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HISTOIRE DE LA SEMAINE Présidentielle. Dans les coulisses des « jours heureux »

2 Avril 2022, 07:20am

Publié par PCF Villepinte

Après un an de campagne, Fabien Roussel s’est imposé dans le paysage politique. à l’approche du premier tour de la présidentielle, le 10 avril, et tandis que les appels à «voter utile» se font plus pressants, depuis le QG de l’espace Niemeyer comme sur les routes de France, la campagne se mène tambour battant.

 Cathy Dos Santos   L'Humanité Publié le Samedi 2 Avril 2022

Fabien Roussel s’adresse aux indécis, aux abstentionnistes, aux déçus et aux résignés. Une absolue nécessité pour la gauche française aujourd’hui.

L’écho de la voix se fait plus puissant. Les mots sont articulés, les intonations et temps de respiration pesés. Dans son bureau, sous les photos de sa compagne, Dorothée, et de ses cinq enfants sur une bibliothèque où figure en bonne place «le Bonheur de rire», de Georges Wolinski, Fabien Roussel s’imprègne du discours qu’il prononcera dans quelques heures à Nantes. Rare moment d’accalmie dans un agenda blindé, où le candidat communiste à la présidentielle enchaîne meetings et rencontres, court de plateaux de télévision en studios de radio.

Lire aussi : Présidentielle 2022. Fabien Roussel appelle à bâtir une « gauche nouvelle et populaire »

Dans le couloir du cinquième étage de l’espace Niemeyer, à Paris, les va-et-vient sont incessants. L’équipe de campagne – une vingtaine de personnes, là où les autres partis en comptent pléthore – ne ménage pas ses efforts depuis un an. Elle est ventre à terre mais sur le pont, alors que se profile le 1er tour de l’élection, le 10 avril. Les téléphones ne sonnent pas; ils saturent. Les temps forts senchaînent, sans pause. Ils nempêchent pas les sourires, les rires et le plaisir d’être ensemble. Cest la France des «jours heureux» en pratique. «Il souhaitait faire une campagne heureuse et nous la faisons. Cette attitude positive donne de lespoir aux gens, aux militants. Même fatigué, Fabien a toujours un mot pour dire Je compte sur toi. Il est exigeant, mais toujours dans la bienveillance», confie Christophe Grassullo, son chef de cabinet.

«Une voix originale à gauche»

La dernière ligne droite avant le scrutin n’a pourtant rien d’une croisière. La consigne que s’applique Fabien Roussel tient en quelques mots: dormir peu, se lever tôt et se coucher tard. «On sattaque à une étape de montagne, au col du Tourmalet, alors quon en a plein les pattes. Mais cest maintenant quil faut faire la différence, celle de l’espoir à gauche. Nous sommes en train de construire pour l’avenir. Il faut envoyer du bois et marteler que nous sommes le vote pour renforcer la France sociale, républicaine et laïque, féministe, écologiste», insiste-t-il, tel un capitaine de route, devant une partie de son équipe de campagne. Malgré les traits tirés et la voix éraillée, le candidat est remonté à bloc. «Face à ladversité, on ne doit pas être défensif mais offensif, être combattant comme jamais. Nous faisons cette campagne parce que nous croyons en nos idées, en notre projet de société. C’est une campagne de convictions, alors, au 1er tour, on vote pour ses idées», assène-t-il, en faisant les cent pas dans cette salle de réunion qui, en son temps, a vu s’écrire le programme commun.

LE CANDIDAT DU PCF A SU IMPOSER UN STYLE, UN TON ET SURTOUT DES IDÉES, AU POINT DE BOUSCULER LE RONRON D’UNE CAMPAGNE FADE ET PRESQUE ATONE.

En novembre, sept mois après le lancement de sa candidature, Fabien Roussel avait prévenu que la route serait longue et semée d’embûches. Dans un contexte «pestilentiel», saturé par les idées de lextrême droite et les coups durs de la Macronie, replacer la question sociale au cœur de la présidentielle relevait de la gageure. Et pourtant, le secrétaire national du PCF est parvenu à creuser un sillon. «Fabien porte une voix originale à gauche sur des questions qui avaient été désertées: le pouvoir dachat, le droit à lalimentation, la laïcité, la justice fiscale. Il les aborde de façon populaire. Il manifeste de l’empathie pour le monde du travail, pour le peuple de gauche, afin de faire respecter leur dignité. Son souci a toujours été de répondre aux préoccupations populaires, mais surtout d’être compris. Sa parole est claire, directe et compréhensible. Il comprend les classes populaires et le monde du travail et, en retour, ils le comprennent», soutient Christophe Grassullo.

Lire aussi : L’analyse. Fin de la vie chère : demandez le programme !

Avant même de se présenter à la présidentielle, Fabien Roussel avait entrepris un tour de France des entreprises – 130 au total –, là où les travailleurs cumulent des bas salaires et le sentiment d’être délaissés, méprisés. Ces souffrances ont d’ailleurs nourri l’exigence de justice sociale qui irrigue le programme des «jours heureux». Depuis un an, il a englouti des dizaines de milliers de kilomètres, entre Paris et sa circonscription de Saint-Amand-les-Eaux, dans le Nord, entre la capitale et les principales villes de France et d’outre-mer. Sans jamais regarder le compteur. Et puis, il y a eu l’Ukraine. «Cest une campagne éprouvante, exaltante et tellement exceptionnelle avec cette guerre aux portes de lEurope. Elle a bousculé tous les débats et les meetings. Dans ce contexte de guerre, il faut pourtant aussi parler des préoccupations des Français, comme le pouvoir d’achat ou encore la vie chère, faire émerger des propositions, les rendre audibles», juge Fabien Roussel.

Salles combles à Paris, Bordeaux, Marseille

Dans la voiture qui file à la gare Montparnasse, il est pendu au téléphone, cale ses prochains rendez-vous, anticipe les grands moments à venir. Sur le quai, avant de s’engouffrer dans le TGV, direction la capitale de la Loire-Atlantique, il se prête volontiers au jeu des photos, comme avec Thierry, contrôleur de la SNCF, qui votera certainement pour lui, car «il a un discours honnête, il parle du travail, des salaires». Inconnu hier encore du grand public, et désormais météorite médiatique à la faveur d’une fausse polémique manger bon et sain – montée en épingle sur les réseaux sociaux, Fabien Roussel a su imposer un style, un ton et surtout des idées, au point de bousculer le ronron d’une campagne fade et presque atone. «Il a l’air comme nous, simple et naturel, avenant et abordable. Il touche à tout ce qui nous concerne, il veut s’engager sur les vrais soucis du quotidien», déclare Cindy Monfort, une Nantaise de 30 ans, mère de deux enfants qui assistait, pour la première fois, à un meeting politique. Ce qui l’a convaincue? «L’égalité des droits des femmes et des hommes, le combat contre les violences faites aux femmes et la réforme pour la retraite à 60 ans», explique-t-elle.

VIDÉO Les 5 passages clés du discours de Fabien Roussel à Marseille

Ce soir-là, comme à Paris, Bordeaux ou Marseille, le candidat a encore fait salle comble. Son empathie naturelle le pousse vers la foule qui le lui rend bien. Embrassades et accolades, demandes de photos et de dédicaces, il reçoit aussi des encouragements appuyés de nombreux curieux et militants communistes fiers d’en découdre dans cette campagne. Elle est pourtant dure; les coups sont rudes, à linstar de larticle de Mediapart le soupçonnant demploi fictif et que Fabien Roussel a encaissé sans fléchir. Les temps de recueillement impossibles, malgré la perte d’un grand-père chéri et d’un beau-père.

Lire aussi : Fabien Roussel promet de doubler le budget de la justice

Alors que le 10 avril frappe à la porte, la tension se fait plus palpable. Le débat politique se durcit, mais l’équipe fait corps. «Des dynamiques se dessinent. Fabien Roussel se maintient à un niveau correct. Mais on peut aller au-delà, il ne faut pas s’en tenir à notre stade. Beaucoup de gens commencent à s’intéresser à l’élection. Notre état d’esprit repose sur notre ligne de propositions, d’une part, sur la revalorisation du travail et des pensions, la force de la République sociale, laïque, féministe et écologique, alors qu’Emmanuel Macron travaille à son délitement, et, d’autre part, continuer de compter sur la force de Fabien, son discours, son ouverture, sa proximité avec les gens, la sympathie qu’il dégage», fait valoir Ian Brossat, le directeur de la campagne.

Rassemblement autour de sa candidature

Cet «au-delà», ce sont les indécis, les abstentionnistes, les électeurs qui ne votent plus, car trop déçus, trop en colère, trop résignés, auxquels Fabien Roussel a toujours voulu parler. Sa personnalité et les lignes maîtresses du programme de la France des «jours heureux», dont le fameux «roussellement» qui ambitionne de faire banquer les gros de la finance qui détournent des milliards deuros pour redistribuer les richesses, ont porté leurs fruits. Elles ont permis de convaincre au-delà de la seule famille politique du communiste, et de fédérer d’autres formations, comme le Mouvement républicain et citoyen, la Gauche républicaine et socialiste, les Radicaux de gauche, la Nouvelle Gauche socialiste, ainsi que République et Socialisme, qui ont fait de Fabien Roussel leur candidat, sans renier leur propre sensibilité.

LE VOTE UTILE, C’EST DÉVASTATEUR. À CE JEU - LÀ, NOUS NE VOTONS PLUS JAMAIS POUR DES IDÉES : ON VOTE PAR DÉFAUT ET C’EST TERRIBLE.FABIEN ROUSSEL

Cette dynamique est aujourd’hui confrontée aux appels pressants à «voter utile», censé déjouer le scénario dun duel Macron-Le Pen au second tour. «Depuis combien d’élections présidentielles avons-nous droit à ce vote utile? Cest dévastateur parce qu’à ce jeu-là, nous ne votons plus jamais pour des idées, nous ne votons plus jamais pour la personne dont nous nous sentons le plus proche: on vote par défaut et cest terrible, dénonce Fabien Roussel. Il faut, au contraire, voter pour ses idées, pour celui pour qui on a envie de voter. Jai fait le choix dans cette campagne de porter des réformes heureuses. Et je souhaite vivement que nous puissions les faire vivre. C’est ce qui doit compter le 10 avril et cela comptera pour la suite.»

Lire aussi : Le vote utile et tourné vers l’avenir, c’est Fabien Roussel

Ses partenaires de route, compagnons de la création d’un conseil national de la République chargé de mettre en place les «jours heureux», partagent cet état desprit. «Fabien Roussel est le vote utile. Les thèmes qu’il a soulevés sont au cœur de la campagne, comme l’évasion fiscale», rappelle Emmanuel Maurel, lun des fondateurs de la Gauche républicaine et socialiste, qui a rejoint l’atelier de campagne. Aux yeux de l’ancien socialiste, il est utile également pour «reconstruire la gauche de demain». Car «la suite» pointée par le communiste est imminente, avec les élections législatives qui auront lieu dans la foulée et dont l’objectif est de faire élire un nombre conséquent de députés des «jours heureux». «Cela va compter pour les luttes que nous devrons mener, pour donner du poids aux idées que nous défendons: la revalorisation des salaires et des retraites, le pouvoir d’achat, la République sociale, laïque, écologiste et féministe. Plus on donnera de la force à ma candidature le 10 avril, plus nous serons en capacité de défendre ce projet de société», fait valoir un candidat énergique en toutes circonstances.

Icon BullhornPour suivre la campagne du candidat PCF, Fabien Roussel

En novembre 2021, lors de l’inauguration de son QG de campagne, le «FabLab», Fabien Roussel avait prévenu, sourire aux lèvres mais avec sérieux, que la route serait longue, très longue. Il avait à cet égard comparé la campagne à «un marathon» qui invite à «savoir se projeter sur la durée». Le 10 avril nest pas une ligne darrivée, mais une étape.

 

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PREMIER PLAN Fabien Roussel, face à des citoyens, « La richesse de la France, c’est vous, pas les actionnaires »

1 Avril 2022, 07:22am

Publié par PCF Villepinte

Guerre, pouvoir d’achat en berne, réchauffement climatique… à ce monde en crise, Fabien Roussel veut opposer des «Jours heureux». Le candidat communiste s’en explique avec des citoyens engagés pour la paix, la justice sociale et le climat, invités par l’Humanité.

L'Humanité Julia HamlaouiNaïm SakhiAurélien Soucheyre

Publié le Jeudi 31 Mars 2022

À un peu plus d’une semaine du premier tour de l’élection présidentielle, le candidat communiste Fabien Roussel entre «dans la dernière ligne gauche de sa campagne», plaisante-t-il, déterminé à «ne rien lâcher». Pour l’interroger, l’Humanité a sollicité des citoyens engagés dans des luttes sociales, écologiques, pour la paix. Premier thème: le pouvoir dachat. Une question, en conséquence de linflation liée à la guerre en Ukraine, plus que jamais en tête des préoccupations des Français: pour 57 % dentre eux cest ce qui comptera le plus dans leur choix le 10 avril, selon Elabe.

À ce sujet, avec la coordination Pas sans nous, qui a organisé un tour de France des quartiers populaires, Fatima Lancien a accepté de répondre à notre invitation. Salariée d’un grand hôtel et syndicaliste, elle a participé aux luttes menées par les petites mains des palaces. Le conflit en Ukraine a aussi, depuis son déclenchement par la Russie le 24 février, mis en lumière de nombreuses questions qui, d’habitude, passent sous les radars d’une telle élection.

Sveta, une habitante de Kiev, et Jean-Marie Collin, porte-parole d’Ican France, s’en font l’écho. Enjeux non moins essentiels, climat et transition écologique ont, a contrario, été un peu éclipsés du débat public cette année. Charlène Fleury, porte-parole d’Alternatiba, interpelle Fabien Roussel dont les positions, sur le nucléaire ou la viande, détonnent à gauche.

POUVOIR D’ACHAT

Fatima Lancien : Je suis en poste depuis quatorze ans, j’ai commencé à 1300 euros et je gagne aujourdhui 1600 euros. Est-ce quon peut vivre avec ça?

Non, madame. C’est impensable et, pourtant, c’est une réalité: des gens travaillent et sont pauvres. On ne reconstruira pas la France avec des Français mal payés, épuisés et pas respectés. Mais on le fera en faisant confiance aux salariés, en leur redonnant le pouvoir. Nous, nous voulons la France de la bonne paie, augmenter le Smic à 1500 euros net et convoquer une conférence générale pour la hausse des salaires de l’ensemble des branches professionnelles. Il y a en moyenne 20 % à rattraper. Si les patrons font de la résistance, je remettrai en place ce qui a existé il y a une quarantaine d’années: l’échelle mobile des salaires pour les indexer sur l’évolution du Smic.

Fatima Lancien : Je suis pour les 32 heures. Mais en faire 35, voire 39 avec des heures supplémentaires exonérées d’impôt, cela permet de finir le mois avec plus d’argent…

Mais le palace où vous travaillez, il n’a pas les moyens d’augmenter les salaires? Cest le salaire avec les cotisations qui financent la Sécurité sociale, la retraite, la santé. Vous savez, les libéraux, la droite, le Medef théorisent que le salarié doit être stressé, pressuré en permanence pour être le meilleur. Nous avons une tout autre conception de la société: en misant sur un monde du travail heureux, nous sommes plus efficaces économiquement. Je veux entendre parler non plus de la valeur des actionnaires, mais de celle des hommes et des femmes qui produisent par leur travail. La richesse de la France, c’est vous. Et c’est aussi ceux qui soignent, qui enseignent, ceux qui produisent, qui créent… Si on investissait dans tous ces gens-là, nous aurions la plus belle des France.

L’Humanité : Vous évoquez les grands groupes, mais les TPE/PME, impactées par la crise économique liée au Covid, peuvent-elles assumer ces mesures?

Beaucoup de PME et TPE ont besoin d’être soutenues. Cela passe d’abord par arrêter de donner de l’argent aux donneurs d’ordres qui sous-traitent à l’étranger ou imposent des prix si bas que les petites entreprises rognent la masse salariale. Je baisserai aussi leur facture énergétique, leur prime d’assurance avec la nationalisation d’Axa, les libérerai du poids des banques avec la nationalisation de deux d’entre elles et des prêts bonifiés. Enfin, je veux que les gros payent gros et que les petits payent petit. Les grandes multinationales doivent s’acquitter d’un impôt juste, à 30 %, prélevé à la source sur leurs bénéfices pour qu’elles arrêtent de les délocaliser, comme McKinsey et compagnie.

Fatima Lancien : Je vais bientôt avoir 65 ans, je suis toujours au travail, comment partir plus tôt en retraite?

L’espérance de vie en bonne santé d’un ouvrier, c’est 59 ans. Alors, oui, la retraite à 60 ans, c’est un minimum de justice sociale. Ce droit, je le finance avec une cotisation sur les revenus financiers, pour lesquels Macron a mis en place un bouclier fiscal. C’est 30 milliards d’euros dans les caisses tout de suite. Il faut aussi augmenter les salaires pour relever le niveau des cotisations et des pensions. Avec 1600 euros de salaire, vous allez avoir une retraite de misère.

Fatima Lancien : Un peu plus de 800 euros, et j’ai travaillé toute ma vie...

Comment peuvent-ils défendre un tel modèle? Avec 800 euros, vous tombez en dessous du seuil de pauvreté, comme des millions de retraités. Je propose un minimum retraite à 1200 euros net.

La coordination Pas sans nous : Face à la précarité et au manque de perspectives pour la jeunesse, créerez-vous un ministère dédié pour une politique ambitieuse et non plus morcelée?

Oui, je souhaite un ministère dédié à la jeunesse et les moyens qui vont avec. Cela implique un revenu étudiant d’au moins 850 euros par mois pour être autonome sans avoir à travailler ni à souscrire un prêt, mais aussi la gratuité des transports ou encore la prise en charge de 50 % de la licence sportive. Car les jeunes que j’ai rencontrés demandent un statut social dès 18 ans, pour accéder au logement, à la culture… Pour faire vivre ces droits, je propose la création de maisons de la jeunesse dans chaque commune de plus de 9000 habitants. Enfin, je veux passer un pacte avec le Medef pour garantir un emploi aux 800000 jeunes qui sortent de l’école tous les ans.

Fatima Lancien : La droite risque de l’emporter, la gauche ne pourrait-elle pas s’unir pour empêcher cela? Pourquoi ne pas vous allier avec Jean-Luc Mélenchon, vous auriez plus de chance de prendre le pouvoir?

Je souhaite que la gauche l’emporte. Et elle le fera, reste à savoir quand et pour quoi faire. Je veux que ce soit le plus vite possible, mais pas pour mettre en place la politique menée sous Hollande. Et pour cela, il faut convaincre. Car on peut toujours additionner Mélenchon, Roussel, Hidalgo, Jadot, ça ne fait pas une majorité, parce que la gauche a déçu. Nous, nous ne nous étions pas présentés depuis 2007 et, avec ma campagne, j’ai réussi à faire revenir à gauche des Français qui n’y croyaient plus. Au premier tour, je leur demande de voter pour leurs idées, pas par défaut. Toute la force qu’on me donnera le 10 avril comptera pour la suite. Je la mettrai au service de la France et des travailleurs. Et de la gauche aussi, car je n’y ai pas d’ennemis. Au contraire, je veux la rassembler sur une politique qui tourne la page de toutes les erreurs du passé et qui remette en cause le pouvoir de la finance.

GUERRE EN UKRAINE

Sveta : Cela fait plus d’un mois que la Russie a envahi mon pays et nous subissons au quotidien ses bombardements. Comment comptez-vous stopper cette guerre et venir en aide aux populations?

Vladimir Poutine a violé l’intégrité d’un État, c’est sans précédent de la part d’une puissance nucléaire. Les pressions les plus fortes doivent s’exercer contre les dirigeants russes afin d’obtenir le respect du droit international et, le plus vite possible, le cessez-le-feu. C’est ce qui doit guider la mobilisation de toutes les nations: protéger les civils et mettre fin aux crimes de guerre. Or, des places financières où ils ont leurs habitudes jusquau quai des milliardaires à Antibes où sont amarrés leurs yachts, les pressions contre les oligarques russes restent minimes.

Il faut faire bien plus. En revanche, nous ne sommes pas en guerre contre le peuple russe, nous devons tendre la main aux pacifistes russes qui subissent une répression sévère. La solidarité avec le peuple ukrainien va, bien sûr, de soi, nous devons lui permettre de résister, d’avoir accès à tout ce qui est vital, et accueillir ceux qui fuient la guerre.

Jean-Marie Collin : La guerre frappe à nos portes avec une puissance nucléaire qui a mis à bas le tabou de l’utilisation de l’arme nucléaire. Et Jean-Yves Le Drian (le ministre des Affaires étrangères – NDLR) a indiqué, en guise de réponse, que la France en possédait aussi. Cette menace inquiète, comment protégeriez-vous les Français si vous étiez à l’Élysée?

La planète est devenue une véritable poudrière remplie d’ogives nucléaires. À la moindre étincelle, en quelques heures, l’humanité pourrait être rayée de la carte. La Seconde Guerre mondiale nous a appris que les pires crimes contre l’humanité sont possibles. Et souvenons-nous qu’il y a peu, un dirigeant américain disait au dictateur nord-coréen: « J’ai un plus gros bouton que le tien.» Voilà où on en est. Le danger est réel, donc, en tant que président de la République, à l’issue de cette guerre, je souhaiterais que la France prenne la tête du combat pour un désarmement nucléaire multilatéral. Nous devons nous mettre autour d’une table et décider collectivement de cesser d’investir – cela coûte 5 milliards par an à la France – et de désamorcer nos bombes nucléaires. À ceux qui pensent que c’est utopiste, je rappelle qu’en pleine guerre froide, un traité de non-prolifération – bafoué depuis – a été signé. Je suis d’ailleurs favorable à ce que la France participe comme observateur à la conférence du traité sur l’interdiction des armes nucléaires, prévue en juin.

Jean-Marie Collin : Si vous preniez la tête de la présidence française de l’Union européenne, quel dialogue mettriez-vous en place avec les États de l’Union européenne, en particulier l’Allemagne avec laquelle la France tente de développer une politique européenne de défense?

Cette guerre a montré que l’ensemble des pays européens peuvent condamner d’une même voix la violation des règles internationales. C’est très important. Mais, des pays Baltes et du Nord – qui poussent depuis longtemps à l’élargissement de l’Otan jusqu’aux portes de la Russie –, à la France et l’Allemagne qui l’ont toujours refusé et ont même dit non à l’intégration de l’Ukraine en 2008, nos divergences sont profondes. Je souhaite préserver la voix indépendante et originale de la France. Bien sûr, je le dis clairement, en période de guerre, il n’est pas d’actualité de sortir du commandement intégré de l’Otan. Mais à l’issue de celle-ci, plutôt qu’à une Europe de la défense atlantiste, je veux travailler avec les 50 pays du continent européen à un traité de sécurité collective. Je préfère nourrir la paix que l’engrenage sans fin de la guerre.

CLIMAT

Charlène Fleury : Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a décrit le 2 e volet du rapport du Giec paru en février comme un atlas des souffrances à venir. L’État français a été condamné à deux reprises pour son inaction climatique et la France n’est toujours pas sur une trajectoire compatible avec l’accord de Paris. En quoi votre programme permet-il de diminuer les émissions de gaz à effet de serre?

C’est dans la décennie à venir que tout se joue; nous devons mettre le paquet. Le Giec estime quil faut investir 6 % du PIB par an, soit 900 milliards deuros à l’échelle de lUnion européenne et 140 milliards pour la France. Cest ce que propose notre programme des Jours heureux. Le capital doit participer à cette transformation de notre modèle économique, mais nous prévoyons aussi 65 milliards d’euros d’investissements publics par an.

C’est plus que la droite – ce n’est pas difficile –, mais aussi que le reste de la gauche, et de loin. Il s’agit d’atteindre la neutralité carbone en 2050, et pour cela, nous proposons d’investir dans les énergies renouvelables – l’éolien, le solaire, l’hydraulique – et dans le nucléaire. Donc investir dans les deux, et dans un service public. Macron veut confier les renouvelables au privé, c’est le projet Hercule. C’est dangereux car les Total, les BlackRock qui deviendront actionnaires nous feront payer très cher quand nous en aurons le plus besoin, en cas de guerre par exemple.

Charlène Fleury : Avez-vous l’impression que vous préparez un changement en profondeur suffisant, notamment au niveau de la sobriété, qui est un levier indispensable? Et cela alors que vous défendez encore la voiture individuelle, une industrie relocalisée – certes un peu décarbonée grâce au nucléaire – et même la consommation de viande.

Je souhaite juste que ceux qui ne peuvent pas se chauffer, les douze millions de personnes en précarité énergétique, aient le droit à un toit qui ne soit pas une passoire thermique. Je suis aussi pour le grand remplacement des cuves à fioul. C’est deux milliards d’euros, on peut le faire. Je veux également que ceux qui ne peuvent pas manger dignement – sept millions de personnes font la queue de l’aide alimentaire – aient droit à une alimentation saine et française.

Venons-en aux voitures. Nous devons d’abord inciter à prendre les transports doux avec la gratuité dans les métropoles, notamment. Mais ne pas punir. Je n’ai jamais dit: «Allez-y, continuez d’utiliser votre voiture polluante.» Au contraire, pour les classes populaires, tous ceux qui nont pas dautre choix pour se déplacer, je propose une prime à la conversion de 10000 euros pour acheter un véhicule propre doccasion de vignette Crit’Air 1 ou 2.

Charlène Fleury : Oui mais concernant la viande, par exemple, un ouvrier en consomme 25 % de plus qu’un cadre. Donc, promouvoir une consommation de viande, même française, ne semble pas aller dans le sens de la transition écologique, alors que sa production représente 80 % des émissions du secteur de l’agriculture.

Il faut manger moins de viande, réduire de 20 % notre consommation. Oui, mille fois oui. Manger moins de viande, mais de la bonne, pas de la gonflée aux antibiotiques, pas de l’importée. Je ne suis pas pour de l’élevage intensif. Il y a plein de pâtures! Savez-vous que Xavier Niel et les Gafa (les géants du numérique Google, Apple, Facebook et Amazon NDLR) sont en train dinvestir dans les grands champs de céréales pour faire des steaks sans viande?

Charlène Fleury : Mais pour produire un kilo de bœuf, il faut beaucoup plus de céréales que pour faire un kilo de steak aux céréales. Si on dit que tout le monde va manger de la bonne viande trois à quatre fois par semaine, on va dans le mur.

Mais permettez à ceux qui n’en mangent pas, ou que de la mauvaise, d’en manger de la bonne, et vous verrez qu’il y aura besoin de soutenir nos éleveurs français, nos espaces herbagés, en luttant contre l’industriel. Je veux un système agricole vertueux, vivable, avec moins et mieux de viande.

Charlène Fleury : Imaginons que ce système agricole soit mis en place, comment faites-vous pour que sa production soit accessible à tous? À Alternatiba, nous défendons une sécurité sociale de lalimentation. Un chèque de 150 euros par mois et par personne à dépenser uniquement dans des endroits conventionnés bio et durables. Vu que le PCF a été à l’origine de la Sécurité sociale, que pensez-vous de cette proposition?

Je préfère augmenter les salaires et les retraites et ne pas avoir besoin de donner un chèque alimentaire. Je propose aussi un fonds alimentaire doté de 10 milliards d’euros pour garantir à tous nos enfants, de la maternelle à l’université, l’accès à des cantines proposant des plats issus de l’alimentation locale, avec des normes respectant le vivant, la planète et nos engagements climatiques. Pour éduquer les enfants au goût, au bon. Mais aussi pour offrir un débouché à tous nos agriculteurs et paysans.

On a perdu notre souveraineté alimentaire: pour les fruits et légumes comme pour la viande, nous dépendons à 50 % de l’étranger. Et on perd 100000 agriculteurs tous les dix ans. À ce rythme-là, dans quelques années, on ne pourra même plus produire des steaks aux céréales. Il faut donc réformer nos codes de marchés publics avec une préférence locale et sociale.

Entretien coordonné et retranscrit par Julia Hamlaoui, Naïm Sakhi et Aurélien Soucheyre

 

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LE DÉBAT Élection présidentielle : qu’est-ce qu’un vote utile ?

29 Mars 2022, 11:40am

Publié par PCF Villepinte

Choisir son bulletin par défaut? De scrutin en scrutin, et singulièrement depuis une quarantaine dannées et la montée de lextrême droite, lappel au «vote utile» est un ressort de largumentation à lapproche des élections.

Pierre Chaillan L'Humanité  Publié le Lundi 28 Mars 2022

LUDOVIC MARIN / AFP

L’élection est un moment démocratique qui engage pour une période. Il ne faut pas réduire le vote à des choix stratégiques face aux enjeux du pays.

 

La dénaturation du vote menée par des candidats sur le thème du vote utile participe des stratégies de non-débat à l’œuvre dans cette présidentielle. Tout vote est utile, et c’est même une force pour faire vivre la démocratie. Il faut que s’expriment les idées, les propositions, l’expression des choix politiques, des conceptions de la société française et du rôle de l’État, la reconnaissance des valeurs républicaines.

L’élection est un moment démocratique, qui va engager les années qui suivent, ce n’est pas le bonneteau tous les cinq ans et après on s’arrête. Non, après le vote, nos choix, nos idées vont être utiles et vont compter au jour le jour. Chercher à nier la diversité du débat, et à restreindre le vote à des choix stratégiques face aux enjeux du pays, serait une impasse.

Depuis des mois, Emmanuel Macron est sur ce registre pour mettre de côté son bilan et son programme. Il refuse la confrontation, il serait le vote utile face à l’extrême droite ou à une droite tout aussi libérale que lui.

Avec la situation de guerre et la crise sanitaire, il souhaite même qu’il n’y ait aucun débat de premier tour. Je plaide, moi, pour l’inverse. Ayons ce débat, y compris face à la situation internationale avec ses répercussions nationales sur les questions industrielles, de souveraineté, du rapport capital-travail.

« Une offre de rassemblement sans hégémonie, qui s’adresse aux classes populaires. »

Notre pays a besoin le 10 avril de choix clairs, de positionnements, de chemins tracés, de perspectives. Aucune voix ne sera inutile. Pour battre l’extrême droite, nous serons toutes et tous mobilisés. Au premier tour, les électeurs qui auraient cette crainte peuvent compter sur Fabien Roussel pour prendre ses responsabilités. C’est une autre question qui est entretenue par le candidat de la FI. D’après les sondages, aucun candidat de gauche n’est en capacité de gagner la présidentielle. Si la gauche veut gagner, il faut rassembler une majorité, respecter toutes les composantes. Notre objectif, pour faire gagner le monde du travail et de la création, est de faire le meilleur résultat pour aider au meilleur résultat de la gauche. La réalité, c’est que si nous renonçons à cet objectif, nous ne gagnerons pas.

Si nous ne donnons pas de la force à Fabien Roussel, au candidat qui porte une offre de rassemblement sans hégémonie, sans mépris, qui s’adresse aux classes populaires, qui parle à toute la gauche, qui se prononce sans ambiguïté pour une République sociale, laïque, écologique, respectant les classes populaires, alors les conditions d’une victoire possible ne seront pas réunies et pour la suite nous n’aurons pas été utiles à la gauche et au monde du travail.

Les résultats de 2017 servent de leçon, il faut que cette fois-ci en 2022 nos choix servent au pays et que nous aidions au rassemblement immédiat ou dans les mois qui suivront. Cette démarche, ce candidat nouveau, ce vote de conviction, c’est cela qui est utile.

Le rassemblement n’est pas le ralliement. À force de choix tactiques et de votes d’opportunité plus que d’adhésion, la gauche perd de sa lisibilité.

Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice Gauche républicaine et socialiste de Paris

Le vote utile est d’abord le vote pour ses convictions et pour ce que l’on croit juste pour la France et les Français.

À force de choix tactiques et de votes d’opportunité plus que d’adhésion, la gauche perd de sa lisibilité et du coup, aux yeux de nos concitoyens, ses repères. Elle s’est affaiblie, asséchée et éloignée des catégories populaires.

Il n’y aura aucune victoire de la gauche si elle ne retrouve pas sa proximité avec le monde du travail, les ouvriers, les employés, les salariés les plus modestes. Il n’y aura aucune victoire si la gauche n’est pas diverse et capable ensuite de se rassembler.

«La campagne de Fabien Roussel permet à de très nombreux Françaises et Français de retrouver une gauche populaire, sociale, républicaine et laïque.»

Le rassemblement n’est pas le ralliement. C’est pourquoi il ne peut se décréter au dernier moment et ne peut s’opérer pleinement qu’avec une dynamique unitaire préparée de loin fédérant les forces autour d’objectifs, de propositions communes, de respect mutuel – et au-delà des seuls partis politiques.

Je regrette que cette logique n’ait pas pu prévaloir dès 2017 et je constate que du coup, depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron, en dépit de sa politique antisociale, la gauche n’a pas progressé, contrairement à l’extrême droite!

La campagne que mène Fabien Roussel avec le programme «les Jours heureux» permet ainsi à de très nombreux Françaises et Français de retrouver une gauche populaire, sociale, républicaine et laïque qu’ils appellent de leurs vœux, qu’ils jugent utile pour leur pays et leurs compatriotes et, surtout, une gauche capable de redonner confiance à celles et ceux qui trop souvent s’abstiennent. Sa candidature porte un message, elle porte la parole et les aspirations que de nombreux citoyens ne retrouvaient pas, ou plus, dans les discours et les propositions d’autres candidats de gauche ou écologistes.

Je fais partie de celles et ceux qui pensent que voter pour la candidature de Fabien Roussel est aujourd’hui redonner force à une gauche de transformation qui défend sans complexe la République sociale, laïque, universaliste – sans concession aux logiques identitaires – et l’égalité en refusant les discriminations et l’injustice sociale.

Une gauche qui plaide pour la hausse des salaires et du pouvoir d’achat, pour une réindustrialisation réelle de la France, la souveraineté alimentaire, économique et énergétique, les services publics et une écologie populaire. Une gauche trop longtemps effacée et pourtant si nécessaire tant ses idées et ses propositions apparaissent de plus en plus d’actualité.

Plus d’info.  Retrouvez le dossier « Le PCF et les élections présidentielles » sur le site de la Fondation Gabriel-Péri.

 

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Meeting historique en Gironde, pour les jours heureux

10 Mars 2022, 07:19am

Publié par PCF Villepinte

Mardi soir s’est tenu un meeting historique à Mérignac, près de Bordeaux. Historique tout d’abord car le Pin Galant et ses 1 400 places n’ont pas suffi à accueillir toutes les personnes venues écouter Fabien Roussel. Une partie a donc dû rester dehors où un écran a été installé pour suivre le meeting. De mémoire girondine, ce n’est pas arrivé souvent pour un meeting politique dans cette salle, quel que soit le parti politique organisateur.

Historique également car c’est le premier meeting d’un·e candidat·e à l’élection présidentielle quasi entièrement consacré à la question du féminisme et de l’égalité.

Tout d’abord, Hélène Bidard et Shirley Wirden, de la commission nationale du PCF « Féminisme/Droits des femmes », après avoir apporté leur solidarité aux femmes du monde, et notamment aux Ukrainiennes, premières victimes de la guerre, ont répondu à une série de questions sur les propositions du Parti et de son candidat en matière d’égalité. Accès à la santé publique pour toutes, lutte contre les violences sexuelles et sexistes, protection des enfants, égalité professionnelle et dans les charges quotidiennes, autant de sujets qui ont trouvé un large écho dans la salle.

Puis Fabien Roussel est arrivé, sautant tout juste du TGV qui l’amenait de Paris où il venait de prendre la parole à l’Assemblée nationale sur la situation en Ukraine. Le candidat communiste à l’élection présidentiel a d’ailleurs commencé son intervention par un nouvel appel à la paix et à la solidarité avec le peuple ukrainien. Puis il a longuement détaillé ses propositions pour ce qu’il appelle « la révolution féministe » qu’il mettra en place s’il est élu.

Cette révolution se base sur le principe de l’égalité : pas de jours heureux sans égalité entre les femmes et les hommes ! Cette égalité doit être une priorité politique : moyens humains et financiers pour lutter contre les violences sexuelles et conjugales, éducation à l’égalité des sexes et des genres, lutte contre la marchandisation du corps, abolition du système prostituteur…

Le candidat a ensuite rendu un hommage appuyé aux femmes, premières victimes de la précarité et de la crise sanitaire, largement majoritaires dans les métiers « du lien » dévalorisés, alors qu’essentiels à la société : assistantes sociales, aides à domicile, assistantes maternelles, aides aux enfants en situation de handicap, femmes de ménage…

Fabien Roussel a alors fait une proposition inédite : outre l’embauche massive dans ces professions, il met en débat la création d’une nouvelle fonction publique, celle de l’action sociale. Et ce afin de garantir un statut et un salaire de début de carrière de 1 700 euros net. Il a également développé ses propositions sur l’égalité salariale et professionnelle pour que le salaire de la femme ne soit plus un salaire d’appoint.

Après un hommage à toutes les femmes qui se battent dans le monde, Kurdes, Iraniennes, Africaines..., Fabien Roussel a conclu en appelant à un soulèvement du peuple, dans le rassemblement, pour faire gagner une gauche sociale et populaire et construire une République sociale, laïque et bien sûr féministe !

Mayi Gonzalez

 

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Fabien Roussel à La Réunion : « Rien ne justifie les inégalités en outre-mer »

20 Décembre 2021, 07:52am

Publié par PCF Villepinte

Fabien Roussel entouré d'un habitant et de Maurice Gironcel, maire de Sainte-Suzanne (La Réunion), le 18 décembre. © Richard Bouhet/AFP

L'Humanité Lundi 20 Décembre 2021

Aurélien Soucheyre

Le candidat PCF à la présidentielle, Fabien Roussel, en déplacement sur l’île de l’océan Indien, a fait part de ses propositions: il souhaite augmenter les salaires, développer les services publics et permettre lenseignement bilingue français-créole à lécole. ENTRETIEN.

À La Réunion, 42 % de la population vit sous le seuil de pauvreté et 24 % des actifs sont au chômage. Qu’avez-vous constaté sur place?

FABIEN ROUSSEL Après avoir été en Guyane et en Guadeloupe, je constate une fois de plus que les points communs des outre-mer sont les inégalités sociales et la vie chère. Ici, les prix sont 30 % plus élevés qu’en métropole, alors que les salaires sont plus bas. Les produits alimentaires coûtent plus et la bouteille de gaz est à 20 euros. Rien ne justifie cet état des choses. C’est pourquoi je propose qu’à La Réunion les salaires du privé soient alignés sur ceux, plus hauts, du public. Il faut aussi baisser les taxes, et revoir complètement la fiscalité locale.

Lire aussi : Reportage. En Guadeloupe, la folie des prix ruine le budget des familles

Proposez-vous un plan d’urgence pour l’outre-mer?

FABIEN ROUSSEL Je défends une loi de programmation pour l’outre-mer. Mais, à la différence de la droite et de l’extrême droite, je propose qu’elle soit écrite par ceux qui en ont d’abord besoin: qui dautre que les Réunionnais pour savoir ce dont ont besoin les Réunionnais? Cest pourquoi, dans chaque pays d’outre-mer, je souhaite organiser des conférences régionales réunissant élus, acteurs économiques et représentants des salariés afin qu’ils décident ensemble du chemin à prendre pour parvenir à une égalité sociale réelle et répondre à leur situation géographique particulière. Je propose de plus que ces territoires aient la possibilité de passer des accords commerciaux avec des pays voisins, alors que l’Union européenne leur interdit. À titre d’exemple, la Guyane n’a pas le droit d’acheter son pétrole au Venezuela, et La Réunion n’a pas le droit d’avoir d’échanges directs avec les pays d’Afrique.

Quelle doit être la place de l’État?

FABIEN ROUSSEL Il s’agit de rétablir un contrat de confiance, et de rattraper le retard sur les services publics. Les gouvernements successifs ont laissé ces territoires sous-dotés, avec un nombre de lits d’hôpitaux par habitant le plus bas de toute la France. Or, nous devons garantir les mêmes droits et les mêmes accès à la santé à tous. Nous devons aussi donner plus de pouvoir aux salariés dans ces régions où les monopoles industriels et économiques sont terriblement puissants. Une grande partie de la richesse de l’île de La Réunion est captée par quelques grandes familles. Le prix des litchis est payé 1 euro le kilo aux producteurs et vendu 20 euros en métropole. L’ananas est acheté 50 centimes d’euro et vendu 8 euros. Il faut garantir des rémunérations justes pour que chacun vive dignement de son travail.

À La Réunion, trois enfants sur dix n’ont pas accès à Internet, ce qui a été très problématique pendant le confinement…

FABIEN ROUSSEL Il faut bien sûr y remédier. Mais il y a ici un autre problème d’accès à l’enseignement. Près de 30 % de la population est frappée par l’illettrisme à cause des inégalités sociales, et parce que les enfants ne sont pas accueillis à l’école dans leur langue maternelle, qui est le créole. C’est pourquoi je propose de généraliser l’enseignement bilingue français-créole.

Pourquoi proposez-vous la date du 19 mars pour commémorer l’abolition de l’esclavage?

FABIEN ROUSSEL Je souhaite que ce jour devienne une journée nationale fériée pour célébrer l’abolition de l’esclavage, la fin de la traite des humains et la liberté des peuples. Cette idée de Paul Vergès est toujours défendue par les communistes réunionnais. Cela permet d’avoir une date unique, tous les territoires d’outre-mer n’ayant pas été libérés de l’esclavage en même temps. Et le 19 mars, c’est la date de la loi de 1946 votant la décolonisation et la départementalisation des outre-mer, dont Aimé Césaire était le rapporteur.

 

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Démocratie. Fabien Roussel brise le mur du JT de 20 heures

15 Décembre 2021, 08:02am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité Mercredi 15 Décembre 2021

Aurélien SoucheyreNaïm Sakhi

Le candidat communiste à la présidentielle était, mardi, l’invité du journal de France 2. Un pas important dans sa stratégie de percée médiatique.

Ce n’était pas arrivé depuis près de quinze ans. Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, a été mardi soir l’invité du journal télévisé de France 2. «Faire le 20 heures, cest évidemment primordial. C’est l’occasion pour des millions de Français de découvrir notre candidat à l’élection présidentielle et ses propositions pour la France. C’est un moment d’exposition unique qui doit nous permettre de défendre nos idées», apprécie son directeur de campagne, Ian Brossat.

L’accueil a cependant été assez agressif et caricatural, avec la diffusion d’un reportage concernant le Parti communiste chinois et cette question: «Si vous êtes élu président de la République, votre exemple sappellera-t-il Xi Jinping?» Fabien Roussel ne s’est pas démonté. «Jappelle au respect des droits humains et de la dignité humaine en Chine. Mais, moi, en coulisses, je ne vais pas délocaliser en Chine», répond le candidat en référence aux usines de production fermées en France pour mieux ouvrir en Asie. «Et je le dis au président chinois, cest fini de vendre nos ports et nos aéroports à qui veut les acheter, que ce soit la Chine ou dautres pays», ajoute-t-il au sujet des privatisations lancées par les derniers gouvernements, y compris d’équipements stratégiques.

Si les journalistes viennent avec leurs questions, et les candidats avec leurs réponses, comme disait Georges Marchais, Fabien Roussel s’est ensuite illustré en présentant son projet pour le pays. À savoir celui de réindustrialiser et de «faire revenir des entreprises chez nous», celui de répondre à la question du pouvoir d’achat par une hausse du Smic à 1800 euros brut en plus dune hausse généralisée des salaires, pour «vivre dignement de son travail», et celui de couvrir nos besoins énergétiques et de contrôler les prix en se basant sur «deux piliers de production»: le nucléaire et le renouvelable.

Un «pacte pour une République sociale, laïque et écologique»

Au sujet du «capitalisme vert», le communiste a estimé que «le problème, ce nest pas la couleur, cest le capitalisme:  et nous narriverons pas à résoudre la crise si nous nattaquons pas le capitalisme qui privilégie les profits à court terme ». Souhaitant «reprendre le pouvoir sur la finance pour répondre aux besoins», Fabien Roussel estime possible de dire adieu au chômage non pas grâce au revenu universel, mais grâce au «travail universel, en sécurisant les emplois de chacun» à travers une Sécurité sociale professionnelle.

à la vue de sondages en deçà des espérances pour l’ensemble des forces de gauche, le communiste a dû répondre aux demandes d’union à gauche qui s’expriment autour d’une candidature. «Le problème nest pas une question de personnalité, ce qui compte cest le contenu et le programme que nous allons présenter aux Français», assure-t-il, écartant tout ralliement hypothétique vers Jean-Luc Mélenchon ou Christiane Taubira. Fabien Roussel a d’ailleurs maintenu le cap d’une candidature PCF choisie par les militants en mai dernier. «Un choix confirmé par le parlement du PCF», le conseil national, ce week-end, rappelle-t-il, tout en tendant la main aux autres formations de gauche avec son «pacte pour une République sociale, laïque et écologique, ouvert à tous les démocrates et progressistes», valable dès à présent et pour les prochaines législatives.

Devant le refus de la Macronie d’adopter sa proposition de résolution visant à encourager l’inégibilité des personnes condamnées pour incitation à la haine raciale, et face au danger de la candidature du polémiste d’extrême droite Éric Zemmour, Fabien Roussel s’est inquiété d’une situation politique «grave», mettant la République «en danger». En outre, à l’instar d’autres de ses concurrents à l’Élysée, le communiste a annoncé avoir lui aussi saisi le CSA au sujet d’une émission visant à vanter les mérites du bilan d’Emmanuel Macron. Il demande d’ailleurs «à TF1 à ce quils puissent consacrer 2 heures d’antenne à tous les candidats déclarés».

«Le choix des militants communistes de se doter dune candidature propre dans la course à l’Élysée est étroitement lié à cette invitation au 20 heures», mesure en tout cas Ian Brossat. Il n’y en avait pas eu depuis 2007. Les membres de la direction du PCF ont ensuite peu à peu été effacés des radars de cette grand-messe télévisuelle.

«Fabien Roussel parle sans détours et veut remettre la gauche au centre du débat politique. Cette invitation vient récompenser son travail. Mais c’est aussi la reconnaissance de ce que représente le PCF dans le pays: 600 maires, 6000 élus locaux et deux groupes parlementaires. Nous sommes enfin considérés pour ce que nous sommes», affirme Ian Brossat. Certes, la candidature du communiste ne décolle pas dans les sondages, qui le donnent entre 2 % et 2,5 % des intentions de vote. Mais comment décoller en étant écarté des débats, sans pouvoir exposer ses combats lors d’un journal télévisé? Cest cet ostracisme médiatique qu’est parvenu à briser Fabien Roussel, en étant chaque jour un peu plus invité sur nombre de chaînes, jusqu’au 20 heures de mardi.

 

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S'abonner à la newsletter du PCF

16 Novembre 2021, 11:05am

Publié par PCF Villepinte

Publié le 10/11/2021 par PCF

Des millions de votants s’apprêtent à se rendre aux urnes le 10 avril prochain. Pourtant, seule une poignée est abonnée aux réseaux sociaux et à la newsletter de campagne de Fabien Roussel.

Ne privons pas cet électorat des idées de Fabien Roussel pour le pouvoir d’achat, l’écologie, la jeunesse, etc.

 

Ne privons pas cet électorat des idées de Fabien Roussel pour le pouvoir d'achat, l'écologie, la jeunesse, etc.

Chaque vendredi depuis juin 2021, les destinataires de la newsletter de campagne reçoivent un extrait de passage média, une information importante passée, une à venir, l’agenda du candidat, et un challenge numérique et/ou de terrain.

Cette newsletter a un fort taux d’ouverture et d’engagement grâce à un condensé d’informations, une lecture rapide et un ton léger.

Près de 8 000 personnes sont déjà inscrites, mais cela reste encore trop peu.

Si chaque camarade s’abonne et fait abonner 5 personnes, nous pourrions déjà être plus de 240 000 d’ici une semaine.

Pour ce faire, inscris-toi et partage le lien suivant en précisant bien de cocher la case pour recevoir la newsletter :

https://www.fabienroussel2022.fr/newsletter

Ils ont les milliards, soyons des millions à relever le défi des Jours heureux !

Rachel Ramadour, pour l’équipe de campagne.

 

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Régionales 2021: que retenir de ce second tour ?

28 Juin 2021, 16:47pm

Publié par PCF Villepinte

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Régionales et départementales 2021 – Des communistes plus que jamais mobilisés

24 Juin 2021, 05:52am

Publié par PCF Villepinte

Le PCF tient d’abord à remercier l’ensemble des électrices et électeurs qui ont voté pour nos candidates et candidats et les listes dans lesquelles nous étions engagés aux élections régionales et départementales.

Les premières estimations connues à cette heure des résultats du premier tour de ces élections confirment la gravité de la situation démocratique du pays et le rejet par les Français·e·s du scénario d’une hégémonie du Rassemblement national et de La République en marche que le pouvoir exécutif, relayé par de nombreux médias, a voulu imposer. Et, nationalement, le total des scores des listes de

gauche et écologistes est plus important que celui de la droite.

La participation à ces scrutins atteint le plus bas niveau de ces dernières décennies. Une crise majeure de la représentation politique se confirme ce soir dans notre pays. Les électrices et électeurs ont ainsi de nouveau exprimé massivement qu’ils ne sentaient pas prises en compte leurs préoccupations et leurs aspirations et qu’ils pensaient que le vote à ces scrutins ne changerait rien à leur vie quotidienne.

Cet effondrement démocratique mobilise les communistes pour résister à la soumission du pouvoir exécutif au capital et pour placer au cœur du débat politique les réponses aux besoins fondamentaux de nos concitoyennes et concitoyens.

Le PCF appelle à un sursaut démocratique, à la mobilisation la plus large possible pour le second tour du scrutin qui sera décisif pour la vie de nos concitoyen·ne·s.

Avec son gouvernement, le Président de la République, qui s’est directement impliqué dans la campagne électorale durant ces derniers jours, porte une lourde responsabilité dans l’état politique du pays. Et l’échec des listes de « La République en marche » est retentissant.

Leur action dégrade la vie quotidienne de l’immense majorité des Françaises et des Français. Ils auront tout mis en œuvre pour minimiser les enjeux des scrutins et affaiblir les conditions de l’expression démocratique des listes et des candidat·e·s en campagne. En témoigne la dévalorisation organisée de ces scrutins marqués par de nombreux manquements dans l’acheminement du matériel électoral au domicile des électrices et électeurs.

La droite réalise des scores importants qui la place en position de l’emporter dans de nombreux cantons et plusieurs régions du pays. Au regard des politiques menées par ses élu·e·s lors de ce mandat, cela conduirait à de nouveaux reculs des politiques sociales et à une casse amplifiée des services publics qui peuvent être mis en échec par une mobilisation forte pour la gauche dimanche prochain.

Le Rassemblement national obtient des scores inférieurs à ceux obtenus en 2015 alors même qu’il aura bénéficié ces dernières semaines d’une surexposition médiatique et de surenchères démagogiques de la part du pouvoir exécutif destinées à préparer la future campagne présidentielle d’Emmanuel Macron.

Les communistes sont plus que jamais mobilisés contre la menace que représente ce parti d’extrême droite pour les principes de liberté, d’égalité et de fraternité de notre République.

C’est pourquoi le PCF appelle à la mobilisation la plus large pour faire barrage au second tour au RN dans les régions et cantons où il est en position de l’emporter. Le 27 juin, il peut et doit être battu.

Les listes de rassemblement et les candidatures dans lesquelles les communistes étaient engagés avec de nombreuses forces de gauche et écologistes se sont pour leur part efforcées d’ouvrir un autre chemin pour des politiques de progrès social, écologique et démocratique.

Dans plusieurs régions et cantons du pays, ces listes, ces candidat·e·s réalisent des scores importants et peuvent l’emporter dimanche prochain.

Battre la droite, empêcher l’extrême droite de conquérir des régions, conserver à la gauche les régions et départements qu’elle dirige, conquérir de nouveaux départements, permettre l’élection du plus grand nombre de conseiller·e·s régionaux·ales et départementaux·ales de gauche, et parmi eux le maximum de candidates et candidats communistes, est un enjeu décisif pour l’avenir. C’est aussi contribuer à la construction de nouvelles majorités de gauche toujours plus en prise avec les luttes, proches de nos concitoyen·ne·s, agissant au quotidien pour répondre à leurs attentes.

Pour le second tour des départementales, le PCF appelle donc à voter en faveur des candidatures de gauche les mieux placées à l’issue du premier tour. Aux régionales, le PCF appelle à construire des listes qui rassemblent les différentes listes de gauche et écologistes présentes au premier tour.

Le peuple est en demande d’une alternative pour sortir de l’impasse actuelle et relever le défi des jours heureux. Il est urgent de placer l’humain et la planète au cœur de tous les choix politiques. C’est le sens des propositions communistes que nous mettons en débat avec l’objectif de construire le rassemblement populaire le plus large possible pour gagner de nouvelles avancées.

Paris, le 20 juin 2021

Le Parti communiste français

 

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Régionales. La valse entre Macron et Le Pen marque le pas

22 Juin 2021, 16:04pm

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité Mardi 22 Juin 2021

Cyprien CaddeoJulia Hamlaoui

Le double scrutin de dimanche a déjoué le duopole voulu par LaREM et le RN, qui signent tous deux des résultats décevants, voire, pour l’exécutif, catastrophiques. Mais gare toutefois à une élection en trompe-l’œil, faussée par l’abstention.

Sur le terrain électoral, rien n’est jamais écrit d’avance. Surtout lorsque les électeurs ne s’y retrouvent plus et préfèrent jouer de la grève des urnes. Avec plus de 65 % d’abstention dans neuf des treize régions métropolitaines, c’est un nouveau record tous scrutins confondus, hors référendum, qui a bousculé les pronostics du premier tour des élections régionales et départementales dimanche.

Depuis des mois et des mois, LaREM comme le RN tentent de vendre, en vue de 2022, le scénario de leur duel comme l’alpha et l’oméga des clivages politiques. Force est de constater que gauche et droite n’ont pas dit leur dernier mot, au moins au plan local. Pour le Rassemblement national, annoncé en amont du vote en très bonne posture, le recul par rapport à 2015 n’en est que plus flagrant.

Pour la majorité présidentielle, qui n’affichait que de maigres ambitions malgré les nombreux ministres engagés dans la bataille, le résultat obtenu est vertigineusement bas. De quoi rebattre les cartes? «Depuis hier, nous savons que les Français ont choisi majoritairement de prendre soit les candidats de la droite, soit les candidats de la gauche, et en réalité, le bloc social et écologique est même devant celui de la droite», a analysé, lundi matin sur France Inter, le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, espérant une victoire dans les Pays de la Loire et l’Île-de-France, en plus des cinq régions comptant un président socialiste sortant.

 «Tout a été fait pour enfermer les Français dans un duel où ils n’auraient plus qu’à choisir entre la République en marche et l’extrême droite. Les résultats du premier tour montrent que, si peu de Français se sont exprimés, ils n’ont choisi de soutenir ni les listes d’extrême droite ni les listes conduites par des ministres. Et ça, c’est plutôt un bon signe», s’est également félicité le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, après le scrutin.

L’heure est aussi à la mesure du fait de l’abstention, qui pour l’insoumis Jean-Luc Mélenchon «fonctionne comme un refus de vote» alimenté par l’ «absurdité du débat public depuis six mois, qui voit lattention attirée sur la sécurité, lislamo-gauchisme, le séparatisme, le complotisme».

Un franc revers pour le Rassemblement national

Reste que, annoncés en tête par les sondages jusque dans six régions, les résultats sont un franc revers pour le Rassemblement national, qui espérait faire des régions une vitrine lui permettant de crédibiliser un peu plus sa candidature présidentielle. Alors qu’il totalisait 27,7 % des suffrages en 2015 sur l’ensemble du territoire, il en compte à l’issue de ce premier tour 19,4 %, quand bien même ses thèmes de prédilection ont largement occupé le débat public ces derniers mois.

 «Le RN a un électorat plus jeune, de milieu ouvrier. Ils ne se sont pas déplacés. Il est vrai que le RN suscite souvent un vote d’adhésion et d’engagement. Mais une partie de ses électeurs est très intermittente dans sa participation», rappelle la spécialiste de l’abstention Céline Braconnier à l’AFP. Selon une étude Ipsos, l’électorat RN se serait effectivement moins mobilisé cette fois-ci. Si 81 % des électeurs de Marine Le Pen de 2017 qui se sont prononcés dimanche ont à nouveau voté RN, ils sont 73 % à s’être abstenus (contre 44 % pour ceux de François Fillon ou 55 % pour ceux de Benoît Hamon).

De même, 69 % des sympathisants du parti d’extrême droite ne se seraient pas rendus aux urnes, contre 55 % de ceux de droite et 65 % de ceux de gauche. Marine Le Pen y a vu une façon de minimiser la déception engendrée par les résultats: «Ce désastre civique a très largement déformé la réalité électorale du pays et donne une vision trompeuse des forces politiques en présence», a-t-elle ainsi déclaré.

Du côté de la République en marche, malgré les discours de façade, on ne s’attendait pas, au vu des sondages, à un miracle électoral. Mais le parti présidentiel n’anticipait pas non plus une claque de cette ampleur. À l’arrivée, la majorité est largement en deçà des résultats prédits, avec un score moyen de 10,4 % au niveau national.

LaREM est même éliminée dès le premier tour dans quatre régions: Occitanie, Corse, Auvergne-Rhône-Alpes et Hauts-de-France, où cinq ministres étaient pourtant mobilisés sur la liste. En Centre-Val de Loire et Nouvelle-Aquitaine, où deux ministres Modem étaient têtes de liste, la majorité plafonne respectivement à 16,65 % pour Marc Fesneau et 13,71 % pour Geneviève Darrieussecq. «Le résultat nest pas à la hauteur, cest une déception pour nous», a admis le patron de LaREM, Stanislas Guerini, plus que jamais sur la sellette.

La Macronie reléguée à un rôle de figuration

Au sein du parti présidentiel, on espérait en effet réaliser des scores suffisants pour jouer les faiseurs de roi au second tour en ayant un rapport de force favorable aux alliances et à l’orchestration des fronts républicains. Mais le RN se retrouve plus bas qu’annoncé et LaREM est largement distancée partout par les listes arrivées en tête. La Macronie est ainsi reléguée à un rôle de figuration. Oublié, donc, le «front républicain réinventé» proposé par le porte-parole de l’exécutif Gabriel Attal en amont du scrutin.

Misant sur un sursaut de participation dimanche prochain, les listes LaREM qualifiées au second tour devraient se maintenir partout, même en Île-de-France (11,76 % pour Laurent Saint-Martin) ou en Bourgogne-Franche-Comté (11,69 % pour Denis Thuriot). «Je veux convaincre les abstentionnistes daller voter dimanche prochain et de ne pas se laisser dicter leur choix», justifie pour sa part la ministre Brigitte Klinkert, créditée d’un piteux 10,77 % au 1er tour dans le Grand-Est.

«Il ne faut pas se projeter sur les élections à venir»

Les propositions d’alliances avec LR, qui auraient pu à nouveau semer la zizanie au sein de la droite traditionnelle, tombent aussi à l’eau. La prime aux exécutifs sortants a largement bénéficié à cette dernière, comme elle a profité au PS dans les cinq régions que les socialistes gouvernent. «Les Républicains» devancent les marcheurs partout, pas seulement dans les régions où ils sont sortants, mais aussi dans les régions dirigées par la gauche.

Christian Jacob, le chef du parti, peut jubiler. En position de force, il a réclamé, ce lundi, le retrait pur et simple de la majorité dans trois régions pour contrer la gauche: les Pays de la Loire, la Bourgogne-Franche-Comté et le Centre-Val de Loire. Un signal fort dans cette dernière région, où Nicolas Forissier (LR) et Marc Fesneau avaient pourtant ouvert la porte à un rapprochement.

Malgré la débâcle, LaREM n’infléchira pas sa ligne. Fidèle aux consignes d’Emmanuel Macron, qui a appelé «à ne tirer aucune leçon nationale» du scrutin, la majorité botte en touche. «Les Français nont pas répondu à une question nationale, ils ont répondu à une question régionale et départementale. Ils ont massivement apporté leur confiance aux sortants», répète Stanislas Guerini, en rappelant la faible implantation locale du parti présidentiel, qui se vantait pourtant d’avoir fait éclore des comités de soutien un peu partout en France.

L’Élysée se rassure en insistant sur un scrutin exceptionnel, marqué par l’abstention et déconnecté des rapports de force nationaux. Emmanuel Macron et Marine Le Pen restent encore les mieux placés pour accéder au second tour de la présidentielle si elle avait lieu maintenant.

Selon l’Ifop, pour le premier tour de dimanche, à peine 25 % des votants déclarent ainsi avoir déterminé leur vote en fonction d’enjeux nationaux, soit plus de 10 points de moins qu’en 2015. «Nous sommes devant une abstention différentielle. Les électorats ont été déformés par l’abstention.

Il ne faut pas projeter ce qui s’est passé dimanche sur l’ensemble des élections à venir. Quand reviendra la présidentielle, il y aura de grandes chances que le RN et LaREM soient au premier rang», assure le chercheur du Cevipof Luc Rouban. Comme les marcheurs, l’extrême droite est toujours en embuscade, d’autant qu’un hypothétique sursaut de participation pourrait changer la donne.

Arrivé en tête en Paca, le RN y concentre désormais ses espoirs. Mais le plafond de verre est à nouveau consolidé par le retrait finalement annoncé de la liste de gauche conduite par Jean-Laurent Félizia.

 

 

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