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feminisme

Grève féministe du 8 mars à Paris: « Ma vie m’appartient ! »

9 Mars 2022, 07:34am

Publié par PCF Villepinte

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Résistances. Danièle Kergoat, « Le travail est un enjeu de luttes unificateur »

8 Mars 2022, 08:50am

Publié par PCF Villepinte

Le reflux du mouvement ouvrier a entraîné un reflux du travail comme objet de combats. Un recul préjudiciable aux mobilisations car il continue d’occuper une place centrale dans la société. Entretien

L'Humanité Publié le Mardi 8 Mars 2022 Pierre-Henri Lab

Comme bien d’autres, les ateliers de confection sont un lieu de labeur mais aussi de solidarité, d’émancipation collective et de coopération.© Leligny/ANDBZ/Abacapress

ANDBZ/ABACA

Sociologue du travail, Danièle Kergoat est une pionnière des études féministes. Ses travaux (1), qui continuent d’alimenter aujourd’hui la recherche sur les dominations de classe, de genre et de race, se sont attachés à rendre visibles et à comprendre les résistances et les révoltes. Ils permettent notamment de penser comment les rapports sociaux, entendus comme des rapports qui exploitent, dominent et oppriment, sont imbriqués les uns dans les autres et s’alimentent mutuellement. Elle réaffirme ici la centralité du travail, lieu à la fois de pouvoir et d’exploitation mais potentiellement d’émancipation.

Les mobilisations féministes actuelles autour des violences faites aux femmes sont qualifiées de «nouveau féminisme». Faites-vous vôtre cette appellation?

Il est toujours difficile de répondre succinctement à une question complexe… Je ne sais pas si l’on peut parler de «nouveau» féminisme à propos des violences faites aux femmes. Cette thématique nest pas nouvelle: le Collectif contre le viol a été créé en 1985, par exemple. Les récentes mobilisations contre les féminicides peuvent tout à fait être analysées comme étant dans la continuité de celles des décennies précédentes. Cela dit, je pense qu’il y a aussi une rupture générationnelle. Le mouvement actuel est marqué par des transformations au niveau des formes de lutte – je pense au rôle des réseaux sociaux, #Metoo en est un bon exemple qui est passé d’une mobilisation individuelle au départ à une réappropriation collective. Et des transformations aussi au niveau des objets de ces luttes. Je pense par exemple à la sexualité, aux problématiques queer et trans, aux débats sur le voile et la prostitution. Toutes choses relativement nouvelles mais qui en tout cas font l’objet de clivages profonds au sein du mouvement. Universalistes contre décoloniales ou intersectionnelles, par exemple. Mais en fait, pour moi, la nouveauté relative tient à l’absence du travail comme objet de ces nouvelles formes de lutte.

Pourquoi selon vous est-ce en retrait?

Il faut dire en préalable que ce retrait n’est pas propre au mouvement féministe mais que c’est transversal à toute la société. On raisonne en termes d’exclusion, de précarité, mais pas d’exploitation. Et voyez comme le mot ouvrier a été quasiment banni du vocabulaire courant. Il n’est plus question de classe ouvrière. Il est au mieux question de riches et de pauvres ou de catégories socioprofessionnelles. Et pourtant, les enquêtes emploi montrent qu’un actif sur cinq est ouvrier. Si on ajoute la catégorie des employés non qualifiés, cela concerne un individu sur trois! Le rapport de classe sest longtemps incarné dans le Parti communiste français, plus largement dans le mouvement ouvrier dans son ensemble. Avec le reflux de celui-ci, cest comme si c’était le rapport de classe qui refluait. Pourtant, s’il n’est pas le seul rapport social à l’œuvre, il est toujours aussi moteur dans la société. Le mouvement des gilets jaunes l’a démontré.

N’est-ce pas handicapant pour le mouvement féministe?

Tout le monde n’est pas dans l’oubli mais il est vrai que ce que l’on désigne comme «nouveau féminisme» minimise le rapport de classe comme rapport social au profit du rapport de race et de celui de sexe. Cest évidemment un handicap pour les mobilisations. Il ny a pas assez de luttes contre le précariat. Il n’y a pas suffisamment de luttes pour les retraites des femmes alors qu’elles sont misérables. Et c’est aussi un handicap au point de vue théorique et sociologique. Le travail est central pour comprendre les transformations des sociétés contemporaines: la mondialisation et son cortège de migrations, le néolibéralisme et le chômage, les transformations du travail et la montée des inégalités.

Cette occultation du travail est problématique tant pour le mouvement ouvrier que pour le mouvement féministe. Le travail est au cœur de toute analyse qui cherche à appréhender les rapports de domination, donc les rapports sociaux de sexe. C’est le médiateur par excellence des rapports entre l’individu et la société. Il est central dans le vécu quotidien des individus, pour les femmes comme pour les hommes. Mais le travail est aussi un enjeu de luttes potentiellement unificateur. Ce n’est pas seulement un lieu de domination, c’est aussi un lieu de solidarité, d’émancipation collective et de coopération.

Politiquement, le travail est donc central car c’est par lui que s’exerce le pouvoir dans la société. Il est l’enjeu des rapports sociaux, des rapports de classe comme des rapports de sexe. Dans les deux cas, les rapports de domination s’appuient sur l’appropriation du travail, qu’il s’agisse du contrat de travail ou du travail domestique. Donc ne pas tenir compte du travail est un contresens pour le mouvement féministe puisqu’il en vient à occulter l’enjeu même des rapports de domination.

«Le “nouveau féminisme minimise le rapport de classe comme rapport social au profit du rapport de race et de celui de sexe.» Danièle Kergoat, sociologue du travail et du genre

Cela dit, il ne faut pas généraliser trop vite: bien des mouvements, tant en France qu’à l’étranger, relient le travail aux violences. Je pense en particulier à l’Espagne, où les luttes féministes, de très grande ampleur, sont emblématiques de ce point de vue, ou bien, en France, à la mobilisation pour le 8 mars en termes de grève féministe. Et même si ce ne sont pas des luttes féministes à proprement parler, il faudrait évoquer aussi toutes les luttes de femmes «premières de corvée» dans la foulée de l’épidémie de Covid. Je pense en particulier aux travailleuses des Ehpad.

Dans vos travaux, vous pointez l’hétérogénéité de la classe ouvrière en montrant qu’elle est composée de groupes aux intérêts parfois antagonistes. La classe des femmes n’est-elle pas divisée?

Effectivement, de la même façon que la classe ouvrière et plus largement les classes populaires qui sont traversées par de multiples clivages (de statut, d’âge, de nationalité, de sexe…), la classe des femmes est évidemment divisée puisqu’elle est traversée par d’autres rapports sociaux, les rapports de classe, bien entendu, mais aussi les rapports de race, accentués qu’ils sont par les bouleversements migratoires engendrés par la mondialisation.

Je prends souvent l’exemple de l’externalisation du travail domestique pour illustrer cela: dans les pays du Nord et les grandes métropoles des pays du Sud, les femmes travaillent de plus en plus et sont plus souvent cadres, tandis que l’implication subjective est de plus en plus demandée par les entreprises. Le travail domestique n’étant toujours pas pris en compte dans les sociétés marchandes, ces femmes doivent externaliser «leur» travail domestique. Pour cela, elles peuvent puiser dans limmense réservoir des femmes précaires pauvres, françaises ou immigrées, souvent racisées.

Se crée ainsi un double clivage: un rapport de classe entre les femmes du Nord, employeuses, et cette nouvelle classe servile, entre les femmes nanties et les femmes précaires économiquement et/ou légalement. Ce clivage est nouveau car, contrairement au rapport de classe entre bourgeoise et domestique au XIX e siècle, celui-ci est direct (et non plus médié par le mari, le père ou l’amant), massif et se joue au niveau international. Un autre clivage se met en place: celui de concurrence entre les femmes, toutes précaires mais précaires différemment. Dautant que les femmes du Sud sont souvent diplômées, alors que les précaires des pays du Nord le sont moins.

Comment expliquez-vous l’intérêt pour l’intersectionnalité alors que l’intrication des rapports sociaux a été pensée en d’autres termes dès les années 1970?

Si l’intérêt pour l’intersectionnalité est relativement récent, le problème de l’interaction des rapports de domination a été pensé dès les années 1970, en Europe et aux États-Unis. L’oubli des travaux menés à cette période s’explique sans doute par une rupture générationnelle. Le concept d’intersectionnalité s’inscrit donc dans une histoire et doit être pensé comme tel. Cependant, il ne peut être assimilé à d’autres notions.

Dans un récent article publié dans la Pensée (2), vous vous montrez plutôt critique de l’intersectionnalité. Pourquoi?

Je ne suis pas critique a priori de l’intersectionnalité. Je ne suis pas contre, je dirais plutôt que je suis à côté. J’ai moi-même proposé dès les années 1970 le concept de consubstantialité. Il veut rendre compte du fait que les rapports sociaux de classe, de race et de sexe sont indissociables, tout en étant différents les uns des autres. Le terme s’est construit autour du travail, travail salarié et travail domestique, et des luttes autour du travail. Il s’est construit dans le cadre d’une analyse structurelle.

Si l’intersectionnalité et la consubstantialité tentent de penser l’articulation entre les différents rapports de pouvoir, et cela dans une visée émancipatrice, elles se distinguent cependant par différents aspects. Le concept de consubstantialité, au contraire de celui d’intersectionnalité, repose sur une lecture matérialiste des faits sociaux.

Pourtant très intéressant, par exemple quand Kimberlé Crenshaw l’utilise d’un point de vue juridique, ce dernier ne permet pas de comprendre comment les rapports sociaux se consolident, se transforment, s’agrègent. Simplement additionner des catégories emblématiques des injustices sociales, femmes + pauvres + noires, cela n’est pas tenir compte de la dynamique qui agit sur ces catégories. Cela ne permet pas d’appréhender les causes de la domination et donne donc moins d’outils pour penser les luttes.

(1) Se battre, disent-elles, textes de Danièle Kergoat, éditions la Dispute, 2012. (2) «Penser la complexité: des catégories aux rapports sociaux», de Danièle Kergoat, la Pensée , no 407, pages 127 à 139.

 

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La gauche en première ligne pour l’égalité

8 Mars 2022, 08:44am

Publié par PCF Villepinte

Du PCF au PS en passant par FI et EELV, les candidats à la présidentielle multiplient les propositions pour changer le quotidien des femmes dont les métiers sont essentiels, mais si dépréciés.

L'Humanité Publié le Mardi 8 Mars 2022 Julia Hamlaoui

REUTERS

Aides à domicile, femmes de ménage, caissières, aides-soignantes… elles exercent des métiers essentiels et sont sous-payées, précarisées, dévalorisées. Souvent les trois à la fois. Quand certains, à l’instar d’Emmanuel Macron, ont fait mine de tomber de leur chaise lorsque leur sort a été mis en lumière par la pandémie, d’autres mettent des propositions concrètes sur la table.

«Ce sont elles, les prolétaires du XXIe siècle», estime le prétendant communiste à l’Élysée, Fabien Roussel, jugeant que «révolutions sociale et féministe se mènent ensemble». Parmi les priorités: la création dune «fonction publique du lien, de lhumain» dédiée à ces missions, «protégées par un statut et avec un salaire qui ne sera pas inférieur à 1700 euros net et 2100 brut», a-t-il annoncé, à Bordeaux la semaine dernière.

Le candidat qui veut également mettre un terme au temps partiel imposé. «On était plus de 2000, place de la République, pour dire que des millions de femmes en dessous du seuil de pauvreté, essentielles au pays, ne seront pas les oubliées de la présidentielle», sest également réjoui, samedi, François Ruffin, dans la foulée dun rassemblement autour de son film Debout les femmes! Jean-Luc Mélenchon, propose ainsi «des discussions secteur dactivité par secteur dactivité pour réévaluer leur salaire et changer leur statut», explique Sabrina Nouri, chargée du dossier chez FI, où lon veut aussi plafonner le recours aux CDD à 10% dans les grandes entreprises.

Le comparatif avec les métiers davantage occupés par des hommes révèle l’ampleur de la tâche, selon l’écologiste Mélanie Vogel. «L’égalité des salaires doit être assurée non seulement à poste égal, mais aussi à travail de valeur égale – avec le même type de qualification, de responsabilité….

C’est le sens de l’éga-conditionnalité des aides publiques que nous proposons», assure la sénatrice EELV. Pas plus que cette égalité professionnelle, l’égalité salariale n’est cependant une réalité, malgré 14 lois visant à l’imposer. En la matière, la socialiste Anne Hidalgo veut «inverser la charge de la preuve» et contraindre «les grandes entreprises à obtenir un certificat qui démontre quelles mettent tout en œuvre», explique Gabrielle Siry-Houari, responsable de ces questions au PS.

Quant à Jean-Luc Mélenchon, il souhaite «la mise en place de contrôles systématiques par des commissions de salariés et lamplification des sanctions», détaille Sabrina Nouri. De son côté, Fabien Roussel entend voir les écarts de salaires disparaître en six mois dans le public et en un an dans le privé, quitte à «nommer un administrateur judiciaire» dans les entreprises récalcitrantes.

Mais le niveau même des rémunérations est aussi en cause. «La hausse du Smic de 15% bénéficiera majoritairement à des femmes puisqu’elles sont les plus nombreuses parmi les salariés concernés», pointe Gabrielle Siry-Houari. Les insoumis visent, eux, 1400 euros net, les communistes comme les écologistes plaident pour 1500 euros net (immédiatement chez les premiers, «dici cinq ans» pour les seconds). Une première étape qui en appellerait d’autres pour la hausse de l’ensemble des salaires.

 

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8 mars. Cinq chantiers pour instituer l’égalité

7 Mars 2022, 07:03am

Publié par PCF Villepinte

La «grande cause» du quinquennat Macron est restée lettre morte. Les inégalités de genre ont prospéré alors que les solutions existent. Organisations féministes et candidats de gauche avancent des propositions pour que progressent enfin les droits des femmes.

L'Humanité Publié le Samedi 5 Mars 2022 Julia Hamlaoui

2000. La parité femmes-hommes dans les mandats et fonctions électifs est votée le 6 juin. En 2008, elle sera inscrite dans la Constitution.

Marta NASCIMENTO/REA

Ce devait être LA grande cause du quinquennat. Emmanuel Macron et le gouvernement n’ont cessé de vanter leur action pour l’éga­lité femmes-hommes. Mais, après cinq années, les féministes en restent coites et cherchent péniblement les maigres avancées. Et pour cause: «Lorsque la sécurité routière a été déclarée grande cause nationale, on parlait de milliards, là, tous ministères confondus, ce sont 360 millions», souligne Céline Piques, porte-parole dOsez le féminisme !

La goutte deau? «Gérald Darmanin et Éric ­Dupond-Moretti nommés respectivement à lIntérieur et à la Justice», assure lautrice de «Déviriliser le monde», paru le 17 février (éd. Rue de l’échiquier), qui pointe aussi des «victoires arrachées par la lutte» sur la PMA pour toutes, le seuil d’âge du consentement ou encore sur lIVG. Beaucoup reste à faire, mais ni les organisations féministes ni la gauche ne sont en mal de propositions pour animer la campagne présidentielle.

1- L’IVG dans la Constitution

La lutte emblématique pour le droit à disposer de son corps a marqué récemment un nouveau point. La loi a été adoptée en février pour allonger le délai légal de l’IVG de douze à quatorze semaines. Reste un énorme point noir: la double clause de conscience pour les professionnelles de santé. À gauche, les principaux candidats proposent de la faire sauter. Certains veulent aussi inscrire dans le marbre de la Constitution le droit à l’IVG.

«Régulièrement, il est remis en cause, via le financement dassociations anti-IVG par exemple», explique Hélène Bidard, de la commission féministe du PCF. Cest aussi une question de moyens, insiste- t-on dans les équipes de gauche. Outre la gratuité de la contraception, le PCF ou la FI veulent, par exemple, investir pour rouvrir des lieux de santé de proximité, dont des centres IVG.

2- Un milliard contre les violences

Dédier un milliard à la lutte contre les violences est une des revendications phares des organisations féministes que tous partagent à gauche. À la FI, le budget est déjà réparti: «460 millions seraient destinés aux associations, 32 millions à la formation, 100 millions au développement des outils statistiques», détaille, Sabrina Nouri, annonçant que Jean-Luc Mélenchon veut «créer un haut-commissariat dédié à la lutte contre les féminicides». Beaucoup de programmes regardent du côté du modèle espagnol.

«Nous voulons une grande loi qui sen inspire, notamment sur la spécialisation des tribunaux», rapporte Gabrielle Siry-Houari, en charge de la question au PS, relevant également le «référent unique dès le signalement» proposé par Anne Hidalgo. «Nos institutions reproduisent les violences de genre, il faut ­reconnaître leur dimension systémique», insiste aussi Mélanie Vogel, porte-parole de Yannick Jadot, qui pointe la formation de toute la chaîne police-justice comme une priorité. Lhébergement durgence et laccès au logement constituent aussi un levier sur lequel il est indispensable dagir, selon le PCF, qui plaide également pour «une prise en charge gratuite et immédiate en psychotraumatologie» des femmes comme des enfants.

3- Une santé dégenrée

Il est un autre domaine où la dénonciation des violences a percé le mur du silence: les soins gynécologiques et obstétricaux. «Infantilisation, non-respect du consentement, épisiotomies systématiques», liste Céline Piques. Les insoumis proposent une loi pour «interdire dexercice les médecins visés par des plaintes pendant la procédure». Mais, en matière de santé, les injustices ne sarrêtent pas là: «De la formation aux premiers secours aux chirurgiens, la médecine est faite pour le corps masculin.

Par exemple, les femmes et les hommes n’ont pas les mêmes symptômes pour les crises cardiaques, or ce sont ceux des hommes qui sont enseignés, les femmes sont donc moins diagnostiquées», rappelle Hélène Bidard, dont le parti propose «un plan national pour former l’ensemble des professionnels». Sans compter les maladies spécifiquement féminines trop longtemps restées sur le carreau, comme lendométriose, que la candidate PS veut ajouter à la liste des affections longue durée.

4- Les salaires en première ligne

Avec la crise sanitaire, les inégalités au travail sont apparues plus criantes que jamais. En la matière, la gauche rivalise de propositions quand l’écart de salaires entre hommes et femmes était encore de 16,5 % en 2021. Fabien Roussel veut nommer un administrateur judiciaire dans les entreprises qui ne respecteraient toujours pas l’égalité salariale un an après son élection, quand Jean-Luc Mélenchon promet d’instituer des commissions de salariés pour effectuer les contrôles avec sanctions financières à la clé.

Anne Hidalgo entend «inverser la charge de la preuve pour que ce soit les grandes entreprises qui aient à démontrer labsence de discriminations». Mais, attention, précise Hélène Bidard, cette égalité salariale doit correspondre non pas strictement à un poste identique mais à une même qualification, des compétences équivalentes. «Les métiers à prédominance féminine sont majoritairement sous-valorisés et donc sous-payés, abonde Mélanie Vogel. Il faut donc qu’à travail de valeur égale avec le même type de qualification, de responsabilité… les hommes et les femmes soient payés pareil», insiste l’écologiste, qui défend une «éga-­conditionnalité» des aides publiques.

5- Une charge mentale partagée

Et puis, reste aussi cette satanée charge mentale si injustement répartie. «80 % des femmes font la cuisine ou le ménage au moins une heure chaque jour, contre 36 % des hommes», souligne lObservatoire des inégalités. Depuis, les confinements sont passés par là: «La flexibilité que certains estiment avoir gagnée avec le télétravail sest beaucoup faite sur le dos des femmes», note Hélène Bidard.

Il s’agit, plaident les candidats de gauche, d’agir dès les plus jeunes âges avec une éducation à l’égalité tout au long du parcours scolaire. Quant à l’allongement du congé paternité pour l’aligner sur le congé maternité, c’est une proposition qu’ils partagent, et qui permettrait de partir sur de bonnes bases à la naissance d’un enfant.

 

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Les Jours heureux seront féministes

7 Mars 2022, 06:51am

Publié par PCF Villepinte

Fabien Roussel, candidat communiste à l’élection présidentielle, veut « une France du travail et de bonne paye, et ainsi de l’autonomie financière pour toutes les femmes ».

Un défi majeur attend les communistes : convaincre que le communisme est la clé pour défendre et porter une révolution sociale, écologique et féministe.

La femme est la prolétaire de l’homme, avec la triple peine d’être les premières à subir les conséquences directes du capitalisme allié au patriarcat : précarité économique, violences sexistes et sexuelles et mise en danger sanitaire. Nous portons au PCF un féminisme-lutte des classes qui met au jour la consubstantialité des enjeux de classe aux enjeux de droits des femmes.

La révolution féministe se mène sur tous les fronts. C’est pourquoi les communistes seront en grève le 8 mars, Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, et manifesteront dans le cadre unitaire de « On arrête toutes » partout en France.

Les militant·e·s communistes y porteront des propositions concrètes et financées pour une mise en œuvre immédiate de l’égalité et la fin des violences de genre : un ministère des Droits des femmes de plein droit, un milliard dédié contre les violences sexuelles et sexistes, l’égalité salariale, et professionnelle, la lutte contre la précarité menstruelle…

La crise sanitaire a révélé́ au grand jour le rôle primordial des femmes, en première ligne dans les secteurs les plus indispensables à la société́ comme à la maison. Nous voulons le réel partage des tâches dites « ménagères » qui représentent l’équivalent de 50 % du PIB et qui reposent à plus de 85 % sur les femmes.

Les femmes sont les premières touchées par la précarité́, le temps partiel imposé, le chômage. Le Haut-Conseil à l’égalité́ rappelle que les femmes représentent 70 % des travailleurs pauvres.

Les salaires des professions qui se sont « féminisés » ont perdu en pouvoir d’achat aussi bien dans le privé que dans le public, et dans les autres elles restent davantage au bas de l’échelle des hiérarchies professionnelles. Parce qu’elles sont présumées innées, les compétences des femmes ne sont pas rémunérées à leur juste valeur et expliquent les 26 % d’écarts salariaux.

Il y a eu 14 lois en France sur l’égalité salariale. Et pourtant encore aujourd’hui, il y a un écart salarial de 16,5 % entre les femmes et les hommes. Les femmes subissent les plafonds de verre.

À travail comparable, nous exigeons un salaire égal ! Fabien Roussel l’a annoncé : nous contraindrons les entreprises à rendre effective l’égalité salariale en un an. L’État montrera l’exemple en la mettant en place en six mois dans la fonction publique. Si les entreprises ne le font pas, nous nommerons des administrateurs judiciaires pour réaliser concrètement cette égalité salariale.

L’égalité du déroulement de carrière dans les entreprises entre les femmes et les hommes deviendra une obligation.

Au ruissellement, nous opposerons le « roussellement » :

Le smic à 1 500 € net, l’augmentation générale des salaires, le dégel du point d’indice des fonctionnaires, la pension minimum à 1200€ net, le rétablissement de la demi-part des veuves et veufs.

Un droit universel à l’emploi, la réduction du temps de travail à 32 heures hebdomadaires, la fin des temps partiels imposés, la possibilité de partir en retraite à 60 ans.

La méthode « CLERC », contre les discriminations existantes dans l’évolution des carrières et les différences de promotion entre les femmes et les hommes, systématisée.

L’inscription du droit à l’IVG dans la Constitution avec moyens associés.

Des moyens et des lieux d’accueil et de conseil pour les victimes et co-victimes de violences sexuelles et conjugales développés sur tout le territoire.

Un plan d’action contre les stéréotypes de genre, avec moyens associés, de la crèche à l’enseignement supérieur et professionnel, pour lutter contre les inégalités.

C’est pour toutes ces raisons que le 8 mars nous ferons la grève féministe et que nous serons dans la rue pour cette journée internationale de lutte pour les droits des femmes.

C’est pourquoi, pour les élections présidentielle et législatives, nous défendons le projet féministe des « Jours heureux ».

Il ne peut y avoir de jours heureux que féministes ! Le féminisme est la promesse des jours heureux.

Pour la commission féministe/droits des femmes du PCF

Hélène Bidard, Mayi Gonzalez, Shirley Wirden

 

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Droits des femmes. Retour sur une année de mobilisations féministes

29 Décembre 2021, 08:59am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité Mercredi 29 Décembre 2021

Kareen Janselme

Une nouvelle loi sur l’inceste et le seuil de consentement, le 3919 sauvé, la PMA acquise pour toutes les femmes: 2021 a permis quelques avancées, mais, faute de volonté politique, le chemin est encore long pour obtenir l’égalité.

Livres chocs, manifestations et nouvelles lois: un tournant samorce dans la compréhension des rapports de domination et la prise en charge des violences sexistes et sexuelles. Mais les structures et les lois avancent moins vite que la société.

1. Convergence des luttes sexistes et sexuelles

L’année n’a pas débuté en douceur. Sous le mot-clé #MeTooInceste, sur les réseaux sociaux, l’avalanche de témoignages dénonçant un père, un oncle, une mère, un grand-père auteurs d’agressions ou de violences sexuelles aura sidéré dès les premiers jours de janvier. Et, toute l’année, de nouveaux scandales, de nouvelles paroles, de nouveaux aveux sont venus noircir nos journaux et la Toile. N’épargnant aucun secteur ni milieu, des collectifs naissaient chaque jour. «Nous nous sommes retrouvées un soir réunies par notre colère», raconte Céline Langlois, du collectif #MeTooThéâtre, né en octobre.

Derniers en date: #MeTooMédias et #MeTooPolitique, cristallisés autour des accusations dagressions sexuelles contre des hommes de pouvoir comme Nicolas Hulot et Patrick Poivre d’Arvor. Le 11 décembre, un collectif agrégeant #MusicToo, #MeTooMédias, #MeTooPolitique, #MeTooInceste, #MeTooVin, #PayeTonTournage, #MeTooGay et bien d’autres interpellait le président de la République, qui s’était vanté de faire de la lutte contre les violences sexuelles une grande cause nationale. Alors que cinq ans ont passé et qu’une nouvelle campagne présidentielle commence, les «#MeToo réunis interpellent les candidat.e.s et leur posent une simple question: quallez-vous faire pour que les hommes cessent de harceler, dagresser et de violer?».

Cette demande accompagnait déjà les marches du 20 novembre, organisées pour la troisième année par le collectif #NousToutes. «Des manifestations féministes dune ampleur inédite en France, joyeuses et déterminées», résumait la fondatrice du collectif Caroline De Haas, avant de tirer sa révérence, laissant la «main à une nouvelle génération». Sur les pancartes, partout en France, les militantes rappelaient que, chaque année, 220000 femmes sont victimes de violence, et que seules 18 % portent plainte. Et 73 % de ces démarches sont classées sans suite. À quatre mois des élections, les associations féministes attendent toujours des moyens, des propositions claires et engageantes des candidats.

2. Des outils obtenus grâce à la solidarité

«Les équipes du 3919 ont un savoir-faire précieux et une démarche militante à sauvegarder, car ce n’est pas un simple accueil administratif», insistait en début d’année Éric Bocquet, co-rapporteur pour la commission des Finances d’une analyse sévère des mesures mises en place par le gouvernement contre les violences conjugales. Le sénateur communiste, qui avait auditionné Solidarité femmes, l’association créatrice de la ligne d’écoute, s’inquiétait de voir son rôle évincé par un autre organisme à la suite d’un appel d’offres surprise de l’exécutif. Finalement, la mobilisation des associations féministes a payé. Le 3919 est toujours géré par les militantes de Solidarité femmes et 73 associations satellites. Et, depuis le 30 août, cette ligne est enfin disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

Malgré cela, en 2021, Chahinez, 31 ans, était tuée par balles et immolée en pleine rue à Mérignac par son ex-mari. Stéphanie, 22 ans, était poignardée par son compagnon à Hayange. Comme Païta, Valérie, Bouchra, Irène… «1700 femmes actuellement bénéficient d’un téléphone grave danger, il faut changer de braquet et porter ce nombre à 5000, dès quil y a tentative dhomicide. On peut être très réactif et le téléphone peut être donné dans la journée même», réagissait en mai Ernestine Ronai, responsable de l’Observatoire des violences envers les femmes de Seine-Saint-Denis, à l’origine de ce dispositif préventif en France.

Le 9 juin, à la suite de deux rapports sur les féminicides, le gouvernement annonce le contrôle des acquisitions et détentions d’armes, la création d’un fichier des auteurs de violences conjugales, le renforcement du recours aux bracelets anti-rapprochement. Pourtant, cet automne encore, seuls 245 bracelets étaient activés. Les décisions sont lentes, les besoins immenses. Comme le dénonçait Anne-Cécile Mailfert, de la Fondation des femmes, en novembre: «Plus de 20000 femmes auraient besoin dun hébergement durgence pour pouvoir quitter leur domicile, mais les demandes ne sont pas pourvues pour plus dun tiers des femmes avec enfant et la moitié des femmes sans enfant.»

Le 22 décembre, le recensement du groupe Féminicides par compagnons ou ex comptait 110 femmes décédées durant l’année 2021. Un triste écho aux 111 noms de victimes de l’année précédente affichés dans les rues de Paris par le collectif Collages féminicides il y a moins d’un an.

3. Inceste: dun livre à la loi

Le livre choc, difficile mais nécessaire, la Famila grande de Camille Kouchner ouvrait une nouvelle séquence alors que s’ouvrait l’année 2021. L’autrice évoquait pour la première fois publiquement l’inceste sur son frère de son beau-père, Olivier Duhamel, politologue reconnu. Le 14 janvier retentissait un nouveau hashtag sur la Toile: #MeTooInceste . Des milliers de personnes racontaient leur histoire, souvent tue depuis des années. Le 21 avril, la loi visant à protéger les mineurs des crimes et délits sexuels créait de nouvelles infractions sexuelles, dont l’inceste. «Aucun adulte ne peut se prévaloir du consentement sexuel dun enfant sil a moins de 15 ans, ou moins de 18 ans en cas d’inceste.» Jusqu’ici, l’inceste était considéré comme une circonstance aggravante de viols, agressions sexuelles et atteintes sexuelles, et non un crime en soi.

Mais ce n’est qu’un début. Après deux ans et demi de travaux, la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église rendait à son tour un document accablant le 5 octobre 2021. Le rapport Sauvé dénombrait 330000victimes de linstitution religieuse depuis soixante-dix ans. La commission effectuait 22 signalements à la justice. De son côté, la Commission sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) entamait un tour de France pour recueillir la parole.

 «En réalité, les enfants ont toujours parlé, assure le juge Durand, pilote de la Ciivise, mais ils n’ont pas été écoutés, compris, respectés. Aujourd’hui, leur parole nous oblige.» Sa mission doit se poursuivre jusqu’en 2023, mais, contre toute attente, la commission a déjà émis des recommandations, comme la suspension de l’autorité parentale de la personne poursuivie, son retrait systématique en cas de condamnation et la levée des poursuites pénales du parent protecteur pour «non-représentation denfant» lors dune ouverture denquête à lencontre de lautre parent pour inceste.

4. Mon corps, mon choix, ma PMA

L’histoire est à rebondissements et la loi enfin acquise. Promise en 2016 par le candidat François Hollande, puis par Emmanuel Macron en 2017, il a fallu attendre le 2 août 2021 pour que la loi relative à la bioéthique élargisse la procréation médicalement assistée aux couples de femmes et aux femmes célibataires. Un nouveau mode de filiation est mis en place pour les enfants nés par PMA d’un couple lesbien. C’était aussi l’une des revendications phares de la marche lesbienne qui a réuni 10000 personnes à Paris le 25 avril, du jamais-vu depuis les années 1980.

Un mois auparavant, le congé second parent (pour le père et désormais la deuxième mère) était allongé de quatorze à vingt-huit jours. Mais pour l’instant seule la première semaine peut être imposée à l’employeur et l’ensemble doit être pris dans les six premiers mois de la naissance. De fait, les plus précaires restent privés de ce droit, car, si 80 % des seconds parents en CDI et 9 fonctionnaires sur 10 prennent leur congé parental, les contractuels le déclenchent une fois sur deux. Quant aux demandeurs d’emploi, seuls 13 % se le permettent. Cet allongement n’est qu’une «demi-mesure» pour le collectif PAF (Pour une parentalité féministe), qui revendique «un congé paternité du second parent égal à celui du congé maternité» pour rétablir l’équilibre des tâches parentales et domestiques au sein du couple.

À nouveau le gouvernement s’est arrêté à la moitié du chemin concernant la contraception. Au 1er janvier 2022, elle sera gratuite jusqu’à 25 ans, et non plus seulement jusqu’à 18 ans. Mais «pourquoi pas de remboursement des patchs et des anneaux, deux dispositifs hormonaux qui ne sont pas remboursés par lassurance-maladie?» interroge le Planning familial, qui s’inquiète que cela entraîne un nouveau frein à leur accès.

5. Vers l’égalité économique et professionnelle?

Emmanuel Macron évoquait l’égalité professionnelle comme prioritaire en début d’exercice… Il ne restait plus que quelques mois pour agir. La timide proposition de loi pour «une égalité économique et professionnelle réelle» a été définitivement adoptée le 16 décembre. Elle impose un quota dau moins 30 % de femmes en 2027 parmi les cadres dirigeants dans les entreprises dau moins 1000 salariés. Les établissements supérieurs devront calculer un «index de l’égalité» à limage de celui rendu obligatoire aux entreprises, quand les jurys dadmission aux grandes écoles devront être plus mixtes.

Pour prévenir les violences économiques au sein du couple, la loi prévoit l’obligation de verser le salaire et les prestations sociales individuelles sur un compte bancaire dont le salarié est le détenteur ou le codétenteur. Les familles monoparentales seront favorisées pour obtenir une place en crèche.

Pour Laurence Cohen, sénatrice du groupe CRCE, qui s’est abstenu de voter, le titre de la loi est «trompeur» et peu ambitieux: «Les entreprises de moins de dix salariés représentent 96 % du nombre total; celles de plus de mille salariés moins de 1 %.» La sénatrice ne soutient pas cette loi muette sur la place des hauts cadres femmes dans la fonction publique, son index égalité flou… «Ce texte est un tout petit pas, principalement au profit des classes très favorisées, à limage de ce quinquennat» a-t-elle expliqué devant les parlementaires.

Un constat que confirme le refus de déconjugaliser l’allocation aux adultes handicapés une nouvelle fois cette année. Pourtant, 34 % des femmes en situation de handicap sont victimes chaque année de violence de la part de leur conjoint. Mais en continuant d’intégrer le revenu du compagnon dans le calcul de l’allocation, le gouvernement choisit d’exposer davantage ces personnes à une dépendance et une vulnérabilité économiques. Malgré la pandémie, malgré les odes aux premières de corvée, l’année 2021 n’a pas été propice à des mesures plus égalitaires pour les précaires.

Malgré les déconvenues, sans relâche, les femmes sont mobilisées, unies et solidaires pour obtenir, de haute lutte, quelques conquêtes.

 

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ARAGON – La femme est l'avenir de l'homme

18 Novembre 2021, 15:22pm

Publié par PCF Villepinte

Le poète a toujours raison
Qui voit plus haut que l'horizon
Et le futur est son royaume
Face à notre génération
Je déclare avec Aragon
La femme est l'avenir de l'homme

Entre l'ancien et le nouveau
Votre lutte à tous les niveaux
De la nôtre est indivisible
Dans les hommes qui font les lois
Si les uns chantent par ma voix
D'autres décrètent par la bible

Le poète a toujours raison
Qui détruit l'ancienne oraison
L'image d'Eve et de la pomme
Face aux vieilles malédictions
Je déclare avec Aragon
La femme est l'avenir de l'homme

Pour accoucher sans la souffrance
Pour le contrôle des naissances
Il a fallu des millénaires
Si nous sortons du moyen âge
Vos siècles d'infini servage
Pèsent encore lourd sur la terre

Le poète a toujours raison
Qui annonce la floraison
D'autres amours en son royaume
Remet à l'endroit la chanson
Et déclare avec Aragon
La femme est l'avenir de l'homme

Il faudra réapprendre à vivre
Ensemble écrire un nouveau livre
Redécouvrir tous les possibles
Chaque chose enfin partagée
Tout dans le couple va changer
D'une manière irréversible

Le poète a toujours raison
Qui voit plus haut que l'horizon
Et le futur est son royaume
Face aux autres générations
Je déclare avec Aragon
La femme est l'avenir de l'homme

 

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Violences faites aux femmes : Manifestons ce 20 Novembre !

18 Novembre 2021, 15:12pm

Publié par PCF Villepinte

Publié le 17/11/2021 par PCF

Dans les tous domaines de la vie et à tous les âges, les injures, le viol, le harcèlement, les coups… sont de mortifères violences qui s’ajoutent à la violence capitaliste. Les femmes précaires en sont les premières victimes : précarité économique, violences sexistes et sexuelles au travail, mais aussi violences sanitaires car elles sont aussi en première ligne des métiers aux conditions de travail néfastes pour la santé.

 

Le Haut Conseil à l’égalité rappelle que les femmes représentent 70 % des travailleurs pauvres. Les maladies professionnelles, les accidents du travail et de trajet sont en forte augmentation chez les femmes, en particulier dans des secteurs à forte précarité : santé et nettoyage où l’augmentation des accidents du travail ont augmenté depuis 2001de 81 %. (1)

Les violences se cumulent avec les haines, le racisme ou les LGBTQI-phobies comme porte- étendards des extrêmes droites. Le suicide de la jeune adolescente Dinah a fait suite à des années de harcèlement fondé notamment sur la lesbophobie, le mépris de classe et le racisme. Le (cyber) harcèlement ne fait qu’augmenter et cible en majorité les jeunes filles.

La culture du viol se répand notamment par la publicité et les contenus de médias sexistes mais aussi par le système porno-prostitueur. Les enquêtes relayées par Osez le féminisme démontrent que 88 % des vidéos pornographiques visionnées en ligne contiennent des scènes de violences sexuelles contre les femmes (2) y compris racistes. C’est pourquoi nous sommes résolument abolitionnistes. Les MeeToo s’enchainent désormais : théâtre, inceste, sport, média, politique, etc., mais aucun changement de société profond ne suit. Les violences gynécologiques et obstétricales font partie du débat public sans réaction à la hauteur des enjeux. Un outil comme le violentomètre permet aux professionnel·le·s en contact avec les adolescent·e·s d’engager des discussions préventives sur les violences sexistes et sexuelles.

En France, une femme est assassinée tous les 3 jours, tuée par son (ex) conjoint en raison de son genre. La société ne doit plus traiter ces meurtres comme des faits divers ou des « crimes passionnels » mais bien comme des féminicides, au même titre que les infanticides et transféminicides. En effet, les enfants, les personnes trans, les prostitué·e·s victimes de la traite sexuelle des êtres humains subissent les mêmes violences causées par le patriarcat.

Il est urgent d’opérer un virage politique global dans la société française. Le vote d’une loi-cadre, sur le plan répressif comme préventif, accompagnée d’une hausse considérable des moyens publics alloués à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, permettront d’apporter une réponse à la hauteur pour endiguer ces violences. En refusant de s’attaquer au système patriarcal dans son ensemble, le gouvernement ne fait que distiller des « mesurettes » (qui ne sont jamais financées et donc pas appliquées) servant davantage sa communication que l’intérêt des droits des femmes. Combien de Téléphones Grave Danger ou de bracelets anti-rapprochements distribués pour combien de femmes victimes de violences ?

Les solutions existent pourtant, portées par les associations féministes depuis des décennies. Le PCF exige ainsi 1 milliard pour lutter contre les violences faites aux femmes et l’adoption d’une loi-cadre sur les violences intrafamiliales.

Contre toutes ces violences faites aux femmes, manifestons toutes et tous cette année le 20 novembre pour la journée internationale de lutte (3). Parce que cette lutte est internationaliste, nous manifestons aussi avec les femmes polonaises en lutte pour le droit à l’avortement, avec les femmes afghanes qui subissent le retour des talibans, avec les jeunes filles victimes de mutilations génitales partout dans le monde, avec les femmes qui luttent contre le viol comme arme de guerre, pour protéger les jeunes filles enlevées à des fins d'esclavage sexuel par les islamistes, et tant d’autres encore. 

Shirley Wirden

 

____________________________

1. Rapport HCE n°2017-05-29-SAN-O27 publié le 29 mai 2017.

2. « Agression and sexuel behavior in best selling pornography videos : a content analysis update » in Violence against women, 16, 10 : 1065-1085, 2010.

3. Qui a lieu tous les 25 novembre.

 

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3 Novembre 2021, 13:22pm

Publié par PCF Villepinte

 

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#3Novembre9h22. Rebecca Amsellem : « Nos propositions pour réduire les écarts de salaire entre hommes et femmes »

3 Novembre 2021, 13:18pm

Publié par PCF Villepinte

Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars 2021 à Paris. Alain Guilhot/Divergence

L'Humanité Mercredi 3 Novembre 2021

Eugénie Barbezat

Depuis cinq ans, Rebecca Amsellem calcule la date à laquelle les femmes commencent à travailler gratuitement du fait des inégalités salariales en faveur des hommes. Cette année, la disparité commence ce 3 novembre, à 9h22. Il y 5 ans, c’était le 7 novembre. Comment faire face à cette inégalité qui continue de s'accroître ? ENTRETIEN

La fondatrice de la newsletter féministe les Glorieuses, à l’initiative du mouvement annuel en faveur de l’égalité salariale, lance une pétition #3Novembre9h22 et des propositions à l’intention des prétendants à l’élection présidentielle.

Comment vous est venue l’idée de lancer cette opération?

REBECCA AMSELLEM Il y a cinq ans, j’ai vu une photo très impressionnante: des Islandaises descendues en masse dans les rues de Reykjavík pour réclamer l’égalité salariale. En Islande, il y a, depuis les années 1970, un engagement politique de syndicalistes qui, tous les cinq ans, calculent la date et l’heure à laquelle les femmes devraient s’arrêter de travailler si elles étaient payées autant que les hommes. Dans ce pays, où les écarts de salaires sont beaucoup moins élevés qu’en France, la quasi-totalité des 2millions de femmes se mobilisent. Je me suis dit quon devrait faire pareil en France!

Sur quelles sources statistiques vous basez- vous et quelle évolution constatez-vous?

REBECCA AMSELLEM J’ai choisi d’effectuer le calcul à partir des données d’Eurostat, l’organisme de statistiques de l’Union européenne, afin de faciliter les comparaisons avec nos voisins. Je divise la différence de salaire par le nombre de jours ouvrés et j’obtiens la date précise à partir de laquelle les femmes travaillent «gratuitement». Hélas, ce jour est de plus en plus tôt dans lannée: il y a cinq ans, c’était le 7 novembre, à 16h34, et la différence de salaire était de 15,2 % en défaveur des femmes. Aujourd’hui, elle représente 16,5 %, soit 1,3 point de plus.

Quel écho votre initiativea-t-elle eu?

REBECCA AMSELLEM La première année, cela a eu un gros retentissement et, dès la deuxième année, la syndicaliste CGT Sophie Binet l’a portée lors de la Journée des droits des femmes, le 8 mars. Nous cherchons aujourd’hui à remettre cette question de l’égalité salariale dans le débat public et que des hommes et femmes politiques s’engagent à agir concrètement en ce sens. Il faut des politiques publiques pour rendre l’égalité salariale incontournable.

Quelles sont vos propositions pour réduire les écarts de rémunération entre hommes et femmes?

REBECCA AMSELLEM Nous préconisons de conditionner l’accès aux financements, aux subventions, aux aides et aux marchés publics à l’exigence d’égalité salariale au sein des entreprises. C’est une mesure simple qui ne coûte rien, c’est juste une question de volonté politique! On pourrait même aller plus loin, en exigeant une parité dans les postes à responsabilité, qui sont plus rémunérateurs. La proposition de loi adoptée le 27 octobre au Sénat, qui prévoit une proportion d’au moins 30 % de femmes en 2027 et de 40 % en 2030, parmi les cadres dirigeants et les membres des instances de direction dans les entreprises d’au moins 1000 salariés, va dans le bon sens. Mais lentement. Une autre mesure efficace serait un congé parental d’égale durée pour les deux parents. Il faut aussi lutter contre lidée reçue que les femmes choisissent des métiers moins rémunérateurs, comme ceux du soin ou de l’enseignement. En réalité, il s’agit d’un choix de société. Le plan de relance décidé par le gouvernement prévoit d’injecter 15 milliards d’euros dans l’aéronautique, un secteur où travaillent seulement 23 % de femmes, et 7 milliards dans les métiers du numérique, où la proportion de femmes n’est que de 20 %. Cela prouve bien que l’exécutif n’a délibérément pas décidé de valoriser les métiers à prédominance féminine, dont l’utilité sociale n’est pourtant plus à démontrer. Nous souhaitons que l’argent public aille vers ces secteurs particulièrement féminisés.

Y a-t-il des pays où l’on tend vers davantage d’égalité salariale?

REBECCA AMSELLEM La Suède, la Norvège, l’Islande et la Suisse sont des pays où les écarts de rémunération sont les moins élevés. La Nouvelle-Zélande a adopté, en 2020, une loi qui vise à rétablir l’égalité des salaires entre les hommes et les femmes pour des emplois différents mais de valeur égale. Et le Rwanda figure en quatrième position des plus égalitaires. Depuis la fin du génocide de 1994, les femmes y ont connu une ascension fulgurante. Certes, c’est parce que beaucoup d’hommes ont été tués, mais, avec le temps, elles conservent leurs postes de décision au sein des entreprises.

 

 

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