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devoir de memoire

Paris inaugure la statue d'une figure guadeloupéenne de la lutte contre l'esclavage

12 Mai 2022, 06:05am

Publié par PCF Villepinte

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Pierre Semard, l’indomptable

7 Mars 2022, 06:55am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité Publié le Lundi 7 Mars 2022

Engagement 

Le 7 mars 1942, le dirigeant ouvrier était fusillé par les nazis. Il participa à la création de la CGT-U et à la réunification de la CGT. Il fut aussi secrétaire général du PCF.

Il est encore aujourd’hui une des personnalités historiques les plus estimées au sein de la CGT et notamment chez les cheminots. (DR-IHS-CGT)

L’histoire du mouvement ouvrier est bien souvent remisée au rang des antiquités. Elle n’aurait plus aucun sens aujourd’hui au nom de la transformation du monde. Ainsi, évoquer Pierre Semard pourrait être associé à une forme de nostalgie d’une époque définitivement révolue. Comment cet homme, alors que rien ne l’y prédestinait, est-il encore aujourd’hui une des personnalités historiques les plus estimées au sein de la CGT et notamment chez les cheminots?

La vie de Pierre Semard nous plonge dans une période de transition du mouvement ouvrier. Né en 1887, il entre très jeune dans le monde du travail. La CGT, constituée en 1895, en est à ses balbutiements. Il intègre les chemins de fer dans la Drôme. Affecté au secrétariat du chef de gare de Valence, il prend ses premières responsabilités syndicales. En 1917, il devient responsable de l’union CGT Drôme-Ardèche.

En 1919, il est le dirigeant incontesté des cheminots de la Drôme. En février 1920, son charisme et son activité contribuent à une grève massive dans le département. À l’issue de cet épisode, Semard prend une dimension nationale. S’opposant à la direction fédérale, il va contribuer au changement de majorité. C’est le début de l’affrontement interne au sein de la CGT entre révolutionnaires et réformistes. En juin 1921, il se retrouve à la tête de la fédération CGT des cheminots, une organisation alors éclatée puisque des syndicats refusent que la fraction révolutionnaire prenne l’ascendant.

Cette fédération n’est pas reconnue par la CGT, qui exclut Semard du comité confédéral national. La fédération doit quitter les locaux rue Baudin pour s’installer à la Grange-aux-Belles. Semard va alors jouer un grand rôle dans la création de la CGT-U. Il porte au sein de cette organisation sa vision du syndicalisme en plaidant pour l’adhésion à une internationale révolutionnaire. Et dans le même temps, au sein du Parti communiste naissant, il combat le contrôle du parti sur l’activité syndicale. Il porte cette orientation avec Gaston Monmousseau au congrès de l’ISR (Internationale syndicale rouge), où il obtient gain de cause.

Pour un syndicalisme de masse n’affichant aucune doctrine

En 1923, il est emprisonné à la Santé pour avoir agi contre l’occupation de la Ruhr. Lors du 2e congrès de la CGT-U en 1923, fidèle à ses convictions, il s’oppose aux commissions syndicales constituées par le PC et plaide pour un syndicalisme de masse ouvert et n’affichant aucune doctrine. Malgré ses positions tranchées, il entre au comité central du parti en janvier 1924 et en devient secrétaire général au lendemain du Ve congrès de l’Internationale communiste. La mort de Lénine marque un virage dans les concessions faites aux organisations françaises. Semard prône une rupture avec le sectarisme et l’autoritarisme, il souhaite une politique de débat. Sa confirmation comme secrétaire général en juin 1926 suscite de grandes discussions à Moscou.

Ses positions contre la guerre du Maroc lui valent un nouvel emprisonnement, durant lequel il est écarté de la direction du parti. En 1933, il revient vers le syndicalisme et est élu secrétaire général de la fédération unitaire en juin 1934.

Face à la montée du péril fasciste, Semard porte la voix de l’unité d’action tant sur le plan syndical entre les deux CGT que politique entre communistes et socialistes. Il favorise les fusions de syndicats locaux puis de réseaux et, le 24 novembre 1935, il est élu cosecrétaire général des fédérations unifiées. Il est à la tête de la délégation qui négocie les accords de 1936 pour les cheminots.

À la création de la SNCF, en janvier 1938, il entre au conseil d’administration (CA) comme représentant des salariés. Toutefois, il est très critique sur cette forme de nationalisation. Dans son discours à la conférence des conducteurs à la Mutualité, il dira: «La nationalisation reste à faire.» Au lendemain de la grève de novembre 1938, il est révoqué du CA de la SNCF et rétrogradé au rang de facteur en écritures.

À la suite du pacte germano-soviétique, les ex-confédérés les démettent, lui et ses camarades, de leurs ­responsabilités le 25 septembre 1939. Pour s’opposer à cette mesure antistatutaire, il décide avec Raymond Tournemaine de bloquer en banque les cotisations syndicales. Une plainte de ses opposants conduit à son arrestation et son incarcération à la Santé. Bien que l’accusation ne tienne pas, il est condamné à la prison le 6 avril 1940 pour le seul fait d’être communiste. Le 9 mai, il est révoqué de la SNCF.

Début 1942, alors qu’il devrait être ­libéré, il est transféré de Bourges au camp de Gaillon. Le 6 mars, lorsqu’il apprend un nouveau transfert vers la prison d’Évreux, il sait qu’il s’agit de son dernier voyage. Le 7 mars 1942, désigné comme otage, il est fusillé par les nazis.

L’Humanité clandestine publie le 1er mai un texte présenté comme sa dernière adresse aux cheminots, dans laquelle il salue l’Armée rouge et Staline et où il appelle les cheminots à l’action contre les nazis. L’ignominie de cet assassinat renforce les réseaux de la Résistance cheminote jusqu’à la grève insurrectionnelle du 10 août 1944.

Le 7 mars 1945, un immense cortège traverse Paris, de la gare de Lyon au cimetière du Père-Lachaise. La dépouille de Semard est escortée par des milliers de militants communistes et de la CGT. Semard est entré dans l’histoire, il symbolise l’engagement sans faille, la discipline du militant et la fidélité à ses idéaux.

 

 

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Ils sont pas lourds, en février, à se souvenir de Charonne

8 Février 2022, 09:03am

Publié par PCF Villepinte

L’État n’a toujours pas reconnu ses responsabilités dans le massacre du 8 février 1962. De nombreuses organisations l’appellent à le faire soixante ans après les faits. Un communiqué de l’Élysée est attendu dans la journée. Aucun membre du gouvernement ne participera aux cérémonies.

L'Humanité Publié le Mardi 8 Février 2022 Aurélien SoucheyreCyprien Caddeo (AFP)

Il y a soixante ans, la police française assassinait neuf personnes au métro Charonne, à Paris. Toutes étaient membres de la CGT. Toutes étaient membres du PCF, à l’exception d’une. Daniel Féry avait 15 ans, et assurait le routage de notre journal. Suzanne Martorell et Édouard Lemarchand travaillaient eux aussi à l’Humanité. Leur faute? Quavaient-ils bien pu faire pour mourir étouffés dans le métro, matraqués à mort? Pourquoi la police leur a-t-elle jeté les lourdes grilles qui entourent les arbres parisiens? Parce quils étaient venus manifester pacifiquement contre les crimes et les attentats de lOAS, et pour le droit à lautodétermination du peuple algérien.

 «Ils sont pas lourds, en février / À se souvenir de Charonne / Des matraqueurs asser­mentés / Qui fignolèrent leur besogne», chantait Renaud dans Hexagone (1975). Emmanuel Macron s’en souvient-il seulement? Le président de la République, qui est devenu le premier à participer à une cérémonie dédiée aux massacres du 17 octobre 1961, ne fera pas de même pour le 8 février 1962, puisqu’il est en déplacement entre la Russie et l’Ukraine.

L’Élysée assure néanmoins qu’une gerbe sera déposée, et qu’un communiqué officiel de la présidence sera rédigé. Son contenu est attendu de pied ferme. Soixante ans après, la France va-t-elle enfin reconnaître la responsabilité de l’État dans la tuerie de Charonne? Ou bien va-t-elle de nouveau botter en touche, nincriminant que le préfet de police de l’époque, ce coupable idéal qu’est Maurice Papon?

Cest exactement ce qua fait Emmanuel Macron le 17 octobre 2021 au sujet de lassassinat de centaines de travailleurs algériens en Île-de-France en 1961, dédouanant au passage les plus hauts responsables de l’époque, à savoir le président de la République, Charles de Gaulle, le premier ministre, Michel Debré, et le ministre de l’Intérieur, Roger Frey. Ce sont pourtant eux qui ont donné les ordres de réprimer brutalement les manifes­tations d’octobre 1961 et de février 1962.

L’admiration de Debré pour Papon…

«Ce que nous attendons, ce que les familles des victimes attendent, cest la reconnaissance de la vérité, celle dun acte criminel de l’État, avec le but explicite de tuer, coordonné au plus haut niveau entre Maurice Papon et Michel Debré», témoigne Henri Cukierman, président du Comité vérité et justice pour Charonne. Un texte soutenu par de nombreuses organisations invite à ce que la République française regarde pleinement l’histoire en face.

L’appel est signé par Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, et Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, qui participeront tous les deux, ce mardi, à une cérémonie métro Charonne, à 18 heures. Il est également paraphé entre autres par la Ligue des droits de l’homme, le Mouvement pour la paix, le MJCF et l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS.

«Il faut une reconnaissance officielle», affirme Philippe Martinez, qui précise que «la CGT sest toujours mobilisée contre les guerres coloniales et le racisme, et pour le devoir de mémoire». «Dans le climat actuel, se remémorer Charonne, se remémorer la violence de lextrême droite et de lOAS, cest essentiel pour ne pas la banaliser», ajoute le diri­geant syndical. À l’époque des faits, le gouvernement ose pourtant incriminer les manifestants.

Roger Frey les décrit en «groupes organisés de véritables émeutiers, armés de manches de pioche, de boulons, de morceaux de grille, de pavés, doutils divers qui ont attaqué le service dordre». Il va même jusqu’à mettre sur un pied d’égalité l’OAS et le PCF en les qualifiant tous deux d’ennemis de la République. Michel Debré se rend pour sa part dans les locaux de la police parisienne pour «apporter le témoignage de sa confiance et de son admiration», et rend «hommage» à Maurice Papon, soulignant ses «qualités de chef et dorganisateur».

Le 8 février, la police a pourtant chargé alors que la CGT et le PCF venaient d’annoncer la dispersion de la manifestation, comme le rappelle Henri Cukierman, présent ce soir-là. Pourquoi, diable, charger une manifestation non violente? Et ce, alors que la paix et lindépendance de lAlgérie étaient en train d’être discutées? En janvier 1961, 75 % des Français s’étaient dailleurs prononcés par référendum pour le droit à l’autodétermination du peuple algérien… «Cest le comble de labsurde! On a du mal à comprendre cette violence de la police alors que le gouvernement est en pleine négociation avec les représentants algériens pour un accord de paix signé un mois plus tard», observait l’historien Pierre Vidal-Naquet.

Aller au-delà des «petits pas»

«Mais nous étions dans un climat anticommuniste haineux consubstantiel de la naissance de la Ve  République», relève Alain Ruscio. «Il ne faut pas oublier que de Gaulle était au départ favorable à la répression des résistants algériens. Debré et Papon étaient des partisans de l’Algérie française jusqu’au bout des doigts. De Gaulle a cherché, farouchement, à dissocier la colère populaire de la cause algérienne, en la réprimant, car celle-ci risquait d’abîmer son récit», précise l’historien. «Les morts du 8 février auraient servi, assure-t-on au gouvernement , à démontrer à l’armée et à la droite conservatrice que le rempart contre le communisme était assez solidement maintenu par l’État», écrit même Jean Daniel dans l’Express du 15 février 1962.

Un important travail de mémoire a depuis été réalisé sur le massacre de Charonne. Une plaque, avec les noms de toutes les victimes, est fleurie chaque année à l’intérieur de la station. Le 8 février 2007, Bertrand Delanoë, alors maire de Paris, a baptisé une place du 8-Février-1962. Mais une partie du travail historique est encore empêchée. «Les archives de la préfecture de Paris sont officiellement ouvertes, mais de nombreux documents sont inaccessibles, notamment ceux relatifs au rôle de l’État», note Alain Ruscio.

Un État qui n’a toujours pas reconnu ses torts. «L’écriture sereine et dépassionnée de lhistoire coloniale est des plus difficiles. Il y a un lobby de la nostalgie coloniale et la volonté de ne pas égratigner des icônes du roman français, comme de Gaulle», mesure l’historien. «On ne reconstruit pourtant pas une France apaisée en éludant les faits et les responsabilités. Plutôt que dassumer une ligne, une cohérence, Macron tente de ménager un peu tout le monde», regrette Guillaume Roubaud-Quashie, responsable archives et mémoire du PCF.

Ainsi, s’il a su reconnaître la responsabilité de l’État dans les assassinats de Maurice Audin et Ali Boumendjel, le président doit aller au-delà des «petits pas» et se libérer de «conceptions électoralistes», observe Henri Cukierman. Reste à savoir ce que dira le communiqué attendu.

 

 

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7 Février 2022, 17:06pm

Publié par PCF Villepinte

 

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Mouvement social. 1831, la révolte des canuts

2 Décembre 2021, 19:39pm

Publié par PCF Villepinte

Vendredi 3 Décembre 2021

Du 21 novembre au 3 décembre 1831, se produit le premier soulèvement d’ouvrières et ouvriers de la soie et des métiers rattachés au tissage, très implantés sur les pentes de la Croix-Rousse, à Lyon.

La révolte des canuts lyonnais de 1831 figure dans les annales du mouvement ouvrier depuis son origine. Elle succéda à celle de Manchester du 16 août 1819, connue sous le nom de «massacre de Peterloo». En hommage aux ouvriers anglais, le grand poète Shelley écrivait: «Éveillez-vous de votre sommeil, vous êtes nombreux, ils sont peu.» À Lyon, nous devons à la poétesse Marceline Desbordes-Valmore le plus beau regard qui ait été posé sur une population ouvrière. Les canuts ne demandaient qu’une chose la «  liberté ». L’idée est exprimée par ces mots: «  Vivre libre en travaillant ou mourir en combattant. » Plus globalement, être libre voulait dire pouvoir agir dans tous les domaines : «  Politiquement, intellectuellement et matériellement.»

À Lyon, être libre, c’est être maître de son propre travail, donc en capacité de fixer, par contrat, un prix minimal de la pièce d’étoffe produite. «Liberté» est le mot de ralliement des ouvriers en soie, tous regroupés le long des pentes de la Croix-Rousse. Le chef d’atelier, comme le compagnon, entourés de leur famille, travaillent dans les appartements adaptés aux métiers à tisser sur lesquels les talents et la force de travail s’exercent, souvent quinze heures par jour. Nombre de métiers féminins sont associés à l’atelier de tissage: ovaliste, ourdisseuse, passementière, etc. Dans lombre des hommes souvent, elles participent, à leur mesure, aux différents combats.

Dès les années 1820, les fluctuations du prix payé à la pièce par les négociants suscitent des mouvements de protestation. La tradition des associations mutuellistes, en lien avec les conseils de prud’hommes très prisés des ouvriers, commençait à prendre de l’ampleur. Selon l’historien Fernand Rude, entre 1827 et 1828, les chefs d’atelier d’abord, les compagnons ensuite (ferrandiniers en particulier), fondent les bases d’une véritable organisation. La ville et ses faubourgs comptent 8000 chefs datelier, 20000 compagnons divisés en 40 circonscriptions de quartier ou de rue. Le mutuellisme s’est transformé en sociétés de résistance. L’Écho de la fabrique, dont le premier numéro est imprimé en octobre 1831 se fait l’écho des revendications. La dénonciation des pratiques d’asservissement de la part des négociants, la propagande en faveur de l’association ouvrière, l’idée d’un contrôle de la production, la démocratie dans le travail, sont autant de thèmes qu’aborde le journal au cours des mois qui suivent la révolte des canuts.

Ces prolétaires, «nouveaux barbares» comme ils sont nommés dans le Journal des débats, plus proches des idées utopistes que républicaines, font peur à la bourgeoisie lyonnaise et pas seulement. Les négociants en soie, qui prétendent se nommer fabricants, craignent par-dessus tout les coalitions ouvrières. En novembre 1831, la coalition se prépare, les rues s’animent. L’agitation est d’autant plus dommageable pour les intérêts des propriétaires que des liens se sont tissés avec les ouvriers du quartier de la Guillotière, de l’autre côté du Rhône. Aussi les autorités se mobilisent. Le préfet de la région organise des rencontres et parvient à persuader les prétendus fabricants d’accorder un tarif minimal. Mais, très vite, les négociants remettent en question l’accord fragile.

Sanglante répression

Le 21 novembre, en groupe et en nombre, bras dessus bras dessous, les canuts, sans armes, descendent la grande côte, côté Saône, jusqu’à la place des Terreaux où se trouve l’hôtel de ville. Le 23, les ouvriers aidés des «volontaires du Rhône», armés eux, sont maîtres de la ville. Lyon est au pouvoir des ouvriers, qui n’en ont que faire. Les canuts savent, mieux que d’autres, qu’il n’existe aucune liberté politique si l’exploitation et l’asservissement règnent dans les ateliers. Politique et social sont alors étroitement liés. C’est de la fabrique qu’il s’agit. Rester maîtres de leur métier comme de leur fabrication, être en capacité de s’organiser, tels sont les vœux de la plupart des ouvriers en soie. Le 24 novembre, l’hôtel de ville est occupé. Le 26, un tarif minimal est affiché. En vain, il n’est pas respecté. La troupe est mobilisée, à défaut de la garde nationale, passée en partie du côté des insurgés. Le duc d’Orléans, fils de Louis-Philippe, accompagné du maréchal Soult, entre bientôt dans la cité. Du 29 novembre au 3 décembre, «cest lagonie», comme l’écrit Fernand Rude.

Et pourtant, les prolétaires ne sont pas vaincus. En 1834, les canuts récidivent, la répression sera encore plus sanglante. Stendhal rendra hommage aux insurgés dans son roman inachevé Lucien Leuwen.

Après avoir tremblé, le pouvoir central s’est repris. Dès 1834, les réunions de plus de 20 personnes sont interdites et la question sociale, détachée du politique, en sera définitivement séparée après 1848. L’ouvrier, a fortiori le prolétaire, devra se policer, se moraliser, et si possible devenir propriétaire pour devenir citoyen. La propriété même symbolique deviendra condition de la citoyenneté, ne serait-ce qu’en étant maître de son foyer et tuteur de son épouse, à qui les autorités républicaines, y compris les responsables socialistes, refusent le suffrage en 1848. Le Code civil veille au bon ordre des familles. La séparation entre social et politique sera définitivement acquise selon le modèle libéral.

À lire: l’Écho de la fabrique, naissance de la presse ouvrière à Lyon, sous la direction de Ludovic Frobert (ENS éditions, 2010).

L’association libre pour la dignité

Un ouvrier chef d’atelier se distingue, Pierre Charnier, catholique et royaliste – rien de très significatif alors: les attachements politiques s’entremêlent en ces temps d’émergence du prolétariat. Pierre Charnier, comme nombre de canuts, est très attaché à l’idée d’association. «Réunissons-nous et instruisons-nous. Formons des foyers de lumière. () Quand nous serons tous pénétrés de notre dignité d’hommes, les autres habitants de la cité (…) cesseront d’employer le mot canut dans un sens railleur ou injurieux.»

Repères

1829 Les ouvriers créent la première organisation de production et de solidarité, le Devoir mutuel.

1831 Le ministre de l’Intérieur Casimir Perier développe une législation qui retire aux ouvriers leur liberté de s’organiser. La faiblesse de l’activité entraîne les salaires à la baisse. La pauvreté se développe chez les canuts.

Octobre 1831 Les canuts demandent au préfet du Rhône d’obtenir des fabricants l’établissement d’un «tarif».

 

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Joséphine Baker au Panthéon

1 Décembre 2021, 13:46pm

Publié par PCF Villepinte

Joséphine, merci pour vos leçons de vie et d'amour

 

Au-delà de son immense talent d’artiste Joséphine Baker, a fait preuve d’un courage dans la lutte contre l’oppresseur nazi qui force l’admiration.

Oui, elle est de ces immigrés qui ont fait de la France ce qu’elle est. La petite fille pauvre du Missouri, arrivé en France à 19 ans avec des rêves plein la tête fera tourner celle du tout Paris qui se pressait dans les années 1930 pour voir la chanteuse danser sur les rythmes endiablés du charleston. Et c’est cette apparente insouciance, cette légèreté, qui feront d’elle une résistante si efficace : nul ne songe alors que la star de la « Revue nègre », est une femme d’une rare conviction et d’une inébranlable détermination. Une force d’âme qu’elle mettra tout entière au service de la France, dès 1939, deux ans à peine après avoir obtenu la nationalité de notre pays qu’elle a tant chéri. Elle avait « deux amours » son « pays et Paris », preuve à l’heure où un nationalisme dangereux tente de diviser notre société, que l’on peut vivre avec deux identités, aimer le pays qui nous accueille sans jamais oublier celui d’où l’on vient.

 

Son fils confiait ce matin au journal l’Humanité que, pour Joséphine Baker, « le communisme, ces valeurs de partage et d’égalité, était la plus belle des idées ».

Merci pour vos leçons de vie et d’amour Joséphine, avec votre entrée au Panthéon, la France vous rend un peu ce que vous lui avez donné et gardera pour vous une reconnaissance éternelle.

 

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Petite histoire des journalistes et réalisateurs communistes à la radio-télévision (3)

18 Novembre 2021, 15:09pm

Publié par PCF Villepinte

Publié le 17/11/2021 par PCF

D’autres réalisateurs « rouges » de cet âge d’or de la télévision culturelle s’imposent. Marcel Bluwal (1925/2021 ; il est décédé le 23 octobre dernier à l’âge de 96 ans). Issu d’une famille de juifs polonais réfugiés à Montmartre, il resta, après la rafle du Vel’ d’Hiv’ 27 mois caché avec sa mère dans une sorte de soupente. Ce téléaste fut aussi un grand metteur en scène.

 

À ses débuts à la télévision, il crée une émission sur la vie des gens intitulée « Et si c’était vous… », saluée par la critique. Il réalise « Le mariage de Figaro » (1961), « Don Juan ou le festin de pierre » (1965), « Beaumarchais ou les 60 000 fusils » (1966), « Le jeu de l’amour et du hasard » (1967). Il adapte Dostoïevski (« Les frères Karamazov ») ; Victor Hugo (« Les misérables »). Il lance ensuite la série Vidocq, touche au domaine des variétés. « Je traitais tous les conflits en espérant que pour le public il en sortirait une exaltation révolutionnaire. » En 2008 encore, il signera la série « À droite toute ».

Jean-Pierre Marchand (1924/2018), assistant d’Allégret, Clouzot, Daquin, Gérard Philipe, Ivans, réalise, lui, une série de documentaires sur l’indépendance des colonies françaises en Afrique, collabore à des émissions comme « La caméra explore le temps » (« La conspiration du général Mallet », 1963), « Les cinq dernières minutes » (« La rose de fer », 1966), assure des reportages pour « Cinq colonnes à la Une », collabore à « Eurêka » ou « Discorama ». Il créa le syndicat CGT des réalisateurs.

Raoul Sangla (1930/2021) réalise à partir de 1964 l’émission « Discorama » animée par Denise Glaser, ainsi que de nombreux feuilletons, documentaires et fictions, des comédies musicales aussi. « La télévision est au cinéma ce que le journalisme est au roman », estime-t-il. Il participe à la mise en scène du JT en rendant apparente la technique. Il œuvrera à l’installation de télévisions locales.

D’autres noms produiront également des œuvres marquantes : Maurice Failevic (1933/2016) réalise par exemple pour « Les dossiers de l’écran » « 1788 » ; « C’était la guerre » ; « Jusqu’au bout » ou des documentaires comme « Les agriculteurs », « Les sangliers », ou (bien plus tard) « L’Atlantide, une histoire du communisme » avec Marcel Trillat.

Jacques Krier (1926/2008) aborde volontiers les sujets sociaux, les entretiens avec « les vrais gens », dans le cadre d’émissions comme « À la découverte des Français », ou « Cinq colonnes à la Une ». Également scénariste et écrivain (« Les drôles de voyages d’un camarade errant »).

À Paul Seban (1929/2020), assistant de Renoir, Carné, Astruc, Ivens, Chabrol, Welles…, on doit notamment « Un jeune homme rebelle » ou « Contes modernes : à propos du travail ». Grand prix du documentaire de la Scam, il coréalisa « Musica » avec Marguerite Duras.

Sans oublier le très jeune réalisateur Jean-Daniel Simon, à peine plus de vingt ans ces années-là (il « passe » ensuite au cinéma) que l’on retrouve dans les émissions « Pour le plaisir », « Cinéma », « Dim Dam Dom », « Cinq colonnes à la Une » ou « L’âge de… ».

Côté politique, on l’a dit, l’administration gaulliste contrôle tout. Si Francis Crémieux, dont on a déjà parlé au premier chapitre, intègre France-Culture en 1966 avec une émission mythique « Le monde contemporain », l’information reste totalement verrouillée par le pouvoir gaulliste. La droite a le monopole de la politique sur le petit écran. C’est notamment ce que la rue lui reproche en mai 1968.

Gérard Streiff

 

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Petite histoire des journalistes et réalisateurs communistes à la radio-télévision (2)

14 Novembre 2021, 07:59am

Publié par PCF Villepinte

À partir de 1958, avec la radio-télévision gaulliste, les rapports sont très ambivalents. D’un côté la censure politique est implacable. Le discours gaulliste, la propagande officielle occupent tout l’espace des journaux télévisés et les ministres de « l’information » veillent au grain.

D’un autre côté, la télé de l’époque (une seule chaîne, en noir et blanc, au début…) accueille (ou compose avec, ou tolère) des réalisateurs « rouges » qui vont proposer des émissions extrêmement populaires. Ces créations vont marquer durablement l’opinion.

 

En cette fin des années 50/début 60, la création télévisuelle est un genre qui s’invente. Une bonne partie des réalisateurs qui expérimentent ce nouveau média sont des communistes, communistes de cœur ou de carte, des proches, des compagnons de route comme on disait : Stellio Lorenzi, Maurice Failevic, Raoul Sangla, Jacques Krier, Paul Seban, Jean-Pierre Marchand, Marcel Bluwal, Jean Prat. Ou encore Claude Barma et Claude Loursais. On parlera de « l’école des Buttes Chaumont », du nom des studios de tournage. « À la télévision, on était les Hussards noirs de la République », dit Marcel Bluwal. Sur le sujet, on peut lire l’étude d’Isabelle Coutant dans CAIRN.Info « Les réalisateurs communistes à la télévision ».

Ces réalisateurs cohabitent un temps avec des administrateurs gaullistes non sectaires tel Albert Ollivier, plus tard remplacé, en 1964, par le très anticommuniste Claude Contamine. Bref, une sorte de partage s’opère de facto dans les locaux de l’ORTF : aux gaullistes la politique, aux communistes la création, qui n’en est pas moins politique. Ces derniers travaillent dans l’esprit de Vitez : « élitaire pour tous ». « La télévision était l’instrument idéal pour apporter la culture aux gens qui n’allaient ni au théâtre, ni au cinéma, ni dans les bibliothèques, c’était un vrai outil populaire », note Maurice Failevic.

Ces réalisateurs vont adapter des classiques de la littérature française. Ils s’expriment par le biais de dramatiques, de documentaires, de variétés aussi (Raoul Sangla). C’est cette séquence que les historiens de la télévision appelleront « l’âge d’or de la télévision culturelle ».

Un premier nom : Stellio Lorenzi (1921/1990). Il réalise 39 épisodes, de 1957 à 1966, de la série « La caméra explore le temps », dont « Les templiers » (1961), « La terreur et la vertu » (1964), « Les cathares » (1965). De lui encore « L’affaire Calas » ou la série « Jacquou le croquant » (1967) d’après Eugène Le Roy.

Une anecdote qui témoigne du permanent bras de fer entre réalisateurs communistes et administrateurs gaullistes : une des émissions de Lorenzi suscita un vif débat interne, « La terreur et la vertu », consacrée à la Révolution française. Diffusée en octobre 1964, elle met en scène les personnages de Danton et de Robespierre qui sont, chacun à leur tour, au centre des deux épisodes et s’opposent comme deux conceptions de la République.

Danton est représenté en bourgeois bon vivant, à l’humour vulgaire, qui proclame : « Nous avons fait la Révolution pour l’égalité des droits, pas pour l’égalité des fortunes ». Robespierre est une figure intègre voire ascétique. On peut y entendre ces propos : « Le bien du peuple doit être la préoccupation constante de la République. Le vrai but de la Révolution, c’est la mise en vigueur de la Constitution en faveur du peuple.

Et les ennemis du peuple, ce sont les nôtres. Ce sont les hommes sans vertu et ce sont les riches. (…) Leur intérêt est que le peuple ne sorte jamais de la misère. (…) Nous œuvrons pour la grandeur et la dignité de l’homme. (…) Et ce n’est pas pour un peuple que nous combattons mais pour tout l’univers. Pas seulement pour les hommes qui vivent aujourd’hui mais pour tous ceux qui existeront demain ».

Le directeur de l’ORTF (Contamine) est farouchement opposé à ce scénario ; il pense mobiliser les historiens « officiels » contre le téléfilm. Surprise : ceux-ci soutiennent Stellio Lorenzi, Contamine doit céder, l’émission passe.

Gérard Streiff

 

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Le 11 novembre 2021, Villepinte célèbre l’Armistice de la Grande Guerre de 1914-1918.

12 Novembre 2021, 10:48am

Publié par PCF Villepinte

Le Président de l'ARAC Villepinte Jean Porta lit le message de l'UFAC : "La France célèbre aujourd'hui le 103° anniversaire de l'armistice du 11 novembre 1918 qui mettait fin à quatre années d'horribles souffrances vécues par les combattants des pays belligérants..."

Dépôt de la gerbe du PCF Villepinte  par Valérie Philippon Vermond.

Le prote drapeau de l'ARAC Villepinte dignement entouré.

 

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Petite histoire des journalistes et réalisateurs communistes à la radio-télévision (1)

4 Novembre 2021, 12:44pm

Publié par PCF Villepinte

Le PCF revendique sa place à la radio dès les années vingt, si l’on en croit l’historienne Agnès Chauveau dans L’audiovisuel en liberté (Presses de Sciences-Po). Il demande alors que les journaux communistes soient cités dans les revues de presse radiophoniques. Il faut cependant attendre la Libération (le programme du CNR plaidait pour la démocratisation de l’information) pour trouver des journalistes communistes à la radio d’État.

 

Le plus connu sans doute est Francis Crémieux. Lors d’un entretien en 1997, il me dit : « Le monde des journalistes de la radio est alors partagé entre gens de Londres, d’Alger et de la Résistance intérieure. » Lui-même vient du groupe « Combat ». Il tient d’ailleurs une rubrique « Radio » dans la revue mensuelle de Pierre Seghers, Poésie (1947) et un peu plus tard (1949) dans le mensuel du PCF pour l’intelligentsia La Nouvelle critique.

À l’aube de la guerre froide, l’ambiance anticommuniste coûte cher à de nombreux journalistes. Francis Crémieux est révoqué en novembre 1948 de la rédaction en chef du Journal parlé. Alors même que se déroule la grève des mineurs du Nord-Pas-de-Calais, il réalise une émission anniversaire sur la lutte de cette corporation en 1941, pendant l’occupation nazie. Or, quelques jours auparavant, le Président de la République Vincent Auriol avait demandé au président du Conseil des ministres Queuille « d’éliminer de la radio les communistes qui (prétendait-il) dirigent tout le Journal parlé ». Jean-Noël Jeanneney cite ce texte dans son livre Une histoire des médias.

S’appuyant sur ses relations internationales dans le cadre du Kominform (l’Internationale communiste dans sa version d’après-guerre), le PCF décide de créer une émission radiophonique qui va être retransmise par des stations situées dans les pays de l’Est : l’émetteur se trouve, selon les périodes, en Tchécoslovaquie, en Pologne, en Hongrie ou en Roumanie. Cette émission, quotidienne, est intitulée « Ici ce soir en France ». Sa réception n’est pas toujours d’une netteté absolue et ses moyens relèvent à bien des égards de l’artisanat. Ceux qui ont participé à la réalisation de cette radio parleront plus tard de « bricolage ».

Dans le petit groupe de journalistes concernés, on trouve René Andrieu, futur rédacteur en chef de l’Humanité, André Carrel, qui sera rédacteur en chef de l’Humanité dimanche, Jean Le Lagadec, responsable ensuite de la rubrique de politique intérieure de l’Humanité, Lucien Barnier qui deviendra un chroniqueur scientifique renommé, Francis Crémieux.

Pour René Andrieu (voir son livre Un rêve fou), il s’agit d’un « droit de réponse légitime » du PCF face au boycott de la radio d’État. Le taux d’écoute d’ « Ici ce soir » est difficile à évaluer. L’émission est annoncée dans les colonnes de l’Humanité ; elle aurait reçu une abondante correspondance à son adresse parisienne et une des chroniques les plus importantes de l’émission est précisément celle du courrier des auditeurs. Au programme figurent des interviews de dirigeants communistes et du Mouvement de la Paix ; des reportages ; une rubrique littéraire animée par Martine Monod et l’écrivain Pierre Gamarra ; une rubrique cinéma avec Georges Sadoul ; le cycle des mémoires de Marcel Cachin. Éluard participe à une émission de poésie ; des comédiens, des musiciens comme Jean Wiener sont de la partie. Des montages radiophoniques sont mis au point, le plus fameux étant une réalisation de Vladimir Pozner, « Qui a tué HO Burrel ? », sur le thème du maccarthysme aux États-Unis.

Née au début des années cinquante, cette radio cesse d’émettre en 1955, notamment à la suite d’un accord international mettant fin à la bataille entre certaines radios de la guerre froide.

Gérard Streiff

 

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