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quartiers

Municipales 2020 Commerces de proximité

24 Novembre 2019, 07:53am

Publié par PCF Villepinte

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Quartiers populaires

10 Juin 2018, 08:40am

Publié par PCF Villepinte

L’appel des élus contre le « néopopulisme » de Macron

 
Vingt maires et élus locaux viennent de faire paraître un appel qui dénonce la politique gouvernementale.
 
Ils se disent « consternés ». Les 20 maires et élus locaux qui ont signé l’appel publié dans « l’Obs » le 30 mai ne mâchent pas leurs mots après les propositions d’Emmanuel Macron pour les banlieues. « Sous les vernis de l’Élysée, notre République a enterré plus qu’un espoir, une réconciliation nationale », écrivent-ils. Ils regrettent notamment la non-prise en compte dans le discours du président de la République du « résultat de huit mois de mobilisation nationale, de co-construction, d’engagement désintéressé » des élus qui se sont mobilisés avec les associations de terrain et les populations de leurs quartiers pour proposer des solutions. « Force est de constater que ce mouvement populaire et citoyen a été purement et simplement vidé de sa substance. Par ailleurs, son principal inspirateur, Jean-Louis Borloo, a été publiquement méprisé, de façon indigne et scandaleuse », dénoncent également les signataires de l’appel.
 
Ils déplorent également l’exclusion des élus du Conseil présidentiel des villes, « présenté comme la panacée du pilotage de projet, parjurant la parole présidentielle donnée en novembre ». Ils y voient une façon « d’ériger cette participation citoyenne en modèle contre le tissu institutionnel local », qu’ils qualifient également de « néo-populisme » : « un “dégagisme”, écrivent-ils, ciblant à la fois les élus et les acteurs associatifs institutionnels ». « Le discours présidentiel a considérablement fragilisé l’édifice – déjà ébranlé – de notre démocratie locale. »
 
Parmi les signataires de cet appel, on compte des maires et élus issus de différentes formations politiques, outre Marc Vuillemot, maire socialiste de La Seyne-sur-Mer. Des communistes, comme le maire de Grigny, Philippe Rio, ou encore le maire de Montreuil, Patrice Bessac. Des écologistes, comme le maire de Grande-Synthe, Damien Carême. Des élus de droite, comme le sénateur LR Philippe Dallier ou la maire divers droite de Chanteloup-les-Vignes, Catherine Arenou.

 

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Une part de la société « se désolidarise des quartiers » Rapport Borloo suite

3 Mai 2018, 12:04pm

Publié par PCF Villepinte

Au nombre des inégalités dont sont victimes les quartiers populaires et favorisant leur isolement, le rapport de Jean-Louis Borloo compte moins de transports publics. Hervé Boutet/Divergence

Les réactions suscitées par le rapport Borloo témoignent d’un durcissement et d’une aggravation de la discrimination vis-à-vis des banlieues, estime le chercheur Thomas Kirszbaum.

« Je vous invite tous à lire une tribune publiée il y a quelques jours dans un quotidien du soir. C’est une tribune de 30 imams. A la fin de cette tribune, il était écrit quoi ? Vive la République, vive la France ! ». C’est par ces mots que Jacques Mézard, ministre de la Cohésion territoire, a achevé ce qui fut la première réaction officielle du gouvernement, jeudi, suite à la diffusion du rapport Borloo. Ce document, d’une soixantaine de pages, décrit cliniquement le désengagement de l’Etat et des services publics dans les quartiers populaire ? Jacques Mézard conclut son discours devant des maires de banlieue, jeudi après midi, en citant un texte de responsables religieux contre le terrorisme, les crimes antisémites et des pratiques subversives de l’islam qui « sévissent dans la communauté musulmane ». Une prise de position salutaire, certes, mais qui n’est pas au cœur du rapport Borloo. Loin de là. « Le repli identitaire et communautaire ne doit pas être nié, il doit tenir sa juste place », explique ce rapport qui veut « faire revenir la République» dans les 1500 quartiers prioritaires au regard de la politique de la ville, en développant des programmes des politiques d’éducation, d’emploi, d’éducation populaire, etc. Mais non, parler des quartiers pauvres, pour le ministre en charge du dossier, revient irrémédiablement à parler religion, islam et radicalisation.  

Des villes avec 30 % de capacité financière en moins

Jean-Louis Borloo a pourtant pris soin « tordre le cou » à d’autres idées reçues. A commencer par celle largement partagée que trop d’argent aurait été déversé pour les quartiers sans résultat. « Faux », écrit Jean-Louis Borloo. Dans les quartiers prioritaires (QPV), les communes ont « plus de besoins mais moins de ressources : elles disposent de 30 % de capacités financières en moins, bien que leur taux d’imposition deux fois plus élevé et que leurs besoins soient 30 % supérieurs» ; «le droit commun recule : 113 policiers au commissariat de Sevran il y a 17 ans,  79 aujourd’hui» ; «moitié moins de pédiatres, dentistes et gynécologues et les rares crèches ne sont pas occupées par les enfants de ces quartiers.» ; « 2/3 des logements sont des logements sociaux, plus anciens qu’ailleurs, construits avant 1970, pour 1983 en moyenne pour les autres» ; « 2 fois moins de lycéens en filière générale.» «2 fois moins de licenciés sportifs, 3 fois moins d’équipements sportifs»...

Peine perdue. C’était sans compter sur certains journalistes stars de médias dominants. Alors que Jean-Louis Borloo présente son travail au 20 heures de France 2, plusieurs heures après la publication de son fameux rapport, Jean-Michel Aphatie, journaliste officiant sur le service public dégaine, sur twitter : « Agaçant Borloo sur France 2. Nous sommes champions de l’OCDE de la dépense publique, des milliards ont déjà été dépensés pour les banlieues, il dit que la situation est catastrophique. Mais où est passé l’argent depuis 20 ans ?» Même question formulée par Arlette Chabot sur LCI, qui n’a pas non plus lu la deuxième page de l’introduction du rapport Borloo…  Il ne s’agit pas seulement d’abus de langages de la part de journalistes et d’éditorialistes parlant de sujets qu’ils ne connaissent pas.

Ce même message est aussi bien relayé par Rachida Dati que par le FN. «Le fil conducteur de ce plan, c'est encore des milliards supplémentaires à fonds perdu pour de l'assistanat », déplore la première, quand le parti d’extrême droite voue aux gémonies un rapport qui « reprend en réalité toutes les vieilles lunes des anciennes politiques». «Ce rapport porte la marque de l'ingéniosité et de l'esprit de Jean-Louis Borloo, mais il est voué, comme tout ce qui a été entrepris précédemment, à un échec profond», balaie Malek Boutih. Selon cet ancien député PS, c’est une « erreur » de penser que la banlieue dysfonctionne « sur l'encadrement, le social, l'économie », alors que dans ces territoires, il y a d’abord besoin de «l’ordre républicain social». Mais, dans son esprit, c’est l’ordre avant le social. « La police est donc une priorité, une condition sine qua non au lancement de tout processus », déclare-t-il, à l’Express. Malek Boutih n’est plus député depuis un an. Il n’est plus président de SOS Racisme depuis quinze ans. Il s’est officiellement retiré de la vie politique. Cela n’empêche nullement France Inter d’en faire l’invité de son émission politique du dimanche et l’Express d’en faire un spécialiste des banlieues...

Le polémiste d’extrême droite Eric Zemmour achèvera le travail sur RTL, déclarant à propos de Jean-Louis Borloo : « Ce type, sur une page entière d’interview dans Le Monde, arrive à parler de la banlieue sans prononcer les mots immigration et islam, c’est très fort, je lui tire mon chapeau ». Ces obsessions sont aussi relayées par Guillaume Roquette, patron du Figaro Magazine, qui dénonce, sur LCI, une «communautarisation des banlieues», un «monde clos», créé par «une immigration beaucoup trop massive, non maitrisée, sans assimilation (...) avec à la fois des règles religieuses musulmanes très strictes, une délinquance très forte».

Durcissement de la stigmatisation des quartiers

Plus alarmant encore, ces fausses évidences sont démultipliées sur les réseaux sociaux, note Thomas Kirszbaum, sociologue urbain, associé à l'ISP (ENS Cachan). «On assiste à un courant de désolidarisation massive d’une partie de l’opinion par rapport à l’idée même qu’il faille faire quelque chose pour ces quartiers, avec des commentaires du type : «Pourquoi les aider alors qu’ils n’aiment pas la France ?». Une «altérisation radicale», voire un « racisme latent » qui présente une partie de la population «comme étant inassimilable ou venant contredire nos mœurs, nos modes de vie, radicalement autre, comme étant un corps étranger à la Nation.» La stigmatisation des quartiers populaires, des faubourgs, des classes laborieuses et des exploités n’est pas nouvelle, rappelle le chercheur. Mais il note «un durcissement» depuis les attentats de 2015. « Il y a une forme de réification des quartiers, décrits comme étant des espaces homogènes dominés par des islamistes en proie à des phénomènes communautaristes.» La phrase de Patrick Kanner, ex-ministre de la ville expliquant qu’il y aurait une « centaine de quartiers en France » présentant des « similitudes potentielles avec Molenbeek » a eu de graves séquelles, comme le message, inlassablement répété par Manuel Valls et les activistes du Printemps républicain, selon lequel les habitants des quartiers populaires n’étaient « pas Charlie ». A cela s’ajoute un discours politique opposant les quartiers populaires et la France dite périphérique, basé sur les thèses contestable du géographe Christophe Guilluy.

La perception des quartiers populaires s’est « dégradée » ces dernières années, alerte aussi  un autre rapport, remis au mois de mars au ministre de la Cohésion des territoires par le groupe de travail sur l’image de quartiers, lancé suite à l’appel de Grigny et au discours d’Emmanuel Macron à Tourcoing. Ce texte cite une étude du Credoc publiée en 2015 qui révèle un dénigrement croissant des grandes cités populaires. Si 78 % des personnes interrogées se disaient préoccupées par leur situation, ils étaient 85 % lors d’une précédente étude en 2009. « Si une faible majorité des Français (51 %) pensent que la solidarité est forte au sein des quartiers, cette dimension perd 7 points ». « Le regard sur les jeunes issus de ces quartiers se dégradent avec une perte de cinq points» entre 2009 et 2015, révèle aussi cette étude… réalisée avant les attentats meurtriers de Charlie Hebdo, de l’Hyper Cacher, du Bataclan et de Saint-Denis. Depuis, la situation s’est encore aggravée.

20 propositions pour changer le traitement médiatique des quartiers populaires

Ce rapport avance une vingtaine de propositions pour changer le traitement médiatique des quartiers populaires. Ils suggèrent, par exemple, de développer des résidences de journalistes dans les quartiers populaires, de mettre en place, à côté du CSA, « une instance d’observation du traitement médiatique », composée de journalistes, qui remettrait un rapport annuel sur le sujet. Autres idées : permettre de saisir le Défenseur des droits pour des situations « de maltraitance médiatique », créer un temps d’antenne dédié aux quartiers dans l’audiovisuel public (5 % par mois du temps d’antenne, aux heures de grande écoute), améliorer la formation des journalistes et créer un fonds partenarial « de soutien des initiatives journalistiques indépendantes qui ont vocation à raconter les quartiers avec une juste représentation ». Un fonds de soutien d’informations sociales et de proximité a été créé en 2016 par le ministère de la Culture, mais ses fonds ne vont pas toujours aux médias des quartiers populaires, déplorent les auteurs du rapport.

Toutes les mesures destinées à « changer l’image » des quartiers, aussi bonnes soient-elles ne suffiront pas. « Car les quartiers verront leur image changer quand sociologiquement ils changeront, quand leur taux de chômage ne sera plus trois fois supérieur à la moyenne nationale ou quand les résultats scolaires ne seront plus aussi faibles », écrivent encore les auteurs de ce rapport qui doit, comme celui de Jean-Louis Borloo, alimenter la réflexion du président de la République dont les arbitrages doivent être rendus au mois de mai. Changer l’image des quartiers supposera de changer radicalement, aussi, les termes du débat politique.  

Maître de conférence à l’université Paris-Est Créteil Val-de-Marne et auteur de recherches sur le traitement médiatiques des banlieues, Alexandre Borrell livre une analyse similaire. « Après les attentats de 2015, un certains nombres de discours, portés notamment par des personnalités comme Malek Boutih, semblent exiger de ces quartiers « qu’ils s’intègrent à la République». C'est un discours ancien mais qui contraste, selon le chercheur, avec les images que l’on a pu voir lors des émeutes de 2005 pendant lesquelles c’étaient plutôt les jeunes des quartiers populaires qui « brandissaient, devant les caméras, leurs cartes d’identité pour être reconnus comme français à part entière ». Mais cela suppose, évidemment, qu’ils « bénéficient des mêmes droits et que la société les reconnaisse comme des citoyens à part entière ». Or, ce discours a peu à peu disparu des sphères politiques et médiatiques.

Un « plan des ressources humaines »

Même le rapport Borloo, s’il fait le constat d’une rupture de l’égalité républicaine, utilise d’autres arguments pour pousser le gouvernement à agir. «Jusqu’au milieu des années 2000, les justifications mises en avant pour mettre en œuvre les différents plans banlieues, c’était des notions de solidarité, voire de justice sociale quand le gouvernement était de gauche. La cohésion sociale a fini par remplacer la notion de solidarité. Mais cette notion de solidarité a complètement disparu», analyse le sociologue Thomas Kirszbaum.

L’investissement massif et le retour des politiques de droit commun ne doit pas se faire au nom d’une demande d’égalité mais « dans une logique de valorisation de capital humain de ces quartiers, qui ne seraient finalement qu’une somme de talents qui ne demandent qu’à s’épanouir si on leur en donne les moyens via des actions de parrainage, de tutorat, de promotions de la diversité, etc. » Jean-Louis Borloo lui-même parle d’un « plan des ressources humaines ». Ce plan est avant tout présenté comme un « investissement social qui permettra à la collectivité de dépenser moins demain ». Outre cette petite musique libérale, qui parlera à n’en pas douter au pouvoir macronien, Jean-Louis Borloo met aussi en avant le risque d’explosion et de radicalisation pour obtenir les 50 milliards nécessaires à la mise en œuvre de son plan.   « Redevenons une puissance d’actions, une grande puissance éducative, économique, scientifique, républicaine, fraternelle, dans le respect des rêves et des différences de chacun, en faisant coïncider notre grandeur avec le rêve républicain. A défaut, « fermenteront loin des yeux, le recroquevillement identitaire et le repli communautaire», prévient l’ex-ministre de la ville.

Pierre Duquesne Journaliste

 

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Plan Borloo :une ambition affichée mais un pragmatisme qui ne se donne pas les moyens de réussir

28 Avril 2018, 07:21am

Publié par PCF Villepinte

Quartier Fontaine Mallet: ANRU en rade!

Une première lecture s’impose du plan de « bataille » proposé par le rapport de Jean Louis Borloo, élaboré avec des centaines d’élu.e.s de terrains, d’associations, de citoyen-ne-s : une nouvelle impulsion, à l’encontre de la politique libérale actuelle. doit être donnée par l’État pour les quartiers, les villages, les villes populaires.

 

Nous partageons le principe d’Egalité républicaine qui est un des fils conducteurs du rapport. Nous partageons le diagnostic. Mais nous tirons la sonnette d’alarme sur les solutions trop marquées dans le rapport par un « pragmatisme » qui ne permettra pas de répondre aux besoins : L’état doit garantir par les services publics ses fonctions régaliennes(notamment de justice, d’éducation et de sécurité), l’égalité, la solidarité pour toutes et tous. Ainsi par exemple, il faut lutter contre la pénurie de médecins et pour avoir, notamment des médecins scolaires en nombre, il faut lever les numéros clausus , et mieux payer les professionnels. Il faut lutter aussi contre la pauvreté et la concentration des difficultés dans les quartiers : un plan ambitieux contre la pauvreté doit voir le jour , par l’augmentation du pouvoir d’achat, des salaires, en revoyant les critères d’attribution des logements sociaux……. Les moyens financiers doivent être dégagés, au lieu d’être gaspillés dans le CICE ou autres dispositifs d’exonération fiscale.

 

L’État doit être comptable de l’argent public, en lien avec les partenaires sociaux que sont les représentant.e. s des syndicats, des entreprises, des associations, des élu.e.s, des professionnel.le.s, des usagers, des citoyens/ citoyennes. Nous avons besoin de toutes les expertises, de toutes les bonnes énergies dont la France regorge. La balle est franchement dans le camp du Président de la République et de son gouvernement ; à eux d’être à la hauteur, et d’avoir de l’ ambition pour les quartiers, les villages, et les villes populaires.

 

 

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« Le fonds de banlieues cofinancé par le Qatar est une aberration ! »

1 Octobre 2012, 07:04am

Publié par PCF Villepinte

 

 

« Le fonds de banlieues cofinancé par le Qatar est une aberration ! »
 
La validation par le gouvernement et le ministre Arnaud Montebourg du principe d’un « fonds banlieues » de 100 millions d’euros cofinancé par le Qatar est une aberration. Et ce ne sont pas les dernières annonces - participation à parité avec l’émirat du Golfe de l'État français et d’investisseurs privés, extension des bénéficiaires du fonds aux « territoires déshérités » au sens large - qui rendent une virginité philosophique, éthique et laïque au projet.

Car ne nous faisons pas d’illusion sur la générosité du mécène qatari qui n’est en réalité qu’une offensive économique et idéologique. Le problème n’est évidemment pas la provenance étrangère de l’argent mais la nature et les intentions du régime « donateur ». Le Qatar est un contre-modèle de démocratie, dirigé par une dynastie qui méprise les droits des femmes et la liberté d'expression.

Il est évident que l’émirat intervient sur une base communautariste et qu’il ne s’intéresse pas aux quartiers populaires par philanthropie mais parce qu'ils concentrent des populations héritières de l'immigration nord-africaine. Et par raccourci de culture musulmane.

En ce sens, la démarche du gouvernement français est contestable d'un point de vue laïque et éthique. Il est par ailleurs illusoire voire insultant de penser qu’une tirelire de 100 millions d’euros peut endiguer le chômage et la précarité dans nos quartiers. Ces populations abandonnées depuis des décennies par les pouvoirs publics n’ont pas besoin d’aumône mais d’un État et de collectivités locales qui refusent l’austérité en se dotant d‘outils efficaces comme une réforme fiscale pour retrouver les capacités financières et politiques d’agir.

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Aulnay-sous-Bois : un jeune homme meurt d'une crise cardiaque lors d'un contrôle de police

12 Janvier 2012, 12:53pm

Publié par PCF Villepinte

Société - le 11 Janvier 2012

 

 

Après l'interpellation de Wissam El-Yamni, 30 ans, décédé après son interpellation houleuse dans la nuit de la Saint-Sylvestre dans un quartier de Clermont-Ferrand, le parquet de Bobigny a ouvert une enquête pour "recherche des causes de la mort" après le décès d'un jeune homme mardi soir lors d'un contrôle de police dans le hall d'un immeuble à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

Que s'est-il passé mardi soir dans le hall d'un immeuble de la cité Balagny à Aulnay-sous-Bois ? D'après les premiers éléments de l'enquête, la victime, âgée de 25 ans, se trouvait dans le hall d'un immeuble avec une dizaine d'autres personnes, mardi soir vers 21 heures, lorsque des policiers en patrouille, qui soupçonnaient un trafic de drogue, ont décidé d'effectuer un contrôle. Trois personnes ont ainsi été interpellées, dont la victime, ont précisé des sources policières. L'un des jeunes, âgé de 25 ans, a alors fait un malaise. Les policiers lui ont prodigué de premiers soins et ont appelé les pompiers, mais ces derniers n'ont pas réussi à la réanimer. Le jeune homme "a été vraisemblablement victime d'un arrêt cardiaque" au moment du contrôle, ont indiqué ces sources.

D'après le préfet de Seine-Saint-Denis, Christian Lambert, le jeune homme a été "menotté" pendant le contrôle, mais "sans aucune violence". "Les trois personnes étaient assises, menottées, mais le menottage s'était passé sans aucune violence, ce qui est bien précisé d'ailleurs par les deux amis du décédé", a déclaré le préfet. Placés en garde à vue à l'issue du contrôle de police, les deux amis de la victime ont indiqué aux enquêteurs que celle-ci "avait des problèmes de santé" et "s'était rendue rendue à l'hôpital", où on lui aurait conseillé de voir un cardiologue, a précisé une source judiciaire. Lors de leur audition, les deux jeunes hommes ont par ailleurs confirmé que l'interpellation s'était déroulée "sans violence" ni "difficulté", a ajouté cette source.

Mercredi matin, le calme régnait dans la cité Balagny après une nuit dans un climat tendu autour de l'immeuble où les faits se sont déroulés. "On ne sait pas vraiment ce qui s'est passé", a confié Chris, 41 ans, mère de deux enfants habitant la cité depuis onze ans. "Ici, c'est de moins en moins calme, mais tout dépend de l'immeuble dans lequel on vit". Certains jeunes mettaient toutefois en cause le rôle de la police dans le décès. "Il leur a dit qu'il était malade, mais ils l'ont poussé. Ce n'est pas normal d'interpeller des jeunes dans ces conditions. Ils ont tué un jeune innocent", a affirmé à Saïd, un jeune de la cité qui assure -- sans qu'il ait été possible de le vérifier -- avoir été présent lors du contrôle.

Ce drame est intervenu après l'interpellation "musclée" de Wissam El-Yamni, 30 ans, décédé après son interpellation houleuse dans la nuit de la Saint-Sylvestre dans un quartier sensible de Clermont-Ferrand, sous tension depuis.

 

 

 

  • À lire :

 

--> le communiqué du Maire d'Aulnay, Gérard Ségura

  • À lire aussi :

--> Une interpellation au goût de bavure
--> Paris, une ville dans l’œil de la police

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Zyed et Bouna : 5 ans après !

31 Octobre 2010, 09:05am

Publié par PCF Villepinte

Déclaration d'Hervé Bramy, secrétaire du PCF 93

 

Ce matin face à la stèle aux souvenirs de Zyed et Bouna, nous nous sommes retrouvés pour dire que nous n’oublions pas.

Nous n’oublions pas la mort, par électrocution dans un transformateur EDF, de deux jeunes adolescents afin d’échapper à un contrôle de la police.

Nous n’oublions pas que la justice n’est toujours pas passée. Les juges instructeurs avaient pourtant décidé de renvoyer devant le tribunal les deux fonctionnaires de police mis en cause dans ce tragique évènement, pour non assistance à personne en danger, mais la procureure de la République de Bobigny en a décidé autrement. C’est une énorme et nouvelle déception pour toutes celles et tous ceux, en particulier les membres de la famille et les proches, qui attendent la vérité.

Nous n’oublions pas également l’ampleur des révoltes sociales et urbaines qui s’en sont suivies, ici en Seine-Saint-Denis, comme dans toute la France. Révoltes sociales et urbaines qui ont révélé au monde, le gouffre des inégalités sociales et territoriales auxquels les gouvernements successifs ont proclamé vouloir s’attaquer, sans résultats probants à ce jour, pour la vie de dizaines de milliers de femmes, d’hommes et de jeunes qui vivent dans les quartiers populaires.

 

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Déclaration d'Hervé Bramy, secrétaire départemental du PCF 93 :

27 Octobre 2010, 22:16pm

Publié par PCF Villepinte

Zyed et Bouna : 5 ans après !

Ce matin face à la stèle aux souvenirs de Zyed et Bouna, nous nous sommes retrouvés pour dire que nous n’oublions pas.

Nous n’oublions pas la mort, par électrocution dans un transformateur EDF, de deux jeunes adolescents afin d’échapper à un contrôle de la police.

Nous n’oublions pas que la justice n’est toujours pas passée. Les juges instructeurs avaient pourtant décidé de renvoyer devant le tribunal les deux fonctionnaires de police mis en cause dans ce tragique évènement, pour non assistance à personne en danger, mais la procureure de la République de Bobigny en a décidé autrement. C’est une énorme et nouvelle déception pour toutes celles et tous ceux, en particulier les membres de la famille et les proches, qui attendent la vérité.

Nous n’oublions pas également l’ampleur des révoltes sociales et urbaines qui s’en sont suivies, ici en Seine-Saint-Denis, comme dans toute la France. Révoltes sociales et urbaines qui ont révélé au monde, le gouffre des inégalités sociales et territoriales auxquels les gouvernements successifs ont proclamé vouloir s’attaquer, sans résultats probants à ce jour, pour la vie de dizaines de milliers de femmes, d’hommes et de jeunes qui vivent dans les quartiers populaires.

 

 


27 octobre 2010

Bien entendu l’urbanisme se transforme avec son volet renouvellement urbain. C’est le moins que l’on puisse attendre de l’Etat, compte tenu de ses responsabilité historique dans ce domaine, bien que se fasse jour de grandes inquiétudes sur la finalisation des programmes décidés tandis que le logement social est mis à mal par le hold-up du gouvernement sur les bailleurs sociaux. Au-delà ce n’est que poudre aux yeux !

Le chômage – tout particulièrement celui des jeunes – s’aggrave sans cesse. Les discriminations raciales et territoriales persistent outrageusement Le pouvoir d’achat des familles populaire est en baisse. La présence des services publics est réduite à peau de chagrin sous les coups de boutoir de la RGPP. La réussite scolaire malmenée avec le non remplacement d’un enseignant sur deux dans les écoles, collèges et lycées. Les désenclavements des quartiers par le développement des transports en commun toujours renvoyés à plus tard. Le droit à la sécurité inexistant dû à la suppression de 5000 postes de fonctionnaires de police sans parler de la fin de la police de proximité revendiquée par les maires et les populations. Ce sont aussi les collectivités locales qui voient leurs finances attaquées par les politiques de restrictions du gouvernement….

Zéro + zéro = zéro : voilà le bilan du plan Marshall annoncé il y à quatre ans et l’espoir n’est plus au rendez-vous avec le plan banlieue de Fadela Amara secrétaire d’état à la politique de la ville.

Toutefois la résignation n’est pas de mise. Les solidarités humaines dans les quartiers populaires se déploient lors des expulsions locatives tandis que l’investissement dans la vie associative trouve de nouveaux ressorts malgré les obstacles financiers auxquels elle doit faire face. L’engagement dans les luttes contre la fermeture de classes ou de bureaux de poste et dans les mouvements sociaux comme aujourd’hui pour le droit à la retraite à 60 ans à taux plein se renforce avec la détermination de nombreux habitants des quartiers populaires.

S’il y a des endroits où le slogan « cette société là, on n’en veut plus ! » prend toute sa dimension, c’est bien dans les quartiers populaires. C’est pourquoi les communistes sont déterminés à y créer les espaces du débat public pour transformer la fatalité et les colères en espoir. Dès demain, avec les cahiers de l’espoir, nous sillonnerons rues et cités à la rencontre de nos concitoyens afin de leur donner la parole et bâtir - sans attendre - avec eux le Programme Populaire Partagé dont nous tous besoin pour ouvrir le chemin d’une perspective politique d’épanouissement humain.

C’est pour toutes ces raisons que ce matin nous nous sommes retrouvés avec les communistes de Clichy-sous-Bois auprès des familles de Zyed et Bouna, des proches et des jeunes de la ville qui ne veulent pas oublier…

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Youcef Tatem, une vie de cinéma populaire et engagé

13 Août 2010, 07:19am

Publié par PCF Villepinte

 

Son militantisme syndical et son amour du cinéma ont guidé son parcours. Youcef chemine dans un cinéma militant, direct et utopiste né des grandes grèves ouvrières historiques des années 60. Pour lui, le septième art est devenu un outil d’éducation populaire et d’émancipation sociale.

Youcef Tatem

Nous avions rendez-vous une première fois au début du joli mois de mai, devant le Magic cinéma, à Bobigny. Et puis Youcef Tatem avait décommandé. « Je dois en urgence me rendre au procès d’Ali, un épicier d’Epinay-sur-seine qui a été tué en 2006. Je vais témoigner. C’est important », m’expliquait-il au téléphone. Nous avions donc décalé. Cette fois, le rendez-vous était pris au parc de la Bergère, toujours à Bobigny. En arrivant, Youcef dit son attachement à ce coin de verdure où les habitants de la cité d’à côté viennent se détendre. Ancré en Seine-Saint-Denis, il fait souvent référence à deux villes : Noisy-le-Sec et Bobigny. La première est celle de l’enfance. C’est là qu’il débarque d’Alger, en 1950 à l’âge de quatre ans, avec ses parents. « C’était rue Henri Barbusse je m’en souviens. Dans la même rue, il y avait un café où j’ai été circoncis. C’est des choses qu’on n’oublie pas… » Son père fait toutes sortes de métiers : cafetier, cordonnier, ouvrier. Sa mère, elle, fait des ménages. Les parents se séparent et sa mère s’installe avec les trois enfants dans un appartement, rue de l’Union, au-dessus de la P.M.I. « Ma mère avait beaucoup d’amis dans les cités mais elle ne souhaitait pas que ses enfants y habitent. Mais j’allais souvent dans la cité pour voir la télé. C’était chez le père Guder, un tunisien. Je regardais Jaqcou le croquant en épisodes ! ». Sa toute première rencontre avec le cinéma, Youcef la fait remonter à l’âge de cinq ans, quand son père tenait un bistrot à Goussainville. « Il tirait le rideau, installait un drap et projetait des films des années 50.» Et puis, à Noisy, ça fourmillait de cinémas : le Rialto, l’Eden, le Trianon, le Casino… « Je m'asseyais sur les marches, à côté du cinéma. Je disais à la caissière que j'attendais quelqu'un. Et puis j'écoutais les dialogues. C'était Samson et Dalila, je m’en souviens très bien. » Les souvenirs précis d'ambiances de projection plutôt folklo : « On mangeait des cacahuètes en commentant les films. C’était le bordel, le côté populaire du cinéma à la Fellini »

 

Les jolies colonies de vacances

 

L’enfance est ponctuée par le rythme de l’école mais aussi et surtout par celui des vacances. Car Youcef fréquente assidûment les colonies de vacances organisées par la ville. C’est là qu’il fait la connaissance du directeur de la colonie, André Vagneron. « On allait à la Chapelle-en-Vercors, on rencontrait des bergers, on marchait beaucoup, on fléchait les GR. Je me souviens en 1958, j’avais 12 ans. Je trouvais un soir des moniteurs qui s’apprêtaient à coller de grandes affiches. Il y avait marqué NON. C’était pour le referendum de De Gaulle. » A 16 et demi, Youcef devient à son tour moniteur et s’investit dans l’animation. Les auberges de jeunesse d’abord, où les ados participaient à des chantiers de reconstruction. « On allait au théâtre de l’Odéon voir des pièces de Gatti et au ciné-club en 16 millimètres, dans les locaux de la Bourse du Travail. » Avec son verbe fluide et sa mémoire parfaite des noms et des années, Youcef pointe l'incontournable été 67. Alors animateur à la Chapelle-en-Vercors avec Vagneron, Youcef y fait la connaissance d'un certain Pol Cèbe qui vient y passer quelques jours avec ses enfants. « Cèbe était un mec très sérieux. Il m'a plus parlé plus de cinéma que de la grève qu'ils avaient mené à Besançon.» Youcef prend connaissance de la grève historique des ouvriers de la Rhodiaceta, menée en décembre 67 à Besançon, dont Pol Cèbe syndicaliste de la CGT et responsable de la bibliothèque de l'usine est un des leaders. Une grève filmée par le cinéaste Chris Marker dans « A bientôt j'espère » (1967). C'est le début d'une forte amitié et d'une longue collaboration autour du cinéma militant et des groupes Medvedkine. « Les choses étaient simples. Je me suis retrouvé à aller à Besançon et à Clermoulin, où Cèbe s'occupait du Centre de Culture et de Loisirs des usines Peugeot de Sochaux. Je rencontre aussi René Berchoud, fondateur avec Cèbe, dans un faubourg ouvrier de Besançon, du Centre Culturel Populaire de Palente Les Orchamps. » Un vrai repère d'agit-prop.

 

16 millimètres et 24 secondes image

 

En juin 68, âgé de 22 ans, Youcef adhère au Parti communiste. Et rencontre ainsi des syndicalistes de la CGT à Noisy, comme Jean Thuizat et Jacky Sarrabeyrouse. Il se retrouve à donner des cours d’alphabétisation aux travailleurs algériens dans des hangars près de la mairie. A cette époque, le cinéma commence à prendre de plus en plus de place dans sa vie. Le ciné-club de Noisy est sur le point de fermer. Qu’à cela ne tienne. Il décide avec les cégétistes de le reprendre. Il s’appellera le « 16/24 ». « C’est Jacky qui a trouvé le nom : 16 millimètres et 24 secondes image. » La programmation allait de Jean Renoir à Pierre Prévert en passant par Claude Autant-Lara et Bernard Paul. Relais militant de la première heure, Youcef y diffuse aussi les films du groupe Medvedkine, les films militants cubains et les ciné-tracts faits à Besançon. « On avait près de 400 adhérents. La culture, c'était un enjeu énorme. C'est par là qu'on touchait les gens et qu'on les amenait à parler politique. » Youcef fait partie de cette « mayonnaise ». « On se lie d'amitié, d'un coup de bagnole on va à Clermoulin. On rencontre Colette Magny, Francesca Solleville, Suzanne, syndicaliste et personnage principal du film « Classe de lutte » ». Jusqu'à participer lui-même à « Week-end à Sochaux » (1971) où il joue un ouvrier marocain. « Je reçois un coup de téléphone de Cèbe qui m'explique que les ouvriers marocains ont peur de tourner une scène et d'apparaître à l'écran. Il me demande de venir avec quelques copains pour les remplacer. J'avais dit aux copains : allez on va à la campagne pour faire du cinéma... »

Dix ans après son adhésion au Parti, Youcef Tatem le quitte: « Je ne regrette pas mais j'en avais marre d'avoir toujours raison... », résume-t-il. Son engagement politique se poursuit en devenant à son tour directeur de MJC dans différentes villes de la banlieue parisienne. Sur la situation des quartiers populaires, sur les révoltes récurrentes, Youcef explique que tout part en général d'un désir profond de justice. Et qu'il est bien temps d'apprendre à vivre ensemble autrement.

 

Ixchel Delaporte

photo I.D

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Un sport de combat pour l'éducation au respect

10 Août 2010, 06:26am

Publié par PCF Villepinte

Sa vie a basculé le jour où son petit frère a été tué devant son lycée au Kremlin Bicêtre. Depuis, il a lâché la restauration pour se consacrer à la création d’une association de boxe, pour sensibiliser les jeunes au respect et à la non-violence.

Karim Maddi, frère d'Hakim 

Karim Maddi soulève avec précaution une petite plaque noire ovale. Dessus, sont gravés un gant de boxe blanc et une inscription : « A la mémoire d'Hakim ». Un hommage pour son petit frère mort de plusieurs coups de couteaux dans son lycée du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), le 8 janvier 2010. « La boxe, c'était sa vie. Il avait découvert ce sport six mois avant d'être agressé. Il me saoulait avec la boxe, il voulait à tout prix que j'en fasse avec lui. » Karim n'aura pas eu le temps de se laisser convaincre. Peu après la mort d'Hakim, il se lance à corps perdu dans l'assaut et le combat. Et décide de créer une association avec Lyes Boudjemline, le coach de son petit frère. « L'association s'appelle « Kimssou savate stop la violence ». Kimssou c'était le surnom de mon frère, savate c'est l'autre nom de la boxe française. » Une association née d'un choc terrible, celui de la perte « injuste » d'un petit frère. Son but : transformer le flot de rage de certains jeunes en « bonne énergie ». « Ca aurait pu arriver à n'importe qui d'autre. Si vous l'aviez connu, il adorait le sport. Je ne veux pas que ça se reproduise », lâche Karim. « Kimssou », c'est une forme de réponse à ce drame, un refus de se résigner à la brutalité. « C'est pour dire qu'il y a d'autres manières de communiquer que par la violence et que garder son sang froid, ça s'apprend. Il fallait le voir le petit. Il avait une sourire et des étincelles dans les yeux quand il venait boxer », poursuit le coach. Hakim était au lycée Darius-Milhaud du Kremlin-Bicêtre. Il venait d'avoir dix-huit ans. C'était l'avant-dernier d'une fratrie de six enfants. Il s’entraînait deux fois par semaine. Les autres jours, il travaillait comme caissier à Franprix pour gagner un peu d'argent et s'apprêtait à passer son permis de conduire.

 

Une vie ordinaire, pas de braqueurs, pas de délinquents...

 

La famille d'origine tunisienne s'installe en France au milieu des années 80 dans la cité des Martinets, au Kremlin-Bicêtre. Le père travaille comme gérant d'une superette. La mère a élevé les six enfants. Chacun a fait son bout de chemin. Sans accrocs. « On avait une vie ordinaire, pas de délinquants, pas de braqueurs... », plaisante Karim, qui a aussi grandi dans la cité. Sauf que, lui, a quitté le quartier pour suivre une formation dans l'hôtellerie à Paris. Avec son BTS en poche et des stages en province, il décroche un premier boulot par intérim chez un traiteur en vogue. « Au début, je m'occupais de faire les courses, les commandes, puis j'ai fait la réception et la gestion des équipes. J'ai gravi les échelons jusqu'à devenir manager. Je gagnais très bien ma vie. » Mais la restauration impose un rythme de nuit, très soutenu. Un rythme difficilement compatible avec la vie de famille. En 2006, il devient vacataire pour consacrer du temps à son fils. Et la vie aurait pu ainsi continuer, s'il n'y avait pas eu ce « drame ».

A la mort d'Hakim, la famille Maddi s'effondre. « On a ressenti un immense vide. Depuis, il manque toujours quelqu'un ». Karim sent qu'il faut agir vite. Ne pas garder la tête sous l'eau. Respirer à nouveau. Mais que faire ? La boxe s'est imposée comme une évidence. Pour Karim et sa famille, c’était un moyen de « dire qu'on n'oublie pas Hakim et que la violence ne sert à rien. Mais, on ne veut pas passer notre vie à commémorer, on veut agir ». Et le coach Lyes Boudjemline d'ajouter : « Si on peut éviter ne serait-ce que la mort d'un ou deux autres jeunes, alors nous avons le devoir d'ouvrir à tous cette association sportive de lutte contre la violence ». Pour rompre les clichés habituels sur les cités, Karim et Lyes ne veulent pas d'une salle au cœur de la cité. Ils ne veulent pas s'adresser uniquement aux jeunes. « C'est faire le jeu du cloisonnement. Pour nous le sport permet de réunir des gens issus de plein de milieux. La boxe ce n'est pas que pour les jeunes qui traînent dans les halls d'immeubles. Nous voulons ouvrir le plus possible aux petits, aux scolaires, aux chômeurs, aux médecins, aux mamans aussi.» Depuis plusieurs mois, les deux sportifs courent les ministères et les institutions susceptibles de financer ce projet. Karim partage son temps entre le lancement de l'association et la quête d'une nouvelle salle de boxe. « J'ai bien conscience que je ne gagnerai pas autant d'argent qu'avant mais à vrai dire ça m'est égal. J'ai mûri et l'argent pour moi n'a plus d'importance. J'ai envie d'apporter ma contribution, de faire avancer les jeunes, de leur donner un cadre et d'impliquer leurs parents. »

Salle de boxe au Kremlin-Bicêtre

 

La boxe, une forme de prévention de la violence

 

Sans le sport, sans la boxe, sans l'association, Karim et Lyes affirment qu'ils n'auraient pas tenu le coup. « Le sport, c'est un mode de vie. C'est le respect de soi-même et le respect des autres. Ce sont des règles, des habitudes qu'on met parfois du temps à comprendre». Pour tous ceux qui connaissaient Hakim, la boxe est devenue « une thérapie de groupe, analyse le coach. Si ça marche pour nous, pourquoi ne pas l'étendre comme une forme de prévention de la violence dans les collèges et les lycées. Le but c'est de sentir valorisé et se faire plaisir. Ce sera un travail d'équipe avec les parents et les enseignants ».

Karim et sa famille reçoivent des mots de soutien du monde entier. Depuis le 8 janvier 2010, des jeunes passent à la salle de sport où s'entraînait Karim pour voir la plaque d’hommage et pour se renseigner sur les cours de boxe. « Les amis d'Hakim continuent à venir par curiosité et finalement ils restent et reviennent aux entraînements », raconte Lyes, le coach. Des soutiens aussi pour cette initiative associative qui permettent à chacun de faire une part de deuil, de chasser l'insupportable et de garder espoir. « Hakim ne reviendra plus, tranche d’un ton grave Karim Maddi. Mais nous ne voulons pas la guerre. On veut seulement que ça n'arrive plus. On sait qu'on ne va pas tout résoudre, mais si on peut apporter notre expérience... Et se dire que grâce à nous, notre frère n'est pas parti pour rien. On dit que la gloire c'est celui qui se relève à chaque fois qu'il tombe ».

 

Ixchel Delaporte

photos I.D

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