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feminisme

Réforme des retraites : ce que les manifestantes répondent à Élisabeth Borne

21 Janvier 2023, 09:33am

Publié par PCF Villepinte

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Être une femme en politique,

7 Janvier 2023, 09:00am

Publié par PCF Villepinte

 

 toujours pas une sinécure

L’année 2022 marque une avancée dans l’obtention par des femmes de fonctions de premier plan. Mais, malgré les avancées législatives et l’évolution des mentalités, ne pas être un homme dans ce monde reste une lutte permanente. Témoignages.

L'Humanité Vendredi 6 Janvier 2023

Emilio Meslet

Sur 577 députés, 215 sont des femmes. © Reuters

Quel que soit son genre, entrer dans la fonction n’est pas toujours chose aisée. Mais elle l’est encore moins lorsqu’on est une femme. Élue à 27 ans en juin, Marie-Charlotte Garin confie avoir eu besoin de temps pour remodeler le costume de députée « taillé par et pour des hommes ».

Et l’écologiste de citer un exemple: « Les femmes se font rabrouer parce qu’on dit qu’elles parlent trop fort dans l’hémicycle. C’est simplement que les micros ne sont pas réglés sur nos fréquences. »

Des détails qui n’en sont pas puisque, mis bout à bout, ils témoignent d’une égalité imparfaite et d’un sexisme, jadis très frontal, se faisant plus insidieux.

Sur chacun des bancs (ou presque), les mêmes observations: « Lors des réunions, les hommes prennent souvent la parole en premier et les femmes s’interrogent intérieurement pour savoir si elles doivent intervenir. Quand elles le font, il n’est pas rare de voir les hommes bavarder entre eux ou consulter leur téléphone », note Annie Genevard, députée LR depuis 2012 et ancienne vice-présidente de l’Assemblée.

« Dans un discours, quand un homme a un moment de colère, c’est une envolée ; quand c’est une femme, on dit qu’elle est hystérique », regrette la communiste Marie-George Buffet.

« Avant, on serrait les dents et on digérait l’humiliation. »

Toutes le disent aussi: la représentation du genre féminin comme sa considération au sein des institutions politiques s’est incontestablement améliorée au fil des décennies.

De même que les comportements misogynes y sont plus rares, et surtout moins tolérés, comme l’ont montré les réactions indignées lorsque l’insoumise Mathilde Panot s’est fait traiter, en 2021, de « poissonière » en séance. Et l’instauration, en 1999, de la parité n’y est pas étrangère.

« Le rapport de force physique compte. Il brise l’entre-soi, pense Laurence Rossignol, ex-ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes (2016-2017). Je me souviens d’un conseil des ministres où un homme a fait une remarque sexiste d’ordre général. Et il s’est retrouvé avec dix paires d’yeux furieux braqués sur lui. Il s’est excusé. Avant, on serrait les dents et on digérait l’humiliation. »

« Quand un homme siffle Cécile Duflot en robe (la scène s’est produite en 2012 à l’Assemblée, l’écologiste était alors ministre du Logement, NDLR) , toutes les femmes se sentent blessées et humiliées. Être 38% de femmes dans l’hémicycle comme entre 2017 et 2022, ça change la donne. Face au machisme la réaction est forte parce que la parole est plus facile », ajoute Marie-George Buffet, élue députée en 2002 dans une Assemblée seulement composée de 12% de femmes.

En 2022, qui pourrait encore envisager de commenter le physique d’une responsable politique plutôt que son propos? Un affront que n’a pas subi la première ministre Elisabeth Borne lors de son discours de politique générale, contrairement à Edith Cresson en 1991 qui voyait « sa veste pied-de-poule » et « ses manches retroussées » disséquées au journal télévisé.

« Les procès en incompétence ne sont plus audibles, dicibles. Ils entraînent de fait une sanction morale. C’est le grand acquis », se réjouit Laurence Rossignol, aujourd’hui vice-présidente du Sénat qui, en 2013, avait dû recadrer un député UMP « misogyne beauf » l’ayant interpellée par un odieux « C’est qui cette nana? ». « J’ai vu la différence avec le mouvement MeToo: les hommes font beaucoup plus attention », complète la sénatrice PCF Éliane Assassi.

Mais il a fallu jouer des coudes: « En 2004, quand je suis arrivée au Sénat, des hommes me lançaient tout leur verbiage anti-communiste. Ce qu’il ne faisait pas avec des hommes. Avec le temps, on acquiert de l’autorité et de la légitimité », estime la présidente du groupe CRCE, qui assure que son passé de « militante » l’a aidé à s’imposer. Elle se dit en revanche plus inquiète pour les responsables politiques sans formations structurées sur la question ou pour les collaboratrices.

« Sommes-nous arrivées au bout du chemin? Loin de là… », fait mine de s’interroger Annie Genevard, qui ne veut pas non plus tomber dans « un mouvement de basculement vers une toute-puissance féminine considérant l’homme comme forcément agresseur ». L’élue de droite fustige tout de même « le plafond de verre intérieur » qui ronge les femmes, comme « les comportements à bas bruits qui traduisent la persistance de phénomènes subtilement discriminatoires ».

« L’égalité dans la conquête des postes de pouvoir ne se fait pas en un jour. Il y a des résistances, surtout là où se prennent les décisions les plus importantes. Les femmes doivent faire plus leurs preuves, travailler plus », assure Janine Mossuz-Lavau, directrice de recherche émérite au CNRS et au Cevipof.

Les sujets les plus stratégiques continuent d’être confiés aux hommes

Les sujets les plus stratégiques continuent d’être confiés aux hommes. Car, si en 2022, de nombreux postes clés sont occupés par des femmes (première ministre, présidente de l’Assemblée nationale, cheffe du principal groupe de la majorité…), la réalité derrière la vitrine est plus contrastée. D’autant plus que, « Elisabeth Borne, Yaël Braun-Pivet et Aurore Bergé n’étaient pas les premiers choix d’Emmanuel Macron », rappelle Laurence Rossignol, « elles se sont imposées à lui, ont mis le pied dans la porte. »

Lorsqu’on se penche sur l’attribution des présidences de commissions parlementaires, le vernis craquelle. Au Sénat comme à l’Assemblée, où il existe respectivement sept et huit commissions permanentes, seules deux sont occupées par des femmes. Avec une répartition très genrée: aux hommes, les finances, les affaires étrangères, la défense ; aux femmes, les affaires sociales et l’éducation.

Malgré quelques retours ponctuels en arrière, le sens de l’histoire appelle à un rééquilibrage. « L’union des femmes fait la force », martèle Eliane Assassi. Une anecdote fait aujourd’hui sourire Marie-George Buffet: « Il y a quelques mois, on a voté une loi pour élargir la parité aux communes de moins de 1000 habitants et des députés ont pris la parole pour dire que c’était antidémocratique parce qu’il n’y aurait pas assez de femmes. C’est la preuve qu’on n’a pas encore gagné. »

« Il est question de partage du pouvoir et le nombre de convives autour de la table n’est pas extensible, observe Laurence Rossignol. Il faut faire de la place aux femmes et… la prendre aux hommes. »

 

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Féminisme :

30 Décembre 2022, 08:50am

Publié par PCF Villepinte

 2022, l’année de tous les combats

Cinq ans après #MeToo, 2022 était pleine de promesses pour les femmes. Pourtant, le bilan de l’année laisse à voir des avancées ténues, des reculs inquiétants et un combat plus que jamais nécessaire.

L'Humanité Vendredi 30 Décembre 2022

Kareen Janselme

La manifestation du collectif #NousToutes a rassemblé plus de 100 000 personnes à travers la France : un record. © Gauthier Bedrignans

Rude année pour les droits des femmes. Les talibans continuent de leur faire la guerre en Afghanistan, où la semaine dernière encore, après leur avoir interdit l’accès aux collèges et lycées, on leur a brutalement fermé la porte des universités. Une haine des femmes que l’on retrouve en Iran, où l’étudiante Mahsa Amini est morte à 22 ans pour une mèche de cheveux dépassant de son foulard.

Si l’indignation et la résistance ne faiblissent pas, la répression est particulièrement féroce contre les femmes, dont plusieurs corps ont été gravement mutilés. À Ciudad Juarez, «la ville où meurent les jeunes filles»au Mexique, on retrouve encore des corps anonymes. On les compte par milliers depuis 1993. En Europe, cinq ans après #MeToo, le nombre de féminicides ne baisse pas (107 ont été relevés en France depuis janvier), les discriminations liées au genre sont encore d’actualité, le harcèlement sexuel et les propos misogynes pléthoriques sur les réseaux sociaux.

«Lendométriose, un problème de société»

Le combat n’a pas cessé de toute l’année 2022 en France. En janvier, la stratégie nationale de lutte contre l’endométriose, maladie connue depuis 1860 qui toucherait 10 % des femmes, a été annoncée avec fracas par le gouvernement. «Ce nest pas un problème de femmes, c’est un problème de société», assurait même Emmanuel Macron.

On espérait des actes. Mais, malgré un vote unanime de l’Assemblée pour la reconnaître comme une affection longue durée – qui aurait permis une prise en charge totale et gratuite par l’assurance-maladie –, le gouvernement a refusé de l’inscrire sur la liste de la Sécurité sociale.

IVG: la Constitution pour «se prémunir dune régression»

Le 24 juin, l’arrêt Roe v. Wade est abrogé aux États-Unis. L’avortement n’y est plus un droit fédéral, c’est-à-dire national, mais relevant des seuls États. Suite à cette décision, ce droit a régressé dans une trentaine d’entre eux. Une mesure aux conséquences mondiales, qui rappelle que le corps des femmes ne leur appartient toujours pas.

Au Chili, où l’avortement n’était autorisé qu’en cas de viol, de danger pour la vie de la mère ou de malformations fœtales, un projet de Constitution progressiste et féministe devait ouvrir ce droit. Le rejet du texte en septembre par près de 62 % des Chiliens a bloqué toute avancée. Partout, quand ce droit a été obtenu, le sauvegarder reste une lutte.

C’est pour cette raison que la députée Mathilde Panot (FI) a déposé, le 7 octobre, un texte pour inscrire l’avortement dans notre Constitution, afin de «se prémunir dune régression». Modifiée, la proposition de loi a été adoptée par l’Assemblée nationale le 24 novembre, en première lecture. En cinq mois, six propositions de loi ont été déposées sur ce sujet. Jusqu’ici, aucun pays n’a constitutionnalisé ce droit.

Violences sexuelles et «dénonciations calomnieuses»

Depuis février 2021, l’affaire PPDA ne cesse de revenir à la une. La première plainte de l’écrivaine Florence Porcel a entraîné de nombreux autres témoignages. Tous accusent l’ex-présentateur de TF1 de harcèlements, agressions sexuelles ou viols. Des paroles relayées par la publication du livre Impunité, d’Hélène Devynck, ex-assistante du journaliste de 73 ans.

Ce dernier parle, lui, de «dénonciations calomnieuses» et a engagé des poursuites contre seize femmes. Mais, en juin 2022, les avocats de Florence Porcel ont obtenu une information judiciaire sur des viols dénoncés par leur cliente, jusqu’ici considérés comme prescrit pour l’un, non caractérisé pour l’autre.

Une nouvelle plainte pour viol a aussi entraîné l’ouverture d’une enquête préliminaire à Nanterre. Jamais inquiété, malgré la multiplication des récits l’accusant à travers les années, le journaliste illustre cette impunité qui accompagne souvent les hommes de pouvoir.

Emprise, abus de pouvoir, réflexions misogynes, homophobes ou transphobes, harcèlement, agressions sexuelles… Les révélations ont émaillé l’année, sans qu’aucune règle commune n’émerge pour éradiquer définitivement ces comportements, mettant en cause des personnalités comme le youtubeur Normanl’animateur Jean-Marc Morandini, le député Adrien Quatennensl’acteur Sofiane Bennacer, ou encore l’auteur de BD Bastien Vivès.

#NousToutes et loi-cadre

Chaque année, le mouvement #NousToutes cible la Journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes, fin novembre, pour mobiliser massivement. 100 000 manifestants ont battu le pavé, cette année, en France : un record. À l’image de l’Espagne, modèle en la matière, ou de la Belgique, ils exigeaient l ’adoption d’une loi-cadre contre les violences de genre, impliquant un budget pérenne de 2 milliards d’euros par an, l’application de la loi sur l’éducation à la vie sexuelle à l’école, la formation obligatoire des professionnels, un plan d’urgence pour la protection de l’enfance ou l’inscription de la notion de consentement dans le Code pénal.

Aussi évoquée, la création de brigades et de juridictions spécialisées devrait être étudiée par Dominique Verien, la sénatrice UDI qui copilote une mission parlementaire de six mois sur les violences intrafamiliales. Ses conclusions sont attendues en mars 2023.

Un Nobel «pour venger mon sexe»

L’année s’est terminée sur une merveilleuse surprise: l’écrivaine Annie Ernaux, lue et appréciée dans le monde entier, a été choisie par l’Académie suédoise. Mais la première Française prix Nobel de littérature a dû essuyer dans son pays la colère de l’extrême droite et de vieux mâles s’estimant supérieurs dans leur définition de la littérature.

Elle a écrit pour «venger (s) a race et venger (s) on sexe», leur a-t-elle répondu lors de son discours de réception du prix. «Une victoire collective» qu’elle partage, avec fierté, avec «ceux et celles qui pensent aux générations à venir» et à «la sauvegarde dune Terre que lappétit de profit dun petit nombre continue de rendre de moins en moins vivable pour l’ensemble des populations».

 

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Sortir du joug patriarcal

25 Novembre 2022, 07:48am

Publié par PCF Villepinte

25 novembre journée internationale

contre les violences faites aux femmes.

En 1960, les sœurs Mirabal sont assassinées parce que femmes et militantes féministes en République dominicaine. En 1999, l’Assemblée générale des Nations unies proclame le 25 novembre journée internationale contre les violences faites aux femmes.

Cette journée donne de la visibilité à la lutte contre les violences : féminicides, violences conjugales, violences sexistes et sexuelles, prostitution, exploitation sexuelle et reproductive, interdiction d’accès à la contraception et à l’avortement, mutilations génitales, mariage forcé, etc.

La violence socio-économique et les inégalités salariales et professionnelles sont des violences qui pérennisent la précarité des femmes et nous confrontent encore à l’assignation à résidence, au plancher collant et au plafond de verre.

Les intégrismes religieux, l’extrême droite et les politiques conservatrices, la crise sanitaire, les crises migratoires et les guerres renforcent ces violences. Nous soutenons les femmes en lutte partout à travers le monde : états-uniennes, ukrainiennes, afghanes, iraniennes… La solidarité féministe et sororale ne connait pas de frontières.

En France, la prétendue grande cause du gouvernement cause toujours. Les associations exercent toujours, souvent bénévolement, des missions de service public auprès des femmes victimes de violences. Les lieux d’écoute, de conseil, d’orientation, d’hébergement et de prise en soin sont trop peu nombreux et inégalement répartis sur le territoire.

La justice peine à être rendue aux victimes. Le Haut Conseil à l’Égalité mettait en lumière une réalité alarmante : 5 ans après le mouvement de libération de la parole #MeeToo, l’impunité reste la norme. Seules 10 % des victimes portent plainte et 80 % des plaintes sans classées sans suite, ne donnant ainsi pas lieu à un procès. Seul 1 % des plaintes pour viol aboutissent à une condamnation pénale. Ces chiffres découragent les femmes victimes de violences à demander justice.

En octobre, le Sénat rendait un rapport inédit « Pornographie : l’enfer du décor » auquel participait la sénatrice PCF Laurence Cohen. Des procès historiques se tiennent en France contre les responsables de cette industrie patriarcale qui banalise la culture du viol et sexualise la violence sexiste, raciale et lgbtphobe. Le lien avec la pédopornographie/pédocriminalité et la prostitution des mineur·e·s est également saillant.

L’industrie porno-criminelle réalise ses profits sur la précarité de ses victimes. Les jeunes filles issues des dispositifs d’aide sociale à l’Enfance et/ou ayant subi des violences intrafamiliales (y compris sexuelles et incestueuses) sont des cibles privilégiées de ces réseaux, dans une logique de continuum des violences, d’exploitation de la précarité et de la fragilité sociale.

Nous militons pour une société libérée des rapports de domination et d’exploitation, afin d’émanciper les femmes et la société tout entière du joug patriarcal nous faisant collectivement progresser vers plus d’égalité, de liberté et de droits.

Shirley Wirden

Membre du Conseil national

 

 

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Les syndicats interpellent Élisabeth Borne

19 Novembre 2022, 08:28am

Publié par PCF Villepinte

Violences sexuelles et sexistes au travail. 

Dans un communiqué commun adressé à la première ministre, la CGT, FO, la CFTC, la FSU, Solidaires, la CFDT, l’UNSA et la CFE-CGC demandent de nouvelles mesures à quelques jours de la journée internationale contre les violences faites aux femmes, le 25 novembre et à la veille de la manifestation nationale du collectif #NousToutes réunissant syndicats, partis politiques et associations ce samedi 19 novembre.

Nadège Dubessay L'Humanité

Vendredi 18 Novembre 2022

Le collectif #NousToutes appelle à manifester partout en France samedi 19 novembre. Le cortège parisien s'élancera à 14 heures de la place de la République. © Simon LAMBERT/HAYTHAM-REA

Il faut «avancer concrètement». Les syndicats signataires d’un courrier adressé jeudi 17 novembre à Élisabeth Borne tapent les poings sur la table. Ils rappellent qu’en 2018, des référents harcèlement sexuel et agissements sexistes ont été mis en place par le Gouvernement, ainsi qu’une obligation de négociations sur les violences sexistes et sexuelles (VSS) dans les branches. «Nous accompagnons de plus en plus les victimes de violences sexistes et sexuelles, même si nous avons toujours bien sûr à progresser», assurent-ils. Mais cinq ans après #MeToo, ils constatent que «la majorité des situations restent toujours aussi difficiles à régler».

Et pour cause. «Au lieu de suspendre, puis de sanctionner le salarié mis en cause, on continue souvent de déplacer, discréditer, voire placardiser ou licencier la victime», constatent-ils. Le bilan n’est pas glorieux. Les syndicats dénoncent pèle mêle des politiques de prévention encore souvent inexistantes ou insuffisantes dans la majorité des entreprises, administrations, collectivités et établissements publics. «Il y a rarement des dispositifs formalisés de signalement et denquête, associant les représentants du personnel», déplorent-ils.

Si, dans la fonction publique, la mise en place d’une cellule d’écoute est un premier pas, «le manque de financement et de personnels dédiés a pour conséquences quelles ne sont pas assez opérationnelles». De même, les référents VSS du privé ou de la fonction publique, mis en place sans moyens dédiés ni prérogatives clairement définies, «cumulent cette charge avec celle d’élus au CSE ou au comité social et ne disposent pas de crédits dheures de formation spécifiques».

Un baromètre annuel sur les violences sexistes et sexuelles au travail

Face à ce constat, les syndicats réclament une table ronde multilatérale afin de réaliser un bilan et identifier les nouvelles dispositions à adopter. «Nous souhaitons que soit construit, par exemple par le Haut conseil à l’Égalité, un baromètre annuel pour évaluer le ressenti des salariés et des agents sur les violences sexistes et sexuelles au travail». Car aujourd’hui, les VSS au travail et au quotidien n’ont jamais cessé. La majeure partie des victimes ne voient aucune suite donnée à leur signalement.

Au travail, 80 % des femmes sont victimes de sexisme et 93 % déclarent des conséquences sur leur sentiment d’efficacité personnelle. 97 % des faits communiqués aux cellules de signalement de la fonction publique d’État sont classés sans suite. Hors de la sphère professionnelle, une femme meurt tous les trois jours des suites de violences et 65 % des victimes de féminicides avaient saisi les forces de l’ordre ou la justice.

À titre de rappel, l’organisation internationale du travail (OIT) a adopté en juin 2019 une norme mondiale contre la violence et le harcèlement à l’égard des femmes: la convention 190 et la recommandation 206. «Quand on sait que la France ne la toujours pas réellement ratifié, ça en dit long sur la volonté du gouvernement sur le sujet», commente Sophie Binet du collectif Femmes Mixité à la CGT.

Le syndicat, ainsi que d’autres, se joindra à la manifestation du collectif #NousToutes ce samedi 19 novembre à Paris (départ place de la République à 14 heures) et partout en France. Le collectif dénonce notamment l’inaction du président de la République et ses gouvernements qui «ne mènent pas de politiques publiques adaptées à lenjeu». Il manifestera aussi pour crier sa colère «face au fonctionnement défaillant des institutions, notamment de la justice et de la police». Et du 21 au 25 novembre, la CGT sera partie prenante à la semaine de mobilisation professionnelle dans le privé comme dans le public.

 

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Cinq ans après #MeToo,

18 Novembre 2022, 08:15am

Publié par PCF Villepinte

les femmes ne sont pas mieux protégées

PUBLIÉ LE 17 NOV. 2022

#MeToo, lancé le 15 octobre 2017 avec l’affaire Weinstein, a provoqué une onde de choc internationale, et libéré la parole des femmes contre les violences sexistes et sexuelles. Mais le sujet n’est toujours pas pris au sérieux par le gouvernement et les employeurs. La CGT appelle à marcher partout en France ce samedi 19 novembre avec #Nous toutes. Et à une semaine de mobilisation dans les entreprises et la fonction publique du 21 au 25 novembre.

 

La vie des femmes ne sera plus classée sans suite. L’heure des comptes a sonné. Mobilisation du 21 au 25 novembre sur vos lieux de travail !

Avec les marches de ce samedi 19 novembre à Paris (départ place de la République à 14h) et partout en France avec le Collectif #NousToutes, auxquelles la CGT appelle l’ensemble des travailleurs.euses à participer, l’heure est à l’action dans la lutte contre les violences faites aux femmes.

Et du 21 au 25 novembre, la CGT appelle les salarié.e.s à se mobiliser sur leurs lieux de travail pour interpeller les employeurs en exigeant la mise en place immédiate de mesures contre les violences sexistes et sexuelles. 

À l’issue de cette semaine de mobilisation professionnelle dans le privé comme dans le public, la CGT, à l’appel de son Collectif Femmes Mixité, organise un webinaire vendredi 25 novembre pour échanger et répondre à cette question :

Metoo 5 ans après où en est-on en France sur les violences sexistes et sexuelles au travail ? 

Quel est l’état du droit ?

Quelles avancées et quels blocages sur les lieux de travail ?

Des militant.es de la CGT répondront à toutes ces questions.

Pour s’inscrire au webinaire du 25 novembre, c’est ici

#Metoo 5 ans après où en est-on sur les violences sexistes et sexuelles au travail ?

Webinaire du 25 novembre de 14h à 16h.

Le programme : 

Animation (Gaëlle Maillard, membre du collectif confédéral femmes mixité et Frédérique Bartlett, conseillère confédérale doits des femmes et discriminations) 

5 ans après on en est où sur les violences sexistes et sexuelles au travail ? (Raphaëlle Manière, membre du collectif confédéral femmes mixité)

À l’internationale : Rapport de Confédération Syndicale Internationale (CSI) sur la ratification de la Convention 190 et de la recommandation 206 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) (Sabine Reynosa, membre du collectif confédéral femmes mixité)

Intervention d’une juriste 

Qu’en est-il dans la Fonction Publique ? (Sandra Gaudillère, animatrice femmes mixité de la Fédération de l’Enseignement de la Recherche et de la Culture (FERC)

Témoignages de 2 ou 3 minutes : avancées et blocages sur les lieux de travail 

L’expérience de la cellule dans la branche spectacle (Claire Serre Combe, membre du collectif confédéral femmes mixité)

Auchan ZDV Avignon (Sophie Serra)

La mise en place d’une Cellule avec l’accord de France TV Rafaële Bourgier 

ENS Lyon (Camille Borne Ferc sup )

Université Marne La Vallée (Maëva Ballon)

Métallurgie 

Douanes (Stephane Avit Fd Finances / Cgt Douanes)

aides à domicile ou hôtesses.

Qu’en est-il du dernier accord conclu à la SNCF ? (Maryse Thaëron-Chopin, membre du collectif confédéral femmes mixité)

Conclusion (Sophie Binet, membre de la commission exécutive confédérale et pilote du collectif femmes mixité)

S'inscrire au webinaire

Toujours autant de violences au travail 5 ans après #Metoo

Car cinq ans après le début du mouvement #Metoo, les violences sexistes et sexuelles au travail et au quotidien n’ont jamais cessé. Et si les consciences s’éveillent grâce à des femmes qui osent parler, la majeure partie des victimes ne voient aucune suite donnée à leur signalement. 

L’heure des comptes a sonné :

au travail, 80% de femmes sont victimes de sexisme,

93% déclarent des conséquences sur leur sentiment d’efficacité personnelle,

une femme sur 5 est victime de harcèlement sexuel,

90% des plaintes sont classés sans suite,

97% des faits communiqués aux cellules de signalement de la Fonction publique d’État sont sans classées suite. 

Hors de la sphère professionnelle, une femme meurt tous les trois jours des suites de violences, 65% des victimes de féminicides avaient saisi les forces de l’ordre ou la justice.

Toutes les six minutes, une femme est victime de viol ou tentative de viol, et seulement 0,6% des auteurs sont condamnés. 213 000 femmes sont victimes de violences conjugales, 80% des plaintes sont classées sans suite. 

Le gouvernement doit respecter ses engagements internationaux

L’Organisation internationale du travail (OIT) a adopté en juin 2019 une norme mondiale contre la violence et le harcèlement à l’égard des femmes : la Convention 190 et la recommandation 206.

« Quand on sait que la France ne l’a toujours pas réellement ratifié, ça en dit long sur la volonté du gouvernement sur le sujet …», commente Sophie Binet, pilote du collectif "Femmes Mixité". 

La CGT demande que la France respecte ses engagements et que soient mises en place des sanctions pour toutes les entreprises et établissements qui n’ont pas de plan de prévention des violences sexistes et sexuelles et de dispositif de signalement négocié avec les syndicats. 

Toutes les revendications de la CGT pour lutter contre le violences sexistes et sexuelles au travail : ici

 

 

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En cinq ans, comment la vague #MeToo a changé le monde

5 Octobre 2022, 07:02am

Publié par PCF Villepinte

En cinq ans,

comment la vague #MeToo a changé le monde

Sexisme. Fin 2017, l’affaire Weinstein déclenchait une libération massive de la parole des femmes victimes de violences sexuelles. Mais, en France, faute de volonté politique, la réponse judiciaire n’est toujours pas à la hauteur de cette révolution.

Alexandre Fache L'Humanité Mercredi 5 Octobre 2022

Depuis cinq ans, les slogans brandis dans les cortèges féministes sont marqués par l'onde de choc du mouvement MeToo. Hans Lucas via AFP

Une vague, une révolution, un séisme, une déflagration… Le mouvement, né en octobre 2017, des révélations sur le comportement de prédateur sexuel du producteur hollywoodien Harvey Weinstein, a été affublé de bien des qualificatifs. Tous décrivent l’onde de choc massive qu’a constituée cette affaire, à l’origine d’une libération de la parole inédite et (quasi) planétaire des femmes victimes de violences sexuelles, symbolisée par le mot-dièse #MeToo.

Qu’en reste-t-il, cinq ans après, en France singulièrement, où un autre mot-clé a été lancé au même moment, #BalanceTonPorc, par la journaliste Sandra Muller? Les femmes se sentent-elles plus légitimes à dénoncer harcèlement, agressions ou viols? Et surtout, cette parole est-elle mieux prise en compte par la police et la justice? Plus largement, l’égalité femmes-hommes, instituée en «grande cause» du premier quinquennat d’Emmanuel Macron, et la lutte contre les violences ont-elles connu des avancées à la hauteur de la déflagration d’octobre 2017?

Octobre 2017, une révolution s’enclenche

C’est la presse américaine qui allume la première mèche de ce feu qui brûle encore aujourd’hui. Le 5 octobre 2017, le New York Times publie de premières révélations sur la façon dont Harvey Weinstein utilisait sa position de producteur influent pour obtenir des faveurs sexuelles. Cinq jours plus tard, le magazine New Yorker enfonce le clou avec une enquête signée Ronan Farrow, dans laquelle Asia Argento et deux autres actrices accusent le producteur-prédateur de les avoir violées.

Le 15 octobre, un tweet de la comédienne Alyssa Milano lance définitivement la vague, en offrant à cette libération de la parole la puissance des réseaux sociaux, au-­delà du cas Weinstein. «Si vous avez été harcelée ou agressée sexuellement, écrivez me too (moi aussi) en réponse à ce tweet», invite l’actrice révélée par la sitcom Madame est servie.

Le mot-dièse #MeToo, créé dès 2006 par la militante afro-américaine Tarana Burke, discret jusque-là, devient alors viral et les témoignages affluent par milliers. «Ce nest que le début. Ce nest pas un moment, cest un mouvement», promet Tarana Burke à la télévision américaine, en décembre 2017. Elle avait raison.

En France, la journaliste Sandra Muller utilise aussi Twitter, dès le 13 octobre, pour encourager les victimes à dénoncer leurs agresseurs: «#BalanceTonPorc! Toi aussi raconte en donnant le nom et les détails un harcèlement sexuel que tu as connu dans ton boulot.» Avant, quelques heures plus tard, de pointer son harceleur, Éric Brion, l’ex-patron de la chaîne Equidia. Poursuivie pour diffamation, Sandra Muller sera d’abord condamnée en première instance, mais blanchie en appel et en cassation, au « bénéfice de la bonne foi ».

Interrogée par l’AFP, elle dit aujourd’hui ne pas regretter son tweet. «Ça a complètement ruiné cinq années de ma vie, mais quand on a les moyens de faire changer une société pour installer de meilleures règles, (…) oui, c’est une satisfaction», confie celle qui «commence à peine à retrouver sa vie davant».

De quoi #MeToo est-il le nom?

De fait, la vague lancée fin 2017 n’a pas cessé de déferler. Dans la foulée de l’affaire Weinstein, des mots-dièses ont été déclinés dans de nombreux pays, pour encourager les prises de parole: #EnaZeda (moi aussi) en Tunisie, #Cuéntalo (raconte-le) en Espagne, #QuellaVoltaChe (cette fois où) en Italie…

En France, ce sont les différents lieux de pouvoir qui ont vu, tour à tour, les témoignages affluer: #MeToo ­cinéma, théâtre, médias, politique… Pas du tout une coïncidence pour la sénatrice PS et ex-ministre des Droits des femmes, Laurence Rossignol. «Les violences sexuelles infligées aux femmes résultent de la facilité donnée aux hommes de pouvoir en abuser; mais cest aussi pour eux une façon de rappeler aux femmes que si elles évoluent dans ces milieux-là, cest à leurs risques et périls.» Pour l’élue, qui vient de cosigner un rapport choc sur « L’industrie de la pornographie », «#MeToo, cest la troisième révolution féministe, celle du corps. Celle qui permet de faire le lien entre ces violences et la persistance des inégalités».

Présidente de la Fondation des femmes, Anne-Cécile Mailfert salue, elle aussi, cette «révolution culturelle» qui a «touché en profondeur la société, dans tous les milieux». «Jusqu’à #MeToo, on avait beau dire aux femmes il faut porter plainte, cela ne marchait pas. Depuis, le sujet des violences sexuelles s’est imposé partout: à la machine à café, dans les repas de famille, dans les médias Et beaucoup de femmes nhésitent plus à témoigner.»

Elle aussi coautrice du rapport sur la pornographie, la sénatrice PCF Laurence Cohen y voit rien de moins qu’ «un mouvement historique». «En témoignant, en exprimant leur ras-le-bol face aux violences, des femmes du monde entier ont démontré quelles n’étaient pas des cas isolés, mais les victimes dun problème systémique. C’est un acquis fondamental.»

D’innombrables classements sans suite

Résultat: depuis cinq ans, le silence nest plus forcément la règle dans ces affaires. Selon un bilan présenté en début dannée par le ministère de lIntérieur, le nombre de signalements pour des violences sexuelles a progressé de 82 % depuis 2017.

Mi-septembre, la procureure de la République de Paris, Laure Beccuau, évoquait aussi un nombre de plaintes, pour ce type de violences, en hausse de 30 % dans la capitale en 2022, par rapport à l’an dernier. «Cette évolution peut avoir deux sources, une hausse objective des faits, mais aussi une hausse liée à la libération de la parole», précise la procureure, qui y voit un effet de la vague #MeToo.

LA FONDATION DES FEMMES ESTIME QUE MOINS D’UN AGRESSEUR SUR TROIS FAIT L’OBJET DE POURSUITES.

Le problème, c’est la prise en compte de cette parole ­libérée. «Face à cette vague, la justice reste encore bien trop lente et inefficace, faute dune réelle volonté politique», regrette Anne-Cécile Mailfert, de la Fondation des femmes. Selon les calculs de l’organisation, moins d’un agresseur sur trois fait l’objet de poursuites.

«On estime à 94000 le nombre de femmes majeures victimes de viol ou de tentative de viol chaque année. Le nombre de plaintes et de signalements progresse, mais les condamnations, elles, sont en baisse. On a atteint en 2020 un plus-bas historique avec seulement 732  condamnations… Cela s’explique en partie par la crise Covid, mais pas seulement. C’est une tendance lourde.»

En cause, le manque de moyens d’une institution submergée, qui conduit à d’innombrables «classements sans suite», faute de possibilités d’enquêter. Et quand des poursuites sont finalement engagées, les victimes doivent s’armer de patience: le délai moyen pour obtenir un premier jugement dans une affaire de viol sur majeur est de 77 mois, soit près de six ans et demi!

«Le délai le plus court auquel j’ai assisté, c’est trois ans. Comment inciter les femmes à se lancer dans des procédures aussi longues et coûteuses?» interroge Emmanuelle Piet, la présidente du Collectif féministe contre le viol (CFCV), qui gère la ligne d’écoute Viols Femmes Informations (0800 05 95 95), toujours sous-dotée par rapport au nombre dappels.

Si les associations féministes reconnaissent que certains progrès ont été réalisés depuis 2017 par la justice et la police, «la réalité que vivent les femmes, cest encore massivement des refus de dépôt de plainte, une minimisation des faits ou des viols requalifiés en simples agressions sexuelles», énumère Clémence Pajot, la directrice de la Fédération nationale des centres d’information des droits des femmes et des familles, qui a accompagné l’an passé près de 46000 femmes victimes de violences sexistes.

Un manque évident de volonté politique

Pour l’ex-ministre Laurence Rossignol, «il y a certes davantage de monde aujourdhui pour croire les femmes qui dénoncent des violences, mais la règle générale reste la suspicion». La sénatrice souligne la responsabilité du président de la République dans ce statu quo. «Le 25 novembre 2017, Emmanuel Macron réunit les associations féministes à l’Élysée et lance sa grande cause, en pleine affaire Weinstein. Et que dit-il? Je ne veux pas dune société de la délation.” Dès que des femmes parlent, on leur oppose l’argument de la “délation”.»

Des mots repris à l’identique, il y a tout juste une semaine, par le garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti, affirmant sa volonté de «siffler la fin de la récré» dans l’affaire Bayou, fustigeant les cellules d’enquête mises en place par certains partis politiques, ou niant tout «problème de tempo de la justice» dans les affaires de violences sexuelles. Circulez, mesdames, y a rien à faire de plus contre ces violences!

«On ne demande pas la fin de la présomption d’innocence, mais simplement une présomption de crédibilité de la parole des femmes», précise Emmanuelle Piet, du CFCV, à l’unisson de l’ensemble des militantes féministes. Pour cela, il faut des professionnels dûment formés au recueil de cette parole, dans les commissariats, les gendarmeries ou les tribunaux, mais aussi des moyens plus conséquents octroyés aux associations, qui sont en première ligne auprès des victimes.

Or, sur ces deux points, le compte n’y est pas. «Dès la fin 2017, on a alerté sur l’afflux massif de témoignages qui déferlaient sur ces structures, mais les subventions n’ont été revalorisées que très faiblement», accuse Anne-Cécile Mailfert, qui dresse un constat similaire pour la police et la justice. «Au commissariat de Sarcelles, le nombre d’enquêteurs de la brigade de protection de la famille est passé de 5 à 10 en novembre 2021. C’est très bien… mais encore largement insuffisant pour traiter les 1000 à 1500 plaintes qui leur sont adressées», relève la militante.

La demande de tribunaux spécialisés

Pour améliorer le traitement judiciaire des violences faites aux femmes, de plus en plus de voix s’élèvent pour réclamer la mise en place de tribunaux spécialisés, comme en Espagne ou au Québec. «En France, les dysfonctionnements sont aujourd’hui trop nombreux, il faut en passer par là», plaide ainsi la sénatrice Laurence Cohen.

Des expérimentations existent dans certains tribunaux autour des violences conjugales (Reims, Rennes, Chartres) et une mission parlementaire doit être lancée sur le sujet à la demande d’Élisabeth Borne. Mais, au sein de l’institution, tout le monde ne soutient pas forcément cette idée. Pour la vice-présidente de l’Union syndicale des magistrats, Cécile Mamelin, «cest la place quon accorde à la femme dans la société quil faut revoir, et ça passe dabord par l’éducation».

Depuis 2001, la loi qui prévoit trois séances annuelles d’éducation à la vie affective et sexuelle dans les écoles, collèges et lycées est largement ignorée. Un immense chantier à rouvrir pour tuer dans l’œuf les violences sexuelles de demain.

 

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Le fléau des violences sexistes

29 Septembre 2022, 11:29am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 28/09/2022 par PCF

Le fléau des violences sexistes

L’affaire Adrien Quatennens secoue l’opinion publique et la classe politique. Reconnaissant être auteur de violences conjugales sur sa future ex-compagne, il choisit de ne pas se mettre en retrait de son mandat électif. Comment représenter la République et œuvrer à protéger les femmes du fléau des violences sexistes et sexuelles si on violente soi-même sa compagne ?

 

Quelques soutiens entreprennent de minimiser. « Une gifle, oui mais… » pas tous les jours, oui mais il s’est excusé... On se centre uniquement sur la gifle et on ne parle pas du téléphone subtilisé, du harcèlement, du poignet saisi. Pas un mot pour la victime. Une séquence révélatrice d’une ignorance ou d’un mépris de la réalité des violences conjugales et de leur gravité et qui suscite une nouvelle vague d’indignation.

Ernestine Ronai, communiste et responsable de l’Observatoire des violences faites aux femmes en Seine-Saint-Denis, en déduit que « ce qui marque notre époque c’est le recul de la tolérance sociale vis-à-vis de ces violences, et c’est ce qu’il faut cultiver et faire grandir ».

D’autres affaires d’accusations de violences sexistes et sexuelles concernant des élus et personnalités politiques font également beaucoup parler. La méthodologie des partis politiques dans la gestion et la prise en charge de ces accusations et faits de violences sexistes et sexuelles est questionnée.

Fabien Roussel le rappelle ainsi dans sa tribune parue au JDD le 25 septembre dernier : « Au PCF, nous avons fait le choix de mener une politique de tolérance zéro. » Nous prenons nos responsabilités et avons été parmi les premiers à le faire. Nous avons fait le choix de refuser l’impunité des agresseurs dans notre organisation. Notre programme à la dernière élection présidentielle a montré notre volonté d’être à la pointe en matière de lutte contre les violences sexistes et sexuelles.

Depuis 2018, le PCF est doté d’un dispositif Stop violences que l’on peut saisir à l’adresse mail stopviolences@pcf.fr ou via le collectif féministe contre le viol avec lequel nous sommes conventionnés. Au sein du dispositif comme au CFCV, les victimes sont assurées d’être écoutées, accompagnées et orientées par des personnes formées.

Notre périmètre d’action n’est pas judiciaire. Nous ne rendons pas la justice et nous ne nous substituons pas à celle-ci. Il s’agit de faire respecter nos statuts qui garantissent à chacun·e la protection de son intégrité physique et morale.

Être communiste ne protège pas des violences du monde patriarcal dans lequel nous vivons, mais être adhérent au PCF nous oblige à y faire face et être à l’initiative. En prônant une société libérée de toutes formes de domination, exploitation, oppression, nous avons un devoir d’exemplarité.

Voilà pourquoi nous avons créé ce dispositif et pourquoi, avec l’appui du secteur formation, nous formons toutes et tous les camarades à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Nous travaillons concrètement à créer des conditions toujours plus propices à un cadre de militantisme sain et sécurisé, au bénéfice de toutes et tous.

Wirden Shirley

membre du CN

 

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Sorcière, de la créature maléfique à l’icône féministe

30 Juillet 2022, 06:56am

Publié par PCF Villepinte

De Salem à Édimbourg, le mouvement de réhabilitation de milliers de femmes persécutées et exécutées pour «sorcellerie», entre les XVe et XVIIIe siècles, marque des points. Quelle est la modernité de ce combat? ANALYSE

Samedi 30 Juillet 2022

L'Humanité Christophe DeroubaixThomas Lemahieu

Marche dans les rues d’Istanbul en Turquie pour la Journée internationale des droits de femmes. © Bulent Kilic/AFP

Elle était la dernière des sorcières de Salem… non graciée. Son nom s’était perdu dans les limbes de l’Histoire. Ce sont des collégiens qui l’en ont sorti. Célibataire sans enfant, Elizabeth Johnson avait 22 ans lorsqu’elle fut dénoncée comme sorcière et condamnée à la pendaison. Sans être acquittée, elle a échappé à la potence après que le gouverneur royal de l’État du Massachusetts, un certain William Phips, a mis fin à l’hystérie presque générale qui saisissait, à la fin du XVIIe siècle, cette partie de la Nouvelle-­Angleterre. 

Une « pécheresse » examinée lors de son procès, « créature » forcément insensible à la douleur puisque protégée par le diable. La puissante vague misogyne a culminé en Europe au XVIIe siècle.

En mai dernier, Elizabeth Johnson a finalement été réhabilitée par le Sénat de ce même État, trois cent vingt-neuf ans après sa condamnation. Au cours d’une recherche sur les fameuses «sorcières de Salem», des collégiens de North ­Andover ont découvert son nom, un an plus tôt. Ils n’ont dès lors cessé de plaider sa cause auprès des élus de l’État, qui ont pris l’affaire en mains, comme un point final au mouvement de vérité et de réhabilitation concernant cette tache – une de plus – dans l’histoire des États-Unis. En quelques mois, 20 personnes de Salem et des villages environnants avaient été tuées (19 par pendaison et une par lapidation) et des centaines accusées durant une grande crise puritaine.

Les théocrates conduisent la chasse

Nous sommes en 1692. Soixante-douze ans plus tôt, à bord du « Mayflower », les «pères pèlerins» ont accosté à Plymouth, à une centaine de kilomètres au sud de Salem. Persécutés en Angleterre pour leur croyance religieuse, ils ont traversé lAtlantique afin dy trouver une «nouvelle Jérusalem» et dy installer sur terre le royaume de Dieu. Ils sont puritains. Leur présence na quun but: instaurer une théocratie. Alors que le siècle tire à sa fin, la jeune colonie nest toujours quune enclave ­anglaise en territoire indien mais trop éloignée de sa maison mère pour être protégée. 

Tout a commencé par des jeux de ­divination de la fille et de la nièce – respectivement âgées de 9 et 11 ans – du révérend Samuel Parris. Lors d’une séance, l’une des deux gamines assure avoir eu la vision d’un spectre, accompagnée d’une angoisse et d’une respiration coupée. Un médecin diagnostique une possession satanique. D’autres «cas» de fillettes prises de convulsions et de troubles du langage sajoutent. Pressées par les adultes, elles évitent de dire qu’elles se sont elles-mêmes adonnées à ce qui peut s’apparenter à de la sorcellerie et, de peur de contrevenir à la norme chrétienne de la communauté, donnent les noms de trois femmes: une mendiante, une vieille femme alitée et lesclave barbadienne du pasteur…

Le parti républicain et le «bloc évangélique»

La mécanique est enclenchée. Les arrestations se multiplient mais en dehors de toute légitimité ­judiciaire, un vide que le gouverneur comble en instituant une cour ad hoc. Cette dernière condamne à la chaîne, évitant seulement la mise à mort pour celles qui avouent. Elizabeth Short, condamnée alors qu’elle est enceinte, est pendue juste après avoir donné naissance. Quatorze femmes – presque toutes vieilles et pauvres – sont assassinées, ainsi que cinq hommes: un ministre du culte respecté, un ancien policier qui a refusé d’arrêter davantage de prétendues sorcières, et trois personnes disposant d’une certaine fortune. La microcommunauté­ se vide de ses habitants injustement accusés ou ­effrayés de l’être. Sans doute est-ce cela qui oblige le gouverneur à stopper le délire collectif.

Les historiens se disputent encore sur l’origine de ce sombre épisode – de l’ergotisme (mal provoqué par l’ergot de seigle, qui contient une substance voisine du LSD) à l’hallucination collective d’une communauté enfermée dans le puritanisme. En tout état de cause, selon l’historien George Lincoln Burr, «la sorcellerie de Salem a été le roc sur lequel la théocratie s’est brisée». Lorsque les États-Unis se fondent, ils établissent, selon la formule de Thomas Jefferson, rédacteur de la déclaration dindépendance, un «mur de séparation»… que le «bloc évangélique» et le Parti républicain, avec leur bras armé, s’efforcent aujourd’hui d’abattre, criant, à la première résistance, à… la «chasse aux sorcières» !

En Europe, les premiers mouvements vers une réhabilitation des sorcières persécutées au nom de l’humanisme et de la science en pleine Renaissance émanent des périphéries, ou de nations sans État comme la ­Catalogne et l’Écosse. Dans les deux cas, ce sont les formations indépendantistes de gauche au pouvoir qui ont, l’an dernier, remis le sujet sur la table.

Sur la table du Parlement écossais

À Édimbourg, où les autorités ont, en 1563, trois ans après avoir épousé le protestantisme, édicté une loi déclenchant une chasse aux sorcières particulièrement sanglante – près de 4000 femmes, dans leur écrasante majorité, avaient été poursuivies, torturées et, pour une bonne part, exécutées –, le principe général d’une réhabilitation est désormais en cours d’examen au Parlement écossais.

Selon Natalie Don, députée du Parti national écossais (SNP) à Holyrood – le nom de l’assemblée locale – et promotrice de la proposition de loi, tout échec dans la tentative de rendre enfin justice à ces milliers de personnes ne ferait que «prolonger une misogynie ancestrale». Plusieurs textes de loi du même acabit se sont déjà heurtés à un veto des plus réactionnaires au début des années 2000. Mais le sens de l’Histoire a tourné, semble-t-il.

Au printemps dernier, la première ministre indépendantiste écossaise Nicola Sturgeon a pris les devants en formulant des «excuses officielles» à toutes celles qui ont pu être frappées à travers la «misogynie profonde» qui inspirait la loi sur les chasses aux sorcières. «La seule manière davancer contre le patriarcat, cest de réparer une fois pour toutes ces injustices de notre passé, ajoute encore Natalie Don. La plupart des femmes ont été visées parce qu’elles étaient un peu différentes, qu’elles étaient pauvres ou bannies. De nos jours, même si leurs caractéristiques peuvent ne pas être les mêmes qu’à l’époque, on continue de constater que, quand les femmes cherchent à être différentes ou indépendantes, cela met les hommes dans une rage folle.»

Résolution solennelle en Catalogne

Inspirés au départ par la campagne initiée par des féministes écossaises, rassemblées dans le collectif Witches of Scotland (Sorcières d’Écosse), les parlementaires catalans ont été plus rapides que leurs homologues d’Édimbourg et de Glasgow. Le 26 janvier dernier, une large majorité des députés membres de l’assemblée régionale ont adopté une résolution visant à réhabiliter la mémoire de plus de 700 femmes torturées et mises à mort en tant que sorcières.

«Jadis, ils nous appelaient sorcières, maintenant ils parlent de nous comme des “féminazies, des hystériques, des frustrées ou des mal baisées, dénonce Jenn Diaz, journaliste féministe et députée de la Gauche républicaine catalane (ERC) à lorigine du texte législatif catalan. Les chasses aux sorcières qu’ils menaient portent un autre nom ­aujourd’hui. On les appelle des féminicides.»

D’après «Sapiens», une revue scientifique qui a, avec les recherches de l’historien Pau Castell, servi de base pour l’exposé des motifs de la résolution votée par l’assemblée locale, la Catalogne a été l’une des premières régions d’Europe où ont eu lieu des actes antisorcellerie, à partir de 1471. Elle est aussi considérée comme l’une des régions où ont eu lieu le plus grand nombre d’exécutions de femmes ­accusées d’être des sorcières. «Les accusations à notre encontre nont pas disparu au XXIe siècle, prolonge Jenn Diaz.

 Elles se sont adaptées au climat, à l’environnement. Nous traiter de sorcières, ce n’est que légitimer un discours qui veut voir des femmes dociles, belles et silencieuses… Et si nous refusons de nous taire, on veut nous le faire payer cher. Les bûchers d’aujourd’hui auront une forme différente selon l’endroit où vous êtes née, mais ce sont les mêmes. Ce qui a changé, en l’occurrence, c’est nous, les descendantes, les héritières des ­sorcières et des guérisseuses. Nous ne sommes plus isolées et nous sommes organisées.»

 

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Avortement – Un droit inaliénable qui doit être constitutionnalisé

7 Juillet 2022, 09:04am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 06/07/2022 par PCF

Le droit à l’interruption volontaire de grossesse est l’une des grandes conquêtes de notre monde moderne, l’un des symboles de liberté et d’émancipation des femmes. Mais c’est aussi un droit particulièrement attaqué et de manière récurrente !

Acquis de haute lutte en France en 1975, il est sans cesse remis en cause par le système patriarcal, fondé sur la prise de pouvoir et donc le contrôle du corps des femmes. Cette réaction conservatrice touche tous les pays.

En Europe, ce droit est loin d’être acquis et là aussi des forces réactionnaires agissent pour le remettre en cause. Ainsi, la Pologne n’autorise toujours pas l’IVG, sauf « circonstances exceptionnelles ». Souvenons-nous, en 2016 des millions de femmes polonaises sont descendues dans la rue pour défendre ce droit. Malte, par exemple, connait une législation encore plus restrictive puisque l’avortement y est totalement interdit.

Notre vigilance, notre engagement pour défendre ce droit doit être constante. Comment oublier qu’en 2013, en Espagne, le gouvernement Rajoy a tenté de faire passer un projet de loi remettant en cause ce droit, sans succès heureusement grâce à une mobilisation extraordinaire !   

Si nous quittons l’Europe pour nous rendre aux États-Unis, l’élection de Donald Trump a été dans ce domaine, comme dans d’autres, une régression totale, avec aussi la fin de l’aide aux associations qui soutiennent l’avortement. Et maintenant la Cour suprême décide de supprimer ce droit protecteur. Conséquence : la moitié des États s’apprêtent à restreindre voire à l’interdire tout court. Ces exemples, auxquels il faut ajouter également l’interdiction dans de nombreux pays arabes, d’Asie ou d’Amérique latine… montrent bien qu’en 2022, les femmes ne peuvent être totalement libres de choisir d’avoir ou non un enfant, de prendre des décisions qui concernent leur propre corps.

L’avortement continue de soulever des débats violents, houleux, sous l’influence des milieux les plus réactionnaires, masculinistes, du RN qui est maintenant renforcé à l’Assemblée nationale, et toujours sous le poids des fanatiques religieux.

En France nous ne pouvons qu’être inquiètes de la fermeture de 130 centres IVG en 10 ans. Nous ne pouvons qu’être inquiètes des politiques austéritaires imposées à notre système de santé qui participent à l’allongement des délais d’attente, à la raréfaction des médecins, l’éloignement des CIVG, contraignant de plus en plus de femmes à aller à l’étranger pour réaliser une IVG.

Il faut obtenir la suppression de la double clause de conscience, qui est totalement superfétatoire et discriminatoire.

La Nupes, le PCF continueront de se battre pour que ce droit comme celui de la non–marchandisation du corps, soient constitutionnalisés en France ! D’ailleurs c’est inscrit en bonne place dans nos programmes :

Celui des « jours heureux », objectif 5, engagement 77 : Le droit à L’IVG sera inscrit dans la Constitution comme un droit fondamental avec des moyens associés. L’accès libre et gratuit à la contraception, sous toutes ses formes et sur tout le territoire, sera garanti. Sur le délai de recours à l’IVG, comme le recommande le Planning familial, la France s’alignera avec les pays européens les plus progressistes, en vertu de la « clause de l’Européenne la plus favorisée ». Les femmes ne pourront se voir refuser d’exercer leur droit de façon égale sur l’ensemble du territoire par des délais d’accès à l’IVG qui les en empêcheraient.

Et dans le programme Nupes, chapitre 7, nous nous engageons à :

• Renforcer le réseau des centres IVG en ouvrant un centre par hôpital et supprimer la double clause de conscience des médecins.

• Constitutionnaliser la non-marchandisation du corps humain et le droit fondamental de disposer de soi en toutes circonstances.

• Ajouter dans la Constitution le droit à la contraception et à l’interruption volontaire de grossesse (IVG).

Avec le PCF nous continuons à unir nos voix à celles des associations féministes avec le collectif : « Avortement en Europe, les femmes décident » : Nous dénonçons cette horrible décision de la Cour suprême des États-Unis sur l’avortement qui est une atteinte historique aux droits des femmes.

Nous sommes solidaires des femmes aux États-Unis, en Ukraine, en Pologne, en Afghanistan… et appelons toutes et tous les progressistes pour que ce droit fondamental à disposer de son corps soit reconnu pour TOUTES les femmes de par le monde.

Hélène Bidard, membre du CEN.

 

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