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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

tribunes et idees

Démocratie(s) : l'altération des repères ruine-t-elle l'émancipation?

16 Octobre 2011, 20:31pm

Publié par PCF Villepinte

Sur "Le blog de Jean-Emmanuel Ducoin"
Réflexion très contemporaine autour d'un essai vivifiant, La Démocratie anesthésiée, de Bernard Vasseur.

Rêve. Puisque nous croyons aux passerelles non visibles qui atteignent d’autres horizons, puisque nous pensons que les idées peuvent se renouveler à condition de chercher l’air à grandes bouffées comme pour aspirer (encore et encore) le soleil de notre enfance, et puisque, enfin, nous ne cessons d’entamer le déchiffrage de notre propre mystère collectif, relisons avec empathie l’une des citations de Guy Debord: «Partout où règne le spectacle, les seules forces organisées sont celles qui veulent le spectacle. Aucune ne peut donc plus être ennemie de ce qui existe, ni transgresser l’omerta qui concerne tout.» Quand l’agora se transforme en une vulgaire scène pour pitreries globalisées où tout s’égalise et tout se vaut, la démocratie s’y retrouve-t-elle? Osons paraphraser l’auteur de Panégyrique. Dans un monde cul par-dessus tête, le vrai est-il un moment du faux? Et le rêve, oui le rêve, ne devient-il pas souhaitable, indispensable quand la nécessité se trouve socialement… rêvée ?

Essai. Dans la Démocratie anesthésiée (Les Éditions de l’Atelier), le professeur de philosophie et directeur de la maison Elsa-Triolet-Aragon, Bernard Vasseur, prolonge sans détours le questionnement: «Plus de temps de loisirs disponible pour se divertir plus longtemps? Faut-il se satisfaire d’un tel rabaissement consumériste et désenchanté?» Dans cet essai vivifiant où le nouveau visage du politique est sondé et décrypté, analysé et déconstruit, Bernard Vasseur en revient à un préambule grave: «Quel objectif poursuit la démocratie aujourd’hui?» Torpeur, impuissance, inertie, etc., tout nous montre que cette démocratie est bloquée, la prise de parole monopolisée, le pouvoir confisqué. D’où provient ce blocage historique? N’est-il issu «que de la lente anémie de pratiques séculaires d’une démocratie que tout le monde vénère» comme «un étendard glorieux et qu’il suffirait de rajeunir un peu»? Ou est-il «le résultat de l’anesthésie programmée d’une démocratie qui ne fait plus l’affaire en haut lieu», quelque chose «comme l’ébauche d’un nouveau visage du politique se mettant progressivement en place et préparant tranquillement, sans bruit, en douceur, l’entrée dans un âge postdémocratique»? L’expression en choquera plus d’un et tant mieux : «Un despotisme d’un genre nouveau», annonce-t-il. Soft et invisible, insidieux car imperceptible aux yeux du plus grand nombre. Prenant Tocqueville à témoin – un pied de nez –, l’auteur interpelle ses contemporains: «Comment ne pas reconnaître, dans cette “servitude réglée et paisible”, que Tocqueville voyait comme menace possible à l’horizon des nations démocratiques de son temps, l’idéal majeur qui anime les puissants d’aujourd’hui et leurs serviteurs dans l’appareil d’État?»

Émancipation. L’altération des repères positifs de l’éthique a bel et bien des conséquences intellectuelles qui n’épargnent pas la politique. Dans cette société dont on nous assure qu’elle est désormais incapable de s’incarner dans quelque chose qui la dépasse, quelque chose de plus grand, de plus audacieux que ce qu’on lui promet quotidiennement, le goût du jour-le-jour et la fabrique de l’insignifiant-faute-de-mieux semblent s’imposer à tous. Sans discussion? Bernard Vasseur en doute. Il écrit: «Beaucoup ressentent amèrement, au fond d’eux-mêmes, la comédie peu reluisante qu’on entend leur faire jouer. “Les peuples instruits sont ingouvernables”, disait le philosophe Alain, et ils comprennent que c’est pour mieux les “gouverner” et les “assagir” qu’on prétend les borner aux menus plaisirs courts sur pattes du strass et des paillettes, du supermarché et de TF1.» Et il suggère: «Le combat pour l’émancipation humaine a occupé trop de siècles pour ne pas avoir marqué profondément les esprits et s’achever, comme un jour sans lune, dans la souveraineté vendue au peuple à la télévision, afin qu’il aime ce qui le soumet et ferme les yeux sur ce qui l’opprime.»

Priorités. Le réel voudrait nous voir disparaître du champ médiatique miné par le cynisme, l’argent et les notoriétés en plastique bon marché. Choisissons la fulgurance de Scott Fitzgerald: «Il faut savoir que les choses sont sans espoir, mais néanmoins essayer de continuer à les changer.» Choisissons, surtout, la hiérarchie philosophique proposée par Montesquieu: «Si je savais quelque chose qui me fût utile et qui fût préjudiciable à ma famille, je la rejetterais de mon esprit. Si je savais quelque chose utile à ma famille et qui ne le fût pas à ma patrie, je chercherais à l’oublier. Si je savais quelque chose utile à ma patrie, et qui fût préjudiciable à l’Europe, ou bien qui fût utile à l’Europe et préjudiciable au genre humain, je la regarderais comme un crime.» Rien à ajouter ?

[BLOC-NOTES publié dans l'Humanité du 14 octobre 2011.]

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Quelle actualité 
des pensées socialistes ? Socialisme

26 Septembre 2011, 18:21pm

Publié par PCF Villepinte

L'Humanité des débats

Mots clés : Communisme, Gauche en débat,

Par André Tosel, philosophe, professeur émérite à l’Université de Nice.

Rappel des faits Le colloque de Cerisy sur «Les socialismes» a invité les chercheurs à travailler en commun pour ouvrir des pistes théoriques et politiques contre le capitalisme mondialisé. « Quels socialismes pour notre monde ? » Telle est la question qui a traversé le colloque « Les socialismes » (*), organisé au Centre culturel international de Cerisy-la-Salle, fin juin, sous la direction des professeurs Juliette Grange et Pierre Musso. Historiens, sociologues, politologues et philosophes ont croisé leurs approches pour déployer leurs réflexions autour de deux axes, historique et politique. De Saint-Simon à Durkheim, Marx, Jaurès et Gramsci… Le colloque a permis de revisiter les grandes œuvres et doctrines du socialisme, du communisme et de l’écologie ouvrant des voies nouvelles d’organisation sociale fondées sur la justice, le développement et l’égalité.Anna Musso (*) Les actes du colloque seront publiés par les éditions le Bord de l’eau.

Il est urgent d’arrêter la spirale infernale qui conduit à la catastrophe sous la férule aveugle du capitalisme financier, notamment actionnarial, qui incorpore le capitalisme industriel et prend en otages des populations autant indignées qu’impuissantes pour l’instant. Des mouvements sociaux ne cessent de se manifester depuis 1995 dans les usines, les entreprises, les services. La réforme des retraites a fait l’objet d’un rejet massif. Et malgré tout cela, la crise de légitimité ne devient pas crise de système dont elle est le prodrome possible. Le pouvoir manœuvre la crise financière en voulant constitutionnaliser le contrôle des budgets publics par les diktats des marchés (« la règle d’or », qu’il serait plus exact de nommer « règle de l’ordure »). Chaque mouvement social trouve sa réponse dans un nouveau franchissement de seuil de cet intolérable toléré. Il est temps de frapper fort, d’un coup d’arrêt qui, fasse, enfin, contre-seuil.

Ce défi implique un mouvement de masse énorme, capable d’articuler ses composantes hétérogènes et fragmentées autour d’idées-forces : contrôle drastique du capitalisme actionnarial et limitation des Bourses, impôts sur le capital et la fortune, lois contre la richesse excessive de type loi jacobine contre les accapareurs, suppression des fonctions de trader et des mécanismes sophistiqués de type subprimes, mise au pas des agences de notation, nationalisations effectives des banques et des entreprises qui délocalisent et annulent le droit du travail. Mais aussi : suppression de la Ve République et mise en place de la VIe République régie par le suffrage proportionnel, satisfaction des besoins élémentaires des plus pauvres et des plus massacrés, réorientation anthropologique du désir dans une autre direction que celle du faux désir de consommer du désir, contrôle démocratique exercé par les ouvriers et employés sur la production, revitalisation des services publics gérés avec les tous individus concernés, actualisation de formes de démocratie de base de type communaliste. Puis, élimination des diverses formes de l’apartheid mondial, maintien d’une agriculture de qualité avec de vrais paysans, effort culturel sans précédent autour de la libre égalité et de la réduction de la division entre simples et intellectuels, lancement d’une réforme intellectuelle et morale pour produire la multiplication d’une puissance de penser et d’agir collective, développement d’une écologie critique sans culte du productivisme et du consumérisme. Enfin, abrogation des lois scélérates et xénophobes en matière d’immigration, restauration et élargissement du droit du travail, politique internationaliste de paix résolument anti-impériale.

On aura compris que nous ne parierons pas sur le vocable de socialisme et préférons celui de communisme, malgré le poids de l’histoire récente. Pourquoi ce choix ? Tout d’abord, le socialisme actuel est épuisé et vide, soumis au néolibéralisme dont il est le contremaître docile et serf. D’autre part, le capitalisme actuel a d’ores et déjà été aussi meurtrier que les totalitarismes du siècle passé. Il détruit plus que l’humain, il détruit le peu de monde qui nous est encore commun. Le recours à une constellation nouvelle du commun excède toute socialisation, toute pensée du social en ce qu’il prend en compte toutes les dimensions du faire monde humain. Il est appel à maintenir le monde à raison, et monde garder. C’est dans cet esprit que la lecture critique des socialismes passés et présents (s’il en existe) et la critique du communisme réalisé au siècle précédent peuvent être fructueuses. Nous renouvelons, avec de meilleures raisons, notre proposition d’il y a quelques années d’un communisme de la finitude (Études sur Marx – et Engels. Vers un communisme de la finitude, Paris, Kimé, 1996). L’infinitude ontologique de la puissance d’exister existe dans le monde humain à chaque fois sous un mode fini qui trouve sa forme dans une coopération qui n’a d’avenir qu’à être respectueuse des choses et des êtres, consciente de la finitude de la planète Terre, délivrée du fantasme de la maîtrise propre à la production pour la production et à la consommation pour la consommation. Le communisme de la finitude n’a surtout pas à gérer le nihilisme capitaliste, qui détruit le monde au fur et à mesure qu’il le produit selon la loi de la « profitatyon » (ce beau mot créole) à tout prix et qui ne connaît d’autre dieu que l’argent s’autoengendrant jusqu’à dévorer le monde et consumer la présence humaine. Le communisme de la finitude veut affronter un enjeu cosmopoiétique, non pas panser dans l’impuissance les blessures du monde social livré à la logique du pire, la logique dominante.

Explorer les voies contre le néocapitalisme

André Tosel

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Dumas-Guédiguian, le Sud ne perd pas le nord

6 Septembre 2011, 20:49pm

Publié par PCF Villepinte

le 6 Septembre 2011

Fête de l'Humanité 2011

 

FÊTE DE L'HUMANITÉ. Parlons politique  réunit la syndicaliste et le cinéaste pour une série d’entretiens qui tissent les fils d’un questionnement commun : comment construire une visée révolutionnaire de notre temps ? Ils seront les invités du village du livre, le 18 septembre.

Parlons politique, Maryse Dumas-
Robert Guédiguian.
Entretiens 
par Stéphane Sahuc. Éditions Arcane 17,
90 pages, 9,50 euros.

Avant d’être une rencontre entre une syndicaliste et un cinéaste, ce livre d’entretiens réalisés au printemps par notre camarade Stéphane 
Sahuc, rédacteur en chef adjoint de l’Humanité Dimanche, est avant tout un questionnement à plusieurs voix autour de l’engagement et sur «que faire pour changer la société ?» Critique, chacun l’est à sa manière, y compris à l’égard de la collection dans laquelle cet opus s’inscrit, «Reconstruire la gauche». Cela «signifierait qu’il y a eu une période phare et un modèle dont il faudrait retrouver les voies, rétorque Maryse Dumas. Or, j’ai une vision critique des expériences qui ont été menées. Je ne cherche donc pas à reproduire ce qui a déjà échoué.» Gramscien, Robert Guédiguian appelle à «fabriquer un intellectuel collectif», qu’il «faut aller chercher dans tous les secteurs», donc y compris les syndicats. L’un estime «épuisée» la forme parti. L’autre, au fil des ans et des expériences de participation gouvernementales, a fait sienne la formule d’Aragon : «Je rends ma carte chaque soir, et la reprends chaque matin…» Et pourtant, pessimisme de la volonté, la forme chronologique de l’échange se nourrit de contradictions, entre chacun ou entre soi, de repentirs dirait-on en peinture, de retours sur le motif de l’engagement et de l’issue à construire ensemble. L’ouvrage n’est pas exempt d’anecdotes, parfois drôles ou grinçantes, telle cette rencontre entre la dirigeante syndicale et le groupe 
socialiste à l’Assemblée, avant 2002, ou cet exemple de « communisme patronal » contrarié dans l’attribution d’une prime au personnel de la maison de production du cinéaste…

Par touches successives donc, comme la vie, s’insinue ce qui, à partir de trajectoires différentes, fonde le rêve commun, « communiste », d’un avenir à réinventer. Un « point de vue révolutionnaire à reconstruire », dira Robert Guédiguian. Des « plans d’action permettant des stratégies militantes dans les entreprises ou dans les localités » alliés à des réponses au « comment faire reculer le tout-marché », précise Maryse Dumas. « Il faut tout rééclaircir et arriver à reformuler. D’abord sur le papier, à table avec des spécialistes, avec des non-spécialistes, avec des gens qui ont de l’imagination », estime l’enfant de Marseille qui a « l’impression qu’au PCF, on pense les choses au coup par coup ». « On a le NPA qui donne des ordres aux syndicats sur la conduite des luttes. Et, de l’autre côté, les partis du Front de gauche qui expliquent : on fait exactement ce que disent les syndicats, pas moins que ce que disent les syndicats », rétorque la fille du Bordelais pour qui « les partis politiques doivent porter une vision plus large, voire anthropologique », qu’ils ont abandonnée, singulièrement à gauche, au profit d’une simple « vision sociétale ». La confrontation entre le réel existant, y compris en politique, et l’exigence commune d’une visée de civilisation est sans doute l’un des fils rouges les plus passionnants de ces pages qui n’appellent de conclusion que provisoire. L’invitation qu’est Parlons politique, à poursuivre le dialogue, aura d’ailleurs un prolongement dimanche 18 septembre, en début d’après-midi, à la Fête de l’Humanité, puisque les auteurs seront les invités d’une rencontre au village du livre.

 

Michel Guilloux

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Thierry Lamote : « La scientologie, c’est le laboratoire du néolibéralisme »

24 Juillet 2011, 07:15am

Publié par PCF Villepinte

 

Société - le 22 Juillet 2011

Un psychanalyste décrypte la psychose de L. Ron Hubbard

 

 

Docteur en psychanalyse et psychopathologie, Thierry Lamote prend à contrepied les travaux classiques sur les sectes et part du gourou lui-même, de ses écrits, de sa psychose. Il apporte un regard nouveau sur la structure de la secte, jusqu’à proposer un éclairage étonnant : la scientologie est un système qui désagrège le lien social, et précurseur du néolibéralisme.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, pouvez-vous nous dire un mot de votre méthodologie ?

Thierry Lamote : J’ai travaillé sur la scientologie à proprement parlé depuis 5 ans, et j’avais passé les deux années précédentes sur les sectes en général, et Raël en particulier. D’habitude, on traite le sujet par la sociologie, ou en se concentrant sur les adeptes, sous l’angle de la manipulation mentale. J’ai choisi plutôt de me concentrer sur le fondateur. Ce qui m’y autorise avec la scientologie, c’est qu’Hubbard a laissé beaucoup d’écrits derrière lui, qui sont autant de manifestations cliniques de sa psychose. C’est une forme de psychobiographie.

Thierry LamoteExpliquez-nous donc la folie de L. Ron Hubbard, s'agit-il d'une rupture avec la réalité ?
Thierry Lamote : C’est un psychotique : on peut donc dire en effet, pour simplifier, qu’il est en rupture avec la réalité. Mais il n’y a rien de figé dans ces troubles que l’on peut situer sur un continuum : il passe de la catatonie au délire mégalomaniaque. Au moment de ses effondrements, il témoigne de douleurs intenses et diffuses : c’est symptomatique de la schizophrénie. Son vaste système est aussi clairement paranoïaque, il va quand même jusqu’à croire qu’il y a un vaste complot des psychiatres alliés aux communistes pour contrôler l’humanité. Dans sa correspondance, comme dans ses carnets intimes, il rapporte aussi des hallucinations auditives, il entend des voix, dialogue avec un esprit qu’il nomme sa « Gardienne ».

Quelle qu’en soit la forme et la symptomatologie, c’est sa structure psychotique. Au moment où il décompense (la rupture), tous les liens qui le rattachaient au lien social se défont. Et c’est par le délire qu’il en a retrouvé le chemin. C’est ce processus que l’on suit dans ses nombreux écrits : sa façon, par le délire, de renouer avec le lien social. C’est important de préciser que lors de ses crises, de 1938 à 1951, la psychose n’était médicalement pas traitée, le premier neuroleptique adapté n’est inventé qu’en 1954 : avec la scientologie, on a donc affaire à l’un des rares grands systèmes paranoïaques de la seconde moitié du XXème siècle.

Est-ce qu’on peut dire que l’évolution de la folie de Ron Hubbard, le fait passer d’auteur de science-fiction original, à gourou de secte ?

Thierry Lamote : C’est en 1938, après une anesthésie, qu’il a sa première bouffée délirante. C’est à partir de là qu’il écrit ses premières nouvelles de science-fiction. Il bricole quelque chose d’un peu bancal, un système pas très systématisé. Il développe à bas bruit ses théories dans ses nouvelles. Ce n’est qu’ en 1943, alors qu’il est lieutenant de marine sur un vaisseau de guerre, qu’il a une importante crise et qu’il parvient à reprendre et à systématiser le délire laissé en friche en 1938 : c’est l’invention de la dianétique ; le vrai livre premier de la secte qu’il publie en 1950. Il fait juste après une nouvelle rechute psychotique, qui mènera à la scientologie, véritable délire religieux qu’il mènera à son dernier terme avec l’introduction de la folle histoire de Xenu. Puis il s’exile en mer avec ses plus proches fidèles, en proie à un violent délire de persécution.

Définitions : La dianétique est un système psychothérapeutique. Elle vise à atteindre une sorte d’éveil spirituel, l’état de « Clair », qui soignerait les troubles psychosomatiques. Et selon Hubbard, tout est psychosomatique.
La scientologie est la seconde phase, le délire religieux, qui se clôture avec et la figure de Xenu. C’est le nom du dictateur d’une confédération galactique qui, il y a moult millions d’années, aurait, pour régler un problème de surpopulation dans l’espace, coincé quelques milliards d’extraterrestres dans les volcans de la terre, avant de les atomiser avec des bombes H. L’esprit de ces extraterrestres cherche depuis à s’agglutiner autour des humains, cause de tous leurs problèmes, ce que la dianétique pourrait régler.
L’Eglise de la scientologie recrute d’abord grâce à la dianétique – système de pensée plus audible que la scientologie proprement dite pour les habitants du monde extérieur (les « raw meat », viande crue).

Comment est-ce possible que des millions d’adeptes adhèrent à Xenu ?

Thierry Lamote : Beaucoup ont abandonné lors de leur passage de la dianétique à la scientologie. C’est tout un processus. Le tout premier mouvement est l’audition dianétique, qui mène à l’état de Clair. Lorsque l’adepte est prêt Clair, vient l’initiation « religieuse », l’audition scientologique, via le niveau OTIII (Thétan Opérant de niveau III) l’état religieux et le cap du « mur du feu » : ne poursuivent au-delà que ceux qui adhèrent à l’histoire de Xenu. De là, il reste une douzaine de stades à passer, jusqu’au niveau OT XV. Pour l’instant, seuls les 8 premiers niveaux d’initiation « OT » sont ouverts, et la place se paye cher : formations, livres…
Les dirigeants actuels de la scientologie sont souvent entrés très jeunes en scientologie ; certains ont participé au périple maritime d’Hubbard entre 68 et 75. Ils ont grandit dans la scientologie, coupés du monde extérieur. Ils ont les mêmes convictions qu’Hubbard, sans pour autant être psychotiques. Il faut dire aussi que l’originalité du système scientologue, c’est qu’il est basé sur les principes de la démonstration scientifique : il dit une vérité quasi mathématique, comme deux et deux font 4, qui ne se discute pas. Ce n’est pas vraiment un système de croyance, qui, en ouvrant un espace au doute, en autorisant un point sans garantie – comme le mystère du tombeau du Christ pour les chrétiens – permettrait une certaine liberté. Tout y est quadrillé : l’adepte n’a aucun espace vide où respirer.

C’est par la force de ce système que vous en arrivez à considérer la scientologie comme le laboratoire du néolibéralisme ?

Thierry Lamote : J’ai commencé à m’intéresser aux sectes contemporaines par ce que je m’interrogeais sur le lien social et ses accidents. Je pense que les phénomènes sectaires contemporains sont des accidents de lien social. En étudiant la scientologie, je me suis rendu compte que ce que Hubbard a mis en place dans son organisation, ses techniques de management, sa conception des organisations humaines, étaient en avance de 15 ans sur le monde de l’entreprise. Ce qu’il a créé avec son église, le néolibéralisme, sans nécessairement s’en inspirer directement, le fera généralisera par la suite.
La scientologie comme l’entreprise néolibérale est basée sur une pure logique du fonctionnement, une logique basée sur des directives et des règles de procédure anonymes : comme les multinationales contemporaines, soumises à  des réseaux d’actionnaires anonymes, personne n’y endosse plus aucune responsabilité. Il n’y a plus ni hiérarchie, ni  centre : tout y est instable et mouvant. Dans le néolibéralisme, des décisions sont prises au nom du petit actionnaire sans qu’il n’y ait réellement personne qui puisse assumer les responsabilités. C’est pareil dans la scientologie. Hubbard n’a jamais vraiment réussi à prendre sa place dans la hiérarchie, l’église d’ailleurs ne s’est développée qu’après sa disparition en mer, en 1967. Le chef s’en est lui-même retranché en tant que sujet.
On peut aussi dire que c’est une structure totalitaire, au sens d’Hannah Arendt : le chef n’est qu’une fonction, sa personne compte moins que la puissance de l’organisation elle-même. Le chef ne promulgue pas les lois : il se contente de déchiffrer les lois de la nature. Il n’est donc pas nécessaire : ce sont les lois de la nature, et le maillage étroit de règles qui en sont issues, qui importent. L’important, ce ne sont donc pas les ordres du chef, mais c’est d’être en phase avec les lois naturelles, de façon à anticiper, déchiffrer la « volonté du chef ». Là où le néolibéralisme appelle à la dérégulation économique, de façon à ce que s’expriment librement les lois du marché, la scientologie aspire à suspendre les lois qui organisent nos démocraties pour aligner l’univers humain à la seule loi qu’elle légitime, la « loi de la survie ».

Voilà un autre point proximité avec le néolibéralisme, la loi fondamentale qui structure le mouvement scientologue, l’impératif « survis ! ». Qu’implique cet impératif « naturel » ? Freud disait que la civilisation ne peut s’ériger que sur du renoncement pulsionnel : si l’on en reste au « complexe d’Œdipe », c’est parce que l’enfant renonce à jouir de la mère qu’il est amené s’inscrire dans le lien social pour y trouver un objet de substitution. Or la « loi de la survie » engage les scientologues vers tout autre chose. Ce n’est pas une loi symbolique susceptible de borner la jouissance de chacun, au profit du bien commun. Ce qu’impose la « survie » scientologue, c’est plutôt de s’occuper principalement de soi : de privilégier sa jouissance à soi. Cette injonction, fondée, comme le capitalisme, sur l’intérêt égoïste, loin de borner les revendications pulsionnelles de chacun, engage au contraire à jouir sans entrave. D’où la question autour de laquelle je tourne depuis plusieurs années : la scientologie peut-elle faire lien social ? Il me semble que non, et c’est ce que j’essaye de démontrer.

  • Entretien réalisé à partir de l'ouvrage : "La scientologie déchiffrée par la psychanalyse", de Thierry Lamote, paru aux Presses Universitaires du Mirail, 2011.
    Thierry Lamote est docteur en psychanalyse et en psychopathologie, enseignant - chercheur à l'Université Toulouse Le Mirail, en psychologie clinique et psychanalyse.
    Lire aussi :
    Lamote, T., L. Ron Hubbard: Portrait de l'Artiste en paranoïaque. Psychose et phénomènes sectaires, thèse de Doctorat Nouveau Régime, Université Paris VII-Denis Diderot (co-direction avec l'Université Toulouse II-Le Mirail), 2009
    Et à paraître en août dans la revue Golias : "L'Eglise de Scientologie - aperçus sur un système paranoïaque".

Entretien réalisé par Pierric Marissal

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Des philosophes majeurs au spectre de Marx

10 Juillet 2011, 06:59am

Publié par PCF Villepinte

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Foucault, Deleuze, Althusser & Marx - La politique dans la philosophieIsabelle Garo décrypte la relation à la politique qu’entretiennent les œuvres de Foucault, Deleuze et Althusser dans le contexte dominant d’une disqualification des idées marxiennes. Foucault, Deleuze & Althusser. La politique dans la philosophie, 2011, 416 pages, 21 euros.

d'Isabelle Garo. ÉditionsDemopolis,

 Il est des ouvrages appelés à faire référence en leur domaine. Ce pourrait bien être le cas de cette étude d’Isabelle Garo qui a pour objet de comprendre le rapport à la politique de trois philosophes majeurs des années 1960-1980 à partir de ce prisme qu’est la relation à l’œuvre à Marx, dans le contexte de ces années intenses. Ces penseurs proposent une exploration philosophique et historique qui s’inscrit dans le déclin du communisme international et dans la recherche d’un rapport nouveau à une politique sensible aux mutations d époque.

Michel Foucault et Gilles Deleuze récusent ce communisme et sont tentés par l’élaboration d’une pensée fondée sur la prise en compte des différences, des marges, des exclusions. Louis Althusser partage avec eux un même refus de la dialectique de l’histoire de type hégéliano-marxiste, mais il maintient la référence à une perspective communiste ancrée dans le mouvement ouvrier. Isabelle Garo caractérise chaque position par un substantif : artificier, rebelle, sentinelle. Foucault apparaît comme « l’artificier » qui prend en compte ce que Marx n’a pu étudier, les partages occidentaux entre raison et folie, normalité et anormalité, moralité et délinquance. Envisageant la société comme un réseau de micro-pouvoirs, il soutient les mouvements d’affirmation des individus. À la fin des années soixante-dix, il découvre la gouvernementalité néolibérale et anticipe avec une grande lucidité son hégémonie. Marx est explosé.

Pour Deleuze « le rebelle », il ne s’agit pas de faire sauter le marxisme mais de le remplacer. La politique est le procès de l’individuation humaine psychique et collective : à la fois production matérielle et production désirante. Marx est métabolisé en théoricien d’un ultra-capitalisme libérateur des flux et des désirs. Althusser, enfin, est « la sentinelle », celle d’un autre Marx dont il s’efforce de repenser la nouveauté théorique comme découvreur de la science du continent histoire. Althusser ouvre un vaste chantier mais son souci d’unir analyse des structures et interprétation des conjonctures demeure formel et il ne peut expliquer l’effondrement du communisme historique que par une fixation sur l’État-Parti.

On pourrait regretter, certes, que l’analyse précise et pertinente d’Isabelle Garo ne fasse pas toujours justice à l’ampleur des œuvres de Foucault et de Deleuze ou à la radicalité du premier programme althussérien. Mais tel n’est pas son propos. Elle fait apparaître la réalité de ce qu’a été la référence à Marx quand le marxisme a peu à peu cessé d’être l’indépassable philosophie de notre temps (Sartre). Elle montre les limites des pensées d’une politique effective qui ne peut évacuer la réalité de la soumission de toutes les activités sous le capital, ni cacher les difficultés colossales du projet d’émancipation.

André Tosel, philosophe

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Alternative(s) : deux livres pour contester notre époque...

27 Mai 2011, 18:11pm

Publié par PCF Villepinte

Dandysme. D’abord? «Le poids d’un monde sur la poitrine.» Ensuite? «Dans l’histoire, les restaurations sont toujours des affaissements : plus rien ne va droit ; les dindons nihilistes tiennent la rampe et démolissent les colonnes vertébrales.» Et puis? «“Ici Londres : Les Français parlent aux Français.’’ Ce n’est pas qu’une métaphore bien sûr: ce n’est qu’un soulèvement de l’esprit.» Enfin? «Pour la défense du style, de la forme, de la tenue, de la droiture, de la dignité, de l’élégance, (...), ce bouquet de fleurs des champs au printemps, qui dessine le tableau du “ pur génie français”.» En publiant Éloge de la vulgarité (éditions du Rocher), Claude Cabanes, ancien directeur de la rédaction et toujours éditorialiste de l’Humanité, n’a pas décidé par hasard de se placer sous la tutelle de Coco Chanel, elle qui définissait ainsi son travail: «Certains croient que le luxe est le contraire de la pauvreté, alors que c’est le contraire de la vulgarité.» Claude Cabanes est comme nous. Énervé par l’air (pestilentiel) du temps. Révolté par les conditions de domination plus puissantes que jamais. Atterré par l’orgiaque et obscène spectacle de ceux qui nous représentent par les sommets, comme pouvait l’être Victor Hugo, en son temps, lorsqu’il apostrophait un quarteron d’adversaires politiques en ces termes : «J’observe le néant en ces crétins augustes.» Lassé aussi par cette influence crasse de l’esprit du Fouquet’s, histoire de ne jamais oublier qu’un des personnages de cette odieuse fête avait lancé dans le brouhaha de la victoire de Nicoléon dans le fameux restaurant bling-bling des Champs-Élysées: «Ce ne sont pas les enculés qui manquent, c’est l’argent.» Ou encore Jean-Claude Darmon, affairiste du football et présent ce soir-là lui aussi, qui affirmait sans se cacher: «Je gagne un million par jour, je n’ai pas le temps d’être généreux.» Claude Cabanes, en pamphlétaire hors pair, exprime sa désolation que «la fête du luxe» soit finie et qu’un infâme théâtre puisse reprendre «sous les chapiteaux des vulgarités». Ainsi demande-t-il: «Et si le plus puissant missile contre la vulgarité, c’était la vérité?» Revendiquant un dandysme non de tradition mais d’excellence, à la fois intellectuel et don-quichottesque, il conclut par Baudelaire : «Le dandysme est le dernier éclat d’héroïsme dans les décadences.» Qui dit mieux ?

Combat. «Je suis allé partout dans le pays. Tous posent la même question : où allons-nous?» La citation de John Steinbeck (les Raisins de la colère) trône en ouverture du livre de Gérard Mordillat et de Bertrand Rothé, Il n’y a pas d’alternative (Seuil). Ce titre est la réplique exacte d’une phrase célèbre de Margaret Thatcher, ressassée et bêlée par différentes personnalités politiques, qui, depuis trente ans, nous abreuvent de la même rhétorique du renoncement. «Il n’y a pas d’alternative à la pause» (Delors). «Il n’y a pas d’alternative au plan de rigueur» (Mitterrand). «Il n’y a pas d’alternative aux privatisations» (Chirac). «Il n’y a pas d’alternative aux Restos du cœur» (le Conseil d’État, qui les reconnaît d’utilité publique). «Il n’y a pas d’alternative à payer les jeunes en dessous du smic» (Balladur). «Il n’y a pas d’alternative à la baisse de la fiscalité des stock-options» (DSK). «Il n’y a pas d’alternative à la baisse de la fiscalité des entreprises» (Fabius, succédant à DSK). «Il n’y a pas d’alternative à la disparition de l’entreprise Moulinex» (Pierre Blayau, PDG de l’entreprise qui la quitte avec 2 millions d’euros de prime). Longue liste… Dans cet essai vif et mordant, véritable réponse à la fondation Terra Nova et à ses tentatives de dés-ouvriériser la gauche, l’écrivain Mordillat et l’économiste Rothé partent sur les traces de la plus vaste entreprise de désidéologisation impulsée par les classes dominantes, pour lesquels «la mise en place de l’État-providence est un crime». Même en France? Les auteurs demandent: «Comment le village gaulois insoumis a-t-il pu devenir une province de l’empire néo-libéral ?» Étape par étape, ils montrent comment, de la Fondation Saint-Simon aux sphères de la gauche dite «moderne», l’accommodement au capitalisme libéral a été la norme imposée à tous. Ils écrivent: «Au rythme des "Je crois qu’on va dans le mur ” à “ Il n’y a pas d’autres moyens que de…” de Michel Rocard, il ne reste plus à la gauche que la fête, la lutte contre le sida et l’antiracisme.» Ou encore: «Une page noire de notre histoire est tournée. Le Nouvel Obs a pris sa revanche sur l’Humanité.» On pourrait croire à un livre nostalgique ou désemparé. Eux répondent : «Penser une révolution possible en France relèverait de l’utopie, voire d’une hérésie semblable à celle qui conduisit Giordano Bruno ou Galilée au ban de la société. Pourtant l’histoire leur a donné raison.» Alors? «Ne cherchons pas plus loin l’alternative.» Un livre de combat. Pour penser le monde autrement qu’en termes de concurrence et de profit. Qui dit mieux ?

[BLOC-NOTES publié dans l'Humanité du 27 mai 2011.]

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Il neige

18 Mars 2011, 16:14pm

Publié par PCF Villepinte

Une minute de silence a été observée dans le Nord-Est du pays par les sinistrés et les secouristes

.Il neige à Fukushima. Au large de la centrale nucléaire, 500 000 personnes se terrent dans le froid, parmi des montagnes d’immondices. L’empereur Akihito est apparu à la télévision, comme pour exorciser le malheur : mais il est le fils de Hirohito, dont le nom évoque précisément le malheur absolu, Hiroshima et Nagasaki en août 1945. L’angoisse s’empare de la capitale, Tokyo, qui se vide de ses habitants et de ses travailleurs. Le pouvoir semble avoir perdu la main. On attend sur le site mortel un dérisoire camion-citerne de la police municipale de Tokyo : son canon à eau pourrait refroidir la « piscine » du réacteur numéro 4, où du combustible usé chauffe dangereusement…

Dans le monde, l’inquiétude croît et le manque d’informations utiles en provenance du Japon ajoute à la crainte. Les voyageurs qui en reviennent soulignent l’opacité de l’information à destination du peuple japonais. Beaucoup de capitales initient des procédures de vérification des installations nucléaires. À Paris, le président de la République affirme « la pertinence » du choix de la filière nucléaire. Bref, à l’horizon de ces lignes qui ne rapportent que des faits domine l’inconnu. Et, depuis cinq jours, se pressent en foule à l’esprit mille pensées, mille données, mille questions. Et, pour l’essentiel, mille contradictions ! Sauf une certitude : toute la générosité du monde, tout le savoir du monde, toutes les techniques du monde peuvent et doivent se porter vers le Japon, pour atténuer sa souffrance et contenir la catastrophe nucléaire en cours… Mais pour le reste ?

Three Mile Island en 1979 ; Tchernobyl en 1986 ; Fukushima en 2011 : ces trois stations funestes marquent désormais au fer rouge le chemin de croix de la filière nucléaire et son avenir dans le monde. Et pourtant on admet que, d’ici à 2050, il faudra produire deux fois plus d’énergie et deux fois moins d’émissions de CO2. Alors ? Et pourtant il faudra bien aussi fournir en électricité plusieurs millions de villages à travers les 5 continents, où la vie s’arrête quand la nuit tombe, comme dans les grottes primitives. Alors ? Et pourtant de nombreuses centrales nucléaires ont rempli leur rôle depuis plus d’un demi-siècle sans le moindre incident. Alors ? Et pourtant l’explosion de la navette Challenger n’avait pas condamné à jamais la perspective des voyages dans l’espace… Et pourtant…

Il faut donc écouter, lire, apprendre, chercher, parler les uns avec les autres, en pleine lumière, sur la place publique, avec les ingénieurs, les administrateurs, les décideurs, les politiques, les ministres, les citoyens… À part quelques bateleurs de l’apocalypse dans leur boutique électorale, tous les acteurs de l’échange sont dignes de respect. Exemple : on apprend ici et là que des centrales « low cost » (à bas prix) sont sur le marché, ce qui fait froid dans le dos… N’est-il pas nécessaire d’organiser la maîtrise publique globale de tout le secteur ? Exemple, encore : des incidents à répétition ont affecté les centrales japonaises, construites sur des bases contestables. Ne faut-il pas mettre sur pied une organisation mondiale qui contrôlerait, à partir de critères rigoureux, la mise en route de chaque centrale ?

Les astrophysiciens nous disent que la Terre est vivante – et donc très agitée ! – depuis 3 milliards d’années. Ils nous disent aussi que les hommes qui l’occupent depuis près de quatre mille ans ne pourront jamais déménager sur une autre planète. Bref, que nous sommes chez nous sur la Terre…
En effet, jusqu’ici, nous y sommes bien…

Claude Cabanes

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Oui, au boulot

15 Mars 2011, 06:50am

Publié par PCF Villepinte

 Jamais l’extrême droite n’a remis 
en cause l’exploitation capitaliste.

trava+Alain Duhamel est le nouveau Marx. Dans sa chronique hebdomadaire de Libération, 
il a découvert « la nouvelle lutte 
des classes ». Le Front national, écrit-il, est devenu le parti de la classe ouvrière et donc « la lutte des classes a changé de visage », entendons qu’elle a pris celui de Marine Le Pen... Allons, c’est un peu court. Parce que cette dernière colle habilement à certaines problématiques sociales et que sa démagogie n’est pas sans effets, elle serait devenue révolutionnaire ? La lutte des classes, Alain Duhamel l’ignore-t-il, c’est le rapport d’exploitation capitaliste. Ce rapport qui fait que 
le propriétaire des capitaux et des moyens de production va tout faire pour tirer le plus possible du travail salarié. Augmenter les cadences, allonger les horaires, remettre en cause le repos hebdomadaire ou les congés payés, repousser l’âge du départ en retraite, peser sur les salaires ou, tiens, charger les immigrés de tous les maux pour mieux diviser la classe ouvrière, attiser les rancœurs 
et les frustrations pour les transformer en racisme 
et en xénophobie. Ce camp est celui de Marine Le Pen, 
du Front national et de toutes les extrêmes droites. Jamais aucune d’elles n’a remis en cause l’exploitation capitaliste et toutes l’ont servie en détournant les révoltes, les colères et la contestation sociale.

Mais il arrive parfois qu’Alain Duhamel dise 
des choses justes. Ainsi : « Dans les milieux populaires, la part de l’indignation, du ressentiment, de la protestation 
ne reculera que si la situation économique et sociale s’améliore de façon significative et durable. » Mais comment ? Eh bien, semble lui répondre 
la une du même journal, 
en mettant la gauche 
« au boulot. » Et le nouveau directeur 
de sa rédaction, Nicolas Demorand, s’en explique dans son éditorial : 
« À quatorze mois de la présidentielle, les socialistes 
n’ont rien ou pas grand-chose à dire au peuple. 
Pas d’alternative crédible ou tout simplement audible 
sur le chômage et l’emploi, l’industrie, la mondialisation. (…) Peut-être que tout cela existe dans les placards 
de la Rue de Solferino : si c’est le cas, il devient urgent 
de le faire savoir. » Soit, la gauche, pour Nicolas Demorand, c’est le PS. Mais pourquoi ne visite-t-il pas les placards du Front de gauche, du Parti communiste ou du Parti de gauche, ou mieux, pourquoi ne pas rendre compte d’une manière ouverte de ce qui se dit dans 
les débats qu’ils organisent un peu partout dans le pays, avec précisément l’ambition de construire réellement 
une et des alternatives, non seulement à Nicolas Sarkozy, 
mais à la politique du capital qu’il sert ? Pourquoi encore, et ce n’est qu’un exemple, les projets de régression sociale de la Commission de Bruxelles, que nous évoquions mercredi, sont-ils restés dans les placards à Libération 
et n’ont trouvé aucune place dans ses colonnes ? Pourquoi, ces jours-ci, les débats des élections cantonales, qui touchent aussi à la démocratie locale et aux finances publiques, y sont-ils ignorés ? Ça aussi, c’est la gauche 
au boulot.

La gauche au boulot ? Mais toutes celles 
et ceux qui rejettent la politique de Nicolas Sarkozy et de la droite, un débat public polarisé sur les thèmes du Front national, mais qui veulent parler emploi, salaires, services publics, acquis sociaux, parler d’une tout autre utilisation de l’argent, des profits, du crédit, ne demandent que ça, une gauche au boulot. Nombre d’entre eux s’y sont mis. Mais il est de bon ton 
de les ignorer.

Maurice Ulrich

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Edgar Morin aux sources de la gauche

5 Mars 2011, 12:34pm

Publié par PCF Villepinte

Notre débat local du 3 mars sur l'emploi a bien montré que les individus "bougent" avec leur tête et que pour qu'ils s'impliquent pleinement, il est nécessaire d'ouvrir des possibles. Avec la vraie gauche, c'est possible.

Daniel.

Humanité/DR

Tribunes - le 4 Mars 2011

Assises de L'Humanité

 

 

Invité de la première université populaire de l’Humanité mercredi, le sociologue a lancé ses pistes d’espérance pour l’avenir devant un amphi comble de la faculté de Saint-Denis.

Longtemps après son intervention, ils sont restés pour le saluer, lui poser des questions ou tout simplement obtenir une dédicace. Mercredi soir, pour la nouvelle université populaire lancée par l’Humanité, Edgar Morin a fait salle comble. Nombre des deux cents personnes présentes ont voulu poursuivre la rencontre avec le sociologue et historien après son exposé au cours duquel il a livré ses pistes de renouveau de la gauche.

L’auditoire était d’autant plus réceptif ce soir-là que ce n’est pas tous les jours qu’une personne délivre des raisons d’espérer en un sursaut possible de la gauche, prête à nouveau à affronter les « dangers » qui menacent nos sociétés. « Je lance des graines. Après, advienne que pourra. Mon message comporte toujours une part d’espérance », résumait-il, l’œil malicieux, après la rencontre.

À quatre-vingt-neuf ans, l’auteur de la Voie (Fayard) n’a surtout pas la prétention de délivrer un dogme prêt à l’emploi. « Mon exposé consiste à vous dire que tout a commencé. Un peu partout dans le monde, des initiatives surgissent pour changer le cours des choses. » Edgar Morin en est certain : des gens trouvent des solutions pour lutter contre les « deux pieuvres que sont le fanatisme religieux et le capitalisme financier », contre les menaces qui pèsent aussi sur la biosphère. Le rôle qu’il s’est assigné est de faire connaître toutes ces initiatives. « Une déviance peut devenir une tendance historique. Je sais que le meilleur des mondes est impossible. Les vieilles générations sont désabusées. Les jeunes se trouvent en plein désarroi. Mais un avenir est possible. Il n’est pas certain. Mais l’improbable est souvent arrivé dans l’histoire. »

Reprenant au bond le Indignez-vous ! de Stéphane Hessel, le sociologue porteur de la voie de « la métamorphose » (lire notre édition du mardi 1er mars) a étonné l’amphithéâtre par tant d’optimisme placé dans un sursaut d’une gauche sortie de l’ornière car redéfinie. « Ma gauche à moi unifie arbitrairement tous les courants qui se sont opposés au cours de l’histoire. Le socialisme veut rendre la société meilleure. Le communisme est fraternité. Le libertarisme affirme que l’individu ne doit pas être négligé. Ma gauche à moi, c’est être fidèle à ce triple héritage qu’il faut aujourd’hui rassembler. »

Pour Edgar Morin, tout autour du monde, des initiatives mettent en pratique ce retour aux sources. La difficulté est de faire converger ces démarches pour que naisse un courant dominant. Citant des vers d’Antonio Machado, il résume : « Vous qui cheminez, il n’y a pas de chemin. Vous cheminez en marchant. »

A lire aussi: Quel retour à Marx pour penser notre temps? Notre face à face entre Edgar Morin et André Tosel, philosophe spécialiste de Marx et des marxismes

Stéphane Guérard

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UNE CRISE DE CIVILISATION ? Colloque les 28/29 janvier

24 Janvier 2011, 16:13pm

Publié par PCF Villepinte

Espace Marx

lundi 24 janvier 2011

images-copie-1UNE CRISE DE CIVILISATION ?

 Les crises actuelles - économique, écologique, démocratique, idéologique - sont enchevêtrées.

Colloque les 28/29 janvier 2011

Espace Niemeyer 6 avenue Mathurin Moreau Métro Colonel Fabien

 

Elles marquent les impasses dans lesquelles conduisent non seulement un système capitaliste qui atteint des limites, mais aussi une conception des rapports des hommes à la nature et entre eux.

Jamais la conscience de l’unicité du monde n’a été aussi forte.

Peut-on vivre ensemble dans ce monde sans remettre en question les valeurs, les principes et les conceptions que, sous le nom de « mondialisation », le capitalisme occidental cherche à étendre au monde entier.

Ne faut-il pas penser au contraire une « mondialité » qui organise la vie en commun dans le respect du dialogue et le mélange des cultures ?

Ne vit-on pas, au total, une crise de civilisation qui en appelle une conception radicalement nouvelle ?

- Voir en ligne : programme

- voir le site espace Marx

 

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