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social

CGT: Accords "compétitivité emploi"

25 Février 2012, 07:57am

Publié par PCF Villepinte

 Medef et gouvernement veulent

 en finir avec le contrat de travail

manif 19 oct 2010 019

Lors du sommet social du 18 janvier 2012, Nicolas Sarkozy a enjoint aux partenaires sociaux de négocier dans un délai de deux mois des accords « Compétitivité - Emploi ».
Une première réunion s’est tenue avec les organisations patronales le 17 février 2012, trois réunions devraient suivre jusqu’au 13 avril 2012
.

Derrière l’affichage, quels sont les objectifs de ces accords ?

S’appuyant sur le contexte de dégradation de la situation de l’emploi, l’objectif est de « jouer » sur le temps de travail et les salaires dans l’entreprise au prétexte de « préserver » les emplois.

Actuellement, des accords de ce type peuvent être conclus entre patronat et syndicats mais avec l’autorisation expresse des salariés.

Pour le Medef, il s’agit de saisir l’opportunité de la crise actuelle afin d’obtenir un accord interprofessionnel pour imposer plus de flexibilité du temps de travail et des salaires aux salariés. Pire ! …Cet accord pourrait préfigurer de futures dispositions législatives !

Le Medef, avec l’appui du gouvernement, veut sécuriser la flexibilité

Le gouvernement a largement anticipé dans un sens pro-patronal l’ouverture de cette négociation.

L’article 40 de la loi Warsman, actuellement en discussion au parlement, entend acter le fait qu’un accord collectif peut s’imposer aux salariés sans que cela constitue une modification de leur contrat de travail dans le domaine de la modulation du temps de travail.

Si les organisations syndicales ont condamné cette disposition, le Medef y voit l’ouverture d’une voie royale pour sécuriser, cette fois avec l’appui d’accords d’entreprises, la flexibilité salariale.

L’objectif visé est celui d’une dérégulation du droit du travail. Ainsi, loin de se limiter aux seules entreprises soumises à la « compétitivité », ces accords pourraient s’appliquer à toutes les entreprises.

En France, plus de 90 % des salariés sont couverts par une convention collective. Le Medef n’a de cesse de travailler à leur éparpillement et leur affaiblissement. Mais il veut aller plus loin, en s’attaquant désormais au principe même du contrat de travail.

Pour le salarié, les possibilités de recours pour faire valoir son contrat de travail disparaîtraient.
Il n’aura d’autres choix que d’accepter le chantage emploi contre nouveaux horaires ou/et baisse de salaire sinon, c’est le licenciement sans recours.

Des conditions de négociations particulièrement déloyales

Il serait demandé aux organisations syndicales de cautionner, par des accords collectifs, le droit à l’employeur de définir toute la réglementation dans l’entreprise.
En résumé, les organisations syndicales en seraient réduites à faire le « sale boulot » au profit de l’employeur.

Les salariés et les syndicats ont beaucoup à perdre d’une telle approche.
En outre, elle affaiblit la négociation collective et le pouvoir de négocier des syndicats, qui le font au nom des salariés qu’ils représentent et dans le but d’améliorer leur situation.

Ce n’est pas un renforcement de la négociation collective qui peut être attendu, mais un détournement de celle-ci dans un sens défavorable aux salariés.

Pour la CGT, les organisations syndicales ont des responsabilités mais n’ont pas mandat des salariés pour négocier à la baisse leurs droits fondamentaux.

La mobilisation des salariés est indispensable face à l’offensive coordonnée en Europe contre la réglementation du travail

Partout en Europe, les droits des salariés auraient vocation à être passés à la moulinette. Face à cette régression généralisée, les salariés avec leurs syndicats, dans l’unité, se mobilisent dans chaque pays :
Grèce : vendredi 10 février, puissante manifestation contre le plan de régression du droit du travail des salariés.
Portugal : Le samedi11 février, 300 000 manifestants à Lisbonne.
Espagne : Près d’un million de manifestants se sont mobilisés le 19 février à Madrid pour s’opposer à la suppression d’éléments fondamentaux du Code du travail espagnol.

L’intervention des salariés est, dès à présent, nécessaire :

  • pour s’opposer à cette logique de déréglementation qui s’inscrit dans les politiques d’austérité imposée en France et en Europe ;
  • Pour revendiquer des alternatives porteuses d’une sortie de crise par le développement de l’emploi, des qualifications et une plus grande sécurité pour tous les salariés en France et en Europe.

Ensemble, nous avons toutes les raisons pour nous mobiliser en France, le 29 février 2012, dans le cadre de la journée européenne d’action

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Sur le site de la CGT http://www.cgt.fr/

23 Février 2012, 07:39am

Publié par PCF Villepinte

Le Contrat social
en 10 questions
b thibault

Patronat et gouvernement sont engagés dans une véritable campagne d’intoxication destinée à démolir notre modèle social. La CGT remet les pendules à l’heure avec ce dossier, extrait du journal Ensemble !, mensuel des adhérents de la Cgt, rédigé par Eva Emeyriat et Laurent Mossino et paru en février 2012.

 

 

 

- Le coût du travail en France est-il trop élevé ?
- Faut-il baisser les salaires pour préserver l’emploi ?
- Les Français ne travaillent-ils pas assez ?
- Le droit du travail est-il trop rigide en France ?
- L’égalité salariale est-elle une priorité du gouvernement ?
- Les immigrés sont-ils un coût pour le contribuable ?
- Les chômeurs sont-ils des assistés ?
- Notre modèle de protection sociale est-il trop cher ?
- Le recul de l’âge légal du départ à la retraite est-il inéluctable ?
- La France vit-elle au-dessus de ses moyens ?

  • Le coût du travail en France est-il trop élevé ?
    Les chiffres sont têtus. La Cour des comptes affirme que le coût du travail en France, compte tenu de la productivité horaire, se situe en dessous de la moyenne de celui de l’Union européenne (à 15 comme à 27), au sein de laquelle notre pays réalise 70 % de ses échanges. Les chiffres sont têtus. La (...)
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  • Faut-il baisser les salaires pour préserver l’emploi ?
    La baisse des salaires pour préserver l’emploi, c’est typiquement l’idée du « pacte compétitivité – emploi » défendue par le ministre du Travail, Xavier Bertrand. Cette logique est suicidaire dans un pays comme le nôtre où la consommation constitue le premier moteur de la croissance, donc de l’emploi. Il (...)
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  • Les Français ne travaillent-ils pas assez ?
    Que n’a-t-on entendu sur ce sujet ! Les Français qui apprécient les 35 heures seraient des paresseux, tandis que leurs homologues européens travailleraient plus longtemps qu’eux. Là encore, rien n’est plus faux ! En 2009, un salarié français travaillait en moyenne 39,4 heures par semaine, un Italien 39 (...)
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  • Le droit du travail est-il trop rigide en France ?
    Flexibiliser le marché du travail pour réduire le chômage, l’antienne a le mérite de la simplicité. Pourtant, l’expérience montre que le contrat de travail ne fait pas l’emploi. À preuve, les dernières mesures de flexibilité adoptée lors des négociations sur la « modernisation du marché du travail » : le (...)
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  • L’égalité salariale est-elle une priorité du gouvernement ?
    Selon la Dares, les femmes au travail gagnent toujours 27 % de moins que les hommes. Entre 1972 et 2008, pas moins de six lois se sont succédé, sans qu’aucune d’entre elles ne parvienne à juguler les écarts de salaires. Une disposition issue de la loi sur la réforme des retraites en 2010 stipule que (...)
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  • Les immigrés sont-ils un coût pour le contribuable ?
    Un credo cher au Front National et pas seulement. Notre pays compte 2,5 millions d’immigrés actifs en 2009. Soit 8,8 % de la population active totale, une proportion constante depuis trente ans. Le nombre d’immigrés entrés en France pour des raisons économiques, la même année, était de l’ordre de 20 (...)
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  • Les chômeurs sont-ils des assistés ?
    Laurent Wauquiez, l’ancien secrétaire d’État à l’emploi, pense que oui, en ajoutant que l’assistanat est le « cancer » de notre société. Avec 2,8 millions de demandeurs d’emploi officiellement recensés (catégorie A), le chômage est à son plus haut niveau depuis douze ans. Moins de la moitié seulement est (...)
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  • Notre modèle de protection sociale est-il trop cher ?
    La Sécu est en danger ! C’est l’argument pour faire passer la pilule des sacrifices. Du déremboursement des médicaments à la réduction des indemnités journalières en cas d’arrêt maladie, en passant par la taxation des mutuelles, le « reste à charge » des assurés sociaux ne cesse de croître au fil du temps. (...)
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  • Le recul de l’âge légal du départ à la retraite est-il inéluctable ?
    Il est normal de travailler plus longtemps puisqu’on vit plus vieux, nous dit-on. Certes, l’espérance de vie augmente et c’est tant mieux. Encore que l’espérance de vie « en bonne santé », c’est-à-dire sans incapacité, est beaucoup plus faible que l’espérance de vie tout court. Et que les inégalités (...)
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  • La France vit-elle au-dessus de ses moyens ?
    Le problème, c’est que les déficits résultent moins d’un excès de dépenses que d’un manque de recettes. En d’autres termes, la dette, qui ne date pas d’aujourd’hui, s’est emballée avant tout sous l’effet de la crise (chute d’activité) passant de 67,5 % à 81,7 % du PIB entre 2008 et 2010. Sous l’effet aussi (...)
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A l’Elysée, les Lejaby rappellent que le combat n’est pas fini

4 Février 2012, 08:09am

Publié par PCF Villepinte

Social-Eco - le 3 Février 2012

 

Mots clés : social, nicolas sarkozy, lutte, cgt, lvmh,
 

Alors que Nicolas Sarkozy s’agite pour apparaître comme le sauveur des Lejaby, les ouvrières reçues à l’Elysée rappellent que la lutte n’est pas terminée : les trois usines et 350 autres emplois supprimés dans le groupe depuis 2010 n’ont pas encore été touchés par la grâce présidentielle.

En invitant une délégation d’ouvrières d’Yssingeaux (Haute-Loire) à l’Elysée vendredi après-midi, le Président de la République espérait sans doute mettre un point final au conflit social le plus médiatisé du moment et faire une belle opération de communication électorale en apparaissant comme l’homme providentiel derrière la reprise de l’usine Lejaby par un fournisseur de Louis Vuitton.
Las, les ouvrières ont rappelé, dès la sortie de leur entrevue avec Nicolas Sarkozy, les « 700 000 chômeurs supplémentaires, soit plus 33% » depuis le début de son quinquennat, insistant sur le fait qu’elles ne veulent pas «  être utilisées pour faire oublier ce bilan ». Même ton offensif lors de l’échange avec Nicolas Sarkozy, puisqu’elles ont exigé du président qu’il s’engage à trouver des solutions pour les 350 ex-Lejaby de Bellegarde-sur-Valserine, Bourg-en-Bresse (Ain), Le Teil (Ardèche) et de Rillieux-la-Pape (Rhône) victimes des plans de licenciements de fin 2010 et début 2012, enjoignant notamment les pouvoirs publics à se servir des trois autres offres de reprise déposées pour Yssingeaux pour les sites sinistrés.

Simultanément, des représentantes de ces sites tenaient une conférence de presse au siège de Rillieux-la-Pape, pour réaffirmer avec force ce message : « Ce qui a été possible à Yssingeaux doit l’être pour toutes les ex-Lejaby », ont insisté celles qui n’ont pas eu la chance d’être licenciées et médiatisées en pleine campagne présidentielle. « Moins de communication et plus de concret ! », ont-elle  exigé du président de la République. Face à l’ampleur de la lutte exemplaire et solidaire de toutes ces salariées, le président de la République a effectivement été contraint de s’engager à agir pour les sites disparus et les autres ex-Lejaby.
Une promesse de campagne qu’il ne semble pas pressé d’honorer puisque la seule décision concrète qu’il a prise aujourd’hui vis-à-vis de ces salariées licenciées de l’Ain, de l’Ardèche et du Rhône a été de refuser de les recevoir malgré leur demande, d’après la CGT. Chargés d’assurer le service après-vente du président côté Elysée, Laurent Wauquiez, ministre de l’Enseignement supérieur et maire du Puy-en-Velay voisin d’Yssingeaux et Xavier Bertrand, ministre du Travail et de l’emploi, ont salué « l’implication personnelle du Président », tout en refusant de répondre sur le copinage bien utile entre leur héros et le patron de LVMH Bernard Arnault, dont la décision opportune d’augmenter ses commandes auprès du repreneur providentiel d’Yssingeaux, Sofama, a pourtant été déterminante.
Refusant de rentrer dans le rôle servile dans lequel le président et ses sbires souhaitent désespérément faire rentrer les Lejaby, Bernadette Pessemesse, déléguée CGT dans la délégation a rappelé que le redémarrage de l’activité était dû « à [leur] mobilisation exceptionnelle » et n’a remercié que « les salariés qui ont lutté dans l’unité et la dignité » et leurs soutiens, appelant l’ensemble des travailleurs concernés par les mêmes attaques contre leurs emplois à multiplier le combat.

Loan Nguyen

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Les salariés n’accepteront pas de payer la crise !

21 Janvier 2012, 08:05am

Publié par PCF Villepinte

manif retraitésPublié le vendredi 20 janvier 2012
Pétition - Ni coupable, ni PDF - 101.1 ko       responsable !


   

Le Président de la République et le gouvernement s’apprêtent à prendre de graves mesures antisociales comme, par exemple l’instauration de la TVA dite « sociale », l’attaque contre le droit du de travail, une attaque sans précédent contre la protection sociale.

Le gouvernement culpabilise, chaque jour un peu plus, les salariés sur le coût du travail « trop cher », sur le temps de travail, les 35 heures. La violence faite au monde du travail est inacceptable !

Les banques, les spéculateurs se sont remplis les poches pendant des décennies, encore aujourd’hui en spéculant sur la dette des états.

Je dénonce les mesures qui visent à faire payer la crise aux salariés, chômeurs et retraités, plus fortement envers les femmes et les jeunes. Je dénonce les suppressions d’emplois dans le privé et dans le public.

Nous ne sommes pas responsables de la crise ! Les salariés n’accepteront pas de payer la crise !

- Je soutiens la campagne de la CGT pour le développement de l’industrie et le service public, pour sortir de la crise.
- Je soutiens la revendication de la CGT de revaloriser les salaires, les pensions et les minima sociaux, pour sortir de la crise.
- Je soutiens la proposition de la CGT de la réappropriation des banques par la puissance publique pour sortir de la crise.
- Je soutiens la proposition de la CGT pour l’âge de départ de la retraite à 60 ans.

Un courrier électronique de confirmation vient d'être envoyé à junkerdaniel@hotmail.com. Vous devrez visiter l'adresse Web mentionnée dans ce courrier pour valider votre signature

Pour signer sur le site de la cgt : http://www.cgt.fr/Petition-en-ligneNi-coupable-ni.html


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Sommet social

19 Janvier 2012, 07:33am

Publié par PCF Villepinte

Un scénario écrit d’avance

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Mercredi 18 janvier 2012 La CGT a été reçue avec l’ensemble des organisations syndicales et patronales par le président de la République pour évoquer la situation économique et sociale ce mercredi 18 janvier 2012.

Le Président a expliqué la nécessité d’aller vite sur des mesures conjoncturelles et structurelles pour répondre aux conséquences de la crise.

Le Président est contraint, face à l’augmentation du chômage et de la précarité, d’apparaître volontariste sur la situation de l’emploi dans cette période préélectorale.

Comme cela était prévisible, l’essentiel de la réunion a porté sur un diagnostic contradictoire s’agissant des causes du sous emploi avec les organisations syndicales.

Si la délégation de la CGT* s’est efforcée de démontrer que les origines de la crise portaient sur un mode de développement donnant la priorité à la valorisation du capital, Nicolas Sarkozy reprend à son compte l’analyse patronale selon laquelle le coût du travail trop élevé est le facteur déterminant de perte de compétitivité des entreprises françaises. La CGT a dénoncé cette campagne de culpabilisation des salariés.

Diverses mesures ou intentions ont été annoncées par le Président en fin de Sommet. Aucune d’entre elles n’est susceptible d’avoir un impact réel sur la situation de l’emploi.

Encore une fois, les employeurs obtiennent immédiatement un nouveau cadeau pour un dispositif zéro charge pour l’embauche d’un jeune dans les petites entreprises.

Une mission a été confiée à Gérard Larcher pour remettre à plat l’ensemble de la formation professionnelle dans deux mois.

S’agissant du chômage partiel dont les modalités devraient être simplifiées, la CGT a exigé – et a priori obtenu – qu’une même entreprise ne puisse alterner des périodes de chômage partiel et des périodes avec des heures supplémentaires défiscalisées.

Quant aux mesures structurelles, TVA sociale ou accord de compétitivité, le chef de l’Etat est resté flou et devrait s’exprimer avant la fin du mois sur ces arbitrages.

L’accord de compétitivité consisterait pour un employeur à négocier un accord collectif autorisant la baisse des salaires ou la révision du temps de travail au nom de la préservation de l’emploi sans que le salarié n’ait plus de recours pour exiger le respect de son contrat de travail.

La tonalité de la réunion et la confrontation des analyses sur la situation confortent l’appréciation de la CGT sur la volonté du pouvoir de faire de la crise un alibi pour une nouvelle offensive s’attaquant aux règles de financement de la protection sociale et à la législation du travail.

La CGT appelle l’ensemble de ses organisations et militants à amplifier la diffusion et arguments de la CGT dans l’intense bataille idéologique actuelle.

Montreuil, le 18 janvier 2012

* Bernard THIBAULT – Mohammed OUSSEDIK – Maurad RABHI


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Mélenchon et Thibault prêts à lutter contre le "sommet anti-social"

17 Janvier 2012, 18:02pm

Publié par PCF Villepinte

Jean-Luc Mélenchon avec un syndicaliste de Pétroplus le 6 janvier dernier

 

 

 

Le sommet social de mercredi convoqué par Nicolas Sarkozy ne passera pas comme une lettre à la poste. Invité ce mardi au siège de campagne du Front de gauche, Bernard Thibault est tombé d'accord avec ses hôtes Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent pour prôner d'autres solutions à la crise que les remèdes d'austérité libérale que s'apprête à asséner le chef de l'Etat à l'issue de son sommet "anti-social" de mercredi

Le candidat du Front de gauche s'est dit "très ému et honoré" que la CGT "ait eu l'élégance de venir à notre siège de campagne", soulignant que cette rencontre avait pour intention de "démonter la comédie qu'a préparée le chef de l'Etat avec son soi-disant sommet social" qui va "tourner en eau de boudin". Conclusion: ce sera "encore plus d'austérité", a-t-il dit, qualifiant Nicolas Sarkozy d'"homme aux abois qui gesticule comme quelqu'un en train de se noyer".

A ses côtés, Bernard Thibault a salué "l'honnêteté intellectuelle de Jean-Luc". Il a rappelé "l'aspiration très répandue dans nos rangs à un changement de président de la République et à un changement de comportement des élus politiques à l'égard du fait syndical" au regard de la manière dont s'est préparé ce sommet qui s'annonce "anti-social".

Thibault: "Mercredi, j'y vais à l'offensive"

Mais, mercredi à l'Elysée, "j'y vais à l'offensive", a assuré le responsable cégétiste, déplorant que le président "ne retienne que les revendications patronales". "Ils ont justifié des plans de rigueur au motif de vouloir conserver les 3 A" et maintenant que la note a été dégradée, ils vont "nous expliquer qu'il va falloir" continuer, a-t-il dit, appelant à manifester mercredi. Le leader de la CGT a dénoncé l'"attitude schizophrène du gouvernement" face au triple A, jugeant que "la conclusion est la même à chaque fois, plus d'austérité pour les salariés". "S'il y a des économies à faire, je suggèrerai peut-être demain d'arrêter les subventions de l'Etat aux agences de notation!".

D'accord pour le SMIC à 1700 euros

Le candidat à la présidentielle a noté plusieurs "convergences" avec le secrétaire général de la CGT, notamment sur le "danger" de "renversement de la hiérarchie des normes, qui mettrait non pas la loi ni la convention collective au-dessus de tout, mais l'accord individuel ou d'entreprise": "Ce serait un renversement inouï dans lequel les salariés seraient broyés".

Nous avons aussi une "perception commune du danger de récession que comporte la politique du gouvernement" qui se refuse à augmenter les salaires, nécessaire à la "relance de l'activité", a souligné M. Mélenchon, se félicitant d'avoir dans son programme des mesures "empruntées" à la CGT, comme le "salaire minimum à 1.700 euros". Enfin, comme une pique à François Hollande, il a dit leur "accord absolu" sur le "retour de plein droit à la retraite à 60 ans".

  • A lire:

Thibault: "Un sommet social de l'affichage"

La grande arnaque de la TVA sociale

Mélenchon: "Il n'y a de gauche que dans la rupture du système"

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Un sommet social de "l'affichage" selon Bernard Thibault

16 Janvier 2012, 19:13pm

Publié par PCF Villepinte

Social-Eco - le 16 Janvier 2012

 

 

 

 

Le secrétaire général de la CGT a estimé lundi que le sommet social convoqué mercredi par Nicolas Sarkozy relevait d'un "affichage" politique pré-électoral et réitéré son appel à la "mobilisation", regrettant la "passivité coupable" des autres syndicats.

"Je suis presque convaincu qu'il a programmé une rencontre avec les organisations syndicales plus pour l'affichage, dans une séquence électorale, que dans une véritable volonté de tirer les enseignements de la situation", a déclaré Bernard Thibault lors d'une conférence de presse. "Il n'est pas sûr que le président de la République joue carte sur table, peut-être que nous aurons une séance de faux fuyants" et de rajouter que"nous n'en saurons pas plus à la sortie". Nicolas Sarkozy, selon lui, prendra le temps de "nous écouter" mais "cela ne veut pas dire qu'on ait l'intention de nous entendre".

Dans ce contexte, "échéance politique ou pas, l'heure est à la mobilisation", a affirmé le leader de la CGT en regrettant la "passivité" des autres organisations syndicales (dont la CFDT) qui n'ont pas rejoint l'appel de la CGT à une manifestation mercredi. "Je considère l'absence de l'unité syndicale dans ce paysage-là comme une attitude passive, coupable, au regard des enjeux", a-t-il lancé. "Après ce sommet je suggère que nous organisions une nouvelle réunion de l'intersyndicale pour faire le point de la situation". Pour le secrétaire général, "on est en train de toucher gravement à des sujets essentiels comme la protection sociale et la durée légale du temps de travail". "On ne chamboule pas la protection sociale en 15 jours, à la hussarde", a-t-il dit, en jugeant "scandaleux qu'on puisse penser légiférer sur une modification des règles du financement de la sécurité sociale en si peu de temps". "Il n'est pas normal que le chef de l'Etat estime disposer comme bon lui semble" de la protection sociale, "ça appartient aux salariés".

"Ce ne sont pas les salariés qui sont responsables de cette crise"

Il a fustigé aussi les agences de notation : "on prend appui sur ces notes pour justifier des mesures anti-sociales" alors que ces agences "sont là pour apprécier la pertinence d'investissement privé sur la base de taux de rentabilité à court terme". Le comble, pour lui, est que le pays et donc le "contribuable paie" ces agences pour être noté. Selon lui, "aucun des droits sociaux des salariés n'est à l'abri", même pas la 5ème semaine de congés payés. "Tout est susceptible d'être révisé de manière autoritaire" dans la mesure où le gouvernement "reprend à son compte le diagnostic des organisations patronales sur le coût du travail" trop élevé. "Ce ne sont pas les salariés qui sont responsables de cette crise", les entreprises en France "souffrent d'un sous-investissement" y compris en comparaison avec l'Allemagne, a-t-il argué.

Bernard Thibault a estimé lundi "acquis" que les adhérents de la CGT ne souhaitaient "pas reconduire" Nicolas Sarkozy à la présidence de la République au printemps. "Je ne crois pas utile que la CGT dépense trop d'énergie pour convaincre ses adhérents qu'il n'est pas forcément nécessaire de reconduire le président de la République", a affirmé M. Thibault lors d'une conférence de presse à deux jours du sommet social. "Ce n'est pas la peine de perdre notre temps à cela, ça me semble acquis dans les rangs de la CGT", a-t-il insisté. Le leader de la CGT a estimé utile, en revanche, de dire aux autres candidats - le socialiste François Hollande qu'il a rencontré la semaine dernière et le candidat du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon qu'il verra mardi - "que ce qui est attendu, au-delà du changement de président, c'est un changement de politique sur le plan économique et social".

 

  • À lire aussi :

Climat tendu avant le sommet social
La grande arnaque de la « TVA sociale »
La TVA sociale "porte atteinte au pouvoir d'achat

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Selon une étude patronale, les Français sont des fainéants

13 Janvier 2012, 07:35am

Publié par PCF Villepinte

Xavier Bertrand, ministre du Travail, chargé d'orchestrer la dérégulation du temps de travail

 

 

Oh la belle étude qui arrive à point nommé. L'institut Coe-Rexecode affirme mercredi que la durée de travail des salariés français à temps plein est la plus faible d'Europe après la Finlande et hop, le gouvernement s'en saisit pour remettre en cause l'actuelle législation sur le temps de travail, en vue du sommet pour l'emploi du 18 janvier prochain. Une belle opération bien orchestrée.

Ce jeudi, Xavier Bertrand s'est fait une joie de manipuler cette étude statistique forcément scientifique. "Avec l'étude qui est publiée, il faut qu'on travaille davantage, il faut qu'on fasse travailler davantage de monde", notamment les seniors et les jeunes, affirme à la presse le ministre qui recevait des leaders syndicaux et patronaux dans le cadre de la préparation du sommet social du 18 janvier.  Pour Xavier Bertrand, "le travailler plus a toujours son sens". On se demande où est passé le "pour gagner plus".

Derrière l'étude, le lobby patronal

Le ministre du Travail joue sur du velours tant l'institut Coe-Rexecode lui a préparé le terrain. Il faudrait plutôt parler d'échange de bons procédés. Coe-Rexecode, ou Centre d’observation économique et de Recherche pour l’Expansion de l’économie et le Développement des Entreprises, est, dixit son site, "un institut privé d'études économiques né de la fusion, à l'automne 2006, de deux instituts cinquantenaires : Rexecode et le COE de la chambre de commerce et d'industrie de Paris". Parmi ses 80 adhérents, des grosses banques françaises, des fonds d'investissements français, les grands groupes du CAC 40 ainsi que tout ce que le patronat compte de fédérations ou groupements, dont l'IUMM.

Derrière la vitrine de cet institut d'études économiques et sociales se cache donc un bon gros lobby patronal chargé de trouver tous les arguments "scientifiques" pour casser le temps de travail. De fait, dans ses conclusions, l'étude envoie du lourd en préconisant de libérer la durée du travail par des accords d'entreprises, ce qui "conduirait à une augmentation du taux d'emploi et du pouvoir d'achat en France". Pour Coe-Rexecode, "le dynamisme démographique de la France est un atout majeur dont la France peut tirer parti par des réglementations de l'emploi moins restrictives et un meilleur fonctionnement du marché du travail".

Des accords compétitivité-emploi à la place des 35 heures

Ce lobby ayant fait le travail, le gouvernement n'aura plus qu'à enfoncer le clou lors du sommet pour l'emploi de mercredi prochain. Tout est déjà ficelé à attendre Xavier Bertrand. Pour ce dernier, "les accords compétitivité-emploi" que le gouvernement veut mettre à l'ordre du jour du sommet social sont "aussi l'occasion de revenir sur les 35 heures". Des 35 heures "on en est sorti mais pas dans toutes les têtes". Il faut "en sortir sans faire payer une deuxième fois la facture aux ouvriers et salariés", selon lui. Avec des mesures comme celles-là, les actionnaires des entreprises adhérentes de Coe-Rexecode sont assurés de s'y retrouver.

"Campagne de culpabilisation des salariés"

Les syndicats mettent déjà en garde contre ce processus. Le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault a dénoncé ce jeudi "une campagne du culpabilisation des salariés", à propos de l'étude Coe-Rexecode. "Cette campagne de culpabilisation des salariés dans notre pays atteint ses limites. Ce n'est pas très original : nous coûtons trop cher, nous ne travaillons pas assez, nous fraudons sur les prestations sociales", a-t-il ajouté déplorant que "malheureusement beaucoup de médias se laissent avoir par des études qui sont loin d'être scientifiques".

"Du point de vue des rémunérations, nous sommes en dessous de la main d'œuvre en Allemagne et du point de vue du temps de travail, nous sommes très comparables", a assuré le secrétaire général de la CGT mais "nous avons des organismes patronaux qui s'efforcent d'entretenir la culpabilisation des salariés français".

"Augmenter le temps de travail sans contrepartie"

Même réaction de la part de François Chérèque. "Une réflexion" est menée "sur ce qu'ils appellent les accords compétitivité-emploi" qui consistent "simplement à donner des outils supplémentaires aux entreprises pour modifier le temps de travail d'une façon plus facile, pour faire pression sur leurs salariés et pour augmenter le temps de travail sans contrepartie sociale", a relevé le leader de la CFDT. "Ces deux points-là, qui se cachent derrière des mesures qui peuvent être positives pour l'emploi, sont dangereuses et ne règlent pas le problème" et peuvent même "aggraver" la situation de l'économie française", explique le leader de la CFDT ce jeudi.

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Sommet « social » : le PCF appelle à la mobilisation les 17, 18 et 19 janvier

12 Janvier 2012, 15:56pm

Publié par PCF Villepinte

 

FdG 23102010 006


A cent jours à peine de la fin de son mandat, le président Sarkozy fait mine de redécouvrir les questions sociales et le drame du chômage que sa politique a généré.

Faisant mine de n’avoir aucune responsabilité dans la destruction de centaines de milliers d’emplois, il a annoncé dans ses vœux du 31 décembre, un sommet « social » pour le 18 janvier.

En réalité, Nicolas Sarkozy veut imposer une TVA prétendument sociale, pourtant rejetée par 64 % des Français, et projette de conditionner l’indemnisation des chômeurs à d’obscurs plans de formation. Lui qui a refusé d’entendre la voix des millions de salariés, du public comme du privé, en lutte contre sa réforme des retraites, a détourné les fonds publics pour grossir les poches des actionnaires.

Ne le laissons pas faire ! Le PCF appelle à aller à la rencontre des salariés dans tout le pays pour démasquer ses responsabilités et porter les propositions du Front de gauche, et de son candidat Jean-Luc Mélenchon.

Les 17, 18 et 19 janvier : le Sommet social sera dans la rue, dans les entreprises et zones industrielles, sur nos lieux de travail, devant les Pôles Emploi, dans nos quartiers !

Le PCF appelle à une mobilisation nationale pour l’emploi, les salaires, la protection sociale

Ouvriers, employés ou cadres, salariés actifs ou en recherche d’emploi : faisons entendre le rejet massif de la politique de la droite, faisons entendre notre volonté d’une politique de gauche audacieuse pour les salaires, l’emploi et la protection sociale.

Le PCF invite ses organisations à tenir des rencontres publiques, à rencontrer les responsables syndicaux pour débattre de la mobilisation et des solutions nécessaires dans le domaine de l’emploi.

Le PCF et ses partenaires du Front de gauche ont des propositions :

- interdire les licenciements boursiers et instaurer un moratoire sur la dérèglementation de services publics
- mener une politique active de réindustrialisation du pays à partir des propositions des salariés et de eurs syndicat
- reprendre le pouvoir sur les banques et les institutions financières
- mettre fin immédiatement aux exonérations sociales patronales (30 milliards d’euros annuels) et taxer les revenus financiers des entreprises et les revenus du capital
- moduler l’impôt sur les sociétés et les taux de cotisations
- consacrer l’argent public aux emplois publics et abolir la RGPP pour reconstruire des services publics modernes, performants, efficaces et utiles à tous.

Parti communiste français,

Paris, le 12 janvier 2012.

 

 

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Sarko : La grande arnaque de la « TVA sociale »

7 Janvier 2012, 07:55am

Publié par PCF Villepinte

Les patrons rêvaient de ne plus payer de cotisations pour financer la protection sociale, Nicolas Sarkozy s’apprête à le faire en créant un nouvel impôt, la «  TVA sociale  », plombant le pouvoir d’achat et ouvrant la voie à la privatisation de la Sécurité sociale.

Depuis longtemps, le patronat rêve d’en finir avec le financement de la protection sociale par les richesses créées par le travail dans les entreprises. Nicolas Sarkozy vient d’annoncer sa volonté de transformer ce rêve – véritable cauchemar social pour les travailleurs et leurs familles – en réalité.

Cela en faisant passer, si les Français lui en laissent la possibilité, le financement de notre protection sociale de la cotisation payée par les salariés et les employeurs à l’impôt, à travers une « TVA sociale », payée par tous les consommateurs. Bonjour les conséquences sur le pouvoir d’achat des Français  !

S’appuyant sur la crise, dont son gouvernement porte une large part de responsabilité, Nicolas Sarkozy, comme il l’avait annoncé il y a un mois à Strasbourg devant les étudiants, pense «  que celle-ci offre à notre pays une opportunité de prendre des mesures qu’il n’aurait jamais acceptées en dehors d’une période de crise  »  !

Ce n’est donc pas la nécessite qui fait loi, d’autant qu’en la matière d’autres choix sont possibles, mais l’opportunité pour le président de la République de remettre en cause un des fondements de notre pacte social républicain  : le financement solidaire de notre protection sociale. Seuls les patrons y gagneraient !

 


6 janvier 2012

Ce ne sont pas les premiers coups qui sont portés sur ce mode de financement. Déjà au tournant des années quatre-vingt-dix, sous le gouvernement Michel Rocard (PS), une partie de l’assurance maladie n’était plus financée par les cotisations mais par la contribution sociale généralisée (CSG), avec les conséquences sur le pouvoir d’achat. Seulement là c’est un big bang systémique qu’amorce Nicolas Sarkozy, qui pourrait conduire, petit à petit, à une véritable privatisation de notre protection sociale.

Chacun sachant d’expérience ce qu’il en est de l’utilisation de l’impôt qui, selon les circonstances, peut servir à tout autre chose que ce pourquoi il était prévu à l’origine. Le manque à gagner pour notre système de protection sociale pouvant alors déboucher, pour assurer à chacun, uniquement selon ses moyens, une protection sociale, sur une place grandissants des mutuelles et des assurances privées.

Dans cette perspective, seuls les patrons y gagneraient : leur contribution serait supprimée et dons payée par les consommateurs, donc les salariés ! Les patrons y gagneraient mais non l’activité économique et l’emploi.

Là aussi, l’expérience montre, toutes ces dernières années, que les exonérations de toute nature et les multiples niches fiscales dont bénéficient particulièrement les grandes entreprises n’ont jamais empêché les délocalisations ou les plans sociaux, mais elles ont plutôt fait grossir les profits et les dividendes des actionnaires.

Le monde syndical s’oppose à ce projet

Déjà en 2007, entre l’élection présidentielle et les législatives, la droite, par la voix de Jean-Louis Borloo, avait évoqué cette idée de « TVA sociale » avant de la ranger précipitamment, devant les protestations. Aujourd’hui, Sarkozy récidive, espérant, avec la crise, faire passer cette disposition. À l’exception de la CFE-CGC qui est pour, l’ensemble du monde syndical s’y oppose.

Le PS s’y déclare opposé, mais il y a quelques mois encore, Manuel Valls était un chaud partisan de cette mesure antisociale.

Le PCF affirme que d’autres choix sont possibles pour garantir les financements de la protection sociale tout en conservant sa dimension solidaire basée sur les richesses produites par le travail dans les entreprises.

1. De la cotisation sociale à l’impôt

Réclamé à cor et à cri par le patronat depuis des années, soutenu par l’UMP (même si l’impopularité de l’affaire l’a amenée jusqu’ici à une certaine réserve), le projet de «  TVA sociale  » vise à transférer une partie du financement de la Sécurité sociale (on évoque en particulier la branche famille), actuellement assuré par les cotisations sociales, sur l’impôt.

C’est une remise en question profonde du système mis en place à la Libération. La cotisation sociale, loin d’être le fardeau décrit par les libéraux, est un prélèvement sur la richesse créée, un «  deuxième salaire  » – ou salaire socialisé – redistribué aux salariés et à la population sous forme égalitaire par la Sécu. C’est ce qui justifie que celle-ci soit gérée par les représentants des salariés. Le patronat n’a jamais véritablement admis que ce pouvoir et cet argent lui échappent.

Les sommes en jeu sont considérables  : le projet de l’UMP envisage ainsi 
un transfert de 30 milliards d’euros sur cinq ans. Au-delà des conséquences économiques et sociales, 
le recours à la fiscalité modifierait la nature de la Sécu  : cela ouvrirait la voie à son étatisation complète, soumettrait son financement aux arbitrages des gouvernements, permettrait ainsi de renforcer les pressions sur le niveau de la couverture sociale. Et, au final, créerait les conditions de la privatisation.

2. Nouvel habillage pour une vieille recette, 
la baisse du « coût » du travail

Ce n’est pas un hasard si le Medef en est le plus chaud partisan. Présenté sous l’étiquette séductrice, mais trompeuse, d’arme antidélocalisation, le projet de «  TVA sociale  » s’inscrit dans l’offensive engagée depuis des années par le patronat pour baisser le « coût » du travail. Un coût considéré comme le principal obstacle à l’emploi et à la compétitivité des entreprises, en «  oubliant  » au passage la facture des prélèvements opérés au bénéfice du capital (dividendes versés aux actionnaires, etc.).

Cette fois, le Medef propose d’aller beaucoup plus loin  : relever de 3,4 ou 5 points les taux de TVA en contrepartie d’une réduction des cotisations patronales de 3,5 à 7,5 points et des cotisations salariales de 1,5 à 4,5 points. Le transfert global pouvant s’élever à 70 milliards d’euros. À les entendre, les entreprises ainsi allégées de cotisations pourraient baisser leurs prix, neutralisant ainsi l’effet de la hausse de la TVA et, du coup, résister aux délocalisations, d’autant que, parallèlement, la «  TVA sociale  » pénaliserait les produits importés. Un nouvel habillage pour une vieille recette déjà largement éprouvée  : voilà trois décennies que les gouvernements successifs additionnent les allégements multiformes de charges sociales, pour un coût énorme pour l’État et les contribuables (les seuls allégements de cotisations sur les bas salaires s’élèvent à 21,8 milliards d’euros dans le budget 2012), mais sans effet avéré sur le chômage ni sur la désindustrialisation.

3. Salaires et pouvoir d’achat seront amputés 
à proportion du nombre de points de TVA

L’impact de la « TVA sociale » sur la baisse du pouvoir d’achat des Français est dénoncé par la gauche. Mais aussi par la droite. Ainsi, Jean-Pierre Raffarin avait-il vendu la mèche dès 2007, alors que le nouveau président de la République Nicolas Sarkozy commençait à évoquer son instauration. Jean-Pierre Raffarin  : «  Pour moi, la TVA sociale portera probablement atteinte au pouvoir d’achat des Français.  » La plupart des associations de consommateurs notent que cette imposition serait des plus inéquitables, en faisant supporter aux consommateurs tout le poids de la réforme fiscale   : une hausse de deux points de l’actuelle TVA à 19,6 % entraînerait en effet une ponction de plus de 10 milliards d’euros sur le budget des consommateurs. Pour les carburants, l’électricité et le gaz, la ponction sur les ménages seraient majorée de 777 millions d’euros. Plus systématiquement, sur un horizon de deux à trois ans, cette réforme équivaudrait à une dévaluation dans des proportions égales au nombre de points de cotisations déplacés. Les entreprises répercuteront immédiatement la hausse de la TVA sur leurs prix.

En revanche, les salaires net de charges ne s’ajusteraient pas immédiatement, les salaires réels seraient donc amputés. Si les effets bénéfiques pour l’emploi et la compétitivité sont discutables, la seule certitude serait la diminution du pouvoir d’achat des salariés.

4. Le chantage toujours répété aux délocalisations pour justifier le recul social

«  Il faut alléger la pression sur le travail et faire contribuer financièrement les importations qui font concurrence à nos produits avec de la main-d’œuvre à bon marché.  »

Cette petite phrase du discours de vœux de Nicolas Sarkozy lui a permis de présenter à mots couverts la «  TVA sociale  » (sic) comme une mesure propice à éviter les délocalisations et les licenciements massifs. En somme, toujours le même refrain  : diminuer le «  coût du travail  », les «  charges sociales  » pour des entreprises plus «  compétitives  ».

Toujours le même chantage, déjà entonné en novembre par la patronne du Medef avec son «  pacte fiscal et social  ». Or, de nombreux dispositifs d’exonération existent déjà  : réduction Fillon sur les bas salaires, exonération des heures supplémentaires, zones franches, suppression de la taxe professionnelle. Ils ont fait la preuve de leur inefficacité  : ils n’ont en rien évité les 4 244 800 chômeurs en novembre dernier, ni les annonces tous azimuts de fermetures d’entreprises et autres plans de licenciements.

Et pour cause, si la baisse de la rémunération du travail était réellement une solution viable, le salaire minimum chinois étant inférieur à 150 euros, cela signifierait supprimer au moins un zéro à toutes les fiches de paie. Et bien davantage à celles des patrons du CAC 40, qui ont touché en moyenne 2,46 millions en 2010.

En réalité, la finalité de telles mesures est bien plus de permettre aux actionnaires de s’accaparer une part plus importante des richesses produites que de sauvegarder l’emploi.

5. Déshabiller la Sécurité sociale pour gaver l’assurance privée : Sarkozy copie Reagan

Nicolas Sarkozy commence sa campagne par le programme du Medef. La droite prépare depuis longtemps l’abandon de la solidarité au profit d’une «  responsabilité individuelle  »  : moins d’État, plus de privé, c’est le credo reaganien des années 1980.

Selon Nicolas Sarkozy, il existe «  des nouveaux besoins sociaux dont la couverture ne peut reposer exclusivement sur la solidarité nationale  », comme il l’a déclaré devant le congrès de la Mutualité française, en juin 2009.

Il acte une profonde modification du système de financement de la Sécurité sociale, non plus par un prélèvement à la source de la création de richesses (les cotisations sociales) mais par l’impôt, soumis à arbitrage politique  : en période de rigueur, il est aisé de tailler dans les dépenses de santé. Lors d’un entretien télévisé, le 16 novembre 2010, le chef de l’État exposait la réforme gouvernementale du projet de loi de financement de la Sécurité sociale.

«  Faut-il faire un système assurantiel  ?  » glisse-t-il, faussement naïf, dans son intervention. Privilégier l’assurance privée, qui finance déjà «  12,5 % des dépenses françaises de santé, un record en Europe  », rappelle le site Déchiffrages, est la seconde étape du processus. Rappelons que le patron de l’assureur privé Malakoff Médéric n’est autre que Guillaume Sarkozy, frère aîné du président de la République. Les intérêts de classe s’accommodent aussi des intérêts familiaux. 6. D’autres pistes pour la compétitivité 
et pour la Sécurité sociale Il y a d’autres voies que la fuite en avant dans la baisse du coût du travail ( prônée aussi hélas par Hollande et le PS), aussi dangereuse économiquement qu’injuste socialement, pour assurer la compétitivité de notre économie, tout en garantissant le financement d’un haut niveau de protection sociale.

Davantage que par le dumping social, l’efficacité des entreprises passe par la formation, la sécurisation de l’emploi, la reconnaissance du travail des salariés. Elle implique, fondamentalement, de remettre en cause la logique court-termiste de la rentabilité financière, l’emprise mortifère du capitalisme financier, et de se doter des moyens d’une maîtrise publique du crédit en créant, par exemple, un pôle public bancaire, afin de placer le travail, l’activité économique utile, avant l’intérêt de l’actionnaire. Car ce sont bien les charges financières qui plombent les entreprises, et non le financement d’une protection sociale qui constitue, au demeurant, aussi un atout économique.

En la matière, Nicolas Sarkozy en est resté, au mieux, au niveau des belles paroles, comme le montre le serpent de mer de la taxation des transactions financières.

Nationaliser les banques et réorienter le crédit, soigner ainsi l’emploi, l’industrie, et revaloriser les salaires, voilà, du même coup, les meilleurs moyens de répondre aux besoins de financement de la Sécu.


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