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societe

Affaire des quotas : "un scandale" selon Thuram

1 Mai 2011, 16:19pm

Publié par PCF Villepinte

Sports - le 1 Mai 2011

 

Lilian Thuram, ex-défenseur et recordman de sélections en équipe de France, a estimé que l'affaire du quota révélée par le site Mediapart représentait "un vrai scandale", et que le cas des binationaux soulevé par Laurent Blanc était "un faux problème", dimanche sur TF1.

"J'ai été d'abord un peu déstabilisé, a dit l'ancien joueur. Je me suis dit que c'était faux. J'ai passé des coups de fil, à Noël Le Graët (vice-président de la Fédération française de football) et à des membres de la DTN. Nous n'avons pas encore des preuves, mais il est clair que nous sommes au coeur d'un scandale". Concernant la question des binationaux, considérée comme un "problème" par le sélectionneur Laurent Blanc et le directeur technique national (DTN) François Blaquart, Thuram y voit "un faux problème, parce que les meilleurs joueurs seront retenus par la France. Ceux qui partiront seront ceux qui n'ont pas été retenus". "Ils jouent pour quel pays Karim Benzema, Samir Nasri et Yann Mvila ?, a-t-il poursuivi. Quand vous partez avec la mauvaise analyse, à la fin vous avez forcément les mauvaises propositions". "Quand est-ce qu'on va sortir de ces préjugés sur les couleurs de peau ?, s'est-il encore interrogé. Quand est-ce qu'on va arrêter de dire que lorsque vous êtes Noir, vous courez plus vite ? Que lorsque vous êtes Noir, vous êtes moins intelligent ?"

François Blaquart, qui avait prôné la limitation du nombre de joueurs binationaux dans les filières de formation fédérales, a été suspendu de sa fonction de DTN samedi.

Laurent Blanc, qui s'y était dit "favorable", selon le verbatim publié par Mediapart, a "admis" samedi que certains de ses propos tenus lors de cette réunion du 8 novembre 2010 "puissent prêter à équivoque" et a déclaré que s'il a "heurté certaines sensibilités", il s'en "excuse".

 

  • A lire :

 

Les troubles révélations de Mediapart font leur chemin. Les "quotas discriminatoires" qu'auraient mis en place officieusement la direction technique nationale de la Fédération française de football pour la formation des jeunes joueurs, avec l'assentiment de Laurent Blanc, ont été démenties vendredi par le sélectionneur lui-même. Néanmoins, François Blaquart, le Directeur technique national (DTN) est le premier à faire les frais de ses révélations. Il a été suspendu de ses fonctions par la Fédération française de football (FFF) et la Ministre de la Jeunesse et des Sports. --> Lire la suite de notre dossier

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« Se battre »

24 Avril 2011, 16:03pm

Publié par PCF Villepinte

« Se battre »

 

 

23 septembre manif 009Lorsqu’on est retraité et que l’on voit tripler sa quittance par l’application d’un surloyer sur son logement social, que faire ? « Se battre », a répondu cet homme de Saint-Ouen, en région parisienne. Son cas est exemplaire des effets de la politique gouvernementale en général, ceux de la loi Boutin en particulier. Il éclaire la portée du projet de société à l’œuvre dans la région capitale, sous couvert de « Grand Paris », voulu par le chef de l’État. L’ex-maire de Neuilly, ville qui, on le sait, brille par son audace en la matière, vantait avant son élection « la France de propriétaires ». Sa mesure-phare en était la mise en vente des logements sociaux, soit donc l’exclusion de ce parc de leurs locataires les plus pauvres pour racheter leur logement et assumer ensuite tous 
les frais afférents à son entretien ! Trois ans plus tard, 
le roi de la division et sa princesse de la droite dite « sociale » alourdissent la matraque du surloyer pour 
les nantis qui y demeurent en nombre. Il est bien connu que lorsqu’on en a les moyens, on préfère abuser du privilège exorbitant de vivre en HLM dans un quartier populaire, plutôt que résider dans la ville chère au cœur du président…

À y regarder de plus près, que ce soit en matière de logement, d’emploi industriel ou de salaires, 
la maxime du locataire de l’Élysée se résume encore 
et toujours à : laissez donc agir les forces du marché. 
Il faut « libérer la construction immobilière », déclare-t-il. 
Ne nous embarrassons plus avec la responsabilité publique : « Les pouvoirs publics doivent en revanche accompagner des mouvements et encourager des dynamiques qui sont largement spontanées. » Voilà une constante, si ce n’est une obsession, chez celui qui, voilà deux ans, en pleine crise 
de la « bulle » immobilière, lançait aux élus de Seine-et-Marne : « Vous voulez 
des bureaux ? Vous voulez 
des logements sociaux ? Vous voulez des logements ? C’est votre problème et ce n’est pas 
à l’État, ce n’est pas 
à l’administration de vous surajouter des problèmes. » Pourquoi se gêner : enrichissez-vous ou aidez les autres à le faire. 
Et pendant ce temps, des centaines de milliers de mètres carrés de bureaux construits sur ces bases restent vides, tandis que des millions de Français subissent le mal-logement, voire l’absence de tout logement décent 
ou abordable. Et ne parlons pas des jeunes sans travail, lorsqu’un secrétaire d’État au Logement envisage 
qu’il serait tolérable pour un étudiant de louer le mètre carré d’une chambre de bonne à 40 euros par mois, lorsque le niveau moyen des loyers est, à Paris, de 23 euros, 
et que ces taudis sont proposés à 60 euros par 
les propriétaires. Seraient-ils disposés, tous ces adeptes 
du bouclier fiscal, à ne vivre, ne serait-ce qu’un mois, dans les mêmes conditions que les victimes de leur politique ?

Il n’est pas seul, ce retraité. Il existe, fort heureusement, dans ce pays des élus qui ont 
une haute ambition. On les retrouve du côté 
de ces maires de Seine-Saint-Denis ou du Val-de-Marne, 
ou d’ailleurs, singulièrement communistes et rejoints 
par d’autres élus du Front de gauche, qui s’opposent aux expulsions locatives comme ils mènent la fronde contre les surloyers, dans des villes, majoritairement de gauche, où ce sont eux qui supportent l’essentiel de l’effort 
en matière de logements sociaux. Sénatrice, comme Odette Terrade, ou député, comme Pierre Gosnat, 
ils déposent des projets de loi porteurs d’une tout autre ambition de justice sociale et de société en matière de droit au logement pour tous. Voilà aussi des combats qui donnent une tout autre résonance à la chose publique et politique que le « tous pourris » et son lot de résignation et de division. Hâtons-nous de les rendre populaires...

Michel Guilloux

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« Édouard Glissant savait lire le monde dans ce qu'il portait de meilleur »

5 Février 2011, 07:03am

Publié par PCF Villepinte

Édouard Glissant, l'homme qui a ouvert la porte au Tout-Monde est mort ce matin. Poète et philosophe, il savait lire le monde dans ce qu'il portait de meilleur. Édouard Glissant voulait en développer une nouvelle conception qui, à l'opposé de la mondialisation économique, s'appuierait sur ce qu'il nommait la « mondialité ».

Édouard Glissant n'était pas homme à se retrancher. Il descendait dans l'arène en donnant son point de vue poétique et politique sur les évènements qui le marquaient. Ainsi, il avait récemment crée l'Institut du Tout-Monde pour, « à l’écoute des mélodies du monde, favoriser la pratique culturelle et sociale des créolisations. et la connaissance de l’imaginaire des peuples dans leur diversité ». Avec Patrick Chamoiseau, son ami, il a publié et fait circuler un texte marquant, « Quand les murs tombent », mettant en évidence le recul de civilisation que signifiait la mise en place, par Nicolas Sarkozy, du ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Codéveloppement. Édouard Glissant était un homme d'action qui mettait en partage avec le peuple ses mots, ses idées, sa poésie.

Je me rappelle avec émotion sa conférence lors de notre Université d'été, en aout 2008, et l'échange chaleureux qui lui a succédé; c'était un homme du partage et de la relation. Ma tristesse, ainsi que celle des communistes est immense ce matin. Son décès laisse de très nombreuses personnes un peu seules face à « l'intraitable beauté du monde ». Je pense à Sylvie Glissant, son épouse, à ses enfants, à ses innombrables amis et je leur adresse mes sincères et affectueuses condoléances.

Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF,

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Leçons de choses

22 Décembre 2010, 14:33pm

Publié par PCF Villepinte

 republiqueDos usés, vies en miettes, salaires au lance-pierre… Comme si cela ne suffisait pas, selon la formule terrible du syndicaliste qui témoigne dans nos colonnes, voilà des salariés qui « ne sont plus que des produits parmi les produits ». Embaucher à 2 heures du matin ou finir à 23 heures. 
Ne plus voir le jour, dans tous les sens du terme, et si l’on craque, tant pis. Il y aura des encore plus précaires que soi pour prendre la place, temporaire. Ainsi va la vie dans le secteur de la grande distribution, grand pourvoyeur des damnés de la terre de notre époque, qui conjugue travail de nuit et pénibilité jusqu’à plus soif. On pourra relever ici un lien entre le patronat de Carrefour, dans ce cas, et le pouvoir sarkozyste. Pour ces gens-là, le travail n’a de valeur que pour autant qu’il nourrisse la machine 
à dividendes. Les hommes, et ici singulièrement les femmes, ne sont que « variables d’ajustement », « coûts », à presser comme des citrons et à jeter après usage.

Avec la réorganisation en cours se dessine un concentré de leur modèle de société. En difficulté Carrefour, toujours numéro 2 mondial et leader européen du secteur ? Ses employés, sûrement. Eux qui peinent à boucler leurs fins de mois, encore plus lorsque, par centaines, ils sont payés sous le smic ! Tout est bon pour le pognon. Mais, dans ce cas, lorsqu’ils saisissent les prud’hommes, la justice a su se rappeler au bon souvenir du groupe 
et le condamner. 
À l’autre bout de la chaîne alimentaire, leur PDG, lui, se voit gratifier de revenus avoisinant les 7 millions d’euros par an, moitié en salaires et avantages, moitié en placements boursiers. Il est, dit-on dans la presse spécialisée, l’un des mieux payés du CAC 40. Tel est le prix à payer pour assurer la rentabilité maximale… pour les actionnaires. Au premier rang de ces derniers figure le fonds d’investissement Colony Capital, allié à Bernard Arnault, le PDG 
du groupe de luxe LVMH.

Patrimoine immobilier, vente avec bénéfice
des filiales à l’étranger, diversification des formats de magasins pour en accroître la rentabilité au mètre carré, tout fait ventre pour rentabiliser la mise. Que les hommes et les femmes qui font ce groupe finissent par se confondre avec des denrées périssables n’est guère que dans l’ordre des choses pour qui ne compte que le rendement financier le plus rapide. « La CGT de Carrefour veut perturber Noël », titrait le Parisien lorsque ces salariés se sont mis en grève contre la nouvelle régression en cours. Dans ces colonnes-ci, on salue bien bas ceux qui ont le courage de relever la tête.

Ainsi va la vie 
dans le secteur de la grande distribution, grand pourvoyeur des damnés 
de la terre 
de notre époque.

Par Michel Guilloux

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Un sérieux coup au libéralisme

3 Décembre 2010, 23:29pm

Publié par PCF Villepinte

Politique - le 2 Décembre 2010

événement

 

Bourse, profits, privatisations... Autant de termes désormais connotés négativement.

Déjà, en 2009, une enquête menée par la BBC, montrait que « la France est, de tous les pays comparables, celui où on estime le plus que le capitalisme de libre-échange est fondamentalement dans l’erreur et qu’on a besoin d’un autre système économique ». À cet égard, l’enquête de la Fondation Gabriel-Péri confirme un net recul de l’adhésion au libéralisme économique où les termes « Bourse », « profits », « privatisation » et « capitalisme » sont très majoritairement connotés négativement (voir graphiques ci-contre). Si l’idée de « profits » est rejetée à 53 %, elle ne fait pas « l’objet d’un rejet comparable à celui des dimensions les plus caractéristiques du système socio-économique libéral ». Si les responsables scientifiques de l’enquête notent que le capitalisme « n’a jamais suscité l’enthousiasme », ils observent néanmoins que la proportion d’avis négatifs passe de 50 % en 1988 à 64 % en 2010. Parallèlement, les sentiments négatifs à l’égard du concept de « mondialisation » gagnent six points entre 2001 et 2010 pour aujourd’hui caracoler à 57 %.

L’un des éléments les plus intéressants de l’enquête réside dans la question posée sur le contrôle des entreprises : « Faut-il faire confiance aux entreprises et leur donner plus de liberté ou faut-il que l’État les contrôle et les réglemente plus étroitement ? » On constate en effet que la population sondée semble en constant décalage avec les responsables politiques qu’elles se donnent. Ainsi, sous Valéry Giscard d’Estaing, l’idée de « contrôle » l’emporte nettement, « c’est déjà beaucoup moins vrai en 1980 » juste avant la présidentielle qui verra François Mitterrand accéder au pouvoir. En 1982, la volonté de laisser une importante « liberté » aux entreprises s’envole. Dans les années 1980, à la faveur d’un long travail idéologique, on observe comment les solutions alternatives au marché reculent et la manière dont le libéralisme s’impose peu à peu comme la seule politique possible. Selon l’enquête, il faut attendre 1994 puis 2007 pour que le contrôle des entreprises et le laisser-faire s’équilibrent. Aujourd’hui, et depuis la crise, alors même que Nicolas Sarkozy avait mené campagne sur son réformisme libéral, le « contrôle » des entreprises prend largement le pas sur la « liberté ».

Enfin, le volet de l’enquête consacrée à l’influence du patronat et des milieux d’affaires est particulièrement illustrant. Entre 2001 et 2010, le sentiment d’une influence excessive dans la définition des orientations politiques progresse de 39 % à 50 %. Dans le même temps, les réactions évoluent sur le sentiment que « les chômeurs trouveraient plus facilement du travail s’ils le voulaient vraiment ». En 2007, cette constante de l’idéologie libérale, largement reprise par la nouvelle droite au pouvoir, reste très largement approuvée (63 %), tandis qu’elle connaît un sérieux reflux en 2010 – tout en restant importante – avec 47 % d’adhésion. Aussi, la notion de mérite et la culpabilisation des chômeurs ont-ils reculé avec la crise.

L. S.

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Quand les droits des enfants se dissolvent dans la misère

17 Novembre 2010, 07:19am

Publié par PCF Villepinte

Société - le 16 Novembre 2010

pauvreté

 

 

La défenseure des enfants, qui présentait hier son bilan annuel, a montré combien la précarité portait atteinte aux droits des plus jeunes. Dominique Versini dénonce aussi les placements trop nombreux d’enfants de familles pauvres.

Quand la mauvaise fée Précarité se penche sur un berceau, en France, elle voue l’enfant au malheur sanitaire, scolaire, social, culturel, familial. Les deux millions d’enfants qui vivent en dessous du seuil de la pauvreté (950 euros par mois, après les transferts sociaux) dans notre pays cumulent les inégalités et subissent un déterminisme social effrayant. Tel est le bilan que Dominique Versini, défenseure des enfants, a dressé hier en présentant son rapport annuel, qu’elle espère encore ne pas être le dernier.

Fragiliser les pauvres

« De jeunes mamans sortent aujourd’hui de la maternité sans savoir où elles vont trouver un abri pour le soir même. Dans ce cas, la femme est fragile, le lien entre elle et son bébé a du mal à se mettre en place, c’est à ce moment que de nombreux placements à l’aide sociale à l’enfance sont décidés. » Sans véhémence ni colère, mais avec une volonté intacte de poursuivre son travail, Dominique Versini a choisi hier de dire combien la précarité était un poison pour les enfants de ce pays. Ses services ont remarqué que, au-delà des situations de maltraitance, les enfants placés (143 800 en 2009) sont très majoritairement issus de familles en difficultés, sociale et économique.

Plutôt que d’opter pour des mesures d’accompagnement adaptées (aide à la gestion budgétaire, soutien à la fonction parentale, action éducative à domicile…), les services sociaux placent les enfants pauvres, la plupart du temps sans préparation, ni explications. Cette hantise de voir leurs enfants placés fait que les familles les plus fragiles et les plus pauvres « finissent par fuir les institutions, même l’école qui a souvent des choses à leur reprocher », précise Dominique Versini.

La loi du 5 mars 2007, qui réforme la protection de l’enfance, avait pourtant fait du maintien des liens familiaux un objectif majeur, fait remarquer la défenseure, mais le transfert des compétences aux départements sans les financements suffisants a ruiné cet espoir. Le Fonds de protection de l’enfance (150 millions d’euros) qui devait aider à la mise en œuvre de la loi a fondu des deux tiers. Moralité : bon nombre de départements ont réduit leurs actions de prévention et d’accompagnement social des familles.

Des familles vulnérables

La loi du 5 mars est donc mal appliquée. Comme d’ailleurs la loi SRU ou la loi Dalo, sur le logement des plus démunis. En revanche, des lois récentes du gouvernement, dures aux pauvres, inquiètent Dominique Versini, comme la suppression des allocations familiales en cas d’absence des enfants à l’école, le durcissement de la politique d’immigration qui entrave le regroupement familial et envoie des enfants en centre de rétention, sans parler de l’évolution de la justice des mineurs, « focalisée sur l’acte et non sur la personnalité de l’adolescent », dénonce encore la défenseure.

La loi hôpital, patients, santé, territoires, qui oublie la prévention, n’a guère plus de vertu à ses yeux. Une médecine à deux vitesses guette les enfants pauvres : ils fréquentent de plus en plus les urgences hospitalières, ce qui crée une discontinuité dans leur parcours de soins. L’obésité et les grossesses précoces les guettent.

Malgré les lois de lutte contre les exclusions (1998) ou pour la cohésion sociale (2005), Dominique Versini est contrainte de reconnaître que « nos politiques sociales ne permettent pas de garantir la protection des enfants des familles vulnérables », et d’avancer des priorités politiques : construction de logements sociaux, prévention et accompagnement des familles, lutte contre les inégalités d’accès aux soins... Un programme pas très sarkozyste.

Dany Stive

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Les associations menacées par la marchandisation

12 Octobre 2010, 06:44am

Publié par PCF Villepinte

Tribunes - le 9 Octobre 2010

Quelles sont les conséquences du désengagement de l’État ?

 artLes associations menacées par la marchandisation

Par Malik Salemkour, vice-président ldh/collectif Associations en danger (*).

 

Parallèlement à la baisse constante des aides publiques, les associations sont menacées par une logique administrative de marchandisation concurrentielle, niant leur spécificité et leur rôle essentiel de cohésion sociale et de démocratie. À travers elles, ce sont les citoyens les plus vulnérables, les habitants des zones rurales et des quartiers paupérisés, les migrants – surreprésentés dans les milieux populaires – qui sont visés. Le projet de budget 2011 prévoit de diminuer encore les moyens financiers et humains aux politiques sociales, sanitaires, culturelles et éducatives. Ce désengagement de l’État et l’asphyxie financière des collectivités territoriales mettent en péril de nombreuses associations, atteintes au cœur de leurs missions d’éducation, d’insertion sociale et professionnelle, de logement, de culture, de santé, d’accès aux droits ou de lutte contre les discriminations. Malgré des besoins croissants, les budgets de ce qui restait de « politique de la ville » comme du soutien à « l’intégration » ont quasiment disparu au niveau national et sont fondus localement dans l’enveloppe globale des préfectures. L’Agence pour la cohésion sociale et l’égalité des chances (ACSE) et l’Office français pour l’immigration et l’intégration (OFII) s’inscrivent désormais dans une logique de sous-traitance, sous-contrôle et d’exécution des politiques définies en haut lieu par le ministère de l’Identité nationale…

Le repli de l’État s’accompagne du transfert de ses missions de service public par appels d’offres, entraînant une marchandisation de secteurs jusque-là préservés. Les associations sont mises en concurrence entre elles, mais aussi avec des entreprises privées à but lucratif. L’homogénéisation et les réponses formatées, que ces commandes publiques suscitent, menacent la diversité du secteur associatif et risquent d’engendrer des coûts sociaux très lourds. Privées de subventions, les associations passent de partenaires à simples prestataires exécutants des pouvoirs publics. Elles sont contraintes de renoncer à leur projet associatif et à leur liberté d’action. Seule compte la rentabilité, mesurée à l’aune de l’équation « coûts engagés-résultats (quantitatifs) obtenus ». Alors que le secteur associatif compte 180 000 structures employeurs et près de 2 millions de salariés, l’emploi associatif est précarisé, les postes aidés sont réduits, tout en voulant favoriser le bénévolat et le volontariat. Or, ces formes d’engagement se complètent et se renforcent mutuellement. Les politiques ultralibérales à l’œuvre fragilisent tout le système. L’application par les pouvoirs publics nationaux et locaux des règles du marché au secteur non lucratif le dénature profondément, le bouleverse dans son essence. De forces de propositions et potentiels contre-pouvoirs, les associations sont contraintes de s’institutionnaliser peu à peu, de se transformer en pures gestionnaires et de devenir un maillon d’un système dominant qui étouffe toute velléité de contestation en son sein. Alors que leur caractère d’utilité sociale est indéniable et qu’elles sont l’un des rouages essentiels du système démocratique, les associations n’ont plus aujourd’hui l’assurance de pouvoir mener les missions qu’elles se sont choisies. Pour garantir leurs rôles socialement indispensables et l’engagement citoyen le plus large, il est urgent de repenser les aides publiques aux associations, petites ou grandes, nationales ou locales, et de réaffirmer leur place spécifique dans notre société. Une réelle clarification des relations financières avec l’État comme avec les collectivités territoriales est nécessaire pour refonder un contrat social au service du progrès humain.

 

(*) asso-en-danger@ldh-france.org

Malik Salemkour

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Thomas Coutrot: « Une déclaration de guerre des gouvernements à l’État social »

23 Août 2010, 18:38pm

Publié par PCF Villepinte

 

 

Pour l’économiste Thomas Coutrot, coprésident d’Attac, qui tient à Arles son université citoyenne, Brégançon est une opération de communication destinée aux agences de notation.

Révision 
à la baisse du taux de croissance, économies budgétaires… 
Quel est le sens 
des annonces 
de Brégançon ?

Thomas Coutrot. C’est une opération de communication vis-à-vis des agences de notation financière. À la veille d’une confrontation sociale majeure, le souci de Nicolas Sarkozy est de montrer aux milieux financiers qu’il ne va pas se laisser détourner par des manifestations, quelle que soit leur ampleur. Il veut affirmer le caractère irréversible des décisions d’austérité nécessaires pour rassurer les investisseurs financiers. Du fait de la simultanéité des plans d’austérité dans l’ensemble des pays de l’Union européenne, qui sont des économies très interdépendantes, il y a un risque récessif évident si elles se lancent en même temps dans des plans d’austérité. D’autant que 2 % de croissance pour 2010, c’est extrêmement optimiste, puisque c’est au-dessus de la moyenne de ce qui a été observé dans les années 1990.

 

Quelles mesures seraient efficaces pour relancer la croissance ?

Thomas Coutrot. Si on veut relancer l’emploi et l’économie, la mesure prioritaire est la réduction du temps de travail. Il est clair que la croissance ne suffira pas, dans un avenir prévisible, à résoudre la question d’un taux de chômage à 10 % et une précarité qui tend à se généraliser. Il faut donc réduire massivement la durée du travail. Il faut aussi augmenter les minima sociaux, le minimum retraite, pour soulager le pouvoir d’achat des catégories les plus en difficulté. Une telle politique susciterait l’hostilité des milieux financiers, qui prendraient des mesures de fuite des capitaux et d’augmentation des taux d’intérêt sur la dette française. Ça ne sera donc possible qu’avec une nouvelle régulation sur les marchés financiers et les flux de capitaux. Mais on est hélas très loin d’une telle rupture.

 

Tout a été fait depuis la crise pour conforter et relancer le système. 
N’y a-t-il pas risque d’une nouvelle crise financière ?

Thomas Coutrot. Il y a eu une déclaration de guerre des milieux financiers et des gouvernements de l’Union européenne à l’État social européen, avec l’appui du FMI. Mais l’élément moteur, ce sont les États européens qui ont tous mis en place des plans d’austérité s’attaquant aux dépenses publiques et de protection sociale. Cette guerre va avoir des conséquences récessives, voire dépressives et des conséquences sociales et politiques majeures. Les manifestations du 4 septembre contre la diversion raciste et du 7 septembre contre la réforme de la retraite sont donc extrêmement importantes. Attac propose de réfléchir à une votation citoyenne début octobre sur la réforme des retraites.

Entretien réalisé par Olivier Mayer

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Roms

17 Août 2010, 06:59am

Publié par PCF Villepinte

 Patrick Braouezec inquiet d'une "escalade"

 

 

 
Patrick Braouezec, député (ex-PCF) de Seine-Saint-Denis, interrogé lundi par France Info sur les expulsions de camps de Roms, s'est inquiété d'une "escalade de propos et d'actes qui relèvent presque de la guerre civile". "Il y a un durcissement qui, à la fois, vise les populations roms, mais on a entendu aussi des propos soit du président de la République, soit des ministres, vis-à-vis des personnes étrangères, des jeunes, des banlieues", a déclaré l'ex-maire de Saint-Denis. Il a évoqué aussi "des squatteurs expulsés manu militari". Selon l'élu, "ces expulsions sont indignes et se sont déroulées dans des conditions problématiques pour l'avenir de notre démocratie".

"On est au seuil de quelque chose qui remet en cause des valeurs républicaines", cette "tradition républicaine française qui est en train d'être bafouée",a ajouté le député. Interrogé sur des critiques émanant de la droite - le villepiniste Jean-Pierre Grand notamment - il les a jugées "honorables et légitimes". Il a par ailleurs fait état d'une réunion prévue le 7 septembre sur la question de l'accueil des Roms, avec les ministères concernés et une vingtaine d'élus de toutes étiquettes. Selon lui, il y a 5000 Roms seulement en Ile-de-France et il suffirait "qu'une quarantaine ou une cinquantaine de villes de la région acceptent de les accueillir". "Il faut sortir de l'égoïsme local", préconise-t-il.

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Enquête : ces territoires confisqués par les riches

15 Août 2010, 18:27pm

Publié par PCF Villepinte

 

Une série de reportages dans l’Humanité du Lundi 16 août au vendredi 20 août

A partir de lundi une série de reportages dans l’Humanité :

Lundi 16 août : Le Cap-Nègre, dans le Var, est le lieu discret où, derrière de hauts murs, les grandes fortunes du monde aiment à se retrouver. Nicolas Sarkozy, y est hébergé, l’été, par la famille de sa femme.

Mardi 17 août : Le 16ème arrondissement de Paris, c’est un ghetto de riches où l’on utilise tous les artifices pour rester entre soi, bien protégé, et refuser la construction de logement sociaux.

Mercredi 18 Août : Croix, à deux kilomètre de Roubaix dans le Nord, est la ville de France où le montant moyen de l’impôt sur les grandes fortunes est le plus élevé. Pas d’ostentation, on fait dans la discrétion.

Jeudi 19 août: Le Cap d’Antibes, sur la Côte d’Azur, est maintenant le lieu de villégiature préféré des oligarques russes et des fortunes rapides qui rivalisent pour acheter des villas somptueuses où s’y offrir des séjours hors de prix dans les hôtels de luxe.

Vendredi 20 août : Chantilly ( Oise ) est célèbre pour son château, son maire Eric Woerth, son champs de course où l’aristocratie se mesure à la bourgeoisie dans des parures coûteuses et excentriques, lors de la saison hippique.

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