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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Grèce

30 Avril 2010, 17:59pm

Publié par PCF Villepinte

 

"Ce qui se passe est une preuve de l’échec de l’UE"

 Economiste à l’Université Pantheion d’Athènes, Apostolos Dedoussopoulos propose des alternatives. Il trouve la proposition de l’Humanité « bonne et juste ».

Les libéraux allemands proposent que la Grèce sorte de la zone euro. Qu’en pensez-vous ?

Ce n’est pas à nous, ni à d’autres pays de la zone euro, de sortir de la zone euro. Ce qui se passe est une preuve de l’échec de l’Union Européenne, et plus particulièrement de l’euro en tant que monnaie unique. Il vaut mieux de regarder les évolutions sur le long terme pour en tirer la conclusion qui s’impose : il faut réajuster le cadre constitutionnel de l’UE et celui de la zone euro. Aujourd’hui, la Grèce est visée, mais demain, ce sera le Portugal, puis l’Espagne et sans doute l’Italie. Ces pays rencontrent des problèmes similaires aux nôtres. La sortie d’un pays de la zone euro signifierait en fait une faillite de l’UE. Aujourd’hui, certains proposent que l’Allemagne, qui poursuit une stratégie économique ne servant que ses propres intérêts, sorte de la zone euro. Ce serait aussi une possibilité que nous pourrions envisager. Mais la meilleure voie à suivre est de revoir les cadres institutionnels européens, d’y introduire des règles sociales, et non de poursuivre uniquement dans la voie de ces politiques économiques libérales et de la compétitivité, y compris entre les Etats-membres.

Certains, comme l’Humanité qui a lancé une pétition, proposent que la Banque centrale européenne puisse prêter à 1%, directement aux Etats. Quel est votre avis ?

Même si elle implique de modifier les traités, cette proposition est bonne et juste. La banque centrale américaine, la FED, le fait déjà. Or, en Europe, aujourd’hui, les banques commerciales peuvent emprunter à 1% mais prêtent aux Etats à 5%, 9% et même maintenant 11% à la Grèce ! Le système monétaire européen, tel qu’il est organisé, conduit à une spéculation dramatique. Nous proposons aussi que la BCE puisse émettre des obligations européennes et que la BCE prête aux différents Etats à des conditions qui prennent en compte le résultat social, dans le cadre d’une stratégie sociale européenne. Cette proposition peut être mise en œuvre rapidement. Comme les choses se passent aujourd’hui, la base productive stagne dans l’économie. Quelque soit les formes de l’intervention, il faut développer cette base productive. L’argent doit être utilisé à développer l’économie plutôt qu’à la contracter et qu’à nous placer dans le cercle infernal de la déflation. Je crois qu’il faut retrouver un équilibre des dépenses publiques en développant les services publics, notamment sociaux.

Quels sont les impacts du plan d’austérité appliqué en Grèce actuellement ?

Selon les calculs du FMI, la dette publique de la Grèce s’élèvera à 150% du PIB dans deux ans. Ce qui veut dire que le plan d’austérité est un échec. Le FMI estime aussi que la déflation sera de 5% au cours des prochaines années et qu’il y aura une hausse importante du chômage qu’ils ne pronostiquent pas – parce que personne ne sait exactement quel taux il atteindra mais probablement 18 à 20%. Je ne vois rien de bon dans ce plan d’austérité. Je dirais même que le remède est pire que la mal.

La BCE est actuellement indépendante. Doit-elle le rester ?

Elle doit être effectivement placée sous le contrôle politique des citoyens. Un premier pas semble avoir été effectué avec la proposition du Conseil européen de mieux réguler les marchés financiers. Il faut le mettre en pratique. Ce qui passe aussi par des prêts directs de la BCE aux Etats ! En tout cas, il n’est pas possible de poursuivre avec une banque indépendante qui cherche d’abord à protéger le secteur bancaire dans son ensemble. Il faut donc introduire la sphère politique au sein de la BCE, en prenant en compte des objectifs sociaux.

Pourtant, Dominique Strauss-Kahn, le directeur du FMI, a proposé une déflation générale en Grèce…

C’est la politique classique du FMI. Ils croient qu’une baisse drastique des salaires et des prix rendra à la Grèce sa compétitivité. Mais dans le passé, nous avons déjà vu différentes déflations. Leurs résultats étaient toujours les mêmes : les exportations n’ont pas augmenté, mais les prix, eux, oui. La dévaluation conduit en fait à une réorganisation des allocations, ce n’est pas la solution. On augmentera la compétitivité différemment, mais pas en diminuant les salaires et les dépenses sociales. Ce sont en fait les critères du pacte de stabilité que vous mettez en cause. Oui. Ils sont au cœur du problème. Bien sûr, les gouvernements des 20 dernières années ont mené des politiques catastrophiques. Nous payons aussi le prix de ces politiques. On nous dit que notre marché du travail est très strict. Ce n’est pas le cas, la flexibilité est déjà à l’œuvre : il n’y a qu’à regarder le taux de travailleurs à temps partiels et le chômage caché. Mais en devant respecter les critères du pacte, les Etats sont privés de leviers pour agir sur la relance de leur économie.

Entretien réalisé par Fabien Perrier

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politique

30 Avril 2010, 13:28pm

Publié par PCF Villepinte

Les socialistes esquissent leur France d’après

Réuni en conseil national, mardi dernier, le Parti socialiste a adopté à l’unanimité son « modèle économique ». 

Dépassant les débats entre « réalistes  » et « laxistes », ils placent le modèle productif au centre de leur projet.

 

Pour la première fois depuis longtemps, ils parlent au futur. Après des années passées en thérapie de groupe, les socialistes ont digéré leurs échecs électoraux et tentent désormais de dessiner un projet. « En 2002 comme en 2007, nos défaites à l’élection présidentielle puis aux législatives n’ont pas eu pour cause une insuffisance de mesures  ; en revanche, il nous manquait sans doute une architecture. Il faut une vision de la société et c’est à cela que nous travaillons aujourd’hui », lançait, mardi, Martine Aubry à ses troupes réunies en conseil national afin d’adopter le document portant sur le « nouveau modèle économique, social et écologique », piloté par Pierre Moscovici. Ce texte sur lequel les militants devront se prononcer le 20 mai prochain pose d’abord le constat de « l’effondrement d’un système ». À la lecture du document raisonnent d’ailleurs les mots de Jospin à l’adresse des salariés de Michelin  : « L’État ne peut pas tout », aujourd’hui le PS semble avoir pris le contre-pied en préconisant un changement de modèle. « Il n’y a pas d’un côté le nouveau modèle dont chacun rêve, mais que nous n’aurions pas les moyens de construire, et de l’autre les contraintes de la réalité à gérer au mieux », annonce ainsi le préambule.

Attachement au modèle productif

L’une des propositions les plus emblématiques de ce travail réside dans l’idée de créer un pôle public d’investissement industriel, « décliné territorialement sous forme de fonds régionaux d’investissement, adossé à la Caisse des dépôts et consignations, à la Banque de France, à la Banque postale et à Oséo » et crédité en partie par le crédit impôt recherche. C’est une manière de marquer leur attachement au modèle productif. L’accent est porté sur la conditionnalité des aides publiques à des contreparties sociales et environnementales. Par ailleurs, les socialistes disent vouloir augmenter « le coût des licenciements économiques dans les entreprises florissantes », « instaurer une obligation de remboursement préalable des aides publiques reçues moins de cinq ans » avant toute procédure ou fermeture de sites. Enfin, sur ce chapitre, il est également question de donner plus de droits aux salariés. Dans le cadre d’une entreprise comme Molex, où la direction entrave volontairement sa pérennité, les salariés pourraient « saisir le tribunal de grande instance ». Plus loin, il est question d’un « compte formation » mis à la disposition de chaque Français et d’une extension de l’assurance chômage financée par une majoration des cotisations sociales des entreprises « employant un quota trop élevé de travailleurs précaires et par une révision des exonérations de cotisations sociales sur les bas salaires ». Dans cette perspective, il est par ailleurs fait référence à la nécessité de revoir la répartition des richesses entre le capital et le travail. Ainsi, disent-ils, dans les entreprises où la puissance publique possède des parts, les salaires devraient être « compris dans une échelle de l’ordre de 1 à 20 » tout en étendant la présence des salariés dans les conseils de surveillance et en améliorant leur information sur la situation et les politiques de leurs sociétés.

la finance au service de l’économie réelle

Autre point important du texte  : remettre la finance au service de l’économie réelle en favorisant les investissements à long terme. De même, le PS entend durcir certains ratios imposés aux banques, limiter les bonus. Enfin, la « révolution fiscale » prônée par le PS s’engage dans le sens d’un « seul impôt progressif prélevé à la source » qui verrait la CSG et l’impôt sur le revenu fusionner, la suppression des niches fiscales et l’augmentation de la fiscalité sur le patrimoine. Loin d’être programmatique, ce texte servira néanmoins de socle à un PS remis au travail.

Lina Sankari

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1er Mai

30 Avril 2010, 13:24pm

Publié par PCF Villepinte

 

Sondage 70 % des Français

soutiennent les manifs du 1er Mai

Samedi, près de 300 manifestations organisées par la CGT, la CFDT, la FSU, Solidaires et l’Unsa, pour l’emploi, les salaires et la garantie des retraites. La première occasion de se faire entendre sur la réforme des retraites.

C’est sans appel ! Notre sondage réalisé par l’institut CSA le montre : à 70 %, les Français soutiennent ou expriment de la sympathie pour les manifestations unitaires du 1er mai organisées par la CGT, la CFDT, la FSU, Solidaires et l’Unsa, sur l’emploi, les salaires et les retraites. Ce résultat dépasse les chiffres atteints le 23 mars (65 %) et lors des grandes manifestations de 2009 (69 % le 29 janvier, 62 % le 19 mars). On flirte même avec les records de soutien et de sympathie enregistrés lors du mouvement des lycéens d’avril 2008 (73 %) !

Ce sondage de l’Humanité confirme ce que tous les syndicats disent du climat social aujourd’hui, marqué par une importante montée de la conflictualité. La combativité des salariés s’exprime dans les entreprises par de très fortes luttes. Pour l’emploi d’abord, quand les travailleurs doivent faire face aux plans de licenciement, aux délocalisations qui n’ont pas ralenti depuis des mois. Mais aussi, peut-être surtout, pour les salaires. Les conflits se multiplient au fur et à mesure que les négociations annuelles obligatoires (NAO) révèlent la pingrerie patronale, en ce qui concerne les salaires, et l’extrême générosité des directions d’entreprise à l’égard des actionnaires. Cette flambée des conflits salariaux touche aujourd’hui de grands groupes commerciaux et industriels comme Carrefour ou Airbus.

"Dans les entreprises, les luttes concernent les salaires", affirme Pascal Joly, secrétaire général de la région Île-de-France CGT. Mais tous les militants sur le terrain le disent : les salariés ont surtout en tête la réforme des retraites. Et ce qui domine, c’est une énorme inquiétude. "De toute évidence, le gouvernement nous promet une réforme qui consistera essentiellement à durcir les paramètres d’accès à la retraite", souligne Jean-Louis Malys, le "Monsieur retraite" de la CFDT.

Les propos du ministre du Travail, jeudi matin sur France Inter, ne contribueront sûrement pas à rassurer les salariés. Éric Woerth, qui continue à ne rien révéler de concret quant aux projets réels du gouvernement, assène que la réforme est "indispensable", qu’on "travaillera plus longtemps" et qu’on "cotisera plus longtemps", et qu’il n’y aura pas à cela de contrepartie. "La contrepartie, c’est que le système sera sauvé" prétend-il en substance. Et lorsqu’un journaliste lui demande si la réforme des retraites n’est pas un gage donné aux agences de notation, Éric Woerth confirme implicitement : "C’est un signe envoyé au monde entier. (…) La réforme des retraites est l’illustration de notre sérieux". Une affirmation qui apporte de l’eau au moulin de Bernard Thibault, le secrétaire général de la CGT, qui accuse les agences de notation, "milices privées au service de la défense des intérêts du capital", de "jouer les gendarmes" lorsqu’elles estiment que "les dépenses publiques ou les systèmes sociaux d’un pays sont trop coûteux".

Les 284 manifestations prévues le 1er mai peuvent être la première occasion d’exprimer massivement son opposition à toute régression du système des retraites, son attachement à l’ouverture du droit au départ en retraite à soixante ans, son refus de l’allongement de la durée de cotisation et de la baisse des pensions. Si, comme tous les syndicats s’y emploient, le rendez-vous est réussi, les termes du débat s’en trouveront modifiés.

Olivier Mayer

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LOGEMENT

30 Avril 2010, 13:12pm

Publié par PCF Villepinte

Nous demandons le gel des loyers et un moratoire sur les expulsions

Odette Terrade
Sénatrice du Val-de-Marne

Membre de la commission de l’économie, du développement durable et de l’aménagement du territoire. Redevenue sénatrice le 19 septembre 2007 en remplacement de Mme Luc, démissionnairePar Odette Terrade / 27 avril 2010

Vous n’avez de cesse d’annoncer monts et merveilles pour le logement mais je constate une baisse continue des investissements publics. Vous ne faites rien pour appliquer la loi Dalo et la hausse des loyers et la fin de la trêve hivernale vont entraîner la multiplication des expulsions. Chaque année 100 000 expulsions sont prononcées, dont 10 000 mises en oeuvre avec le concours de la force publique. L’Insee prévoit un million de chômeurs en plus cette année. Il ne s’agit pas de mauvais payeurs ! Le comité de suivi du Dalo demande des mesures d’accompagnement. Mais vous n’avez mis en place qu’une ligne de téléphone ! La garantie des risques locatifs (GRL) ne défend que les bailleurs privés, alors que les locataires doivent affronter l’érosion de leurs ressources. Vous êtes bien le défenseur de la propriété privée. Nous demandons le gel des loyers et un moratoire pour les expulsions.

M. Benoist Apparu, secrétaire d’État. - La propriété est un droit constitutionnel que je défends. Le moratoire serait contreproductif. Si les propriétaires ne peuvent récupérer leurs logements en cas d’impayés, ils ne loueront plus.

En revanche, il faut prévenir les expulsions. Nous avons créé des commissions départementales pour éviter les expulsions qui interviennent trop tardivement. Il faut en effet réagir dès le premier mois.

La garantie des risques locatifs a été mise en place à la demande des partenaires sociaux qui veulent que dès le premier mois d’impayé les services sociaux soient prévenus afin qu’ils interviennent le plus vite possible.

Notre politique est humaine ; elle est plus efficace qu’un moratoire.

Mme Odette Terrade. - Cette réponse ne nous satisfait pas. Le droit de propriété est un droit constitutionnel ? Le droit au logement aussi ! Considérer le logement comme une simple marchandise n’est pas acceptable. Revoyez votre copie ! Il est urgent de déclarer le logement grande cause nationale.


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Retraites

29 Avril 2010, 15:59pm

Publié par PCF Villepinte

 affiches choc pour bataille serrée
 
Le PCF lance une campagne d’affichage à 200 000 exemplaires pour sensibiliser l’opinion publique sur l’avenir de notre système de retraite.

"Si nous avons fait le choix d’une campagne mobilisant des moyens très importants, d’une campagne qui vise à susciter des réactions, notamment avec les deux affiches nationales que nous proposons pour la journée du 1er mai, a déclaré Olivier Dartigolles, porte-parole et responsable de la communication du PCF, c’est que l’essentiel du rapport de force face à la droite, au patronat et aux marchés financiers va se jouer dans les semaines à venir".

"Normalement, poursuit le dirigeant, cette communication éclairant loyalement les enjeux, laissant ouverte toutes les solutions pour répondre aux défis de la période, devrait être assurée par l’État. Les moyens publics, plus de 5 millions d’euros, sont affectés à d’autres missions : relayer « les salades », les mensonges et les manipulations de l’Ump et du patronat. L’intoxication idéologique délivrée veut laisser croire qu’il n’y aurait pas d’autres réponses que le recul de l’age légal du départ à la retraite avec un allongement des durées des cotisations et une nouvelle baisse du niveau des pensions".

deux affiches nationales imprimées à 200 000 exemplaires

"Nous avons fait le choix d’utiliser les codes de la communication sociétale afin de créer une prise de conscience. On nous dira, c’est un peu brutal". "La brutalité est du côté de la droite, répond par avance Olivier Dartigolles, nous ne faisons qu’éclairer la vraie nature du projet gouvernemental. Nous voulions un message qui puisse toucher la jeune génération, qui puisse lui parler car cette contre-réforme les vise particulièrement. Comme je l’indiquais dans le rapport présenté au dernier Conseil national, la mise en mouvement de la jeune génération est l’une des clés de la dynamique de rassemblement pour mettre en échec Sarkozy".

 

L’affiche des barreaux en forme de cannes "s’inspire des campagnes traitant des grandes causes humanitaires pour susciter une prise de conscience instantanée sur la gravité d’un recul de civilisation passant par la casse du système solidaire des retraites".

L’affiche boucherie s’attaque plus particulièrement à un volet de la réforme : l’allongement de la durée de cotisation. Nous avons fait ici le choix d’une image choc à la hauteur de la régression que nous promet la réforme au travers des yeux d’une enfant. Nous sommes presque de retour aux Temps Modermes ou au Kid de Charlie Chaplin. Cette petite fille n’a pas perdu ses rêves mais la voilà obligée de travailler, « pour atteindre les 42 années de cotisation retraite, mieux vaut commencer tôt »….que sommes-nous en train de devenir, voulons nous vraiment de cette société qui fait machine arrière ? De quoi sera fait demain si des enfants en viennent à remplacer leurs jouets par des pièces de viandes.

 


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SALAUD D'CH'MINOT

28 Avril 2010, 18:26pm

Publié par PCF Villepinte

Pascal, cheminot des directions centrales de la SNCF, explique sa situation de privilégié en vidéo.

PUB SNCF:Le groupe ICF, acteur majeur de l'habitat en France

Avec un patrimoine de près de 100 000 logements, dont 80 000 logements sociaux

et 20 000 logements à loyers libres, ICF est le 3ème opérateur du logement en France.

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Tous mobilisés

28 Avril 2010, 15:57pm

Publié par PCF Villepinte

Pour un grand 1er mai unitaire

PDF - 4.5 MoEmploi, conditions de travail, pouvoir d’achat, avenir des retraites sont au cœur des préoccupations des salariés du public et du privé. Le sont aussi les axes revendicatifs portés en commun par l’intersyndicale depuis 16 mois. Ce sont sur ces priorités qu’elle interpelle :
- les pouvoirs publics,
- le patronat,
- les chefs d’entreprise.
La situation économique et sociale est d’ores et déjà à l’origine de nombreuses luttes, souvent unitaires, des salariés du public comme du privé. Ces mobilisations doivent s’inscrire dans la durée.

C’est pourquoi nous décidons de faire connaître nos exigences auprès des salariés toute la journée du 20 avril. C’est pour ces raisons que les organisations syndicales CFDT, CGT, FSU, Solidaires, UNSA appellent les salariés à manifester très nombreux le 1er mai pour affirmer leurs attentes d’un monde plus juste où, partout, chacun a droit à un travail décent. |

Interpellation commune en vue du Sommet social

Donner la priorité au maintien des emplois
- Les employeurs doivent privilégier l’emploi stable, investir dans les emplois futurs. Quelle que soit la situation dans l’entreprise, c’est en investissant dans la formation et le travail qualifiant et en réduisant la précarité que la performance sera assurée. Les mesures, comme le chômage partiel, les jours de RTT ou de congés, en cas de baisse d’activité doivent être négociées dans l’objectif de préserver l’emploi et les salaires. Toute mesure à prendre dans l’entreprise en termes d’emploi et d’organisation du travail doit être discutée avec les représentants des salariés ;
- les suppressions d’emplois publics ainsi que les réorganisations forcées décidées dans le cadre de la Révision générale des politiques publiques (RGPP) provoquent une dégradation des conditions de travail et des difficultés grandissantes pour assurer les missions de service public. Il faut stopper cette politique aveugle de suppressions d’emploi et de recours aux emplois précaires. Les personnels doivent être partie prenante des évolutions à apporter en termes de missions et d’organisation des services publics ;
- des mesures doivent favoriser l’accès à l’emploi, en particulier pour les jeunes ;
- les demandeurs d’emploi en fin de droits d’indemnisation doivent bénéficier d’un accompagnement renforcé pour leur permettre de retrouver un emploi avec un revenu garanti. Les conditions d’accès à l’Allocation spécifique de solidarité et au RSA doivent être élargies. Améliorer les salaires et le pouvoir d’achat, réduire les inégalités
- Dans les branches, les entreprises, la fonction publique, les négociations salariales doivent assurer le maintien du pouvoir d’achat et la réduction des inégalités ;
- les allègements de cotisations sociales doivent être ciblés et conditionnés aux politiques d’emplois et de salaires ; • le soutien du pouvoir d’achat doit être assuré notamment par le maintien et l’amélioration des dispositions prises en 2009, en particulier :
la suppression des deux derniers tiers provisionnels pour les contribuables payant la première tranche d’impôt sur le revenu,
l’amélioration des minima sociaux. Les mesures sociales pour faire face à la crise doivent être financées par la suppression du bouclier fiscal, la suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires et la création d’une tranche d’impôt supplémentaire pour les hauts revenus.

L’avenir des retraites : un choix de société
Emploi, conditions de travail, niveau de salaire, ont des conséquences directes sur les équilibres des régimes de retraite et sur le niveau des pensions.
La concertation qui s’engage sur une « réforme des retraites » suscite une légitime inquiétude chez les salariés. Elle doit garantir la pérennité du système par répartition en assurant son financement et en corrigeant les inégalités. Ni l’agenda, ni les bases de départ de discussion proposées aujourd’hui ne sont susceptibles de répondre aux besoins de consolider les droits et le système de retraites par répartition.
Les seuls éléments de la réforme proposée restent le recul de l’âge légal de départ à la retraite et l’allongement de la durée de cotisation dans un cadre budgétaire constant : ceci n’est pas acceptable. Les organisations syndicales CFDT, CGT, FSU, Solidaires, UNSA, n’accepteront pas un passage en force.

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Immigration, La guerre des chiffres est déclarée

28 Avril 2010, 06:49am

Publié par PCF Villepinte

Enquête Statistiques     

  jpg_affiche_sans_papiers-1921e-f0bcf.jpgAlors que des parlementaires réclament la transparence sur le coût de la politique d’expulsion menée par la France, Éric Besson répond en demandant une étude chiffrée sur le coût de l’immigration irrégulière. Une façon, pour le ministre, de réorienter le débat sur un terrain volontairement glissant.

Avoir tous « les chiffres sur la table » pour « en parler calmement ». Tel est l’objectif d’Éric Besson en annonçant le lancement d’une étude sur le coût de l’immigration irrégulière. « Je vais demander à un expert indépendant de mettre tous les chiffres sur la table pour que tous nos citoyens, qui sont aussi des contribuables, sachent tout en la matière, et on verra que beaucoup de bêtises sont racontées », a indiqué le ministre de l’Immigration. Et d’anticiper illico sur les résultats de cette étude en déclarant que « l’immigration irrégulière coûte cher ».

Éric Besson détournait ainsi le débat engagé au début du mois par quinze parlementaires, de gauche comme de droite, qui ont annoncé leur volonté de réaliser un audit informel sur le « coût réel de la politique d’immigration » : moyens policiers considérables, gestion des centres de rétention, expulsions… Combien coûte à l’État la machine à expulser ? Depuis la création du ministère de l’Immigration, en 2007, la question est récurrente, mais n’a jamais obtenu de réponse précise. Les chiffres en la matière sont extrêmement variables…

L’association Cette France-là, à l’origine de l’initiative des parlementaires, a déjà compilé les différents coûts relatifs aux interpellations, à la rétention et aux éloignements. D’après ses calculs, le total s’élèverait à plus de 2,05 milliards d’euros par an…

Un chiffre colossal, dix fois supérieur aux estimations officielles. Selon le ministère, « le coût global de la politique d’éloignement peut être estimé à 232 millions d’euros, sans compter les coûts afférents aux différentes juridictions qui n’ont pu être évalués, soit un montant par reconduite de l’ordre de 12 000 euros ». Une moyenne bien en deçà de toutes les estimations. Ainsi, la commission des Finances du Sénat évalue le coût des expulsions à 415,2 millions d’euros, soit 20 970 euros par personne reconduite. Ce montant, précisent les sénateurs, « ne prend pas en compte les services des préfectures compétents dans ce domaine, l’aide juridictionnelle attribuée aux personnes retenues, ainsi que le coût du contentieux devant les tribunaux ».

Autant d’éléments que Damien de Blic a, lui, décidé de prendre en compte dans ses calculs. Maître de conférences en sciences politiques à l’université Paris-VIII, il additionne l’ensemble de la chaîne de l’expulsion, en aval et en amont des centres de rétention, et arrive à un total de 700 millions d’euros, soit 26 000 euros par expulsion. « Expulser des dizaines de milliers d’étrangers par la force suppose en effet la mise en place de moyens administratifs et policiers considérables », conclut-il.

Si plusieurs tentatives ont été faites pour chiffrer le prix de la politique de répression à l’égard des sans-papiers, le calcul du coût de l’immigration irrégulière, comme le demande le ministre, paraît en revanche beaucoup plus délicat. Au-delà de l’idéologie sous-tendue par la démarche (« Démontrer à quel point les étrangers en situation irrégulière coûteraient cher à la société française et par conséquent aux citoyens français », dénonce SOS-Racisme), la réalisation même de cette étude n’est pas sans poser des questions. Comment, en effet, calculer le coût des sans-papiers ? Par définition, l’immigration clandestine est très difficilement quantifiable. Le ministère lui-même paraît incapable de les 
dénombrer, se contentant de répéter invariablement que 200 000 à 
400 000 sans-papiers vivraient en France. Une fois le public précisé, comment calculer leur coût ? Calcule-t-on aussi les recettes, les rendements ? L’affaire n’est pas simple.

Jusqu’à présent, une seule étude a été écrite sur le « coût réel de l’immigration en France ». Publiée en mars 2008 par l’association les Contribuables associés, elle a été réalisée par Jean-Paul Gourévitch, également auteur de l’Immigration  : ça coûte ou ça rapporte ? qui se présente comme un « expert en Afrique et en migrations ». Dans sa monographie figurent, pêle-mêle, dans la case des coûts de l’immigration : l’aide juridictionnelle, les zones d’éducation prioritaire, le travail illégal puisque « la part des étrangers auteurs d’infractions ayant trait au travail illégal tend à augmenter fortement » (et peu importe s’ils sont davantage victimes de ce système qu’ils n’en profitent), la fraude dans les transports en commun, puisqu’elle « provient largement des jeunes de banlieue issus de l’immigration », la prostitution puisqu’une majorité des « prostituées professionnelles » sont étrangères et ainsi de suite. Conclusion  : « Chaque année, l’immigration coûte aux contribuables 36,405 milliards d’euros. »

Interrogé par l’Humanité sur sa méthodologie, Jean-Paul Gourévitch se retranche derrière une pseudo-neutralité scientifique, assurant qu’il n’est « pas du tout engagé politiquement d’un côté ou de l’autre ». Il considère que « toute étude peut toujours être instrumentalisée, surtout sur un sujet sensible. Ne pas faire d’étude, c’est encore pire, c’est l’amalgame, la rumeur, la schématisation, le n’importe quoi ». Les travaux de Jean-Paul Gourévitch, pour le moins contestables, sont largement repris par les sites d’extrême droite, qui en font leurs choux gras sur Internet.

« Derrière les chiffrages se cachent toujours des choix idéologiques, analyse Pedro Vianna, rédacteur en chef de la revue Migrations société. Chiffrer l’immigration revient à en avoir une vision utilitariste  : est-ce que ça coûte cher ou pas ? La démarche de l’association Cette France-là est radicalement opposée, elle relève d’une logique législative et budgétaire, et pose la question de l’utilisation de l’argent de la collectivité. »

Officiellement, l’« étude globale » promise par Éric Besson devrait porter sur le « coût du maintien sur le territoire des étrangers en situation irrégulière » : hébergement, soins, scolarité, « manque à gagner pour les services sociaux et fiscaux du travail non déclaré », rétention, etc. Le cahier des charges est en cours d’écriture et l’appel d’offres devrait être lancé prochainement.

Inversement, des économistes travaillent sur les bénéfices de l’immigration pour les pays d’accueil. Ainsi, des études de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et de la Banque mondiale démontrent que la régularisation des travailleurs sans papiers serait bénéfique pour l’économie française. Au Royaume-Uni, une étude publiée par la London School of Economics, en juin 2009, démontre que la régularisation des 618 000 migrants vivant en situation irrégulière sur le territoire britannique rapporterait quelque 3 milliards de livres (4,6 milliards d’euros) aux caisses de l’État.

Pour la France, des études 
économétriques estiment que 
100 000 immigrés augmentent le niveau de vie des Français de 0,1 %. « Ce bénéfice est faible, précise le démographe Hervé Le Bras, parce que les 100 000 personnes sont à comparer aux 65 millions de Français. Mais si vous ramenez ce chiffre au migrant lui-même, ça veut dire que la moitié de sa productivité ne lui revient pas, mais revient à l’ensemble de la communauté. » Le chercheur revendique sa participation à ce type de calculs : « En tant que démographe et économiste, j’établis au mieux les chiffres. Sinon, on laisse le champ libre à Le Pen, qui dit que ces gens nous coûtent cher, ce qui est radicalement faux. »

Et de donner un exemple d’actualité  : les retraites. « La plupart des étrangers payent leurs annuités alors qu’ils ne toucheront pas ou très peu de retraite, explique encore Hervé Le Bras. L’État y gagne. » Et pas qu’un peu. L’association Droits devant  !! a, elle aussi, sorti sa calculatrice : 300 000 travailleurs sans papiers vivant en France et gagnant le smic en moyenne versent chaque année dans les caisses de l’État 1,5 milliard d’euros pour les retraites et les Assedic. Des cotisations dont les travailleurs sans papiers ne verront jamais la couleur… « Il faut multiplier ce chiffre par le nombre d’années depuis 1974, début de la surexploitation des sans-papiers, souligne Jean-Claude Amara, de Droits devant  !! On arrive à un chiffre colossal ! Quand on entend Besson dire que l’immigration coûte cher, on a envie de rire… »

Marie Barbier

Si le ministre de l’Immigration souhaite, comme il le dit, mettre « tous les chiffres sur la table », il devra aussi compter sur les bénéfices conséquents apportés par l’immigration irrégulière à la France. Le débat est ouvert.

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Retraites Non à l'opposition public/privé

28 Avril 2010, 06:41am

Publié par PCF Villepinte

Vérités sur la retraite des fonctionnaires

Refusant d’augmenter 
les financements des retraites, 
le gouvernement aimerait économiser 
sur le régime 
des fonctionnaires en l’alignant sur le privé. Il peine à les faire passer pour des privilégiés.

Sans encore rien dévoiler de leurs intentions, Éric Woerth, ministre du Travail, et Georges Tron, secrétaire d’État à la Fonction publique, terminaient, hier, leur « consultation » des syndicats de fonctionnaires. « Je ne serai pas le président qui fait la réforme des retraites pour le privé et pas pour le public », avait affirmé Nicolas Sarkozy à Laon, dans l’Aisne, début mars, ouvrant la voie à un alignement du régime de retraite de la fonction publique sur le régime général. Il semble pourtant qu’après les roulements d’épaule de matamore, le gouvernement soit contraint à un peu plus de réalisme. Sans doute n’a-t-il pas totalement abandonné son projet. Mais des obstacles à un alignement ou à une convergence des régimes semblent très difficilement surmontables. À commencer par l’opposition frontale de l’ensemble des syndicats à toute régression du régime et à une réforme du mode de calcul des pensions. Pour Élisabeth David, responsable de l’Unsa fonction publique, remettre en cause le mode de calcul des fonctionnaires est « inconcevable ». Pour Bernadette Groison, de la FSU, « la question ne se discuterait même pas ». « Modifier le paramètre des “six mois” de cotisation n’a aucun sens si cela conduit à réduire le niveau de retraite de la plupart des fonctionnaires », assure Jean-Louis Malys, le Monsieur retraite de la CFDT. « Ce que nous voulons, affirme de son côté Bernard Thibault, pour la CGT, c’est parvenir à des niveaux de retraites comparables quels que soient les modes de calcul qu’on utilise dans l’un ou l’autre des régimes. » Beaucoup dépendra donc de la mobilisation des salariés et le 1er Mai devrait être un test à cet égard. Éric Woerth affirme qu’il examinera la question dans « un souci d’équité ». Alors quelles différences, loin des caricatures, entre les régimes de retraite de la fonction publique et du privé  ? Ces différences font-elles des fonctionnaires d’indécents privilégiés  ? Et quelles seraient les conséquences d’un alignement du régime du public sur celui du privé  ?

Olivier Mayer

1. Vingt-cinq meilleures années dans le privé, six derniers mois pour le public

Pour le calcul du montant de la pension, les vingtcinq meilleures années de salaire servent de référence pour les salariés du privé. Dans le public, ce sont les six derniers mois de salaire. Une réforme « équitable » devrait-elle viser à aligner le calcul du montant des retraites sur le privé ?

Une réponse simpliste oublie que ce sont les réformes Balladur et Fillon qui ont creusé les inégalités entre les différents régimes. Avant la réforme Balladur, les retraites dans le régime général étaient calculées sur le salaire des dix meilleures années. La réforme Fillon de 2003 a introduit, pour le privé comme pour le public, le système de décote en cas de carrière incomplète. Les régimes aux règles différentes assuraient avant ces réformes aux salariés du public et du privé des droits très comparables. Pour une carrière complète, le taux de remplacement, c’est-à-dire le rapport entre le montant de la pension et celui du dernier salaire, était en moyenne de 84 % pour les salariés du privé et de 77 % pour les fonctionnaires. Les réformes Balladur et Fillon ont bousculé ces équilibres en tirant les droits et le montant des pensions, plus particulièrement ceux du privé, vers le bas.

Il faut, de plus, tenir compte des différences qui existent dans le déroulement des carrières. Dans le privé, ce ne sont pas toujours les dernières années qui sont les plus favorables aux salariés, contrairement au public. Les carrières dans le public sont souvent marquées par de longues périodes de stagnation. Les changements se font sur la base de réussite au concours.

Enfin, il faut prendre en considération que, pour le calcul du montant des pensions de fonctionnaires, les primes ne sont pas prises en compte. Directeur des services des retraites de l’État, Jean-Yves Raude expliquait en mars dernier devant la Commission des affaires sociales du Sénat que « la part des primes dans la rémunération des fonctionnaires est aujourd’hui connue de manière assez précise et atteint 23 % en moyenne ». Les écarts sont importants car ces primes représentent 7 % en moyenne chez les enseignants et 40 % ou plus pour les cadres de certains ministères. Pour aligner le régime public sur le privé, il faudrait intégrer les primes dans le calcul des retraites.

2. Un taux de liquidation de 50 % dans le privé et de 75 % dans le public

Les tenants de l’alignement des retraites du public sur celles du privé arguent que le taux de liquidation pour une carrière complète de fonctionnaire est de 75 %. Cela veut dire que le montant de la pension est égal à 75 % du montant de la moyenne des salaires des six derniers mois. Ce taux est de 50 % pour la retraite de base dans le privé. Mais avancer simplement ces deux taux, c’est oublier que les salariés du privé bénéficient, en plus de leur retraite de base, d’une retraite complémentaire (l’Arrco et l’Agirc), dont ne bénéficient pas les fonctionnaires. On voit bien qu’on compare là deux éléments très différents.

3. La vérité sur le montant des retraites

Selon l’Insee, en 2004, le montant moyen des pensions de retraite s’élevait en France à 1 288 euros mensuels. Il était de 1 065 euros pour les salariés du privé. Pour l’ensemble des fonctionnaires, il représentait 1 689 euros. Encore faut-il préciser que ce montant était de 1 210 euros pour la fonction publique territoriale et hospitalière. Pour la fonction publique d’État, le montant était de 1 748 euros. Plus que les avantages du régime de retraite des fonctionnaires, cette inégalité s’explique par les différences de qualification : plus de 50 % des fonctionnaires d’État sont des cadres (parmi eux les 800 000 enseignants), tandis que dans le privé, les cadres représentent 16 % des salariés. L’Insee a simulé ce qu’aurait été le montant des pensions des fonctionnaires liquidant leur pension entre 2003 et 2013 si on leur avait appliqué les règles de calcul des retraites du secteur privé. Selon les hypothèses techniques retenues pour cet exercice, le changement de règle conduirait à diminuer la retraite de l’ordre de 10 % ou 20 % en moyenne. Celle-ci augmenterait néanmoins pour 12 % à 25 % des fonctionnaires, ceux qui ont un taux élevé de primes. Aligner le public sur le privé, c’est baisser les pensions de la majorité des fonctionnaires.

4. La vérité sur le taux de remplacement

L’étude des taux de remplacement, c’est-à-dire le rapport entre le montant de la première pension de retraite touchée et le montant du dernier salaire perçu, ne suffit pas à comparer les mérites des régimes de retraite entre le privé et le public. Ils sont cependant un élément à prendre en considération parmi d’autres. Selon l’OFCE (voir tableau), le taux de remplacement pour un salarié non cadre du secteur privé est de 75,5 %. Il est de 60,3 % pour un cadre du privé. Dans le public, il est de 83,3 % pour un fonctionnaire sans prime, de 68,9 % pour un fonctionnaire avec 20 % de prime (la moyenne dans la fonction publique est de 23 % de prime) et de 58,8 % si les primes représentent 40 % du salaire. Pour Henri Sterdyniak, économiste à l’OFCE, « au final, les taux de remplacement, c’est-à-dire les niveaux des pensions en pourcentage du dernier salaire, ne sont pas très différents, à niveau de revenus comparables. Dans les deux cas, le taux de remplacement est élevé pour les bas salaires et moins important pour les hauts revenus ». « Un fonctionnaire né en 1948, dont la prime représente 40 % du salaire, touchera une pension équivalente à environ 59 % de son dernier traitement, explique-t-il dans les Échos. Un cadre du privé né la même année, qui termine sa carrière à deux fois le plafond de la Sécurité sociale (5 800 euros par mois), touchera 60 %. »

5. La vérité sur la cotisation salariée et la contribution employeur

Alors que les employés du privé reversent 10,55 % de leur salaire brut au régime des retraites, le taux de cotisation des fonctionnaires n’est que de 7,85 %.

On avance surtout que l’État employeur cotise à hauteur de 55,7 %, alors que le taux est de 15,6 % pour l’employeur privé. On compare, là encore, des choses différentes. Le taux de cotisation de l’État employeur correspond en fait à une contribution d’équilibre, alors que l’équilibre n’est pas assuré pour les autres régimes. « Une comparaison directe des taux de cotisation n’est pas pertinente, explique le rapport du COR. Elle l’est d’autant moins que le périmètre des charges financées par les cotisations diffère selon les régimes. Par exemple, contrairement aux régimes de retraite du secteur privé, les régimes de la fonction publique couvrent le risque d’invalidité avant l’âge de soixante ans. » De plus, dans la plupart des régimes du privé, les charges de retraite sont financées en partie par des recettes complémentaires telles que les apports du fonds de solidarité vieillesse. Selon le COR, en corrigeant ces différences, « des écarts entre les taux de cotisation des différents régimes subsistent, mais les taux se rapprochent : environ 30 % pour les régimes des salariés du privé, 46 % pour celui des fonctionnaires d’État (sous la contrainte d’équilibre du régime) et 25 % pour la fonction publique territoriale et hospitalière »

6. Durée de cotisation, âge de départ et pénibilité

La réforme Fillon a aligné la durée de cotisation et l’âge de départ à la retraite dans les régimes du public et du privé. Reste des différences. Elles concernent d’abord le droit à la retraite pour pénibilité. Dans le public, pour les fonctionnaires en « service actif » qui exercent des emplois présentant des « risques particuliers » ou des « fatigues exceptionnelles », l’ouverture des droits se fait à cinquante-cinq ans. Pour certains corps de métier, les fonctionnaires « en service actif » bénéficient d’un droit à la retraite à partir de cinquante ans. C’est le cas des policiers, des surveillants pénitentiaires… Aucun dispositif de ce type n’existe dans le privé. « Quand vous soulevez 10 kilos de ciment, est-ce que ça pèse plus lourd quand on est dans le public ou quand on est dans le privé ? » demande Éric Woerth. Les syndicats seraient d’accord qui demandent, dans le privé, un droit au départ anticipé pour les salariés ayant exercé des métiers pénibles. En la matière, il faudrait plutôt aligner le privé sur le public.

OLIVIER MAYER

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Halte à la haine

27 Avril 2010, 16:49pm

Publié par PCF Villepinte

Marie-George Buffet:
Le gouvernement joue les éveilleurs de haine


mgb.jpgLa mosquée de Istres a fait l’objet d’un mitraillage dans la nuit de samedi à dimanche. Le PCF condamne ces actes d’une grande violence.

Depuis des semaines et des mois, de la création du Ministère de l’immigration aux polémiques affligeantes à propos de la loi « urgente » sur le voile intégral, en passant par le débat sur l’identité nationale le gouvernement joue les éveilleurs de haine et exacerbe toutes les tensions de la société, dans le seul but de diviser.

Lorsque j’entends certains à droite, manier parfaitement l’amalgame entre religion, origine et comportements violents, je ne peux m’étonner que des actes d’une extrême violence comme ceux visant la Mosquée de Istres, arrivent. Plutôt que de résoudre les problèmes de société par le dialogue, le progrès social, et l’application des lois existantes contre toute atteinte aux valeurs républicaines, le gouvernement préfère jouer les fauteurs de troubles.

Le PCF condamne avec la plus grande fermeté ces actes inexcusables et exige que toute la lumière soit faite pour retrouver les coupables.

Marie-George Buffet, Secrétaire nationale du PCF

Paris, le 27 avril 2010.

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