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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Articles avec #crise

Union européenne

22 Mars 2013, 18:34pm

Publié par PCF Villepinte

La salutaire résistance chypriote

 

Voici un fait inédit dans l’Union européenne : la pression populaire a conduit à ce qu’aucun parlementaire chypriote n’approuve le maléfique diktat concocté par le nouveau directoire des affaires européennes, baptisé « la troïka » – Commission de Bruxelles, Banque centrale européenne et… Fonds monétaire international –, aux ordres exclusifs de Mme Merkel. Celle-ci avait soutenu l’élection du nouveau président de Chypre contre le candidat des communistes.

Ensemble ils voulaient faire de Chypre un nouveau laboratoire pour tester le racket direct des comptes bancaires dès le premier euro. Cela au mépris total de tous les engagements pris jusque-là. Ce plan austéritaire prévoyait de combiner l’impôt forcé 
sur les comptes bancaires des travailleurs 
et des petits épargnants et la privatisation 
de plusieurs entreprises ou la désindexation 
des salaires et des retraites sur les prix.

Ces attaques n’avaient pas été possibles jusque-là parce que l’ancien président chypriote, Dimitris Christofias, a toujours refusé d’appliquer les prétendus remèdes des docteurs bruxellois. On ne peut comprendre les difficultés de Chypre aujourd’hui sans les relier à la crise de la Grèce. L’effondrement des banques grecques a accéléré les difficultés de celles de Chypre, appâtées par le système européen qui leur permettait d’acheter des dettes du pays voisin à des taux d’intérêt élevés. Refusant de laisser son secteur bancaire s’effondrer, l’État chypriote a dû garantir les dépôts.

Les citoyens chypriotes ne sont donc en rien responsables de la situation. Cela ne fait que renforcer la nécessité de rechercher un projet de solidarité européenne, écartant le hold-up sur les comptes 
des travailleurs et des retraités, la destruction des droits sociaux, les privatisations des entreprises publiques chypriotes qui rapportent jusque-là au budget de l’État.

Les institutions européennes ont refusé cette voie 
pour, après des plans d’austérité appliqués dans plusieurs pays, tester un cran supplémentaire 
dans la spoliation des fruits du travail. Elles ont pensé qu’en choisissant un petit pays où se développent 
des activités financières offshore, quelques jours après le retour de la droite, cela pourrait marcher. Le peuple 
de Chypre vient de répondre non !

En ce sens, il rend un immense service à tous 
les peuples européens qui auraient été eux aussi 
en butte à de tels projets.

Notre solidarité à l’égard du peuple chypriote et des forces progressistes doit se conjuguer avec la réactivation d’un débat sur un nécessaire traitement européen commun de la crise. C’est d’autant plus indispensable que de dangereux enjeux géostratégiques se posent, notamment avec la réserve de gaz au large de ce pays, convoitée par Israël comme par la Turquie, que les dirigeants russes seraient prêts à acheter en contrepartie du paiement de la dette.

L’Europe ne doit pas se laisser entraîner dans cet engrenage, et elle doit choisir la voie d’une taxation des paradis fiscaux et de la désintoxication financière de Chypre, pour l’aider à développer son industrie, son agriculture et ses services, et non à les privatiser, et appliquer un prélèvement sur les comptes des oligarchies financières en contrepartie d’un rachat de tout ou partie de la dette par la Banque centrale européenne. Cette ci-devant doit par ailleurs aider 
à un nouveau financement de l’économie.

C’est l’intérêt de tous les citoyens européens 
qui le commande désormais.

Patrick Le Hyaric
Directeur de l'Humanité

 

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Dans l'Humanité des débats:

1 Février 2013, 08:00am

Publié par PCF Villepinte

 Quelles réponses pour sortir de la crise?

 

 

Extrait de la table ronde à retrouver dans l’Humanité des débats de ce vendredi 1er fevrier.

Les réponses de Valérie Rabault, économiste, vice-président de la commission finances de l’assemblée nationale, députée PS Tarn-et-Garonne, Xavier Timbeau, directeur département Analyse et Prévision de l’OFCE et Frédéric Boccara, économiste du PCF.

Alors que la finance célèbre son sauvetage au Forum mondial de Davos où le champagne coule de nouveau à flots, la spirale de la récession touche durement les peuples et les Etats soumis à un ignoble chantage: se retrouver au chômage et en faillite ou accepter la « fléxi-précarité » et l’austérité ? On sait maintenant grâce aux analyses éclairantes du FMI que le résultat est le même. Accepter les conditions de ce chantage ne fait qu’aggraver encore la crise.

Suite à la publication d’une étude fin 2012, Olivier Blanchard, chef économiste du FMI s’est lancé dans une critique des politiques d’austérité. Cet aveu du FMI rejoint l’analyse de nombreux économistes parmi lesquels deux prix Nobel Joseph Stiglitz et Paul Krugman. Les pays européens s’obstinent pourtant à mettre en œuvre cette austérité contre-productive. En France, cette orientation est fortement contestée. Keynésiennes ou marxistes, de nombreuses alternatives sont mises sur la table. Aux gouvernements européens d’entendre ces voix progressistes. 

  • A lire aussi:

Cette réforme conduit à une régression des droits des salariés

Un modèle au service de la sécurisation du licenciement

Vidéo Stéphane Guérard

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CRISE(S)

17 Janvier 2013, 18:58pm

Publié par PCF Villepinte

 

 - le 16 Janvier 2013

 

Vendredi 18 janvier à Paris au Siège du PCF : projection-débat de "Crise(s)" de Frédéric Touchard avec Pierre Laurent

Mots clés : pcf, pierre laurent, crise,

 

 

Soirée projection et débat autour du documentaire "Crise(s)" de Frédéric Touchard vendredi 18 janvier à 19h00 au siège du Parti communiste français.

Les films d'un jour et le Parti communiste français vous invitent à une soirée autour du documentaire "Crise(s)".

Programme

  • 18h30 - Ouverture par la chorale Poing d'Orgue qui interprétera quelques chansons de son spectacle Métiers à la clef
  • 19h00 - Projection du documentaire "Crise(s)" (52 min.)
  • 20h00 - Débat. En présence de Frédéric Touchard, réalisateur du documentaire, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF et sénateur de Paris et de M. Croquefer, syndicaliste CGT. 

Rencontre animée par Laurence Mauriaucourt, journaliste à l'Humanité.

 

Entrée libre / Réservation conseillée par mail à reservations@filmsdunjour.com

Siège du PCF - 2 place du Colonel Fabien 75019 Paris

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7 rapports préparatoires à la conférence de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale

5 Décembre 2012, 08:04am

Publié par PCF Villepinte

mardi 4 décembre 2012

 


 

Les 7 groupes de travail chargés en septembre de préparer la conférence contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale des 10 et 11 décembre ont remis leur rapports au gouvernement. (Voir le dossier de presse sur le site du ministère des affaires sociales et de santé)

Chacun de ces rapports comprend des constats et une série de recommandations, qui doivent alimenter les débats, le 10 décembre après-midi au Conseil économique, social et environnemental (CESE), avant la séance plénière qui précédera, le 11 décembre, le discours de clôture prononcé en milieu de journée par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault.

- Groupe de travail "Accès aux droits et aux biens essentiels, minima sociaux"

- Groupe de travail "Inclusion bancaire et lutte contre le surendettement"

- Groupe de travail "Emploi, travail, formation professionnelle" Un droit au parcours accompagné vers l’emploi

- Groupe de travail "Familles vulnérables, enfance et réussite éducative"

- Groupe de travail "Gouvernance des politiques de solidarité"

- Groupe de travail "Logement, hébergement"

 

 

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A qui profite la dette

26 Novembre 2012, 13:13pm

Publié par PCF Villepinte

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le plan de bataille des financiers

23 Novembre 2012, 17:14pm

Publié par PCF Villepinte

Pour aider à comprendre ce qu'il se passe actuellement, voici un petit film réalisé le 19 mars 2012.
Par fakirpresse
"tromper le peuple français" et casser le "fameux CDI". Voilà le plan de bataille des marchés en cas de victoire de François Hollande. Nicolas Doisy, "chief economist" du « premier broker indépendant en actions européennes » nous le révèle en exclusivité. Co-production La-bas si j'y suis, Fakir et les Mutins de Pangée.
(la retranscription de cet entretien : www.fakirpresse.info/Le-plan-de-bataille-des-marches,359.html

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Pierre Khalfa : "C’est une véritable cure d’austérité que le gouvernement prépare"

7 Novembre 2012, 12:47pm

Publié par PCF Villepinte

Pierre Khalfa, lors d'un débat à la Fête de l'Humanité 2009

 

 

Le coprésident de la fondation Copernic, qui a signé un rapport intitulé « En finir avec la compétitivité » (ci-dessous), réagit aux mesures annoncées par le gouvernement qui reprend pour l’essentiel les préconisations du rapport Gallois.

Quelle est votre appréciation globale des mesures annoncées 
par le gouvernement ?

Pierre Khalfa. Le gouvernement reprend pour l’essentiel les préconisations du rapport Gallois, qui lui-même reprenait principalement les exigences du patronat.

Quel regard portez-vous sur le transfert annoncé d’une partie de la fiscalité 
des entreprises vers les ménages ?

Pierre Khalfa. Le rapport Gallois préconisait un transfert direct des cotisations patronales sur les ménages, les mesures du gouvernement prévoient un transfert indirect par le biais d’un crédit d’impôt. C’est un cadeau au patronat de 20 milliards d’euros. L’augmentation de la TVA qui en finance une partie est particulièrement injuste puisqu’elle touche de manière disproportionnée les classes populaires, qui consomment l’essentiel de leur revenu. Il s’agit d’un retour de la « TVA sociale » de Nicolas Sarkozy, que François Hollande avait condamnée et que son gouvernement a abrogée. C’est un reniement majeur. De surcroît, les ménages payeront deux fois. Car une nouvelle baisse des dépenses publiques de 10 milliards d’euros est également prévue. Elle s’ajoute à celles déjà programmées d’ici à 2017. C’est une véritable cure d’austérité que le gouvernement prépare.

Cette mesure est-elle de nature 
à permettre la relance de l’économie ?

Pierre Khalfa. Alors que l’économie stagne, que l’investissement des entreprises est au plus bas, couper dans les dépenses publiques et réduire la consommation des ménages, en augmentant la TVA, ne peut qu’entraîner la France dans une logique récessive qui enfoncera le pays dans la crise. Les allégements de cotisations sociales représentent déjà plus de 30 milliards d’euros en contrepartie desquels le patronat s’était engagé à embaucher. Résultat : un simple effet d’aubaine. Même la Cour des comptes a indiqué que l’effet sur l’emploi est incertain.

Ces mesures visent la réduction du « coût 
du travail ». Est-ce le véritable problème ?

Pierre Khalfa. En France, le coût du travail dans l’industrie est inférieur à celui de l’Allemagne. Mais le coût du capital n’est jamais abordé. Les dividendes versés aux actionnaires en 2010 représentaient 9 % de la valeur ajoutée des sociétés non financières, contre 5,6 % en 1999. Il faut s’attaquer à la financiarisation des entreprises. Leurs dépenses en recherche et développement, par exemple, sont passées de 44 % des dividendes en 1992 à 25 % aujourd’hui. Il existe de multiples solutions pour bloquer cette financiarisation, comme limiter le montant des dividendes versés aux actionnaires.

Vous avez signé un rapport intitulé « En finir avec la compétitivité » (1). En quoi cette notion, sur laquelle prend appui le gouvernement, 
vous paraît-elle nuisible ?

Pierre Khalfa. L’objectif de la compétitivité est de réduire la masse salariale, et donc la demande intérieure, pour exporter et gagner des parts de marché contre ses voisins. Or aujourd’hui les économies de l’Union européenne sont totalement intégrées et les excédents commerciaux des uns sont les déficits des autres. Croire que l’on peut transformer tous ces pays en exportateurs sur le modèle allemand est une illusion dont la conséquence, avec la réduction de la demande interne, est un effet récessif global. Cette notion est mortifère : elle favorise la concurrence de tous contre tous et la guerre économique permanente au lieu d’un modèle de développement basé sur la coopération, sur la satisfaction des besoins sociaux et sur la transition écologique.

  • Le rapport intitulé" En finir avec la compétitivité" (Attac/Fondation Copernic) 

 

Lire aussi :

André Chassaigne: "On ne s'attaque pas au coût du capital"

Compétitivité: la quasi totalité du rapport Gallois reprise par le gouvernement

Rapport Gallois: compétitivité, un choc contre le travail (décryptage)

Entretien réalisé par Julia Hamlaoui

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Quatre raisons de rejeter le plan de compétitivité du gouvernement

6 Novembre 2012, 16:51pm

Publié par PCF Villepinte

Jean-Marc Ayrault et Louis Gallois

 - le 6 Novembre 2012

 

 

 

Un soutien aux entreprises sans grande contrepartie aux entreprises, sur le dos de l'emploi, du pouvoir d'achat et des services publics. Les reproches au pacte national de croissance et de compétitivité dévoilé ce mardi par Jean-Marc Ayrault ne manquent pas.

Le Premier ministre ne s'en est pas caché devant les députés ce mardi. Son plan pour relancer la compétitivité de l'économie française a d'abord pour vocation de "redonner des marges à nos entreprises". Le crédit d'impôt de 20 milliards d'euros en faveur des entreprises est "une nécessité, une ardente obligation", a-t-il lancé.

  • Un plan au service du capital

"On reste enfermé dans le postulat que c'est le coût du travail qui freine la croissance économique", lui objecte André Chassaigne. Le patron du groupe Front de gauche à l'Assemblée déplore: "Ces mesures considèrent qu'il faut financer l'investissement du privé de façon prioritaire mais au détriment de l'investissement public. On fait l'impasse complète sur le coût du capital, les prélèvements financiers des entreprises c'est-à-dire les intérêts, les dividendes aux actionnaires".

Jean-Luc Mélenchon lui emboite le pas sur TV5 Monde. " Pourquoi parle-t-on toujours du prix du travail et jamais du prix du capital? Comment se fait-il que dans notre pays on paye deux fois plus d'argent aux actionnaires qu'on en donne en cotisation sociale aux travailleurs? On fait comme si le capital n'y était pour rien, c'est seulement le travailleur, ce pelé, ce galeux qui doit payer davantage et être payé moins lui-même." Le co-président du Parti de gauche relève: "C'est un choc qui est fait où on transfère sur le dos de la masse des travailleurs contribuables ce qui ne sera pas acquitté par l'entreprise au moment de la production de la richesse", a-t-il ajouté.

 

  • Sans condition ni contrôle

Les conditions posées par Jean-Marc Ayrault au versement des 20 milliards d'euros pour les entreprises semblent particulièrement floue et peu contraignantes.  "Les comités d'entreprise devront être régulièrement informés de l'utilisation du crédit d'impôt", prévoit le premier ministre. Par ailleurs, "un comité de suivi du pacte associant l'Etat et les partenaires sociaux sera mis en place pour dresser à intervalles réguliers un constat partagé sur le bon fonctionnement du dispositif. Enfin, il appelle les entreprises à l'"exemplarité en matière de rémunération et de civisme fiscal, comme en matière de gouvernance".

Pas de quoi rassurer Henri Emmanuelli. "Dubitatif", le député des Landes et ancien ministre du Budget, Henri Emmanuelli, se demande "pourquoi est-ce que cela concerne toutes les entreprises alors qu'il y en a impactées par la mondialisation (ayant) un problème de compétitivité et d'autres pas, dans la banque ou l'assurance ou la distribution ?" Comme d'autres, l'élu craint que le crédit d'impôts sur les sociétés serve la distribution de dividendes et non l'investissement".

 

  • Rien pour les salaires et le pouvoir d'achat

"C'est un véritable coup de massue contre le pouvoir d'achat. Un choc oui, mais un choc avant tout pour celles et ceux qui, 6 mois après la défaite de Nicolas Sarkozy jour pour jour, attendaient autre chose que cette nouvelle cure d'austérité", s'exclame Pierre Laurent dans un communiqué.

Le secrétaire national du PCF déplore que ces 20 milliards de crédit d'impôts aux entreprises soient financés pour moitié par une hausse de la TVA de 19,6% à 20%, soit l'impôt le plus injuste et qui touche le plus les classes populaires; par des coupes budgétaires dans les services publics de l'autre. Il aurait préféré d'autres mesures.

"Au contraire, le PCF préconise la baisse des charges financières d'intérêts et des dividendes qui étouffent le système productif français. Simultanément, il faut soutenir l'emploi, les qualifications et la demande avec la mise en place d'un nouveau crédit pour les investissements matériels et de recherche des entreprises dont le taux d'intérêt serait d'autant plus abaissé que ces investissements programmeraient plus d'emplois et de formation", ajoute-t-il.

 

  • Les services publics vont payer

Le gouvernement devra trouver 10 milliards d'économies dans son budget ainsi que dans celui des collectivités locales.

"Cela va taper où" se demande Jean-Claude Mailly, leader de FO qui juge pourtant le plan gouvernemental assez positivement. Idem pour l'UNSA: "Les économies réalisées sur les dépenses publiques ne risquent-elles pas de mettre en cause les interventions de l'Etat?"

Ces interrogations sont d'autant plus cruciales que le gouvernement pourrait être contraint à un collectif budgétaire drastique pour coller au dogme du 3% de déficits publics. Soit des coupes claires dans les services publiques qui s'ajouteraient aux 10 milliards d'efforts demandés par le plan de compétitivité énoncé par Jean-Marc Ayrault ce mardi.

 

  • A lire aussi:

André Chassaigne: "On ne s'attaque pas au coût du capital"

Compétitivité: la quasi totalité du rapport Gallois reprise par le gouvernement

S.G.

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La « guerre des 3 % » fera des dommages catastrophiques

20 Octobre 2012, 06:40am

Publié par PCF Villepinte

Le taux de chômage pourrait frôler la barre des 12 % en 2013 selon l'OFCE

 

 

Les économistes de l’Observatoire estiment que la croissance ne permettra pas d’atteindre l’objectif de 3 % de déficit public en 2013 et mettent en garde le gouvernement sur les ravages que provoqueraient les mesures pour y parvenir.

Les calculs réalisés par les économistes de l’OFCE sont catégoriques. « Les politiques d’austérité engagées en Europe depuis 2011, voire 2010, sont en train de conduire à une débâcle », a expliqué jeudi Xavier Timbeau, directeur du département analyse et prévision, en présentant la note de conjoncture 2012-2013 de l’observatoire pour l’économie mondiale, la zone euro et la France. Entendu que la situation actuelle ne reflète pas « une nouvelle récession, mais la continuité de la crise de 2008-2009 ».

Le chômage frôlerait « la barre des 12 % »

Panne de croissance et austérité généralisée obligent, la France n’atteindra pas les 3 % de déficit public en 2013. Au mieux, il s’établira à 3,5 %. Puisque, contrairement aux prévisions du gouvernement, la croissance atteindrait 0,1 % en 2012 et 0 % en 2013, contre 0,8 % selon les chiffres du budget. Vingt-neuf économistes, interrogés par Reuters, disent de même, prévoyant de leur côté un déficit à 3,5 % pour une croissance de 0,3 %.

Des performances « particulièrement médiocres et très éloignées du chemin que devrait normalement emprunter une économie en sortie de crise », affirme l’OFCE, démentant ainsi les propos du chef de l’État qui estimait mercredi dans le Monde que « la sortie de la crise de la zone euro, nous en sommes près, tout près ». D’autant que « si le gouvernement français tenait coûte que coûte à respecter son engagement de déficit budgétaire à 3 %, cela nécessiterait l’adoption d’un nouveau plan de restrictions d’un montant de 22 milliards d’euros ». Avec pour conséquences, une baisse d’activité économique de 1,2 %, un taux de chômage frôlant « la barre des 12 % » et 200 000 destructions d’emplois en 2013. Lesquelles s’ajouteraient aux 253 000 et 243 000 chômeurs prévus en 2012 et 2013. Le scénario est déjà catastrophique, mais les économistes en ont simulé un « plus noir », selon lequel aucun pays européen « ne respecterait ses engagements de réduction de déficit en 2013 ». Dans ce cas, la France pourrait connaître une récession sévère de – 3 %.

Révisions de croissance pour l’économie française en 2013 (Source OFCE)

La note de conjoncture de l’OFCE s’est également penchée sur les politiques d’emploi. Tout en pointant les avancées de certaines mesures mises en place comme les contrats aidés, l’observatoire reste très sceptique sur leurs effets. « Compte tenu des engagements affichés en matière budgétaire, il est peu probable que les moyens soient à la hauteur d’un renforcement important des dispositifs. » Les économistes se sont également penchés sur les négociations sur l’emploi en cours entre les syndicats et le patronat. Pour eux, le chômage partiel « demeure un instrument de court terme, qui ne fait que retarder les licenciements si la conjoncture reste dégradée ». Ils appuient l’idée que la flexibilité « reste élevée et comparable à celle des autres grands pays de l’OCDE ». Dans un contexte de chômage élevé, « introduire plus de flexibilité consisterait à diminuer les protections dont bénéficient les travailleurs en CDI, (…) sans retour rapide à l’emploi comme au Danemark », notent-ils.

Quant à la question de la compétitivité, l’OFCE alerte contre la tentation « d’une suppression des cotisations sociales employeurs compensée par une hausse d’autres recettes fiscales » qui ne serait pas de nature à « stabiliser le taux de chômage » et entraînerait un « effet récessif de la baisse des salaires réels ».

40 000 contrats aidés en plus. Le ministre du Travail a annoncé jeudi une nouvelle rallonge de 40 000 contrats aidés en 2012, après l’octroi de 80 000 contrats supplémentaires en juin. Le précédent gouvernement avait financé 390 000 emplois pour 2012 (dont 340 000 pour le secteur non marchand) mais une grande partie du budget a été consommée avant la présidentielle. « Ils ont été utilisés de manière incroyable par le précédent gouvernement, (...) pour la quasi-totalité d’entre eux dans la première moitié de l’année et pour une très courte durée », a expliqué Michel Sapin.

  • Lire aussi :

Les 3 % de déficit inatteignables en 2013, selon le FMI
CGT: Thierry Lepaon, farouche adversaire des accords de compétitivité
Les revendications de la CGT sur l'emploi plébiscitées

Clotilde Mathieu

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Europe: Cameron, Merkel et Hollande veulent un budget austère pour 2014-2020

20 Octobre 2012, 06:37am

Publié par PCF Villepinte

David Cameron et Angela Merkel, chefs de file des "Amis du dépenser mieux" dans l'Union européenne

 

 

Le Premier ministre britannique, David Cameron, a pris ce vendredi la tête des tenants de l'austérité en affirmant que la Grande-Bretagne userait de son droit de veto si le prochain sommet des 27 de fin novembre ne débouchait pas sur une réduction drastique du budget de l'Union européenne.

Interrogé à la fin du sommet européen pour savoir s'il était prêt à opposer son veto à ce projet qui suscite de vives divergences entre Etats membres, David Cameron a répondu: "La réponse courte est oui", ajoutant qu'on "ne peut pas toujours ajouter des dépenses aux dépenses" dans l'UE. "Ce ne serait pas acceptable de voir une forte augmentation dans les dépenses quand les budgets" nationaux "subissent des coupes".

Le chef du gouvernement britannique met ainsi la pression sur ses collègues, un mois avant le sommet extraordinaire des 22 et 23 novembre, qui devra déterminer le budget 2014-2020 de l'Union européenne. Il est le chef de file des "Amis du dépenser mieux" formés avec la France, l'Allemagne, l'Autriche, les Pays Bas, la Suède et la Finlande, partisans d'une réduction drastique du futur budget de l'UE pour 2014-2020 pour le mettre au diapason de l'austérité imposée par la crise. Tous sont contributeurs nets au budget commun.

La Pologne, chef de file des "Amis de la cohésion"

Ils s'opposent aux "Amis de la cohésion", une alliance plus ou moins soudée de 17 pays menés par la Pologne. Ces Etats refusent que l'enveloppe de la cohésion, qui représente 40% du budget global, ne fasse les frais de l'austérité au motif que les bénéficiaires des fonds ne parviennent pas toujours à les utiliser pleinement.

Ce vendredi, les négociations entre les deux groupes ont tourné au dialogue de sourds. "La négociation sera longue en raison de nos divergences", a reconnu le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, lors de la conférence de fin de sommet. François Hollande lui a fait écho. Bien sûr qu'il y aura des tensions, des discussions", a-t-il reconnu. La France souhaite "avoir un budget suffisant", une "enveloppe raisonnable" pour financer à la fois les fonds structurels et la politique agricole commune (PAC), a-t-il expliqué. Le président français souhaite la "stabilité du budget de la PAC en proportion", sans plus de détails, promettant "une position assez proche entre la France et l'Allemagne".

1.033 milliards d'euros. L'enveloppe globale du budget de l'UE est fixée sur sept ans et constitue le principal mécanisme de redistribution au sein de l'Union. La Commission européenne a proposé en juillet un budget pluriannuel de 1.033 milliards d'euros en crédits d'engagements et de 987 milliards en crédits de paiements pour la période 2014-2020 afin de tenir compte de l'adhésion de la Croatie, soit une hausse de près de 5% par rapport à la période 2007-2013.

  • A lire aussi:

"Merkel est demeurée ferme et a imposé son calendrier"

Le conseil européen inquiète les députés

S.G.

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