Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Bienvenue sur le blog des communistes de Villepinte

sante

Hôpital public

23 Février 2010, 07:10am

Publié par PCF Villepinte

La Région Ile-de-France est menacée par Sarkozy et Evin (PS) de devenir un désert hospitalier public

 L’HÔPITAL Public est livré aux Marchands de la santé, l’AP-HP devient une entreprise de démantèlement public. L’ARS organise le Renoncement aux soins en Ile de France. TROP c’est TROP, Ça Suffit comme ça !!!!

Nous, Elu-e-s, Usagers, Militants syndicaux et associatifs, Militants politiques engagé dans le domaine de la santé sur la liste Front de gauche en Ile de France, Nous vous appelons à sauver notre service public de santé en Ile-de-France.

Sous prétexte de réorganisation de l’offre de soins hospitalier, le Gouvernement et Bercy mettent en place à marche forcée la Loi HPST, le démantèlement de l’Hôpital public en Ile de France, avec l’appui de Claude Evin, préfigurateur de l’Agence régionale de la santé(ARS) d’Ile de France.


Nous demandons tous une modernisation de l’AP-HP, coordonnée à l’ensemble de l’offre de soins hospitalier et ambulatoire (médecine libérale et centres de santé), mais nous refusons toute réduction de lits, tout désert médical urbain comme rural, nous ne pouvons accepter la dégradation organisée des conditions de travail, la suppression des emplois. L’hôpital public moderne que nous voulons pour les usagers doit pouvoir offrir un plateau technique, des effectifs et des conditions de travail dignes du 21éme siècle. L’Hôpital public doit pouvoir garantir l’accès à des soins de qualité pour tous sans souffrance au travail de ses personnels.

Nous considérons comme inadmissible les décisions prises par la direction générale de l’AP-HP, sous les ordres de Bercy et d’EVIN, de fermeture de plusieurs établissements ou services (comme la pédiatrie spécialisée de l’Hôpital Trousseau ou les Urgences de l’Hôpital Beaujon), aboutissant à l’objectif annoncé de suppressions de 4 000 emplois. De telles fermetures réduisent l’offre de soins régionale et conduisent un nombre de plus en plus important d’usagers à renoncer aux soins.

Nous exigeons un moratoire sur toutes les décisions prises par le Ministère de la santé en direction de l’Hôpital public, nous considérons indispensable la création d’un observatoire régional de la santé, territoire par territoire, pour garantir une véritable démocratie sanitaire et sociale.

Il y a urgence à engager un débat sur les besoins de santé de la population et de l’offre de soins que cela nécessite. Il faut mettre un terme à la Tarification à l’activité (T2A) qui prive les Hôpitaux de moyens de fonctionnement alors que l’argent existe si on se donne la peine d’en finir avec les exonérations de charge ou encore si on décide de taxer les revenus financiers, ce qui représente prés de 70 milliards de recettes, de quoi couvrir bien plus que le déficit annoncé de la Sécu.

La mobilisation des personnels, toutes catégories confondues, de leurs syndicats, celle des usagers au travers des comités de défense des hôpitaux et des maternités de proximité, associées au cri d’alarme de quasiment tous les médecins en situation de responsabilité au sein de l’Hôpital public, les réactions extrêmement vives des élus, notamment ceux qui participent aux commissions de surveillance des hôpitaux de l’AP-HP, doivent trouver aujourd’hui leur concrétisation dans un vaste mouvement de rejet de la liquidation annoncée de l’Hôpital public par le gouvernement Sarkozy et son Préfigurateur Evin, en application des orientations de Bercy et de la loi HPST.

signataires :

Pierre Laurent, Eric Coquerel, Jean-François Pelissier, Céline Malaisé, François Delapierre, Pascale Le Neouannic, Marie-Georges Buffet, Christian Favier, Jean-Michel Ruiz, Rosemay Rousseau, Jean-Marc Devauchelle, Sylvie Altman, Barthelemy Yao, Roger Ferreri, Annie Chaunac-Saltzmann, Thierry Guigui, Didier Dreyfuss, Nathalie Marchand, Marie-Pierre Toubhans, Didier Mignot, Muriel Salmona, Corinne Bluteux, Christine Appiani


Voir les commentaires

L'Ile-de-France en bonne santé ?

16 Février 2010, 09:20am

Publié par PCF Villepinte

Initiative santé du Font de gauche en Ile de France du vendredi 12 février 2010

sp

Elections régionales 2010 :
http://ensembleagauche.fr/regions

Cliquez pour ouvrir la video


L'Ile-de-France en bonne santé ?

Voir les commentaires

Hôpital public

4 Février 2010, 23:08pm

Publié par PCF Villepinte

Les hôpitaux parisiens partent à la cassearton2760162-cbe15.jpg
Sous la pression du gouvernement, l’Assistance publique des Hopitaux de Paris projette de démanteler le réseau hospitalier pour faire des économies. Depuis ces annonces, l’inquiétude monte du côté des médecins et des syndicats qui craignent pour leurs emplois et la qualité de l’offre de soins.

La casse de l’hôpital public menace d’atteindre un point de non-retour. Le plan de regroupement et de restructuration voulu par le ministère de la Santé par l’entremise du directeur général de l’Assistance publique des Hôpitaux de Paris (AP-HP), Benoît Leclercq, détruit le paysage hospitalier parisien. Les 37 structures de l’AP-HP vont être rassemblées en 12 groupes hospitaliers, eux-mêmes organisés en zone Nord, Est, Sud, Ouest. L’objectif de ce démantèlement est, comme toujours, de faire des économies.

3 000 à 4 000 emplois menacés

L’AP-HP enregistre un déficit de 1,9 milliard d’euros en 2009. D’ici à 2012, elle devrait diminuer de 300 millions d’euros ses coûts de fonctionnement. Après avoir lâché quelques informations en novembre, les membres du conseil exécutif de l’AP-HP ont annoncé les mesures pour 2010-2012. De 3 000 à 4 000 emplois sont menacés sur un total de 92 000. La nouvelle a soulevé un tollé général  : la CGT dénonce « une gangrène qui détruit l’offre de soins de proximité », c’est « un grand gâchis » pour FO, la CFE-CGC et le Mouvement de défense de l’hôpital public (MDHP) fustigent les risques accrus d’erreurs médicales dans un contexte de pénurie de soignants. Ambiance.

Les hôpitaux commencent donc à partir en lambeaux. Armand Trousseau devrait perdre 70 % de ses activités. Le conseil exécutif a décidé le regroupement des services de pédiatrie spécialisés à Robert-Debré et à Necker. Trousseau recueillera les activités obstétriques de Saint-Antoine. Et ce dernier verra arriver 15 000 urgences de Tenon. Saint-Vincent-de-Paul serait presque entièrement démantelé. « L’AP-HP veut vendre le bâtiment, justifie Olivier Cammas de la CGT de l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul. Sur les 347 employés à reclasser à l’hôpital Necker (qui fait partie du même groupe que Saint-Vincent-de-Paul), seuls 150 pourraient y aller, mais le bâtiment n’est pas encore fini », poursuit-il. La fusion de Bichat et Beaujon est aussi en marche. D’autres hôpitaux comme Fernand-Widal, Paul-Brousse, Saint-Vincent-de-Paul et l’Hôtel-Dieu sont carrément voués à la disparition, pour faire un maximum d’économies. « La réfection de l’Hôtel-Dieu coûterait 280 millions alors que la création de 450 nouveaux lits à Necker ne coûte que 180 millions », tente de justifier Benoît Leclercq.

Des centaines de postes supprimés, des habitudes de travail chamboulées et des soins dégradés  : voilà ce qui attend l’AP-HP d’après les syndicats. Quand on sait que les chiffres, les estimations, les dates annoncées par le conseil exécutif sont plus qu’approximatifs, l’incertitude est totale. Pour le professeur Bernard Granger, secrétaire du Mouvement de défense de l’hôpital public, regrouper n’est pas forcément une mauvaise chose. « Des rénovations sont nécessaires mais pas dans une telle panique  ! » constate-t-il. S’il y a urgence, c’est que les hôpitaux publics sont maintenant sous le joug d’une logique plus économique que de service public. Depuis l’instauration de la T2A (la tarification à l’acte) en 2007, la logique comptable régit le fonctionnement de l’hôpital. Les recettes des hôpitaux sont amoindries, car les actes médicaux ne sont pas facturés à leur juste prix, selon les détracteurs de la T2A. Ce qui contribue encore plus à creuser le déficit des hôpitaux, un cercle sans fin. La réformes HPST (hôpital patient santé territoire) a achevé de mettre en place cette logique. « Le mode de gestion actuel ne prend pas en compte les besoins des patients », estime Bernard Granger. Après le choc de la découverte du plan dans la presse, les syndicats ont rencontré jeudi la direction de l’AP-HP . « Nous n’avons pas de marge de négociations, nous subissons le projet. Les conséquences sur l’offre de soins avec les suppressions d’emplois vont être désastreuses », constate Rose-May Rousseau, secrétaire de la CGT à l’AP-HP.

L’intersyndicale contre le démantèlement

Les syndicats de l’AP-HP (FO, Usap-CGT, SUD et CFTC), organisés en intersyndicale, s’érigent contre le démantèlement de l’Assistance publique. Ils s’opposent à la destruction du plus grand CHU européen et appellent à organiser des assemblées générales. Deux ont déjà eu lieu à Trousseau et à l’Hôtel-Dieu. Ils exigent l’arrêt des suppressions d’emplois et des fermetures de services. De leur côté, les professeurs du Mouvement de défense de l’hôpital public menacent toujours de démissionner de leur fonction administrative de l’AP-HP si les suppressions de postes venaient à se faire « sans justifications médicales ». C’est-à-dire sans impact sur la qualité des soins. Médecins et syndicats sont en contact pour mener une lutte commune contre la mort de l’hôpital public.

Cécile Rousseau

Voir les commentaires

Médicamenteurs (suite)

28 Janvier 2010, 14:46pm

Publié par PCF Villepinte

Grippe A. Le dossier à charge
 du député Wolfgang Wodarg
C’est sur les investigations du médecin épidémiologiste que le Conseil de l’Europe a convoqué une commission d’enquête sur l’influence des groupes pharmaceutiques dans la proclamation d’une alerte pandémique maximale à propos de la grippe A.

laboEn donnant abondamment la parole au député Wolfgang Wodarg, nous avions révélé (dans notre édition du 7 janvier) la teneur du dossier à charge qui a conduit le Conseil de l’Europe à lancer une commission d’enquête sur une éventuelle collusion entre les grands laboratoires et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ou certains responsables des gouvernements des pays les plus puissants.

Point de départ  : la campagne de panique orchestrée dès l’apparition des premiers cas de grippe porcine au Mexique. « On a voulu faire du profit en diffusant de la peur », dénonce le docteur Wodarg, pointant que la gravité de la maladie a été sciemment exagérée. Rien ne justifiait de sonner à ce point le tocsin pour une affection bénigne qui « ne représente même pas un dixième des cas mortels habituels de la grippe saisonnière ».

Ce qui a permis l’intox, jusqu’à « la proclamation d’une fausse pandémie », c’est une véritable mise sous influence de l’OMS et de certains gouvernants. Wodarg relève une absence totale de transparence et la multiplication des conflits d’intérêts touchant des responsables de l’organisation onusienne ou des ministres de grands États. Et de pointer plusieurs décisions très troublantes  : la modification des règles justifiant la proclamation de la pandémie elle-même – la mortalité de la maladie partie du Mexique étant bien trop faible, selon les critères antérieurs de l’OMS  ; la consigne de n’utiliser que des vaccins brevetés, alors que des alternatives plus simples existaient  ; la recommandation de procéder à deux injections pour les vaccins, « alors qu’il n’y avait aucune justification scientifique à cela »…

L’opération grippe A, véritable jackpot pour les grands laboratoires, est à l’origine d’une extraordinaire gabegie d’argent public. Elle a grevé les budgets santé des États qui, bien souvent, comme en France, sont soumis à de terribles rationnements, pour des dizaines de milliards d’euros. Plus grave, souligne Wodarg, « les personnes vaccinées ont été mises en danger ». Car la volonté de diffuser très rapidement les vaccins, pour répondre à l’urgence de la menace représentée, a conduit à mettre sur le marché des produits insuffisamment testés. À chaque fois, ils ont franchi effectivement le cap de leur autorisation de mise sur le marché (donnée dans l’Union européenne par l’Agence européenne du médicament) et passé avec succès toutes les évaluations techniques. Mais pour gagner du temps, les tests cliniques – en direct sur des êtres vivants, et donc à l’aspect décisif du point de vue du fameux principe de précaution – ont été réduits à leur plus simple expression. Après la fausse alerte, le plus gros risque en matière de santé touche maintenant à la crédibilité même de l’OMS et des instances sanitaires internationales et nationales. D’où l’importance cruciale de s’engager dans un débat public en Europe et dans le monde sur la manière de gérer l’OMS et les autres instances. Une démocratisation de leur gestion, une surveillance publique bien plus efficace doivent être mises à l’ordre du jour si l’on veut une sortie par le haut de ce qui constitue, selon les mots de Wolgang Wodarg, « le scandale médical du siècle ».

Bruno Odent

Voir les commentaires

Report de 
la retraite : les infirmières refusent

13 Janvier 2010, 10:32am

Publié par Daniel JUNKER

infirmièresÀ l’hôpital Ambroise-Paré de Boulogne-Billancourt, les conditions de travail sont stressantes, à l’image de tous les hôpitaux de France. Une pénibilité que refuse de considérer la ministre de la Santé. Roselyne Bachelot veut prolonger le travail des personnels infirmiers jusqu’à soixante ans.

Laurence est débordée. Dans le service de médecine générale de l’hôpital Ambroise-Paré de Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine, l’infirmière jongle entre les prescriptions de médicaments, les prises de sang et les coups de fils. Avec sa collègue, elles s’occupent de 17 patients. Un quotidien insupportable pour cette professionnelle de santé de cinquante-neuf ans. « Je suis harassée, je n’en peux plus », souffle Laurence, en préparant un kit de prise de sang. Elle est à huit jours de la retraite. « Ce sont les moments les plus durs », confie-t-elle. Laurence aurait dû partir à soixante ans pour avoir ses annuités complètes. Mais elle ne tient plus le rythme. « C’est impossible de travailler aussi longtemps, j’ai l’impression qu’on me presse tout le temps, les médecins, les cadres  : on m’a toujours demandé d’en faire plus. » Elle s’occupe de malades en fin de vie, beaucoup ont le sida dans ce service. « Mais on n’a pas le temps de les accompagner », constate-t-elle, amère. Elle confesse aussi qu’elle termine rarement à l’heure prévue.

Comme Laurence, une majorité d’infirmières sont usées avant la retraite. À Ambroise-Paré, il est rare de croiser parmi les 580 soignants infirmiers, des personnes de plus de quarante-cinq ans. Pourtant, la ministre de la Santé persiste à vouloir allonger la durée de travail à soixante ans au lieu de cinquante-cinq ans, sous prétexte que le diplôme d’État est maintenant reconnu à bac+3.

allonger la durée de travail à soixante ans

Jusqu’en décembre 2010, les infirmières auront le choix de rester en catégorie B ou de passer en catégorie A, la plus haute de la fonction publique. Ce qui signifie partir en retraite à soixante ans, avec un bonus estimé à 2 000 euros par la ministre de la Santé, pour les dernières années. Cette réforme nie la pénibilité du métier  : un cinquième des infirmières de la fonction publique partent avant cinquante-cinq ans en invalidité, d’après la CGT.

manque de reconnaissance

« Passer en catégorie A  ? C’est hors de question. Je ne tiendrai pas jusqu’à soixante ans, je suis déjà out  ! » s’énerve Marie-Claire, infirmière de quarante-huit ans. Pendant des années, elle a travaillé de nuit, puis dix ans en orthopédie. Elle a soulevé des malades opérés de la hanche et des personnes âgées dépendantes. Après deux hernies, elle souffre aujourd’hui d’un mal de dos chronique. Depuis 2000, Marie-Claire occupe un poste « aménagé » en dermatologie. Un job pas forcément reposant. « Je fais de l’accueil, du classement des dossiers, et des soins. Je fais un peu de tout vu comme on manque de personnel », constate-elle. Alors quand elle arrive à boucler toutes ses tâches, elle est satisfaite. Ce qui est rare.

Elle craint aussi que les infirmières fraîchement diplômées se voient dérouler le tapis rouge à l’hôpital. À leur sortie de l’école, en 2012, celles-ci auront un statut supérieur aux anciennes, restées en catégorie B. À l’inverse, Isabelle, infirmière en orthopédie, plaint les futurs diplômés. « Les jeunes sont toujours appelés sur leurs jours de congés pour remplacer et avec le système de grande équipe, ils se retrouvent soit du matin, soit de l’après-midi, c’est incompatible avec toute vie privée », constate-t-elle. Les jeunes infirmières sont aussi baladées de service en service pour combler les manques. Privilège de l’ancienneté, Isabelle, quarante-six ans, travaille du matin. Et refuse de venir au pied levé. Mais n’imagine pas de continuer jusqu’à soixante ans. « Sinon, on viendra soigner les gens avec un déambulateur », ironise-t-elle. Franck, infirmier en radiologie de quarante-six ans, a encore de l’estime pour son métier. « Mais rien que pour le fait de travailler un week-end sur deux, on mérite d’être en retraite plus tôt », estime-t-il. Le stress s’est aussi accru chez les personnels infirmiers. Depuis quelques années, la responsabilité du soignant est directement mise en cause comme dans le cas du petit Iliès, décédé en décembre 2008, à cause d’une erreur de médicament. « Avant, l’hôpital prenait sur lui, maintenant, on est en première ligne. Si on reste jusqu’à soixante ans, on ne saura même plus faire une prise de sang. Il ne faudra pas s’étonner si les patients nous attaquent pour faute professionnelle. Ce projet nie les risques de notre métier. Bientôt, plus personne ne voudra être infirmier », soupire Franck.

Cécile Rousseau

Voir les commentaires

Quand le capitalisme cherche à transformer les virus en or

12 Janvier 2010, 18:49pm

Publié par Daniel JUNKER

arton868125huuuu.jpg
Par Bernard Doray, Médecin psychiatre

Comment l’esprit de cynisme a-t-il pu infiltrer certaines institutions médicales ?

Àla Fête de l’Humanité, on s’écrasait comme rarement au concert de Manu Chao et ailleurs. Alors que des messages du nouvel hygiénisme commençaient à tester la popularité d’une éventuelle prohibition des baisers, une foule joyeuse arborait le tee-shirt  : « Stoppons la grippe capitAliste », en blanc sur fond rouge, avec un « A » majuscule. Il est des actes politiques qui portent une vérité que l’on ne saisit qu’après coup. Aujourd’hui, alors que l’épilogue semble s’approcher, le bilan de la prise en charge de la nuée de grippes est plutôt lourd. Il montre la médiocrité des dispositifs d’urgence d’un système de santé publique anémié. Il laisse à penser qu’après tout ce tintouin, si se présente dans quelques années une véritable grave pandémie, le public risquera de ne pas y croire. Mais, surtout, il donne la mesure de l’infiltration de certaines institutions médicales par un esprit de frivolité économique et de cynisme. Quelques dates pour prendre la mesure de cette évolution  : 1991 : une journaliste de l’Événement du jeudi révèle que le Centre national de transfusion sanguine (CNTS) a sciemment distribué, de 1984 à 1985, des produits sanguins dont certains étaient contaminés par le virus du sida. C’est un immense scandale. Quatre médecins, dont l’ancien directeur du CNTS, Michel Garretta, ont été jugés. Laurent Fabius, Georgina Dufoix et Edmond Hervé ont comparu devant la Cour de justice de la République pour « homicide involontaire ». Bien qu’aucun des trois derniers nommés n’ait tiré de bénéfice de ce grave dysfonctionnement, on a considéré qu’il y avait là un acte dont on pouvait discuter le caractère criminel. Autrement dit, un acte extrêmement grave.

2001 : en mars 2001, c’est le procès de Pretoria, qui oppose l’Association sud-africaine des fabricants de médicaments à une ligue de 39 compagnies pharmaceutiques dont les plus grandes  : Merck, Rhône-Poulenc, Lilly, Novartis, ou encore GlaxoSmithKline. Raison du procès de Pretoria  : au sein de l’Organisation mondiale du commerce, une série d’accords dits Adpic interdit aux pays adhérents de produire un médicament ou de l’acheter à l’étranger sans verser des royalties au propriétaire de l’invention, et ce pendant vingt ans après la date de ladite invention. Or, l’Afrique du Sud, qui est alors le pays le plus touché au monde par la pandémie, a voté une loi favorisant la production locale de médicaments génériques accessibles à la population. Le procès est un semi-échec pour les multinationales, et divers compromis sont passés, mais déjà, la société planétaire a avalé le concept d’un monde à l’envers où la légalité peut tuer en masse et où l’acte hippocratique est criminalisé.

2007 : Handicap International et Amnesty International font savoir qu’ils rompent leurs contrats avec le groupe d’assurance Axa, qui a investi dans la production de mines antipersonnel et de bombes à fragmentation. L’affaire reste assez confidentielle et, le 14 avril 2009, 
M. Claude Bébéar, président du directoire d’Axa pendant la période en question, est décoré de la légion d’honneur par un président Sarkozy tout juste revenu du Mexique, où il a parrainé un contrat de 100 millions d’euros pour une usine de production d’un vaccin contre la grippe, usine construite et exploitée par Sanofi Pasteur, division vaccins de Sanofi-Aventis. L’existence d’une pandémie n’est pas encore révélée, et la course de la médecine contre elle ne sera lancée qu’un mois et demi plus tard, le 23 avril au soir, par le ministre mexicain de la Santé, qui avait pourtant démenti le matin même l’existence d’un risque. Mais pendant ce temps d’occultation de l’épidémie, le monde boursier a apparemment bien flairé la bonne affaire et une autre course a démarré, celle secrète, pour les non-initiés, de la course au brevet. Pour les participants à cette course, Sanofi a pris des précautions. Dans un communiqué, cette firme annonçait la bonne nouvelle qui faisait s’envoler ses actions, mais en mettant en garde les investisseurs sur les « facteurs de risques ». Dans le détail de ces risques, le lecteur ne voit que contentieux juridiques. Mais on imagine bien que le risque majeur et non dit, pour ce monde à l’envers, était la possibilité que la pandémie massive ne soit pas au rendez-vous. Ce qui est jusqu’à aujourd’hui le cas. Car les virus appartiennent au réel.

Les citoyens normaux ne se plaindront pas que le pire ne soit pas au rendez-vous. Et ils découvriront un peu plus ce que signifie ce capitalisme sans boussole éthique dont le rêve serait de faire des épidémies pour ses marchandises au lieu de faire des remèdes pour combattre les plus grandes urgences médicales.

Voir les commentaires

Grippe A H1N1 suite de révélations

7 Janvier 2010, 10:01am

Publié par Daniel JUNKER

h1n1Grippe A :
 « Ils ont organisé la psychose »
Révélation : président de la commission santé du Conseil de l’Europe, l’allemand Wolfgang Wodarg accuse les lobbys pharmaceutiques et les gouvernants.
Il a obtenu le lancement d’une enquête de cette instance sur le rôle joué par les laboratoires dans la campagne de panique autour du virus. Entretien sans détour.

Ex-membre du SPD, Wolfgang Wodarg est médecin et épidémiologiste. Il a obtenu à l’unanimité des membres de la commisionn santé du Conseil de l’Europe une commision d’enquête sur le rôle des firmes pharmaceutiques dans la gestion de la grippe A par l’OMS et les états..

Qu’est ce qui a attiré vos soupçons dans la prise d’influence des laboratoires sur les décisions prises à l’égard de la grippe A ?

Wolfgang Wodarg. Nous sommes confrontés à un échec des grandes institutions nationales, chargées d’alerter sur les risques et d’y répondre au cas où une pandémie survient. En avril quand la première alarme est venue de Mexico j’ai été très surpris des chiffres qu’avançait l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour justifier de la proclamation d’une pandémie. J’ai eu tout de suite des soupçons : les chiffres étaient très faibles et le niveau d’alarme très élevé. On en était à ême pas mille malades que l’on parlait déjà de pandémie du siècle. Et l’alerte extrême décrétée était fondée sur le fait que le virus était nouveau. Mais la caractéristique des maladies grippales, c’est de se développer très vite avec des virus qui prennent à chaque fois de nouvelles formes, en s’installant chez de nouveaux hôtes, l’animal, l’homme etc. Il n’y avait rien de nouveau en soi à cela. Chaque année apparaît un nouveau virus de ce type « grippal ». 
En réalité rien ne justifiait de sonner l’alerte à ce niveau. Cela n’a été possible que parce que l’OMS a changé début mai sa définition de la pandémie. Avant cette date il fallait non seulement que la maladie éclate dans plusieurs pays à la fois mais aussi qu’elle ait des conséquences très graves avec un nombre de cas mortels au dessus des moyennes habituelles. On a rayé cet aspect dans la nouvelle définition pour ne retenir que le critère du rythme de diffusion de la maladie. Et on a prétendu que le virus était dangereux car les populations n’avaient pas pu développer de défense immunitaires contre lui. Ce qui était faux pour ce virus. Car on a pu observer que des gens âgés de plus de 60 ans avaient déjà des anticorps. C’est-à-dire qu’ils avaient déjà été en contact avec des virus analogues. C’est la raison pour laquelle d’ailleurs il n’y a pratiquement pas eu de personnes âgées de plus de 60 ans qui aient développé la maladie. C’est pourtant à celles là qu’on a recommandé de se faire vacciner rapidement.
Dans les choses qui ont suscité mes soupçons il y a donc eu d’un côté cette volonté de sonner l’alerte. Et de l’autre des faits très curieux. Comme par exemple la recommandation par l’OMS de procéder à deux injections pour les vaccins. Ca n’avait jamais été le cas auparavant. Il n’y avait aucune justification scientifique à cela. I y a eu aussi cette recommandation de n’utiliser que des vaccins brevetés particuliers. Il n’existait pourtant aucune raison à ce que l’on n’ajoute pas, comme on le fait chaque années, des particules antivirales spécifiques de ce nouveau virus H1N1, « complétant » les vaccins servant à la grippe saisonnière.
On ne l’a pas fait car on a préféré utiliser des matériaux vaccinales brevetés que les grands laboratoires avaient élaborées et fabriqué pour se tenir prêts en cas de développement d’une pandémie. Et en procédant de cette façon on n’a pas hésité à mettre en danger les personnes vaccinées

Quel danger ?

Wolfgang Wodarg. Pour aller vite dans la mise à disposition des produits on a utilisé des adjuvants dans certains vaccins, dont les effets n’ont pas été suffisamment testés. Autrement dit : on a voulu absolument utiliser ces produits brevetés nouveaux au lieu de mettre au point des vaccins selon des méthodes de fabrication traditionnelles bien plus simples, fiables et moins coûteuses. Il n’y avait aucune raison médicale à cela.Uniquement des raisons de marketing.

Comment a-t-on pu justifier de cela ?

Wolfgang Wodarg. Pour comprendre il faut en revenir à l’épisode de la grippe aviaire de 2005 - 2006. C’est à cette occasion là qu’ont été définis les nouveaux plans internationaux destinés à faire face à une alarme pandémique. Ces plans ont été élaborés officiellement pour garantir une fabrication rapide de vaccins en cas d’alerte. Cela a donné lieu à une négociation entre les firmes pharmaceutiques et les Etats. D’un côté les labos s’engageaient à se ternir prêts à élaborer les préparations, de l’autre les Etats leur assuraient qu’ils leur achèteraient bien tout cela. Au terme de ce drôle de marché l’industrie pharmaceutique ne prenait aucun risque économique en s’engageant dans les nouvelles fabrications. Et elle était assurée de toucher le jack pot en cas de déclenchement d’une pandémie.

Vous contestez les diagnostics établis et la gravité, même potentielle, de la grippe A ?

Wolfgang Wodarg. Oui, c’est une grippe tout ce qu’il y a de plus normal. Elle ne provoque qu’un dixième des décès occasionnés par la grippe saisonnière classique. Tout ce qui importait et tout ce qui a conduit à la formidable campagne de panique à laquelle on a assisté, c’est qu’elle constituait une occasion en or pour les représentants des labos qui savaient qu’ils toucheraient le gros lot en cas de proclamation de pandémie. Ce sont de très graves accusations que vous portez là. Comment un tel processus a-t-il été rendu possible au sein de l’OMS ?

Wolfgang Wodarg. Un groupe de personnes à l’OMS est associé de manière très étroite à l’industrie pharmaceutique.

L’enquête du conseil de l’Europe va travailler aussi dans cette direction ?

Wolfgang Wodarg. Nous voulons faire la lumière sur tout ce qui a pu rendre cette formidable opération d’intox. Nous voulons savoir qui a décidé, sur la base de quelles preuves scientifiques, et comment s’est exercé précisément l’influence de l’industrie pharmaceutique dans la prise de décision. Et nous devons enfin présenter des revendications aux gouvernements. 
L’objectif de la commission d’enquête est qu’il n’y ait plus à l’avenir de fausses alertes de ce genre. Que la population puisse se reposer sur l’analyse, l’expertise des instituions publiques nationales et internationales. Celles ci sont aujourd’hui discréditées car des millions de personnes ont été vaccinés avec des produits présentant d’éventuelles risques pour leur santé. Cela n’était pas nécessaire. Tout cela a débouché aussi sur une gabegie d’argent public considérable.

Avez-vous des chiffres concrets sur l’ampleur de cette gabegie ?

Wolfgang Wodarg. En Allemagne ce sont 700 millions d’euros. Mais il est très difficile de connaître les chiffres précis car on parle maintenant d’un côté de reventes de vaccins à des pays étrangers et surtout les firmes ne communiquent pas, au nom du principe du respect du « secret des affaires » les chiffres des contrats passés avec les Etats et les éventuelles clauses de dédommagements qui y figurent.

Le travail de « lobying » des labos sur les instituts de santé nationaux sera-t-il aussi traité par l’enquête du conseil de l’Europe ?

Wolfgang Wodarg. Oui nous nous pencherons sur l’attitude des instituts comme le Robert Koch en Allemagne ou Pasteur en France qui aurait dû en réalité conseiller leurs gouvernements de façon critique. Dans certains pays des institutions l’ont fait. En Finlande ou en Pologne, par exemple, des voix critiques se sont élevées pour dire : « nous n’avons pas besoin de cela ».

La formidable opération d’intox planétaire n’a-t-elle pas été possible aussi parce que l’industrie pharmaceutique avait « ses représentants » jusque dans les gouvernements des pays les plus puissants ?

Wolgang Wodarg. Dans les ministères cela me paraît évident. Je ne peux pas m’expliquer comment des spécialistes , des gens très intelligents qui connaissent par coeur la problématique des maladies grippales, n’aient pas remarqué ce qui était en train de se produire.

Que s’est-il passé alors ?

Wolfgang Wodarg. Sans aller jusqu’à la corruption directe qui j’en suis certain existe, il y a eu mille manières pour les labos d’exercer leur influence sur les décisions. J’ai pu constater très concrètement par exemple comment Klaus Stöhr qui était le chef du département épidémiologique de l’OMS à l’époque de la grippe aviaire, et qui donc a préparé les plans destinés à faire face à une pandémie que j’évoquais plus haut, était devenu entre temps un haut cadre de la société Novartis. Et des liens semblables existent entre Glaxo ou Baxter (etc) et des membres influents de l’OMS. Ces grandes firmes ont « leurs gens » dans les appareils et se débrouillent ensuite pour que les bonnes décisions politiques soient prises. C’est à dire celles qui leur permettent de pomper le maximum d’argent des contribuables.

Mais si votre enquête aboutit, ne sera-t-elle pas un appui pour les citoyens d’exiger de leurs gouvernements qu’ils demandent des comptes à ces grands groupes ?

Wolfgang Wodarg. Oui, vous avez raison, c’est l’un des grands enjeux lié à cette enquête. Les états pourraient en effet se saisir de cela pour contester des contrats passés dans des conditions, disons, pas très propres. S’il peut être prouvé que c’est la prise d’influence des firmes qui a conduit au déclenchement du processus alors ils faudra les pousser à ce qu’ils demandent à être remboursés. Mais ça c’est uniquement le côté financier, il y a aussi le côté humain, celui des personnes qui ont été vaccinés avec des produits qui ont été insuffisamment testés.

Quel type de risque ont donc pris, sans qu’ils le sachent, ces gens en bonne santé en se faisant vacciner ?

Wolfgang Wodarg. Je le répète les vaccins ont été élaborés trop rapidement, certains adjuvants insuffisamment testés. Mais il y a plus grave. Le vaccin élaboré par la société Novartis a été produit dans un bioréacteur à partir de cellules cancéreuses. Une technique qui n’avait jamais été utilisée jusqu’à aujourd’hui.

Pourquoi, je ne suis évidemment pas un spécialiste, mais comment peut-on prétendre faire un vaccin à partir de cellules malades ?

Wolfgang Wodarg. Normalement on utilise des œufs de poules sur lesquels les virus sont cultivés. On a besoin en effet de travailler sur des cellules vivantes. Car les virus ne peuvent se multiplier que de cette manière et donc, par définition, les préparations antivirus qui vont avec. Mais ce procédé présente un gros défaut, il est lent, il faut beaucoup d’œufs. Et il est long et complexe sur le plan technique. 
Une autre technique au potentiel remarquable consiste à cultiver les virus sur des cellules vivantes dans des bio-réacteurs. Pour cela il faut des cellules qui croissent et se divisent très vite. C’est un peu le procédé que l’on utilise pour la culture du yaourt que l’on réalise d’ailleurs aussi dans un bio-réacteur. mais dans ce contexte la cellule a été tellement bouleversée dans son environnement et sa croissance qu’elle croit comme une cellule cancéreuse. 
Et c’est sur ces cellules au rendement très élevé que l’on cultive les virus. Seulement pour fabriquer le vaccin il faut extraire à nouveau les virus de ces cellules sur lesquelles ils ont été implantés. Et il peut donc se produire que durant le processus de fabrication du vaccin des restes de cellule cancéreuse demeurent dans la préparation. Comme cela se produit dans la fabrication classique avec les œufs. On sait ainsi que dans le cas d’une vaccination de la grippe classique des effets secondaires peuvent apparaître chez les personnes qui sont allergiques à l’ovalbumine que l’on trouve dans le blanc d’oeuf.
 Il ne peut donc pas être exclu que des protéïnes, restes d’une cellule cancéreuse présentes dans un vaccin fabriqué par bio-réacteur, n’engendre une tumeur sur la personne vaccinée. Selon un vrai principe de précaution il faudrait donc, avant qu’un tel produit ne soit autorisé sur le marché, avoir la certitude à 100% que de tels effets sont réellement exclus.

Et cela n’a pas été fait ?

Wolfgang Wodarg. On ne l’a pas fait. L’AME ( Agence Européenne du Médicament), une institution sous la responsabilité du commissaire européen à l’économie, basée à Londres, qui donne les autorisations de mise sur le marché des vaccins en Europe, a donné son feu vert à la commercialisation de ce produit en arguant, en l’occurrence, que ce mode de fabrication ne constituait pas un risque « significatif ». 
Cela a été très différemment apprécié par de nombreux spécialistes ici en Allemagne et une institution indépendante sur le médicament, qui ont au contraire alerté et fait part de leurs objections. J’ai pris ces avertissements au sérieux. J’ai étudié le dossier et suis intervenu dans le cadre de la commission santé du Bundestag dont j’étais alors membre pour que le vaccin ne soit pas utilisé en Allemagne. J’ai fait savoir que je n’étais certainement pas opposé à l’élaboration de vaccins avec cette technique. Mais qu’il fallait d’abord avoir une garantie totale d’innocuité. Le produit n’a donc pas été utilisé en Allemagne où le gouvernement a résilié le contrat avec Novartis.

Quel est le nom de ce vaccin ?

Wolfgang Wodarg. Obta flu.

Mais cela veut dire que dans d’autres pays européens comme la France le produit peut être commercialisé sans problème ?

Wolfgang Wodarg. Oui , il a obtenu l’autorisation de l’AME et peut donc être utilisé partout dans l’Union Européenne.

Quelle alternative entendez vous faire avancer pour que l’on échappe à de nouveaux scandales de ce type ?

Wolfgang Wodarg. Il faudrait que l’OMS soit plus transparente, que l’on sache clairement qui décide et quelle type de relation existe entre les participants dans l’organisation. Il conviendrait aussi qu’elle soit au moins flanquée d’une chambre d’élue, capable de réagir de façon très critique où chacun puisse s’exprimer. Ce renforcement du contrôle par le public est indispensable.

N’est ce pas la question d’un autre système capable de traiter une question qui relève en fait d’un bien commun aux citoyens de toute la planète qui affleure ?

Wolfgang Wodarg. Pouvons nous encore laisser la production de vaccins et la conduite de ces productions à des organisations dont l’objectif est de gagner le plus possible d’argent ? Ou bien la production de vaccins n’est-elle pas quelque chose du domaine par excellence , que les Etats doivent contrôler et mettre en œuvre eux même ? C’est la raison pour laquelle je pense qu’il faut abandonner le système des brevets sur les vaccins. C’est à dire la possibilité d’une monopolisation de la production de vaccin par un rand groupe. Car cette possibilité suppose que l’on sacrifie des milliers de vies humaines, simplement au nom du respect de ces droits monopolistiques. Vous avez raison , cette revendication là a pris en tout cas pour moi l’aspect de l’évidence.

Entretien réalisé par Bruno Odent

Voir les commentaires

MEDICAMENTEURS!

6 Janvier 2010, 10:03am

Publié par Daniel JUNKER

Scandale d’État(s)

PAR JEAN-EMMANUEL DUCOIN

10-01-06-ae5be.jpgEt si la gabegie financière devenait un scandale d’État et des États ? À force de tirer les fils des aiguilles anti-grippe A, la polémique des politiques publiques en période de pandémie se transforme bel et bien en une vaste dénonciation de la collusion entre laboratoires et gouvernants. Nous ne doutions guère que, en sous-main, tapis dans l’ombre, les lobbyistes avaient fait ce qu’il fallait pour convaincre les décideurs d’acheter massivement leurs vaccins. Ces serviteurs des grands trusts ont-ils orienté, donc manipulé, les conditions d’achat ? Les éléments troublants que nous publions ont de quoi soulever nos plus vives interrogations. Car elles sont désormais partagées… et pas par n’importe qui ! La commission Santé du Conseil de l’Europe, rien de moins, vient en effet de voter une enquête officielle pour évaluer l’influence des groupes pharmaceutiques sur les choix des États et même de l’Organisation mondiale de la santé (OMS)… La France se retrouve en première ligne. Et pour cause. Depuis qu’elle est en charge, Mme Bachelot et les membres de son cabinet, souvent accusés de connivence avec les milieux d’affaires, ont rarement manqué de zèle pour dérouler le tapis rouge aux médicamenteurs cotés en Bourse. Privilégiant le « tout-vaccinal », symptôme du « tout sécuritaire » sarkozyste, la France a donc acheté sans aucune transparence bien plus de doses que dans des pays comparables. Or, depuis l’été, le gouvernement nous ment : le coût officiel, 869 millions d’euros, n’est que la partie visible de l’iceberg, auquel il convient d’ajouter l’achat des masques, la communication, mais aussi le montant exorbitant des contributions des collectivités territoriales, des hôpitaux, etc. : probablement plus de 2 milliards au total ! Même l’indépendance du Groupe d’expertise et d’information sur la grippe (Geig), organisme officiel du ministère de la Santé, soulève l’indignation : il est financé à 100 % par cinq laboratoires…

94 millions de doses pour 5 millions de vaccinés : cherchez l’erreur ! Après avoir mené l’affaire telle une bataille napoléonienne, le gouvernement bat en retraite au point de négocier (à quelles conditions ?) l’annulation de la moitié des commandes de vaccins… À l’heure des comptes, un vent de panique souffle sur le Palais. Car qui aura profité de cette hystérie collective ? Les laboratoires évidemment : débourser 870 millions d’euros pour quatre d’entre eux, ce n’était plus un principe de précaution mais un véritable plan de financement ! Les principaux bénéficiaires ? GlaxoSmithKline (GSK), Novartis et Sanofi -Aventis : plus d’un milliard d’euros de revenus supplémentaires au quatrième trimestre pour le premier, entre 350 et 500 millions pour les deux autres… Non seulement la psychose organisée a rempli leurs caisses, mais les gouvernements, transformés en super-VRP, se chargent d’assurer la revente de leurs produits ! Dans un marché mondial estimé à 600 milliards de dollars (il a doublé en dix ans), chacun aura compris que les enjeux des laboratoires s’apparentent à une guerre commerciale pour laquelle tout est permis.

Qui osera encore dire qu’un contrôle public sur ces mastodontes privés n’est pas une nécessité absolue ? Le Parlement français ferait bien, lui aussi, de se doter d’une commission d’enquête. Et vite.

 

 

 

Roselyne Bachelot lance l’opération déminage

 

Revente de vaccins, appel aux généralistes…Face à la polémique, la ministre de la Santé a dû réviser totalement sa stratégie.

 

 La politique a de la mémoire, les ministres de la Santé aussi. Et le gouvernement actuel porte encore les stigmates de la canicule de 2003, de ces 15 000 morts et de la polémique sur l’inaction qui s’en était suivie. Pour parer toute critique, l’État s’est lancé dans une commande surdimensionnée, et plus que dispendieuse, de stock vaccinal. La psychose pouvait démarrer. Aujourd’hui, si Roselyne Bachelot ne renie en rien les risques liés à la grippe, elle a néanmoins profondément modifié sa stratégie. En annonçant, un peu vite peut-être, la « résiliation » de 50 millions de doses (sur 94 millions) « ni livrées ni payées » auprès des laboratoires, la ministre espère une « économie de plus de la moitié » de la facture totale.

En revanche, la question des indemnités à verser aux laboratoires reste entière. Autre revirement : l’entrée en jeu des médecins généralistes jusqu’ici étrangement tenus à l’écart. Dès la semaine prochaine, ils pourront eux aussi prendre en charge la vaccination. « Nous avons reçu 5 millions de vaccins unidoses depuis le début de l’année », auparavant ils étaient livrés par « boîtes de 500 doses », justifie la ministre. De même pour les enseignants, qui avaient été priés de patienter, alors même que leurs élèves faisaient la queue pour se faire vacciner. Ils font désormais partie de la campagne. Enfin, contrairement à ce qui a été dit et redit pendant le mois de décembre, désormais, même les personnes n’étant pas munies de bons peuvent se faire vacciner. Refusant d’admettre toute « erreur d’appréciation », Roselyne Bachelot et le porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre, n’ont pas hésité à renvoyer les socialistes à l’affaire du sang contaminé, préférant, disent-ils, un excès de précaution au laxisme.

 

LABORATOIRES : MÊME PAS MAL

 

Les laboratoires pharmaceutiques vont donc devoir faire le deuil de la vente de 50 millions de doses de vaccins, mais ils n’en font pas un drame. Et pour cause : « Le manque à gagner pour les laboratoires est faible », souligne Frédéric Thomas, consultant chez Arthur D. Little, qui estime le coût de l’annulation à 224 millions d’euros pour GSK, 69 millions pour Sanofi -Pasteur et 65 millions pour Novartis. À titre de comparaison, les trois groupes ont enregistré en 2008 des chiffres d’affaires autour de 30 milliards d’euros chacun. Et Sanofi -Aventis

a indiqué, le mois dernier, qu’il visait un chiffre d’affaires net de 4 milliards d’euros dans les seuls vaccins en 2010, contre 2,8 milliards en 2008.

Voir les commentaires

Le déstockage des vaccins fait tousser

5 Janvier 2010, 20:15pm

Publié par Daniel JUNKER

hin.jpgGrippe : le trouble dans les esprits
 
La ministre de la Santé Roselyne Bachelot, en proie à de violentes critiques sur sa gestion de la pandémie grippale, a brutalement changé son fusil d’épaule, en négociant l’annulation de la moitié des commandes de vaccins et en autorisant les généralistes à vacciner à leur cabinet.

La grande braderie des vaccins révèle ce que l’on pressentait depuis plusieurs jours, la méfiance des Français face à la politique de vaccination entreprise par le ministère de la Santé et organisée… par le ministère de l’Intérieur ! De là à assimiler l’apparente indifférence des Français vis-à-vis de la grippe A à un désintérêt de tout ce qui vient d’un ou d’une ministre du gouvernement, il n’y a qu’un pas.

La catastrophique année 2009, avec son cortège de chômage, de milliards offerts aux banques et aux entreprises, de fermetures de services publics (en particulier les restrictions de budgets et de personnels dans les hôpitaux), d’annonce pour 2010 de nouvelles restrictions en tout genre, a incontestablement créé une distance des citoyens avec leurs responsables politiques, jusqu’à l’écœurement. Les conséquences de ce scepticisme auraient pu être beaucoup plus graves.

Le dernier sondage publié dans le Figaro à la mi-décembre indiquait que les Français considéraient le virus de la grippe A peu ou pas dangereux, une majorité croyant même que le vaccin était plus dangereux que le virus ! Ils ne font confiance qu’à leur médecin généraliste. La promesse de Roselyne Bachelot de faire participer les médecins libéraux à la campagne de vaccination peut rassurer un pays profondément troublé.

Plus que des moulinets de bras face aux caméras, les Français attendent des actions sérieuses, auxquelles ils pourraient être associés, sans céder au catastrophisme. C’est d’ailleurs ce que soulignait dans le journal le Monde l’ancien directeur général de la santé William Dab : « La protection de la santé publique appelle un débat démocratique. » C’est-à-dire le contraire de ce qu’a fait le gouvernement. On peut être anti-sarkozyste et se faire vacciner, c’est même plus prudent pour l’avenir du pays.

Jacques Moran

Voir les commentaires

TRANSPARENCE?

28 Novembre 2009, 09:36am

Publié par Daniel JUNKER


On s’ennuie au bureau, alors sur Google on tape « Bachelot ».
  http://www.betapolitique.fr/

Voir qui elle est, un peu.

La grippe A l’a si bien propulsée sous le feu des caméras.

Sur Wikipedia, c’est marqué ça : « Roselyne Bachelot-Narquin a occupé, avant d’entrer dans la politique au début des années 1980, le poste de déléguée à l’information médicale au sein du laboratoire ICI Pharma de 1969 à 1976, puis elle est chargée des relations publiques chez Soguipharm de 1984 à 1989 ». Tiens tiens, on ne savait pas. Mais faut vérifier, hein, Wikipédia raconte parfois n’importe quoi...

D’autant que son CV officiel, sur le site du ministère de la Santé, ne cause pas de ça du tout. On apprend plein de choses passionnantes, (...) Mais rien sur les douze années qu’elle aurait – conditionnel de rigueur – passé au service de l’industrie pharmaceutique. Un trou, là.

Alors, qui dit vrai ? Wikipédia ou le Ministère de la Santé ?

Et puis, on tombe sur (...) son vieux CV, lorsqu’elle était au Parlement européen, en 2004. Tout en haut, juste sous « née le 24 décembre 1946 à Nevers », elle détaille son « activité professionnelle » : « Déléguée à l’information médicale - laboratoires ICI Pharma - de 1969 à 1976. Chargée des Relations Publiques chez Soguipharm de 1984 à 1989. » C’était une fierté, apparemment, à l’époque : la preuve qu’elle avait travaillé dans la vraie vie. Celle de l’entreprise...

Mais pourquoi, alors, le cacher maintenant ? Pourquoi oublier ces douze années, qui pèsent quand même dans une (brève) carrière ? Pourquoi cette omission, alors que Roselyne Bachelot promet que « la transparence sera la plus totale, suivie scrupuleusement » ? Pourquoi ce silence, alors que la loi oblige les experts à déclarer leurs « conflits d’intérêts » ?

Le plus simple, c’était de lui demander.

On a essayé.

On s’est entêtés, même.

(...)

Aujourd’hui, c’est le grand jour : « A l’occasion de l’ouverture des centres de vaccination, Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la Santé et des Sports, visitera le centre de vaccination Auguste Renoir à Paris. Lors de ce déplacement, la ministre se fera vacciner contre la grippe A (H1N1). » On va la croiser , enfin. (...)

« Madame Bachelot, est ce que c’est vrai que vous avez été porte-parole pendant douze ans de deux laboratoires pharmaceutiques ? »

Son sourire s’efface :

« Ah, écoutez, c’est absolument, écoutez, vraiment, cette accusation est absolument répugnante...

- Mais c’était bien Ici pharma et Soguipharm ? »

Elle se fâche :

« Pendant 6 ans j’ai travaillé dans un laboratoire pharmaceutique comme visiteuse médicale à 1 000 francs par mois comme boulot de, comme boulot d’étudiante pendant 6 ans, c’est comme, c’est comme si vous disiez aux jeunes gens qui travaillent chez Mac Do à vendre des... des hamburgers qu’ils sont à la solde de l’industrie agro-alimentaire ! »

Roselyne Bachelot s’échappe alors par la porte de derrière.

La réaction des collègues, mécontents eux aussi, ne tarde pas :

« Elle n’a pas aimé », « Ah, ben merci, elle est partie », « Heureusement que tu as posé ta question pas trop tôt sinon elle serait partie toute de suite et on aurait rien eu ».

« Mais, je les interroge, vous le saviez ?

- Non, mais l’investigation serait trop longue...

- Y a juste à regarder son ancien CV de députée européenne. Maintenant que vous le savez, vous reprendrez l’information ?

- Non. On n’est pas venu pour ça. On est venu pour la vaccination. »

 

Voir les commentaires

<< < 10 11 12 13 > >>