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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Front national: ce chien de garde

19 Avril 2012, 11:30am

Publié par PCF Villepinte

 
Combattre Le Pen, en tous lieux et en toutes circonstances, est une fonction autant qu’un honneur ! Un honneur pour la gauche.

Souvenons-nous… Dans le système désenchanté que nous imposait la politicaillerie médiacratique, tout s’organisait au profit d’un statu quo d’autant plus cynique qu’il inoculait, tel un venin, le nihilisme en politique. D’un côté, les puissants dictaient leurs lois, celle du monde marchand, non libres et faussées. De l’autre côté, les gestionnaires – ou aspirants – calquaient leurs idées sur les impératifs de l’austérité et de l’accompagnement vers l’inexorable déclin de l’égalité républicaine. Et au milieu? Le chien de garde du capitalisme, grâce auquel tout se trouvait paralysé: le Front national. Il attisait la haine de l’autre par temps de crise en ethnicisant la politique, il imposait ses thèmes et maintenait un climat de peur légitimant le réflexe du vote utile… Seulement voilà, depuis le début de la campagne du Front de gauche, ce modèle a explosé en plein vol!

La ligne anti-FN de Jean-Luc Mélenchon, outre qu’elle a redonné à la gauche son rôle historique dans le dispositif républicain, a permis de dénoncer l’imposture de la famille Le Pen, de meeting en meeting, prenant un à un ses arguments pour mieux les démonter, tandis que les militants, partout, contestaient souvent bruyamment la présence de fifille-nous-voilà et de ses gros bras, pour ne plus céder le moindre mètre de terrain aux représentants de l’obscurantisme.
Non seulement le Front de gauche affirme être le pire ennemi de Le Pen, mais, en la combattant, il combat la division, les islamalgames, rassemble les victimes, les dominés, et réorganise l’idée même de solidarité… On voulait assigner les ouvriers à résidence d’un vote xénophobe et propatronal ? Échec sur toute la ligne! La bulle, essentiellement médiatique, ne pouvait résister à l’intrusion d’une confrontation brutale. N’oublions jamais la séquence primitive de Le Pen sur France 2, qui, opposée à Jean-Luc Mélenchon, préféra la fuite et le mépris à l’usage du débat démocratique en pleine ferveur électorale. Le Front national venait de baisser les yeux. Souhaitons que la dérobade se transforme bientôt en débandade.

Combattre Le Pen, et pas seulement la dénoncer, en tous lieux et en toutes circonstances, est une fonction autant qu’un honneur! Le Front de gauche a réussi à enrayer les pitoyables tentatives de banalisation et de différenciation du père auxquelles aspirait Le Pen, aidée qu’elle était par le chef de l’État. Rappelons en effet que Le Pen a trop longtemps profité du tapis rouge que Sarkozy a déroulé sous ses pieds: du pseudo-débat sur l’identité nationale aux politiques de l’immigration, sans parler de l’écrasement progressif de l’esprit d’égalité, jamais depuis la fin de la guerre d’Algérie l’État français n’avait à ce point engendré une logique de bouc émissaire. En désenclavant les thèses lepénistes, le futur ex-prince-président porte une responsabilité historique!

Ne cachons pas l’enjeu du scrutin du dimanche 22 avril. Placer Marine Le Pen loin derrière Jean-Luc Mélenchon est l’un des piliers de la stratégie d’insurrection civique en cours. Car enfin, imaginons un instant ce que serait la vie républicaine sans les Le Pen! Pensons à la libération démocratique que cela constituerait pour les classes populaires ! Celles-ci n’aspirent qu’à une chose: en finir avec la plus formidable rage de destruction sociale depuis la Libération. La crédibilité des propositions du Front de gauche fait aussi reculer le FN. Or, faire reculer le FN désenchaîne la politique, réenclenche l’espoir, réactive les mots, les symboles, l’imaginaire et même une possible suprématie culturelle et idéologique. Faire reculer le FN, c’est faire progresser le peuple.

[EDITORIAL publié dans l'Humanité du 18 avril 2012.]
 
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