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social

Témoignages: "L'austérité, c'est déjà du quotidien"

14 Décembre 2011, 19:30pm

Publié par PCF Villepinte

En marge de la manifestation intersyndicale du 13 décembre contre l'austérité, nous avons demandé à un cheminot, un professionnel de santé des hôpitaux de Paris, à une étudiante, un retraité et un ingénieur de EDF de nous décrire les conséquences dans leur vie de tous les jours des politiques de rigueur mises en place par le gouvernement.

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Mobilisation contre la rigueur : "Il y a un fort mécontement social" selon Bernard Thibault

12 Décembre 2011, 17:33pm

Publié par PCF Villepinte

Social-Eco - le 12 Décembre 2011

 

 

 

Le secrétaire général de la CGT a affirmé lundi que la mobilisation intersyndicale prévue demain, mardi 13 décembre, dans tout le pays contre l'austérité visait à dire aux élus qu'ils faisaient "fausse route" et risquaient d'amplifier la crise sur la voie d'"une récession".

Evoquant les rassemblements et manifestations prévus par l'intersyndicale, Bernard Thibault a indiqué sur RMC que cela visait à "dire aux élus: non, vous faites fausse route". "Ces mesures anti-sociales non seulement ne vont pas résoudre la crise mais elles vont amplifier les facteurs nous menant à une récession", a-t-il ajouté.

Si les Français n'étaient pas forcément prêts à descendre en masse dans les rues et ce, malgré un "fort mécontentement", cela peut s'expliquer par le fait "que le chef de l'Etat, à maintes reprises, n'a pas voulu prendre la mesure de ce mécontentement social qui s'est exprimé sur plusieurs dossiers phares", comme celui des retraites, rappelant que la réforme avait été adoptée en 2010 malgré la mobilisation de millions de salariés. "Il y a une difficulté à créer un cadre collectif parce qu'il y a du doute sur notre capacité aux uns et aux autres à être entendus", a-t-il souligné, ajoutant: "demain, je ne sais pas combien nous serons, mais nous y serons, et nous continuerons".

Après l'annonce début novembre par le Premier ministre, François Fillon, d'un deuxième plan de rigueur, l'intersyndicale - CGT, CFDT, FSU, Solidaires et Unsa - avait lancé un appel à des mobilisations mardi partout en France.

Concernant le sommet social, convoqué par le président Nicolas Sarkozy en janvier, et auquel la CGT participera, le leader de la CGT s'est interrogé sur "les points véritablement discutables à l'occasion de ce sommet, sachant qu'il est programmé quelques mois avant l'élection présidentielle". "Je pense que ça participe aussi d'un exercice de candidat qui n'en est pas tout à fait un", a relevé Bernard Thibault.

 

  • A lire :

Syndicats: l'austérité ne passera pas par eux
Plan Fillon : la facture détaillée et expliquée
Bernard Thibault : « La dette, un alibi facile pour justifier les régressions»

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Les vraies raisons de la campagne contre les comités d’entreprise

12 Décembre 2011, 07:45am

Publié par PCF Villepinte

manif retraités

Michel Doneddu répond aux questions de l’Humanité

vendredi 9 décembre 2011, par Frédéric Dayan

Administrateur de la CGT, Michel Doneddu répond à l’offensive contre les comités d’entreprise déclenchée après la publication du rapport de la Cour des comptes sur le CE de la RATP.

Propos recueillis par Yves Housson.

La publication d’un rapport de la Cour des comptes sur le comité d’entreprise de la RATP donne lieu à une violente campagne de presse donnant à croire que les comités d’entreprise (CE) disposeraient et gaspilleraient d’énormes masses d’argent, et qu’il s’agirait là, comme l’écrit le Figaro, d’une « manne financière mise à disposition des syndicats ». Quelle est votre réaction ?

Michel Doneddu : Je m’inscris en faux contre l’idée que les financements des CE seraient une manne donnée aux syndicats. Les CE ont deux budgets. L’un, correspondant à 0,2 % de la masse salariale, représente le budget de fonctionnement du CE, et lui permet d’assurer son rôle de contrôle économique de l’entreprise. C’est avec ce budget que les élus du personnel peuvent notamment nommer des experts pour vérifier les comptes de l’entreprise, en cas de restructuration par exemple. Il y a depuis longtemps une campagne patronale visant à remettre en cause ce budget de fonctionnement, précisément pour porter atteinte à cette liberté des élus de faire appel à un expert.

L’autre budget des CE finance leurs activités sociales, et il est aussi stigmatisé…

Michel Doneddu : Certains voudraient que ces activités rentrent dans le marché. C’est le sens de la campagne du Figaro affirmant que des CE ont des budgets trop importants, et qu’il n’est pas normal que cela soit géré par des élus des salariés. Sous-entendu, mieux vaudrait que cela soit géré directement par les employeurs qui feraient appel à des sociétés de prestataires de services. On abandonnerait alors toute notion de tourisme social, de droits aux colonies de vacances pour les enfants des salariés, etc. Rappelons que le financement des CE est un salaire socialisé qui n’est donc pas versé directement aux salariés, mais sous une forme collective. Il est tout de même normal que ce salaire socialisé soit géré par les représentants du personnel, et non par leur employeur.

La gestion des CE souffre-t-elle d’un manque de contrôle ? Pour éviter tout risque, faudrait-il, comme le réclame le PDG de la RATP, séparer budget de fonctionnement et budget social ?

Michel Doneddu : Mais il y a déjà un devoir de séparation des deux budgets ! À l’inverse, nous avons eu des propositions de droite, visant à fondre ces budgets, en espérant qu’ainsi soit limitée la mise en oeuvre des fonctions économiques du CE. Nous nous battons, à la CGT, pour maintenir ces deux budgets distincts. Pour les grands CE, nous nous prononçons en faveur de la mise en place d’un contrôle par un commissaire aux comptes. C’est d’ailleurs en discussion en ce moment avec les pouvoirs publics. Nous ne revendiquons donc pas un contrôle par la direction de l’entreprise : c’est aux salariés, pas au patron, de manifester, au moment des élections du CE, des choix d’orientation, de reconnaissance de la qualité de la gestion ou pas. Il faut absolument garantir l’indépendance des élus vis-à-vis de l’employeur, sinon leur rôle de contrôle économique n’est plus possible.

La question du financement des syndicats est remise sur le tapis, en mettant en doute sa sincérité, sa légalité, en avançant des chiffres énormes (jusqu’à 4 milliards d’euros) d’argent qui tomberait de l’État dans la caisse des syndicats.

Michel Doneddu : C’est totalement fantaisiste. La CGT a publié, le 2 novembre, ses comptes certifiés par un commissaire aux comptes. Il en ressort que les cotisations représentent 73 % de l’ensemble des recettes, et les recettes externes, 27 %. On a publié aussi le nombre de salariés employés à la confédération : sur 161 personnes, il y a 27 détachés de la fonction publique et de grandes entreprises publiques. Arrêtons de dire qu’il y a des milliers et des milliers de fonctionnaires qui font du syndicalisme et qui seraient mis à disposition par la fonction publique ! En revanche, on nous demande de siéger dans plus de 400 organismes, institutions, et nous n’avons aucun moyen pour faire ça. Tandis que la représentation du patronat dans ces instances, elle, se fait avec des salariés, des cadres ou dirigeants, payés par les entreprises et mis à disposition du Medef. Il y a une inégalité fondamentale dans le paritarisme, qui est passée complètement sous silence.

Un salarié sur deux sans comité d’entreprise

C’est une réalité jetée aux oubliettes par ceux qui se posent en défenseurs de la morale dans les comités d’entreprise : près d’un salarié sur deux (45 %) ne bénéficie pas du droit à un CE. Celui-ci est restreint, selon la loi, aux entreprises de plus de 50 salariés. « La question que nous posons, ce n’est pas de remettre en question les droits existants, en matière de budget d’activités sociales ou de fonctionnement, mais d’élargir le droit des CE à tous les salariés », souligne Michel Doneddu. Rien ne justifie que les travailleurs des PME de moins de 50 salariés ne bénéficient ni d’un droit de regard sur la marche de leur entreprise ni d’activités sociales. Lors de la réforme de la représentativité syndicale, en 2008, la CGT avait proposé la mise en place d’un « comité interentreprises », pour les PME et TPE, à l’échelle d’un site ou d’une branche, capable d’assurer une mutualisation des activités sociales et des fonctions économiques. Une proposition bloquée par la CGPME, relayée par les députés UMP.

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Tribune :Pour un nouveau contrat social européen

9 Décembre 2011, 05:52am

Publié par PCF Villepinte

  

 

manif 19 oct 2010 019

 Adresse commune en vue du Conseil européen du 9 décembre par les secrétaires généraux des CCOO et de l’UGT (Espagne), le président du DGB (Allemagne), du secrétaire général de la CGIL (Italie), de François Chérèque (CFDT) et de Bernard Thibault (CGT), et des secrétaires généraux de la FGTB et de la CSC (Belgique).

 

 

L'Union Européenne traverse la crise la plus profonde de son histoire. Une crise financière et économique, qui a des conséquences sociales lourdes, mais qui est aussi devenue une crise politique de l’UE elle-même. La situation est véritablement alarmante car les graves problèmes de financement qui ont fait surface dans plusieurs États pourraient provoquer une réaction en chaîne et déclencher une nouvelle récession généralisée. Qui aurait pensé, il y a deux ans à peine, que tant de voix, parfois qualifiées, pourraient envisager une rupture de l’euro? Un tel scénario, nous le savons, lui ferait perdre tout son sens, voire détruirait le projet européen lui-même qui constitue sans doute une des constructions politiques les plus importantes du XXe siècle.

Comment a-t-on pu en arriver là ? La responsabilité des dirigeants politiques des institutions européennes et des principales nations est très importante. Après deux ans de tergiversations, de contradictions constantes et de politiques erronées, le problème initial – la crise financière en Grèce, dont le PIB ne représente que 2% du PIB de l’UE - n’est toujours pas résolu. La crise de la dette a gagné de nombreux pays : l’Irlande et le Portugal sont sous perfusion, et les spéculateurs s’attaquent aujourd’hui à l’Italie et l’Espagne, pour lesquels une intervention serait beaucoup plus difficile compte tenu de la taille de leur économie, et la crise commence à attaquer, entre autres, la Belgique et la France.

Le virage politique radical du Conseil de l’Europe, le 9 mai 2010, avait été qualifié de nécessaire pour récupérer la confiance des marchés financiers et permettre à leurs agents de financer les États européens à des taux d’intérêt raisonnables. Depuis cette date, le Conseil, la Commission et la BCE ont promu, ou imposé, des politiques d’austérité axées sur la réduction des dépenses publiques ainsi que les fameuses « réformes structurelles » consacrées dans le Plan de gouvernance économique et le Pacte pour l’euro plus. Le prochain sommet du Conseil européen, le 9 décembre, lancera le débat de la réforme du Traité de Lisbonne pour situer ces politiques au cœur d’une gouvernance économique renforcée de la zone Euro.

Le fait est que ces politiques ont échoué. Sur le plan économique, la crise des dettes souveraines s’est propagée et aggravée, la croissance a brusquement chuté dans presque tous les États et le chômage a augmenté dans les pays où les restrictions budgétaires ont été les plus sévères. Les conséquences sociales de la baisse des salaires et des retraites et des compressions des dépenses de protection sociale, d’éducation et de santé sont évidentes: une pauvreté accrue, de nouvelles inégalités, une augmentation de la précarité et une forte érosion de la cohésion sociale. Parallèlement, la solidarité entre les nations s’effrite alors qu’elle est le ciment indispensable de tout projet européen. Des pans de plus en plus importants de la population lui tournent le dos ou s’en méfient. Les idées reçues et les vieux clichés négatifs qui opposent les nations  et leurs habitants entre eux refont surface.

Fait inédit, les institutions européennes encouragent une profonde érosion du modèle social, dont les valeurs et les principes sont le signe d’identité et la colonne vertébrale de l’Union européenne, ce modèle dont les valeurs et les principes sont inscrits dans le Traité de Lisbonne.

Les dirigeants politiques de l’Europe ne sont peut-être pas conscients d’un fait très grave: les institutions européennes et de nombreuses nations sont en train de briser le pacte social qui avait permis, après la Seconde Guerre mondiale, de construire les Etats Providence européens et le projet commun qui a abouti à l’Union européenne.

Le syndicalisme européen, regroupé au sein de la Confédération européenne des syndicats (CES), a fermement rejeté ces politiques et s’est mobilisé à leur encontre, en Europe et dans de nombreux États. Il n’a pas été entendu jusqu’à présent, alors que les faits cautionnent ses analyses et ses propositions. Malgré le désenchantement profond ressenti par de nombreux travailleurs, nous continuons de soutenir qu’il n’y a pas d’autre solution que l’approfondissement du projet européen, mais avec des formules bien différentes des politiques erronées et injustes que les actuels responsables européens nous imposent. L’heure n’est pas venue de s’en remettre à des gouvernements de technocrates, il faut que la démocratie sociale et politique, ainsi que la  participation des citoyens prennent toute leur place.

Que proposons-nous pour sortir de cette crise économique et politique de l’UE ? D’abord, en finir avec les mécanismes de spéculation, et garantir la capacité financière de tous les États membres en apportant un remède définitif à la crise du financement des états. Comment peut-on expliquer que les États-Unis, dont les principaux indicateurs se portent plus mal que ceux de l’ensemble de l’UE, et le Japon, dont la dette publique a atteint 225% du PIB, puissent émettre des obligations à dix ans à des taux d’intérêt inférieurs à 2% alors que certaines nations de la zone euro sont contraintes d’emprunter à des taux de 7% ? La réponse est simple : nous n’agissons pas comme une véritable Union. La seule annonce, crédible, d’une garantie absolue des dettes des Etats mettrait un frein à la spéculation des marchés. Cette garantie pourrait se matérialiser par l’émission d’euro-obligations et la transformation de la BCE en prêteur en dernier ressort.

Le syndicalisme européen, lui aussi, est vivement préoccupé par la stabilité des finances publiques. Mais on ne peut atteindre les objectifs de réduction des déficits et des dettes en anéantissant les économies. Le défi, relevable, est d’y parvenir dans des délais réalistes tout en prenant des mesures, européennes et nationales, pour promouvoir la croissance économique et la création d’emploi. Il est inquiétant que les responsables politiques européens, confrontés au risque élevé d’une nouvelle récession, continuent de se taire sur la croissance et l’emploi et les ignorent dans leurs propositions de renforcement de la gouvernance économique. La reprise ne peut être impulsée par des réformes structurelles fondées sur la compression des dépenses sociales, une notion de la compétitivité orientée vers la déflation des coûts du travail, l’affaiblissement des capacités de négociation collective et l’amoindrissement de la force contractuelle des syndicats.

En s’appuyant sur les décisions du dernier Congrès de la Confédération Européenne des Syndicats (Athènes, mai 2011), nous pensons qu’aujourd’hui, plus que jamais, nous avons besoin d’une nouvelle politique monétaire, économique et sociale, dans le cadre d’une gouvernance économique forte de la zone Euro, coordonnée avec celle de l’UE27, mais avec des contenus très différents de ceux que nous proposent les gouvernements. La politique fiscale, à commencer par les impôts sur les sociétés et sur les revenus du capital, doit être commune à maints égards au sein de la zone euro, et harmonisée dans l’ensemble de l’Union européenne. Nous devons aborder d’une manière cohérente les dimensions économiques, environnementales, et sociales de la croissance. Au delà des politiques industrielles, énergétiques et environnementales, le gouvernement de l’économie européenne doit donner la priorité aux politiques en faveur de la création d’emplois de qualité. Faire face à l’ensemble des défis européens est impossible avec un budget exsangue qui représente à peine 1% du PIB. Nous avons besoin d’une institution européenne émettrice de dette et pas seulement d’une Banque Centrale dont la seule mission consiste à contrôler l’inflation.

Le Conseil européen, le 9 décembre, devrait résoudre des problèmes immédiats de la dette et de la croissance et donner des orientations claires s’inscrivant dans la perspective que nous proposons. Le mouvement syndical européen ne défend pas une position partisane : nous cherchons à défendre l’intérêt général et à contribuer à la recherche de solutions à la très grave crise politique de l’UE. Les élus européens devraient être conscients qu’ils ne peuvent pas continuer à ignorer  les opinions et les propositions constructives de ceux qui représentent le principal facteur de création de richesses : le travail.

Il faut établir un nouveau contrat  social et économique avec la participation active des partenaires sociaux. Un contrat social européen novateur ayant comme grands chapitres, entre autres : l’emploi, les salaires ― que les partenaires sociaux doivent négocier de façon autonome ― les retraites, les allocations de chômage, l’éducation et la santé.

Le pacte fiscal, les politiques de redistribution des richesses, le droit du travail et la négociation collective en ont été le ciment de la plus longue période de prospérité économique et de démocratie en Europe. Ce ciment a soudé des relations du travail modernes permettant une forte implication des travailleurs, par le biais de leurs organisations, dans la vie des entreprises. Ce n’est qu’en nous appuyant sur ces valeurs et ces principes démocratiques qui ont défini le modèle social européen que nous pourrons sortir au plus tôt de la crise avec plus de justice, et ainsi garantir la survie, aujourd’hui gravement menacée, de l’Union européenne elle-même.

Nous exigeons qu’une future révision des Traités se fasse en intégrant la dimension sociale. Nous avons besoin d’une clause générale de progrès social qui mette en place un ‘plan de sauvetage social’ qui mette l’Europe sur la voie du progrès social. Les droits sociaux fondamentaux, notamment en ce qui concerne la négociation collective, doivent être respectés et inclus dans toutes les mesures anticrise.

Face à ceux qui veulent changer les Traités uniquement pour renforcer le Pacte de Stabilité, nous considérons que leur modification, même limitée, ne peut avoir pour seuls objectifs d'exercer une pression constante sur les budgets nationaux et le renforcement de l’austérité.

Le progrès de l’Union européenne doit se baser sur la cohésion sociale et la solidarité en interne dans les Etats membres, et dans la solidarité et la cohésion politique entre eux. Pour y arriver, en ces moments difficiles, il faut agir dans un cadre commun européen et ainsi renforcer le dialogue social. C’est pour cela que nous faisons ces propositions, en exigeant que l’on ne marginalise pas les travailleurs dans la recherche de solutions, et en manifestant la volonté de nous mobiliser dans un cadre européen pour l’obtenir.

 

Ignacio Fernández Toxo, Secrétaire général de CCOO (Espagne)

Cándido Mendez, Secrétaire général de l’UGT (Espagne)

Michael Sommer, Président du DGB (Allemagne)

Susanna Camusso, Secrétaire général de la CGIL (Italie)

Bernard Thibault, Secrétaire général de la CGT (France)

François Chérèque, Secrétaire général de la CFDT (France)

Anne Demelenne, Secrétaire général de la FGTB (Belgique)

Claude Rolin, Secrétaire général de la CSC (Belgique)

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Bernard Thibault : "la France entre dans une phase de récession"

28 Octobre 2011, 08:42am

Publié par PCF Villepinte

Social-Eco - le 27 Octobre 2011

 

Le secrétaire général de la CGT, a estimé jeudi, en commentant la nette hausse du chômage enregistrée en septembre, que la France entrait "dans une phase de récession".

Après trois mois de hausse (mai-juin-juillet) et une stabilisation en août, le nombre des demandeurs d'emploi sans activité a progressé en septembre de 0,9% à 2,780 millions de personnes, le plus haut niveau depuis 12 ans. "On entre dans une phase de récession, c'est tout à fait clair", a assuré le secrétaire général de la CGT, ajoutant que la montée du chômage n'était "vraiment pas une surprise". "Tous les indicateurs sur le chômage démentent les déclarations politiques", a affirmé Bernard Thibault, citant notamment le chômage des jeunes et des seniors.

En septembre par rapport à août, les plus de 50 ans sans activité en quête d'emploi ont été plus nombreux (+2,1%), de même que les jeunes de moins de 25 ans (+0,6%).

La France doit revoir sa prévision de croissance économique pour 2012 qui est encore aujourd'hui de 1,75% mais pourrait être révisée autour de 1%, dans le sillage de l'Allemagne.

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Bernard Thibault : "l'austérité, il y en a marre"

11 Octobre 2011, 21:27pm

Publié par PCF Villepinte

Dans la manifestation à Marseille, en octobre 2010

Social-Eco - le 11 Octobre 2011

 

 

 

Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, qui participait mardi à la manifestation interprofessionnelle à Marseille, a appelé à la fin de l'austérité parce qu'"il y en marre", et demandé au gouvernement de "changer d'optique".

"Loin de nous sortir de la crise économique, cette austérité salariale, cette précarité sociale vont nous enfermer dans la récession et tout le monde va y perdre", a estimé le syndicaliste, en tête du cortège marseillais, qui a rassemblé 30 000 personnes selon les organisateurs. "Prenons d'autres mesures: il est possible par exemple de faire beaucoup d'économies sur l'argent public donné aujourd'hui sur les entreprises sans que les résultats sur l'emploi ou les salaires ne s'en trouvent modifiés", a-t-il ajouté.

Il a expliqué avoir choisi Marseille - parmi les 200 manifestations prévues mardi au niveau national - parce qu'il s'agit d'une ville "combative, où les enjeux sont tout à fait symboliques, qu'il s'agisse du niveau de précarité ou de la bataille pour la sauvegarde des outils industriels dans notre pays". Citant les employés en lutte de Fralib (groupe Unilever), qui occupent toujours leur usine à Gémenos, ou ceux de la raffinerie LyondellBasell, à Berre L'Etang (Bouches-du-Rhône), qui viennent d'obtenir un sursis du groupe pétrochimique américain, le secrétaire général de la CGT a rappelé qu'en France, "un salarié sur deux a moins de 1.500 euros pour vivre". "Il y a urgence sociale dès maintenant. Les fermetures d'usine, c'est en ce moment qu'elles nous menacent, la baisse du pouvoir d'achat, c'est aujourd'hui qu'elle se produit", a-t-il martelé.

Interrogé sur les échéances électorales à venir, le syndicaliste a souligné que "six mois, c'est long pour le quotidien des salariés qui, pour beaucoup d'entre eux, n'ont pas de quoi finir le mois ou n'ont pas de travail". Détaillant les propositions de la CGT pour remettre de l'argent dans les caisses, Bernard Thibault a rappelé que la fraude fiscale était "évaluée aujourd'hui entre 45 et 50 milliards d'euros par an". Pourquoi ne pas "renforcer les effectifs pour le contrôle fiscal, notamment pour l'impôt que doivent payer les sociétés", a-t-il proposé. "Remettre en cause les aides fiscales, les aides publiques, les exonérations de cotisations qui sont versées aux entreprises, 186 millions d'heures supplémentaires effectuées par les salariés qui donnent lieu à des aides financières de la part de l'Etat, voilà une source d'économies !". "Revoir la fiscalité pour les plus fortunés, voilà une source de recettes fiscales supplémentaires", a-t-il conclu.

Dans ce département, considéré comme le plus médicalisé de France, les salariés des fédérations mutualistes étaient représentés en nombre mardi. Ils ont ainsi dit refuser "de payer une nouvelle fois les conséquences de la crise". Outre Fralib, l'autre symbole des luttes dans les Bouches-du-Rhône était également représentée par les salariés de la raffinerie Lyondellbasell, qui viennent de faire repousser la fermeture de leur site de Berre. On notait aussi la présence de syndicalistes du groupe sidérurgique ArcelorMittal défilant sous une banderole "Arcelor Minable, No1 mondial de misère".

  • A lire :

La journée qui monte, qui monte...
Les retraités ont donné de la voix dans 110 villes !
La CGT n’appuiera pas sur la touche « pause »

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« L’urgence d’un autre partage des richesses »

1 Octobre 2011, 08:20am

Publié par PCF Villepinte


Publié le mercredi 28 septembre 2011
Journée d’action du 11 octobre


 

manif 19 oct 2010 019Au lendemain de l’appel de cinq syndicats à une journée d’action nationale le 11 octobre (lire le communiqué), contre les mesures d’austérité du plan Fillon, Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, revient, dans une interview donnée à la Nouvelle Vie Ouvrière, sur les causes réelles des déficits et de la crise et les réponses à faire partager dans la mobilisation (lire l’interview).

 
Une mobilisation pour d’autres choix est une nécessité !

Il faut en finir avec la dictature des marchés financiers et les choix politiques d’austérité qui en découlent donnant encore et toujours plus de gages aux marchés financiers et aux agences de notations.

En Europe, plongée dans la pire des situations avec 23 millions de chômeurs, particulièrement les jeunes, l’unique réponse des dirigeants politiques est l’austérité : pression sur les salaires, réduction des services publics, de la protection sociale, des pensions, durcissement des conditions de travail et de vie.

Face aux plans d’austérité, la règle d’or pour les salariés, c’est la mobilisation :

  • Pologne : euro manifestation le 17 septembre ;
  • Italie : appel à une grève générale le 6 septembre par la
  • CGIL contre la casse du Code du travail ;
  • Espagne : journée de mobilisation à l’appel des Commissions Ouvrières et de l’Union Générale des Travailleurs ;
  • Portugal : journée de mobilisation le 1er octobre.

D’autres mobilisations sont à l’ordre du jour en Roumanie, Hongrie, Slovaquie, Grèce, Belgique et Grande-Bretagne.

En France, le plan Fillon pour réduire le déficit de la France est injuste, inéquitable et inacceptable et pénaliserait une fois de plus les salariés, contrairement aux annonces médiatiques du gouvernement sur la contribution des plus fortunés.

Mesures Fillon Hauts revenus Salariés et Retraités
Hausse de la CSG
(prélevée sur 98 % du salaire et non plus 97 %)
  600 Millions €
Taxe sur complémentaire santé dont mutuelle   1 200 Millions €
Taxe sur tabac, alcool, autres boissons   1 200 Millions €
Contribution exceptionnelle (donc ponctuelle)
sur les hauts revenus
200 Millions €  
Total 200 Millions € 3000 Millions €  

Alors que, d’après les Comptes de la Nation, le pouvoir d’achat des ménages baisse entre 2007 et 2010, les dividendes versés aux actionnaires explosent et les cadeaux faits aux plus riches et aux entreprises continuent.

La CGT pose la nécessité de la mobilisation sous les modalités à décider ensemble (rassemblements, manifestations, grèves) pour des mesures immédiates et s’inscrivant dans un processus d’action porteur d’alternatives aux choix actuels.


Voir aussi :
- "Les 10 exigences de la CGT pour sortir de la crise"
- Nadine Prigent, secrétaire de la CGT, donne la tonalité et l’état d’esprit de la réunion intersyndicale du 1er septembre

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La CGT délivre un "triple zéro" à la politique du gouvernement

26 Août 2011, 21:52pm

Publié par PCF Villepinte

Social-Eco - le 26 Août 2011

Mots clés : congrès de la CGT,
 

«Pour nous, la note, ce n'est pas un Triple A, c'est un Triple Zéro». Bernard Thibault, qui faisait ce vendredi sa rentrée devant la presse, a livré en ces termes l'évaluation faite par la CGT de la politique gouvernementale face à la crise.

Pour le secrétaire général de la première centrale syndicale française, qui doit être reçu lundi après midi par François Fillon, le paquet de mesures de «rigueur» annoncé mercredi «s'inscrit dans la droite ligne des réformes précédentes», telles celle des retraites ou la Révision générale des politiques publiques. Il rejoint les plans adoptés ailleurs en Europe, une Europe «plongée dans la pire des situations depuis plusieurs décennies avec plus de 23 millions de chômeurs», et où «la seule réponse des dirigeants repose sur l'adoption de mesures d'austérité, la pression sur les salaires, la réduction des services publics, de la sécurité sociale, des pensions, un durcissement des conditions de travail et de vie».

«Il ne peut y avoir de consensus sur de telles bases», a tranché le leader de la CGT, évoquant les mesures Fillon, qu'il s'agisse d'une taxation des plus riches relevant «uniquement de la symbolique politique», du maintien du dogme de la suppression d'emplois dans la fonction publique, de l'accès aux mutuelles santé rendu plus onéreux... «Il peut y avoir «front commun» pour s'attaquer aux marchés financiers, ajoute-t-il, mais certainement pas pour leur obéir et faire passer la pilule auprès des salariés». Quant à la «règle d'or» de l'équilibre budgétaire que Nicolas Sarkozy voudrait voir inscrite dans la Constitution, ce n'est rien d'autre qu'une «supercherie qui se transformerait en règle de plomb pour amplifier les réformes antisociales». Au demeurant, pour la CGT, qui récuse ainsi l'analyse de fond de la situation faite par le gouvernement, la crise ne trouve pas son origine dans un «dérapage des dépenses publiques», mais dans «l'effondrement des recettes». Il y aurait d'ailleurs, si on le voulait, «beaucoup de ressources supplémentaires à collecter» pour l'Etat, fait valoir Bernard Thibault. Une réforme «en profondeur» de la fiscalité, sur le revenu comme sur les sociétés, fait partie de la dizaine d' «exigences» portées par le syndicat en cette rentrée, et qui devraient être «autant d'axes de campagne dans les entreprises, les professions, les territoires» (voir encadré).

Car, pour la CGT, la mobilisation des salariés est, bel et bien, d'ores et déjà à l'ordre du jour. «Le monde ne s'arrête pas de tourner parce qu'il y a des élections présidentielles dans 9 mois», «la situation appelle une intervention forte des salariés»  a noté le leader du syndicat. Avant d'indiquer que, «à l'unanimité», les responsables des fédérations professionnelles et des unions départementales, réunies jeudi en assemblée générale, se sont prononcés «pour que l'intersyndicale s'oriente sur l'organisation d'une journée de mobilisation interprofessionnelle au début octobre avec l'organisation de manifestations et la mise en débat de grèves décidées dans les entreprises avec les salariés». L'intersyndicale (CGT, CFDT, FSU, Unsa, Solidaires) doit se réunir le 1er septembre. Bernard Thibault estime qu'il y a «de fortes probabilités» pour que cette réunion débouche sur la décision d'une action commune. Il y a des «contacts réguliers», «les avis progressent», a-t-il noté.

Les 10 exigences pour la rentrée
1. «Conditionner toute aide publique au respect de critères portant sur l'emploi, les politiques salariales des entreprises et donner des moyens d'intervention aux salariés sur le bienfondé et l'usage de ces aides».
2. «Supprimer les exonérations fiscales et sociales sur les heures suppoémentaires».
3. «Agir sur les salaires dans le privé et dans le public. Nous revendiquons l'iouverture immédiate des négociations annuelles obligatoires par anticipation au titre de 2012».
4. «Développer les politiques publiques et notamment donner les moyens indispensables aux politiques d'éducation, de santé, de recherche.»
5. «Stopper les suppressions d'emplois, voire créer de nouveaux postes dans la fonction publique et les services publics».
6. «Contraindre les entreprises à examiner sérieusement toutes les alternatives aux licenciements en élargissant les pouvoirs d'intervention des salariés et de leurs représentants dans leur entreprise, leur groupe, voir leur filière d'activité».
7. «Réformer la fiscalité en profondeur. Améliorer la progressivité de l'impôt sur le revenu, créer de nouvelles tranches pour les hauts revenus. Augmenter l'Isf. Supprimer les niches fiscales inutiles. Taxer et/ou soumettre à cotisation tous les revenus sans distinction (...). Transformer l'impôt sur les sociétés. Il pourrait augmenter pour les entreprises qui utilisent leurs bénéfices pour capitaliser ou verser de gros dividendes et baisser pour les entreprises qui embauchent, augmentent les salaires, investissent dans l'outil de travail, la recherche, la préservation de l'environnement...»
8. «Créer un pôle financier pubvlic et établir un mécanisme de crédits à taux réduits pour favoriser l'investissement productif».
9. «Au plan européen et international, taxer les  mouvements spéculatifs de capitaux et éradiquer les paradis fiscaux».
10. «Mettre en place un fonds européen de solidarité sociale et de développement économique».

Yves Housson

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Ontex: des couches pour Carla contre les licenciements

29 Juillet 2011, 06:18am

Publié par PCF Villepinte

 

Social-Eco - le 28 Juillet 2011

 

 

 

Les salariés d'une usine de fabrication de couches Ontex devant fermer à Arnas (Rhône) ont envoyé mercredi à Carla Bruni-Sarkozy un paquet de 187 couches, soit le nombre d'emplois menacés. "Nous avons envoyé le paquet au Fort de Brégançon" dans le Var, où l'épouse du chef de l'Etat enceinte passe l'été, a précisé Bernard Leblond (CFDT). "Nous avons joint une lettre où nous demandons l'instauration de garde-fous aux licenciements boursiers, contre lesquels Nicolas Sarkozy s'élève régulièrement."

Les représentants du personnel sont en pleine discussion avec la direction du groupe belge Ontex sur le plan social, qui a été annoncé en mai dernier. Depuis, la production tourne au ralenti. Les licenciements pourraient intervenir en septembre. A Arnas vont demeurer environ 25 salariés, des commerciaux. Ontex, qui a en France une autre usine, à Arras, spécialisée dans les produits pour l'incontinence, compte au total 4.100 salariés dans le monde.

Ontex a justifié son plan par "un problème de surcapacité global". L'usine d'Arnas est le principal fournisseur en France de couches de marque distributeur, notamment pour les chaînes de la grande distribution, qui les revendent sous leur propre marque. Or "les grandes marques de couches (Pampers, Huggies, etc., ndlr) nous font une concurrence accrue avec de nombreuses actions promotionnelles", d'après une porte-parole. Selon Bernard Leblond, "la production va être transférée sur d'autres sites Ontex en République tchèque et en Allemagne, où les coûts sont moindres".

 

  • A lire sur Ontex:

187 salariés menacés par un fonds de pension chez Ontex

  • Pour aller plus loin sur les licenciements boursiers, à lire:

Face à la mondialisation, défendre notre code du travail

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Publié le lundi 25 juillet 2011

26 Juillet 2011, 07:34am

Publié par PCF Villepinte


" La France aussi est dans l’austérité "

b thibaultDans une interview publiée par Le Monde du 23 juillet, le secrétaire général de la CGT appelle à la mobilisation et juge que le pouvoir piétine la démocratie sociale.

Propos recueillis par Claire Guélaud, journaliste.

 

Bernard Thibault regrette que l’Europe n’ait " plus d’objectifs de développement social " et invite les politiques à " reprendre le pouvoir aux institutions financières ", car " l’Europe est malade ", et pas seulement sur le plan économique. Le secrétaire général de la CGT confirme l’appel à la mobilisation à la rentrée mais n’attend pas grand-chose de l’intersyndicale du 18 août. Il est possible, dit-il, que le syndicalisme traverse une " séquence de divisions " .

- Que révèle la crise grecque ?

Nous vivons dans un monde dominé par des logiques économiques et financières sur lesquelles de moins en moins de personnes ont de prise. La Grèce est sous les feux de l’actualité mais la Confédération européenne des syndicats l’a constaté à la mi-mai : c’est toute l’Europe qui est malade sur le plan économique, social et politique.

-  Le sommet de jeudi répond-il aux difficultés européennes ?

Une fois de plus, on tente de nous convaincre qu’on a évité le pire... jusqu’à la prochaine secousse naturellement prévisible puisque rien ne change sur le fond. L’Union européenne n’a plus d’objectifs de développement social. Les agences de notation et les banques convoquent les chefs d’Etat en leur fixant leur feuille de route, et l’intérêt des marchés prime sur celui des peuples. Cela ne peut pas durer très longtemps.

Les responsables politiques doivent reprendre le pouvoir aux institutions financières. Ceux qui ne prennent pas la mesure de la situation feront le jeu des partis d’extrême droite. Lesquels rencontrent un certain succès en Europe en proposant des réponses qui n’en sont pas, en désignant des boucs émissaires - l’immigré de service -, ce qui protège le système à l’origine d’un malaise social grandissant. La France aussi est dans l’austérité ; elle l’a même prônée dans le pacte " euro plus ".

-  A quoi pensez-vous ?

Aux injonctions de la Commission européenne pour 2011-2014. Elles nous permettent de mieux comprendre pourquoi le ministre du travail, Xavier Bertrand, a annoncé précipitamment un nouvel allongement de la durée de cotisation pour les retraites, pourquoi il faut tailler dans les budgets publics et sociaux ou encore instaurer une deuxième journée de travail gratuit pour financer la dépendance. On passerait ainsi du " travailler plus pour gagner plus " au travailler plus mais gratuitement. Ce n’est pas non plus un hasard si le Medef relance sa revendication d’une suppression de la durée légale du travail.

- La CGT a proposé une journée d’action à la rentrée sans consulter l’intersyndicale. Pourquoi ?

La situation est sérieuse et le mouvement syndical doit être au diapason du mécontentement social, comme le sont tous les syndicats en Europe. Nous avons décidé de le dire publiquement, à nos partenaires syndicaux et plus largement aux salariés. La question du pouvoir d’achat et des salaires va revenir en force à la rentrée. L’emploi ne s’est pas amélioré, l’austérité est programmée.

Notre message est simple : soit on prend l’initiative d’organiser des actions collectives pour modifier le cours des choses, soit on laisse faire. Si les salariés veulent de vraies alternatives, ils doivent le dire ensemble et le cadre syndical le permet. Ils auraient tort de rester seuls l’arme aux pieds en considérant que le bulletin de vote est l’unique moyen d’expression.

-  Peut-on échapper au redressement des comptes publics ?

Qui a multiplié les aides financières aux entreprises qui coûtent plusieurs dizaines de milliards d’euros sans contreparties, les avantages fiscaux aux plus fortunés tout en justifiant le blocage du smic et contribuant à la baisse des pensions ? C’est le gouvernement !

Le redressement ne passera pas par le recul des droits sociaux mais par une réappropriation publique des moyens de financement et leur orientation sur les investissements productifs, le développement des qualifications et leur juste rémunération. Nous voulons un autre partage des richesses.

-  Que va donner l’intersyndicale ?

Nous avons bien noté que notre proposition de préparer dès maintenant une mobilisation interprofessionnelle unitaire n’avait pas reçu un accueil d’un enthousiasme débordant. On va continuer de discuter de la situation et faire le point le 18 août. Je crains qu’un désaccord n’apparaisse sur l’opportunité d’en appeler à la mobilisation. Chacun prendra ses responsabilités. Les relations syndicales sont faites de hauts et de bas. Il est possible que nous traversions une séquence de divisions. Pour nous, il n’est pas question d’accompagner les politiques actuelles sans réagir de manière plus offensive.

- Mais, en 2010, il y a eu des mobilisations exceptionnelles, souvent unitaires, mais sans effet...

La loi sur les retraites est passée, c’est vrai. Mais si le président de la République perd l’élection présidentielle, il aura là un des motifs d’explication, quoi qu’il en pense. On ne peut pas piétiner la démocratie sociale à ce point.

- La CGT a été un des syndicats les plus actifs contre le FN. Qu’a donné cette action ?

Il était normal et évident que nous réagissions fermement : pour la première fois, un parti intente une action en justice contre la CGT pour discrimination politique. Ce n’est pas banal ! J’attends avec impatience les suites, s’il y en a, de cette procédure. Il faut répondre à la démagogie du FN, qui se dit proche des ouvriers sans jamais soutenir une seule de leurs grèves.

L’extrême droite cherche à surfer sur le mécontentement social et sur la déception politique ; elle prétend jouer le jeu de la démocratie et, parvenue à ses fins, applique des politiques contraires aux valeurs historiques du syndicalisme. Aucun progrès social ne se construit sur la discrimination.

- Votre action est-elle efficace ?

N’oublions pas, même si certains s’y efforcent, ce qui s’est passé en 2010. La France est un des pays européens où la mobilisation sociale a été la plus imposante avec des millions de manifestants. Cela a laissé des traces. De nombreux électeurs se détermineront en 2012 en fonction du bilan et des propositions sur le terrain économique et social.

Pourquoi croyez-vous que le gouvernement a dégainé sa prime indexée sur les dividendes ? Pour essayer de remonter le terrain perdu en matière sociale, avant une rentrée placée sous le signe de l’austérité avec les restrictions budgétaires, les 2 milliards d’économies sur la Sécurité sociale, l’autre journée de solidarité, etc.

Et je ne vois rien du côté du dialogue social avec le patronat qui puisse compenser un tant soit peu cette politique ! La négociation nationale interprofessionnelle nous semble de plus en plus artificielle : il n’y a qu’à voir le sort fait aux jeunes. L’accord du 7 juin ne comporte aucun engagement supplémentaire des entreprises.

- Que pensez-vous de l’idée de M. Luca d’interdire les grèves pendant les départs en congés ?

Il devrait interdire aussi les licenciements, les restructurations et les mauvaises lois pendant les congés !

- Qu’est-ce qui marquerait une rupture avec le sarkozysme ?

La manière d’exercer le pouvoir. J’ai tout de suite compris qu’il y aurait un problème récurrent avec le chef de l’Etat dès qu’il a expliqué que c’était un job, autrement dit qu’il avait les pleins pouvoirs. Une élection ne confère pas les pleins pouvoirs. Il faut gouverner autrement, notamment en instaurant d’autres rapports avec les représentants des salariés. Une majorité de gauche peut être plus sensible à cette nécessité. Même si je sais par expérience que les partis de gauche pensent intégrer le point de vue syndical, alors que cela n’a rien d’automatique.

Les élus politiques devraient aussi faire respecter le droit constitutionnel qui protège la liberté syndicale dans les entreprises. Les atteintes à ce droit restent un fléau récurrent.

-  La CGT va-t-elle donner des consignes de vote pour la présidentielle ?

Nous n’avons pas décidé ce que nous ferons. Mais il est peu probable que M. Sarkozy trouve la masse de ses voix parmi nos adhérents.

- Irez-vous jusqu’au congrès de Toulouse au printemps 2013 ?

Le mandat de la direction confédérale continue jusqu’à cette date. Pour la suite, nous en discuterons en interne le moment venu.

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