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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

Laurent et Mélenchon appellent Hollande au vrai changement

30 Novembre 2012, 18:01pm

Publié par PCF Villepinte

Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent à la Fête de l'HUmanité 2012 (DR)

 

 

Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent ont tout deux demander à François Hollande et son gouvernement de prendre de véritables mesures de gauche, ce vendredi matin.

Dans un style très offensif, le co-président du Parti de Gauche affirme dans Libération: "François Hollande est aussi aveugle que Louis XVI. Incapable de penser un autre monde. Il dénonce la ligne "productiviste" du gouvernement socialiste, un modèle qui ne marche nulle part, selon lui.

"La social-démocratie est partie en torche! Partout en Europe, ils perdent les élections.... Sauf en France. Mais grâce à qui? A nous, l'autre gauche! Hollande prend-il en compte le fait qu'il n'a pas été élu par les seules voix socialistes? Pourquoi tient-il compte seulement des éléments les plus droitiers et les plus archaïques de sa majorité?"

L'ancien candidat du Front de gauche à l'élection présidentielle reprend le concept de planification écologique développé par le Programme partagé lors des dernières campagnes, ainsi que l'idée d'écosocialisme, pour proposer de nouvelles solutions au gouvernement.

"Dogmes idéologiques"

Sur RTL ce vendredi matin, Pierre Laurent a salué le "sens de la formule" de Jean-Luc Mélenchon. Le secrétaire national du PCF pense lui aussi qu'"effectivement, on est entré dans une nouvelle époque et qu'on ne résoudra pas les problèmes de la crise avec les recettes d'hier. J'entends dans le discours gouvernemental sur la compétitivité des discours qui ressemblent à des dogmes idéologiques, il faut sortir de ça pour inventer une autre manière de penser le nouveau."

Revenant  sur l'abstention des sénateurs communistes sur le projet de budget 2013, Pierre Laurent explique: "Nous proposons au gouvernement une autre politique et nous proposons des amendements à son budget. Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi le gouvernement ne veut pas reprendre des amendements qui ont été votés par la majorité sénatoriale de gauche." Pour le sénateur CRC, la frilosité du gouvernement procède peut-être d'un "manque de courage face aux marchés financiers, c'est pour ça qu'on cherche à l'encourager, on le pousse en avant", a-t-il souligné. "On ne résoudra pas les problèmes de la crise avec des recettes d'hier", conclut-il.

  • A lire aussi:

Mélenchon: "L'écosocialisme, nouvelle définition de la démarche socialiste"

Loi de finance 2013: les sénateurs CRC expliquent pourquoi ils se sont abstenus"

S.G.

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Monsieur le Président : il faut amnistier les syndicalistes !

30 Novembre 2012, 17:50pm

Publié par PCF Villepinte

 

Proposition de loi : :

manif 19 oct 2010 019

Les cinq dernières années passées sous la présidence de Nicolas Sarkozy auront constitué pour le monde du travail un désastre incommensurable, avec la destruction méticuleuse et méthodique du modèle social français. Du système des retraites au code du travail, en passant par la protection sociale et les services publics, aucune spécificité sociale française n’aura échappé au rouleau compresseur libéral.


28 novembre 2012

Beaucoup de nos concitoyens se sont légitimement engagés dans des mouvements sociaux. Ils se sont exprimés pour faire respecter leurs droits fondamentaux, protéger leurs conditions de travail, préserver l’emploi, les services publics, un système de protection sociale efficace et solidaire, leur environnement. Alors qu’ils défendaient l’intérêt général, nombre d’entre eux ont fait l’objet de sanctions pénales, disciplinaires et de licenciements. L’objectif du pouvoir précédent était clair : imposer par la force la vision d’une société divisée, du chacun pour soi, où seules les logiques de l’argent dominent.

Et ce travail de casse sociale a été accompagné par une politique visant à criminaliser l’action syndicale. Sous tout le quinquennat de Nicolas Sarkozy, de nombreux syndicalistes ont été attaqués pénalement du fait directement de leurs actions et engagements syndicaux. Trop de sanctions injustes ont été infligées qui ne visaient qu’à éteindre toute velléité de contestation. Et c’est parfois le simple affichage ou la distribution de tracts qui donnent lieu à des menaces ou assignations judiciaires !

L’action collective est pourtant un droit inhérent à toute démocratie. Ainsi, la Constitution de la Ve République reconnait au citoyen le droit de défendre ses droits et intérêts ainsi que le droit de participer à la détermination des conditions de travail et à la gestion des entreprises (alinéas 6 et 8 du préambule de la Constitution de 1946). Ces poursuites contre le monde syndical ont causé des dégâts considérables et participé à rendre délétère le dialogue social dans notre pays.

Le changement implique le retour au respect et au dialogue. Et cela commence par mettre en débat notre proposition de loi d’amnistie de tous les militants syndicaux menacés ou condamnés sous l’ère des gouvernements de la présidence de Nicolas Sarkozy, déposée à l’Assemblée nationale par les députés du Front de gauche. Elle se concentre sur les faits commis à l’occasion de mouvements sociaux et d’activités syndicales ou revendicatives, ainsi que sur l’amnistie des sanctions disciplinaires. Cet appel à plus de justice mérite d’être relayé dans tout le pays. Oui, Monsieur le Président, il faut amnistier les syndicalistes !

 

Je soutiens la demande d’examen de la « proposition de loi portant amnistie des faits commis à l’occasion de mouvements sociaux et d’activités syndicales et revendicatives » présentée par les députés du Front de Gauche :

 

Je signe la pétition  

 

 

 


 

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Palestine: journées historiques aux Nations unies (analyse)

30 Novembre 2012, 07:09am

Publié par PCF Villepinte

 

 -

 

L’Assemblée générale des Nations unies va faire de la Palestine un État observateur non membre. Une victoire pour le peuple palestinien qui peut maintenant exiger de vivre dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale.

À n’en pas douter, cette fin de semaine est historique pour le peuple palestinien et, au-delà, pour tous ceux qui ont la justice et le droit au cœur. Soixante-cinq ans après que cette même Assemblée des Nations unies a décidé le partage – inégal à bien des points de vue – de la Palestine mandataire, un État de Palestine va faire son entrée au sein de la communauté internationale. Il ne s’agira donc plus d’une « entité » comme c’était le cas jusqu’à présent, mais bien d’un État observateur non membre. La différence est de taille. Alors que le vote prévu aujourd’hui ou demain est acquis (plus de 130 États ont déjà dit leur intention d’approuver la demande palestinienne), on ne saurait trop se féliciter de l’annonce de la France (membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU) qui, très certainement, a permis à d’autres pays de l’Union européenne de s’engouffrer à sa suite.

C’est le cas de l’Espagne, du Danemark, du Luxembourg et de l’Autriche. Le Portugal pourrait faire de même, ainsi que l’Irlande. L’Allemagne, de son côté, a fait savoir qu’il n’y aura pas d’approbation de sa part. Quant à la Grande-Bretagne, elle se disait, jusqu’à hier, ouverte « à l’idée de voter en faveur de la résolution si nous voyons que les Palestiniens fournissent publiquement des garanties » sur plusieurs points, notamment leur retour immédiat et sans conditions à la table des négociations sur la création d’un État palestinien.

Ce vote européen, s’il n’est pas capital (la majorité suffit), est néanmoins essentiel pour l’avenir. Cette admission de la Palestine en tant qu’observateur non membre, s’il marque une progression non négligeable par rapport à l’insupportable statu quo observé, n’est évidemment pas une fin en soi. Tout le monde le sait bien, à commencer par le gouvernement israélien. Ce dernier a tout fait pour éviter un tel vote à l’ONU. Et pourtant, ses réactions étaient faibles à la veille de l’Assemblée. Pourquoi ? Parce que Tel-Aviv a su faire admettre de la part des Européens une contrepartie de taille : une reprise des négociations sans condition et une pression accrue sur les Palestiniens pour qu’ils ne saisissent pas la Cour pénale internationale (CPI). « Sans condition », c’est-à-dire refuser la demande palestinienne d’un arrêt de la colonisation pour toute discussion de paix.

« La France essaiera de peser pour une solution de paix »

Or, c’est bien le bémol qu’a mis Laurent Fabius. Tant sur la CPI – « Si l’on veut aller vers la négociation et trouver une solution (de paix au Proche-Orient), il est évident qu’il ne faut pas utiliser tel ou tel élément qui mettrait l’ensemble » en difficulté, a-t-il dit sur France Inter – que sur la colonisation. Il admet qu’« il ne faut pas qu’il y ait de geste qui empêche cette négociation, en particulier le développement de la colonisation », mais qu’ont fait la France et l’Union européenne depuis des années pour y mettre un terme? Rien ! Même pas une menace de sanctions ou de suspension des accords d’association. Au contraire, le statut d’Israël a été rehaussé malgré le chapitre 2 des accords, relatif au respect des droits de l’homme. Dans ces conditions, avec un Netanyahou prêt à se faire réélire entouré des personnalités de droite les plus extrémistes (avec notamment des représentants des colons), on voit mal comment la position israélienne changerait sans contrainte.

Il y a quelques semaines encore, la position de la France était incertaine. La mobilisation de l’opinion publique et d’élus de tous bords a très certainement poussé le gouvernement à se déterminer favorablement. Preuve qu’il est possible d’influer sur la politique étrangère. « Il faudra que nous arrivions à rapprocher les points de vue, et la France, à la fois l’amie d’Israël et des Palestiniens, dira son mot et essaiera de peser pour une solution de paix », a répété Fabius. Il faut donc accompagner cette démarche dans un cadre politique et juridique qui ne peut se satisfaire de la violation perpétuelle du droit international sans sanction aucune. Faire cesser la colonisation, c’est aussi permettre le respect des résolutions internationales (194 ; 242, ; 338) pour que cet État de Palestine, dont le drapeau va orner la maison de verre à New York, existe réellement dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale.

  • A lire aussi:

PCF  : « le mépris du droit hors jeu »

La France fait un pas vers la Palestine

Tous nos articles consacrés à la Palestine

Pierre Barbancey

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Aidons Jérôme Cahuzac à distinguer sa gauche de sa droite

30 Novembre 2012, 07:06am

Publié par PCF Villepinte

 

Aidons Jérôme Cahuzac à distinguer sa gauche de sa droite

 

Le ministre du Budget s'en est pris aux sénateurs communistes qui n'ont pas voté le budget recette de 2013. « Au nom de quoi les communistes seraient-ils les arbitres des élégances à gauche ? Au nom de quoi ce sont eux qui estiment que telle politique est de gauche et telle autre ne l’est pas ? » s'est-il interrogé. Ne laissons pas le ministre du Budget dans l'incertitude. Nous sommes prêts à aider Jérôme Cahuzac à distinguer sa gauche de sa droite. Il peut commencer à reprendre les propositions budgétaires portées par la majorité de gauche au Sénat l'année dernière. Un budget de gauche existe, nous l'avons rencontré ! Pourquoi, ce qui était défendu par l'ensemble des groupes de gauche au sénat face à la droite deviendrait aujourd'hui une inélégance pour J.Cahuzac.

Ne laissons pas le ministre sans boussole. Pour cela quelques exercices à renouveler matin, midi et soir pendant la session parlementaire. La gauche, c'est la défense des opprimés, des exploités, du monde du travail. La droite, c'est le contraire. La gauche n'est pas sur ses valeurs et ses combats quand le Medef, la droite et les marchés financiers affichent un large sourire devant le pacte de compétitivité et les 20 milliards de cadeaux fiscaux aux entreprises, sans la moindre garantie pour l'emploi, les salaires, l'investissement et la recherche. L'abstention du groupe communiste au Sénat est un vote de gauche au nom de toutes celles et ceux qui, au printemps dernier, ont fait le choix du changement. En cas de rechute, nous conseillons à Jérôme de Cahuzac de se passer en boucle le discours de François Hollande au Bourget, "l'ennemi, c'est la finance".

 

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Sans-papiers, à qui profite le crime ?

30 Novembre 2012, 07:04am

Publié par PCF Villepinte

 

 

Sans-papiers, à qui profite le crime ?
La merveilleuse lutte pour la régularisation des travailleurs sans-papiers et la détermination sans faille des militants de RESF pour protéger les enfants scolarisés ont gagné quelques mesures qui amélioreront la situation à la marge. Mais l’équipe de François Hollande annonce une politique qui s’inscrit dans la continuité des précédentes. En prolongeant la politique du chiffre, le ministre Valls indique que le chiffre de 30000 régulations annuelles ne changera pas, le gouvernement PS-EEVL décide de pérenniser la situation d’environ 300000 personnes sans-papiers.

Oui, il faut en finir avec le statut de sans-papiers en régularisant. Et pour ce faire, il faut enfin s’attaquer aux racines du mal. La misère et la famine qui touchent les pays du sud pousse ceux qui le peuvent vers des cieux leur permettant d’assurer la survie de leur famille. Ces voyages faient sur des bateaux de fortune, trop souvent au prix de leur vie, ne cesseront qu’avec une politique Nord-Sud fondée sur la coopération et la solidarité. Il suffit d’empêcher le pillage des pays du Sud par les multinationales de l’agroalimentaire, du pétrole et autres richesses, et soyons convaincus que les hommes, les femmes les plus déterminés, les plus formés, les plus forts resteront massivement pour construire l’avenir sur leur terre. Mais là, c’est sûr, il faut du courage. S’attaquer à quelques sans–papiers, c’est plus facile que de s’attaquer aux multinationales.

Il est temps après vingt années de politiques répressives marquées par l’échec, de se poser une question : pourquoi les gouvernements successifs n’ont-ils pas su ou voulu résoudre la situation? A qui profite le crime ? Ces centaines de milliers de personnes sans papiers et sans droits, obligées d’accepter n’importe quel travail dans n’importe quelles conditions, constituent pour le BTP, la restauration, les sociétés de service… une main d’œuvre taillable et corvéable à merci. Baisse du coût du travail, déstructuration du droit du travail, ni sécurité sociale ni retraite… les objectifs du Medef sont atteints. S’attaquer à quelques sans–papiers, c’est plus facile que de s’attaquer aux patrons voyous.

On attendait d’un gouvernement de gauche qu’entre les puissants et le peuple - qu'il soit d’ici et d’ailleurs - il choisisse le peuple avec détermination. Le Parti communiste français continuera aux cotés des syndicats et des associations à se démarquer des politiques libérales, qu’elles soient ultra ou teintées de social.

Isabelle Lorand,responsable du secteur Libertés et droits de la personne du PCF

 

 

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"Dans le modèle d'intégration, les minorités sont rendues responsables des inégalités"

29 Novembre 2012, 10:57am

Publié par PCF Villepinte

Vendredi 23 novembre 2012 5 23 /11 /Nov /2012 16:48

photo portable 031 (2)Sociodémographe, Patrick Simon est directeur d'étude à l'Institut national d'études démographiques (INED). Parmi ses recherches sur les phénomènes de discriminations ethniques, il a conduit l'enquête Trajectoires et Origines (TeO, 2008) qui a permis, pour la première fois, d'analyser l'impact des origines dans les chances d'accès aux biens, aux services et aux droits. Grand entretien avec l'initiateur de la petite révolution appelée TeO, qui sera publiée en septembre prochain, aux éditions de l'INED.

 

On parle beaucoup de discrimination, mais comment fait-on pour l’observer ? Qu'est-ce qu'une discrimination ?

Patrick Simon. Cela peut paraître paradoxal et provocateur, mais je dirais que la discrimination n'existe pas comme événement. Elle n’est pas manifeste pour les victimes. Elles peuvent soupçonner d'avoir été victimes mais elles ne savent pas vraiment pourquoi elles n’ont pas eu tel emploi, tel logement, telle orientation scolaire ou tel service. La discrimination n'existe pas non plus pour ceux qui prennent les décisions. Ils n’ont d'ailleurs pas souvent conscience de choisir sur des critères discriminatoires. C'est un univers complexe, insidieux, dont il faut déconstruire les mécanismes fondés sur des préjugés et des stéréotypes masqués.

Dans votre enquêteTrajectoires et Origines de 2008, vous avez procédé à cette déconstruction. Quelles ont été vos conclusions ?

Patrick Simon. Nous avons essayé de recueillir l’expérience des personnes exposées aux discriminations à partir de deux types de question : en parlant directement de discrimination et en décrivant des situations où des discriminations ont pu se produire. Et de fait, les enquêtés ont rencontré des situations de discrimination mais ne les ont pas vécues comme telles. Ceci dit, même sous-déclarées, les discriminations sont malgré tout le lot de 26% des immigrés et 31% des descendants de deux parents immigrés, à comparer aux déclarations faites par 10% de la population majoritaire. Cette distorsion se retrouve dans les situations à l’accès à l’emploi, sur le lieu de travail, à l’école ou à l’accès aux services. Et parmi les immigrés et leurs descendants, on observe un net clivage entre les personnes d’origine européenne qui témoignent d’un niveau de discrimination comparable à la population majoritaire, et celles d’origine maghrébine, africaine ou asiatique qui se montrent les plus exposées. Les originaires des départements d’Outre mer connaissent également de hauts niveaux d’expérience de discrimination. Cela découpe assez bien les « minorités visibles ».

Qu'est-ce qui vous a conduit à conclure que les musulmans étaient davantage victimes de discriminations ?

Patrick Simon. On peut se demander s’il y a des facteurs qui augmentent la probabilité de se déclarer discriminé, et de fait on observe que les hommes, les moins de 35 ans, les chômeurs et les plus diplômés font plus souvent état de discrimination que les autres. Nous avons également trouvé un résultat un peu inattendu : parmi les « minorités visibles », les personnes se déclarant de religion musulmane connaissent également une probabilité spécifique et plus élevée de rencontrer une discrimination. Ce résultat est obtenu en contrôlant pour l’origine, c’est-à-dire que les Musulmans d’origine maghrébine ou africaine ont plus de risque d’être discriminés que ceux qui se déclarent sans religion (ou d’une autre religion, mais c’est beaucoup plus rare). Il ne concerne pas la discrimination religieuse en tant que telle, mais une expérience générale. Il est certain que la focalisation sur l’Islam dans le débat français – focalisation qui est observée également aux Pays-Bas, en Grande-Bretagne, en Belgique, dans les pays scandinaves ou en Allemagne- favorise l’émergence du « Musulman » comme une figure problématique. Les controverses du foulard (1989 et 2004) et du Niqab, le débat plus récent et surréaliste sur la viande Halal, les critiques envers les prières de rue, les tensions dans certaines villes autour de la construction de mosquées, et d’une façon générale la crainte d’un repli identitaire autour d’une lecture fondamentaliste de l’Islam et ses conséquences en termes d’organisation sociale et de réseaux de relation ont contribué à cette fixation. Pourtant, les informations dans l’enquête TeO montrent que s’il y a bien une ségrégation des Musulmans dans l’espace urbain, on n’observe pas la création de réseaux de sociabilité à base religieuse. Les unions mixtes avec des athées ou des conjoints ayant une autre religion sont de l’ordre de 20%, à un niveau comparable de celui observé pour les Catholiques. Il y a des petits milieux où la forte religiosité se conjugue avec la formation d’une sous-société exclusive, mais d’un point de vue statistique ces milieux ne représentent pas plus de 10% des Musulmans. Ce sont pourtant eux qui focalisent l’attention et les discours.

Pourtant certains, parmi les victimes de discriminations, réussissent à rompre le plafond de verre ?

Patrick Simon. Oui et la réussite sociale de certains membres des minorités visibles n’est pas contradictoire avec le maintien d’inégalités fortes pour les autres. Les discriminations opèrent des filtrages mais n’interdisent pas complètement l’accès aux responsabilités ou à des biens et services. Quand un testing auprès d’employeurs montre qu’à CV comparable, un candidat d’origine maghrébine a cinq fois moins de chances d’être appelé pour un entretien d’embauche, cela veut dire qu’il lui faudra envoyer cinq fois plus de CV pour obtenir le même résultat qu’un candidat de la population majoritaire. La conséquence est un plus fort taux de chômage, des risques de déclassement professionnel beaucoup plus élevés et le sentiment de se faire claquer des portes sur les doigts tout le temps. C’est ça la discrimination dans un régime formellement égalitaire.

 

Ce régime formellement égalitaire empêche-t-il une remise en cause du système discriminatoire ?

Patrick Simon. Le modèle de société français est « colorblind », c’est-à-dire qu’il est aveugle à la couleur. Cela vaut pour les politiques et les lois qui ne font pas de différences selon les origines, mais aussi pour l'interprétation des faits sociaux. Or, ce que les discriminations montrent c’est que les rapports sociaux ne sont pas « colorblind », et qu’au-delà de la citoyenneté juridique, d’importantes différences de jugements et de traitements sont fondées sur l’origine. La perception des origines structure les comportements et les décisions que l'on prend. Ces caractéristiques sont actives même si ce ne sont pas des catégories administratives. Les descendants d'immigrés maghrébins et africains, qui sont des citoyens nés en France, ne sont pas perçus de la même manière que les autres enfants avec lesquels ils ont grandi. Ils sont davantage traités comme l'ont été leurs parents et partent avec un handicap lié à l’origine qui s’ajoute à celui du milieu social. Une double pénalité en quelque sorte : de classe et de race. La censure sur les origines se retourne contre les victimes de discriminations : comment dire qu’on a été écarté à cause de ses origines dans un pays qui se considère au-dessus du racisme ? Du coup, nous vivons dans une société du mensonge et d'hypocrisie absolue. Notre dispositif de lutte contre les discriminations est largement inefficace parce qu’il part de présupposés complètement faux.

Pourtant, le thème de la diversité et des discriminations ont pris une place croissante dans les discours politiques et institutionnels...

Patrick Simon. Effectivement. Mais les programmes d’action contre les discriminations restent peu opérationnels au-delà de formations à la connaissance du phénomène et du cadre juridique. C’est bien, mais loin d’être suffisant. Lorsque l’on regarde le contenu des plans de lutte contre les discriminations, qui sont inscrits dans la politique de la ville, on s’aperçoit qu'ils relèvent de la politique d’intégration. On intervient sur le modelage d'une population défavorisée, qui l'est d'autant plus qu'elle est rassemblée au même endroit. La politique de la ville veut faire rentrer les quartiers et leurs populations dans le droit commun, c’est-à-dire en réduisant les écarts à la norme. Par exemple, les missions locales font du coaching avec les jeunes pour les préparer au monde de l’entreprise, afin qu'ils ressemblent à l'employé idéal et devienne donc employable. Mais comment fait-on lorsque c’est l’origine ou la couleur de peau qui ne correspond pas à l’entreprise ? Lorsqu'on est un Noir très cultivé, hyperdiplômé, avec le look approprié et sans accent, on reste noir et la mauvaise nouvelle qu'on doit dire à tous, y compris à ceux qui pensent que les inégalités de classe expliquent tout, c'est que la discrimination existe même dans les classes supérieures. Le système de triage est transversal à la stratification sociale, et c’est ce système qu’il faut changer, pas ceux qu’il écrème pour non-conformité.

Pour vous, le discours sur l'intégration est en opposition avec la lutte contre les discriminations. Pourquoi ?

Patrick Simon. Ce discours sur l'intégration s'adresse à des outsiders, des nouveaux venus, qui doivent faire des efforts pour s’adapter à la matrice sociale, en apprendre les codes et les usages. L’idée est que les immigrés doivent incorporer la norme dominante dans leur système de valeurs et leurs pratiques sociales et culturelles. C’est la condition à leur participation à la société. Cette mise aux normes est attendue également de leurs enfants nés en France. Il est déjà discutable de refuser aux immigrés le droit de changer la société où ils vivent, mais cette exigence est carrément irrecevable à l’égard de leurs enfants. Or c’est ce qui se passe : les conflits récurrents autour du « communautarisme » et de l’islam sont des conflits de normes, un blocage de la société française pour s’adapter à sa diversité. Il y a une autre fonction des normes qui mettent les immigrés et leurs descendants en difficulté pour utiliser le système. Pour pouvoir exploiter les ressources scolaires, économiques et sociales à plein, il faut détenir les codes. Et lorsqu'on ne les possède pas, on subit l'inégalité. Par exemple, le rendement des diplômes repose sur des compétences supplémentaires qui ne sont pas délivrées par l’école : le bon stage en cours de formation, le réseau pour accéder à l’entreprise ou optimiser sa demande d’emploi. Les immigrés, comme les familles prolétaires, ne détiennent pas les clés d’entrée dans les sphères supérieures.

Alors qu'attend la société de ces descendants d'immigrés ?

Patrick Simon. Qu'ils se fassent discrets, qu'ils n'existent pas collectivement et qu’ils acceptent une position subordonnée. Les descendants d'immigrés maghrébins essaient de satisfaire ces critères d'invisibilité. D'un côté, ils ne veulent pas être renvoyés à un label de descendants d'immigrés, et en même temps, ils revendiquent leur identité. Or le problème principal n'est pas l'identité, mais l'utilisation de l'identité comme source de disqualification dans les discours politiques. L'erreur dans le débat public et dans les sciences sociales, c'est de prendre l'identité comme étant la source de la stigmatisation. En démographie, nous utilisons des statistiques et pour cela nous construisons des catégories. Nous essayons ainsi de répondre à la question du rôle de l'origine pour contribuer à déconstruire les stéréotypes, à dé-stigmatiser et à restituer les logiques sociales dans la France multiculturelle.

Que préconisez-vous pour mieux lutter contre les discriminations ?

Patrick Simon. Le problème réside dans l’organisation du système qui produit des filtrages sur de nombreux critères qui ne devraient pas intervenir : le sexe, l’origine ethnique ou raciale, l’âge, la religion, l’orientation sexuelle, etc. Le système est en quelque sorte crypté pour favoriser les bénéficiaires principaux : les hommes, blancs, hétéros, non musulmans. La lutte contre les discriminations consiste d’abord à faire en sorte que les traitements soient impartiaux en supprimant le cryptage qui empêche la participation des minorités à toutes les sphères de la société. En bref, à démolir les préférences qui régissent l’organisation de la société pour la rendre plus fluide et ouverte.

Entretien réalisé par Ixchel Delaporte

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Laurent Berger va-t-il trouver sa bonne étoile à la tête de la CFDT?

29 Novembre 2012, 10:53am

Publié par PCF Villepinte

le 29 Novembre 2012

CFDT

 

 

 

Né en Loire-Atlantique, issu du milieu ouvrier de gauche chrétienne, le nouveau numéro un de la CFDT, qui remplace officiellement François Chérèque ce jeudi, promet un syndicat « force de propositions, transparent et critique ».

À tout juste quarante-quatre ans, Laurent Berger succède à François Chérèque au poste de secrétaire national de la CFDT. Le passage de témoin s’opère en douceur pour cet originaire de Guérande, en Loire-Atlantique, né d’un père ouvrier des chantiers navals de l’Atlantique et d’une mère auxiliaire de puériculture. « Je viens d’un milieu très populaire et pour autant, loin d’être fermé et replié sur sa souffrance », confiait-il l’été dernier, soucieux de battre en brèche l’idée que la souffrance conduirait immanquablement au racisme et à l’entre-soi égoïste. C’est au sein de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) qu’il a découvert les vertus de l’engagement militant. Il deviendra secrétaire général du mouvement pendant deux ans au début des années 1990. Titulaire d’une maîtrise d’histoire, il enseigna un temps, mais son parcours syndical débute au sein d’une structure d’insertion pour adultes en situation de chômage de longue durée où, devenu délégué du personnel, il est à l’initiative de la création d’une section CFDT.

Pas en "politicard"

En 1996, il choisit de devenir permanent de l’union locale CFDT de Saint-Nazaire plutôt que de prendre la tête d’une entreprise d’insertion professionnelle. Dans cette fonction, il travaille sur les problématiques d’emploi et sur la place des jeunes au sein du syndicat. En 2003, il est appelé à prendre la tête de l’union régionale CFDT des Pays de la Loire et intègre le bureau national de la CFDT. Depuis 2009, en politique mais pas en « politicard », comme se plaît à le décrire François Chérèque, Laurent Berger est membre de la commission exécutive fédérale, responsable des très petites, petites et moyennes entreprises.

Il réside désormais en banlieue parisienne avec son épouse et leurs trois enfants. Depuis janvier 2012, c’est en numéro deux de la CFDT qu’il pilote la délégation chargée des négociations entre organisations de salariés et patronales, notamment liées à l’assurance chômage, à l’emploi des jeunes et aux débats sur la compétitivité, voulues par le gouvernement. La stratégie donnant-donnant de la CFDT, que soutient Laurent Berger, s’y retrouve confrontée à un patronat qui ne lâche rien et qui souhaite s’appuyer sur un salariat toujours plus flexible et précaire. François Chérèque lui refile, en quelque sorte, la patate chaude. Tandis que s’ouvrait la grande conférence sociale, en juillet dernier, l’homme se félicitait que les organisations de salariés et patronales soient de nouveau réunies autour de la table. Laurent Berger est un adepte de la ligne réformiste de la centrale, qui se dit prêt à signer des accords, même seul, s’il estime que le compromis entérine un tant soit peu des propositions portées par la CFDT. Il s’inscrit dans une démarche de « démocratie sociale », persuadé qu’« il faut laisser une chance au dialogue social, sans provocation ».

La CFDT a défilé le 14 novembre contre l’austérité à l’appel de la Confédération européenne des syndicats, mais elle a aussi cautionné l’idée que le « coût du travail » fasse partie des causes de la crise. Un tel grand écart sera-t-il longtemps tenable ? Laurent Berger est jusqu’ici apparu comme « maîtrisant bien ses dossiers », « loyal et capable de fédérer ». En qualité de numéro un, il lui faudra bientôt trancher : montrer les crocs ou enrober les discours pour tenter de faire passer les pilules dures à avaler...

  • A lire aussi:

François Chérèque, l'art trompeur de la réforme

Assemblée générale de la CFDT: la der de François Chérèque

Laurence Mauriaucourt

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Dans l'Humanité, ce jeudi, la Palestine entre à l'ONU

29 Novembre 2012, 10:50am

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité de ce jeudi 29 novembre 2012

 

L’Assemblée générale des Nations unies va faire de la Palestine un État observateur non membre. Une victoire pour le peuple palestinien qui peut maintenant exiger de vivre dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale.

À n’en pas douter, cette fin de semaine est historique pour le peuple palestinien et, au-delà, pour tous ceux qui ont la justice et le droit au cœur. Soixante-cinq ans après que cette même Assemblée des Nations unies a décidé le partage – inégal à bien des points de vue – de la Palestine mandataire, un État de Palestine va faire son entrée au sein de la communauté internationale. Il ne s’agira donc plus d’une « entité » comme c’était le cas jusqu’à présent, mais bien d’un État observateur non membre.

La différence est de taille. Alors que le vote prévu aujourd’hui ou demain est acquis (plus de 130 États ont déjà dit leur intention d’approuver la demande palestinienne), on ne saurait trop se féliciter de l’annonce de la France (membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU) qui, très certainement, a permis à d’autres pays de l’Union européenne de s’engouffrer à sa suite... Lire la suite dans notre édition de ce mardi

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  • La France, "du bon côté de l'histoire"
  • L'ouverture à des droits nouveaux sur le plan international

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Florange : « passer aux actes face au blocage de Mittal et aux moulinets de Parisot »

29 Novembre 2012, 10:43am

Publié par PCF Villepinte

  
 Florange : « passer aux actes face au blocage de Mittal et aux moulinets de Parisot »
 Laurence Parisot s'est insurgée ce matin sur RTL contre la possibilité d'une nationalisation du site de Florange en Moselle. Pour elle, une telle intervention de l'État « est tout simplement et purement scandaleuse ». Mais où était la patronne des patrons quand Mittal s'est livré a un dépeçage en règle de la sidérurgie Française ? Aux abonnés absents.
Qu'importe pour Mme Parisot si l'indépendance de la France en fourniture d'acier est menacé. Seuls comptent son portefeuille et celui de ses amis.

Le scénario du gouvernement envisagé par le gouvernement  et présenté par Arnaud Montebourg hier soir aux syndicats (une nationalisation temporaire, un investissement de 400 millions d'euros pour redémarrer Florange et favoriser un repreneur) est un premier pas mais il reste du chemin avant samedi. Des milliers de salariés, des familles vivent dans la

 

 

peur du chômage et de la casse depuis des mois. François Hollande qui sera au final le décideur, doit passer aux actes face au blocage de Mittal et aux moulinets de Mme Parisot. Il doit tenir les engagements de la France vis à vis des sidérurgistes.

 

 

 

 

le 29 novembre 2012

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RER B: face aux perturbations répétées, un maire veut attaquer la SNCF

28 Novembre 2012, 11:57am

Publié par PCF Villepinte

LEXPRESS.fr avec AFP, publié le 27 Novembre 2012 à 20:54

Didier Mignot, le maire Front de Gauche du Blanc-Mesnil en Seine-Saint-Denis, entend attaquer en justice la SNCF pour "discrimination territoriale", en raison des perturbations répétées touchant le RER B, selon son cabinet.

 

RER-B.jpgUn maire part en croisade contre le RER B. Didier Mignot, l'édile Front de Gauche du Blanc-Mesnil en Seine-Saint-Denis entend attaquer en justice la SNCF pour "discrimination territoriale", en raison des perturbations répétées touchant le RER B, selon son cabinet.

Ce recours devant le tribunal administratif, doit être déposé pour "discrimination territoriale et rupture d'égalité des usagers devant le service public" à cause des retards et des problèmes rencontrés par cette ligne du RER qui dessert de nombreuses communes populaires, a-t-on précisé.

"Ca fait plusieurs années que ça dure et qu'il reçoit des plaintes des habitants. Quand il y a un problème, c'est toujours le train du Blanc-Mesnil et de Drancy qui saute", a dit un membre du cabinet de M. Mignot. L'élu donnera une conférence de presse jeudi à 7H30 devant la gare du Blanc-Mesnil, où il compte "recueillir les plaintes des usagers".

Contacté par l'AFP, la SNCF n'a pas souhaité faire de commentaire sur ce dépôt de plainte.

Le député UMP des Yvelines Pierre Morange, qui avait rendu en mars un rapport sur le réseau RER en Ile-de-France, a jugé "totalement légitime" la démarche de Didier Mignot.

"Ces poursuites en justice vont se multiplier"

C'est "tout à fait compréhensible de poursuivre en justice des transporteurs qui ne remplissent pas les conditions du contrat tant sur le plan moral que juridique", a déclaré le maire du Blanc-Mesnil, pour qui "le service n'est pas à la hauteur des attentes des usagers".

"Ces poursuites en justice vont se multiplier (...) Ce n'est que sous la pression malheureusement que l'on pourra faire bouger une technostructure qui fait preuve d'une indifférence absolument inadmissible" au sort des usagers, a poursuivi l'élu.

P1020811pavillonhaiebertand12.JPGLe député de Seine-Saint-Denis (Front de Gauche) François Asensi avait réclamé le 20 novembre la mise en place d'une desserte alternative en cas d'interruption de trafic sur la ligne de RER B, et d'un dédommagement financier systématisé des usagers en cas de problème.

Formulée dans un courrier adressé au président de la SNCF Guillaume Pépy, cette demande avait été faite après une série de graves perturbations sur la ligne B, dont une interruption totale du trafic de plusieurs heures le 7 novembre, qui a touché près de 50.000 voyageurs.

 

Invitation conférence de presse



CGT – UNSA – SUD – CFDT– FO

Ligne B du RER

 

 

 

PARIS, le 28 novembre 2012

 

 

 

Madame, Monsieur,

 

Les organisations syndicales CGT-UNSA-SUD-CFDT-FO RATP/SNCF serons heureux de vous accueillir à leur conférence de presse, le :

 

Lundi 03 décembre 2012

A partir de 09h45

 40 rue de la Tombe Issoire  75014 PARIS

(Local situé au rez-de-chaussée à côté de l’entre du 40)

 

L’accueil se fera, à 09h45, autour d’un café pour un début de conférence à 10h00.

 

L’objet de cette conférence est la situation sur la ligne B du RER qui est toujours aussi invivable pour les usagers comme pour les salariés des deux entreprises publiques

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