inspirés par des mouvances complotistes ou nationalistes, se seraient donc ligués par opportunisme contre la CGT? «On peut lire cette agression comme lexacerbation dune culture anti-institutionnelle: le syndicat est considéré comme faisant partie du système», observe Christian Le Bart, sociologue à Sciences-Po Rennes.

3. La stratégie policière est-elle en cause?

Anthony Caillé, policier et syndicaliste CGT, était présent, ce samedi, aux côtés des véhicules syndicaux, et, pour lui, «le temps de réaction de la police a été problématique». Car «si les épisodes violents en marge des manifestations ne sont pas un fait nouveau, là, les camarades n’ont pas pu s’extirper de la place. C’est ce qui explique, en partie, l’aggravation de la situation», estime-t-il.

La préfecture de police renvoie la balle aux syndicalistes, indiquant que «deux premiers véhicules syndicaux pris à partie ont pu rapidement s’extraire par l’avenue de Taillebourg», alors que «les trois derniers, sengageant sur la mauvaise sortie», se sont trouvés face aux grilles. Mais pour Anthony Caillé, «peu importe, finalement, que litinéraire de sortie ait été respecté. Voyant la situation, un gradé aurait dû prendre la décision d’ouvrir le passage aux camionnettes pour les sortir de là en les escortant, par exemple, sur une rue adjacente».

L’accusation portée contre la stratégie policière ne se résume pas aux dernières minutes de la manifestation. Les violences et les tensions ont débuté bien avant, du côté du métro Saint-Ambroise (boulevard Voltaire), lorsque les forces de police ont stoppé net le cortège. Une «technique utilisée systématiquement depuis la mobilisation contre la loi travail», déplore David Dugué, membre du bureau confédéral de la CGT, et «qui consiste à couper la manifestation en deux devant la banderole des organisations syndicales, en isolant ce que le gouvernement appelle «black blocks» du reste des cortèges. Et ils bloquent. Or, un arrêt dune heure met une manifestation sous tension».

Un «entêtement incompréhensible de la part de la préfecture», ajoute Anthony Caillé, qui rappelle que la police «a largement les moyens didentifier les personnes violentes et de les arrêter en amont». Et si, pour David Dugué, il faut clairement «changer la stratégie de maintien de lordre», le syndicaliste estime que «la meilleure façon d’éviter que ce genre d’épisodes se produise, cest de faire masse: plus les cortèges sont nourris, moins violentes sont les attaques».

4. À qui profitent Ces incidents?

C’est ce qu’on appelle le service minimum. Alors que l’ensemble de la gauche condamne d’une seule voix les violences subies par la CGT, le gouvernement s’est contenté d’un soutien mou aux syndicalistes par la voix des ministres Élisabeth Borne et Marlène Schiappa. Pis, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a préféré jeter de l’huile sur le feu: «Il ny a pas eu de ratés de la part de la police, il y a eu une bagarre entre des gilets jaunes et la CGT. Les organisateurs doivent gérer la manifestation.» L’exécutif, qui ne tient déjà pas compte des revendications de la rue, a tout intérêt à diviser la gauche à un an de la présidentielle.

Mais le fond de l’air est brun en cette période où des généraux factieux à la retraite appellent de leurs vœux une guerre civile. Cette entreprise de «bordélisation» dun événement syndical sert avant tout lextrême droite, qui entend récupérer une large partie du vote des classes populaires. En comparaison, l’habituel dépôt de gerbe devant la statue de Jeanne d’Arc par Marine Le Pen, qui veut récupérer à son compte le 1er Mai, ne peut paraître que paisible.

 «La CGT est un peu collabo quand même parce qu’elle est très financée par l’État», s’est par exemple réjoui Gilbert Collard. L’eurodéputé RN s’inscrit dans la longue entreprise antisyndicale et anticommuniste développée par l’extrême droite, qui s’est accentuée depuis quelques années: agressions de militants, siège du PCF tagué en octobre dernier, Marine Le Pen affirmant début 2020 qu’on «a toutes les raisons de détester la CGT et monsieur Martinez».

(1) Le prénom a été modifié.

 

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Elections départementales

4 Mai 2021, 13:03pm

Publié par PCF Villepinte

Le gouvernement a décidé de tenir les élections départementales les 20 et 27 juin. Nos groupes parlementaires, notre secrétaire national sont intervenus pour que les conditions de la campagne électorale et le vote se déroulent sans risque sanitaire pour les populations et avec la plus grande exigence démocratique.

La première urgence c’est de vaincre la pandémie, le gouvernement doit créer les conditions d’une vaccination massive et dégager des moyens pour nos hôpitaux et nos soignants.

La crise sanitaire souligne la gravité des choix gouvernementaux.

Les choix politiques de ces dernières années se font contre l’égalité des territoires, les services publics, les collectivités départementales. Nous sommes opposés à la suppression des départements dans les zones urbaines ou rurales et attachés au couple département-commune pour des politiques de proximité.

 La demande d’aide alimentaire explose avec une augmentation d’environ 30 %. Les inscriptions au RSA affluent avec 15 à 25 % d’augmentation par département. La crise et les besoins de solidarité démontrent le rôle majeur des départements dans la vie de tous les jours, de la naissance à la prise en charge du vieillissement, et dans les politiques d’aménagement du territoire.

Les départements gèrent les collèges, les voiries départementales, les actions sociales, la petite enfance, la vie associative, le logement, la culture, le développement économique. Près de 80 milliards de budget que les marchés financiers aimeraient récupérer. Depuis des mois, les communistes sont pleinement mobilisés dans la préparation de ces élections, engagés dans la construction de projets de solidarité et d’égalité pour tous nos territoires, urbains, ruraux, de montagne ou du littoral.

Le PCF travaille à des rassemblements avec toutes les forces de gauche.

Nous voulons faire face aux urgences, pour le maintien de l’emploi, la transition écologique, la lutte contre la précarité et la pauvreté, le renouveau de la démocratie. Défendre nos valeurs d’égalité et de solidarité, de laïcité, de lutte contre le racisme et l’antisémitisme et contre toutes les discriminations.

Hélas, pour notre canton de Sevran/Villepinte, la fédération EELV de Seine Saint Denis soutient la candidature de sa nouvelle adhérente Mélissa Youssouf comme « binôme » avec Stéphane Blanchet, maire de Sevran. La fédération du PS soutient également cette candidature.

Une candidature inacceptable !

Devons-nous rappeler que lors du deuxième tour des élections municipales, sous l’égide de François Asensi, Mélissa Youssouf a pris la tête d’une liste du déshonneur avec une partie de la droite et les macronistes ? Ainsi, la gauche majoritaire à hauteur de 56% au premier comme au second tour a été vaincue, « l’amélioration du quotidien » des villepintois attendra. Merci Mélissa !

Pour notre part, nous considérons qu’un binôme : Stéphane Blanchet, Nelly Roland (arrivée largement en tête de la gauche avec 24.9% au premier tour des municipales) constitue la meilleure option pour regagner notre canton à gauche.

Nous refusons de voter pour Mélissa Youssouf, qui se présente alternativement comme PS, puis apolitique, puis compatible avec la droite et la REM, maintenant verte, et dont le seul cap est son propre intérêt.

 

PCF Villepinte Avenue SACCO ET VANZETTI

93420 VILLEPINTE

 Blog : pcf-villepinte.over-blog.com

 

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La France qui lutte

3 Mai 2021, 09:38am

Publié par PCF Villepinte

Ceux qui pensent au bien commun... et les hideux qui veulent faire taire la CGT.

La France vibre de colères si puissantes, si annonciatrices d’une crise sociale majeure, que l’avenir en pointillé se dessine entre espoirs et craintes. Ce que certains appellent «le retour du social dans la rue» a pu en surprendre plus d’un. En pleine pandémie, environ 150.000 personnes ont donc manifesté dans le pays à l’occasion de la Fête des travailleurs.

Autant dire un énorme écho qui remonte des tréfonds de la vraie vie, témoignant avec éclat de la vitalité des mobilisations visibles… et souvent invisibilisées. Les cortèges de ce samedi ont produit une sorte d’électrochoc dans toutes les consciences solidaires capables d’imaginer l’ardeur des luttes en cours: emplois, salaires, services publics, appauvrissement global de la société, etc. Les raisons de mécontentement ne manquent pas.

D’autant que le temps de l’action est là, encore devant nous, pour que le «quoi qu’il en coûte» du président ne se transforme pas en coup de massue sur les plus faibles, les chômeurs, les retraités, tous ceux des «première» et «seconde lignes» qui attendent toujours la promesse des Jours heureux…

Évidemment, ce 1er Mai fut aussi très politique. Comment pouvait-il en être autrement, à quelques semaines des élections régionales et départementales, et à un an tout juste de la présidentielle? Tout est à rebâtir, alors que lexécutif ne nous annonce que des «réformes structurelles» et une nouvelle cure daustérité comme corollaire à son plan de relance.

Ainsi, prolonger cette démonstration de force syndicale, en tant qu’étape exemplaire, s’avère indispensable pour bousculer l’ordre établi. Aucun scénario n’est écrit à l’avance, même si le climat médiatico-politique a de quoi nous inquiéter.

Comme nous inquiètent grandement les exactions à l’égard de la CGT. Comment qualifier l’attitude de cette «horde» d’individus, à la fin du défilé parisien, venue s’attaquer violemment à des militants cégétistes? La confédération déplore 21 blessés, dont 4 graves.

Images effarantes de ce groupuscule façon milice, prêt à tout pour faire taire un syndicat – pas n’importe lequel –, cognant aveuglément et proférant la pire des insultes pour l’un des hauts représentants historiques du Conseil national de la Résistance: «CGT collabo.» Ces hideux ne sont pas la France. Cette France qui lutte pour le bien commun.

[EDITORIAL publié dans l'Humanité du 3 mai 2021.]

Publié par Jean-Emmanuel Ducoin

 

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Soutien aux syndicalistes de la CGT victimes d’agressions à la manifestation parisienne du 1er mai

3 Mai 2021, 09:35am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 02/05/2021 par PCF
Soutien aux syndicalistes de la CGT victimes d’agressions à la manifestation parisienne du 1er mai

Soutien fraternel aux syndicalistes de la CGT victimes d’agressions à Paris, à la fin du défilé parisien.

La belle mobilisation de ce 1er mai doit beaucoup à la CGT. S’en prendre à ses militants, c’est s’en prendre à toutes celles et ceux qui se sont mobilisés aujourd’hui contre la casse des droits sociaux, pour la défense de l’emploi, des services publics, pour l’augmentation des salaires et l’amélioration des conditions de travail.
Honte à ceux qui organisé ces violences.
Solidaires de nos camarades syndicalistes, chaque jour au combat pour défendre les droits les travailleuses et les travailleurs, dans le public comme dans le privé.

 

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Ultradroitisation

2 Mai 2021, 07:24am

Publié par PCF Villepinte

La responsabilité de la droite, depuis le sarkozysme, est écrasante. Tant de digues ont sauté, qu’une forme de «rassemblement» des droites extrêmes n’est plus un fantasme.

Ainsi donc, la «dédiabolisation» du Rassemblement national aurait «porté ses fruits», si l’on en croit une préoccupante étude de la Fondation Jean-Jaurès. Seuls 34% des Français disent avoir une «image négative» de Marine Le Pen, contre 50% il y a deux ans.

De quoi montrer de l’inquiétude, quand nous constatons chaque jour un peu plus l’hystérisation et l’ultradroitisation des débats publics, quels que soient les sujets. À qui la faute, après des décennies de dérives en tout genre?

La responsabilité de la droite, depuis le sarkozysme, est écrasante. Tant de digues ont sauté, qu’une forme de «rassemblement» des droites extrêmes n’est plus un fantasme, au moins par les urnes.

Les trois droites, classées jadis comme légitimiste, orléaniste et bonapartiste, peuvent maintenant se décliner comme conservatrice, ordolibérale et poujado-identitaire, avec des porosités d’idées si prégnantes qu’une grande part de l’électorat LR refuserait désormais toute perspective de «front républicain» pour barrer la route au lepénisme. Qui est prêt à reporter ses voix au second tour d’une présidentielle sur Marine Le Pen, sinon cette partie croissante de la droite?

Contrairement à ce qu’affirment tous les réactionnaires ayant table ouverte dans l’espace médiacratique, le discours dominant ne valorise plus, depuis longtemps, les valeurs républicaines fondamentales, la démocratie, l’humanisme ou les progrès sociaux.

Et un jour, ce glissement idéologique obscène s’achève par la «tribune» offerte à l’ignoble Éric Zemmour, tous les soirs sur CNews, véritable déversoir nationaliste abject, entre discours de haine et rabâchage authentiquement d’extrême droite. Quand la banale dissémination des discours débouche sur un confusionnisme rhétorique et doctrinal favorisant le pire…

Reste Emmanuel Macron, qui s’accommode bien de la situation pour l’avoir accélérée. En vue de 2022, nous connaissons son choix: le tête-à-tête avec Le Pen. Jusqu’à aujourdhui, sans doute pensait-il quil sagissait de son assurance-vie, sa seule chance d’être réélu.

En quatre ans, de surenchères sécuritaires en stigmatisations, il a même dressé une sorte de pont-levis avec l’extrême droite. L’histoire retiendra qu’il aura mis en péril, lui aussi, la démocratie et la République. 

[EDITORIAL publié dans l'Humanité du 27 avril 2021.]

Publié par Jean-Emmanuel Ducoin 

 

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IL Y A 150 ANS.1er mai 1871

2 Mai 2021, 07:20am

Publié par PCF Villepinte

Edouard Detaille, Ambulances de Passy, le 1er mai 1871. Musée Carnavalet, Histoire de Paris

1er mai 1871, Rossel est nommé délégué à la Guerre, 72 morts à Issy dans le bataillon de Victorine

 Le 1er mai, à l’Hôtel de Ville, on s’empaille encore. Encore une fois à propos de la publicité des débats. D’autant plus qu’un des membres, Pierre Vésinier, a rédigé et publié dans son journal, Paris libre, un compte rendu d’une réunion « en comité secret », celle du 28 avril. Je me contente (par favoritisme) de citer l’intervention d’Albert Theisz — qui est favorable, depuis le début, à la publicité des débats:

Icon QuoteJe crois qu’il y a là une question de tact et de convenance, et que les journalistes qui font partie de la Commune devraient oublier qu’ils le sont. Quand ils discutent les séances de la Commune, ils devraient discuter quand la séance a paru dans l’Officiel: c’est leur affaire comme citoyens. Mais profiter de ce qu’on est membre de la Commune pour discuter ses affaires, avant la publication des séances, c’est manquer de tact. Je blâmerai tout citoyen qui profitera de son titre de journaliste pour blâmer telle ou telle décision avant sa publication dans le Journal Officiel.

Vous pouvez lire le reste de ce qui s’est dit ce jour-là en ce lieu, l’élection du Comité de Salut public, notamment, dans le procès verbal, qui est en ligne, ici.

Pour ma part, je vous livre plutôt les actes décidés dans la réunion en comité secret d’hier (sur cette séance, voir l’article d’hier). Voici l’essentiel, qui paraît dans le Journal officiel d’aujourd’hui 1er mai, dans un ordre légèrement baroque:

Icon QuoteLa commission exécutive

Arrête:
Le citoyen Rossel est chargé, à titre provisoire, des fonctions de délégué à la guerre.
Paris, le 30 avril 1871.

La commission exécutive
Jules Andrieu, Paschal Grousset
Ed. Vaillant, F. Cournet, Jourde

*

Icon QuoteLe citoyen Cluseret est révoqué de ses fonctions de délégué à la guerre. Son arrestation, ordonnée par la commission exécutive, est approuvée par la Commune.

*

Icon QuoteIl a été pourvu au remplacement provisoire du citoyen Cluseret: la Commune prend toutes les mesures de sûreté nécessaires.

*

Icon QuoteAux citoyens membres de la Commission exécutive

Citoyens,

J’ai l’honneur de vous accuser réception de l’ordre par lequel vous me chargez, à titre provisoire, des fonctions de délégué à la guerre.
J’accepte ces difficiles fonctions, mais j’ai besoin de votre concours le plus entier, le plus absolu, pour ne pas succomber sous le poids des circonstances
Salut et fraternité.
Paris, le 30 avril 1871.

Le colonel du génie,
ROSSEL.

L’explication, quant à Cluseret, n’apparaîtra que dans le Journal officiel de demain 2 mai. La voici:

Icon QuoteL’incurie et la négligence du délégué à la guerre ayant failli compromettre notre possession du fort d’Issy, la commission exécutive a cru de son devoir de proposer l’arrestation du citoyen Cluseret à la Commune, qui l’a décrétée.

La Commune a pris d’ailleurs toutes les mesures nécessaires pour retenir en son pouvoir le fort d’Issy.

*

Le fort d’Issy… mais justement, Victorine Brocher y est, avec son bataillon. Elle raconte (en italique):

Il était […] minuit [le 30 avril au soir]. Nous frappâmes à la porte de l’asile, on nous ouvrit avec assez de difficulté; enfin nous entrâmes, dans une grande salle il y avait des lits sur lesquels nos blessés gisaient; plusieurs avaient déjà succombé, d’autres avaient des mouvements étranges, un autre avait reçu une balle entre les deux yeux, il n’avait pas repris connaissance, tout son corps était inerte, il avait la tête tout enveloppée de ouate, ses yeux seuls semblaient vivre, ils faisaient un mouvement continuel, c’était pénible à voir; ils étaient tous horriblement blessés; ceux qui avaient leur connaissance paraissaient heureux de nous voir, mais ils savaient qu’ils étaient perdus; malgré cela ils n’étaient pas tristes, ils acceptaient stoïquement la fin de leur existence, ils considéraient que c’était un sacrifice naturel, offert à la liberté. Nous étions vraiment plus tristes qu’eux. Lorsque nous les quittâmes, ils nous serrèrent la main bien affectueusement, je leur dis au revoir.

Icon Quote Non, pas au revoir, c’est adieu qu’il faut dire, il y a encore loin d’ici au lever du soleil. Alors nous aurons cessé de vivre, nous mourons avec confiance dans l’avenir, nous mourons heureux ! Rappelez-vous, petite sœur, que les balles mâchées ne pardonnent pas.
— Dans la matinée nous reviendrons, leur dis-je, puis nous les quittâmes.

[…]
Nous retournâmes au petit séminaire. Dans le village, tout était calme. Nous pûmes constater tous les dégâts produits par les obus versaillais, le séminaire n’avait point été épargné.

Nous passâmes le reste de la nuit à mettre de l’ordre dans nos affaires; nous allions aux nouvelles, nous apprîmes que la défense avait faibli, cependant le fort tenait bon.

Dès l’aurore nous reçûmes l’ordre d’établir un campement dans la grand-rue d’Issy pour protéger la retraite, le cas échéant, et préserver l’entrée de Paris.

Le général La Cécilia venait d’arriver, le colonel Lisbonne avec ses lascars prit notre place au séminaire.

Dans la matinée du 1er mai, nous sommes allés avec le capitaine Letoux et le sergent Louvel à l’ambulance pour voir nos camarades. En arrivant, on nous apprit que pas un seul n’avait survécu, ils étaient tous morts dans la nuit. Nous allâmes dans la salle, tous ces pauvres amis semblaient dormir. Quelle sinistre vision! Vivrais-je cent ans que je ne pourrais oublier cette effroyable hécatombe.

Nous avons eu 72 hommes hors de combat, ils étaient tous morts.

*

Le dessin d’Édouard Detaille représente l’ambulance de Passy, le 1er mai, et, lui aussi, la guerre meurtrière de Versailles contre Paris. Il est au musée Carnavalet.

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