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sarkozysme

Eric Woerth à nouveau épinglé dans un scandale fiscal

4 Août 2010, 22:23pm

Publié par PCF Villepinte

 

Mercredi, le quotidien Libération révèle, sur la base d’un courrier de 2008 signé Eric Woerth, que l’ancien Ministre du Budget a personnellement obtenu un dégrèvement fiscal sur la succession du sculpteur César, sur demande d’Alain-Dominique Perrin, exécuteur testamentaire de l’artiste, connu pour son engagement – financier – à droite et auprès de Nicolas Sarkozy.

Libération publie ce mercredi 4 août des extraits d’une lettre d’Eric Woerth datée du 24 avril 2008 par laquelle, selon le quotidien, le Ministre ordonne l’abandon des redressements engagés par le fisc en 2000 à l’encontre de César Baldaccini et de la Société civile de l’atelier de César. A l’époque, dressant l’inventaire de la succession de l’artiste, la justice pénale avait répertorié 175 œuvres « non rapportées ». En 2004, 59 sculptures manquantes étaient retrouvées, et un rapport de la brigade de répression de la délinquance astucieuse (BRDA) concluait que les 116 autres avaient été « détournées et dissipées sciemment » par l’ex-compagne de César, Stéphanie Busuttil. Mais le non lieu fut finalement prononcé en 2006 par la justice pénale. C’est sur cette base que s’étaient alors engagées les négociations avec le fisc.

Dans un communiqué, le Ministère du Travail répond qu’Eric Woerth, dans son ancienne fonction de ministre du Budget, est ainsi intervenu « dans le respect du droit fiscal ». Interrogé par RTL, Bruno Le Maire, Ministre de l’Agriculture, dit « croire en l’honnêteté d’Eric Woerth ». « C'est quelqu'un que j'apprécie, il fait une bonne réforme des retraites et pour moi, c'est l'essentiel », a-t-il ajouté sur RTL.

Le journal Libération met pourtant des éléments factuels sur la table. Dans le courrier publié, le ministre aujourd’hui pris dans la tourmente de l’affaire Bettencourt écrit : « Il ressort de l’examen approfondi de ce dossier que, dans le cadre de la vérification de l’activité du sculpteur déployée par M. Baldaccini, le rehaussement opéré en 1998 au titre des œuvres manquantes ne peut être maintenu. (…) Ces décisions seront prochainement annoncées, dans les formes réglementaires ». A Libé de conclure qu’Eric Woerth « est donc bien intervenu, et ce en amont des services et des ‘formes réglementaires’ ». Le quotidien rappelle que le 27 juin, l’intéressé avait déclaré n’avoir « jamais empêché un contrôle fiscal »…

Selon Jack Lang, il était « dans son rôle ». « C'est un procès injuste à l'égard du ministre car il était dans son rôle. L'administration fiscale a un patron : il rend des arbitrages. Parfois l'application stricte du droit peut aboutir à des injustices. Les recours gracieux sont normaux », a souligné Jack Lang après avoir précisé qu'il parlait en son nom propre et non pour le parti socialiste.

Eric Woerth aurait en fait accepté de procéder à cette « révision du passif fiscal » car la demande lui en aurait été faite par Alain-Dominique Perrin. Si l’homme est l’exécuteur testamentaire de César, il est aussi et surtout un des invités du Fouquet’s et membre du « Premier cercle », l’association des grands donateurs de l’UMP. Comme le confirme son avocate, Me Chatain, « Alain-Dominique Perrin contribue, à titre personnel depuis trente ans, et ce de manière officielle, à l’UMP et aux différents partis qui l’ont précédé ». Rappelons qu'en 2008, Eric Woerth était trésorier de l’UMP (une fonction qu’il a quittée vendredi sur conseil de Nicolas Sarkozy). Logiquement, les deux hommes avaient intérêt à entretenir de bons rapports.

Les révélations de Libération tendent à prouver qu’Eric Woerth a déjà concédé des avantages fiscaux quand le réseau des donateurs du parti présidentiel étaient concernés. Le personnage d’Alain-Dominique Perrin rappelle alors inévitablement celui de Patrice de Maistre, l’homme de confiance de Liliane Bettencourt. Dans son éditorial qui accompagnait les révélations évènement de Libération, Fabrice Rousselot en a posé : « si Eric Woerth est intervenu dans la succession de César, pourquoi ne l’aurait-il pas fait au profit de la milliardaire ? ». Sur France Info, le député socialiste Bruno Le Roux a réclamé la nomination d'un juge d'instruction : « avec toutes ces affaires qui se rajoutent les unes aux autres", "il n'y a qu'une seule chose qui soit aujourd'hui valable, c'est la nomination d'un juge d'instruction qui puisse en toute indépendance instruire ces différents dossiers qui commencent à faire beaucoup ».

 

Mise à jour :

Selon Alain-Dominique Perrin, qui s'est exprimé mercredi à la mi-journée sur Europe1, la lettre publiée par Libération a été « tronquée». Il dénonce un « travail de faussaire», parlant de « couillonnades » ou de « bidouilles ». « J’ai rencontré Eric Woerth à peu près 5 minutes, comme j’ai rencontré d’ailleurs tous ses prédécesseurs (…) M. Woerth s’est contenté de donner instruction à ses services de suivre la procédure normale. (…). M. Woerth n’est pas intervenu personnellement, c’est totalement faux », a-t-il martelé.

Le ministre lui aussi s'en est pris avec virulence à Libération qu'il accuse de manquer de déontologie, de pratiquer la « tactique de l'amalgame, de l'insinuation et de la déformation des faits ».

En réponse, le journal a publié l'intégralité de la lettre sur son site web. « Nous maintenons intégralement nos informations et publions la lettre in extenso sur libération.fr », a dit à l'AFP François Sergent, directeur-adjoint de la rédaction de Libération.

Dans un second communiqué, le Ministère du travail tente de préciser sa version des faits. Si Eric Woerth, en tant que ministre du Budget, s'était saisi du dossier ce n'était que pour « entériner l'analyse de ses services » de l'époque et signer « un projet de courrier ». L'inventaire sur lequel se basait le redressement se serait révélé erroné : 38 et non 300 oeuvres seraient réellement manquantes. L'administration fiscale aurait alors réduit le montant du redressement initial, sur accords du Ministre.

M. Guiho

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Dans les petits papiers de Liliane B.

3 Août 2010, 05:54am

Publié par PCF Villepinte

5/5. Abus de faiblesse Les hommes qui n’aimaient pas les femmes

 

 

Mais qu’est-ce que l’épouse d’Éric Woerth est allée faire dans cette galère ? Bien entendu, elle doit son job à sa maîtrise de la spéculation financière. Il ne s’agit pas du tout de complaire au mari ministre, proteste le clan de Liliane B. qui, depuis des décennies, cherche le garçon.

«Vous auriez vu ma mère qui était quelqu’un de merveilleux, c’était un vrai pruneau ! » Quand, en 2006, après dix-huit ans à la barre de L’Oréal, Lindsay Owen-Jones, star du CAC 40 et champion des émoluments patronaux – il émarge à 6,5 millions d’euros annuels –, quitte son poste de PDG, c’est forcément « en beauté ». Et plus encore, quand un journaliste, venu sans doute flûter le champagne, évoque, épouvanté par son impertinence, les rides qui creusent le visage du boss. « C’est une question d’hérédité, pérore le prince de l’élégance. Moi, je suis très ridé, ce sont les limites du système, mais la question qu’il faut poser est autre : à quoi ressemblerais-je si je n’avais pas pris soin de ma peau avec de bons produits ? J’ai des photos de mon oncle, par exemple : à mon âge, c’était un vrai hush puppy [chien basset, NDLR]... »

Descendante d’Eugène Schueller, père d’une fille unique, Liliane, qui n’a eu qu’une fille, Françoise, la dynastie Bettencourt a toujours préféré les garçons pour aider les femmes à prendre soin d’elles : potion antiâge pour les vieilles peaux, teintures blondes pour les brunes et vice versa, crème blanchissante en Afrique et en Asie... Dans La Révolution de l’économie, un ouvrage publié et applaudi sous Vichy, le fondateur de L’Oréal les efface du paysage : « Les fils hériteront toujours du fonds, mais ils n’hériteront pas de la gestion. On n’est pas général parce qu’on est fils de général ; on n’est pas patron parce qu’on est fils de patron. (...) Quand nous cherchons à remettre à l’honneur la notion de travail, nous sommes amenés à envisager la suppression de l’héritage à la deuxième génération. La richesse sera alors en quelque sorte la seule richesse gagnée par soi-même, ou gagnée par son père ou par son conjoint. »

Laissant opportunément de côté les pétitions de principe sur la transmission de la fortune, la famille Bettencourt reste, par contre, fidèle à la misogynie crasse et, à chaque étape du développement de L’Oréal, un homme providentiel apparaît. C’est d’abord François Dalle, « fils » d’Eugène et « frère » de Liliane Bettencourt ; ce sera ensuite Lindsay Owen-Jones. Avec lui, les gazettes gobent mieux encore la psychologie de bazar étalée par le clan, avant de la régurgiter dans l’allégresse : « Liliane couve d’un regard maternel le continuateur de l’œuvre de son père, tant d’années de liens dans le travail fortifient la confiance et l’affection », témoigne un « proche ». Un autre en rajoute une couche : « Lindsay est certainement le fils que Liliane aurait rêvé d’enfanter. » Et quand le petit, furieux de vivre, participe avec son bolide à des courses automobiles, les Bettencourt, pétrifiés dans leur hôtel particulier, restent plantés devant la télé. Un jour, Liliane lancera, et Owen-Jones le répétera pendant des années avec un sourire gourmand : « Nous avons suivi votre parcours aux 24 heures du Mans. Lorsque vous êtes sorti de piste et que nous vous avons su sain et sauf, nous avons pu aller nous coucher. »

Au conseil d’administration de l’entreprise, Liliane Bettencourt et sa fille, Françoise Meyers-Bettencourt, demeurent, privilège du sang, les seules représentantes du genre. Et dans les plus hautes instances de la boîte, les femmes se comptent sur les doigts d’une main. Pour montrer patte blanche, Lindsay Owen-Jones présente ainsi sa « collaboratrice » qui a réussi à intégrer le comité de direction : « Elle a vraiment conquis sa légitimité. Dans le combat de rue qu’est la vente de cosmétiques dans le monde, elle a prouvé qu’elle ­savait faire. »

Les « tueurs » de L’Oréal font chanter la France... Sur l’air de la Madelon. « Si vous voulez un savon de toilette / Qui mousse dur et sente bon / Un savon doit vous venir en tête / Monsavon, Monsavon, Monsavon. » Pour Schueller, il y avait « deux types de publicité » : « La publicité d’attaque, qui doit créer la curiosité » et « la publicité de rendement, qui doit créer l’obsession ». Dans le siècle, alors que L’Oréal est devenu l’un des plus gros annonceurs mondiaux, les héritiers du chimiste ont perfectionné leurs techniques de manipulation des cerveaux disponibles : achat de participation dans la presse féminine, philanthropie bien ordonnée, intérêt pour la télévision et en particulier les soap operas, partenariat si glamour avec le Festival de Cannes, etc. Rien n’est trop cher quand il s’agit de rêve ! Et de liberté : « Le maquillage soviétique était d’une médiocrité terrifiante, insistait parfois Lindsay Owen-Jones. Quand les pays du bloc soviétique ont basculé dans le monde libre, à la fin des années 1980, leur population paraissait vingt ans plus âgée que les populations occidentales. Un des premiers gestes de liberté, pour une femme russe, était d’essayer de trouver des rouges à lèvres occidentaux. »

Thomas Lemahieu

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Où s’arrêtera cette violence d’Etat ?

2 Août 2010, 17:04pm

Publié par PCF Villepinte

Le Président de la République sait faire campagne,  personne  ni à droite, ni à gauche pour mettre en doute cette capacité de Nicolas Sarkozy.

Depuis quelques jours, et surtout depuis son intervention à Grenoble, les discours de Président de la République qui, selon Le Figaro, « choquent  l’opposition », sont encore plus sécuritaires, très violents  et ont une odeur de campagne électorale  vingt mois avant l’échéance,  avec un contenu droitisé à l’extrême.

Cette violence dans le contenu de la politique  et de ses applications ne date pas de cet été meurtrier des expulsions ; l’ancien Maire de Neuilly sur Seine a débuté la manœuvre avec l’adhésion forcée  de ses amis politiques à sa candidature à la tête d’UMP. Cette action politique agressive, menée avec le concours des grandes fortunes de ce pays, a écrasé les concurrents de son propre camp pour faire de Nicolas Sarkozy le candidat principal de la droite. Elle s’est développée sur les terres de l’extrême droite entre les deux tours puis a atteint son objectif en envoyant l’ancien ministre de l’intérieur et ami des grands capitalistes financiers à l’Elysée. 

Depuis l’élection présidentielle, la violence de la campagne s’est transformée en une violence généralisée de l’Etat.

 La violence politique s’est caractérisée par la tentation de faire disparaitre l’influence de l’opposition en débauchant certaines personnalités du parti socialiste dont la conviction change selon la géographie et le cercle du pouvoir, ou en déroulant le tapis rouge médiatique pour certains élus locaux qui veulent tout changer dans leur parti, même son nom. Cette violence politique s’est aussi traduite par une ignorance volontaire du rôle des partis politiques, des organisations syndicales et du monde associatif pourtant nécessaire dans une démocratie parlementaire.

La violence économique, elle,  soutient  les grandes fortunes, souvent des rentiers, au détriment du monde du travail. Le bouclier fiscal n’est que la partie émergée de l’iceberg,  de cette politique qui frappe dans les poches des plus démunis pour envoyer des chèques- cadeaux aux possédants des grandes fortunes, il symbolise une politique violente envers le monde du travail et toute au service des amis du « Fouquet’s ».

La violence  dans le dialogue social. Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, avait espéré que les syndicats auraient, en la personne d'Eric Woerth ministre du Travail, « un ministre, et non des ordinateurs de Bercy, comme interlocuteur ». Ce souhait n’est pas exaucé.  Le dialogue social historique français se transforme en une gestion  volontariste et unilatérale de l’Etat, les réunions entre syndicats et ministères se résument à l’annonce de décisions déjà prises par le pouvoir. Comme au temps de l’empire  russe,  on règne par oukase.  Cette politique  cible certaines catégories de salariés en les faisant passer pour des privilégiés, et vise à dresser les salariés les uns contre les autres.

La violence institutionnelle se traduit par une réduction du  rôle de l’assemblée nationale  face au pouvoir exécutif grâce à la modification apportée à la Constitution avec l’appui de certains élus de gauche ayant déjà affiché leur soutien à la droite par le passé, et par la reprise en main forcée des collectivités territoriales avec la réforme en cours.

La violence policière se manifeste  dans tous les domaines de la société et touche les populations les plus vulnérables. L’ « expulsion particulièrement violente» qui a eu lieu à la Courneuve est l’exemple récent le plus marquant. La vidéo réalisée par l’association Droit Au Logement  montre en effet l’évacuation de militants et de squatteurs, couchés ou assis par terre, résistant à l’opération, agrippés les uns aux autres.  Une femme enceinte est évacuée de manière musclée. L’image la plus violente montre une femme, portant un bébé dans son dos, traînée parterre par les policiers.

Cette brutalité policière est l’instrument nécessaire et inévitable d’un pouvoir  qui a rompu le dialogue avec la société et ses représentants syndicaux, politiques et associatifs, pour imposer  une politique que le peuple n’approuve pas.

Cette violence institutionnalisée, dans  les domaines politique, économique, social  et policier s’est rarement vue depuis la fin de la guerre d’Algérie. La droite, depuis l’enterrement de la Constitution démocratique de la quatrième république en 1958, se conformait  plus ou moins à une présidence et une gouvernance républicaine du pays. Avec la présidentialisation « monarchique » du pouvoir exécutif et  la réduction du rôle du parlement  face à une société appuyée sur une gauche bien organisée, avec le PCF comme premier parti politique,  le dialogue social voire même une gouvernance « centriste » du pays s’imposait.

Depuis l’échec de l’UMP aux élections régionales, Nicolas Sarkozy doute de la possibilité d’organiser le centre, très volatil, à sa guise. Pour le candidat probable des élections présidentielles de 2012, il n’est plus question de copier les idées de Front National ou de le doubler. L’objectif principal de l’ancien ministre de l’intérieur est  de donner naissance à un « parti républicain » à sa droite et de gouverner  avec lui. Marine Le Pen à la tête de Front national pourrait lui faciliter la tâche, en faisant évoluer son parti vers la droite classique.

Dans cette situation complexe, « diviser pour gouverner » reste le mot d’ordre du camp de Nicolas Sarkozy. La (re)lecture du poème « Je n'ai rien dit*» de Martin Niemöller, rendu célèbre par Berthold Brecht, est encore d’une grande utilité.

Où s’arrêtera  cette violence d’Etat ? Pour l’instant personne n’est capable de le dire, ni de prévoir quels en seront les développements ou la profondeur… Mais logiquement ces maux dont sont frappés la République ne pourront cesser qu’en mai 2012. En attendant, pour faire barrage à cette politique droitisée à l’extrême, il  n’existe d’autre arme que l’unité dans l’action.

« Voila qui commande à tous les démocrates, à tous les républicains, aux associations et forces progressistes de s’unir rapidement dans une large riposte à la mesure des attaques portées contre nos principes et valeurs républicains » écrit Patrick Le Hyaric dans l’éditorial  de L’Humanité d’aujourd’hui.

Faisons des deux rendez-vous de la rentrée, les manifestations du 7 septembre et La Fête de l’Humanité la semaine suivante, de magnifiques et vibrants exemples de cette unité d’action du monde de travail.

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Abrahim Saravaki

 

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Attention, affiches subversives !

1 Août 2010, 17:06pm

Publié par PCF Villepinte

 

 

C'est une affiche comme celle que nous publions ci-contre qui vaut à trois jeunes militants communistes de comparaître lundi devant un tribunal, après avoir passé une nuit en garde à vue. Pour des affiches collées avant le passage de Nicolas Sarkozy à Grenoble.

Un véritable "délit d'opinion", s'indigne la fédération de l'Isère des Jeunes communistes. Les affiches auraient, selon la police, un caractère "attentatoire à la dignité du Chef de l'Etat". Collées par les trois jeunes militants à Grenoble, avant le passage-éclair de Nicolas Sarkozy dans l'Isère, venu y tenir un discours ultra-sécuritaire, largement attentatoire aux principes républicains. Ces affiches valent aux trois jeunes une comparution imédiate lundi.

 

Le groupe communiste de la ville de Grenoble "condamne fermement cette atteinte brutale à la liberté d’expression et d’opinion, utilisée de manière opportuniste dans le contexte des évènements récents dans le quartier de la Villeneuve et de la venue du chef de l’Etat ce même jour… Même sous la monarchie, le droit de caricature était toléré".

"Je suis très en colère, a ajouté l'élu PC de Grenoble Patrice Voir : on retient des militants en garde à vue tout cela sous prétexte que le chef de l'Etat vient à Grenoble. Ceci alors que ce dernier, dans son discours, stigmatise les Roms et fait aussi un amalgame entre délinquance et immigration. Je suis à la fois scandalisé et inquiet pour les libertés publiques".

Le groupe communiste de la ville de Grenoble "exige l’abandon pur et simple des charges retenues contre ces trois militants ".

 

Depuis l'affaire de la poupée vaudou à l'effigie de Sarkozy, le délit d'atteinte à la dignité du chef de l'Etat a retrouvé de la vigueur. Quand ce n'est pas le président en personne, ce sont volontiers des policiers qui font du zèle en marge des déplacements officiels du chef de l'Etat.

 

Pourtant en 2008, la cour d'appel de Paris déboutait celui qui se posait aupravant en défenseur des caricaturistes, et les magistrats n'avaient pas interdit à la vente la poupée vaudou, comme le réclamait Nicolas Sarkozy.

Le chef de l'Etat avait été débouté de sa demande d'interdiction de la poupée vaudou en première instance le 29 octobre. Le tribunal de grande instance de Paris avait en effet estimé que cette  "représentation non autorisée de l'image de Nicolas Sarkozy ne constitu(ait) ni  une atteinte à la dignité humaine, ni une attaque personnelle". Un tel gadget "s'inscrit dans les limites autorisées de la liberté  d'expression et du droit à l'humour", avaient ajouté les magistrats Isabelle  Nicolle, Nicolas Bonnal et Anne-Marie Sauteraud. C'était la première fois qu'un président de la République en exercice perdait un  procès pour atteinte au droit à l'image.
Sur les poupées représentant Nicolas Sarkozy figuraient des inscriptions faisant  référence à son parcours politique ou à ses propos,  comme le mot "racaille" pour qualifier des jeunes de banlieues, ou le "Casse-toi pauv'con" lancé au salon de l'Agriculture  à un homme qui avait refusé de lui serrer la main.

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Sarkozy renchérit dans le sécuritaire

31 Juillet 2010, 06:31am

Publié par PCF Villepinte

 

 le 30 Juillet 2010

 

Après les Roms hier, les "délinquants d'origine étrangère" aujourd’hui. Avant lui, lier autant immigration et insécurité, seul Le Pen l'avait fait.  Lors d'un discours à la préfecture de police de l'Isère à l'occasion de l'installation du nouveau préfet, l'ex-policier Eric Le Douaron, il a mis en cause les défaillances du modèle français d'intégration des immigrés.

 

Le président Nicolas Sarkozy a imputé vendredi une partie des problèmes d'insécurité de la France à une immigration "insuffisamment régulée", ce qu'il n'avait jamais fait jusqu'ici, du moins aussi nettement.  A partir d'un faits-divers, Nicolas Sarkozy a menacé vendredi de déchoir de la nationalité française toute personne d'origine étrangère qui porterait volontairement atteinte à la vie d'un policier ou d'un gendarme.

"Nous subissons les conséquences de 50 années d'immigration insuffisamment régulée", a déclaré le chef de l'Etat, qui y voit les causes de ces défaillances, en occultant sa propre responsabilité comme ministre de l'Intérieur, sans compter l'aménagement du territoire ou le développement économique des quartiers populaires laissés en deshérence.

Il a annoncé que le gouvernement allait réévaluer les motifs pouvant donner lieu à la déchéance de la nationalité française.

"La nationalité française doit pouvoir être retirée à toute personne d'origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d'un policier, d'un militaire de la gendarmerie ou de toute autre personne dépositaire de l'autorité publique", a-t-il ajouté. "La nationalité française se mérite et il faut pouvoir s'en montrer digne."

Des policiers grenoblois ont été menacés de mort après une fusillade le 16 juillet dans laquelle un malfaiteur a été abattu après s'être attaqué à un casino de la région.

Pendant trois nuits de suite, des jeunes habitants du quartier de La Villeneuve, d'où était originaire le braqueur, avaient incendié des voitures et tiré à balles réelles sur des policiers après cet épisode, ce qui a entraîné le limogeage du préfet Albert Dupuy.

Le chef de l'Etat a également souhaité que l'acquisition de la nationalité française pour un mineur délinquant ne soit plus automatique au moment de sa majorité.

Il a par ailleurs annoncé que les peines plancher, jusqu'ici réservées aux multirécidivistes, seraient étendues à partir du 7 septembre à toutes les formes de violences aggravées, notamment contre les personnes dépositaires de l'autorité publique.

 

Il a souhaité le développement du champ d'application du bracelet électronique pour mieux contrôler et surveiller les délinquants quand ils ne sont pas en prison.

Nicolas Sarkozy a rappelé qu'il avait demandé à la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie de préparer "sans tabou" une "réforme profonde" du droit pénal applicable aux mineurs.

Le gouvernement prépare déjà un texte qui permettra de mettre la responsabilité des parents en cause.

Il également émis le souhait que les droits et les prestations auxquelles ont accès les étrangers en situation irrégulière en France soient réévalués.

"Une situation irrégulière ne peut conférer plus de droits qu'une situation régulière et légale", a-t-il dit.

Nicolas Sarkozy s'en est pris sans le nommer au député maire socialiste de Grenoble, Michel Destot, qui réclame un "Grenelle de la sécurité" pour réfléchir au niveau national aux nouvelles formes de délinquance et aux réponses à leur apporter.

"Il ne peut pas y avoir de naïveté et d'angélisme en la matière", a-t-il déclaré.

Le député-maire socialiste de Grenoble, Michel Destot, avait estimé auparavant que les pouvoirs publics n'avaient pas à "faire la guerre à qui que ce soit" mais à "faire la paix" sociale pour donner la preuve de leur efficacité.

Nicolas Sarkozy était arrivé vendredi en fin de matinée à Grenoble où il a d'abord passé près d'une heure et demie à l'Hôtel de Police avec les policiers et leurs représentants syndicaux.

 

Manifestations en marge de la visite

 

Environ 300 personnes se sont rassemblées vendredi dans le centre de Grenoble  pour protester contre "la politique spectacle et sécuritaire" de Nicolas Sarkozy. Munis de banderoles où l'on pouvait notamment lire "Grenoble  = Chicago, Al Capone = Sarkozy", les manifestants, entourés de nombreuses forces de police et de gendarmerie, se sont réunis à l'appel d'une vingtaine d'organisations dont Europe Ecologie-les Verts 38, le PCF, les syndicats CGT et Sud Rail, la Ligue des droits de l'Homme, etc.

"Son déplacement n'a aucun sens. Nicolas Sarkozy fait de la politique spectacle. Il aurait été préférable que le coût de son déplacement soit transformé en emplois!", s'est insurgé Jacques Pitiot, ancien proviseur de lycée habitant depuis 38 ans à la Villeneuve.

"On ne veut pas d'une police robocop, mais d'une police présente tous les jours qui ne laisse pas le caïdat s'installer", a poursuivi M. Pitiot.

"La venue de Sarkozy est un coup de poing médiatique contre-productif qui est vécu comme une provocation. Il faut une politique publique durable avec une police de proximité. Il est important de recréer du lien social", a déclaré Vincent Comparat, élu municipal membre de l'Ades, Association démocratie écologie solidarité.

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Dans les petits papiers de Liliane B.

29 Juillet 2010, 18:02pm

Publié par PCF Villepinte

4/5. Double langage. Quand les caïds du patronat mettent leurs gants de velours

 

« Le rouquin à Pékin » ou « Les cocos au poteau »... Le 30 mai 1968, un jeune archi-mondain, François-Marie Banier, se tord le cou pour apparaître avec Malraux en tête du cortège gaulliste. Bettencourt est là aussi. Dans l’ombre, le clan de Liliane B. repart à l’attaque.

Ah vraiment, il n’est pas joli-joli pour tout le monde, ce mois de mai 1968! François Dalle le passe au fond du trou. Depuis 1957, il est le PDG de L’Oréal après que le fondateur, Eugène Schueller, l’a intronisé avec l’aval de sa garde rapprochée et cagoularde, couché sur son testament aux côtés de Liliane et André Bettencourt, comme s’il était son fils, et que, pendant les obsèques du patriarche, l’héritière en titre a serré sa main dans la sienne, comme s’il était son frère. La smala s’est élargie, les yé-yé mettent du déo, l’entreprise est devenue une multinationale! Après salut, les profits !, voilà le coup de blues: la France est paralysée et, après une expédition dans son usine d’Aulnay-sous-Bois, occupée par des ouvriers qui prétendent qu’elle est à eux, François Dalle n’est pas loin de paniquer. Au cas où, il partage «non sans émotion», précise-t-il, l’argent liquide qu’il a pu récupérer à la banque avec ses proches collaborateurs. Et met les voiles. Pas encore pour Varennes ou Baden-Baden, non: l’âme en peine finit son errance devant chez Maxim’s, là où, au bon vieux temps, il rencontrait ses relations d’affaires. «Le restaurant était ouvert, se réjouit-il encore dans son autobiographie, trente ans plus tard. Quel ne fut pas mon étonnement d’être accueilli par l’ensemble de la brigade, chacun dans sa tenue habituelle, les boutons bien astiqués, comme si rien ne se passait au dehors!» Cigare au bec, le grand patron, rasséréné, tirera à l’issue de ce bon déjeuner une «leçon d’optimisme». Tout change pour que rien ne change?

Le travail reprend, la droite revient. Et avec une poignée de camarades comme Antoine Riboud, le patron de BSN qui se reconvertira dans l’agroalimentaire en rachetant Danone, François Dalle cogite et s’agite. Le PDG de L’Oréal fonde Entreprise et Progrès, un petit club incarnant, selon la presse éblouie, l’aile «marchante» ou «éclairée» du patronat français. En mai 1972, le bonhomme s’invite au 20heures: «Nous considérons que nous avons réalisé une partie de notre rôle, nous avons démocratisé et nous avons généralisé l’abondance, lance-t-il solennellement. Évidemment, il reste de grands îlots de pauvreté. À côté des critères d’efficacité économique, nous voulons nous pencher du côté des critères d’efficacité sociale. Au lieu que les Français puissent avoir plus, nous pensons qu’il faut qu’ils soient mieux, et nous voulons être associés à cette œuvre.» Le 18octobre 1977, même registre aux assises du CNPF: «Nous, les dirigeants d’entreprise, sommes devenus des hommes profondément démocrates, profondément désireux de partager avec tous cette abondance», promet François Dalle. Ironie de l’histoire: depuis le 14octobre, dans une de ses usines à Orléans, un site pilote du «taylorisme à l’envers» (concept fumeux élaboré par le grand chef), les ouvrières du conditionnement, ces benêtes de «betteravières», se sont mises en grève pour leurs salaires. Selon Brigitte, vingt-cinq ans, quand Dalle cause abondance, il s’en sort à bon compte: «Avec ce qu’il me donne, ce monsieur, j’ai tout juste de quoi me payer un sandwich au repas de midi. À l’avenir, il faudra peut-être que je compte les rondelles de saucisson.»

Prudent, le clan ne met pas tous ses œufs d’esturgeon dans le même panier. À l’automne 1977, pendant que François Dalle, «l’humaniste», disserte en public, André Bettencourt finance en coulisses, avec la crème des patrons anti-programme commun (Michelin, Paribas, UIMM, etc.), le lancement d’un quotidien du soir, «J’informe». Une affaire de famille ici aussi car c’est son cousin, le comte Michel de Chalendar, qui dépose les statuts de la société éditrice. Et aussi parce que l’ancien ministre Joseph Fontanet, qui en prendra la direction, est le père de Xavier, marié à une Chalendar: un temps animateur du «comité éthique» du Medef, ce même Xavier Fontanet siège au conseil d’administration de L’Oréal, une fonction qui lui permet de retirer entre 50 000 et 55 000 euros de jetons de présence par an! Un vrai four, ce journal: malgré des moyens considérables, il s’arrête au bout de trois mois, faute de lecteurs! De son côté, François Dalle n’a en vérité pas complètement déserté les officines: en 1975, poussé par François Ceyrac, patron des patrons et inventeur de la désormais fameuse caisse antigrève de l’UIMM, il fonde l’Institut de l’entreprise qui est officiellement une structure de formation des cadres du CNPF, mais qui se transforme tout de suite en arme de guerre contre la gauche et les syndicats. Une note interne de 1976 consacrée aux «nationalisations» livre des «arguments généraux» de très haute tenue intellectuelle. «Les gens qui vivent dans les usines et les banlieues dominées par les communistes savent que les caïds font la loi.»

Rien n’y fait et Mitterrand remporte la présidentielle. La grande frousse du patronat se dissipe vite, la dynastie Bettencourt s’adapte sans problème, au fond. «François Mitterrand, c’est une amitié de jeunesse, un homme extrêmement cultivé, raffiné», vante François Dalle à la radio. En 1983, c’est l’heure du tournant déjà: les socialistes deviennent «réalistes», les communistes partent et, en revanche, le PDG de L’Oréal et ses copains sont plus présents que jamais. Désigné «manager de l’année», il reçoit son prix des mains de Jacques Delors, et le ministre des Finances se taille un franc succès en vantant une économie qui va mieux «au-delà des erreurs d’autrefois»: «Le mérite en revient aux entreprises et à ceux qui travaillent», précise-t-il. Présents à la cérémonie, Liliane et André Bettencourt peuvent jubiler. François Dalle aussi, qui voit une de ses prophéties, psalmodiées dès mars 1981, se réaliser: «Il faut un consensus national. Entre les socialistes qui ne sont plus marxistes et les libéraux qui sont avancés, il n’y a pas de différence de doctrine.»

Thomas Lemahieu

 

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Dans les petits papiers de Liliane B.

28 Juillet 2010, 18:06pm

Publié par PCF Villepinte

3/5. Misère, misère... Pas facile d’être chic quand on a beaucoup de fric

André et Liliane Bettencourt en 1994.

 Patrice de Maistre, l’obligé de Liliane B., s’insurge : mais non, quand on retire 500 000 euros en liquide, ce n’est pas pour verser son obole à l’UMP, c’est pour acheter une babiole ! « La maison Bettencourt affiche un train de vie extraordinairement élevé », confesse-t-il.

Cocorico ! Personne ne vous l’a dit jusqu’ici, pourtant c’est bien l’Huma qui a révélé l’affaire Bettencourt... En tout cas, comme l’écrit le quotidien en ce 3 mars 1978, « celle que l’on pourrait appeler l’affaire ­Lemaistre-Bettencourt », un scoop qui voit un milliardaire sermonner une famille de chômeurs d’une cité de Fécamp... Tour à tour et tout à la fois maire de Saint-Maurice-­d’Ételan, conseiller général, président du conseil régional, secrétaire d’État ou ministre, député ou sénateur, André Bettencourt, pétainiste sous Pétain, mendésiste sous Mendès-France, pompidolien sous Pompidou et giscardien sous Giscard, a, malgré son mariage en 1950 avec l’héritière du fondateur de L’Oréal, toujours su rester attentif et fidèle à ses administrés de Seine-Maritime. Ainsi, quand les Lemaistre, un couple et leurs sept enfants, tous sans emploi et ayant pour seul revenu la modeste pension d’invalidité du père, le saisissent parce qu’ils n’arrivent pas à régler en temps voulu le loyer de leur HLM, le richissime mari de Liliane accourt à la rescousse... Avant de leur voler dans les plumes ! Dans son courrier, le grand homme promet qu’il est « intervenu immédiatement » pour « recommander un examen bienveillant » de la situation de ces petites gens. « Cependant, une telle bienveillance ne pourra pas être demandée tous les trois mois, avertit-il, et il faudrait que vous envisagiez un aménagement de votre budget vous permettant de payer votre loyer dans les délais requis. (...) Peut-être pourriez-vous, lorsqu’arrive la pension de votre mari, mettre aussitôt de côté le montant dû à l’OPHLM, cela vous éviterait ce genre d’ennuis. »

Les Bettencourt savent, eux, comment éviter les ennuis d’argent : allons, allons, il suffit de mettre sa fortune de côté, tout placer en sécurité à la banque et protéger son patrimoine. En 1971, l’héritière de L’Oréal avait voulu assurer trois de ses babioles enterrées dans des coffres de la Chase Manhattan Bank et de la BNP de la place Vendôme à Paris. Dans le contrat, les bijoux étaient décrits avec minutie et faisaient l’objet d’une estimation précise : il y avait une « paire de motifs d’oreilles or, brillants navettes, brillants poires » (6 millions de francs), un « collier or et brillants navettes, 89 brillants navettes de 58,57 carats, avec un pendentif brillant couleur naturelle (jonquille) de 97,80 carats » (2,8 millions de francs) et un « collier or et brillants poires » (12 millions de francs). Énorme scandale : le prix des breloques de Liliane Bettencourt équivaut, calcule-t-on, à celui de 2 932 années de travail d’un smicard.

Quelle vulgarité ! Avec les Bettencourt, on ne doit pas évoquer le pèze en public. D’ailleurs, le mot « riche » est formellement interdit – « il est laid », répète souvent la fille d’Eugène Schueller. Dans « la haute », on parle de « fortuné » à la rigueur. « Je ne pense pas que la richesse soit vraiment sa préoccupation numéro un ! » proclame, dans Challenge en 2005, Lindsay Owen-Jones, le PDG de L’Oréal, dans une hagiographie énamourée et, après la chute passagère du cours de l’action L’Oréal, délicatement titrée « Liliane Bettencourt, 11,3 milliards d’euros, un tiers moins riche, deux fois plus heureuse ». Dans le classement du journal américain Forbes, elle est, depuis plus de dix ans, bien arrimée parmi les 20 premières fortunes mondiales. Au 1er mars 2010, son patrimoine déclaré à l’administration française s’élève à 15,6 milliards d’euros. « Nous n’aimons pas beaucoup ce genre de publicité, répondait André Bettencourt à Paris Match en 1988. Nous vivons une époque de violence, cela présente des dangers. Nous préférons rester en retrait. »

En 1967, André Bettencourt envoie un autre courrier aux électeurs de sa circonscription pour leur souhaiter une bonne année. Et une fois de plus, c’est la fête : « Je n’ai sincèrement de peine que pour ceux qui sont dans le besoin, il y en a encore trop ! Et ceci est d’autant plus dur que la richesse des uns vient éclabousser la pauvreté des autres. » Deux septennats plus tard, on retrouve le même, la main sur le portefeuille, dans le bureau de l’un de ses très anciens amis, François Mitterrand, à peine élu à l’Élysée. En 1982, la gauche risque d’adopter le principe de l’impôt sur les grandes fortunes, l’ancêtre de l’ISF. Et Bettencourt est rouge de colère. « Cet impôt était quand même une catastrophe, et nous sommes suffisamment bien ensemble pour que j’aille lui expliquer, chiffres en main, la réalité, racontera-t-il à des journalistes. C’était tellement important pour moi. » D’après la légende, le Sphinx lui aurait rétorqué : « J’en parlerai mais, franchement, Liliane et toi, vous avez quand même de quoi manger. »

Thomas Lemahieu

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Dans les petits papiers de Liliane B.

28 Juillet 2010, 06:10am

Publié par PCF Villepinte

 2/5. Success story. La crème de l’extrême droite contre les camarades du soleil

 

«Dites aux gens qu’ils sont dégoûtants, qu’ils ne sentent pas bon, qu’ils sont laids.» 
Dans les années 1930, Eugène Schueller, fondateur de L’Oréal, envoyait ses commerciaux civiliser le pays… Pendant que lui, 
le père de Liliane B., pataugeait dans la fange des fascistes.

Après avoir mis au point une teinture « inoffensive » pour cheveux, commercialisé un shampooing pour le grand public, quitté son deux-pièces à 400 francs de loyer annuel pour des appartements, puis des demeures plus confortables, mis un pied un temps dans l’industrie du vernis cellulosique ou du film photo, lancé le magazine Votre beauté et envoyé aux coiffeurs un document intitulé « Le premier cheveu blanc », le chimiste Eugène Schueller, fondateur de L’Oréal, regagne sa villa à l’Arcouest en Bretagne, après une balade sur son luxueux bateau, l’Edelweiss. Il est couvert de coups de soleil, comme à chaque fois – une malédiction, vraiment. C’est ainsi que le père de Liliane B., née en 1922, entreprend d’inventer une huile filtrante, l’« ambre solaire », qui sera commercialisée pour la première fois en 1936… Quand le Front populaire libère les ouvriers, les employés avec les premiers congés payés et que Jacques Prévert déclame : « Devant la porte de l’usine / le travailleur soudain s’arrête / le beau temps l’a tiré par la veste / et comme il se retourne / et regarde le soleil / tout rouge tout rond / souriant dans son ciel de plomb / il cligne de l’œil / familièrement / Dis donc, camarade soleil / tu ne trouves pas / que c’est plutôt con / de donner une journée pareille / à un patron ? »

Bals musettes, vacances et révolution… Le Front populaire, c’est l’horreur pour Eugène Schueller : déjà, à l’Arcouest, il a, dès son arrivée et contre tous les usages d’alors, posé une clôture autour de sa propriété et coupé le sentier côtier… Comme pour se protéger du phalanstère voisin réunissant depuis 1898 une tribu de grands intellectuels et scientifiques (Marie Curie, Jean Perrin, Irène et Frédéric Joliot-Curie, Charles Seignobos, etc.), tous dreyfusards, attachés à la cause laïque, pacifistes pendant la Grande Guerre, puis antifascistes, solidaires des républicains espagnols, et enfin résistants. Alors, quand la gauche et les ouvriers se retrouvent au pouvoir dans tout le pays, Schueller fait son entrée en « politique » par le pire des canaux, celui des putschistes : l’industriel se lie à Eugène Deloncle, le chef de la Cagoule, et subventionne largement ce réseau terroriste, armé par les services secrets de l’Italie fasciste et de l’Allemagne nazie pour « lutter contre le communisme ».

C’est dans cette ambiance d’attentats et d’assassinats fomentés par l’extrême droite que trois célèbres pensionnaires des pères maristes, au 104, rue de Vaugirard à Paris, – André Bettencourt, qui plus tard épousera Liliane, François Dalle, directeur de Monsavon dès 1942 et PDG de L’Oréal après la mort d’Eugène Schueller en 1957, et François Mitterrand, futur… rédacteur en chef de Votre beauté – partent, au cours des deux étés 1937 et 1938, visiter l’Allemagne. « Je me rappelle une scène qui nous avait paru fabuleuse, racontera, en 2001, Dalle. Elle s’était passée non loin de la frontière de l’Allemagne et du Luxembourg, au bord d’une rivière. Sur une immense tribune, un orchestre d’une centaine d’exécutants jouait des marches militaires. Non loin de là, environ un millier de soldats, tous en maillot de bain, se trouvaient au garde-à-vous, les uns à côté des autres, sur la berge de la rivière. Les clairons entonnèrent brusquement un commandement et tous ces jeunes se jetèrent à l’eau, d’un seul élan. La discipline était impressionnante et la démonstration de force terrifiante. Nous sentions qu’il y avait là de formidables réserves d’énergie prêtes à toute espèce de débordement et nous nous demandions naïvement comment notre peuple de pacifistes et notre armée de biffins et de bétonneurs pourraient y résister. »

Pour Eugène Schueller, le régime de Pétain apparaît, il le crie sur tous les toits à l’époque, comme une « délivrance ». Et avec tous ses amis cagoulards, Deloncle en tête, le patron de L’Oréal fonde le Mouvement social-révolutionnaire, dont il héberge le « comité technique » directement au siège de son entreprise, rue Royale à Paris. Il participe ensuite, en 1941, à la création du parti pro-nazi de Marcel Déat, le Rassemblement national populaire. Pendant la collaboration, Schueller a de grandes idées tant politiques qu’économiques, et il tient à les partager en publiant la Révolution de l’économie. Dans ce livre qui est le deuxième volume, juste après les discours d’Adolf Hitler, d’une collection de Denoël intitulée « La révolution mondiale », Eugène Schueller fustige le syndicalisme : « Il constitue seulement un élément d’agitation, c’est-à-dire de démolition interne, mais de plus, si un jour, par suite de circonstances exceptionnelles, il arrive au pouvoir comme en 1936, il mènera à la catastrophe. Il réalisera ses promesses démagogiques, entraînant une vague de paresse et de révolte à travers toutes les entreprises. » Dans l’hebdomadaire pétainiste la Terre agricole, André Bettencourt écrira, lui, plus de 70 éditoriaux, au ton violemment antisémite, entre décembre 1940 et juillet 1942. « J’ai toujours regretté ces écrits, et tout particulièrement une vingtaine de lignes sur les juifs », dira-t-il dans les années 1990.

À la Libération, Eugène Schueller et ses proches traversent l’épuration sans encombre. Le patron se paie le luxe de reclasser dans sa garde prétorienne chez L’Oréal de vieilles connaissances comme Jacques Corrèze, le bras droit de Deloncle à la Cagoule qui prendra la tête des filiales en Espagne et aux États-Unis. C’est l’amitié qui le vaut bien ? Mais depuis les années 1980, ce passé puant ressurgit dans la presse. Et les écrits dégueulis du fondateur dans la Gerbe, le journal collaborationniste, collent à la peau du clan.

 

Eugène Schueller fondateur de L'Oréal

Fils d’un pâtissier alsacien, écolier à Neuilly-sur-Seine et détenteur d’un diplôme d’ingénieur-chimiste, Eugène Schueller fonde L’Oréal en 1909. Parti de rien, il transforme son appartement en siège de sa petite entreprise : la salle à manger fait office de salon de démonstration et la chambre sert de laboratoire. Aux étudiants de l’école de commerce de Paris qui le choisissent comme parrain de promotion en 1954, il astique son propre mythe de « Monsieur 6 000 heures » par an : « Partant de zéro, devenir ce que l’on appelle aujourd’hui un milliardaire, ce n’est pas grand-chose. C’est très facile, n’importe qui peut y parvenir. » Pendant des décennies, la légende du monde des affaires est bien entretenue, mais depuis les années 1980, avec la révélation progressive au grand public de son passé fasciste, collabo, antisémite et, 
dans l’après-guerre, encore, poujadiste, la statue du père de Liliane Bettencourt est bien délabrée...

Thomas Lemahieu

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Série: Dans les petits papiers de Liliane B.

27 Juillet 2010, 18:01pm

Publié par PCF Villepinte

1/5. Quand les gogos des riches jouent les gagas du peuple

 

sarkoZPour en arriver à confondre le patrimoine d’une milliardaire avec celui du pays, il faut tout le culot de Nicolas Sarkozy. Une manœuvre audacieuse quand on se souvient que Nestlé a été poussé chez L’Oréal pour prémunir les Bettencourt d’une nationalisation !

Ami, décèles-tu le vol noir des choucas sur nos plaines ? L’heure est grave, la patrie est en danger. C’est la « réussite » qu’on guillotine. Entendez-vous dans les campagnes mugir les féroces barbares ? Ils viennent jusqu’à Neuilly égorger Liliane et compagnie… Le 12 juillet, devant son interlocuteur de l’ORTF, le président de la République française a en creux transformé une parfaite rentière qui, grâce à son ami photographe, a appris à danser le rock and roll à soixante-quinze ans en idole des jeunes qui rêvent d’une vie meilleure, et changé surtout l’affaire Woerth-Bettencourt en une manipulation d’« officines » visant à déstabiliser le gouvernement et à livrer, dans le même temps, le capital de L’Oréal au mastodonte suisse Nestlé. « J’ai conscience de la souffrance en France, affirme Nicolas Sarkozy, mais je dois être un homme d’équilibre, de sang-froid, je dois dire à la société française que l’invective, la dénonciation, eh bien, c’est non ! Nous sommes dans une vraie démocratie et croyez-moi, Madame Bettencourt, qui est propriétaire de L’Oréal, je souhaite qu’elle reste propriétaire de L’Oréal et que L’Oréal, qui emploie 64 000 salariés, ne parte pas dans un autre pays parce qu’à ce moment-là, qui le paierait ? Ce n’est pas les commentateurs ; ce sont les salariés qui le paieraient avec leur emploi et ça, je ne le veux pas. »

Été 1969, dans la villégiature bretonne des Bettencourt, à la pointe de l’Arcouest (Côtes-d’Armor), n’était l’anachronisme, on se pincerait pour y croire. Les Pompidou sont là derrière l’eucalyptus près des colonnades et Georges, qui vient de remporter l’élection présidentielle, devise gaiement avec la maîtresse de maison. « Votre affaire grandit, elle est florissante, vous ne pourrez pas toujours rester seule », glisse-t-il à Liliane Bettencourt dans un vieux réflexe de banquier d’affaires.

Quelques années plus tard, en 1973, c’est le premier choc pétrolier, l’époque aussi de la grande crainte dans les rangs patronaux de voir éclater un second Front populaire… François Dalle, successeur du fondateur Eugène Schueller et PDG de L’Oréal depuis 1957, profite de l’aubaine de la crise pour faire passer son grand projet, très éloigné du « patriotisme économique » : il s’agit de mettre la multinationale encore en puissance à l’abri de toute velléité de nationalisation. « Nous étions solides, le danger me paraissait plutôt venir de la situation politique du pays, raconte-t-il, non sans morgue, dans son autobiographie publiée en 2001. Le Parti socialiste avait signé, l’année précédente, un programme commun avec le Parti communiste et, aux élections législatives qui devaient se dérouler quelques mois plus tard, la gauche avait des chances de l’emporter sur la droite. Il faut dire qu’à l’époque, la gauche n’avait en rien le sens de la mesure et des réalités qu’elle a acquis depuis. Elle était prête à tous les emballements et, conformément au programme commun, elle annonçait, si elle parvenait au pouvoir, la nationalisation de beaucoup de grandes entreprises. Dans ce contexte, je me disais que si L’Oréal pouvait s’associer avec une affaire non française, elle serait, du même coup, mieux protégée contre la menace d’une nationalisation. »

Le 8 mars 1974, les Échos célèbrent « une union qui fera sensation » sans s’étendre sur les arrière-pensées qui la scellent : les Français craignent la chienlit et les Suisses sont réputés vouloir croquer, à moyen terme, l’entreprise de cosmétiques. Au fil du temps, aucun des deux scénarios ne s’est vérifié : la France n’a pas confisqué les mannes du champion du monde du shampooing et Nestlé demeure sagement au capital de L’Oréal. Au tournant du siècle, Capital a réalisé un calcul édifiant : entre 1998 et 2000, les premiers actionnaires de L’Oréal se sont enrichis de près de 10,4 milliards d’euros. Soit, selon le mensuel, quelque 14,2 millions d’euros par jour ou 590 000 euros par heure, y compris celles de sommeil !

À la retraite, François Dalle a connu les affres de l’exil fiscal en Suisse : il s’est installé à Cologny, 5 000 habitants et autant de super-riches, 366 hectares de villas dissimulées au bord du lac Léman, pile-poil à l’endroit où les impôts sont les plus doux du canton. Entre ses vacances permanentes dans ses résidences de Neuilly, en Bretagne, dans les Baléares ou aux Seychelles, Liliane Bettencourt s’est, elle, contentée, d’après les enregistrements réalisés clandestinement par son ex-majordome et livrés à la presse, de transférer quelques éléments de son patrimoine dans des paradis fiscaux. Un accident dans un parcours exemplaire du « patriotisme économique » ? À l’ORTF, Nicolas Sarkozy évacue : « Mais qu’est-ce que c’est depuis quelques semaines que cette attitude vis-à-vis de l’argent ? J’entends des gens qui disent leur détestation de l’argent… Mon dieu ! »

Thomas Lemahieu

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Les sponsors

27 Juillet 2010, 07:44am

Publié par PCF Villepinte

fifiDites-moi qui vous paie, je vous dirai quelle politique vous faites. C’est sans doute la principale conclusion que n’importe quel citoyen, qui ne fait pas partie du club des protégés du bouclier fiscal, peut tirer de l’affaire Woerth-Bettencourt, qui n’en finit pas d’occuper le devant de la scène, en cet été au climat de plomb. En effet, en une semaine, au moins deux événements ont alourdi l’atmosphère estivale. Le projet de contre-réforme des retraites a été examiné à huis clos, presque honteusement, par la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale. À partir d’un fait divers dramatique – une explosion de colère à la suite de la mort d’un jeune homme tué pour ne s’être pas arrêté à un barrage de la gendarmerie –, le plus haut personnage de l’État stigmatise et jette en pâture à l’opinion publique toute une communauté humaine et s’apprête à présider à l’Élysée une réunion qui sera le prélude à un harcèlement policier.

Mais dans un tel contexte, les enveloppes que l’on remet à l’issue d’un dîner, une femme de ministre qui ne sollicite pas un emploi VIP auprès du gestionnaire de la troisième fortune de France mais vient lui parler de « l’évolution de sa carrière professionnelle » (qu’en termes élégants ces choses-là sont dites), les enregistrements de conversations soulignant tout l’intérêt qu’il y a, quand on est milliardaire, à être au mieux avec le ministre du Budget, et pour parfaire le tout, le comportement d’un procureur, réputé proche de Nicolas Sarkozy, dont la première préoccupation semble être que l’enquête ne passe dans les mains d’un juge d’instruction…, tous ces rebondissements feuilletonesques, à mi-chemin entre les Mystères de Paris et la Comédie humaine, ne risquent-ils pas de faire passer au second plan la mobilisation sociale et politique autour de la défense de la retraite à soixante ans ?

À la vérité, ce que révèle l’affaire est de nature à convaincre largement dans le monde du travail de la nécessité d’être plus combatif encore. Elle dévoile crûment dans toute sa trivialité et ses bassesses l’intimité des relations entre le monde dominant, celui des affaires, et un personnel politique de droite qui lui est aussi dépendant que dévoué. Un personnel politique qui se comporte à un autre niveau que M. de Maistre comme des gestionnaires de grandes fortunes. Dans tout cet imbroglio, où chacun joue à l’esquive, une chose est apparue clairement, incontestablement : les Bettencourt font partie des grands sponsors de la droite sarkozyste. Et chez ces gens, quand on verse de l’argent, on investit, et on exige un retour rapide sur investissement. À proximité de l’élection présidentielle, il semble bien que la maison L’Oréal ait copieusement investi dans la marque UMP ! Depuis 2007, les gestes de gratitude du pouvoir à l’égard des grandes familles n’ont pas manqué, et c’est la société française qui en paie le prix. Au titre du bouclier fiscal, Liliane Bettencourt s’est vu reverser 30 millions d’euros cette année. Non seulement on pratique l’évasion fiscale, mais on se fait rembourser par le fisc, en quelque sorte, les sommes qu’on aurait dû lui verser. La moralisation du capitalisme, avait dit Nicolas Sarkozy ?

L’audition d’Éric Woerth et celle de Liliane Bettencourt prévue au cours de la semaine qui commence apporteront-elles un peu de clarté à ce ténébreux dossier ? Rien n’est moins sûr. Au-delà des péripéties, 
des vraies et fausses confidences, une certitude s’impose. En 2007, Nicolas Sarkozy était bien le candidat de L’Oréal, l’un des grands groupes aux pratiques managériales et à la stratégie que nous décryptons dans ce dossier. Et depuis trois ans, le Medef tout entier a toutes les raisons de lui être reconnaissant, y compris pour son projet repoussant l’âge de la retraite. Un nouveau bras de fer s’engage entre
le monde de Bettencourt et le monde du travail.

L’affaire dévoile crûment l’intimité des relations entre le monde des affaires et un personnel politique de droite.

Jean-Paul Piérot

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