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feminisme

CGT « Investir dans le secteur des soins et du lien, revaloriser les métiers à prédominance féminine ».

25 Mars 2021, 07:46am

Publié par PCF Villepinte

La journée confédérale annuelle du collectif Femmes mixité est consacrée au lancement de la campagne confédérale « Investir dans le secteur des soins et du lien, revaloriser les métiers à prédominance féminine ».

Cette initiative co-construite avec l’ensemble des fédérations et les collectifs confédéraux concernés se déroulera sous la forme d’un Webinaire via zoom et diffusée en direct, sous forme de facebook live. Ce webinaire se tiendra le 1er avril de 9h à 12h30, avec des interventions de militant·e·s des secteurs concernés, d’universitaires et de la CSI, réparti en 2 tables rondes.

Première table-ronde intitulée « Investir dans le secteur des soins et du lien et renforcer les services publics »

Cette première table ronde permettra de montrer l’enjeu d’investir massivement dans ce secteur, afin de couvrir tous les besoins sociaux, en termes d’accompagnement face à la perte d’autonomie, à la prise en charge de la petite enfance et aux situations de handicaps. L’expérience portée par la CSI autour de sa campagne « Investir dans l’économie des soins » sera présentée pour nous servir de point d’appui.

La crise sanitaire dans le milieu hospitalier, dans les EHPAD, ou dans l’aide à domicile et les risques pesant sur les personnes âgées, ont mis en lumière le scandale pour un pays aussi riche que le nôtre d’abandonner ses ainé·e·s.

Investir dans le secteur des soins (au sens large) permet de changer de paradigme :

créer des emplois,

 relancer l’économie,

revaloriser les professions du « soin aux autres »,

 en améliorer les conditions de travail,

 les salaires,

et ainsi aller vers une société plus égalitaire, plus juste, où le bien-être est la valeur fondamentale, où l’utilité sociale de toutes les professions « du soin » sera reconnue.

La seconde table-ronde est intitulée : « Revaloriser les métiers à prédominance féminine ».

Pendant la crise de la Covid-19, de nombreuses professions à prédominance féminine ont été en première ligne :

les soignantes, infirmières (87 % de femmes)  

 les aides-soignantes (91 % de femmes), 

 les aides à domicile (97 % de femmes), des agentes d’entretien (73 % de femmes),

les caissières et des vendeuses (76 % de femmes),

 les enseignantes (71 % de femmes)

 les assistantes maternelles (99 % de femmes)…

La CGT se bat depuis longtemps pour que ces métiers soient revalorisés. Cette dévalorisation est l’un des facteurs expliquant les 26 % d’écarts salariaux entre les femmes et les hommes.

Pour revaloriser ces métiers, il faut exiger que la loi soit enfin appliquée, car elle prévoit l’égalité de salaire pour un travail égal, mais aussi pour un travail de valeur égale. Cette table-ronde permettra de définir des points d’appui pour obtenir cette revalorisation, à partir de nombreux témoignages de salarié·e·s de ces secteurs. 

Cette nouvelle campagne présente un double enjeu pour l’égalité femmes/hommes : le confinement l’a montré, comme le bilan des mesures d’austérité mises en place après 2008, tout recul dans l’accompagnement des personnes en perte d’autonomie a un impact négatif d’abord sur les femmes sur qui repose le report de cet accompagnement.

À l’inverse, garantir un accompagnement digne de ce nom aux enfants, personnes âgées et handicapé·e·s permet aux femmes d’accéder à des emplois à temps plein et d’avoir un véritable déroulé de carrière.

Ces secteurs sont occupés très majoritairement par des femmes. Y investir, renforcer les services publics, reconnaître les qualifications exercées et créer des emplois stables permet de revaloriser les métiers à prédominance féminine et de faire progresser l’égalité professionnelle. 

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UN 8 MARS DYNAMIQUE ET OFFENSIF

10 Mars 2021, 07:30am

Publié par PCF Villepinte

UN 8 MARS DYNAMIQUE ET OFFENSIF

À l’occasion du 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes, plus de 150 actions de toute nature ont été recensées sur tout le territoire rassemblant des dizaines de milliers de personnes : 30 000 à Paris, 8000 à Toulouse, 5000 à Bordeaux, 2000 à Grenoble et à Montpellier, 800 à Lille, etc.

Parmi elles : sages-femmes, infirmières, aides-soignantes, caissières, aide à domiciles, enseignantes… les premières de corvées se sont mobilisées pour exiger reconnaissance et augmentation salariale alors que la crise a démontré leur rôle essentiel. Pour pallier aux dysfonctionnements des crèches et des écoles, ce sont encore les premières de corvées qui sont sommées de s’adapter au mépris de leur santé et de leur carrière professionnelle. Enfin, la journée a été, une nouvelle fois, l’occasion de dénoncer les violences sexistes et sexuelles et l’impunité des agresseurs.

Jeunes, professionnel.le.s du secteur médico social, intermittent.e.s, etc., la grande diversité des participant.e.s dans les rassemblements et manifestations démontrent l’importance qu’ont ces questions pour la population.

Journée internationale, le 8 mars est aussi l'occasion d'exprimer notre « solidarité avec les femmes du monde entier » qui se sont vues interdites de manifester à Madrid et en Pologne et qui se sont largement mobilisées partout dans le monde : en Algérie, en Grèce, en Birmanie, en Inde, entre autres.

Pour réussir cette journée, la CGT a travaillé à la convergence des luttes et à l’unité du mouvement féministe (avec un large appel à l’action et à la grève féministe) comme du mouvement syndical (en initiant une déclaration revendicative unitaire).

Alors que patronat et gouvernement, au prétexte des incidences de la pandémie sur l’économie, enterrent concertations et négociations sur l’égalité F/H, la forte mobilisation, en particulier des jeunes, démontre que les femmes ne s’en laisseront pas conter. Par question que le monde d’après ressemble au monde d’avant, en pire… avec une explosion de la précarité, des tâches domestiques et des violences sexistes et sexuelles.

Au contraire, pour construire une société plus juste et plus solidaire, nous avons besoin d’investir dans le secteur des soins et du lien, de renforcer les services publics, de revaloriser les métiers à prédominance féminine et de mettre fin aux violences et aux discriminations.

La CGT interpelle gouvernement et patronat quant à leurs responsabilités. Il faut :

• revaloriser les métiers à prédominance féminine ;

• sanctionner les entreprises qui discriminent ;

• ratifier la 190ème convention de l’OIT ;

• créer de nouveaux droits contre les violences au travail.

Pas question que la « dette Covid » soit instrumentalisée pour imposer des reculs sociaux, à l’image de la réforme de l’assurance chômage qui pénalisera particulièrement les plus précaires et notamment les femmes à temps partiel ! L’égalité entre les femmes et les hommes est un levier indispensable de sortie de crise !

Montreuil, le 9 mars 2021

 

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À l’occasion du 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes, nous souhaitons interpeller gouvernement et patronat.

8 Mars 2021, 10:11am

Publié par PCF Villepinte

Militante féministe, Clara Zetkin est la première à avoir lancé l'idée d'une journée internationale des droits des femmes en 1910.

Communiqué unitaire dont la CGT est signataire.

La crise inédite que nous traversons a un impact direct sur les femmes.

Si elle a été l’occasion de mettre enfin dans la lumière l’utilité sociale de nombreux métiers à prédominance féminine, elle se traduit aussi par des difficultés accrues pour les femmes.
Comme le révèle l’OIT, dans le monde, les pertes d’emploi et baisses de revenus, engendrées par la crise ont été plus importantes pour les femmes que pour les hommes.

En France, l’augmentation de la précarité et de la pauvreté pénalise d’abord les femmes, qui représentent 80% des temps partiels, 60% des titulaires de CDD et 80% des familles monoparentales.

La fragilisation du fonctionnement des écoles et des crèches pénalise d’autant plus les femmes, nombreuses à télétravailler tout en gardant leurs enfants, avec des conséquences négatives sur leur carrière et leur santé.

Le confinement s’est aussi traduit par une augmentation des violences intrafamiliales et par une fragilisation de l’accès aux soins.

Nous nous félicitons de l’allongement du congé paternité qui fait écho à une proposition que nous portons ensemble depuis de longues années.

Cependant, nous regrettons que la plupart des négociations et des plans d’action visant à l’amélioration de la situation des femmes (suppression des écarts de salaire, droits liés à la parentalité, temps partiels, lutte contre les violences...) avec les pouvoirs publics comme avec le patronat soient, au motif de la crise ajournés ou enterrés.

De ce point de vue la suppression du Conseil Supérieur à l’Egalité Professionnelle est un signe très négatif car il fait disparaitre un des rares cadres de démocratie sociale consacré à l’égalité professionnelle.

Nous alertons solennellement gouvernement et patronat : sans politique économique et sociale et relance de la démocratie sociale prenant réellement en compte les droits des femmes, la crise risque de se traduire par une augmentation des inégalités et un recul de la situation des femmes.

Nous portons ensemble notamment les exigences suivantes :

La ratification de la convention 190 et de la recommandation 206 de l’Organisation Internationale du Travail contre la violence et le harcèlement dans le monde du travail doit être l’occasion d’aller plus loin que le cadre législatif actuel. Nous proposons notamment que la prévention des violences sexistes et sexuelles soit un sujet obligatoire de négociation dans les entreprises sous peine de sanction pour les employeurs. Nous voulons la mise en place d’une obligation de formation des professionel·le·s et de sensibilisation des salarié.e.s, le renforcement des dispositifs d’accompagnement des victimes, notamment dans les entreprises sans représentant.e.s du personnel. Nous demandons enfin l’application de la convention et de la recommandation en matière de protection du travail des victimes de violences conjugales (droit à mobilité géographique et fonctionnelle choisie, absences rémunérées, prise en charge des frais médicaux et sociaux sans frais, interdiction des licenciements...).

 

Les salaires des métiers à prédominance féminine doivent être revalorisés et la loi qui garantit un salaire égal pour un travail de valeur égale doit être appliquée. Nous demandons que soit rendue obligatoire et dans un délai contraint, l’ouverture de négociations portant sur les classifications dans le privé et les grilles indiciaires dans la fonction publique en vue de reconnaitre et valoriser les missions, les qualifications et compétences mises en œuvre dans les métiers et corps à prédominance féminine.

 

Les aides aux entreprises doivent être conditionnées et le plan de relance doit permettre de lutter contre la pauvreté, les contrats précaires et à temps partiels et les licenciements, qui frappent de nombreuses femmes. La réforme de l’assurance chômage doit être abandonnée, notamment parce qu’elle pénalise les plus précaires, souvent des femmes, qui subissent une double peine : moins payées au travail et donc moins indemnisées au chômage.

 

L’index égalité salariale doit être corrigé pour permettre de supprimer effectivement les écarts de rémunération. Le « seuil de pertinence », le barème et la pondération masquent une partie des écarts. Les obligations de transparence et les moyens du CSE en matière d’information et de dialogue social sont à renforcer et les employeurs doivent débloquer les enveloppes de rattrapage salarial nécessaires. Par ailleurs, l’obligation de résultat en matière d’égalité salariale doit être étendue à la fonction publique par des mesures contraignantes.

 

Les services publics doivent être renforcés, notamment en ce qui concerne la prise en charge des enfants et de la perte d’autonomie, majoritairement assumées par des femmes, afin de faire reculer les inégalités et de mieux affronter les crises.

Pour nos organisations, l’égalité entre les femmes et les hommes est l’un des leviers de sortie de crise indispensable.

Pour construire une société plus juste et plus résiliente nous avons besoin d’investir dans le secteur des soins et du lien, de renforcer les services publics, de revaloriser les métiers à prédominance féminine et de mettre fin aux violences et aux discriminations !

 

Déclaration unitaire 8 mars 2021


 

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Où en est-on de l'histoire des luttes féministes ?

7 Mars 2021, 07:49am

Publié par PCF Villepinte

 Le point avec l'historienne Christine Bard

L'Humanité Samedi 6 Mars 2021

Latifa Madani

Si les luttes des femmes s’affirment, s’imposent et gagnent en force, le contexte reste lourd d’adversité. «Aujourdhui, cest l’éradication des violences masculines qui est en jeu. Un combat qui porte au-delà des cercles militants et ne fait que commencer», explique Christine Bard, spécialiste de lhistoire des femmes et du genre. 

Depuis MeToo, depuis la libération de la parole et son écoute, est-on en train de vivre un moment décisif de l’histoire des luttes des femmes?

CHRISTINE BARD Je le crois. Je n’ai jamais connu une telle intensité militante: les manifestations, les médias, les films, les publications, les collages, les blogs Cest une immense vague une «déferlante» pour reprendre le titre d’une toute nouvelle revue féministe – qui porte bien au-delà des cercles militants, partout dans le monde, avec la force que donnent les réseaux sociaux et l’afflux massif de jeunes activistes. Les études féministes ne sont pas étrangères à cette intensité.

#MeToo a donné un coup d’accélérateur à un cycle de mobilisations qui a commencé dans les années 1970 avec les premières actions contre le viol, des groupes de conscience entre femmes qui abordaient ce «tabou», avec des associations comme le Planning familial. Progressivement, la parole sest libérée, grâce au courage, il faut le souligner, de toutes celles qui ont témoigné à la première personne.

Je pense à Clémentine Autain, notamment. C’était il y a quelques années. Ne les oublions pas. Puis, les «je» se sont additionnés. Ce qui est clairement en jeu, aujourdhui, est l’éradication des violences masculines. Il reste encore beaucoup de blocages.

Dans quels domaines se situent les blocages?

CHRISTINE BARD Ils sont déjà politiques, là où la cause féministe est trop peu représentée, trop peu défendue. Je suis frappée par le contraste entre la force du féminisme comme mouvement social et culturel et sa faiblesse dans les lieux de pouvoir. Quelle place le féminisme aura-t-il, par exemple, dans le jeu électoral qui va nous obséder jusqu’à la prochaine présidentielle?

Je voudrais aussi souligner la frilosité coupable du monde de l’éducation, sans nier les bonnes volontés, souvent trop peu soutenues. L’éducation nationale recule, sous la houlette d’un ministre autoritaire, comme venu d’un autre temps. Il faut changer l’éducation pour espérer changer la société et arriver à plus d’égalité. Or, il ne se passe rien d’important à l’école de ce point de vue. Il n’y a pas de formation des enseignantes et des enseignants dans ce domaine.

L’histoire des femmes est quasi totalement absente des manuels du collège et du lycée. Cela fait quand même cinquante ans que celle-ci existe à l’université! Des milliers de livres, de thèses, pour quels résultats? Le contenu des enseignements ne bouge pas! Dans les programmes en français, combien d’œuvres de femmes étudiées?

Pourtant, la demande est forte, surtout dans les lycées, mais elle reste sans réponse parce qu’il y a un conservatisme persistant, propre au monde de l’éducation. Il y a un verrou en France. Et que dire à propos d’autres pays où les droites réactionnaires, antiféministes, homophobes sont au pouvoir et tentent de museler la recherche et l’éducation sur le genre!...

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Le MJCF lance la semaine du féminisme

3 Mars 2021, 08:55am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 03/03/2021 par PCF

Comme chaque année, le MJCF organise, dans les lycées, dans les universités et dans les lieux de vie des jeunes, sa semaine du féminisme. Durant cette semaine, qui se tiendra du 1 au 8 mars, les jeunes communistes seront mobilisé·e·s dans toute la France pour porter haut et fort nos revendications féministes.

Nous serons donc sur le terrain pour mettre en avant nos propositions. Pour cela, le thème que nous avons choisi cette année s’inscrit en réaction à une réalité exacerbée par la crise sanitaire actuelle : l’inégalité entre les femmes et les hommes dans l’emploi et la formation.

Cette réalité était déjà bien connue, sa mise en lumière durant la pandémie n’a pas permis de changement notable. 25 % d’écart salarial entre hommes et femmes, le chiffre est répété année après année comme une fatalité. À ce chiffre s’en ajoute un moins connu : si le taux de chômage est le même, le taux d’inactivité des femmes est lui doublé par rapport à celui des hommes.

Ce qui n’est pas sans conséquences sur les pensions de retraite. Le sexisme ne commence pas lors de l’obtention du premier emploi, mais s’enracine dès le plus jeune âge à travers “l’éducation genrée” (le fait de distinguer les goûts et les savoirs des filles et des garçons par des stéréotypes). Pour que ces chiffres ne soient pas une fatalité, il faut une politique égalitaire ambitieuse au service du progrès pour toutes et tous.

Il faut agir tôt : avec un service public de l’orientation qui permet de casser les stéréotypes et de réellement trouver une voie émancipatrice pour chacune et chacun. Cela passe par un cadrage national des diplômes pour qu’un CAP boulangerie soit rémunéré au même titre qu’un CAP assistant à la personne. Seules les qualifications doivent primer. Nous demandons également de conditionner les aides publiques aux entreprises à une politique salariale non-discriminante.

Le versement des aides de l’État, l’argent public ne doivent pas servir à payer des employeurs sexistes. L’augmentation de nos droits : avec la semaine de 32 h pour mieux partager les tâches ménagères, mais aussi le CDI à temps plein comme une norme pour lutter contre les temps partiels (80 % de femmes). Des services publics de qualité tels que des crèches doivent être accessibles sur tout le territoire.

Ce sont toutes ces propositions que feront entendre les jeunes communistes au cours de cette semaine. En invitant les jeunes à se rendre aux mobilisations du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, pour défendre non seulement la place des femmes dans l’emploi, mais surtout un autre modèle de société réellement égalitaire, donc réellement libre et émancipateur.

Nous nous ferons entendre aussi sur les réseaux sociaux en relayant nos propositions toute la semaine et en travaillant à faire connaître notre analyse notamment à travers une conférence : “Les femmes, des salariées comme les autres ?”, le jeudi 4 mars à 19 h sur la page Facebook du MJCF avec la participation de Saliha Boussedra, docteure en philosophie de l’université de Strasbourg et membre de la rédaction de Cause commune, où nous vous attendons nombreuses et nombreux. 

Clémentine Le Duey, coordinatrice nationale à la vie des départements.

 

 

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Faudra-t-il attendre 1000 ans de plus pour l’égalité ?

25 Février 2021, 07:17am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 24/02/2021 par PCF

La crise sanitaire du Covid-19 a rendu visible les femmes premières de corvée. Les femmes sont : 87 % des soignantes et infirmières, 91 % d’aides-soignantes, 97 % des aides ménagères et aides à domicile, 73 % agentes d’entretien, 76 % des caissières et vendeuses. La crise a montré la dureté de leur travail, la division sexuée du travail et mis en évidence un paradoxe prégnant : toujours en première ligne sur le front des inégalités au travail et dans la vie, les femmes ont un rôle crucial dans la gestion de cette crise malgré la réduction drastique des politiques publiques, et pourtant leur travail n’est pas reconnu à sa juste valeur !

Alors qu’elles représentent plus de la moitié de l’humanité et quelles sont plus formées dans le cadre scolaire, l’écart salarial reste à ce jour de 26 % entre les hommes et les femmes. Au rythme actuel de rattrapage, il faudra mille ans pour obtenir l’égalité salariale !

Le refus des violences sexistes et patriarcales faites aux femmes et les aspirations à l’égalité montent dans la société, notamment à travers les campagnes sur les réseaux sociaux, mais aussi dans les manifestations féministes. Nous, féministes et communistes, sommes de celles qui participent et construisent au quotidien les mouvements féministes comme des mouvements sociaux de classes.     

La déferlante #MeToo a entraîné un abaissement drastique du seuil de tolérance à l’égard des violences sexistes et sexuelles. Ce moment historique a révélé au grand nombre leur caractère massif, systémique, et la nécessité d’évolutions politiques et législatives d’ampleur, afin d’opérer une véritable transition féministe de notre société. Cela est en effet devenu nécessaire à venir à bout d’inacceptables dysfonctionnements qui subsistent dans la prise en charge des victimes par les autorités publiques, et à opérer un virage culturel global dans la société française.

Au vu des effets dévastateurs de ces actes criminels sur les enfants et les jeunes, et de leur impact sur leur vie adulte, cette question revêt un caractère de santé publique, et un enjeu crucial pour toute société se prétendant civilisée. Dès lors, seule l’édiction d’une loi-cadre sur le plan répressif mais aussi préventif, accompagnée d’une hausse des moyens publics alloués à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, permettront d’apporter une réponse suffisante à endiguer ce phénomène gravissime.

Prenez conscience que comme toute forme de domination, et d’autant plus qu’elle concerne la moitié du genre humain, la domination patriarcale est un puissant frein au développement de l’humanité. Le contexte politique, social et économique international comme national, avec la banalisation des idées d’extrême droite, la montée des conservateurs sont des signes inquiétants pour les droits des femmes. 

Il est de plus en plus urgent de porter haut notre volonté et nos combats pour l’égalité professionnelle, le droit à disposer de son corps sans qu’il puisse être acheté par qui que ce soit, le juste partage des pouvoirs, en France et dans le monde. Les avancées, réalisées grâce aux luttes et mobilisations des militant·e·s, des féministes restent fragiles et sont remises en cause régulièrement par les masculinistes et les politiques d’austérité gouvernementale.

C’est pourquoi nous nous engageons dans le cadre des mouvements féministes unitaires et dans ces revendications, et c’est pourquoi nous serons dans la rue pour :

  • Réclamer la revalorisation des métiers à prédominance féminine et de réelles hausses de salaires !
  • Nous élever contre notre exploitation, pour l’égalité salariale femmes-hommes et revendiquer un réel partage des tâches domestiques et familiales !
  • Réclamer des services publics accessibles à toutes sur l’ensemble du territoire, et notamment des places en crèches.
  • Dénoncer et combattre les violences sexistes et sexuelles, y compris incestueuses, ou encore au travail. Nous voulons un milliard pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles.
  • Dénoncer les discriminations qui se cumulent et se renforcent : de genre, de classe, de couleur de peau et d’origine, et lesbo, -bi- et transphobes.
  • Lutter contre la violence sexuelle, raciste et institutionnelle faite aux femmes migrantes, contre leur exploitation, pour réclamer la liberté de mouvement à travers les frontières et un permis de séjour illimité et sans conditions !
  • Pour que l’accès à l’avortement, aux 3 méthodes choisies, soit possible partout et même pendant le confinement, pour que le délai légal soit étendu au-delà de 12 semaines.

Nous serons en grève ce 8 mars. Comme les femmes de par le monde, nous serons dans la rue à manifester et revendiquer. Car sans les femmes, le monde s’arrête ! La place et le travail des femmes dans notre société est centrale pour ouvrir les chemins d’une nouvelle société humaine, émancipée.

On ne veut plus attendre ! 

Hélène Bidard

membre du CN

 

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" Notre temps est arrivé, les femmes"

21 Novembre 2020, 07:32am

Publié par PCF Villepinte

 

Publié le 18/11/2020 par PCF

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Ce 25 novembre 2020, Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, a lieu en pleine crise sanitaire, pendant un deuxième confinement, tout aussi risqué que le premier pour les femmes et les enfants dans les foyers où la violence règne. Cela est bien connu, les violences à l’âge adulte prospèrent sur le terreau de celles connues dans l’enfance, du côté des victimes comme des agresseurs d’ailleurs. Pour briser ce cycle infernal, il est fondamental de détecter, écouter, prendre en charge et réparer dès les premières violences.

Nous sommes dans un contexte à la fois enthousiasmant et difficile. Enthousiasmant du fait de la nouvelle vague féministe, aux ramifications multiples, qui déferle depuis octobre 2017, depuis l’émergence de #Metoo. Abaissement du niveau de tolérance aux violences, prise de parole, prise de conscience du caractère massif des violences faites aux femmes et aux enfants : une fenêtre mondiale s’est ouverte pour des conquêtes majeures.

Le contexte est néanmoins difficile parce que la Covid, le confinement, le couvre-feu et autres mesures qui peut-être sont devant nous, mais surtout la crise économique qui en découle, ont des conséquences catastrophiques pour l’emploi et le pouvoir d’achat des femmes. Elles ont déjà gravement renforcé les inégalités domestiques et d’accès aux droits, le nombre de mammographies a baissé de 50 % par rapport à d’habitude, ce qui laisse présager des détections tardives et toutes les conséquences qu’on peut imaginer sur la prise en charge du cancer du sein. La question se pose également pour les IVG, sans parler du débat qui a secoué la semaine dernière l’Assemblée nationale concernant l’allongement du délai.

Les premières de corvée, sur le pont des métiers « essentiels », féminisés et précaires, seront les premières victimes de cette crise. Depuis notre échelle jusqu’à l’ONU, les études fleurissent sur les conséquences genrées de la crise et tout confirme que nous sommes face à un énorme défi pour éviter les régressions pour les droits des femmes.

Nous sommes féministes : Notre sexe, notre genre nous conduit à devoir être dès la naissance des infatigables militantes pour l’égalité. En 2020, en France, 6e puissance économique mondiale, des êtres humains se font assassiner parce que ce sont des femmes : ce sont des féminicides. Une femme tous les 2 jours est tuée par son conjoint ou son ex conjoint ! Les violences faites aux femmes sont le bras armé du patriarcat. Elles sont partout. Elles sont diverses : emprise, injure, harcèlement, coup, viol…

À chaque fois, les violences sexistes et sexuelles constituent un cinglant rappel à l’ordre patriarcal et capitaliste. Elles ne relèvent pas du domaine privé, mais d’une problématique publique et politique. Elles peuvent être arrêtées par des politiques publiques, volontaristes et financées. C’est pourquoi nous exigeons que le gouvernement arrête les tours de passe-passe : le milliard promis pendant le Grenelle est un milliard dû aux femmes victimes de violences et à leurs enfants !

Parce que nous sommes communistes, nous portons un féminisme-lutte des classes. La casse des services publics et le démantèlement des solidarités héritées du Conseil national de la Résistance, notamment les retraites et la Sécurité sociale, aggravent encore la situation économique des femmes. La Covid et le confinement, les fermetures des écoles, ont épuisé particulièrement les femmes au travail comme à la maison ! Appauvries et précarisées, elles sont encore plus vulnérables face aux violences. Pourtant, le confinement a révélé au grand jour le rôle primordial des femmes, premières de corvée dans les secteurs les plus indispensables à la société.

Les femmes et leurs alliés se lèvent pour dénoncer le système patriarcal qui les domine. Le mouvement social massif des femmes se lève, nous en sommes pleinement : #Metoo, #Balancetonporc, #Iwas, en mobilisation le 8 mars 2020 contre la nomination de G. Darmanin, elles expriment clairement et massivement leur refus de continuer à subir ce système injuste !

Les violences faites aux femmes sont systémiques. Il est illusoire de vouloir les éradiquer avec des textes parcellaires et des mesures parcimonieuses. Le PCF demande immédiatement 1 milliard pour lutter contre les violences faites aux femmes ; le PCF demande l’adoption d’une loi-cadre sur les violences qui rassemblerait l’ensemble des problématiques dont le travail éducatif de prévention et d’accompagnement.

À toutes les femmes qui ont révélé leurs souffrances, toutes celles qui se battent pour obtenir justice et soutien, pour se protéger et protéger leurs enfants, pour se reconstruire, retrouver la sérénité et le goût d’aimer à nouveau. À ces femmes qui aiment les femmes et qui subissent la double discrimination en tant que femme et lesbienne. À ces femmes de toutes origines et de tous milieux sociaux. Nous savons et nous réaffirmons qu’une alternative féministe ne peut être dissociée du combat contre les réactionnaires et l’extrême droite, contre le racisme, tout comme contre les LGBT-phobies.

À toutes celles qui n’ont pas encore parlé. À toutes celles et tous ceux qui veulent construire une société solidaire et sororale, tou·te·s les bénévoles, les militant·e·s politiques et associatifs, ces agent·e·s du service public, ces professionnel·le·s de santé, ces voisin·e·s, ces élu·e·s locales, qui savent que « le privé est politique » et accompagnent les femmes vers la sortie des violences, tous ces gens qui pallient l’indifférence de l’État et sauvent des vies avec des bouts de ficelle. Aux hommes alliés des femmes, qui se questionnent sur leurs idées et leurs pratiques, et qui écoutent et soutiennent les femmes, par humanité, par solidarité.

Nous voulons dire qu’il est possible d’en finir avec les violences faites aux femmes et aux enfants.

Les militant·e·s et les élu·e·s communistes et féministes revendiqueront le 21 novembre avec « Nous toutes » et le 25 novembre 2020, Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, comme le reste de l’année, dans tout le pays, contre les traitements indignes et contre toutes les violences faites aux femmes et aux enfants.

Le temps de la colère, les femmes. Notre temps, est arrivé. Connaissons notre force, les femmes. Découvrons-nous des milliers !

« Nous pouvons gagner ce milliard historique ! »

Hélène Bidard, responsable nationale de la commission, féministe/droits des femmes du PCF.

 

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Stéphanie Roza : « Sans droits universels, pas de libération des femmes »

8 Mars 2020, 07:57am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité Vendredi, 6 Mars, 2020

Diego Chauvet

Philosophe, spécialiste de la Révolution française, la professeure de philosophie politique vient de publier un ouvrage au titre qui interroge: la Gauche contre les Lumières? Dans ce livre, elle démonte les critiques radicales qui s’attaquent à l’héritage des Lumières et aux avancées rationalistes et universalistes.

La Gauche contre les Lumières? D’où vient ce titre très contradictoire de votre dernier ouvrage?

STÉPHANIE ROZA Du constat que l’héritage des Lumières, sous plusieurs formes, était l’objet d’attaques de la part de gens qui soit se disaient de gauche, soit étaient populaires dans les milieux de gauche. Ils étaient repris par les militants, invités à s’exprimer dans des espaces de gauche comme des autorités qui intéressaient la gauche. C’est le paradoxe qui m’a fait écrire. J’ai voulu interroger leur côté anti-Lumières, antirationaliste, antiprogressiste, antiuniversaliste.

Comment est-il possible que des «anti-Lumières» puissent avoir la sympathie de milieux de gauche?

STÉPHANIE ROZA Je ne prétends pas résoudre cette question avec ce livre. J’ai voulu faire l’histoire intellectuelle de ce phénomène. À mon avis, les causes sont historiques et politiques. Il faut remonter au contexte de l’après-Seconde Guerre mondiale, avec le début des luttes de la décolonisation et l’attitude ambiguë, voire colonialiste dans certains cas, de la tradition socialiste, et les hésitations des communistes. Le stalinisme a également amené des intellectuels de l’époque à se radicaliser dans une posture où ils rejetaient tout ce qui constituait l’héritage de la gauche depuis les Lumières. Le phénomène s’est accentué à partir de la fin des années 1970. La perte de vitesse puis l’effondrement des grands partis de gauche traditionnels ont libéré de l’espace politique. La montée de l’islamisme dans les pays de tradition musulmane a également joué comme une forme de pression politique sur les courants de la gauche.

Pourtant, vous rappelez que, dans les luttes anticoloniales, on s’est appuyé sur les Lumières…

STÉPHANIE ROZA C’est le second paradoxe. Les décolonisations se sont faites dans une très grande majorité des cas au nom des idéaux universalistes, du respect des droits de l’homme. Il s’agissait même d’une démarche de radicalisation de l’héritage des Lumières, plus éclairées que les Lumières hypocrites de la bourgeoisie coloniale. Dans les années 1970, avec les déceptions qui suivent les indépendances, des courants anti-Lumières se développent, concurrents des nationalismes classiques. Les nationalistes hindous en Inde ou les islamistes au Pakistan, par exemple.

Vous critiquez également le féminisme intersectionnel dans votre livre. Est-ce que prendre en compte tous les facteurs d’oppression des femmes, autres que le genre, n’est pas plus efficace pour conduire la lutte?

STÉPHANIE ROZA Que l’on enrichisse le féminisme avec des luttes féministes qui se produisent ailleurs, c’est très bien. Mais le problème, c’est que ces féminismes-là ne se sont pas développés dans une démarche d’enrichissement et de dialogue avec le féminisme traditionnel européen. Ils se sont développés en concurrence, en rivalité, et avec une très forte agressivité à l’égard du féminisme universaliste. Car, au fond, ce n’est pas un féminisme européen. Des féministes progressistes, universalistes, il y en a dans les pays du Sud. Et depuis des décennies. Les intersectionnelles, les décoloniales, voudraient faire croire en une binarité des luttes entre les féministes blanches européennes et les féministes non blanches du Sud. Mais ça ne marche pas comme ça. Des universalistes, on en trouve partout, y compris dans les pays du Sud. C’est un combat politique, pas un combat racial ou religieux. Or on assiste à une racialisation et une confessionnalisation du débat qui sont profondément délétères parce qu’elles nous font entrer dans une logique de confrontation.

Toutes les idéologies de gauche se sont affaiblies ces dernières années. C’est la toile de fond que je décris dans mon livre. Or, au lieu de se rassembler pour trouver des solutions collectives, on se détruit mutuellement. Des jeunes qui ont envie de lutter contre le racisme, d’être féministes, anticapitalistes, de combattre toutes les oppressions, découvrent un champ de bataille où les gens s’insultent, où l’on est incapable de trancher les débats démocratiquement.

Le féminisme intersectionnel est aussi un courant qui nous vient d’outre-Atlantique. Je ne connais pas suffisamment les États-Unis, mais certains militants estiment que la barrière des races est tellement importante que, dans un premier temps, organiser les Noirs à part se justifie. En France, il n’y a jamais eu de ségrégation légale sur notre sol. On a connu une autre configuration avec les colonies. Il y a du racisme, mais la barrière est moins hermétique. En France, séparer les gens en fonction de leur ethnie est donc une régression terrifiante.

Comment sortir de cette confrontation?

STÉPHANIE ROZA L’héritage des Lumières, c’est le plus petit dénominateur commun. C’est la base. Je propose de revenir à ce qui nous est commun, à ce qui nous a fait naître, à l’élan de la Révolution française. Construisons à partir de ça. La gauche a fait beaucoup d’erreurs au XXe siècle et il faut en tirer le bilan. Mais on ne peut pas saper les fondements de la gauche, sinon on perd notre identité politique.

Vous estimez également que ces mouvements en viennent à se retrouver parfois sur des positions conservatrices, involontairement…

STÉPHANIE ROZA Ils ne se rendent pas compte qu’objectivement ils viennent renforcer notamment l’islamisme. Dans le cas du féminisme décolonial, c’est très clair. En promouvant de prétendus «féminismes musulmans», qui pour certains sont directement des officines des Frères musulmans, ils renforcent des gens qui veulent détruire la gauche et qui l’ont fait dans les pays du Sud. C’est ce qui est terrifiant. On renforce ainsi des gens qui, dès qu’ils sont au pouvoir, fusillent les militants socialistes, communistes et syndicalistes de leur pays. Je pense à l’Iran et à l’Algérie par exemple. Ces régimes ont détruit la gauche dans les pays du Sud, et chez nous, des gens de gauche leur font de la publicité sans se rendre compte des enjeux.

Les Lumières sont aussi accusées d’avoir théorisé le colonialisme. Pourquoi?

STÉPHANIE ROZA On peut trouver par exemple chez Voltaire des propos hostiles aux religions juive et musulmane, insultants pour les Noirs. Certains en concluent que les Lumières sont racistes. En réalité, à l’époque, les sociétés sont profondément ethnocentriques. Au contraire, les Lumières sont un courant de pensée qui, le premier, fait un effort pour sortir de cette conception. Évidemment, on n’en sort pas d’un coup. Je prends l’exemple de Voltaire parce que c’est celui qui est le plus attaqué. Mais il a défendu les protestants, les juifs en tant que personnes, tout en disant du mal de leur religion en tant que dogme.

C’est l’esprit des Lumières: ils ne sont pas tendres avec les dogmes, mais souvent, ils défendent les gens. Ainsi, les Lumières ont accompli le premier effort réel dans l’histoire pour sortir de l’ethnocentrisme, du racisme, du colonialisme. Les premières critiques de l’esclavagisme viennent des Lumières. La Révolution française, son processus même aboutit à l’abolition de l’esclavage. Tout le monde n’était pas d’accord au départ pour l’abolir, mais c’est un processus. La Déclaration des droits de l’homme a un effet dans ce sens. En se replaçant dans une perspective historique, c’est le mouvement impulsé par les Lumières qui a mené à des points de vue puis des politiques antiesclavagistes, anticolonialistes. Il y avait des contradictions chez les penseurs, mais si les Lumières sont colonialistes, qu’est-ce qui ne l’est pas? Il est aberrant de s’appuyer sur les acquis des combats des Lumières tout en les taxant de colonialisme…

L’universalisme est aussi présenté comme une forme d’impérialisme culturel, politique?

STÉPHANIE ROZA Les premiers à avoir porté ce genre d’accusations étaient les contre-révolutionnaires, partisans de la monarchie absolue et du maintien de la France dans le giron de l’Église catholique jusqu’à la fin des temps. Edmund Burke, député anglais opposé à la Révolution française, a été le premier à écrire une charge contre les droits de l’homme en clamant que l’universalisme faisait violence à la nature humaine. Il affirmait que les peuples ont des droits forgés par leur histoire, qui ne sont donc pas les mêmes. Edmund Burke considérait donc qu’il n’y avait pas de principes universels. Mary Wollstonecraft, philosophe et féministe anglaise du XVIIIe siècle, lui avait reproché à l’époque d’enfermer les individus dans leurs communautés traditionnelles, et de leur interdire d’en sortir.

 Dans sa défense des droits de la femme, elle relie étroitement l’oppression des femmes et l’oppression esclavagiste et coloniale. Pour elle, il s’agit du même combat pour l’émancipation. Olympe de Gouges était également anticolonialiste et antiesclavagiste. Condorcet, qui était un grand féministe, était membre de la Société des amis des Noirs et œuvrait à l’abolition de l’esclavage. Sans droits de l’homme transversaux, qui s’appliquent à tous les individus, la petite fille qui grandit dans une société qui pratique l’excision n’a aucun moyen d’en sortir. Ainsi, on ne pourrait pas opposer les droits de l’homme à quelqu’un qui vient avec un couteau. Personnellement, si les droits s’imposent aux coutumes, je suis pour. Et si on veut la libération des femmes, on est forcément pour les droits humains.

Comment la gauche pourrait-elle sortir de ce que vous voyez comme une forme d’autodestruction?

STÉPHANIE ROZA En 2010-2012, avec le Front de gauche, j’espérais que nous avions trouvé un cadre commun, capable de mettre tout le monde autour d’une table et de trancher démocratiquement certaines questions. Malheureusement, ça n’a pas été le cas. Ça ne peut pas continuer comme ça. Si nous trouvions un cadre pour discuter et trancher certaines questions en votant, je suis persuadée que c’est le camp des Lumières qui l’emporterait.

Vous évoquez à la fin de votre livre un possible retour à la «pensée jaurésienne». C’est une voie?

STÉPHANIE ROZA Jaurès a essayé toute sa vie de rassembler le plus largement possible tous les militants qui se reconnaissaient dans le projet socialiste avec ses différentes sensibilités. Dans toutes les batailles politiques qu’il a menées (la colonisation du Maroc, la guerre…), il a essayé de tenir un cap universaliste, rationaliste, progressiste et de rassembler les gens. Quand on parle aux gens de gauche, quelle que soit leur sensibilité, Jaurès fait sens. Le programme des Jours heureux du CNR également. Ce sont des marqueurs qui nous mettent un peu tous d’accord, des symboles qui peuvent servir de socle sur le plan des idées. Il faut également une transmission de la mémoire des luttes et des combats de la gauche. C’est un problème du temps présent. Les organisations politiques et syndicales ne proposent plus de formations. On rejette de cette façon la verticalité…

Or, s’il y a rupture dans cette transmission, il faudra tout recommencer de zéro. On ne rappelle pas comment les Noirs ont gagné leur liberté dans les colonies, mais aussi comment ils ont lutté contre la ségrégation aux États-Unis. Malcolm X, par exemple, a cheminé au long de sa vie, un peu comme Jaurès concernant l’affaire Dreyfus, justement parce qu’il était universaliste. Avant d’être assassiné, Malcolm X prônait une alliance internationale des peuples. Son cheminement le conduit à penser que le problème, ce n’était pas les Blancs, mais le système d’oppression.

 Nelson Mandela avait lui aussi compris que l’affrontement racial ne mènerait nulle part. En revanche, s’enfermer dans une posture de pureté idéologique, morale, voire raciale comme le font certains courants intersectionnels et/ou décoloniaux est une attitude sectaire. 

 

Entretien réalisé par Diego Chauvet

Dans son livre paru aux éditions Fayard, Stéphanie Roza dresse un inventaire de certaines idées et penseurs qui ont l’oreille des militants de gauche. Elle y décrit « les procès intentés contre tout ou partie de l’héritage des Lumières des “droits bourgeois” de l’homme aux supposés “effets de despotisme” du rationalisme ». Elle tente de les décrypter par leur généalogie intellectuelle, et l’évolution de leurs penseurs, tel Michel Foucault, décrit comme néolibéral à la fin de sa vie. Stéphanie Roza propose alors de revenir aux plus petits dénominateurs communs de la gauche, dont la pensée universaliste de Jaurès.

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Égalité professionnelle : la précarité se vit d’abord au féminin

13 Février 2020, 11:42am

Publié par PCF Villepinte

 

Publié le 12/02/2020 par PCF

Le Parti communiste organise un grand meeting, où des femmes, premières concernées par la précarité, l’exploitation et les inégalités professionnelles, prendront la parole. Le vendredi 6 mars 2020, 19 h, à la Bellevilloise. Avec Fabien Roussel. « L’égalité professionnelle ça ne se négocie pas ! ». Et le 8 mars, jour de la grève féministe, nous manifesterons en France « On arrête toutes » !

Ce 8 mars 2020, journée internationale de lutte pour les droits des femmes, sera une fois de plus celui de la lutte pour l’égalité professionnelle ! Bien que l’égalité entre les femmes et les hommes dans tous les domaines ait valeur constitutionnelle et que l’égalité professionnelle soit inscrite dans plus de treize lois en France, de fortes inégalités existent dans l’emploi et l’insertion professionnelle, au travail et après, devant la retraite par exemple. Si les femmes ont toujours travaillé, elles ne disposent pas toujours de leur autonomie, et certaines sont maintenues sous la dépendance financière de leur conjoint. L’écart salarial moyen stagne aussi autour de 25 %.

C’est pourquoi la lutte pour l’égalité professionnelle constitue un levier de premier plan pour parvenir à une égalité réelle entre les femmes et les hommes.

Le 8 mars sera marqué par la « grève féministe » et la manifestation « On arrête toutes » (de travailler, de briquer, de cuisiner, de consommer...) pour les droits des femmes et pour l’égalité, avec le collectif national droits des femmes, et à laquelle le PCF participe bien évidemment !

Dans leur vie professionnelle, les femmes subissent de nombreuses contraintes au travail, qui non seulement ne permettent pas de construire une carrière dans de bonnes conditions, mais en plus qui privent le monde du travail de talents et de forces considérables. Si le taux d’emploi des femmes et leur rémunération étaient égaux à ceux des hommes, le PIB de la France bondirait de 6,9 %.

Nous voulons conquérir l’égalité professionnelle : Les inégalités se sont réduites jusqu’en 1990 puis plus rien ! Les femmes travaillent, concentrées dans seulement 12 familles professionnelles sur 87 et qui sont non reconnues, et sous payées, alors que depuis plus de 30 ans elles sont plus diplômées que les hommes. Elles occupent des postes moins qualifiés, moins valorisés. La société patriarcale maintient les femmes dans un statut d’infériorité. Le patronat utilise le travail des femmes comme un laboratoire d’expérimentation afin d’étendre la précarité, la flexibilité et le temps partiel à l’ensemble du monde du travail.

Nous voulons établir l’égalité salariale : La situation se dégrade à toute vitesse pour le salaire des femmes en France à cause des politiques d’austérité et de dérèglement du droit du travail. En s’intéressant à la différence salariale, on s’aperçoit qu’en 2018 les femmes travaillaient gratuitement à compter du 12 novembre à 15 h 35, soit 10 jours plus tôt qu’en 2016.

Il faut reconnaitre le travail des femmes : L’invisibilité du travail des femmes est une construction sociale et il faut se battre partout et sans cesse pour démontrer que l’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas un supplément d’âme. Nous voulons une prise en compte du genre dans la prise en charge de la pénibilité dans les emplois « féminisés », aide à la personne, assistantes maternelles, puéricultrices, professeures des écoles, avocates, infirmières…

Nous voulons lutter contre le « plafond de verre » professionnel : Il cantonne les femmes sur les postes les moins qualifiés, avec les plus bas salaires, avec les possibilités d’évolution les moins importantes… La revalorisation des métiers dits « féminins » passe aussi par une revalorisation des déroulements des carrières. 55 % des hommes contre seulement 37 % des femmes font des heures supplémentaires. Outre le problème énorme que cette mesure pose pour les finances de la Sécurité sociale, cela contribue à renforcer les inégalités de revenus, l’inégale répartition des tâches ménagères, la charge mentale. Nous voulons la transparence des systèmes de rémunérations.

Nous voulons gagner les 32 heures pour toutes et tous et en finir avec les temps partiels imposés : 82 % des salariés qui ont un contrat à temps partiel sont des femmes. Ces postes sont donc aussi les postes où l’on subit le plus d’abus parce qu’on est plus vulnérable face à la hiérarchie, la clientèle ou à l’environnement professionnel. Ainsi, 56 % des agressions sexuelles arrivent sur le lieu de travail.

Nous voulons la mixité des métiers partout, on a toutes et tous à y gagner : L’assignation des femmes, dès le plus jeune âge, à certains métiers plutôt que d’autres : 48 % des femmes occupant un emploi sont cantonnées dans quatre secteurs d’activité : la santé et les services sociaux, l’éducation, l’administration publique et le commerce de détail. Une telle répartition des métiers est un poids mort pour l’avenir du pays, quand on sait, par exemple, les difficultés auxquelles s’exposent les jeunes femmes pour engager un cursus d’ingénieur alors que la France a besoin de 10 000 ingénieur·e·s supplémentaires par an.

En se donnant l’ambition de sécuriser l’emploi et la formation pour toutes et tous, le PCF intègre la lutte collective contre les inégalités, les stéréotypes sexistes et les discriminations subis par les femmes, notamment la précarité et le temps partiel imposé comme une priorité.µ

Hélène Bidard, membre du CEN.

 

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Grenelle contre les violences faites aux femmes : « de l’enfumage »

26 Novembre 2019, 07:40am

Publié par PCF Villepinte

 

Publié le 25/11/2019 par PCF

La France ce samedi 23 novembre a connu une mobilisation exceptionnelle qui a rassemblé des femmes et des hommes, les forces militantes féministes, syndicales et politiques. Des milliers de personnes ont marché contre toutes les formes de violences contre les femmes. Ce sont elles qui ont permis la tenue de ce grenelle.

Pourtant, le Premier ministre n’y a pas fait la moindre allusion. Quel mépris !

Alors que 138 femmes ont été assassinées depuis le 1er janvier dernier et que 225 000 sont chaque année victimes de viol, de violences physiques, psychologiques, de harcèlement sexuel et moral dans toutes les sphères de la société, à la maison, au travail ou dans la rue, les mesures annoncées ce matin par Édouard Philippe sont, extrêmement décevantes.

Si certaines propositions vont dans le bon sens, comme l’ouverture 24H sur 24 du 3919 ou encore la création de 80 postes supplémentaires d’intervenantes et intervenants sociaux, comment leur accorder le moindre crédit quand aucun moyen supplémentaire n’est dégagé ? Les 360 millions avancés par le Premier Ministre représentent quasiment le même budget qu’en 2019. Or, toutes les associations féministes, les actrices et acteurs de terrain, des élu.e.s parmi lesquel.le.s les élu.e.s communistes, l’avaient déjà jugé insuffisant et avaient évalué les besoins à 1 milliard d’euros !

D’autres mesures, présentées comme nouvelles, existent déjà dans la loi de 2010 ou encore dans la Convention d’Istanbul que la France a signé en 2011 et ratifiée en 2014.

Par contre, il y a de grands vides.

Rien sur la mise en place d’un vrai plan d’éducation à l’égalité et à la non-violence dès l’école maternelle.

Rien quant à la prévention en particulier au travers de campagnes de sensibilisation et d’information de tous les publics ainsi que la formation de tou.te.s les professionnels en contact avec des femmes victimes de violences.

Rien quant à la protection et la mise à l’abri rapide et efficace des femmes martyrisées et de leurs enfants témoins.

Rien sur des places d’hébergement dédiées et prises en charge financièrement.

Comment ne pas penser que le gouvernement se livre à un véritable enfumage quand la plupart des revendications portées par les associations, les recommandations du Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes et la mission interministérielle contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains n’ont pas été prises en compte à leur juste valeur ?

Les communistes poursuivront le combat pour faire entendre l’impérieuse nécessité de débloquer des financements pour cette grande cause nationale. Elles et ils participeront à toutes les actions pour exiger 1 milliard d’euros en urgence, l’une des conditions pour débarrasser la société du fléau que constituent les violences faites aux femmes.

 

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