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elections

Pour une union populaire de la gauche et des écologistes rassemblés !

1 Mai 2022, 05:34am

Publié par PCF Villepinte

Déclaration du Comité exécutif national du PCF

A l’issue du second tour de l’élection présidentielle, Emmanuel Macron s’apprête à engager la politique de régression sociale la plus grave de ces dernières décennies en portant notamment à 65 ans l’âge de départ en retraite ou en conditionnant le RSA à une obligation de travail. Quant à l’extrême- droite, son poids renforcé pourrait conduire à l’entrée au Parlement de dizaines de députés portant des projets racistes, xénophobes et antisociaux menaçant les principes fondamentaux de la République.

Les Français et les Françaises, le monde du travail et de la création, la jeunesse, les millions dabstentionnistes, ont besoin dune perspective despoir. Ils attendent dès le mois de juillet des avancées concrètes, immédiates, pour leur vie quotidienne. Ils attendent qu’on mette enfin les formidables richesses du pays au service de l’emploi, de l’augmentation des salaires, des pensions et de meilleures conditions de travail. Ils veulent des réformes heureuses, positives, de progrès et de justice sociale.

Ces changements sont possibles si toutes les forces de gauche s’unissent pour présenter des candidatures communes dans toutes les circonscriptions du pays. C’est pourquoi les communistes veulent construire cette union et sont plus que jamais déterminés à un accord de toutes les forces de gauche, La France insoumise, le Parti communiste Français, Europe Écologie Les Verts, le Parti socialiste.

Après plusieurs jours d’échange avec nos partenaires, nous constatons que les propositions de La France insoumise qui a la responsabilité première de permettre ce rassemblement n’ont pas permis à cette heure, d’atteindre notre objectif partagé d’une nouvelle majorité de gauche.

C’est la raison pour laquelle, nous rendons publiques aujourd’hui les propositions suivantes susceptibles de permettre la conclusion d’un accord. Celui-ci nécessite la tenue dans les meilleurs délais d’une réunion commune de nos quatre formations politiques qui n’a pas encore eu lieu à cette heure plutôt que dans des réunions bilatérales distinctes.

Nous proposons une coalition de forces sans hégémonie et un label commun qui reflète l’expression de notre diversité, par exemple l’union populaire de la gauche et des écologistes rassemblés.

Nous proposons un programme partagé de gouvernement à partir du texte l’Avenir en commun enrichi des propositions de toutes les forces dont celles du programme « La France des Jours heureux »

Nous proposons un accord national de présentation de candidat.es communs, à parité, qui permettront à notre coalition d’obtenir une majorité à l’Assemblée pour répondre aux exigences qui s’expriment ; qui donne la garantie à chacune des forces de cette coalition de pouvoir constituer un groupe, ce que vient de réaffirmer Jean-Luc Mélenchon et alors que ce n’est pas le cas dans l’état actuel des propositions ; qui assure une représentation nationale à chacune des forces. Cet accord doit leur permettre de contribuer, grâce à des personnalités reconnues pour leurs engagements de terrain, aux nécessaires conquêtes de circonscriptions.

En ce sens, aux côtés de nos députés sortants, nous avons proposé de nouvelles candidatures en capacité de l’emporter face à la République en Marche ou au Rassemblement national dans plusieurs circonscriptions, à l’image de Nicolas Sansu dans la 2e circonscription du Cher, de Michèle Picard dans la 14e circonscription du Rhône, de Pierre Labriet dans la 2e circonscription de l’Isère, de Jean-Marc Lespade dans la 2e circonscription des Landes, de Christophe Faverjon dans la 4e circonscription de la Loire, de Marianne Margaté dans la 7e circonscription de Seine-et-Marne, de Paul Planque dans la 4e circonscription du Gard, Patrick Soloch dans la 19e circonscription du Nord, de Jean- Marc Tellier dans la 3e circonscription du Pas-de-Calais, de Sébastien Laborde dans la 11e circonscription de Gironde, de Yasmine Boudjenah dans la 11e circonscription des Hauts-de-Seine, de Didier Lekiefs dans la 2e circonscription de la Haute-Vienne, de Sébastien Rehibi dans la 3e circonscription de Meurthe-et- Moselle, de Carine Delahaie dans la 11e circonscription du Val-de-Marne.

Ces victoires seront essentielles pour obtenir une majorité de gauche à l’Assemblée Nationale.

Nous appelons les millions de nos concitoyennes et concitoyens qui veulent le changement à appuyer la construction de cette coalition de forces dans toutes les circonscriptions du pays et à se saisir de la campagne des élections législatives des 12 et 19 juin prochains pour la concrétiser.

Paris le 30 avril 2022,
Comité exécutif national du PCF

 

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La gauche en mesure de viser la majorité

29 Avril 2022, 16:30pm

Publié par PCF Villepinte

Sur la base des rapports de forces de la présidentielle, le «bloc de gauche» apparaît en capacité de briguer les sièges de députés dans près de 300 circonscriptions.

Sébastien Crépel L'Humanité

Publié leVendredi 29 Avril 2022

 

C’est l’un des grands enseignements de l’élection présidentielle: le «bloc» des voix de gauche a pesé presque autant au premier tour (31,95 %) que les deux autres «blocs» de droite (35,76 %) et dextrême droite (32,29 %). Nous avons rapporté les scores obtenus par chacun de ces grands ensembles aux 577 circonscriptions du pays, de façon à dessiner la carte des rapports de forces politiques et idéologiques à la veille des législatives, en additionnant les résultats obtenus par les douze candidats à l’élection présidentielle: le «bloc de gauche», constitué du total des voix des six candidats de gauche (Mélenchon, Jadot, Roussel, Hidalgo, Poutou, Arthaud); le «bloc de droite» (Macron, Pécresse, Lassalle); et le «bloc dextrême droite» (Le Pen, Zemmour, Dupont-Aignan).

 

Une carte à jouer dans des triangulaires

Bien sûr, cette construction n’est pas le reflet d’une réalité électorale: chaque candidat est parti à la présidentielle sous sa bannière et non sous celle d’une union ou d’un «bloc». Le résultat livre néanmoins un éclairage sur les chances de la gauche à ces prochains scrutins. Dans une majorité de circonscriptions (291 sur 577), le «bloc de gauche» serait, sur le papier, à même de se qualifier au second tour. Dans les autres (286), la gauche, arrivée troisième, pourrait jouer sa carte dans des triangulaires, à condition d’atteindre les 12,5 % d’inscrits. Ce classement doit cependant être nuancé par le résultat réel des «blocs», parfois très proches entre eux. Ainsi, une union de la gauche et la dynamique quelle entraînerait la placeraient en situation de favorite dans un plus grand nombre de circonscriptions si ses adversaires sont divisés, comme cela pourrait être le cas à droite, voire à l’extrême droite.

Les élections présidentielle et législatives étant très différentes, cette carte ne doit pas être prise pour une «projection» du futur résultat des législatives. Outre les différences de mode de scrutin (une seule élection à deux tours dans un cas, 577 scrutins locaux dans l’autre), la configuration des alliances et le choix des électeurs peuvent varier beaucoup d’une élection à l’autre. Mais cette carte permet d’étayer un espoir raisonnable sur la base d’une union des forces de gauche, si elles y parviennent.

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Nous voulions faire un point ce matin pour vous donner quelques informations nouvelles sur ces élections législatives.

29 Avril 2022, 16:25pm

Publié par PCF Villepinte

Nous voulions faire un point ce matin pour vous donner quelques informations nouvelles sur ces élections législatives.

L’espoir que nous voulons susciter à l'occasion de ces élections est notamment celui de pouvoir rassembler une majorité de députés de gauche afin de pouvoir changer la vie des Français dès le 1er juillet 2022.

Nous disons que c’est possible et que c’est toujours à portée de mains. Nous avons toujours cette ambition de réussir ensemble à faire gagner au moins 289 députés de gauche : insoumis, socialistes, communistes, écologistes.

Nous le disons à ce jour et nous disons en même temps qu’il faudrait que les discussions aboutissent un peu plus rapidement.

Nous disons qu’il faudrait qu'il y ait la même ambition partagée par tout le monde, une ambition de pouvoir créer les conditions d'une dynamique sur l'ensemble du territoire en faisant en sorte que chacune des forces, que nous appelons de nos vœux, à se retrouver rassemblées au sein d'une grande coalition de gauche, que chacune de ses forces se sente écoutée et respectée tant dans le contenu que dans la forme de ce rassemblement et dans leur représentation.

C’est ce que nous pouvons dire aujourd'hui au niveau des discussions que nous avons avec La France insoumise et que nous avons avec les autres forces.

C’est en ce sens que nous nous adressons, la direction du parti communiste français et son exécutif - qui s’est réuni encore ce matin, à la France insoumise, à celles et ceux avec qui nous discutons depuis plusieurs jours, pour leur dire qu'il faut créer les conditions de dépasser ce qui aujourd'hui ne nous permet pas d'aller plus loin et aussi loin que ce que nous, nous souhaitons.

Nous voulons véritablement, pour créer une dynamique efficace, que tout le monde s'y retrouve. C’est pour cela que nous souhaitons sincèrement pouvoir nous retrouver sur une plate-forme commune, un contrat de législature. Co-élaborer ensemble, respectant nos sensibilités et dépassant nos divergences.

Et apporter suffisamment d'éléments concrets pour que les Français, en votant pour des candidats qui se réuniraient sous ce rassemblement, voient directement leur vie changer dès le 1er juillet.

Nous avons donc fait cette proposition à La France insoumise, nous en parlons avec Europe Écologie - les Verts et le Parti Socialiste.

Ce principe d’un cadre commun, d’un contrat de législature, nous tient à cœur mais il ne pourrait pas être celui d'une seule force politique.

Il doit être celui dans lequel tout le monde se rassemble. Créer les conditions du rassemblement, c’est créer les conditions que nous soyons tous dans ce rassemblement et qu’il ne soit pas exclusif à une ou l’autre force, c'est que nous puissions tous additionner nos voix.

Jean-Luc Mélenchon a fait plus de 7 millions de voix. L'ensemble des autres candidats et moi-même en avons rassemblé plus de 3 millions. Et notre objectif est non seulement de les additionner mais même d’aller plus loin si nous voulons construire une majorité.

Aller plus loin veut dire susciter l'espoir, afficher notre détermination à être unis tous ensemble. Et si l’espoir est la condition de la victoire, il faut vraiment montrer que nous la voulons tous, cette victoire.

Et c’est pour cela que nous souhaitons aussi que l'ensemble des électeurs puissent se retrouver dans tous les départements de France, dans toutes les circonscriptions à travers ce rassemblement.

C’est donc de faire en sorte que nous soyons tous respectés et que ce rassemblement se construise dans le respect de nos différences.

Enfin, créer une dynamique partout sur l'ensemble du territoire, avec cet espoir, avec pour objectif de gagner 289 députés de gauche de toutes sensibilités, cela veut dire construire des candidatures au plus près du terrain et tenant compte des réalités locales, des personnalités locales et faire en sorte de construire ces candidatures les plus unitaires et les plus efficaces possibles.

C’est encore une fois le souhait que nous formulons. Si nous nous adressons aujourd'hui à La France insoumise en mettant par écrit nos ambitions pour notre pays, pour la France, et le plus rapidement possible, c’est parce que nous voulons afficher clairement notre volonté de surmonter tout ce qui peut aujourd'hui bloquer ou empêcher d’avancer plus vite.

Nous voulons véritablement surmonter toutes ces difficultés et faire en sorte que ces discussions avancent, progressent et surtout aboutissent.

 

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Dimanche, donnons-nous de la force. Pour la France des jours heureux.

9 Avril 2022, 06:19am

Publié par PCF Villepinte

 

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La gauche gagnera en votant Fabien Roussel

8 Avril 2022, 09:51am

Publié par PCF Villepinte

Les cinq années du quinquennat d’Emmanuel Macron ont fragilisé la France. Les multiples attaques libérales ont mis le pays à genoux. La crise sanitaire a mis en lumière les défaillances dans nos services publics. Les inégalités dans notre pays n’ont jamais été aussi fortes.

Et pourtant, certains répètent en boucle que voter pour ses idées est inutile. Alors que la gauche n’a jamais été aussi faible et l’abstention aussi forte, une petite musique se fait entendre autour d’un vote dit « utile » ou « efficace ». En plus d’être antidémocratique et méprisante, cette partition est remplie de fausses notes.

Il n’y a pas de vote utile comme il n’y a pas de vote inutile. Il n’y a pas des citoyens utiles et des citoyens inutiles. Le vote est une expression démocratique qui doit se faire sur des idées et des convictions plutôt que sur des calculs bancals et des stratégies hégémoniques.

Le choix responsable, c’est celui de la reconstruction d’une gauche qui a vocation à être majoritaire. C’est l’ambition de la candidature de Fabien Roussel.

Fabien Roussel est la surprise de cette élection présidentielle. Il représente le renouveau de la gauche, celle qui renoue avec les discours populaires, sincères, laïques, féministes et républicains.

La gauche qu’incarne Fabien Roussel va gagner. C’est le seul candidat parlant de nous, de notre quotidien et des manières de le changer. Il permet à la gauche de reprendre des couleurs et réunit les conditions d’une victoire. Il sème des graines qui commencent à germer. Ne sacrifions pas cet immense espoir levé, sur l’autel de petits calculs électoraux, ne tenant pas compte du rapport de force politique actuel.

Face à cette belle ambition pour la gauche et pour la France, l’unique volonté — déjà très difficilement atteignable — d’accéder au second tour pour espérer un débat avec Emmanuel Macron n’est pas à la hauteur des enjeux.

Le Mouvement jeunes communistes de France mettra toute son énergie dans ces derniers jours de campagne pour porter la candidature de Fabien Roussel le plus haut possible.

Voter pour Fabien Roussel, c’est donner de la force à un projet de reconquête de l’électorat populaire et de reconstruction de la gauche sur ses intérêts et ses revendications. C’est faire entendre les priorités de la jeunesse et du monde du travail.

Nous sommes la génération qui verra une gauche authentique révolutionner le pays. Nous sommes la génération du progrès. Nous sommes la génération des jours heureux, aux côtés de Fabien Roussel.

Assan Lakehoul

coordinateur national à la vie des départements

 

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A VOTÉ #7 - La guerre des clips

4 Avril 2022, 06:47am

Publié par PCF Villepinte

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Présidentielle. Fabien Roussel, en meeting ce samedi, appelle à « voter efficace »

3 Avril 2022, 07:41am

Publié par PCF Villepinte

 Ouest France JEFF PACHOUD, AFP Fabien Roussel, en meeting à Villeurbanne, ce samedi 2 avril 2022.

« Voter efficace, c’est voter les jours heureux », a affirmé le candidat du Parti communiste français (PCF), Fabien Roussel, ce samedi 2 avril 2022 à Villeurbanne (Rhône) lors de son meeting, cherchant à convaincre à gauche de voter pour son programme, à huit jours du premier jour de l’élection présidentielle.

« Voter efficace, c’est voter les jours heureux », son programme : le candidat communiste Fabien Roussel a cherché ce samedi 2 avril 2022 à Villeurbanne (Rhône) encore à convaincre à gauche, à huit jours du premier jour de l’élection présidentielle.

« Nous irons aux urnes voter fiers, debout, confiants et souriants », a assuré lors d’un meeting le candidat à l’Élysée, largement distancé dans les intentions de vote par Jean-Luc Mélenchon (LFI), le mieux placé à gauche.

« Vous êtes aussi chez vous dans la France des jours heureux »

« Nous arrivons encore à faire bouger les lignes », a affirmé Fabien Roussel, alors que débutent selon lui « huit jours déterminants » de campagne « pour renouer avec les grands progrès et les grandes espérances ».

« Vous ne votez plus, vous avez voté un coup à gauche, un coup à droite, vous avez voté avec espoir pour Macron, vous êtes aujourd’hui déçus et vous n’avez pas encore fait votre choix… Eh bien vous êtes aussi chez vous dans la France des jours heureux », a ajouté le dirigeant du PCF.

Pendant plus d’une heure, il a mis l’accent sur la lutte contre « la fraude fiscale » ainsi que « l’optimisation fiscale », « tout aussi déloyale et antipatriotique », devant près de 4 000 personnes d’après les organisateurs.

Soutien de Bernard Thibault, ancien dirigeant de la CGT

Voter pour Fabien Roussel « est un vote doublement utile », a affirmé sur la scène Emmanuel Maurel, ex-socialiste et ancien soutien de Jean-Luc Mélenchon : « pour le monde du travail qui a été malmené et épuisé par Emmanuel Macron », et « pour la France et les Français qui aspirent à retrouver la souveraineté ».

Par un message vidéo, l’ancien dirigeant de la CGT Bernard Thibault a appelé lui aussi à voter en faveur du candidat PCF : « Les jours heureux au moins c’est séduisant, c’est prometteur, c’est dynamique », a-t-il déclaré.

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HISTOIRE DE LA SEMAINE Présidentielle. Dans les coulisses des « jours heureux »

2 Avril 2022, 07:20am

Publié par PCF Villepinte

Après un an de campagne, Fabien Roussel s’est imposé dans le paysage politique. à l’approche du premier tour de la présidentielle, le 10 avril, et tandis que les appels à «voter utile» se font plus pressants, depuis le QG de l’espace Niemeyer comme sur les routes de France, la campagne se mène tambour battant.

 Cathy Dos Santos   L'Humanité Publié le Samedi 2 Avril 2022

Fabien Roussel s’adresse aux indécis, aux abstentionnistes, aux déçus et aux résignés. Une absolue nécessité pour la gauche française aujourd’hui.

L’écho de la voix se fait plus puissant. Les mots sont articulés, les intonations et temps de respiration pesés. Dans son bureau, sous les photos de sa compagne, Dorothée, et de ses cinq enfants sur une bibliothèque où figure en bonne place «le Bonheur de rire», de Georges Wolinski, Fabien Roussel s’imprègne du discours qu’il prononcera dans quelques heures à Nantes. Rare moment d’accalmie dans un agenda blindé, où le candidat communiste à la présidentielle enchaîne meetings et rencontres, court de plateaux de télévision en studios de radio.

Lire aussi : Présidentielle 2022. Fabien Roussel appelle à bâtir une « gauche nouvelle et populaire »

Dans le couloir du cinquième étage de l’espace Niemeyer, à Paris, les va-et-vient sont incessants. L’équipe de campagne – une vingtaine de personnes, là où les autres partis en comptent pléthore – ne ménage pas ses efforts depuis un an. Elle est ventre à terre mais sur le pont, alors que se profile le 1er tour de l’élection, le 10 avril. Les téléphones ne sonnent pas; ils saturent. Les temps forts senchaînent, sans pause. Ils nempêchent pas les sourires, les rires et le plaisir d’être ensemble. Cest la France des «jours heureux» en pratique. «Il souhaitait faire une campagne heureuse et nous la faisons. Cette attitude positive donne de lespoir aux gens, aux militants. Même fatigué, Fabien a toujours un mot pour dire Je compte sur toi. Il est exigeant, mais toujours dans la bienveillance», confie Christophe Grassullo, son chef de cabinet.

«Une voix originale à gauche»

La dernière ligne droite avant le scrutin n’a pourtant rien d’une croisière. La consigne que s’applique Fabien Roussel tient en quelques mots: dormir peu, se lever tôt et se coucher tard. «On sattaque à une étape de montagne, au col du Tourmalet, alors quon en a plein les pattes. Mais cest maintenant quil faut faire la différence, celle de l’espoir à gauche. Nous sommes en train de construire pour l’avenir. Il faut envoyer du bois et marteler que nous sommes le vote pour renforcer la France sociale, républicaine et laïque, féministe, écologiste», insiste-t-il, tel un capitaine de route, devant une partie de son équipe de campagne. Malgré les traits tirés et la voix éraillée, le candidat est remonté à bloc. «Face à ladversité, on ne doit pas être défensif mais offensif, être combattant comme jamais. Nous faisons cette campagne parce que nous croyons en nos idées, en notre projet de société. C’est une campagne de convictions, alors, au 1er tour, on vote pour ses idées», assène-t-il, en faisant les cent pas dans cette salle de réunion qui, en son temps, a vu s’écrire le programme commun.

LE CANDIDAT DU PCF A SU IMPOSER UN STYLE, UN TON ET SURTOUT DES IDÉES, AU POINT DE BOUSCULER LE RONRON D’UNE CAMPAGNE FADE ET PRESQUE ATONE.

En novembre, sept mois après le lancement de sa candidature, Fabien Roussel avait prévenu que la route serait longue et semée d’embûches. Dans un contexte «pestilentiel», saturé par les idées de lextrême droite et les coups durs de la Macronie, replacer la question sociale au cœur de la présidentielle relevait de la gageure. Et pourtant, le secrétaire national du PCF est parvenu à creuser un sillon. «Fabien porte une voix originale à gauche sur des questions qui avaient été désertées: le pouvoir dachat, le droit à lalimentation, la laïcité, la justice fiscale. Il les aborde de façon populaire. Il manifeste de l’empathie pour le monde du travail, pour le peuple de gauche, afin de faire respecter leur dignité. Son souci a toujours été de répondre aux préoccupations populaires, mais surtout d’être compris. Sa parole est claire, directe et compréhensible. Il comprend les classes populaires et le monde du travail et, en retour, ils le comprennent», soutient Christophe Grassullo.

Lire aussi : L’analyse. Fin de la vie chère : demandez le programme !

Avant même de se présenter à la présidentielle, Fabien Roussel avait entrepris un tour de France des entreprises – 130 au total –, là où les travailleurs cumulent des bas salaires et le sentiment d’être délaissés, méprisés. Ces souffrances ont d’ailleurs nourri l’exigence de justice sociale qui irrigue le programme des «jours heureux». Depuis un an, il a englouti des dizaines de milliers de kilomètres, entre Paris et sa circonscription de Saint-Amand-les-Eaux, dans le Nord, entre la capitale et les principales villes de France et d’outre-mer. Sans jamais regarder le compteur. Et puis, il y a eu l’Ukraine. «Cest une campagne éprouvante, exaltante et tellement exceptionnelle avec cette guerre aux portes de lEurope. Elle a bousculé tous les débats et les meetings. Dans ce contexte de guerre, il faut pourtant aussi parler des préoccupations des Français, comme le pouvoir d’achat ou encore la vie chère, faire émerger des propositions, les rendre audibles», juge Fabien Roussel.

Salles combles à Paris, Bordeaux, Marseille

Dans la voiture qui file à la gare Montparnasse, il est pendu au téléphone, cale ses prochains rendez-vous, anticipe les grands moments à venir. Sur le quai, avant de s’engouffrer dans le TGV, direction la capitale de la Loire-Atlantique, il se prête volontiers au jeu des photos, comme avec Thierry, contrôleur de la SNCF, qui votera certainement pour lui, car «il a un discours honnête, il parle du travail, des salaires». Inconnu hier encore du grand public, et désormais météorite médiatique à la faveur d’une fausse polémique manger bon et sain – montée en épingle sur les réseaux sociaux, Fabien Roussel a su imposer un style, un ton et surtout des idées, au point de bousculer le ronron d’une campagne fade et presque atone. «Il a l’air comme nous, simple et naturel, avenant et abordable. Il touche à tout ce qui nous concerne, il veut s’engager sur les vrais soucis du quotidien», déclare Cindy Monfort, une Nantaise de 30 ans, mère de deux enfants qui assistait, pour la première fois, à un meeting politique. Ce qui l’a convaincue? «L’égalité des droits des femmes et des hommes, le combat contre les violences faites aux femmes et la réforme pour la retraite à 60 ans», explique-t-elle.

VIDÉO Les 5 passages clés du discours de Fabien Roussel à Marseille

Ce soir-là, comme à Paris, Bordeaux ou Marseille, le candidat a encore fait salle comble. Son empathie naturelle le pousse vers la foule qui le lui rend bien. Embrassades et accolades, demandes de photos et de dédicaces, il reçoit aussi des encouragements appuyés de nombreux curieux et militants communistes fiers d’en découdre dans cette campagne. Elle est pourtant dure; les coups sont rudes, à linstar de larticle de Mediapart le soupçonnant demploi fictif et que Fabien Roussel a encaissé sans fléchir. Les temps de recueillement impossibles, malgré la perte d’un grand-père chéri et d’un beau-père.

Lire aussi : Fabien Roussel promet de doubler le budget de la justice

Alors que le 10 avril frappe à la porte, la tension se fait plus palpable. Le débat politique se durcit, mais l’équipe fait corps. «Des dynamiques se dessinent. Fabien Roussel se maintient à un niveau correct. Mais on peut aller au-delà, il ne faut pas s’en tenir à notre stade. Beaucoup de gens commencent à s’intéresser à l’élection. Notre état d’esprit repose sur notre ligne de propositions, d’une part, sur la revalorisation du travail et des pensions, la force de la République sociale, laïque, féministe et écologique, alors qu’Emmanuel Macron travaille à son délitement, et, d’autre part, continuer de compter sur la force de Fabien, son discours, son ouverture, sa proximité avec les gens, la sympathie qu’il dégage», fait valoir Ian Brossat, le directeur de la campagne.

Rassemblement autour de sa candidature

Cet «au-delà», ce sont les indécis, les abstentionnistes, les électeurs qui ne votent plus, car trop déçus, trop en colère, trop résignés, auxquels Fabien Roussel a toujours voulu parler. Sa personnalité et les lignes maîtresses du programme de la France des «jours heureux», dont le fameux «roussellement» qui ambitionne de faire banquer les gros de la finance qui détournent des milliards deuros pour redistribuer les richesses, ont porté leurs fruits. Elles ont permis de convaincre au-delà de la seule famille politique du communiste, et de fédérer d’autres formations, comme le Mouvement républicain et citoyen, la Gauche républicaine et socialiste, les Radicaux de gauche, la Nouvelle Gauche socialiste, ainsi que République et Socialisme, qui ont fait de Fabien Roussel leur candidat, sans renier leur propre sensibilité.

LE VOTE UTILE, C’EST DÉVASTATEUR. À CE JEU - LÀ, NOUS NE VOTONS PLUS JAMAIS POUR DES IDÉES : ON VOTE PAR DÉFAUT ET C’EST TERRIBLE.FABIEN ROUSSEL

Cette dynamique est aujourd’hui confrontée aux appels pressants à «voter utile», censé déjouer le scénario dun duel Macron-Le Pen au second tour. «Depuis combien d’élections présidentielles avons-nous droit à ce vote utile? Cest dévastateur parce qu’à ce jeu-là, nous ne votons plus jamais pour des idées, nous ne votons plus jamais pour la personne dont nous nous sentons le plus proche: on vote par défaut et cest terrible, dénonce Fabien Roussel. Il faut, au contraire, voter pour ses idées, pour celui pour qui on a envie de voter. Jai fait le choix dans cette campagne de porter des réformes heureuses. Et je souhaite vivement que nous puissions les faire vivre. C’est ce qui doit compter le 10 avril et cela comptera pour la suite.»

Lire aussi : Le vote utile et tourné vers l’avenir, c’est Fabien Roussel

Ses partenaires de route, compagnons de la création d’un conseil national de la République chargé de mettre en place les «jours heureux», partagent cet état desprit. «Fabien Roussel est le vote utile. Les thèmes qu’il a soulevés sont au cœur de la campagne, comme l’évasion fiscale», rappelle Emmanuel Maurel, lun des fondateurs de la Gauche républicaine et socialiste, qui a rejoint l’atelier de campagne. Aux yeux de l’ancien socialiste, il est utile également pour «reconstruire la gauche de demain». Car «la suite» pointée par le communiste est imminente, avec les élections législatives qui auront lieu dans la foulée et dont l’objectif est de faire élire un nombre conséquent de députés des «jours heureux». «Cela va compter pour les luttes que nous devrons mener, pour donner du poids aux idées que nous défendons: la revalorisation des salaires et des retraites, le pouvoir d’achat, la République sociale, laïque, écologiste et féministe. Plus on donnera de la force à ma candidature le 10 avril, plus nous serons en capacité de défendre ce projet de société», fait valoir un candidat énergique en toutes circonstances.

Icon BullhornPour suivre la campagne du candidat PCF, Fabien Roussel

En novembre 2021, lors de l’inauguration de son QG de campagne, le «FabLab», Fabien Roussel avait prévenu, sourire aux lèvres mais avec sérieux, que la route serait longue, très longue. Il avait à cet égard comparé la campagne à «un marathon» qui invite à «savoir se projeter sur la durée». Le 10 avril nest pas une ligne darrivée, mais une étape.

 

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PREMIER PLAN Fabien Roussel, face à des citoyens, « La richesse de la France, c’est vous, pas les actionnaires »

1 Avril 2022, 07:22am

Publié par PCF Villepinte

Guerre, pouvoir d’achat en berne, réchauffement climatique… à ce monde en crise, Fabien Roussel veut opposer des «Jours heureux». Le candidat communiste s’en explique avec des citoyens engagés pour la paix, la justice sociale et le climat, invités par l’Humanité.

L'Humanité Julia HamlaouiNaïm SakhiAurélien Soucheyre

Publié le Jeudi 31 Mars 2022

À un peu plus d’une semaine du premier tour de l’élection présidentielle, le candidat communiste Fabien Roussel entre «dans la dernière ligne gauche de sa campagne», plaisante-t-il, déterminé à «ne rien lâcher». Pour l’interroger, l’Humanité a sollicité des citoyens engagés dans des luttes sociales, écologiques, pour la paix. Premier thème: le pouvoir dachat. Une question, en conséquence de linflation liée à la guerre en Ukraine, plus que jamais en tête des préoccupations des Français: pour 57 % dentre eux cest ce qui comptera le plus dans leur choix le 10 avril, selon Elabe.

À ce sujet, avec la coordination Pas sans nous, qui a organisé un tour de France des quartiers populaires, Fatima Lancien a accepté de répondre à notre invitation. Salariée d’un grand hôtel et syndicaliste, elle a participé aux luttes menées par les petites mains des palaces. Le conflit en Ukraine a aussi, depuis son déclenchement par la Russie le 24 février, mis en lumière de nombreuses questions qui, d’habitude, passent sous les radars d’une telle élection.

Sveta, une habitante de Kiev, et Jean-Marie Collin, porte-parole d’Ican France, s’en font l’écho. Enjeux non moins essentiels, climat et transition écologique ont, a contrario, été un peu éclipsés du débat public cette année. Charlène Fleury, porte-parole d’Alternatiba, interpelle Fabien Roussel dont les positions, sur le nucléaire ou la viande, détonnent à gauche.

POUVOIR D’ACHAT

Fatima Lancien : Je suis en poste depuis quatorze ans, j’ai commencé à 1300 euros et je gagne aujourdhui 1600 euros. Est-ce quon peut vivre avec ça?

Non, madame. C’est impensable et, pourtant, c’est une réalité: des gens travaillent et sont pauvres. On ne reconstruira pas la France avec des Français mal payés, épuisés et pas respectés. Mais on le fera en faisant confiance aux salariés, en leur redonnant le pouvoir. Nous, nous voulons la France de la bonne paie, augmenter le Smic à 1500 euros net et convoquer une conférence générale pour la hausse des salaires de l’ensemble des branches professionnelles. Il y a en moyenne 20 % à rattraper. Si les patrons font de la résistance, je remettrai en place ce qui a existé il y a une quarantaine d’années: l’échelle mobile des salaires pour les indexer sur l’évolution du Smic.

Fatima Lancien : Je suis pour les 32 heures. Mais en faire 35, voire 39 avec des heures supplémentaires exonérées d’impôt, cela permet de finir le mois avec plus d’argent…

Mais le palace où vous travaillez, il n’a pas les moyens d’augmenter les salaires? Cest le salaire avec les cotisations qui financent la Sécurité sociale, la retraite, la santé. Vous savez, les libéraux, la droite, le Medef théorisent que le salarié doit être stressé, pressuré en permanence pour être le meilleur. Nous avons une tout autre conception de la société: en misant sur un monde du travail heureux, nous sommes plus efficaces économiquement. Je veux entendre parler non plus de la valeur des actionnaires, mais de celle des hommes et des femmes qui produisent par leur travail. La richesse de la France, c’est vous. Et c’est aussi ceux qui soignent, qui enseignent, ceux qui produisent, qui créent… Si on investissait dans tous ces gens-là, nous aurions la plus belle des France.

L’Humanité : Vous évoquez les grands groupes, mais les TPE/PME, impactées par la crise économique liée au Covid, peuvent-elles assumer ces mesures?

Beaucoup de PME et TPE ont besoin d’être soutenues. Cela passe d’abord par arrêter de donner de l’argent aux donneurs d’ordres qui sous-traitent à l’étranger ou imposent des prix si bas que les petites entreprises rognent la masse salariale. Je baisserai aussi leur facture énergétique, leur prime d’assurance avec la nationalisation d’Axa, les libérerai du poids des banques avec la nationalisation de deux d’entre elles et des prêts bonifiés. Enfin, je veux que les gros payent gros et que les petits payent petit. Les grandes multinationales doivent s’acquitter d’un impôt juste, à 30 %, prélevé à la source sur leurs bénéfices pour qu’elles arrêtent de les délocaliser, comme McKinsey et compagnie.

Fatima Lancien : Je vais bientôt avoir 65 ans, je suis toujours au travail, comment partir plus tôt en retraite?

L’espérance de vie en bonne santé d’un ouvrier, c’est 59 ans. Alors, oui, la retraite à 60 ans, c’est un minimum de justice sociale. Ce droit, je le finance avec une cotisation sur les revenus financiers, pour lesquels Macron a mis en place un bouclier fiscal. C’est 30 milliards d’euros dans les caisses tout de suite. Il faut aussi augmenter les salaires pour relever le niveau des cotisations et des pensions. Avec 1600 euros de salaire, vous allez avoir une retraite de misère.

Fatima Lancien : Un peu plus de 800 euros, et j’ai travaillé toute ma vie...

Comment peuvent-ils défendre un tel modèle? Avec 800 euros, vous tombez en dessous du seuil de pauvreté, comme des millions de retraités. Je propose un minimum retraite à 1200 euros net.

La coordination Pas sans nous : Face à la précarité et au manque de perspectives pour la jeunesse, créerez-vous un ministère dédié pour une politique ambitieuse et non plus morcelée?

Oui, je souhaite un ministère dédié à la jeunesse et les moyens qui vont avec. Cela implique un revenu étudiant d’au moins 850 euros par mois pour être autonome sans avoir à travailler ni à souscrire un prêt, mais aussi la gratuité des transports ou encore la prise en charge de 50 % de la licence sportive. Car les jeunes que j’ai rencontrés demandent un statut social dès 18 ans, pour accéder au logement, à la culture… Pour faire vivre ces droits, je propose la création de maisons de la jeunesse dans chaque commune de plus de 9000 habitants. Enfin, je veux passer un pacte avec le Medef pour garantir un emploi aux 800000 jeunes qui sortent de l’école tous les ans.

Fatima Lancien : La droite risque de l’emporter, la gauche ne pourrait-elle pas s’unir pour empêcher cela? Pourquoi ne pas vous allier avec Jean-Luc Mélenchon, vous auriez plus de chance de prendre le pouvoir?

Je souhaite que la gauche l’emporte. Et elle le fera, reste à savoir quand et pour quoi faire. Je veux que ce soit le plus vite possible, mais pas pour mettre en place la politique menée sous Hollande. Et pour cela, il faut convaincre. Car on peut toujours additionner Mélenchon, Roussel, Hidalgo, Jadot, ça ne fait pas une majorité, parce que la gauche a déçu. Nous, nous ne nous étions pas présentés depuis 2007 et, avec ma campagne, j’ai réussi à faire revenir à gauche des Français qui n’y croyaient plus. Au premier tour, je leur demande de voter pour leurs idées, pas par défaut. Toute la force qu’on me donnera le 10 avril comptera pour la suite. Je la mettrai au service de la France et des travailleurs. Et de la gauche aussi, car je n’y ai pas d’ennemis. Au contraire, je veux la rassembler sur une politique qui tourne la page de toutes les erreurs du passé et qui remette en cause le pouvoir de la finance.

GUERRE EN UKRAINE

Sveta : Cela fait plus d’un mois que la Russie a envahi mon pays et nous subissons au quotidien ses bombardements. Comment comptez-vous stopper cette guerre et venir en aide aux populations?

Vladimir Poutine a violé l’intégrité d’un État, c’est sans précédent de la part d’une puissance nucléaire. Les pressions les plus fortes doivent s’exercer contre les dirigeants russes afin d’obtenir le respect du droit international et, le plus vite possible, le cessez-le-feu. C’est ce qui doit guider la mobilisation de toutes les nations: protéger les civils et mettre fin aux crimes de guerre. Or, des places financières où ils ont leurs habitudes jusquau quai des milliardaires à Antibes où sont amarrés leurs yachts, les pressions contre les oligarques russes restent minimes.

Il faut faire bien plus. En revanche, nous ne sommes pas en guerre contre le peuple russe, nous devons tendre la main aux pacifistes russes qui subissent une répression sévère. La solidarité avec le peuple ukrainien va, bien sûr, de soi, nous devons lui permettre de résister, d’avoir accès à tout ce qui est vital, et accueillir ceux qui fuient la guerre.

Jean-Marie Collin : La guerre frappe à nos portes avec une puissance nucléaire qui a mis à bas le tabou de l’utilisation de l’arme nucléaire. Et Jean-Yves Le Drian (le ministre des Affaires étrangères – NDLR) a indiqué, en guise de réponse, que la France en possédait aussi. Cette menace inquiète, comment protégeriez-vous les Français si vous étiez à l’Élysée?

La planète est devenue une véritable poudrière remplie d’ogives nucléaires. À la moindre étincelle, en quelques heures, l’humanité pourrait être rayée de la carte. La Seconde Guerre mondiale nous a appris que les pires crimes contre l’humanité sont possibles. Et souvenons-nous qu’il y a peu, un dirigeant américain disait au dictateur nord-coréen: « J’ai un plus gros bouton que le tien.» Voilà où on en est. Le danger est réel, donc, en tant que président de la République, à l’issue de cette guerre, je souhaiterais que la France prenne la tête du combat pour un désarmement nucléaire multilatéral. Nous devons nous mettre autour d’une table et décider collectivement de cesser d’investir – cela coûte 5 milliards par an à la France – et de désamorcer nos bombes nucléaires. À ceux qui pensent que c’est utopiste, je rappelle qu’en pleine guerre froide, un traité de non-prolifération – bafoué depuis – a été signé. Je suis d’ailleurs favorable à ce que la France participe comme observateur à la conférence du traité sur l’interdiction des armes nucléaires, prévue en juin.

Jean-Marie Collin : Si vous preniez la tête de la présidence française de l’Union européenne, quel dialogue mettriez-vous en place avec les États de l’Union européenne, en particulier l’Allemagne avec laquelle la France tente de développer une politique européenne de défense?

Cette guerre a montré que l’ensemble des pays européens peuvent condamner d’une même voix la violation des règles internationales. C’est très important. Mais, des pays Baltes et du Nord – qui poussent depuis longtemps à l’élargissement de l’Otan jusqu’aux portes de la Russie –, à la France et l’Allemagne qui l’ont toujours refusé et ont même dit non à l’intégration de l’Ukraine en 2008, nos divergences sont profondes. Je souhaite préserver la voix indépendante et originale de la France. Bien sûr, je le dis clairement, en période de guerre, il n’est pas d’actualité de sortir du commandement intégré de l’Otan. Mais à l’issue de celle-ci, plutôt qu’à une Europe de la défense atlantiste, je veux travailler avec les 50 pays du continent européen à un traité de sécurité collective. Je préfère nourrir la paix que l’engrenage sans fin de la guerre.

CLIMAT

Charlène Fleury : Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a décrit le 2 e volet du rapport du Giec paru en février comme un atlas des souffrances à venir. L’État français a été condamné à deux reprises pour son inaction climatique et la France n’est toujours pas sur une trajectoire compatible avec l’accord de Paris. En quoi votre programme permet-il de diminuer les émissions de gaz à effet de serre?

C’est dans la décennie à venir que tout se joue; nous devons mettre le paquet. Le Giec estime quil faut investir 6 % du PIB par an, soit 900 milliards deuros à l’échelle de lUnion européenne et 140 milliards pour la France. Cest ce que propose notre programme des Jours heureux. Le capital doit participer à cette transformation de notre modèle économique, mais nous prévoyons aussi 65 milliards d’euros d’investissements publics par an.

C’est plus que la droite – ce n’est pas difficile –, mais aussi que le reste de la gauche, et de loin. Il s’agit d’atteindre la neutralité carbone en 2050, et pour cela, nous proposons d’investir dans les énergies renouvelables – l’éolien, le solaire, l’hydraulique – et dans le nucléaire. Donc investir dans les deux, et dans un service public. Macron veut confier les renouvelables au privé, c’est le projet Hercule. C’est dangereux car les Total, les BlackRock qui deviendront actionnaires nous feront payer très cher quand nous en aurons le plus besoin, en cas de guerre par exemple.

Charlène Fleury : Avez-vous l’impression que vous préparez un changement en profondeur suffisant, notamment au niveau de la sobriété, qui est un levier indispensable? Et cela alors que vous défendez encore la voiture individuelle, une industrie relocalisée – certes un peu décarbonée grâce au nucléaire – et même la consommation de viande.

Je souhaite juste que ceux qui ne peuvent pas se chauffer, les douze millions de personnes en précarité énergétique, aient le droit à un toit qui ne soit pas une passoire thermique. Je suis aussi pour le grand remplacement des cuves à fioul. C’est deux milliards d’euros, on peut le faire. Je veux également que ceux qui ne peuvent pas manger dignement – sept millions de personnes font la queue de l’aide alimentaire – aient droit à une alimentation saine et française.

Venons-en aux voitures. Nous devons d’abord inciter à prendre les transports doux avec la gratuité dans les métropoles, notamment. Mais ne pas punir. Je n’ai jamais dit: «Allez-y, continuez d’utiliser votre voiture polluante.» Au contraire, pour les classes populaires, tous ceux qui nont pas dautre choix pour se déplacer, je propose une prime à la conversion de 10000 euros pour acheter un véhicule propre doccasion de vignette Crit’Air 1 ou 2.

Charlène Fleury : Oui mais concernant la viande, par exemple, un ouvrier en consomme 25 % de plus qu’un cadre. Donc, promouvoir une consommation de viande, même française, ne semble pas aller dans le sens de la transition écologique, alors que sa production représente 80 % des émissions du secteur de l’agriculture.

Il faut manger moins de viande, réduire de 20 % notre consommation. Oui, mille fois oui. Manger moins de viande, mais de la bonne, pas de la gonflée aux antibiotiques, pas de l’importée. Je ne suis pas pour de l’élevage intensif. Il y a plein de pâtures! Savez-vous que Xavier Niel et les Gafa (les géants du numérique Google, Apple, Facebook et Amazon NDLR) sont en train dinvestir dans les grands champs de céréales pour faire des steaks sans viande?

Charlène Fleury : Mais pour produire un kilo de bœuf, il faut beaucoup plus de céréales que pour faire un kilo de steak aux céréales. Si on dit que tout le monde va manger de la bonne viande trois à quatre fois par semaine, on va dans le mur.

Mais permettez à ceux qui n’en mangent pas, ou que de la mauvaise, d’en manger de la bonne, et vous verrez qu’il y aura besoin de soutenir nos éleveurs français, nos espaces herbagés, en luttant contre l’industriel. Je veux un système agricole vertueux, vivable, avec moins et mieux de viande.

Charlène Fleury : Imaginons que ce système agricole soit mis en place, comment faites-vous pour que sa production soit accessible à tous? À Alternatiba, nous défendons une sécurité sociale de lalimentation. Un chèque de 150 euros par mois et par personne à dépenser uniquement dans des endroits conventionnés bio et durables. Vu que le PCF a été à l’origine de la Sécurité sociale, que pensez-vous de cette proposition?

Je préfère augmenter les salaires et les retraites et ne pas avoir besoin de donner un chèque alimentaire. Je propose aussi un fonds alimentaire doté de 10 milliards d’euros pour garantir à tous nos enfants, de la maternelle à l’université, l’accès à des cantines proposant des plats issus de l’alimentation locale, avec des normes respectant le vivant, la planète et nos engagements climatiques. Pour éduquer les enfants au goût, au bon. Mais aussi pour offrir un débouché à tous nos agriculteurs et paysans.

On a perdu notre souveraineté alimentaire: pour les fruits et légumes comme pour la viande, nous dépendons à 50 % de l’étranger. Et on perd 100000 agriculteurs tous les dix ans. À ce rythme-là, dans quelques années, on ne pourra même plus produire des steaks aux céréales. Il faut donc réformer nos codes de marchés publics avec une préférence locale et sociale.

Entretien coordonné et retranscrit par Julia Hamlaoui, Naïm Sakhi et Aurélien Soucheyre

 

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LE DÉBAT Élection présidentielle : qu’est-ce qu’un vote utile ?

29 Mars 2022, 11:40am

Publié par PCF Villepinte

Choisir son bulletin par défaut? De scrutin en scrutin, et singulièrement depuis une quarantaine dannées et la montée de lextrême droite, lappel au «vote utile» est un ressort de largumentation à lapproche des élections.

Pierre Chaillan L'Humanité  Publié le Lundi 28 Mars 2022

LUDOVIC MARIN / AFP

L’élection est un moment démocratique qui engage pour une période. Il ne faut pas réduire le vote à des choix stratégiques face aux enjeux du pays.

 

La dénaturation du vote menée par des candidats sur le thème du vote utile participe des stratégies de non-débat à l’œuvre dans cette présidentielle. Tout vote est utile, et c’est même une force pour faire vivre la démocratie. Il faut que s’expriment les idées, les propositions, l’expression des choix politiques, des conceptions de la société française et du rôle de l’État, la reconnaissance des valeurs républicaines.

L’élection est un moment démocratique, qui va engager les années qui suivent, ce n’est pas le bonneteau tous les cinq ans et après on s’arrête. Non, après le vote, nos choix, nos idées vont être utiles et vont compter au jour le jour. Chercher à nier la diversité du débat, et à restreindre le vote à des choix stratégiques face aux enjeux du pays, serait une impasse.

Depuis des mois, Emmanuel Macron est sur ce registre pour mettre de côté son bilan et son programme. Il refuse la confrontation, il serait le vote utile face à l’extrême droite ou à une droite tout aussi libérale que lui.

Avec la situation de guerre et la crise sanitaire, il souhaite même qu’il n’y ait aucun débat de premier tour. Je plaide, moi, pour l’inverse. Ayons ce débat, y compris face à la situation internationale avec ses répercussions nationales sur les questions industrielles, de souveraineté, du rapport capital-travail.

« Une offre de rassemblement sans hégémonie, qui s’adresse aux classes populaires. »

Notre pays a besoin le 10 avril de choix clairs, de positionnements, de chemins tracés, de perspectives. Aucune voix ne sera inutile. Pour battre l’extrême droite, nous serons toutes et tous mobilisés. Au premier tour, les électeurs qui auraient cette crainte peuvent compter sur Fabien Roussel pour prendre ses responsabilités. C’est une autre question qui est entretenue par le candidat de la FI. D’après les sondages, aucun candidat de gauche n’est en capacité de gagner la présidentielle. Si la gauche veut gagner, il faut rassembler une majorité, respecter toutes les composantes. Notre objectif, pour faire gagner le monde du travail et de la création, est de faire le meilleur résultat pour aider au meilleur résultat de la gauche. La réalité, c’est que si nous renonçons à cet objectif, nous ne gagnerons pas.

Si nous ne donnons pas de la force à Fabien Roussel, au candidat qui porte une offre de rassemblement sans hégémonie, sans mépris, qui s’adresse aux classes populaires, qui parle à toute la gauche, qui se prononce sans ambiguïté pour une République sociale, laïque, écologique, respectant les classes populaires, alors les conditions d’une victoire possible ne seront pas réunies et pour la suite nous n’aurons pas été utiles à la gauche et au monde du travail.

Les résultats de 2017 servent de leçon, il faut que cette fois-ci en 2022 nos choix servent au pays et que nous aidions au rassemblement immédiat ou dans les mois qui suivront. Cette démarche, ce candidat nouveau, ce vote de conviction, c’est cela qui est utile.

Le rassemblement n’est pas le ralliement. À force de choix tactiques et de votes d’opportunité plus que d’adhésion, la gauche perd de sa lisibilité.

Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice Gauche républicaine et socialiste de Paris

Le vote utile est d’abord le vote pour ses convictions et pour ce que l’on croit juste pour la France et les Français.

À force de choix tactiques et de votes d’opportunité plus que d’adhésion, la gauche perd de sa lisibilité et du coup, aux yeux de nos concitoyens, ses repères. Elle s’est affaiblie, asséchée et éloignée des catégories populaires.

Il n’y aura aucune victoire de la gauche si elle ne retrouve pas sa proximité avec le monde du travail, les ouvriers, les employés, les salariés les plus modestes. Il n’y aura aucune victoire si la gauche n’est pas diverse et capable ensuite de se rassembler.

«La campagne de Fabien Roussel permet à de très nombreux Françaises et Français de retrouver une gauche populaire, sociale, républicaine et laïque.»

Le rassemblement n’est pas le ralliement. C’est pourquoi il ne peut se décréter au dernier moment et ne peut s’opérer pleinement qu’avec une dynamique unitaire préparée de loin fédérant les forces autour d’objectifs, de propositions communes, de respect mutuel – et au-delà des seuls partis politiques.

Je regrette que cette logique n’ait pas pu prévaloir dès 2017 et je constate que du coup, depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron, en dépit de sa politique antisociale, la gauche n’a pas progressé, contrairement à l’extrême droite!

La campagne que mène Fabien Roussel avec le programme «les Jours heureux» permet ainsi à de très nombreux Françaises et Français de retrouver une gauche populaire, sociale, républicaine et laïque qu’ils appellent de leurs vœux, qu’ils jugent utile pour leur pays et leurs compatriotes et, surtout, une gauche capable de redonner confiance à celles et ceux qui trop souvent s’abstiennent. Sa candidature porte un message, elle porte la parole et les aspirations que de nombreux citoyens ne retrouvaient pas, ou plus, dans les discours et les propositions d’autres candidats de gauche ou écologistes.

Je fais partie de celles et ceux qui pensent que voter pour la candidature de Fabien Roussel est aujourd’hui redonner force à une gauche de transformation qui défend sans complexe la République sociale, laïque, universaliste – sans concession aux logiques identitaires – et l’égalité en refusant les discriminations et l’injustice sociale.

Une gauche qui plaide pour la hausse des salaires et du pouvoir d’achat, pour une réindustrialisation réelle de la France, la souveraineté alimentaire, économique et énergétique, les services publics et une écologie populaire. Une gauche trop longtemps effacée et pourtant si nécessaire tant ses idées et ses propositions apparaissent de plus en plus d’actualité.

Plus d’info.  Retrouvez le dossier « Le PCF et les élections présidentielles » sur le site de la Fondation Gabriel-Péri.

 

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