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Faute de moyens, les services d'urgence contraints de baisser le rideau.

10 Mai 2022, 07:07am

Publié par PCF Villepinte

CGT PUBLIÉ LE 10 MAI 2022

 

Hôpital R Ballager

Une cinquantaine d’hôpitaux, un peu partout en France, ferment sporadiquement ou filtrent leurs service d’urgences, pour une nuit ou plusieurs jours. Il faut parfois une heure de route pour trouver des urgences ouvertes. En cause, les restrictions budgétaires pour la santé, le manque de médecins urgentistes et la désertification médicale.

« Entre 2002 et 2022, le nombre de passages aux services des urgences a plus que doublé en France, passant de 10 à 23 millions par an », calcule Cédric Volait, cadre administratif à l’hôpital de Manosque (Var), membre de la commission exécutive CGT Santé Action Sociale.

Il manque 11,5% des effectifs dans les hôpitaux, dont 44 000 médecins selon une enquête réalisée par la CGT au déclenchement du Covid, début 2020.

Sans compter la pénurie d’aides-soignantes (59 200), d’agents de service hospitaliers (57 600) et d’infirmières (46 000).

« Ça craque de partout, tous les 2 ou 3 jours, il y a des préavis de grève, de plus de plus de services d’urgences sont obligés de fermer de manière occasionnelle », constate le représentant syndical.

Déjà ébranlé par les restrictions budgétaires décrétées par les gouvernements successifs depuis 2012 , « un milliard d’économies par an », précise C. Volait, l’hôpital sort laminé des deux années de Covid. Le taux d’absentéisme a bondi. 

« Mais ne laissons pas la crise sanitaire masquer la carence structurelle de l’offre de soins, prévient régulièrement le Collectif InterUrgences. La crise des urgences est aussi la conséquence de la désertification médicale. Elles sont surchargées de patients qui y vont faute de médecins généralistes de proximité. Et il n’y pas assez d’urgentistes formés. Au total, il faudrait 12 000 médecins supplémentaires pour répondre aux besoins », illustre C. Volait qui anime le groupe de travail de la CGT sur les politiques de santé. 

Les urgences c’est la porte d‘entrée de l’hôpital.

La Confédération prépare une journée d’action avant le premier tour des législatives du 12 juin, à partir de « cahiers revendicatifs » envoyés à chaque établissement hospitalier. 

Pour sortir de cette situation, la CGT exige :

la titularisation des jeunes médecins,

 la régularisation administrative des praticiens à diplôme hors Union européenne (PADHUE, ils sont plusieurs milliers à venir en renfort dans les hôpitaux français),

la revalorisation des salaires de la santé,

la réouverture des 100 0000 lits fermés en 20 ans,

 l’amélioration de la carrière des médecins urgentistes afin qu’ils ne préfèrent pas le privé ou l’intérim,

 le rétablissement du ratio d’effectifs des services d’urgences en s’appuyant sur le référentiel du Samu Urgences de France,

 le retour des gardes obligatoires en médecine de ville pour désengorger les urgences. 

Voir la carte interactive des fermetures des lits et des urgences menacés.

Les urgences de l’hôpital Robert-Ballanger ne répondent plus. Lundi soir, à partir de 19 heures, les patients qui se sont rendus dans ce service du centre hospitalier intercommunal (CHI) situé entre Aulnay-sous-Bois et Villepinte ont trouvé porte close. Le lendemain, deux infirmières au lieu de huit en temps normal assuraient un accueil minimal. Plus de la moitié des quelque 80 infirmiers et des aides-soignants qui travaillent aux urgences sont actuellement en arrêt maladie.

Un professionnel de santé parlerait sans doute d’un mal endémique. Le 18 mai 2019, près d’un an avant la première vague de l’épidémie de Covid-19, la direction de l’hôpital donnait aux services de secours la consigne d’orienter les malades vers les autres hôpitaux du secteur. Ce délestage s’expliquait déjà par un nombre de soignants trop faible pour assurer une prise en charge acceptable.

En août dernier, le CHI avait été contraint d’activer le plan Blanc. Une décision prise en accord avec l’agence régionale de santé, et qui permet de rappeler les soignants sur leurs jours de congé. D’autres établissements avaient fait de même durant cet été en raison de la progression du variant Delta. À Aulnay-sous-Bois, la mesure s’expliquait non pas par la nécessité de faire face à une nouvelle vague du virus mais, là encore, par l’obligation de compenser un sous-effectif devenu chronique.

La direction a acté le recrutement d’un aide-soignant et d’un infirmier

Les banderoles blanches accrochées au grillage à l’entrée de l’hôpital confirment la procédure de délestage. « Urgences pédiatriques adultes fermées » et « Appeler Samu : 15 ; Pompiers : 18 » peut-on y lire. Dans une alerte adressée à la direction le 1er février dernier, deux psychologues pointaient « les atteintes à la santé des personnels et des risques psychosociaux qui perdurent » au sein du service, listant « symptômes de pathologie de surcharge de travail », « conflit éthique de réaliser un accueil et des soins mal faits » et « manque de présence et de soutien des hiérarchies ».

Une réunion entre une partie du personnel, les syndicats et la direction s’est tenue ce mercredi en début de journée. Le compte rendu, que nous avons pu consulter, acte notamment « le recrutement pour un septième poste AS (aide-soignant) de jour et de nuit » et « un recrutement supplémentaire d’IDE (infirmière diplômée d’État) afin de permettre le positionnement de deux IDE au déchocage ». Contactés, ni le représentant de la CGT ni la direction du CHI n’ont pu être joints.

« Nous avons partagé la nécessité de travailler en effectif complet et la difficulté de procéder à des recrutements de soignants infirmiers actuellement, au regard de la situation départementale et nationale », indique le document. Qui annonce la tenue d’une réunion du même format dans les quinze prochains jours.

« Le Ségur de la Santé ne répond en rien aux attentes des personnels de santé »

Mercredi matin, les personnels du service ont reçu la visite et le soutien de Clémentine Autain. La députée (LFI) sortante de la 11e circonscription de Seine-Saint-Denis (Sevran, Villepinte et Tremblay-en-France), candidate à un second mandat aux législatives le mois prochain, a participé à la réunion du jour. Elle pointe la responsabilité de l’État.

 

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LES ASSUREURS A L’ASSAUT DU « MARCHE » DE LA PERTE D’AUTONOMIE :

1 Mai 2022, 07:35am

Publié par PCF Villepinte

Ils veulent nous obliger à souscrire une assurance dépendance, l’exact opposé du « 100 % Sécu ».

C’est maintenant qu’il faut créer le rapport de force. Nous ne reviendrons pas sur les scandales Orpéa ou autres, d’une façon plus générale sur la maltraitance / non traitance généralisée.

C’est la conséquence des politiques menées : Economies budgétaires en personnel soignant, d’accompagnement, des personnes en perte d’autonomie.

Economies sur l’hébergement, y compris dans le privé lucratif en dépit de tarifs prohibitifs.

Lois permettant aux multinationales de se développer.

Les Orpéa, Korian, Domuns Vi, …se sont donc développés. Les tarifs et les « taux de remplissage » (c’est le vocabulaire du secteur) proches de 100 % en font un marché particulièrement juteux pour les multinationales et leurs actionnaires.

Mais il y a un autre « marché » de « l’or gris » à développer : l’assurance dépendance

Les assureurs surfent sur le scandale Orpéa. La population est sensibilisée, consciente qu’il faut prendre des mesures, d’autant que les baby-boomers arrivent aux âges de perte d’autonomie.

Il faut dégager des moyens, les financer. Les multinationales de l’assurance sont là. Pour elles il y a un fort potentiel. Avec le nouveau quinquennat – le dernier pour Macron – c’est le moment.

France Assureurs et la FNMF exigent d’obliger à souscrire une assurance dépendance « socle », complétée par « une gamme étendue de services « 

Qui sont France Assureurs et la FNMF ?

France assureurs :

Elle  réunit l’ensemble des entreprises d’assurance et de réassurance opérant en France, relevant du Code des assurances, soit 247 sociétés représentant plus de 99 % de ce marché. 2742 milliards de placement fin 2021 (plus que le PIB de la France)

Conseil exécutif : ACM Assurances - Aéma Groupe - AG2R La Mondiale - Allianz France - Aréas Dommages - Assurance Mutuelle des motards - Axa France - BNP Paribas Cardif - CNP Assurances – Covéa – Chubb - Crédit Agricole Assurances - Generali France – Groupama - Groupe PRÉVOIR – MAIF – MATMUT - Natixis Assurances - SCOR SE – SMABTP - Société Générale Assurances - Swiss Life France - Swiss Re

La Fédération Nationale de la Mutualité Française

Elle est le porte-parole de 488 mutuelles, qu’il s’agisse de mutuelles nationales, régionales ou locales, de membres d’organismes paritaires d’assurance santé, de prévoyance.

On y retrouve AESIO, Harmonie mutuelle, Klesiamut, Malakoff Humanis,…

  • La quasi-totalité des assureurs privés (lucratifs et non lucratifs) sont dans France assureurs.
  • Ce n’est pas le cas de la mutualité : la FNMF ne représente qu’une partie de la mutualité. Par exemple la FMF, Fédération des Mutuelles de France – 80 groupements mutualistes-, n’en fait pas partie et ne s’associe pas à l’exigence d’assurance dépendance obligatoire.

L’argumentation du livre blanc France assureurs –FNMF :

Les motivations sont claires : « Le marché de l’assurance peine à se développer depuis plusieurs années » (on avait plutôt l’impression que les tarifs des assurances diverses ne cessaient d’augmenter)

En tout cas ils veulent développer leur « marché » en augmentant sans cesse nos cotisations, c’est l’exigence de leurs actionnaires.

Leur « argument » : il est impossible de dégager de l’argent « public « 

Et de citer un rapport sénatorial qui comme beaucoup d’autres demande la réduction des « dépenses publiques », Sécurité sociale et services publics, donc leur privatisation

C’est clair : plus il y aura d’assurances privées et plus les gouvernements pourront diminuer les budgets de la protection sociale. C’est l’exact opposé « du 100 % Sécu ».

La création de la branche perte d’autonomie, fiscalisée, a délibérément préparé l’offensive :

La branche autonomie, créée par la loi du 7 août 2020, a été confiée à une caisse extérieure à la Sécurité sociale, la CNSA (Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie)

Fiscalisée, elle a été créée en déficit. Simultanément une autre loi du 7 aout 2020 a obligé à rembourser la dette sociale jusqu’en 2033, pure provocation contre la Sécu.

Macron a donc préparé l’offensive des assureurs privés, notamment des multinationales, et de la FNMF. La fiscalisation mène à la privatisation

France assureurs et la FNMF » proposent la prise en charge de la dépendance totale (GIR 1 et 2) en partenariat avec les pouvoirs publics »

Les pouvoirs publics participeraient donc à la « mutualisation du risque »

En plus de l’assurance « socle », développer les surcomplémentaires : « Au-delà du socle de base, tous les organismes pourraient proposer des garanties dépendances complémentaires plus larges (montants de rente supérieurs, couverture dépendance partielle, assistance…) ».

En outre ils demandent à l’Etat, dont ils nous disent par ailleurs qu’il est exsangue, de supprimer la TSA, la taxe de solidarité additionnelle, diminuant donc ses ressources.

Ils comptent profiter de l’été : pour eux « il y a urgence à agir »

Certes il y a urgence de créer une grande loi autonomie, répondant aux besoins, mais pas pour une assurance obligatoire « socle », doublée d’assurances surcomplémentaires. Les annonces de fin de campagne du candidat- président Macron

Douché par ses 20,07 % des inscrits au 1er tour, le candidat-président Macron a promis un » service public de la perte d’autonomie ». Malheureusement le terme « service public » est maintenant utilisé en France au sens européen de SIEG, pouvant être mis en œuvre par le privé comme par le public, ou des PPP. Ce que E Macron appelle « service public » sera confié au privé, en tout cas tout ce qui est rentabilisable.

Sentant que la retraite à 65 ans, ça ne passe pas, il a tenté de la justifier par le financement de la perte d’autonomie, l’augmentation du minimum contributif à 1100 €, …

Nous rejetons le piège de la guerre des générations. Actifs et retraités nous refusons la retraite à 65 ans et plus. Nous sommes au contraire pour le retour à la retraite à 60 ans.

Le financement ne pose aucun problème, sinon de choix politique, à commencer par la remise en cause des gigantesques exonérations de cotisations sociales dite « patronales » qui sont une part du salaire qui est socialisée, ainsi que d’aides sans fin qui n’ont nullement empêché la désindustrialisation de la France

Les assureurs, notamment lucratifs, non seulement bénéficient des gigantesques exonérations de cotisations sociales – remplacées par la CSG… -, d’aides qui augmentent sans cesse – payées par nos impôts, taxes, TVA -, mais osent en plus nous demander qu’on leur verse davantage de cotisations.

Double bénéfice pour leurs actionnaires, double perte pour nous 

Au cœur la Sécurité sociale…absente des professions de foi de la présidentielle !

La perte d’autonomie devrait appartenir à la branche maladie de la Sécurité sociale.

Qu’à droite et à l’extrême droite on détruise la Sécurité sociale aussi discrètement que possible, c’est une stratégie logique : les français sont attachés à la Sécu qu’ils considèrent comme définitivement conquise dans leur immense majorité. Les détromper pourrait mettre beaucoup de monde dans la rue.

Malheureusement à gauche si des professions de foi ont parlé hôpital public, parfois de sortir les EHPAD du privé lucratif (à juste titre),…aucune profession de foi n’a jugé utile de faire un paragraphe sur la nécessaire défense et reconquête de la Sécurité sociale.  

Il est encore temps dans les législatives, les mobilisations, de mettre la défense et la reconquête de la Sécurité sociale au premier plan !

NOS REVENDICATIONS

La perte d’autonomie est la pointe avancée des réformes contre la Sécurité sociale

NON à l’instauration d’une assurance dépendance obligatoire. Unité pour s’y opposer.

Lorsque la proposition France assureurs – FNMF est venue au programme du Haut conseil de l’âge (qui dépend du Premier ministre) CGT, FO, CFTC, CGC, FSU, FGR, UNRPA, ont fait une déclaration commune pour s’y opposer.

Intégration de la perte d’autonomie dans la branche maladie de la Sécurité sociale.

Création d’un grand service public de la perte d’autonomie en établissement comme à domicile, avec le personnel nécessaire, bien formé, correctement rémunéré, avec de bonnes conditions de travail.

Défense et reconquête de la Sécurité sociale d’Ambroise Croizat, de toutes ses branches, de son unité.

Jean Claude Chailley, 24 avril 2022

 

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Solution de continuité!

15 Avril 2022, 12:37pm

Publié par PCF Villepinte

Bonjour;

Une cruralgie sympathique m'a contraint d'interrompre mes petits messages. Je reprends donc, après quelques extensions,  même si la situation politique a de quoi faire mal au bas des reins!!!

Daniel

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UN JOUR AVEC Lamia Jarboui, au chevet des femmes

28 Mars 2022, 08:03am

Publié par PCF Villepinte

La Journée mondiale contre l’endométriose, un mal qui touche une femme sur dix en âge de procréer, est organisée ce lundi. Rencontre avec une radiologue engagée et passionnée.

Nadège Dubessay L’Humanité

 Publié le Lundi 28 Mars 2022

 

« Un jour, une patiente m’a dit : “Cette saloperie m’a confisqué ma vie.” » Julien Jaulin/Hans Lucas


C’est comme si le monde d’avant avait brutalement disparu. À 14 ans, Paloma (1) souffre le martyre chaque mois. Pendant trois jours, parfois une semaine. Une douleur pelvienne intense, tenace. Et ce, depuis qu’elle a ses règles. Sa mère aussi avait des règles douloureuses. Et tomber enceinte n’a pas été une mince affaire. À l’époque, on ne parlait pas d’endométriose. Personne ne connaissait cette maladie, pourtant identifiée… en 1860.

Les choses ont changé. Alors, quand Paloma a expliqué le mal qui la ronge, sa mère n’a pas hésité. Elle a filé avec sa fille chez le gynéco. «Laccueil a été glacial, un mur dincompréhension», souffle la mère, qui s’inquiétait de plus en plus en voyant sa fille s’enfermer dans sa chambre et ne plus vouloir aller au collège.

Une infinie bienveillance

À force de recherches, elle découvre Lamia Jarboui, une radiologue spécialisée en imagerie de la femme à la clinique du Landy, à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis). Un soulagement. D’emblée, la médecin explique. Entourée d’images de radiologie épinglées, elle montre le mécanisme, ô combien complexe mais passionnant, du corps de la femme. Avec une infinie bienveillance, elle dit à Paloma qu’il est encore trop tôt pour poser un diagnostic. Mais lui assure qu’elle sera suivie régulièrement. Et lui préconise une pilule contraceptive pour apaiser la douleur. «Labsentéisme à l’école devrait être le premier signe qui attire lattention», estime celle qui a fait de l’endométriose sa spécialité depuis presque quinze ans. Au point de devenir vice-présidente de l’association Info-endométriose.

Pour chaque jeune patiente, elle interroge.

Fait-elle du sport? A-t-elle un petit ami? Une vie sociale? «Ce nest pas du voyeurisme. Une jeune femme de 18 ans qui ne sort pas, cest que ça cloche quelque part», assure la radiologue qui va bien au-delà d’un regard professionnel posé sur une image. Elle prend le temps. Et tant pis si, derrière, les collègues râlent un peu car il y a embouteillage en salle d’attente. «Un examen gynécologique nest jamais simple. Ce nest pas facile de se retrouver à poil, les jambes écartées, les pieds sur l’étrier, et d’aborder des choses intimes. Pas le vagin, non, mais la souffrance. Cette relation de mise en confiance, elle est magique.» 

Lamia raconte l’histoire de cette femme obligée de divorcer car son mari refusait d’entendre sa douleur à chaque rapport sexuel. Ou de celle qui a été licenciée. Celle aussi qui a renoncé à une carrière professionnelle. Ou qui s’est mise à temps partiel, lasse de trouver chaque mois une excuse quand elle avait ses règles. «La perte de productivité a été estimée à 7,5 heures par semaine. Cest colossal. Ça freine des ambitions de carrière. Pouvoir concrétiser ses rêves, cest pourtant un droit fondamental, non? Un jour, une patiente ma dit: Cette saloperie m’a confisqué ma vie.”»

D’où l’urgence de faire évoluer la recherche.

Car cette maladie gynécologique qui concerne une femme sur dix (soit 2,5 millions), première cause d’infertilité, n’a toujours pas de traitement curatif. Il faut dire que, pendant longtemps, les scientifiques ne se sont pas intéressés au sujet. Après tout, une femme qui a ses règles et qui a mal, c’est bien normal, hein? Si elle se plaint, elle est au mieux «douillette», au pire «hystérique». Lamia se souvient d’une femme, épuisée, qui a fondu en larmes lorsque le diagnostic a été posé.

Non, elle n’était pas folle. Oui, il y avait quelque chose qui expliquait sa souffrance. «La science évolue avec la société, sourit Lamia. La route est encore longue, car on ne connaît toujours pas les causes de l’endométriose. Et puis, le corps de la femme est passionnant d’un point de vue scientifique, intellectuel. Mais source de complexité extrême.»

Le rêve d’une médecine personnaliséE

En septembre 2021, l’étude d’une équipe de chercheurs de Boston et d’Oxford mettait le monde scientifique en ébullition. Une mutation génétique corrélée à des formes graves d’endométriose a été découverte. L’application sur des souris d’un inhibiteur de ce gène permettrait de bloquer les manifestations de douleur. «C’est un axe de recherche exceptionnel, se réjouit la radiologue. Mais qui nécessitera encore des années. Peut-être que nous pourrons aussi bénéficier des techniques de l’ARN pour traiter cancer et endométriose.»

 En attendant, Lamia rêve d’une médecine personnalisée, où le parcours de chaque femme sera pris en compte. Car il existe autant d’endométrioses que de patientes. Et au-delà de l’image et du diagnostic, ce qui continue de la passionner, c’est l’humain.

(1) Le prénom a été changé.

 

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L’urgence d’une formation de masse

15 Mars 2022, 09:15am

Publié par PCF Villepinte

 

 Christophe Prudhomme    L'Humanité Publié le Mardi 15 Mars 2022

 

L’organisme gouvernemental France Stratégie est chargé de la publication d’études visant à éclairer le gouvernement dans ses choix concernant l’action publique. Il y a quelques jours, le rapport intitulé «Les métiers en 2030» soulignait le besoin de 700000 emplois supplémentaires dans le domaine de la santé, au sens large, dici à 2030.

Répartis par corps de métiers, il sagit, entre autres, de 110000 infirmières et sages-femmes, 110000 aides-soignantes, 50000 médecins, 50000 paramédicaux, auxquels sajoutent 100000 emplois pour laide à domicile. Quon se comprenne bien: il sagit de postes en plus de ceux existant! Il faut donc ajouter à ce chiffre le remplacement des départs à la retraite. Or, aujourd’hui, de nombreux postes budgétés, notamment d’infirmières et d’aides-soignantes, sont vacants, faute de candidats.

Par ailleurs, nous assistons à un nombre important d’abandons de ces métiers: ainsi, 150000 à 200000 infirmières diplômées en âge de travailler nexercent plus leurs fonctions. En ce qui concerne les médecins, nous ne pouvons que constater les mensonges du gouvernement concernant la fin du numerus clausus.

Le nombre d’étudiants en 2021 qui seront les médecins de 2030 est d’environ 10000, soit le même chiffre quen 1975. À cela sajoute l’épisode rocambolesque du projet douverture dune annexe de la faculté de médecine de Zagreb à Orléans, face au refus du gouvernement d’ouvrir une filière universitaire française réclamée depuis plus de vingt ans.

Pour les infirmières, le nombre de places dans les instituts de formation a augmenté ces dernières années et atteindra 36000 pour la rentrée 2022-2023. Mais, phénomène nouveau, le taux dabandon des études, qui était très faible avant la mise en place de Parcoursup, est aujourdhui important. Lutilisation des étudiants en santé comme main-d’œuvre de suppléance lors des différentes vagues de l’épidémie de Covid a amplifié cette fuite, du fait du manque d’encadrement et de conditions de travail dégradées.

Nous voyons donc qu’il est urgent que le gouvernement réponde aux revendications posées avec force par les personnels depuis 2019. Il est réclamé un grand plan emploi-formation intégrant des mesures incitatives fortes, comme des contrats d’études permettant d’être rémunéré dès l’entrée dans le cursus, avec une préaffectation dans une zone géographique définie.

L’urgence est également de revaloriser les rémunérations bien au-delà de ce qui a été proposé par le Ségur de la santé. Il est aussi indispensable de prendre en compte la pénibilité de l’ensemble de ces métiers, liée notamment aux horaires décalés. Les propositions sont sur la table: les 32 heures sur quatre jours, pour pouvoir bénéficier de trois jours de repos par semaine, et une bonification de cinq ans pour obtenir une retraite à taux plein. Tout reste à faire!

 

 

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Conséquences de la créations des ARS

15 Février 2022, 07:48am

Publié par PCF Villepinte

Publié le  Mardi 15 Février 2022

Christophe Prudhomme

 

La politique du démantèlement des administrations d’État pour les transformer en agences, couplée à la suppression de postes de fonctionnaires pour les remplacer par des agents non titulaires de la fonction publique, a de graves conséquences. Le scandale des Ehpad en est le dernier exemple. En effet, la création des agences régionales de santé (ARS) qui ont remplacé les directions départementales et régionales des affaires sanitaires et sociales (Ddass et Drass) s’est traduite par la suppression des postes de personnels techniques spécialisés, chargés notamment des contrôles, pour les remplacer par des personnels administratifs et gestionnaires.

Ainsi, ces dernières années, le nombre de médecins inspecteurs de santé publique a diminué de 40 %. Il n’est donc pas étonnant que le peu de contrôles effectués dans les Ehpad n’aient eu aucune conséquence, même ceux diligentés après des plaintes de familles, car l’autre nouveauté a été la fin des visites inopinées, les directions des établissements étant systématiquement prévenues, ce qui leur permettait de se préparer.

D’autres scandales sont fortement probables en ce qui concerne la surveillance des établissements classés présentant des risques pour la santé publique. Car il n’existe plus d’agents spécialisés compétents, notamment des techniciens et des ingénieurs d’environnement et de salubrité. Ce qui est encore plus étonnant et scandaleux est que la charge des rapports de conformité a été dévolue aux entreprises, qui peuvent choisir leurs prestataires, l’État se contentant d’examiner ces documents le plus souvent de manière superficielle, ne disposant plus des compétences pour en analyser le contenu.

Le constat est sans appel, le choix idéologique fait est d’alléger le plus possible, voire de supprimer, le rôle de contrôle et de régulation de l’État, au profit des entreprises soi-disant étouffées sous les normes administratives et aspirant à recouvrer leur «liberté». Il est urgent de se redonner les moyens de reconstruire une administration forte, disposant des ressources, des prérogatives, des compétences et de lindépendance assurées par le statut des fonctionnaires, lui permettant deffectuer pleinement ses missions. Cela ne peut passer, comme les libéraux le serinent en permanence, par une diminution du nombre de fonctionnaires et un allégement des normes et des contrôles.

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VIDÉO. "Pourquoi tu les douches?" Grève à l’Ehpad de Neuville contre le mépris envers les soignantes et les résidents

11 Février 2022, 08:43am

Publié par PCF Villepinte

VIDÉO

VIDÉO. "Pourquoi tu les douches?" Grève à l’Ehpad de Neuville contre le mépris envers les soignantes et les résidents

Mobilisées depuis 39 jours, ces soignantes de l’Ehpad Château de Neuville (Val-d’Oise) sont en grève totale, réclamant de meilleures conditions de travail et une hausse de leurs salaires.

Jeudi 10 Février 2022

Presque tous les jours de la semaine, des infirmières et des aides-soignantes du luxueux Ehpad Château de Neuville (Val-d’Oise), se rassemblent devant les grilles de l’établissement et occupent le lieu, manifestant leur mécontentement avec les pratiques de la direction depuis le 3 janvier. 

« Nous sommes très souvent en sous-effectif, subissons des contraintes managériales extrêmes, des restrictions de matériel », dénonce Siham Touazi, infirmière depuis 12 ans au Château de Neuville et déléguée CGT, où les résidents sont facturés entre 3 500 et 7 000 euros le mois. Une situation « très difficile à vivre », témoigne-t-elle, et entraînant de « nombreux dysfonctionnements », sur fond de « management toxique ».

« Au quotidien, nous devons pallier ce manque d’effectifs et l'absentéisme qu’il génère, et on finit par être éprouvés physiquement et psychologiquement », développe l’infirmière, pour laquelle ces pratiques sont typiques des « Ehpad à but lucratifs, dénoncés dans l'ouvrage Les Fossoyeurs, et bientôt dans dans le reportage choc d'Elise Lucet ». 

« Ce ne sont pas des objets »

Les grévistes alertent sur le fait que derrière, les résidents sont les premiers à faire les frais de sous-effectif constant. Il faut aller plus vite, car le temps est compté et les patients nombreux. « Ça devient une succession de gestes mécaniques, où l’on nous ne laisse pas le temps de nous soucier de l’humain », déplore Siham, avant d’ajouter: « quand on fini des journées comme ça, on se sent mal, parce que l’on pas fait ces métiers pour ça ». 

Et lorsqu’un peu trop de temps est consacré aux patients ou à leurs familles, les remarques ne se font pas attendre, assurent certaines d’entre elles. « Si je raccompagne une résidente, et que je discute 5 minutes avec une famille, manque de bol, si ma direction me voit, on va me dire Amélie, «qu'est ce que vous faisiez ? Qu’est-ce que vous leur avez dit ? Vous n’avez pas à parler aux familles’ », affirme la jeune aide-soignante, en poste depuis 6 ans.

Sa collègue Dinah, également présente depuis 6 ans au sein de l’établissement, abonde: « C’est comme ça même avec les résidents. Y compris de la part de collègues… Quand ils me trouvent en train de parler à un résident, on me dit: « Mais pourquoi tu parles? », regrette Dinah, qui ne peut se résoudre à les traiter tels « des objets », et administre des douches à ses patients autant qu’elle peut. 

« Des employeurs au-dessus de tout »

Entre la direction et les grévistes, les rapports sont tendus. Celle-ci dément toutes les accusations des salariés en grève. Dernièrement, la direction a fait circuler une pétition dans l’établissement, à la recherche de signatures d’autres employés contre la grève, obtenues pour certaines « avec contrainte », explique Siham Touazi, dont le mandat syndical est menacé. Malgré tout, les soignantes mobilisés restent déterminées, et, après 39 jours de lutte, comptent bien ne rien lâcher tant qu’elles n’obtiendront pas des gages sur les conditions de travail.

« On a affaire à des employeurs qui se sentent au-dessus de tout », analyse Sonia Ainouz, infirmière pour le groupe Korian, et négociatrice pour la CGT Santé. « Ça fait 23 ans que je travaille en maison de retraite et que je suis amenée à aller négocier dans ce genre de conflit, et c'est la première fois que je vois une direction qui est aussi méprisante » s’étonne la négociatrice. 

Derrière ce cas du Château de Neuville, c’est tout le système des Ehpad à but lucratif qui est pointé du doigt, développe Sonia Ainouz. « Ça fait plus de 20 ans que ce business est en place et qu'on le dénonce à plusieurs reprises. Nous avons dénoncé, fait des grèves, appelé l’ARS, et à aucun moment nous n’avons de l’aide », accuse-t-elle, et espère que la sortie du livre Les Fossoyeurs, fruit d’une longue enquête sur le groupe d’Ehpad Orpéa, contribuera à « éveiller les consciences et faire changer les choses ».

 

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Un livre choc sur la grande dépendance

27 Janvier 2022, 07:53am

Publié par PCF Villepinte

EHPAD : établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes

Le gouvernement est contraint de réagir à la suite des révélations du journaliste Victor Castanet concernant les maltraitances au sein des établissements du groupe Orpea.

Publié le Jeudi 27 Janvier 2022 L'Humanité Camille Bauer

Repas, couches de protection, matériel, prise en charge médicale, tout est rationné pour économiser sur des corps diminués. Laurent Grandguillot/Réa

Le scandale est d’une telle ampleur qu’il a percuté le débat politique. La sortie, le 26 janvier, du livre les Fossoyeurs, une enquête de Victor Castanet sur les maltraitances dont souffrent les personnes âgées hébergées dans les Ehpad du groupe privé Orpea, et dont le journal le Monde a publié des extraits, a poussé l’exécutif à réagir.

Dès mercredi, la ministre déléguée chargée de l’Autonomie, Brigitte Bourguignon, a convoqué, «dans les plus brefs délais», le directeur général du groupe français, un des leaders mondiaux dans le secteur des Ehpad et cliniques. Le ministre de la Santé a, lui, promis qu’il déciderait, à la suite de cet entretien, «sil y a lieu de diligenter une enquête de l’inspection générale».

Les résidants laissés dans un état d’hygiène désastreux

Les révélations sur le système Orpea font froid dans le dos. L’ouvrage édité par Fayard et fruit de trois années d’enquête décrit les dérives d’une gestion dans laquelle, malgré des coûts prohibitifs allant jusqu’à 7000 euros par mois, les résidants sont laissés dans un état dhygiène désastreux et manquent cruellement de soins. Au nom dune «politique de réduction des coûts», qui fait les délices des actionnaires et des dirigeants, tout est rationné: repas, couches de protection, matériel, prise en charge médicale. Le personnel y serait précaire et en nombre insuffisant pour répondre aux besoins de résidants, fragiles et en grande dépendance.

«du pognon sur le dos de nos aînés»

« Une gestion exclusivement comptable de la prise en charge de personnes vulnérables», ­résume Victor Castanet. L’ouvrage pointe aussi le déficit de contrôle de ces établissements, qui bénéficient pourtant d’argent public. Il évoque des liens de la direction d’Orpea avec certains politiques et hauts fonctionnaires. Premier mis en cause, Xavier Bertrand, ministre de la Santé sous la présidence Sarkozy de 2005 à 2007 et de 2010 à 2012, a réfuté lui avoir apporté son aide. De son côté Orpea, dont l’action a chuté en Bourse, a «contesté formellement», dès le 24 janvier, des accusations qu’il juge «mensongères, outrageantes et préjudiciables».

Mais l’affaire va bien au-delà du seul groupe Orpea. «Le problème, cest quon a laissé au marché le soin de soccuper du grand âge. Certains font le choix de se faire du pognon sur le dos de nos aînés», a rappelé sur France Info Fabien Roussel. Alors que l’exécutif a enterré la grande loi sur la dépendance des personnes âgées, promise en 2018 par le président Macron, le candidat communiste à la présidentielle a plaidé pour « un grand service public du grand âge».

 

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Loi de financement de la sécurité sociale 2022 Coût de grâce pour la psychiatrie?

22 Janvier 2022, 09:57am

Publié par PCF Villepinte

« Une société se mesure à la manière dont elle traite ses fous ». (Lucien Bonnafé).

La psychiatrie de Secteur a été créée en 1960 pour prendre en charge toutes les souffrances psychiques des plus bénignes aux plus sévères. Pour rappel 25% de la population seront à un moment de leur vie confrontés à la souffrance psychique.

Depuis 40 ans elle n’a cessé d’être appauvrie. D’abord en termes de moyens puis progressivement sur le plan clinique. Elle est passée d’une approche prenant en compte la complexité biopsychosociale visant à soigner la souffrance psychique de la personne dans sa singularité à une approche uniquement symptomatique biologisante et comportementale visant à éradiquer le symptôme.

La clinique fondée sur le soin psychique, l’écoute et la singularité de chaque patient - où l’on peut retrouver si nécessaire, une complémentarité entre psychothérapie, chimiothérapie, sociothérapie et comportementalisme - doit être remplacée par des traitements exclusivement chimiothérapiques et des programmes standardisés comportementaux (Réhabilitation psychosociale, Education thérapeutique…) visant à normaliser les individus.

Depuis 40 ans la psychiatrie n’a cessé de trier les patients suivis.

 Après avoir renoncé aux soins de prévention, elle s’est centrée sur les situations de plus en plus lourdes excluant les dépressifs non suicidaires, les psychoses n’entraînant pas de désocialisation, …

La plupart des dépressifs étant traités par leur généraliste doivent se contenter d’un traitement antidépresseur, alors qu’un soin psychothérapique serait beaucoup plus efficace. Cela explique pourquoi la France est le premier consommateur de psychotropes.

Depuis la Loi Touraine le Secteur est censé ne s’occuper que de la crise, le suivi des patients stabilisés relevant du secteur libéral (essentiellement les généralistes dont on connaît la rareté !)

Pourtant les effets sociaux du Covid (fermetures de crèches et d’écoles, chômage ou crainte du chômage…) ont provoqué une véritable épidémie de décompensations psychiques graves chez les tous petits, les ados, comme les adultes. Remettant au premier plan l’importance des dimensions de l’inconscient et la sociogenèse des troubles.

Pour y répondre le Gouvernement au lieu de donner au Secteur les moyens de répondre aux besoins, va rembourser, pour les ados suicidaires, des consultations de psychologues libéraux à condition de ne faire que du comportementalisme et pas de psychothérapie. Qui pourrait croire qu’un jeune qui ne croit plus à la vie peut se reconstruire en 10 séances de coaching !

Une Loi de Financement de la Sécurité Sociale qui va entraîner une psychiatrie déshumanisante et programmer l’exclusion des soins des plus malades

Au lieu de donner enfin à la psychiatrie de Secteur les moyens de ses missions, la Loi de Financement de la Sécurité Sociale va finir de la liquider.

La LFSS envisage d’aller plus loin dans la destruction du soin psychique. Puisque non seulement ses moyens (hors Ségur) sont en recul sur 2021 mais au travers de l’introduction de la T2A, elle va valoriser le développement de structures centrées exclusivement sur l’approche comportementale et sous doter les structures qui ont une approche biopsychosociale de la personne.

 Ces patients seront soumis à des programmes de remédiation cognitive, de réhabilitation psychosociale, d’éducation thérapeutique, qui s’ils s’inscrivaient dans les soins psychiques relationnels du Secteur comme un atelier de sociothérapie, pourraient s’entendre.

Mais ici il est question de les substituer à ces soins dans un objectif uniquement normalisateur des comportements, où la question de savoir ce que ressent la personne n’est pas jugée pertinente.

Ces structures ont aussi pour vocation d’exclure du soin les patients stabilisés, alors que l’on sait qu’ils sont stabilisés parce qu’ils bénéficient d’un suivi régulier en ambulatoire (CMP, CATTP…). Ils seront soumis à des programmes, puis évalués. Et c’est en fonction de cette évaluation que l’on les orientera vers le parcours de soins du généraliste avec éventuellement un étayage médicosocial. Mais ils ne seront plus suivis par le Secteur jusqu’à la prochaine crise ! Ainsi des établissements qui étaient à l’équilibre (voire excédentaires du fait des postes vacants) vont se retrouver en déficit et n’auront d’autre solution que de remplacer leurs structures de soin par des structures de traitements programmés.

 « Une société se mesure à la manière dont elle traite ses fous ». (Lucien Bonnafé).

  Nous assistons là à une opération de chosification de l’humain, de déshumanisation de masse. Cela parce que la psychiatrie est passée progressivement de soigner une personne qui souffre à traiter des symptômes, oubliant la dimension existentielle de la souffrance psychique et la dimension relationnelle du soin psychique

 

Contribuer à refonder une psychiatrie humaine :

le PCF appelle à participer les 12 et 13 mars

aux assises du soin psychique organisées par  

le Printemps de la psychiatrie

 

 

 

 

 

 

 

 

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A PROPOS DU NUMERUS CLAUSUS (N.C.) GOUVERNER C’EST PREVOIR !

5 Janvier 2022, 14:28pm

Publié par PCF Villepinte

Contrairement à de très nombreux commentaires, la désertification médicale n’est pas la conséquence de l’imprévoyance coupable de technocrates irréalistes ni de politiques craignant l’inflation de dépenses de santé inutiles, voire dangereuses pour le bienêtre de la population. Elle fut bel et bien délibérément un choix : celui de réduire les dépenses publiques de santé.

 Dès le début des années 1970, la crise chronique de notre économie dite de marché, inaugurée par l’annonce tonitruante de la chute des sources fossiles d’énergie (pétrole et charbon), les gouvernements occidentaux s’alarmèrent de l’accroissement continue des dépenses publiques et principalement des services publics. Celui de la santé constituait, pour eux, l’un des plus inquiétants. Sa part dans les dépenses de l’Etat ne cessait d’enfler démesurément nous dirent-ils et plus grave encore, son financement assuré par la cotisation sociale (part de la plus-value produite par les travailleurs) menacerait nos entreprises désormais soumises à la concurrence internationale (compétitivité).

Des soignants qui ne pensent qu’à soigner !

Mûrit alors dans l’esprit éclairé d’économistes de santé, l’idée fort innovante et apparemment teintée d’un modernisme critique de bon aloi, que les soignants sont les vecteurs principaux de la croissance immodérée des dépenses de santé.

Les médecins plutôt satisfaits de leur statut dont ils se plaindraient cependant volontiers afin de donner le change, aimablement soutenus par les firmes des médicaments, multiplieraient soigneusement leur raison d’être : l’acte médical.

Comme encore et toujours aujourd’hui, il fallait donc impérativement mettre en œuvre « des réformes de structures », ce que l’on fit en commençant par la fermeture des « petits hôpitaux et différentes infirmeries ou centres de santé », mais aussi pour ce qui nous intéresse, en imposant la réduction drastique du nombre de soignants. Faisant passer le nombre d’étudiants reçus au concours de 1ère année de médecine de près de 9000 à 3500 par an.

Nul besoin d’être bien savant pour comprendre qu’une réduction aussi massive sur plus de 30 ans, sachant que nous n’avons toujours pas retrouvé le niveau de 1975, ne pouvait qu’avoir des effets désastreux.

Des besoins de santé qui ne cessent de grandir.

En effet, si la natalité de cette période ne permettait pas à terme le renouvellement des générations, la croissance de la population française ne s’en est pas moins toujours maintenue dans les 250000 nouveaux citoyens par an depuis la Deuxième Guerre Mondiale (plus de 20 millions durant cette période).

Par ailleurs, le progrès des sciences et des techniques n’avait guère de raison de s’interrompre et de ne pas retentir sur la Santé. Et qu’enfin, l’exigence de la population en matière de soins ne pouvait que progresser au même rythme que l’espérance de vie. Nous avions donc en 1975 tous les éléments en mains pour faire obstacle à cette désastreuse « réforme ». Il n’en fut rien. On s’enfonça même dans ce qui n’est pas une absurdité mais un calcul. En 1995, le Gouvernement de l’époque n’hésite pas à proposer une retraite anticipée et confortable aux médecins libéraux à partir de 60 ans, dans un premier temps, puis de 56 ans dans un deuxième temps (MICA : « Mécanisme d’incitation à la cessation d’activité ».

Apparaissent donc alors inévitablement des besoins nouveaux dans le secteur public, en particulier hospitalier, qui ne cessent de grandir, un déficit de recrutement de soignants et l’importation nécessaire (mais « libre ») de médecins originaires de pays dont les besoins sanitaires sont bien supérieurs à ceux de la France.

Ces médecins furent longtemps moins (parfois beaucoup moins) payés dans le secteur public hospitalier que leurs collègues français. Ainsi se révéla la véritable raison de ce qui pouvait sembler une pure ineptie.

Le monde a encore besoin de soignants.

Revenons au Numerus clausus et à la nécessité de le faire disparaître. Il faut rendre accessible cette profession à un plus grand nombre d’étudiants. Il faut, exigence première, former de bons médecins (excellents dit-on dans notre langue superlative). Oui, il faut beaucoup d’excellents médecins, savants, cultivés et dévoués, c’est-à-dire bien formés (cf. Montaigne). Pas de concours sélectionnant « les meilleurs » mais des examens ouverts à tous exigeant un haut niveau de savoir. Impliquant que tous ceux qui arrivent à ce niveau seront acceptés. Ce niveau correspondant le mieux aux besoins multiformes de santé.

Ni sélection sociale, ni réduction arbitraire liée précisément à la volonté de maintenir un haut niveau de revenus, mais un recrutement de professionnels dont le temps d’activité, les garanties sociales et d’emploi, de promotion, seront assurés comme au reste de la population.

 Une société en grand désordre.

 Le phénomène dit de désertification médicale généralisée et les files d’attente interminables autant qu’inhumaines et maltraitantes, à l’opposé de la conception la plus élémentaire du soin, sont en fait l’expression dans la santé des désordres sociaux de tous ordres que nous vivons par ailleurs. La réduction volontaire du nombre des travailleurs de la santé n’est pas seulement désastreuse, elle est d’abord liée à une conception de la vie opposée au respect des personnes, à la solidarité entre les humains, nommée imparfaitement il est vrai, fraternité par notre République.

 L’ensemble des pays occidentaux sont aussi riches qu’inégalitaires. Le soin est une école de l’attention à l’autre. Nous n’aurons jamais trop de soignants, de chercheurs et d’enseignants en santé. Et nous ne manquons pas d’immenses « ressources humaines » prêtes à s’y consacrer.

 Paul Cesbron

Le 23 mars 2015

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