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Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

social

Pénibilité, retraite

23 Avril 2011, 21:41pm

Publié par PCF Villepinte

Le 28 avril, tous dans l’action

Ile de France: Rassemblement à l'appel de CGT, CFDT, FSU, UNSA, Solidaires, devant le siège du patronat, de 12H à 14H.

RDV Place Ecole militaire, avenue Bosquet M° Ecole Militaire 

 

 

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Télécharger l’argumentaire de 4 pages pour le 28 avril

 

 

PDF - 3.3 Mo Pour vivre et travailler autrement ;
 Pour réparer et prévenir la pénibilité ;
 Pour une retraite en bonne santé.
Les organisations syndicales, dont la CGT, appellent les salariés du privé comme du public à faire du 28 avril, journée mondiale pour la sécurité et la santé au travail commémorant les victimes des accidents du travail et des maladies professionnelles, une grande journée unitaire de mobilisation pour la prévention et la reconnaissance de la pénibilité par un départ anticipé.

 

Pour une vie meilleure au travail et en retraite, il faut changer le travail

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Fonctionnaires : les salaires bloqués en 2012

19 Avril 2011, 19:20pm

Publié par PCF Villepinte

Le gouvernement a annoncé mardi le gel de l'indice salarial des fonctionnaires en 2012 pour la deuxième année consécutive, ont annoncé les syndicats, à l'issue d'une réunion à Bercy.

"Le ministre a annoncé la poursuite du gel du point d'indice", a indiqué Brigitte Jumel (CFDT), tandis que Jean-Marc Canon (CGT) s'est dit "profondément mécontent" de cette annonce, évoquant "une mesure sans précédent depuis la Libération".Selon lui, le gouvernement n'a annoncé "aucune mesure qui soit réellement intéressante" et "n'entend pas ce que lui disent toutes les organisations syndicales".

Le point d'indice, qui sert de base au calcul des salaires des 5,2 millions d'agents des trois fonctions publiques (Etat, territoriale et hospitalière) avait été relevé de 0,5% au 1er juillet 2010 et son gel décidé pour 2011. La hausse, accompagnée d'un relèvement du minimum de traitement des fonctionnaires (à 1,365,94 euros bruts) a représenté un montant d'1 milliard d'euros.

Pour les syndicats, il s'agit d'une question cruciale, le point d'indice, seule mesure collective concernant tous les fonctionnaires, étant vu comme un élément central du salaire des agents, alors que l'inflation atteint 2% selon l'Insee.

A l'inverse, le gouvernement estime qu'il ne s'agit que de l'un des éléments de la rémunération, qui compte aussi notamment les primes, les avantages sociaux ou les mesures catégorielles. En novembre, le secrétaire d'Etat à la fonction publique, Georges Tron, avait estimé que la hausse du pouvoir d'achat des fonctionnaires pourrait être d'au moins 2% en 2011 et 2012, sauf "événement majeur" imprévu, grâce notamment à la garantie individuelle du pouvoir d'achat (Gipa).Le ministre du Budget et de la fonction publique, François Baroin, invité mardi matin sur I-Télé/Radio Classique avant la réunion avec les syndicats, a affirmé que la situation des finances publiques ne permettait aucun relâchement."Je vous ai expliqué la situation de nos finances publiques. Si nous allons mieux, cela ne nous donne pas les moyens de nous relâcher", a déclaré M. Baroin.

En octobre, la Cour des comptes avait estimé que le gel du point d'indice "jusqu'à fin 2013" semblait "techniquement nécessaire" pour "respecter l'objectif global de maîtrise de dépenses publiques".

Les fonctionnaires sont déjà affectés par le non remplacement d’un départ à la retraite sur deux, qui doit se poursuivre en 2012, se traduisant par la suppression d’environ 30.000 nouveaux emplois. La moitié des économies générées par ce dispositif doit leur revenir.

M. Baroin a encore rappelé mardi que "la règle du un sur deux est une règle qui a été d'ailleurs votée dans la loi de programmation des finances publiques qui nous emmène jusqu'en 2013". "Il n'est pas question de changer de cap".

Les fonctionnaires verront également leur taux de cotisation retraite s'aligner progressivement sur celui du privé, passant, d'ici 2020, de 7,85% à 10,55%.

 

 

  • Lire aussi...  

--> Égalité salariale hommes-femmes, parce que leur travail le vaut bien 

Le chemin vers l'égalité professionnelle est jonché d'obstacles, à commencer par celui du patronat. Mais la jurisprudence avance. La Cour de cassation a donné raison à une cadre dont le travail administratif a été jugé de même valeur que celui des commerciaux masculins   --> lire la suite 

  • Les réactions...

--> Gel du point d'indice : la droite appauvrit ceux qui servent le bien public (PCF)

--> Gel des salaires : mise au régime sec de la fonction publique (PS)

 

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Pouvoir d'achat: la prime aux gesticulations

18 Avril 2011, 18:53pm

Publié par PCF Villepinte

Social-Eco - le 18 Avril 2011

 

 

 

Refaire le coup du "travailler plus pour gagner plus" de 2007, cette fois avec la prime aux salariés. Le gouvernement tente de reprendre la main sur la question du pouvoir d'achat des Français.
  • Prime contre dividendes: Lagarde dégonfle la baudruche

"La priorité du gouvernement, c'est améliorer le pouvoir d'achat des Français", avait affirmé le ministre du Budget, François Baroin, après avoir annoncé il y a huit jours qu'il voulait pousser les entreprises distribuant des dividendes à leurs actionnaires, à verser une prime de 1000 euros aux salariés. Mais ce lundi matin, sa ministre de tutelle Christine Lagarde s'est employée à dégonfler l'annonce. (à lire: Partage des profits: la prime d'abord pour les actionnaires)

D'une part, le montant a changé: il est dorénavant à discuter entre chefs d'entreprise et représentants des salariés. D'autre part et pour calmer les inquiétudes du Medef, le versement hypothétique d'une telle prime donnerait lieu à une exonération de charges, selon la ministre de l'Economie sur LCI. Cette prime serait instaurée par le projet de loi de finances rectificative de juin "pour que se soit applicable dans les meilleurs délais", a poursuivi Christine Lagarde.

  • Le Medef sur le dos du gouvernement

Avant même ces rectificatifs de Christine Lagarde, la redistribution annoncée avait du plomb dans l'aile, tant le Medef a tiré à boulet rouge dessus ce week-end. "Pourquoi uniquement les salariés? Pourquoi pas les fonctionnaires? Pourquoi pas les professions libérales? Pourquoi pas tous ceux qui ne travaillent pas dans les entreprises ?", s'est demandé la patronne des patrons Laurence Parisot sur France Inter ce lundi matin. (à lire: L'investissement rongé par les dividendes)

Celle-ci a crié misère pour les "entreprises françaises (qui) ont des marges qui s'effondrent, des taux de profit en moyenne de dix points inférieurs aux entreprises allemandes. " Et "qui s'occupe des TPE et des PME ? C'est ça le cœur du problème et je suis étonnée de voir que personne ne se soucie de ce que ce que tout ceci veut dire pour les petites et moyennes entreprises."

  • Pas le compte, pour les syndicats

Pour le numéro un de la CFDT François Chérèque, "vous avez un effet d'annonce où on donne le sentiment qu'on règle le problème du pouvoir d'achat" mais "il y aura beaucoup de déçus inévitablement, ça va retomber sur le gouvernement", a-t-il prédit ce lundi matin sur France Info.

La semaine dernière, Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, avait déjà dénoncé une forme de "compensation dans la communication politique" en référence à la réforme de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF). "Le "travailler plus pour gagner plus" se fait laminer par les faits depuis des années et je considère qu'on entre dans la période où les enchères montent pour obtenir des voix aux prochaines élections. M. Baroin semble fixer le prix du bulletin de vote à 1.000 euros", avait-il ajouté.

Pour le syndicaliste, 75% des Français sont mécontents de la politique économique et sociale de Nicolas Sarkozy. "Le chef de l'Etat, qui décide de tout dans le moindre détail, est depuis le début bien plus à l'écoute du patronat que des salariés. J'avais dit que le conflit des retraites aurait des conséquences profondes et durables pour lui. Les élections cantonales en sont la première preuve. Sans doute pas la dernière."

  • Pas d'augmentation pour les fonctionnaires

En même temps qu'il planche sur sa prime, le ministère des Finances fait déjà filtrer, via Les Echos de ce matin, la poursuite du gel des salaires dans la fonction publique en 2012.

En pleine surenchère d'austérité vis-à-vis de ses partenaires européens, le gouvernement Fillon ne peut se permettre le coût budgétaire d'une hausse du point d'indice, évalué à 900 millions d'euros par an par point en plus pour les trois fonctions publiques (Etat, territoriale et hospitalière), qui totalisent 5,2 millions d'agents.

Pour arrondir les angles, indique le quotidien, Bercy lance un nouvel enfumage: la perspective d'un nouveau "point d'étape" en fin d'année, avec l'éventualité d'un "geste futur", si la croissance a bondi, "ou si, à l'approche de l'élection présidentielle, l'urgence politique fait bouger les lignes". Avec autant de si…

  • Le pouvoir d'achat s'érode

Ces pas de danse du pouvoir interviennent alors que l'Institut national de la statistique (Insee) a révélé que les prix avaient augmenté de 0,8% en un mois, après +0,5% en février. Cette augmentation est sensible à la pompe où le prix de l'essence atteint des niveaux records, mais aussi dans le panier de la ménagère du fait de l'envolée des prix des matières premières agricoles. (A lire: les mesurettes du gouvernement sur le prix des carburants)

"Ces multiples hausses, dont les niveaux sont bien supérieurs à ceux de l'inflation, touchent les consommateurs dans leurs dépenses quotidiennes les plus essentielles : la voiture, le chauffage, l'électricité et le gaz, l'alimentation. Ce sont évidemment les ménages modestes et les classes moyennes, qui les ressentent le plus vivement", a déploré vendredi l'organisation de consommateurs CLCV, qui demande des "négociations". (à lire: le tarif réglementé du gaz aurait dû baisser cette année)

  • Les salaires toujours en panne

Dans ce contexte, la modération salariale passe mal au sein des entreprises où des conflits apparaissent, alors que selon le cabinet de conseil en ressources humaines Aon Hewitt, les hausses de salaires devraient se limiter à 2,6% en 2011, contre une moyenne de 3,3 à 3,5% durant les trente dernières années.

D'où la multiplication de conflits salariaux dans les entreprises, comme chez Carrefour, dans l'usine d'Onnaing (Nord) de Toyota, ou celle de Ferrero à Villers-Escalles, près de Rouen.

  • Pas de coup de pouce pour le SMIC

Dans l'immédiat, par un effet mécanique de la loi, l'augmentation de l'inflation pourrait entraîner automatiquement une revalorisation de 2% du Smic en juin ou en juillet. Il ne faut pas là non plus attendre de coup de pouce de la part d'un gouvernement engagé dans la modération salariale, cet euphémisme.

 

  • A lire:

Sarkozy a un programme, l'éditorial de Patric Le Hyaric

Cela ne se sait pas. Mais M. Sarkozy et l’UMP ont déjà un programme pour les prochaines élections législatives et présidentielles. Son nom de code : « PNR 2011-2013 » (Programme national de réforme 2011- 2013). C’est ce document, toujours secret, que le gouvernement et l’Élysée sont en train de rédiger pour le déposer sur l’autel sacrificiel de la Commission de Bruxelles. Lire la suite...

  • A lire aussi:

Austérité: Sarkozy élève modèle

Nicolas Sarkozy et son gouvernement préparent la fiche d’autoévaluation qu’ils rendront à Bruxelles en mai ou juin. Ce document, qui vérifie l’adéquation entre les politiques publiques françaises et les lignes directrices de la « stratégie de croissance Europe 2020 », est en cours d’élaboration. Le « programme national de réforme 2011-2013 » (PNR), puisque c’est ainsi que s’appelle ce texte, sera présenté lors d’un Conseil des ministres de l’Économie et des Finances de l’Union européenne (UE). Lire la suite...

Mais difficile pour lui de paraître crédible, tant il laisse filer les prix d'un côté pour resserrer les boulons de la modération salariale de l'autre

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Hausse du SMIC: vraiment pas grâce au gouvernement

15 Avril 2011, 21:11pm

Publié par PCF Villepinte

Social-Eco - le 15 Avril 2011

 

Le Smic pourrait augmenter de 2% au 1er juin ou au 1er juillet, pour s'ajuster à l'inflation qui franchirait dans les prochaines semaines le cap des 2%. Cette hausse pronostiquée par le journal économique Les Echos ce vendredi matin ne doit rien à une quelconque bienveillance du gouvernement vis-à-vis des plus bas salaires. Si elle avait bien lieu, la revalorisation serait automatique, comme ce fut le cas au 1er janvier 2011, avec 14 petits centimes de plus pour tous les smicards. Fin 2010, le gouvernement avait refusé un coup de pouce supplémentaires pour accompagner ces quelques centimes.

Celle-ci s'enclenche pour le salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC) lorsque, dixit le code du Travail, la hausse des prix atteint 2% en glissement depuis la dernière revalorisation du Smic. "L'automaticité est dans les textes. L'effet mécanique sera là si le chiffre (de l'inflation) est au rendez-vous. Mais nous n'avons pas encore calculé quand cela pourrait intervenir", a précisé une porte-parole du ministère du Travail. Pour Les Echos, la barre des 2% d'inflation pourrait être franchie en avril ou plus probablement en mai. Dès lors, la revalorisation doit être dans la même proportion et intervenir le mois suivant la publication de l'indice.

"Pas une progression du SMIC"

De son côté, le numéro un de FO, Jean-Claude Mailly, interrogé sur France Inter vendredi, a souligné qu'une telle hausse en cas d'inflation ne serait que "l'application du Code du Travail" et non un coup de pouce: "C'est le maintien du pouvoir d'achat, pas une progression", a-t-il dit.

Le Smic a déjà enregistré une hausse de 1,6% le 1er janvier. Le salaire minimum actuel est de 9 euros brut de l'heure, soit un Smic à 1.365 euros. Il pourrait passer à 1.392 euros, avec un salaire horaire de 9,18 euros.

Le gouvernement a relevé fin mars sa prévision d'inflation pour 2011, de 1,5% à 1,8%, en raison, notamment, de la flambée des prix des matières premières. Après un recul en janvier, les prix à la consommation sont repartis à la hausse en février (+0,5% en évolution mensuelle) et cette hausse s'est accélérée en mars, à +0,8%, selon l'Insee.

  • A voir:

"Justice sociale et efficacité économique"

Par Mohammed Oussedik Secrétaire de la CGT: "Le «coût du travail» nous est régulièrement opposé pour refuser de revaloriser le smic. Jusqu’à présent, la politique de l’emploi a été menée à partir de l’idée que ce coût serait trop élevé. Mais les exonérations de cotisations sociales, qui disparaissent à 1,6 smic, sont des incitations à pratiquer des bas salaires. Avec une totale inefficacité sur l’emploi puisqu’on s’aperçoit que cela ne permet pas de résorber le chômage. De plus, nous avons des salariés de plus en plus pauvres, qui ne peuvent répondre à leurs besoins élémentaires. On ne peut pas vivre dignement avec 8,86 euros de l’heure, pas plus qu’avec 9 euros, et il est proposé de continuer dans cette voie ! Les femmes sont particulièrement pénalisées par la non-revalorisation du smic, car elles subissent les plus bas salaires et sont, souvent, à temps partiel, un temps partiel calculé sur le smic." Lire la suite...

  • A lire enfin:

190 fois le smic, le salaire moyen des grands patrons

Les cinq présidents exécutifs les mieux payés du CAC 40 sont Carlos Ghosn de Renault avec 9,2 millions d'euros par an, Christopher Viehbacher de Sanofi-Aventis avec 8,2 millions, Bernard Arnault de LVMH avec 7,6 millions, Franck Riboud de Danone avec 5,9 millions, et Henri de Castries d'Axa avec 5,6 millions. La rémunération totale des présidents exécutifs du CAC 40 s'est élevée l'an dernier à 3,06 millions d'euros l'an dernier, stock-options et actions gratuites comprises. Lire la suite...

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Bernard Thibault : « Quatre ans après, le chef de l'Etat redécouvre l'enjeu du pouvoir d'achat »

15 Avril 2011, 15:35pm

Publié par PCF Villepinte

Entretien accordé au journal "Les Echos" du 15 avril 2011

 

 

b thibaultQue pensez-vous de la réforme de la fiscalité du patrimoine ? Ce n'est pas une réforme, ce sont des mesures avant la présidentielle, signe du désarroi de l'exécutif. Supprimer le bouclier fiscal est un revirement très symbolique mais l'allégement de l'ISF réduira encore la progressivité de l'impôt alors qu'il faut la renforcer. J'entends l'argument sur les retraités de l'île de Ré, coincés par l'explosion des prix des terrains. Mais je ne savais pas qu'ils étaient 300.000 ! La philosophie de Nicolas Sarkozy ne change pas : il baisse les impôts des plus riches.

 L'exécutif prône aussi une prime de 1.000 euros pour les salariés... Je suis ravi que, quatre ans après, le chef de l'État redécouvre l'enjeu du pouvoir d'achat. Il ne cesse de reculer et on compte de plus en plus de travailleurs pauvres. La crise a de lourdes conséquences pour des millions de salariés mais visiblement pas pour les entreprises et leurs actionnaires, hormis une parenthèse en 2009. Les dividendes représentent 8,5 % du PIB, contre 3,2 % en 1982. Les patrons du CAC 40 sont les mieux payés d'Europe. La rhétorique du Medef sur l'impossibilité de mieux partager la richesse créée est indécente. La prime qu'on nous annonce serait exceptionnelle, ne concernerait pas la plupart des salariés et conditionnerait la rémunération du travail au résultat financier de l'entreprise : ce n'est pas acceptable. C'est bien les salaires qu'il faut augmenter dans le privé et le public. J'invite les salariés à être à l'offensive sur le sujet.

 2012 approche. Quel bilan tirez-vous de l'action du chef de l'Etat ? Aujourd'hui, 75 % des Français sont mécontents de sa politique économique et sociale. Trois Français sur quatre ! C'était prévisible. Le chef de l'Etat, qui décide de tout dans le moindre détail, est depuis le début bien plus à l'écoute du patronat que des salariés. J'avais dit que le conflit des retraites aurait des conséquences profondes et durables pour lui. Les élections cantonales en sont la première preuve. Sans doute pas la dernière.

Comment analysez-vous la poussée du FN ?

 La majorité a voulu s'inspirer des thèses du FN pour reconquérir des électeurs. Mais la copie ne remplace jamais l'original. Cette poussée nationaliste, généralisée sur le continent, est aussi le fruit de l'incapacité des dirigeants européens à donner une dimension sociale à l'Union européenne. Les agences de notation ont plus de poids sur les gouvernements que l'opinion des peuples. Le Pacte pour l'euro, qui grave dans le marbre la rigueur et des reculs sociaux, en est l'illustration. C'est gravissime. La poussée du FN doit aussi interpeller les partis de l'opposition sur leur capacité à présenter une alternative crédible dans le domaine économique et sociable.

Le programme du PS constitue-t-il une « alternative crédible » ?

 Il est trop tôt pour commenter les programmes au stade actuel. Nous ne sommes en tout cas pas favorables à la fusion de la CSG et de l'impôt sur le revenu, qui porterait le risque que la CSG soit détournée de son objet, le financement de la protection sociale. Il faut élargir l'assiette de l'impôt aux revenus du capital, intérêts et dividendes, qui en sont exonérés à 80 %. La CGT a refusé de signer les derniers accords sociaux (Unedic, Agirc-Arrco, emploi des jeunes).

Vous avez fait le choix politique de lâcher le stylo ?

Absolument pas. Nous avons signé l'accord sur les fonctionnaires contractuels négocié avec le gouvernement. C'est bien la preuve que nous ne sommes pas dans une posture politique ! Ce qui guide la CGT, c'est le contenu. Les accords avec le patronat sont vides. Le patronat ne met pas un centime sur la table et ne s'engage à rien. Sur l'emploi des jeunes, tout est financé par redéploiement de fonds. Si le rôle des syndicats est d'accompagner la pénurie en décidant à qui on supprime des droits pour en donner à d'autres, cela se fera sans nous.

Reste que le repli contestataire de la CGT est net. Ne vous mène-t-il pas dans une impasse ?

 Quand trois Français sur quatre condamnent la politique de Nicolas Sarkozy, vous croyez que la période est propice à adoucir les mœurs ? La CGT est en phase avec la majorité des salariés, comme elle l'était lors du conflit sur les retraites.

Vous semblez peu en phase avec les autres syndicats...

Je regrette profondément que l'intersyndicale n'ait pas été en mesure ces derniers mois d'être un outil d'organisation et d'expression de la colère des salariés. L'intersyndicale aurait pu et dû donner une impulsion plus forte, sur la question des salaires notamment. Les conflits actuels dans les entreprises montrent que l'unité et l'action sont nécessaires et possibles pour obtenir des résultats.

Nous avons proposé aux autres confédérations des actions nationales communes, par exemple le 8 mars, pour s'attaquer ensemble à la discrimination sociale dont les femmes sont victimes. Cela n'a pas été possible. C'est décevant.

Vous visez la CFDT ?

Je constate que nous n'avons pas les mêmes analyses en ce moment. Je note aussi qu'après avoir appelé à la grève générale pour la retraite à 60 ans, FO a signé l'accord sur les retraites complémentaires qui valide les reculs des âges de départ. C'est savoureux. Il faut croire que FO a besoin de donner des gages pour assurer son avenir. Il y a deux rendez-vous de mobilisation unitaire, le 28 avril pour la reconnaissance des métiers pénibles et le 1 er Mai; c'est une bonne chose.

La CGT vient de subir une série de reculs électoraux, notamment à la SNCF. Comment réagir ?

 Il faut relativiser. A la SNCF, on fait 37 %, 15 points devant le deuxième. Je connais des politiques et des syndicats qui signeraient pour un tel score ! Il n'y a rien d'alarmant. La CGT est confrontée, comme les autres, à une recomposition du salariat et du paysage syndical. Nous travaillons à nous y adapter. Le développement de nos implantations reste la grande priorité de ces prochaines années. Le conflit sur les retraites l'a montré : nous avions la bonne analyse, la bonne stratégie, la bonne capacité à travailler dans l'unité et une bonne image ; ce dont nous avons manqué, c'est de troupes organisées dans chaque entreprise.

 Des rumeurs ont circulé sur votre départ. Terminerez-vous votre mandat

(fin 2012) ?

 Je souhaite aller au bout de ce mandat et c'est d'abord dans la CGT que nous discuterons des suites.

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Carrefour : "Succès sans précédent" de la grève

10 Avril 2011, 08:20am

Publié par PCF Villepinte

Social-Eco - le 9 Avril 2011

Magasins tout ou en partie bloqués, caisses fermées, réception des marchandises à l'arrêt: les salariés des hypermarchés Carrefour se sont fortement mobilisés samedi lors d'un mouvement de grève "sans précédent", selon les syndicats, pour ce géant de la grande distribution.

FO, la CFDT et la CGT avaient appelé à la grève pour exiger de la direction qu'elle revoie à la hausse ses propositions salariales pour 2011 pour les 65.000 salariés du groupe. Les syndicats avaient maintenu leur appel malgré l'annonce in extremis, vendredi, par la direction qu'elle allait rouvrir les négociations, en dénonçant un "piège grossier" destiné à casser la mobilisation. "C'est la première fois que je vois toutes les organisations appeler à la grève le même jour, après 38 ans chez Carrefour", a souligné samedi Serge Corfa, de la CFDT Services. "Je n'ai jamais vu une mobilisation aussi importante, touchant même de petits hypermarchés comme Beaucaire (Gard) qui a suivi à 80%", a-t-il ajouté, en estimant qu'entre 150 des 200 hypermarchés avaient été affectés. "Certains ont arrêté la grève après quelques heures. C'était prévu, le but n'étant pas de faire perdre excessivement d'argent à l'entreprise, mais de montrer le malaise profond des salariés", a commenté M. Corfa, évoquant notamment les "8.000 suppressions d'emploi en deux ans, les réorganisations incessantes et les 6 milliards d'euros que vont toucher les actionnaires". "Les gens veulent une redistribution dans les entreprises", a pour sa part déclaré le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, au Mans où il est venu soutenir les salariés de l'hypermarché local.

Les grévistes ont parfois érigé des barrages de chariots pour entraver l'accès aux magasins ou aux parkings, laissant passer les seuls piétons auxquels ils distribuaient des tracts. Ainsi, dans les Bouches-du-Rhône, ils bloquaient les entrées de parkings, selon une responsable FO, Dominique Beltrand. "Je peux vous dire qu'à Aix-en-Provence, le magasin est mort", précisait-elle dans la matinée.

Ailleurs, comme au magasin d'Illzach-Mulhouse (Haut-Rhin), ils empêchaient aussi la réception des marchandises. A Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), une centaine de salariés ont manifesté devant l'établissement, en prévenant les clients qu'ils s'exposaient à une longue attente aux caisses, "tenues par les cadres" du magasin, selon Marc Zeiller, du Syndicat des commerces et services.

Selon Terglav Dejan, secrétaire fédéral FGTA-FO, dans de nombreux magasins la proportion de grévistes étaient comprise entre 85 et 100%. "Même là où nous sommes moins présents, il y a 30 à 50% de grévistes", a affirmé le responsable de FO, premier syndicat chez Carrefour (environ 45% des voix), parlant d'un "succès sans précédent".

Qualifiant le mouvement de "mémorable", Franck Gaulin, délégué syndical central CGT, a souhaité que "la direction l'entende".

Cette dernière a proposé de reprendre mercredi prochain les négociations salariales. Les syndicats jugent insuffisante l'augmentation proposée des salaires de 1% en mars et de 1% en octobre, assortie d'une remise de 10% (au lieu de 7%) sur les achats dans les magasins de l'enseigne et d'une participation aux frais d'entretien des tenues de travail de 6 euros par trimestre. Selon eux, cela ne suffit pas à compenser l'inflation et la perte de pouvoir d'achat des dernières années.

"Il faut savoir que les trois quarts de nos caissières vont faire leur courses dans des hard-discount", indiquait samedi une responsable FO du Var, Chantal Puig.

-->  Carrefour à Charleville-Mézières : grève trés suivie !

 

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Grève pour les salaires à Carrefour ce samedi

9 Avril 2011, 06:48am

Publié par PCF Villepinte

Social-Eco - le 8 Avril 2011

Les syndicats FO, CFDT et CGT appellent à la grève samedi dans tous les hypermarchés Carrefour pour exiger de la direction qu'elle revoit à la hausse ses propositions salariales pour 2011 afin de maintenir le pouvoir d'achat des 65.000 salariés.

Cet appel intersyndical, peu habituel chez le géant de la grande distribution (le dernier remonte à février 2008), fait suite aux négociations salariales au cours desquelles la direction a proposé une augmentation de 1% en mars et de 1% en octobre, assortie d'une remise de 10% (au lieu de 7%) sur les achats dans les magasins de l'enseigne et d'une participation aux frais d'entretien des tenues de travail de 6 euros par trimestre.

FO, premier syndicat chez Carrefour (environ 45% des voix), a jugé ces propositions "minimalistes" et refusé de signer un projet d'accord "qui n'augmente pas les salaires à la mesure de l'inflation annoncée à 2% en 2011". La direction de Carrefour a de son côté annoncé vendredi à l'AFP qu'elle allait "rouvrir les négociations" et proposait "à ses partenaires sociaux de se retrouver à la table des négociations la semaine prochaine", selon le directeur des ressources humaines, Jean-Luc Masset.

Pour les trois syndicats, la direction "tente de casser la grève et de faire diversion en annonçant une nouvelle réunion de +négociations+ à la veille d'un mouvement social national qui s'annonce d'ampleur". "Cela ne change rien pour nous, c'est une tentative de déstabilisation, ça montre que notre mobilisation porte, le mouvement va être très suivi", a affirmé à l'AFP Dejan Terglav, délégué FO. "Depuis trois ans, nous avons perdu 10% de pouvoir d'achat", a expliqué M. Terglav, "alors que les profits explosent et que nos dirigeants viennent de mettre en vente les magasins Ed avec à la clé six milliards qui vont aller dans les poches des actionnaires".

"Les hausses proposées par la direction correspondent à une augmentation de 1,64% sur l'année 2011", selon Serge Corfa, délégué CFDT. Il a déclaré à l'AFP être "surpris de l'ampleur que prend le mouvement". Pour la CGT, "les bénéfices sont au rendez-vous, ils ne doivent pas servir qu'à gonfler le portefeuille déjà très grassouillet des dirigeants du groupe".

Carrefour a annoncé en mars des bénéfices en hausse de 11% en 2010 (382 millions d'euros), malgré des charges importantes dues notamment à la réorganisation du groupe au Brésil. Le groupe a aussi récemment annoncé sa volonté de scinder son activité de hard-discount (enseigne Dia) et 25% de sa filiale Carrefour Property (propriétaire des murs des magasins).

 

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FO signe l'accord sur les retraites complémentaires

25 Mars 2011, 21:26pm

Publié par PCF Villepinte

Social-Eco - le 25 Mars 2011
 

Force Ouvrière a ouvert la voie à la validation de l'accord sur l'avenir des régimes de retraite complémentaires Arrco et Agirc proposé par le Medef. Son secrétaire général Jean-Claude Mailly a annoncé ce jeudi soir que FO «sera signataire» du texte, estimant avoir «obtenu des garanties». «On a obtenu une stabilisation du taux de rendement des pensions pour les quatre ans à venir, pour qu'il n'y ait plus de baisse», a-t-il fait notamment valoir. Dans son projet, le patronat propose en effet de stabiliser de 2012 à 2015 le taux de rendement des retraites complémentaires qui ne cesse de baisser depuis 1993, chaque euro cotisé donnant droit à une pension de plus en plus faible. En revanche, la valeur du point restant indexée sur l'évolution des prix, et non des salaires, le niveau des pensions (ou taux de remplacement du salaire par la retraite) va continuer de baisser. D'autre part, d'ici 2012, le taux de rendement de l'Agirc va baisser, pour être aligné sur celui de l'Arrco.

FO appuie également sa décision sur le prolongement jusqu'en 2018 de l'Agff, dispositif permettant de servir la retraite complémentaire, sans abattement, en même temps que la pension du régime général. Jean-Claude Mailly a toutefois «regretté qu'il n'y ait pas une petite augmentation des cotisations». De fait, le Medef a imposé dans le texte final son refus de tout effort financier supplémentaire pour garantir l'équilibre financier des régimes.

Le projet prévoit également le report de l'âge ouvrant droit à la pension complémentaire à 62 ans, et celui de la garantie du taux plein à 67 ans, par alignement sur la réforme du régime de base. Un alignement qui n'avait pourtant rien de fatal, les régimes Arrco et Agric étant gérés par syndicats et patronat et n'étant pas soumis à la loi. Pour la CGT, qui a donné un avis négatif sur le projet, il n'est pas envisageable d'accepter, pour les complémentaires, ces mesures d'âges qu'elle a, avec l'ensemble des autres syndicats et la grande majorité de l'opinion des salariés, combattue l'année denière dans la réforme du régime général.
A l'issue des négociations, il y a une semaine, FO avait jugé le texte «déséquilibré», mais s'était montré hésitant sur la question de le signer. Dans les dernières heures des pourparlers, le Medef avait mis la pression sur ce syndicat, et sur la CFDT, en tenant des conciliabules avec des deux organisations. La signature annoncée de la centrale de Jean-Claude Mailly, qui détient la vice-présidence de l'Arrco, devrait entraîner celle de la CFDT: le syndicat de François Chérèque ne trouvait pratiquement rien à redire à l'accord, mais voulait éviter de signer seul. Outre la CGT, la CGC et la CFTC se sont clairement déclarées opposées au projet. Ces trois organisations peuvent encore empêcher la validation de l'accord si elles décident de faire valoir leur droit d'opposition, ce qui obligerait à rouvrir les négociations. Elles annonceront leur décision la semaine prochaine.

  • A lire: Les retraites complémentaires en danger

Rançon de son refus mordicus de toute augmentation des cotisations, le Medef tente d’imposer aux régimes Arrco et Agirc des remèdes qui seraient fatals pour les pensions. Lire la suite...

Yves Housson

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EDF veut alourdir votre facture de 30% d'ici 2015

23 Mars 2011, 21:35pm

Publié par PCF Villepinte

Social-Eco - le 23 Mars 2011
 

EDF aurait proposé aux pouvoirs publics un dispositif qui amènerait à augmenter la facture d'électricité des particuliers de 5,1% à 6,5% par an jusqu'en 2015, inflation comprise, rapportent le quotidien Les Echos de mercredi.

Selon le journal, qui ne cite pas de sources, ces hausses proposées dans le cadre de la loi réformant le marché de l'électricité seraient nettement supérieures aux augmentations des dernières années, comprises entre 1% et 3% par an. Elles reviendraient à augmenter les tarifs de 28% à 37% en cinq ans. Le quotidien économique ajoute que pour réduire l'impact de ces hausses, le groupe a proposé notamment d'élargir l'assiette de la CSPE (contribution au service public de l'électricité), qui sert à financer les énergies renouvelables, aux ventes de pétrole et de gaz.

Selon Les Echos, EDF plaide le fait que malgré une telle augmentation, les prix français resteraient encore compétitifs en Europe.

Dans le cadre de la loi Nome, EDF demande également que le prix de départ du nucléaire qu'il devra céder à ses concurrents soit fixé à 42 euros par mégawatt/heure (MWh) - tandis que ses rivaux réclament 35 euros - et veut qu'il évolue progressivement vers 45 à 46 euros. Ce tarif de vente sera déterminant pour l'évolution des tarifs appliqués aux particuliers d'ici à 2015. Un porte-parole du ministère de l'Énergie a indiqué dimanche qu'il n'avait pas encore été fixé. Les Echos avaient rapporté lundi qu'un des concurrents d'EDF, Direct Energie, serait désormais prêt à accepter de payer le prix de 42 euros, alors qu'il demandait jusqu'ici 35 euros.

Selon le ministre de l'Industrie, Eric Besson, qui dément l'information du quotidien, "EDF ne m'a pas transmis de demande d'augmentation des tarifs correspondant aux fourchettes citées". "En toute hypothèse, un document qui émanerait d'EDF ne saurait engager le gouvernement". Et au ministre de rajouter "les décisions tarifaires à venir seront prises avec le souci de protéger le pouvoir d'achat des Français qui doivent continuer à bénéficier d'une électricité 40% moins chère que dans la moyenne des autres pays européens, grâce au parc nucléaire". Pourtant, la facture d'électricité des Français a augmenté de 3% le 15 août 2010 et à nouveau de 3% au 1er janvier 2011...

--> A lire : Le prix du gaz augmentera bien de 5% au 1er avril

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Adrexo surfe sur la misère des petites retraites

3 Mars 2011, 12:05pm

Publié par PCF Villepinte

Social-Eco - le 1 Mars 2011

événement travail

 

 

Grand groupe de distribution postale de publicité non adressée, Adrexo fait travailler des salariés précaires, le plus souvent âgés, dans des hangars sans table, sans chaise et non chauffés. À Montpellier, le personnel se rebiffe. Montpellier,correspondance.

Une route sépare le golf de Baillargues de l’entrepôt d’Adrexo sur la commune de Mudaison, à une quinzaine de kilomètres à l’est de Montpellier. Deux mondes. D’un côté un golf fréquenté par de nombreuses personnes fortunées et de l’autre côté de la route des salariés précaires, pour la plupart âgés, malmenés par des patrons sans scrupule. Contraste saisissant. Mais depuis plusieurs jours, avec leurs syndicats, les distributeurs de prospectus se rebiffent.

À Mudaison, 50 % du personnel a entre 50 et 80 ans, selon les responsables syndicaux. Beaucoup doivent ajouter un maigre revenu à leur pension trop basse. Jusqu’à présent ces salariés triaient dans un entrepôt sans chauffage, sans chaise et sans table, les palettes de bois faisant office de plan de travail. À la demande de l’inspection du travail, le tribunal de grande instance a exigé la mise en conformité des locaux. La direction a préféré alors bouter hors du hangar les salariés plutôt que de se conformer aux demandes du tribunal. Pourtant un courrier de l’inspection du travail adressé le 24 février à Adrexo rappelle le jugement du 17 février pour l’établissement de Mudaison : « Il a été ordonné d’assurer le chauffage des locaux, d’installer des postes de travail ergonomiques, de munir ces postes de sièges, d’équiper le personnel travaillant sur tout lieu d’utilisation d’engins de levage de chaussures de sécurité. Par ailleurs il a été constaté que le CHSCT n’a pas été consulté sur le changement d’organisation du travail. » Mais Adrexo s’entête. Aurore Verny, déléguée syndicale FO, le confirme : « À la réunion exceptionnelle qui s’est tenue vendredi après-midi, la direction a campé sur ses positions. Elle dit que chaque distributeur a trouvé une solution et que trier en dehors du dépôt est une décision prise volontairement et sans contrainte. » Sans contrainte, sauf que les salariés n’ont pas le choix, ils ont trop besoin de ce maigre revenu : « Ils exploitent la misère », ajoute la jeune déléguée.

 Exploitation des chômeurs et retraités

Les salariés sont priés désormais d’aller trier chez eux, certains le faisaient déjà mais tous n’ont pas cette possibilité, alors ils font comme ils peuvent, ils trient dans leur voiture ou sur le trottoir. Sur le site Internet d’Adrexo, on peut lire : « Pour Adrexo, la réussite d’un groupe passe par l’apport des compétences de tous les collaborateurs. Nous favorisons également l’intégration de personnes handicapées et de personnes retraitées… » Adrexo surfe sur la souffrance de milliers de femmes et d’hommes qu’elle emploie ; cette société fait de l’exploitation des chômeurs et retraités un label, l’intégration sociale version Adrexo.

Le vendredi est le jour où les distributeurs viennent s’approvisionner pour leurs tournées. Le ballet des véhicules s’étale de 9 heures à 12 heures sur le parking de l’entreprise. Jeunes étudiants, chômeurs, retraités viennent charger leur cargaison, plusieurs tonnes de publicités vont ainsi être réparties dans des milliers de boîtes à lettres, et c’est ainsi chaque semaine. Adrien Trivellato travaille toujours à 79 ans. « Ça complète ma retraite », souffle-t-il. Un autre témoigne : « Je gagne entre 300 et 500 euros mensuels, heureusement que j’ai mon épouse qui travaille, car moi je n’ai plus droit au chômage. » Âgé d’une soixantaine d’années, il ne souhaite pas donner son nom : « Je connais les loustics, ils exploitent les gens jusqu’à la moelle et après ils ne se gênent pas pour les virer ! »

Le projet de mécanisation du tri inquiète

Chaque jour les délégués de la CGT et de FO sont là, comme encore hier matin dans l’attente de la venue de l’inspecteur du travail. Sur le parking ils parlent avec les salariés et veulent « montrer à la direction qu’on ne lâche rien en attendant qu’elle se mette en conformité ». D’autres syndicalistes sont venus apporter leur soutien comme des délégués SUD PTT de Médiapost (groupe La Poste), société qui se partage le marché de la publicité non adressée avec Adrexo.

Ce qui inquiète aussi les syndicats, c’est le projet de mécanisation du tri qui serait dans les tiroirs. « Adrexo fait croire aux salariés que tout ce qui arrive est de la faute des syndicats, que s’ils n’avaient pas attaqué sur les conditions de travail la société n’aurait pas été amenée à modifier l’organisation du travail », explique Micheline Zanoni, déléguée CGT. Une stratégie classique de division qui se heurte aujourd’hui à la volonté de bon nombre de travailleurs d’Adrexo qui veulent stopper la précarité et revendiquent le respect de leur dignité.

Éloi Martinez

 

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Filiale du grand quotidien Ouest France, le numéro 2 de la distribution publicitaire fait payer au personnel ses propres difficultés sur un marché en déclin, cannibalisé par Internet.

Numéro 2 français derrière Médiapost, la filiale de distribution publicitaire du groupe La Poste, Adrexo s’essouffle à courir derrière son grand concurrent. Filiale de Spir Communication, le propriétaire du quotidien gratuit 20 Minutes, du journal d’annonces Top, des sites LaCentrale.fr et Caradisiac.com, Adrexo emploie un peu plus de 1 000 salariés permanents et quelque 23 000 distributeurs à travers la France. En 2010, le chiffre d’affaires du pôle distribution d’imprimés publicitaires de Spir, essentiellement porté par l’activité d’Adrexo, s’est élevé à 277,8 millions d’euros, en recul de 0,5 % par rapport à 2009. Le résultat opérationnel, véritable indicateur de la profitabilité, atteint 16,3 millions d’euros, en baisse de 17,6 %. Lire la suite...

 

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«Je travaille pour Adrexo depuis dix-sept ans, presque à sa création, il y avait alors 45 salariés, ils étaient installés à Montpellier, aujourd’hui nous sommes 110, à Mudaison (Hérault). J’ai une retraite de 400 euros par mois. Avant j’étais menuisier dans le bâtiment et il m’a fallu arrêter à 64 ans lorsque je me suis blessé à la main gauche... Lire la suite

 

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