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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

feminisme

VIDEO: Rassemblement contre les violences faites aux femmes

29 Septembre 2010, 11:12am

Publié par PCF Villepinte

 

 

La place des femmes dans la société- le pouvoir qu'elles ont ou pas- est une question centrale dans tout projet politique. En luttant pour gagner de nouveaux droits, les femmes ont fait progresser la société toute entière.

 

 

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Printemps des poètes 2010

10 Mars 2010, 08:20am

Publié par PCF Villepinte

 «On ne consacrera jamais assez de temps aux femmes »
La comédienne Dominique Blanc est la marraine du 12ème Printemps de Poètes qui est, cette année, dédié aux femmes. L’Humanité est partenaire de la manifestation.


-  Pourquoi avez-vous choisi d’être la marraine de la 12ème édition du Printemps des poètes, consacré, cette année, aux femmes poètes ?

DOMINIQUE BLANC : Cela s’est passé de façon très simple : en juin de l’année dernière j’ai reçu un coup de téléphone de l’écrivain Jean-Pierre Siméon qui organise cette manifestation nationale depuis 12 ans (1). Lorsqu’il m’a expliqué que cette année était consacré aux femmes et m’a proposé le rôle de marraine, j’ai été très touché. J’ai accepté cette responsabilité. Je connais peu la poésie contemporaine féminine, j’ai donc pensé que ce serait une occasion formidable de me plonger là dans cet univers. Puis si ma petite renommée peut aider à faire connaître ces femmes poètes qui restent dans l’ombre, il faut y aller !

-  Que révèle le fait qu’il existe une journée pour les femmes, des manifestations dédiées aux femmes, un « créneau », somme toute, consacré aux femmes, sur la place de celles-ci dans notre société ?

DOMINIQUE BLANC : Certains sont un peu consternés et d’autres en colères qu’il y ait justement une journée ou une semaine dédiée aux femmes. On ne consacrera jamais assez de temps aux femmes. Je ne veux pas dire que cela fait vingt siècles que l’on s’occupe des hommes mais un peu tout de même ! Il y a un éclairage des cultures au masculin dans toutes les régions du monde, alors il serait, désormais, assez passionnant de s’intéresser tout d’un coup, pour de vrai et concrètement au continent féminin. J’ai été très touché par l’exposition sur les artistes femmes mise en scène au Centre Pompidou à Paris [1] : j’y vois comme le signe de quelque chose de neuf dans nos sociétés. Il est et il sera toujours important de s’intéresser et d’être positif à ce type de démarche. Car on sait pertinemment qu’en cas de crise, la première population touchée, la plus vulnérable et la plus fragile économiquement, c’est les femmes. Il ne faut donc jamais cesser de s’y intéresser, de s’enthousiasmer, de se passionner.

-  Selon vous, ce type d’initiatives peut-il faire progresser les mentalités et la condition des femmes ?

DOMINIQUE BLANC : J’écoutais ce matin encore la revue de presse de France Inter, qui citait une étude à paraître prochainement dans la revue du CNRS. Cette enquête révèle qu’une entreprise à l’environnement très féminin est beaucoup plus performante qu’une autre très masculine : la différence est de près de 100%… Et en terme de créations d’emplois, la différence est de plus de 150% ! Donc, sans vouloir toujours mettre les chiffres en avant, il est évident que tant que la parité n’existera pas, à la fois dans le monde politique, économique, industriel et culturel que dans le celui des salaires, notre société ne se sera pas vraiment accomplie…

-  Quel serait votre idéal de société justement ?

DOMINIQUE BLANC : Je rêve toujours d’une société comme celle qui existe en Europe du Nord, en Suède, ou j’ai tourné, on se rend compte que les femmes sont très engagées dans le gouvernement, à quasiment 50%, au même titre que dans la société, très égalitaire, où les hommes sont eux très engagés dans l’éducation des enfants, puisqu’il y a des congés paternels qui peuvent durer deux ans. Il existe une vraie parité. Dans les entreprises, il y a aussi plus de femmes occupant des postes à hautes responsabilités. Il est magnifique de voir comme la vie est équilibrée pour les deux sexes. Je suis certainement quelqu’un de très utopique mais je rêverai d’une telle harmonie. En France, quand on regarde le taux de représentation des femmes dans l’Assemblée nationale ou au Sénat, on voit à quel point l’univers politique est élitiste, très retiré sur lui-même : c’est désolant.

-  Et vous, en tant que femme, justement, à quelles difficultés avez-vous été confronté pour obtenir un premier rôle ?

DOMINIQUE BLANC : J’espère que vous avez du temps ! Les choses ont été très très longues pour moi, au théâtre comme au cinéma. Je ne sais plus qui disait : « ce qui est intéressant, ce n’est pas d’obtenir l’étoile, c’est le chemin lorsqu’on est en route pour l’étoile qui est passionnant ». Maintenant qu’il semblerait que la situation soit un peu plus stable pour moi, et encore on n’est jamais sûr de rien dans ce métier, je ne regrette pas du tout que ce parcours ait été difficile, je crois que cela m’a aidé à quantifier mon désir et à le préciser. Cela a été difficile au théâtre parce que je ne connaissais personne. J’ai d’abord été remarquée et engagée par Patrice Chéreau pour jouer dans la pièce d’Ibsen « Peer Gynt », mais ensuite je suis retournée au néant.

-  Comment vous en êtes vous sortie ?

DOMINIQUE BLANC : J’ai écris à plusieurs metteurs en scène, j’ai eu des petits rôles au théâtre jusqu’à ce qu’on me propose pour la première fois de jouer Suzanne, dans « Le mariage de Figaro », mise en scène par Jean-Pierre Vincent, avec les comédiens André Marcon, Didier Sandre… J’ai été complètement stupéfaite qu’il me propose ce rôle, car je n’avais pas fait le conservatoire. Cela faisait une dizaine d’années que je rêvais d’un premier rôle, j’avais un peu galéré, fait beaucoup de petits boulots, et je trouvais incroyable que cet homme, administrateur de la Comédie Française à l’époque et qui pourrait choisir toutes les jeunes premières du conservatoire, se tourne vers moi : « la self-made woman » ! Avec le personnage de Suzanne, j’ai eu l’impression que j’accédais à mon premier rôle, pour de vrai au théâtre, et ça a été le début du merveilleux. Je me suis tout de suite renseigné pour savoir si les comédiens André Marcon et Didier Sandre avaient fait le conservatoire… et ce n’était pas le cas, alors cela m’a rassuré ! Puis, j’ai été incroyablement gâtée, j’ai joué les personnages de Célimène dans le Misanthrope de Molière, Nora dans « Une Maison de Poupée » d’Ibsen, Phèdre, puis « La Douleur » de Marguerite Duras… Au théâtre, j’ai eu des rôles magnifiques.

-  Et au cinéma ?

DOMINIQUE BLANC : Mon parcours a été plus long. J’ai commencé par le bas de l’échelle en faisant de la figuration à l’ANPE , puis des petits rôles et des seconds rôles. La première fois qu’on m’a offert un rôle principal, c’était dans « l’Affut » de Yannick Bellon, un film de 1992 qui est sorti en pleine explosion écologiste dans le milieu politique. Ce film a été probablement l’un des plus grands bides de l’histoire du cinéma ! J’ai alors pensé que j’allais probablement retourner dans la pénombre d’où je venais…

-  Puis vous avez eu de très beaux rôles, des rôles difficiles, de femmes abandonnées, trahies, désemparées, blessées… L’un d’eux, dans le film « Stand-By » vous a valu un César de la meilleure actrice en 2001, et plus récemment vous avez reçu le Prix d’interprétation féminine à la Mostra de Venise pour « L’autre » de de Patrick-Mario Bernard et Pierre Trividic. Qu’est-ce qui vous intéresse dans ces personnages en souffrance ?

DOMINIQUE BLANC : C’est très étrange. Il y a plusieurs choses. D’une part, je pense que j’aime la difficulté, j’aime donc aller vers des rôles forts, et les femmes qui souffrent sont des rôles forts. J’ai tendance à choisir des rôles de femmes qui sont dans une certaine aliénation et vont s’en libérer, car j’aime défendre ces personnages. Ils me touchent. J’ai longtemps été attirée par la souffrance, je ne le suis plus. Puis j’ai une façon de travailler qui a évolué, désormais je ne souffre plus lorsque j’incarne un personnage en souffrance. Quand je joue « La Douleur » sur scène, les spectateurs viennent souvent me dire, à la fin, que cela doit être éprouvant : certes c’est éprouvant, mais en même temps je reçois énormément car incarner un personnage qui a été courageux, résistant pendant la guerre, ça vous grandit ! Alors pourquoi les metteurs en scène et réalisateurs me proposent-ils souvent des rôles de femmes en souffrance ? Je ne sais pas, il y a une part de mystère là-dedans, une part d’étrangeté que je ne maîtrise pas. Maintenant, c’est vrai que j’aimerais aller vers la comédie parce que c’est un terrain que je n’ai pas encore tout à fait fréquenté. Et le peu que j’en ai fais m’a beaucoup plus.

-  Remarquez-vous une évolution de la représentation des femmes dans le cinéma, aujourd’hui ?

DOMINIQUE BLANC : Oui ! Un bel exemple positif : à soixante ans, Meryl Streep vient de faire deux succès planétaires au cinéma avec les films « Mamma Mia » de Phyllida Lloyd et « Pas si simple » de Nancy Meyers. Donc, tout d’un coup, cette femme de soixante ans redevient « bankable ». Et si ce projet a été possible, elle le dit elle-même, c’est parce que des femmes ont produit ces films. Certes des femmes ont été à l’origine de ces projets, elles ont écrit les scénarios et réalisé les films, mais le plus étonnant c’est que ce sont aussi des femmes qui ont financé ces long-métrages. Je pense, et j’espère, que cette même situation va bientôt arriver chez nous. Car, aujourd’hui, dans le cinéma français, nous avons la chance d’avoir beaucoup de femmes réalisatrices, scénaristes, chef-opérateur, ingénieurs du son, et même certaines qui veulent devenir machinistes, le métier se féminise beaucoup… mais, en revanche, il existe encore beaucoup de résistance pour laisser aux femmes les postes de pouvoir, de production. Alors quand les chaines de télévision, les radios, privées ou publiques, seront dirigées aussi par les femmes, quand tous ces postes clefs de pouvoir économiques seront largement partagés par des femmes, je pense que les scénarios bougeront et qu’on se mettra à écrire davantage de rôles pour les femmes de cinquante, soixante, soixante-dix ans, et plus.

-  Quel souhait voulez-vous faire aujourd’hui ?

DOMINIQUE BLANC : J’aimerais qu’il y ait plus de rôles féminins au cinéma et dans le théâtre contemporain, des rôles qui ne se situent pas forcément entre « la maman et la putain » ! Il serait juste que les femmes poètes que l’on ne connaît pas puissent être éditées, cela pourrait créer de nouvelles vocations chez les filles. Il serait bénéfique pour tous que les artistes au féminin puissent s’exprimer davantage, qu’elles soient reconnues dans leur différence. Actuellement, nous subissons encore une tradition gauloise déplorable : nous sommes l’un des pays d’Europe où les femmes travaillent le plus, sont à la fois femme au foyer, mère parfaite, salariée, responsable des tâches domestiques, c’est toujours aussi consternant. Alors, tant qu’on parlera des femmes, cela fera avancer cette cause… qui concerne tout de même la moitié de la population ! Il ne faut donc pas cesser de s’engager. Il s’agit de pouvoir construire avec les hommes pour vivre ensemble.

Entretien réalisé par Anna Musso

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Journée du 8 Mars 2010

7 Mars 2010, 18:58pm

Publié par PCF Villepinte

Cent ans et plus de luttes féministes


8 mars 1910, 8 mars 2010. De l’initiative de Clara Zetkin et des femmes socialistes à la conquête du droit de vote, du droit à disposer de son corps à la revendication de l’égalité, le combat féministe continue.
Dans l’Humanité lundi, 20 pages spéciales. Reportages, enquêtes, entretiens, portraits…

Cent ans et plus… Olympe de Gouges, Flora Tristan ou Louise Michel, pour ne citer qu’elles, se battaient il y a plus d’un siècle pour la liberté des femmes et pour l’égalité avec les hommes. Mais c’est en 1910, à l’initiative de Clara Zetkin et des femmes socialistes, qu’a été lancée l’idée d’une journée symbolique proclamant par là même, pour la première fois, la dimension internationale de cette lutte et la nécessaire solidarité des femmes de tous les pays. C’est dans ce début du XXe siècle qui a vu l’expansion d’un capitalisme industriel féroce que, de New York à Saint-Pétersbourg, des femmes prolétaires, aux avant-postes des luttes sociales, ont fait se conjuguer la lutte pour l’égalité entre les sexes avec celle pour une société d’ou serait bannie l’exploitation des unes et des uns par les autres.

1910, 2010. Les femmes ont, en France, arraché de grandes conquêtes. Mais « arraché » est un mot bien faible. Ce n’est qu’après la guerre contre les nazis, avec la victoire et la mise en œuvre du programme du Conseil national de la Résistance, qu’elles ont obtenu, en 1944, le droit de vote. Ce n’est qu’après le procès historique d’une très jeune fille défendue devant le tribunal de Bobigny par Gisèle Halimi et l’organisation revendiquée d’avortements clandestins à travers toute la France qu’elles ont obtenu en 1975 le droit à la contraception libre et à l’IVG.

1910, 2010. « Il fallait se battre il y a cent ans, il faut se battre aujourd’hui », lance Maya Surduts, présidente de la Cadac (Coordination des associations pour le droit à l’avortement et à la contraception) et animatrice du Collectif national pour les droits des femmes. Á quelques jours du 8 mars, le 25 février dernier, le Collectif pouvait se réjouir de voir l’Assemblée nationale adopter enfin plusieurs mesures issues de sa proposition de loi contre les violences faites aux femmes, [1] ce fléau que notre société patriarcale tolère encore trop facilement et qui fait que, chaque semaine en France, trois femmes meurent sous les coups de leur conjoint. Le vote des députés est une étape dans un combat engagé depuis plusieurs années par les associations féministes en collaboration étroite avec des députées de gauche, notamment Marie-George Buffet (PCF) et Martine Billard (ex-Verts, aujourd’hui PG), et porté par elles à l’Assemblée. Une étape seulement, puisque le texte voté comporte de nombreuses insuffisances, particulièrement concernant les femmes immigrées, directement dues aux amendements des élus de droite. Mais une étape qui donne néanmoins aux femmes de nouveaux moyens de se défendre et de lutter. Une étape qui est aussi un formidable encouragement à ne pas baisser les bras et à agir sur tous les terrains, dans la rue comme dans les assemblées élues.

« Il faut lier au maximum les luttes pour les droits des femmes avec les autres luttes sociales, parce que nous sommes tous dans le même bateau », poursuit Maya Surduts, en dénonçant toutes les attaques contre le service public et en annonçant, alors que les fermetures de maternités et de services pratiquant des IVG se multiplient, une mobilisation nationale pour la défense du droit à l’avortement, car « les femmes sont conscientes que c’est un acquis fondamental et qu’elles ne peuvent pas se permettre de le perdre ». D’ailleurs, ce 8 mars, la manifestation pour les droits des femmes qui, à Paris, ira de la place de la Nation à la à la place de la Bastille fera une halte à la rencontre des personnels et des syndicats de l’hôpital Saint-Antoine, dont la maternité et le service des IVG, déjà regroupés avec ceux de l’hôpital Tenon, sont menacés de fermeture à la fin de 2010.

Et le 18 mars devant l’APHP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris), un rassemblement large et unitaire aura lieu pour défendre une conception de la santé pour tous, respectueuse des patients comme de ceux qui les prennent en charge. Les associations de défense des droits des femmes y seront aux côtés des syndicats et du collectif de défense des services publics.

Mais ce 8 mars sera aussi le jour du lancement de la troisième Marche mondiale des femmes (2) sur les cinq continents. Son objectif : « surmonter l’ordre actuel injuste qui entraine la violence et la pauvreté et construire un monde basé sur la paix, la justice, l’égalité, la liberté et la solidarité. »

Jacqueline Sellem

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Tribune & idées

7 Mars 2010, 09:18am

Publié par PCF Villepinte

Louise Michel. Féministe et révolutionnaire 
:« Révolution, mes amours  ! »
         
           
   
À la veille de 
la Journée internationale 
des femmes, 
portrait de l’une 
des grandes figures 
de la Commune et 
du mouvement ouvrier français. Elle fut une combattante inlassable de l’injustice sociale 
et de l’émancipation féminine (*).

Victor Hugo lui a dédié un poème, Viro Major (plus grande qu’un homme  !). Verlaine voyait en elle « l’ange gardien du pauvre ». Séverine (la première femme journaliste) admirait « Louise de la misère et de la miséricorde, vibrante comme la révolte ». Georges Clemenceau saluait « une chrétienne des premiers jours ». Mais si Louise Michel vivait aujourd’hui, nul doute qu’elle nous inciterait à brûler les banques… La bâtarde est venue au monde, le 29 mai 1830, dans le château délabré d’un petit village de Haute-Marne. Où a-t-elle puisé la force extraordinaire de se révolter pour défendre les travailleurs, lutter contre les injustices faites aux femmes, s’élever contre le colonialisme et, sans hésiter, sauver le monde  ? Marianne, sa mère, servante soumise, même pas capable de dire quel châtelain l’a engrossée (le père ou le fils  ?), ne veut pas que sa fille pique une colère quand elle voit les pauvres mourir de faim, car « ça fait pleurer le bon Dieu ». Et lorsqu’à vingt ans, Louise, jeune fille romantique et royaliste, écrit à Victor Hugo, elle lui dit qu’elle « s’est donnée à Dieu pour toujours ». Alors  ? Où a-t-elle été chercher « l’anarchie communiste qui de toutes parts est à l’horizon »  ? Le vieux châtelain lui a fait lire très jeune les philosophes des Lumières. Lui et sa femme (grand-mère Demahis, dite Louise) lui ont donné une éducation de demoiselle libre-penseuse et ont laissé libre cours à son insatiable curiosité. Elle galope comme « un cheval échappé » et prend des rages contre les tortures infligées aux bêtes. Elle fera de cette terrible émotion le cœur de son engagement  : ne jamais se plier à la raison du plus fort. Se marier  ? Au diable les prétendants que lui propose sa famille, elle ne va tout de même pas se laisser mettre en cage. « Comme toutes les femmes, je plaçais mon rêve très haut », écrit-elle.

Louise devient une institutrice passionnée. Féministe dans l’âme, elle veut absolument que les filles aient une aussi bonne éducation que les garçons, elle veut tout leur enseigner  : les mathématiques, le théâtre, les sciences naturelles et même l’éducation sexuelle  ! alors qu’à l’époque on leur apprenait surtout les travaux d’aiguille et le catéchisme. « Si l’égalité entre les deux sexes était reconnue, ce serait une fameuse brèche dans la bêtise humaine », affirme-t-elle. Elle ouvre une école à Montmartre, à Paris. Là, s’agite tout un monde de révoltés  : républicains, anarchistes, socialistes de toutes tendances. Elle se radicalise, prend la parole dans les meetings, enflamme les foules. Lorsqu’au matin du 18 mars 1871 le peuple de Paris se soulève, elle est au premier rang des rebelles, émerveillée par cette « aube splendide de délivrance ». Pendant les jours de la Commune, où le peuple a pris le pouvoir, elle ne touche plus terre  : « C’est dans la Révolution que battent nos ailes  ! », s’écrie-t-elle. Mais, très vite, les Versaillais attaquent Paris  ; elle s’empare d’une carabine Remington et fait le coup de feu, souvent vêtue d’un uniforme de garde national, grimpant à l’assaut des barricades, au mépris du danger – sans oublier de sauver un chaton ou de soigner les blessés. La Commune écrasée, elle est condamnée à la déportation dans une enceinte fortifiée. C’est lors de son procès qu’elle devient vraiment célèbre  : elle réclame la mort et défie ses juges – tous des hommes, impressionnés par le regard de feu de cette indomptable.

En Nouvelle-Calédonie, son attitude a aussi de quoi surprendre. N’est-elle pas capable de défendre les Canaques, d’étudier leur langue et leurs mythes et de leur donner des cours  ? Elle leur reconnaît ainsi une véritable civilisation alors que presque tous les Occidentaux, à l’époque, considèrent que ces Noirs sont à peine des êtres humains… 
Les Blancs ne sont pas supérieurs, 
ils sont mieux armés, c’est tout. C’est la même idée que dans son enfance  : « Tout se tient, tous les crimes de la force… »

Revenue en France et plus que jamais agitatrice, elle est jetée en prison parmi les prostituées  : elle les défend aussi. Ces femmes ne sont pas des délinquantes méprisables, ce sont les victimes de souteneurs qui abusent d’elles parce qu’elles sont pauvres et sans défense, les battent et les vendent, « car le bétail humain est ce qui rapporte le plus ». Que les « grands négociants des marchés de femmes » soient pendus  ! Bien avant Beauvoir, elle considère que le mariage est une prostitution légalisée. « Est-ce qu’il n’y a pas des marchés où l’on vend, dans la rue, aux étalages des trottoirs, les belles filles du peuple, tandis que les filles des riches sont vendues pour leur dot  ? L’une, la prend qui veut  ; l’autre, on la donne à qui on veut. La prostitution est la même. » Que les ouvriers fassent la grève générale et viennent à bout de leurs patrons qui les pressent comme des citrons  ! Posons des bombes contre les tyrans (elle-même ne le fera pourtant pas), cela fera place nette pour un avenir radieux. « Allons, allons, l’art pour tous, la science pour tous, le pain pour tous  ! Levez-vous, les grands chasseurs d’étoiles  ! » Elle, la généreuse, la consolante, la charitable, « la Sainte laïque », n’hésite pas à appeler à la lutte finale  : 
« À travers des fleuves de sang, voici venir la délivrance  ! »

Son combat flamboyant pour la dignité des malheureux provoque admiration extrême ou horreur indignée. Ardente prophétesse, femme au verbe haut, elle fait la une des journaux. Quand elle meurt d’épuisement, le 9 janvier 1905, son enterrement est suivi par une foule de cent mille personnes.

L’histoire de France l’a reconnue. Plusieurs centaines de rues (et le grand square sous le Sacré-Cœur, à Paris), d’écoles, de lycées, de centres sociaux, partout en France, sont baptisés Louise-Michel. Elle est même la seule femme à avoir une station de métro qui porte son nom.

Xavière Gauthier, écrivaine

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communiqué de Marie-George BUFFET, Secrétaire nationale du PCF :

19 Janvier 2010, 18:59pm

Publié par Daniel JUNKER

IVG : Toutes les femmes doivent disposer de leur droit à choisir leur maternité


19 janvier 2010

Alors que de nombreuses subventions aux centres de Planning familial sont remises en cause, que des centres IVG sont fermés ou menacés de fermeture ( Tenon, Broussais, Avicenne…), alors que l’ordre moral ressurgit, que des défilés s’organisent partout en Europe contre l’avortement, que l’on vend le droit à L’IVG en Irlande contre son accord avec le traité de Lisbonne, nous voulons dire : nous ne laisserons pas faire ! Il ne peut y avoir deux poids deux mesures dans la défense du droit des femmes et de la laïcité.

Nous le redisons ici : nous n’aurons de cesse de combattre tout retour en arrière, toute résurgence des dogmes d’une société patriarcale synonyme d’oppression pour toute l’Humanité. Le droit d’avorter ne se négocie pas, les femmes doivent pouvoir choisir !

Plus un centre IVG ne doit fermer, il faut rouvrir les centres fermés et donner les moyens nécessaires à une pratique de l’IVG respectueuse des besoins et choix des femmes, pour que toutes les femmes puissent disposer du droit que leur accorde la loi, pour leur liberté de choisir leur maternité.

Marie-George Buffet, Secrétaire nationale du PCF Paris, le 19 janvier 2010.


La loi autorisant l’avortement, a 35 ans.

Ce droit conquis de haute lutte par les femmes est aujourd’hui de plus en plus menacé dans notre pays, par le manque de moyens qui lui est attribué et par l’effet de la désastreuse politique libérale du gouvernement en matière de santé.

Il l’est aussi par le déploiement des ultra réactionnaires qui manifestaient hier contre ce droit des femmes à choisir leur maternité. Alors que beaucoup de personnalités du monde politique se sentent aujourd’hui pousser des ailes féministes en montrant du doigt les musulmans pour obliger à une loi contre la burqa, nous les appelons à la vigilance devant la présence de représentants de la hiérarchie catholique dans les cortèges des représentants de la violence contre les femmes et de leurs commandos anti IVG.

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