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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

On ne nous dit pas tout !

31 Janvier 2011, 13:08pm

Publié par PCF Villepinte

 

On apprend dans Le Canard enchaîné que l'homme qui justifiait sa faramineuse augmentation de 206% par un souci de transparence perçoit toujours depuis le 6 mai son salaire de ministre de l'Intérieur ! Bling-bling.

 On se souvient de l'augmentation du salaire présidentiel que s'était généreusemen accordé Nicolas Sarkozy. Elle se justifiait par une volonté de "plus de transparence". Du moins avait-il osé le prétendre - mais n'est-il pas celui-qui-ose-tout ? La bonne blague ! En fait de transparence, on a d'abord eu droit à la valse des chiffres : la majorité a commencé par évoquer 140% d'augmentation, avant de corriger à 172, jusqu'à ce qu'on s'aperçoive, grâce aux calculs précis de certains députés de l'opposition, que l'augmentation était en réalité de 206 % ! Le Président lui-même, pris la main dans le sac, en flagrant délit d'enrichissement personnel non justifié- il est déjà logé, blanchi et nourri dans le luxe inouï de notre monarchie républicaine -, avait tenté de noyer le poisson. De son explication embrouillée ressortait que Jacques Chirac, en plus de son salaire de Président, touchait un complément en retraites variées, pour lesquelles il avait cotisé durant sa carrière politique. Et que les Français ne le savaient pas et qu'il fallait désormais que tout se sache. On ne voit pas du tout la pertinence de l'argument mais passons. Ce qu'avait oublié de nous dire Sarko-la-transparence à ce moment-là, c'est que lui-même, depuis mars et jusqu'à maintenant, avait demandé - et évidemment obtenu - de continuer à percevoir son... salaire de ministre de l'Intérieur !

 

La bombe explose dans l'édition d'hier du Canard enchaîné, relayée par Politique.net. Explication : pour permettre à un ministre de retrouver un emploi, le versement de son salaire est en effet maintenu durant 6 mois, c'est la règle. Sarkozy ayant démissionné en mars, il aurait dû cesser de le toucher au 1er octobre, à condition de ne pas avoir trouvé le moindre boulot depuis le mois de mars, or il est président de l'U.M.P. et touche donc un maximum de ce côté là ! ! ! Or il a demandé à ce que cette rémunération de ministre de l'Intérieur, soit prolongée jusqu'au 1er janvier 2.008, jour d'entrée en vigueur de son augmentation officielle de 206%. Au nom de quelle justification ? Peut-être faut-il chercher du côté de Pierre Lellouche, inénarrable conseiller de Sarkozy, qui trouvait anormal que le Président soit payé comme "un petit cadre moyen". Vous en connaissez beaucoup, des petits cadres moyens à 7.500 euros nets (d'argent de poche) ? La droite qui voudrait réconcilier les Français avec l'argent n'a aucune idée de la réalité du pays, aveuglée par son fol appât du gain: nouvelle illustration après celle donnée par Jean-François Copé, alors ministre du budget, pour qui les classes moyennes émargeaient à 4000 euros nets par mois ! Le même Copé qui cumule avec ses rémunérations d'élus un salaire d'avocat dans un cabinet d'affaires...

Pour revenir enfin au sujet, en résumé, Nicolas Sarkozy, l'homme qui reprochait à son prédécesseur de toucher en catimini ses retraites en plus de son salaire de Président, justifiant ainsi sa propre augmentation, touche depuis le 6 mai non 7500 euros, rémunération normale du Président, mais 11 500 euros nets, en ayant conservé son salaire de ministre de l'Intérieur - qu'il n'est plus depuis fin mars. En toute opacité : qui l'eût su sans la révélation du Canard ? Ajoutons qu'il ne s'agit pas de divagations de la part du palmipède puisque l'Élysée a... confirmé l'information ! "Ensemble, tout devient possible" : là-dessus au moins, Sarkozy ne mentait pas.

Sarko ça rime avec escroc ! Et ça s'ajoute à la corruption :

Pour mémoire, Bolloré a d'énorme contrats avec les ministères (en particulier l'Intérieur) et Sarko ne pouvait l'ignorer en mais 2.007, quand il naviguait sur le yacht Bolloré et voyageait dans le Falcon Bolloré ! ! ! Il s'agissait donc bien de corruption ! ! !

Dans d'autres pays voisins, Sarko, rien que pour 1 seul de ces 2 délits serait obligé de démissionner ! ! !

Partagez les infos, autours de vous !

Phrase de Pascal : L'idée est d'associer le plus grand nombre de citoyen(ne)s à la circulation d'informations souvent peu ou mal diffusées par les médias de masse. Et ainsi de constituer un réseau informel capable de fédérer nos ressources en tout genre afin d'améliorer sur un mode unitaire notre capacité d'action et de réaction. Aussi, n'hésitez pas à faire suivre ces messages

 

 

 

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Debout

31 Janvier 2011, 06:33am

Publié par PCF Villepinte

 

Ces jeunes et tous ceux qui se sont mis en mouvement refusent d’être, eh bien oui, des damnés de la terre.

republiqueLa Révolution française, selon les mots de Saint-Just, avait fait du bonheur une idée neuve en Europe. C’est la révolution même qui semble devenir une idée neuve dans le monde arabe dont les peuples et la jeunesse disent à des millions de voix qu’il faut que les choses changent. Hier en Égypte, au Caire, à Suez, à Alexandrie, des dizaines de milliers de manifestants ont bravé la police, les tirs de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc dans un pays coupé d’Internet et des réseaux de mobiles. Des journalistes ont été brièvement interpellés, dont des Français. On ignore le bilan de ces manifestations, le nombre des arrestations, des blessés. Au moins un manifestant  a été tué à Suez. Mais on retire de cette journée une certitude : le pouvoir en Égypte est sur la défensive. La censure et la répression ne sont jamais des preuves de force, mais au contraire des aveux de faiblesse.

Il faut que les choses changent, disent-ils, et d’abord que « dégagent » les despotes accrochés depuis des décennies au pouvoir avec leur clan et leur régime policier, rançonnant leur propre pays, ayant érigé la corruption et la spoliation en méthodes de gouvernement. Après la Tunisie, l’Égypte, le Yémen. Cela sans préjuger de ce qui peut encore se passer en Algérie ou au Maroc, où tout reste en suspens après les manifestations des dernières semaines et les sacrifices de ces jeunes gens qui, par dizaines, en martyrs et en héros, ont crié au monde leur révolte en s’immolant par le feu. Au monde, car qu’on ne s’y trompe pas, ce n’est pas seulement à leur régime que ces foules en marche s’adressent, mais bien à la communauté des hommes.

 Quel contraste, quand ceux qui s’autoproclament les maîtres du monde sont réunis entre eux dans le confort de Davos, où Nicolas Sarkozy a rejoué avec un succès tout relatif son numéro de grand régulateur. Quel contraste avec ces manifestations ! Mais précisément, ce qui se passe dans le monde arabe ne se passe pas sur une autre planète faite de palmiers et de pyramides à usage des agences de tourisme. Ces jeunes et tous ceux qui se sont mis en mouvement, avec Internet, avec les réseaux sociaux, avec leur colère, refusent tout simplement d’être, eh bien oui, des damnés de la terre et ils se sont mis debout.

Tunisie : la révolution de Jasmin

 

Que dit la France ? Certes, Michèle Alliot-Marie s’est gardée, cette fois, de proposer l’aide et l’expertise de nos forces de l’ordre à Hosni Moubarak, comme elle le fit avant la spectaculaire volte-face que l’on sait. Que fait la France ? Aux abonnés absents, semble-t-il, en attendant de déterminer le sens du vent. Aux États-Unis, Barack Obama affirme ne pas prendre parti, tout en rappelant que le président égyptien est « un partenaire important ». La réalité, c’est que les scénarios ne sont pas ceux qui ont été prévus. La « démocratie », oui, mais seulement comme un thème idéologique quand il en est besoin, car pour le reste, les gouvernements, la Bourse et les agences de notation s’accommodent fort bien des régimes policiers en place. On voit comment, du reste, ils tentent, mine de rien, de reprendre la main. La Tunisie devrait tout aux États-Unis, en liaison avec le chef de l’armée. En Égypte, l’Occident salue bruyamment le retour du fonctionnaire international Mohammed El Baradei, prêt à assurer « la transition », mais que la rue ne connaît pas. La rue, voilà bien le problème. Car, la leçon du monde arabe vaut pour le monde entier. Quelles que soient leurs souffrances, quelle que soit l’oppression, ce sont les peuples qui font l’histoire.

Maurice Ulrich

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Robert Ballanger, indépendant et fidèle à ses idéaux communistes »

30 Janvier 2011, 22:48pm

Publié par PCF Villepinte

Robert Ballanger 

Robert Ballanger nous a quittés il y a trente ans, le 26 janvier 1981. Il avait 69 ans. Il reste pour moi un compagnon de lutte, un maître en politique, un ami. À sa demande, j’ai été son suppléant à l’Assemblée nationale de 1978 à 1981. Au cours de cette période, j’ai pu observer sa sensibilité à la souffrance humaine, son souci des plus humbles, son sens aigu de l’intérêt général. Dans un monde où l’opportunisme passe pour une vertu, Robert a toujours su rester fidèle à ses engagements et à ses convictions, sans jamais se renier. Je veux ici évoquer ce destin hors du commun, les combats qu’il a menés dès sa jeunesse et aussi les efforts qu’il a déployés pour le développement de nos territoires.

Un homme du peuple

Robert Ballanger était avant tout un homme du peuple et un authentique communiste. Né le 2 novembre 1912 à Nantes, il rejoint le Parti communiste français, pour ses vingt ans, en 1932. Dès lors, sa fidélité aux idéaux de son premier engagement ne se démentira pas.

Employé au ministère des Colonies à Nantes, il perd son emploi pour fait de grève en 1938. Les fonctionnaires n’ont pas le droit de grève à l’époque. Mobilisé en 1939, il prend sa part dans les combats contre l’offensive nazie et se retrouve pris dans la nasse de Dunkerque. Il parvient à passer en Grande-Bretagne. Il sera rapatrié à Nantes quelques semaines plus tard.

Une des périodes les plus marquantes de son existence commence alors, celle de la Résistance. Dès 1939, il ne partage pas la ligne légaliste et pacifiste défendue par la direction du PCF après la signature du pacte germano-soviétique et les débuts de l’occupation allemande. Son attachement au combat antifasciste l’amène immédiatement à l’idée de résistance. Comme d’autres communistes, il est partisan de la lutte contre l’occupant. Avec deux autres de ses camarades, Marcel Paul et Venise Gosnat, il s’est débrouillé pour récupérer des armes abandonnées lors des combats. Il les a cachées en prévision des actions dont il ne doute pas qu’elles seront à mener. En octobre 1940, il échappe de peu à l’arrestation par la Gestapo.

Un an plus tard, en octobre 1941, il participe à l’organisation des légendaires Francs-Tireurs Partisans, l’organisation de la Résistance créée à l’initiative du Parti communiste et dirigée par Charles Tillon. Robert Ballanger en assure la direction pour la région Centre, avant de rejoindre les dirigeants de la région de Paris. À la Libération, en 1944, il devient vice-président du comité de Libération de Seine-et-Oise.

Artisan de la renaissance du Parti communiste clandestin, Robert Ballanger entre au Comité central en 1945. Il en sera membre pendant 27 ans, d’abord jusqu’en 1950 puis de 1959 à sa mort.

Une lutte permanente pour améliorer la vie

C’est aussi en 1945, à 33 ans, qu’il entre à l’Assemblée constituante. Il sera de toutes les législatures de la IVe puis de la Ve République, d’abord député en Seine-et-Oise, avant la Seine-Saint-Denis en 1967. Il n’assumera pas moins de quatorze mandats.

Son activité parlementaire laissera une empreinte mémorable sous bien des aspects. Ainsi, pour la seule législature 1973 – 1978, il ne portera pas moins de 301 propositions de lois au nom du groupe des députés communistes. Ses interventions portent beaucoup sur l’approfondissement de la démocratie, l’amélioration de la vie quotidienne et le renforcement du rôle du Parlement, largement bafoué sous la Ve République.

Membre de la commission de l’Intérieur à partir de 1947, il prend part aux grands débats qui agitent la Chambre des députés sous la IVe République. Mais surtout, Robert Ballanger ne manquera nulle occasion de marquer son soutien au mouvement de décolonisation qui constitue le fait marquant de cette époque. En décembre 52, il s’exprime sur la situation en Tunisie et au Maroc. En juillet 1953, il réclame une commission d’enquête sur le trafic des piastres en Indochine, un vaste scandale impliquant, entre autres, les partis de droite.

Avec la guerre d’Algérie, son courage et sa fidélité aux valeurs qui restent encore les miennes aujourd’hui auront encore l’occasion de s’exprimer. Toussaint 54 : l’Algérie, alors département français, se soulève. Partout dans le pays, le Front de Libération National fait entendre son aspiration à l’indépendance. Le gouvernement Pierre Mendès-France entend ne rien céder. La répression sera sanglante et débouchera sur huit ans de guerre sans merci. Globalement, la classe politique fait bloc derrière le président du Conseil.

Fidèle à ses engagements, de la Seine-Saint-Denis à l’Assemblée nationale

La voix puissante de Robert Ballanger qui s’élève, le 9 novembre 1954, dans l’hémicycle, au nom du groupe communiste, semble bien isolée. Il apporte son soutien aux « justes aspirations du peuple algérien à la liberté ». C’est le seul groupe politique de l’Assemblée qui montrera sa détermination à cette occasion. Le 5 janvier 1955, il prend part à l’interpellation du gouvernement sur sa politique en Afrique du Nord. Le 5 février, lors de la séance qui amènera la démission du cabinet Mendes-France, il revient à la charge et prône la liberté pour l’Algérie. Il vote le 31 mars 1955 contre l’instauration de l’état d’urgence en Algérie. Le 4 octobre 1956 enfin, avec une dizaine d’autres députés et le soutien de son groupe, il demande la formation d’une commission d’enquête « sur les tortures pratiquées par la police en Algérie ». Dans son intervention, il n’hésite pas à dresser un parallèle entre les pratiques de Vichy et celles de la police du socialiste Guy Mollet, alors président du Conseil. « Les tortionnaires se sont particulièrement acharnés sur trois femmes, dont l’une, ex-conseiller général, avait déjà été torturée en 1941 par les bourreaux qui sévissaient sous le régime de Vichy. De tels procédés soulèvent l’indignation et l’horreur chez les honnêtes gens quelle que soit par ailleurs leur opinion sur la guerre d’Algérie. » Croyez-moi, dans le contexte de l’époque pour défendre une telle position, il ne fallait pas manquer ni de courage, ni de témérité. Jusqu’à l’obtention de l’indépendance algérienne en 1962, Robert Ballanger soutiendra la lutte du peuple algérien.

Sa carrière se poursuit sous la Ve République avec le même engagement, la même fidélité à ses idéaux communistes. Le 1er juin 1958, il refuse de voter l’investiture du général De Gaulle, appelé par la droite et la gauche socialiste et présenté comme le sauveur de la France. Le lendemain, il s’opposera aussi au vote des pleins pouvoirs en faveur de ce dernier président du Conseil de la IVe République qu’a été le général De Gaulle.

Aux élections législatives de novembre 1958, il est des 10 députés communistes élus. Ils étaient 150 lors de la précédente législature. L’iniquité du nouveau mode de scrutin ne leur permet même pas de constituer un groupe parlementaire. Pourtant, à la proportionnelle, avec leur résultat de 18,3 %, ils avaient droit à 82 parlementaires. Il devient député de Seine-Saint-Denis, département dont la création est annoncée par décret depuis 1964, aux élections législatives de mars 1967. La huitième circonscription couvre les communes d’Aulnay, du Blanc-Mesnil, de Sevran, de Villepinte et de Tremblay.

Ses multiples interventions à l’Assemblée nationale, son charisme, ses qualités de tribun populaire toujours prêt à défendre les victimes d’un système qu’il combat le font redouter de ses adversaires politiques. Ses qualités le placent comme l’un des députés communistes les plus écoutés dans l’hémicycle. Tout naturellement, en 1964, il succède à Waldeck-Rochet à la présidence du groupe communiste à l’Assemblée. Mais ne nous y trompons pas, le Parti n’a pas toujours été tendre pour cet esprit libre et indépendant qui ne sacrifiait jamais aux manœuvres des arrière-cours politiciennes. Au XIIe Congrès du PCF, en avril 1950, il est écarté du Comité central comme 26 autres. La direction tient en suspicion les résistants et les anciens des Brigades internationales qui ont combattu le fascisme en Espagne entre 1936 et 1938. De plus, on soupçonne Robert de sympathie pour Tito, le dirigeant yougoslave qui a rompu peu avant avec Moscou. Un grief de plus contre lui. Il ne revient, dans l’instance délibérante du PCF, que lors du XVe congrès, en 1959, trois ans après le XXe congrès du Parti communiste de l’Union soviétique marquant la fin du stalinisme.

La défiance de Georges Marchais, secrétaire général du PCF depuis 1972, à l’égard de l’action parlementaire contribuera à minimiser la présence du président du groupe communiste qu’est toujours Robert Ballanger. Les députés communistes et leur président sont tenus à distance. Cela n’empêchera pas Robert d’assumer pleinement ses fonctions de chef de file du groupe parlementaire. Il se consacre aussi beaucoup à la ville d’Aulnay dont il est le maire depuis 1971 et aux territoires de Seine-Saint-Denis.

ballanger-aulnay

Aulnay-sous-Bois : fin des années 1970, Robert Ballanger, accompagné de François Asensi (en rouge) et Pierre Thomas (en bleu), inaugure le Parc urbain, qui portera son nom par la suite © Bernuzeau

Du local à l’international, un homme inscrit dans l’histoire

Au cours de cette période de sa vie parlementaire, on l’entend un peu moins au plan national, même si, pour autant, son activité ne se relâche pas. En 1976, dans le débat sur l’élection au suffrage universel du Parlement européen, il est critique. À ses yeux, cette décision vise à renforcer le capitalisme européen tout en affaiblissant les forces politiques de progrès, et particulièrement les Partis communistes français et italiens. Robert a l’indépendance nationale vrillée au corps et il se défie de l’atlantisme et de ses déviances. Le devenir de l’Europe lui donnera raison.

Trois mois avant sa disparition, à l’hiver 1980, alors que le débat autour des présidentielles fait rage au sein de la gauche, il sortira de sa réserve dans une interview au Monde. Interrogé sur l’union autour de François Mitterrand, il n’hésite pas à répondre qu’il ne votera pas le 10 mai « pour un socialiste atlantiste ». Dans le même entretien, il refuse de se prononcer lorsqu’on lui demande si Georges Marchais serait le meilleur candidat possible pour les communistes. Il élude la question en rappelant que la décision appartiendra à la conférence nationale réunie à cet effet.

Si les interventions et les combats de Robert Ballanger sont restés dans l’histoire, on oublie trop souvent l’énergie inlassable qu’il a déployée comme maire d’Aulnay. Ce mandat, il l’a honoré de 1971 à 1978, avant de passer la main à Pierre Thomas. On lui doit la modernisation de la ville d’Aulnay-sous-Bois, telle que nous la connaissons aujourd’hui, et la création de toutes les zones d’activité existantes. Robert Ballanger était proche des gens, des citoyens, des travailleurs. Avec lui, j’ai participé à la lutte contre la fermeture d’Idéal-Standard, en 1975 (voir interview sur ce blog). La fonderie devait mettre la clé sous la porte, laissant plusieurs centaines d’ouvriers sur le carreau et une plaie béante dans le tissu urbain. Nous nous sommes battus jusqu’au bout pour éviter le pire, occupant l’usine, multipliant les rassemblements. En vain. L’usine a finalement fermé. Robert mettra un point d’honneur à favoriser la reconversion des terrains en friche. Il multipliera les démarches et les contacts pour ne pas laisser ce vide dans la ville, jusqu’à l’implantation de la zone de Chanteloup que nous connaissons aujourd’hui. Encore fallait-il préserver la mémoire ouvrière du lieu. C’est ce que Robert met en œuvre en préservant les deux halles conçues par Eugène Freyssinet. Aujourd’hui, cette reconversion continue d’être citée en exemple parmi les spécialistes de l’urbanisme.

Mais il fallait aussi, dans ces années qui suivent le premier choc pétrolier, soutenir l’emploi et l’activité économique, ne pas laisser Aulnay et les territoires avoisinant ronger par le chômage et la pauvreté. Refuser qu’ils soient condamnés à la ghettoïsation. Robert contribue à l’implantation de Citroën sur sa commune, en 1973. Pour compenser les pertes d’emplois dans d’autres entreprises, il soutient le développement du site. Il parvient à convaincre les dirigeants du fabricant automobile. Au plus fort de son activité, entre 1978 et juin 2008, le site englobe une unité d’emboutissage, une unité de ferrage, une unité de peinture et deux lignes de montage, sur 170 hectares. De là sortent les fameuses DS, puis les CX. Le décès prématuré de Robert lui épargne de voir les menaces s’accumuler sur cette épopée industrielle, à partir de 1982. Il ne verra pas les grandes grèves des travailleurs de Citroën pour la défense de leur emploi et la reconnaissance de leur dignité.

Un fort engagement pour la banlieue

Il a soutenu et défendu l’hôpital public de la ville qui porte aujourd’hui son nom.

Dans son action de développeur et d’aménageur, Robert Ballanger ne s’est pas arrêté aux limites du territoire aulnaysien. Il s’est impliqué dans l’avenir de cette partie de la Seine-Saint-Denis, parce qu’il en percevait les enjeux humains et politiques. Il est à l’origine du SEAPFA, le syndicat intercommunal, regroupant Aulnay, Sevran, Villepinte, Blanc-Mesnil et Tremblay en 1971. Dans le domaine économique, on lui doit le développement de Garonor, à un moment où les investisseurs renâclaient à mettre les pieds dans ce secteur. Aujourd’hui, le parc d’activité comprend 350 000 m² de locaux diversifiés. Et que dire de Paris-Nord 2 ? Là aussi Robert Ballanger s’est employé à attirer les entreprises et les investisseurs. Hélas, il n’assistera pas à la pose de la première pierre du site qui se tient quelques mois après son décès.

Mais au-delà du développement économique, l’une de ses préoccupations essentielles demeurait le bien-être des habitants, le soutien aux plus démunis, la lutte contre l’injustice d’où qu’elle vienne. Lors des deux permanences qu’il tenait chaque semaine, avec moi – son suppléant depuis 1978 –, nous avons pu mesurer la souffrance qui accablait les plus vulnérables. Cette souffrance, les difficultés quotidiennes qui, à force de s’accumuler deviennent insurmontables, Robert les prenaient à cœur. On lui a reconnu son sens de la convivialité, mais je puis vous affirmer qu’il prenait aussi la mesure des drames.

L’amélioration des conditions de vie dans les banlieues sera une de ses préoccupations majeures. Ainsi, le 22 mars 1946, alors qu’il n’en est encore qu’aux débuts de sa vie parlementaire, il dépose un projet de résolution en tant que député de Seine-et-Oise visant à l’amélioration des conditions de vie des « mal lotis ». Une injustice récurrente qu’il aura à combattre dans sa circonscription de Seine-Saint-Denis. Robert Ballanger participe ainsi de tous les combats sociaux de son temps. Il se trouve aux côtés des familles menacées d’expulsion, des OS en lutte. De ces rencontres, il sait tirer l’expérience pour bâtir une proposition de loi destinée à insuffler plus de justice et plus d’humanité dans notre société.

Être à l’écoute de ses concitoyens constituait pour Robert Ballanger une préoccupation permanente. En 1976, bien avant que l’on ne parle encore de démocratie participative, il invite les Aulnaysiens à s’exprimer lors des Assises de la vie quotidienne. 8 000 personnes participeront aux débats organisés en différents lieux de la ville, discuteront avec les élus, formuleront leurs propositions et leurs remarques. Tous en gardent le souvenir d’un grand moment de la vie démocratique. Dans le domaine culturel, nul ne peut ignorer qu’il est à l’origine de l’Espace Jacques Prévert, haut lieu de la culture à Aulnay.

Trente après sa disparition, j’évoque encore les années passées à ses côtés avec fierté et émotion. Robert Ballanger fut un grand résistant, un homme de conviction, un patriote, un aménageur infatigable, un grand communiste. J’ai beaucoup appris auprès de lui. Je me sens proche de la fidélité qu’il à toujours montré envers ses engagements sans jamais rester prisonnier d’un carcan politicien, sans jamais faire allégeance. C’est pourquoi j’ai voulu lui rendre hommage et faire revivre son épopée par ces quelques lignes.

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Wolinski: « Le désir, c’est encore mieux que le plaisir ! »

30 Janvier 2011, 09:01am

Publié par PCF Villepinte

Culture - le 28 Janvier 2011

Rencontre Humour

 

Dimanche soir, Arte diffuse J’étais un sale phallocrate, portrait de Georges Wolinski qui, depuis 1960, dessine la société en regardant sous la couette. Une vie de travail et de rires.

 

Dimanche soir, 
Arte diffuse J’étais 
un sale phallocrate, 
un documentaire 
dont vous êtes le personnage central. Comment 
ce projet est-il né ?

Georges Wolinski. Depuis près de vingt ans, j’entretiens d’excellentes relations avec Jérôme Clément (ancien directeur d’Arte – NDLR). J’ai même participé à la création de la chaîne à Strasbourg. Pendant qu’Arte faisait son « vernissage », je faisais des dessins. J’étais un sale phallocrate est un projet de Gloria Film auquel Arte s’est très vite associé. Ce n’est pas le premier film que l’on fait sur moi, je crois qu’il y en a eu trois avant celui-ci. C’est un bon film et, finalement, c’est moi qui suis le moins bien. Je me suis trouvé vieillissant et radoteur ! Mais parler, ce n’est pas mon métier.

 Justement, quel est-il votre métier ?

Georges Wolinski. Mon métier, c’est de chercher des idées. J’ai passé toute ma vie à chercher des idées comme un cochon cherche des truffes. Chercher, ça évite de penser, de ressasser, d’avoir peur, c’est rassurant de chercher. Voilà mon métier. Un dessinateur de presse parle de l’actualité, des événements qui nous entourent et de la société dans laquelle nous vivons. Je suis humoriste et je parle de tout ça. Mais, attention, il ne faut pas confondre les humoristes et les caricaturistes, ce n’est pas la même chose. Un humoriste est un peu philosophe, un peu penseur, c’est un petit peu plus que de faire quelques dessins dans des journaux. Le but, c’est de faire – ce que j’ai fait à l’Humanité pendant des années – un dessin très simple dans lequel les lecteurs puissent se retrouver. Quand on regarde un dessin, d’abord on sourit, ensuite on se dit : « Tiens ? il a raison. »

Faut-il toujours être un peu insolent lorsqu’on est humoriste ?

Georges Wolinski. L’humoriste est forcément insolent. Mais il n’est pas forcément mal élevé et, surtout, il n’est jamais méchant. L’humour, ce n’est pas méchant ! C’est juste une façon de voir le monde et de ne pas croire tout ce qu’on nous raconte. Je pense en particulier aux religions. Vous savez, chaque fois que j’assiste à un sermon, je suis atterré par la bêtise des prêtres, ou plutôt, par la bêtise de ce qu’ils racontent. Certaines choses sont pour le moment inexplicables et comme c’est très difficile à admettre, les religions ont cru aider les hommes en leur mentant, en leur racontant des histoires pour pallier la peur de la mort, de l’infini, du néant… Je ne crois en rien. Mes dessins traduisent ça avec toujours le droit de rire et de faire rire de tout.

 Le dessin de presse est un métier qui n’a cessé d’évoluer. 
Que dire de cette évolution ?

Georges Wolinski. Tout a commencé avec l’invention de la presse, après la Révolution, et Daumier a été le premier d’entre nous. Bien sûr, avant Daumier, il y en a eu – Rabelais, Voltaire et même Diderot –, mais la Révolution a fait naître la presse et la presse, la satire. Des journaux comme Charivari ou l’Assiette au beurre étaient des publications formidables dans lesquelles la caricature et le dessin de presse ont grandi et pris de la place. À chaque numéro de l’Assiette au beurre, un grand thème était développé par un dessinateur, les plus grands ont collaboré à cette publication. Ces premiers dessinateurs de presse étaient de véritables artistes. Aujourd’hui, quelques-uns le sont encore, comme Sempé ou Claire Bretécher, par exemple… Moi, ça fait cinquante ans que je dessine. Je crois que j’ai été vraiment dessinateur quand je suis revenu de la guerre l’Algérie, en 1960. Je venais d’y passer quatorze mois. À l’époque, je faisais des dessins qui n’avaient rien à voir avec ceux que je fais maintenant. En fait, en 1960, je ne savais pas que j’avais des idées ! Et finalement, j’ai beaucoup de chance de vivre en France, c’est un pays où l’on peut tout dire, même si il y a eu des moments plus durs que d’autres. Quand j’ai commencé à dessiner, dans les années 1960, il y avait une Commission de protection de l’enfance qui censurait tout. Nous étions censurés mais on avait très envie de parler de sexe, justement parce qu’il y avait un tabou. Certaines librairies étaient fermées pour avoir vendu les Onze Mille Verges d’Apollinaire, le magazine V floutait les sexes sur les photos de femmes nues. Pourtant, c’est beau, une femme nue… C’était aussi l’époque où on a été interdits, avec Hara-Kiri, pour des problèmes de mœurs et quand on a titré « Bal tragique à Colombay – un mort », à la mort de De Gaulle. Enfin bref, moi, j’avais envie d’être libre, et je sentais que la société dans laquelle je vivais ne l’était pas.

 Et puis, il y a eu Mai 68…

Georges Wolinski. Oui, les choses se sont détendues et les femmes se sont libérées. Giscard a autorisé le porno à la télé, les femmes avaient le droit de prendre la pilule et de divorcer. Oui, Mai 68 a été une libération. Mais cette liberté est fragile et, aujourd’hui, il y a un retour de la morale qui me fait un peu peur. Les gens du côté de la morale, c’est l’Église et la droite. Pas mes amis. Un humoriste ne peut ni être de droite ni avoir la foi. Leurs valeurs sont restreintes et stupides. Bon, après, c’est vrai que, parfois, on a exagéré à Hara-Kiri, c’était très « pipi-caca », mais on peut le faire quand on est cool, quand on veut faire rire des gens intelligents et pas des cons !

Finalement, peut-on dire que vous avez pris la femme comme « objet d’étude », qu’elle est la matrice 
de votre travail ?

Georges Wolinski. Absolument. Je la regarde, je l’observe et j’adore ça ! Les femmes ont beaucoup plus changé que nous, les hommes. Les femmes de mon enfance ne travaillaient pas, elles restaient assises derrière le four à faire griller des piments. Elles étaient jolies, un peu hystériques, elles riaient, elles pleuraient… Et puis, elles ont travaillé, se sont libérées, et moi, j’ai continué à les regarder. Aujourd’hui, avec leurs petites jupettes, elles sont superbes, elles m’inspirent…

 Tout est-il érotique, 
ou «érotisable» ?

Georges Wolinski. Tout le monde n’est pas obsédé sexuel comme moi et mes copains, mais je pense que l’on peut dire beaucoup de choses à travers l’érotisme. Le désir, c’est encore mieux que le plaisir !

 Et à ceux qui vous taxent 
de phallocratie, qu’avez-vous 
envie de répondre ?

Georges Wolinski. Rien. Je laisse répondre ma femme (il rigole – NDLR). Elle aussi me traite de phallocrate, me dit que j’exagère, que j’ai tort, que les choses ont changé. Certains de mes dessins la choquent, mais c’est bien, ils sont faits pour ça ! Si les dessins sont bons, il faut assumer, on peut être choquant. On peut plaisanter de tout. Rien n’est sérieux ! D’ailleurs, dans mes derniers albums, je me mets en scène face à un tribunal de femmes devant lequel je dois répondre de mes crimes de phallocratie. Un tribunal composé de féministes comme Benoîte Groult ou ma femme Maryse, mais composé aussi de Betty Boop, de la Joconde et de Françoise Sagan. Disons que c’est une sorte de mea culpa...

Entretien réalisé par 
Marion d’Allard

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Algérie: marche de l'opposition le 12 février

30 Janvier 2011, 07:51am

Publié par PCF Villepinte

Face à face entre manifestants anti-gouvernementaux et forces de l'ordre à Alger, le 22 janvier 2011

Monde - le 29 Janvier 2011

 

 

 

Une marche pour demander le "départ du système" a été fixée au 12 février à Alger par une Coordination nationale pour le changement et la démocratie, regroupant des organisations de la société civile et des partis d'opposition, a-t-on appris samedi auprès des organisateurs.

"La manifestation initialement prévue le 9 février aura finalement lieu le samedi 12 février, jour de repos hebdomadaire. Les travailleurs et les étudiant pourront ainsi y participer", a déclaré le président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'homme (LADDH) Musatapha Bouchachi.

Cette coordination, née le 21 janvier dans la foulée des émeutes du début janvier qui ont fait cinq morts et plus de 800 blessés, avait alors annoncé son intention d'organiser une marche autour du 9 février, date anniversaire de la proclamation de l'état d'urgence en Algérie.

Une commission préparatoire a été installée à l'issue d'une réunion vendredi des initiateurs de cette manifestation, a ajouté Me Bouchachi.

Outre la LADDH, cette coordination comprend des syndicats autonomes d'enseignants, des organisations estudiantines, des partis politiques, le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD, opposition) notamment, et des représentants de la société civile.

"Nous réclamons un changement de régime", a déclaré de son côté à l'AFP le président du syndicat national autonome des personnels de l'administration publique (SNAPAP) Rachid Maalaoui, responsable de la commission préparatoire.

Ils revendiquent la levée de l'état d’urgence, instaurée il y a 19 ans, mais surtout "le départ du système". S'appuyant sur les exemples de Tunisie et d'Egypte, ils ont souhaité adopter le slogan "système dégage", mettant l'accent sur les revendications économiques et sociales, dont le chômage des jeunes (plus de 20% d'entre eux sans emploi) et la crise du logement, fréquemment à l'origine d'émeutes.

Me Bouchachi, a indiqué que l'itinéraire de la marche sera communiqué deux jours avant sa tenue.

La Coordination s'attend à ce que l'autorisation des autorités pour leur marche du 12 février soit refusée.

Samedi dernier, d'importantes forces de l'ordre avaient quadrillé les entrées de la capitale et le centre-ville pour empêcher une marche organisée par le RCD. Les militants de cette formation s'étaient retrouvés bloqués devant le siège du parti par des centaines de policiers.

Les manifestations de rue sont interdites à Alger depuis juin 2001 quand une marche en faveur de la Kabylie avait tourné à l'émeute faisant huit morts.

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Réaction des jeunes communistes : Egalité des droits homo-hétéro ? Le conseil constitutionnel botte en touche. Bottons le cul de l’homophobie d’Etat !

30 Janvier 2011, 07:47am

Publié par PCF Villepinte

 

Le conseil constitutionnel vient de déclarer que l’interdiction du mariage faite aux homosexuels ne violait pas le principe d’égalité des droits. Le conseil constitutionnel a-t-il oublié cette belle devise qu’il est censé défendre, devise révolutionnaire qui place en son cœur le mot « égalité » ?

L’homophobie d’Etat reste la ligne du pouvoir : liberté, homophobie, fraternité ! La décision toute récente du gouvernement de lancer une « grande mission d’information sur le suicide des jeunes » prend dès lors les allures d’une sinistre tartufferie. On sait déjà que le taux de suicide chez les jeunes homosexuels est déjà presque quinze fois supérieur à celui des jeunes hétérosexuels. On sait déjà qu’un tiers des jeunes homosexuels ont tenté de se suicider (Institut national de veille sanitaire). Comment penser que ce climat mortifère fait d’actions, de discours et d’insultes homophobes, ne se trouve pas nourri et légitimé par cette homophobie d’Etat que le conseil constitutionnel a refusé de briser ?

En s’acharnant (contre les principes fondamentaux de la République !) à maintenir cette discrimination dans la loi, le gouvernement, les parlementaires et le conseil constitutionnel font œuvre criminelle. Ils rendent infernale la vie des couples et des familles ; ils se font, nolens volens, complices de cette homophobie quotidienne qui, chaque jour, blesse voire tue dans notre pays.

Le M.J.C.F. est résolument engagé contre l’homophobie, dans toutes les sphères de la société. MM. Debré, Chirac et Giscard d’Estaing semblent s’en moquer. C’est donc à nous à mener ce combat ; nous le mènerons !

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Catastrophe humaine en cours à La Poste

28 Janvier 2011, 23:22pm

Publié par PCF Villepinte

Social-Eco - le 27 Janvier 2011

évenement. Suicides

 Plusieurs postiers se sont donné la mort ces derniers mois alors que l’entreprise publique est en pleine restructuration. Enquête dans les Bouches-du-Rhône où cinq syndicats appellent aujourd’hui à la grève « pour éviter une vague de suicides comme à France Télécom ». Bouches-du-Rhône, envoyé spécial

C’était il y a moins d’un an, le 1er mars 2010. Au terme d’un débat houleux, qui avait mobilisé des centaines de milliers de citoyens contre le changement de statut, La Poste devenait une société anonyme. Son président, Jean-Paul Bailly, promettait alors que ce nouveau statut ne changerait rien aux missions de service public, notamment de distribution du courrier. L’augmntation du capital de l’opérateur postal à hauteur de 2,7 milliards d’euros doit servir à sa « modernisation ». Derrière l’entrée à marche forcée dans le monde de la concurrence, un drame était sans doute déjà en train de se nouer. Du France Télécom, en pire, avec un plan social qui ne dit pas son nom mais promet de supprimer 50 000 emplois d’ici à 2015, en poussant, entre autres, les fonctionnaires à la démission. Une restructuration en accéléré qui amène les syndicats des Bouches-du-Rhône à tirer la sonnette d’alarme.

27 juillet 2010, au treizième étage d’une tour de Marseille, Myriam Roux, quarante-cinq ans, factrice dans le 15e arrondissement, ouvre la porte de son appartement pour partir au travail, se ravise, fait demi-tour puis saute dans le vide. Brigitte Marie, sa meilleure amie, elle aussi factrice dans le même quartier et qui habite à l’étage au-dessus, se souvient d’avoir discuté avec Myriam, la veille du drame : « Sa tournée avait été rallongée, elle était obligée de prendre deux bus pour la réaliser. Elle était très fatiguée et elle se demandait ce qu’elle allait devenir car elle n’y arrivait plus. Son cas avait été signalé à la direction mais tout le monde s’en foutait. Depuis la restructuration du bureau dans le 15e arrondissement, on est vraiment traité comme de la merde ! Myriam avait des soucis dans sa vie privée, mais j’estime que La Poste est responsable au moins à 50 % de son suicide ! »

 

accusations et restructuration

Robert Palpant, marié et père de deux enfants, lui, n’avait pas de problème dans sa vie privée. C’est en tout cas le sens du courrier qu’il a laissé à son épouse, Michelle, avant d’aller se jeter sous un TGV le samedi 8 janvier. Dans sa lettre d’adieu, ce postier de Vitrolles demande qu’il n’y ait « pas de représentants de La Poste… » à ses obsèques. Le mardi précédent, sa chef d’établissement recevait un fax dans lequel ce caissier, à qui il était reproché d’avoir volé 160 euros dans un monnayeur, se décrivait comme un pestiféré. « Si j’avais eu connaissance de ce fax j’aurais pu alerter un médecin, estime Michelle qui va devoir prouver à la mutuelle de La Poste, et surtout pour son honneur et l’équilibre psychologique de ses enfants, que son mari s’est bien suicidé à cause de sa souffrance au travail. En fait il était épuisé depuis la réorganisation du bureau… Et puis il se sentait accusé dans cette histoire de monnayeur. »

Frédéric Béringuier, secrétaire départemental CGT chargé du pôle enseigne, est plus précis encore : « J’ai connu Robert en 2009 lorsqu’il a fait grève, pour la première fois de sa carrière, contre la restructuration à Vitrolles. Après une nouvelle réorganisation en 2010, son bureau était passé de huit emplois à trois plus un demi-poste en renfort. Robert, c’était le caissier mais on l’appelait MacGyver car il était capable d’accomplir toutes les tâches. Sa charge de travail était devenue énorme. Quant à l’histoire du monnayeur, c’est très injuste qu’on l’ait accusé parce que cette erreur est très fréquente avec ces machines. Robert était un bon agent du service public que la restructuration a fait craquer. »

Patrick Serugne, cinquante-quatre ans, était lui aussi un bon facteur. Il a pourtant été accusé de vol, suite à la découverte d’un colis ouvert dans son bureau de poste à Saint-Victoret où il officiait depuis vingt ans. « À 10 h 30 ce 12 juin (2010) je l’appelle au téléphone pour lui demander s’il avait bien dormi. Il me répond : “Ça va, ne t’inquiète pas.” Une heure après il se tire un coup de fusil en plein cœur ! » raconte Sébastienne, sa veuve, pour qui il ne fait pas de doute que Patrick était de plus en plus mal considéré à son travail : « Il était le plus ancien du bureau mais on lui avait brutalement changé sa tournée pour la rallonger après la restructuration. Il avait perdu ses bons clients, il partait plus chargé et il travaillait deux heures de plus par jour. Il était fatigué, il allait au bureau avec la boule au ventre. Après l’accusation de vol, il a été harcelé. En octobre 2009, il a craqué puis il a dû aller en maison de repos pour dépression. Le 9 juin, le médecin de La Poste lui a quasiment ordonné de reprendre le travail. À une semaine de la retraite ! »

Myriam, Robert, Patrick… À cette liste de postiers morts brutalement en 2010, il faut ajouter ce facteur marseillais qui a fait un infarctus peu après une violente altercation avec son chef d’établissement, et cette guichetière d’Aix, morte en pleine dépression. Les syndicalistes racontent les cas de postiers qui sombrent dans l’alcool, la drogue, les tentatives de suicide qui se multiplient. C’est par exemple le cas de cette jeune femme transférée d’un centre de tri à un bureau mais sur un poste de comptabilité pour laquelle elle ne reçoit aucune formation. Résultat, elle n’assure pas, subit réprimandes et brimades et finit par avaler un tube de cachets pour mourir. La direction de La Poste qui, selon la CGT, « est dans le déni permanent » (1), met sa tentative sur le compte d’une dépression passagère d’après-grossesse ! Ce tableau déjà très sombre se complète par une hausse importante (33 % selon SUD PTT) du nombre d’accidents du travail (hors suicides) et du taux d’absentéisme pour maladie.

Nationalement, la CGT et FO des Bouches-du-Rhône, qui ont entrepris un recensement macabre, comptent plus de 
70 suicides de postiers ces derniers dix-huit mois, soit deux fois plus, pour une même période, qu’à France Télécom. Une véritable catastrophe humaine. Une catastrophe annoncée. Au printemps 2010, le syndicat professionnel des médecins de prévention de La Poste écrit au président du groupe, Jean Paul Bailly, décrit « une situation alarmante » et demande « d’engager des actions concrètes pour enrayer ce qui pourrait devenir un processus morbide ». La lettre revendique « une dimension collective et humaine du travail, le respect et la reconnaissance dus à des agents fiers de servir La Poste », autant de « valeurs qui permettent de garder un sens à leur travail ». Mais comme l’écrivait Robert Palpant, justement à propos de son travail : « À l’idée de l’exécuter, ; tu as le moral en marmelade. (…) Si tu dois l’abattre sans pitié, avant d’abandonner ton lit, souhaite voir changer la vie. » Apprenant son suicide, Guy Jean, un ancien cadre de La Poste à Vitrolles, confie : « J’ai l’impression qu’il s’est sacrifié pour que la souffrance au travail soit dénoncée dans toutes ces entreprises qui ne prennent plus du tout en compte le facteur humain mais seulement la rentabilité. »

(1) Nous avons demandé lundi matin 
à la direction départementale 
de La Poste son point de vue sur 
cette vague de suicides. Au moment 
où nous mettons sous presse 
nous n’avons reçu aucune réponse.

Philippe Jérôme

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ÉGYPTE: Moubarak décrète le couvre-feu (heure par heure)

28 Janvier 2011, 23:18pm

Publié par PCF Villepinte

Monde - le 28 Janvier 2011

 

Une journée entre espoir et danger

S'inspirant de la "Révolution de jasmin" tunisienne qui a conduit à la fuite du président Ben Ali le 14 janvier dernier, les Egyptiens descendent quotidiennement dans la rue depuis mardi dans le cadre d'une contestation sans précédent contre le régime d’Hosni Moubarak.

21h-Des milliers d'Egyptiens ont bravé vendredi soir le couvre-feu imposé par Hosni Moubarak et, au terme d'une journée de contestation sans précédent, ont acclamé les soldats se déployant dans les rues de la capitale égyptienne.

Au Caire, à Alexandrie et à Suez, épicentre des manifestations ces quatre derniers jours, l'ordre donné par le raïs n'a eu aucun effet sur les manifestants qui se pressaient bien après la tombée de la nuit autour de véhicules blindés de l'armée, les acclamant, chantant l'hymne national et tentant de gagner les soldats à leur cause.

20h- Au moins cinq manifestants ont été tués aujourd'huii au Caire dans les rassemblements contre le régime de Hosni Moubarak, selon des sources médicales.
Les circonstances de leur décès demeuraient inconnues dans l'immédiat.
Les affrontements entre manifestants et forces de l'ordre ont également fait quelque 870 blessés, selon un précédent bilan communiqué de même source.

19h45-La France appelle à "la retenue" et "au dialogue" en Egypte, a déclaré ce soir la ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, faisant part de "sa vive préoccupation" face aux derniers événements.

19h30- Des manifestants ont fait irruption ce soir au siège de la télévision publique égyptienne, dans le centre du Caire, affirme un correspondant de la chaîne de télévision Al Arabia.
Cet incident, qui n'a pu être confirmé dans l'immédiat, s'est produit après l'entrée en vigueur du couvre-feu, décrété par Hosni Moubarak au terme d'une journée de contestation sans précédent depuis son accession au pouvoir, il y a trente ans.
Les programmes de la chaîne n'ont pas été interrompus.

19h-Tous les opérateurs de téléphonie mobile présents en Egypte "ont reçu l'ordre de suspendre leurs services dans certaines zones sélectionnées", a affirmé aujourd'hui dans un communiqué à Londres le géant britannique des télécommunications Vodafone.
"Conformément à la législation égyptienne, les autorités ont le droit de donner un tel ordre et nous devons nous y soumettre", a assuré Vodafone en précisant que l'injonction s'appliquait à "tous les opérateurs de téléphonie mobile en Egypte". "Les autorités égyptiennes doivent clarifier la situation en temps voulu", ajoute ce bref communiqué, sans autres précisions.
De son côté, le chef de la diplomatie américaine Hillary Clinton a appelé vendredi le gouvernement égyptien à mettre fin au blocage "sans précédent" des communications dans le pays, où se multiplient les manifestations hostiles au pouvoir en place.

18h45- Hosni Moubarak a élargi ce soir le couvre-feu à l'ensemble du pays, rapporte la télévision d'Etat.
Le couvre-feu décrété dans l'après-midi concernait initialement le Caire ainsi que dans les villes d'Alexandrie et de Suez, de 18h à 7h.
Il a été immédiatement enfreint par des manifestants au Caire, qui s'en sont pris au siège du parti au pouvoir, ainsi qu'à la télévision d'Etat et au ministère des Affaires étrangères.

18h30- La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a réclamé que le gouvernement égyptien engage "immédiatement" des "réformes économiques, politiques et sociales". "Nous demandons au gouvernement égyptien de faire tout ce qui est en son pouvoir pour réfréner les forces de l'ordre", a-t-elle déclaré lors d'un point de presse, soulignant que "la violence ne fera pas disparaître les doléances" qui s'expriment dans les protestations contre le régime du président Hosni Moubarak.
La chef de la diplomatie américaine, a aussi appelé le gouvernement égyptien à mettre fin au blocage "sans précédent" des communications dans le pays.

17h30- Après avoir été interdite aux manifestants, la place Tahrir au Caire est à nouveau assiégée par la foule.

16h45 -Des manifestants mettent le feu au siège du Parti national démocrate au pouvoir au Caire. Le bâtiment, qui donne sur le Nil, est en flammes, selon des images retransmises en direct par la télévision.

 

16h35- Un couvre-feu nocturne a été décrété vendredi par le président Hosni Moubarak, en sa qualité de chef des armées, dans les grandes villes d'Égypte - Le Caire, Alexandrie et Suez - après plusieurs jours de violentes manifestations antigouvernementales, rapporte la télévision nationale.

Ce couvre-feu sera en vigueur de 18 heures (17 heures, heure française) à 7 heures (6 heures, heure française) et l'armée a été chargée de prêter assistance si nécessaire aux forces de police. "Étant donné ce qui s'est passé en province, les émeutes, le désordre, les pillages, les destructions, les agressions et les incendies de biens publics et privés, notamment de banques et d'hôtels, le président Hosni Moubarak a décrété un couvre-feu en sa qualité de chef des armées", a précisé la télévision d'État

16h30-L'opposant Mohamed ElBaradei aurait été placé en résidence surveillée selon la châine de télévision qatarie Al Jazira. L'opposant à Hosni Moubarak, rentré jeudi soir en Egypte, avait pris part vendredi matin à la prière qui a lancé la manifestation.

15h-  Les manifestations contre le régime du président égyptien Hosni Moubarak s'étendaient à travers tout le Caire aujourd'hui en début d'après-midi, après la prière hebdomadaire du vendredi, au quatrième jour de la mobilisation.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue dans de nombreux quartiers du Caire, scandant "le peuple veut la chute du régime", alors que la police semblait totalement débordée et tentait de disperser les foules à l'aide de gaz lacrymogènes et de canons à eau.

Parties de plusieurs quartiers de la rive est du Nil, où se trouvent la plupart des bâtiments gouvernementaux, les manifestations ont également gagné de nombreux secteurs de la rive occidentale de la capitale où vivent quelque 20 millions de personnes. 

 

13h30-Des milliers de manifestants, qui réclament le départ du président Hosni Moubarak, ont convergé vendredi vers le centre du Caire et se sont rassemblés dans d'autres villes d'Egypte dont Suez, haut lieu des troubles des derniers jours. Et ce, alors qu'une mobilisation de grande ampleur contre le régime en cours est prévue en ce jour des prières à la mosquée. L'ambiance s'annonce électrique et les manifestants nombreux au premier jour du week-end dans le pays.

Les autorités prévoient une mobilisation de grande ampleur. En réponse, elles ont prévu de placer des policiers, mais aussi des "Baltaga". Ces hommes payés à la journée sont réputés pour être équipés de bâton et leur violence.

Déjà, tôt vendredi, la police a fait usage de gaz lacrymogènes contre les manifestants qui leur lançaient des pierres, à Suez. Cette ville a été le théâtre des manifestations les plus violentes cette semaine dans le pays.

Au Caire, des milliers de manifestants ont convergé vendredi vers le centre de ville et se sont rassemblés dans d'autres villes d'Egypte dont Suez, haut lieu des troubles des derniers jours, ont rapporté des journalistes de Reuters et une organisation d'opposition.

La police a fait usage de gaz lacrymogènes à Mansoura, dans le delta du Nil, dit un opposant. Un rassemblement était signalé en outre à Charkia, autre ville du delta. Des centaines de manifestants descendaient par ailleurs dans les rues de Suez.

Dans le quartier de la grande mosquée d'Al-Azhar, 2.000 personnes se sont rassemblées sous un pont autoroutier qui traverse le quartier alors que les forces de sécurité avaient bloqué les rues environnantes.

 

Les manifestants scandaient "le peuple veut la chute du régime", salués par de nombreux habitants qui regardaient sans manifester.

Ils ont lancé des pierres sur la police qui a répliqué en tirant des balles en caoutchouc.

La police a fait usage de gaz lacrymogènes et de balles caoutchoutées pour disperser plusieurs milliers de manifestants antirégime rassemblés après la prière du vendredi dans le centre d'Alexandrie, deuxième ville d'Egypte.

Des accrochages ont éclaté entre manifestants et policiers après que 4.000 à 5.000 personnes se sont rassemblées dans une mosquée proche de la gare routière de Raml.

Aussitôt la prière terminée, les fidèles ont "On ne veut pas de lui", faisant référence au président Hosni Moubarak. La police a tiré des coups de semonce avec des balles caoutchoutées et des gaz lacrymogènes pour disperser la foule qui ripostait par des jets de pierre.

L'opposant égyptien Mohamed ElBaradei a participé vendredi à la prière hebdomadaire avec 2.000 personnes sur une place publique du centre du Caire, avant de nouvelles manifestations contre le régime prévues à travers l'Egypte. Les fidèles ont fait la prière devant une grande mosquée du quartier de Guiza, et scandé "A bas Hosni Moubarak" aussitôt la prière terminée, au milieu d'un lourd dispositif de sécurité.

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Encore une nouvelle hausse du chômage

28 Janvier 2011, 07:55am

Publié par PCF Villepinte

Social-Eco - le 27 Janvier 2011
 La situation de l'emploi ne cesse de se dégrader en France. En 2010, le nombre des demandeurs d'emploi grimpe au-dessus des quatre millions, une tendance que le gouvernement voudrait inverser cette année malgré une croissance poussive.

Le nombre de personnes inscrites sur les listes de Pôle emploi, incluant celles ayant exercé une activité réduite en France métropolitaine, a augmenté de 32.600 en décembre, à 4,051 millions, soit une hausse de 5,3% sur l'ensemble de l'année 2010, a annoncé mercredi le ministère du Travail. Les demandeurs d'emploi n'ayant exercé aucun emploi ont été également plus nombreux : +27.100, à 2,725 millions, soit une hausse de 1% au cours du mois et de 3% en 2010. Avec les DOM, le total des demandeurs d'emploi en France se monte à 4,309 millions. Après les deux années de crise 2008-2009- la plus grave depuis la seconde guerre mondiale qui s'était soldée par 500.000 destructions d'emploi- l'amélioration du marché de l'emploi se fait attendre.

En janvier 2010, le président Nicolas Sarkozy avait promis un recul du chômage dans les "semaines et les mois qui viennent" à l'appui d'une "stratégie économique" qui devait "porter ses fruits"...

Par ailleurs, la situation des chômeurs de longue durée ou des jeunes s'est considérablement dégradée: le nombre de chômeurs de longue durée inscrits à Pôle emploi depuis plus d'un an (intégrant ceux avec activité réduite) a progressé de 252.000 durant l'année 2010 à 1,523 million. Les seniors de plus de 50 ans en quête d'emploi sont aussi plus nombreux : 757.000 (+16,3% sur un an) et le nombre de jeunes de moins de 25 ans reste élevé à 630.000, malgré un repli de 2,8% sur un an.

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G20 / Agriculture : l'agriculture doit être extirpée des dumpings sociaux (PCF)

28 Janvier 2011, 07:28am

Publié par PCF Villepinte

Le chef de l'État vient ces dernières heures de condamner une énième fois la « volatilité des prix des matières premières agricoles » et la spéculation qui « crée les émeutes de la faim ». Comment croire à cette soi-disant croisade internationale de Nicolas Sarkozy contre la Bourse et les traders alors qu'il a fait la démonstration de son incapacité à changer la donne dans son propre pays ?

Le capitalisme ne se moralise pas, il se combat. Il faut pour cela avoir la volonté politique de défendre l'intérêt des peuples contre les intérêts privés.Au G8, G20 nous opposons un G192 des peuples avec l'ambition d'éradiquer les politiques qui affament. Pour l'enjeu de civilisation qu'elle constitue, l'agriculture doit être extirpée des dumpings sociaux, économiques, environnementaux conduits par l'OMC, le FMI, la Banque mondiale. Cela nécessite une maîtrise publique du secteur bancaire et financier que la France doit promouvoir.

Le PCF propose l'objectif d'un nouvel ordre alimentaire mondial. Une réforme agraire de dimension internationale basée sur l'agriculture paysanne et la pêche artisanale doit être engagée sans tarder. La souveraineté alimentaire et la rémunération des travailleurs doivent être garanties par une nouvelle gouvernance mondiale sous l'égide de l'ONU.

La France s'honorerait de porter l'ambition de faire de l'agriculture un bien commun de l'humanité.

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